Plan à trois - avec Adèlys
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Jeu 21 Sep - 19:51
Alexander avait beaucoup réfléchi. Le Génie avait beaucoup réfléchi. Le gala d’inauguration avait mis le bazar dans sa tête plus qu’il n’avait pu l’imaginer. Il s’inquiétait pour Lore qu’il n’avait pas revu depuis. Cela faisait cinq jours qu’il n’avait pas eu de ses nouvelles. Mais il préférait ne pas faire part de ses pensées pessimistes la concernant à Cap, le pauvre se remettait à peine de cette histoire avec Donatien Elpida et le malchanceux Eugène. Pour éviter d’y penser, il s’était consacré à un autre problème : Adèlys.
Il y avait beaucoup réfléchi. Devait-il la revoir au lac, comme elle l’y avait invité ? Il n’aimait pas l’idée de se faire convoquer de la sorte. Il n’était pas un laquais. Mais il avait besoin de savoir ce qu’elle savait. De voir ce qu’il pourrait tirer d’elle. Et il n’avait aucune idée de comment l’aborder dans un endroit discret, où ils pourraient parler tranquillement.
Il était donc parti à la pêche aux informations, et comme elle était en fauteuil roulant, il avait longtemps et souvent traîné aux alentours du bâtiment C, observant discrètement ses allées et venues, essayant de déterminer quel moment serait le plus propice pour la prendre entre quatre yeux. Comme elle était assez routinière, ce ne fut pas très long. Généralement, l’après-midi, elle se posait dans la cour, à l’ombre, pour lire un peu. Alors un beau jour, après avoir pris son repas à la cantine, il s’adossa à l’arbre qui servait de parasol aux lectures de l’hémiplégique et attendit. Longtemps. Il était patient mais là, elle était en retard par rapport à d’habitude et ça l’agaçait.
« Qu’est-ce qu’on fait là, mec ? On se fait un peu chier non ? On irait pas chercher un ballon ? J’m’entrainerais bien à faire des jongles. »
« On attend mademoiselle Valcourt. Elle est en retard. »
« En même temps, tu lui as pas fixé de rendez-vous que j’sache. Pourquoi elle serait à l’heure ? allez mec, laisse-moi prendre un ballon pour passer le temps. »
Le Génie soupira et céda face à l’insistance de Cap. Celui-ci revint quelques minutes plus tard, un ballon dans les mains et commença à la faire rebondir agilement sur ses pieds, ses genoux, sa tête et son cou. Il était en train d’inventer une nouvelle figure quand il entendit les crissements particuliers des roues du fauteuil dans les cailloux. Il stabilisa donc la balle dans le creux de sa nuque et lâcha un :

- Salut Adèlys ! Ça roule ?

Puis son cerveau réalisa ce qu’il venait de dire. Le ballon de foot roula le long de son dos et s’enfuit un peu plus loin comme il se redressait brusquement, les joues soudainement en feu.

- Euh, pardon, c’est pas ce que j’voulais dire !

Il enfouit une main dans ses cheveux et un rire embarrassé s’échappa de ses lèvres.

- Comment ça va ?

Quelques applaudissements lents et méprisants retentirent dans sa tête.
« Et bien bravo. C’est ce qu’on appelle une jolie entrée en matière. Je suis censé faire comment maintenant pour rattraper tes idioties ? Tu mets en péril toute la discussion ! Maintenant, c’est elle qui a l’avantage et c’est justement ce que je ne voulais pas en refusant d’aller au lac. »
« J’ai pas fait exprès… »
Cap avait envie de se faufiler dans un trou de souris. Malheureusement, il n’y en avait pas dans le coin et s’il ne pouvait pas échapper au jugement d’Adèlys, il pouvait encore moins échapper à celui du Génie. Après tout, il partageait la même tête.
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Dim 24 Sep - 12:16
ft. Alexander Hexe
on n'était pas sensé se retrouver au lac ?

plan à trois

Adèlys venait de terminer son repas du midi. La nourriture était toujours bonne, mais elle avait toujours du mal à apprécier les légumes, alors que les fruits passaient sans problèmes. Elle se forçait à manger de tout pour rester en bonne santé et mais aussi pour que son corps résiste mieux aux expériences de Donatien Elpida.
Si seulement elle n'était pas paralysée... Elle vivrait une vie heureuse, avec sa sœur, sa mère et son père. Loin de cet endroit. En y repensant plus attentivement, c'était sa mère qui avait insisté pour l'envoyer ici... Mais elle ne pouvait pas savoir que c'était un enfer. Alors Adèlys lui avait pardonné sans réelle difficulté.
Elle poussa la porte de la cantine et atteignit une seconde porte donnant sur la cour, son livre sur ses genoux. Dès qu'elle fut à l'extérieur, elle sentit le vent caresser doucement sa peau et l'air pur remplir ses poumons. C'était un air un peu marin... Pas étonnant sur une île, en fin de compte.
Elle avança donc jusqu'à l'arbre où elle avait l'habitude de lire en observant les différents patients. Ce garçon de cinq ans était atteint d'un vilain cancer. Et pourtant, malgré l'absence de cheveux et la peau pâle, il jouait avec les autres. Il poursuivait ses amis en mimant avec ses mains des griffes, comme pour jouer le méchant. Cette scène arracha un sourire à Adèlys, mais les larmes lui montèrent également aux yeux. Ils étaient insouciants, innocents.
De l'autre côté, c'était une fille qui jouait avec ses baguettes de batterie. Elle s'amusait à frapper le mur pour produire de la musique. Elle, elle avait une ouïe incroyable. Capable d'entendre une conversation chuchotée à cinquante mètre d'elle, sans obstacle bien sûr. Elle chuchota alors un bonjour à son égard, et la fille se retourna pour la saluer. Ce que c'était fascinant... Il paraît qu'elle avait perdu une oreille à cause de son médecin, et le bandage qui recouvrait le côté droit de sa tête témoignait de cette barbarie. Adèlys soupira.
Puis enfin, toujours en avançant vers l'arbre, elle vit Alexander Hexe. Lui, elle ne savait pas ce qu'il faisait ici. Il était un vrai mystère.
En parlant de mystère... Que faisait-il ici ? Elle l'avait bien attendu au lac pour discuter avec lui, et avait presque perdu espoir de trouver un allié redoutable. Se faisait-il désirer ?
Elle avança jusqu'à lui, qui s'amusait avec un ballon. Lorsqu'il l'entendit, il lui lança un :

- Salut Adèlys ! Ça roule ?


Ce qui l'arrêta net. Elle lui lança un regard suspicieux, mais se retint de dire quoique ce soit de cinglant. Il avait l'air joyeux plus qu'autre chose. Tiens, il se montrait simplet avec elle ?
Adèlys se demandait alors s'il n'avait pas un soucis mental ou psychologique. Peut-être était-il bipolaire ? Ah mais bien sûr ! Il était bipolaire ! Tout s'expliquait ! Peut-être était-ce plus compliqué que cela, mais au moins ce mystère sera résolu. En tout cas, pour elle.
Le ballon se mit à rouler loin de son propriétaire, et Adèlys leva les yeux vers Alexander. Il avait l'air gêné, mais surtout embarrassé. Il venait de comprendre, alors ? Adèlys afficha un petit sourire amusé. Bon, ce n'était pas fait exprès. Elle pouvait bien lui pardonner cet écart.

- Euh, pardon, c’est pas ce que j’voulais dire !


Adèlys secoua la tête. Le garçon froid et distant avait bel et bien disparu. En fait, ce garçon avait été surtout méprisant avec elle. Elle était assez dubitative, mais laissa couler. Tout le monde fait des erreurs ou peut être maladroit. Adèlys n'allait pas lui reprocher ça. En revanche, la première rencontre avait été lourde pour elle. Elle se demandait comment la suite allait se passer.
En vue de son attitude, il était complètement embarrassé. Adèlys trouvait presque cela adorable.

- Comment ça va ?

Adèlys s'approcha un peu de lui et lui donna sa réponse en souriant :

- Je vais bien, merci. J'espère que c'est aussi ton cas.

Elle vint alors près de lui pour s'installer sous l'arbre, à l'ombre. Elle immobilisa son fauteuil avec une sorte de levier pour éviter qu'il roule n'importe où, et se baissa pour ranger son livre dans une sorte de boite accrochée sous le fauteuil. Elle se redressa alors pour lui poser quelques questions :

- Je me demandais... Pourquoi n'es-tu pas venu au lac ? Tu préfères en parler ici ? Parce que je me doute que tu n'es pas venu pour parler de la pluie et du beau temps.

Elle n'avait pas pour habitude d'être aussi cash, mais soit. Sa stratégie était de ne pas tourner autour du pot, surtout dans un lieu public. Et surtout d'un sujet de conversation comme celui-ci. Elle était persuadée que derrière ses changements subis d'émotions se cachait un garçon intelligent et malin. Sa bipolarité ne devait pas interférer avec le tacticien qu'il était. Enfin, il avait des airs de garçon intelligent, mais la soirée d'inauguration la faisait pas mal douter. Il avait, certes, pris ses précautions en envoyant un employé des médias aux toilettes, mais son plan n'était franchement pas malin. Il suffisait qu'un médecin soit exactement au bon endroit au bon moment pour l'envoyer chez les Zéro. Adèlys se rassura en se disant qu'elle les avait peut-être sauvé, mais ce n'était pas vraiment le cas. Elle avait du jouer la "Miss-Je-Sais-Tout" alors que ce n'était en rien son caractère. Comme quoi, dans un cas comme dans l'autre, la première impression n'était pas bonne.
Après cette réflexion, elle s'excusa :

- Je suis désolée pour la soirée aussi. Mais j'ai préféré intervenir plutôt que de vous voir intégrer les Zéro.

Sa vision des choses était très pacifiste, mais c'était ainsi. Elle était du genre à ne laisser abandonner personne. Et si elle oubliait quelqu'un, elle irait le rejoindre le plus vite possible, avec ou sans fauteuil roulant. Enfin, c'est ce qu'elle disait, mais elle n'en était pas certaine.


Je pense qu'on devrait tous s'allier...
On devrait tous avoir confiance en nos propres capacités. Si on unie nos forces, tout est possible et peut-être qu'on pourra enfin sortir de cet enfer... by lizzou.
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Mar 3 Oct - 17:20
Cap secoua une nouvelle fois sa tignasse avec un rire gêné quand Adèlys lui répondit et lui retourna la question très poliment. Avec ce genre de formulation, il aurait pu croire entendre le Génie, même si une certaine gentillesse et une certaine douceur se dégageait d’elle. Que ce soit l’une ou l’autre des deux personnalités, ils n’avaient pas été très sympas avec elle à la soirée d’inauguration. Il aurait presque préféré qu’elle se montre un peu froide plutôt que d’afficher ce sourire sincèrement amusé. Il se sentait tout honteux quand il repensait au tour qu’il lui avait personnellement joué, cette histoire de changement de chemise qu’il avait utilisé pour la mettre mal à l’aise. Bon, ce n’était pas pire que le mépris presque agressif du Génie mais lui, c’était habituel. Ce n’était pas dans ses habitudes à lui.

- Oui, ça va. Répondit-il un peu évasivement, plongé dans ces pensées.

Il la regarda s’approcher de lui, le regard rivé sur ses mains, presque fasciné par la facilité dont elle faisait preuve à se mouvoir malgré son handicap. Il l’observa mettre son frein et ranger son livre.
« Elle accepte de nous parler tout de même. C’est bien. Laisse-moi prendre le relai. »
« Non, pas tout de suite, je voudrais me rattraper d’abord et m’excuser pour l’autre soirée. »
Il eut un silence qui se prolongea un peu. Puis, un soupir retentit.
« Soit. Mais dépêche-toi. On a plus important à faire. »
Cap eut pour réflexe de hocher la tête affirmativement sans réaliser que si Adèlys le captait, ça allait lui paraître bizarre. Il allait reprendre la parole mais celle-ci le prit de vitesse.

- Je me demandais… Pourquoi n’es-tu pas venu au lac ? Tu préfères en parler ici ? Parce que je me doute que tu n’es pas venu pour parler de la pluie et du beau temps.


Pris au dépourvu, la réponse s’échappa de ses lèvres d’une façon complétement spontanée. Il haussa les épaules.

- Oh, tu sais, moi je s’rais bien v’nu. C’est un coin sympa, le lac, on aurait pu pêcher ou s’baigner et tout. C’est l’autre, là, qui n’a pas voulu et…

Il s’interrompit brutalement, réalisant ce qu’il était en train de dire. Il entendit le bruit d’une main qui s’écrase contre un front.
« Abruti. »
Oui, abruti. Le Génie avait raison. Enfin, lui il s’en fichait qu’on sache pour son problème de dédoublement de personnalité mais son colocataire mental lui avait bien dit qu’il préférait qu’ils gardent ça pour eux, histoire de garder un avantage, et il avait sacrément gaffé. Il prit le parti d’enchaîner tout de suite sur autre chose. Avec un peu de chance, elle penserait que « l’autre » s’appliquait à Lore et elle ne poserait pas de questions.

- En fait j’voulais surtout m’excuser pour l’autre soir. J’n’ai pas été très sympa, c’était pas cool de ma part de t’mettre mal à l’aise comme ça. Mais tu nous ret’nais et on était pressé...

Il croisa les doigts dans son dos, priant pour qu’elle n’ait rien capté. Il avait utilisé le pluriel pour cultiver l’ambiguïté de son intervention précédente. Il observa son expression faciale mais il fut incapable de déterminer si elle avait noté et compris sa bourde ou pas. Toujours est-il qu’elle répondit à ses excuses pour la soirée d’inauguration.

- Je suis désolée pour la soirée aussi. Mais j’ai préféré intervenir plutôt que de vous voir intégrer les Zéro.

C’était drôlement gentil de sa part. Et il avait envie de se glisser dans un trou de souris. Il fallait qu’elle arrête de se montrer aussi généreuse face à quelqu’un qui ne le méritait pas. Il s’en voulait tellement de la mystifier comme ça ! Alors il prit une décision qui n’allait pas du tout, mais alors pas du tout ! plaire au Génie.

- Adèlys, avant qu’on parle de tu sais quoi, il faut que j’te dise quelque chose. Quelque chose d’important.

« Woh, woh, woh ! Qu’est-ce que tu fais ?! »
« Mec. On peut pas continuer comme ça. Elle doit connaître la vérité, au moins pour nous deux. »

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Ven 6 Oct - 19:16
ft. Alexander Hexe
qu'a-t-il à me dire de si important ?

plan à trois

Elle avait l'impression qu'il se rapetissait volontairement, les épaules légèrement relevées et sa tête s'engouffrant dans le creux qu'elles engendraient. Mais ce n'était qu'une impression car de l'extérieur, il était parfaitement droit et se tenait bien.
Elle s'arrêta tout de même un instant pour écouter ses réponses. Il voulait emmener Loreleï avec lui ? Après tout, elle avait donné rendez-vous aux deux l'air de rien, même si elle s'adressait davantage à lui qu'à sa sœur qui n'avait pas l'air... Non, qui n'était pas futée. Au bout d'un moment, il faut être réaliste. C'était bien beau d'être gentille, mais il faut l'être pour les personnes qui vous montrent ne serait-ce qu'un peu de respect et de considération.

- Adèlys, avant qu’on parle de tu sais quoi, il faut que j’te dise quelque chose. Quelque chose d’important.


Elle se montra tout de suite plus attentive. Elle pencha légèrement la tête et battait plusieurs fois des cils. A la fois interloquée et curieuse.
Elle se redressa sur son siège, détendit ses épaules, et s'apprêta à la fois au pire et au meilleur.
Ce n'allait pas être la première fois qu'il lui faisait ressentir toutes sortes d'émotions. Enfin... Oui, dis comme ça, on pourrait croire qu'il lui plaît, mais c'est juste un intérêt qu'ils ont en commun et sa façon de dire les choses qui...
Bref : ce n'était pas un cocktail d'émotions positif.

- Je t'en prie.

En disant cette phrase, elle lui présenta la paume de sa main, comme pour lui indiquer qu'elle l'écoutait et qu'il pouvait commencer à parler. Elle la reposa délicatement sur sa cuisse, la tête levée vers lui pour entendre ce qu'il avait à dire.


Hors RP:
Réponse trèèèès courte, mais je ne voyais pas ce que je pouvais faire d'autre o_o
S'enfuir en courant (lol) ce n'est pas dans le caractère d'Adèlys, et encore moins parler d'autre chose donc... Bah elle l'écoute...
Voilà, j''espère que ça te va quand même ! >_<


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