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16/09/2018
Ajout du bouton Discord qui avait disparu ;-;
02/09/2018 Nouvelle esthétique ! Informations ici !
08/2018 Event ♫ 5

Plan à trois - avec Adèlys

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" Je crois que vous ne comprenez pas docteur. Je me suis beaucoup analysé moi-même et je me connais bien. Je n'ai pas de problème avec ce que vous appelez ma "pathologie" et je n'ai aucune honte à en parler. Seulement, je ne le fais qu'à ceux dont j'estime qu'il le méritent. Les autres n'ont qu'à rester dans leur ignorance où ils se complaisent.

Transcription d'un enregistrement audio, jour 14"


Alexander avait beaucoup réfléchi. Le Génie avait beaucoup réfléchi. Le gala d’inauguration avait mis le bazar dans sa tête plus qu’il n’avait pu l’imaginer. Il s’inquiétait pour Lore qu’il n’avait pas revu depuis. Cela faisait cinq jours qu’il n’avait pas eu de ses nouvelles. Mais il préférait ne pas faire part de ses pensées pessimistes la concernant à Cap, le pauvre se remettait à peine de cette histoire avec Donatien Elpida et le malchanceux Eugène. Pour éviter d’y penser, il s’était consacré à un autre problème : Adèlys.
Il y avait beaucoup réfléchi. Devait-il la revoir au lac, comme elle l’y avait invité ? Il n’aimait pas l’idée de se faire convoquer de la sorte. Il n’était pas un laquais. Mais il avait besoin de savoir ce qu’elle savait. De voir ce qu’il pourrait tirer d’elle. Et il n’avait aucune idée de comment l’aborder dans un endroit discret, où ils pourraient parler tranquillement.
Il était donc parti à la pêche aux informations, et comme elle était en fauteuil roulant, il avait longtemps et souvent traîné aux alentours du bâtiment C, observant discrètement ses allées et venues, essayant de déterminer quel moment serait le plus propice pour la prendre entre quatre yeux. Comme elle était assez routinière, ce ne fut pas très long. Généralement, l’après-midi, elle se posait dans la cour, à l’ombre, pour lire un peu. Alors un beau jour, après avoir pris son repas à la cantine, il s’adossa à l’arbre qui servait de parasol aux lectures de l’hémiplégique et attendit. Longtemps. Il était patient mais là, elle était en retard par rapport à d’habitude et ça l’agaçait.
« Qu’est-ce qu’on fait là, mec ? On se fait un peu chier non ? On irait pas chercher un ballon ? J’m’entrainerais bien à faire des jongles. »
« On attend mademoiselle Valcourt. Elle est en retard. »
« En même temps, tu lui as pas fixé de rendez-vous que j’sache. Pourquoi elle serait à l’heure ? allez mec, laisse-moi prendre un ballon pour passer le temps. »
Le Génie soupira et céda face à l’insistance de Cap. Celui-ci revint quelques minutes plus tard, un ballon dans les mains et commença à la faire rebondir agilement sur ses pieds, ses genoux, sa tête et son cou. Il était en train d’inventer une nouvelle figure quand il entendit les crissements particuliers des roues du fauteuil dans les cailloux. Il stabilisa donc la balle dans le creux de sa nuque et lâcha un :

- Salut Adèlys ! Ça roule ?

Puis son cerveau réalisa ce qu’il venait de dire. Le ballon de foot roula le long de son dos et s’enfuit un peu plus loin comme il se redressait brusquement, les joues soudainement en feu.

- Euh, pardon, c’est pas ce que j’voulais dire !

Il enfouit une main dans ses cheveux et un rire embarrassé s’échappa de ses lèvres.

- Comment ça va ?

Quelques applaudissements lents et méprisants retentirent dans sa tête.
« Et bien bravo. C’est ce qu’on appelle une jolie entrée en matière. Je suis censé faire comment maintenant pour rattraper tes idioties ? Tu mets en péril toute la discussion ! Maintenant, c’est elle qui a l’avantage et c’est justement ce que je ne voulais pas en refusant d’aller au lac. »
« J’ai pas fait exprès… »
Cap avait envie de se faufiler dans un trou de souris. Malheureusement, il n’y en avait pas dans le coin et s’il ne pouvait pas échapper au jugement d’Adèlys, il pouvait encore moins échapper à celui du Génie. Après tout, il partageait la même tête.


Dernière édition par Alexander Hexe le Jeu 26 Oct - 19:05, édité 1 fois
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on n'était pas sensé se retrouver au lac ?

plan à trois

Adèlys venait de terminer son repas du midi. La nourriture était toujours bonne, mais elle avait toujours du mal à apprécier les légumes, alors que les fruits passaient sans problèmes. Elle se forçait à manger de tout pour rester en bonne santé et mais aussi pour que son corps résiste mieux aux expériences de Donatien Elpida.
Si seulement elle n'était pas paralysée... Elle vivrait une vie heureuse, avec sa sœur, sa mère et son père. Loin de cet endroit. En y repensant plus attentivement, c'était sa mère qui avait insisté pour l'envoyer ici... Mais elle ne pouvait pas savoir que c'était un enfer. Alors Adèlys lui avait pardonné sans réelle difficulté.
Elle poussa la porte de la cantine et atteignit une seconde porte donnant sur la cour, son livre sur ses genoux. Dès qu'elle fut à l'extérieur, elle sentit le vent caresser doucement sa peau et l'air pur remplir ses poumons. C'était un air un peu marin... Pas étonnant sur une île, en fin de compte.
Elle avança donc jusqu'à l'arbre où elle avait l'habitude de lire en observant les différents patients. Ce garçon de cinq ans était atteint d'un vilain cancer. Et pourtant, malgré l'absence de cheveux et la peau pâle, il jouait avec les autres. Il poursuivait ses amis en mimant avec ses mains des griffes, comme pour jouer le méchant. Cette scène arracha un sourire à Adèlys, mais les larmes lui montèrent également aux yeux. Ils étaient insouciants, innocents.
De l'autre côté, c'était une fille qui jouait avec ses baguettes de batterie. Elle s'amusait à frapper le mur pour produire de la musique. Elle, elle avait une ouïe incroyable. Capable d'entendre une conversation chuchotée à cinquante mètre d'elle, sans obstacle bien sûr. Elle chuchota alors un bonjour à son égard, et la fille se retourna pour la saluer. Ce que c'était fascinant... Il paraît qu'elle avait perdu une oreille à cause de son médecin, et le bandage qui recouvrait le côté droit de sa tête témoignait de cette barbarie. Adèlys soupira.
Puis enfin, toujours en avançant vers l'arbre, elle vit Alexander Hexe. Lui, elle ne savait pas ce qu'il faisait ici. Il était un vrai mystère.
En parlant de mystère... Que faisait-il ici ? Elle l'avait bien attendu au lac pour discuter avec lui, et avait presque perdu espoir de trouver un allié redoutable. Se faisait-il désirer ?
Elle avança jusqu'à lui, qui s'amusait avec un ballon. Lorsqu'il l'entendit, il lui lança un :

- Salut Adèlys ! Ça roule ?


Ce qui l'arrêta net. Elle lui lança un regard suspicieux, mais se retint de dire quoique ce soit de cinglant. Il avait l'air joyeux plus qu'autre chose. Tiens, il se montrait simplet avec elle ?
Adèlys se demandait alors s'il n'avait pas un soucis mental ou psychologique. Peut-être était-il bipolaire ? Ah mais bien sûr ! Il était bipolaire ! Tout s'expliquait ! Peut-être était-ce plus compliqué que cela, mais au moins ce mystère sera résolu. En tout cas, pour elle.
Le ballon se mit à rouler loin de son propriétaire, et Adèlys leva les yeux vers Alexander. Il avait l'air gêné, mais surtout embarrassé. Il venait de comprendre, alors ? Adèlys afficha un petit sourire amusé. Bon, ce n'était pas fait exprès. Elle pouvait bien lui pardonner cet écart.

- Euh, pardon, c’est pas ce que j’voulais dire !


Adèlys secoua la tête. Le garçon froid et distant avait bel et bien disparu. En fait, ce garçon avait été surtout méprisant avec elle. Elle était assez dubitative, mais laissa couler. Tout le monde fait des erreurs ou peut être maladroit. Adèlys n'allait pas lui reprocher ça. En revanche, la première rencontre avait été lourde pour elle. Elle se demandait comment la suite allait se passer.
En vue de son attitude, il était complètement embarrassé. Adèlys trouvait presque cela adorable.

- Comment ça va ?

Adèlys s'approcha un peu de lui et lui donna sa réponse en souriant :

- Je vais bien, merci. J'espère que c'est aussi ton cas.

Elle vint alors près de lui pour s'installer sous l'arbre, à l'ombre. Elle immobilisa son fauteuil avec une sorte de levier pour éviter qu'il roule n'importe où, et se baissa pour ranger son livre dans une sorte de boite accrochée sous le fauteuil. Elle se redressa alors pour lui poser quelques questions :

- Je me demandais... Pourquoi n'es-tu pas venu au lac ? Tu préfères en parler ici ? Parce que je me doute que tu n'es pas venu pour parler de la pluie et du beau temps.

Elle n'avait pas pour habitude d'être aussi cash, mais soit. Sa stratégie était de ne pas tourner autour du pot, surtout dans un lieu public. Et surtout d'un sujet de conversation comme celui-ci. Elle était persuadée que derrière ses changements subis d'émotions se cachait un garçon intelligent et malin. Sa bipolarité ne devait pas interférer avec le tacticien qu'il était. Enfin, il avait des airs de garçon intelligent, mais la soirée d'inauguration la faisait pas mal douter. Il avait, certes, pris ses précautions en envoyant un employé des médias aux toilettes, mais son plan n'était franchement pas malin. Il suffisait qu'un médecin soit exactement au bon endroit au bon moment pour l'envoyer chez les Zéro. Adèlys se rassura en se disant qu'elle les avait peut-être sauvé, mais ce n'était pas vraiment le cas. Elle avait du jouer la "Miss-Je-Sais-Tout" alors que ce n'était en rien son caractère. Comme quoi, dans un cas comme dans l'autre, la première impression n'était pas bonne.
Après cette réflexion, elle s'excusa :

- Je suis désolée pour la soirée aussi. Mais j'ai préféré intervenir plutôt que de vous voir intégrer les Zéro.

Sa vision des choses était très pacifiste, mais c'était ainsi. Elle était du genre à ne laisser abandonner personne. Et si elle oubliait quelqu'un, elle irait le rejoindre le plus vite possible, avec ou sans fauteuil roulant. Enfin, c'est ce qu'elle disait, mais elle n'en était pas certaine.



Je pense qu'on devrait tous s'allier...
On devrait tous avoir confiance en nos propres capacités. Si on unie nos forces, tout est possible et peut-être qu'on pourra enfin sortir de cet enfer... by lizzou.
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Cap secoua une nouvelle fois sa tignasse avec un rire gêné quand Adèlys lui répondit et lui retourna la question très poliment. Avec ce genre de formulation, il aurait pu croire entendre le Génie, même si une certaine gentillesse et une certaine douceur se dégageait d’elle. Que ce soit l’une ou l’autre des deux personnalités, ils n’avaient pas été très sympas avec elle à la soirée d’inauguration. Il aurait presque préféré qu’elle se montre un peu froide plutôt que d’afficher ce sourire sincèrement amusé. Il se sentait tout honteux quand il repensait au tour qu’il lui avait personnellement joué, cette histoire de changement de chemise qu’il avait utilisé pour la mettre mal à l’aise. Bon, ce n’était pas pire que le mépris presque agressif du Génie mais lui, c’était habituel. Ce n’était pas dans ses habitudes à lui.

- Oui, ça va. Répondit-il un peu évasivement, plongé dans ces pensées.

Il la regarda s’approcher de lui, le regard rivé sur ses mains, presque fasciné par la facilité dont elle faisait preuve à se mouvoir malgré son handicap. Il l’observa mettre son frein et ranger son livre.
« Elle accepte de nous parler tout de même. C’est bien. Laisse-moi prendre le relai. »
« Non, pas tout de suite, je voudrais me rattraper d’abord et m’excuser pour l’autre soirée. »
Il eut un silence qui se prolongea un peu. Puis, un soupir retentit.
« Soit. Mais dépêche-toi. On a plus important à faire. »
Cap eut pour réflexe de hocher la tête affirmativement sans réaliser que si Adèlys le captait, ça allait lui paraître bizarre. Il allait reprendre la parole mais celle-ci le prit de vitesse.

- Je me demandais… Pourquoi n’es-tu pas venu au lac ? Tu préfères en parler ici ? Parce que je me doute que tu n’es pas venu pour parler de la pluie et du beau temps.


Pris au dépourvu, la réponse s’échappa de ses lèvres d’une façon complétement spontanée. Il haussa les épaules.

- Oh, tu sais, moi je s’rais bien v’nu. C’est un coin sympa, le lac, on aurait pu pêcher ou s’baigner et tout. C’est l’autre, là, qui n’a pas voulu et…

Il s’interrompit brutalement, réalisant ce qu’il était en train de dire. Il entendit le bruit d’une main qui s’écrase contre un front.
« Abruti. »
Oui, abruti. Le Génie avait raison. Enfin, lui il s’en fichait qu’on sache pour son problème de dédoublement de personnalité mais son colocataire mental lui avait bien dit qu’il préférait qu’ils gardent ça pour eux, histoire de garder un avantage, et il avait sacrément gaffé. Il prit le parti d’enchaîner tout de suite sur autre chose. Avec un peu de chance, elle penserait que « l’autre » s’appliquait à Lore et elle ne poserait pas de questions.

- En fait j’voulais surtout m’excuser pour l’autre soir. J’n’ai pas été très sympa, c’était pas cool de ma part de t’mettre mal à l’aise comme ça. Mais tu nous ret’nais et on était pressé...

Il croisa les doigts dans son dos, priant pour qu’elle n’ait rien capté. Il avait utilisé le pluriel pour cultiver l’ambiguïté de son intervention précédente. Il observa son expression faciale mais il fut incapable de déterminer si elle avait noté et compris sa bourde ou pas. Toujours est-il qu’elle répondit à ses excuses pour la soirée d’inauguration.

- Je suis désolée pour la soirée aussi. Mais j’ai préféré intervenir plutôt que de vous voir intégrer les Zéro.

C’était drôlement gentil de sa part. Et il avait envie de se glisser dans un trou de souris. Il fallait qu’elle arrête de se montrer aussi généreuse face à quelqu’un qui ne le méritait pas. Il s’en voulait tellement de la mystifier comme ça ! Alors il prit une décision qui n’allait pas du tout, mais alors pas du tout ! plaire au Génie.

- Adèlys, avant qu’on parle de tu sais quoi, il faut que j’te dise quelque chose. Quelque chose d’important.

« Woh, woh, woh ! Qu’est-ce que tu fais ?! »
« Mec. On peut pas continuer comme ça. Elle doit connaître la vérité, au moins pour nous deux. »

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qu'a-t-il à me dire de si important ?

plan à trois

Elle avait l'impression qu'il se rapetissait volontairement, les épaules légèrement relevées et sa tête s'engouffrant dans le creux qu'elles engendraient. Mais ce n'était qu'une impression car de l'extérieur, il était parfaitement droit et se tenait bien.
Elle s'arrêta tout de même un instant pour écouter ses réponses. Il voulait emmener Loreleï avec lui ? Après tout, elle avait donné rendez-vous aux deux l'air de rien, même si elle s'adressait davantage à lui qu'à sa sœur qui n'avait pas l'air... Non, qui n'était pas futée. Au bout d'un moment, il faut être réaliste. C'était bien beau d'être gentille, mais il faut l'être pour les personnes qui vous montrent ne serait-ce qu'un peu de respect et de considération.

- Adèlys, avant qu’on parle de tu sais quoi, il faut que j’te dise quelque chose. Quelque chose d’important.


Elle se montra tout de suite plus attentive. Elle pencha légèrement la tête et battait plusieurs fois des cils. A la fois interloquée et curieuse.
Elle se redressa sur son siège, détendit ses épaules, et s'apprêta à la fois au pire et au meilleur.
Ce n'allait pas être la première fois qu'il lui faisait ressentir toutes sortes d'émotions. Enfin... Oui, dis comme ça, on pourrait croire qu'il lui plaît, mais c'est juste un intérêt qu'ils ont en commun et sa façon de dire les choses qui...
Bref : ce n'était pas un cocktail d'émotions positif.

- Je t'en prie.

En disant cette phrase, elle lui présenta la paume de sa main, comme pour lui indiquer qu'elle l'écoutait et qu'il pouvait commencer à parler. Elle la reposa délicatement sur sa cuisse, la tête levée vers lui pour entendre ce qu'il avait à dire.


Hors RP:
Réponse trèèèès courte, mais je ne voyais pas ce que je pouvais faire d'autre o_o
S'enfuir en courant (lol) ce n'est pas dans le caractère d'Adèlys, et encore moins parler d'autre chose donc... Bah elle l'écoute...
Voilà, j''espère que ça te va quand même ! >_<



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"Tu réalises que j'ai envie de t'étrangler ?"
"Non, sans blague ? Mais j'en ai marre de tes mystifications : regarde ! Elle est gentille comme tout, elle mérite la vérité. Et pis t'sais quoi ? J'en ai marre que ça soit toujours toi qui décides de tout. Moi aussi j'ai mon mot à dire !"
"Ce n'est pas de ma faute si tes initiatives ne sont pas stratégiques !"
"J'en ai marre de tes calculs ! Y a pas qu'ça dans la vie ! Et..."

- Je t'en prie.

Le regard vide d'Alexander reprit de la consistance et se reposa sur Adèlys. Il esquissa un sourire.
"D't'façon c'est trop tard. Elle attend une réponse et j'vois pas quel mensonge j'pourrais inventer."
"Moi je pourrais le faire."
"Et rechanger de personnalité maint'nant ? Arrête mec, elle est pas stupide, elle va forcément se rendre compte de quelque chose et deviner. Si c'est pas d'jà fait."
Il y eut un silence au terme duquel un soupir retentit.
"Très bien. Mais laisse-moi lui expliquer alors. C'est mon domaine."
"Ok, ça me va."
Cap s'effaça dans un sourire de leur corps. Il savait que le Génie obtempérerait. Il embobinait beaucoup de gens et n'avait aucun scrupule à mentir... Mais pas à lui. Ils avaient une confiance totale l'un dans l'autre et ils savaient que c'était nécessaire pour leur cohabitation et leur santé mentale (relative selon les médecins). Alors le maintien d'Alexander se durcit. Sa silhouette s'allongea comme il se redressait, presque imperceptiblement, rétablissant un partage égal de son poids sur ses deux jambes. Ses yeux se plissèrent légèrement dans l'éternelle expression implacable et dangereusement intelligente qui caractérisait le Génie.

- Tu trouves mon comportement étrange, n'est-ce pas ? Peut-être même que tu t'interroges sur la raison précise de ma présence ici.


Il marqua un léger silence. Il n'attendait pas vraiment de réponse, il lui semblait assez évident que la question était rhétorique.

- D'après les médecins, je souffre de TDI. Selon mes propres analyses, c'est plus compliqué que ça mais disons que ça s'y apparente.

Un rire suivi d'un soupir éclata dans sa tête.
"On parie combien qu'elle a rien compris à ton explication ? Allez, à mon tour. Laisse-moi faire."
Son maintient se relâcha. Il plongea ses mains dans ses poches avec un sourire.

- TDI ça veut dire trouble dissociatif de l'identité. Mais dit comme ça c'est barbant alors pour être plus simple... On est deux là-dedans. Expliqua-t-il en désignant sa tête d'un index.

Il reprit une expression agacée.

- On peut caricaturer ça comme ça oui. Mais tu manques cruellement de rigueur scientifique. Surprise Adèlys ?

Un sourire illumina de nouveau ses lèvres et haussa nonchalamment les épaules.

- Fais pas attention. C'est le Génie, il est toujours de mauvaise humeur. Moi c'est Cap. Au moins tu comprends mieux notre comportement de l'autre soir je suppose.

Il se tut, attendant une réaction de la part de l'hémiplégique. Il ne lui restait plus qu'à prier pour qu'elle ne le prenne pas pour un fou furieux et qu'elle ne prenne ses jambes à son cou... Pardon ses roues... Enfin, qu'elle ne se barre en courant... à toute vitesse. Ouais voilà. Qu'elle ne se barre à toute vitesse.
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Comme d'habitude, Alexander changea du tout au tout, à tel point qu'elle ne prit même plus en compte ses changements de tempérament soudains. Elle s'attarda plutôt sur ce qu'il allait dire, plutôt que d'analyser ses faits et gestes, ce qui devenait plutôt obsolète. Et puis, il allait lui dire quelque chose d'important, apparemment.

- Tu trouves mon comportement étrange, n'est-ce pas ? Peut-être même que tu t'interroges sur la raison précise de ma présence ici.

Elle opina. Il allait lui révéler sa pathologie ? Elle n'avait pas besoin de la connaître nécessairement. Quoique... S'ils devaient coopérer, ils devaient avoir assez confiance en l'un et l'autre, et donc dire leur raison d'être ici.
Ceci l'ayant éclairé, elle s'intéressa soudain davantage à son futur récit.

- D'après les médecins, je souffre de TDI. Selon mes propres analyses, c'est plus compliqué que ça mais disons que ça s'y apparente.

Puis, il changea d'intonation très rapidement.

- TDI ça veut dire trouble dissociatif de l'identité. Mais dit comme ça c'est barbant alors pour être plus simple... On est deux là-dedans. Pause, et de nouveau changement soudain. On peut caricaturer ça comme ça oui. Mais tu manques cruellement de rigueur scientifique. Surprise Adèlys ? Fais pas attention. C'est le Génie, il est toujours de mauvaise humeur. Moi c'est Cap. Au moins tu comprends mieux notre comportement de l'autre soir je suppose.

Elle cligna plusieurs fois des yeux, incrédule et perplexe. Mais surtout : dépassée. Bon, déjà, il y avait bien une histoire de "deux" dans sa pathologie. Mais c'est plus poussé que de la bipolarité. Elle leva ses deux mains, paumes face à lui.

- Attends. Je suis prête à accepter ça, mais si tu pouvais éviter de, hum... Changer subitement ? Je pense que je pourrais vous reconnaître à votre façon de vous exprimer, mais...

Elle secoua la tête. Elle avait du mal à s'exprimer correctement. L'air de rien, elle était surtout surprise. Elle ne s'attendait pas vraiment à ça, même si c'était assez logique. Ça correspondait assez bien à ce qu'il s'était passé à la soirée d'inauguration de l'ouverture de l'asile.

- Excusez-moi, j'ai un peu de mal... Donc, il y a "Le Génie" et "Cap". Mais ensemble, vous formez Alexander. C'est spécial, mais je vais essayer de m'y faire.

Elle s'arrêta un instant, pour réfléchir. Elle se disait que "Le Génie" n'était pas un surnom donné à la légère, tout comme "Cap". Son côté "malin" et "intellectuel" devaient appartenir au Génie, et son côté "jovial" et "insouciant" devaient définir Cap. Bon. Bon. Elle pouvait s'y faire. Ca allait prendre un peu de temps, mais ceci étant avoué, et surtout dit, elle allait pouvoir avancer sans faire exploser son cerveau.

- Donc, pour la stratégie, je devrais parler au Génie, je suppose ? Et pour ce qui est de... L'action, ce sera Cap ? Désolée, je vais avoir besoin de temps, finissait-elle avec un léger rire.



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Cap se mordit les lèvres, mal à l’aise face à l’absence de réaction d’Adèlys. Il commençait à regretter son choix mais il ne le formula pas, pas même dans sa tête, ne voulant pas s’exposer au « je te l’avais bien dit » du Génie. Plus le silence avançait plus il se tassait sur lui-même, souhaitant disparaître de nouveau. Il l’observait cligner des yeux comme si elle tentait de sortir d’un mauvais rêve. Il s’apprêtait à éclater de rire et lui dire que c’était une blague pour dissiper la tension mais elle le devança. Elle leva les mains, doucement.

- Attends. Je suis prête à accepter ça, mais si tu pouvais éviter de, hum... Changer subitement ? Je pense que je pourrais vous reconnaître à votre façon de vous exprimer, mais...

Elle avait l’air vraiment perdue. Le sourire embarrassé de Cap s’effaça de ses lèvres laissant brièvement place à une expression déçue, bien vite remplacée par un nouveau sourire de façade. Mais il l’était profondément. Déçu. Il enfonça ses mains des poches. Il avait vu une Adèlys conciliante et compréhensive. Il avait cru que… Mais non. Peut-être que la personne qui l’accepterait tel qu’il était n’existait pas au fond. Peut-être que c’était juste trop bizarre et dérangeant, même si au fond, lui ne voyait pas en quoi. Il ne pourrait jamais se laisser aller à être lui-même devant d’autres. Il n’avait pas le droit d’être Alexander, le monde l’obligeait à être soit Cap, soit le Génie.
Sentant ses yeux se plisser dans une envie de pleurer difficilement répressible, Cap préféra laisser le relai au Génie. Sa pudeur et sa volonté de garder une image de garçon cool et relax lui interdisait toute manifestation de faiblesse devant un tiers.
Le Génie soupira. Cap était au fond trop naïf et trop sensible. Il aurait dû se douter du résultat. S’il continuait à croire que les gens pouvaient accepter la différence, il passerait sa vie à en souffrir. La réaction d’Adèlys était compréhensible mais il lui en voulait tout de même d’avoir mis Cap dans cet état. Avaient-ils tous les deux surestimé la gentillesse et l’intelligence de l’hémiplégique ? Lorsque la conversation serait finie, il devrait encore passer un bon moment à le consoler et cela faisait difficilement partie de ses compétences.

- Pardon. On ne le refera plus. J’avais oublié que cela dérangeait les gens sains d’esprit. Répondit-il d’un ton parfaitement détaché qui contredisait le sarcasme dont il faisait preuve.

Il passa d’un geste faussement négligé sa main dans ses cheveux, les disciplinant du bout des doigts.

- Mais tu as raison. La stratégie c’est mon domaine.

Il la fixa un moment en silence, de son regard froid et incisif, comme s’il cherchait à disséquer et analyser ses intentions. Méritait-elle au moins le temps qu’il lui accordait ? Il n’allait pas tarder à le savoir.

- Qu’as-tu à me proposer ? Quel est ton plan ?


HRP:
Un petit peu de retard par rapport à mes prévisions désolée ^^'
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plan à trois

Elle vit sur son visage une expression qu'elle ne connaissait que trop bien. Un mélange d'émotions négatives, peut-être indéchiffrable tellement il y en a. Mais en vu de son regard embrumé, elle dirait qu'il y avait au moins de la tristesse dans le lot. D'un coup, elle se sentit très mal, presque coupable alors qu'elle n'avait, à son sens, rien dit de très blessant. Elle avait été sincère... Peut-être avait-elle réagi de façon trop perplexe et trop... Que dire ? Elle n'avait pas l'impression d'avoir été dure ni d'avoir été méchante... Elle ne comprenait pas vraiment cette expression de tristesse.
Peut-être avait-elle dit quelque chose qui lui rappelait un souvenir lointain et peu joyeux ? Comment pouvait-elle savoir ? Elle ne comprenait pas d'où pouvait venir cette émotion. Elle se repassa la conversation, ses propre mots, sans comprendre. Elle allait, tout simplement, l'écouter. Pour voir ce qu'il avait à dire. De toute façon, elle n'était pas magicienne, elle ne pouvait pas tout deviner.

- Pardon. On ne le refera plus. J’avais oublié que cela dérangeait les gens sains d’esprit.

Elle écarquilla les yeux. "Les gens sains d'esprit" ?
Machinalement, elle secoua la tête en réponse à ce qu'il venait de dire. Donc lui, c'était le Génie. OK. Bon, peut-être que ce ne sera pas si compliqué au final. Leur façon de parler est vraiment très différente, c'est juste qu'il faut prendre le temps.

- Mais tu as raison. La stratégie c’est mon domaine.

Elle eut un frisson lorsqu'il posa son regard sur elle. Il posait son regard ? Non, c'était autre chose. C'était une façon de regarder plus intense et plus blessante. Inconsciemment, elle s'installa plus profondément dans son fauteuil, comme si ça allait la protéger de quoique ce soit.

- Qu’as-tu à me proposer ? Quel est ton plan ?

Elle ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortait. Son plan ? Elle n'y avait jamais vraiment réfléchi. Elle s'était toujours contentée d'essayer de rassembler les personnes, de les motiver à se révolter, et peut-être un jour allait-elle lancer la révolution. Mais avant tout : comment savoir qu'il y a au moins un lecteur du journal ? Il était tellement caché qu'elle n'était pas sûre qu'il y ait au moins une personne qui l'ait lu.
Dans un élan de doute, elle baissa ses épaules et regarda le sol. N'était-elle pas en train de nourrir elle-même un espoir trop fou ? N'était-elle pas en train de s'imaginer une chose stupide en utilisant le peu de temps libre qu'elle avait en sa possession pour écrire des pages et des pages, peut-être pour rien ?
Elle leva une nouvelle fois les yeux vers lui, avant tout pour se défendre, sans pour autant se débarrasser de sa soudaine frustration.

- Avant toute chose, ce n'est pas que ça me dérange. C'est juste qu'au lieu de parler à une personne, je parle à deux personnes. C'est peut-être naturel pour ta sœur de comprendre qui est qui, mais je viens seulement d'apprendre que vous êtes deux. Et, je n'ai jamais dit que vous n'étiez pas sains d'esprit.

Puis elle inspira, et laissa un silence s'installer. Son but ? Il était limpide. Mais son plan ? Plus que trouble. Au moins, elle était sûre qu'il y avait quelqu'un avec elle, dans son camp. Il lui avait révélé un secret, peut-être qu'elle pouvait lui dire ? Lui révéler qu'elle était l'auteure de ce journal ?
Trop risqué. Elle risquait déjà gros dans cette affaire, elle n'allait pas lui mettre sur un plateau d'argent ce qu'il voulait. Et puis, en vue de ces plans très risqués, elle ne pouvait pas se permettre de lui dévoiler une telle information. Peut-être se prenait-elle pour une personne trop importante. Dans tous les cas, comme il était écrit dans le journal, "L'auteur restera inconnu, comme l'identité de ses lecteurs". Elle restera donc muette jusqu'à ce qu'il lui prouve qu'il est assez digne de confiance.

- Quant à mes plans... Je me base sur le Journal Clandestin. Trouver l'auteur nous donnera un certain avantage.

Elle marqua une légère pause. Elle venait de lancer un compte à rebours contre elle-même. S'il gaspillait son temps à chercher un auteur qu'il connaissait déjà, cela allait plus les ralentir qu'autre chose. Elle soupira alors, laissant tomber ses doutes et se concentrant sur la réussite du plan.
Elle balaya alors d'un revers de la main tout ce qu'elle avait pensé juste avant, et planta son regard dans le sien l'air sûre.

- Mais de toute façon, c'est moi qui rédige le Journal Clandestin donc, cela nous fait une chose en moins à faire.



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Le Génie observa Adèlys se renfoncer dans son fauteuil, comme si elle se sentait agressée. Tant mieux. C'était tout ce qu'elle méritait pour rendre Cap malheureux, même si ce dernier devait absolument se créer une carapace.

- Avant toute chose, ce n'est pas que ça me dérange. C'est juste qu'au lieu de parler à une personne, je parle à deux personnes. C'est peut-être naturel pour ta sœur de comprendre qui est qui, mais je viens seulement d'apprendre que vous êtes deux. Et, je n'ai jamais dit que vous n'étiez pas sains d'esprit.

Il croisa les bras. Elle parlait de sa soeur sans aucune connaissance de cause. Mais en même temps, comment pouvait-elle savoir que même sa propre soeur ignorait cet aspect de lui. Mais il ne voulait pas en discuter avec elle. Alors il attendait patiemment qu'il réponde à la question qu'il lui avait posée.
Elle lui parla d'un journal. Le Journal Clandestin. Pour un écrit qui était sensé être clandestin, il était bien trop connu. Il le lui fit remarquer.

- D'ailleurs, c'est surprenant que les médecins et les employés ne l'ai pas encore découvert tellement tout le monde le lit et tout le monde en parle.

De toute façon ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne découvre qui en était l'auteur. Il haussa un sourcil sûr de lui. Il en était persuadé.

- Mais de toute façon, c'est moi qui rédige le Journal Clandestin donc, cela nous fait une chose en moins à faire.


Et le Génie tomba des nues. Euh, d'accord, il s'attendait à le découvrir vite mais pas maintenant et pas comme ça ! Il était assez surpris il devait l'admettre. Il perdit un peu de sa contenance et de sa morgue, restant silencieux pour s'éviter de bafouiller lamentablement.
Il était confus. Ca lui évitait de perdre du temps, certes, mais réalisait-t-elle à quel point elle se mettait à découvert ? Il ne savait pas trop s'il devait se sentir flatté par sa confiance, ou consterné par sa bêtise de se mettre en danger ainsi. Finalement, il opta pour un entre-deux.

- Tu réalises à quel point ce que tu fais est stupide là ? Non pas que je ne sois pas flatté de ta confiance mais...

En réalité, il se sentait tout chose. Etait-ce... ? Il n'était pas familier avec les sentiments. Ce n'était que des extensions parasites qui nuisaient à l'objectivité et à la réflexion. Il n'aurait pas dû se montrer si sec, du moins il le supposait. Il garda le silence quelques instants, sur le point de dire quelque chose qu'il avait du mal à formuler.

- Je... Je suis désolé de m'être montré aussi... désagréable.

Il inspira un grand coup, se détestant de bafouiller de la sorte, avant de reprendre.

-  Je comprends que la situation soit étrange pour toi. Enfin, non, je ne comprends pas mais je peux le concevoir. Mais il faut que tu comprennes que tu es la seule à qui Cap à tenu à montrer le véritable Alexander. La société nous a toujours forcé à être Cap ou le Génie. Jamais Alexander, que nous sommes pourtant vraiment. Alors ta réaction l'a assez blessé.

Il se tut un instant embarrassé mais refusant de le laisser transparaître. Seul ses yeux obstinément baissés sur ses pieds le laissait deviner.
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plan à trois

Le silence qu'il laissait s'installer signifiait beaucoup de choses. Tout d'abord, elle sentit bien qu'il fut surpris. Mais elle s'attendait, venant du "Génie", qu'il réplique quelque chose de cinglant ou qu'il fasse savoir que ça ne l'impressionnait pas d'un poil. Or, là, pas un son ne sortit de sa gorge. Adèlys fut interloquée. Elle ne pensait pas que ce garçon aux airs méprisants puisse être un jour autant surpris.

- Tu réalises à quel point ce que tu fais est stupide là ? Non pas que je ne sois pas flatté de ta confiance mais...

Elle pencha légèrement la tête sur la droite et haussa doucement les sourcils, attendant une suite. Elle ne prit absolument pas mal sa première réflexion, elle commençait à s'habituer à être plus ou moins prise de haut venant de sa part. Et puis, ce n'était pas faux. Ce qu'elle faisait là était totalement stupide. La prise de risque était immense. Mais au moins, elle ne l'avait pas avoué à la première personne qu'elle avait vu. C'était déjà ça.

- Je... Je suis désolé de m'être montré aussi... désagréable.

Elle écarquilla les yeux, mais opina. Elle était maintenant à son niveau, du moins à un niveau similaire au sien. Et il ne la prendrait peut-être plus de haut et avait gagné son respect. Elle ne regretta pas son choix, au final.
Puis, il lui expliqua pourquoi il s'était montré un peu désagréable. Elle comprit sa réaction et opina à nouveau. Oui, c'était compréhensible. Après tout, elle avait quitté la société à ses six ans, elle ne se souvenait plus vraiment à quoi cela pouvait ressembler.
Elle laissa un temps à sa réponse, ne serait-ce que pour peser ses mots, mais seule cette phrase lui vint :

- Je peux comprendre, ça a dû être difficile.

Mais rien d'autre. Et pourtant, elle avait envie de rassurer ce "Cap". Mais elle s'était déjà expliquée...

- Je tiens à m'excuser aussi. Je ne pensais pas que ma réaction pouvait te... le blesser. Je promets de faire des efforts.

Elle venait de faire une bourde, mais soit. Elle allait devoir s'habituer à les dissocier l'un de l'autre. Mais elle appuya sa promesse d'un sourire sincère et bienveillant. Elle se permit d'effleurer sa main de ses petits doigts fins. Elle n'aimait vraiment pas faire du mal aux autres. Encore plus si c'était un mal intérieur.



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- Je peux comprendre, ça a dû être difficile.

Le Génie afficha une moue sceptique. Elle ne comprenait certainement pas non. Et au fond, était-ce vraiment difficile ? Il ne savait même plus. Ils avaient joué cette mascarade toute leur vie, ce n'était pas comme s'ils avaient déjà connu autre chose. Au fond cela ne lui pesait pas vraiment personnellement. De toute manière, c'était comme ça et ça ne servait à rien de verser dans le sentimentalisme.

- Je tiens à m'excuser aussi. Je ne pensais pas que ma réaction pouvait te... le blesser. Je promets de faire des efforts.

Un sourire un rien moqueur s'afficha sur les lèvres du Génie suite à cette hésitation pronominale. Mais il s'atténua bien vite. Evidemment, Adèlys devait avoir du mal à savoir comment se comporter avec eux maintenant. Cependant, quand elle ponctua ses mots avec un geste tendre, il disparut aussitôt pour laisser place à un autre, beaucoup plus rayonnant qui n'était assurément pas le fait du Génie. Cap voulait lui faire savoir qu'il appréciait le geste mais il n'osait pas se manifester plus que ça, après ce qu'il venait de se passer.
Le Génie reprit aussitôt le contrôle et plaça nonchalamment sa main dans son dos. Si son colocataire appréciait ce genre d'interaction sociale, cela le mettait juste mal à l'aise. A priori, ils n'avaient pas gardé les cochons ensemble, non ? Alors comme à son habitude, il se cacha derrière les mots.

- J'imagine que ce n'est pas évident pour toi alors pars du principe que tu parles toujours à deux personnes. C'est très rare qu'on ne soit pas tous les deux conscients en même temps. Mais pour nous, ce serait quand même beaucoup plus simple que tu nous autorises tous les deux à te répondre.

"Eh beh toi alors, va falloir régler ton problème avec les filles mon vieux !"
"Je... je ne t'ai rien demandé !"
"Nan mais c'est vrai ! A peine elle te touche la main que tu paniques, c'est ridicule ! Tu f'rais comment si elle te draguait hein ?"
Les joues d'Alexander rougirent brusquement et le Génie se retira. Cap fut propulsé aux commandes avec une expression surprise. Bah quoi ? Qu'est-ce qu'il avait dit ? Il se creusa la tête quelques secondes. Ah oui ! Il avait prononcé le mot qu'il ne fallait pas. Il éclata de rire, un peu embarrassé.

- Euh, désolé, je sais qu't'aime pas qu'on change comme ça mais... là j'ai pas trop eu l'choix. Ah la la ! C'est tellement facile de l'mettre en boule. On disait quoi déjà ? Ah oui.

L'expression hilare de Cap s'assombrit un peu. Ca n'avait en fait rien à voir avec ce qu'ils étaient en train de dire mais c'était important.

- En fait, ça n'a rien à voir mais s'il te plaît... Ne dis rien à Lore. Elle n'est pas au courant pour le Génie et moi. En fait,
elle croit qu'on joue la comédie pour pouvoir entrer et rester ici avec elle... Ca m'embête de l'dire mais... Lore c'est pas une lumière.
Et ça m'ennuierait que t'éclaires sa lanterne tu vois ?
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qu'a-t-il à me dire de si important ?

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En quelques secondes, le visage d'Alexander passa du micro-sourire, à un grand sourire, à rien du tout. Elle comprit que c'était un échange de personnalité, qu'elle trouva très étrange. Elle n'était vraiment pas habituée à ça. Elle ne savait pas comment réagir face à cette situation. Et son geste de la main a dû ne pas lui plaire, puisqu'il plaça la sienne hors de portée. Elle vira au rouge, et posa sa main sur ses jambes, lui interdisant dorénavant de bouger. Hors de question de le mettre mal à l'aise. Elle n'aurait pas dû se permettre ce geste, en fin de compte.

- J'imagine que ce n'est pas évident pour toi alors pars du principe que tu parles toujours à deux personnes. C'est très rare qu'on ne soit pas tous les deux conscients en même temps. Mais pour nous, ce serait quand même beaucoup plus simple que tu nous autorises tous les deux à te répondre.

Elle opina presque férocement. Il avait tout à fait raison. Elle le remercia presque de lui exempter de choisir entre le "toi" et le "il". Elle n'aura qu'à deviner à qui elle parlait, et en vue de la différence de personnalité en le Génie et Cap, elle se dit que ce ne sera pas bien compliqué.
Il continua, une nouvelle expression sur le visage. Cap ?

- Euh, désolé, je sais qu't'aime pas qu'on change comme ça mais... là j'ai pas trop eu l'choix. Ah la la ! C'est tellement facile de l'mettre en boule. On disait quoi déjà ? Ah oui.

C'était bien Cap. Il avait cet air moins assuré et moins "prétentieux".

- Ca va, je suis en train de m'y faire. Au contraire, continuez comme ça. Je m'habituerai plus vite.

Au moins, elle savait à qui elle était en train de parler, et son cerveau ne prenait plus autant de temps à discerner les personnalités. De toute façon, dans ce corps, ils n'étaient que deux. Ils auraient pu être plus.

- En fait, ça n'a rien à voir mais s'il te plaît... Ne dis rien à Lore. Elle n'est pas au courant pour le Génie et moi. En fait, elle croit qu'on joue la comédie pour pouvoir entrer et rester ici avec elle... Ca m'embête de l'dire mais... Lore c'est pas une lumière. Et ça m'ennuierait que t'éclaires sa lanterne tu vois ?

Elle ne cacha pas sa surprise. Sa propre soeur n'était pas au courant ? Comment ça se faisait ? Elle ne comprenait pas... Si c'était sa soeur, et proches comme ils étaient, ils devaient avoir vécu ensemble. Donc elle devait connaître ces deux personnalités... Non ?
En revanche, elle masqua son sourire lorsqu'il dit que Loreleï n'était pas une lumière. C'était sûr. Elle avait l'air d'être une personne adorable et sincère, mais elle n'avait pas inventé l'eau chaude.

- Je ne dirais rien à ta soeur. Comme tu peux t'en douter, je sais garder les secrets.

Elle venait de se rendre compte qu'ils avaient totalement dérivé de la conversation principale. Que devaient-ils faire pour pourrir l'Institut ? Il faudrait que tout le monde s'y mette, en fin de compte. Et quand elle disait :"tout le monde", elle parlait de tous les patients.
Elle ne savait pas si il y avait beaucoup de lecteurs de son Journal, mais il fallait sans doute commencer par là.
Elle prit un air plus grave et sérieux.

- Pour en revenir au sujet de base, je pense qu'il faudrait qu'un maximum de patients lisent le Journal. Si on décide de faire quelque chose à une date certaine, il faudrait rassembler un maximum de personnes.

Elle ne savait pas si elle avait été claire, mais dans sa tête, tout était logique.



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- Je ne dirais rien à ta soeur. Comme tu peux t'en douter, je sais garder les secrets.

Un sourire éloquent illumina le visage de Cap, rompant avec son air sinistre de tout à l’heure. Il n’y avait pas grand-chose auxquelles il tenait vraiment, mais l’image de grand frère parfait vis-à-vis de Lore en faisait partie. C’était réellement important pour lui qu’elle ne sache pas que sa pathologie était réelle. Il n’avait jamais vraiment cherché à lui mentir à ce propos pourtant, que ce soit lui ou le Génie. En réalité, il ne l’avait lui-même compris que très tard. Au début, ce n’était qu’une voix dans sa tête lorsqu’il était tout petit et il ne s’était même pas interrogé dessus tellement il l’avait toujours connue. Et puis quand il demandait aux adultes de lui répéter ce qu’ils disaient quand il était petit, ils lui répondaient souvent qu’ils se parlaient à eux-mêmes alors il avait fini par en déduire que c’était normal, que tout le monde avait une petite voix dans sa tête et qu’il n’y avait pas de problèmes avec ça. Et puis un jour, le Génie a commencé à prendre le contrôle de leur corps, sans savoir lui-même comment il faisait et comment ça se déclenchait et là il avait compris qu’il y avait quelque chose d’étrange. Ils avaient donc fait quelques recherches et c’est là qu’ils ont compris. Un cas de trouble de la personnalité multiple même si certains éléments ne concordaient pas. Et puis ils ont découvert que les traitements contre ça consistaient à faire mourir, ou du moins taire l’un d’entre eux. Et ça c’était hors de question. Alors ils avaient décidé d’un commun accord de n’en parler à personne, même pas à Lore de peur qu’elle le balance sans le vouloir à leurs parents. Après tout ils ne se sentaient pas malades.
La vérité, c’était qu’ils avaient décidé de le dire à Lore un jour, quand elle serait plus grande et moins maladroite, que ce serait moins risqué pour eux. Malheureusement, elle avait été envoyée à l’Institut avant. Ils avaient donc révélé leur « maladie » pour pouvoir la retrouver mais les circonstances n’étaient plus propices à lui dire la vérité. Elle avait suffisamment de problèmes pour ne pas lui rajouter l’idée que son frère était en fait « des frères » si elle voulait bien l’accepter, ou qu’Alexander était complétement cinglé.
Il avait bien remarqué qu’Adèlys était surprise de ce choix qu’ils avaient fait de cacher cela à sa sœur, il aurait bien voulu le lui expliquer mais ce n’était pas le sujet de la conversation, et il ne la connaissait pas encore assez pour lui dévoiler tout ce pan de sa vie.
Il se contenta donc de lui répondre :

- Merci.

Et ils revinrent à la vraie raison de leur discussion.

- Pour en revenir au sujet de base, je pense qu'il faudrait qu'un maximum de patients lisent le Journal. Si on décide de faire quelque chose à une date certaine, il faudrait rassembler un maximum de personnes.

- Y a d’jà pas mal de personnes qui le lisent ton Journal, tu sais ? Comme le f’sait remarquer l’Génie tout à l’heure, c’est même étonnant qu’l’Institut soit pas encore au courant.

Mais c’était une bonne chose, il supposait. Ca signifiait que les lecteurs du Journal étaient fidèles à la révolte. Ou que les médecins et le personnel étaient vraiment plus cons qu’il n’y paraissait.

- Mais pour être sûrs tu pourrais lancer un sondage pour savoir ? Genre leur demander d’écrire leur nom pour savoir sur qui on peut compter ?

Le Génie avait refait surface depuis qu’ils parlaient stratégie. Et ce que Cap lui paraissait une bonne idée sur le papier mais cela ne se concrétiserait jamais. Il reprit donc le contrôle pour s’opposer.

- Non, ils ne mettraient jamais leur nom sur le Journal, ce serait stupide. Si jamais il est découvert, tous ces gens auraient du souci à se faire. Donc d’une part s’ils ont un minimum d’intelligence, ils ne le feront pas et nous ne serons pas plus avancés, et d’autre part, on ne peut pas courir le risque de permettre à l’Institut d’annihiler la résistance à cause d’un simple carnet.

Cependant… Cependant il sentait qu’il était possible de mettre à profit cette idée de Cap d’une autre manière, plus intelligente. Son regard se fixa sur le visage d’Adèlys mais il ne la voyait pas. Il réfléchissait. Savoir sur qui compter peut-être pas mais il y avait une information aussi utile qu’ils pouvaient récupérer en prenant moins de risques.

- Mais on peut leur demander combien ils sont. Plutôt que d’écrire leur nom, on peut leur demander de faire une marque, un trait ou un dessin en dessous de tes articles. Si le Journal est découvert, ce qui est en réalité un recensement pourra passer pour une illustration.


Enfin, à condition qu’il n’y ait pas un petit rigolo pour faire l’imbécile et fausser les résultats.

HRP:
Désolée pour le retard ! ^^'
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qu'a-t-il à me dire de si important ?

plan à trois

Il ne tarda pas à lui répondre.

- Y a d’jà pas mal de personnes qui le lisent ton Journal, tu sais ? Comme le f’sait remarquer l’Génie tout à l’heure, c’est même étonnant qu’l’Institut soit pas encore au courant.

A ce point ? Adèlys le regarda, l'air abasourdie. Elle se doutait bien que des gens le lisaient, mais autant ? Elle ne pensait pas qu'un tel journal puisse avoir une telle ampleur. Effectivement, c'était étrange que l'Institut ne s'en inquiète pas plus. Ce qui veut dire que les patients le prenaient au sérieux et n'étaient pas des colporteurs de rumeurs.
Quoique... Son médecin l'avait déjà questionnée par rapport à ce journal... Elle devrait faire plus attention. Elle devait préciser et insister sur le fait d'en parler uniquement en privé...

-  Mais pour être sûrs tu pourrais lancer un sondage pour savoir ? Genre leur demander d’écrire leur nom pour savoir sur qui on peut compter ?

Elle plissa les yeux, dubitative. Elle leur avait dit de rester anonyme, ce serait contre ses principes qu'elle leur demande leur nom.
Il fallut quelques secondes pour que les rôles s'échangent.

- Non, ils ne mettraient jamais leur nom sur le Journal, ce serait stupide. Si jamais il est découvert, tous ces gens auraient du souci à se faire. Donc d’une part s’ils ont un minimum d’intelligence, ils ne le feront pas et nous ne serons pas plus avancés, et d’autre part, on ne peut pas courir le risque de permettre à l’Institut d’annihiler la résistance à cause d’un simple carnet.

Elle opina. Le Génie releva un point important. Elle aimait sa façon de penser.
Il proposa alors :

- Mais on peut leur demander combien ils sont. Plutôt que d’écrire leur nom, on peut leur demander de faire une marque, un trait ou un dessin en dessous de tes articles. Si le Journal est découvert, ce qui est en réalité un recensement pourra passer pour une illustration.
- Oui, on peut faire ça. J'espère juste que personne ne faussera les résultats...

Elle se mit à réfléchir. La dernière fois qu'elle leur avait demandé de se réunir, la forêt avait brûlé et l'incendie menaçait de réduire l'île en cendre. Fort-heureusement, ils avaient de l'eau à proximité. Après, c'était sans doute trop tôt pour demander aux patients de se réunir. Et s'ils sont autant qu'Alexander le prétendait, alors un tel attroupement piquerait la curiosité des médecins. Sauf s'ils sont trop effrayés pour oser se montrer.
Elle pianota nerveusement, ses doigts tapant légèrement sur l'accoudoir de son fauteuil.

- Mais après ça, qu'est-ce qu'on fera ? Connaître combien nous sommes environ peut être utile, mais se réunir serait trop dangereux...

Son cerveau passait en revue toutes les possibilités que pouvait offrir cet écrit. Ils pouvaient se réunir, s'entraider, se préparer...
Soudain, une idée germa de son esprit. Mais elle ne sut pas comment gérer cette information, ni si c'était une bonne idée.
Elle se mordilla la lèvre inférieure, et releva les yeux vers son interlocuteur. Tant pis, elle pouvait toujours lui proposer son idée. Ca ne pouvait pas être si terrible.

- Sinon, je peux fournir un second journal et un stylo, et les patients marquent leur idée dans ce second journal. Quelles qu'elles soient. Je ne sais pas si c'est une bonne idée, mais connaître leur avis m'importe.

Elle inspira, sans vraiment être convaincue. Les avis des autres l'affectaient plus qu'elle ne voulait le croire, et qu'ils soient positifs ou négatifs allaient lui changer radicalement d'humeur. Soit elle serait optimiste et ça se verrait, soit elle serait pessimiste et encore une fois, on le remarquera.
Elle regarda machinalement le sol, réfléchissant. Que pouvaient-ils faire d'autre ... ?



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- Oui, on peut faire ça. J'espère juste que personne ne faussera les résultats...

Le Génie hocha la tête. Cette fille savait réfléchir, c’était un bon point. C’était effectivement le risque d’une telle entreprise mais il ne voyait pas d’autre solution plus sûre sans mettre en péril leur sécurité à tous. C’était donc le meilleur compromis qu’il pouvait lui proposer. Ou alors l’inaction momentanée. Parfois, attendre de voir était la meilleure chose à faire. Se mettre de côté et observer, attendre l’opportunité. Mais en l’occurrence il ne pensait pas que l’attente serait lucrative. Il aurait pu lui faire part de ses pensées mais le pianotement nerveux des doigts d’Adèlys sur son fauteuil roulant lui laissait entrevoir qu’elle n’avait pas terminé.

- Mais après ça, qu'est-ce qu'on fera ? Connaître combien nous sommes environ peut être utile, mais se réunir serait trop dangereux...

Il passa une main dans ses cheveux, d’un air faussement négligé parfaitement étudié. Elle se projetait trop. Pas que ce soit une mauvaise chose en soi, c’était important d’avoir plusieurs coups d’avance mais planifier sans informations un minimum fiable ne servait à rien d’autre qu’aiguiser son esprit stratégique. Il ne fallait pas griller les étapes. Mais une nouvelle fois, il ne dit rien. Il avait vu une idée naître à travers ses yeux et il jugeait on ne peut plus impoli d’interrompre une réflexion en cours.

- Sinon, je peux fournir un second journal et un stylo, et les patients marquent leur idée dans ce second journal. Quelles qu'elles soient. Je ne sais pas si c'est une bonne idée, mais connaître leur avis m'importe.

Le Génie haussa un sourcil. Demander l’avis de la plèbe ? Voilà qui n’était pas dans ses habitudes. Cependant il se prit à prononcer un :

- Pourquoi pas.

Et effectivement pourquoi pas. Même si avec ses capacités cognitives il n’en ressentait pas le besoin, il ne pouvait nier qu’il avait probablement plus d’idées dans une multitude de cerveau que dans un, même aussi brillant que le sien. Ca pouvait être intéressant d’avoir accès à d’autres points de vue.
Cap se manifesta, enthousiaste.

- Ce s’rait cool ! On pourrait préparer une super stratégie à plusieurs, comme dans une équipe de foot !

Puis il observa Adèlys, si frêle dans son imposant fauteuil et se demanda s’il n’avait pas fait une gaffe. Encore une fois. Sa spontanéité n’était pas toujours une bonne chose. Il eut un sourire et s’accroupit en face d’elle. Il voulait faire quelque chose pour elle. Elle semblait si sérieuse et… si triste. Il eut soudain envie de la voir sourire. Il se redressa rapidement.

- Vous savez quoi ? On a suffisamment parlé complot aujourd’hui ! Moi j’ai envie de m’amuser !

Il passa derrière et attrapa les poignées du fauteuil en ignorant copieusement un facepalm du Génie et se pencha à l’oreille de la jeune fille.

- Tu vois l’arbre là-bas ? Chuis sûr à nous deux on défonce le record d’vitesse ! Ca t’tente ?

Il guettait l'approbation de sa camarade, un immense sourire aux lèvres, déjà arque-bouté contre le fauteuil, dans les starting blocks.
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- Pourquoi pas.

Ca, c'était de la réponse courte mais claire. Elle ne s'y attendait pas vraiment venant du... Génie. Elle l'aurait imaginé plus éloquent sur la façon de remettre l'ordre dans cet endroit. Après tout, c'était lui qui l'avait attendue ici, en provoquant cette situation. Elle ne l'imaginait pas ne pas avoir un avis clair sur la question.
Mais bon, s'il ne développait pas, c'était probablement parce qu'il pensait que ce n'était pas nécessaire.

- Ce s’rait cool ! On pourrait préparer une super stratégie à plusieurs, comme dans une équipe de foot !

Elle afficha un air surpris. Elle ne s'attendait pas non plus à voir Cap débarquer, comme ça, tout clinquant. Elle ne voyait pas trop non plus comment la stratégie d'une équipe de foot pourrait avoir une quelconque ressemblance avec un mouvement révolutionnaire. Mais elle aimait sa façon de voir, presque candide.

- Vous savez quoi ? On a suffisamment parlé complot aujourd’hui ! Moi j’ai envie de m’amuser ! Tu vois l’arbre là-bas ? Chuis sûr à nous deux on défonce le record d’vitesse ! Ca t’tente ?

Adèlys admirait son aplomb et sa détermination, mais aussi sa faculté à penser à autre chose. En même temps, avec deux personnalités, ça ne devait pas être difficile.
Elle s'accrocha aux accoudoirs de son fauteuil, laissant Alexander la guider dans cette course. Elle ne voulait pas le rendre malheureux - comme tout à l'heure - et au fond, c'était lui qui avait raison : décompresser, ça ferait du bien. Et puis, c'était vrai, ils avaient beaucoup comploté aujourd'hui. Mais presque rien n'en ai ressorti...
Qu'importe ! Relaxons-nous !

- Je compte sur toi pour ne pas m'encastrer dans l'arbre !


Spoiler:
Alors, euh, ouais. Réponse courte, mais vu que c'est Alex aux commandes, c'est à lui de faire "démarrer" la suite (démarrer, t'as compris ? lol)



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Lorsque Cap vit Adèlys s’accrocher comme une noyée aux accoudoirs de son fauteuil, sa posture se relâcha, persuadé que ce comportement indiquait qu’elle allait refuser. Et évidemment, il n’allait pas l’embarquer contre son gré. Il se doutait que ça devait arriver bien trop souvent de se faire trimballer à droite à gauche sans son consentement lorsqu’on n’avait pas les moyens de résister. Aussi fut-il sincèrement surpris lorsqu’elle lui répondit :

- Je compte sur toi pour ne pas m'encastrer dans l'arbre !


Un immense sourire illumina son visage quand il comprit qu’elle lui donnait son accord.

- T’inquiète ! Je suis un as du pilotage !

Il y eut un nouveau palmface du Génie qui se retira de leur espace mental commun en marmonnant qu’il y avait mieux à faire que ces enfantillages mais Cap chassa ce commentaire d’un haussement d’épaules. Il était convaincu que s’amuser un peu ferait le plus grand bien à Adèlys. Et de toute manière, vu le temps où ils allaient être amenés à être coincés ici, ils auraient tout le temps de reparler de sujets plus sérieux. Après tout, ils vivaient sur une petite île, ce n’était pas comme s’il allait être difficile de se croiser.
Alors il se remit en position, jeta un œil à droite à gauche pour être sûr qu’aucun surveillant ne les surveiller justement – il ne pensait pas que courir un peu soit interdit dans la cour mais après tout, avec ces psychorigides on ne savait jamais – et se mit à décompter.

- 3… 2… 1… partez !

Il décolla comme une fusée à plein régime, courant comme un dératé et arriva bien vite, même plus vite qu’il ne le pensait, près de l’arbre. Il freina des quatre fers, faisant faire un dérapage de côté au fauteuil pour éviter à Adèlys de se manger le tronc, avec succès. Cependant, il n’avait pas prévu le poids du fauteuil qui l’emporta dans son élan et manqua de le faire tomber, menton en avant. Il se rattrapa de justesse et se redressa, le pouce en l’air face à la jeune fille.

- Tu vois ? J’te l’avais dit ! Un as du pilotage !

Phrase qu’il ponctua d’un clin d’œil. Il espérait l’entendre rire, la voir se détendre et s’amuser sincèrement et ce, pour tout le reste de l’après-midi.

- On y retourne ? J’suis sûr on peut faire mieux !
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ft. Alexander Hexe
qu'a-t-il à me dire de si important ?

plan à trois

- T’inquiète ! Je suis un as du pilotage !

Adèlys avait beau apprécié le garçon, elle n'avait pas encore une extrême confiance en lui. C'était pourquoi ses mains se refermèrent sur ses accoudoirs, le torse vers l'avant, penchée. Elle attendait qu'Alexander se décide à partir :

- 3… 2… 1… partez !

Elle ne s'attendait pas à ce qu'un garçon tout frêle court à une telle vitesse. Elle fut propulsée contre le dossier de son fauteuil, les cheveux en arrière, la frange désormais disparue, laissant apparaître son front. Elle avait les yeux écarquillés et déglutit. Si elle s'attendait à ça... Alors vraiment pas.
Elle vit l'arbre s'approcher un peu trop rapidement et serra les dents. Elle sentit, sans prévenir, son fauteuil s'arracher de quelques centimètres du sol, son corps commençant légèrement à voler sous le coup de la vitesse et de la rotation. Alexander venait de tenter de ralentir, mais avait freiné beaucoup trop vite.
Heureusement, ce petit (mini) vol s'arrêta vivement, ce qui ne fut pas le cas de Cap, qui continuait d'avancer en manquant de rencontrer le sol. Il se releva rapidement et sourit à Adèlys en affirmant :

- Tu vois ? J’te l’avais dit ! Un as du pilotage !

Adèlys secoua la tête doucement, un sourire sur les lèvres. Elle mit ses mains sur ses roues et avança vers lui, le dévisageant. Elle tenta de voir s'il n'avait pas été blessé dans sa "chute", mais il n'avait pas l'air. Elle demanda tout de même :

- Je vois ça... Tu ne t'es pas fait mal au moins ?

Elle observa tous ses membres découverts, la peau à l'air libre, mais rien n'indiquait qu'il s'était fait mal. Adèlys fut soulagée, et cela se solda par un rire, expulsant toute l'adrénaline qu'elle avait emmagasinée durant ce court instant où elle avait appris le voltige.

- On y retourne ? J’suis sûr on peut faire mieux !

Elle releva les yeux vers lui, posant son regard sur son visage. Il avait l'air si heureux, si insouciant... Elle l'enviait. Il avait l'air de vivre le moment présent, sans se soucier du reste. Une qualité indéniable. Il était toujours simplet, mais c'était sans conteste sa plus grand qualité.
Alors, naturellement, elle lui dit :

- Tu es vraiment incroyable !

C'était sincère, et cela se voyait. D'habitude, elle avait toujours l'air bienveillante, mais à ce moment précis, elle pensait absolument ce qu'elle disait. Parfois, elle complimentait pour faire plaisir : ici, elle voulait partager son ressenti positif.
Cependant, elle secoua la tête négativement. Elle n'était pas assez forte pour recommencer l'expérience. Elle avait fait sa folie du jour. De plus, le soleil commençait doucement à se coucher, annonçant la fin de l'après-midi.

- Mais ce sera une autre fois. De toute façon, on a tout le temps de pouvoir faire cette course à nouveau.

C'était une promesse : ils se reverront pour sûr. Elle ne savait pas s'ils devaient se quitter maintenant, mais elle n'était pas très encline à rester dehors à cette heure-ci. Surtout que son médecin allait commencer à la chercher.


Spoiler:
Je suppose que c'est la fin ? Je te laisse conclure ? XD



Je pense qu'on devrait tous s'allier...
On devrait tous avoir confiance en nos propres capacités. Si on unie nos forces, tout est possible et peut-être qu'on pourra enfin sortir de cet enfer... by lizzou.
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- Je vois ça... Tu ne t'es pas fait mal au moins ?

Cap secoua négativement la tête, comme un petit chiot qui s’amuse comme un fou. Ca le faisait rire de voir qu’elle s’inquiétait pour lui. Ca montrait qu’il allait leur falloir apprendre à se connaître parce que si elle avait vu les cascades dont il était capable de faire preuve, elle ne se serait jamais inquiétée pour une broutille pareille. Mais il avait réussi à la faire rire et ce fut avec un sourire large comme la moitié de son visage qu’il accueillit ce qu’il considérait comme un petit succès. Il aimait voir les gens rire. Et celui qu’il apercevait désormais sur le visage d’Adèlys lui confirmait une chose : il trouvait que cette expression lui allait bien mieux que l’air sérieux qu’elle affichait la plupart du temps.
Elle lui lança d’ailleurs un regard qu’il eut un peu de mal à interpréter jusqu’à ce qu’elle prenne la parole.

- Tu es incroyable !

Ce compliment inattendu lui tira une mine surprise, bien vite remplacée par un sourire plus large encore. Les doigts de sa main droite trifouillèrent dans sa chevelure en bataille, embarrassé, mais surtout de se sentir soudain aussi flatté.

- Merci ! Toi aussi t’es super !

Cependant, elle secoua négativement la tête, lui indiquant qu’elle déclinait sa proposition de match retour.

- Mais ce sera une autre fois. De toute façon, on a tout le temps de pouvoir faire cette course à nouveau.


Pendant quelques secondes, il eut l’air déçu avant de comprendre que ce qu’elle entendait par là, c’était qu’ils allaient se revoir. Alors, un nouveau sourire émergea et il se pencha légèrement pour lui serrer le petit doigt. C’était une promesse alors. Et qui rompait une promesse de petit doigt devait être emporté par les démons vaudous pour subir la torture par chatouilles. Alors elle tiendrait sa promesse forcément. Puis il s’éloigna, se retourna une dernière pour un dernier salut et lança :

- A la prochaine alors Dèlys !

Il se fit la réflexion que Dèlys, ça sonnait un peu comme délice et que ce n'était peut-être pas très approprié mais il oublia bien vite ce constat. Il piqua un sprint vers les côtes. Il se sentait heureux, il avait donné le sourire à quelqu’un, et il avait envie de le crier au monde entier.

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