Enfermés dehors, ft. Aeden
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Ven 6 Oct - 21:30

Merdique.
C'était le mot qu'utiliserait Loreleï pour décrire sa première semaine en tant que patiente zéro. On l'avait gardé confinée. Elle mangeait trois repas par jour dans son étouffante cellule, repas beaucoup moins bons que ceux de la cantine. Peut-être que c'était les restes. Elle n'avait pas vu beaucoup de monde. Juste la sale tronche d'un infirme, celui qui lui apportait sa bouffe et qui vérifiait qu'elle avait pas essayait de se pendre avec son drap.
Comme si elle allait chercher à mourir. D'accord, c'était déprimant d'être enfermée, mais elle ne voulait pas se tuer.
A vrai dire si on ne le lui avait pas dit, elle aurait été incapable de dire combien de temps était passé depuis son enfermement. Sept jours. Sept putain de jours comme une éternité.
Des fois elle était calme, elle réfléchissait à un moyen de s'en sortir, elle pensait à son frère et ça allait mieux. Il lui suffisait de fermer les yeux et aussitôt le parfum rassurant des bons petits plats de son papa-soja lui chatouillait les narines. En se concentrant, elle entendait les éclats de rire de Cap et les histoires farfelues de paparbichette.
Et puis d'autre fois elle ouvrait les yeux. Et les secondes pesaient. Alors elle hurlait. Elle tapait contre les murs. Elle se laissait saigner puisqu'elle ne ressentait aucune douleur physique. Et ça la tuait d'être là, de souffrir à l'intérieur et ne pas pouvoir expulser cette souffrance. Elle avait l'impression que cette situation était la matérialisation de sa pathologie : tout se passait à l'intérieur. Et c'était le bordel.
Elle s'était crue forte. Elle avait cru pouvoir surmonter tout ça. Mais elle avait terriblement peur de virer cinglée. Peut-être que c'était pour ça que ça s'appelait un asile: on y devenait fou seulement une fois dedans ?
Alors quand ce matin un peu froid l'infirmier passa la tête par la porte et lui dit qu'elle avait le droit à sa sortie de la semaine, c'était comme une délivrance. Bon, il lui avait foutu une camisole, mais pouvoir marcher à nouveau ailleurs que dans les coins de sa petite chambre qu'elle connaissait par coeur c'était déjà bien !
Dehors il faisait un peu froid et Loreleï constata que les branches des arbres se dénudaient. Bouh, une mauvaise saison arrivait.

" T'as le droit à une heure"
, lui dit l'infirmier.

Il précisa qu'elle pouvait aller où elle voulait, qu'il la suivait de toute façon et lui dirait stop si elle allait trop loin. Loreleï hésita. D'un côté elle voulait courir jusqu'à la chambre de son frère, se blottir dans ses bras et le supplier de l'emmener loin, très loin. Mais elle ne voulait pas lui apporter d'ennuis.
A la place elle alla à l'opposé, vers les côtes. Elle n'y était pas vraiment allée par le passé, alors pourquoi pas ?
Une fois ses pieds sur le sable, elle se tourna vers la mer. Une brise marine lui souleva ses mèches éparses et quelques gouttes tachèrent les verres de ses épaisses lunettes. Elle inspira profondément, les yeux fermés, comme pour se remplir les poumons d'air avant de se faire enfermer de nouveau. Elle eut envie de pleurer. Elle qui s'était considérée comme un Caïd, elle qui se revendiquait comme une battante, elle qui ne baissait jamais les bras, se retrouvait aujourd'hui complètement démoralisée.
Elle ouvrit alors les yeux et c'est alors qu'elle croisa un regard un peu plus loin. Tiens, la plage n'était pas vide ? Pourtant par une matinée aussi fraîche, Loreleï aurait eu tendance à croire que tous étaient blottis dans leur chambre.
D'ordinaire elle aurait foncé vers le garçon qui se tenait un peu plus loin, lui aurait parlé de rébellion sur un timbre de voix très rapide. Mais aujourd'hui, elle n'avait plus d'énergie. Alors elle se contentait de laisser ses iris dans les siennes, les cheveux dans le vent, avant d'essayer de lui craquer un sourire faux.
Hors RP:
Pour les admins : j'espère que il n'y a pas trop de problèmes et que j'ai pas dit n'importe quoi sur les patients 0. Sinon vous me corrigez Smiling Face With Op
Aeden : J'espère que ça te conviens !!


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Lun 9 Oct - 23:02

Le ciel pâle étouffait le soleil. Seules quelques raies blanchâtres parvenaient à trouver leur chemin dans l’opacité des nuages. L’eau roulait avec régularité d’avant en arrière. Elle gagnait un peu de terrain, puis en perdait à nouveau dans une valse sans fin. Malgré qu’il fût impossible de le distinguer, elle gagnerait. Ce soir, elle aurait envahi la plage. Il ne resterait plus qu’elle. Eternelle gagnante. Elle se lasserait bien évidemment. Ferait demi-tour. Comme chaque jour. Aeden se sentait comme le sable. Balayé sans arrêt. Il laissa ces deux yeux vert lumineux se perdent au loin. Au-delà de la mer, il y avait le monde. Celui qu’il avait toujours connu. Avec sa maison, sa famille. Sa vie normale. Il eut un sourire amer. Le lever de soleil avait été magnifique. Les couleurs qui se dégageait, malgré le ciel gris, se distinguait de tout ce blanc terne de l’institut. Revoir un peu de variété lui faisait du bien. Et malgré le froid glaçant, il n’avait pas hésité à sortir.

Aeden avait enfin trouvé un endroit qui lui permettait de voyager. Il était difficile d’accès, le personnel de l’institut trouvait toujours un moins d’éloigner les patients de l’eau mais avec un peu d’habitude, le garçon savait quand il pouvait espérer un peu de tranquillité. Sauf aujourd’hui. Il y avait cette fille. Elle se tenait là, le vent la menaçant. A moins qu’il ne tente de jouer avec elle. Il était facile de la distinguer des autres patients. Elle faisait partie des patients 0. Aeden n’avait jusqu’ici jamais oser vraiment les approcher. Il n’était pas très fortiche pour entamer une conversation et il savait qu’ils étaient encore plus différents que les autres. Fou. C’est ce qu’on disait. Pourtant elle ne semblait pas folle. Pas plus que l’adolescent. Il ne pouvait s’empêcher de la dévisagée. Elle était jeune. Et ce qui devait arriver arriva.
Deux yeux sombres croisent les siens. La gorge du garçon s’assèche. Il y a quelque chose dans son regard. Un immense désespoir. Il manque de détourner les yeux mais se retient. Il se demande s’il est destiné à devenir comme ça. Une âme en peine. Un patient qui à force de vivre à l’institut, perd la tête.

Il décide, au prix d’un effort, de s’approcher. Ses membres engourdis par l’immobilité se mettaient en mouvement vers la jeune fille. Il s’était promis qu’il essayerait de parler avec d’autres patients. Il devait garder contact avec les autres pour ne pas perdre tout moyen de communication. Lorsqu’il arriva à sa hauteur, il s’arrêta. Il hésita sur ce qu’il pouvait bien dire. Le garçon finit par se décider :

- Bonjour, moi c’est Aeden. Tu t’appelles ?

Pas la meilleure entrée en la matière mais au moins, il s’était décidé.




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Ven 13 Oct - 19:00

Loreleï fit un pas en arrière lorsque le garçon s'approcha. Elle ne s'attendait pas ça. Est-ce qu'il allait la frapper ? L'insulter ? Se moquer d'elle ?
Elle secoua la tête, ses cheveux suivant difficilement le mouvement et s'envolant dans tous les sens. Depuis quand se méfiait-elle des autres patients ? Sans les connaître, elle leur accordait pleinement toute sa confiance. L'enfermer dans les patients Zéro c'était pire que lui laver le cerveau à la Javel.
Et même si elle ne bougeait plus, laissant l'autre venir à elle, tout son corps trahissait son angoisse. Un pied en arrière comme appui, l'autre jambe tendue au possible, la respiration bloquée et le dos droit, elle avait une posture si crispée qu'on se demandait comment elle pouvait la tenir sans avoir de crampe.

- Bonjour, moi c’est Aeden. Tu t’appelles ?


Whoa. Il était poli, il se présentait sous son prénom (et non ce charmant numéro plaqué sur son uniforme ) et lui demandait le sien.
Les muscles atrophiés de Loreleï se relâchèrent. La pression s'envola progressivement et le visage de l'adolescente s'éclaira. Dans son regard éteint venait de s'allumer une infime lueur. Cette lueur naïve et déterminée qui la caractérisait tant.
Elle n'avait pas l'habitude de parler aux garçons. Ou d'être sociable, en fait. Il n'y avait qu'avec son grand frère qu'elle arrivait à être à l'aise. Comment pouvait-elle bien réagir?
Et puis d'aussi près elle réalisa qu'Aeden avait les yeux verts, et c'était si rare comme couleur pour des iris qu'elle s'y attarda longuement. Ce fut une brise glaciale qui la réveilla et elle ouvrit la bouche pour répondre au garçon mais aucun son ne sortit. Elle tourna la tête vers l'infirmier plus loin, comme pour lui demander la permission. Lui, les bras croisés, sembla les étudier avant de hocher positivement la tête.
Un sourire plus authentique grignota le visage de la châtain qui rapporta son attention vers Aeden.

« Je suis Loreleï Hexe.»

Elle allait poursuivre avec l'éternel discours qu'elle balançait depuis maintenant presque un an à qui croisait son chemin. Son discours comme quoi elle voulait qu'on retienne son nom, qu'elle voulait renverser le pouvoir et qu'elle y arriverait seulement si on l'aidait. Seulement, aujourd'hui elle avait un peu plus de mal à y croire.
Avec moins de conviction que d'habitude, mais se forçant à être un tantinet enjouée, elle poursuivit :

« Tu n'es pas obligé de te souvenir de ma tête, mais souviens-toi de mon prénom.»

Oui, ça ferait l'affaire. Bon sang, ça la foutait en rogne qu'une simple rencontre ait pu la changer à ce point. Si elle n'avait pas croisé la route de S14 il n'y aurait pas eu de meurtre et elle n'en serait pas là, à se faire bouffer la conscience par des prétentieux en blouse blanche.

« Enchantée», dit-elle en voulant paraître aussi polie que l'autre.

Elle voulut tendre la main pour serrer la sienne mais oublia qu'elle avait une camisole. L'élan trop brusque malgré tout, elle s'auto-projeta légèrement en avant, au point d'en faire tomber ses lunettes dans le sable. Elle soupira. Ça, ça ne changerait jamais; elle serait toujours maladroite.


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Lun 23 Oct - 15:03
Quelque chose changeait dans son attitude. Aeden en était persuadé. Dans un premier temps, il décida de rester sur ces gardes. S’en voulut. Le silence s’installa, aussi le garçon se permit de laisser ces pensées divaguer. Il s’était éloigné et ne distinguait plus les petites perles d’écumes se détacher de l’eau et s’élancer dans les airs avant de retomber et s’écraser sur le sol. Il ne voyait plus qu’une masse blanche informe et le bleu de l’eau. Le froid n’avait pas diminué et le garçon frissonna. Il sentait de petites piques glaciales s’immiscer dans ses vêtements. Cette sensation n’était pourtant pas désagréable. Aeden se perdait sans cesse dans ses pensées mais un sentiment n’avait pas la même saveur qu’une sensation. Ces dernières étaient peut être plus superficielles, mais elle plaisait plus au garçon. Peut-être était-ce parce qu’il était incapable de prendre une décision quand il s’agissait de sentiments.

– Je suis Loreleï Hexe. Tu n'es pas obligé de te souvenir de ma tête, mais souviens-toi de mon prénom.

Le silence se brisa et les pensées d’Aeden s’éparpillèrent. Il reporta son attention sur la jeune fille, qui lui souriait presque timidement. Quelque chose n’allait pas. Le garçon fronça les sourcils, penseur. Il savait ce que c’était, il l’avait sur le bout de la langue. Il perdit le fil lorsque Loreleï lui fit :

– Enchantée

Ces lunettes tombèrent au sol. Ces lunettes … Il sursauta presque. Pourquoi était-elle tombée. Parce que la jeune fille était attachée. Pourquoi était-elle attachée ? Parce qu’elle était supposée être cinglée. Il lui avait certes fait la conversation, mais il ne s’attendait pas à ça. Son but, c’était juste d’être gentil. Et de parler. Il n’était alors pas sûr d’avoir de réponses cohérentes. Mais ce qui n’allait pas, c’est que ça allait bien. Elle allait bien. Elle était totalement normale. La gorge du garçon s’assécha. Pourquoi donc était-elle un patient 0 alors ? Il avait le cœur au bord des lèvres. Risquait-il le même sort ? Comment était ce arrivé ? Il devait bien l’avouer, sa réaction était très égoïste. Il aurait pu plaindre la jeune fille, pensé à ce qu’elle pouvait vivre, sauf qu’il avait d’abord pensé à lui. A ce que lui risquait. Il se mordilla la lèvre. Il détestait ce qu’il pensait. Il s’insulta intérieurement avant de se décider à réagir. Il n’allait pas faire le poteau plus longtemps. Il ramassa les lunettes de la jeune fille, les nettoya rapidement avec le bas de sa blouse et lui demanda en les approchant de son visage :

– Je peux ?

Elle sembla accepter et il posa ses lunettes sur son nez. Il continua,

ignorant sa gorge sèche :

– Pourquoi ….

Rassembler ses pensées étaient si compliqués. Sur le papier, ça paraissait simple de savoir quoi demander, sauf qu’Aeden s’embrouillait facilement. Une pensée parfois en survolait une autre, tout se passait trop vite dans sa tête et pas assez rapidement en dehors. Il se força à formuler ce qu’il pensait, sans s’interrompre :

- Pourquoi tu es un patient 0 ? Tu en es un, n’est-ce pas ?

Il se mordilla à nouveau la lèvre, se rendant compte à quel point sa question était déplacée. De quel droit lui demandait-il cela ? Elle ne souhaitait peut être pas répondre. Ils se connaissaient à peine… Aeden aurait voulu s’enfoncer sous terre. Avant de lui laisser le temps de répondre, il ajouta précipitamment :

- Enfin, je… tu n’es pas obligé de répondre. Je veux dire, je… désolé… je ne sais pas si c’était une question que je pouvais poser…enfin…

Il sentit la chaleur monter, et savait que ces joues devaient avoir pris des couleurs plus rosées. Il se mordilla si fort la lèvre qu’il sentit un goût acier su le bout de sa langue. Pourquoi n’était-il pas capable de surveiller ce qu’il disait ? Il devait réfléchir avant de parler. Ce n’était pas comme si ce n’était pas à sa portée.




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Sam 28 Oct - 17:08


Aeden ramassa les lunettes de Loreleï et après avoir brièvement nettoyé les verres, les reposa sur le bout du nez de leur propriétaire. Loreleï le remercia d'un hochement de tête, gênée. Elle ne pouvait même plus faire quelque chose d'aussi simple que de replacer ses lunettes devant ses yeux. Ça la foutait en rogne. Quoique cette colère était éphémère. Peut-être parce que la présence lointaine de l'infirmier lui rappelait sa position. Ou alors c'était la brise marine qui, bien que glaciale, se révélait étrangement apaisante. Ou c'était ce garçon, Aeden, qui se révélait plutôt sympathique, en fin de compte. Loreleï n'avait pas attendu grand chose de sa sortie. Elle avait juste voulu cesser de recycler l'oxygène de sa cellule, mettre les pieds dehors, et puis ça s'arrêtait là.
Finalement, si depuis une semaine son corps n'était qu'une carcasse vide à supporter, il était depuis quelques minutes plus agréable à vivre. Petit à petit, Loreleï avait l'impression de renouer avec elle-même et de redevenir ce qu'elle était.

« Pourquoi …. »

Loreleï pencha la tête sur le côté, attendant la suite de la question. Comme elle restait en suspens pendant une fraction de seconde, l'adolescente se mordit la lèvre pour ne pas répondre sur le ton de la plaisanterie un simplet : « parce que ».

« Pourquoi tu es un patient 0 ? Tu en es un, n’est-ce pas ? », formula finalement Aeden.

Ha. C'était pour ça qu'il n'avait pas balancer sa question tout de go ? Parce que c'était indiscret, sûrement.
Loreleï gonfla les joues. On en revenait toujours à ça, n'est-ce pas: ton identité vis à vis de l'Institut. Elle donna un coup de pied dans le sable, comme on shooterait dans un caillou, faisant s'envoler un nuage sablonneux.

« Enfin, je… tu n’es pas obligé de répondre. Je veux dire, je… désolé… je ne sais pas si c’était une question que je pouvais poser…enfin… »

Tiens, il rougissait ? Peut-être qu'il était juste curieux en fait. Ou alors il ne savait pas faire la conversation, d'où le sujet délicat. C'était drôle de le voir bafouiller comme ça et de justifier ses propos alors que elle, elle était du genre à réfléchir après avoir parlé.
Elle pouffa, finalement amusée de la situation. Avec difficulté, elle ôta ses chaussures (manœuvre difficile : le bout de son pied droit devait s'insérer dans l’encolure de la chaussure du pied gauche et c'était une impulsion censée être efficace qui lui permit de se débarrasser du chausson) et se tourna vers le rivage. Elle se sentait soudainement appelée par la mélodie des vagues. Le vent était agressif envers sa peau et le froid lui mordait le visage, mais elle se sentait étonnement libre.

« Tu la veux longue l'histoire, Aeden ? Tu veux tout depuis le début ou ce sont juste les faits qui t'intéressent? », s'adressa-t-elle enfin à lui bien que son regard soit fixé vers l'horizon.

Est-ce qu'elle voulait vraiment lui en parler? Est-ce qu'elle voulait se rappeler le bordel de sa vie ? Bof. Elle avait toujours peu pensé avant d'agir, ce n'était pas maintenant qu'elle allait le faire.
Elle s'approcha de l'eau, captivée par la façon dont la mer recrachait des gerbes blanches (ce qu'on appelait l'écume, apparemment), et trempa un orteil. Puis elle plongea ses deux pieds et éclata de rire, la tête rejetée en arrière. Depuis combien de temps n'avait-elle pas fait ça ? C'était elle qui avait choisi de se glacer la peau, c'était elle qui avait pris la décision bête de baigner ses pieds, et c'était libérateur en fait de prendre enfin ses propres décision.
Elle tourna son visage vers Aeden, les yeux pétillants et son visage rond pigmenté de rouge, l'ivresse d'un moment aussi bête ayant occulté la question sur les patients zéro. Et parce qu'elle avait dû s'éloigner du garçon pour se rapprocher de la mer, elle haussa le ton:

« Je te conseille de venir : elle est froide, on se les pèle grave et tu tomberais malade après ça ... mais c'est trop bien ! »

Et comme pour le provoquer, telle une enfant, elle donna un coup de pied dans l'eau dans une vaine tentative d'éclaboussures.


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Lun 30 Oct - 16:47

Loreleï sembla s’amuser de la situation, ce qui eut pour effet d’embarrasser Aeden d’avantage. Il ne pouvait lui en vouloir, elle n’avait clairement pas tort de trouver drôle de le voir s’enfoncer. Elle enleva ses chaussures avec une dextérité que le garçon ne se serait pas imaginé. Il était sûr qu’à la place de la jeune fille, il se serait cassé la figure. Elle lui fit, sans le regarder :

- Tu la veux longue l'histoire, Aeden ? Tu veux tout depuis le début ou ce sont juste les faits qui t'intéressent?

Aeden ne savait plus où se mettre. Il n’en savait rien. Lui il voulait la vérité. Il voulait comprendre. Sauf qu’il n’y avait peut-être rien à comprendre. Il frissonna. Comment pouvait-il avoir si soif alors qu’il faisait si froid ? Est-ce qu’il aimerait répondre à cette même question ? Il ne lui était rien arrivé d’exceptionnels certes, mais il détestait sa différence. Et il détestait les mots qu’on employait pour la définir. Surdoué, haut potentiel, intellectuellement précoce, hyperphrénie, génie ou encore sur efficience mentale. Tous ces mots étaient stupides. Mal employés. Et vraiment loin d’être approprier pour Aeden. Lui se sentait lamentable. Pathétique. Incapable. Et impuissant. Il se mordilla la langue, le regard tourné, lui aussi vers l’eau. Il se sentait misérable. Il fut tiré de ses pensées par le rire de la jeune fille, qui s’était éloigné de lui.

- Je te conseille de venir : elle est froide, on se les pèle grave et tu tomberais malade après ça ... mais c'est trop bien !


Elle avait les pieds dans l’eau et le regardait, le visage souriant. Elle lança son pied dans l’eau et une gerbe écumante manqua de peu Aeden. Il sourit à son tour. Elle était plus lumineuse soudainement. Il poussa ses pieds hors de ses chaussures, sans ôter ses lacets et enleva ses chaussettes. L’air glacial qui s’engouffra dans le bas de son pantalon le fit frissonner. Il secoua les pieds, le sable s’engouffrant entre ses orteils. Il rejoignit la jeune fille et lança un petit « froid, froid » lorsque ces pieds touchèrent l’eau salée. D’ici une ou deux heure, la plage serait totalement recouverte d’eau, et il n’aurait plus ce luxe. Il lança à son tour son pied dans l’eau, voulant jouer à arme égale, sûr de toucher sa cible. Mais il manquait cruellement de dextérité et la gerbe d’eau passa bien loin d’elle. Pire encore, il glissa en arrière, son pied toujours en l’air. Se rattrapa en lançant ses bras en arrière. Juste à temps pour que le haut de son corps ne soit pas tremper. Mais pas assez pour que son pantalon ait pris l’eau. Heureusement qu’il n’était pas loin dans l’eau. Il se redressa, sortant ses mains de l’eau glacial et jeta un sourire gêné à Loreleï. Ça valait largement un dessin animé, ou une série comique. De celles où les personnages semblent presque glisser volontairement. Il lui fit avec un sourire, sur le ton de la rigolade :

– En tout cas, maintenant c’est sûr que je vais tomber malade.




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Mer 1 Nov - 19:19


Loreleï fut ravie de voir Aeden se rapprocher, et même oser se mouiller. Elle avait eu peur qu'il la juge, la prenne pour une idiote et la gronde même, la rappelant à l'ordre parce que jouer dans la mer à cette heure-ci ce n'était pas très malin. Pas qu'elle se serait sentie honteuse, non. Elle aurait été déçue d'Aeden, parce qu'elle le trouvait sympa, en fait.
Quand il voulut l'éclabousser, elle eut la sensation d'être retombée en enfance. D'être avec Cap, à jouer avec tout et n'importe quoi, mais surtout avec beaucoup d'imagination. Cette époque où elle n'avait pas besoin de grand chose pour être heureuse.
La succession d’événements (Aeden qui rate sa cible, puis qui tombe à la renverse en parfait cascadeur ) fit exploser de rire Loreleï. Elle avait cet humour un peu nul où un rien la faisait pouffer. Les gags des dessins animés où le personnage tombe en glissant à cause d'une peau de banane la faisait rire aux éclats.
Tentant d'étouffer cet élan d'hilarité en se pinçant les lèvres, elle s'approcha de lui, pour vérifier qu'il ne s'était pas fait mal quand même.

« En tout cas, maintenant c’est sûr que je vais tomber malade. »
« Tu l'es déjà, sinon tu ne serais pas ici, »
plaisanta-t-elle.

Elle appuya son propos d'un clin d’œil. Aeden était déjà relevé. Dommage, c'était plutôt drôle de le voir à terre.
Elle tourna le visage vers l'horizon, une folle envie d'aller nager la prenant. Mais avec ses bras enfermés, ça allait se révéler compliqué. Et puis, hors de question de demander de l'aide à Aeden. Elle avait sa petite fierté de Caïd quand même...
Elle avança un peu, l'eau lui arrivant aux genoux, désireuse d'aller plus loin. D'ici, l'eau semblait si claire, si étincelante ... Et pourtant, qui sait ce qu'il y avait dessous ? Des requins peut-être ?
Bof, elle avait un camarade de jeu maintenant, elle allait profiter de sa présence !
Elle planta alors ses yeux dans ceux d'Aeden (non vraiment, des yeux verts c'étaient pas commun, ça la troublait encore ) et s'approcha de lui, l'air soudainement sérieux. Et même lorsqu'elle était assez proche de lui pour distinguer les détails de son visage, elle resta un instant silencieuse. Avant d'afficher un grand sourire.

« Alors comme ça on ne sait pas viser ?»

Elle ne pouvait pas trop user de ses bras, mais elle pouvait parfaitement utiliser ses jambes. Alors elle recula d'un pas et d'un coup de pied éclaboussa grossièrement là où Aeden était encore sec.

« Héhé, je ne perds jamais aux jeux », commenta-t-elle en tirant la langue.


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W133
Jeu 2 Nov - 14:00

- Tu l'es déjà, sinon tu ne serais pas ici.

Aeden sourit lorsqu’elle lui adressa un clin d’œil. Son sourire cependant ne reflétait pas ce que la phrase de la jeune fille avait eu comme impact sur lui. C’était stupide de sa part mais ces mots résonnaient en lui. Malade. C’était donc ce qu’il était. Difficile à digérer toujours. Il ne s’y ferait jamais. On ne passe pas de l’adolescent lambda au malade en un clignement d’œil. Tout était allez si vite et maintenant qu’il était à l’institut, tout allait si lentement. Il ne parvenait pas à saisir le rapport entre ce qu’il vivait, ce qu’il était et ce qu’on lui disait qu’il était. Il avait l’impression que tout le monde le prenait pour quelqu’un qu’il n’était pas.

Elle détourna le regard, et le garçon en profita pour détourner le sien. Pour se permettre la mélancolie quelques secondes. Fixer cet horizon. Infini. Comme l’univers. Ce qui n’était pas infini par contre, c’était le temps. Et ici, il en perdait beaucoup. Il reprit une expression plus enjouée lorsqu’elle planta son regard dans les yeux du garçon. Il ne dut pas vraiment se forcer, elle respirait désormais la bonne humeur. Elle s’approcha si près qu’Aeden sentit son cœur s’accélérer. Il perdait toujours ses moyens quand on entrait dans sa bulle. Le contact physique, ce n’était pas pour lui. La proximité le fatiguait déjà bien assez. Mais elle ne bougea plus. Elle lui fit, un grand sourire fendant son visage d’enfant :

- Alors comme ça on ne sait pas viser ?

Aeden allait répondre, inconscient de ce qu’il se tramait. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle l’éclabousse et il ouvrit la bouche, comme un poisson. Il ne pensait pas pouvoir être trempé plus, pourtant c’était le cas.

- Héhé, je ne perds jamais aux jeux


Il la regarda, cette fois ci sans forcer son sourire espiègle et rétorqua :

– Tu ne perds rien pour attendre

Il se mit à faire de gros mouvements de jambes, marchant dans l’eau comme un éléphant, tournant autour de Loreleï. Il gardait l’équilibre en faisant des moulinets avec ses bras, pour éviter de réitérer son exploit de tout à l’heure. Même si après tout, il ne risquait pas de se mouiller beaucoup plus. L’eau éclaboussa cette fois ci la jeune fille. Les souffles de vent n’entamèrent pas les ardeurs du garçon, qui ignora le froid et lança un regard de défi à Loreleï.





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Jeu 9 Nov - 0:12
« Tu ne perds rien pour attendre. »

Les yeux de Loreleï pétillèrent. La joie et l'excitation avaient envahies sont visage. Elle avait tout oublié. Plus aucune pathologie. Plus d'infirmier au loin qui surveille l'heure. Plus de prison qui l'attendait. Plus d'accusation de meurtre. Elle n'était plus une patiente zéro. Elle n'était plus Loreleï. Elle était une entité, elle était juste présente, là, maintenant, et elle s'amusait. C'était tout ce qui comptait.
Alors quand Aeden se mit à marcher dans l'eau, pataud, moulinant l'air de ses bras, elle éclata de rire. Il était marrant ce garçon. Elle se serait bien moquée de lui en brassant l'air également mais ses bras étaient inutilisables pour le moment. Tant pis, elle n'avait pas besoin ça.
Cette fois-ci Aeden réussit son coup et l'adolescente se retrouva inondée. Elle ouvrit la bouche, stupéfaite, avant de croiser la lueur de défi qui brillait dans les pupilles vertes d'Aeden. Elle lui sourit malicieusement en retour. Elle était un Caïd (tout maigrichon mais elle en était un quand même ! ), elle savait se battre et elle ne baissait jamais les bras. Oui, c'était ce qu'elle était. Et elle allait le prouver.
Le vent glacé ne l'atteignait plus. Le froid ne l'avait jamais vraiment dérangé de toute façon. En fait, c'était presque agréable cette brise là. Elle lui rappelait qu'elle était dehors.
Voulant répondre au défi sous-entendu de Aeden, Loreleï recula d'un pas, comme pour prendre de l'élan. Puis elle lui fonça dessus, ralentissant à la dernière minute pour que le choc ne soit pas trop violent, le but étant juste de faire tomber le brun à l'eau. Mais ses pieds s'emmêlèrent aux siens et elle chuta à son tour. Ils n'étaient pas encore trop avancés, l'eau n'était donc pas profonde. Loreleï n'eut même pas la tête sous l'eau. Par contre son corps était englouti jusqu'aux épaules. De légères vagues s'écrasaient dans son dos. Ses vêtements lui semblaient soudainement lourds, le tissu se greffant à sa peau. Et puis le ciel était couvert. Et elle avait des cheveux plein le visage. Et il y avait des gouttes sur ses verres de lunettes. Pourtant, c'était certainement le meilleur moment de cette semaine.
Elle pouffa, les joues rouges, et se tourna vers Aeden. Elle ne s'inquiéta pas de savoir s'il avait pu avoir mal en tombant (parce que de toute façon elle ne comprenait toujours pas  la notion de douleur ), lui donna un coup d'épaule dans la sienne comme pour le charrier :

« T'es un p'tit rigolo, toi. »


Elle sentit qu'elle devait peut-être en dire plus parce que la première impression qu'elle avait eu de lui n'était pas celle d'un comique. Il n'avait pas l'air d'être le genre de gars à plaisanter tout le temps et à faire le clown, pourtant, depuis tout à l'heure, Loreleï ne faisait que rire (peut-être que ce n'était pas lui, peut-être que c'était juste le fait de jouer comme une enfant, mais soit).

« Mais peut-être que t'envisages pas une carrière de comique. Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? »

Elle posait cette question avec insouciance, comme s'il y avait vraiment un avenir. Comme si c'était possible d'envisager d'avoir une vie comme tout le monde après l'Institut.


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Jeu 9 Nov - 23:03

Aeden ne s’attendait pas à ce que Loreleï lui fonce dessus. Ils tombèrent tous deux à la renverse dans l’eau. Le sable mou amorti leurs chutes. Le garçon qui ne s’y attendait pas vraiment bu la tasse. Il cracha aussitôt l’eau salée et toussota. Là, il était définitivement trempé. Il eut un frisson. Il sentait le froid le transpercer. Le vent tentait de se glisser entre ses vêtements trempés et sa peau. Ses cheveux trempés laissaient de grosses gouttes dégouliner sur son visage. Il rigola avec Loreleï. C’était tellement inattendu. Tellement étrange.
Il ne parvenait à éteindre la question qui brulait le bout de ses lèvres. Pourquoi ? Pourquoi était-elle une patiente O. Elle paraissait plus normale que n’importe qui. Que lui peut être. Jusqu’ici, rien dans l’institut ne l’avait vraiment choqué. Oui, c’était un endroit spécial et très strict mais cela ne lui paraissait pas être un monde injuste. Sauf qu’ici, les choses ne semblaient vraiment pas justes. Cela n’avait aucun sens. Le coup d’épaule que lui envoya la jeune fille le sortit de ses pensées. Elle avait de la force l’air de rien.
« T'es un p'tit rigolo, toi.
Il se redressa mais resta assis dans l’eau, conscient que lorsqu’il se relèverait, le vent froid le glacerait jusqu’à la moelle. Il devait déjà retenir ses dents pour qu’elles ne s’entrechoquent pas. Le garçon était un peu frileux. Mais il ne s’était pas amusé depuis longtemps et n’avait pas vraiment envie d’arrêter ce moment de partage. Il aurait bien l’occasion de se réchauffer plus tard. Pour l’instant, il tenait le coup.
« Mais peut-être que t'envisages pas une carrière de comique. Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?
Aeden eut un sourire. Il n’avait jamais envisagé de carrière de comique. Ou d’acteur, chanteur, comédien. Il était trop timide. Trop normal ou bizarre. Il ne savait plus vraiment. Le garçon avait pensé de nombreuses fois à ce qu’il voulait faire plus tard. Il y avait tellement de possibilités. Tellement de choix. Il était incapable de se décider. Quand il était petit, il se rappelait de cette question récurrente que posaient les enseignants. Les autres répondaient, certains pompiers, d’autres danseuses, certains chimistes et d’autres écrivains. Aeden ne savait pas. Il voulait tout essayer. Tout être. C’est ce qu’il avait dit au début. « Je veux être tous les métiers ». Sa prof de l’époque lui avait dit que ce n’était pas possible. Et elle lui avait dit qu’il y avait surement quelque chose qu’il aimait mieux faire que d’autre. Il avait vite compris que ce n’était pas le genre de réponses qu’on attendait des enfants. L’année suivant il avait répondu pompier. Au hasard. Cela rendait les adultes heureux alors c’était bien, il en était persuadé à l’époque. Là, il voulait répondre ce qu’il pensait vraiment. Une fois. Dans ce petit laps de temps ou il se sentait léger, où il avait l’impression de pouvoir dire ce qu’il souhaitait. IL confessa, les yeux rivés sur les vagues devant lui :
- Je ne sais pas vraiment. Je voudrais tout faire, tout essayer.
Il se sentait un peu honteux. Redire ça après tant d’années, c’était comme se dire à lui-même qu’une nouvelle fois il s’était trahit. Parce que pendant des années, il avait dit « pompier » comme si cela pouvait le protéger de cette question. Mais ici, il disait la vérité. Il ne voulait pas se retrouver coincé dans une boite. Dans un métier. Dans un sujet. Balayer le reste comme si cela n’avait pas autant d’importance. Il humecta ses lèvres, un gout de sel sur sa langue.




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Dim 12 Nov - 15:18


Loreleï ne s'attendait pas à ce que sa question fasse réfléchir Aeden. Elle s'attendait à une réponse spontanée. C'était le cas quand on parlait de soi, non ? Elle, en tout cas, elle avait son idée sur la question.
Mais Aeden fixait les ondulations des vagues. Loreleï, elle, elle le regardait lui, curieuse. La brise lui gerçait les lèvres et le tissu trempé pesait sur ses épaules. Elle aurait aimé que cela la dérange mais qu'il fasse trop froid ou trop chaud, Loreleï n'en souffrait pas. Elle ramena ses genoux contre sa poitrine et posa son menton au dessus.

«  Je ne sais pas vraiment. Je voudrais tout faire, tout essayer. »


Loreleï enfonça son visage dans le creux formé entre ses genoux et son torse pour y étouffer son sourire. C'était plutôt une bonne réponse. La position se révéla inconfortable, avec son corps qui faisait face au vent, ses cheveux qui lui brouillaient la vision et ses lunettes de travers. Alors elle releva la tête et étendit ses jambes sous l'eau.

« Ne dis pas que tu ne sais pas si tu sais que tu veux tout essayer. C'est chouette ! Tu vas être star de cinéma, chirurgien et prof de techno dans la même vie. C'est un genre de voyage ! Comment tu pourras crâner auprès de tes petits-enfants quand tu auras vécu tout ça ! »


Parce que oui, Loreleï avait la naïveté de croire qu'Aeden pourrait essayer tous les métiers du monde. Comme si c'était possible... Déjà qu'il était difficile de trouver et garder son emploi même en ayant fait les études pour, alors toucher tous les métiers... Mais Loreleï y croyait vraiment.
Elle se leva. Enfin, voulut se lever, mais tituba à cause de la pression des vagues. Elle réussit à tenir debout au bout de quelques secondes. Ses pieds nus s'enfonçaient dans le  sable humide et des entités inconnues allaient et venaient contre sa peau. Sûrement des algues. C'était plutôt désagréable mais le sentiment de liberté et de légèreté que ressentait l'adolescente à l'instant était plus fort.
Elle bomba la poitrine, inspirée, fixant l'horizon. Non, le défiant du regard. Elle avait l'impression d'affronter cette timide tempête. Les bourrasques poussaient sa crinière en arrière, dégageant son visage asséché par le sel mais Loreleï se tenait droite.

« Moi, je voulais être cosmonaute. Ça doit être chouette de pouvoir toucher les étoiles. »

Ses épaules se relâchèrent. Elle venait d'employer le passé, là, non ? Elle aurait quinze ans l'été prochain. Elle avait la vie devant elle. Pourquoi parler au passé de l'avenir ?
Comme pour se rassurer, elle baissa le visage vers Aeden et lui décocha un sourire.


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Lun 13 Nov - 12:11

« Ne dis pas que tu ne sais pas si tu sais que tu veux tout essayer. C'est chouette ! Tu vas être star de cinéma, chirurgien et prof de techno dans la même vie. C'est un genre de voyage ! Comment tu pourras crâner auprès de tes petits-enfants quand tu auras vécu tout ça ! »

Aeden eut un sourire. Il aurait aimé que cela soit possible. Il se rendit compte qu’il ne lui avait pas retourné la question, mais n’osa pas le faire. Elle venait de se relever, avec toute la difficulté que peut impliquer une camisole. Et cela le dérangeait. Il ne saisissait toujours pas pourquoi elle était une patiente o. Il était soit disant fou ou dangereux, sauf qu’elle ne le semblait pas. Il n’eut pas besoin de lui poser la question, car cette dernière lui répondit, avec un petit air de défi :

« Moi, je voulais être cosmonaute. Ça doit être chouette de pouvoir toucher les étoiles. »

Je voulais… Aeden la regarda. Elle savait. Comme lui, elle avait peu de chance d’atteindre ces rêves. Parce que même si tout le monde dit avec hypocrisie qu’avec un peu de volonté, tout le monde peut les atteindre, c’est faux. Le monde n’est pas juste. Et le garçon déteste ça. Le sourire de Loreleï n’est pas aussi franc que là tout de suite.
Aeden la regarde. Toute frêle, qui regarde l’horizon. Il voudrait pouvoir y faire quelque chose. Lui enlever cette camisole, la prendre par la main et qu’il nage jusqu’au continent. Cette idée le fait sourire. Il sait qu’il ne tiendrait pas. Même si la natation est un des seuls sports qu’il a pratiqué plus jeune. Il tousse, se relève, affrontant le froid du vent qui s’acharne. Là c’est sûr, il a un rhume. Il sourit a Loreleï malgré tout.

– C’est presque comme si on était sur une autre planète ici…

Puis il a une idée. Une idée stupide certes. Une idée qui ne fera pas de la jeune fille une cosmonaute. Mais cela restait une idée. Il l’attrapa à la taille et le souleva un peu, avant de la faire redescendre, puis recommença une ou deux fois, tournant sur lui-même pour augmenter le mouvement. Il n’avait pas beaucoup de force mais elle n’était pas bien grande. Il fit, un large sourire aux lèvres.

- Je t’entraine à marcher sur la lune ! Ca y est ? Tu te sens plus légère non ? Quand tu seras là haut, tu penseras à nos entrainements, tu verras.




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Sam 18 Nov - 21:14

Loreleï avait les yeux sur le ciel désormais. Aucune étoile, bien sûr. Pas le jour. Elle les voyait avant de sa chambre et aujourd'hui, la nuit c'était juste un océan sombre. Enfermée entre quatre murs, quelle merde. Elle se mordit la lèvre, parce que son cœur débordait soudainement de tristesse et qu'elle ne voulait pas la faire sortir. Elle était un Caïd, un vrai, elle n'allait pas flancher.
Oh et puis merde. Sa seule vraie étoile c'était sa famille, c'était papa-soja et paparbichette, c'était Cap, c'était tout ça. Et maintenant elle était juste plongée dans le noir, et jamais elle ne deviendrait cosmonaute, et peut-être qu'elle n'avait même pas un avenir. Peut-être qu'elle allait passer sa vie dans cet asile. Cette idée la fit soudainement trembler. Toute sa vie... dans l'asile ... Avec une camisole... Tout ça pour un crime qu'elle n'avait pas commis ...

« C’est presque comme si on était sur une autre planète ici… »

Et pas la meilleure, voulut-elle répondre. Mais les mots étaient coincés dans sa gorge.
Les yeux humides, elle s'apprêtait à se laisser emporter par les larmes quand, soudainement, deux mains lui saisirent la taille. L'adolescente se tendit, pas très à l'aise avec le contact. Puis, rapidement l'ivresse prit le dessus. Elle ne volait pas, mais ses pieds décollaient du sol. Et si elle les agitait un peu, elle aurait l'impression de battre des ailes. Elle dévisagea Aeden, surprise, avant de pouffer. Et pile quand elle allait l'interroger sur ce qu'il faisait, il répondit à sa question pourtant pas formulée à haute voix :

« Je t’entraine à marcher sur la lune ! Ca y est ? Tu te sens plus légère non ? Quand tu seras là haut, tu penseras à nos entrainements, tu verras. »


Oh, c'était ça le but ? Elle n'avait pas du tout l'impression de marcher sur la lune. Mais oui, elle se sentait légère. Pas dans son corps mais dans sa poitrine. Elle avait du mal à respirer ces derniers temps, sûrement l'angoisse. Mais d'un coup c'était comme si un poids c'était envolé.

« Pff, rit-elle, tu es un mauvais prof', alors je repenserais pas à nos entraînements, non ! »

Et à force de tournoyer, elle aperçut au loin la silhouette de l'infirmier. Dur retour à la réalité. Elle n'avait qu'une heure ... Vu qu'il ne se manifestait pas, cela ne voulait pas dire que le temps était écoulé, mais n'empêche que voir cet infirmier ça lui saqua le moral à Loreleï.
Elle posa son regard sur Aeden et puis ça allait soudain un peu mieux. Elle lui sourit, cette fois c'était plus authentique, et souffla sur ses mèches châtains pour qu'elle lui dégagent la vue. C'était marrant parce que sa peau était glacée mais c'était tout chaud dans son ventre. Et parce qu'elle ne voulait pas qu'Aeden ait mal aux bras, elle lui fit comprendre qu'il pouvait la lâcher avec des petits mouvements de jambes.

« Tu sais, dit-elle, j'étais un peu flippée quand je t'ai vu et j'étais hyper déprimée. Mais t'es trop cool. Vraiment ! »



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Lun 20 Nov - 13:59
Aeden eut un pauvre sourire. Effectivement, il n’était pas très doué. Il ne savait jamais quoi faire pour remonter le moral des gens. Il restait un garçon maladroit et pas trop sûr de lui. Elle se mit à s’agiter et le garçon la reposa au sol. C’était très dur comme situation. S’il avait une chose qu’Aeden voulait par-dessus tout, c’était que les choses soient justes. Et cette situation ne l’était tellement pas. C’était clair qu’elle ne méritait pas cette camisole, elle ne méritait pas ce qui lui arrivait. Il n’y avait rien de juste là-dedans. C’était si difficile à supporter qu’il sentait son estomac se tordre. Il ne comprenait pas comment c’était possible.

« Tu sais, dit-elle, j'étais un peu flippée quand je t'ai vu et j'étais hyper déprimée. Mais t'es trop cool. Vraiment ! »

Il eut un sourire et confessa :

« Moi aussi. Je suis content d’avoir fait une si belle rencontre. »

Quand il pensait qu’il avait eu peur d’aller la voir parce qu’elle était une patiente 0, il avait presque envie de vomir face à sa réaction. Il pouvait juger tellement vite sur des choses tellement stupides. Au moins, il avait su remettre ça en question. Le pire, ça aurait été de passer son chemin, de la laisser là, seule face à l’imensité de la mer. Il aurait eu de quoi s’en vouloir. Mais ce moment hors du temps avait été si spécial… il regarda l’horizon, puis se tourna vers elle. Une nouvelle fois, il n’avait qu’une envie, c’était de lui enlever cette camisole et la faire sortir de l’enfer qu’elle devait vivre. Il avait l’impression que s’il la laissait partir maintenant, il s’en voudrait à jamais. Sauf qu’il ne pouvait rien faire. Et cette impuissance était si frustrante qu’il aurait pu la hurler au vent. Il se promit qu’il ferait tout ce qu’il pourrait pour l’aider.

- Je…. je trouverai un moyen de te faire sortir de là…


Il ne savait pas pourquoi, il n’avait pu s’empêcher de le dire à haute voix. Il la regarda dans les yeux, soudain plus sérieux. Il voulait qu’elle comprenne qu’il ne disait pas cela à la légère. Qu’il ferait tout ce qui était en son pouvoir, même s’il n’avait aucune influence sur l’Institut. Même s’il ne comprenait pas vraiment ce qui s’y passait. Même si cela impliquait qu’il se mette lui-même en danger. Il ne se le pardonnerait pas s’il sortait sans avoir au moins essayer de la faire sortir aussi. Et même si cela n’était pas censé être possible, il pouvait essayer. Il voulait qu’elle puisse rentrer chez elle. Qu’elle puisse poursuivre ces rêves. Qu’elle soit heureuse. Pourquoi n’y aurait-elle pas droit comme tout le monde ? Sous quel prétexte ?




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Sam 25 Nov - 16:17


« Moi aussi. Je suis content d’avoir fait une si belle rencontre. »

Loreleï piqua un fard. C'était la première qu'on lui disait ça. "Belle rencontre". Aucun de ces deux mots ne lui avait jamais été adressé. Tout d'abord parce qu'elle n'était pas belle, pas comme la société voyait la beauté. Et parce qu'on ne rencontrait pas Loreleï ; elle vous fonçait dedans.
C'était la première fois qu'un presque inconnu lui faisait un pareil compliment, alors elle ne sut pas trop comment réagir. Elle se tortilla sur place, nerveuse à l'idée de se faire un ami. Parce que c'était ce qu'il se passait, non ? Ils tissaient un lien d'amitié ?

« Je…. je trouverai un moyen de te faire sortir de là… »

Il avait l'air tellement sérieux, tellement déterminé, que Loreleï n'osa pas le contre-dire. Elle se laissa porter par son regard. Elle avait envie d'y croire à ses belles paroles. Mais elle avait déjà entendu des discours similaires qui n'avaient jamais été appliqués. Elle n'en pouvait plus d'espérer. Et puis sortir d'ici ça impliquait de faire des plans, et c'était pas son truc à elle de réfléchir. C'était pour ça qu'elle ne faisait rien seule, qu'elle cherchait toujours des acolytes depuis son arrivée à l'Institut pour s'en sortir.
Sans détacher ses yeux de ceux d'Aeden, elle lui répondit d'une voix calme qui ne lui ressemblait pas :

« C'est marrant, on dirait que tu parles d'un plan d'évasion. Comme ceux des ninjas... Quand j'étais petite, je jouais beaucoup aux ninjas. C'était plus facile de s'évader à ce moment-là. Ça l'est beaucoup moins aujourd'hui. »

Et puis surtout, il y avait eu Cap avec elle pour l'aider. Elle n'arrivait jamais à sortir des prisons d'oreillers et des cages des pirates ennemis sans lui.
C'est alors qu'elle tiqua. Ses grands s'agrandirent, puis s'illuminèrent.
Mais oui. Elle avait fait ça toute son enfance : échapper à l'autorité. Se barrer après avoir mis des punaises sur la chaise du professeur. Se cacher derrière les rideaux pour ne pas se faire disputer par son père pour avoir casser son vase préféré. Courir à s'assécher les poumons pour éviter l'offensive des pirates imaginaires. Trouver des stratégies pour aller secourir la Barbie des méchantes peluches. Et si elle avait raté à l'Institut, c'était parce qu'il lui manquait son partenaire de toujours.
Et elle avait grandi maintenant. Et désormais il n'était plus question de jouer. C'était pour cela qu'elle acceptait d'ajouter Aeden parmi ses acolytes, s'il le voulait bien.
Un sourire sincère, un sourire plein d'espoir, ouvrit son visage.

« Ce n'est pas perdu. On peut partir d'ici. J'ai un frère aîné, il est dans l'Institut. On pourrait monter un plan tous les trois. Ou avec encore plus de gens ! Après tout, il y a le Journal Clandestin ! »

Elle lui avait dit qu'elle s'appelait Loreleï Hexe, mais elle se doutait qu'Aeden connaisse Cap, il aurait réagi à l'entente de son nom. Sinon, elle trouverait le moyen de le lui présenter !


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Jeu 7 Déc - 18:49

Ce n'est pas perdu. On peut partir d'ici. J'ai un frère aîné, il est dans l'Institut. On pourrait monter un plan tous les trois. Ou avec encore plus de gens ! Après tout, il y a le Journal Clandestin ! »

Le lien se fit immédiatement dans le cerveau d’Aeden. Il se sentit soudain furieusement stupide. Cela ne le changeait pas de l’habitude certes. Bien sûr il n’avait pas oublié ce qu’Alexander lui avait dit. A propos de sa sœur. Mais jamais il n’avait pensé qu’il se trouvait tous les deux à l’Institut. Combien de chances –ou de malchance- y avait-il pour retrouver deux membres de la même famille dans l’Institut, à part bien sûr, dans le cas d’une maladie génétique. Il ne se ressemblait pas tant non plus. Le pire c’est qu’elle lui avait tout de même donné son nom de famille. Quand il repensait à la conversation qu’il avait eue avec son frère, il se sentait encore plus stupide. « Hexe avec un H ? » Comment n’avait-il pas compris plus tôt ? Il savait qu’il avait du mal à retenir les noms et prénoms, les noms de rue aussi d’ailleurs.

Par contre il n’avait aucune idée de ce qu’était le « Journal Clandestin ». Mais ce dont il était sûr, c’est qu’il appréciait de voir un sourire se plaquer sur le visage de la jeune fille. Il voulait qu’elle garde espoir. Le regard désespéré qu’elle lui avait lancé au début de leur conversation, le garçon ne pouvait pas l’effacer de son esprit. Et il s’en voudrait terriblement s’il n’essayait pas de l’aider. Au moins essayer.

Il avait la nette impression qu’il s’enfonçait dans quelque chose qui le dépassait cependant. Certes, il voulait aider la jeune fille, mais il ne voulait pas d’ennuis. Il les avait toujours évités, c’était toujours comporter comme un enfant sage, évitant le moindre problème, ne prenant pas le moindre risque. Ici, il se plongeait entièrement dans les ennuis et il le savait. Ce Journal Clandestin… ça n’annonçait rien de bon. Il fit à Loreleï :

– Je connais ton frère. Nous nous sommes déjà rencontré.

Il réfléchit quelques instants. Il ne voulait pas s’allier à qui que ce soit. En tout cas, avec le minimum de personnes possible. Ce qui voulait dire qu’il ne voulait d’aider que d’Alexander. Ils ne s’étaient quittés ni en bon, ni en mauvais terme lors de leur recontre. Il s’était jaugé tous les deux, se respectaient, ce n’était pas rien. A deux, ils pouvaient trouver un moyen de la faire sortir. Ensuite, Aeden tracerait son chemin seul. Il devait arrêter de fouiller dans les profondeurs de l’institut aussi. S’il continuait, il ne parviendrait jamais à sortir sans faire de vagues. Alors, il l’aiderait elle, puis il s’arrêterait là. Cela lui paraissait plutôt un bon plan. Il posa sa main sur l’épaule de la jeune fille et la regarda avec sincérité :

- Moins on sera, et mieux se sera. Je vais essayer de trouver un moyen de parler à ton frère. On va te faire sortir de là. Je chercherai une solution pour te faire passer des messages au sous-sol. Je ne sais pas comment vont avancer les choses, mais on devrait chercher un moyen de se revoir. Tes heures de sorties sont fixes ?

Spoiler:
Je tiens à m'excuser pour le temps d'attente :/ J'étais un peu débordé ces temps ci, et c'est pas près de s'arrange avec les examens qui arrivent
Par contre je trouve que notre conversation prend une tournure plutôt excitante :3




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Dim 10 Déc - 15:37


« Je connais ton frère. Nous nous sommes déjà rencontré. »

Loreleï ne pouvait pas dire que cette phrase lui avait fait l'effet d'une claque, parce qu'une gifle, ça faisait mal. Or, elle avait cette chaleur dans le creux de l'estomac qui irradiait tout son corps. Soudainement, il ne faisait plus froid. N'empêche, cette réponse d'Aeden, elle avait été si soudaine, et si parfaite. Bordel, il connaissait Cap ! Il connaissait Cap ! Loreleï n'en pouvait plus de sourire.

« Moins on sera, et mieux se sera. Je vais essayer de trouver un moyen de parler à ton frère. On va te faire sortir de là. Je chercherai une solution pour te faire passer des messages au sous-sol. Je ne sais pas comment vont avancer les choses, mais on devrait chercher un moyen de se revoir. Tes heures de sorties sont fixes ? »


Loreleï dévisagea Aeden, la bouche entre-ouverte, à deux doigt de vaciller. Il lui avait dit qu'il voulait la revoir. Il lui avait dit qu'il allait la faire sortir d'ici. Quelqu'un d'autre qu'un membre de sa famille voulait son bien, voulait l'aider, et ses intentions paraissaient vraiment sincères. Loreleï voulait le croire. En fait non, elle lui faisait déjà confiance.
Elle hocha alors la tête. Est-ce que ses heures de sorties étaient fixes ? Aucune idée. Elle n'était patiente zéro que depuis une semaine.

« Le sous-sol est quand même surveillé. Et je n'ai aucune idée de mes horaires. Je crois que j'ai le droit à une sortie par semaine. Je crois que je la choisis aussi. »


Merde, ils n'iraient nulle part avec aussi peu d'informations. Pourtant le cœur de Loreleï palpitait si fort dans sa poitrine que l'adolescente avait peur qu'Aeden l'entende. Surtout avec sa main sur son épaule.
Elle vit au loin l'infirmier lui faire quelques signes. Merde. Merde. Merde. Putain de merde. Elle ne partirait pas, pas comme ça. Elle allait recommencer à se battre, elle allait arrêter d'être cette âme errante qui attend. Ouais, elle allait arrêter d'attendre.

« J'peux essayer de me renseigner auprès des infirmiers, mais je ne sais pas comment tout vous dire... Je suis dans la première chambre. Je ... Je vais être gentille pendant une semaine, et je demanderais un stylo à la fin. Ils seront plus d'accord pour m'en donner un si je suis cool... Et j'écrirais LAC sur le coin de la fenêtre, en bas à droite, pour que vous ne vous trompiez pas de chambre. Attends quand même une semaine avant de venir voir pour me passer des mots. »

Oui, LAC. Comme Loreleï, Aeden, et Cap. Elle aurait pu prendre l'initiale de Caïd, ce surnom qu'elle ne quittait pas, mais elle préférait pour une fois être vraiment elle, être vraiment Loreleï. Pas Caïd, pas Petit Caïd, pas B125, pas Z01, pas Lore. Loreleï.
Elle ne savait pas quand la surveillance était la plus faible autour du bâtiment. Peut-être pendant les pauses repas ? Tout ce qu'elle savait c'était qu'elle s'était renforcée. Et puis sa fenêtre était tout en hauteur, toute petite, puisqu'elle était dans un sous-sol, pas sûr qu'on la remarque. Ce plan était sûrement foireux mais Loreleï souriait, Aeden l'aiderait, Cap aussi, et c'était tout ce qui comptait.

hors rp:
pas de soucis, je comprends, j'ai des examens aussi ! et je suis d'accord, la tournure de ce rp est super ! je trouvais déjà que déjà on avait une bonne base, mais là c'est cool !!


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Mar 12 Déc - 21:50
Elle semblait surprise des paroles du garçon. Elle devait avoir l’habitude des phrases en l’air. De l’indifférence. Du mensonge. C’était commun aux hommes. Oh, Aeden n’était pas différent. Il avait déjà mentit à de nombreuses reprises. Mais ici, il voulait croire qu’il était capable de l’aider. Il pouvait au moins essayer.

« Le sous-sol est quand même surveillé. Et je n'ai aucune idée de mes horaires. Je crois que j'ai le droit à une sortie par semaine. Je crois que je la choisis aussi. »

Ok, si elle pouvait choisir, cela faciliterait les choses. Il pouvait se revoir.

« J'peux essayer de me renseigner auprès des infirmiers, mais je ne sais pas comment tout vous dire... Je suis dans la première chambre. Je ... Je vais être gentille pendant une semaine, et je demanderais un stylo à la fin. Ils seront plus d'accord pour m'en donner un si je suis cool... Et j'écrirais LAC sur le coin de la fenêtre, en bas à droite, pour que vous ne vous trompiez pas de chambre. Attends quand même une semaine avant de venir voir pour me passer des mots. »

Elle se dépêchait, et Aeden avait compris qu’il leur restait peu de temps. Voir plus de temps du tout. Lui aussi devait se dépêcher de lui donner des informations avant que l’infirmier ne se rapproche trop. Après, il serait trop tard. En situation de stress, Aeden devenait une personne différente. Il n’avait plus besoin de longues pauses pour chercher ses mots et ce qu’il devait dire, dans sa tête, tout était clair. Il devenait d’une efficacité redoutable autant dans ses gestes que dans ses paroles.

- J’essayerai de voir si je sais faire passer des mots via les repas qu’ils vous apportent. Les choses vont prendre du temps. Je dois retrouver Alexander pour qu’on cherche un moyen de te faire sortir de là, ça pourrait être long donc il va falloir être patiente. On codera les messages pour éviter les risques. Chaque lettre de l’alphabet correspondra à son opposé...

Un bruit de pas interrompit le garçon. Il sentait une présence derrière lui. L’infirmier les avait rejoints. Il ne devait pas se douter de quoi que ce soit. Aeden prit Loreleï dans ses bras, rapprochant sa bouche de l’oreille de la jeune fille :

–donc a sera égale à z, b à y et ainsi de suite.

Ce n'était pas ce qu'il y avait de plus compliqué comme code, mais il espérait que si leurs messages étaient interceptés, il resterait un mystère pour l'Institut, sinon ils seraient dans de beaux draps. Il la lâcha, se recula d’un pas et lui sourit. C’était un sourire qu’il voulait réconfortant. Il savait qu’elle retournait à l’isolement. Dans un endroit si vide de sens qu’il devait être impossible de ne pas laisser ses pensées se perdre. Il voulait lui donner du courage. Mais ce sourire était tout ce qu’il pouvait.

- A une prochaine fois peut être l’astronaute.




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Sam 16 Déc - 17:18

Etait-ce l'excitation ? Etait-ce la pression exercée par l'infirmier ? Etait-ce la peur ? Qu'est-ce qui faisait qu'Aeden avait l'air soudainement plus confiant ? Ses mots avaient déjà convaincu Loreleï mais ses nouvelles instructions semblaient plus sûres. Loreleï, les yeux grands ouverts, buvait ses mots.

« On codera les messages pour éviter les risques. Chaque lettre de l’alphabet correspondra à son opposé... »

Ok, là ça devenait plus technique. L'adolescente fronça les sourcils et fit l'effort de rassembler toute sa concentration pour assimiler cette information. Coder les messages. Elle ne savait pas vraiment faire ça.
Mais malheureusement toute sa concentration retomba quand elle vit l'infirmier tremper ses pieds dans l'eau, désormais droit dans le dos d'Aeden. Et merde, leur conversation s'écourtait déjà. Non, non, non, ils avaient encore plein de choses à se dire ! Loreleï voulait encore lui parler de ses rêves, et puis écouter les siens. Elle voulait qu'il passe le bonjour à Cap de sa part. Elle voulait finaliser son plan d'évasion.
Elle paniquait quand, soudainement, l'adolescent pris la châtain dans ses bras. Cette dernière, tendue, écarquilla les yeux de surprise. A part les membres de sa famille, on ne l'avait jamais enlacée. Elle rougit et chercha ses mots quand Aeden lui chuchota à l'oreille :

« Donc a sera égale à z, b à y et ainsi de suite.»


Il fallut un temps à Loreleï pour effectuer les reconnexions. D'accord, il reparlait du code.
Toujours perturbée par l'étreinte et stressée par la situation, elle ne sut bafouiller un mot. Elle se contenta de laisser les choses se faire. Il s'écarta d'elle et lui sourit alors franchement et, sans s'en rendre compte, Loreleï lui souriait de la même façon, contaminée.

« A une prochaine fois peut-être l'astronaute.»


Elle rit.

« A une prochaine fois, camarade ! »

Elle, elle était certaine qu'il n'y aurait pas de "peut-être". Elle suivit l'infirmier sans broncher, même lorsqu'il la sermonna sur ses habits trempés. Mais comme elle n'avait rien fait de dangereux, il ne pouvait pas vraiment la réprimander.
De retour dans sa cellule, elle fit des moulinets avec ses bras enfin libres. Elle s'étira et poussa un soupir. Puis, elle s'approcha de la fenêtre. Même sur la pointe des pieds, son nez dépassait à peine. Mais sa main atteignait le coin de la fenêtre, ça suffirait. Elle souffla sur le carreau et écrivit avec son index LAC. Un stylo serait plus efficace mais cela lui fit du bien de le faire, quand même bien même cela s'effacerait.
Puis elle contempla sa chambre, pensive. Il y faisait sombre, il y faisait froid et pourtant Loreleï s'y sentait bien.
Il n'y avait plus qu'à attendre.


can you see the dark?


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Enfermés dehors, ft. Aeden

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