Comment ça il vient pas tout seul?! ft. Ulysse

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Mar 19 Déc - 19:06



Comment ça il vient pas tout seul?!


Il n'était que cinq heures, et le réveil d'Atsuka lui déchirait déjà les tympans. En plus il faisait froid et elle n'avait qu'une seule envie : éteindre cette foutue alarme et retourner hiberner sous ses couvertures beaucoup trop agréables pour accepter d'affronter le monde. Avec un grognement, elle posa les pieds sur le sol gelé, un long frisson remontant le long de ses jambes. Raison de plus pour ne pas sortir. Elle n'avait malheureusement pas le choix, elle avait une patiente à sept heures et un nouveau dossier à étudier pour dix heures. Décidément, elle ne s'habituerait jamais aux horaires beaucoup trop matinaux de l'Institut. En traînant des pieds, elle prit sa douche et attrapa les premiers habits qui venaient, à savoir un jean gris déchiré et un col roulé noir avec une tête de mort, enfila ses Doc Martens qui l'empêcheraient de glisser sur la neige ainsi qu'un manteau assez épais. Avant de quitter sa chambre pour le réfectoire, elle attrapa son bonnet en laine noir et sortit. Il aurait le mérite de cacher ses cheveux désordonnés, qui avaient refusé de se soumettre au passage de la brosse. Le froid lui fit enfoncer le nez dans son col, pestant contre la météo et ses obligations. Elle enfonça ses mains dans ses poches et se dirigea d'un pas décidé vers l'aile commune.

Pour une fois, la bleue arriva dans sa salle largement en avance. Elle regarda sa blouse avec mépris et s'installa dans son siège,jugeant inutile de la mettre, après tout, elle poserait des questions toute la matinée. Elle enleva simplement son manteau et son bonnet, et regarda le rapport de la séance de la veille avec la patiente qu'elle attendait. La faire parler allait encore être très difficile... Atsuka soupira et, pour faire passer le temps jusqu'à l'heure du rendez-vous, elle enfonça ses écouteurs dans ses oreilles, histoire de totalement se réveiller en musique. Elle en avait absolument besoin, sous peine d'être d'humeur massacrante et, si tôt le matin, c'était déjà assez difficile pour elle de ne pas seulement communiquer par grognements ennuyés. La séance passa plutôt rapidement, finissant même en avance. Elle attendit que sa patiente soit sortie avant de bailler à s'en décrocher la mâchoire. Il lui restait deux heures avant de voir le nouveau venu et s'autorisa à fermer les yeux la moitié du temps. Evidemment, tout ne se déroula pas comme prévu et elle se réveilla juste avant dix heures. La jeune femme jura le temps de chercher le dossier. Elle relativisa, pensant avoir le temps de l'étudier avant que son patient n'arrive, mais une note attira son attention : "à aller chercher en chambre A198". Atsuka se figea quelques secondes. "Quoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii?!"

En trombe, elle sortit de sa salle, le dossier sous le bras, et dévala les escaliers jusqu'au premier étage. Arrivée en bas, elle reprit son souffle en parcourant les feuilles des yeux. Ulysse Gurin, mémoire eidétique, 19 ans, arrivé il y a peu. Elle referma le dossier avant de stopper sa marche, déjà lente, et de le rouvrir. Comment ça il était majeur? Il avait donc volontairement décidé de venir à l'Institut? Première question à lui poser, que la bleue sauvegarda dans un coin de son esprit. Le deuxième détail qui avait retenu son attention concernait évidemment la pathologie, très semblable à celle de sa soeur bien que regroupant tous les types d'informations. Très intéressant donc. Déjà en retard, elle ne s'attarda pas plus longtemps sur les différentes feuilles, ne regardant même pas la photo fournie, vérifiant simplement le matricule pour ne pas se tromper. De toute façon, c'était juste pour ne pas débarquer dans la mauvaise chambre, elle ne l'utiliserait pas pour appeler son patient, c'était trop déshumanisant à ses yeux. Atsuka atteint finalement la chambre A198, pesta mentalement contre elle-même et contre ses cheveux, qu'elle remit vaguement en place en passant ses doigts au travers. Au moins, elle n'avait plus d'épi mais on ne pouvait pas dire qu'elle était parfaitement coiffée, surtout suite à sa course folle. En retenant un soupir, elle toqua à la porte du patient et attendit. Non, elle se refusait à appartenir à ce genre de médecins intrusifs, impudiques et qui, souvent, ne s'intéressaient pas réellement à leurs patients. Ce qui était légèrement la base dans ce métier mais bref. Nerveusement, elle tapota la couverture rigide du dossier avec ses ongles pour une fois vernis en bleu, toujours dans l'attente.


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Mar 19 Déc - 21:00
Comment ça il vient pas tout seul ?!
Ulysse & Atsuka
Comme à son habitude, il était réveillé avant même que son réveil ne sonne. Et comme à son habitude, il restait allongé dans son lit le temps d'entendre la musique résonner dans toute la pièce, lui donnant l'autorisation de se lever officiellement. Il arrêta le vacarme sortant de l'objet de l'Enfer pour certains, et s'assit lentement. Il s'étira tout le long de son dos, et jeta un coup d’œil inutile à l'heure. Il était sept heures. Il avait trois heures pour se laver, manger, se préparer et attendre.
Las, il posa son pied gauche sur le sol, et se demanda s'il allait passer une mauvaise journée. Comme disait l'adage :"Tu t'es levé du pied gauche ?", comme une excuse de la mauvaise humeur d'une personne. Que c'était puéril, de reporter la faute sur un pied qui n'a fait que toucher le sol. Les gens pouvaient se réfugier derrière des citations sans queues ni têtes pour excuser leur sort ou leur humeur.

Il posa alors son second pied sur le sol, et se leva avec une grâce naturelle. Son premier réflexe, une fois debout, était d'aller ouvrir les fenêtres, et de respirer cinq minutes l'air pur que dégager l'île. Proche de la mer, un vent salé accompagnait les personnes dans leur tâche, quelles qu'elles soient. Il regarda les gens s'activer, discuter, profiter d'un air matinal. Il s'interrogea alors sur une autre citation :"Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt.", ce qui, une nouvelle fois, trouvait stupide. Une personne qui travaille la nuit, elle se couche le matin, donc techniquement elle se lèvera plus tard ? Et pourtant, elle aide le monde à tourner à bon rythme ? Que c'était réducteur...
Une fois ses poumons lavés de l'odeur ambiante de la pièce durant son sommeil, il prit ses affaires de douche et prit un peignoir et une serviette. Il sortit de sa chambre et se déplaça le long du couloir. Déjà plusieurs visages et voix lui étaient familières et accompagnaient son nouveau train-train de vie. Cette jeune fille, à l'air joyeux et niais, était là depuis longtemps à en juger par son attitude relâchée et l'aisance avec laquelle elle s'adresse à son médecin. Et lui, cinq mètres plus loin, semble perdu et n'ose pas sortir de sa bulle pour se sociabiliser. Quant à l'homme, qui traverse le couloir d'un pas rapide, travaille toute la journée et son seul moment de repos, c'est le midi.

Arrivé devant les escaliers, il gravit ceux pour aller aux sanitaires. Une fois à l'intérieur, il prit soin de choisir une douche, de se décrasser promptement, de se ressuyer brièvement et s'enfiler à la hâte son peignoir. Puis, il sortit, la vapeur suivait son geste et s'en alla de la cabine de douche.
Il prit les mêmes escaliers pour descendre, et croisa d'autres visages à d'autres endroits. Mais il marchait trop rapidement pour se concentrer sur eux et entra vivement dans sa chambre. Il déposa ses affaires sur son bureau, et s'habilla de l'uniforme blanc. Il était sept heures trente.
Une fois vêtu, le voilà partit pour prendre le petit déjeuner. Assis à une table, il avala à une vitesse raisonnable le repas, puis il débarrassa la table de son plateau. Huit heures. Il avait deux heures à attendre sa médecin. Alors, il les passait dans sa chambre, à lire des livres, réfléchir aux sens des phrases, et scruter par la fenêtre les gens faisant vivre l'Institut.

Toc toc toc. Quelqu'un venait de frapper à la porte. Il se tourna lentement depuis sa chaise de bureau, et jeta un coup d’œil à l'heure. Dix heures huit. Il regarda la porte sans un mot, et se leva en douceur, pour l'ouvrir.
Derrière celle-ci, une jeune femme aux cheveux teints et aux habits rebelles était plantée là, un dossier avec elle. Il ne sut lire ce qui était écrit dessus, mais il était persuadé que c'était son nom.
Il inspira.

"Bonjour."

Il lui a fallu un effort incommensurable pour pondre ces deux syllabes. Il n'avait l'habitude de parler qu'à ses parents, et lorsqu'il le faisait avec les autres, ce n'était pas toujours intéressant ou alors "poli" (selon eux).
Il se décala machinalement pour lui laisser la place de passer la porte.
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Mar 19 Déc - 21:52



Comment ça il vient pas tout seul?!


Elle n'avait pas eu à attendre longtemps, la porte s'ouvrit dans les secondes suivantes. Elle leva la tête. Il était grand, au moins une tête de plus qu'elle, ce n'était pas très habituel pour Atsuka qui faisait régulièrement partie des plus grands. D'un coup, elle se sentit ridicule : cinq ans de moins et presque autant de centimètres en plus. Ses yeux océan croisèrent le regard chocolat d'Ulysse, qui paraissait la scruter de haut en bas. C'est vrai qu'elle n'avait pas vraiment l'apparence d'un médecin, refusant catégoriquement le port de la blouse en dehors des nécessités absolues. Ses cheveux blonds brillaient dans la douce lumière hivernale et matinale, tout comme sa peau aussi pâle que la sienne. La jeune femme cessa immédiatement de tapoter ses doigts contre le dossier, qui brisaient  un peu trop le silence régnant à cette heure-ci dans les couloirs de l'Institut.

-Bonjour.

Le ton était poli mais sec. Atsuka refoula une grimace, elle était en retard de presque une dizaine de minutes, ce qui n'était pas acceptable pour un médecin, encore moins alors que ce n'était pas parce qu'elle s'était perdue. Elle regretta amèrement de s'être assoupie, elle aurait eu le temps de lire correctement le dossier d'Ulysse et notamment les quelques remarques sur sa personnalité qui, certes, devaient être complétées par ses soins, mais qui auraient pu lui indiquer comme réagir ou lui parler. Elle se traita mentalement d'idiote, à plusieurs reprises, resserrant sa prise sur le porte-documents. Elle qui voulait faire bonne impression, tout laissait croire que c'était un échec, entre son retard, son physique et son attitude tout sauf professionnelle. "Abrutie. Comment on fait maintenant, hein?" Elle retint un mouvement de recul quand il se décala de l'embrasure de la porte, l'invitant à rentrer par la même occasion. Elle savait qu'elle en avait le droit, de part son statut, mais elle ne voulait pas qu'il soit mal à l'aise, surtout pour une première visite, et elle n'était pas certaine qu'il ne le fasse pas par obligation. A la réflexion oui, il devait certainement se forcer, mais elle ne pouvait pas en être sûre, sans avoir parcouru les documents.

-Bonjour Ulysse, je te prie de m'excuser du retard je n'ai pas vu l'heure.

La bleue se mordit la lèvre. Tutoiement ou vouvoiement? Elle n'avait pas vraiment pensé à la question, et le "tu" était sorti machinalement, mais peut-être que ça ne conviendrait pas au blond. Elle rentra à sa suite, bien qu'elle aurait préféré retourné à la salle de soins avec son patient, c'est là qu'elle avait tous les outils dont elle pourrait avoir besoin. Non, ce n'était pas pour des expériences comme les autres médecins pouvaient faire, elle s'y refusait sauf en cas d'extrême nécessité, et ce n'était pas encore arrivé. Elle posa le dossier sur un coin du bureau, s'adossant au mur juste à côté.

-Tu préfères peut-être que je te vouvoie? C'est comme tu veux.

Même si Atsuka devait avouer que vouvoyer quelqu'un ne lui était pas très naturel, elle lui laissait le choix pour s'adresser à lui. Pour le mettre en confiance en somme et ainsi avoir des résultats probants et intéressants plus rapidement. Elle tenait vraiment à être utile, en tant que médecin avec une éthique, à chacun de ses patients. Elle failli se frapper le front en soupirant, se rendant compte qu'elle brisait toutes les règles de politesse, alors qu'elle y tenait particulièrement.

-Je ne me suis pas présentée, je suis le docteur Nozomi, mais je préfère qu'on m'appelle Atsuka. Si l'administration a fait son boulot, tu devais certainement le savoir non?

De ce qu'elle avait pu voir, en général tout allait bien du côté administratif, mais les humains ne sont pas infaillibles et donc ne sont pas à l'abri d'une erreur. Il lui était déjà arrivé qu'un de ses patients ne sache pas que c'était elle qui le prendrait en charge.



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HRP:
J'ai changé ta couleur, c'était pas trop lisible sinon... et la mienne c'est #ooccff


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Mar 19 Déc - 22:24
Comment ça il vient pas tout seul ?!
Ulysse & Atsuka
Elle semblait gênée par son manque de... Ulysse réfléchit un instant et trouva la réponse presque immédiatement. Par son manque de ponctualité. Mais il ne lui en tint pas rigueur. De ce qu'il avait comprit, les médecins faisaient plus ou moins ce qu'ils voulaient, du moment que le travail était fait. Et puis, ce n'était pas comme si il avait attendu une demi heure voire une heure. Ce n'était que huit minutes.
Elle devait avoir la valeur du respect bien ancrée en elle. Elle ne devait pas supporter de faire attendre quelqu'un, même de deux minutes. Il intégra cette information dans un coin de sa tête, pour être poli et respectueux le plus possible avec elle. Il ne voulait pas s'en faire une ennemie, et il se fiait pour l'instant aux dires des autres patients. Même si elle avait l'air spéciale, avec ce style vestimentaire décalé. Elle devait être différente des autres médecins qui prenaient en charge les autres patients. Il ne savait pas s'il était satisfait de cela, ou s'il était inquiet. Tout ce qu'il sut, c'était qu'elle était différente.

-Bonjour Ulysse, je te prie de m'excuser du retard je n'ai pas vu l'heure.

Elle était tout de suite familière. De même, il ne savait pas s'il appréciait cette familiarité ou s'il préférait qu'elle soit moins intime. Ils n'étaient pas assez proches, mais si ils devaient l'être, il fallait se permettre d'être plus amical.
Mais il déduisait que si elle était familière, il pouvait l'être également.

"Pas de problèmes. Je n'ai pas attendu longtemps."

Elle entra ensuite et posa le fameux dossier sur son bureau. De là, il put lire son nom. Ce n'était pas très difficile à deviner.

-Tu préfères peut-être que je te vouvoie? C'est comme tu veux.
"Vous pouvez me tutoyer. Je peux vous tutoyer aussi, dans ce cas ?"

Il ne sut pas vraiment si elle avait entendu sa réponse puisqu'elle se présenta presque immédiatement après. Ce qui ne le perturba pas.

-Je ne me suis pas présentée, je suis le docteur Nozomi, mais je préfère qu'on m'appelle Atsuka. Si l'administration a fait son boulot, tu devais certainement le savoir non?

Il opina. Oui, il savait qui elle était. Il ne l'avait jamais vu, mais maintenant il avait un visage sur lequel placer ce nom. Nom japonais, qui plus est. Si elle avait vécu au Japon, ce n'était pas étonnant qu'elle avait, parmi ses valeurs, le respect des autres. Il s'étonna lui-même de ne pas avoir réfléchi à ça plus tôt.
Il ferma la porte, créant un espace fermé et ainsi, plus apte à une ambiance de travail (ou intime, tout dépendait).
Il prit la peine de se présenter, malgré la présence du dossier et le fait qu'elle l'ait appelé par son prénom. Il déglutit avant, se donnant du temps pour choisir ses mots pour ne pas la blesser. Mais il réfléchit à cela, et se demandait comment on pouvait blesser des gens en se présentant. C'était idiot.

"Enchanté. Je m'appelle Ulysse Guryn, j'ai 19 ans et j'ai une mémoire eidétique..."

Il voulut continuer, mais se ravisa en fermant la bouche, laissant la phrase en suspend. Il allait ajouter :"Vous devez le savoir, tout cela." mais cela allait sans doute être déplacé puisque c'était évident, et qu'il allait paraître pour quelqu'un d'hautain.
Il se permit alors de faire comme si c'était une invitée qui venait passer du temps chez lui.

"Si vous voulez, vous pouvez vous asseoir sur la chaise ou le lit. Je vous conseille le lit, un matelas reste plus confortable."
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Mer 20 Déc - 17:17



Comment ça il vient pas tout seul?!


Elle fut soulagée de voir qu'il ne tenait pas rigueur de son retard. Elle ne voulait absolument pas paraître irrespectueuse et totalement incompétente, même si d'autres s'étaient permis de remettre ses compétences en cause part son style. Mais ça, malgré tous les reproches du monde, elle ne le changerait jamais. Elle était cependant contente de voir que ça ne dérangeait pas Ulysse outre mesure.

-Pas de problèmes. Je n'ai pas attendu longtemps.


En plus, il avait la gentillesse de confirmer ce qu'elle pensait, comme pour la rassurer. Atsuka tiqua légèrement : son trouble avait vraiment été si évident? Elle qui avait horreur d'être aussi lisible qu'un livre grand ouvert à la vue de tous, c'était probablement raté. Ce n'est pas qu'elle cherchait à entretenir le mystère, elle trouvait d'ailleurs cette attitude ridicule, mais elle voulait simplement ne pas être vulnérable. Trop dangereux, d'abord vis-à-vis de ses patients car les moins scrupuleux pouvaient exploiter la moindre faille, mais aussi par rapport aux autres médecins et membres du personnel, pour qui elle ne voulait pas paraître incompétente.

-Vous pouvez me tutoyer. Je peux vous tutoyer aussi, dans ce cas ?

Parfait, la bleue était bien plus à l'aise avec le tutoiement. Ce qui allait bien sûr dans les deux sens, le vouvoiement à sens unique instaurait un sentiment de hiérarchie et de pouvoir qu'elle refusait : un être humain ne valait pas plus qu'un autre, qu'importe l'âge, le métier, le sexe, ou tout autre critère stupide. Par contre, elle soupira intérieurement en se rendant compte qu'elle n'avait pas répondu à la question d'Ulysse, tant ça lui paraissait évident. "Imbécile, et ta fameuse politesse dans tout ça? Tsss..." Cependant il ne parut pas s'en formaliser, alors qu'Atsuka dramatisait peut-être un peu trop la situation, dans sa tête seulement bien sûr. Il acquiesça à ses derniers mots. Bien, l'administration ne s'était pas perdue parmi toutes les arrivées donc, c'était une bonne nouvelle. Sans un mot, elle l'observa fermer la porte puis revenir vers elle, avant de se demander si elle n'était pas trop insistante. Elle eut une micro-expression de désapprobation, tant elle trouvait stupide de se poser une question après avoir agi de manière plus ou moins correcte. Et actuellement, elle se situait plutôt dans le moins. Le jeune homme aussi semblait beaucoup réfléchir à comment se comporter ou s'adresser à elle. Sauf que lui le faisait AVANT de faire et dire quoi que ce soit, dans l'ordre logique donc.

-Enchanté. Je m'appelle Ulysse Guryn, j'ai 19 ans et j'ai une mémoire eidétique...

Un léger sourire étira les lèvres d'Atsuka. Sous-entendu "mais ce n'est pas comme si vous ne le saviez pas", vu qu'elle avait apporté son dossier. Perspicace en tout cas, même si ce n'était pas très difficile à deviner.

-Si vous voulez, vous pouvez vous asseoir sur la chaise ou le lit. Je vous conseille le lit, un matelas reste plus confortable.


Elle hocha la tête, le remerciant d'un sourire, et s'assit au bord du matelas, laissant évidemment une place à son patient et l'invitant à s'asseoir. c'était sa chambre après tout, et elle n'était qu'une inconnue, du moins pour l'instant. Elle laissait volontairement le dossier sur le bureau, loin d'elle donc, car ce n'est pas à travers des feuilles d'informations qu'elle allait faire la connaissance d'Ulysse.

-Tu es sûr que dans ta chambre ça ne te dérange pas? Et excuse-moi de ne pas avoir répondu, bien sûr, tu peux me tutoyer.C'est même plus agréable non?

Atsuka avait presque peur de trop en dire, elle avait remarqué que le blond n'aimait pas trop la discussion et se forçait presque à lui adresser la parole. Elle devrait vraiment faire attention à ne pas le noyer sous un flot de questions, ce qui est assez inutile en général, et trouver un moyen de l'amener à s'ouvrir petit à petit, sans le brusquer évidemment.


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Mer 20 Déc - 23:26
Comment ça il vient pas tout seul ?!
Ulysse & Atsuka
Elle s'assit sur le lit, comme le lui avait conseillé Ulysse plus tôt. Il la rejoignit là où elle avait laissé de la place, en gardant une distance correcte entre eux. Il allait subir un interrogatoire, il n'allait pas se coller à elle.
Il la regarda pendant qu'elle s'adressa à lui :

Tu es sûr que dans ta chambre ça ne te dérange pas? Et excuse-moi de ne pas avoir répondu, bien sûr, tu peux me tutoyer.C'est même plus agréable non?

Elle lui permettait de la tutoyer, comme il lui permettait de le tutoyer. C'était du donnant donnant. De l'égalité. Pourtant, du point de vue hiérarchique, elle était "supérieure". C'était étonnant. Mais pas dans le mauvais sens du terme. Il avait sans doute de la chance d'avoir une telle médecin qui se portait au delà des règles imposées.
Il secoua la tête, et se dit que ce n'était pas suffisant comme réponse, surtout qu'elle avait posé deux questions. Il s'humidifia les lèvres, et lui répondit calmement mais lentement :

"Ca ne me dérange pas que ce soit ma chambre, j'y suis bien. Et c'est vrai que c'est mieux si on se tutoie."

Il n'avait vraiment pas l'habitude de discuter avec quelqu'un. Il formulait sa phrase presque en entrecoupant chaque mot, comme s'ils étaient précieux ou à choisir avec parcimonie. Il n'aimait pas ça. Il n'aimait pas être dans le doute ainsi. Ce n'était pas un sentiment qu'il appréciait. Comme n'importe qui, au final.
Il se redressa légèrement et attendit que les questions commencent pour que ça se finisse plus vite. Ainsi, il la fixa.
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Jeu 21 Déc - 0:18



Comment ça il vient pas tout seul?!


Atsuka remarqua qu'il laissait une certaine distance. Quoi de plus normal, ils n'allaient pas se coller l'un à l'autre, mais cet éloignement se retrouvait aussi dans ses mots. Méfiant? Il n'y aurait rien de plus normal, même s'il n'était pas là depuis longtemps, les patients parlaient certainement de leurs médecins respectifs entre eux et ce que les autres avaient dû raconter ne devait pas être très réjouissant, ni n'appelait à la confiance. Malgré tout, il semblait étonné qu'elle autorise la réciprocité du tutoiement, quand ça lui paraissait tout à fait normal. Simple question de bon sens selon elle, mais visiblement ce n'était pas le cas pour tout le monde sur cette île.

-Ca ne me dérange pas que ce soit ma chambre, j'y suis bien. Et c'est vrai que c'est mieux si on se tutoie.


Elle fut ravie de voir qu'ils tombaient d'accord, au moins sur ce point, il s'en accommodait assez bien. La jeune femme laissa tomber l'idée de la salle de soins pour l'instant, même si elle devrait lui montrer plus tard : elle voulait le mettre à l'aise, donc on ferait selon son bon vouloir. Surtout que parler ne lui semblait vraiment pas naturel, ses mots étaient très hachés, donc il valait mieux ne pas trop le déstabiliser tout de suite. Elle le ferait peut-être plus en avant dans leurs séances, s'il ne s'ouvrait pas tout seul. Dans ce cas, elle n'aurait pas d'autre choix que de le forcer, sinon ils n'avanceraient pas et elle tenait réellement à aider tous ses patients, de toutes les manières possibles. Peut-être qu'il était asocial? Compréhensible, la différence entraînait des moqueries chez la plupart des gens, donc l'attitude d'Ulysse n'avait rien d'étonnant. La bleue finit par sortir de ses pensées, sentant le regard pesant du jeune homme, qui semblait attendre quelque chose. Qu'elle commence à l'interroger par exemple, soit ce pour quoi elle était là. Et elle n'avait pas de quoi noter, à son plus grand malheur. Elle ferait donc confiance à sa mémoire, ça n'avait pas d'importance, et se racla doucement la gorge.

-Je vais devoir te poser des questions basiques, malheureusement pas forcément intéressantes, désolée. Premièrement, pourquoi as-tu voulu venir à l'Institut?

En temps normal n'arrivaient que des jeunes enfants, parfois dans le début de l'adolescence ou un peu plus tard, qui finissaient par n'attendre qu'un seul et unique évènement : quitter cet établissement à leur majorité, et ne plus jamais y remettre les pieds. Et, quand on voyait ce que certains médecins infligeaient aux pensionnaires, c'était tout à fait logique. Donc l'arrivée d'un patient après ses 18 ans était un fait particulièrement rare, qui attirait l'attention, et Atsuka n'y faisait pas exception. Surtout quand elle en avait le dossier à la charge car, en plus d'être intriguée par la réponse, elle devait absolument en avoir une, pour remplir les rapports de séance. Mais qui a dit que les intérêts personnels et les obligations professionnelles étaient forcément incompatibles?


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Jeu 21 Déc - 0:51
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Il ne s'était pas rendu compte qu'il la fixait étrangement. Elle finit par s'éclaircir la voix, tandis qu'il regardait autre chose. Il ne voulait pas créer une mauvaise ambiance. Il allait être vite mal à l'aise sinon.

- Je vais devoir te poser des questions basiques, malheureusement pas forcément intéressantes, désolée. Premièrement, pourquoi as-tu voulu venir à l'Institut?

Il réalisa qu'elle n'avait ni feuille, ni stylo. Combien de questions avait-elle ? Elle n'allait pas oublier ? Elle devait savoir ce qu'elle faisait. Et puis, peut-être qu'elle avait sûr elle un magnétophone déjà allumé.
Questions basiques ou inintéressantes, cela restaient des questions à poser qui pouvaient être importantes. Il ne relevait pas cette pensée. Inutile à ses yeux.
Il réfléchit un instant, puis se souvint de comment il était venu ici. Il allait beaucoup parler pour expliquer cela...
Rester simple, précis, clair mais concis. Il soupira mentalement. Ce que ça allait être compliqué de résumer pourquoi il avait voulu venir. Ah mais ce n'était pas comment, mais pourquoi. Cela le soulagea un peu, il n'avait pas grand chose à en dire.

"Je voulais tout simplement venir. Si tu peux comprendre mieux ma pathologie, alors j'apprendrais moi aussi quelque chose."

Il déglutit. Sa gorge était déjà sèche et il devait déjà boire. Il n'en montrait rien, mais il allait devoir se servir de l'eau au bout d'un moment. C'était sûr.
Pour l'instant, il pouvait ignorer cette "douleur". Ce n'était pas quelque chose de grave qui allait l'empêcher de répondre. Du moins, pour un petit moment.

Tout ce qu'il voulait, au fond, c'était apprendre. Découvrir. Se nourrir intellectuellement. Désaltérer sa soif de savoir. Il voulait comprendre. Il vivait avec cette mémoire sans l'avoir demandé. Personne dans sa famille n'a cette pathologie, donc ce n'est pas héréditaire. Probablement une erreur génétique. Alors, pourquoi ? Que s'est-il passé dans son corps pour qu'il ait une telle mémoire ?
Il l'ignorait. Ca l'enrageait de ne pas savoir.
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Jeu 21 Déc - 13:28



Comment ça il vient pas tout seul?!


Ulysse finit par détourner le regard. Peut-être qu'elle aussi l'avait fixé de manière étrange? Pourtant, il ne lui semblait pas que c'était le cas. Atsuka n'était pas vraiment à l'aise, elle avait l'habitude de patients plus bavards ou même difficiles mais qui, au moins, s'affirmaient. Ce qui était plus facile pour les comprendre et agir en conséquence. Là, elle devait avouer qu'elle était quelque peu perdue. Il y avait un avantage : si ses réponses étaient aussi courtes que jusqu'à maintenant, elle n'aurait aucun problème à s'en rappeler jusqu'à pouvoir les écrire. Mais elle retint une grimace en voyant le temps de réflexion. Si c'était si compliqué, elle oublierait un certain nombre d'éléments, pour ne pas dire beaucoup trop. Très très mauvais plan ça, elle espérait se tromper.

-Je voulais tout simplement venir. Si tu peux comprendre mieux ma pathologie, alors j'apprendrais moi aussi quelque chose.

La bleue évita de soupirer de soulagement. Ne pas montrer ses faiblesses, c'était son principal interdit. Surtout quand ça concerne sa mémoire, face à un patient qui n'a aucun mal à retenir n'importe quelle information, même la plus insignifiante. Elle était néanmoins contente de s'être trompée. Par contre, sa réponse était intéressante : c'était son choix de venir à l'Institut, contrairement à 99% des patients présents, forcés par leur famille qui ne pouvait pas gérer leur pathologie. Pour certaines cependant, elle se demandait si les parents n'étaient pas juste fainéants et ne faisaient simplement aucun effort. Le principe de curiosité intellectuelle lui plaisait, rares étaient les individus à vouloir en apprendre plus sur leurs problèmes, surtout s'ils n'avaient pas été bien vécus. Mais pour l'instant, elle ne savait pas comment Ulysse considérait sa mémoire : comme un poids ou comme un "don"? Atsuka sourit légèrement. Si elle trouvait les phrases de son patient beaucoup trop courtes, lui les voyait plutôt trop longues, sa déglutition avait été difficile. Elle sortit une petite bouteille d'eau de sa poche de veste et le lui tendit sans un mot. Il comprendrait certainement tout seul.

-Je n'ai pas bu dedans, et de toute façon je ne suis pas malade. Mais du coup, comment as-tu connu l'existence de l'Institut?

Des questions de routine qui, en soi, n'étaient pas très intéressantes, mais elles lui permettaient de faire connaissance avec le blond, avant de pouvoir le cerner correctement et s'y adapter. Et qui sait, certaines réponses pourraient lui en apprendre bien plus que nécessaire pour une première entrevue. Elle décida d'enlever son bonnet, le coinçant sous ses jambes croisées et recoiffant rapidement ses cheveux avec ses doigts. La température de la chambre était un peu plus élevée que celle du couloir, désengourdissant les doigts d'Atsuka et se couvrir la tête ne lui était plus vital. C'était même plus dérangeant qu'autre chose. Par contre, les piercings à ses oreilles étaient bien visibles, mais elle ne se posait même pas la question de l'image que ça pouvait renvoyer.


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X156
Ven 22 Déc - 19:13
Comment ça il vient pas tout seul ?!
Ulysse & Atsuka
Elle fouilla dans sa veste, et en sortit une petite bouteille d'eau. Ulysse eut l'air embarrassé. Bien qu'il avait fait en sorte de camoufler sa soif, elle était parvenue à comprendre qu'il était assoiffé. Il se gratta l'arrière de la nuque, plus que gêné.

- Je n'ai pas bu dedans, et de toute façon je ne suis pas malade.

Il tendit sa main timidement vers cette bouteille d'eau, qu'il attrapa. Il baissa la tête légèrement, et dévissa le bouchon du goulot. Il prit quelques gorgées, et referma la bouteille, qu'il plaça à côté de lui. Elle pourrait la reprendre si elle voulait.
Il se positionna de manière à être plus décontracté et mieux installé. Il se prit les mains, qu'il posa sur ses cuisses.

- Mais du coup, comment as-tu connu l'existence de l'Institut?

Et voilà qu'il devait reprendre sa réflexion sur comment il allait raconter à moindre mot sa connaissance de l'existence de l'Institut. Il regarda le mur d'en face, sa couleur unie utilisant moins son cerveau que la plupart des décors.
Quelques mots obligatoires étaient à utiliser obligatoirement, et d'autres étaient superficiels dans les quelques exemples qui émergeaient de sa réflexion. Finalement, il dit :

"Pour faire court, après une période d'essai, je suis allé dans le bureau de mon patron où il y avait le prospectus de l'Institut. Sa fille est atteinte d'un cancer généralisé."

Il reprit machinalement la bouteille d'eau pour reprendre une gorgée. Il se sentait assez pathétique, à boire sans cesse après deux malheureuses phrases que n'importe qui pourrait prononcer sans mal.
Il reposa la bouteille au même endroit. Il ne savait pas si ça allait être long, mais ça allait être assez difficile pour lui en tout cas. Mais cela faisait parti du jeu : il devait apprendre à communiquer avec les autres. Ce n'était pas plus mal.
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Jeu 28 Déc - 16:59



Comment ça il vient pas tout seul?!


Atsuka esquissa un sourire en voyant l'embarras du blond. Il lui avait été facile de deviner qu'il était mal à l'aise, surtout qu'en fin de phrase sa voix était un peu plus rauque. Apparemment, il n'avait pas non plus l'habitude de ça si on en croyait ses gestes et ses mimiques, elle trouvait ça attachant. Il attrapa timidement la bouteille d'eau tendue, comme un animal apeuré qu'il lui faudrait apprivoiser, avant de se désaltérer puis de la reposer entre eux deux. Elle ne fit aucun geste pour la reprendre, ce n'est pas elle qui en aurait le plus besoin, de ce qu'elle avait compris. Sa question semblait le déranger, il avait repris un air pensif. Peut-être cherchait-il ses mots, c'était sûrement ça puisqu'elle ne voyait pas d'autre possibilité. Le regard marron d'Ulysse alla se perdre dans le vide, paraissant fixer un point fixe du mur immaculé. Elle hésita à passer une main devant ses yeux pour le faire réagir, se demandant si c'était judicieux. Parce qu'elle considérait que c'était plutôt une attitude puérile et capricieuse, ce qu'elle n'était plus depuis son enfance. Ou dans une moindre mesure, pour les caprices : c'est juste que tout devait se dérouler selon ses prévisions, les imprévus étaient à bannir absolument. Penser à son enfance la faisait divaguer sur les souvenirs qu'elle avait de sa soeur, et donc sur son objectif à l'Institut mais la bleue se reconnecta bien vite à la réalité avec la réponse de son patient, secouant légèrement sa tête pour finir de chasser sa nostalgie.

-Pour faire court, après une période d'essai, je suis allé dans le bureau de mon patron où il y avait le prospectus de l'Institut. Sa fille est atteinte d'un cancer généralisé.

Elle qui n'était pas habituée aux réponses succinctes, elle était servie. Atsuka plissa légèrement les yeux. Comment on pouvait chercher la cause dans des phrases aussi courtes? Elle se demandait surtout comment réussir à le faire parler davantage, sans paraître trop insistante et autoritaire. Tempête sous un crâne, elle était totalement perdue. Ce n'était vraiment pas bon. Si elle n'avait aucun résultat, Ulysse changerait de médecin et, en plus de devoir tout reprendre à zéro, il était beaucoup trop probable qu'il tombe sur quelqu'un de bien moins scrupuleux qu'elle. Mais elle ne savait pas comment "forcer" quelqu'un à plus s'exprimer, à part en en donnant l'ordre mais elle voulait éviter ce moyen à tout prix. La jeune femme reprit un visage avenant, avec un léger sourire aux lèvres.

-Et en moins bref? Mais sinon, tu travaillais dans quoi? C'est tôt 19 ans pour commencer à bosser.



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X156
Sam 30 Déc - 0:06
Comment ça il vient pas tout seul ?!
Ulysse & Atsuka
Elle plissa les yeux. Pourquoi ? Sa réponse ne convenait pas ? Ne lui suffisait pas ? Elle se méfiait ? Que se passait-il dans sa tête ? Il n'en avait aucune idée, il pouvait juste faire des hypothèses sur ses pensées.
Puis, elle se mit à sourire et à poser sa voix. Pourquoi ?

- Et en moins bref? Mais sinon, tu travaillais dans quoi? C'est tôt 19 ans pour commencer à bosser.

Ah, donc il avait sa réponse. Elle voulait être tendre avec lui, n'est-ce pas ? Et son air insatisfait venait donc de là. Mais il n'était pas tiré d'affaire pour autant, il devait lui fournir une explication plus longue.
Il se mit à observer le visage de sa médecin pour réfléchir à comment tout expliquer sans trop parler. Ses cheveux teints se bataillaient pour essayer de former une coupe de cheveux potables, ses yeux d'un bleu clair faisaient écho à mers et cieux, sa peau pâle semblait pouvoir prendre une teinte plus foncée sans difficulté, sa bouche pouvait avoir le don d'attirer les hommes et...
Et il allait trop loin dans son observation, se concentrant davantage sur ce qu'il voyait que sur ce qu'il devait dire. Mais grâce à cela, il avait le visage d'Atsuka encré dans sa mémoire. Il ne pourrait la confondre avec personne.
Il reprit, sans pression :

"En sortant du lycée, j'avais 16 ans. Bac S en poche, mention très bien, 19.80 au total. J'ai ensuite fait un an en médecine. En cours d'année, j'ai rencontré un homme tenant une agence de mannequinat. J'ai accepté de faire un essai. Mais deux semaines plus tard, j'ai dit au patron que je ne voulais plus faire ça..."

Il se racla la gorge. Pas qu'il eut soif, mais il ne savait plus quoi ajouter d'autre. Peut-être un peu la suite... ?
Il n'avait pas très envie d'aligner encore quelques mots, mais il commençait à comprendre que ce n'était pas pour le faire souffrir mais pour recueillir un maximum d'informations. Il continua, à contre-coeur :

"C'est lui qui avait le prospectus. Je l'ai pris, et ayant réfléchi pendant mon année de prépa scientifique et mon année de licence d'Art, j'ai décidé de venir."

Il espérait en avoir dit assez, cette fois-ci. Et il ne se priva pas pour se désaltérer un coup. Il faudra qu'il aille aux toilettes, si ça continue à ce rythme-là.
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Mer 21 Fév - 11:28



Comment ça il vient pas tout seul?!


La réponse tarda encore plus que la précédente, le regard d'Ulysse se perdant à nouveau. Mais cette fois, au lieu de se perdre dans le vide de la pièce, il paraissait chercher le contact visuel avec Atsuka. Elle ne rechigna pas, bien qu'être dévisagée la mettait un peu mal à l'aise. Elle n'avait jamais aimé être observée, ne comprenant pas l'intérêt que les autres personnes pouvaient lui porter. Surtout qu'il ne s'attardait pas sur les éléments qui intriguaient le plus, à savoir sa teinture et ses tatouages et piercings, s'ils étaient visibles : lui détaillait tout son visage, sans omettre un seul détail. C'est elle qui finit par rompre le lien, détournant ses yeux bleu ciel tandis que ses pommettes rougissaient très légèrement. Il répondit enfin, permettant à la jeune femme de retourner son regard vers lui :

-En sortant du lycée, j'avais 16 ans. Bac S en poche, mention très bien, 19.80 au total. J'ai ensuite fait un an en médecine. En cours d'année, j'ai rencontré un homme tenant une agence de mannequinat. J'ai accepté de faire un essai. Mais deux semaines plus tard, j'ai dit au patron que je ne voulais plus faire ça...


Atsuka se retint d'ouvrir de grands yeux mais la surprise de lisait tout de même sur son visage. Certes, ces résultats incroyables étaient certainement dus à sa mémoire eidétique, mais ils n'en restaient pas moins impressionnants. Elle, qui avait pourtant réussi médecine, avait été une élève douée, certains professeurs avaient même dit "brillante" tant elle portait intérêt aux diverses maladies, notamment mentales, mais elle avait été très loin d'être un tel génie. Elle pencha la tête sur le côté, attendant la suite. Il ne pouvait pas finir en suspens de cette manière, cela appelait une suite, comme histoire. Même si le lien était logique, il avait dû en entendre parler à l'agence de mannequinat, mais pour satisfaire sa curiosité elle avait besoin de l'explication. En y réfléchissant, le mannequinat allait bien à Ulysse : ses cheveux dorés captaient et reflétaient parfaitement la lumière, ses yeux d'un marron profond vous entouraient de douceur, faisant ressortir la pâleur de sa peau qui paraissait à la fois douce et fragile. Et puis il était grand et mince, ce qui ne retirait rien à son charme. La bleue ferma les yeux quelques secondes pour revenir à la situation présente, s'aidant de la voix chaude d'Ulysse.

-C'est lui qui avait le prospectus. Je l'ai pris, et ayant réfléchi pendant mon année de prépa scientifique et mon année de licence d'Art, j'ai décidé de venir.


-Tu as un parcours plutôt impressionnant ! Faire tant de choses à la fois c'est presque un don, mais à voir si toi tu le perçois de cette manière. Et pourquoi ça ne te plaisait plus? Pourtant tu devais avoir un grand nombre de propositions, tu sembles parfait pour ce milieu.[/b]

Sentant ses joues se réchauffer sous le coup de la rougeur, Atsuka inspira profondément pour la faire disparaître, ainsi que son malaise en se rendant compte des mots qu'elle avait employée. Elle en avait peut-être trop dit sur ses pensées...

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Dim 25 Fév - 15:06
Comment ça il vient pas tout seul ?!
Ulysse & Atsuka
Elle réagit sur le qui-vive, tout de suite après qu'il lui ait répondu. Ce qui le surprit. Il ne s'attendait pas à la voir réagir de la sorte...

-Tu as un parcours plutôt impressionnant ! Faire tant de choses à la fois c'est presque un don, mais à voir si toi tu le perçois de cette manière. Et pourquoi ça ne te plaisait plus? Pourtant tu devais avoir un grand nombre de propositions, tu sembles parfait pour ce milieu.

Parfait ? Pour le mannequinat ?
Les yeux d'Ulysse s'écarquillèrent en même temps que ses joues rougirent. Il ne savait pas quoi répondre à cela... Pourtant, les filles lui avaient déjà ciré les pompes en prétendant qu'il était beau, mais elles étaient superficielles. Sa médecin, Atsuka Nozomi, n'avait pas l'air d'être comme elles, alors ça le toucha davantage.
Être parfait pour le mannequinat ?

"Je..."

Il avait définitivement perdu sa langue.
Parfait pour le mannequinat ?
Il tenta de se racler la gorge, mais tout ce qu'il fit était déglutir. Il se sentait vraiment pathétique à réagir comme ça, pour un simple compliment venant du coeur. Venant du coeur... Oh mon Dieu, elle le pensait vraiment.
Il se détourna un instant, et dit alors :

"Merci..."

Puis il soupira. Bon, il était temps de reprendre du poil de la bête. Après tout, elle avait posé une question juste avant, elle voulait qu'il y réponde, non ?
Cette fois-ci, il réussit à se racler la gorge, cependant, il ne regardait plus Atsuka. Il ne savait plus comment la regarder...

"Tout est superficiel dans ce genre de milieu. On vous sourit en face, et dans votre dos, on vous crache dessus. Et pourtant, ce n'était pas la pire agence, d'après les dires de mes collègues..."
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Sam 14 Avr - 22:17



Comment ça il vient pas tout seul?!


Atsuka se retint d'éclater de rire en le voyant écarquiller les yeux de surprise, ne sachant pas comment il le prendrait. Dans le cas où elle se serait laissée aller, l'aurait-il pris comme si elle se moquait ou aurait-il compris qu'elle n'avait aucune intention de se moquer? Dans un sens, elle penchait plus pour la seconde option vu qu'il comprenait tout très rapidement mais, d'un autre côté, elle avait bien vu que les interactions sociales n'étaient pas la tasse de thé d'Ulysse, donc impossible de savoir. Et donc cette interrogation n'avait pas lieu d'être. A part occuper le temps car le silence envahissait petit à petit la pièce déjà pas très vivante, si ce n'est par la couleur des cheveux de la jeune femme et le léger bruit de leurs respirations. Elle n'arrivait pas à interpréter sa réaction, beaucoup de gens, et majoritairement des filles sans doute, avaient déjà dû tenir le même discours qu'elle, que ce soit à propos des capacités mémorielles du blond ou de son physique assez angélique, il fallait l'avouer. Mais pas enfantin pour autant.

-Je...

Un bruit, un mot plus proche d'une onomatopée qu'autre chose, pour encore de lourds instants de silence. Pourtant il fixait le visage de la médecin, du moins en apparence car elle avait clairement deviné qu'il la voyait sans la regarder, une sorte de brume stagnait au fond de ses pupilles, montrant qu'il était totalement perdu dans ses pensées. Chacun son tour de vivre une tempête sous un crâne. Ulysse finit par tourner le regard, fixant un point du mur blanc derrière elle. Est-ce qu'il n'osait plus la regarder parce qu'elle avait été sincère? Il lui serait difficile de faire autrement, le mensonge n'était pas dans sa nature, à cause de son éducation d'abord et simplement parce qu'elle trouvait cela inutile, et parfois blessant.

-Merci...

Au moins il avait retrouvé la parole, même si ce n'était qu'un mot. Il se racla la gorge, s’apprêtant à ajouter quelque chose. Atsuka fut surprise qu'il ne reprenne pas d'eau, vu comme la parole semblait lui coûter. Mais elle ne dit rien, se contentant de faire un sourire encourageant.

-Tout est superficiel dans ce genre de milieu. On vous sourit en face, et dans votre dos, on vous crache dessus. Et pourtant, ce n'était pas la pire agence, d'après les dires de mes collègues...

Elle aurait dû se douter de la réponse, rien n'est plus logique que ce constat quand on parle d'un métier où tout est fondé sur le physique uniquement, il suffit de voir les concours de miss. Et il n'y avait pas de raison pour que ce soit différent pour les hommes. En ce qui concernait Ulysse, elle estimait que cela aurait été gâcher du potentiel, parce que certes il en avait le physique, impossible de le nier, mais son intelligence était bien au-delà de ce qu'on attendait des mannequins. Cette fois-ci, elle garda sa réflexion pour elle-même, ne voulant pas embarrasser son patient davantage.

-Pas étonnant en fait, c'était une question stupide. Pas la pire? Je n'ose même pas imaginer ce qui se passe dans les autres.


En fait elle en savait une partie, comme tout le monde. Qui n'avait jamais entendu parler d'un scandale dans le monde des projecteurs et des paillettes, sexuel ou non? Personne, à part si on vit dans une grotte ou qu'on a moins de six ans. Mais elle ne s'attarda pas plus.
La séance suivit son cours, elle continuant à poser les questions qu'elle avait rapidement prévu la veille ou qui lui venaient à l'esprit sr le moment, lui s'obstinant à répondre par des phrases courtes ou des monosyllabes, jusqu'à ce que le téléphone d'Atsuka vibre, signalant la fin de l'entretien : elle avait d'autres patients à voir et il fallait qu'elle retourne dans sa salle pour tout noter avant. Elle se leva, s'excusant auprès d'Ulysse, avant de se lever et de sortir de la chambre, remontant l'escalier jusqu'au troisième étage, son dossier sous le bras.

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