Il n'y a aucune raison pour qu'ça rate ! (Loreleï, Alexander, Aeden)
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Z 01
Ven 29 Déc - 21:40


C'était une véritable tempête dehors. Le vent cognait contre l'unique fenêtre de la cellule de Loreleï. C'était si puissant que l'adolescente vérifiait régulièrement que le carreau ne pétait pas. On aurait presque dit que ce vent cherchait à rentrer à l'intérieur, à vouloir posséder la pièce... Mais bon, ça l'aurait bien arrangé Loreleï que la vitre casse, cela aurait été simple pour s'évader. Ça pourrait être possible ? Loreleï se hissa sur la pointe des pieds et observa l'extérieur. La moitié de sa vision était floutée par la neige. Il y en avait devant la fenêtre, et il y avait la tempête de flocons.
Mais la tornade, elle était aussi dans le ventre de Loreleï. Elle n'avait rien avalé de la journée, bien trop stressée. Enfin; elle allait quitter cet endroit de merde. Enfin ça allait être fini des camisoles, des sorties semainières, fini de baisser la tête et d'obéir à ceux qui ne le méritaient pas. Il fallait juste attendre pour l'instant.
Elle alla s'allonger dans son lit (on était déjà venu vérifier qu'elle dormait, mais on n'était jamais trop prudents). Elle avait laissé la lumière allumée. Elle fixait l'ampoule.
Allez. Allez. Eteins-toi
.
Elle allait finir cinglée à force d'attendre. Elle n'en pouvait plus. Elle devait partir. Elle devait regagner sa liberté. Cet endroit la bouffait. Elle avait perdu du poids, elle qui était pourtant déjà maigrichonne. Elle avait perdu du muscle et de l'endurance. Son teint avait pâli et ses cheveux, un peu plus longs, avaient ternis.
Et elle voulait voir Cap. Bordel, son frère lui manquait tellement. Où était l'époque où ils jouaient aux pirates ? Où ils volaient les fleurs de madame Gérard pour préparer des potions ? Où ils chassaient l'esprit indien qui possédait le chat Félix avec un du ketchup et un balai (l'aspirateur c'était interdit) ? Elle voulait avoir de nouveau cinq ans, être encore insouciante.
Et puis elle voulait revoir Aeden aussi. Il était tellement cool. Il était vraiment là pour l'aider. Dire qu'elle s'était méfiée de lui, dire qu'elle avait voulu se taire. Elle ne lui avait même pas raconté comment elle était devenue patiente Zéro, et il avait l'air d'en avoir rien à faire. Si elle lui disait qu'elle avait assisté à un meurtre, est-ce qu'il l'aiderait toujours ? Elle se sentait vraiment comme un astronaute avec lui, à marcher sur les étoiles et à défier la lune.
L'ampoule grésilla, perdit un peu en intensité, et puis s'éteignit soudainement. Comme lorsqu'on s'endort : d'abord tout doucement, puis tout d'un coup.
Loreleï ne cilla pas, pétrifiée. On l'entendait à peine respirer alors que des conversations sourdes dans le couloir résonnaient.
Elle se releva sur les coudes et enfila sa paire de lunettes. Puis paniqua soudainement. Elle avait tout oublié du peu de ce qu'ils s'étaient dit : allaient-ils venir par la porte, ou par la fenêtre ? La conversation trouble qu'elle percevait, c'était peut-être eux …
Pour l'instant, elle se contenta de se mettre sous ses couvertures et de faire semblant de dormir. A nouveau, on ne devait pas savoir qu'elle était au courant pour la coupure d'électricité (même si c'était à prévoir avec cette tempête).
Le cœur tambourinant dans sa poitrine, elle garda les yeux ouverts dans la pénombre.
Ça commençait. Enfin.




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W133
Jeu 11 Jan - 21:27
Aeden tournait en rond dans sa chambre. Il était déjà tard et toujours rien. Il était fébrile. Le fait que l’heure du couvre-feu approchait y était pour quelque chose. Cela risquait de compliquer d’avantage les choses. S’il se faisait pincer alors qu’il était censé être dans leur chambre, il aurait d’avantage de problèmes. D’un autre côté, l’obscurité dehors jouerait en leur faveur. Ils avaient beaucoup de chance. Le vent était très fort, il était sûr à 75 pourcent que les infrastructures électrique de l’Institut, bien que de bonne factures, n’y résisteraient pas. Ça c’était produit quelques semaines auparavant. C’est ce qui les avait décidés. Surtout qu’apparemment, ça arrivait dès que les hivers étaient un peu rudes, des anciens de l’Institut l’avaient confirmé. La coupure ne durerait pas éternellement cependant. Si elle lui avait semblé longue lorsqu’elle était arrivée, il ne serait pas dans la même situation. Et les membres techniques risquaient d’agir plus vite. Il ne faudrait pas chômer. Ils s’étaient assuré que Lore n’avait pas reçu de visite lors de la première coupure de courant. Ça ne garantissait rien, mais normalement personne ne viendrait vérifier sa présence avant le lendemain matin.

Si la coupure se produisait bien évidemment. Et pour l’instant, rien n’était moins sûr. Si jamais ça n’arrivait pas ce soir, il devrait à nouveau reporter l’évasion. Ils avaient dû le faire l’avant-veille. Mais ici, la tempête était vraiment impressionnante. Il continuait de s’agiter, jetant des regards agacés à la fenêtre, puis soudain, le noir. Alexander et lui avait décidé de se donner rendez-vous sur place. Il préférait ne pas se rejoindre avant, pour éviter d’être repéré ensemble. Si l’un des deux se faisait coincé, il devrait faire gagner du temps à l’autre. Il marchait en chaussettes dans les couloirs, évitant les zones trop proches de la salle centrale où était entretenue l’électricité. C’était facile d’éviter l’agitation, l’erreur de l’Institut était d’avoir tout centralisé au même endroit. Son cœur battait tout de même dans sa poitrine. Il tenait ces chaussures dans une main, l’autre effleurait les murs pour l’aider à se repérer. Le plus dur serait de sortir du bâtiment. Sortir par la porte principale était risqué. Mais moins que de limer les barreaux de la fenêtre de sa chambre. Il devait profiter de l’inattention et du mouvement dû à la panne pour passer. Sauf que lorsqu’il voulut se faufiler dehors, il y aperçut un garde. Mince. Changement de programme. Il devait le faire dégager de là. Il réfléchissait à une solution sans parvenir à en trouver une, puis ce fut sa chance. Le gars en question reçut un appel et s’éloigna de l’entrée. Il fonça une nouvelle fois vers la sortie et courut, en chaussette dans la neige pour aller se planquer. Son cœur battait fort, et il avait très chaud. Il s’arrêta pour respirer et enfiler ses chaussures. Il avait les pieds gelés mais ce n’était pas le moment de s’en préoccuper.

Une fois dehors, il longea le bâtiment, accroupit, s’arrêtant au moindre bruit, sur ces gardes. Il faisait glacer, et sa veste ne suffisait pas à le protéger du vent qui lui fouettait le visage. Il plissait les yeux pour voir où il marchait. Ces pas dans la neige s’effaçaient aussitôt, recouvert par une nouvelle couche blanche.  Il espérait qu’il ne serait pas trop dur de dégager la fenêtre de Lore. Leur plan était loin d’être parfait, mais ils n’avaient pas le choix. Il devait essayer maintenant, tant que c’était l’hiver. Après, il n’aurait plus la moindre chance. Aeden se mordilla la lèvre, inquiet. Il n’avait pas un bon pressentiment. Il espérait que le Génie s’en sortirait mieux que lui pour sortir des dortoirs.  Il arriva enfin à destination, même si on distinguait à peine l’armature de la fenêtre. Ils avaient de la chance que le haut des cellules soit un peu plus haut que la surface du sol. Sans ça, il n’y aurait pas eu de fenêtre. Enfin, si on pouvait appeler ce petit rectangle une fenêtre. Ni Aeden, ni Alexander ne pourrait rentrer, c’était bien trop étroit. Alexander n’était pas encore là, et Aeden ne se risquerait pas à l’attendre, il n’allait sans doute pas tarder. Il commença à dégager la neige. Il avait ces gants pour le protéger du froid mais il sentait la neige se glisser dans les ouvertures de ses manches. Il allait être trempé. On passait à la partie plus compliqué. Il fallait virer les barreaux de la fenêtre et Aeden n’avait pas la lime. Si Alex s’était fait coincé, il devrait essayer de forcer les barreaux. Alexander était déjà venu plusieurs fois lors de coupures de courant pour les fragiliser, il pouvait toujours essaye de les détacher sans, même si ça lui paraissait impossible. Il commença à tirer sur un des barreaux de toutes ses forces mais c’était sans succès. Une silhouette se découpa dans la neige, toute proche et Aeden rata un battement de cœur. Trop concentré sur sa tâche, il n’avait pas fait attention à ce qui se passait autour de lui.




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X111
Lun 15 Jan - 14:03
Alexander était allongé dans son lit. Immobile, la respiration calme, tout semblait indiquer qu’il dormait d’un sommeil sans rêves. Ce n’était pas le cas. Les yeux grands ouverts, le cerveau du Génie tournait à vive allure et l’esprit de Cap, fébrile, faisait rebondir un ballon dans sa cabane sans grande conviction. C’était le jour J. Celui qu’ils avaient choisi avec Aeden pour faire sortir Lore de sa prison. Tout avait été calculé avec minutie en prévision de cet instant qui n’allait pas tarder à arriver. Ils allaient passer par la fenêtre qui donnait sur la cour centrale. Il avait profité du moindre moment pour entamer discrètement les barreaux qui en condamnait l’accès avec une lime qu’il avait réussi à voler à des agents d’entretien. Cependant, celle-ci était trop petite pour qu’on y entre ou sorte mais Lore était toute fine et il lui avait demandé se laisser maigrir au maximum pour pouvoir passer. Et puis comme elle ne sentait pas la douleur, s’ils devaient forcer le passage, ça devrait aller. Cap n’avait pas trop aimé l’idée de peut-être devoir faire du mal à sa sœur mais force lui avait été d’admettre que cela lui serait plus profitable de peut-être se blesser une fois pour toute et pour la dernière fois que de rester ici à mourir à petit feu. Ensuite, ce serait la phase la plus délicate. Ils seraient à découvert et devraient réussir à gagner le port. Il avait vérifié. On était jeudi et le bateau arrivé le matin même restait à quai toute la journée pour le déchargement. Il passait la nuit au port puis repartirait le lendemain matin, normalement avec au moins Lore à son bord. Ce plan était loin d’être parfait mais d’après ses calculs, ils n’auraient pas de meilleures chances.
Les yeux rivés sur la lumière qui filtrait de dessous la porte, il guettait le bon moment. Le signal dont ils avaient convenu avec son acolyte pour chacun sortir de leur chambre et se retrouver devant la fenêtre de Lore. La coupure d’électricité. Vu les conditions atmosphériques, elle ne manquerait pas d’avoir lieu. Elle devait avoir lieu. Des pieds passèrent devant la porte, obstruant la lumière. Les gardes faisaient leur ronde. Et puis soudain, la lumière fut remplacée par du bruit. Ca y était. La panne avait commencé. Alexander se leva, se dirigeant vers la porte mais… Il s’immobilisa. Merde, c’était pas vrai ! Cet imbécile de vigile restait planté devant sa porte, demandant des ordres au talkie-walkie. Il n’avait pas le temps d’attendre qu’il s’en aille. Il regarda autour de lui, cherchant une solution. Ses yeux se posèrent sur la vitre.
« Cap. Tu penses à ce que je pense ? »
« Yep ! Ca va me faire du bien un peu d’exercice ! »
Cap reprit le contrôle de leur corps. Il se dirigea sur la pointe des pieds vers la fenêtre et l’ouvrit avec le plus de précaution possible. Néanmoins, une grimace s’afficha sur son visage lorsqu’il l’entendit grincer. Il cessa aussitôt toute activité, l’oreille tendue vers la porte. Rien. Bon, les grésillements du talkie-walkie devaient avoir masqué le bruit. Tant mieux. Il se glissa à travers l’entrebâillement, enfila les chaussures qu’il avait à la main et se laissa glisser souplement sur le sol. Il leva les yeux vers la fenêtre. Il espérait que le vent qui s’engouffrait désormais à l’intérieur n’alerterait personne parce que de l’extérieur, il n’avait aucun moyen de la fermer. Il s’emmitoufla dans son écharpe et se dirigea vers l’asile.
La tempête faisait rage et il peina à avancer. D’ailleurs la neige qui virevoltait dans tous les sens l’empêchait d’y voir à plus de dix pas.
« C’est un bon point pour nous. On sera moins repérables. »
« A condition qu’on s’retrouve pas g’lés sur pattes. »
Une silhouette se dessina finalement devant eux. Ca devait être Aeden. Il s’approcha de plus près. Oui, c’était bien lui et il avait commencé à déneiger l’accès. Bien, c’était déjà ça de gagné. En le voyant sursauter à son approche, le Génie reprit le relais.

- Tu devrais être plus prudent. Heureusement pour toi, je ne suis pas un vigile en train de faire sa ronde.

En même temps, avec ce vent qui hurlait dans leurs oreilles, il comprenait qu’il ne l’ait pas entendu venir. Mais il ne pouvait pas se permettre de se faire repérer. Il lui adressa un sourire, dans le but de lui faire comprendre que ce n’était pas si grave, mais celui-ci témoigna d’une tension extrême, adaptée aux circonstances. Puis, sans plus de bavardages, il sortit la lime de ses vêtements, s’accroupit à côté d’Aeden et attaqua le premier barreau qui céda sans trop résister du fait des précédentes attaques et de la poussée du vent. Il céda d’ailleurs beaucoup plus facilement qu’il ne l’avait prévu et il n’eut pas le réflexe de le retenir lorsqu’il bascula vers la fenêtre, donnant un coup sourd dans le carreau.
« Et merde ! »
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Z 01
Mar 16 Jan - 18:56

Loreleï avait un nœud dans l'estomac, comme si une puissance immatérielle s'amusait à le lui tordre. C'était la première fois de sa vie qu'elle était aussi stressée. Même son départ pour l'Institut, il y avait un an de ça, avait été moins frustrant.
Elle ne voyait même pas l'habituel raie de lumière sous la porte, celui lui servait de veilleuse et l'aidait à dormir le soir. Elle n'entendait plus les pas dans le couloir. Il y avait juste les hurlements du vent à l'extérieur.
Elle sursauta tandis que la découpe d'une silhouette apparut sur le sol de la chambre, ombre du corps qu'on pouvait voir grâce à la lumière de la lune. C'était faible et difficile à remarquer, mais Loreleï était tellement concentrée qu'elle avait repéré le mouvement.
Une sueur froide coula le long de sa nuque, et elle paniqua en imaginant un vigile de l'autre côté. Elle se releva sur un coude et crut reconnaître la chevelure sombre d'Aeden. Son cœur, soulagé, manqua un battement.
Le sang tambourina à l'intérieur de sa tête, elle prit une profonde inspiration pour se calmer. Tout de même fébrile, elle sortit de ses draps. Ses pieds nus effleurèrent à peine le sol tandis qu'elle se dirigeait vers la fenêtre. Un large sourire illumina son visage. Avec la neige qui couvrait la fenêtre de moitié et la tempête, il valait mieux ne pas se fier à sa vision. Pourtant elle en était sûre : c'était Aeden !
Elle paniqua un instant : et Cap ? Où était Cap ?! Et attendez : ils passaient par la fenêtre ?! Mais comment avec les barreaux ?! Et ce n'était pas risqué avec les caméras ?! Oh quoique, avec la coupure de courant elles étaient certainement éteintes. Mais pour combien de temps ?
La situation devait vraiment être spéciale pour qu'elle se mettre à réfléchir.
C'est alors qu'un coup, plus puissant que ceux qu'elle entendait depuis tout à l'heure, attira son attention. Elle crut voir une seconde silhouette. Yes, Cap était là !
Pour échanger avec eux, elle tambourina au carreau. C'est alors que la porte de la chambre s'ouvrit et que le faisceau puissant d'une lampe l'aveugla.

« Z01, l'interpella le garde, tu ne dors pas ?! »

Loreleï blêmit. Il ne fallait surtout pas qu'il voit ses deux sauveurs ! Elle devait faire en sorte qu'il dirige son faisceau lumineux à l'opposé de la vitre.
Bien nulle en improvisation et peu crédible, elle s'accroupit (comme ça il baissait déjà sa lampe ! ), positionna ses deux mains derrière ses oreilles comme elle l'avait appris en gym en sixième et exécuta une pirouette terriblement gauche. A vrai dire, elle s'échoua sur le côté lors de la réception.
Le garde la dévisageait, hébété.
Loreleï, elle, suait à grosses gouttes, et ce malgré le froid. C'était bien beau de divertir le garde, mais est-ce que Aeden et Cap avaient conscience de sa présence ? Que se passerait-il s'ils débarquaient dans sa chambre et étaient découverts?

« Z01, qu'est-ce que tu fous ?! »

Bah oui, du coup elle en profitait pour montrer ses prouesses gymnastiques. Elle tenta une roue pour atteindre la porte, les jambes si peu tendues qu'on avait plutôt l'impression que l'adolescente essayait de marcher sur les mains.
Et puis quand elle fut debout elle claqua la porte pour rester enfermée avec le garde, déjà essoufflée par ses piètres acrobaties. C'était une idée de merde parce qu'il faudrait peu de temps pour que les collègues rappliquent en voyant l'autre absent. Et puis il pouvait bien ouvrir la porte hein, il avait les clés ...
A court d'idées elle monta sur le lit, les poings en avant, les sourcils froncés, les jambes solidement ancrées sur le matelas instable. Le surveillant devait sûrement la croire en pleine crise de folie avec ses cheveux en pétards et l'encolure de son uniforme devenu trop grand qui dévoilait une épaule.

« Viens t'battre, mauviette ! »

Elle était le pirate de Cap. Elle était l'astronaute d'Aeden. Elle était le Caïd de l'Institut. Et elle le prouverait.


Plop plop:
oui désolée je fais déjà n'importe quoi, mais bon voilà Face With Tears of J




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W133
Jeu 25 Jan - 11:33

Aeden prit sur lui de s’éloigner de quelques mètre d’Alexander et de surveiller les environs pendant qu’il limait les barreaux. Si jamais quelqu’un arrivait, il devrait trouver un moyen qu’il ne s’approche pas de la fenêtre et qu’il ne voit pas son acolyte. Mais s’ils étaient pris à revers, il ne saurait pas faire grand-chose. Le froid intense lui brûlait le visage et rougissait ses joues. Il regardait nerveusement autour de lui, se mordillant l’intérieur de la lèvre, il venait à peine de quitter Alexander quand un bruit le fit sursauter et il tourna la tête. Il s’arrêta de bouger de longues secondes, sur le qui-vive. Il entraperçut quelques pâles raies de lampe de poche s’échapper de la vitre. Blêmit. Alexander risquait de se faire repérer. Il n’osait plus bouger, tous les muscles de son corps tendus. Il était loin de la fenêtre mais il avait le sentiment que s’il faisait un mouvement, ça pourrait attirer l’attention sur l’extérieur. Et ce n’était pas ce qu’il souhaitait. Il devait espérer que le garde ne tarde pas trop à partir.

Il s’approcha un peu et aperçut Alexander, un barreau en main, un éclat dans la vitre. Par une chance folle la vitre n’était pas brisée et le garde ne semblait pas s’en formaliser étant donné que la lumière diminuait un peu. Lore semblait s’agiter dans sa cellule. Le garçon était à peu près sûr qu’elle était en train de faire n’importe quoi. Il jeta un coup d’œil à sa vieille montre. S’il continuait à trainer de la sorte, il allait finir par tout foutre en l’air. Aeden avait le cœur au bord des lèvres. Il était à deux doigts d’exploser. Il n’avait JAMAIS rien fait de la sorte. Ni ça, ni piquer des bonbons dans les tiroirs malgré le faites qu’il sache pertinemment que sa mère ne les comptait pas, ni rien faire qui ne lui semble contraire à un quelconque règlement. Jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à ce qu’il aide quelqu’un à s’évader. Ils devaient encore scier les autres barreaux et fracturer la vitre. Sans compter qu’une fois qu’il l’aurait fait sortir, il faudrait se dépêcher de rejoindre le bateau avant que les caméras de surveillance ne s’activent. Il se demanda ce qu’il pouvait faire pour accélérer les choses mais rien de cohérent ne lui venait en tête.

Il aurait pu essayer de détourner l’attention des gardes dehors mais s’il signalait sa présence, les gardes risquaient de sortir et de tomber sur Alexander. Les plans de dernières minutes étaient certes les moins sûrs, mais ils étaient presque toujours nécessaires. De toute manière, tôt ou tard, un vigile sortirait dehors faire un petit tour. Neige ou panne de courant ne les arrêtait pas. Le but était de laisser le temps à Lore et Alexander de partir au bateau. Surtout qu’il était possible qu’ils partent tous les deux. Après tout, le garçon n’avait aucune vraie bonne raison de rester sans Lore. Si Aeden avait bien compris, c’était pour ça qu’il était ici. Il s’approcha prudemment d’Alexander, évitant de se rendre visible à la fenêtre et lui montra sa clé de maison du doigt. Il la posa près de la fenêtre, en évidence pour que le garçon puisse l’utiliser. Dans le plan c’était à lui de se charger de la fenêtre, comme il l’avait déjà fait une fois chez lui alors qu’il avait perdu les clés de sa maison mais il avait expliqué comment procéder au Génie. Il saurait bien se débrouiller. Il fit passer le message qu’il allait tenter une diversion en essayant de le signer de la manière la plus explicite possible.




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X111
Mer 31 Jan - 16:42
Le Génie était quelqu’un de poli. Peut-être de trop poli. Courtois jusqu’à l’extrême. Il ne jurait jamais. Mais là, ce « merde » lui avait échappé. Et finalement, il ne savait pas trop pourquoi il s’en formalisait puisqu’il était en train de faire quelque chose d’autrement plus grave que de lâcher une grossièreté. Peut-être était-ce tout simplement une façon pour lui de retrouver un semblant de normalité, à moins que ce ne soit à cause de la vague de cortisol qui déferlait actuellement dans son corps. L’hormone du stress. Vague qui venait de décupler à l’apparition de la lumière d’une lampe torche à l’intérieur de la cellule de sa sœur. D’après ce qu’il avait lu sur le sujet, une réaction psychologique normale face à un tel déluge hormonal pouvait être la production d’une action et/ou réflexion incongrues. Bref. A l’heure actuelle, le Génie serrait tellement les dents qu’il était probablement en train d’abîmer son émail de manière irréversible et ses muscles étaient tellement tendus et figés dans leurs mouvements qu’il était sur le point d’en avoir une crampe.
Il était absolument convaincu que Lore était en train de faire n’importe quoi. Cap essayait de lui envoyer un message télépathique « va te coucher, fais semblant de dormir, va te coucher » qu’il répétait comme un mantra, comme si ça pouvait avoir une quelconque influence sur le réel. C’était pathétique mais il se tut. De toute façon il ne pouvait rien faire d’autre et ce n’était pas le moment de se disputer. Rester immobile. Surtout, ne pas se faire repérer. Il resta accroupi comme statufié pendant quelques secondes. La lumière ne partait pas. Tant pis. Ils n’avaient pas le temps d’attendre qu’elle s’en aille, tout le reste du plan tomberait à l’eau si les caméras de sécurité se réenclenchaient avant qu’ils n’aient déguerpis. Il fallait suivre le plan à la lettre, c’était leur seule chance.
Il déposa donc le barreau qui avait entamé une couche du double vitrage de la fenêtre sur le sol et attaqua le second, en prenant soin cette fois, de l’empêcher de basculer contre la fenêtre. Ses sens exacerbés par l’adrénaline sentirent Aeden s’approcher malgré le froid qui lui brûlait chaque centimètre de peau dépassant de ses vêtements et le vent qui hurlait dans ses oreilles. Il fronça les sourcils en le voyant déposer ses clés bien en évidence face à lui, tout en lui mimant quelque chose comme quoi il allait tenter une diversion. Le Génie fronça les sourcils en formant une croix avec les mains. C’était une très mauvaise idée. Ca ne faisait pas partie du plan et il fallait suivre le plan. Aeden avait beau lui avoir expliqué comment fracturer la fenêtre, il ne l’avait jamais fait et vu les marges d’échec de leur plan, ils ne pouvaient pas se permettre une autre incertitude. Or il y avait tout de même un monde entre la théorie et la pratique. Ce n’était pas parce qu’il était capable de calculer la meilleure trajectoire possible pour faire un panier au basket et ce dans n’importe quelles circonstances qu’il savait jouer comme Mickael Jordan.
« Ou même mettre un panier tout court… » ajouta timidement Cap.
Le Génie préféra ne pas relever. Il était hors de question qu’Aeden s’en aille. Il prit donc le parti d’ajouter à son signe et à son froncement de sourcil l’articulation des mots suivants : « Non ! Il faut suivre le plan ! » Puis, certain qu’Aeden allait obtempérer face à son autorité naturelle, il reprit la lime en main et descella le second, cette fois-ci sans incident. Il le posa à côté du premier. La lumière dans la cellule avait disparue.
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Ven 2 Fév - 13:30
Loreleï était secouée à la fois par l'adrénaline et la peur. De son perchoir instable, elle affrontait le garde du regard. Elle voyait enfin la possibilité que leur plan échoue. Il suffisait d'un imprévu, de pas grand chose. Si Cap ou Aeden étaient juste en face elle aurait cessé de s'inquiéter parce qu'elle leur faisait assez confiance pour qu'ils réparent ses bêtises. Mais si c'était elle toute seule face à un problème, elle était certaine d'empirer la situation.
C'est alors que le pion saisit son talkie-walkie. Loreleï fut aussitôt comme électrisée. Si ses collègues rappliquaient, c'était foutu ! Elle, elle était déjà dans le pétrin mais s'ils tombaient sur ses complices...
Alors la bagarreuse qui était en elle prit le dessus. Ses réflexes de Caïd venaient la sauver. Elle retira sa chaussette, manquant de perdre l'équilibre, et fondit sur le surveillant avant qu'il n'ait le temps de parler pour lui enfoncer la chaussette dans la bouche.
Dans l'élan ils tombèrent à la renverse. La tête du surveillant claqua sur le sol et celle de Lore contre le torse de l'adulte. Ses lunettes craquèrent et, sonnée, Loreleï se releva. Ouf, sa branche de lunette était juste un peu bancal et...
Elle dévisagea le garde inconscient et blêmit. Oh non, non, non, non !

« Monsieur ? », l'appela-t-elle d'une petite voix.

Elle lui pinça la joue puis, d'une main tremblante, tâta son pouls au niveau de la nuque. Elle poussa un soupir rassuré : il avait juste perdu connaissance. Mais le soulagement fut de courte durée ! Il fallait qu'elle se dépêche car elle ne savait pas quand le surveillant reviendrait à lui, ni quand les collègues rappliqueraient en remarquant son  absence.
Elle se releva, fébrile. Elle avait la chair de poule et le souffle court.
Le type avait laissé tombé la lampe qui s'était éteinte. Loreleï la chercha à tâtons avant de la trouver. Elle la coinça dans l'élastique de son pantalon avant de pousser sa table de chevet sous la fenêtre. Elle s'agenouilla dessus. Ses yeux étaient à la bonne hauteur pour qu'elle voit au delà du tapis de neige. Elle distingua une paire de mains et vit le dernier barreau céder.
Toute excitée, et légèrement angoissée, elle donna quelques coups dans la vitre avant de hausser la voix:

« Cap ! Aeden ! Je suis là ! »

Elle s'abstint de leur parler de son incident. Un large sourire barrait son visage tandis qu'elle continuait d'essayer d'ouvrir la fenêtre.




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Jeu 15 Fév - 1:19

Le Génie était clair. Aeden se sentait stupide. La panique avait un effet surprenant sur lui. Peut-être qu’il n’était pas fait pour l’adrénaline. Heureusement qu’Alexander était là pour superviser et lui remettre les idées en place. Il n’y avait pas moyen d’improviser une diversion. Il devait compter sur Lore pour se débrouiller. Il se sentait comme un enfant. Il reprit ces clés, enfonçant sa tête dans son écharpe comme pour masquer la rougeur qui lui montait aux joues. Mais vu le froid, ce n’était probablement pas nécessaire.
Il jeta un regard autour d’eux, conscient qu’il était supposé surveillé les environs. Les gardes de l’Institut semblait persuadé que personne ne trainait dehors, ce qui pour le coup, était censé être logique. Il frissonna. Il redoutait le moment où il devrait passer son pull et son écharpe à Lore pour qu’elle n’attrape pas froid. Mais d’un autre côté, lorsqu’il se mettrait en route pour le port, Aeden aurait plus chaud. Le problème venait bien de la position statique.

Lorsqu’Alexander en eut terminé avec les barreaux, Aeden se rapprocha. A la vitre, plus de lumière. Mais dans la pénombre de la cellule, il pouvait voir le visage de Lore. Elle toqua à la vitre et sembla articuler de l’autre côté de cette dernière. Le surdoué lui fit un petit signe amical et lui adressa un sourire malgré le stress qui lui étreignait l’estomac. C’était à lui de jouer. Il devait essayer de forcer la vitre. S’il n’y parvenait pas, il serait obligé de la briser. Hors, ça ferait du bruit et il risquait de se faire repérer. Pas de l’extérieur, surtout avec ce vent, mais de l’intérieur. Il s’accroupit devant la vitre, posant ces genoux sur la neige.

La fenêtre n’avait plus de poignée. Cette dernière avait été enlevé et remplacer par une plaquette vissée, qui ne permettait pas de l’ouvrir. Aeden sortit de sa poche les clés de sa maison. Personne ne les lui avait confisqué lors de son arrivée car à part leur inutilités, elles n’étaient ni un risque pour lui, ni pour l’Institut. Il ne s’agissait pas d’un objet tranchant où autre. Le garçon savait comment forcer une fenêtre, non pas parce qu’il était cambrioleur mais parce qu’il s’était retrouvé enfermé hors de sa maison sans les clés. Il avait dû demander un tournevis à un de ses voisins pour pouvoir débloquer sa fenêtre et récupérer ces clés. Ici il n’avait évidemment pas de tournevis mais ces clés devraient tenir le choc. Il n’aurait pas un très grand levier pour agir par contre, il devrait y mettre un peu plus de force, pas trop pour ne pas casser sa clé. Mais ici, la fenêtre était vétuste, contrairement à celle des dortoirs. Il devait donc se servir de l’objet comme d’un levier. Il s’appliqua avec concentration. Il repoussa sur le côté la gâche coulissante, la fenêtre sauta hors de guide et il put l’ouvrir, après un effort intense pour donner la force nécessaire à ces clés. C’était un soulagement. S’il avait dû briser la vitre, ou si ça n’avait pas fonctionné, il aurait fait tout ça pour rien. Il était surpris d’y être parvenu. C’était une grande première.





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Jeu 1 Mar - 20:51
Le dernier barreau céda enfin dans un râle d'agonie. Au même moment, le Génie distingua le visage de sa soeur se dessiner dans l'encadrement de fenêtre. Un léger soupir s'échappa de ses lèvres. Au moins, elle était encore là, elle avait dû finalement gérer l'imprévu toute seule. Mais il préférait ne pas savoir comment. Cependant il grinça des dents en la voyant articuler quelques mots. Avec le vent et la vitre, il n'avait rien entendu mais la connaissant, elle avait dû faire un potin d'enfer à l'intérieur ! Il plaça un doigt sur ses lèvres pour lui faire signe de se taire avant de se décaler pour céder la place à Aeden. C'était à son tour d'entrer en action. Il se mit un peu à l'écart, jetant un dernier coup d'oeil aux alentours pour vérifier que personne n'approchait avant de se retirer des commandes de leur corps, cédant la place à Cap.
Lorsque la fenêtre céda dans un craquement relativement discret, celui-ci prit le temps de poser une main sur l'épaule d'Aeden et de lui adresser un sourire pour le féliciter même s'il n'avait qu'une envie : passer à l'étape suivante. Il ouvrit la fenêtre et tendit les mains à travers l'encadrement. Il espérait que Lore n'aurait pas trop de difficultés à passer parce qu'il détestait l'idée d'avoir à tirer et de lui causer des blessures, même si elle ne les sentait pas.
Le contact de ses petites mains chaudes dans les siennes lui fit immédiatement oublier les conditions climatiques, le danger, le stress, la peur, tout ! La seule chose qui importait à présent, c'était de réduire le laps de temps entre le moment où il n'y avait que ces deux mains et l'instant où il pourrait la serrer tout entier contre lui. Son coeur se mit à battre plus fort, son souffle s'accéléra. Il inspira à fond et commença à la hisser. Le Génie, lui, retenait mentalement sa respiration, priant pour qu'il ne se soit pas trompé et que l'ouverture soit suffisamment grande pour la laisser passer. Parce que si elle était maigrichonne, la fenêtre était des plus étroites. Alors pour passer le temps et faire redescendre son taux de cortisol, il décida de penser à autre chose et se mit à réciter ses tables de multiplications.
Les chiffres défilaient dans son esprit plus vite que les centimètres que gagnait Lore à travers la fenêtre.C'était lent, désespérément lent. Sa tignasse était passée sans encombre mais c'était une autre histoire pour ses épaules. Cap l'encourageait à voix basse.

- Allez, on va y arriver, on va y arriver !

Le Génie reprit ses opérations pour s'éviter de songer à se qui se passerait si jamais quelqu'un déboulait dans la pièce et voyait deux petites jambes s'agiter dans le vide dans l'encadrement de fenêtre. Ou pire, si les caméras se remettaient en route avant qu'ils ne soient partis.
"Il faudrait accélérer le mouvement Cap."
"J'ai peur de lui faire mal..."
"Tu ne peux pas lui faire mal."
"J'peux la blesser quand même"
"On en a déjà parlé. Ce sera pire si elle reste là ou si on se fait prendre."
Alors Cap serra les dents.

- Je vais devoir tirer un peu plus fort Lore, ça va aller ?

Il guetta sa réponse, le visage inquiet, puis il tira d'un coup sec. Les épaules de la jeune fille avancèrent d'un cran avec un bruit qui le fit grimacer. Il espérait qu'elle n'avait rien de cassé.
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Ven 9 Mar - 12:43
Il y eut une bourrasque soudaine. Un vent glacial décoiffa Loreleï qui ferma les yeux afin de se protéger de l'agression. Il faisait donc si froid dehors ? Comment Cap et Aeden arrivaient-ils à tenir ? Elle grelotta, déjà frigorifiée alors que son corps était encore à l'intérieur de la pièce. Elle tendit sa main à l'extérieur mais la rabattit aussitôt, gelée jusqu'aux os. Sa peau avait rougi. Elle nota que ce réflexe était bizarre ... Après tout, elle n'avait pas eu mal. Peut-être que son corps avait enfin associé la sensation du froid à quelque chose de potentiellement dangereux.
Elle hésitait avant d'entendre de l'agitation dans le couloir. Elle se raidit. Putain. Les autres surveillants devaient avoir remarqué l'absence de leur collègue.
Ni une, ni deux, elle se hissa encore plus et tendit avec impatience ses bras. Ses petites mains furent attrapées par d'autres. Elle aurait reconnu les mains de son frère entre milles. Le nombre de fois qu'elles l'avaient portée, qu'elles avaient été là pour elle. Elle ne comptait plus ces fois où il lui avait pris la main avant de traverser, ou pour l'aider à se relever. Elle lui en devait vraiment une.
Elle se sentit amenée vers l'avant. Sa tête passa et sa crinière châtain vola dans tous les sens. Entre ça et le blizzard sur ses verres de lunette, elle avait de quoi devenir aveugle.
Son coeur battait la chamade quand elle se retrouva bloquée. Oh non ! Ses épaules ne passaient pas ! Et la pression des gardes... Ils avaient perdu trop de temps ! Elle avait bien trop déconné !

« Allez, on va y arriver, on va y arriver ! »

Les encouragements de Cap avaient beau réchauffer Lore, ils n'aidaient pas pour autant. Loreleï avait les pieds dans le vide et les battaient tant bien que mal, en vain. Elle chercha un appui sur le mur, mais toujours rien. Elle sentit que ses muscles s'étirer, et elle devina que ce n'était pas bon signe.

« Je vais devoir tirer un peu plus fort Lore, ça va aller ? »
« Y'a intérêt à ce que tu tires plus fort ! » haussa-t-elle la voix, paniquée.

A cet instant elle se laissa légèrement descendre pour que ses orteils retrouvent la chaise, inspira profondément, et d'un coup sec se donna l'élan nécessaire pour laisser passer ses épaules. Cette puissance éphémère et l'aide de Cap avaient suffit ! Bon, ses épaules allaient avoir de sacrés bleus, mais elle n'était pas à ça près.
Le reste fut plus facile. Sa taille s'était resserrée et la peau de ses cuisses épousaient ses os. Il suffisait de gesticuler un peu, tel un ver de terre, toujours aidée par son frère, pour sortir.
Une fois dehors elle tomba à plat ventre dans la neige, laissant l'empreinte de son corps. C'était doux, comme une couverture froide pour la rafraîchir après tant d'efforts. Elle s'autorisa cinq secondes d'abandon, le souffle coupé, la tête vide. Elle avait perdu sa lampe, cette dernière n'ayant pas passée la fenêtre. Elle était sûrement tombée et donc était restée dans la chambre. Tant pis.
Puis, quand elle eut envie de bouger, elle releva la tête. Elle avait de la neige plein les verres, alors elle les ôta. Même avec une vision brouillée elle les reconnaissait. Elle les dévisagea, le souffle court. Et puis après un long silence, inhabituel chez elle, elle se releva subitement et se jeta au cou des deux garçons, les enlaçant tous les deux.

« Vous m'avez trop manqué ! », s'exclama-t-elle avec des trémolos dans la voix.

Elle renifla, émue. Elle avait la sensation d'être enfin libre. Elle avait comme un radiateur dans le ventre qui la faisait respirer de nouveau. Fini d'étouffer. Elle aurait bien pleuré d'émotions mais elle ne voulait pas paraître pour une pleurnicharde.
Elle resta alors un long moment comme ça, à les serrer dans les bras, trop heureuse pour les lâcher tous les deux.




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Lun 12 Mar - 1:35

Alexander prit la peine de féliciter sobrement le garçon. C’était classe quand on savait qu’il s’apprêtait à retrouver sa petite sœur. Il pensait vraiment à tout. Et aux autres. Le garçon se rendait compte à quel point il était devenu complices au fil de leurs longues discussions ou lorsqu’il préparait le plan d’évasion. A vrai dire, le Génie était son premier vrai ami. Et Cap était un gars adorable. Ce dernier se pencha pour attraper les mains de Lore. Il fallait maintenant qu’elle passe la porte. Le surdoué se crispa. Ils avaient misés sur sa fine carrure et sa petite taille. Elle aurait du mal à passer, mais ils y parviendraient.
Il serrait les poings, observant la lente progression. Il devait se dépêcher. Il ne leur restait pas beaucoup de temps avant que l’électricité et l’alarme ne se remette en route. Une petite voix lui soufflait qu’il ne lui restait plus assez de temps mais il l’ignora. Après tout ce qu’il avait accompli, il était hors de question de renoncer maintenant. De toute manière, il était trop tard pour reculer. Ils ne pouvaient plus faire marchent arrière. Elle devait passer.

- Je vais devoir tirer un peu plus fort Lore, ça va aller ?
« Y'a intérêt à ce que tu tires plus fort ! »

Malgré le bruit du vent, Aeden était presque certain d’avoir entendu un bruit sinistre. S’ils lui avaient cassés quelques choses, le trajet en bateau serait plus long que jamais. Cela ne refroidissait pas la jeune fille qui se tortillait pour se dégager. Le surdoué, lui, entreprit d’enlever sa veste, se rapprochant à nouveau. Il avait pris soin de la piquer à un de ces camarades de couloir. En dessous, il avait un pull sobre, de couleur claire. Certes, il risquait d’avoir un peu moins chaud, mais il ne mourrait pas de froid. Lore semblait à bout de souffle, étalée dans la neige. L’effort pour passer par cette fenêtre avait été intense. Lorsqu’elle se releva enfin, elle se jeta dans nos bras. L’émotion était palpable. Même Aeden s’accorda quelques secondes de répit, durant lesquelles il ne compta pas le temps qui s’écoulait indubitablement.

« Vous m'avez trop manqué ! »

Il aurait voulu dire qu’elle lui avait manqué aussi mais il savait que s’il l’ouvrait, il allait se mettre à pleurer. Tout était trop intense. Cette évasion, ces retrouvailles, les yeux de Lore. Ce qu’il pouvait lire dans ses yeux étaient tellement… Il laissa s’échapper une larme au coin de l’œil. Il respira fort comme pour évacuer le gonflement qu’il ressentait dans la poitrine. Il ne devait pas se mettre dans cet état maintenant. Ils avaient encore un sacré défi à relever. Il se contenta de la serrer dans ses bras. Puis il s’écarta, termina d’enlever sa veste et la tendis à Lore.

- Il faut pas qu’on traine. On doit encore rejoindre le bateau.


Aeden remonta sa tirette cachant en partie le bas de son visage et mit sa capuche. Hors de question qu’on puisse le reconnaitre si les caméras se remettaient en route. Il jeta un regard entendu à Alexander. Ils savaient qu’ils devaient se dépêcher. Ils avaient déjà perdus trop de temps… Une main surgit soudainement de la fenêtre, tentant d’agripper la jambe d’un des trois jeunes, effleurant celle du surdoué. Un garde en colère se tenait sur l’armoire et s’agitait. Aeden ne put s’empêcher de pousser un petit cri de surprise. Merde. Ils étaient dans la merde. Ils devaient se grouiller. Sans avoir besoin de dire quoi que ce soit, ni de réfléchir, les trois jeunes détalèrent en direction de la côte. Une petite voix continuait de marteler dans ses oreilles que le plan ne prévoyait pas ce genre d’incident. Qu’ils s’en éloignaient un peu plus chaque secondes.





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X111
Lun 19 Mar - 16:08
Cap accueillit sa sœur dans ses bras comme s’il allait y recevoir la chose la plus précieuse et la plus fragile du monde. Il l’étreignit avec une force mesurée et retenue, comme s’il voulait lui montrer toute la force de son amour mais qu’il avait peur du lui faire plus de mal qu’il ne lui avait déjà fait.

- Vous m'avez trop manqué !

Il voulait lui répondre tant de choses qu’il ne savait pas pour se commencer. Les mots, les idées et les émotions se mélangeaient tellement dans sa tête que même le Génie s’en retrouva étourdi, assommé par des informations parfois contradictoires, si puissantes qu’elles dépassaient du seuil de la cabane de Cap. Il y avait de l’amour, du soulagement, de la peur, de la culpabilité aussi, à la fois à l’idée de l’avoir laissée aussi longtemps toute seule et de lui avoir probablement démis les deux clavicules… La droite en particulier avait pris une allure étrange mais la petite ne semblait pas s’en rendre compte. Cap ouvrit la bouche à plusieurs reprises mais aucun son n’en sortit. Il se retrouvait tout à fait incapable de s’exprimer, rendu muet par le déluge qui s’abattait dans son esprit. Alors il se contenta de la serrer un peu plus fort contre lui, toujours en faisant très attention à ne pas la blesser davantage. Et il lui semblait qu’elle n’avait jamais été si frêle qu’à présent. Il avait envie d’en rire et d’en pleurer en même temps. Mais il se retint avec peine. Il avait un standing de grand frère cool à tenir.
Puis Aeden s’écarta légèrement, tendant sa veste à Lore comme prévu. Cap espérait qu’il n’allait pas avoir trop froid.

- Il faut pas qu’on traine. On doit encore rejoindre le bateau.

Il avait raison. Si les caméras se mettaient en route avant qu’ils n’aient déguerpi, ils seraient dans un sacré pétrin. Alors il lui adressa un hochement de tête entendu avant de prendre sa sœur vers la forêt brûlée. Ce fut probablement le geste qui la sauva. Un centième de seconde de plus à rester au même endroit et une main saisissait la cheville de Lore qui, de ce fait, au lieu de cela, dut se contenter d’effleurer celle d’Aeden, le faisant brusquement changer de couleur. Aucun des trois n’hésita un seul instant. Cap agrippa le poignet de sa sœur et ils détalèrent comme des lapins en pleine saison de chasse, sous les hurlements furieux des vigiles, disséminés aux quatre vents.
L’adrénaline avait un effet visible sur le garçon. Il volait presque au-dessus des obstacles, courant comme il n’avait jamais couru auparavant. Il traînait sa sœur à sa suite, jetant régulièrement des regards en arrière pour voir si Aeden suivait et s’ils étaient poursuivis. Par chance, aucune silhouette n’était visible à la ronde et la tempête de neige effaçait au fur et à mesure leurs traces de pas, les rendant impossible à suivre. Cap prit donc le risque de ralentir l’allure, jusqu’à presque s’arrêter. Les mains sur les cuisses, il réalisa soudain qu’il était essoufflé.
La main devant les yeux, il chercha un point de repère. Quelques semaines plus tôt, il était venu cacher un fil d’Ariane au pied dans gros rocher pour qu’ils puissent retrouver le chemin du port sans encombre malgré la tempête. Il avait calculé le nombre de pas pour aller jusqu’à lui et il lui semblait qu’ils étaient au bon endroit mais avec cette course effrénée, il n’en était pas si sûr. Cette étendue blanche pouvait être la même n’importe où.

- Cherchez un gros rocher, y a un’corde en d’ssous qui nous conduira jusqu’au port ! Cria-t-il, les mains en porte-voix autour de sa bouche pour se faire comprendre dans les hurlements du vent

Il se mit lui-même à chercher, les mains directement dans la neige avant de préciser.

- Et on s’éloigne pas trop hein ? Faut rester ensemble !

Pendant ce temps, dans leur tête, le Génie continuait à réciter ses tables de multiplications – il était déjà arrivé à la table de 75 – mais cela ne suffisait plus. Il était au bord de la crise d’angoisse. Tout ça n’était pas prévu dans le plan ! Le plan, il fallait absolument respecter le plan ! Il avait minuté chaque étape à la seconde près mais ils passaient leur temps à perdre du temps, et plus ils perdaient du temps plus ils s’éloignaient du plan et plus ils s’éloignaient du plan plus leurs chances de réussite s’amenuisaient.
« On ne va pas y arriver, Cap, on ne va pas y arriver » Répétait-il entre deux multiplications, la voix sombre et assourdie par l’angoisse.
« Bien sûr que si on va y arriver ! On doit y arriver, on n’a pas le choix ! »
Il jeta un œil à Lore qui fouillait également la neige. Ils devaient y arriver. Ils n’avaient pas le choix. Parce qu’il n’osait pas imaginer les conséquences pour elle si jamais ils venaient à échouer.
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Mar 20 Mar - 20:36
Loreleï serait restée des heures dans les bras des deux garçons. Ils étaient une barrière à la tempête. Elle pouvait cacher son nez gelé sous l'aisselle d'Aeden et réchauffer sa main frigorifiée dans celle de Cap. Mais même sans parler de la météo, il était tellement agréable d'être là, tout contre eux. Elle avait oublié à quel point les câlins avaient un effet thérapeutique sur elle. Soudainement elle oublia la pression, le stress, la façon dont elle avait été traitée ces dernières semaines. Elle oublia qu'elle ne pouvait pas ressentir la douleur. Elle oublia qu'elle avait sûrement déçu ses pères. Elle oublia le tir d'Ange Bananabile dans sa main, un cercle blanchâtre sur sa peau rappelant son passage. Elle oublia qu'elle avait eu peur pour la première fois depuis longtemps.
On effaçait les mauvaises ondes, et d'un coup il y avait des arc-en-ciel et des paillettes.
Il fallut que l'adolescente renifle bruyamment pour s'empêcher de fondre en larmes. C'était difficile parce que tout ceci était bien trop émouvant. Eux trois, respirant à l'unisson. Parce que c'était exactement ce que c'était : eux trois contre eux tous.
Aeden fut le premier à rompre l'étreinte. Loreleï garda néanmoins encore un contact avec lui, ses doigts frôlant les siens. Jusqu'à ce que le toucher s'épuise. L'adolescente afficha une mine boudeuse mais se ressaisit bien vite quand son camarade (ou même ami en fait) lui tendit une veste.

« Il faut pas qu’on traine. On doit encore rejoindre le bateau. »

Cette phrase fut comme un coup de jus pour la binoclarde. Toute l'adrénaline retombée revint alimenter son corps. Elle hocha alors vigoureusement de la tête. Elle avait encore de l'énergie, elle avait encore l'envie, et elle avait encore l'espoir.
Elle remonta la fermeture éclair jusqu'à son cou, heurtant au passage sa clavicule ; ce qui lui semblait bizarre parce qu'elle ne la sentait jamais d'habitude... Bof, elle devait être plus maigre qu'elle ne le croyait.
Ce fut à cet instant qu'un cri suraigu lui déchira les tympans. Mais elle eut à peine le temps de l'entendre que Cap la tira vers elle avec brutalité.

« Cap qu'est-ce que tu fo...»,
voulut s'écrier le Caïd.

Mais elle fut coupée dans sa phrase alors qu'on la forçait à courir loin du bâtiment. Dans l'élan elle perdit sa paire de lunettes ( et c'était peut-être mieux parce qu'avec la tempête elle n'y voyait rien) et elle ne sut quel danger les avait menacés sur l'instant. Elle voulut poser des questions mais Cap ne la lâchait pas et le hurlement de surprise ou de peur d'Aeden avait suffit à l'affoler.
La poudreuse et le vent ralentissaient leur course effrénée. Loreleï avait les jambes en feu, le souffle court, et un incendie dans la cage thoracique. Mais elle ne put s'empêcher d'éclater de rire, la tête rejetée en arrière. Un rire de délivrance étouffé par le vent. Merde, elle ressentait enfin quelque chose. Pour la première fois depuis longtemps elle éprouvait des sensations. Elle n'était pas morte ! Elle n'était pas vide ! Elle était belle et bien vivante, putain !

« Cherchez un gros rocher, y a un’corde en d’ssous qui nous conduira jusqu’au port ! », leur ordonna Cap quand ils s'arrêtèrent.

Elle avait gardé sa main dans celle de son frère, ses petits doigts perdus dans les siens. Elle voulait essayer de le voir de plus près. Il avait l'air changé. Il avait l'air ... plus mature. Plus épuisé aussi, mais plus mature. Mais bon, elle ne pouvait rien affirmer sans ses lorgnons.
Elle tourna le visage vers Aeden aussi. Elle ne le connaissait que depuis très peu de temps donc elle ne pouvait pas le juger, mais elle eut comme une claque en croisant ses yeux verts. Elle se souvint à quel point elle adorait se plonger dans la rareté de cette couleur. A quel point c'était bon d'avoir un ami. Un ami comme lui.
Sa main perdit celle de son frère quand il se mit à chercher en leur disant de ne pas trop s'éloigner les uns des autres.
Loreleï s'exécuta aussi. Les mains dans le tapis blanc, elle farfouilla à la recherche d'une corde. Ce fut seulement quand elle les ressortit et qu'elle constata à quel point elles étaient rouges qu'elle se dit que ça devait faire un moment qu'ils cherchaient.
Elle se laissa tomber dans la neige dans un soupir, en position assise. Elle leva le nez vers le ciel, contemplative. Elle ne le voyait pas. Pas encore.

« On va jamais trouver ta corde, autant chercher une aiguille ou je ne sais plus trop quoi dans une meule de foin. Ou une motte de foin. Enfin bref, tu m'as comprise.»


Elle se releva et plissa les paupières, sondant les horizons. Elle s'essuya le front, les joues, la bouche, mais les particules blanches venaient quand même se déposer sur son visage. Merde. Où étaient-il? Elle connaissait bien l'Institut maintenant, elle pouvait peut-être se repérer ? Et puis, avec ses sorties de la semaine, elle avait appris à observer les alentours. Elle n'avait eu que ça à faire de toute façon puisque les surveillants étaient aussi bavards qu'une porte de prison. Autant faire la conversation à un mur avec eux.
Bref.
Elle regarda derrière elle. Ils viendrait de par-là ? Elle ne pouvait même pas se fier aux empreintes...
Tant pis, elle le ferait à l'instinct. Ça avait plutôt bien fonctionné jusque là, non ?
Droite comme un i, la neige lui arrivant aux mollets, la danse du vent dans les cheveux, elle regardait une direction. Elle était mauvaise en maths, en français, en langues, mais elle avait toujours géré en sport. Et les courses d'orientation ça avait toujours été son truc.
Elle pointa du doigt la direction opposée à celle d'où ils étaient supposés être venus et éleva la voix pour que ses deux compagnons l'entendent :

« Abandonnons cette foutue corde et allons par-là. Je pense que c'est la forêt brûlée. A partir de là on pourra s'repérer. »

Elle se tourna vers ses camarades. De Cap, elle ne distinguait qu'une vague silhouette. En revanche Aeden était plutôt proche d'elle, alors elle espéra qu'il capta le sourire confiant et sincère qu'elle lui fit.
Elle avait confiance en elle.
Elle avait confiance en eux.
Elle faisait confiance au plan.
Pour l'instant, ils s'en sortaient plutôt bien.




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W133
Dim 25 Mar - 16:06
Aeden suivait Alexander et Lore, prenant soin de jeter de temps à autre un coup d’œil par-dessus son épaule. Son cœur battait à mille à l’heure. Il avait l’impression qu’il n’allait pas savoir l’arrêter. S’il se faisait prendre maintenant… il repoussa cette idée. Les pas… le surdoué était certain que malgré tout le savoir-faire du Génie, ce dernier n’était pas capable de calculer ces pas en courant et de les réadapter à une marche moins frénétique. Il était supposé rejoindre les gros rochers…mais avec la neige, tout devenait très homogène autour de lui. Des arbres, des pentes,… impossible de se repérer. Ils s’arrêtèrent et Cap leur cria de chercher les gros rochers et la corde.
Il tourna sur lui-même pour essayer de se repérer. Impossible. Cap cherchait déjà dans la neige et Lore aussi. Un sentiment de panique monta en lui. Il cherchait une corde au milieu d’une étendue blanche. Il pouvait très bien chercher à 1m de la dite corde sans jamais la trouver. Statistiquement… le courant serait déjà rétabli. Mais rien ne servait de courir dans tous les sens. Il devait rester calme.
Il plongea à son tour les mains dans la neige, conscient que ne rien faire était encore pire que de mal faire. Il jetait des coups d’œil inquiet autour de lui, pour repérer ces confrères et noter qu’il n’y avait personne en vue. Il faisait froid. La morsure sur ces mains était si terrible qu’il avait du mal à les replonger dans la neige. Il ne pouvait s’empêcher de claquer des dents, l’adrénaline de la course étant redescendue. Il crut une seconde qu’il l’avait trouvé. Qu’il avait la corde. Mais ce n’était pas ça. Il se sentit désespéré. Jeta un coup d’œil en direction de ces complices. S’ils n’y parvenaient pas… Il n’arrivait pas à imaginer les conséquences de ces actes. Pour Alexander et lui, c’était la descente au sous-sol à coup sûr. Pour Lore… Est-ce qu’il y avait pire qu’être au sous-sol ? Impossible à dire. Il sentait la panique et la pression monter en lui. Il n’allait pas y arriver. Leurs chances ne cessaient de s’amenuiser. Ce qu’ils avaient essayé d’entreprendre… ce n’était pas possible. Le vent soufflait si fort qu’il eut du mal à entendre la voix fluette de Lore s’élever :

« Abandonnons cette foutue corde et allons par-là. Je pense que c'est la forêt brûlée. A partir de là on pourra s'repérer. »


Je pense…. On aurait dit le jeune garçon qui plus tôt dans la soirée avait failli improviser au risque de ne pas savoir exécuter le plan correctement. C’était trop dangereux. S’ils se perdaient sur l’île, ils n’en sortiraient pas. Aucuns d’eux. Son sourire confiant ébranla tout de même ces pensées. Non. Il devait résister à la panique. Ne pas prendre de décision sans être sûr de ce qu’ils faisaient.

- Non…


Un bourdonnement interrompit les paroles et les pensées du garçon. Il n’aurait su dire de quelle direction cela venait. Il ne parvenait même plus à paniquer. Il arrivait à un stade où il ne pouvait plus que se regarder de l’extérieur, incapable de prendre de décision rationnelle. Le courant. C’était forcément le courant. Il savait que le Génie aurait du mal à accepter le changement de plan. Mais ils n’avaient pas le temps. Ils n’avaient plus le temps. S’ils ne trouvaient pas le chemin vers le port maintenant, ils n’avaient plus aucune chance de l’atteindre avant d’être retrouvés. Il n’y avait plus de temps à perdre.

Il y avait autre chose qui commençait à miner le garçon. S’il était prévu de faire évader Lore, et peut-être Alexander s’il trouvait un moyen de se planquer sur le bateau, lui avait décidé qu’il resterait. Il ne voulait pas contrarier sa famille, et savait qu’il finirait par sortir. Quitter l’île comme un fuyard était plus risqué pour lui que de rester. Sauf qu’ici, avec le courant, il serait bien plus difficile de retourner dans sa chambre sans être vu. Lore le regardait toujours, attendant sa réponse, le regard vif et embrasé. Il l’observa, puis observa Alexander :

- Vous avez entendus ?


Sachant que le Génie allait perdre les pédales s’ils changeaient de plan, il fallait qu’il soit sur que Cap saurait quoi faire. Parce que lui-même était un peu largué. Alors. Chercher au risque d’être pris ou essayer de trouver son chemin au risque de se tromper ? Aucuns des deux choix n’enchantaient le surdoué. Incapable de faire un choix, il s'en referait à Alexander.

- Alexander ? On n’a pas trop le choix…






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X111
Mer 28 Mar - 15:01
Cap ignorait depuis combien de temps ils cherchaient cette foutue corde. Il ignorait copieusement le Génie qui lui répétait en boucle que ça ne servait à rien, que si ça se trouvait, ils ne cherchaient même pas au bon endroit. Parce que de toute façon, ils ne pouvaient plus faire demi-tour. Ce n’était pas comme s’ils pouvaient ramener Lore dans son sous-sol, demander pardon et retourner dans leurs chambres avec Aeden en espérant ne pas être privé de dessert trop longtemps, non. Parce qu’il savait très bien que ça ne se passerait pas comme ça. Et s’ils perdaient espoir, alors il ne leur restait qu’à s’asseoir dans la neige et attendre de mourir d’hypothermie, ce qui serait probablement le mieux qui pourrait leur arriver s’ils n’arrivaient pas à s’échapper d’ici.
Il se redressa quelques instants pour vérifier que Lore et Aeden étaient toujours dans son champ de vision et essayer de réchauffer un tant soit peu ses mains gelées. Il avait la conviction que d’ici peu, ses doigts allaient tomber mais il fallait continuer à chercher.

- On va jamais trouver ta corde, autant chercher une aiguille ou je ne sais plus trop quoi dans une meule de foin. Ou une motte de foin. Enfin bref, tu m'as comprise.

Cap ne répondit pas. Il savait qu’elle avait raison mais il refusait d’y croire.

- Abandonnons cette foutue corde et allons par-là. Je pense que c'est la forêt brûlée. A partir de là on pourra s'repérer.

Il serra les dents. Le Génie était sur le point de vriller dans sa tête. Ils s’éloignaient encore du plan. De son sacro-saint plan. Et ça commençait à lui causer à lui aussi une migraine effroyable, sans compter qu’il commençait à le contaminer avec son défaitisme.

- Non…

C’est du moins ce qu’il avait cru entendre venant d’Aeden avant qu’un bourdonnement sourd commence à se manifester. Il tendit l’oreille, intrigué, ne saisissant pas tout de suite ce que c’était.
« L’électricité ! L’électricité ! » Hurlait le Génie, désormais complètement paniqué.

- Vous avez entendus ? Alexander ? On n’a pas trop le choix…


Cap croisa le regard franc d’Aeden et de sa sœur. Il ne savait pas trop à qui le garçon s’adressait, de lui ou du Génie mais il avait raison. Le regard perdu, contrarié, il s’apprêtait à hocher affirmativement la tête lorsque le Génie arriva au point de rupture.
Alexander fléchit, s’écroulant dans la neige, la tête entre les mains. La douleur… Son cerveau il… Des tremblements, qui cette fois n’étaient pas dus au froid le secouèrent. Il serrait ses mains autour de son crâne comme si son contenu risquait de s’en échapper et ce n’était pas tout à fait faux. Un crissement sourd et aigu, comme des ongles sur un tableau noir, résonnait dans sa tête, il avait l’impression que chaque neurone se liquéfiait et une terreur irrépressible s’emparait de lui. Le Génie, lui qui était d’ordinaire si calme et posé, avait perdu les pédales.

- Calme-toi bordel ! Calme-toi !

Cap ne réalisa même pas qu’il avait hurlé à voix haute.
Puis, doucement, comme on se réveille d’un cauchemar, les symptômes commencèrent à refluer tandis qu’il continuait à répéter en boucle « calme-toi, calme-toi, calme-toi ». Le Génie s’était enfermé dans son antre. Il fallait qu’il se reprenne. Il n’avait pas le temps de vérifier comment le Génie se portait. Il n’avait pas le temps de chercher à comprendre, pas le temps d’essayer de s’en remettre, il fallait qu’ils bougent. Vite.
Il releva la tête, chercha les yeux d’Aeden et évitant copieusement ceux de sa sœur, qu’il n’aurait su croiser en ayant donné une telle preuve de faiblesse. Les siens étaient encore emplis d’une angoisse difficilement réprimée.

- On bouge. Murmura-t-il.

Avec le vent, il ne savait pas si on l’avait entendu mais il espérait que c’était le cas parce qu’en l’état, il était incapable de parler plus fort.
Il tenta de se lever mais ses jambes se dérobèrent sous lui, ses forces étant complètement épuisées par cette courte mais intense attaque de panique qu’il venait de subir, même si c’était plus celle du Génie que réellement la sienne. Mais elle avait été si puissante que même lui en avait été bouleversé.
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Sam 31 Mar - 22:02
Loreleï avait les paupières plissées, scrutant le même horizon depuis tout à l'heure. Elle était persuadée que c'était l'ancienne forêt, que c'était le chemin à prendre. Actuellement sa vue lui faisait défaut, ses os se fragilisaient, son corps froid la lâchait, mais son instinct était toujours brûlant. Il y avait cette boule ardente dans sa poitrine qui ne faisait que croître. Alimentée par un espoir désespéré, cette chaleur irradiait l'adolescente, comme pour lui souffler l'énergie nécessaire pour continuer.
C'est alors qu'un drôle de bourdonnement lui ouvrit le visage de surprise. Elle leva la tête, puis regarda derrière elle, se demandant d'où pouvait bien venir ce bruit. Elle voulut l'associer à quelque chose mais ne trouva rien. Ses viscères se tordirent dans tous les sens à l'intérieur. Merde, elle commençait à avoir peur.
Elle s'approcha un peu d'Aeden pour mieux le voir, et ce fut alors qu'elle capta enfin son frère.

« ... nder ? On n’a pas trop le choix… »

Quoi ? De quoi parlaient-ils ? Depuis combien de temps avaient-ils une discussion qu'elle n'entendait pas ? Elle n'avait fait que deux pas, et c'était suffisant pour brouiller son ouïe. Sa vue la lâchait, son ouïe la lâchait, et ses sens pas foutus de savoir quand elle pouvait avoir mal (et donc être en danger) la lâchaient depuis toujours.
Elle serra le poing. Non, elle n'avait pas le droit de flipper. Pas maintenant qu'elle était sortie. Pas maintenant qu'ils étaient proches du but.
Elle tourna le visage vers son frère, parce qu'il allait remonter le moral à Aeden, et que ça allait la rassurer de l'entendre. Le héros qu'il avait toujours été allait les sauver de cette situation, comme d'habitude. Et là, maintenant, tout de suite, Loreleï avait besoin de son justicier de toujours.
Lentement, alors qu'elle tournait ses yeux terrifiés vers son frère, elle vit ce dernier s'écrouler dans la neige. Enfin non, elle aperçut plutôt vaguement un corps dans un nuage de particules blanches. Pas un boum. Pas un cri. Juste un effondrement dans le silence. Ou alors c'était Loreleï qui ne voulait juste pas l'entendre tomber, le fait de le voir étant déjà douloureux.
C'était bizarre parce qu'elle l'écouter répéter en boucle « calme-toi ! calme-toi ! » mais elle ne l'entendait pas. C'était comme un son lointain qu'elle n'arrivait pas à capter, qui ne l'atteignait pas. Stoïque, les bras ballants, la tête baissée vers lui, elle le scrutait sans savoir réagir. A qui disait-il de se calmer ? Pourquoi avait-il soudainement si mal ? Qu'est-ce qui n'allait pas ? A qui disait-il de se calmer ? Le plan dérivait un petit peu, mais il avait toujours dérivé et ils s'en étaient toujours sortis, alors pourquoi cette réaction ? A qui disait-il de se calmer ? Elle était parfaitement calme. Et Aeden n'était pas particulièrement en colère non plus.
A qui disait-il de se calmer ?
C'est alors qu'il releva enfin la tête. Mais pas vers sa soeur : vers Aeden. Loreleï se sentit presque insultée. Pourquoi est-ce qu'il l'ignorait soudainement ? Elle avait toujours été son premier regard.
Elle serrait le poing si fort que ses articulations blanchirent.
Donc Aeden avait l'air d'avoir perdu l'espoir. Alexander avait pété les plombs. Tout ça pour elle.
Elle eut un petit sourire. Ce risque était la plus belle chose qu'on ne lui ait jamais offerte. Elle ne les remercierait jamais assez pour ça.
Alors elle ferma les yeux et prit une profonde inspiration. Elle se fit la promesse suivante : ils continueraient d'essayer de s'enfuir, mais au prochain pétage de câble, à la prochaine faiblesse, au prochain danger, elles les mettraient en sécurité d'une manière ou d'une autre.
Puis elle ouvrit les yeux.
Elle avait l'air déterminée avec ses sourcils froncés et ses airs sérieux. Pour la première fois de sa vie elle avait l'air de saisir les enjeux de la situation. Elle respirait difficilement, puisant sûrement dans ses dernières ressources d'énergie sans s'en rendre compte, mais elle était malgré tout consciente qu'elle ne pouvait plus se permettre d'agir sur un coup de tête.

« Ce s'rait pas raisonnable de faire demi-tour maintenant. Avec les pions qui ont compris, vous allez juste me mettre dans la merde. Ils savent que j'suis dehors mais pas vous. Je ne dis pas ça égoïstement, je le dis parce que je sais que c'est pas c'que vous voulez. »

Ils n'auraient jamais pris autant de risques sinon. Elle se tourna vers Aeden, cherchant avec précipitation le vert de ses yeux. Une fois qu'elle le croisa, elle ne le lâcha pas. Elle attendit de trouver la conviction nécessaire pour hausser la voix afin de se faire entendre.

« Aeden, t'es là dans la tempête et le froid, à risquer le pire pour une nana enfermée dans un asile que t'as rencontré y'a trois mois. T'aurais pu ne pas me répondre, j'veux dire, c'est quand même écrit Z sur son t-shirt. Mais t'es resté, et tu vas même plus loin. Ce serait manqué de respect à toi-même de laisser tomber maintenant. On voit p'tet pas les étoiles ce soir, mais depuis un petit moment, j'ai l'impression d'en avoir deux près de moi, même en plein jour. »

Puis elle se tourna vers son frère. Elle ne savait pas ce qui se passait, et elle n'avait pas vraiment envie de savoir. Ce qui était sûrement immature et lâche. Mais le voir faiblir ainsi lui avait fait comprendre la chose suivante : Alexander n'était pas un héros, il était bien mieux que ça : il était son frère.
En plantant ses yeux dans les siens, elle voulut lui dire un tas de trucs. Sa bouche entre-ouverte elle voulut lui raconter qu'il restait brillant à ses yeux. Qu'il avait inventé toute une histoire pour la rejoindre ici, pour la sauver. Qu'il n'avait pas le droit de reculer maintenant. Qu'il était tout pour elle.
Mais elle n'y arriva pas. Un premier son sortit de sa bouche, mais il était craqué. Si elle parlait, elle se mettrait à sangloter. Il en était hors de question.
Et soudainement elle vit le visage de Cap. Et celui d'Aeden. Et leurs vêtements. Et tout autour.
La lumière était revenue !
Elle écarquilla grand les yeux. Si on les prenait maintenant c'était foutu.

« C'est maintenant ou jamais les gars ! Profitons de la lumière pour aller au port ! »


Elle était déjà prête à courir, mais elle les attendait.

hors rp:
Oups, je parle beaucoup pardon >.<




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Lun 2 Avr - 17:33
Ce que craignait le garçon se réalisa. Le Génie subissait une pression beaucoup trop forte. Alexander tomba dans la neige, les mains sur la tête comme si cette dernière menaçait d’exploser. Aeden fut dans un premier temps incapable du moindre geste. Voir le Génie s’écrouler était à la fois stupéfiant et effrayant. Impensable. Depuis qu’il avait dans la tête de faire évader Lore, le surdoué c’était toujours appuyé sur lui. Trop. Alors, voir son pilier se fendre était une sensation qui lui laissa un vide dans l’estomac. Ils allaient faire une chute libre. Mais il fallait qu’il reste calme. Il pouvait voler de ces propres ailes. Il parviendrait à les guider. Il devait bien ça au Génie. A Alexander. A Lore.

- Calme-toi bordel ! Calme-toi !


Si Lore voyait ça… il tourna les yeux verts elle. Elle ne semblait pas comprendre. Normal, Alexander avait toujours voulu garder l’image du grand frère parfait auprès d’elle. Elle ne savait rien des raisons pour lesquels il était à l’institut. Aeden n’approcha pas du garçon, conscient qu’il vallait mieux éviter le contact physique dans une pareille situation. Il resta immobile, les poings serrés. Si les choses s’éternisaient, il forcerait les choses mais il devait laisser quelques minutes à Alexander. Il regarda autour de lui, à l’aguet.

Lorsque le regard d’Alexander se posa sur lui, il se reconcentra sur le garçon, inquiet. S’il n’était pas capable de redémarrer, il serait obligé de le laisser ici. Et il n’était pas sûr qu’il le retrouve à son retour. Impossible de le laisser.

- On bouge.

A peine un souffle. Il était à bout de force. Lore aussi semblait fatigué. Lui-même sentait qu’il manquait de force. Ils étaient ridicules. Trois petites souris perdues au milieu d’une tempête de neige. Alexander tenta de se relever et n’y parvient même pas.

« Ce s'rait pas raisonnable de faire demi-tour maintenant. Avec les pions qui ont compris, vous allez juste me mettre dans la merde. Ils savent que j'suis dehors mais pas vous. Je ne dis pas ça égoïstement, je le dis parce que je sais que c'est pas c'que vous voulez. »


La voix de Lore avait raisonné, impérieuse. Une nouvelle fois, Aeden pouvait lire dans son regard une flamme de volonté qui le percuta. Elle avait le don de ne rien lâcher. Leurs yeux se croisèrent et il eut un sourire. Il ne savait pas comment elle faisait, mais il ne l’abandonnerait pas, ça s’était certain.

« Aeden, t'es là dans la tempête et le froid, à risquer le pire pour une nana enfermée dans un asile que t'as rencontré y'a trois mois. T'aurais pu ne pas me répondre, j'veux dire, c'est quand même écrit Z sur son t-shirt. Mais t'es resté, et tu vas même plus loin. Ce serait manqué de respect à toi-même de laisser tomber maintenant. On voit p'tet pas les étoiles ce soir, mais depuis un petit moment, j'ai l'impression d'en avoir deux près de moi, même en plein jour. »


Elle pouvait le lire dans son regard. Qu’il n’abandonnerait pas. Elle se tourna ensuite vers Alexander. Un éclair aveugla un instant son regard. Puis il s’aperçut que malgré la tempête, les visages de ces deux complices s’étaient éclairés d’un halo artificiel. Merde.

« C'est maintenant ou jamais les gars ! Profitons de la lumière pour aller au port ! »


Aeden comprit qu’il allait devoir assurer s’il voulait qu’ils s’en sortent. Il se devait de prendre les choses en main. Il s’approcha d’Alexander et l’aida à se relever, tant bien que mal. Dans d’autres circonstances, il n’aurait pas osé froisser l’amour propre de son ami, mais là, ils avaient d’autres soucis bien plus graves. Il lui parla, prenant bien soin que Lore n’entende rien :

- On prend l’itinéraire qui passe par la forêt brulée, on sera mieux se camoufler avec les troncs si jamais ça tourne mal. Et si tu ne tiens pas le coup, je te laisse là-bas, près d’un arbre et je te promets d’amener Lore au bateau. J’essayerai de venir te récupérer après.

Son regard vert se planta dans celui du garçon. Il proposa à son acolyte de s’appuyer sur lui pour l’aider à garder un bon rythme. Rejoignit Lore qui les attendait quelques mètres plus loin. Repensa à sa promesse. S’il échouait… sa mâchoire tressauta. Il n’osait pas y penser. Se força à se concentrer sur ce que son cerveau lui disait. Il devait avancer. Et vite. Il sourit à Lore et lui lança, avec un clin d’œil :

- Suivez le guide.


Il devait rejoindre la forêt rapidement, avant que les gardes ne prennent du terrain sur eux. Ils n’auraient pas deux chances. Et avec un demi Alexander et Lore qui, malgré son mental d’acier, commençait à souffrir du froid et qui semblait sérieusement amochés de son passage par la fenêtre, Aeden n’avait pas le choix. Il avait un visage calme et rassurant. Celui de quelqu’un qui sait ce qu’il fait. Et qui ne doute pas. Il avait toujours eu cette capacité mais ne l’avait jamais vraiment exploité comme aujourd’hui. Il était capable de mettre une barrière entre lui et le stress, se sentait plus lucide que jamais. Trouvait en lui un stock d’énergie dont il n’avait même pas idée. Il ne devait pas faiblir. Il ne devait pas décevoir Alexander. Il ne devait pas décevoir Lore. Il devait les aider. Il fit abstraction de la fatigue, du déroulement du plan, du froid qui commençait à colorer le bout de ses lèvres en violet. Après, et seulement après, il pourrait s’écrouler.Enfin, la forêt se profila devant eux. Il tourna son regard vers Alexander.

Hrp:
Je me permets de nous faire nous déplacer, y compris toi Alex donc n'hésite pas à me dire si tu veux que je change quelques chose. Je n'ai pas préciser si tu déclinais ou non la proposition de Aeden de s'appuyer sur lui donc comme tu le sens Wink




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X111
Mar 3 Avr - 21:24
A peine Alexander avait-il parlé qu’une nouvelle salve de douleur et d’émotions noires retentit comme un coup de feu dans sa tête. C’était moins fort et cette fois, il avait pu anticiper. Néanmoins, c’était comme traverser un champ de bataille, avec les balles et les obus qui sifflaient à l’intérieur de sa boîte crânienne. Il serra les dents. Cap avait envie d’aller voir comment le Génie allait. Il avait l’impression de le sentir agoniser et c’était loin d’être rassurant. A sa connaissance, jamais, JAMAIS il n’avait ressenti une telle détresse chez sa moitié. Mais il ne pouvait pas. Pour la simple et bonne raison que toutes ses forces étaient réquisitionnées, la moindre petite parcelle pour encaisser la douleur et marcher. Lever le pied, le poser devant. Lever l’autre, le poser devant. Recommencer. Appuyé péniblement sur Aeden, la neige semblait tout faire pour le faire galérer davantage. Il avait l’impression d’essayer de se déplacer dans des sables mouvants.
Aeden… Heureusement qu’il était là. Il devait se concentrer là-dessus, ne pas laisser les émotions négatives l’emporter. Même s’il était un peu en colère contre lui. Ou plutôt contre lui-même. C’était sa mission et il n’était pas capable de la mener à bien. Il devait accepter qu’il avait des faiblesses et c’était une bonne chose qu’il puisse prendre le relais. Ce qu’il avait du mal à accepter, c’était surtout la présence de Lore. Il avait failli à son rôle. Au moment le plus crucial. Il voyait son masque de héros se fissurer inexorablement. Il était nul. Inutile.
Il faillit se prendre les pieds dans une racine cachée sous la neige, entraînant presqu’Aeden qui sut pourtant le retenir. Il lui adressa un regard reconnaissant mais durci par la douleur… et son égo meurtri. Il espéra qu’il ne le prendrait pas personnellement. Mais il détestait se sentir comme un poids mort qui entravait leur avancée. Dans l’intérêt général, il aurait mieux fait de leur dire de l’abandonner là mais sa fierté se rebiffait à cette idée. Et puis, si ça se passait comme dans les films, ils ne seraient pas d’accord et ça leur ferait juste perdre du temps.
Alors serrer les dents. Avancer péniblement. Faire abstraction de la douleur.
Et puis la bonne nouvelle de la racine, c’était qu’au moins, ils pouvaient supposer qu’ils étaient bel et bien dans la forêt brûlée. Rester à savoir s’ils n’étaient pas suivis, ou pire. S’ils tournaient en rond. Lore avait toujours été bonne en course d’orientation et il l’aurait suivi les yeux fermés si le pessimisme ne commençait pas à le gagner aussi. Et puis, il ne savait même plus qui il suivait. Est-ce Lore ou Aeden qui menait la marche ? Il ne savait pas. Il ne pouvait pas faire y réfléchir de toute façon. Il espérait juste que pour eux les rôles étaient clairs parce que sinon, ils n’étaient pas dans la merde.
Soudain, Aeden s’arrêta et il manqua de se retrouver de nouveau le nez dans la neige. Il releva les yeux dans un effort qui lui sembla immense… Avant d’attraper Aeden et Lore par la manche et de se jeter avec eux derrière une congère. L’énergie de l’adrénaline. L’énergie de la survie. Parce qu’il avait vu une silhouette se dessinait à travers les flocons. Il plaqua son doigt sur ses lèvres, forçant Aeden mais surtout Lore à bien le regarder dans les yeux.
Chut. Pas un bruit. Surtout pas un bruit.
Il se hissa péniblement de façon à pouvoir voir derrière la congère sans trop manifester sa présence. La silhouette n’était plus là. Avait-il rêvé ? Il cligna des yeux plusieurs fois mais la silhouette ne réapparut pas. En tout cas cela lui avait permis un constat pas franchement plus rassurant. Ses doigts étaient bleus. Il se laissa glisser sur le dos. Il avait l’impression persistante d’être observé même si lui ne voyait plus rien d’inquiétant. Un mauvais pressentiment s’empara de lui. Il espérait qu’il était juste en train de devenir parano. Pitié, qu’il soit juste parano. Il croisa les doigts et ferma les yeux quelques secondes, le temps d’une prière silencieuse et désespérée. Puis il inspira un grand coup et chuchota à ses camarades.

- On va devoir se montrer très prudents. J’ai l’impression que nous ne sommes plus seuls…

Sa voix était sombre et fêlée par l’inquiétude.

- Si jamais on se fait choper, barrez-vous. Vous occupez pas de moi. Chuis pas en état de courir.

Il insista sur ces derniers mots en regardant Aeden mais savoir que sa sœur l’entendait probablement dire qu’il n’était pas capable de quelque chose lui fit le même effet que de s’enfoncer des couteaux lui-même dans le cœur. Il se força à respirer calmement avant de se retourner vers elle. Son visage était crispé par l’inquiétude et le sérieux.

- Toi Lore, au moindre problème, tu files au bateau et tu te planques comme tu t’es jamais planquée. Promets-le-moi.

N’obtenant pas immédiatement de réponse, il insista.

- Promets-le-moi.

Il détesta le ton suppliant qui se dégagea de son propre voix. Mais il fallait qu’elle obéisse. A tout prix. Peu importait si lui ne s’en sortait pas mais elle, elle devait s’en sortir. Qu’ils n’aient pas fait tout ça pour rien. Autrement il ne s’en remettrait jamais. Jamais.
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Mer 4 Avr - 10:26

Aeden semblait de nouveau en forme ! Il lança un « Suivez le guide » plutôt confiant. Loreleï crut même le voir lui adresser un clin d’œil. Elle hocha alors vigoureusement la tête sans perdre de son sourire naïvement téméraire. Sourire qu'elle faillit perdre quand elle vit son camarade venir en aide à son frère. Elle se rendit compte que malgré l'état fragile de ce dernier, il ne lui aurait jamais traversé l'esprit de lui apporter du soutien. Elle avait l'encore l'esprit formaté : Cap savait s'en sortir tout seul.
Alors qu'ils se dirigeaient vers la forêt, Loreleï serra la mâchoire. Pour la première fois de sa vie elle était en colère contre son frère. Elle revoyait des flashs de leur enfance, lui toujours devant en elle pour la protéger. C'était toujours elle, jamais lui. Il s'était toujours mis sous les feux des projecteurs mais seulement dans l'intérêt de sa sœur. Et les conséquences étaient là : alors qu'il était évidemment dans un mauvais état, elle n'avait même pas la pensée de l'aider. En fait, elle ne savait même pas comment s'occuper de lui.
En bravant la tempête, elle se fit la réflexion qu'elle devrait être en colère contre elle aussi. Elle n'avait pas eu à le mettre sur ce foutu piédestal, à boire toutes ses paroles comme s'il était un envoyé de Dieu.
Elle avançait en rageant, bien décidée à avoir une discussion avec son frère une fois cette histoire finie. Elle était aux côtés d'Aeden mais menait légèrement la marche. Elle n'y voyait rien sans ses lunettes et avec ce blizzard, mais elle avait la sensation de se diriger vers le port. Impossible d'expliquer d'où venait cet instinct. Elle n'avait pas de corde attachée à un rocher pour l'aider, pas d'indices particuliers, juste une sensation profonde dans le ventre.
C'est alors qu'elle fut attrapée et tirée derrière un congère. Dans l'élan, elle tomba les fesses dans la neige. C'était Cap qui avait sa main sur sa manche. L'adolescente fronça les sourcils:

« Cap qu'est-ce que tu fo-»

Elle fut coupée dans sa phrase par son frère qui leur expliqua d'une voix prudente :

« On va devoir se montrer très prudents. J’ai l’impression que nous ne sommes plus seuls… Si jamais on se fait choper, barrez-vous. Vous occupez pas de moi. Chuis pas en état de courir. »

Mais qu'est-ce qu'il racontait encore ? Il surveillait les alentours, aux aguets. D'habitude Loreleï l'aurait cru sans réfléchir, mais cette fois elle avait besoin de vérifier d'elle-même. Elle se releva, se hissa sur la pointe des pieds et observa avec attention le paysage derrière le congère. Qu'est-ce qu'ils étaient censés voir ? Elle ne pouvait plus vraiment faire confiance à sa vue alors elle supposa qu'elle pouvait se reposer sur Cap pour ça ... Mais ...
C'est alors qu'il se tourna vers elle. Il avait une expression qu'elle ne lui avait jamais connue. Ses traits semblaient durcis, comme s'il retenait quelque chose avec difficulté. Loreleï le dévisageait avec inquiétude. Ce n'était plus l'institut ou cette fuite qui lui faisait peur : c'était son frère.

« Toi Lore, au moindre problème, tu files au bateau et tu te planques comme tu t’es jamais planquée. Promets-le-moi. Promets-le-moi.»

Loreleï soutint son regard sans savoir quoi dire. Il y avait eu tous les indices : Alexander ne pouvait plus courir, voyait peut-être des choses, peut-être pas, et ne camouflait plus ses faiblesses.
Elle jeta un coup d’œil vers Aeden par dessus l'épaule d'Alexander. Il avait l'air encore en bon état, et puis c'était une personne de confiance. Elle pouvait lui confier son frère.
Mais elle ne pouvait plus les impliquer tous les deux dans cette histoire. Ils avaient déjà fait beaucoup. Elle espéra juste qu'ils s'en sortiraient.
Elle déposa son regard à nouveau sur son frère. C'était bien au final de ne plus avoir de lunettes. Sa vision était un peu floue mais au moins il n'y avait pas de verres entre elle et ce qu'elle voyait. Ce qu'elle avait en face était authentique.
Finalement, elle se jeta dans les bras de son frère, sa tête enfouie dans son cou, ses bras frêles autour de son torse. Elle ne savait pas s'y elle s'y était réfugiée ou si elle cherchait à le retenir pour qu'il ne tombe pas. Elle eut eu un pincement au cœur en se souvenant de leur première étreinte ici ... Pas que celle-ci était la dernière mais ... La différence entre les deux ...
Elle renifla bruyamment mais ne pleurait pas. Elle se contentait de serrer son frère encore plus fort contre elle, ses petits doigts agrippés au tissu de ses vêtements. Et quand elle se sentit prête, quand elle sut que sa voix n'allait pas l'abandonner en sanglots, elle lui dit :

« Je t'aime, Alexander.»

C'était bien mieux qu'un grand discours larmoyant où elle lui promettait de s'en sortir, et où elle lui ferait promettre de prendre soin de lui. Et puis, de toute façon, elle n'aurait pas réussi à en dire plus.
Elle se détacha de lui, son visage rouge et ses yeux humides, puis saisit la main d'Aeden. Elle ne savait pas trop ce qu'elle voulait lui dire. Elle avait juste besoin d'un contact avec lui. La main c'était pas trop mal. Comme une passation de quelque chose. Elle lui craqua un sourire avant d'inspirer un grand coup. Malgré ce qu'il disait, son frère était quand même capable de la suivre.
Alors elle ferma les yeux trois secondes. Se plongeant dans le noir et le silence absolu. Il fallait bien réveiller le Caïd.
Quand elle les ouvrit, elle se tourna brusquement vers Cap, et sans le laisser comprendre, elle posa ses mains sur ses épaules et son pied vint heurter le derrière de la jambe d'Alex, le faisant tomber en arrière. Elle lui laissa à peine le temps de toucher le sol qu'elle se mit à courir, profitant de l'effet de surprise. Vu son état, elle supposa qu'Aeden resterait près de lui. Avec un peu de chance les gardes les prendront en pitié, peut-être qu'une caméra de surveillance avait filmé l'attaque de Loreleï et ils comprendront que tout était de sa faute.
En attendant elle se mit à courir à perdre haleine sans se retourner, parce que si elle faisait ça elle n'était pas sûre de pouvoir poursuivre son chemin. Bien décidée à gagner le port et à venir chercher tous les patients de l'île, Loreleï ne s'arrêterait pas de courir. Ni maintenant, ni jamais.
hors rp:
Bon... vous la rattrapez, vous ne la rattrapez pas ... Comme vous le sentez ! mais ça me semblait cohérent que Lore s'en aille




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Mer 4 Avr - 11:25
Il fut tiré derrière une grosse congère, et se cassa la figure avec surprise. Il comprit aussitôt. Se crispa. Si les gardes étaient déjà là, leurs chances d’atteindre le bateau passait proche des négatifs. Il laissa Alexander jeter un coup d’œil par-dessus la masse neigeuse. Lui n’avait rien vu, il était bien incapable de savoir de quel direction venait celui que Cap avait aperçu. Il était en bien mauvais état. Jamais le surdoué ne l’avait vu comme ça. En même temps, il ne savait pas du tout dans quel état était le Génie. Il ne l’avait pas vu réapparaitre. Même pas quelques secondes. C’était inquiétant. Il ne saurait pas faire le trajet jusqu’au bateau. Mais le laisser ici était risqué. S’il se faisait prendre par les gardes… c’est lui qui finirait au sous-sol. Et alors, à quoi aurait servi tout leur plan ? Recommencer une évasion serait presque impossible. Ils sauraient qu’il y avait un risque. Il surveillerait le garçon comme il se doit. Jeter un coup d’œil lui permit de constater que Lore ne parviendrait pas au bateau toute seule non plus. Malgré ses traits énergiques, ces gestes fatigués ne trompaient pas Aeden. Elle ne se rendait probablement pas compte à quel point elle en demandait à son corps.

- On va devoir se montrer très prudents. J’ai l’impression que nous ne sommes plus seuls…Si jamais on se fait choper, barrez-vous. Vous occupez pas de moi. Chuis pas en état de courir.


Dans d’autres circonstances, Aeden aurait refusé. Il était incapable de laisser un ami derrière lui. Mais c’était différent, il devait aider Lore. Il l’avait promis. Alors il hocha la tête. Il était prêt à le faire si nécessaire. Le regard d’Alexander s’accrocha un instant à celui du garçon, comme on s’accroche à une bouée. Le surdoué se sentait dépassé par les évènements mais il était hors de question de le laisser paraitre. Il devait avoir l’air solide.

- Toi Lore, au moindre problème, tu files au bateau et tu te planques comme tu t’es jamais planquée. Promets-le-moi. Promets-le-moi.


Il jeta un coup d’œil à Lore. Elle semblait un peu perdue. Aeden compris qu’il n’arriverait pas au bateau. Quoi qu’il arrive. Il baissa les yeux. Putain. Pourquoi le plan n’avait pas pu se dérouler correctement. Qu’est-ce qui lui arrivait au Génie ? Il ne pouvait pas les lâcher comme ça, pas maintenant. Sa mâchoire frémit. Le regard que Lore lui adressa ne lui plaisait pas. Comme si elle le jaugeait. Il savait qu’elle avait quelque chose en tête. Qu’elle allait faire une connerie. Il se crispa, prêt à réagir. Mais non. Elle se jeta dans les bras de son frère, en une étreinte désespérée. Le moment s’éternisa. Comme hors du temps. Aeden jetait des coups d’œil inquiet autour d’eux. Ils devaient laisser Cap là. Le garçon chercha un moyen de le camoufler. La neige. C’est tout ce qu’il pouvait voir autour de lui. Mais le risque qu’il tombe en hypothermie…

« Je t'aime, Alexander.»

Ce je t’aime avait des airs d’adieu. Lore attrapa la main d’Aeden. Il pouvait saisir la demande qu’elle lui faisait dans ce geste. Aide-le. Ramène-le en sureté. Mais il ne pouvait accéder à sa requête. Il avait promis à Cap de l’aider elle. Ses petits doigts froids insistaient. Lorsqu’elle relâcha sa main, il eut l’impression de perdre quelque chose. Il eut un vertige. Mais ce n’était rien encore. Son sourire le fit tomber.

Incapable de réagir, il la vit bousculer Alex, le rattrapa. Elle en profita pour partir en courant. Aeden paniqua. Il ne pouvait pas laisser Cap là. Mais il ne pouvait pas laisser Lore partir seul. Son cœur battait dans sa tempe. Il pouvait encore à peine l’apercevoir dans la tempête. Il prit sa décision. Courut dans la direction qu’elle avait prise. Mais déjà, elle avait disparue. Il aurait voulu crier son nom mais il risquait d’attirer les gardes. Il marcha au hasard encore quelques instants, mais il le savait. Elle avait disparue. Il sentit un haut le cœur le saisir. Vomit. Merde. Il devait retourner aider Cap. C’est tout ce qu’il pouvait encore faire. Il ne la retrouverait jamais dans cette tempête. Il prit un peu de neige pour se nettoyer la bouche puis rebroussa chemin, comme il pouvait. Rien que retomber sur la congère ou il avait laissé Alexander lui prit du temps. Il crut un instant qu’il l’avait perdu. Mais il l’aperçut finalement. Ne put se résoudre à le regarder dans les yeux. A lui dire qu’il avait perdu Lore.

- On doit rentrer.


Sa voix trembla mais ne se cassa pas. Il ne laissait pas le choix à Cap. Il devait rentrer. Ca ne servait à rien de rester là plus longtemps, de se lancer à la poursuite de Lore. Son cœur lui hurlait de le faire pourtant. Mais il avait compris. Il devait être pragmatique.




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X111
Dim 8 Avr - 13:07
Cap garda les yeux rivés sur sa sœur. Il fallait qu’elle le lui promette. Il le fallait. Son regard insistant plantés dans le sien, il lut dans ses yeux de l’incompréhension. Ca lui fit mal. Mal de voir de voir à quel point elle se sentit démunie, probablement même trahie par ce qu’elle voyait actuellement. Son frère était faible. Son frère n’était pas un héros. Son frère lui avait menti. L’image était définitivement brisée.
Il avait envie de la prendre dans ses bras, de pleurer, de lui demander pardon. De lui demander pardon à genoux pour ne pas avoir su rester fort et héroïque jusqu’au bout comme il aurait dû l’être. D’avoir toujours dû faire semblant d’être le modèle dont elle avait besoin, celui qu’il avait absolument besoin de lui fournir et qui était le but entier de son existence… et qu’il n’avait jamais réussi à être en réalité. Il n’était qu’un tricheur, qu’un illusionniste dont les ficelles venaient d’être mises à jour. La magie s’était évanouie et jamais elle ne le pardonnerait. Les larmes lui montèrent aux yeux.
Et pourtant… Pourtant elle le prit dans ses bras, le hissant sur ses pieds avec ses petits bras tous maigres. Son cœur rata un battement avant qu’il agrippe également le tissu de ses vêtements comme un noyé s’accrocherait à une bouée. Leurs deux corps tressautaient, probablement autant à cause des sanglots contenus que du froid. Cela dura une éternité. Une éternité trop courte qui lui permit néanmoins de retrouver un peu de self-control. Quand elle se détacha de lui, il eut l’impression que c’était pour la dernière fois. Et que ce faisant, on lui arrachait une partie de son âme. Mais ce furent surtout ses mots qui lui firent mal.

- Je t’aime, Alexander.

Ils ne s’étaient jamais dit « je t’aime ». Jamais sérieusement en tout cas. Oh, ils le savaient bien tous deux qu’ils s’aimaient et qu’ils étaient aimés de l’autre, ils n’avaient jamais été avares de gestes d’affection mais ces mots… Et « Alexander ».  Pas « Cap », « Alexander ». Jamais elle ne l’avait appelé comme ça. Jamais sérieusement non plus. Avait-elle finalement compris ? Une larme roula sur sa joue et il l’essuya rageusement, observant sa sœur prendre la main d’Aeden et fermer les yeux. A posteriori, il se dirait qu’il savait à ce moment précis qu’elle allait faire une connerie. Mais sur le moment, il était bien trop occupé à tenter de gérer ses émotions qui menaçaient de le submerger. Aussi n’eut-il ni la présence d’esprit ni la capacité de réagir lorsqu’elle le faucha avant de s’enfuir en courant. Il eut à peine le temps de pousser une exclamation de surprise avant qu’elle ne disparaisse de son champ de vision. Quelques centièmes de secondes s’écoulèrent où il ne se passa rien avant qu’il ne se retrouve de nouveau les fesses dans la neige, Aeden l’ayant lâché pour s’élancer à la poursuite de Lore.
Cap ferma les yeux. Il comprenait pourquoi elle avait fait ça. Mais elle n’aurait pas dû. Au moins, Aeden était avec elle. Et lui pouvait se reposer. Il ferma les yeux. Juste quelques instants. Maintenant il pouvait aussi bien se laisser partir. C’était même la meilleure solution. Se laisser mourir. De toute façon, il ne voyait plus d’autres issues pour lui. Soit Lore réussissait et il serait forcément le premier à être suspecté – à juste titre – de sa fuite et il ne donnait pas cher de sa peau. Soit elle ne réussissait pas, il serait tout de même considéré comme complice et ça ne changerait rien. Sa seule option de salut aurait été de se trouver lui aussi dans le bateau et ça n’arriverait pas. Et puis, il avait vu dans des films que mourir d’hypothermie, c’était comme s’endormir alors…
Mais une voix lui fit rouvrir les yeux.

- On doit rentrer.

Aeden. Alexander rouvrit brusquement les yeux. Lore n’était pas avec lui. Lore n’était pas avec lui. Il eut envie de hurler. Il hurla. Donna un coup de poing beaucoup trop exsangue d’énergie dans la congère.

- Tu l’as laissée toute seule ?! Tu m’avais promis Aeden ! Tu m’avais promis !

Il tenta de se relever. Il devait partir lui-même à sa rechercher. Il n’aurait jamais dû confier sa sœur à qui que ce soit. C’était son rôle de s’en occuper. Il tituba sur quelques pas avant de s’effondrer de nouveau dans la neige. Il avança encore un peu, rampant à demi dans la direction où sa sœur était partie avant d’abandonner l’idée. Il était faible. Trop faible. Il ne la rattraperait jamais. C’en fut trop pour lui. Il se roula en boule et se mit à pleurer. Sa sœur, la personne à laquelle il tenait le plus sur cette planète, était toute seule, en grand danger, perdue dans le froid et la neige, et il n’était même pas capable de l’aider. Son monde s’était effondré.
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Lun 9 Avr - 14:53
Loreleï courait sans s'arrêter. Elle avait cru entendre un hurlement mais l'avait associé au sifflement du vent. Elle avait les lèvres gercées et des ecchymoses sur la peau. Malgré son sens de l'orientation et le retour des lumières elle avait la crainte de se perdre. Sans ses lunettes et sans ses deux camarades, elle se sentait terriblement seule.
Mais elle continuait de courir, comme si quelqu'un ou quelque chose la poursuivait et qu'il ne fallait pas s'arrêter ; parce que s'arrêter ça voulait dire abandonner.
Elle s'autorisa une ou deux larmes qu'elle fit passer pour des larmes de douleur à cause du blizzard dans ses yeux. Elle avait laissé son frère et Aeden derrière elle alors qu'ils avaient tant risqué pour elle. Elle se sentait égoïste. Elle mourrait d'envie de faire demi-tour mais pour quoi faire ? Les retrouver tous les deux amorphes, tous les deux lui gueulant d'aller s'en sortir ? Elle avait fait une promesse à son frère en plus, elle se devait de la tenir.
Elle se répétait des leit-motiv en boucle. Elle se disait qu'elle était un Caïd, qu'elle était Loreleï Hexe comme elle le clamait à tout ceux qu'elle croisait, que rien ne pouvait l'atteindre, qu'elle continuerait de se battre. Mais cette neige qui la ralentissait, et les crampes qui la fatiguait sans qu'elle ne s'en rende compte, sa clavicule déboîtée et son souffle qui lui manquait... Quelle idiote.
Elle allait s'effondrer juste avant de se rendre compte qu'elle avait atterrit devant le bâtiment du personnel.
Le souffle court, elle se tordit le cou pour l'observer. Un petit sourire illumina son visage. Elle venait de traverser la forêt brûlée. Le port n'était plus qu'à cinq minutes maintenant. Et si elle ne voyait rien, elle n'aurait qu'à se laisser guider par le bruit de la mer et son vent marin.
Elle eut alors de nouveau cette boule chaude et rassurante dans le ventre. Elle eut de nouveau l'espoir, le vrai. Pas celui qu'on conserve parce qu'on n'a pas le choix. Pas celui auquel on fait semblant de croire. Cette fois elle était convaincue qu'elle y était presque. Il lui suffisait juste de cinq minutes.
Elle s'autorisa une courte pause pour reprendre ses esprits. Elle n'avait peut-être pas mal, mais elle sentait que son corps était plus lourd, qu'il rechignait à avancer. Elle eut un frisson malgré elle. Le dernier souvenir qu'elle avait de ce bâtiment n'était pas le meilleur. Foutu médecin qui s'amuse à tirer dans les patients. Elle garderait sûrement sa cicatrice sur la main toute sa vie à cause de cet enfoiré de médecin.
Elle s'étira, détendit ses muscles, et resserra un peu mieux la veste contre elle. Il y avait encore l'odeur d'Aeden et de Cap imprégnée. C'était comme les avoir encore un peu avec elle pour cette dernière ligne droite. Déterminée comme jamais, elle s'apprêta à repartir.
Ce qui l'en empêcha ? Elle n'était pas seule ...
hors rp:
du coup j'en avais discuté avec Alex et je ne sais pas si tu es d'accord Aeden, mais pour éviter trop de bordel dans les réponses on peut s'organiser comme ça pour finir : Ange - Lore - Aeden - Alex (ou Alex-Aeden) ??  




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Médecin
Lun 9 Avr - 18:13
Le vent sifflait, tapait contre les volets qui vibraient. La neige heurtait avec force les parois. Et ce depuis beaucoup trop de temps. Ange tentait de dormir depuis plus de trois heures. Il voyageait entre le sommeil et le portable. Il ne lui restait plus que 24% puisque la coupure de courant empêchait toute recharge.
Il gambergeait. Il décida alors de se lever, de quitter son lit et de regarder par la fenêtre le drame qu'il se passait dehors. Il retira de sa vue les volets, et tout ce qu'il vit était une tempête aussi féroce qu'inattendue. La neige ne vire-voltait plus, elle se propulsait.
Il parcourra des yeux le paysage et vit au loin une silhouette assez petite sur laquelle se dessinait... L'uniforme des Z...?
Ange arqua un sourcil. La coupure de courant n'aurait tout de même pas permis à un patient Z de s'enfuir? Tout de même pas?

Dubitatif, et surtout pour vérifier, il quitta sa chambre en pyjama, mais tout de même vêtu d'un lourd manteau et de bonnes chaussures fourrées. Il avait pris, au cas où, son portable et se mit à courir dans le bâtiment du personnel. Il devait s'assurer que si un patient Z se baladait tranquillement, il ne devait pas aller plus loin.

Il sortit du bâtiment et continua de courir. La silhouette était au même endroit. Il était presque certain de la reconnaître mais... Se pourrait-il que sa vue lui joue des tours? Après tout, avec une telle tempête, il pourrait confondre un arbre avec une personne.

Pour en être certain, Ange se mit à marcher dans sa direction en prenant soin à ce que cette personne ne le remarque pas. Et plus il s'approchait d'elle, puis celle silhouette devenait une personne à part entière. Et cette personne, il ne pouvait décemment pas l'oublier. Les cheveux châtains coupés en un carré volumineux, cette petite taille... Il la reconnaissait. Elle semblait avoir maigri, mais... C'était bien elle. Et ça ne lui plaisait vraiment pas. Il ne se fit pas prier pour envoyer un message aux gardes pour leur dire de le rejoindre à cet endroit. Après tout, il y avait une fugitive (clairement, elle ne faisait pas une promenade, il n'y avait aucun garde à ses côtés) ce qui impliquait une faille dans le système. Il lui fallait des renforts, au cas où elle n'était pas la seule à s'être évadée. Il imaginait déjà le pire, et cela l'enrageait.

Il la regardait s'étirer. Ce qu'il avait envie de la rouer de coups. Elle n'avait pas à être dehors, aussi détendue.
Tous ses muscles se crispaient.
Tout son être respirait la colère.
Tout en lui hurlait de rage.
Au moment où elle s'apprêta à partir, il lui attrapa le poignet avec une force qu'il soupçonnait. Ses doigts s'étaient resserrés sur son poignet avec une rapidité et une force... Il se demandait même pendant une demi-seconde s'il ne l'avait pas blessée.

- Tu t'es dit que c'était une bonne idée de sortir, petite conne? Tu vas voir comment ça se passe pour de vrai ici.

L'insulte était sortie toute seule. Il était tellement sur les nerfs... La seule vue de cette gamine lui foutait les boules.
Il la tira vers lui :

- J'imagine que t'es pas seule à être sortie? Ni que tu sois sortie toute seule, sans aides? T'inquiète que tu vas dire tout ça à monsieur Elpida.

Il n'avait même pas l'envie de dire "Dodo". Maintenant, c'était "monsieur Elpida".
Cette conne allait comprendre.
Et assez rapidement puisque les gardes arrivaient pour aider Ange.
Dîtes-moi si ça vous va!




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Lun 9 Avr - 22:19
Il eut droit à un hurlement de rage en réponse. Un hurlement qu’il aurait voulu lui-même hurlé. Aeden jeta un coup d’œil aux alentours, inquiets. Ils allaient se faire repérer. La douleur dans le regard d’Alexander l’empêcha de faire le moindre mouvement. Elle agissait sur lui avec l’efficacité de la plus tranchante des lames.

- Tu l’as laissée toute seule ?! Tu m’avais promis Aeden ! Tu m’avais promis !


Sa gorge se serra. Effectivement. Il avait promis. Un haut le cœur lui secoua l’estomac. Il se sentait pathétique. Incapable. Il n’était pas capable de prendre soin de Lore. Ni d’Alexander. Ni de personne. Il pouvait toujours essayer de donner un sens à sa vie en pensant qu’il était utile, il ne l’était pas. Ni maintenant, ni jamais. Il ne pouvait qu’observer. Il ne pouvait qu’observer Alexander tituber, tomber, se trainer par terre. Observer son désespoir. Son image se décomposer en larmes. Il assistait au désastre. Impuissant. Comme il l’avait toujours été. Comme il avait toujours assisté à sa propre vie, caché derrière une vitre blindée. Il était vide. Vide de substances. Vide en tout point.

Quelle était les chances qu’ils parviennent à franchir les portes de l’institut en sens inverse désormais ? Quelle était les chances qu’ils puissent rejoindre le bateau ? Gelés, tremblants, épuisés. Ils auraient presque intérêt à ce qu’on les retrouve pour ne pas mourir de froid. Le surdoué avait repoussé la brûlure de ces doigts aussi longtemps qu’il avait pu mais la soudaine descente au enfer lui rappelait qu’il avait un corps. Il ne sentit même pas rouler les quelques larmes qui s’échappèrent de ces yeux. Il n’aurait su dire si c’était la rage, le désespoir, quelque chose de plus profond. Espéra juste que Lore trouverait son chemin. Parce qu’il serait incapable de se le pardonner si ce n’était pas le cas. Pas après la promesse qu’il lui avait faites. Celle qu’il avait faite à Alexander. Il ne voulait pas savoir Lore enfermée dans l’asile pour toujours. Seule. La savoir devenir folle. C’était au-dessus de ces forces.

Il sera le poing, incapable de supporter d’avantage de s’entendre pensée. S’approcha d’Alexander qui s’était un peu calmer, sans doute trop épuiser pour pleurer d’avantage. Il était d’une pâleur plus qu’inquiétante, souligner par la couleur violacée de ces lèvres. Aeden voulut parler. En fut incapable. Que pouvait-il bien dire ? Il attrapa le bras d’Alexander. Ce dernier voulut se dégager mais son geste manquait autant de force que de convictions. Le surdoué l’aida à se relever. Il voulut faire quelques pas avec son camarade mais se rendit bien vite compte que c’était impossible. Cap était comme un poids mort et lui-même était au bord de l’épuisement. Incapable de faire 100 mètres. Il reposa Alexander. Et fit la seule chose qu’il était encore capable de faire.

- A l’aide ! Quelqu’un ! On a besoin d’aide.


Il se répéta une ou deux fois, se concentrant pour ne pas voir sa voix se briser. Sa gorge entière le brûlait alors qu’il hurlait pour attirer ce qu’ils essayaient d’éviter depuis le début. Des gardes.

Hrp:
De toute façon, Alexander et moi on a bientôt fini notre partie donc on restera pas dans vos pattes très longtemps 8D




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Z 01
Mar 10 Avr - 19:20
Loreleï poussa un hoquet de surprise quand une main sortie de nulle part lui saisit le poignet. Elle ne se retourna pas de tout de suite, encore secouée par ce contact inattendu. L'autre avait de la force. Une simple pression sur sa peau rendait ses muscles lourds et elle se sentait captive. Elle plissa les yeux. On aurait dit des mains d'homme. Ce n'était sûrement ni Alex, ni Aeden.
Sa respiration se bloqua dans sa poitrine. Elle n'eut pas le temps d'imaginer le pire qu'une voix qu'elle ne connaissait que trop bien pour avoir hanté ses pires cauchemars lui hurla dessus :

« Tu t'es dit que c'était une bonne idée de sortir, petite conne? Tu vas voir comment ça se passe pour de vrai ici. »

Elle ferma les yeux, au bord des larmes. Et merde. Et merde. Et putain de bordel de merde !
Sa promesse à Alex, sa promesse à Aeden, tombée à l'eau. Tout l'espoir qui la maintenait debout s'échappa alors qu'elle reconnut la voix du Diable en personne. Les gens ici craignaient le Docteur Elpida, sûrement parce qu'il était le chef et parce qu'il avait cette aura malsaine qui dérangeait, mais son collègue Ange était bien le pire des deux du point de vue de Loreleï. Parce que contrairement à son patron, le docteur Barrabil osait agir. Et ce qu'il faisait n'était pas beau.
Complètement terrorisée, Loreleï se figea dans le froid. Elle ne voulait pas voir le médecin. Cette main sur sa peau avait le même goût que le fer d'un bracelet de menottes. Les menaces dans sa voix sonnaient comme la sécurité d'un pistolet qu'on aurait fait sauter. L'adolescente, pour la première fois de sa vie, avait terriblement peur. Malheureusement elle n'avait plus la force pour être optimiste. Elle se prenait son échec en plein dans la tête. Boum. Comme une lame enfoncée dans la poitrine. Alors ça ressemblait à ça, la douleur ?
Il la tira soudainement vers lui et elle eut à affronter son visage. Le vent était maintenant dans son dos alors ses mèches lui brouillaient la vue mais elle distinguait à la perfection le charisme machiavélique de l'homme. Le voir dans son manteau tout chaud alors qu'elle grelottait de froid dans sa pauvre tenue de patiente fit remonter en elle une rage qu'elle croyait éteinte.

« J'imagine que t'es pas seule à être sortie? Ni que tu sois sortie toute seule, sans aides? T'inquiète que tu vas dire tout ça à monsieur Elpida. »


Elle écarquilla les yeux. Il ne devait pas trouver Alex et Aeden. Elle revoyait son frère abattu dans la neige. Est-ce que Aeden l'avait sauvé ? Est-ce qu'ils s'en étaient sortis ? Elle ne pouvait pas prendre le risque ... Dans le pire des cas elle se rassura en se disant qu'ils n'avaient pas de preuve mais ...
Elle prit une profonde inspiration et une décision : elle prendrait toute la faute sur elle. Ses camarades avaient déjà beaucoup trop risqués pour elle tout comme toute sa vie on l'avait surprotégée à cause de sa pathologie. Pour une fois elle prendrait les risques toute seule, comme une grande, et en assumerait les conséquences. Pour une fois elle serait celle qui protégerait ceux qu'elle aime.
Des gardes déboulèrent pour la prendre. Elle se laissa faire sans rien dire. Elle n'arrivait plus à ouvrir la bouche de toute façon tant elle était gelée. Mais tandis qu'on la tirait, elle ne lâcha pas le regard du médecin. Elle voulait lui faire comprendre que oui, elle avait peur de lui mais que non, jamais elle n'abandonnerait. Jamais elle ne cesserait de se battre.
Alors qu'on l'amenait à l'intérieur du bâtiment, elle se permit d'avoir un dernier espoir : celui qu'Alexander et Aeden soient saufs. Elle était sûre que c'était le cas : après tout, elle avait toujours eu un bon instinct.
hors rp:
Voilà, Lore est partie merci pour l'aide et on se retrouve en PLS tout ensemble une prochaine fois je suppose




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Il n'y a aucune raison pour qu'ça rate ! (Loreleï, Alexander, Aeden)

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