I swear, this is real, ft. Nevrabriel

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I swear, this is real

Donatien donnait toujours des surnoms à ses patients, comme pour signifier leur appartenance. Il en avait presque oublié le prénom d'Adélys à force de l'appeler « mon Lys ». Parce qu'elle était aussi fragile qu'une fleur et aussi délicate qu'un Lys, parce que sa peau pâle lui évoquait la blancheur des pétales et parce que toutes les deux avaient la pureté comme point commun. Elle était son Lys, tout le monde le savait et personne d'autre que lui n'employait ce surnom. C'était sa signature, en quelque sorte.
Nevrabriel était « mon pavot », transformé en « Pav » avec le temps. Un peu à cause du diminutif de son prénom, Nev. Et aussi parce que ça s'était imposé de lui-même au fur et à mesure des séances. Le pavot c'était pour le rouge de ses pétales en écho au rouge dans les cheveux de Nevrabriel, couleur que Donatien affectionnait tout particulièrement. Il aimait passer sa main dans ses cheveux durant leurs séances, c'était un des rares contacts humains qu'il appréciait. Mais évidemment, ce n'était pas seulement pour sa couleur que cette fleur était devenue le surnom de Nevrabriel, mais aussi pour sa signification. Elle en a des multiples, mais celle de la guérison, de la paix dans la mort et du succès étaient les plus pertinentes. Parce que c'était ce que lui évoquait son petit Pav : de l'apaisement, un moyen de soigner ses insomnies, et de la réussite. Il suffisait de se laisser absorber par ses yeux vairons pour aussitôt ressentir ce flot d'émotions positives.
Nous étions en février. Cela faisait un mois que Donatien avait changé ses horaires de consultations. Son manque de sommeil le bouffait, l'empêchait de se concentrer, et par conséquence il était devenu violent lors de ses consultations. Il se refusait de continuer à abîmer ainsi ses jolies fleurs. Alors c'était d'après les conseils de sa secrétaire qu'il commençait désormais ses journées à 8 heures.
Et il commençait avec Nevrabriel : son baume contre les cauchemar. Nevrabriel était un peu sa tasse de café, en fait. L'extension de son thé au jasmin de 7 heures infusé à 65 degrés.
Les bienfaits de ce remaniement s'était fait sentir : Donatien démarrait sa journée dans la bonne humeur. Tout était gelé dehors, comme figé dans le temps, et la salle de soins de son pavot prenait un temps fou à se réchauffer. Pourtant, ayant eu six bonnes heures de sommeil salvatrices, Donatien se sentait bien. Il était arrivé en avance et il préparait le dossier de son patient. Il avait prévu une séance psychologique afin de mieux cerner ses hallucinations. Cela faisait environ cinq ans qu'il essayait d'en percer le secret plutôt que de vouloir le guérir - car si son pavot guérissait, il quitterait l'Institut et Donatien ne voulait pas qu'il le quitte. Il avait peu avancé et ce matin il était décidé à remuer les méninges du rouquin.
A côté de la table d'auscultation et sous un néon criard, Donatien réfléchissait au déroulement des deux prochaines heures. Sur un chariot en fer étaient disposés l'épais dossier de Nevrabriel, un scalpel, du désinfectant et un flacon de médicaments. Ce dernier contenait un stimulant, un genre de drogue douce. C'était pour une expérience sur lui. Peut-être pas aujourd'hui, mais c'était à envisager.
Bon, tout semblait prêt et il serait bientôt huit heures.
Donatien enfila sa blouse, allongeant sa silhouette squelettique et renforçant son teint malade. Il n'oublia pas ses gants et son masque. Il attacha sa chevelure en une queue basse. Il semblait presque « normal ». Certes, ses clavicules saillaient malgré l'épaisseur de son col roulé blanc, son allure était toujours celle d'un pantin désarticulé et il imposait une ambiance lugubre malgré lui ;
mais ceci mis à part, ses intentions d'aujourd'hui étaient celles d'un médecin, tout simplement.
L'horloge indiqua huit heure.
Il était l'heure.



Hors RP:
Je n'avais pas précisé sur le discord mais oui, Dodo aime donner des surnoms à ses patients. Ca lui donne une sensation de pouvoir et de contrôle, donc j'espère que ça te va ><



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Dim 4 Fév - 15:10
Nevrabriel marcha tranquillement dans l’aile X du bâtiment. Le roux s’était levé un peu tard aujourd’hui, donc petit déjeuné un peu tard, toilette un peu tard, et pas assez de temps pour aller vagabonder hors de l’Institut. A moins d’être en retard pour son auscultation.
Comme toujours, Nevrabriel longeait les murs malgré les larges couloirs du bâtiment, son bonnet recouvrant l’intégralité de sa tignasse flamboyante. Il souriait aux personnes qui croisaient son regard, et rendait les salutations à ceux qui le faisaient.

Lorsque l’écossais agrippa la poignée de la porte, il entendit l’horloge à l’intérieur de la pièce sonner. C’était un peu un soulagement. Nevrabriel savait que son médecin détestait le retard. Du moins le retard des autres.

Nevrabriel entra dans la pièce entre la joie de voir son médecin qui le connaissait depuis bientôt cinq longues années et l'inquiétude de savoir si Donatien était dans ses mauvais jours.
Mais depuis qu’il avait changé ses horaires de consultations, son humeur était de plus en plus appréciable, ce qui était loin de déplaire aux rouquins qui n’aimaient pas lorsque le docteur Elpida était … violent.

En franchissant le seuil de la salle de soin, Nevrabriel émit un timide : "Bonjour." en retirant son bonnet qui laissa échapper ses mèches en batailles qui vinrent rencontrer ses yeux virons. Les cheveux rouges foncés de l’écossais prirent le soleil qui traversait les fenêtres de la pièce, les rendant flamboyant comme un feu ardent au milieu de la nuit.
L’arrivant avait beau voir le fils du directeur tout les jours ...  Ou plusieurs fois par jours peut-être, avec ses déjà-vus, Nevrabriel n'était jamais sûr de rien, le jeune homme avait beau connaitre son médecin et savoir que Donatien n’aimait pas les contacts physiques et était pointilleux sur la hiérarchie, parfois des petits surnoms involontaires se perdaient dans les phrases du rouquin,  et d'autres familiarités que la maladresse de Nevrabriel offraient.
Mais Monsieur Elpida avait vu grandit le jeune homme, c'était un peu comme un même de sa famille, non ? Bon... Un vieil ami alors ?

Les yeux de Nevrabriel  balayèrent la pièce avant de se poser sur un magnifique piano noir posé innocemment dans la salle. Les yeux vairons du jeune homme se mirent à s’ouvrir en grand et étinceler autant que ses cheveux rouges vifs lorsqu'ils rencontraient la lumière du soleil.
Son sourire timide devint éclatant d'insouciance, comme ceux d'un enfant ouvrant ses cadeaux le jour de Noël.
Oubliant sa pathologie et le fait que cela puisse être un élément de son passé, le jeune écossais s'exclama, enjoué :

_Dona ! Je savais pas que vous aviez un piano ! C'est nouveau ? Trop génial ! Vous l’avez depuis longtemps ? Vous savez en jouer ?

Se rendant compte qu'il venait d'appeler son médecin "Dona" comme ça lui arrivé parfois, mais rarement heureusement, par inadvertance, et que son débit de paroles allait en crescendo, Nevrabriel  se mit à rougir de gène et se calma aussitôt. Le jeune homme se repris, plus incertain, le regard fuyant le propriétaire des lieux :

_Pa-pardon. Je ... Eum ... Désolé ... Docteur Elpida …


Les yeux de Nevrabriel  vagabondèrent un moment, ne sachant plus vraiment où se mettre avant que son regard vairon ne reste sur le piano. Le patient avait soudainement peur que cela soit un élément de son passé et que cet instrument si apprécié ne s'envole en quelques clignements d'yeux. Cependant, il fallait bien qu’il fasse face à la réalité et ferma doucement les yeux. Si en les ouvrants l’instrument n’était plus là, ça serait dommage, mais c’est la vie.
Nevrabriel  demanda, à la fois timidement, tristement et honteusement :

_C’est une hallucination, n’est-ce pas ?


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Ven 9 Fév - 22:02


I swear, this is real

Le doux pavot était à l'heure. Enième bon point qui égayait la journée de Donatien. Ce n'était que le début, et pourtant tout allait bien. C'était rare que cela arrive, alors Donatien profita de chaque seconde. Il se tût, saluant son patient d'un signe de tête afin de ne pas rompre ce silence paisible. Il s'attarda sur la contemplation de la chevelure de Nevrabriel. Une telle couleur ne pouvait pas être réelle. Donatien avait l'impression de la re-découvrir chaque jour, et pourtant c'était la même. Ce rouge si profond était salvateur, hypnotique, délicieux pour les yeux. De plus, le contraste entre ses mèches vermillon et la pâleur de sa peau ne rendait Pav que plus attrayant. Dommage qu'il soit si grand.
Le médecin ne bougea pas de sa place à côté de la table d'auscultation. Ce n'était pas à lui de venir vers son patient, mais l'inverse. Il l'attendait patiemment, les bras derrière le dos, le menton levé. Mais ce fut à ce moment-là que les yeux atypiques de Pav passèrent de Donatien au coin de la pièce. L'adulte ne tourna même pas le visage dans cette direction. Il connaissait cette salle de soins par coeur et savait très bien que rien dans le fond de la pièce pouvait autant égayer le visage de Nevrabriel. Mais surtout, il avait appris à reconnaître les visions de son patient. Il lui arrivait de se tromper, mais c'était rare.
De ce fait, Donatien ne tiqua pas lorsque le patient s'émerveilla, croyant voir un piano. Il resta stoïque, même lorsqu'il fut surnommé "Dona". Le rouquin hallucinait, il n'avait plus le contrôle. C'était donc pardonnable. Et le médecin en chef jubilait intérieurement en anticipant la suite des événements : que ce soit dans cinq minutes ou dans une heure, Pav s'excuserait. Et Donatien adorait quand il s'excusait ! Il avait, dans ces cas-là, un tel sentiment de puissance que rien ne pouvait l'atteindre. Surtout si c'était la voix timide de son pavot qui lui implorait le pardon. Doux bourgeon qui fleurissait lentement depuis cinq ans déjà. Quand allait-il éclore ?

- Pa-pardon. Je ... Eum ... Désolé ... Docteur Elpida …

Tout y était : excuses bafouillées et la formulation "Docteur Elpida". Donatien dissimula un sourire. Il n'avait toujours pas cillé depuis que Nevrabriel était entré dans la pièce.

- C’est une hallucination, n’est-ce pas ?, demanda le rouquin après avoir fermé les yeux.

Donatien hésita longuement sur sa réponse. Soit il lui affirmait que oui, il était victime de lui-même et tentait de le soigner. Soit il lui mentait puis le poussait dans son hallucination pour que le pavot n'en soit que plus honteux et ses excuses que plus belles ?
Donatien fit enfin un geste. Dans un silence absolu où on l'entendait à peine respirer, il se saisit du flacon de drogues douces. Pas nécessaire pour l'instant, mais il voulait vérifier leur présence. En revanche, il prépara minutieusement un calmant. Il remplit la seringue, non sans surveiller du coin de l'oeil son protégé. Il savait que ce dernier n'était pas violent, mais Donatien avait pris connaissance de son dossier, et donc de son passé. Et même sans cela, c'était une précaution à prendre.
Donatien fit rouler le chariot de fer sur lequel reposait l'aiguille près de Pav. Parce qu'il était important que le patient ait tout de même un pied dans la réalité, Donatien passa sa main dans sa chevelure rousse et lui massa délicatement le crâne. Pendant ce temps, d'une voix posée, il lui expliqua:

- Tout va bien. C'est moi qui l'ait installé ici car je connais ton penchant pour la musique.

Il marqua une pause. Il était relativement proche physiquement de l'adolescent mais, étrangement, Donatien n'en était pas perturbé. Il continua de lui murmurer à l'oreille:

- Ouvre-les yeux, décris-le moi. Je veux être certain que tu le vois de façon cohérente.


Il voulait également connaître avec précision la vision faussée de son patient, cela l'aiderait mieux à mentir.




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Sam 10 Fév - 15:23
_C’est une hallucination, n’est-ce pas ?

Nevrabriel entendit le bruit du chariot en fer s’approcher de lui. Il aurait bien aimé ouvrir les yeux pour voir son médecin venir à sa rencontre, mais il n’était pas encore prêt à affronter sa pathologie. C’était trop cruel de si bon matin, surtout ce genre de souvenirs. Le roux aimait vraiment le piano, mais il ne pouvait pas en jouer, il ne pourrait peut-être plus en jouer encore pendant un long moment. Autant de temps qu’il resterait sur cette île.

Le jeune homme savait que le docteur était à ses cotés mais n’eut la confirmation que lorsque ce dernier passa une main délicate dans sa chevelure, comme un rituel lorsque roux passait la porte de la salle de soin. Ainsi proche, Donatien lui affirma, d’une voix calme, comme un murmure rassurant :

_ Tout va bien. C'est moi qui l’aie installé ici car je connais ton penchant pour la musique.

Vraiment ? Il avait fait ça … pour lui ? C’était vraiment trop beau pour être vrai !
D’ailleurs, c’était trop beau pour être vrai, le docteur ne serai pas sadique au point de lui faire ce genre de blague, tout de même ? Même pour le soigner, c’était bien trop cruel. Et comment aurait-il eut un piano avec le ravitaillement restreint ? Mais Donatien restait le fils du directeur, ça lui offrait un pouvoir assez grand sur cette petite île.

Nevrabriel fit une légère moue en mordant doucement sa mâchoire inférieure. Il ne savait pas s’il avait le droit à ce genre de cadeau et avait peur de ne pas pouvoir y toucher. Ça serait encore plus cruel, comme mettre une gourde remplis d’eau à un mourant dans le désert et lui ordonner de ne pas y toucher. Image exagérée sans doute, mais Nevrabriel se sentait comme une âme errant dans le désert avec la peur que cette gourde le lui soit interdite.

_ Ouvre-les yeux, décris-le moi. Je veux être certain que tu le vois de façon cohérente.

Réticent mais obéissant, Nevrabriel avala sa salive et ouvrit doucement ses yeux vairons. Son regard rencontra tout d’abord son médecin toujours stoïque, qui se trouvait assez près de sa personne, assez pour lui murmurer ses ordres du moins. Puis, les yeux du patient allèrent vers le coin de la pièce où se trouvait ce grand et majestueux piano. Il y avait tellement de soleil dans la pièce qu’il eut du mal à le distinguer aux premières secondes, mais les couleurs et les volumes se dessinèrent dans son regard alors que ses yeux fixaient l’objet de sa convoitise.
Il dû prendre quelques instants pour lui, entre l’envie dévorante de se jeter dessus pour entendre des accords qu’il connaissait par cœur, et le devoir d’obéir à son médecin.
Un sourire ému se dessina sur son visage. Ses rougeurs avaient complètement disparut de ses joues, laissant place à sa pâleur naturelle.

_C’est … un piano droit. D’un bois miroitant comme un galet dans une rivière où le soleil se reflète. Je dirais qu’il est entièrement artisanal. Il y a des motifs baroques et des bas reliefs gravés dessus. Les pieds sont sculptés également, toujours avec des motifs baroques et du bas relief. Il est tellement beau qu’on dirait un meuble en bois massif.

Nevrabriel émit une pose en fixant d’avantage le clavier et les pédales de l’instrument, le soleil lui faisant moins mal à ses rétines. Même si l’instrument était d’une beauté renversante, il y avait tout de même des éléments qui laissait à penser que l’instrument avait eut un propriétaire, ou qu’il en avait toujours un.
Le jeune patient avait l’impression d’avoir déjà vu le piano, mais il n’osait pas le dire au médecin. Il paraissait déjà idiot de ne pas reconnaitre la réalité de ses hallucinations, après des années de vie commune avec cette maudite pathologie.

_Il est vraiment propre. Ciré et vernie. Mais pas si neuf que ça, les pédales ont été utilisé maintes fois. Il y a des touches moins noires que n’autres. Ça se voit à peine, mais c’est une marque qui montre que l’instrument  a un certain âge.

De là où il était, Nevrabriel ne comprenait pas comment il avait pu voir la teinte des touches du piano, mais ça lui paraissait une évidence, comme s’il le savait.
Interrogateur, le roux se tourna vers son médecin, essayant de chercher des réponses auprès de lui.


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Mar 20 Fév - 19:07


I swear, this is real

Sous ses caresses, Donatien sentait l'explosion d'émotions de son patient. Face à un piano il devait être heureux comme jamais. Tant mieux, sa déception n'en serait que plus violente et son auto-apitoiement que plus beau. Donatien était également un dans un état d'excitation rare. Il avait tellement hâte de voir son pavot le valoriser grâce à ses excuses. Gentil garçon.

- C’est … un piano droit. D’un bois miroitant comme un galet dans une rivière où le soleil se reflète. Je dirais qu’il est entièrement artisanal. Il y a des motifs baroques et des bas reliefs gravés dessus. Les pieds sont sculptés également, toujours avec des motifs baroques et du bas relief. Il est tellement beau qu’on dirait un meuble en bois massif.

La précision de cette description surprit Donatien. Mais elle en disait si long sur Nevrabriel : à quel point il tenait à la musique, et combien il sublimait l'instrument. C'était de mieux en mieux.
Le médecin regardait dans la même direction que le piano. C'était un coin de la pièce quasiment vide. Il y faisait sombre, comme c'était le cas depuis quelque jours de soleil. On discernait à peine l'armoire froide posée contre le mur. Aucun motif, que du sobre. C'était juste un endroit vide, glacé, sans rien d'intéressant.

- Il est vraiment propre. Ciré et vernie. Mais pas si neuf que ça, les pédales ont été utilisé maintes fois. Il y a des touches moins noires que n’autres. Ça se voit à peine, mais c’est une marque qui montre que l’instrument a un certain âge.

D'ordinaire, Donatien ne supportait pas les longs discours, mais aujourd'hui était visiblement à marquer d'une pierre blanche. Il était très attentif au moindre mot de Pav. Il voulait les peser, les réfléchir, les comprendre. Il voulait savoir ce que chaque syllabe sous-entendait. Ce piano, on aurait dit qu'il l'avait déjà vu. Ce n'était pas étonnant, le cerveau ne peut pas inventer quelque chose qu'il ne connaît pas. Mais ici, l'instrument semblait avoir une valeur sentimentale.
De mieux en mieux.
Le pavot tourna son visage vers son médecin qui, en retour, plongea ses yeux dans les siens. Un sourire se voulant rassurant sur les lèvres, il l'observa sans ciller, sa main toujours dans sa chevelure rousse.
Bien, il était temps de le confronter à sa vision.
Il se détacha de lui très lentement et avança d'à peine deux pas vers cet endroit où aurait pu être le piano. Il ne fallait pas qu'il bouge trop car il pouvait casser l'hallucination, mais il devait avoir l'air sûr de lui pour renforcer l'illusion.
Il tendit la main vers son patient et, d'une voix douce, lui dit :

- Qu'est-ce que tu attends ? Viens en jouer.

Il continuait de sourire. Il n'arrivait pas à se défaire de cette joie qui grondait dans son ventre et qu'il était obligé de calmer pour mieux la savourer à l'avenir.
Allez petit pavot, comment vas-tu faire écouter une mélodie que toi seul entend ?




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Mer 21 Fév - 14:46
Lorsque Nevrabriel croisa les yeux de son médecin, Donatien se mit à sourire. Le jeune écossais ne savait pas si c’était un sourire d’amusement, de satisfaction, d’encouragement ou simplement pour rassurer son patient qui semblait perdu.
Après les explications de son patient, Donatien avança vers l’instrument. Nevrabriel trouvait le docteur très … à l’écoute, lui qui n’aimait pas vraiment les longues conversations. Peut-être travaillait-il sur lui-même ces temps-ci ? Il fallait dire que le docteur Elpida était … spéciale, comme personne.
Nevrabriel regarda la main tendue de son médecin. Ses yeux vairons passaient de cette main bien maigre à ce piano si joliment sculpté.

_ Qu'est-ce que tu attends ? Viens en jouer.

Nevrabriel hésita encore un peu mais finit par acquiescer, le sourire aux lèvres. Il était impatient d’entendre le doux chant de cet instrument au moment de faire danser ses doigts sur chacune des touches qui composaient le piano. Il était également impatient de montrer ses talents à Donatien. Si le médecin en chef l’avait mis là, c’est qu’il devait certainement aimer le piano lui aussi !

A mesure que les pas du roux l’entrainaient vers l’objet de sa convoitise, il sentit comme des bourdonnements dans ses oreilles. Généralement ça lui arrivait lorsque ses hallucinations étaient trop fortes. C’était vraiment désagréable, mais l’écossais se montra plus fort et continua d’avancer vers le piano. Le piano était vrai. Il était vrai !

A quelque pas, il s’arrêta, regardant une nouvelle fois l’instrument qu’il avait vraiment l’impression d’avoir déjà vu. Il n’avait qu’une envie : le toucher.
Sa main pâle alla lentement vers l’un des bas reliefs qui formait le haut du piano. Son geste était lent, à la fois émerveillé, passionné et remplis de béatitude.

Mais lorsque ses doigts frôlèrent le piano, le temps d’un battement d’yeux, le piano avait disparut. La lumière, le reflet du soleil sur le clavier bicolore. Rien. Il n’y avait rien. L’endroit était blanc, blanc comme l’uniforme de Nevrabriel, blanc comme les cheveux de Donatien. Sans couleur, sans vie, sans chaleur.
Nevrabriel se figea. Lui, sa main, son corps, son âme. Tout son être était figé.
Qu’est-ce qui s’était passé ? Ses bourdonnements avaient disparus. Alors, ce n’était qu’une illusion ?
Non …
Après quelques secondes de blocage, le roux releva la tête et regard autour de lui, en panique. La salle de soin n’avait rien de changé. Elle était la même, celle qu’il a toujours connu. Il n’y avait jamais eu de piano. C’était faux. C’était une illusion de son passé.

Pourquoi était-il comme ça, à voir des choses irréelles ?
Et pourquoi Donatien était si cruel ?

Nevrabriel serra les dents alors que son cœur était crispé au possible. Ses yeux perdirent tout leur éclat. Il regard un instant son médecin, ne comprend pas pourquoi cette cruauté. Ça le faisait rire de le voir la peine dans les yeux de son patient ?
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

_Pourquoi ?

C’était la question que se répétait tout le temps Nevrabriel et qui finit par traverser ses lèvres. S’en rendant compte immédiatement, il se surprit lui-même et l’étonnement se mélangea à sa profonde tristesse.

_Pardon je …

Et l’étonnement fut de courte durée, la peine reprenant ses droits dans tout son être.

Sentant ses jambes faiblir, Nevrabriel s’accroupi, le visage rivé vers le sol, fixant son ombre. Les mains passèrent le long de ses cheveux pour s’arrêter à sa nuque. Il semblait encore plus blanc qu’à son habitude, mais ça, Donatien ne pouvait que le deviner en vu de la position du jeune homme.
Il était soumis.
Soumis à sa maladie. Soumis à son médecin. Il ne savait pas pourquoi son docteur le poussait ainsi à bout. C’était cruel, c’était pénible. Le jeune écossais avait l’impression de se fissurer intérieurement.
Malgré tout, Nevrabriel n’avait aucune haine envers Donatien, aucun mépris, il ne lui en voulait pas pour ce qu’il venait de faire.

_Je suis désolé …

Il s’excusait, mais il ne savait même pas pourquoi. Certainement pour être ce qu’il était : malade. Ça lui faisait du mal, ça faisait du mal à famille, à ses amis, à tous le monde. Oui, il n’en voulait pas au docteur Elpida de lui avoir fait cette torture psychologique, de le faire espérer pour mieux le briser. Loin de là, Nevrabriel s’en voulait à lui-même. Et, certainement, il s’en voudrait toujours d’être ce qu’il était.

_Désolé … Désolé …

Nevrabriel ne pleurait pas, même si son cœur et tout son être était déchiré au point qu’il le voulait. Pour un piano ? Non. C’était le fait que tout ce qu’il aimait n’était qu’illusion. Sa sœur qu’il voyait dans les coins de couloirs n’était qu’illusion. Les animaux qui passaient devant lui n’étaient qu’illusion. Les souvenirs tendres qu’il revoyait comme si c’était réel. Des illusions. Sa vie était une illusion. Ces illusions lui faisait du mal et lui faisait faire du mal aux autres.
Encore accroupi, le visage rivé vers le sol, le jeune homme termina son flot d’excuses :

_J’aurais dû le savoir … Pardon …


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Sam 3 Mar - 22:09


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Plus l'étincelle dans les yeux du pavot brillait, plus Donatien jubilait. Quand l'hallucination prenait de l'ampleur, Nevrabriel souffrait de bourdonnements. Son médecin l'imaginait donc bien aller au delà de la douleur. Le piano était plus important que cette souffrance. Intéressant. La chute n'en serait que plus terrible.
Le rouquin tendit la main. Elle était secouée de légers tremblements. Était-ce la peur ou l'excitation qui l'animait ? Bon sang, Pav était un sujet tellement intéressant à étudier. Il paraissait à l'instant si brave ... Le contraste avec la déception serait violent.
Et cette déception ne tarda pas à venir. Quand il réalisa qu'il ne pouvait pas le toucher, Nevrabriel sembla se décomposer. Donatien eut presque l'impression de voir la disparition du piano en même temps que lui. Son patient était transparent, il était facile de voir à travers ses yeux. Il était facile de se glisser dans son esprit. Et c'était parce qu'il était évident de le soumettre que Donatien aimait sincèrement son patient. A le voir scruter ainsi la pièce, il devina qu'il la redécouvrait. C'était jouissif, tellement jouissif. Donatien était le seul à savoir de puis le début, il avait été le guide de Pav qui lui avait aveuglément fait confiance et qui continuerait à l'avenir de croire en lui. C'était si beau cette dévotion, si rassurant. Donatien se sentait apaisé suite à cette pensée.
Et puis enfin vint le flot d'excuses. Le premier "pourquoi" déclencha un discret ricanement chez Donatien. Ce n'était pas moqueur, c'était plutôt salvateur, comme un soupir de soulagement.
Le premier "pardon" accrût ce rire. Et, finalement, plus Pav s'excusait, plus Donatien riait. A la fin on n'entendait plus les excuses étouffées du patient tant le médecin riait à gorge déployée. La tête rejetée en arrière, ce son grinçant noyait les autres bruits parasites de la place. Oh bon sang, c'était si bon d'être le meilleur. Ses insomnies n'avaient pas de sens, ses peurs n'avaient pas de sens, rien n'avaient de s'il était au dessus de tout.
Il avait le coeur léger - du moins s'il en avait un. Il avait envie de s'écrouler de rire mais comme il n'y avait que les faibles qui tombaient, il se contenterait de rester debout.
A vrai dire, quand Nevrabriel se recroquevilla, Donatien se posta face à lui. Le patient à terre, le médecin debout. Qu'importe la situation, il avait le pouvoir.
Après avoir fini de rire, Donatien se pencha vers son patient afin de saisir son menton dans sa main. Il força ce dernier à le regarder dans les yeux. Ses yeux vairons, comme deux chaussettes dépareillées. C'était comme s'il avait enfilé ses yeux dans le noir, sans regarder ce qu'il prenait. Mais Donatien se fichait de la couleur, ce qui l'intéressait c'était ce que son regard disait.
Le sien était aiguisé et malicieux. Il prenait du plaisir à le voir souffrir, oui. C'était dans ce genre de moment qu'il se rendait compte à quel point il aimait ses patients, à quel point ils lui étaient bénéfiques. Sans eux, il était perdu.
Il attendit que la tension descende, que les pardon s'estompent. Puis, dans un chuchotement, dit à son patient :

- Tout va bien. C'est fini. Tu as fais du bon travail.

Il patienta encore, désirant ancrer son regard dans celui du rouquin. Comme s'il voulait prendre possession de lui.
Puis, finalement, il le lâcha. Il se dirigea vers la table d'auscultation et la tapota gentiment, un sourire indescriptible sur le visage. Il la prépara précautionneusement, ajustant la lumière fade au dessus du métal froid.
La séance de soins n'était pas finie.



hors rp:
C'est de pire en pire, pardon x) -mais j'aime bien ça haha- . Sinon je ne t'apporte pas grand chose, j'espère que ça te conviens quand même ^^



Donatien t'honore de sa parole en #0099ff
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Dim 4 Mar - 4:10
_J’aurais dû le savoir … Pardon …

Pourquoi Donatien riait-il ? Pourquoi se moquait-il d’une pauvre âme qu’il tourmente ? C’était blessant de penser cela. Mais malgré que Nevrabriel entendait les rires du médecin, son esprit troublé ne faisait que lui rappeler sa condition de patient. Ce pourquoi il s’était retrouvé dans un asile depuis l’année de ses quinze ans.

Alors que les yeux de Nevrabriel étaient perdus sur le sol si froid de la pièce, la maigre main de son médecin lui souleva le menton. Le roux n’avait aucune envie de montrer qu’il était effondré, même si sa seule position illustrait son sentiment impuissant et accablé.
Donatien le força à le regarder dans les yeux. Les yeux du médecin étaient sans chaleur et remplis de vice. Dans ses iris noisette luisaient cette couleur dorée qui sondait l’âme du jeune homme. Nevrabriel n’aimait pas ça. Mais que pouvait-il y faire ?

_Tout va bien. C'est fini. Tu as fais du bon travail.

Le roux crut que son médecin allait se détacher de lui après ces mots, mais non, il continua de fixer son patient avec insistance. Nevrabriel ne quittait pas ses yeux des siens. Il savait que moins il le regarderait, plus Donatien le tiendrait ainsi captif du bout de ses doigts.

Lorsque le docteur finit par lâcher Nevrabriel et se lever pour se rendre devant sa table d’auscultation, le roux exprima un silencieux et discret soupire de soulagement. De nature timide, regarder les gens dans les yeux n’était pas vraiment ce qu’il affectionnait le plus. Surtout lorsque son interlocuteur le regardait de manière malicieuse en sondant son âme. De son goût, il manquait cruellement de courage, se laissant ainsi intimider par de simples yeux.
Peut-être était-ce pour ça qu’Adèlys ne semblait pas très à l’aise après ses auscultations ; Donatien lui faisait peur ?
Nevrabriel aimerait affirmer que le médecin n’était pas méchant. Mais il se montrait parfois trop bien cruel pour que l’écossais fasse de telles promesses.

Lorsque le jeune homme entendit le grincement de la lampe faire écho dans cette pièce si vide et froide, il reporta son attention à son médecin, sans toutefois se lever de sa position. Le docteur Elpida préparait sa zone de travail. Le tapotement tantôt sur la table métallique signifiait qu’il attendait que son patient le rejoigne.

Nevrabriel obéit, malgré tout. Il du tout de même prendre un peu de temps avant de se lever, comme si son corps était excessivement lourd. Généralement, ses hallucinations lui faisait mal à la tête, parfois une simple migraine, parfois c’était si atroce qu’il voulait s’assommer dans l’espoir de ne plus rien ressentir. Mais là, cette douleur mélangée à la grande déception que lui avait offerte son médecin, Nevrabriel était épuisé. Vidé de toute énergie. Il était peut-être victime d’une chute de tension, étant passé d’un état extrême à un autre, allez savoir …
L’écossais se traina jusqu’à la table et s’y assit. Le jeune homme n’était pas bien lourd, mais laissa tout son poids tomber sur la table, tant et si bien que celle-ci eut un léger rebond. Nevrabriel appuya sur ses mains de part et d'autre de son corps afin de rester assis et droit.
Les yeux rivés sur le sol, il voulut avouer à Donatien qu’il était fatigué, n'étant certainement pas près a recevoir un autre choque. Mais Nevrabriel n’en eut pas la force et s’enferma dans un profond silence qui ne lui ressemblait pas, attendant les instructions de son cruel médecin. Si Donatien comptait le pousser dans ses retranchements, alors, la séance était loin d'être finit.

Nevrabriel sentit que cette journée allait être longue et pénible tout comme le temps qu’il allait passer sur cette table froide, dans cette pièce froide avec un être tout aussi froid.



HRP:
Je pense que Nev n'a pas besoin de mots, mais si tu préfères que j'en mette pour la suite, dis le moi, jte mettrais un petit dialogue à la fin Smile


Le plus gentil 2017/2018

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Lun 12 Mar - 21:07


I swear, this is real

Donatien se faisait violence : il mourrait d'envie d'endormir Pav, de le regarder perdre conscience. Son visage endormi était si beau. Il voulait le voir sombrer, il voulait profiter de son sommeil forcé... Peut-être qu'il pourrait juste passer sa main dans sa chevelure durant le reste de la séance. Ou titiller un peu ses nerfs.
Tendu derrière la table d'auscultation, Donatien retenait cette envie avec difficulté. On pouvait peut-être le juger impassible à son visage, mais ses pupilles dilatées et ses muscles crispés le trahissaient.
Le Pavot mit un certain temps à venir s'allonger. Donatien se délectait de voir son corps lourd, un corps qu'il imagina douloureux. Une prison de chair bien réelle, éprouvant des difficultés à se remettre des trahisons de son cerveau. Le médecin avait tiré l'illusion jusqu'à son maximum, alors il supposa que Nevrabriel était dans un état comateux. De ce qu'il avait noté, son patient souffrait de migraines dans ces cas-là. Après une hallucination, il était toujours désorienté. Et plus l'hallucination était forte ...
Les bras croisés, le souffle difficile à prendre, Donatien observa Pav s'installer gauchement. Il ne l'aidait pas, se contentait d'imprégner cette vision du garçon en galère dans son esprit. Il ferma les yeux, gravant cette image dans sa mémoire, espérant qu'elle apaise son désir de le blesser. Mais le rouge des mèches du patient accroissaient les besoins de l'adulte.
Quand il rouvrit les yeux, les pupilles de Donatien avaient tellement rétrécies qu'elles avaient presque disparues. C'était mauvais, bien trop mauvais. Il ne voulait pas faire du mal à Pavot, il ne le voulait pas.
Il se racla la gorge pour se donner contenance mais les tremblements de ses doigts lorsqu'il saisit le dossier de son patient mettaient en exergue sa confusion.
Il ne pouvait pas lui administrer un sédatif, ce n'était pas pour ça qu'il faisait ça. Le sédatif c'était si Nevrabriel souffrait trop, s'il devenait incontrôlable.

- Alors, on va s'occuper de ... de tester ton ...

Parler pour ne rien dire. Bafouiller. Ça ne lui ressemblait pas.
Il avait considérablement pâli, comme si son visage s'était vidé de son sang. En voulant tourner une page du dossier, il fit tomber ce dernier et, comme si emporté dans l'élan il allait chuter il aussi, il se rattrapa au poignet de son patient.
Il était médecin. Médecin en chef même ! Il n'avait pas le droit d'avoir de pareilles pensées ! Mais d'un autre côté ... Comment résister à ses pulsions ... ?
De son autre main il s'aggrippa les cheveux et sans s'en rendre compte, lâcha un faible :

- Pardon ...



hors rp:
Ce rp m'échappe totalement, Donatien a perdu le contrôle sans que je m'en rende compte x) Ca me va toujours bien sûr, mais si la tournure que ça prend te déplaît je peux changer !



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Mar 13 Mar - 1:49
Lorsque Nevrabriel fut finalement allongé sur la table, comme un patient prêt a être charcuté, ses yeux vairons se tournèrent vers son médecin. Ce dernier se tenait droit. Toujours droit. Toujours calme. Bras croisés, il fixait le jeune homme.
Donatien finit par se racler la gorge avant de prendre le dossier de Nevrabriel.
Ce dernier en profita pour fermer les yeux pendant un instant. Ses mèches écarlates s’éparpillées autour de sa tête tels les rayons de soleil rougissant au crépuscule. Certaines de ces mèches tombèrent tout de même sur ses yeux, incapable de connaitre un autre emplacement sur son visage bien pâle.
Lorsque Nevrabriel rougissait, les tâches de rousseurs qu’il avait sous les yeux étaient très visibles, cependant, lorsqu’il était rempli de fatigue, sa peau devenait plus blanche et les faisait disparaitre, laissant les cernes prendre leur place. Le visage de Nevrabriel commençait à changer de couleur pour ce hâle fatigué comme une fleur sur le point d’hiberner.

_  Alors, on va s'occuper de ... de tester ton ...

Nevrabriel ouvrit doucement les yeux en entendant Donatien. Quelque chose n’allait pas. La voix de Donatien semblait trop incertaine. Soucieux de son médecin, le jeune homme leva doucement la tête pour voir ce qu’il se passait et sursaut lorsque le dossier tomba au sol. Le dossier n’était fait que de papiers, le bruit ne fit pas tant de drame, mais la pièce était si peu meublée que le papier contre le sol raisonna avec violence.
Vivement, Donatien agrippa la main de Nevrabriel pour se rattraper, le patient allait se redresser pour voir si tout allait bien, mais Donatien se retourna et agrippa violemment les cheveux de l’écossais. Les yeux du médecin étaient si dilatés qu’il était affreusement effrayant.

Les yeux de Nevrabriel s’ouvrir en grand et son cœur se mit à battre vivement dans sa poitrine. Donatien lui faisait peur … Une peur bleu. C’était dans ses moments que le jeune homme ne savait pas quoi faire, quoi dire, comment agir. Il avait tellement peur que cette homme lui fasse du mal, parce qu’il savait qu’il ne pourrait pas se défendre. Et s’il se défendait, ça serait pire.
Il n’y avait rien à faire.
Juste, être fort intérieurement et espérait que tout irait bien.

Nevrabriel leva sa main libre pour venir serrer amicalement celle de Donatien qui avait agrippé sa chevelure, voulant calmer son médecin. Il espérait trouver un geste, des mots, qui puissent ramener Donatien vers le roux et faire taire l’étrange bête qui était en lui.
Mais le patient se résigna. Le docteur Elpida n’était pas une personne qui appréciait les contacts physique, sauf lorsque c’est lui qui en offrait. Nevrabriel ne voulait pas risquer de l’offenser plus qu’il ne semblait déjà l’être.
Même si Donatien semblait vraiment effrayant à cet instant, il s’était excusé. Il était confus. Il était encore conscient, quelque part.

_V-vous … Vous …

Nevrabriel allait lui proposer d’annuler l’auscultation si le docteur ne se sentait pas bien. Et surtout pour éviter de subir la polyvalence de ce dernier. Mais proposer quelque chose à Donatien était peut-être pire. Les choses étaient faites selon ses volontés. S’il n’avait pas dis à Nevrabriel de sortir, alors la séance continuait.
Et la séance continuerait …

_Ce n’est rien … Docteur … Elpida … C’est moi qui suis désolé …


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Sam 24 Mar - 19:06


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Donatien ne comprenait plus rien. Il perdait le contrôle. Il perdait le contrôle sur ce qu'il y avait de plus important : lui-même. S'il y avait bien quelque chose qui le rendait malade c'était bien cela. Et plus il s'en rendait compte, moins il allait bien.
Son corps ne trahissait pas vraiment ses vertiges et peurs. Pas de sursauts. Pas de respiration haletante. Pas de larmes. Il était juste courbé sur son patient, sa main dans ses cheveux, les yeux fermés. Il se focalisait sur les petites lumières qu'on apercevait quand on avait les paupières closes. Cela le calmait. Elles dansaient dans l'obscurité, tournoyant avec malice. De temps en temps elles s'éteignaient pour se rallumer ailleurs. On aurait dit des fausses étoiles dans de vrais ténèbres.
Et puis la voix de Pav alluma d'autres sources lumineuses.

– V-vous … Vous …

Donatien se reconnecta petit à petit. Les mèches du patient dans sa paume de main qui le chatouillait doucement. La respiration de ce dernier traduite par un milliers de signe : le souffle qu'on entend passer par le nez, sa chaleur contre son épiderme, la poitrine qui se soulève à un certain rythme, le ventre qui se gonfle et se dégonfle... Tout cela rassurait le médecin qui reprenait le contrôle.
Son pavot était en train de chasser les ombres.
Tout comme Lys le faisait avec un simple sourire.
Donatien n'était vraiment rien sans ses patients.

– Ce n'est rien Docteur Elpida … C'est moi qui suis désolé …

Donatien eut un petit sourire. « Docteur » et « Désolé ». Décidément, le rouquin savait comment s'y faire.
Donatien se releva lentement, comme si chaque os avait besoin d'avoir son moment pour reprendre une position debout. Puis il plongea ses yeux dans ceux de son patient. Sa main n'avait toujours pas quittée sa chevelure. Ce rouge était beaucoup trop hypnotisant, beaucoup trop thérapeutique. Il était le sang que Donatien s'interdisait de verser sur Pav. D'ailleurs, il blessait rarement physiquement le jeune homme. S'il se plaisait à couper les jambes de Lys, il préférait jouer avec le cerveau de Pav.
Comme il l'avait fait aujourd'hui. Et pour la première fois il en éprouvait de la culpabilité.
Encore un peu sonné, il détourna le regard et retira sa main. Il se racla la gorge et toussa un peu, comme pour reprendre contenance. Puis il tourna le dos et ôta sa blouse.

– Tes hallucinations sont vraiment impressionnantes, reprit-il, professionnel, comme si rien ne venait d'arriver.

Il n'avait plus envie de le torturer. Les pulsions étaient finies. Il finirait la séance plus tôt aujourd'hui : tous les deux avaient besoin de repos.
Il saisit le dossier du patient et un stylo. Il aurait pu prendre le dictaphone mais Donatien avait beaucoup trop de mal avec la technologie.
Il s'assit face à son patient, sur le tabouret de métal, une jambe croisée sur l'autre. C'était l'heure du rapport.

– Bien, tu vas me décrire avec précision ce que tu as ressenti physiquement et moralement quand tu as vu le piano, quand tu as eu la confirmation qu'il était réel et quand tu as compris que c'était une hallucination.

Donatien nota la date du jour, l'heure, et en introduction, quelle avait été l'hallucination de pavot. Il en profita pour préciser que la patient avait été très descriptif, que ses illusions n'étaient pas quelque chose de vague. Il souligna le mot « piano » au rouge. Ce n'était pas anodin que Nevrabriel en ait vu un.




Donatien t'honore de sa parole en #0099ff
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Sam 31 Mar - 13:54
_Ce n’est rien … Docteur … Elpida … C’est moi qui suis désolé …

Nevrabriel observa la réaction de son médecin. Ses yeux vairons pouvaient rester posés sur le visage du médecin puisse qu’il le connaissait depuis longtemps. Et l’écossais préférait se préparer à affronter Donatien si le besoin en était. Evidement, il ne pouvait rien faire contre son médecin, mais une préparation psychologique à affronter la douleur était bien utile.
Heureusement, Donatien émit un léger sourire, fin, discret, mais présent. Le médecin se releva lentement avant de fixer Nevrabriel qui ne détourna pas le regard, bien trop à l’affut des gestes de la personne qui était devenu son tortionnaire, pour aujourd’hui.
Lorsque Donatien se reprit totalement, ayant lâché Nevrabriel, se raclant la gorges, le roux se relâcha légèrement, mais pas entièrement.

_ Tes hallucinations sont vraiment impressionnantes.

Donatien parlait comme s’il ne s’était rien produit. Il était ainsi. Cette facette de lui le rendait terriblement … effrayant. Il avait une colère froide, des pulsions aléatoires, malgré son calme régnait une étrange aura sombre. Bien que Nevrabriel le constatait de jour en jour, il ne pouvait s’empêcher de faire confiance en cette être étrange, se persuadant que ce n’était rien, que Donatien était bienveillant et que tout ce qu’il faisait était pour le bien de l’écossais. Tout. Absolument tout.

_ Bien, tu vas me décrire avec précision ce que tu as ressenti physiquement et moralement quand tu as vu le piano, quand tu as eu la confirmation qu'il était réel et quand tu as compris que c'était une hallucination.

Nevrabriel se rallongea, l'action du médecin l'avait réveillé d'un coup, stimulé par la peur. Cependant, maintenant que Donatien était loin de lui, il sentit toute la pression redescendre et son corps se relâcha sur le métal froid. Le roux posa une main sur son ventre. Le mouvement de son thorax montant et descendant le maintenait en éveille. Si sa respiration se ferait plus lente, ça voudrait dire qu'il allait s'endormir. Et ce n'était pas forcément une bonne chose durant une auscultation.

_Lorsque je le pensais réel ...  Je sentais une grande joie. La musique me manque et je pensais avoir la chance de pouvoir en jouer. Il y avait cette chaleur dans mon coeur...  J'étais heureux, je crois …

Le roux prit un léger temps de pose. Il ne savait pas vraiment ce qu’était le bonheur. Mais il semblait que cette chaleur agréable qui lui faisait oublier la douleur était une réaction qu’on pouvait appeler : bonheur.

_Un peu comme un enfant le jour de Noël qui découvre son jouet désiré au pied du sapin.

Puis, Nevrabriel émit un soupire. Laissant le temps à Donatien d’écrire ses notes et sentant son corps devenir de plus en plus lourds sur ce lit des plus inconfortable.

_Physiquement, j'entendais des bourdonnements. Ils étaient assourdissants. Comme si on me mettait une alarme au creux de l’oreille en me cognant la tête à barre de fer. Tout l'indiquait que c'était faux. Mon impression de déjà vu, le fait que je voyais des détails que je ne pouvais pas voir avec la distance. Les bourdonnements ... Mais j'y ai vraiment cru ... Que cet horrible sensation dans ma tête m'était totalement égale. J'étais hypnotisé ...

Nevrabriel se tut un moment. Il ne voulait pas ajouter « et parce que je croyais en vous. », il se doutait que Donatien n’allait pas se sentir coupable de jouer avec la confiance aveugle que le roux plaçait en lui. Il allait peut-être s’en délecter. Mais au fond, l’écossais voulait croire que le médecin se voulait imperturbable mais regrettait tout de même. Plus que ça, Nevrabriel ne voulait pas causer du tord et des remords à autrui.

_Je ne me souviens pas où est-ce que j'ai vu ce piano autrefois. Mais je suis persuadé qu'il avait de la valeur pour moi ...

Nevrabriel s'arrêta un instant. Le souffle plus lent, ses paupières étaient vraiment lourdes. Son corps était lourd. Sa voix un peu plus lointaine, comme prêt à enlacer Morphée. Mais le roux finit par se reprendre, ouvrant ses yeux vairons vers ce plafond sans vie. Il ne pouvait pas s’endormir ici. Surtout que le médecin ne voudrait certainement pas manqué son rendez-vous avec Adèlys.

_Maintenant ... physiquement...  Je suis épuisé. Mes bourdonnements se sont arrêtés en emportant mon énergie.

Nevrabriel passa une main sur sa bouche. Pas de sang. Parfait. Apparemment ce n'était pas assez violent pour qu’il fasse une crise.
Ses plus grandes crises lui faisaient attendre son paroxysme de tolérance à la douleur et son corps le lui montrait bien par des nausées ou vomissements et des saignements de nez. Apparemment, vomir était une indication du seuil extrême de la douleur et l’écossais n’y échappait pas. Le saignement, lui avait-on dis, était son cerveau qui envoyait des signes trompeurs d’une attaque cérébrale comme la consommation d’alcool ou de drogue qui attaque cette zone et déclencherait des épistaxis (saignements de nez). Mais ces deux facteurs allaient l’un avec l’autres et lorsque ça lui arrivait, l’écossais allait si mal que le seul moyen de le soulager était de l’endormir.

_Mentalement ... Je ...  Je suis épuisé aussi. Je me sens coupable de tout ça. J'aurais du savoir que c'était faux. J'ai l'impression que ma vie est une boucle de mon passé. Je ... Je me dis ... Que je ne guérirais jamais ...

Nevrabriel serra son uniforme par la main sur son ventre. Il avait l'impression de se répéter. Donatien savait très bien ce qui troublait le jeune homme depuis qu'on lui avait dis que l’ecmnésie entrainait un Alzheimer précoce. Guérir était un bonus, oublier était une hantise.

_Ça ne me dérange pas de ne pas guérir. Mais je ne veux pas oublier …


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Dim 15 Avr - 13:40


I swear, this is real

Pour une fois, Donatien fit taire ses voix intérieures pour écouter autrui. Il avait envie de se focaliser sur Pavot, juste Pavot. Cela lui demandait plus d'effort que prévu puisque le médecin était encore fébrile. D'où venait ces vertiges ? D'où venait ces pulsions ? Plus le temps passait, et plus il voulait faire du mal aux autres. Plus il avait envie de provoquer des grimaces de douleur et des cris d'horreur. Il voulait tous les voir à genoux, des larmes dans les yeux et la lèvre qui tremble. Même Lys. Même Pav. Même eux bon sang...

- J'étais heureux, je crois … Un peu comme un enfant le jour de Noël qui découvre son jouet désiré au pied du sapin, racontait le rouquin.

Donatien ne prenait pas de notes, il laissait tourner le dictaphone. Comme un enfant le jour de Noël ? C'était heureux un gosse à Noël ? Tout dans cette phrase lui échappait : le mot "heureux", la comparaison, les liens entre eux les termes. Donatien ne se souvenait plus de son enfance, ou très peu. Et Noël ne le rendait pas plus heureux que les autres jours.
Alors là, pour le coup, il écrivit ce que venait de dire son patient, interpellé.
Nevrabriel poursuivait son récit. Donatien l'écoutait avec autant d'attention qu'il pouvait, les bras croisés et le regard dur. Son patient avait donc réellement souffert de cette hallucination ... Donatien eut des palpitations à cette idée et sa pupille rétrécit dans son oeil, jusqu'à devenir un point noir perdu dans une couleur vague.


- Maintenant ... physiquement... Je suis épuisé. Mes bourdonnements se sont arrêtés en emportant mon énergie. Mentalement ... Je ... Je suis épuisé aussi. Je me sens coupable de tout ça. J'aurais du savoir que c'était faux. J'ai l'impression que ma vie est une boucle de mon passé. Je ... Je me dis ... Que je ne guérirais jamais ...

Il hésitait, prenait le temps de parler, semblait réellement souffrir. Donatien se sentit mal car il n'éprouvait pas même une pointe de culpabilité.
Il se pinça l'arrête du nez. Au moins ils étaient deux fatigués. Il regarda l'horloge. Il restait encore une demi-heure. Soudainement, le bruit des aiguilles se fit plus fort, plus lourd, et Donatien n'entendait plus que ça. Il avait l'impression qu'il n'y avait plus que ça d'important : les aiguilles qui avancent, encore et encore. Leur tic tac incessant. Le temps qui passe, qui ne s'arrête jamais. Le temps, bien une des seules choses que Donatien ne pouvait pas contrôler.
Il se leva sèchement du tabouret, le faisant rouler jusque contre le mur. Puis il adressa un regard vide à son patient. Regard qui se teinta au fur et à mesure d'une tendresse impromptue. Bon sang, ce que Donatien aimait son patient malgré tout. Seulement il était incapable de comprendre qu'il pouvait éprouver de l'affection envers quelqu'un.
Après un long moment, il éteignit le dictaphone et referma ses notes.

- Merci. Nous allons écourter la séance. Va donc manger si ce n'est pas encore fait.

"Merci" ? Depuis quand remerciait-il autre nuit ? Il avait terriblement besoin de sommeil, en fait. Qu'on lui fiche la paix aujourd'hui.
Il envoya un message à son agent d'entretien pour qu'il passe plus tôt. Puis quand la pièce sera vide de présence, Donatien ira poursuivre sa journée, de mauvais poil et l'esprit perdu. Qu'est-ce qui lui arrivait ?





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