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16/09/2018
Ajout du bouton Discord qui avait disparu ;-;
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08/2018 Event ♫ 5

Des Werthers et du chocolat - avec Ulysse

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Secrétaire de Donatien
Agnès avait vraiment passé une sale journée.  Les premières heures, rien qu’elles, avaient été remplies d’ascenseurs émotionnels. Son patron était vraiment imprévisible. Après lui avoir fait briller un thé en tête à tête, il avait fallu qu’il parle du docteur Barrabil. Et puis lorsqu’elle avait répondu – pour se défiler soyons honnête – qu’elle avait trop de travail pour prendre le thé avec eux, elle avait découvert avec un agacement exacerbé par l’affaire précédente qu’il avait donc rempli toutes les pauses de son planning hebdomadaire avec des tâches pour le moins… ingrates. Le genre de tâches dont on sentait qu’elles étaient là uniquement pour l’occuper et l’empêcher de se reposer. Cela sonnait comme une vengeance mais est-ce que cela pouvait vraiment être le cas venant de Donatien ? Elle se posait la question.
Toujours était-il que la nuit tombée, elle avait enfin terminé sa journée de travail en ayant seulement pris le temps d’avaler un sandwich sur le pouce et qu’elle n’avait qu’une envie : aller se coucher. Pourtant… Pourtant les enfants lui manquaient. Avec le changement de classification des patients, elle avait eu tellement de papier à remplir qu’elle avait l’impression d’avoir activement et personnellement participé à la déforestation amazonienne, à son grand dam mais surtout… elle n’avait pas eu le temps de voir ses enfants, autrement que leurs noms à l’encre noire. Alors ce fut presque sans vraiment le vouloir que ses pas se dirigèrent vers la cour centrale à la sortie du bureau.
Lorsqu’elle arriva à destination, ses yeux s’assombrirent. La cour était vide. Elle leva les yeux vers l’horloge qui trônait solennellement en son centre. 20h15. Evidemment. Elle n’avait pas réalisé qu’il était déjà si tard. La plupart des enfants devaient être en train de manger à la cantine, ou déjà dans leur chambre, à lire ou à s’occuper en attendant l’heure du couvre-feu et celle de se mettre au lit. Elle s’assit sur un banc. Elle n’avait pas le cœur de se mêler à la foule et aux bruits de couvert avec sa légère migraine persistante et elle ne voulait pas violer le peu d’intimité qu’ils avaient en pénétrant dans leur chambre. Et elle ne se sentait pas le courage de retourner immédiatement au bâtiment non plus.
Agnès avisa un banc non loin d’elle. Elle avait envie de s’asseoir un peu mais puisqu’il n’y avait personne pour la voir, elle se laissa tomber plutôt qu’elle ne se posa dessus. Elle enleva également ses lunettes et les laissa à ses côtés sur le banc. Son habituel maintien très droit avait laissé place à des épaules voûtées par la fatigue et un dos légèrement affaissé. Elle leva les yeux vers les ailes des patients. Les fenêtres de certaines chambres laissaient filtrer quelques rayons de lumière halogène. Une lumière jaune et chaude, chaleureuse mais artificielle. Elle s’amusa quelques instants à imaginer ce qui se passait dans ces chambres. Lesquels lisaient et quel livre ? Lesquels dessinaient ou écoutaient de la musique, chantonnant à voix basse ? Agnès les aimait tous profondément, d’un amour maternel qui ne demandait qu’à avoir quelqu’un sur qui s’épancher. Elle ferma les yeux, respirant l’air froid de cette nuit d’hiver. Elle était vraiment déçue de ne pas pouvoir en apercevoir quelques-uns. Elle aurait aimé discuter avec eux, ça l’aurait rebooster pour les journées à venir…

- Dommage. Et dire que j’avais mis un nouveau paquet de Werthers exprès dans mon sac… Soupira-t-elle à voix haute.

Heureusement, elle avait aussi une plaquette de chocolat dans son sac. Et c’est bien connu, le chocolat ça remonte le moral. Pas autant que de voir ses chers enfants, mais il fallait croire qu’elle devrait se contenter de ça pour ce soir. Elle ouvrit donc le paquet et commença à grignoter. Tant pis pour ses bonnes résolutions, elle en avait vraiment besoin.
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Des Werthers et du chocolat
Ulysse & Agnès
Ulysse avait passé une journée assez paisible, mais toujours trop remplie pour son cerveau qui enregistrait la moindre information. Il allait se souvenir longtemps de ses vêtements tombés durant la nuit et comment ils étaient sur le sol, de la température et du goût de son chocolat chaud de son petit déjeuner, du pain un peu trop grillé du midi et du repas d'hiver pour le souper. Mais aussi du grincement nouveau de la porte de sa chambre, le réveil plus tardif de ses voisins, le râle-bol plus prononcé ces derniers jours, une envie soudaine de vouloir partir en vacances, de nouvelles têtes qui sont apparues et qui ont remplacé quelques anciennes.
Ulysse emmagasinait trop d'informations, qu'elles soient futiles ou utiles. Dans tous les cas, prendre un peu d'air frais, mais glacé, lui faisait du bien. Alors il était sorti après le déjeuner se nettoyer les poumons en se promenant un peu partout. Dans la forêt (ou ce qu'il en restait), près du lac qui commençait doucement à dégeler, près du Bâtiment (mais pas trop près non plus), sur les côtes, à observer les vagues de l'océan s'écraser contre les rochers.

Il avait marché, il reposait son cerveau face à la Nature. Il n'avait pas vraiment vu Atsuka non plus...
Elle lui manquait...

Il repartit, les mains dans les poches, quand le ciel s'était totalement assombri. Il voyait le sol uniquement grâce au clair de Lune, et s'était dirigé vers le réfectoire où il avait manger son dîner. Puis, après avoir écouté trop longtemps le tintement des couverts accompagnés du brouhaha des conversations, il s'échappa de l'endroit en allant dans la cour.
De là, il partit près de l'arbre, où il digéra son repas. Quelques minutes, il s'était légèrement assoupi. Il entendit des bruits de pas qui le réveillèrent. Alors, il se releva et épousseta ses vêtements. Il contourna l'arbre et vit la femme assise sur le banc, profitant de l'air et de l'ambiance d'une soirée.

Dessanges Agnès, la secrétaire de Donatien Elpida, le médecin en chef. Une haut placée, en fait, mais qui adorait les patients, et plus particulièrement les enfants.
Il protégea ses mains en les enfouissant dans les poches de son manteau, puis s'installa à côté d'elle, en faisant attention à se pas casser ses lunettes.
Il ne dit rien, il voulait juste être avec quelqu'un de silencieux ou de calme, qui avait l'air de vouloir être tranquille et seul.
Donc que faisait-il là, à l'ennuyer ?
Ulysse ne savait pas vraiment s'y faire avec les autres... Cependant, partir ainsi après avoir perturbé la solitude sans même une formulation de politesse, c'était bien impoli.

Il inspira, et dit alors :

- Bonsoir...

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Secrétaire de Donatien
Agnès cassa un morceau de sa tablette de chocolat, le déposa dans sa bouche et le laissa fondre sur langue, savourant la saveur sucrée le plus longtemps possible. Ce n'était pas bon pour son régime mais si elle le dégustait et qu'elle y allait doucement, ce n'était pas si grave si ? Malheureusement, ces secondes de douceurs étaient encore trop courtes à son goût alors elle céda à la tentation de manger un deuxième morceau, puis un troisième, puis un quatrième... Touet concentrée sur les informations que lui délivraient ses papilles, elle sentit à peine une présence s'installer à ses côtés.
Elle posa les yeux sur la silhouette masculine qui avait pris soin de ne pas s'asseoir sur ses lunettes. Elle le reconnut immédiatement. Elle connaissait tout le monde dans cet Institut, et particulièrement les patients. Ulysse, le prodige à la mémoire incroyable. Elle lui adressa un sourire qu'il n'intercepta pas, toujours silencieux. Elle respecta ce silence, préférant lui laisser l'initiative pour ne pas le brusquer. Et puis de toute façon, elle avait encore la bouche pleine et il aurait du plus mauvais goût qu'elle lui parle avec du chocolat plein les dents.
Elle profita donc avec lui de cette ambiance nocturne et sereine, attendant qu'il prenne la parole, ce qu'il finit par faire avec timidité.

- Bonsoir...
- Bonsoir Ulysse, tu as passé une bonne journée ? Tu n'as pas trop froid ?

Elle replia l'aluminium qui emballait son chocolat et le replaça dans le carton. Elle n'en avait plus besoin, elle avait une douceur autrement plus importante à proximité désormais. Elle la rangea dans son sac et ses doigts rencontrèrent un autre paquet en plastique. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle ne l'avait pas pris pour rien finalement.
Elle ouvrit le paquet et en sortit un bonbon au caramel, le faisant tourner dans ses doigts, les yeux rivés sur le papier doré qui renvoyait en éclat la lumière des réverbères. Puis elle regarda le blondinet et le lui tendit.

- Ca te dit un dessert ?

Vu l'heure, elle supposait qu'il avait déjà mangé. Du moins, elle l'espérait pour lui parce qu'autrement, il n'en aurait plus le temps. Cette considération lui fit prendre un regard contrit.

- Tu as bien mangé, n'est-ce pas ?

C'était son côté maternel qui ressortait. Elle savait que certains patients avaient tendance à sauter des repas et elle n'approuvait pas du tout. Cela risquait de leur attirer des ennuis si jamais les autorités le réalisaient et en plus, ce n'était pas bon pour la santé.
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Ulysse & Agnès
- Bonsoir Ulysse, tu as passé une bonne journée ? Tu n'as pas trop froid ?

Il se permit de la regarder, observant cette femme aux multiples talents et à la mentalité de fer. Pour supporter Donatien Elpida (ce que tout le monde n'arrivait pas à faire, manifestement) elle devait avoir une sacrée personnalité.
Il lui répondit doucement, comme il en avait l'habitude :

- Comme d'habitude... Et non, j'ai mon manteau alors ça va.

Il se demanda s'il devait lui retourner la question, mais il n'arriva étonnement pas à la formuler. "Et vous ?" lui semblait le plus approprié, mais il ne trouva pas ça très poli. "Qu'en est-il de vous ?" était mieux mais ce n'était toujours pas ça. "Le froid ne vous dérange-t-il pas ?" n'était pas trop mal, il s'approchait du but... Mais à force de réfléchir à comment lui demander à son tour si elle n'avait pas froid, elle le devança en lui posant cette question :

- Ca te dit un dessert ?

Il ne put s'empêcher de sourire. En fait, Agnès Dessanges était une grand-mère aimante, avec toujours quelque chose à manger dans son sac, au cas où ses petits enfants auraient un petit creux. Il attrapa du bout des doigts la friandise et la remercia d'un mouvement de tête. Il déballa le bonbon et rangea de plastique dans sa poche avant de manger la sucrerie. Le caramel se mélangea à sa salive, et un doux goût se propagea alors dans sa gorge.

- Tu as bien mangé, n'est-ce pas ?

L'inquiétude se lut très facilement sur le visage de la femme. Elle était la maman de l'Institut, la grand-mère des patients. Une figure maternelle aussi aimante qu'autoritaire. Et ce n'était vraiment pas difficile à deviner. Quand on observait ses regards, ses expressions faciales et son visage, on comprenait tout de suite la nature pure de ses actes et de ses intentions.

- J'ai fini mon dîner il y a quelques minutes déjà.

En réalité, il se demandait si son travail était si dur que ça. Tantôt elle était en talons, tantôt elle était en basket. Si elle courait partout, elle devait avoir non seulement une bonne forme physique, mais surtout beaucoup de travail.
Il s'autorisa à lui demander :

- Et vous... Vous allez bien ? Vous n'êtes pas trop fatiguée ?

C'était une entrée en la matière, dirons-nous. Simple et efficace. Il ne savait pas trop si c'était indiscret, mais il avait commencé en lui demandant son état mental, alors... Ca devait être bon ? Il n'en savait vraiment rien, au final.
Il prit alors la décision d'essayer de se rattraper, au cas où ça la dérangerait :

- Enfin... Je veux dire... Vous n'êtes pas obligée de tout me dire...

En y réfléchissant : c'était pire.
Il décida alors de ne plus parler avant qu'elle ne lui adresse la parole. Ce sera mieux comme ça...
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Secrétaire de Donatien
Agnès eut un sourire de soulagement quand elle sut qu’Ulysse avait bien pris son repas. C’était bête mais ça l’inquiétait beaucoup de savoir que les gens pouvaient sauter des repas. Manger c’était important. Il fallait nourrir son corps pour rester en bonne santé et en plus, cela faisait du bien à l’âme. C’était son point de vue irrévocable sur la question. Aussi, elle regarda avec plaisir le jeune homme manger sa sucrerie. Cela lui faisait presque plus de bien que de la manger elle-même.

- Et vous... Vous allez bien ? Vous n'êtes pas trop fatiguée ?

Agnès eut un sourire amusé mais celui-ci témoignait également de sa lassitude.

- Ca se voit tant que ça ? Répondit-elle en même temps que le jeune essayait de se rattraper dans un bafouillement.

Elle enchaîna donc, se voulant rassurante.

- Ne t’en fais pas pour ça. J’ai eu une longue journée mais une bonne nuit de sommeil et ça ira mieux. En attendant, ça me fait du bien de discuter avec toi.

Même s’ils n’avaient pas beaucoup parlé jusqu’à présent, elle le pensait sincèrement. La secrétaire était une personne fondamentalement sociable et après ce jour interminable passé enfermée seule dans son bureau à travailler, ça lui était bénéfique de retrouver un peu d’interaction avec quelqu’un d’autre, en particulier avec l’un de ses chers enfants. Surtout qu’elle devait bien l’admettre, Ulysse comptait parmi ses préférés. Il était doux, calme, d’un caractère toujours égal… Son air gracile lui donnait des airs de fille sans pour autant qu’on puisse le prendre pour tel. Et ses cheveux blonds appelaient ses mains si bien qu’elle finit une fois encore par céder à la tentation.
Doucement, gentiment, elle glissa ses doigts dans la chevelure du garçon dans un geste affectueux.

- Alors, quel motif sur ton pull aujourd’hui ? Des lapins ou des chatons ? Je parie sur des lapins.

C’était un autre aspect de sa personnalité qu’elle aimait bien. Son attrait assumé pour tout ce qui était mignon. Un fort caractère enfoui sous une allure docile en somme. Ulysse était vraiment un garçon adorable.



Ca fait toujours plaisir de voir ses efforts récompensés !

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Ulysse & Agnès
- Ca se voit tant que ça ?

Ulysse avait juste fait une hypothèse sur quelques faits observés, et il était assez content de son coup. Quoique, elle avait l'air gêné qu'il avait deviné qu'elle était fatiguée... Devait-il être heureux d'avoir réussi à voir qu'elle était éreintée ou devait-il être désolé de l'avoir gêné ? Il ne savait pas trop...

- Ne t’en fais pas pour ça. J’ai eu une longue journée mais une bonne nuit de sommeil et ça ira mieux. En attendant, ça me fait du bien de discuter avec toi.

Ulysse s'étonna. Il arrivait à lui faire du bien juste en lui parlant ? Et encore, parler était un grand mot, il bafouillait surtout quelques mots en espérant que ça construise une phrase cohérente.
Il était un peu content de savoir qu'il faisait du bien à quelqu'un, même juste avec sa voix fébrile et sa présence un peu fantomatique.

Lorsqu'elle passa sa main dans les cheveux d'Ulysse, il se laissait tout simplement faire mais observa Agnès. Il luit offrit un sourire timide.

- Alors, quel motif sur ton pull aujourd’hui ? Des lapins ou des chatons ? Je parie sur des lapins.

Ses joues prirent irrémédiablement feu. Il ne s'attendait pas à cette question. Il avait l'impression d'être un enfant à qui on demandait s'il voulait plutôt une glace à la vanille ou au chocolat.
Il inspira et rit doucement, gêné.

- Euuuh...  C'est un lapin...

Pour confirmer ses dires, il ouvrit son manteau légèrement et lui montra le motif. C'était une tête de lapin super kawaii blanc qui prenait le centre du pull. Puisqu'il portait un manteau, il s'était permis d'enfreindre un peu le règlement et de porter un pull plutôt que le haut de l'uniforme. Les couleurs bleutées pouvaient cependant correspondre à l'esprit de l'Institut. Donc... Il supposait que ça allait ?

- Je me rends compte que c'est pas très viril, mais je m'en fiche un peu.

C'était à 100% vrai, il se fichait pas mal d'être viril ou non du moment qu'il se sentait bien. Mais ce qui le gênait vraiment, c'était à la vitesse à laquelle Agnès a deviné qu'il s'était vêtu d'un haut avec un motif mignon... Elle le connaissait plus qu'il ne le pensait.
Il passa une main dans ses cheveux pour les ébouriffer un peu et dit :

- Au fait, je me demandais... Pourquoi vous avez décidé de venir ici ?
Alors je voulais relancer quelque chose mais je me suis rendue compte que je ne connaissais pas assez Agnès pour ça XD Donc si t'as des idées je peux modifier parce que là XDD
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Agnès eut un sourire désolée en entendant le rire gêné d'Ulysse, elle ne pensait pas le mettre mal à l'aise. Néanmoins, il s'avéra qu'elle avait raison.

- Euuuh... C'est un lapin...

Il lui montra le motif en ouvrant son manteau. Il était vraiment adorable, tout blanc et bleu d'inspiration manga japonais. L'Institut aurait attendu d'elle qu'elle le gronde - il n'avait pas le droit de masquer ainsi son uniforme et son numéro - mais elle s'en fichait assez. De toute façon, elle ne comprenait pas l'intérêt d'imposer l'uniforme. Elle estimait que les jeunes avaient besoin de s'exprimer et que leur manière de s'habiller en faisait partie alors elle trouvait dommage d'imposer une norme à ce sujet. Aussi, elle ne fit aucune remarque et se contenta de sourire face à la mignonnerie du dessin.

- Je me rends compte que c'est pas très viril, mais je m'en fiche un peu.
- Et tu as bien raison ! Renchérit-elle aussitôt.

Les modèles étaient là pour donner des indications aux gens qui ne savaient pas quoi faire mais si on avait des goûts propres, il n'y avait aucune raison de vouloir coller à tout prix à des modèles éculés comme celui de la virilité, tout comme à celui de la féminité d'ailleurs.

- Au fait, je me demandais... Pourquoi vous avez décidé de venir ici ?

Agnès sourit. C'était une question qu'on lui posait souvent.

- Parce que j'avais besoin d'un travail, et parce que je savais que ça allait me permettre de côtoyer des gens comme toi. Répondit-elle sobrement.

Bon évidemment, il y avait plein d'autres aspects de l'Institut auxquels elle ne s'attendait pas et qu'elle déplorait mais... elle avait la sensation qu'elle avait un grand rôle à jouer ici pour le bien-être des patients alors elle n'envisageait même pas la possibilité de partir.

- Et toi Ulysse ? Comment tu es arrivé ici ?

Elle posait la question pour continuer la conversation mais aussi parce que la réponse l'intéressait. Elle connaissait presque tout des patients une fois qu'ils étaient arrivés sur l'île mais bien souvent, elle ne savait pas grand chose de leur passé.

- Où est-ce que tu habitais avant de venir ici ? Tu n'aimerais pas y retourner ? Demanda-t-elle encore par curiosité.



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Ulysse & Agnès
Bon, au moins elle souriait, c'était déjà bon signe. Soit il lui faisait pitié, soit c'était une bonne question.

- Parce que j'avais besoin d'un travail, et parce que je savais que ça allait me permettre de côtoyer des gens comme toi.

La première partie de sa réponse, il aurait pu y penser. C'était carrément logique. En revanche, "côtoyer des gens comme lui" ? Il savait que c'était un compliment, mais il ne savait pas comment le prendre. Il aurait vraiment du se sociabiliser avec d'autres personnes dans son adolescence, ou même dans son enfance, ne serait-ce que pour savoir comment réagir.
Solution de facilité : il ne dit rien. Il la laissa continuer.

- Et toi Ulysse ? Comment tu es arrivé ici ?

Ah, elle lui retournait la question... Il l'avait déjà expliqué à Atsuka, mais jamais à mademoiselle Agnès.
Il réalisa qu'il ne savait pas du tout comment l'appeler, cette jeune femme. Elle semblait jeune mais avec beaucoup d'expériences derrière elle alors... Alors ? Alors quoi ?
Plus il pensait moins ça n'avait de logique.

- Où est-ce que tu habitais avant de venir ici ? Tu n'aimerais pas y retourner ?

Il s'était apprêté à lui répondre à la première question, mais manifestement il allait devoir faire une longue réponse.
Il inspira, prêt à faire un long monologue qu'il espéra clair et précis. Il n'avait pas envie de l'ennuyer avec des détails, comme ce qu'il portait ce jour-là ou alors la description des personnes qu'il avait rencontré.

- Je suis venu parce que je le voulais. Pour la faire courte, mon parcours a fait que j'ai fait deux semaines de mannequinat pour essayer, et quand je suis allé voir le patron pour lui dire que ça ne m'intéressait pas, il avait le prospectus de l'Institut sur son bureau. Je lui ai pris avec son autorisation et je suis parti. Et deux ans plus tard, me voilà.

Il inspira, et expira. Il devait s'habituer à discuter, sérieusement. Ca devenait handicapant d'avoir l'impression de mourir de soif à force d'utiliser ses cordes vocales. Surtout qu'il était en parfaite santé.
Il se frotta les cuisses afin de se les réchauffer et dit :

- J'habitais en ville, en France. Et bien sûr que j'aimerai y retourner, ne serait-ce que pour revoir mes parents. Mais je ne compte pas partir d'ici tout de suite.

Il prit un air assez sérieux et dit :

- J'aimerai vraiment comprendre comment ma mémoire fonctionne...

Puis il regarda Agnès, gêné. Il s'était un peu lâché niveau déballage de vie et débit de paroles. En vérité, c'était signe qu'il se sentait à l'aise, mais il n'aimait pas ça. Il n'aimait pas monopoliser une conversation ainsi. Même si on lui avait posé une question qui nécessitait une grande réponse et beaucoup d'explications.

- Enfin... Bref. Désolé. Et vous, vous ne voudriez pas retourner chez vous ? Vous semblez aimer beaucoup de gens si ce n'est tout le monde, alors votre famille j'imagine que vous l'aimez beaucoup, elle doit vous manquer.
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Secrétaire de Donatien
- Je suis venu parce que je le voulais. Pour la faire courte, mon parcours a fait que j'ai fait deux semaines de mannequinat pour essayer, et quand je suis allé voir le patron pour lui dire que ça ne m'intéressait pas, il avait le prospectus de l'Institut sur son bureau. Je lui ai pris avec son autorisation et je suis parti. Et deux ans plus tard, me voilà.

Agnès sourit. A sa connaissance, les patients qui venaient ici de leur propre volonté étaient assez rares. Mais à contrario, elle n’était pas très surprise qu’un aussi beau garçon ait pu faire du mannequinat. Cependant, elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’il aurait sûrement été bien plus heureux en continuant sur cette voie qu’en venant ici.

- J'habitais en ville, en France. Et bien sûr que j'aimerai y retourner, ne serait-ce que pour revoir mes parents. Mais je ne compte pas partir d'ici tout de suite.

Les yeux de la brune s’écarquillèrent, surprise. Mais oui ! Comment avait-elle pu oublier cela ? Ulysse était Français ! Elle se sentait débile de converser avec lui en anglais du coup. Après trois ans passés à l’Institut à ne pratiquer qu’exclusivement cette langue, elle le parlait couramment, ce n’était pas comme si elle avait à faire des efforts incommensurables - elle commençait même à penser en anglais malgré son accent qui restait résolument francophone c’était dire ! – mais sa langue maternelle lui manquait alors… Cependant, elle le laissa terminer ce qu’il lui disait. Elle avait conscience qu’Ulysse était un garçon assez renfermé alors pour une fois qu’il s’exprimait librement, ça aurait été franchement dommage de lui couper la parole.

- J'aimerai vraiment comprendre comment ma mémoire fonctionne…

Et la preuve que sa pensée était juste, il s’interrompit justement, l’air gêné d’avoir tant parlé. Elle lui sourit d’une façon qui se voulait rassurante.

- Enfin... Bref. Désolé. Et vous, vous ne voudriez pas retourner chez vous ? Vous semblez aimer beaucoup de gens si ce n'est tout le monde, alors votre famille j'imagine que vous l'aimez beaucoup, elle doit vous manquer.

Le sourire d’Agnès se changea en grimace. C’était gentil de sa part de penser ça, malheureusement, ce n’était pas tout à fait vrai. Surtout en ce qui concernait sa famille. Les événements qui l’avaient amenée à devoir trouver un travail les avaient déjà éloignés mais l’Institut avait définitivement creusé un fossé entre eux. Oh, leurs relations restaient très cordiales, elle les appelait souvent, les voyait pour toutes les fêtes de famille ou presque mais… elle ne se sentait plus tout à fait comme membre à part entière. Elle se sentait de plus en plus apatride.

- Un peu oui mais je les vois souvent, même si ce n’est plus tout à fait pareil depuis que je suis ici. Répondit-elle en repassant naturellement au Français.

Ca lui fit presque drôle de sensation dans la gorge d’avoir de nouveau sa langue maternelle à la bouche. Elle avait beau savoir qu’il y avait pas mal de francophone sur l’île, dans les faits, elle n’utilisait plus que cette langue quand elle était au téléphone avec ses parents. C’était plus simple de de commencer à sonder tout le monde pour savoir quelle langue elle devait utiliser.

- Ouh ! Ca fait du bien de parler Français de temps en temps ! Pas que je n’aime pas l’anglais mais…

Elle n’acheva pas sa phrase mais le sourire coupable qu’elle afficha était éloquent.

- Où est-ce que tu habitais en France exactement ?



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Ulysse & Agnès
Agnès était vraiment une personne qu'Ulysse admirait ici. Elle était douce, cultivée, attentionnée... Ce n'était pas pour rien que plusieurs personnes l'appelaient "La Maman de l'Institut". De plus, c'était vraiment agréable de parler avec elle. Il se sentait un peu comme chez lui, en plus d'avoir des conversations intéressantes.

Elle dégageait aussi une certaine aura de bienveillance. Cette femme lui rappelait sans doute un peu sa... Mère. Aussi tendre et compréhensive. Il n'arrivait pas vraiment à lui trouver de défauts.

- Un peu oui mais je les vois souvent, même si ce n’est plus tout à fait pareil depuis que je suis ici.

Elle... Elle parlait français ? Ulysse prit un air un peu surpris avant de se rendre compte que le prénom "Agnès" et le nom de famille "Dessanges" ne pouvaient pas venir d'autre part... Il se sentit un peu stupide, pour le coup.

- Ouh ! Ca fait du bien de parler Français de temps en temps ! Pas que je n’aime pas l’anglais mais…
- Je vous comprends, reprit-il dans sa langue maternelle.

Il vit son sourire et, relié par cette interruption de phrase, il comprit le sens qu'elle lui donnait. L'anglais était une belle langue, mais pouvoir parler sa langue maternelle n'avait pas de prix. C'était toujours agréable de ne pas à réfléchir pour communiquer - même si pour Ulysse, tout était différent.

- Où est-ce que tu habitais en France exactement ?

Il répondit naturellement et simplement :

- La Capitale.

Après tout, elle n'avait pas besoin de connaître son adresse exacte. Paris était assez éloquent. Le monde, la pollution, l'argent, les prix en constante hausse, les gens irrespectueux... Malgré tout, il y avait passé de belles années. Mais c'était surtout du à ses parents.

Il ne voulait pas poser la question à Agnès, cette fois-ci. Il n'en trouva pas vraiment l'intérêt.

- Dîtes-moi... J'aimerai vous poser une question...

Il s'interrompit quelques instants, hésitant. Il se sentait gêné de lui demander ceci mais il voulait connaître son avis. Elle était la mieux placée pour lui répondre, que ce soit objectif ou subjectif.

- J'entends beaucoup de patients se plaindre de cet endroit... Ma médecin, Atsuka Nozomi, étant très gentille avec moi, je ne peux pas trop comprendre. J'aurais voulu connaître votre avis là-dessus.

Il savait qu'il avait décidé de marcher sur un terrain glissant, mais il pouvait encore se rattraper. Il savait parfaitement qu'Agnès était une bonne personne et que son jugement était plus ou moins fiable si elle ne se référait pas à Dieu. Après tout, Ulysse n'était pas croyant. Il respectait que les autres le soient, mais pour lui, c'était inconcevable de croire en quelque chose qui sortait de l'imaginaire. Un peu à la théorie du complot.
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Secrétaire de Donatien
Agnès eut un sourire face à l'expression du jeune lorsqu'elle bascula en français. C'était amusant et plaisant d'échanger avec un compatriote et son sourire s'élargit quand il troqua à son tour la langue de Shakespeare pour celle de Molière.
Ainsi Ulysse habitait la capitale. Paris. Une jolie ville qu'elle avait déjà été amenée à visiter, comme une grande partie des Français. Elle avait beaucoup aimé l'architecture mais elle avait aussi surtout compris qu'elle ne pourrait jamais y vivre. Paris manquait de chaleur. Mais en réalité si toutes les villes de France étaient charmantes à ses yeux, elles manquaient toutes de ce qui faisaient de sa région la meilleure de toutes : ce n'était pas pour rien que la chaleur des gens du Nord était réputée.

- Dîtes-moi... J'aimerai vous poser une question...

Elle se reconcentra sur la conversation et voyant qu'il hésitait un peu, elle l'encouragea :

- Bien sûr ! Dis-moi ?
- J'entends beaucoup de patients se plaindre de cet endroit... Ma médecin, Atsuka Nozomi, étant très gentille avec moi, je ne peux pas trop comprendre. J'aurais voulu connaître votre avis là-dessus.

Oh. Elle s'attendait pas à ce genre de question. Pourtant, elle était obligée de répondre maintenant, politesse oblige. Mais... Elle ne pouvait pas prétendre que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes dans l'Institut. Ce serait faire preuve d'une mauvaise foi difficilement admissible. Mais en tant que membre du personnel, elle ne pouvait pas non plus se permettre de cracher sur l'établissement dont dépendaient son emploi et son salaire... Elle se mordit légèrement la lèvre inférieure, embarrassée, avant de dévisager le jeune homme. Comment pouvait-il ignorer toutes les failles de l'institut ? Était ce vraiment son rôle de la désillusionner ? Mince. Elle se sentait comme une mère devant expliquer à son ado que les bébés ne naissaient pas dans les choux...

- Eh bien... l'Institut est un bel endroit et...

Oh le début pathétique. Et maintenant qu'ils discutaient dans leur langue maternelle, elle ne pouvait plus faire semblant de chercher un mot de vocabulaire.
Elle soupira. Autant être parfaitement honnête pour faire ça.

- Bon, on ne va pas se mentir, contrairement à ce que la direction voudrait faire croire, ce n'est pas le paradis ici.

C'était d'ailleurs des fois assez déconcertant de voir à quel point Donatien lui-même le croyait dur comme fer.

- Il y a des injustices comme partout. Certains médecins - elle ne visait personne - ne devraient pas traiter leurs patients tels qu'ils le font et je trouve que l'établissement devrait franchement assouplir son règlement. Et que les sanctions prévues pour ceux qui y dérogent sont tout de même très dures.

Son visage s'attrista un peu en songeant aux derniers patients dont elle avait dû changer le dossier de pile et pour lesquels elle avait dû prévoir un uniforme rouge.

- Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de bon ici. Les intentions sont plutôt louables, on jouit d'un cadre magnifique et il y a des médecins très compétents qui cherchent vraiment à vous soigner. Comme mademoiselle Nozomi.

Elle ne connaissait que très peu la doctoresse, leur relation se résumant essentiellement à des transferts de dossiers purement professionnels et cordiaux mais elle ne doutait pas qu'elle prenait effectivement soin de ses patients.

- Et puis certaines personnes font tout leur possible pour améliorer votre confort. Termina-t-elle avec un sourire.

Il y avait des infirmiers très consciencieux, une dame de la cantine en particulier qui essayait sans cesse d'améliorer la qualité des repas tout en respectant les instructions d'en haut, et des agents d'entretien qui s'attachaient à embellir les chambres dont ils avaient la charge... Agnès n'était pas la seule à faire des pieds et des mains pour leur faire plaisir. Seulement c'était toujours de petites attentions, pas vraiment ostensibles pour rester dans les clous, et rares étaient les patients qui avaient conscience de toutes les petites mains qui ouvraient dans l'ombre pour améliorer leur quotidien. Mais elle ne pouvait pas leur en vouloir, c'étaient souvent des âmes qui avaient trop de problèmes à gérer pour s'apercevoir de ces détails...



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Des Werthers et du chocolat
Ulysse & Agnès
Il voyait bien qu'elle était... Désemparée. Ulysse n'aurait sans doute pas du poser cette question, ne serait-ce par ce que ça mettait la Maman de l'Institut dans l'embarras, mais il avait soif de savoir et de compréhension. Disons que sa curiosité passait au dessus des avis et ressentis d'autrui, pour une fois.

Cependant, il était soucieux du bien-être d'Agnès. C'est pourquoi il posa sa main sur la sienne, les yeux ancrés dans ceux de celle qui pourrait être sa maman. Lui faisait-il pression ? Il n'espérait pas... Après tout, c'était essentiellement pour l'encourager et la rassurer.

- Eh bien... l'Institut est un bel endroit et...

Ah. Si elle partait sur la description géographique du lieu, c'était très mauvais signe. Sachant qu'elle était dans une place idéale pour observer l'Institut dans l'ensemble, ça ne pouvait être que mauvais.

Il inspira puis, dans un sourire timide, il dit :

- Je vois...

Comme pour lui dire qu'elle n'avait pas besoin d'aller plus loin dans ses explications. Après tout, elle n'avait pas à parler du négatif alors que c'était évident qu'il y en avait bien plus que de raison.

- Bon, on ne va pas se mentir, contrairement à ce que la direction voudrait faire croire, ce n'est pas le paradis ici.

Il écarquilla les yeux en voyant l'aplomb d'Agnès. Décidément, c'était vraiment une maman aimante et bienveillante. Elle n'osait même pas mentir pour le bien de cet endroit, mais disait la vérité pour le bien des patients.

Il lui sourit, sincèrement. Il était heureux de voir qu'elle lui faisait suffisamment confiance pour lui dévoiler ce genre d'informations. Alors que clairement, il ne devrait même pas en entendre un mot.

- Il y a des injustices comme partout. Certains médecins ne devraient pas traiter leurs patients tels qu'ils le font et je trouve que l'établissement devrait franchement assouplir son règlement. Et que les sanctions prévues pour ceux qui y dérogent sont tout de même très dures.

Il opina. Il voyait très bien ce qu'elle voulait dire et l'imagination d'Ulysse suffisait à compléter son témoignage. "Traiter leurs patients tels qu'ils le font". Quels étaient ces médecins ? Pas Atsuka, manifestement. Elle était douce et à l'écoute d'Ulysse. Il se sentait même à l'aise en sa présence.

- Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de bon ici. Les intentions sont plutôt louables, on jouit d'un cadre magnifique et il y a des médecins très compétents qui cherchent vraiment à vous soigner. Comme mademoiselle Nozomi.

Il ne savait pas pourquoi, mais son cœur venait de réagir de façon très étrange. On aurait dit qu'il avait...
Aucun moyen de mettre un mot là-dessus. Il devrait en parler avec sa médecin, peut-être avait-il un soucis de santé. Il espérait que ce n'était pas une tumeur ou quelque chose du genre.

Ceci mit de côté, il comprenait ce que disait Agnès. Il y avait des médecins "méchants" et des médecins "gentils". Si on est assez malin, on peut facilement différencier ceux qui appartiennent à tel camp et ceux qui font parti de l'autre camp. Exemple : vu les murmures des couloirs, le docteur Barrabil était "méchant". En revanche, la docteur Nozomi, de l'expérience d'Ulysse, était "gentille". C'était simpliste comme vision mais suffisamment claire pour comprendre. Cependant, il devait y avoir des nuances de gris dans ce noir et ce blanc. Il ne connaissait pas assez les médecins pour vraiment les catégoriser.

- Et puis certaines personnes font tout leur possible pour améliorer votre confort.
- Je n'en doute pas. Après tout, vous êtes là pour ça.

Il prit une décision qui lui ressemblait peu, mais qu'il voulait tout de même appliquer. Agnès devait être très courageuse pour en dire autant, alors que comme elle l'a précisée, l'Institut voudrait faire croire à un lieu paradisiaque. Il n'avait qu'à voir la brochure pour s'en apercevoir.

- Il commence à se faire tard, je devrais retourner dans ma chambre si je ne veux pas me faire taper sur les doigts.

Pour appuyer ses propos, il se leva. Puis, dans la seconde qui suivit, il se pencha et enlaça Agnès. Il n'avait pas vraiment l'habitude de ce genre de contact avec les autres, mais il voulait vraiment montrer l'affection qu'il avait pour Agnès. Elle qui était sans cesse surmenée. Elle qui prenait soin de tout le monde.
Alors, il chuchota ces mots, comme si c'était un secret :

- On ne vous le dit sans doute pas assez, alors merci pour tout ce que vous faîtes pour nous.

Puis il se redressa, sans doute maladroitement. Il avait clairement les joues rougies, un peu honteux d'avoir fait quelque chose d'aussi osé.
Il demanda, les yeux ailleurs :

- Si ça ne vous dérange pas... Je vais rentrer.
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Secrétaire de Donatien
- Je n'en doute pas. Après tout, vous êtes là pour ça.

La réponse d’Ulysse n’avait pas tardé. Agnès le dévisagea, un peu surprise. La phrase était maladroite, on aurait pu croire que cet adolescent jugeait que prendre soin de lui et des autres était son boulot et que tout lui était dû. Mais c’était Ulysse, et si c’était effectivement le cas, Agnès voulait bien être pendue. Voulait-il dire qu’il savait la raison de sa présence sur l’île ? Sa raison de rester ? Si c’était le cas, il était vraiment perspicace. Agnès lui sourit.

- Il commence à se faire tard, je devrais retourner dans ma chambre si je ne veux pas me faire taper sur les doigts.

Oh. Elle le regarda se lever, jetant un œil à l’horloge qui trônait au centre de la cour. Effectivement, ça allait bientôt être l’heure du couvre-feu. Déjà ? Elle n’avait pas vu le temps passer. Mais Ulysse avait raison de montrer raisonnable, elle n’avait pas envie qu’on lui fasse du tort à cause d’elle. Elle allait donc le remercier de lui avoir un peu tenu compagnie avant de le quitter mais il la prit de cours. Sa vision fut soudain obscurcie par la poitrine du jeune homme, qui la serrait dans ses bras.

- On ne vous le dit sans doute pas assez, alors merci pour tout ce que vous faîtes pour nous.

Ces mots, chuchotés au creux de l’oreille, sonnaient comme une déclaration d’amour pour Agnès. Une déclaration d’amour… En mieux. Malgré le froid hivernal, une chaleur agréable envahit le visage de la secrétaire. Cet Ulysse Gurin était décidemment un brave garçon.
Puis il redressa, le regard tout intimidé.

- Si ça ne vous dérange pas... Je vais rentrer.

Avec un sourire tout maternel et plein d’affection, Agnès prit le temps de remettre ses lunettes et se leva à son tour avant d’épousseter sa jupe et de reprendre son sac. Elle sentait son cœur se gonfler d’affection pour cet adolescent tellement intelligent, et pourtant si maladroit et naïf. Elle le serra à son tour brièvement dans ses bras.

- Bien sûr Ulysse, dors bien. Je vais faire de même d’ailleurs.

Elle se retourna et s’éloigna un peu. Alors qu’elle arrivait à la lisière des arbres, elle s’aperçut qu’elle avait oublié quelque chose. Quelque chose d’important. Elle s’arrêta.

- Ulysse ?

Elle marqua un léger silence, attendant que l’interpelé lui fasse face. Alors, le léger sourire qu’elle avait conservé sur les lèvres s’élargit, plein de gratitude.

- Merci.

Elle n’avait pas envie de développer plus. Pas vraiment besoin non plus. Merci pour cette soirée, merci de lui avoir remonté le moral et merci de l’encourager à continuer à faire de son mieux. Puis elle reprit son chemin, laissant le blond regagner sa chambre avant d’avoir des soucis. Pour sa part, sa migraine s’était envolée.



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