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16/09/2018
Ajout du bouton Discord qui avait disparu ;-;
02/09/2018 Nouvelle esthétique ! Informations ici !
08/2018 Event ♫ 5

A new day is beginning | feat Hyppo |

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Change is coming _ Winter woods

Katerina se laissait guider par une chanson, à travers les couloirs de l’Institut. Elle quittait la salle de soin dans laquelle on lui avait administrée un nouveau traitement. Elle ne savait pas si le choix de l’Institut était un choix judicieux mais en tout cas, ils étaient organisés et efficaces. Et leurs salles de soin étaient tout à fait dans les normes. L’ambiance ici était différente par contre. Elle n’avait pas l’habitude de vivre en communauté. Cela faisait plus d’un an qu’elle avait quitté son manoir, et elle découvrait encore.

Elle se rappelait encore de ses premiers mois dehors. Du monde si vaste. Des gens si uniques. Et la musique. Si différente de ce qu’elle connaissait. Elle aimait La musique classique. Mais elle aimait tout autant ce qu’elle avait pu écouter par la suite. Elle se souvenait s’être perdue, avoir demandée son chemin dans un petit bar. Il y avait ce groupe de musique. C’était beau. Simple et doux. Elle était restée là toute la soirée, les yeux rivés sur eux. Jamais elle n’avait vécue ça. C’était un moment qu’elle avait savouré. Hors du temps. Elle le revivait chaque fois que le morceau tournait dans son mp3. Comme maintenant.

La jeune fille s’approcha d’une fenêtre. Dehors, quelques jeunes trainaient, leur souffle formant de petits nuages de buée. Katerina les enviait, elle aurait aimé se promener un peu dehors. Mais elle devait éviter de sortir par un temps pareil. En effet, de nombreux germes et bactéries n’attendaient qu’elle dehors. Elle se contenta donc d'observer ce qui se passait à l'extérieur. Elle se surprit à remuer la tête au son de la musique, un léger sourire au coin de la bouche.

Elle entendit des pas dans le couloir et son visage se ferma. Andrei lui avait répété des centaines de fois que laisser ces émotions transparaitre n’était pas digne d’une jeune femme. Son regard resta accroché à la fenêtre et elle se força à ne pas s’en détacher, ni se tourner vers la provenance du bruit. Elle ne voulait pas paraître indiscrète ou impolie. Du coin de son œil valide, elle aperçut un jeune homme avec des gants roses. C’était… inattendu.

Alors qu’il s’approchait, elle s’accorda à lui jeter un second regard. Bleu. Des cheveux bleus encadrant un visage fin. Elle n’avait pas l’habitude de ce genre d’excentricité mais elle devait bien avouer que cela lui allait bien. Alors qu’il s’approchait, probablement pour traverser le couloir, elle se força à poser les yeux au sol et le salua poliment :

- Bonjour Monsieur.


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Elle écoutait de la musique en regardant à travers la fenêtre. Hyppolite l'avait tout de suite remarqué. Il la trouvait si jolie avec ses yeux d'un vert sans pareil. Son visage, sculpté dans la glace, ne laissait paraître aucune émotion. Est-ce qu'elle écoutait du hard rock ou un bon vieux morceau de jazz ? Impossible de le deviner à son expression.
La brune intriguait donc Hyppolite qui ne l'avait jamais remarqué. Une nouvelle patiente ? Elle semblait assez mature.
On était en février. Il gelait toujours autant et, à vrai dire, Hyppolite avait l'impression que le couloir s'était transformé en courant d'air. Son gilet était alors bien trop fin pour protéger l'homme de cette température.
Il venait de finir de nettoyer la salle de soins de son patron, il était alors exténué mais cette mystérieuse fille lui fit oublier sa fatigue. Il oublia le contact désagréable mais malheureusement devenu habituel des gants frottant sur sa peau. Il oublia ses muscles douloureux et l'enclume dans sa tête. Il oublia la tristesse passagère qui l'avait réveillé ce matin, tristesse suite aux pensées suivantes : qu'il n'était pas grand chose, qu'il avait trente-et-un ans mais avait reculé dans la vie.
Son instinct de photographe le titilla tandis qu'il traversait le couloir sans la quitter du regard. Il voulait tellement capturer cette silhouette. Mais il n'était plus photographe, il n'était plus artiste, il n'avait pas le droit.
Il se mordit la lèvre et se fit une raison : il laissait tomber. Il détourna les yeux, se focalisant sur son trajet quand une voix l'interpella :

- Bonjour monsieur.

Hyppolite s'arrêta de marcher, surpris. Il regardait la brune, la bouche entre-ouverte. Elle, elle balayait le sol du regard. Elle était timide ? Pourquoi lui avoir adresser la parole alors ?

- Bonjour, lui répondit-il, décontenancé.

Cette adresse de parole avait surgie de nulle part. La politesse était agréable mais ici Hyppolite avait la sensation que la jeune femme voulait parler. Sinon, elle se serait contentée de rester dans son coin et de le saluer d'un signe de tête. Ou alors, vu comment elle avait été plongée dans sa contemplation, elle aurait pu simplement l'ignorer.
Un peu gêné, Hyppolite retira ses gants et se gratta la nuque, les joues rouges.

- Euh, tout va bien ?

C'était un petit peu nul de demander ça, mais c'était toujours important comme question. Et, après tout, il avait bien travaillé aujourd'hui, il pouvait très bien s'accorder cinq minutes de pause en discutant avec une patiente.


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L’homme aux cheveux bleus n’était pas comme ces homologues médecins. Lorsque la jeune fille les saluait poliment, certains lui faisait un petit signe de main ou lui répondait sobrement « bonjour », ou relevaient à peine le regard. Lui c’était tout simplement arrêter avec surprise. Comme saisit. Il ne devait pas avoir l’habitude qu’on lui accorde le respect d’un bonjour. C’était à la fois surprenant, et plus tellement. Katerina avait vite compris que la politesse n’était pas chose naturelle pour tout le monde. Elle ôta d’ailleurs ces écouteurs pour entendre ce qu’il allait lui dire, les glissant dans la poche de sa longue jupe grise-bleutée serrée à la taille par un nœud du même noir que son t-shirt à manches longues.

- Bonjour.

Et elle trouva cette hésitation dans ce simple « bonjour » absolument charmante. Il ne semblait pas savoir quoi faire. Ni de cette conversation, ni de lui-même, ni de quoi que ce soit autour de lui. Il ôta ses amusants gants roses et le rouge lui monta aux joues. Si elle n’avait pas eu peur qu’il trouve cela impoli, Katerina aurait probablement laissé échapper un sourire mi-amusée, mi-attendrie.

- Euh, tout va bien ?

Elle releva le regard pour répondre et se perdit un instant dans la contemplation de celui de son interlocuteur. Il y avait là plus qu’un océan. Plus qu’un palais de glace ou qu’un ciel bleu. Cette couleur à la fois calme et interpelante se rapprochait de celle des cheveux de l’homme mais les nuances qu’elle retrouvait dans ses yeux semblaient atténuer cette ressemblance.

- Tout va très bien. Merci. Me permettez-vous de vous retourner la question ?

Katerina était consciente que les formules de politesse qu’elle avait apprise au manoir n’étaient pas spécialement utiles ou même bien vue ailleurs. Mais si elle s’était habituée à converser avec un langage moins soutenu avec des jeunes de son âge, elle ne parvenait pas à s’y faire lorsqu’il s’agissait d’adulte, même si elle n’était plus si loin d’en être une, elle-même. Les leçons qu’elle avait reçus depuis sa plus tendre enfance restait graver en elle comme tatouer au fer rouge.

Elle quitta ses yeux pour lui jeter un regard plus global, et plus rapide. Il avait la peau presque aussi pâle qu’elle, son corps était aussi fin que son visage. Il avait un physique plutôt harmonieux et des vêtements amusants. Ces gants jusqu’à ce qu’il les enlève complétaient son look.
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Hyppolite était avec elle depuis quelques secondes à peine et pourtant il trouvait sa présence reposante. Il avait suffit de quelques mots pour qu'il se sente apaisé. Lui qui courait partout, qui gagnait sa vie en nettoyant une poussière fictive, qui se sentait assommé par la vie comme s'il avait soixante-dix ans alors qu'il était tout juste trentenaire, se sentait tranquille dans ce couloir froid aux côtés de cette demoiselle. Elle dégageait quelque chose de calme.
Il lui avait posé une question simple et pourtant elle prenait le temps de lui répondre,
ses yeux dans les siens, sans pour autant allonger les secondes. C'était une pause nécessaire. Dans une société où tout le monde se pressait, où on se bousculait, quelqu'un prenait le temps de répondre aux questions.
Ce n'était pas grand chose, mais cette patiente faisait déjà bonne impression.

- Tout va très bien. Merci. Me permettez-vous de vous retourner la question ?

Il pouffa doucement, amusé par sa politesse. Quoi ? Avait-il l'air trop adulte pour elle, d'où ce drôle de respect auquel il n'était pas habitué ?
Il balaya l'air de la main, comme s'il effaçait cette politesse non-nécessaire, avant de lui répondre dans un petit sourire :

- Tu es permise de faire tout ce que tu veux. A part ce qui est illégal bien sûr ; il vaut mieux pour toi d'éviter de tuer quelqu'un.

Il eut une pensée pour Ange Barrabil. On pouvait peut-être faire des exceptions ...?
Non, il ne souhaitait pas la mort de son collègue. Certes, il le supportait difficilement mais il n'était pas sans cœur, et la vie était bien trop précieuse pour parier sur elle. Donc Barrabil continuerait de vivre, au plus grand damn du photographe.
Son visage avait perdu de sa couleur en y repensant mais il se ressaisit bien vite quand il tomba une nouvelle fois sur le vert des yeux de la demoiselle.

- Je vais assez bien, merci.

De toute façon s'il répondait que non, qu'il était éreinté, elle lui aurait demandé pourquoi et il n'avait pas envie d'étaler son ennuyeuse vie à une inconnue. De toute façon "ça va ?" était devenue une formule de politesse, au même niveau que "bonjour". Personne ne répondait "non" à "ça va ?", c'était bien trop incongru.
Il enfonça ses mains dans ses poches et gonfla les joues avant d'expirer bruyamment. Il n'avait pas trop envie de partir mais il n'était pas très doué pour faire la conversation. Il regarda ses pieds, timide, cherchant quelque chose d'intéressant à dire. Peut-être parler du froid ? Mouais, non, un peu nul. Il lui aurait dit :"hé, il ne fait pas très chaud" et elle lui aurait répondu :" comme c'est censé être le cas en hiver". Et il aurait eu l'air bête.
Alors il se dit qu'il pourrait peut-être lui poser quelque question sur elle, et se ravisa. Il n'avait pas envie d'être intrusif.
Finalement, il opta pour une autre option : il allait se présenter, peut-être qu'elle suivrait et ferait de même.

- Je suis Hyppolite Vodeni, l'agent d'entretien du Docteur Elpida. Je travaille ici depuis longtemps mais je ne t'ai jamais vu auparavant ...

Pas mal l'Hyppolite. Il sous-entendait de ne pas la connaître et donc cela l’amènerait sûrement à parler d'elle. Se renseigner sur comment se sociabiliser sur Youtube n'était peut-être pas aussi inefficace que ça !


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Elle garda un visage sans expression malgré qu’elle se sente un peu ridicule. Elle ne parvenait pas à se défaire de ses vieilles habitudes. Elle avait toujours vécu comme ça, et ici les choses étaient si différentes. Ca ne valait pas la peine de se sentir vexée où humiliée, elle savait que ce n’était pas l’intention derrière ce rire. Il était plus léger. Plus insouciant.

- Tu es permise de faire tout ce que tu veux. A part ce qui est illégal bien sûr ; il vaut mieux pour toi d'éviter de tuer quelqu'un

Cet exemple était surprenant. Elle ne savait pas comment le prendre. Elle se sentit touchée personnellement et se demanda s’il savait. Puis elle se rappela que c’était la première fois qu’il se voyait. Qu’il ne savait rien. Que son exemple, bien que très spécifique, ne la pointait pas du doigt. Malgré tout, elle n’avait pu s’empêcher de pâlir un peu. Elle se reprit bien vite, consciente qu’il était inutile de se torturer.

- Je vais assez bien, merci.

Après lui avoir retourné la politesse, l’homme aux cheveux bleus sembla chercher ce qu’il pouvait bien dire. Katerina le laissa faire, profitant de ces quelques secondes de réflexions pour replacer une mèche de cheveux bruns derrière son oreille. Il ne semblait pas à l’aise avec l’art de la conversation. Même si Katerina ne laissait rien paraître, elle n’était pas très bonne non plus. Après tout, quand on laissait tomber toutes les formules de politesse qu’elle avait apprises, il ne restait plus grand-chose à dire. Elle devait s’efforcer de considérer les gens comme sa gouvernante, pour être plus familière. Mais l’exercice était déroutant. Elle ne pouvait faire comme si tout le monde appartenait à sa famille.

- Je suis Hyppolite Vodeni, l'agent d'entretien du Docteur Elpida. Je travaille ici depuis longtemps mais je ne t'ai jamais vu auparavant

Le Docteur Elpida avait donc un agent d’entretien. Ce n’était pas étonnant. Katerina ne l’avait entraperçu qu’une seule fois mais il lui avait paru à la fois comme un homme très méticuleux et un peu excentrique. Elle supposa que c’était à son tour de se présenter. Elle se retint de faire une petite révérence, se contentant d’un léger mouvement de tête :

- Je suis Katerina Soukhovo-Kobylin, je ne suis pas ici depuis très longtemps en effet. Je suis arrivée début du mois. Enchantée de faire votre connaissance.


Elle laissa tomber le monsieur Vodeni qu’elle aurait ajouté naturellement à la fin de sa phrase et le remplaça par un sourire courtois. Elle ne tendit pas la main. C’était un geste qu’elle avait l’habitude de ne pas effectuer. C’était un moyen d’éviter de s’échanger des microbes, les médecins le lui avaient donc fortement déconseillé.

Elle aurait pu laisser l’agent d’entretien porté la conversation, mais vu la timidité naturelle de ce dernier, elle risquait d’être avortée. Hors, Katerina s’ennuyait un peu. Regarder les gens était, certes, une occupation passionnante, interagir n’était pas mal non plus. Et le fait qu’il ne soit pas un patient était un facteur positif. Moins de risque de contamination. Même si elle devait se méfier, elle ne se sentait pas menacée. Elle aimait bien son calme aussi. Il était reposant. Elle ne manqua pas de remarquer l’appareil photo du jeune homme. Discuter d’un sujet qui passionne était souvent un moyen de se détendre et de parler plus librement, avec plus de facilité. Elle afficha un sourire qu’elle voulait engageant et lui demanda :

- Vous faites de la photographie ? Depuis longtemps ?



Hors rp:
Je n'ai pas précisé si l'appareil était visible ou à demi-caché, où il se situait, et si c'était un jetable ou le Nixon, comme je savais pas trop x') J'espère que ça va quand même


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- Je suis Katerina Soukhovo-Kobylin, je ne suis pas ici depuis très longtemps en effet. Je suis arrivée début du mois. Enchantée de faire votre connaissance.

Hyppolite haussa un sourcil. Katerina Souk-quoi ? Elle ne pouvait pas s'appeler Marie Dubois ou Britney Smith, comme tout le monde ? Au moins le prénom était simple à retenir.
Oh, attendez. C'était Katerina ou Katarina déjà ? Il rougit, gêné d'être aussi empoté. Elle avait l'air gentille, il était reposant de lui parler et il se sentait apaisé juste en la regardant. Et comment il la traitait ? Ou oubliant son prénom ! Peut-être que s'il l'appelait Katou ça résoudrait le problème ...? Est-ce qu'il avait au moins le droit de surnommer aussi familièrement une inconnue ? Peut-être Kat alors ? Ou Kathy ?

- Vous faites de la photographie ? Depuis longtemps ?


Hyppolite sortit de sa rêverie. Hein ? Quoi ? Comment est-ce qu'elle savait qu'il était photographe ? Avait-elle un don de déduction à la Sherlock Holmes ? Pouvait-il être son Watson alors ? Il avait toujours rêvé de former un duo de ce genre !
Il observa ses mains, comme si elles étaient révélatrices de sa passion pour la photographie. Les yeux écarquillés, il avait l'air de ne rien comprendre à ce qui lui arrivait. Heureusement, cela ne dura que quelques secondes et il n'avait pas eu l'air d'un imbécile bien longtemps. Il repensa à son polaroid qui dépassait de sa poche depuis ce matin. Il avait laissé le portable et Nikon dans la chambre, préférant aujourd'hui la spontanéité.
Il se mordilla la lèvre, embarrassé de son comportement et sortit son appareil de sa poche. C'était une vieux modèle, rien à voir avec les Fujifilm qui cartonnaient sur le continent en ce moment. Il l'avait eu dans une brocante quelques années auparavant et sa valeur sentimentale était immense. En vérité, il prenait très peu de photos avec.
Les clichés qui en sortaient se devaient d'être précieux par la rareté de leur beauté.
Il regardait donc son appareil depuis un moment déjà, comme s'il était un Graal fragile et inestimable.
D'ordinaire il aurait répondu que oui, il faisait de la photographie, ou alors il aurait esquivé la question. Il n'aimait pas trop en parler. Mais il était étrangement bien en compagnie de Katou Souk-quelque chose.
Les yeux rivés sur l'objet, il se livra:

- Je ne fais pas la photographie. Je me contente de prendre des photos. La photographie est un art mort, malheureusement. Je n'ai pas la prétention de dire que je suis photographe.


Une vague de déprime remua dans sa cage thoracique. Il pensa à tous ces selfies et photos de nourriture qu'on trouvait désormais sur internet. Internet avait transformé la photographie en un art nombriliste, où l'important était le culte de soi alors qu'Hyppolite voyait la photographie comme une tentative désespérée de capturer l’éphémère. Jamais il n'aurait eu l'idée de se prendre en photo : il n'était pas éphémère, il était là, il ne bougeait pas.

- Si j'en fais depuis longtemps ? Je sais que je prends des photos depuis une dizaine d'années mais tu parles à un vieux, ma petite, alors ça n'a rien de surprenant.

Et ouais, déjà la trentaine... Décidément, c'était de pire en pire.
Il sentait qu'il devenait déprimant et ennuyeux, alors il leva enfin les yeux sur son interlocutrice. Il laissa planer un silence et quelque respiration avant de reprendre dans un faible sourire :

- Désolé, ça doit être barbant. Tu attendais certainement un autre type de réponse.


Et lui aussi, il aurait aimé dire autre chose. Il aurait aimé être cool, ou quelque chose comme ça. Dommage, il était juste lui.


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Hyppolite Vodeni avait l’air sacrement surpris. Il semblait ne pas comprendre comment Katerina était parvenu à de telles conclusions. Elle s’en voulut. Peut-être bien qu’elle se mêlait d’affaires qui ne la concernait pas. Elle n’avait pas voulu paraitre indiscrète mais elle souhaitait juste s’intéresser en sa personne. Il décida finalement de sortir timidement le polaroid qu’elle avait vu dépasser de sa poche. Il prenait mille fois soin de ne pas le laisser tomber et le tenait comme s’il était fait d’un cristal si fin qu’une simple pression aurait suffi à le briser.

Katerina n’y connaissait pas grand-chose en photographie. Andrei en avait un vieux, mais il se n’en servait jamais. D’ailleurs, la jeune fille n’était pas sûr qu’il ait jamais été en état de fonctionner. Elle avait voulu le prendre, une fois, et avait été grondé pour sa curiosité déplacée. C’était justifié. Les seules fois où elle avait été prise en photo, c’était pour ces cartes d’identité. Sinon, elle avait été peinte aussi une fois. Mais là, cela n’avait plus grand-chose avoir avec la photographie, si ce n’est de capturer quelque chose ou quelqu’un.

- Je ne fais pas la photographie. Je me contente de prendre des photos. La photographie est un art mort, malheureusement. Je n'ai pas la prétention de dire que je suis photographe.


Un art mort ? Pourtant, il existait de nombreuses exposition de photographe à travers le monde. Elle n’y était jamais allée mais Pyotr, le bon ami d’Andrei, avait assisté à ce genre d’évènements. Le fait qu’il ne se proclame pas photographe avait quelque chose d’humble. Certes, elle n’avait jamais vu son travail, et peut être était-il mauvais, mais beaucoup de personnes sans talent se proclamait maitre en l’art de tel ou tel chose. Elle-même, même si elle pratiquait le piano et le violon depuis qu’elle était en âge de se tenir debout, ne prétendait pas être une musicienne. Elle restait attentive à ce qu’il lui disait, un sourire poli plaqué sur le visage :

- Si j'en fais depuis longtemps ? Je sais que je prends des photos depuis une dizaine d'années mais tu parles à un vieux, ma petite, alors ça n'a rien de surprenant.


Son sourire s’élargit très légèrement. Un vieux ? Hyppolite Vodeni ne semblait pas si vieux que ça. Elle ne lui aurait pas donné plus de 30 ans à vrai dire. Elle par contre, devait paraitre un peu plus jeune que son âge, elle manquait un peu de forme, dû à sa condition. Il releva son regard bleu, qui appât Katerina. Elle ne pouvait qu’admirer les reflets dans ces yeux. Si on lui demandait s’il était possible de se perdre dans un regard, elle aurait pu l’affirmer sans hésitation après avoir vu ce regard-là. Certes, elle aussi avait les yeux bleus. Mais ils n’étaient pas limpides comme les siens. Ils étaient plus foncés, et le contour de son iris plus marqué. Rien avoir avec ceux de l’homme. Elle espérait qu’il ne s’offusque pas qu’elle le regarde avec cette intensité. Normalement, elle aurait dû baisser le regard, à un moment alors qu’il lui parlait, mais elle était envoutée. Elle ne parvenait pas à soutenir le regard d’Andrei lorsqu’elle était au manoir. Il manquait quelque chose dans les yeux de son tuteur. Une lueur qu’ici elle pouvait voir danser. Elle était même un peu frustrée de ne pouvoir l’observer qu’à moitié. Le voile transparent dont elle avait hérité la narguait, dansant devant son champ de vision.

- Désolé, ça doit être barbant. Tu attendais certainement un autre type de réponse.


Elle l’observa encore quelques secondes avant de baisser le regard, le ramenant sur son polaroid. Il semblait manquer de confiance en lui. Elle se demandait bien pourquoi. Elle, elle ne s’attendait à rien en particulier. Elle était juste contente de discuter. Elle était un peu isolée des autres. Elle devait éviter d’entrer en contact avec des patients malades, et il était presque impossible pour elle de faire la différence entre ceux qui avaient une maladie transmissible, et les autres. De plus, elle n’avait pas souvent parlé avec d’autres personnes qu’Andrei et Ivanna. Elle avait des conversations avec des médecins, mais ce n’était pas pareil. C’était uniquement axé sur sa maladie. En faites, c’était plus une conversation entre sa maladie et le médecin.

- Non, rassurez-vous, j’apprécie cette conversation.


Elle n’avait pas envie qu’il l’écourte. Elle avait envie de parler encore, alors elle ajouta, dans son empressement, relevant un instant le regard :

- Vous êtes une personne intéressante.


Elle ouvrit la bouche, et la referma. Que venait-elle de dire à l’instant ? Elle manqua presque de rougir avec gêne. Ce n’était pas une chose qu’on disait dans une conversation. Elle se rattrapa, balayant ces paroles d’une main :

- Je veux dire, je trouve cette discussion intéressante. Je n’ai pas la prétention de dire si quelqu’un est ou non intéressant…


Katerina lui lança un petit sourire désolé, puis continua, cherchant à changer de sujet au plus vite :

- Vous pensez que l’art de la photographie est mort, mais pourtant, le travail de certains artistes doit bien encore le refléter ? Ce peut-il que aucunes photos sur cette terre, ne vaillent plus la peine qu’on l’admirent ?


Elle, elle n’en savait rien. Malgré son éducation irréprochable, elle ne savait rien de la photographie. Certes lors de ces cours, se glissait parfois l’une ou l’autre image. Lors de ces lectures, certaines première de couverture représentaient une photo. Mais ce n’est pas la photo le centre du travail. Elle avoué, gêné de donner son avis, consciente que Andrei n’aurait pas été fier d’elle :

- J’espère que ce n’est pas le cas. J’aimerais bien en voir un jour une qui me fera vibrer.

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Hyppolite manipulait son polaroid avec timidité. Maintenant qu'il l'avait entre les doigts, il était difficile de résister à un cliché. Mais il était hors de question de se l'autoriser. Déjà il paraissait pathétique auprès d'une jeunette, il n'allait pas se ridiculiser davantage !
Il recula d'un pas du coup, un peu gêné, puis se rendit compte de la chose suivante : Katou -parce que décidément impossible de se souvenir si la demoiselle se nommait Katarina ou Katerina – imposait, malgré elle peut-être, une certaine distance physique. Pas qu'il soit allé au contact vers elle et qu'elle l'aurait refusé. Non, c'était plutôt comme si un mur immatériel et impalpable s'était construit entre eux au fur et à mesure de la conversation. Hyppolite avait, en tout cas, ce drôle de pressentiment qui ne fit qu'accroître la curiosité qu'il avait envers la patiente.

- Non rassurez-vous, j'apprécie cette conversation. Vous êtes une personne intéressante.

Il arqua un sourcil et papillonna des yeux. Ha bon ? Vraiment ?
Il hocha doucement la tête et d'une voix étouffée, lui répondit :

- Je te retourne le compliment.

Parce qu'il était vrai qu'il appréciait la compagnie de cette demoiselle. Il se sentait reposé à ses côtés.
Entre-temps, le visage de la patiente s'était métamorphosé. La bouche entre-ouverte, le visage écrevisse. C'était étonnement mignon de la voir embarrassée – car elle semblait embarrassée. C'était ce genre d'expression spontanée qu'Hyppolite aimait à voir chez les autres. Il avait alors l'impression de voir un autre visage de Katou. Cette dernière qui s'était montrée très polie, et plutôt inexpressive au niveau du visage était désormais comme une petite fille venant de dire une bêtise. Pourtant, l'agent d'entretien n'avait pas l'impression qu'elle ait dit quoique ce soit d'étrange.
Hyppolite rit tout bas, touché par ce comportement.

- Je veux dire, je trouve cette discussion intéressante. Je n'ai pas la prétention de dire si quelqu'un est intéressant ou non; Vous pensez que l’art de la photographie est mort, mais pourtant, le travail de certains artistes doit bien encore le refléter ? Ce peut-il que aucunes photos sur cette terre, ne vaillent plus la peine qu’on l’admirent ?

C'était évident qu'elle avait changé de sujet de conversation car elle n'arrivait pas à démêler ses propos antérieurs. Hyppolite hésitait alors : soit il poursuivait la conversation qu'elle avait lancé, laissant Katou dans une discussion confortable. Soit il revenait sur le sujet qui l'avait embarrassée, taquin, mais prenant le risque de la mettre mal à l'aise. S'il choisissait la dernière option, il allait être sûrement timide aussi …
Tant pis, il avait bien trop aimé les joues rouges de la brune et désirait à tout prix les revoir.
Il fit alors un pas en avant, celui qui l'avait fait reculé auparavant, et pencha la tête vers Katou. Ils étaient ainsi un peu plus proches mais Hyppolite respectait son espace personnel. C'était plutôt comme s'il avait posé son front contre le mur immatériel.
Une lueur malicieuse brillait dans le clair de ses yeux, aujourd'hui si pâle à cause des rayons du soleil qu'ils auraient pu disparaître.

- A ton enthousiasme je constate, qu'en effet, tu me trouves intéressant. Je te remercie pour l'intérêt que tu me portes. Malheureusement tu ne me feras pas changer d'avis sur la photographie.

Il voulait quand même rebondir sur ses propos précédents. Il trouvait le débat fort intéressant et peut-être qu'à l'avenir il le poursuivrait avec elle.
Mais pour l'instant, cette adolescente était bien trop adorable pour qu'il ne cherche pas à réveiller chez elle à nouveau ce fragment de mignonnerie qu'il avait entre-aperçu chez elle.

- Mais tu es quelqu'un d'intéressant également aussi. Enfin je veux dire, je trouve que cette conversation est intéressante.

Il avait un petit sourire joueur sur les lèvres. Pas le genre d'expression franche qu'on devine à des kilomètres, mais un rictus assez discret. Ses intentions à la taquiner n'étaient clairement pas méchantes, bien sûr. Il espérait juste que Katou le savait.


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Elle se surprit à chipoter les bords de sa robe avec ces mains. Les laissa retomber le long de son corps. Elle n’avait jamais été confrontée à deux yeux pareils à ceux d’Hyppolite mais elle ne devait pas se laisser déstabiliser. Elle avait une image à préserver. Andrei ne serait pas fier d’elle s’il la voyait. Elle ne pouvait pas agir comme une petite fille sans éducation. Elle ne voulait pas avoir l’air ridicule. Il se rapprocha d’elle et elle du légèrement relevé le regard pour observer le sien. Elle baissa finalement ces yeux bleus océan, évitant de donner l’impression de le fixer.

- A ton enthousiasme je constate, qu'en effet, tu me trouves intéressant. Je te remercie pour l'intérêt que tu me portes. Malheureusement tu ne me feras pas changer d'avis sur la photographie.


Elle ne put empêcher ses joues de prendre une légère teinte plus rouge. Elle était assez blanche de peau après tout, difficile de masquer sa gêne. Ces yeux glissèrent vers la fenêtre, son regard fuyant. Elle espérait que sans avoir besoin de lui faire changer d’avis qu’il ait tort. Puis elle pensa que peut être, la photo qui la ferait vibrer existait déjà quelque part. Alors, peut être que ce n’était pas si grave. Elle allait le faire remarquer quand Hyppolite reprit :

- Mais tu es quelqu'un d'intéressant également aussi. Enfin je veux dire, je trouve que cette conversation est intéressante.


Elle releva un instant le regard pour apercevoir un léger sourire sur ces fines lèvres. Il la taquinait ? Elle n’aurait trop su le dire. Ca y ressemblait en tout cas. Elle se souvenait qu’Ivanna faisait des choses de la sorte de temps en temps. Mais ce n’était pas la vraiment pareil. Ici, c’était plus déstabilisant. Elle tortilla nerveusement une de ses longues mèches brunes et sourit timidement, évitant de croiser le regard d’Hyppolite.

- Je vous remercie.  


Elle n’avait pas fait grand-chose pour qu’il lui dise cela. Mais comme c’était une taquinerie, elle ne savait pas vraiment si c’était honnête ou non. Elle se sentait quand même le devoir de le remercier poliment. Elle lâcha ces cheveux, consciente qu’elle n’avait plus eu ce geste depuis des années. C’était quelque chose qu’elle faisait souvent petite, mais elle s’était débarrassée de cette mauvaise habitude assez jeune.

- Vous faire changer d’avis sur un sujet que je ne maitrise nullement n’est pas dans mes intentions.


Elle ne voulait pas lui paraître hautaine, où qu’il pense qu’elle ait essayé d’imposer sa vision des choses. Elle n’avait pas vraiment son mot à dire en réalité. Même si elle avait maitrisé le sujet, elle ne se serait pas permise. Ce n’était pas à une jeune femme comme elle de claironner ce qu’elle pensait. Elle, elle devait écouter. Laisser ces ainés avoir le dernier mot. Hocher la tête. Evidemment, c’était plus facile quand elle était d’accord avec ce qu’elle entendait, comme ici.

- Y a-t-il une photo qui vous plait plus que les autres ? Un artiste ?


Elle se décida à tourner son regard bleu vers lui avec curiosité. Si quelqu’un pouvait l’aider à découvrir la photographie, qu’elle soit actuelle ou moins récente, c’était bien lui.
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Elle regardait souvent par la fenêtre. Elle s'entortillait les cheveux depuis tout à l'heure. Elle avait même tripoté les bas de sa tenue. A croire qu'elle était vraiment gênée. Pourtant elle n'avait pas reculé quand Hyppolite s'était approché, elle n'avait pas non plus exprimé à voix haute son malaise. Peut-être qu'il ne la dérangeait pas tant que cela, finalement ? C'était plutôt amusant.
Katou le remercia avant de cesser de torturer sa mèche brune. C'était donc ainsi qu'elle réagissait à la taquinerie ? Elle n'était donc pas provocante en retour mais ne le prenait pas non plus sur la défensive. A vrai dire, sa réaction n'étonna pas l'homme. C'était presque comme si elle n'avait pas compris les intentions de ce dernier. C'était un peu mignon.
Hyppolite profita de leur proximité et que la demoiselle ait détourné ses yeux pour mieux l'observer. A force de chercher le détail parfait pour une photo, il avait l’œil aiguisé. Il apprécia alors un peu plus la délicatesse dont avait fait preuve l'artiste ayant dessiné le visage de Katou. Si elle avait été une peinture, chaque coup de pinceau aurait été léger, à peine appuyé, afin de ne pas trop pigmenter les couleurs mais aussi pour la rendre gracieuse. Elle dégageait un petit quelque chose qu'Hyppolite ne sut décrire. Mais il n'avait pas besoin de le savoir. Il appréciait cette part de mystère indéchiffrable. C'était ce qui la rendait attrayante pour une photo. C'était ce qu'il voulait capturer chez elle : ce qu'il ne comprenait pas et ne voulait pas comprendre.
Pour la première fois il se demanda de quelle maladie elle pouvait bien souffrir - car il venait seulement de se rendre compte que oui, elle était une patiente et donc elle était malade - avant d'évacuer cette pensée. Elle était Katou avant d'être une patiente.

- Vous faire changer d’avis sur un sujet que je ne maîtrise nullement n’est pas dans mes intentions.

Oh, elle l'avait remarqué ? C'était drôle qu'elle soit aussi franche, mais Hyppolite appréciait l'honnêteté plus que tout, alors il eut un petit rire suite à la remarque de la brune.

- Y a-t-il une photo qui vous plait plus que les autres ? Un artiste ?


Alors elle s'intéressait vraiment à lui ?
Il hésita un instant. Il porta son regard vers la fenêtre à son tour. Le jour était clair, peut-être un peu trop. Il n'y avait pas grand monde à une heure aussi matinale. Peut-être que ...?
Il posa son chariot contre le mur avec un empressement qu'il chercha à cacher, renversant son balai au passage. Il le remit en place après s'être chuchoté des insultes qu'il s'était adressé, puis se rapprocha de son interlocutrice. Il voulut lui saisir la main mais à peine la peau de son index effleura celui de Katou qu'il s'arrêta, presque sans le vouloir. Le mur, encore.
Mais s'il lui prenait le poignet, il aurait eu l'air de la forcer.
Peut-être le bras ?
Non, il aurait eu l'air d'un barbare.
Ou il lui demandait tout simplement de le suivre ?
Pff, comme si c'était son genre.
Il avait bien une idée mais elle était un peu osée quand même...
Il zieuta à droite, puis à gauche, s'assurant qu'ils étaient bel et bien seuls. Bon, il y avait les caméras de vidéo-surveillance, mais il se doutait que son patron n'en avait strictement rien à faire de ce que faisait son agent d'entretien en dehors du travail.
Il haussa les épaules comme pour lui même, passa une main dans ses cheveux, et adressa un sourire malicieux à la brune :

- Si vous permettez...

C'est alors qu'il s'abaissa. Il passa un bras derrière les genoux de la jeune femme, la renversant légèrement en avant. Son autre bras vint alors dans le dos de la brune pour l'accueillir confortablement, et en quelques secondes il la fit quitter le sol. Et voilà, il la portait tout contre son torse, la soutenant par les genoux et par le dos. Il s'assura qu'elle ne pouvait pas tomber et avança jusqu'à la sortie ainsi. Il fit un signe de tête aux surveillants. L'un les dévisageait, les yeux écarquillés. L'autre était si habitué aux loufoqueries de l'artiste qu'il ne releva pas.
Une fois dehors, Hyppolite posa doucement Katou assise dans la neige, à l'ombre timide d'un arbre. Puis il n'attendit pas et dégaina son polaroid, prenant une photo du visage de Katou. Le temps que la photo sorte, il lui expliqua :

- C'est ça le genre de photo que j'aime : spontanée, imprévue. Tu ne t'attendais certainement pas à ce qui vient de se passer et c'est ce que ton visage a traduit. Je n'ai pas pris le moment en question, mais plutôt son ressenti. Si j'avais attendu un peu tu aurais laissé place à une autre expression sûrement, celle de l'après-coup. Désolé si je t'ai un peu surprise.

La photo apparaissait petit à petit mais était encore un peu floue. Hyppolite s'assit en tailleur face à son interlocutrice et lui sourit, un peu embarrassé en fait lui aussi mais plutôt content.


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Il jeta un coup d’œil à la fenêtre. Katerina l’observa, les mains toujours figés le long de la taille. Puis, assez soudainement, il repoussa son chariot contre le mur, faisant maladroitement tombé un balai. Une nouvelle fois, la jeune femme ne put s’empêcher un léger sourire. Mais pas moqueur. Elle trouvait cette maladresse assez touchante. Elle avait toujours trouvé quelque chose à la maladresse. Andrei, lui, ne la supportait pas. Peut-être qu’elle aimait ça par esprit de contradiction ? Elle n’aurait pas su le dire, elle était loin d’être une fine psychologue. Il eut un geste vers elle qu’il avorta alors qu’il frôlait sa main. Elle releva les yeux du balai pour les planter dans son regard bleu, avec surprise. Elle ne comprenait pas son geste, qui n’avait pas vraiment de lien avec la conversation qu’il poursuivait un instant plus tôt. Il la passa dans ses cheveux bleus, probablement pour se donner une certaine contenance.

- Si vous permettez...

Il ne lui laissa pas vraiment le temps de permettre quoi que ce soit. Elle se retrouva dans ses bras, comme une princesse de conte pour enfant. Son visage devait afficher toute sa stupéfaction. Il n’était pas possible pour elle de masquer ce sentiment qui la prenait au dépourvu. Jamais personne ne l’avait tenu de la sorte. Elle accrocha ses bras autour du cou d’Hyppolite, fermant les yeux, un peu effrayée de tomber. Elle ne risquait rien mais elle ne pouvait s’empêcher de sentir l’attraction terrestre faire effet. Lui s’avançait tranquillement vers la sortie, faisant un signe de tête aux personnels qui surveillait la porte. Il avait la peau un peu plus chaude que celle de la jeune russe et cette proximité la fit rougir. D’une manière générale, elle serrait à peine la main des gens, quand elle sentait qu’elle pouvait se le permettre. Alors, elle n’était pas habituée à un contact physique de ce genre. Malgré qu’elle ne comprenne toujours pas trop ce qui lui arrivait, elle commença à ressentir comme un sentiment de sécurité.

L’homme de ménage la déposa avec douceur dans la neige. Elle était toujours un peu perdue, ne comprenant pas trop ce qu’il essayait de faire. Ses joues étaient encore légèrement colorées et elle chercha des yeux le regard d’Hyppolite, pour comprendre. Et pour se rassurer. Mais au lieu de voir ces yeux, elle vit l’appareil qu’il tenait en même. N’eut pas le temps de réagir. La photo commença à sortir de l’appareil. Elle poussa ses cheveux derrière ses épaules.

- C'est ça le genre de photo que j'aime : spontanée, imprévue. Tu ne t'attendais certainement pas à ce qui vient de se passer et c'est ce que ton visage a traduit. Je n'ai pas pris le moment en question, mais plutôt son ressenti. Si j'avais attendu un peu tu aurais laissé place à une autre expression sûrement, celle de l'après-coup. Désolé si je t'ai un peu surprise.


Elle l’observa avec attention, touchée par ce qu’il disait, consciente que son visage avait repris un aspect plus neutre, confirmant ces paroles. Il était si différent de ce qu’elle connaissait. Ce n’était pas compliqué, étant donné qu’elle ne connaissait pas grand monde. Mais ça l’étonnait quand même. La spontanéité, c’était ce qu’avait toujours détesté Andrei. C’est ce qu’elle avait appris à combattre. Et lui, il s’en servait pour faire de l’art ? Il avait une sensibilité que Katerina ne pouvait qu’imaginer. Il s’assit en tailleur face à elle, un sourire peint sur son visage fin.

Le voir s’assoir lui rappela qu’elle était assise sur la neige. Alors, pour la première fois de la conversation, sa maladie reprit sa place d’honneur. La place principale, écrasant la présence de la jeune femme. Elle était étonnée que cela ne se soit pas produit avant. Elle avait l’habitude qu’elle lui dicte l’attitude à avoir. Sa maladie était un tyran. Mais du coup ici, c’était beaucoup plus dur à accepter. Elle savait qu’en se levant, elle risquait de briser l’équilibre de leur conversation. Mais elle n’avait pas le choix. Rester assise dans la neige n’était pas une très bonne idée. Son visage se ferma un peu, c’était difficile à accepter mais elle n’avait pas le choix.

Elle posa une de ces mains dans la neige pour s’aider à se relever à contre cœur.  Une fois debout elle frotta sa main humide sur sa jupe, y accrochant quelques cristaux de neige. Elle essaya de garder le cours de la conversation :

- C’était une belle surprise. Votre façon de voir les choses… j’aime bien.


Cette fois-ci, elle ne s’était pas embrouillée, et ne lui avait pas sorti une phrase du genre « Vous êtes une belle surprise », c’était déjà pas mal. Elle espérait qu’il ne se méprendrait pas sur la raison pour laquelle elle décidait de se relever.

- J’aimerais pouvoir en faire de même avec la musique. Mais je ne suis pas très bonne pour ce qui est spontané. Je préfère laisser ça au professionnel de la spontanéité.


Elle afficha un sourire timide, reposant ses yeux sur Hyppolite.
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Envolé l'air qu'Hyppolite avait espéré capturer, même en fragments. Désormais Katou affichait de nouveau son expression neutre, cette expression qui intriguait tant l'adulte. Elle semblait à la fois tout et ne rien dire, son regard étant vide et plein en même temps. C'était inexplicable, et donc captivant. Hyppolite ne savait quel mot mettre sur ce qu'il ressentait en croisant ce visage, mais il s'en fichait bien.
Il secouait la photo - alors que ça ne servait à rien, la secouer ne l'aiderait pas à s'afficher plus vite mais comme tous les grands photographes faisaient ça, il pouvait bien se la péter un peu lui aussi - tout en regardant son interlocutrice se lever. Oups, l'avait-il tant que cela dérangée ?
Il se tordit le cou pour la voir, secouant tranquillement son polaroid, un bruit de plastique ballotté raisonnant dans l'atmosphère. Il était un peu triste qu'elle s'en aille et se mordit l'intérieur de la joue en se demandant comment se rattraper. Puis, petit à petit, il fut rassuré : si elle avait voulu partir, Katou l'aurait déjà fait. Elle se tenait debout, certes, mais elle prenait le temps d'essuyer sa main froide contre sa jupe. Hyppolite la lui aurait bien saisi pour la réchauffer mais 1) il était trop timide et empoté pour cela, 2) ce genre de contact était bien trop intime pour les deux inconnus qu'ils étaient et 3) qui secouerait inutilement la photo s'il avait les mains prises ?
Tant pis, désolée Katou.

- C’était une belle surprise. Votre façon de voir les choses… j’aime bien.

Il écarquilla les yeux, ne s'attendant pas à une réaction positive et rougit brusquement. Même le bout de ses cils parut s'enflammer. Il baissa la tête et se gratta la nuque, gêné. Un petit rire embarrassé sur le bout des lèvres, il lui bafouilla un maladroit : "merci".
Donc elle n'était vraiment pas partie, il était certain maintenant qu'elle comptait rester. Peut-être qu'elle avait juste eu des fourmis dans les jambes, hein. Il s'était sûrement monté la tête pour rien.

- J’aimerais pouvoir en faire de même avec la musique. Mais je ne suis pas très bonne pour ce qui est spontané. Je préfère laisser ça au professionnel de la spontanéité.

Oh ? Une artiste aussi ?
Il leva les yeux vers elle, la dévisageant comme s'il la découvrait sans un nouveau jour. Deux choses l'interpellait dans son court discours : tout d'abord cette demoiselle était une musicienne, et cette information soulevait un million de questions. Ensuite ... Comment ça ? Il était le professionnel de la spontanéité ? Oui c'était vrai, mais ça ressemblait un peu à de la taquinerie ça, non ? Ou quelque chose de similaire ?
Peut-être qu'elle avait juste eu froid dans la neige en fait ...
Hyppolite ôta son manteau, tout gêné, n'osant pas regarder Katou dans les yeux, puis l'étala en face de lui. Il la tapota l'air d'autoriser la brunette à venir s'y asseoir, puis poursuivit la conversation :

- Je ne suis pas un professionnel de ... j'veux dire ... bref ...

Il allait bafouiller s'il essayait de se justifier donc autant arrêter le massacre de suite. Avec ses gestes brouillons, ses mèches emmêlées devant son regard timide, il ressemblait à un enfant qui essayait de bien faire pour impressionner soit sa maîtresse, soit son amoureuse, soit sa maman.
Il toussa un peu, comme si cela l'aiderait à reprendre sa teinte habituelle, et tourna la conversation vers cette chère Katou qu'il trouvait de plus en plus impressionnante :

- Tu es donc musicienne ? Laisse-moi deviner ...

Voyons voir ... Elle lui semblait gracieuse et délicate, donc sûrement de la musique classique. Et comme elle avait l'air d'une perle rare, l'instrument ne devait pas être commun lui aussi.
Assez sûr de lui, il la regarda de nouveau, un sourire convaincu sur les lèvres :

- De la harpe ?

Oui, la harpe ça lui allait plutôt bien. Il était prêt à le parier.
Il cessa de secouer la photo. On y voyait enfin le visage de la demoiselle, quelques flocons perdus sur ses pointes brunes. Le tronc de l'arbre derrière elle et la neige à perte de vue accompagnaient la beauté de cette dame-là.


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Elle pouvait lire une certaine curiosité dans son regard. Peut-être s’intéressait-il à la musique ? Elle baissa le regard, un peu gênée. Elle se sentait soudainement au centre de la conversation. Il ôta sa veste et la posa à en face de lui, faisant signe à Katerina de s’y asseoir. Cette attention la toucha. Il ne savait ce qui l’avait poussé à se lever, mais ne s’en formalisait pas. Le faites qu’il ne s’attarde pas sur ça était reposant. Parler avec quelqu’un d’autre chose que de sa maladie était apaisant. Avoir une vraie conversation était une chose rare qu’elle devait savourer. Elle s’assit en face de l’homme avec une certaine timidité, le remerciant.

- Je ne suis pas un professionnel de ... j'veux dire ... bref ...


Katerina releva le regard vers lui, elle n’avait pas voulu le gêné en l’appelant « professionnel de la spontanéité ». Il toussa pour se donner une certaine contenance. Elle se rappela de sa propre gêne lorsqu’il l’avait taquiné un peu plus tôt. Est-ce qu’elle… l’avait involontairement taquiné ? Il semblerait. Elle espérait qu’il ne lui en veuille pas. Elle ne l’avait pas fait intentionnellement. Il détourna lui aussi la conversation, comme elle l’avait fait un peu plus tôt :

- Tu es donc musicienne ? Laisse-moi deviner ...


Il semblait réfléchir avec intensité. Katerina lui laissa le temps de se faire une opinion, profitant qu’il était plongé dans ses réflexions pour détailler encore, ces deux yeux qui avaient pris une magnifique teinte un peu plus claire à l’air libre. Il continuait à secouer sa photo, pensif.

- De la harpe ?


Elle eut un léger sourire et baissa à nouveau son regard, pour accrocher le t-shirt d’Hyppolite. La harpe était un instrument envoutant, qu’elle aurait bien aimé apprendre mais ce n’était pas le cas. C’était un instrument qu’elle avait appris à connaitre tardivement, assez spécifique à l’occident, peu à sa Russie natale.

- Je joue surtout du violon. Mais j’aime aussi le….


Elle eut un instant d’hésitation, incapable de se souvenir comment on pouvait dire hautbois en anglais. Pour violon, la traduction était identique et ça avait été facile pour elle. C’était déjà plus dur. Elle parlait bien la langue de Shakespeare, pour l’avoir un peu étudier avec Andrei, puis parler 2 années, mais elle avait encore des lacunes. Elle n’avait jamais parlé de hautbois à personne.

- …une grosse flute… qui joue moins aigue….., même si je débute.


Elle rougit, elle aurait mieux fait de le passer sous silence si elle était incapable de savoir comment se nommait l’instrument. Elle jouait aussi très bien le piano –qui était le premier instrument qu’elle avait commencé à apprendre- mais cela lui avait demandé un effort presque douloureux, alors elle ne le mentionnait pas. Quant au violoncelle, c’était comme le hautbois, elle était loin d’être une experte même si le violon lui avait facilité la tâche pour apprendre cet instrument-là. Elle ne se sentait pas assez légitime pour se permettre de l’ajouter.

Le violon était l’instrument qui lui avait révélé une facette du monde qu’elle ignorait. Difficile, demandant un travail constant, c’était un instrument qu’elle n’avait pourtant pas eu de mal à apprivoiser contrairement au piano. Il était chantant et elle parvenait à exprimer ce qu’elle était incapable de dire oralement. Le hautbois aussi avait quelque chose de particulier. Il y avait du velours dans cet instrument, il était moins criard que le violon, permettait moins de variété dans ses notes mais lui avait tout de même ouvert un monde de possibilité. Elle aurait souhaité apprendre la guitare aussi, mais Andrei si était fortement opposé.

Elle baissa d’avantage le regard jusqu’à ce qu’il se pose sur la veste d’Hyppolite. Elle allait être trempée. Katerina espérait que l’homme n’en aurait pas utilité tout de suite et qu’il aurait l’occasion de la mettre à sécher. L’air froid était agréable à respirer. La jeune russe ne sortait pas souvent dehors, et chacune de ces sorties étaient une bouffée d’air dont elle devait absolument profiter. La rareté de certaines choses, les rendaient bien plus belle. Plus uniques. Précieuses. Elle ferma les yeux un instant, laissant le vent se glisser sur sa peau, agitant ces cheveux bruns. Comme sa conversation, hors du temps. Elle rouvrit les yeux, posant le bout des doigts sur la neige, comme pour en tester la dureté ou la texture.

- Vous avez d’autres passions que la photographie ?

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-Je joue surtout du violon. Mais j’aime aussi le…., raconta Katou au photographe.

Hyppolite fit la moue, mauvais perdant. Il était persuadé que la demoiselle jouait de la harpe. Même si, à y réfléchir, le violon était un instrument qui semblait correspondre à son interlocutrice. Il l'imagina un instant pieds nus dans la neige, dans une robe flottant au vent, concentrée sur la musique qui sortait de son violon. Une étendue de blanc comme cadre pour la photo qu'il oserait prendre. Il la voyait virevolter et soudainement, oui, le violon s'imposa dans son esprit.
Ayant un peu honte d'avoir eu une telle image en tête, il se focalisa sur la photo qu'il venait de prendre. Le visage de Katou s'affichait enfin. On pouvait lire dans son regard qu'un type un peu bizarre - lui - l'avait portée sans prévenir pour l'amener à l'extérieur. On pouvait lire la brièveté mais également la légèreté de ce moment.

- …une grosse flute… qui joue moins aigue….., même si je débute.

Hyppolite eu du mal à se reconnecter à la réalité. Pourquoi Katou-Sherlock hésitait-elle ? Oh oui, elle lui parlait de ce qu'elle jouait. Mais pourquoi butait-elle ? Elle ne connaissait pas le nom de ses instruments ? Quelle étrange demoiselle... Ou alors c'était par rapport à sa pathologie ? Peut-être avait-elle des problèmes de mémoire ...
Hyppolite voulut l'aider à retrouver ses mots, même s'il était une tanche en musique il pouvait bien deviner ce que pouvait être cette fameuse grosse flûte... Voyons voir ...

- Oui bien sûr, tu veux dire un trombone, je pense ?, lui suggéra-t-il en essayant d'avoir l'air confiant même s'il ne croyait pas un mot de ce qu'il disait.

Même si le trombone était un instrument à vent, comme la flûte, et faisait un son plutôt grave... Hyppolite haussa les épaules pour lui-même.
La jeune femme ne sembla pas convaincue par la réponse d'Hyppolite. Elle baissa les yeux avant de les fermer. Elle paraissait pensive, comme soudainement ailleurs. Son corps était là, présent et délicieux, mais son esprit s'était payé un voyage dans des brumes rêveuses. Hyppolite la laissa lui échapper, un petit sourire sur les lèvres. Sa beauté était captivante. Elle n'était pas particulièrement sexy, ou jolie comme l'entendait la société. Elle n'avait pas les formes que les affiches dans les rues décrivent comme parfaites ou le grain de peau que soit-disant recherchent tous les hommes, mais elle avait ce truc indéfinissable qu'Hyppolite ne savait pas lâcher.
Finalement elle ouvrit de nouveau les yeux. Le photographe supposa qu'elle allait continuer à lui parler d'elle, et il était prêt à l'écouter avec attention, mais le sujet revint vers lui :

- Vous avez d’autres passions que la photographie ?

Tss, si elle croyait qu'il allait se mettre à ne parler que de lui alors qu'elle avait certainement un tas de choses intéressantes à raconter, elle se mettait le doigt dans l’œil.
N'empêche que, par politesse, il allait quand même répondre à sa question. Et il avait tout de même envie d'être un peu plus personnel avec elle. S'il lui racontait des anecdotes bizarres sur lui, resterait-elle ?
Il se pencha un peu en avant sans s'en rendre compte, une lueur malicieuse dans le fond des yeux. Une brise froide passa entre leur deux visage, comme pour confondre leur respiration.

- Je suis un fan de cactus. J'en ai toute une collection dans ma chambre. Mon préféré s'appelle Boris.

Et le pire, c'était qu'il était sincère.

- Mais ne change pas de sujet Katou - ça te dérange si je t'appelles comme ça ? -, tu n'as pas fini de parler. Et si tu me racontais un truc sur toi ? Le premier truc qui te passe par la tête ? Dans trois, deux, un ...

Il avait montré le décompte avec ses doigts, en abaissant trois un à un. L'idée était de jouer sur la spontanéité de la demoiselle. Il avait envie de savoir tout ce qui se cachait derrière ce visage tantôt neutre de toute expression telle une adulte ayant trop vécue, tantôt rougissant comme celui d'une enfant.


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- Oui bien sûr, tu veux dire un trombone, je pense ?

Elle secoua la tête négativement. Elle était pratiquement sûre que le trombone faisait partie de la famille des cuivres, mais elle se voyait mal essayé de le lui faire deviner. Elle pourrait toujours lui proposer de le lui montrer un de ces jours, pour qu’il l’aide à lui donner un nom.

- Vous avez d’autres passions que la photographie ?


Hyppolite se pencha une nouvelle fois vers elle. Il semblait aimer la proximité. Et si Katerina n’en avait pas l’habitude, elle l’appréciait aussi. Elle se permit de détailler le jeune homme des yeux. Sa peau pâle faisait ressortir le bleu de ces yeux et de ses cheveux. Son visage était fin et gracieux. Il avait quelque chose de magnétique. Katerina ne connaissait pas vraiment les standards de beauté, mais si elle avait dû en faire un classement, nul doute qu’Hyppolite y aurait trouvé une place.

Mais plus encore que son physique, c’était sa gentillesse qui la touchait. Elle aimait bien sa façon d’être. Simple. Peut-être était-ce tout simplement le faites qu’il ne savait rien d’elle qui lui plaisait. Elle ne pouvait que constater que les personnes qui connaissaient l’existence de sa fortune ou la nature de sa maladie agissaient avec elle de manière bien différente. Souvent hypocrite.

- Je suis un fan de cactus. J'en ai toute une collection dans ma chambre. Mon préféré s'appelle Boris.


Cela tira un sourire à la jeune femme. Il aimait les cactus, et leur donnait des noms. Cela lui correspondait assez bien. Elle pouvait l’imaginer donner quelques gouttes d’eau à un cactus tout en lui racontant sa journée de travail. Ou lui passer de la musique pour qu’il grandisse mieux. Cela lui donna une idée.

- Mais ne change pas de sujet Katou - ça te dérange si je t’appelle comme ça ? -, tu n'as pas fini de parler. Et si tu me racontais un truc sur toi ? Le premier truc qui te passe par la tête ? Dans trois, deux, un ...


Elle le regarda, ouvrit la bouche, la referma. Puis elle exprima exactement ce qu’elle avait pensé juste avant, mais qu’elle n’avait pas osé dire :

- Je pourrai leurs jouer de la musique si tu veux.


Elle rougit et baissa les yeux, consciente que cela pouvait paraitre ridicule. Si elle avait dit un truc pareil à Andrei, il aurait ri de la situation. Mais pas vraiment un rire amusé. Elle se rendit compte que ce n’était pas un truc sur elle. Un truc sur elle. Elle réfléchit. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien dire? Se rappelant qu’elle n’était pas sensé réfléchir, elle parla précipitamment :

- Je voulais un animal de compagnie quand j’étais petite, et comme mon tuteur n’était pas d’accord, j’avais attrapé une araignée. Je l’avais appelée Pauk. C’est araignée en russe. Pas très original, n’est-ce pas. J’avais fait des trous dans le pot dans lequel elle était, j’avais mis des feuilles pour reconstituer son habitat, et je lui avais donné du pain. Mais ça ne mange pas du pain, alors elle n’a pas tenue bien longtemps la pauvre.


Katerina se surpris elle-même. C’était vraiment la seule anecdote qui lui était revenue sur le moment ? C’était vrai qu’elle avait pleuré dans les bras d’Ivana lorsque Pauk était morte, mais elle ne pensait pas que c’était le genre de souvenir qu’elle partagerait un jour avec quelqu’un. Elle rougit un peu, et lança un sourire timide à Hyppolite. C’était là qu’elle avait pris conscience qu’un animal de compagnie demandait plus de soin qu’elle ne le pensait. Et qu’elle avait abandonné l’idée d’en avoir un, un jour.
C'était aussi la chose la plus longue qu'elle avait exprimée depuis le début de leur conversation. Il allait la prendre pour une folle.
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Le premier truc qui passait à travers la tête de Katou.
Dans trois,
deux,
un ... !
- Je pourrai leurs jouer de la musique si tu veux, articula la brunette.

Hyppolite fronça les sourcils, interloqué. Jouer de la musique à quoi ? A qui ? L'adulte ne voulait pas la juger, mais sur le moment, il la trouva étrange. A croire que diverses connexions s'étaient faites dans l'esprit de la demoiselle, tissant des liens entre deux idées qui n'avaient rien à voir entre elles. Qui était ce "leur", mon cher Watson ?
En plus, elle avait baissé la tête, un rideau brun cachant son doux visage. Hyppolite se tordit le cou pour essayer d'apercevoir le lagune de ses yeux, mais la jeune femme était bien trop cachée.

- Je voulais un animal de compagnie quand j’étais petite, et comme mon tuteur n’était pas d’accord, j’avais attrapé une araignée. Je l’avais appelée Pauk. C’est araignée en russe. Pas très original, n’est-ce pas. J’avais fait des trous dans le pot dans lequel elle était, j’avais mis des feuilles pour reconstituer son habitat, et je lui avais donné du pain. Mais ça ne mange pas du pain, alors elle n’a pas tenue bien longtemps la pauvre.


Oh, si seulement elle lui avait raconté tout ça en posant tranquillement ses mots et en osant l'affronter visuellement. Il aurait aimé décrypter chaque mouvement de son visage tandis qu'elle racontait cette histoire. Il aurait aimé capté un sourire qui s'enfonce, une étincelle qui se ravive, des sourcils qui se rejoignent ou se haussent. Il aurait aimé saisir l'authentique et le vivant.
Un peu frustré, il amena avec tendresse sa main contre la joue de la demoiselle. Il avait complètement oublié le mur impalpable dressé entre leur deux bulles. D'une caresse du pouce, et d'un léger mouvement du poignet, il la fit relever le visage afin qu'ils se voient. Il avait la peau rouge à cause du froid, et son épiderme pâle était lui aussi glacé, et pourtant il y eut comme une vague de chaleur entre les deux parois de chair.

- Je suis sûr que mes cactus seraient ravis d'entendre ton violon. Tu viens jouer quand tu veux.

Il se surprit lui-même de dire cela. Visiblement, lui aussi avait des problèmes de connexions : elles étaient étrangement lentes. Mais au moins il pensait avoir compris ce que Katou avait voulu dire. Elle qui parlait si peu, ça aurait été dommage de ne pas lui offrir cette opportunité.
Il n'arrivait plus à dire quoique ce soit, un peu secoué par son propre comportement. Il se pinça les lèvres, un peu gêné. Sa main finit par glisser et tomba dans la neige. Les joues vermillon d'embarras, il se déroba à la demoiselle et constata les alentours. Il eut un pincement au cœur en se disant qu'il avait encore du travail à faire et qu'il était à la traîne. Il était si bien ici.


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Il ne la prit pas pour une folle. Il posa doucement sa main sur la joue de jeune russe qui rougit violemment. Ce geste avait un gout particulier. Bien différent de ceux qu’on avait pu avoir à son égard par le passé. Bien loin aussi de ceux, laconique, des médecins qui auscultent. Elle était si proche du visage d’Hyppolite, qu’elle pouvait en détailler chaque imperfection. Des imperfections qui ne rendaient pas son visage moins parfait. Il redressa la tête de la jeune fille qui retenait presque son souffle, happé par l’étrangeté et la douceur du moment.

- Je suis sûr que mes cactus seraient ravis d'entendre ton violon. Tu viens jouer quand tu veux.


Un silence s’installa. La situation aurait pu paraitre inconfortable mais ce n’était pas le cas. La gentillesse d’Hyppolite touchait sincèrement Katerina. Elle se rendait compte qu’elle n’avait pas l’habitude qu’on l’écoute. Qu’elle n’avait pas non plus l’habitude de parler. Elle en tirait une étrange satisfaction. Lui, parut soudainement gêné. Il laissa retomber sa main. Les yeux de la jeune russe suivirent son geste et se posèrent sur la main de l’homme. Ces longs doigts fins étaient colorés par le froid. Il s’écarta.

Katerina hésita. Peut-être était-il gêné de toujours devoir faire le premier pas. Il était vrai, que chacun de leurs contacts avait débuté par lui. Elle ne savait juste pas comment s’y prendre. Ce qui paraissait tellement naturelle pour Hyppolite l’était moins pour elle. Elle avait cependant envie de lui montrer qu’elle appréciait cette proximité tout juste découverte. Katerina se rapprocha timidement. Elle passa une main sur celle d’Hyppolite, s’y arrêta, ferma ses doigts maladroitement autour de ceux de son camarade. Releva les yeux pour les plonger dans ceux de l’homme :

- Merci. Je n’y manquerai pas.


Elle eut un sourire et ajouta :

- Mais vous trichez. Moi aussi je voudrais entendre la première chose qui vous passe par la tête.


Elle avait l’impression d’avoir dépassé les limites qu’elle avait toujours connues, et de s’être jeté dans l’inconnu. C’était à la fois excitant et terrifiant. Elle se demanda si c’était vraiment une bonne idée de transgresser ce qu’on lui avait appris. Et jusqu’où elle allait aller. Elle se sentait presque un peu criminelle. Et elle n’honorait pas celui à qui elle devait tout. Pourtant, elle ne put se résoudre à lâcher la main fraiche d’Hyppolite. Ni à ne pas en profiter pour se perdre dans son regard bleu avec lequel le soleil semblait jouer le teintant d’un éclat lumineux.
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Comme si le temps s'était ralenti, la main de Katou effleura celle d'Hyppolite. Le cœur de l'adulte s'arrêta dans sa poitrine tandis qu'avec délicatesse, la jeune femme cristallisait ce moment. Pourquoi venait-elle donc serrer ses doigts dans les siens ? Pourquoi venait-elle l'attraper ?
La peau de Katou était douce mais froide. Comme la neige, en fait ; on avait envie de la toucher mais on ne pouvait la garder dans la paume trop longtemps, sinon on finissait gelé.
Et alors quand elle releva les yeux vers lui, ce fut le frisson provoqué par le vent d'hiver. Il eut du mal à le réprimer. Comment allait-il partir si elle le dévisageait de cette façon ?
Elle le remercia, puis, fourbe, ajouta dans un sourire :

- Mais vous trichez. Moi aussi je voudrais entendre la première chose qui vous passe par la tête.

Il avait été taquin depuis le début, il aurait pu continuer là-dessus. Pourquoi là, maintenant, tout de suite, Hyppolite Vodeni avait perdu toute malice ? Aucune idée.
La première pensée qui lui traversa l'esprit n'était pas une phrase ou une idée à formuler, c'était un geste.
Une de ses mains était donc capturée par Katou. Avec celle qu'elle laissait libre, il prit la joue de la brune en otage. C'était un geste un peu pressé, qui se voulait tendre mais qui révélait une urgence. Quelque mèches brunes s'étaient coincées entre ses doigts, s'écrasant sur la peau de la demoiselle, rendant son regard profond un peu plus sauvage. Elle avait quelque chose d'authentique, quelque chose de vrai, qui intriguait Hyppolite au plus au point. Il n'arrivait pas à expliquer ce qu'il ressentait là. Il avait clairement une envie, un besoin, une nécessité dans le ventre, sur laquelle il ne pouvait mettre de mots.

- J'aimerais rester plus longtemps, dit-il plus sérieux, mais ...

D'un mouvement de tête, il lui désigna le couloir où il avait laissé ses affaires de travail. Il fit une petite moue boudeuse.

- Quoiqu'il en soit, j'espère te revoir au plus vite, si tu le permets. Et autrement qu'à l'improviste comme ça.

Il hésita presque. Il était maladroit et empoté, incapable de comprendre ce qu'il voulait, alors les mots sortaient d'eux même.

- Je sais que ce n'est pas trop possible ici, mais on pourrait s'organiser comme une ... sortie ?

Ils pourraient aller dans sa chambre, elle jouerait du violon pour Boris et ils se mangeraient un bon repas. Les patients n'étaient pas admis dans l'établissement du personnel, mais Hyppolite trouverait le moyen de faire une entorse à ce règlement.


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Il reposa sa main sur la joue de la jeune russe, elle en apprécia la douceur mais il y avait aussi un petit quelque chose qu’elle ne parvenait à caractériser. Quelques choses qui papillonnaient dans son estomac. Elle espérait ne pas avoir attrapé quelque chose. Elle n’était déjà pas bien grosse, alors une gastro n’était pas vraiment dans ses projets futurs.

- J'aimerais rester plus longtemps mais ...


Elle ne put cacher une petite pointe de déception. Il était évident pourtant qu’il était temps qu’il retourne travailler. Elle lui avait surement déjà fait perdre du temps, elle n’allait pas en plus de ça le retenir. Et puis, pourquoi ? Elle avait l’habitude de trainer dans les couloirs. Elle ne manquait pas vraiment de compagnie. Se persuadant de son mensonge, elle détourna le regard, attentive à ce qu’il disait :

- Quoiqu'il en soit, j'espère te revoir au plus vite, si tu le permets. Et autrement qu'à l'improviste comme ça.


Elle sentit le rouge lui monter aux joues. Incapable de comprendre pourquoi. Ca faisait déjà quelque fois qu’elle perdait ses moyens devant Hyppolite sans vraiment saisir pourquoi ça lui prenait. Elle était pourtant du genre discret sur ce qu’elle ressentait. Consciente qu’elle devait garder un visage neutre pour éviter d’embêter ou de désobliger les autres.

- Je sais que ce n'est pas trop possible ici, mais on pourrait s'organiser comme une ... sortie ?


Elle eut un sourire timide et se releva, récupérant la veste d’Hyppolite dans le mouvement et reposa ses yeux sur l’homme. Elle lui tendit ces bras fins, comme si elle était vraiment capable de l’aider à se relever.

- Je… Merci. Ce serait super. Je pourrai rencontrer Boris.


Un plus large sourire s’étala sur le visage de la jeune russe. Elle lui demanda quand il serait possible de le voir, il lui proposa une date et elle acquiesça. Katerina lui rendit sa veste, sans oublier de le remercier de son attention. Ils se quittèrent maladroitement. Lorsqu’elle rentra dans sa chambre, la jeune russe se sentait pour la première fois un peu seul, mais aussi plus complète.
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- Je sais que ce n'est pas trop possible ici, mais on pourrait s'organiser comme une ... sortie ?

Hyppolite pouffa un petit peu. "S'organiser une sortie" : on aurait dit deux adolescents maladroits, faisant connaissance, et cherchant à se revoir. Hyppolite avait trente-et-un ans ! Ce n'était pas la première fois qu'il organisait une nouvelle sortie avec quelqu'un !
Attendez ... Il avait la trentaine, mais qu'en était-il de Katou ? Elle semblait bien plus juvénile que lui ...
Il n'y pensa plus quand elle lui tendit les bras, comme pour l'aider à se lever. Un peu gauche, il enserra ses poignets de ses mains. Il la maintenait assez bien ainsi pour qu'elle le relève. Une fois qu'il fut debout, ses mains sur les poignets de la demoiselle, elle lui bégaya la chose suivante :

- Je… Merci. Ce serait super. Je pourrai rencontrer Boris.

Il sourit et voulut détourner les yeux, gêné, mais n'en fit rien. Il voulait garder contact avec elle.
Il hocha alors la tête avec vigueur.

- Il serait ravi de te rencontrer. N'oublies pas ton violon.

Il lui fit un clin d’œil puis s'éloigna d'elle. Petit à petit, l'empreinte qu'avait laissé son contact sur elle s'échappa. Il ne voulait pas partir, vraiment, mais il avait un métier. Il était un homme adulte, il avait des responsabilités.

- Je dois m'en allez, tu m'excuseras. Ce fut un plaisir ...

Il regagna l'intérieur afin de récupérer son chariot. Il avait un drôle de soupir dans le cœur et un creux dans le ventre. C'était la même sensation que lorsqu'il se mettait à penser à Atsuka. Sauf que les deux femmes n'avaient pas grand chose en commun. Atsuka était sanguine, colorée et sexy. Katou était plutôt timide, tout dans le regard et mignonne.
Hyppolite secoua la tête pour chasser ses pensées. Il n'était pas là pour jouer le joli cœur. Katou ne serait qu'une amie.


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