Regarder au delà | feat Onyx |

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W81
Lun 12 Mar - 2:44

Katerina avait pris l’habitude de regarder par la fenêtre du couloir après ces soins matinaux. Il faisait un peu trop froid pour qu’elle sorte  dehors, et elle avait payé sa petite incartade près de la mer. Ca n’avait été qu’un rhume. Mais ces faibles défenses immunitaires auraient pu se faire envahir par tout un tas de maladies beaucoup moins sympathiques. Elle continuait à avoir la gorge qui grattait depuis et on avait dû la nourrir par sonde pour éviter qu’elle ne perde trop de poids. Elle s’en voulait d’avoir été aussi stupide. Elle savait exactement ce qu’elle pouvait faire ou non, pourtant. Elle n’aimait pas rester trop dans sa chambre, et pour éviter de croiser les autres, elle s’était trouvé une fenêtre isolée, près du bout d’un couloir, qui donnait vu sur la cour.

Le temps commençait à se réchauffer, et plus de jeunes patients se promenaient à l’extérieur. Jouer n’avait pas été quelque chose qui avait longtemps traversé l’esprit de la jeune fille. Oh, elle avait bien couru à l’extérieur après les fleurs sous le regard bienveillant d’Ivanna, mais ce fut éphémère. Jouer, ça n’apportait pas grand-chose. Elle préférait des activités puis gratifiantes. La lecture, le dessin, la musique… oui, surtout la musique. Elle avait eu le droit d’apporter son violon à l’institut lors de son transfert et s’entrainait tous les jours une heure comme le lui avait appris Andrei. La persévérance était le meilleur moyen d’obtenir des résultats. Elle aurait aimé pianoter de temps en temps aussi, mais elle n’avait pas encore vu de piano à l’institut. Elle aimait moins ce grand instrument de toute manière. Elle en gardait de moins bons souvenirs. Elle n’en jouait pas assez bien, contrairement à son tuteur.  Ce dernier se mettait souvent en colère sur elle, l’obligeant à répéter certains gestes encore et encore, jusqu’à ce qu’elle parvienne à les exécuter à la perfection. Le piano la crispait. Ce n’était pas le cas du violon.

Katerina repoussa une mèche de cheveux qui venait de glisser devant ses yeux. Elle rejoignit les autres, parfaitement coiffés de la jeune fille. Elle observait un petit groupe de jeunes qui discutaient. L’un d’entre eux était en chaise roulante. Elle baissa les yeux vers ses frêles jambes. Elle ne se voyait pas vivre en chaise. Elle releva le regard. Il n’y avait pas beaucoup d’activités pour l’instant. C’était toujours le cas. A cette heure-ci, tout le monde se dirigeait vers la cantine pour manger. Elle s’éloigna de son petit coin tranquille pour se diriger vers sa chambre. Elle-même allait recevoir à manger. Elle ne mangeait pas avec les autres à la cantine à cause des risques d’infections. On lui apportait son plat en chambre. Sa longue robe bleue pâle ondulait au rythme de ses pas.
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Secrétaire de Ange
Mar 13 Mar - 0:20
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SOUKHOVO-KOBYLIN Katerina & LAVOIR Astrid

Aujourd'hui se révélait être une journée différente des autres pour Onyx. Différente, car bien calme. Elle avait terminée tout ce qu'elle avait à faire, avait même eue le temps d'écrire quelques récits dans son carnet au bureau. Une histoire d'amour interdite fort banale, qu'elle avait imaginée un soir avant de se coucher. Aucun appel aujourd'hui pour la perturber dans sa séance de création, aucune arrivée inopinée dans son bureau comme cela arrive parfois...Tout était calme. Il n'y avait presque aucun bruit à part les quelques médecins qui passaient dans le couloir.

Astrid soupira. En réalité, elle n'appréciait pas tant que ça s'ennuyer, même si elle avait parfaitement consciente que cela représentait un luxe pour quelqu'un comme elle. Elle jeta un oeil à la montre à son poignet...Ce n'était pas encore l'heure du déjeuner. C'était plutôt dommage car aller manger aurait pu la distraire. Tant pis; après une séance d'étirement comme elle le fait chaque fois lorsqu'il ne lui reste plus rien sur la planche, elle s'était dite qu'elle ne perdrait rien à aller manger plus tôt. Mais après cela...Que faire durant cette pause déjeuner ?
Un éclair de génie traversa la petite tête de la secrétaire à ce moment; en jetant son regard par la fenêtre de son bureau, elle s'était dite que ce serait l'occasion rêvée pour aller visiter l'Institut. Pour dire vrai, elle ne s'avait pas réellement si elle avait le droit, mais bon...Elle n'avait rien à faire, même pas de quoi s’avancer sur le lendemain, elle avait vraiment absolument tout fait aujourd'hui et c'était bien rare. Une opportunité pareille ne se produira sûrement pas deux fois, et elle ne faisait de mal à personne, non ?

A cette idée, la jeune femme se leva énergiquement puis mit de l'ordre sur son bureau; rangea son carnet dans son tiroir, ses stylos dans le pot à crayons et les quelques documents qui traînaient ici et là à leur juste place. Elle s'arma de son petit sac, qui était posé juste à côté de sa chaise, puis de l'autre bras attrapa sa veste. L'idée d'entreprendre cette petite excursion la mettait en joie, mais avant toute chose, elle se devait d'aller manger. Ni une ni deux, elle se dirigea vers la sortie de son bureau et ferma la porte, décidée à aller chercher quelque chose à se mettre sous la dent.

***

La jeune femme avait décidée d'aller chercher une salade - ornée bien évidemment de tomates et d'une sauce bien garnie - dans ses locaux et de la manger dehors. Aujourd'hui le ciel était bleu et il ne faisait pas trop froid, elle se devait d'en profiter. Après un thé aux fruits rouges, son préféré, qu'elle avait préservée bien au chaud dans un thermos, elle était prête à clore son panier repas puis à le remettre dans son sac. Elle se leva de son banc, décidée à partir à l'aventure. Cette journée allait se faire plus excitante que les autres, décidément.
Le chemin depuis le bâtiment du personnel était un peu long, mais de là où elle était actuellement, elle arrivait à apercevoir quelques patients quitter la cour centrale afin de se rendre à la cantine pour manger. C'est vrai qu'il est l'heure... réalisa Astrid tout en jetant un nouveau coup d’œil sur sa montre. Elle huma l'air et constata qu'elle pouvait sentir d'ici une bonne odeur de rôti émaner du bâtiment; elle espérait pour les patients que le repas d'aujourd'hui allait être bon. C'était une bonne chose qu'elle ait placée sa visite à l'heure du dîner, car elle avait moins de chance de rencontrer quiconque dans les couloirs, comme tous les patients se dirigeaient vers le réfectoire. En théorie du moins.

Tout en serrant son manteau autour de sa taille, Astrid jeta quelques brefs regards autour d'elle avant d'entrer dans le bâtiment. Celui-ci était décidément tout aussi beau que celui dans le lointain; les couloirs étaient spacieux et étonnamment propres, les fenêtres grandes, et vu le contexte le calme qui se faisait dans l'enceinte de l'établissement avait tout de profitable. Seul ses pas se faisaient entendre, claquant sur le carrelage de l'Institut, alors qu'elle voyageait de corridors à corridors. Elle ne savait jamais où elle était et ne se posait pas vraiment la question; elle se contentait d'observer et d'imaginer les conditions de vie que les patients pouvaient bien avoir ici.
Mais alors, soudainement, Onyx se rendit compte que le bruit de ses escarpins n'étaient pas les seuls qu'elle entendait. Elle tourna la tête et vit non loin de là une jeune femme approcher; elle avait de longs cheveux noisette, coiffés avec énormément de son gout à son sens, et de beaux yeux d'un bleu intense. Les joues de la secrétaire s'empourprèrent...Elle la trouvait très jolie mais n'oserait certainement pas lui dire. Elle se contentait de la fixer pendant qu'elle approchait, détachant doucement son regard de la vitre. Elle se demandait ce qu'elle allait dire lorsqu'elle la verrait mais...Peut-être serait-ce une occasion de lui annoncer ce a quel point elle trouve sa coiffure ravissante. Et de lui demander où elle se trouve exactement aussi, accessoirement.




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W81
Mar 13 Mar - 1:11

Katerina marchait dans le couloir, perdue dans ses pensées. Elle n’avait pas spécialement faim mais savait qu’elle devait manger correctement pour éviter d’empirer son cas. Hors de question de se remettre dans le même était que pour son rhume. Elle pouvait voir les autres patients s’agglutiner en direction de la cantine. Elle pouvait profiter un peu de leurs absences pour déambuler dans les couloirs, avant d’elle-même allé manger, cela la changerait. Mais très vite, elle se rendit compte qu’il n’était pas amusant de se promener dans les couloirs déserts. Elle renonça, et se dirigea vers sa chambre.

Lorsqu’elle l’aperçut au détour d’un couloir, son premier réflexe fut de regarder le numéro qu’elle portait. Inexistant. Elle se détendit. Il ne s’agissait pas d’une patiente. Moins de risque de contamination. La jeune femme gracieuse qui lui faisait face avait quelque chose d’intimidant. Elle était belle. Et élégante. Elle eut un instant d’hésitation puis s’avança vers elle. L’occasion de discuter était trop tentante. Et la jeune russe s’ennuyait pas mal. La femme portait une robe sobre mais qui lui allait à merveille, et ses talons étaient impeccables. Elle avait un petit sac posé sur l’épaule et une veste qu’elle avait noué autour de la taille. Rare était les personnes qui pouvaient garder un look élégant, avec une veste de cette façon.

Mais ici, c’était le cas. Katerina était un peu désemparée mais gardait le visage serein qu’on lui avait appris à afficher en toutes circonstances. Elle ne l’avait jamais vu dans les couloirs du bâtiment w. S’agissait-il d’un docteur ? Elle était si jeune, ça paraissait moyennement probable. A la limite, c’était peut-être une stagiaire ? Ou une secrétaire. Arrivée à hauteur de la jeune femme, elle la salua, les yeux légèrement baissé, avec politesse :

- Bonjour Madame. Pardonnez-moi de vous importuner, je peux vous aider ?


Elle avait remarqué que la jeune femme ne semblait pas vraiment savoir où elle allait. Elle n’avait pas avancée tandis que Katerina la rejoignait et elle se demanda si cette dernière était perdue. C’était souvent le cas dans ce genre de situation. Mais rien n’était moins sur bien évidemment. Une nouvelle fois, elle s’excusait, malgré qu’elle sache qu’en général, ces excuses paraissaient inopinées pour la plupart des gens. Elle ne pouvait pas s’en empêcher. Pas après l’avoir toujours exercé. Pour rien au monde, elle n’aurait pu balayer les enseignements d’Andrei d’un revers de la main. Les formules de politesse étaient de toute façon devenues un réflexe pour elle. C’était comme respirer, ou marcher. Peut-être que si elle avait eu toute une vie, elle aurait fini par s’en défaire. Mais elle n’avait pas toute une vie. Et elle se fichait pas mal que certains la prennent pour une excentrique.

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Secrétaire de Ange
Lun 19 Mar - 17:26
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SOUKHOVO-KOBYLIN Katerina & LAVOIR Astrid

La jeune femme aux magnifiques cheveux avait finalement tournée la tête vers elle. Ses yeux s'étaient machinalement baissés vers sa poitrine, sûrement à la recherche d'une matricule. Il était assez logique de sa part que de la prendre pour une patiente; après tout, Astrid n'avait absolument rien à faire ici. Se rappeler de cela lui fit prendre une mine légèrement embarrassée; l'anglaise détourna le regard, rougissante, espérant que la demoiselle n'allait pas paniquer à sa vision. Mais à la place, ses épaules semblaient s'être relâchées, comme quelqu'un prit de soulagement. Quelle réaction singulière.
Après un silence, Onyx vit que sa semblable était figée, et devinait que comme elle, elle ne savait quoi faire à la vue du contexte. Peut-être était-ce l'occasion parfaite afin de tourner les talons et s'en aller, mais...Cette patiente avait quelque chose de terriblement attractif pour Astrid, et elle désirait réellement pouvoir lui dire quelque chose. Mais quoi ? Non, en soit, elle savait quoi dire. Ce n'était juste pas son genre que d'être sociable et bien tenir la conversation. Mais il ne suffirait que d'un petit effort...

"Bonjour Madame. Pardonnez-moi de vous importuner, je peux vous aider ?"


Quelle politesse.
Astrid souris de manière légère tout en posant les yeux sur la jeune patiente. Les siens, aussi bleus qu'un ciel d'été, étaient légèrement baissés, comme pour témoigner un certain respect. Intérieurement, Onyx ne comprenait pas pourquoi elle donnait une impression si intimidante. Cela la désorientait un peu car elle n'a jamais réellement eue cet effet auprès des autres. Mais malgré cet élément, l'anglaise avait l'impression, et ce plus que jamais, que ce niveau de langage représentait sa zone de confort. Cela lui rappelait presque quelques épisodes de sa jeunesse, elle ayant vécue dans un milieu ou tous s'exprimaient comme cela. Ce retour aux sources étaient comme une chaleur au coeur pour la jeune femme et, pour une fois, elle se sentait permise de s'exprimer sans efforts, comme elle l'a toujours fait.

"Bonjour à vous. Merci beaucoup;
pour dire vrai, je me trouve dans une situation plutôt cocasse. C'est la première fois que je me rend dans ce bâtiment, et je n'ai aucune idée d'où est-ce que je me trouve exactement.


Tout en rangeant quelques mèches de cheveux derrière son oreille, elle tend son autre main, fine et délicate vers la jeune femme, tout en lui adressant un sourire discret mais non moins chaleureux. Son expression restait paisible, et calme. Elle se sentait en confiance, non seulement car cela faisait quelques temps qu'elle s'était remise à travailler au bureau, ce qui lui a permit de développer une certaine aisance à l'orale, mais de plus car elle ne ressentait aucune peur auprès de cette jeune fille qu'elle avait l'impression de considérer comme son égale. Cela était peut-être qu'une croyance superficielle, mais après tout, elle avait même l'air d'avoir à peu près son âge.

"Mon nom est Lavoir. Astrid Lavoir.
Je travaille comme secrétaire du docteur Barrabil." Elle marqua une pause, baissant rapidement les yeux vers sa main avant de les relever aussitôt, se rappelant qu'elle n'était tout de même pas sûre de la pathologie de son interlocutrice. Peut-être qu'il n'était pas sécurisé pour la jeune femme que de lui proposer un tel geste. "Puis-je vous serrer la main ?"







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W81
Mer 28 Mar - 16:47
La réponse de la jeune femme était inattendue. Katerina avait l’habitude qu’on lui parle autrement depuis qu’elle avait quitté la Russie. La jeune femme semblait s’être tout de suite adaptée à son mode de communication. Se pouvait-il qu’elle vienne du même genre de milieu qu’elle ? En tout cas, la jeune russe se sentait plus en confiance, dans une zone confortable, où elle savait qu’elle pouvait s’exprimer comme elle l’avait appris. Elle regarda la jeune femme qui se tenait devant elle, incapable de ne pas se sentir intimidé devant son élégance. Les règles strictes de bonnes manières et savoir vivre enseigner par son tuteur lui revenait automatiquement en mémoire.

Lorsqu’elle avança la main en un geste qu’elle avait observée des centaines de fois, Katerina se tendit un peu malgré elle. Andrei lui avait appris à ne pas serrer la main des gens. Il s’agissait d’un moyen plutôt efficace pour éviter les microbes. D’un autre côté, c’était mieux que ceux qui désiraient lui faire la bise, ce qu’elle refusait automatiquement. Elle observa la main fine d’Astrid. Fut immédiatement rassuré. Ces ongles étaient impeccables, identique à l’image qu’elle renvoyait. Cela limitait fortement les risques que Katerina aurait pu encourir en lui serrant la main. Et elle avait son gel antibactérien qui l’attendait dans sa chambre. Elle n’hésita donc pas longtemps.

"Mon nom est Lavoir. Astrid Lavoir. Je travaille comme secrétaire du docteur Barrabil. Puis-je vous serrer la main ?"

Astrid était un très beau prénom. La jeune russe aimait bien ces consonances. Elle avança à son tour sa main et serra doucement celle de la secrétaire, s’introduisant sobrement à son tour :

« Je me nomme Katerina Soukhovo-Kobylin. Patiente W81. »

Elle relâcha sa main. Il y avait eu quelque chose de satisfaisant dans cette poignée de main que la jeune femme se refusait si souvent. Elle continua, afin d’aider la secrétaire :

- Nous nous trouvons dans l’aile w, dans un couloir menant à une série de chambre de patients. Je peux peut-être vous aidez à retrouver votre chemin si vous le désirez ? Vous souhaitez vous rendre aux salles de soin ?


Elle était la secrétaire d’un médecin, peut être souhaitait elle lui transmettre un message ? Katerina n’avait pas vraiment grand-chose à faire alors elle pouvait guider Astrid Lavoir jusque-là si elle le souhaitait. D’autant plus qu’elle appréciait la compagnie de la jeune femme, incapable de savoir dire pourquoi. Elle ne serait pas contre continuer cette conversation sur le chemin. Elle voulait en apprendre plus sur la jeune secrétaire. Elle savait qu’elle ne pourrait s’empêcher d’être déçue si cette dernière refusait. Elle se força donc à garder un visage neutre, pour éviter d’influencer la décision qu’elle prendrait.
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Secrétaire de Ange
Mer 18 Avr - 13:18
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SOUKHOVO-KOBYLIN Katerina & LAVOIR Astrid

Tout en avançant sa main devant elle, l'anglaise observait son interlocutrice de manière paisible. Son sourire, bien que déjà fin, s'efface légèrement lorsqu'elle voit les membres de la patiente se crisper de nouveau, pendant qu'elle regardait ses dix doigts avec une certaine attention. Oui, comme elle le pensait, la pathologie de cette personne devait certainement lui rendre le contact physique difficile. Pendant un instant, Astrid craignait que sa proposition n'eut parue déplacée et replia sa main légèrement sur elle-même, dans l'attention de la ranger de nouveau près de sa hanche. Mais elle n'eut pas le temps de se mettre à l'ouvrage qu'elle sentie une étreinte légère et très douce près de son poignet. Cela étira son sourire; ça ne faisait pas de doute que cette personne était face à quelques hésitations, alors le fait qu'elle lui ait cédée cette prise de main avait quelque chose de touchant pour elle.

"Je me nomme Katerina Soukhovo-Kobylin. Patiente W81."


Katerina Soukhovo-Kobylin...Un nom aux sonorités russes. Elle le répétait plusieurs fois dans sa tête, de sorte à pouvoir le ressortir de sa gorge le plus parfaitement possible lorsqu'elle en aurait l'occasion - il ne semblait pas aisé à prononcer pour une anglophone telle qu'elle -. Maintenant qu'elle y pensait, il était vrai que son visage et son léger accent rappelait fortement ces contrées. Katerina était un beau nom, sûrement ce type de nom qu'elle aurait aimée avoir...Néanmoins, procédure l'obligeant, Onyx devra se forcer a l’appeler "W81" pour le moment, bien que cela la répugne. Au diable, ces maudites matricules, venant gâcher de telles occasions d'être nommé aussi joliment que "Katerina".
Leur main se séparent avant que W81 ne continue.


"Nous nous trouvons dans l’aile w, dans un couloir menant à une série de chambre de patients. Je peux peut-être vous aidez à retrouver votre chemin si vous le désirez ? Vous souhaitez vous rendre aux salles de soin ? "


Alors qu'elle expliquait, Astrid jeta un regard intéressé vers l'étendue du couloir. C'était donc les chambres des patients ? Les patients W, pour être exact... A la bonne heure qu'elle n'ait pas avancée plus loin ! Elle aurait pu attraper une infection, voire déranger une âme endormie.
Alors que ses paroles suivaient leur cours, les yeux d'Astrid se firent vague, et son visage se crispa dans une sorte de rictus. Comment allait-elle pouvoir expliquer ses motivations à Katerina, à présent ? Pas qu'elles ne soient pas fondées, mais elle ignorait si elles étaient vraiment autorisées. En soit il n'y aurait pas de raison; elle fait partie du personnel de l'Institut non ? En espérant que le directeur, et son patron Monsieur Barrabil, pensent comme elle.

"Eh bien, pour être honnête..."


Comme elle le faisait souvent, Astrid passa une main derrière sa nuque tout en cherchant la meilleure manière de formuler sa phrase. Après tout, Katerina ne semblait pas du tout avoir de mauvaises attentions; cette aura, qu'elle dégageait depuis les premières secondes de leur rencontre, était toujours présente et soulageait Onyx d'une manière qu'elle ne pourrait expliquer. Et c'est cela qui, en partie, l'a aidé à prendre la parole.

"Il n'y a pas vraiment d'objectif à ma visite, mis à part visiter les locaux de l'Institut. Je viens d'arriver et, jusqu'à ce jour, ils m'étaient pour moi inconnus. Je brûlait d'envie de savoir dans quelles conditions les patients de cet établissement vivent alors..."


Tout en terminant sa phrase, elle se mit à penser que la jeune russe pourrait lui être utile à cette tache. Peut-être pourrait-elle en profiter pour lui poser quelques questions sur son quotidien à l'Institut ?
Si elle partait sur cela, peut-être mieux valait-il faire durer ce moment le plus longtemps possible. Cela ne la dérangeait pas, après tout...Elle se sentait bien, auprès d'elle.

"...Mais si dans cette démarche, vous voulez bien me montrer où se trouvent exactement les salles de soin, cela me ferait grand plaisir." ajouta-t-elle avec un sourire doux et amical.





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W81
Sam 28 Avr - 16:09
Astrid sembla se crisper. Katerina espérait ne rien avoir dit qui ait pu la déranger. Elle espérait que ce n’était pas le cas. Elle souhaitait vraiment faire mieux connaissance avec la secrétaire. Surtout que les membres du personnel étaient les personnes avec lesquels elle risquait le moins. Malgré qu’ils côtoient des patients aux maladies plus originales les unes que les autres, Katerina risquait moins de se faire contaminer, ils se lavaient régulièrement les mains et avaient une hygiène irréprochable.

"Eh bien, pour être honnête...Il n'y a pas vraiment d'objectif à ma visite, mis à part visiter les locaux de l'Institut. Je viens d'arriver et, jusqu'à ce jour, ils m'étaient pour moi inconnus. Je brûlais d'envie de savoir dans quelles conditions les patients de cet établissement vivent alors..."

Ces raisons paraissaient tout à fait valable et la Russe s’étonna que la jeune femme ait tant de mal à le formuler. Elle ne connaissait pas les règlements imposés aux membres du personnel, mais il aurait été étonnant qu’ils n’aient pas le droit de se promener dans les couloirs. D’autant plus que connaitre les lieux étaient un plus si la secrétaire devait venir en aide ou passer un message urgent à son employeur.

"...Mais si dans cette démarche, vous voulez bien me montrer où se trouvent exactement les salles de soin, cela me ferait grand plaisir."

Un doux sourire s’était posé sur les lèvres de la jeune femme. Katerina lui sourit en retour, de plus en plus à l’aise avec elle. Elle hocha la tête :

- Elles se trouvent au troisième étage.


Elle entama un pas dans la direction de l’escalier, mais s’arrêta pour se tourner vers la secrétaire. Elle voulu ajouter qu'elle pouvait aussi lui faire visiter sa chambre mais n'osa pas. Si ça se trouvait, Astrid ne voudrait pas s'y rendre. Après tout, elle ne savait pas quel était la maladie de la jeune russe et n'accepterait peut être pas de prendre le risque de se rendre là bas. Elle aurait aimé pourtant profité de la compagnie de la secrétaire un peu plus longtemps. Discuter était une chose rare, et la jeune femme savait qu’elle devait en profiter. Peut-être même qu’elle pourrait remettre ça. Ces conversations avec Hyppolite et Agnès lui avaient donné l’envie d’en entamer plus souvent. Elle commençait à découvrir les joies de la conversation. Il était agréable de discuter de sujet et d’autres. Et les membres de l’institut étaient très tolérants, loin de l’image qu’elle s’était faite des hommes. Ces erreurs de politesse n’était pas vu comme telles, et ils semblaient tous lui accorder le même respect qu’elle pouvait avoir pour eux. Et ils affichaient tous leurs pensées et leurs sentiments sans aucune pudeur. Katerina admirait ça. Elle trouva autre chose à dire pour ne pas se donner l'air ridicule de s'arrêter et tourner sur elle-même pour rien :

- Vous travaillez ici depuis combien de temps? Peu, je suppose ?
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Secrétaire de Ange
Mer 2 Mai - 20:17
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Pendant qu'Astrid parlait, celle-ci constata rapidement l'aptitude de la jeune femme à garder un visage neutre en tout circonstance. C'était une capacité qu'elle enviait, bien qu'elle-même en faisait souvent usage. Mais l'anglaise avait toujours cette fâcheuse tendance à laisser la plupart de ses sentiments s'échapper contre son gré...Et ce, particulièrement lorsqu'elle se trouve en sereine compagnie.
Mais lorsque le monologue de la secrétaire toucha sa fin, le sourire que la jeune patiente lui offrit sembla illuminer l'entièreté de son visage. Il était sincère, et semblaient témoigner d'un bien-être intérieur plutôt facilement transmissible, puisqu'Onyx se sentait exactement dans le même était d'esprit.

"Elles se trouvent au troisième étage. "


Astrid opine silencieusement, affichant un sourire reconnaissant. Elle était heureuse que la jeune femme ait indirectement acceptée de l'accompagner; sa visite se montrera surement beaucoup plus simple avec un guide aussi agréable à ses côtés.
La jolie brune commença à prendre de l'avance, mais ne tarda pas plus que cela à se tourner vers la secrétaire, sans qu'elle n'ai le temps d’emboîter le pas à son tour.

"Vous travaillez ici depuis combien de temps? Peu, je suppose ?"


"En effet, vous êtes perspicace." répondit Onyx tout en hochant la tête positivement.


Comme d'habitude, Astrid demeura considérablement concise dans ses propos. Cela faisait tout de même presque un mois maintenant qu'elle avait intégrée l'Institut Espoir. Certain pourraient penser que cela faisait tard que de commencer à visiter les bâtiments maintenant; mais elle et Agnès étaient les seules secrétaires de l'établissement. Cela expliquait ce pourquoi elles ne manquaient pas de travail et n'avaient pas beaucoup de temps libre afin de s'autoriser de telles excursions.
Il ne suffit que de quelques pas à Onyx afin de se retrouver à la même hauteur que la jeune femme. Elles avaient à peu près la même taille; si Astrid était légèrement plus grande qu'elle, c'était seulement parce qu'elle portait des talons. Elle adresse un sourire calme et amical à la demoiselle.

"Quant à vous, Katerina ? Etes-vous arrivée récemment ?"


Elle n'avait réellement aucune idée de la réponse, mais était d'enclin à engager la discussion avec cette jeune femme. Elle se voulait vraiment conciliante, bien qu'elle craignait intérieurement que l'usage de son prénom soit prit comme une manière trop familière. Après tout, cela ne l'étonnerait même pas qu'elle et Katerina aient partagées la même éducation étant plus jeunes; elle sentait ce genre d'auras, qui lui rappelaient son passé.

"Vous vous sentez bien à l'Institut ?" demanda-t-elle finalement.






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Sam 5 Mai - 19:16
"En effet, vous êtes perspicace."

Toujours ce même sourire sans équivoque. Katerina gardait quant à elle un visage neutre, fidèle à elle-même. Neutre mais apaisant. Pas un visage froid. Ca, elle n’était pas souvent amenée à le faire.

"Quant à vous, Katerina ? Etes-vous arrivée récemment ?


Elle n’était plus aussi déstabilisée par le manque de formalité des personnes de l’institut. Elle avait appris que s’appeler par son prénom signifiait qu’on s’appréciait. Et après s’être fait appeler Katou par Hyppolite, la jeune femme ne se formalisait plus vraiment. Elle commençait même à apprécier d’entendre les autres le prononcer. Elle n’avait pas encore osé appeler les autres par leur prénom cependant. Elle n’était pas encore assez à l’aise avec le concept, elle n’aurait même pas su ou le placer dans sa phrase pour qu’il sonne bien. Elle se contenta d’une réponse qu’elle maitrisait :

- Depuis un mois, environ.

"Vous vous sentez bien à l'Institut ?"


Elle se demanda si l’intérêt que lui portait Astrid était professionnel ou non. Il aurait été logique qu’elle se soucie que tous les patients de l’institut ait des traitements appropriés. Mais elle aussi souhaitait peut-être prolonger leur conversation.

- Ma foi oui. Les membres de l’institut mettent tout en œuvre pour me g… traiter dans les meilleures conditions. Je n’ai vraiment pas à me plaindre.


Son hésitation n’avait durée qu’une seconde. Mais une seconde était suffisante pour que cela se remarque. Elle avait failli dire guérir. C’était ridicule. Elle aurait presque put en rire. Ça ne lui était jamais arrivé avant de se tromper de la sorte. Très terre à terre, elle avait toujours su qu’elle ne guérirait pas. Ne l’avait jamais espéré. Son intolérance à la médicamentation prescrite pour ralentir l’avancée du sida l’avait même poussé au pied d’un mur immense. Dont elle se fichait pas mal. Ce n’était pas son genre de se lamenter. Alors se tromper et vouloir naturellement prononcer le mot « guérir », ça la perturba un peu. Était-ce inconscient ? Qu’est-ce qui pouvait la pousser à soudainement ajouter des mots à son vocabulaire ? Elle ne se focalisa pas bien longtemps sur la question, reprenant sa marche, au côté de la jeune secrétaire. Elle pensa qu'Astrid devait bien connaître quelques membres du personnel depuis son arrivée et se permit de lui demander :

- Vous devez connaitre Mlle Dessanges.


Elle attendit la réponse de la jeune femme avant de continuer :

- J’espère qu’elle se porte bien, vous pourrez lui remettre mon bonjour ?


Elle se souvenait de la petite mine d’Agnès deux semaines auparavant. La secrétaire lui avait paru épuisée, et elle s’inquiétait un peu. La jeune femme n’avait pas l’air du genre à se ménager, et son patron, le docteur Elpida semblait relativement strict. Ce qui était tout à fait cohérent pour un médecin.[/b]
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Secrétaire de Ange
Mar 8 Mai - 21:33
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SOUKHOVO-KOBYLIN Katerina & LAVOIR Astrid



"Depuis un mois, environ. Ma foi oui. Les membres de l’institut mettent tout en œuvre pour me g… traiter dans les meilleures conditions. Je n’ai vraiment pas à me plaindre.  "


La secrétaire n'avait pas pu voiler l'air interloqué que son visage affichait, lorsque sa compère semblait hésiter sur le mot..."guérir" ? Cela était plutôt simple à deviner, à la vue du contexte, mais pourquoi ainsi le censurer ? Vu que le visage de la jeune femme restait élégamment figé dans la même expression la plupart du temps, il était dur de deviner ce qu'elle pouvait ressentir. Peut-être était-ce l'attention derrière sa neutralité, justement, alors mieux valait ne pas s'y attarder plus que cela. Après tout, les conflits intérieurs de cette patiente ne l'a regardaient pas de manière directe; l'une des principales valeurs d'Onyx était de respecter les sentiments et l'intimité de chacun du mieux qu'elle pouvait. Il n'y avait aucun risque d'indiscrétion à craindre de sa part...Du moins, elle s'efforçait que ça soit le cas.
Elle ne se contente alors que de tourner la tête vers l'escalier au fond du couloir; la distance les séparant se faisant de plus en plus maigre.

"Je vois." souffla calmement l'anglaise.


Katerina était donc arrivée encore plus récemment qu'elle. C'était impressionnant de constater ce à quel point doit fluctuer  continuellement la population de ce bâtiment. Voir de nouveaux visages chaque jours doit avoir une grande place dans le quotidien des patients.
Savoir que la jeune femme était traitée dans de bonnes conditions la rassuraient également. Elle ne put s'empêcher d'accorder une pensée aux quelques patients qu'elle avait eue le temps de rencontrer, notamment Nevrabriel et la jeune fille de la cour. Elle espérait du fond du coeur que passer leur quotidien dans un hôpital ne leur était pas trop pesant; si le personnel se montrait aussi chaleureux entre eux qu'ils se le montrent avec les patients, c'était l'idéal à ses yeux.
En parlant du personnel, le sujet vint dans la conversation assez tôt sans qu'elle n'ait le temps, ni même qu'elle ne pense à l'évoquer.

"Vous devez connaitre Mlle Dessanges."


Agnès ! Evidemment ! Comment parler du personnel sans parler d'elle.
Un sourire vint éclairer le visage de la secrétaire. C'était sûr qu'elle connaissait Agnès. Elle était même obligée si elle voulait y voir clair dans ce grand engrenage qu'était Espoir. En effet, Mademoiselle Dessanges était comme un phare, un tuteur, quelqu'un qu'elle savait pouvoir appeler en toute occasion dés que le besoin s'en profilait, et surtout, la grande distributrice de sucrerie du bâtiment dédié au personnel. Voire même de tout l'Institut. Ce n'était pas inconfortable que de devoir parler d'elle vu que, par dessus tout, elle était connue pour être quelqu'un de très agréable avec qui converser, et ce même aux yeux d'Astrid.

"Bien entendu que je connais Agnès. Entre secrétaires, on se doit d'être solidaires." répondit Onyx, tout en tournant de nouveau son visage vers la jeune femme à ses côtés.


"J’espère qu’elle se porte bien, vous pourrez lui remettre mon bonjour ?"


Tiens, cette personne connaîtrait donc Mlle Dessanges personnellement ? se demanda-t-elle alors. En soi, cela n'avait rien d'étonnant; Mademoiselle Dessanges connait tout le monde ici. Il n'avait pas fallu longtemps à la jeune femme pour le remarquer; aux yeux des résidents de cet établissement (et même du personnel), elle devait sûrement avoir une image de maman qui lui collait à la peau, voire même qui lui allait bien ! Cela ne la rendait qu'encore plus attendrissante aux yeux de la blonde.
Sans trop réfléchir, Astrid hoche la tête doucement, positivement.

"Sans problème. Elle en serait sûrement heureuse."


Puis aussitôt, ses yeux regardent de nouveau le chemin. Les deux femmes montèrent les escaliers ensemble et Onyx ne pouvait s'empêcher de regarder les environs avec beaucoup d'attention. Elle attendait que Katerina lui montre la suite de la route avec patience, s'occupant à observer la manière dont chaque couloir était songeusement entretenu par les agents d'entretien. Les quelques gardes qui passaient par là ne semblèrent pas s'accabler de leur présence à toutes deux; elle s'était probablement inquiétée pour rien. Partant de ce constat, elle aurait pue se permettre de visiter les locaux bien avant. Mais bon, mieux valait tard que jamais !




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W81
Sam 12 Mai - 17:27
Le sourire franc qu’Onyx lui lança ne laissait aucun doute. Elle connaissait Agnès. Et s’entendait probablement bien avec sa collègue. Ce dont Katerina ne pouvait douter un instant. Agnès était un modèle de patience, de gentillesse et de tolérance.

"Bien entendu que je connais Agnès. Entre secrétaires, on se doit d'être solidaires."


Katerina eut un léger sourire. Astrid devait avoir à peu près son âge, était indépendante et travaillait. La jeune femme, elle, était bien loin de ces réalités-là. Elle avait toujours dépendu des autres, et n’avait jamais eu de plan d’avenir. Ou plutôt si. Elle en avait vaguement eu. Le sida était devenu quelque chose avec lequel on pouvait vivre, des jeunes qui se découvrait malade à 20 ans, pouvait espérer vivre jusqu’à 70. Mais lorsqu’elle avait appris qu’elle était allergique au traitement qui permettait de le contenir, elle avait compris. Qu’elle n’avait pas les mêmes chances de s’en sortir. Et que cela ne valait pas la peine de penser à plus tard.

"J’espère qu’elle se porte bien, vous pourrez lui remettre mon bonjour ?"


Katerina espérait qu’elle reverrait vite la secrétaire. Elle voulait s’assurer que cette dernière ne se surmène pas trop. Et puis, elle avait aimée leur discussion philosophique. Même si cela avait fait remonter en elle des souvenirs qu’elle n’avait jamais appris à digérer.

"Sans problème. Elle en serait sûrement heureuse."


La jeune russe sourit, ces yeux brillants. Elles arrivèrent toutes les deux à l’étage des soins. Katerina tendit le bras vers le couloir de droite, renseignant la secrétaire sur ce qui s’y trouvait.

-Dans ce couloir-ci, on a des salles de consultations classiques. C’est là qu’on lieu les visites de routine.


Elle avança encore, continuant son tour. Présenta les salles un peu plus particulières comme celle du dentiste, une salle aménagée pour la rééducation, pour la chirurgie ou encore une salle où l’on pouvait retrouver du matériel de dialyse. Elle ne connaissait pas particulièrement toutes les salles de l’étage, mais la plupart possédait des écriteaux qui permettaient de s’y retrouver. Lorsque Katerina avait déjà pu pénétrer dans certaines d’entre elles, elle en détaillait l’intérieur à Astrid. Elles marchèrent ainsi un long moment, où Katerina parla plus qu’elle ne l’avait jamais fait. Elle était précise dans les faits, et dépeignit l’étage réservé au soin des patients aussi bien qu’elle ne le put. Elle s’écarta à deux reprises pour éviter des patients qui longeaient eux aussi les couloirs, un peu raide.
Lorsqu’elles arrivèrent au bout de l’aile, Katerina s’arrêta. Elle était à la fois ravie et fatiguée. Elle n’avait pas l’habitude de discuter si longtemps, ni de marcher autant. Elle repoussa une mèche qui s’était échappée de derrière son oreille.

- Nous avons fait le tour. Si je peux encore vous être utile, n’hésitez pas.


Elle ne doutait pas que la secrétaire pourrait retrouver sa chambre parmi celle des patients. Elles étaient de toute façon toutes numérotées pour faciliter la vie du personnel.
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Secrétaire de Ange
Dim 13 Mai - 19:53
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SOUKHOVO-KOBYLIN Katerina & LAVOIR Astrid

Un léger sourire avait commencé à s'esquisser sous l’étincelant ciel d'été que représentaient les yeux de la jeune patiente. Astrid ne le manqua pas; cela eut même effet d'élargir le sien d'avantage. Cela avait quelque chose de beau que d'admirer une telle expression chez ce genre de personne, affichant constamment une force d'esprit considérable. Elle savait au fond d'elle que l'on ne pouvait pas douter des sourires de Katerina, et c'était quelque chose qu'elle appréciait profondément. Sûrement une des raisons pour laquelle elle se sentait en confiance auprès d'elle.

"Dans ce couloir-ci, on a des salles de consultations classiques. C’est là qu’on lieu les visites de routine."


Le bras de la demoiselle souleva légèrement ses longs cheveux châtains afin de pointer du doigt la cible de ses explications. La secrétaire observait avec une attention à toute épreuve, hochant positivement la tête aux fils de ses dires, pendant qu'elles marchaient ensemble, exactement au même rythme, comme en symbiose. Lorsqu'elle se rendit compte que certaines descriptions étaient plus longues, il lui arrivait de sortir hâtivement un stylo de son sac afin de prendre quelques notes sur sa main. Cela avait beau ne pas être un support élégant, Onyx exécutait cette tâche avec tant de sérieux qu'on l'oublierait presque.
Elle avait bien remarquée la manière dont W81 évitait les patients à sa portée, mais n'y prêtait pas plus attention. Astrid était également du genre à éviter les contacts avec autrui; cette manière d'être lui semblait assez naturelle pour ne pas être étrange plus que cela.

"Nous avons fait le tour. Si je peux encore vous être utile, n’hésitez pas. "


Elle s'arrêta et Onyx fit de même, décrochant finalement son regard du couloir avant de la regarder avec un sourire; ses yeux pétillaient d'un mélange de satisfaction et d'épuisement mêlé. Elle glissa avec douceur une mèche de cheveux derrière son oreille, ce qui n'intensifiait que d'avantage la grâce qu'elle dégageait. La secrétaire hocha la tête doucement, son expression témoignant d'une grande reconnaissance.

"Vous avez déjà fait beaucoup, merci infiniment."


Les explications de la patiente avaient étées très claires et précises, il n'y avait nul doute qu'elles lui seront précieuses à l'avenir.
Son visage se tourne du côté du corridor qu'elles venaient toutes deux de traverser de tout son long. On ne dirait pas comme ça, mais elles avaient déjà traversées un sacré périple.

"Et donc, j'imagine que votre chambre se situe à l'étage dont nous venons." ajouta-t-elle. "J'espère que vous y êtes bien installée."


Elle n'avait jamais visitée les chambres de l'Institut jusqu'alors. Son regard se baissa vers sa montre, dans un geste machinal. Ses yeux s'écarquillent légèrement au constat de l'heure; elle n'avait pas l'impression que cette visite avait durée si longtemps, mais il faut croire que les heures ont le don de s'écouler vite durant les bons moments.
Maintenant qu'elle y pensait, le couloir se faisait de plus en plus silencieux au fur et à mesure que les patients quittaient les diverses salles qui le composaient pour se rendre vers la cantine; cela avait échappé à son esprit durant le temps de la visite mais, elle avait tout de même retenue Katerina un sacré bout de temps.

"Oh, et je suis désolée d'empiéter ainsi sur votre temps de repas." finit par déclarer Onyx tout en relevant la tête, l'air désolé.


L'attitude que la jeune femme avait eue durant la visite lui revint alors en tête. Cela ne lui avait pas paru particulièrement cloche non plus, de la croiser ainsi avancer en contre-sens des autres résidents; décidément, il fallait croire que la jeune blonde n'était pas au maximum de son attention aujourd'hui. Pourtant, si l'on essayait de reconstruire ce puzzle, nous pouvions simplement en déduire que Katerina n'aimait peut-être pas la présence d'autrui. Étrange, car elle semblait s'être exprimée avec beaucoup d'aisance et d'élégance au cours de cette balade.
Onyx gardait ses yeux violets posés sur elle, basculant légèrement la tête sur le côté, ne pouvant voiler un air légèrement intrigué. Elle espérait pouvoir recevoir quelconque réponse à ses questions, mais avait conscience que les poser ainsi pouvait être considéré comme indiscret. Après tout, il est fort probable que cela soit dû à sa pathologie, également. Ou qu'elle n'ait tout simplement pas faim.




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W81
Dim 27 Mai - 19:46
"Vous avez déjà fait beaucoup, merci infiniment."

Katerina sourit. Elle s’était sentit soudainement si utile, et avait trouvé cela très gratifiant. Depuis qu’Andrei était mort, la jeune russe avait du mal à trouver sa place. Que ce soit dans les anciens établissements qu’elle avait pu côtoyer, où celui-ci. Certes, récemment elle avait découvert les joies des discussions avec Hyppolite et Agnès, mais ici, c’était différent. Plus qu’une discussion, cela lui avait permis de se mettre au service de quelque chose. D’accomplir un acte concret.

"Et donc, j'imagine que votre chambre se situe à l'étage dont nous venons." ajouta-t-elle. "J'espère que vous y êtes bien installée."


Elle hocha la tête. Sa chambre était spartiate, mais elle s’y était vite habituée. Malgré le luxe de son ancienne demeure, elle ne différait pas tant de celle qu’elle occupait maintenant. Ce qui importait, c’était ce qu’elle contenait. Et ces instruments ainsi que ces livres, l’avaient aidé à se l’appropriée. Les murs blancs lui rappelait parfois ceux d’une chambre d’hôpital, mais elle s’y sentait bien mieux que là où elle avait pu se rendre par le passé. Parfois, elle se disait que si rien ne parvenait à la soigner, elle y serait bien pour mourir.

"Oh, et je suis désolée d'empiéter ainsi sur votre temps de repas."


On pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert, pensa Katerina. Son inquiétude en était presque touchante. Ainsi que la pointe de curiosité qui brilla l’espace d’un instant dans son regard. Elle se demanda si ces expressions à elle aurait été les mêmes, sans l’éducation irréprochable qu’Andrei lui avait inculqué. Elle ne put s’empêcher de se dire qu’elle se sentait tout de même plus en sécurité grâce à lui.

- Ne vous inquiétez pas pour moi. Je mange dans ma chambre, si jamais je termine plus tard, le personnel récupéra juste mon plateau au soir, ce n’est pas très grave.


Elle ne se sentait pas obligée de se justifier, mais elle voulait être honnête envers la secrétaire.

- J’ai contracté le sida, alors j’évite les risques de contamination.


Elle adressa un sourire maladroit et timide à Astrid, comme pour garde l’atmosphère détendue. Elle ne voulait pas mettre la jeune secrétaire mal à l’aise. Ce n’était un secret pour personne, il était normal qu’elle soit malade. C’était d’ailleurs bien souvent, le seul sujet de conversation que l’on avait avec la jeune russe avant son arrivée à l’institut. Tout avait toujours tourné autour de ça. Jusqu’à aujourd’hui. Ces discussions précédentes avaient été plus légères. Sans curiosité mal placée. Astrid était comme cela elle aussi. Très polie et très aimable. Et c’était grâce à des personnes comme cela, qu’elle se sentait le droit de parler de sa maladie uniquement si elle le désirait. Uniquement si elle en ressentait le besoin.

Elle redoutait pourtant toujours une réaction déplacée. Un geste de recule à demi masqué, un demi sourire mesquin, un regard réprobateur. Bien que la maladie fût mieux connue du grand public, elle restait une source de préjugés intarissable. Et, vu ces moyens de transmission limités, elle ne pouvait pas non plus en vouloir aux autres de réagir comme il le faisait. Elle était un cas un peu particulier après tout. Elle remercia mentalement sa chère mère.
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Secrétaire de Ange
Jeu 31 Mai - 16:49
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Le sourire de la demoiselle avait quelque chose de gratifiant. Il semblait dégager un profond épanouissement sur ce visage d'un naturel si neutre, auquel la secrétaire ne pouvait pas rester insensible; machinalement, elle lui rend son sourire avec des yeux presque touchés, et ravis. Peut importe ce que cette personne pouvait ressentir, si cela était du positif, c'est ce qui comptait. On n'a jamais assez de rayon de soleil dans un bâtiment aussi fermé et gris.
Après avoir opiné de la tête à ses premières remarques, elle enchaîne simplement;

"Ne vous inquiétez pas pour moi. Je mange dans ma chambre, si jamais je termine plus tard, le personnel récupéra juste mon plateau au soir, ce n’est pas très grave."


L'anglaise hocha la tête à plusieurs reprises, tout en assimilant l'information. Les patients avaient donc possibilité de manger dans leur chambre ? L'hypothèse que cela soit dû à sa pathologie se faisait de plus en plus probable, mais Onyx préféra ne pas s’avancer pour autant. Elle était déjà rassurée que sa présence à ses côtés ne l'ai pas dérangée plus que cela.

"J’ai contracté le sida, alors j’évite les risques de contamination."


"Je comprend."


La réponse de la jeune femme s'était faite étonnamment prompte et instinctive. Lorsqu'elle remarqua un sourire embarrassé s'esquisser sous le nez de la patiente, le sien se voulait très doux, et rassurant.
Elle devinait aisément que cela ne devait pas être très évident pour chaque patient que de communiquer au sujet de leur pathologies respectives. Elle-même serait du genre à craindre le rejet et les jugements en faisant partie intégrante d'un tel hopital; à l'âge de Katerina, ce genre de réactions méprisantes devaient faire parties de son quotidien. Cela lui tenait à coeur de lui véhiculer une grande tolérance; en intégrant cet Institut, c'était devenu également son devoir à elle aussi, que de faire en sorte que chaque résident s'y sente le mieux possible.
Tout en maintenant un sourire très conciliant, intérieurement touchée de plus belle par une telle confidence, elle ajouta d'une voix calme;

"J'espère réellement que vous guérirez dans les meilleures conditions."


Son timbre avait été légèrement ferme, tant elle était sûre de ses propos. C'était évident pour elle, que Katerina allait guérir. Sa rencontre avec Ange lui suffisait afin d'être persuadée que cet Institut était peuplé de médecins aguerrits, ayant une grande maîtrise de ce qu'ils font.
Elle ne voyait pas des personnes aussi douces et agréables que W81 terminer leur vie dans un Institut médical. Cela était beaucoup trop injuste à ses yeux. Surtout que quelqu'un comme elle devait certainement manquer terriblement à sa famille, du pays d'où elle vient.
En parlant de sa provenance, la jeune femme gardait un accent plutôt marqué, malgré sa maîtrise de l'anglais. Astrid était curieuse de connaître son pays d'origine, mais n'osait pas demander. Peut-être pourrait-elle obtenir cette information auprès de son amie Agnès, au cours d'une énième séance de parcours de dossiers.

Son regard se ballade de nouveau de murs en murs, de fenêtres en fenêtres. Le couloir avait perdu de sa contenance et les voix des deux jeunes femmes résonnaient presque.

"Sachez que mon bureau ne se trouve pas loin de celui d'Agnès, juste adjacent au local du Docteur Barrabil." Ses pupilles violettes se replongent dans ses étendues cyans, brillantes de sincérité. "Je serais toujours à votre écoute si jamais vous avez le moindre besoin, Katerina."


Sur ces mots, elle se tourne d'avantage afin de, une nouvelle fois, tendre sa main à la magnifique jeune femme qui lui faisait face. Elle sentait que l'heure de clore cet échange avait sonné, et lui annonçait son départ de la même manière qu'elle avait saluée son arrivée. Cette fois-ci, elle comprendrait la moindre hésitation que la demoiselle aurait à saisir cette occasion, mais le fait qu'elle lui avait précédemment cédée ce contact la mettait en confiance.
C'était comme-ci cela était devenu le privilège qu'elle lui accordait, leur langage à elles deux. Une gestuelle qui leur allait si bien à toute deux, représentant à merveille leur élégance propre et le respect qu'elles s'accordaient l'une à l'autre.

"Merci encore." Clôtura-t-elle, avec bonté.





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W81
Jeu 21 Juin - 23:09
"Je comprends. J'espère réellement que vous guérirez dans les meilleures conditions."

Katerina eut un doux sourire. Astrid semblait si sûre qu’il était possible de la guérir, qu’elle n’osa pas la contredire. Lui faire remarquer que même dans le cas où les médecins trouveraient enfin un traitement proche de celui administré aux patients normaux ayant le hiv, elle vivrait toujours avec. Ce n’était pas quelque chose dont elle pouvait se débarrasser. Si elle pouvait prolonger sa durée de vie, elle ne pourrait le faire qu’en restant hospitalisé. Mais ce n’était pas un problème pour elle. De toute manière, personne ne l’attendait au dehors. Et elle se faisait à l’institut.

Autour d’elles, il n’y avait plus âmes qui vivent. Leurs mots glissaient et résonnaient dans le couloir, jusqu’à en prendre la forme et la résonnance. Cela lui rappelait le manoir. Elle aimait bien cet instant où les phrases revenaient presque en écho.

"Sachez que mon bureau ne se trouve pas loin de celui d'Agnès, juste adjacent au local du Docteur Barrabil. Je serais toujours à votre écoute si jamais vous avez le moindre besoin, Katerina."


Astrid lui tendit sa main, comme pour seller cet échange. Katerina n’hésita pas cette fois-ci à saisir cette poignée amicale. C’était comme sceller un pacte. Le contact avec la peau douce de la jeune femme était bien agréable. Différent du contact de ces médecins lorsqu’ils l’auscultaient. La peau pâle de la secrétaire contrastait avec la couleur plus sombre de ces yeux.

"Merci encore."

Elle savait pourquoi la secrétaire la remerciait, mais elle se sentait plus reconnaissante elle-même. Satisfaite d’avoir été utile et d’avoir passé du temps à autre chose qu’à ces promenades solitaire dans les couloirs. Tout ce qui pouvait la sortir de ces habitudes était rafraichissant. Enfin, dans la limite du raisonnable bien sûr.

- Merci à vous.


Elle inclina légèrement la tête, signe de reconnaissance puis plongea son regard dans les magnifiques yeux violet de la secrétaire. SI sincère que s’en était étourdissant.

- Et à une prochaine fois.


Elle irait voir la secrétaire du Docteur Barrabil. Cet échange hors du temps lui avait fait du bien. Petit à petit, elle avait l’impression de se trouver une place dans le monde de l’institut. Elle s’éloigna dans le couloir non sans un dernier regard vers Astrid. Elle se demanda si elle avait bien le droit d’échanger de la sorte. Si elle pouvait un peu s’extirper du monde d’Andrei qu’elle avait toujours connu ou si elle faisait là une erreur. Elle ne voulait pas trahir ce qu’il lui avait enseigné alors qu’elle lui devait tout. Mais une fille douce comme Astrid ne pouvait pas lui faire trahir ces idéaux.
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