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20/10/2018
Préparation d'event
22/09/2018 Modification des pourcentages révolutionnaires (cf. PA et heure supp')
16/09/2018 Ajout du bouton Discord qui avait disparu ;-;

Un fantome du passé ou un être du présent ? [PV : Aeden]

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Nevrabriel regarda inlassablement le ciel clair de ce début d’après midi. Il était là depuis tellement longtemps que ses mains étaient engourdis par le froid, mais il ne voulait pas bouger, plonger dans de profondes pensées.

L’écossais était fatigué.
Depuis quelque temps ça allait de mal en pire, il fallait croire. Le roux se disait qu’il serait peut-être temps qu’il reprenne une activité saine comme : courir et manger ses repas. Mais il était préoccupé par une chose qu’il ne pouvait aisément dire à personne, ni à son médecin, ni à ses amis.

Les appelles de sa grand-mère, toujours présente chaque semaine, comblant le temps réglementaire de quinze minutes, lui semblait moins entrainantes. Sa dernière visite il y a peu, également, montrait une vieille dame fatiguée, qui supportait de moins en moins ces longs voyages en bateau.
Elle était toujours si souriante cette femme. Toujours d’une tendresse et d’une douceur dont elle seule avait le secret, et pourtant, elle perdait de son énergie.
Devant le docteur Elpida, Nevrabriel ne montrait pas son inquiétude. Il avait peur que sa peine lui prive de la seule personne qui l’aimait. Mais l’inquiétude était belle et bien présente et rongeait lentement le jeune homme comme un cancer qui prenait possession de lui.

Il avait peur.
Une peur monstrueuse de perdre la personne qui l’a élevé, qui ne l’a jamais abandonné, qui ne l’abandonnera jamais. Si elle partait, il n’aurait plus personne pour croire en sa guérison, en lui, en sa potentielle meilleure vie. Lui y croyait de moins en moins, elle comblait cela.
Mais si elle partait …
Qui irait le visiter ? Qui l’appellerait pour quémander de ses nouvelles ? Qui se soucierait réellement de lui ? Des amis qui allaient quitter l’Institut ? Un médecin bipolaire ?

Nevrabriel en avait vu défiler des personnes qui venaient et repartait de l’Institut. Ses camarades de chambres les premiers. Ils ne leur en veulent pas, ce n’est pas leur faute. Ce n’est pas faute de personne. C’est la sienne.
S’il n’était pas malade, il n’aurait pas cette introspection actuellement. Il ne pouvait en vouloir qu’à lui-même d’être ainsi.


Nevrabriel devenait assez étourdis, plus qu’il ne l’était déjà, avait tendance à dormir dans la journée pour compenser ses balades nocturnes. Il ne mangeait pas bien, marcher sans réelle but.
Il n’allait pas bien.

Finissant tout de même par quitter ses idées noires, Nevrabriel se leva. L’écossais remit son bonnet correctement pour qu’aucun cheveu ne dépasse de la laine, couvrant ses oreilles également du froid. Bien que mars annonçait de la chaleur depuis quelque temps, il fallait mieux prévenir que guérir.
Puis, le jeune homme commença à se diriger vers les cotés, se disant qu’un peu de violon ne lui ferait pas de mal.

Dans sa maladresse, il laissa sa mallette contenant son violon près de l’arbre ou il s’était adossé. Et sans violon, ça allait lui être une tâche ardue de jouer …



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Aeden s’était installé sur un des vieux bancs usés de la cour. Comme il le faisait au début. Avant. Avant que les choses ne dérapent. Que d’autres patients entre dans sa vie et y mettent le bordel. Avant sa rencontre avec Alexander, avec Lore, avant sa promesse. Avant qu’il ne la rompe. Avant qu’il ne se retrouve puni pour la première fois avec Dante. Avant qu’Aarons décide de ne plus le lâcher. Depuis qu’il avait eu ces résultats, et qu’il était devenu une exception sur un millions, il était devenu son nouveau jouet. Il passait des tests plus longs, plus fatiguant. Il était plus souvent soumis à des scanners cérébraux et autres conneries du genre.

Le garçon s’était enfermé dans une routine sans fin. Levé, douche, médecin, douche, chambre, cantine, cour, chambre, douche, lit. Il savait qu’il se faisait du mal. Que cela ne changerait pas l’état des choses. Qu’il ne pourrait pas réparer le mal qu’il avait fait. Mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Il n’arrivait même pas à se regarder dans les miroirs, à côté des douches. Son reflet lui donnait envie de vomir. Là, dans la cour, il s’accrochait à ce qu’il connaissait. Malgré la révolte soudaine qu’il avait ressentie avec Dante, il était redescendu sur terre. Il s’était souvenu du sentiment d’impuissance. Et comme tout le monde, il avait préféré retourner se réfugier dans une routine sans aucun sens.

Il avait le regard dans le vide. Le vide s’était ce qu’il y avait de plus rassurant. Vertigineusement infini. Il voulait s’y perdre. Mais c’est là qu’il l’aperçut. Le gars qui était adossé à l’arbre, à quelques pas d’Aeden se levait. Ce geste vif avait attiré le regard du garçon. Mais plus encore, c’était la mallette qu’il venait d’abandonner qui le fit tiquer. Il soupira bruyamment. Pourquoi est-ce qu’il voyait toujours ce genre de choses ? Il resta immobile encore quelques secondes, croisant les doigts. Ce gars n’allait tout de même pas oublier une chose aussi grosse. Il allait forcément se retourner… Mais non. Re-soupire. Il jeta un regard autour de lui. Personne n’avait rien remarqué évidemment. Ça aurait été trop simple de pouvoir laisser un patient la lui rendre à sa place. Il ferma les yeux. Pas question de faire ami-ami en tout cas. Il en avait marre de se mettre dans les ennuis à chaque fois que quelqu’un croisait son chemin.

Il déplia ces jambes paresseusement. Mais voyant que le garçon commençait à sérieusement s’éloigner, il se dépêcha de récupérer la mallette et le rattrapa à grandes enjambées. Bon, qu’était-il sensé dire ? Il suivit l’inconnu quelques secondes, le temps de se décider sur la façon de le hélé.

- Hé, tu as oublié quelque chose.  


Simple mais efficace.





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Nevrabriel se dirigea vers l’intérieur du bâtiment. Il devait aller chercher son violon dans sa chambre. N’était-ce pas où l’avait laissé ce matin, dans sa chambre ?
Derrière lui, une voix le tira de ses pensés.

_ Hé, tu as oublié quelque chose.  

Le jeune écossais se retourna, voyant un garçon venir vers lui. C’était un jeune homme qui semblait encore être un adolescent. Bien que Nevrabriel ait certainement peut d’écart avec un dernier, étant lui-même mineur dans son pays d’origine. Un simple adolescent brun aux yeux bleus. Il n’avait pas l’air d’être un gars à problème ou qui cherchait des problèmes au roux. Même si dans l’état assez lamentable où était le mental de ce dernier, il lui faudrait bien une grosse tarte pour le réveiller. Mais le plus important, le brun lui tendait une mallette. Les yeux de Nevrabriel passèrent de sa mallette au jeune homme.

Doucement, le propriétaire de l’objet se retourna complètement pour faire face à l’adolescent.
Que faisait ce garçon avec l’étui de son violon dans les mains ? Il avait pourtant laissé son instrument dans sa chambre. Le jeune écossais eut l’impression d’avoir déjà-vu ce brun, d’avoir déjà vécu ce moment, d’avoir déjà fait ce geste, dans cette cours.

Les yeux du roux se mirent à danser plusieurs fois entre ceux du brun et la mallette. Sur son visage pâle ne régnait pas de sourire, simplement un mélange de grande fatigue et d’étonnement. Nevrabriel allait lever le bras pour venir toucher la mallette, ne sachant pas vraiment ce qu’il avait en face de lui, la réalité ou l’illusion ? Il était totalement perdu ...

Mais des sifflements vinrent s’installer dans les oreilles du roux. Nevrabriel ferma doucement les yeux pendant un court instant pour s’y faire. Cela dura un battement d’yeux. Lorsqu’il les rouvrit, le brun était toujours face à lui mais le sifflement aussi était présent également. De légers rires retentirent dans sa boîte crânienne.

Ça ne devait être qu’une hallucination de plus.

Sans répondre, bercé dans une illusion qui était la sienne, Nevrabriel fit demi-tour et continua à reprendre doucement son chemin. Il posa une main sur son front, ses doigts passèrent sous son bonnet pour le retirer en l’agrippant, laissant ses cheveux rouges retomber sur son visage. De sa main libre, le roux passa sa main dans ses cheveux, appuyant fermement sur son front, espérant que ses sifflements allaient vite disparaitre comme par magie.

Il marchait oui …  Où est-ce qu’il voulait aller déjà ? …



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Il se tourna vers le surdoué, l’air un peu hagard. Pas étonnant qu’il oublie ces affaires, il semblait complètement perdu. Aeden se demanda ce qui pouvait bien provoquer cet état. Repoussa sa curiosité avec violence. Il ne cessait de se mettre dans le pétrin à cause de ça. La curiosité était bel et bien un vilain défaut. Et elle dévorait le jeune surdoué. Il ne cessait de passer des yeux du garçon, à la mallette. Ce dernier se sentait un peu comme une potiche. Il allait la prendre oui ou non ?
Oui semblait-il. Il tendait le bras. Aeden avança lui-même le sien pour faciliter le transfert. Sauf que celui-ci n’eut pas lieu. Le garçon resta immobile une nouvelle fois avant de faire demi-tour subitement. Qu’est-ce… Aeden fronça les sourcils. C’était une blague ? Il allait laisser la mallette là et repartir mais…

L’autre garçon était en train d’enlever son bonnet, et reprenait sa route. L’air toujours aussi perdu. S’en était presque…inquiétant ? Le surdoué se serait frapper s’il n’avait pas été lui. Sérieusement ? Est-ce qu’il était vraiment en train de s’inquiéter pour quelqu’un ? Alors même qu’il venait de se résoudre à éviter de se mêler des affaires des autres ? Il leva les yeux en l’air pour lui-même avant de suivre le garçon aux cheveux roux, sa mallette en main.

- Hé ! Où tu vas ?


L’autre l’ignora royalement. Il souffla bruyamment tout en le rattrapant. Il marcha à côté du garçon, le regardant avec inquiétude. Est-ce qu’il était somnambule ou un truc du genre ? Il ne savait pas s’il était censé le secoué ou non. Il faisait peut être une crise de quelque chose. C’était le genre de truc qui arrivait souvent à l’Institut. Il se souvenait de plusieurs incidents, il y avait des évanouissements, des crises d’hystérie. Certains patients se mettaient à hurler. Il y en avait vraiment pour tous les gouts. On s’habituait à force. Ne sachant pas trop quoi faire, Aeden suivi le garçon qui semblait marcher de manière aléatoire. Le surdoué passa une main dans ses cheveux noir ébouriffés. Il ne pouvait pas suivre ce gars-là éternellement. Un peu gêné du silence, il lui fit finalement, espérant ne pas déclencher quelque chose :

- Heu… Moi c’est Aeden. Tu vas bien ? Tu t’appelles comment ? Tu vas ou ? Tu veux que je dépose ta mallette quelque part ?

Le bombarder de questions n’était peut-être pas la meilleure des solutions. Mais le garçon ne savait pas trop quoi faire. Il pouvait peut être déposé sa mallette devant sa chambre ? Ou un truc du genre. Ce n’est pas comme s’il avait quelque chose à faire de sa journée, mais il se sentait un peu stupide là. Et il se sentait une nouvelle fois trop impliqué.





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_ Hé ! Où tu vas ?

Elle était insistante cette hallucination. Mais la dernière chose que voulait Nevrabriel c’était d’aller voir Donatien pour qu’il lui donne de quoi l’endormir. L’écossais n’en avait pas DU TOUT envie. Surtout lorsqu’il se réveillait et surprenait le médecin en train de l’observer. C’était très malaisant et effrayant.
Il avait espoir que ses bourdonnements se calmes pour ne pas avoir à subir ça.

_ Heu… Moi c’est Aeden. Tu vas bien ? Tu t’appelles comment ? Tu vas ou ? Tu veux que je dépose ta mallette quelque part ?

Insistante et vraiment bavarde cet hallucination …
Généralement les plus bavards étaient ses amis de son ancienne vie, ceux avec qui le roux trainait toujours, ses seuls amis en Ecosse depuis son enfance. Du passé à présent. Il n’avait plus de nouvelles d’eux, évidemment. Peut-être avaient-ils quitté l’Ecosse pour Londres afin de faire leurs études ? Parfois, le roux se demandaient se qu’ils étaient tous devenus, ces visages qu’il avait connu.

Marchant toujours, avec une certaine lenteur, ne sachant plus où il voulait se rendre, longeant les murs, par habitude, Nevrabriel regarda le jeune homme du coin de l’œil.
Aeden … ça lui disait vaguement quelque chose, mais trop vaguement pour qu’il soit certain que son impression de déjà-vu ne soit qu’une impression.
Et pourquoi la voix du garçon ne faisait pas écho dans sa tête, contrairement à ses rires bourdonnants ?

Bourdonnement qui devint très forts dans son esprit alors que roux posa ses yeux vers le fond du couloir. Tout au fond, il vit la silhouette d’un enfant qu’il ne connaissait que trop bien. C’était bien trop cruel. Pourquoi son cerveau lui infligeait ça ? C’était une vision qui relevait du masochisme.

Se sentant seul dans le couloir, seul avec ses démons, Nevrabriel s’arrêta de marcher et laissa son corps basculer sur le coté pour venir s’appuyer contre le mur, aussi faiblement qu’il l’était. Doucement, il s’y adossa et se laissa coulisser le long de ce mur si blanc pour venir s’asseoir sur le sol. Il regarda le brun avec une certaine lassitude et beaucoup de désespoir.
Ça irait mieux. Quand quelques minutes, ces bourdonnements allaient s’en aller. Le petit garçon au fond du couloir allait s’en aller. Cet adolescent allait s’en aller.
Les yeux vairons de Nevrabriel allèrent se perdre au fond du couloir où il savait être observé. Il essaya de voir autre chose que cet enfant si petit et si fragile, autre chose que sa silhouette et sa chevelure rousse, et le sang qu’il y avait sur ses vêtements.
Tout ça n’est pas réel …

Le jeune homme murmura dans un Gaëlique accentué par son accent écossais :

_ Tha mi sgìth … Fàg mi, tha mi ag iarraidh ort …1




1« Je suis fatigué … Laisse-moi, je t’en prie … »



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Aeden n’eut pas de réponse. Le garçon lui jetait des regards en coin, l’air de se demander ce qu’il faisait là. Il commençait à perdre patience. Agir dans ce genre de situation était trop compliqué. Cela lui demandait encore plus d’énergie que de parler avec des gens. Soudainement son expression se modifia un peu, alors qu’il quittait le surdoué du regard. Il se laissa glisser sur le mur, l’air fatiguée. Aeden avait l’impression d’être là alors qu’il n’était pas sensé y être. Peut-être bien qu’il devait laisser ce gars tranquille ? Peut-être qu’il ne parlait pas au gens.

_ Tha mi sgìth … Fàg mi, tha mi ag iarraidh ort …

Pour avoir des bases d’irlandais, que son père lui avait enseigné, Aeden reconnaissait quelques mots. Mais ce n’était pas de l’Irlandais ? Il se gratta la tête, un peu perdu. Pourquoi est-ce que ce garçon se mettait à parler une langue étrangère ? Probablement parce que c’était sa langue d’origine. Il avait un léger accent écossais. Cela mit la puce à l’oreille du surdoué. Du Gaélique peut être ? Il avait l’air complètement perdu et finalement, le garçon ne se sentit pas le courage de déposer sa mallette et de le laisser là.
Au lieu de ça, il s’assit à côté du garçon. Il n’était pas très bon pour aider les gens qui n’allaient pas bien, enfin, s’il ne les connaissait pas. Il se demanda s’il était censé lui tapoter l’épaule ou un truc du genre. Le garçon n’était pas très tactile. Il leva une main hésitante puis s’arrêta, pas très sûr de lui. Si l’autre n’était pas bien, peut-être qu’il n’avait pas intérêt à le toucher. Cela pouvait réveiller quelque chose en lui. Beaucoup de maladie psychologique était accentuée par le toucher. Il ne voulait pas que le garçon s’enferme complètement.

- Hé, tu es sur que tout va bien ?

Il scruta le roux, cherchant à savoir ce qui pouvait bien se passer dans sa tête. Il répéta sa phrase dans un irlandais approximatif et haché, espérant que la ressemblance entre les deux langues suffisent pour que le garçon parvienne à déchiffrer :

- An bhfuil tú ceart go leor?
(ça va ?)






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_ Tha mi sgìth … Fàg mi, tha mi ag iarraidh ort …

Nevrabriel sentit le garçon s’asseoir à ses cotés. Cette sensation donna une certaine peur au patient. Cette vision trop présente voulait peut-être dire que sa maladie s’était aggravée ? Bon sang, est-ce que ses illusions du passé étaient en train de prendre le pas sur le présent ? Jusqu’où ira sa folie ?

_ Hé, tu es sur que tout va bien ?

Non ça n’allait pas du tout. Son cerveau était détraqué ! Et ces rires incessants dans sa tête, ces bourdonnements abominables, ces visions indésirables ! C’était affreux ! Mais à qui pouvait-il en parler ?
Finalement résolut à aller voir son médecin pour arrêter tout ça, le roux prit appuie contre le sol, prêt à se lever, mais le brun lui demanda :

_An bhfuil tú ceart go leor ?

Nevrabriel se tourna doucement vers l’hallucination près de lui. Il avait compris ses mots sans les comprendre. Des intonations qui se rapprochaient énormément du gaélique écossais, comme si celui-ci était irlandais. C’était vraiment étrange qu’une hallucination lui parle en irlandais. Pas impossible, juste très étrange.

Le roux leva sa main avec hésitation vers le brun, ce n’était certainement pas réel, mais au moins, tout allait disparaitre une fois qu’il l’aurait touché. Il aurait parut bien étrange de toucher le vide dans la cours, personne ne le regardait ici, il pouvait faire partir ses démons et revenir sur Terre. Peut-être que les rires aussi allaient se taire et qu’il n’aurait pas besoin d’aller voir le docteur Elpida.

Nevrabriel posa sa main sur l’épaule du brun, et contre toute attente, ce dernier était vraiment matériel.
Les yeux de l’écossais s’ouvrir en grand, comme si on venait de lui donner une violente claque mentale. Instantanément, les rires se turent, le petit garçon au fond du couloir se mit à disparaitre doucement dans l’ombre, ses bourdonnements cessèrent et le couloir devint très silencieux. Nevrabriel scruta le corridor, comme s’il cherchait quelque chose, la respiration légèrement plus rapide, mais rien d’alarmant.
L’écossais finit par se tourner vers le brun, le regarda de haut en bas avant de lâcher vivement son épaule.

_Je …

Ça voulait dire qu’il avait ignoré ce garçon depuis tout à l’heure ? Qu’il lui avait demandé de partir en gaélique ? Qu’il l’avait vu à moitié comateux dans le couloir ?
Honteux, confus, des rougeurs vinrent envahir le visage pâle de Nevrabriel, révélant vivement les taches de rousseurs qu’il avait sous les yeux. Son regard vairon se mit à fuir, n’osant pas regarder ce qu’il avait cru être une vision.
Bégayant, le jeune homme essaya de s’excuser :

_D-désolé … Je s-suis … désolé, je … … Désolé …

Le garçon prit une profonde inspiration avant de reprendre, son débit de parole montant à crescendo dans la rapidité :

_Je suis vraiment désolé. Je ne voulais pas t’ignorer, vraiment, désolé. Je croyais que tu n’étais pas réel, sinon je t’aurais répondu. C’est cool de ne pas m’avoir envoyé bouler, alors que je ne te répondais pas. Et désolé aussi pour ma phrase de tout à l’heure, je pensais vraiment que j’étais en train d’halluciner. Je suis vraiment vraiment désolé. On se connait pas mais ne m’en veut pas, dis moi comment je peux me faire pardonner. J’aimerais beaucoup me faire pardonner !

A la fin de sa tirade, qui aurait pu continuer encore longtemps, les yeux du roux vinrent se poser sur la mallette que ledit Aeden avait essayé de lui remettre depuis tout à l’heure.
Faiblement, mais davantage réveillé que tout à l’heure, Nevrabriel vint agripper la mallette et offrit un sourire au brun.

_Merci beaucoup pour ça, j’aurais été vraiment peiné de le perdre.



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C’était au tour du roux d’avancer sa main avec hésitation vers Aeden. Est-ce qu’il avait enfin décidé d’arrêter de l’ignorer ? Ou découvrait-il seulement son existence maintenant ? En tout cas, il semblait que baragouiner quelques mots en irlandais avait servi à quelque chose. Lorsque ce dernier posa sa main, il sembla étonné de toucher l’épaule du garçon. Comme s’il aurait dû y trouver du vide. Il fallut quelques secondes au garçon pour trouver un lien logique à cette histoire. Le garçon pensait être seul. Il semblait dans un autre monde depuis tout à l’heure. Soit il découvrait la présence d’Aeden, soit il pensait que ce dernier n’existait pas, jusqu’à présent. Cela devait être une partie de sa pathologie. Le garçon semblait inquiet de s’en rendre compte seulement maintenant, sa respiration légèrement haletante.

_Je … D-désolé … Je s-suis … désolé, je … … Désolé …


Le rouge lui était monté aux joues et il semblait terriblement honteux. Il baissa le regard. Aeden avait l’impression de se voir lui, lorsqu’il commettait une grosse gaffe. Le garçon devait se sentir extrêmement mal à l’aise. D’autant plus que le surdoué l’avait vu dans un état qu’il devait se réservé pour ces moments de solitude. Lui-même commençait à se sentir gêné. Il aurait dû laisser le roux tranquille. Il se mordilla la lèvre, désolé à son tour.

_Je suis vraiment désolé. Je ne voulais pas t’ignorer, vraiment, désolé. Je croyais que tu n’étais pas réel, sinon je t’aurais répondu. C’est cool de ne pas m’avoir envoyé bouler, alors que je ne te répondais pas. Et désolé aussi pour ma phrase de tout à l’heure, je pensais vraiment que j’étais en train d’halluciner. Je suis vraiment vraiment désolé. On se connait pas mais ne m’en veut pas, dis-moi comment je peux me faire pardonner. J’aimerais beaucoup me faire pardonner ! Merci beaucoup pour ça, j’aurais été vraiment peiné de le perdre.

Il agrippa la mallette comme un bien précieux. Eh bien, on pouvait dire que cela changeait du garçon silencieux qu’il avait suivi quelques instants plus tôt. Il semblait plus embêter pour le surdoué que d’avoir été vu dans cet état aussi Aeden se détendit un peu. Il ne semblait pas avoir de raisons réel de s’en vouloir. Et il avait raison, la mallette était bien importante. Il aurait pu le parier. Il retourna le sourire que lui adressait le roux, passant une main dans ses cheveux noirs en bataille et répliqua avant que l’autre ne se remette à parler sans s’interrompre :

- Pas de soucis. Et pas besoin de te faire pardonner. Moi c’est Aeden.

Il lui tendit une main qu'il voulait amicale. Il aurait pu partir et laisser le garçon là, maintenant que sa « mission » était terminée. Mais il s’était une nouvelle fois fait avoir. Parce qu’il ne pouvait pas laisser ce garçon dans le couloir, avec cet air encore perdu. Et qu’il ne voulait pas donner l’impression d’être fâché alors qu’il se fichait pas mal qu’on l’ignore.





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_Merci beaucoup pour ça, j’aurais été vraiment peiné de le perdre.

Le brun rendit le sourire de l’écossais. C’était une aubaine pour le cœur tourmenté du roux. Lui qui avait toujours peur de faire du tord aux autres, surtout par inadvertance, le voilà rassuré.

_Pas de soucis. Et pas besoin de te faire pardonner. Moi c’est Aeden.


Aeden lui tendit sa main dans la continuité de sa présentation. L’écossais ne savait pas si le brun voulait faire connaissance ou faisait-il cela par politesse, mais il était tout de même heureux d’être tombé sur un bon gars, malgré sa crise de tantôt.
Le brun s’était déjà présenté tout à l’heure. Mais Nevrabriel appréciait le fait qu’il le refasse, comme pour un recommencer avec des bases saines. Des vraies bases. Le roux aurait eut du mal à dormir cette nuit en pensant au tord qu’il aurait pu causer par cette mésaventure.

_Nevrabriel. Enchanté, Aeden. Excuse moi, je suis encore un peu dans le gaz, tu l’as trouvé où ? J’étais presque sûr de l’avoir laissé dans ma chambre …


Peu à peu, le cerveau de l’écossais commença à se remettre en marche, dans le présent. Le début de sa journée lui revint en mémoire. Il avait prit son violon avec lui en quittant sa chambre, il l’avait emmené lorsqu’il était partit manger, lors de son auscultation, lors de son appel hebdomadaire avec sa grand-mère, et dans la cours.
Vidé de son énergie, comme si ses illusions se sont envolées avec, Nevrabriel passa une main faible le long de son visage jusqu’à ses cheveux. Mais ses mèches rebelles retombèrent sur ses yeux comme par habitude. Puis, le roux repassa sa main sur sa bouche, vérifiant qu’il n’avait pas saigné du nez.
Tout allait bien. Sa crise n’avait pas été si forte que ça. Pas de vomissement, pas de saignement, juste un gros coup de barre.

_Peut-être pas finalement. Encore désolé de t’avoir fait subir ça, ça ne se reproduira plus.

Maintenant qu’il avait fait un minimum connaissance avec Aeden, son visage, sa voix et son nom devrait lui rappeler quelque chose de plus concret pour ne pas avoir l’impression d’halluciner. Au moins, la prochaine fois qu’il le verrait, il ne l’ignorerait pas, ou vérifierait qu’il est bien réel.

L’écossais ferma les yeux un instant, contenant sa fatigue alors que son cerveau détraqué venait à peine de se remettre de tout ça. En ouvrant les yeux, Nevrabriel émit un sourire à son bienfaiteur mais ses yeux timides préférèrent se focaliser sur les cheveux de ce dernier. Ainsi, il le regardait sans le regarder.

_Mais tu m’as bien parlé irlandais, je me trompe ? Tu viens d’Irlande ?



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Pouvoir mettre un prénom sur un visage était agréable. Après, il n’avait pas un nom très commun et Aeden devrait prendre garde de le retenir correctement. Il n’était pas très physionomiste.

- Tu l’as laissé contre l’arbre, dans la cour.

Cette information avait peu d’importance à part peut-être s’il souhaitait remettre les choses dans l’ordre. Le surdoué la délivra malgré tout. Il était économe en termes d’énergie mais il savait quand une information pouvait avoir de l’importance. Il observait le roux tandis que ce dernier se passait une main sur le visage. On aurait dit qu’il se réveillait d’une sieste. Comme si ce qui c’était produit avant n’avait été qu’un long moment de sommeil. Aeden se demandait à quel point cela pouvait être déstabilisant pour le garçon.

_Peut-être pas finalement. Encore désolé de t’avoir fait subir ça, ça ne se reproduira plus.


Aeden lui lança un sourire qu’il espérait rassurant. Honnêtement ça n’avait pas été très agréable pour lui mais ça n’avait pas non plus été mortel. Un peu agaçant. Certes.

_Mais tu m’as bien parlé irlandais, je me trompe ? Tu viens d’Irlande ?


On arrivait au moment où le surdoué aurait préféré que Nevabriel le salue et s’en aille. Il ne souhaitait pas vraiment devenir amis avec d’autres jeunes de l’Institut. Pas alors qu’il n’avait pas su prendre soin de ceux qu’il avait eu par le passé. Il s’était déjà fait avoir avec Dante, et voilà que cela recommençait. En même temps, le roux venait de subir ce qui se rapprochait à une hallucination et devait encore être un peu sous le choc alors il ne se voyait pas tenter de clore la discussion.

- Non pas du tout. Mais mon père est Irlandais. Alors je le parle un peu, même si c’est très approximatif. Je viens du Luxembourg. J’ai un peu habité en Suisse aussi avant de me retrouver ici.

Son père. Ses parents venaient un peu plus souvent le voir ces derniers temps, c’était pénible. Pas qu’Aeden ne veuille pas les voir, mais il avait de vrai soucis à se faire pour le moment, et ces parents eu espérait le voir joyeux et en forme. C’était difficile de sortir son sourire de sa poche, de le posé sur ses lèvres et de leur parler comme si tout allait bien. Comme si le monde tournait rond. Comme si tous ces repaires n’avaient pas été secoués. Mais l'avantage, c'est qu'il était plus simple de donner l'impression d'aller bien à des personnes qui souhaitaient que ce soit le cas. Il changea de position, pliant ces jambes en tailleur et passa une main dans ses cheveux foncés. Impossible de leur refuser des visites. Cela les rendrait encore plus inquiets.

- Et toi ? Tu parlais Gaélique ? J’ai cru reconnaitre un petit accent écossais et comme c’est proche de l’irlandais, je me suis dit que ça aiderait peut être si je te parlais une langue proche de celle-là.






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_Mais tu m’as bien parlé irlandais, je me trompe ? Tu viens d’Irlande ?

Le brun se mit à sourire. Il avait l’air sympathique comme garçon. En plus il restait avec le roux, qui l’avait ignoré salement tout à l’heure. Nevrabriel se demandait s’il faisait peine à voir, pitié ou si sa nouvelle connaissance était simplement sociale.
Peut-être tout ça à la fois.

_Non pas du tout. Mais mon père est Irlandais. Alors je le parle un peu, même si c’est très approximatif. Je viens du Luxembourg. J’ai un peu habité en Suisse aussi avant de me retrouver ici.

Ceci expliquait cela. Aeden avait l’air d’avoir bien voyagé. En tout cas, pour une personne comme Nevrabriel qui n’avait connu que la terre qui l’avait vu naitre, avant l’Institut, avoir vécu dans deux pays différents lui semblait un grand voyage. Surtout que le Luxembourg n’avait pas forcement la même langue que la Suisse. Enfin … ça dépendait où au Luxembourg et où en Suisse. Tout était relatif.

_Et toi ? Tu parlais Gaélique ? J’ai cru reconnaitre un petit accent écossais et comme c’est proche de l’irlandais, je me suis dit que ça aiderait peut être si je te parlais une langue proche de celle-là.

Nevrabriel émit un faible sourire. Non pas que cette conversation le dérangeait, mais il était fatigué. Fatigué, mais au contraire, bien heureux que le brun lui parle comme si de rien n’était, comme s’il ne l’avait pas ignoré tout à l’heure, comme si le roux n’avait pas fait une crise d’hallucination. Comme si tout était normal dans leur vie de patient exilé.

_Ouais … Je suis écossais. Tu as eu raison de me parler irlandais. Ça faisait des années que je n’avais pas entendu cette langue, ça m’a interpelé et m’a permis de me questionner sur ce que je croyais. Remarque, même le gaélique, je ne le parle qu’avec ma grand-mère depuis que je suis ici. Et encore. Les médecins préfèrent qu’on parle en anglais pour qu’ils comprennent notre conversation.

Nevrabriel ne savait pas pourquoi il disait ça. Aeden devait certainement n’en avoir rien à faire qu’il parlait gaélique avec sa grand-mère. Il avait vraiment le don de parler pour ne rien dire ...
Une nouvelle fois, le roux passa une main sur son visage pour masser ses tempes. Il n’avait pas la force ni le courage de se lever pour le moment. Mais c’était une chose qu’il ne voulait pas avouer au garçon à ses cotés. Il venait déjà de passer pour un fou, il paraissait faible et voulait gardait le peu de dignité qui lui restait, s’il lui en restait.

_Je sais pas pourquoi je te raconte ça, désolé.

Nevrabriel baissa les yeux sur le sol froid. Il devait forcer son sourire pour le maintenir sur son visage. Seulement, en repensant à sa grand-mère, il eut un pincement au cœur, et sa fatigue n’arrangeait pas ses états d’âmes.
Bien qu’il appréciait la présence aimable du brun, il ne voulait pas le déranger plus qu’il ne l’avait déjà fait et lui avoua, ne le regardant toujours pas dans les yeux :

_Je ne veux pas t’embêter, si tu as des choses à faire. Je suis vraiment … désolé.



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Le jeune roux avait l’air encore épuisé. Aeden se demanda une nouvelle fois s’il ne ferait pas mieux de le laisser tranquille. Mais il avait le sentiment que s’il pensait ça, c’était uniquement parce qu’il voulait se débarrasser de la conversation. Enfin, même pas de la conversation. Il se sentit un peu lâche.

_Ouais … Je suis écossais. Tu as eu raison de me parler irlandais. Ça faisait des années que je n’avais pas entendu cette langue, ça m’a interpelé et m’a permis de me questionner sur ce que je croyais. Remarque, même le gaélique, je ne le parle qu’avec ma grand-mère depuis que je suis ici. Et encore. Les médecins préfèrent qu’on parle en anglais pour qu’ils comprennent notre conversation.


Aeden eut un faible sourire. On lui imposait aussi de parler anglais avec ces parents. C’était plus simple pour contrôler ce qu’il pouvait dire. Comme s’il risquait de raconter quoi que ce soit à ces parents. Et ça aurait servi à quoi ? Au pire, ils auraient cru que leur fils était devenu fou. Mais ils ne pouvaient pas imaginer ce qu’il pouvait se passer à l’Institut. Il ne savait pas qu’une jeune fille innocente était enfermée au sous-sol, considérée comme une aliénée. Il baissa les yeux sur ces jambes, chipotant avec le bout de son jean.

_Je sais pas pourquoi je te raconte ça, désolé.


Il s’excusait une nouvelle fois. Aeden aurait fait la même chose dans sa situation. Il était plutôt du genre à s’excuser. S’excuser d’exister. C’était plus simple que d’assumer quoi que ce soit. Il jeta un regard au roux qui semblait au bout du rouleau. Il avait une espèce de sourire factice figé sur le visage. Et le surdoué se demanda à quel point s’était fatiguant d’avoir des hallucinations. Il n’avait jamais rien eu de la sorte, et ne connaissait pas grand-chose sur le sujet. Il releva les yeux pour les poser sur le jeune garçon, qui fixait le sol.

_Je ne veux pas t’embêter, si tu as des choses à faire. Je suis vraiment … désolé.


S’il avait des choses à faire… C’était le moment ou Aeden était censé se tirer sans demander son reste. C’est ce qu’il voulait. Alors pourquoi ? Pourquoi restait-il là, bêtement, incapable de s’en aller ? Il se rapprocha un peu de Nevabriel, se penchant pour aller cogner maladroitement son épaule avec le sien dans une tentative de frappe viril. Se redressa. Bon, il n’était pas encore au point.

- On est à l’Institut, y a pas des tonnes de choses à faire dans le coin.


Il lui lança un clin d’œil. Clairement, à part manger dans la cantine, allé voir son médecin, il n’y avait pas grand-chose à faire ici. Et il se sentirait trop mal de laisser Nevabriel là alors qu’il ne semblait pas dans son assiette. Il ajouta, sans trop savoir si cela pouvait intéressé le roux :

- D’ailleurs si tu veux un peu de lecture, n’hésite pas à passer par ma chambre. J’ai pas grand-chose mais c’est toujours mieux que rien.


Exactement ce qu’il n’était pas sensé dire. Pour éviter de créer des liens. Mais il était définitivement un idiot. Irrécupérable.





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_Je ne veux pas t’embêter, si tu as des choses à faire. Je suis vraiment … désolé.

Aeden se rapprocha du roux pour cogner son épaule contre celle de Nevrabriel. L’écossais n’avait pas très bien compris pourquoi son camarade avait fait ça. Mais c’était un geste qui se voulait amical. Peut-être était-ce de coutume en Suisse ? …
Pour ne pas vexé le brun, Nevrabriel ne posa pas de question. Même si sa curiosité le démangeait vraiment.

_On est à l’Institut, y a pas des tonnes de choses à faire dans le coin.

C’était une phrase remplie de on sens. L’île était semblable à un vieux village paumé du fin fond de l’Ecosse, avec 200 habitants, sans commerce, ni pharmacie, pas même une boulangerie. Seulement 200 personnes qui vivent entre eux comme une grande famille. Ou une secte, chacun son point de vue.
Aeden fit un clin d’œil qui fit sourire le roux. Même faire des bêtises était assez compliqué vu la surveillance ici. Aeden devait être bien amusé de cette remarque stupide du roux.

_D’ailleurs si tu veux un peu de lecture, n’hésite pas à passer par ma chambre. J’ai pas grand-chose mais c’est toujours mieux que rien.

Nevrabriel osa poser ses yeux sur ceux verts de son camarade. Il avait des yeux d’un vert … irlandais. Il y avait une pointe de gris dans son regard, comme un filé de lumière qui rendait le vert de ses yeux semblable à de l’émeraude.
Pendant une seconde, Nevrabriel enviait un tel regard. Il aurait bien aimé être « simple ». Brun avec de beaux yeux verts, ça lui aurait bien plus.
Timide, le jeune homme dévia son regard vers l’épaule d’Aeden, gardant son sourire, faible par la fatigue, mais sincère.

_Ça me plairait bien, oui.

Nevrabriel commença a posa une main au sol pour se relever. Mais il abandonna bien vite, sentant que son bras était le seul à travailler. Ses jambes et son dos l’avaient abandonné depuis longtemps. Il lui fallait encore un peu de temps pour pouvoir se relever et marcher. S’il devait demander de l’aide, c’était pour retourner dans sa chambre, et le roux n’aimait pas rester enfermé. Il était comme un renard, il pouvait être apprivoisé, mais périssait lorsque son être ne sentait pas l’air sur sa peau.
Alors non, il resterait dans ce couloir, face aux grandes fenêtres, jusqu’à ce qu’il puisse se relever seul.

_Si on est d’accord, pas aujourd’hui. Mais un autre jour ça me ferait plaisir. D'ailleurs, tu pourras faire de même. Je suis limité à dix livres par mois, mais si ça t'intéresse, je peux toujours t'en prêter.

Sa main posée au sol revint frotter son front pendant quelques instants. Le roux massa de nouveau ses tempes. Sa migraine ne passera pas tout de suite non plus. Il était bien heureux que se soit Aeden et non un surveillant qui soit avec lui dans le couloir. Un surveillant l’aurait immédiatement envoyé voir son médecin et Dieu seul sait comment réagit Donatien …

_Je ne veux pas paraitre indiscret, mais tu es là depuis longtemps ? J’ai eu une impression de déjà vu en te voyant. Après c’est peut-être moi, hein, peut-être qu’on s’est jamais vu.



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Nev’ le fixa quelques instants avant de baisser son regard si singulier. Aeden n’y avait pas fait attention, trop pressé de s’éclipser mais les yeux du roux avait deux teintes foncièrement différentes. L’un était aussi bleu d’un océan, l’autre perdu entre l’orange et le jaune.

_Ça me plairait bien, oui.


Sa voix paraissait assez faible et le surdoué sentit une vague de remord l’envahir. Il avait échoué à tenir ses promesses, mais il ne pouvait pas renier ce qu’il était, il ne pouvait pas laisser des gens comme Nevabriel seul dans le besoin. Se retrouver dans la galère, seul, c’était ce qui pouvait arriver de pire. Le roux essaya vainement de se relever

_Si on est d’accord, pas aujourd’hui. Mais un autre jour ça me ferait plaisir. D'ailleurs, tu pourras faire de même. Je suis limité à dix livres par mois, mais si ça t'intéresse, je peux toujours t'en prêter.


Il hocha la tête avec un sourire. Dix livres… sa famille devait prendre bien soin de lui. C’était à peine si les parents du surdoué pensaient à lui en amener un de temps à autre. Et comme tous les livres ne passaient pas le contrôle, ce maigre quota diminuait encore. Il lisait souvent les mêmes livres, ces derniers commençaient d’ailleurs à s’user à la reliure. Après, il ne leur demandait pas de lui en amener alors c’était normal. Ils ne pouvaient pas lire dans les pensées du garçon. C’était probablement l’un des plus gros défauts du surdoué. Nevabriel ne semblait toujours pas aller mieux, il se massait les tempes par intermittence. Impossible pour Aeden de l’aider. C’était frustrant.

- Je ne veux pas paraitre indiscret, mais tu es là depuis longtemps ? J’ai eu une impression de déjà vu en te voyant. Après c’est peut-être moi, hein, peut-être qu’on s’est jamais vu.


Aeden mit quelques secondes à faire le calcul dans sa tête. 9 mois. Le temps qu’il faut pour donner naissance à la vie. Il eut un sourire presque ironique.

- Ça fait 9 mois. On s’est peut être croisé dans un couloir, ou à la cafèt. L’institut n’est pas très grand. Tu es là depuis longtemps toi ?

Il fouilla dans ses poches à la recherche d’un bonbon que lui aurait donné Agnès mais il n’en avait pas sur lui. Un peu de sucres n’aurait pas fait de mal à Nevabriel. Il s’agita encore un peu inutilement. Puis, pour éviter d’avoir bougé pour rien, il se passa une main dans les cheveux repoussa quelques mèches rebelles, comme si c’était son but depuis le début. Il se mordilla l’intérieur de la lèvre nerveusement.





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_Je ne veux pas paraitre indiscret, mais tu es là depuis longtemps ? J’ai eu une impression de déjà vu en te voyant. Après c’est peut-être moi, hein, peut-être qu’on s’est jamais vu.

A la question de l’écossais, le brun se mit à sourire. Nevrabriel ne savait pas si sa question était idiote ou appréciée, mais au moins Aeden ne semblait pas réticent à y répondre. Il avait déjà vu le roux en pleine séance d’hallucination, il devait s’attendre à des questions de ce genre. L’écossais se doutait que les amis du brun ne devaient pas être tous être saint d’esprit compte tenu de leur cadre de vie. Nevrabriel ne pensait pas non plus être le plus fou ici, mais il savait qu’il était loin d’être quelqu’un qu’on pourrait qualifier de « normal » et ses questions basées sur sa pathologie n’avaient jamais rien de « normal ».
C’était sa triste réalité.

_Ça fait 9 mois. On s’est peut être croisé dans un couloir, ou à la cafèt. L’institut n’est pas très grand. Tu es là depuis longtemps toi ?

Nevrabriel dû réfléchir un instant. Il était en mars à présent … Il était arrivé en février … en début février même … Le dix ou le douze, dans ces zones là … Non, il était né un douze, alors il était arrivé là le dix. Oui c’est cela, le dix février 2013.
Du coup ça faisait cinq ans maintenant … le temps passait si vite.
Aeden se tortilla avant de passer une main dans ses cheveux. Nevrabriel trouvait que son camarade avait des réactions plutôt amusantes, même s’il ignorait le pourquoi de ces réactions. En tout cas, le roux connaissait très bien le fait que ses cheveux s’aventuraient toujours vers ses yeux.
L’écossais sourit à Aeden, amusé.

_Je compte les années à présent. Cinq ans pour ma part. J’espère que ta pathologie te permettra de rentrer chez toi.

Cette fois-ci, ce fut le roux qui donna une tape viril avec son poing, sur l’épaule de son camarade. Un geste qui se voulait rassurant malgré ses paroles. Nevrabriel avait vu défiler beaucoup de monde à l’Institut, beaucoup venaient et partaient, parfois sans explications. Certains quittaient l’ile à leur majorité, et parfois, certains, comme Adèlys, comme lui, était là depuis des années.
Le roux se demandait parfois s’il devait partir, maintenant qu'il était majeur, depuis bientôt deux ans. Sa maison lui manquait énormément. Mais … la peur de faire du mal aux autres avec sa maladie le hantait trop pour quitter l’Institut sans être guérit.
Nevrabriel chassa ses pensées obscures de son esprit fatigué pour se concentrer sur la personne à ses cotés, bien trop aimable de rester avec lui.

_On s’est peut-être croisé. Mais si c’était le cas, tu te serais souvenu de moi, non ? Je suis assez … atypique, dans le genre, ahah.

Nevrabriel riait sincèrement. Il savait qu’il était trop reconnaissable et original pour qu’on ne le remarque pas dans une foule. Pour qu’on ne le remarque pas du tout.


Dernière édition par Nevrabriel le Sam 7 Avr - 14:14, édité 1 fois


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Nevabriel semblait amusé de voir Aeden gesticuler. C’était déjà ça. Cinq ans. Aeden essaya de s’imaginer vivre 5 ans à l’institut. Echoua. Il eut un pauvre sourire. Il aurait été incapable de survivre autant de temps dans un milieu aussi fermé que celui-ci. Ou on contrôlait ce qu’il avait le droit ou non de faire, ce qu’il avait le droit ou non de savoir. Rencontrer des personnes anciennes de l’institut avait toujours un effet un peu vertigineux.

Il se demanda quelle pouvait être la pathologie exacte du garçon. Serait-il capable d’en guérir un jour ? Aeden était lui-même dans une situation délicate. Il avait, certes, un haut potentiel, mais ce n’était pas la raison première de sa venue à l’institut. Il était là avant tout pour une dépression causée par sa surdouance. Dépression qu’il était bien difficile de combattre dans un lieu qui ne laissait nullement lieu à son épanouissement. Et quand bien même la dépression s’était éloignée, ces résultats aux tests de QI que lui avait fait passer son docteur avait rallumés un regain pour son cas. Il ne quitterait pas l’institut avant la majorité. Sauf qu’il ne se voyait pas tenir une année de plus ici. Et rien ne lui assurait qu’on lui ficherait la paix une fois ces 18 ans. Tout ce qu’il savait, c’était que plus il restait à l’institut, plus il se sentait sombrer. L’aide d’Alexander l’avait sauvé mais juste pour un temps. De toute façon, tant qu’il ne serait pas parvenu à aider Lore, sa promesse le hanterait. Le roux lui tapa amicalement l’épaule du poing :

_On s’est peut-être croisé. Mais si c’était le cas, tu te serais souvenu de moi, non ? Je suis assez … atypique, dans le genre, ahah.

Aeden eut un large sourire. Il était vrai que le garçon était particulier. Mais il était vrai aussi qu’Aeden aurait pu rater un clown en plein spectacle au milieu de la cafeteria s’il avait été concentré sur quelque chose qui l’intéressait plus. Après tout, Aeden avait mis près d’un quart d’heure pour se rendre compte que Nevabriel avait les yeux vairons, et d’une couleur assez distinctive. Il était quand même souvent à côté de la plaque.

- Disons que c’est possible que non. Je ne suis pas très attentif comme gars.


Et comme il était loin d’être très différent des jeunes de son âge, Aeden devait se fondre dans la masse, resté relativement invisible. Il s’en était très vite rendu compte et si ça l’avait blessé un temps, c’était devenu une de ces forces. Et il en profitait pour se fondre dans le décor et qu’on lui fiche la paix. Sa différence psychologique était moins visible quand physiquement, il était pareil. Ca l’aurait étonné qu’en 9 mois, les deux garçons ne se soient jamais croisé ne fut ce qu’à la cafeteria, alors que tout le monde mangeait dans les mêmes tranches d’heures. Il était inutile d’insister cela dit. Le surdoué passa une nouvelle fois une main dans ses cheveux, cherchant un sujet de conversation à entamer avec l’écossais. Il ne voulait pas avoir une conversation sur leurs maladies respectives ou leurs médecins, comme celle que la plupart des patients semblaient avoir. Il tourna son regard vert vers le garçon, se fixant sur ses yeux :

- Ta famille vient te voir tous les mois ? C’est plutôt cool. Ils sont comment ?


Parler que quelque chose qui se passait en dehors de l’institut pouvait comporter un risque. Beaucoup de jeunes avaient des différents avec leurs familles, des problèmes à régler. Il espérait ne pas avoir taper dans quelque chose de douloureux.





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_On s’est peut-être croisé. Mais si c’était le cas, tu te serais souvenu de moi, non ? Je suis assez … atypique, dans le genre, ahah.

Au moins, cette phrase fit sourire son camarade. Aeden avait l’air assez bon public, il n’avait pas tiré la tête une seul fois depuis tout à l’heure. Le roux espérait qu’il ne se forçait pas pour le détendre. Ça serait bien embarrassant.

_Disons que c’est possible que non. Je ne suis pas très attentif comme gars.

Au moins ils étaient deux. Plus ou moins. Nevrabriel avait du mal avec sa mémoire et Aeden n’était pas très attentif. Mais dans les deux cas, ce n’était pas réellement leur faute. Cependant, le roux était légèrement déçu de n’avoir pas croisé Aeden plutôt car 9 mois sur une petite île, au bout d’un certain temps, tout le monde finissait par connaitre tout le monde. Sauf les rares cas où les patients avaient besoin de rester enfermé dans leur chambre.

_Ta famille vient te voir tous les mois ? C’est plutôt cool. Ils sont comment ?

Nevrabriel eut une petite moue involontaire. Ce n’était pas toute sa famille qui venait le voir, mais il était bien chanceux. Il savait que ce n’était pas tout le monde qui avait de la visite tout les mois. Certains n’en avait quasiment pas, seulement des appels. Et dans le pire des cas, des patients n’avaient ni visites, ni appels, comme si on les avait posé là pour s’en débarrasser. C’était affligeant.
Pour une fois, Nevrabriel réfléchit avant de parler, essayant de bien tourner sa phrase sans tomber dans un drama inutile.

_C’est plutôt ma grand-mère qui me rend visite, mes parents sont … hm … très occupé par leur travail. Mais rassure toi, je les ai parfois au téléphone.

« Parfois » pour ne pas dire « rarement ». Sur un mois, il devait bien leur parler à peine cinq minutes, sa mère encore moins que son père. Mais la mère Erskine était une femme trop fière et bien sévère pour offrir du temps à une personne qui n’en valait pas la peine. Même sa mère, la grand-mère de Nevrabriel, ne comprenait pas ce comportement à l’égard de son propre fils, mais soit. Au moins, elle lui parlait, ce n’était pas comme sa petite sœur dont il n’a plus entendu la voix depuis … très longtemps …
Chassant cela de ses pensées, le jeune homme préféra songer à cette merveilleuse femme qu’était sa grand-mère, et cela le fit sourire.

_Ma grand-mère elle est vraiment géniale. Je pense que c’est la personne que j’admire le plus dans ce monde. Elle ne rate jamais ni une visite, ni un appel. Elle est vraiment très amusante. Elle parle beaucoup avec ses mains et fais des grands gestes, dit le roux en l’imitant brièvement. Quand elle ne fait pas attention, ou quand elle est trop joyeuse ou énervée, elle se met à débiter en gaélique. Ça irrite un petit mon médecin, je crois. Mais ça me fait beaucoup rire. Elle fait souvent un drôle d’effets sur les jeunes de nos âges. On ne pourrait pas croire qu’elle a autant … d’énergie.

A ces derniers mots, Nevrabriel se souvint que pas plus tard que ce matin, la femme qui l’a élevé ne se sentait pas bien. Il pourrait bien avouer au brun que sa peur de perdre sa grand-mère était l’une des causes de sa grande fatigue actuelle, mais il ne connaissait pas bien Aeden, et même s’il apprendrait à le connaitre, il y avait des troubles qu’il ne désirait pas partager, pour le moment. Il n’était pas bien fort mentalement, mais refusait de partager une peine que personne ne pourra soulager.
L’écossais se massa une nouvelle fois les tempes, essayant d’oublier rapidement ses idées noires.

_Mais bon, les voyages sont fatiguant de l’Ecosse jusqu’ici. Les tiens aussi doivent faire pas mal de trajets entre la Suisse et le Golf, j’imagine. Ils viennent te voir souvent ?



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La moue de Nevabriel crispa légèrement Aeden. Il se dit que peut être, ce n’était pas le bon sujet de conversation. Il prit le temps de bien réfléchir à ce qu’il disait, temps que le surdoué lui accordait sans sourciller. Il était encore plus lent pour répondre que le roux, d’une manière générale.

_C’est plutôt ma grand-mère qui me rend visite, mes parents sont … hm … très occupé par leur travail. Mais rassure toi, je les ai parfois au téléphone


Les parents étaient-ils tous toujours trop occupé à travailler pour venir voir de temps en temps leurs enfants ? Pourquoi les avoir mis au monde alors ? Mais s’ils lui téléphonaient, ce n’était déjà pas si mal. Tout le monde ne pouvait pas se permettre de faire de long trajet tous les mois. Même si ce n’était pas tant demander s’ils habitaient en Ecosse comme le supposait le garçon. Le rouquin avait un regard pensif, lui aussi. Aeden aurait parié que ça avait un rapport avec l’absence de visite de ses parents mais il se tut. Il n’était clairement pas en droit de lui poser des questions déplacée sur ces relations familiales alors qu’il se connaissait depuis moins d’une heure. Un sourire vient cependant illuminé son visage lorsqu’il se mit à parler de sa grand-mère : [/b]

_Ma grand-mère elle est vraiment géniale. Je pense que c’est la personne que j’admire le plus dans ce monde. Elle ne rate jamais ni une visite, ni un appel. Elle est vraiment très amusante. Elle parle beaucoup avec ses mains et fais des grands gestes, dit le roux en l’imitant brièvement. Quand elle ne fait pas attention, ou quand elle est trop joyeuse ou énervée, elle se met à débiter en gaélique. Ça irrite un petit peu mon médecin, je crois. Mais ça me fait beaucoup rire. Elle fait souvent un drôle d’effets sur les jeunes de nos âges. On ne pourrait pas croire qu’elle a autant … d’énergie.[/b]

Un large sourire s’affichait aussi sur le visage d’Aeden au fur et à mesure qu’il lui parlait, impossible de ne pas profiter de cette joie communicative. Le surdoué pouvait deviner le lien fort qui les unissait. Un lien si fort lui laissait aussi comprendre que les parents de Nevabriel n’avaient pas du beaucoup s’en occuper. Le rouquin se massait à nouveau les tempes, rappelant à Aeden qu’il avait failli le laisser seul dans le couloir un peu plus tôt.

_Mais bon, les voyages sont fatiguant de l’Ecosse jusqu’ici. Les tiens aussi doivent faire pas mal de trajets entre la Suisse et le Golf, j’imagine. Ils viennent te voir souvent ?


Le surdoué baissa le regard et s’aperçut que son lacet était défait. Il releva les yeux vers Nevabriel. C’était une question facile. Elle ne demandait pas beaucoup d’effort au garçon qui parvient à répondre sans trop se creuser la tête :  

- Oui, ils viennent souvent. Ils sont même venus deux fois le premier mois.


Ne rajouta pas ce qu’il pensait tout bas «  pour se donner bonne conscience ». Aeden ne pouvait pas se plaindre d’avoir de mauvais parents. Les siens se souciaient sincèrement de lui. Il était cependant facile de lire ce qui causait ce souci. Ils auraient préférés avoir un enfant comme eux. Assez sociable, un peu comme toute le monde. Qui aurait eu son bac, un diplôme, qui aurait travaillé, qui se serait marier et aurait eu des enfants. C’était ce que lui-même avait prévu. Le plan de base. Il avait toujours fait ce que l’on attendait de lui. Mais il n’était pas dupe. Depuis qu’il avait été transféré ici, ils se sentaient à mille lieux de ce que ces parents avaient espérés.

Tout ce qu’il pouvait encore faire, c’était leur sourire et leurs balancer une série de mot creux pour les rassurer. Et plus le temps passait, plus cela devenait difficile. Et plus il se surprenait à se dire que si ces parents voulaient ouvrir les yeux, ils l’auraient fait bien avant. Aeden était un piètre menteur. Mais il ne pouvait pas leurs en vouloir. Ils faisaient ce qu’il pouvait. Ce n’était pas leur faute si le surdoué ne parvenait plus à s’acclimater à sa vie toute tracée. S’il ne parvenait pas à suivre cette voie factice. Pas la peine de s’apitoyer sur son sort cela dit, il était dans une situation bien moins pire que celle d’une majorité des gosses de l’institut. Il lança un sourire à Nevabriel, et lança, essayant de teinter sa voix d’humour :

- Ils sont aussi distraits que moi, ils oublient souvent de ramener des livres.





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_Mais bon, les voyages sont fatiguant de l’Ecosse jusqu’ici. Les tiens aussi doivent faire pas mal de trajets entre la Suisse et le Golf, j’imagine. Ils viennent te voir souvent ?

Le regard d’Aeden se balada entre sa chaussure et le rouquin. L’écossais l’imita inconscient, ne remarquant pas vraiment que le lacet du brun était défait. Son attention était concentré sur son camarade à ses cotés.

_Oui, ils viennent souvent. Ils sont même venus deux fois le premier mois.

C’était plutôt une bonne chose. Nevrabriel lui trouverait de la chance, mais était déjà satisfait de ce qu’il avait, il n’en demandait pas plus. Il n’était pas certain d’avoir des choses à raconter à ses parents s’ils devaient un jour le visiter. Peut-être parler de musique avec son père, lui montrer qu’il n’avait pas perdu de ses capacités au violon, le rendre un minimum fier de son fils. Il pourrait lui parler des symphonies qu’il écrivait, qu’il aurait aimé jouer avec sa sœur. Peut-être, oui, aurait-il de la conversation avec son père. Mais il ne pourrait pas lui parler des amis qu’ils s’étaient fait, des étoiles à la nuit tombés, des nuages de milles couleurs lorsque le jour et la nuit s’affrontait dans le ciel. Il ne pourrait pas non plus lui parler de ces livres que sa grand-mère lui apporter, débattre dessus, s’extasier sur une histoire plus qu’une autre. Non, ça, son père ne voyait pas l’intérêt.
Et sa mère … que pouvait-il échanger avec sa mère ? Cette femme au regard ambré comme ceux d’un félin prêt à bondir sur sa proie, son regard singulier, sévère, la rendait magnifique mais avait également le don de faire peur. Même si cette femme était sa mère, il n’avait absolument rien à lui dire, aucun point commun, rien. C’était bien dommage.

_ Ils sont aussi distraits que moi, ils oublient souvent de ramener des livres.

Nevrabriel se mit une nouvelle fois à rire. Il se mit à imaginer une famille très maladroite, le genre à oublié de fermer la maison en partant en vacances, ou cherchant leur clés au fond de leur poches. C’était surement exagéré, ils n’étaient pas aussi distrais que ça, mais cette vision faisait bien rire le roux.
L’écossais eut un grand sourire pour son camarade avant d’affirmer :

_Je te prêterais les miens dans ce cas.

Se sentant mieux, Nevrabriel posa sa main à terre et essaya de se relever. Il lui fallait un certain effort, mais il réussit. Maintenant debout,  il resta cependant collé au mur, le temps que ses jambes se réveille totalement. Il se pencha, les mains posées sur ses genoux, essayant de retrouver sa motricité. Puis, il se redressa, faisant bonne figure devant Aeden.

Heureusement les mots de l’écossais ne traversèrent pas sa pensée ou il allait affirmer au brun qu'il serait ravi d'être son ami. Il était bien heureux d'avoir rencontré le Suisse, et bien heureux que ce soit lui qui ait pris la peine de lui rapporter son violon. Avec un grigri de mademoiselle Dessanges en porte clé, il aurait été doublement peiné par la perte de son bien.
Nevrabriel tendit amicalement sa main à son camarade pour l'aider à se relever.

_Mes visites sont tout les 10 du mois. Ça te laisse quelques jours pour en lire au moins un.



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Le rire de l’écossais faisait du bien à Aeden. Avoir une conversation plutôt banale, dans un couloir, ça le changeait. C’était reposant. Il c’était déjà dit qu’il devait aller voir Alexander mais n’en avait pas trouvé le courage. Pas encore. Nevabriel avait un effet apaisant sur le garçon. C’était différent de sa rencontre agité avec Dante. Là, il était passé par toutes les émotions.

_Je te prêterais les miens dans ce cas.

Sa gentillesse le toucha et il sourit aussi. Nevabriel se releva péniblement, s’appuyant sur le mur pour s’aider. Aeden se demanda à nouveau quelle était l’exacte nature de sa maladie. Il restait curieux, comme toujours. Lorsqu’il eut fini de se relever il tendit une main au surdoué. Ce n’était pas du tout raisonnable, sachant qu’il venait d’avoir un genre de malaise. Pour éviter de refuser sa main, il l’a pris mais s’appliqua à ne pas y mettre de vraie pression. Il tira ensuite sur son t-shirt qui s’était un peu plissé.

_Mes visites sont tous les 10 du mois. Ça te laisse quelques jours pour en lire au moins un.


Aeden continuait de sourire. Décidemment, il était vraiment sympa. Il baissa les yeux vers son lacet défait. Il aurait dû profiter d’être assis pour le refaire. Tant pis, il n’aurait qu’à s’en occuper plus tard.

- Merci, ça occupera mes journées.


Il n’y avait rien à faire mais le temps semblait long à l’institut, encore plus depuis qu’il avait échoué à faire évader Lore. Tout un temps, ils discutaient Alexander et lui de la façon de faire, d’autres choses encore. Maintenant que c’était fini, il était retombé dans l’ennui. Et les remords. Il indiqua du doigt la mallette du rouquin, incapable de laisser sa curiosité de côté plus longtemps :

- Y a quoi là-dedans ? Enfin… si ce n’est pas trop indiscret.


Lui non plus ne voulait pas se fourrer dans les affaires de Nevabriel, mais il se demandait ce que cette mallette avait de si précieux. Contenait-elle un objet d’enfance ? Un livre ? Un kit de dessin ?





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_ Mes visites sont tout les 10 du mois. Ça te laisse quelques jours pour en lire au moins un.

Aeden souriait. Ne sachant pas pourquoi, le roux le sentit … détendu, comparé à tout à l’heure. Certainement que le fait de voir un mec qui luttait pour rester conscient n’était pas une chose facile. Il ne savait pas trop quelle impression il avait donné à son camarade, bien qu’il se doutait que ce n’était pas une impression agréable.

_ Merci, ça occupera mes journées.

Il fallait au moins ça. Comme il lavait dit tout à l’heure, il n’y avait pas grand-chose à faire sur l’île, il fallait s’occupait comme ils pouvaient et gérer au mieux sa pathologie.
Aeden finit par pointer la mallette du jeune homme qu’il avait pris dans sa main en se levant. Nevrabriel suivit innocemment le mouvement du geste de son camarade avant de reporter son regard vers celui du brun.

_ Y a quoi là-dedans ? Enfin… si ce n’est pas trop indiscret.

Nevrabriel eut un sourire moqueur. Lui même étant d’une curiosité maladive, savait très bien ce que pouvait ressentir son camarade à tant de mystère. La mallette était petite, mais assez grande pour contenir tant de choses. Assez de place qui pourrait faire travailler l’esprit d’autrui.

_Un-se-cret.

Ça allait attiser sa curiosité alors qu’il n’y avait rien de bien mystérieux. Après tout, ils étaient bien surveiller, le roux aurait eut du mal à cacher quelque chose d’hors norme, dans une mallette en bandoulière.
Nevrabriel se mit à rire doucement. Loin de lui l’idée de se moquer d’Aeden, mais il se sentait tout de même le droit de rire un peu, non ?

_En vérité c’est simplement un étui à violon.

Nevrabriel mit son objet à l’horizontal et l’ouvrit par la fermeture éclaire où se trouvait un renard en tricot, pour montrer à son camarade qu’il ne mentait pas.
Le violon se mit presque à lui par la lumière qui traversait les fenêtres et venait frapper le bois vernis. Le roux en prenait tellement soin que l’objet semblait neuf, bien que l’absence d’odeur du bois vernis et le manque de brillance sur l’arc indiquaient qu’il ne l’était pas vraiment.
Après quelques instants, l’écossais referma son étui pour maintenir l’objet en sureté et le mit en bandoulière à son épaule pour être certain de ne pas l’oublier dans le couloir, en se détachant du mur. Ses jambes étaient encore un peu faible, mais assez pour qu’il puisse marcher.

_Tu me suis ? Je suis dans l’aile X, tu pourras choisir ce que tu veux dans mes bouquins, tant que tu mes les rends avant de 10 avril, évidemment.

Le roux accompagna ses paroles d’un sourire en commençant à marcher lentement vers l’aile X.



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Aeden n’eut pas le moindre doute sur la note d’humour qui avait pointé dans la voix de Nevbariel. Un « secret ». Il rigola de bon cœur avec le garçon. Mais eu tout de même un moment d’hésitation. Il allait lui dire ? Il n’allait pas juste détourner la conversation avec humour, comme le faisait une tonne de gens, dont lui-même faisait partie. Il se serait sentit plumé de rire et de ne pas avoir de réponse. Heureusement pour lui, le rouquin la lui donna finalement.

_En vérité c’est simplement un étui à violon.

Le surdoué se rendit compte qu’il aurait préféré le deviner lui-même. Il aurait pu s’il avait fait un peu d’effort de déduction. Mais il ne faisait pas beaucoup d’effort ces derniers temps. Il ouvrit la pochette, laissant l’instrument s’inonder de la lumière des fenêtres. Aeden était loin d’être un expert en musique, il n’en avait en faites jamais joué, mais il reconnaissait toute la beauté qu’elle procurait. Et il n’avait pas de doute sur le soin avec lequel Nevabriel manipulait l’objet. Les violons étaient précieux. Et fragile. Il regarda l’instrument, se demandant si, dans une autre vie, il aurait pu apprendre à jouer de la musique. Lui son truc c’était plus le rythme. Les batteries, ou les tambours, ou les djembés, il aurait bien testé. Mais il n’avait jamais touché à aucun de ses objets. Se demanda s’il le ferait un jour.
Il referma l’étui, tirant le garçon de ses divagations. Il le passa par-dessus sa tête pour le poser en bandoulière. Au moins, cette fois-ci, il ne risquait pas de partir sans.

_Tu me suis ? Je suis dans l’aile X, tu pourras choisir ce que tu veux dans mes bouquins, tant que tu me les rends avant de 10 avril, évidemment.


Il hocha la tête et emboita le pas du garçon. Il était content d’avoir parlé livre avec lui. Ça lui faisait une excuse pour le raccompagner jusqu’à sa chambre. S’assurer qu’il y arrive sans qu’une autre hallucination ou qu’un autre malaise ne le bouscule. Sans vraiment s’en rendre compte, une nouvelle fois, le surdoué se sentait concerné. Trop concerné. Cinq ans… Qu’avait-il réellement ? Est-ce que l’institut prenait la peine de le soigner ? Il chassa ses pensées. Il ne devait pas s’impliquer. Pas plus que ça. Il se voyait mal marcher en silence jusqu’à la chambre du garçon, et il souhaitait en apprendre plus, aussi lui adressa-t-il une question :

- Tu joues du violon depuis longtemps ?





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La marche de Nevrabriel était lente, comme s’il trainait son propre corps.
Il trainait son propre corps.
Mais plus il marchait, plus il s’habituait à cela et retrouvait le contrôle complet de ses jambes. Le roux était tout de même bien soulagé que sa crise ne fut que de « courte durée » et qu’elle était complètement terminé, pour aujourd’hui du moins.
Aeden brisa vite le silence. Heureusement, le rouquin se serait trouvé très bavard et envahissant à toujours trop parler.

_ Tu joues du violon depuis longtemps ?

Légitime, une personne qui joue un instrument de musique à l’Institut, il ne devait pas y en avoir beaucoup. Tout le monde était abonné aux livres, quelques uns aux dessins, mais même ceux qui faisaient de la musique avant de venir ici avait du mal à obtenir un instrument. Un piano, une harpe par exemple, étaient des instruments personnels intransportables.

Il faudrait vraiment songer à demander à Donatien une salle avec un piano … ou demander à mademoiselle Dessanges de demander à Donatien un piano ? … Non, dans tout les cas, ce n’était pas forcement une bonne idée. Où est-ce qu’il le mettrait ce fichu piano, d’ailleurs ?
En y pensant, si Donatien voulait vraiment faire cette faveur, il l’aurait fait depuis longtemps, puisse qu’il savait pertinemment que le roux avait un penchant prononcer pour la musique et ce magnifique instrument au clavier bicolore.

Nevrabriel acquiesça avec le sourire avant de répondre :

_Je fais du violon depuis que j'ai cinq ans. J'aurais vingt ans cette année, je te laisse imaginer. Mais en venant ici j'ai du choisir une passion et comme un idiot j'ai préféré la lecture en me disant que je passerais plus le temps avec ça. Je dis comme un idiot parce que ça m’a dite manqué. On n’a pas vraiment de quoi écouter de la musique, tu vois ce que je veux dire ?

Le jeune homme laissa quelques secondes de silence planer, laissant Aeden comprendre tout ce qu’il venait de dire. Il savait bien que le brun n’était pas stupide, mais parler sans fin était un bon moyen de perdre un interlocuteur.
Le rouquin était plutôt fier, il semblait s’améliorer par rapport à ses tirades sans fin lorsque sa timidité prenait le pas sur lui.

_Finalement ma grand-mère a pu négocier avec mon médecin que je puisse avoir cet instrument et que je serais limiter à 10 livres par mois. Enfin négocier … elle ne lui a pas vraiment laissé le choix, elle a du lui en parler à chaque visite pendant des mois avec que cela ne se fasse. Heureusement, il s’est montré patient. J'ai beaucoup de chance, je trouve.

Nevrabriel ne savait pas si tous les patients étaient assez restreints comme lui, moins que lui, plus que lui ?
Parfois, il se disait que ce n’était pas facile d’être le patient du médecin en chef, et parfois, il se trouvait bien chanceux, pour de simple petite chose, comme avec ce violon.

_Et toi ? Tu sais jouer d’un instrument ? Ou t’as une passion à par la lecture ? Sans même parler de passion, un truc que tu affectionnes particulièrement ?



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_Je fais du violon depuis que j'ai cinq ans. J'aurais vingt ans cette année, je te laisse imaginer. Mais en venant ici j'ai du choisir une passion et comme un idiot j'ai préféré la lecture en me disant que je passerais plus le temps avec ça. Je dis comme un idiot parce que ça m’a vite manqué. On n’a pas vraiment de quoi écouter de la musique, tu vois ce que je veux dire ?

Aeden ne savait pas qu’il était nécessaire de « choisir » une passion. La question ne s’était pas vraiment poser dans son cas. Mais il comprenait le principe. Se demanda en quoi limiter le nombre de passion d’un patient pouvait avoir un impact positif sur sa maladie. Ne pouvait s’empêcher de se dire que l’institut lui paraissait de moins en moins cohérent. Il acquiesça positivement pour signifier qu’il comprenait. Il avait acquis de quoi écouter de la musique cependant. A force de patiente, et de ce que l’on aurait pu appeler un trafic entre patient. Il était parvenu à subtiliser quelques cigarettes à un garde et les avaient échangés contre un mp3. Enfin pas vraiment subtiliser puisqu’il les avait gagnés. Comme quoi, apprendre à compter les cartes, ça avait de réel avantage.

_Finalement ma grand-mère a pu négocier avec mon médecin que je puisse avoir cet instrument et que je serais limiter à 10 livres par mois. Enfin négocier … elle ne lui a pas vraiment laissé le choix, elle a du lui en parler à chaque visite pendant des mois avec que cela ne se fasse. Heureusement, il s’est montré patient. J'ai beaucoup de chance, je trouve.


Il eut un sourire. Sa grand-mère avait vraiment l’air d’être un phénomène. Mais c’était bien. Il avait quelqu’un sur qui il pouvait vraiment compter. Il se racla la gorge, un peu asséchée.

_Et toi ? Tu sais jouer d’un instrument ? Ou t’as une passion à par la lecture ? Sans même parler de passion, un truc que tu affectionnes particulièrement ?


Aeden réfléchit. Ne parvient pas à se mettre d’accord. En réalité, il n’avait pas de passion en particulier. Il aimait un peu tout et rien. Il n’était doué en rien, mais tentait tout. Il se passionnait parfois pour une chose avec une intensité folle pendant quelques semaines ou mois, puis s’en désintéressait totalement. Ils montèrent une volée de marche, dont le surdoué profita pour réfléchir.

- J’aime bien… disons… me documenter.


Ok. Honnêtement, qui disait ça ? Ca faisait vraiment bizarre. Mais il n’avait pas trouvé comment le tourner autrement. En même temps, à part lui, ça ne devait pas amuser grand monde. Il ajouta pour essayer de donner un meilleur sens à sa phrase :

- Sur un peu de tout. Mais j’ai pas de vraie passion.


C’était pas beaucoup mieux. Il se mordilla l’intérieur de la joue. Au moins, il avait su dire quelque chose. Les passions, les métiers, tous ces sujets-là étaient trop restrictifs pour le surdoué. Il aspirait à plus de liberté. Moins de catégorisation. Mais c’était des sujets universels. Qui fonctionnait merveilleusement bien et qui permettait d’alimenter à peu près toutes les conversations. Alors, par faciliter ou par paresse, Aeden les utilisait souvent. Il pensa à voix haute, avec un haussement d’épaule :

- Au moins ça m’évite de les regretter ici.






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_Et toi ? Tu sais jouer d’un instrument ? Ou t’as une passion à par la lecture ? Sans même parler de passion, un truc que tu affectionnes particulièrement ?

Cette question semblait prendre le brun par tout le cerveau puisse qu’il réfléchit un moment. Pour Nevrabriel c’était certes une évidence, mais ça ne l’était pas forcement pour tout le monde. Ils restaient des adolescents coupés du monde. Si Aeden était autrefois un geek en puissance, ultra connecté, il avait certainement perdu son principal centre d’intérêt. Bien que le brun ne ressemblait absolument pas à un fan de jeu vidéo collé sur un écran, mais il ne fallait jamais se fier aux apparences.

_J’aime bien… disons… me documenter.

Se documenter ? Etrangement, l’écossais avait l’impression d’avoir déjà entendu ce genre de chose. « se documenter », « apprendre », étaient des termes qui lui parlaient. Et bien que ça puisse paraitre un peu bateau comme centre d’intérêt, le roux trouvait ça très intéressant. Ça voulait dire s’intéresser à tout, vouloir tout s’avoir, curieux pour tout, un vouloir contant d’avancer. C’était vraiment beau. Peut-être que c’était seulement son point de vue, mais personne ne pourrait le lui retirer.

_Sur un peu de tout. Mais j’ai pas de vraie passion.

C’était amusant, il était un peu comme Ulysse en fait.
Ah ! C’était pour ça que cette phrase lui rappelait quelque chose !
Nevrabriel se mit à réfléchir. Il y avait vraiment peu de personne qui disait aimer « apprendre ». Généralement les jeunes, les adolescents surtout, faisait tout sauf apprendre, le sport, la musique, être entouré de ses potes, les jeux vidéo, s’il y avait des jeux vidéo ici. Dans ce cas, es-ce qu’Aeden serait un peu comme son voisin de chambre ? Est-ce qu’il était à l’Institut parce qu’il avait le QI d’Einstein ? En tout cas, il était plus bavard que le blond, et plus expressif. Mais c’était étrange qu’il puisse à la fois extrêmement intelligent et maladroit à la fois … quoique non, ce n’était pas si étrange que ça, personne n’était parfait.

_Au moins ça m’évite de les regretter ici.

Au moins. Il n’avait pas tord. S’il devait ressentir le manque de quelque chose qu’il affectionnait particulièrement et en être privé, c’était un sentiment que le roux ne souhait à personne.
Mais bien que Nevrabriel se soit fait tout une suite logique dans sa tête, il devait être certain de ses questionnements, et de toute façon, il avait une curiosité digne des enfants de bas age, une curiosité qui devait absolument être assouvis.

_Dis moi … tu ne serais pas genre … surdoué ?

Manque de tact …
Le roux exprima un « euuh », montrant qu’il voulait expliquer plus clairement sa phrase mais il n’avait pas prit le temps de réfléchir et du mettre quelque secondes avant de formuler quelque chose de cohérent.

_Mon voisin de chambre a un QI très, très, très élevé et il m’a répondu une chose similaire à la tienne. Si je me souviens bien il m’avait dis … qu’il aimait « apprendre ». Après c'est juste une question, ne le prend surtout pas mal, hein.



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