Evénement ♫ 4

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Fondateur
Ven 18 Mai - 17:23
ft. ......;...........;;;;.....;;;...;;.;;;.
...

⠨⠉'⠑⠎⠞ ⠇⠑ ⠙⠿⠃⠥⠞ ⠙⠑ ⠇⠨⠑⠝⠋⠑⠗ ?

C’est donc vraiment si terrible…

Elle opina. Et dire qu'elle était spectatrice d'un tel drame. Si seulement elle avait des jambes fonctionnelles... Mais elle avait vite compris que ce serait toujours un rêve. Jamais elle ne pourrait marcher comme elle l'aurait voulu. Elle avait été prise dans les filets du médecin en chef, et il ne la laisserait jamais partir.

Elle sentit soudainement qu'on décidait du chemin qu'elle allait prendre, comme d'habitude. Or, cela risquait d'être une belle destinée puisque c'était Agnès Dessanges qui avait pris le fauteuil. Adèlys fut soulagée... L'espace d'un instant. Au moment où elle planta les trois patients de Donatien Elpida face à lui, elle prit soudainement peur. Elle avait confiance en Agnès, mais c'était une situation à laquelle elle n'était pas habituée.
Surtout lorsqu'elle entendit les paroles de la secrétaire. Elle redoutait la réaction de son médecin. Ce n'était pas comme si Agnès demandait son reste : elle partit aussi vite qu'elle était arrivée. Adèlys inspira puis se dit que ce n'était pas si mal. Après tout, elle n'aurait plus à regarder cette pièce de théâtre absurde.

Elle s'apprêta à remercier Agnès quand elle entendit la voix glaciale de son médecin et déchanta. Elle regarda par dessus son épaule et vit le regard qu'il leur lançait. Elle resta figée sur place. Et dire qu'elle devrait lui obéir...
Elle prit la main d'Agnès dans un geste reconnaissant et lui lança un sourire quelque peu triste, puis s'adressa à son médecin :

- Il est vrai que je ne souhaite pas vraiment assister à une telle scène, mais je ne compte pas vous décevoir monsieur. Je vais rester avec vous, bien entendu. Dit-elle le plus naturellement du monde.

Elle lâcha la main d'Agnès puis s'installa de nouveau aux côtés de Donatien Elpida. Elle lança un dernier regard à sa secrétaire et la remercia silencieusement.

Et c'était de retour pour observer cette scène puérile. Tant d'humiliations... La punition était trop sévère pour si peu. Enfin, ce n'était pas comme si Loreleï s'aidait. Elle cherchait clairement à énerver Ange Barrabil. Elle savait qu'en se montrant insolente elle...

C'était un coup de feu ?!
Adèlys écarquilla les yeux en entendant un tel bruit sourd. Elle déglutit, espérant que ça n'avait pas atteint Loreleï et que c'était un tir à blanc. Qu'il n'y avait pas de balles... Mais du sang commençait à s'écouler le long de des jambes de Loreleï et à s'écraser sur le sol.
Elle se mit à hurler tout en se levant de son fauteuil. Ses bras s'étaient redressés sur ses accoudoirs, cependant elle tomba vers l'avant, incapable de tenir sur ses jambes. Les larmes commencèrent à couler le long de ses joues alors qu'elle recommençait à hurler. C'était tout ce qu'elle fit : hurler. Hurler tout ce qu'elle avait enduré toutes ces années, hurler tout ce qu'elle avait enfoui au fond d'elle, hurler pour elle. Elle criait et ne s'arrêtait pas. Elle devait avoir l'air d'un démon qui se tortillait sur le sol, à se détruire les cordes vocales le tout en pleurant.

Elle voulut rejoindre Alexander qui n'avait pas hésité à sauter sur l'estrade pour aider sa sœur.
Elle hoqueta entre deux sanglots, et posa un regard sur son médecin. Un regard ni mauvais, ni bon. Un regard vide. Un regard qu'elle espérait qu'il n'oublierait jamais.


Je pense qu'on devrait tous s'allier...
On devrait tous avoir confiance en nos propres capacités. Si on unie nos forces, tout est possible et peut-être qu'on pourra enfin sortir de cet enfer... by lizzou.
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Y89
Ven 18 Mai - 18:24
La Grande Punition de Loreleï HexeDante contre l'InstitutJe regardais la scène depuis le début, silencieux malgré tout, une exécution, j'en avais déjà fait, montrer l'exemple, faire comprendre aux gens qui ils sont, où est leur place, mais ça ne marche que si on est sûr d'être le plus fort, une fois qu'on l'a prouvé, mais là... Cette institut ne pouvait pas marcher, construite sur des bases perverses et viles, elle représentait l'Enfer, mais le BigBoss n'avait pas accepté qu'on prenne sont univers pour le déplacer, il se prenait pour Dieu, alors qu'il n'était rien. Lors d'une exécution, il y a toujours des gens qui ne veulent pas voir ça, détournant le visage ou un sentiment de peur, ou d'impuissance, je suis toujours allé voir les gars qui avait ce sentiment après mes exécutions, mais ici, on ne pouvait compter que sur nous même, les patients, Aeden faisait parti de ces personnes, étant là contre leur grès, forcé par quelque chose qu'on ne peut comprendre, il essayait de fuir, c'est normal mais... C'est comme s'Il m'avait ordonné de la faire, le je prit par le bras avec de mettre un genou à terre et de le prendre dans mes bras, le serrant fort contre moi, le visage froid et fermé, je pensais... Je ne connaissais rien de lui, et je ne voulais connaitre rien de personne, je suis un destructeur et je le resterai, ma destination a toujours été l'enfer, mais maintenant qui j'y suis, j'ai envie d'y faire sortir tout le monde afin de pouvoir y être seul, peut-être ?...

"ça va aller Aeden, je suis là, je serai toujours là Aeden, d'accord ?"

Il avait tiré, il avait le cran de tiré, pour ça, je ne peux que le respecter, mais est-ce que la culpabilité aura raison de lui ? SI oui, il n'est rien d'autre qu'un faible, incapable d'assumé ses choix et ses actes, mais quelque chose clochait... On dirait que cette gamine voulait qu'il fasse ça, voulait qu'il la tue... Pourquoi avoir fait ça ? Pourquoi avoir fait alors qu'elle comptait tellement pour Aeden ? Et c'est quand j'ai regardé cet homme que j'ai comprit, cet homme regardant son œuvre, me relevant, gardant Aeden près de moi, je le regardait droit dans les yeux, un sourire aux lèvres, disant à voix basse afin qu'Aeden puisse entendre :

"Il est déjà mort, il c'est tué tout seul"

Haussant la voix afin que ma voix soit audible jusqu'à l’estrade, je disais ça naturellement, sans prétention, provocation ni même colère dans la voix, seul mon sourire restait sur mes lèvres.

"Tu sais Aeden, qu'importe ce que tu fais pour essayer de te convaincre, Il ne regarde pas pourquoi tu as fais ça, mais si tu l'as fait, ainsi, on ne peut pas échapper à la réalité, on ne peut pas échapper au fait d'avoir tué une personne, d'avoir prit la vie d'autrui, d'avoir volé, cette vie."
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W100
Ven 18 Mai - 23:30

La grande sanctionfeat.  

Tendue, les yeux fixés sur mes compagnons je me retenais au bord de la chaise. Je ne savais pas si je souhaitais qu’ils aient plus de cran que moi en partant ou si je souhaitais qu’eux aussi achètent la paix en revenant s’assoir.
Ma prise se relâcha un peu en voyant la chaise roulante et sa jeune propriétaire revenir, c’était sans doute mieux ainsi. Un mauvais moment à passer puis je pourrais regagner ma chambre, aller me laver et dormir, oublier cet événement perturbant.

Les yeux fixés sur les deux acteurs de cette pièce morbide, je ne portais plus attention aux gens près de moi, je ne savais d’ailleurs pas ce que Nev avait décidé. Je devais regarder, attendre et puis je pourrai repartir.

Le bruit sourd qui retentit sous la pluie me laissa perplexe l’espace d’un instant. Mais que… l’objet métallisé tenu par Monsieur Barrabil, s’était…
Suivant sans y réfléchir la pointe de l'arme, je vis à son bout la petite fille, mon cerveau ne captait pas. C’était impossible, j’avais mal entendu, oui c’était ça, beaucoup d’émotion, de la fatigue, de la pluie, oui j’avais dû me tromper.

S’est seulement quand de grosses larmes écarlates s’écrasèrent sur le sol en même temps que le corps de l’enfant que je compris. Mon corps en entier tremblait, me tenir à mon banc me semblait vital si je ne voulais pas m’écraser. Sans réussir à m’en détourner, j’observais la vie quitter la patiente, le Docteur se faire bousculer par un patient inconnu. Puis, comme une grande claque de la part de la réalité, des cris, Non, des hurlements me réveillaient. Je tournais la tête si vite que mes mèches fouettèrent mon visage. La jeune fille aux cheveux noirs était sur le sol hurlant et pleurant.

Non-non-non

Ce n’était pas vrai, rien ne s’était passé, les cris de la petite aux jambes mortes me brûlaient.

Silence, silence, je t’en prie je n’en peux plus, ne cris pas, il n’y a rien, rien rien rien, arrêtes s’il te plaît. Ne rend pas sa réel.
Un morceau du plastique de la chaise me blessa, je portais le morceau à ma vue, sans comprendre. Ma main toujours crispée tenant le débris. J’avais dû serrer le rebord trop fort pour qu’il se brise.
Le vacarme dans ma tête m’empêchait de réfléchir, désorganisant les battements de mon coeur, l’éclat de chaise glissa à mes pieds. Me repliant sur mes genoux je pressais maintenant mes paumes sur mes oreilles, les yeux fermés.





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W81
Dim 20 Mai - 21:46
Les bras d’Hyppolite étaient chauds et réconfortants. Elle avait l’impression d’y être en sécurité. Apaisée, elle posa la tête sur son torse. Les yeux clos, elle savourait cet instant hors du temps. Elle se sentait si bien. Jamais elle n’avait ressenti ça.

Puis il eut la déflagration qui électrisa l’air. Ils se séparèrent, se tournant vers la fenêtre. Elle ouvrit la bouche et la referma stupidement. Incapable de savoir comment elle était censée réagir. Elle se souvenait des anges. Ceux qui regardaient sans voir. Elle avait les yeux fixés sur le médecin qui ne bougeait plus. Comme figé. Pauvre homme. Lui revient le regard d’Agnès. Comme un coup de poignard. Elle se détourna de la fenêtre. Son visage se ferma aussi soudainement qu’il ne s’était déformé. Ce n’était rien.

L’illusion ne dura pas longtemps. Son joli visage se fissurait. Elle regarda Hyppolite, cherchant dans ses yeux du réconfort. Il semblait tout aussi hébété.

- Désolé, mais je ne pense pas qu'on devrait rester ici. Je ferais mieux de rejoindre Agnès.

Et qui allait le rejoindre ? Le médecin sur la scène. Elle plissa les yeux à la fenêtre. Il y avait dans son regard quelque chose qui fit frissonner la patiente. Il avait besoin d’aide lui aussi. Qui le ferait ?


- Tu me suis ?


Katerina se contenta de hocher la tête, incapable de prononcer le moindre mot. Elle ne pouvait que se souvenir du sang sur un livre. D’Andrei. Elle attrapa la main d’Hyppolite alors qu’il allait bifurquer dans la mauvaise direction, autant pour se rassurer que pour le guider dans le dédalles des couloirs. Ce contact ne l’apaisa pas, mais elle se sentit plus forte. Un peu. Juste assez pour rejoindre la scène à laquelle il venait d’assister.

Grâce à Hyppolite, Katerina put passer la barrière qui séparait le personnel des patients et se retrouva au plus près du drame. Un jeune garçon était monté sur scène et tenait la fille qui s’était fait tiré dessus dans les bras. Il régnait autour de l’estrade un désordre sans nom. Il y avait aussi le médecin. Katerina le regarda, sans savoir comment l’aider. Elle aurait voulu pouvoir y faire quelque chose. Mais il était trop tard. Lui aussi vivrait dans un monde gris.

Puis elle aperçut Agnès. Agnès qui n’avait pas bougé. Agnès, qui semblait pétrifiée sur place, sous le choc. Elle lâcha Hyppolite et se précipita vers elle, en un mouvement de course qu’elle n’aurait jamais pensé accomplir dans sa vie. Elle ralentit un peu à l’approche d’Agnès. Elle ne savait pas si son geste serait bien accueilli par la secrétaire. Son regard était bien différent de celui plein de rage, mais de vie, qu’elle avait entraperçut plus tôt. Il avait perdu quelque chose. Et cela rendait la russe étrangement triste. C’est ce qui la décida, et ses bras menus se refermèrent sur Agnès. Son petit corps ne devait pas avoir grand-chose de réconfortant, mais elle n’aurait pas pu faire grand-chose d’autre.
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Z 01
Lun 21 Mai - 16:34
C'était très étrange comme sensation. A quel moment Loreleï s'était-elle retrouvée allongée sur l'estrade ? Il y avait eu quoi entre le moment où elle avait volontairement provoqué le médecin, et celui où elle tombait sur le dos ?
Elle perdait ses sens. Sa vue était brouillée, plus floue que d'ordinaire. Quelques tâches noires la rendait partiellement aveugle. Elle voyait pourtant ce qui se passait autour. Elle voyait la pluie lui tomber sur le visage. Elle distinguait des couleurs, des contours, des formes, mais c'était comme si elle n'arrivait pas à les assimiler.
Elle était presque sourde aussi. A nouveau, les sons lointains lui parvenaient et l'averse qui claquait contre le bois de l'estrade l'atteignait sans qu'elle puisse pour autant faire des connexions.
Et enfin, son corps était si engourdi qu'elle ne le maîtrisait plus. Entre sa poitrine et ses cuisses, c'était comme si il n'y avait plus rien. Juste un trou. Comme si ces parties de son corps de lui appartenaient plus. Elle tenta vainement de remuer un doigt, un orteil. Elle avait perdu le contrôle.
La situation lui échappait totalement. Elle comprenait ce qui se passait sans réussir à l'admettre.
Voilà, elle avait suffisamment provoqué le docteur. L'institut ne commettait pas de meurtres, sinon il n'y aurait pas eu cet asile. Maintenant qu'il y en avait eu un publiquement, comment les choses allaient-elles bouger ?
Loreleï avait toujours su au fond d'elle qu'elle ne ferait pas long feu. Sa pathologie qui l'empêchait de ressentir la douleur, et donc de la prévenir du danger, l'avait toujours mise dans des situations à risques. Combinée à son tempérament impulsif, il était évident qu'elle tomberait rapidement.
C'est alors qu'elle vit la silhouette du docteur. Est-ce qu'il était ... en train de la soigner ? Essayait-il de réparer ses erreurs ? Loreleï fronça les sourcils, ne comprenant pas. Pourquoi ? Il la voulait morte, non ? Il la détestait, ça c'était vu dans son regard. Alors pourquoi voulait-il la sauver ? Cherchait-il à se racheter une conscience ? Non, impossible, les monstres comme lui n'avaient pas de conscience.
Elle voulut parler. Au début elle ne sut faire que des sons maladroits et inaudibles, des sons qui provenaient de sa poitrine, comme si elle puisant dans son dernier souffle pour les prononcer. Elle adressa des mots faibles mais plein de conviction au médecin.

« Il aurait juste suffit qu'vous m'appeliez pas mon prénom pour que j'en fasse de même avec vous. »

Ange Barrabil. Elle n'était pas si bête que ça, elle l'avait retenu quand même. Il fallait ne pas avoir de chance dans la vie pour s'appeler Banaboule.
Elle s'était battue pour qu'on l'appelle par son prénom, et c'est en écorchant celui d'un médecin qu'elle causait sa perte.
Elle plongea ses yeux dans ceux de l'adulte. Il lui fallut un moment pour soutenir son regard. Elle avait la tête qui tournait, la sensation que plus rien autour d'elle n'existait. C'était comme être une pensée lente dans une carcasse vide. Comme n'être qu'un squelette animé.

« Loreleï Hexe.»

Et alors tout s'accéléra. Soudainement ce fut le visage de son frère à la place de celui du médecin. Loreleï cilla à plusieurs reprises. Quoi ? C'était une vision ? Elle parlait à son frère depuis le début ?
Whoa, il pleuvait tellement que le visage, et plus particulièrement les joues, de Cap, ha non, d'Alexander, étaient inondées. Loreleï eut un sourire tendre comme on ne lui en avait jamais vu. Un sourire qui voulait dire « merci d'être là. ». Ouais, merci d'avoir débarqué dans sa vie. Merci de lui avoir appris à grimper aux arbres quand sa mère lui avait interdit d'aller dehors. Merci de lui avoir appris ses valeurs, celles des pirates. Merci d'avoir construit des cabanes et d'avoir levé le maléfice de la voisine. Merci d'avoir été la seule personne honnête envers elle. Merci d'avoir tant sacrifié pour venir la libérer d'ici. Merci, merci pour tout.

« Hé, Alexander ... »

Elle avait une voix brisée mais son visage, quoique pâle puisque vidé de sang, conservait une lueur déterminée.

« ... à partir de maintenant, vous vous faites justice. Cap ou pas cap ? »

Elle était vraiment fatiguée. Son corps vide pesait tellement. Plus ça avançait, plus elle perdait ses sens. Les mains de son frère sur sa peau ne lui procuraient rien. Les tâches noires se multipliaient, et elle gardait les yeux ouverts, rivés vers le ciel. Si son frère parlait, alors elle n'entendait rien. Ha, quoique, elle avait cru percevoir un truc par rapport au fait d'être un Petit Caïd, un truc qui fit sourire malicieusement son visage terne ...

« Et j'suis pas petite. »

C'était drôle parce qu'elle ne ressentait plus rien physiquement, et pourtant, c'était la première depuis longtemps qu'elle se sentait vivante.




hors rp:
au cas où si ce n'est pas assez évident, on dit au revoir à Lore Smiling Face With Op




Spoiler:
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X36
Lun 21 Mai - 18:32
_S’il vous plait … est-ce que vous pouvez faire quelque chose ?

C’était une demande désespérée, par une personne désespérée, pour un acte désespéré. Mademoiselle Dessanges pouvait-elle réellement faire un quelconque miracle ?

La main qu’avait prise le jeune homme se crispa sous la sienne. Il pouvait sentir toute la détresse de la secrétaire à travers ce contact. Elle ne le regardait pas, mais il devinait à travers ces cils sombres une lueur aux teintes de pluie. Cette même pluie fine qui traversait leur visage, silencieuse mais remplis de tristesse, de mal être.

_Non ... J'ai déjà fait... absolument... absolument...

La voix tremblotante de mademoiselle Dessanges lui faisait mal au cœur. Comment avait-il pu penser ne serait-ce que un seul instant que cette femme pouvait cautionner ce genre de chose.  Elle était comme une grande sœur, comme une mère, un petit ange venu pour faire sourire les autres de ses présents et ses attentions.
Et devant cette scène, même ses grandes ailes ne pouvaient pas l’emmenez loin d’ici.

_J'ai déjà fait tout ce que j'ai pu … Donatien... intraitable... Refuse de m'écouter... je...

Nevrabriel se mit à caresser la main  de la secrétaire qu’il avait dans la sienne, pour la rassurer certainement. Son visage triste lui serrait autant le cœur que la scène macabre auquel ils devaient assister. Donatien était le genre de personne intransigeante, lorsqu’il avait une idée en tête, il était impossible de lui faire changer d’avis. Ni les sourires, ni les larmes. Pourtant il avait un cœur, n’est-ce pas ? Il était capable d’aimer, puisse qu’il appréciait ses patients. Il avait des sentiments, puisse qu’il pouvait sourire à la caresse d’un thé matinal, ou bien la vision de la propreté où qu’il aille.
Alors pourquoi faisait-il une chose qui rendait les gens si mal à l’aise ? Qui mettait les larmes aux yeux de mademoiselle Dessanges ? Qui faisait souffrir le cœur des personnes qui connaissait la punie ?

Les yeux tristes de sa bienfaitrice se levèrent au ciel. Nevrabriel l’aurait volontiers suivit dans ses prières. Mais Dieu … Dieu, s’il existait, n’aurait pas mit autant de noirceur dans le cœur de ces personnes, en présence de cœur aussi pur tel que Lucy, Swann, des enfants, des adolescents, qui m’ont pas mérité pareil spectacle.
Alors, Dieu n’existe pas.

Le regard du rouquin alla se porter discrètement derrière lui, cherchant Astrid des yeux. Allait-elle bien ? Que pensait-elle ? Etait-elle d’accord avec cela ? Elle semblait être confuse, mais Barrabil avait regardé dans sa direction avec un sourire. Complice ? Peut-être souriait-il a une autre personne ? Astrid pouvait vraiment être de mèche avec cet homme qui semblait être bien trop propre pour l’être ?
Non, pas Astrid.

Le regard de l’écossais revint sur son ainée lorsqu’elle lui adressa finalement ses yeux sombres. Elle semblait déterminée. Déterminée à arrêter cette effroyable scène ?

Oh Agnès je t’en prie … sauve cette petite, arrête cette Sanction qui n’a pas lieux d’être …

Elle se leva, entrainant le jeune homme qui n’avait pas lâché sa main, comme si elle pouvait le protéger. Le protéger de quoi ? Ce n’était pas lui que l’ont humilié, qu’on allait battre publiquement. Ce n’était pas lui sur cette scène, en face d’un homme qui semblait prêt à usé de violence pour avoir des réponses.
De quoi le protégeait-elle ?
Mademoiselle Dessanges arriva au niveau des filles, elle prit la main de son amie et le fauteuil d’Adèlys, pour venir défier Donatien. Elle était dure, ferme, comme une mère qui protégeait ses enfants, prête à défier le Diable s’il le fallait.

_Monsieur Elpida ? Ce n'est plus possible. Je ne cautionnerais pas ces actes une seconde de plus. Et ce n'est pas la place de trois adolescents d'assister à ça.


Nevrabriel n’en revenait pas vraiment. Mais il réalisait de quoi elle le protégeait, ou plutôt de qui. Une personne qu’il avait cru connaitre, une personne qui portait un voile blanc en sa présence, mais se révélait être un être sombre lorsque le roux avait le dos tourné. Une personne en qui il avait mis sa confidence, sa santé, sa vie, son avenir, entre les mains, mais qui était un être si froid et si noir que Nevrabriel avait du être aveugle pour ne pas s’en rendre compte. Une personne qu’il aimait comme un membre de sa famille, qu’il n’aurait jamais dis du mal, jamais trahis, jamais abandonné. Cette personne … Donatien Elpida … La pire de ses hallucinations.
Comme avec toutes ses illusions, il s’était fais avoir. Il y a cru. Il a cru que c’était vrai, que c’était sincère et pure. Mais Donatien n’était ni sincère, ni pure.  Maintenant, il le savait.

Tu avais raison Lyse … tu as toujours eu raison …

Mademoiselle Dessanges les entraina tout les trois vers la sortie. Son ange gardien, présente, même dans les pires moments, pour lui, pour le tirer des ténèbres, loin des êtres malveillants, comme une mère. Il aurait aimé qu’elle soit sa mère …

Agnès ... Emmène moi loin d'ici. Ramène-moi en Écosse. Ramène-nous tous chez nous ...

En chemin, il tourna son visage vers Astrid. Il voulait la chercher, l’emmener avec lui. Mais voulait-elle partir ? La suivrait-il hors de son devoir ? Pouvait-il s’enraciner devant elle, main désespérée tendue et lui demander « est-ce que tu me fais confiance ? » Comme avec Lucy ?
Il voulait croire qu’elle accepterait.

_Dessanges.

La voix rauque de son médecin le fit frissonner de la pointe de ses cheveux jusqu’au fondement de ses os. Cette voix familière, qu’il appréciait entendre, les rares fois de manifestation, maintenant, lui faisait une peur bleue. Une peur plus violente que toute les peurs qu’il avait pu connaitre jusque là. Donatien semblait avoir la voix de ses pires cauchemars.

Nevrabriel se tourna doucement dans sa direction. Donatien était debout. Le visage à moitié masqué par une ombre. Il avait l’air effrayant.
Doucement, il porta un regard lourd et soutenu à chacun de ses patients. D’abord à Adèlys, puis lui et enfin Lucy. Nevrabriel essaya de ne pas déglutir lorsque ce fut son tour. Mais se raidit, serrant légèrement la main de la secrétaire. Son sang s’était glacé. Et il sentait que celui de ses deux camarades « malade » également.

_Laissons-les décider de leur place, non ?

Non … Non ! Non !! Non !!!

C’était une question piège, n’est-ce pas ? La réponse sur leur trois visages étaient simplement « on veut partir. » mais ils n’oseraient pas affronter un tyran qui organise le spectacle d’une punition publique. Nevrabriel était le plus mature des trois, il devait prendre la parole. Il devait s’imposer. Même si c’était parler en leur nom, il devait le faire.

_Voyons Dessanges, ne m'obligez pas à sévir. Laissez-les revenir et excusez-vous, sinon vous me verrez obligé de vous attribuer un périmètre de sécurité auprès de ces trois patients.

Le cœur de l’écossais loupa un bon. Deux peut-être.
Donatien ne ferait pas ça ? Il n’allait pas séparer mademoiselle Dessanges de ses patients, si ?
Bien sûr que si.
Mais la secrétaire s’y refuserait certainement. Et Nevrabriel également. Il n’imaginait plus l’Institut sans pouvoir venir manger des sucreries en compagnie d’Agnès Dessanges, ni ses sourires bienveillants. L’écossais serait prêt à rester, les yeux fixés sur la scène, afin de pouvoir revoir sa bienfaitrice.
Mais si tout les trois disant « non », Donatien ne ferait rien à mademoiselle Dessanges, n’est-ce pas ? Il ne ferait rien contre elle. Il comprendrait qu’elle faisait cela pour ceux ? …

Réveille-toi Nev ! Le Donatien que tu pensais n’existe pas ! Evidemment qu’il allait punir Agnès et certainement eux trois pour « trahison » !

_Je suis désolée, je-je vais y retourner…

Le roux porta vivement ses yeux sur le visage de la lorialet.

Lucy non …

Celle-ci était penchée sur Adèlys. Lui confiant d’autres mots

Non n’y va pas, Lucy … Je t’en prie …

Les yeux du jeune homme suivirent, avec effroi, le mouvement de la demoiselle, allant sagement vers son médecin. Les yeux vairons du jeune homme reflétaient ses sentiments avec une certaine limpidité. Nevrabriel ne savait pas cacher ses émotions, il a toujours été d’une grande transparence. On pouvait lourdement deviner qu’il se perdait de plus en plus dans un flot de sentiments tourmentés. Il ne pouvait pas aider une personne qui ne le désirait pas.
Et Lucy …

Reviens Lucy … Tu peux partir. Tu peux partir d’ici. Rentrer chez toi. Retrouver ta mère, tes frères et sœurs. Rentre en France. Rentre et garde ton innocence. Tu peux vivre dans le monde extérieur, tu es plus forte que ça.

Reviens …

Reviens …

_ Il est vrai que je ne souhaite pas vraiment assister à une telle scène, mais je ne compte pas vous décevoir monsieur. Je vais rester avec vous, bien entendu.


Adèlys ... pas toi. Sois plus forte. Dis-lui « non ». Dis lui que tu veux partir toi aussi. Dis lui que tu veux rentrer chez toi. Tu peux vivre avec ce fauteuil. Tu peux vivre toi aussi. Dans un monde qui ne t’obligera pas à regarder une adolescente se faire battre sous tes yeux impuissants.

*Alors Nev … Pourquoi tu ne rentres pas à la maison ?*

Le jeune homme rata une nouvelle fois un battement de cœur et sentit un regard posé sur lui, mais n’osa pas se retourner. Il reconnaissait cette voix entre milles, et c’était une hallucination, elle ne pouvait pas être ici. C’était impossible.
Sa main serra davantage celle de la secrétaire alors qu’Adèlys revenait, lentement, vers son médecin de toujours.

_ Et puis, durant ton évasion, il me semble qu'un autre garde a subi tes coups, non? Tu t'amuses à frapper ou à tuer les forces de l'ordre?


Le silence revenu du coté du personnel, Nevrabriel pu entendre la voix de Barrabil se soulever parmi les autres. Ce qui le ramena rapidement sur Terre et fit taire le début d’un sifflement pénible dans ses oreilles.
Gardant la main bienveillante de la secrétaire dans la sienne, le jeune homme fit un pas vers Donatien. Puis un autre. Et finalement … un troisième, mais du lâcher la main de mademoiselle Dessanges.
Une étrange l’impression l’envahit. Il n’était plus protégé. Il avait rompus le lien qu’il avait avec une personne qui se souciait de lui, de ses souhaits, ses demandes, ses envies. Comme la femme qui l’a élevé. Alors, pour elle, il pourrait être fort.
Nevrabriel s’approcha de son médecin, ne voulant pas parler fort, pour ne pas faire de vague, seules les personnes autour pouvaient entendre ce qu’il intimait à Donatien :

_N’en voulez pas à mademoiselle Dessanges, s’il vous plait. C’est moi qui lui ai demandé de faire quelque chose. Je suis vraiment désolé, elle ne voulait que me faire plaisir. Je … n’aime pas cette idée de Sanction. Mais …

_Plutôt crever.

Même si ces mots n’étaient pas hurler, le mot « crever » avait aussitôt attiré l’attention du jeune homme. Il ne termina pas sa phrase, obnubilé par la scène. La petite était debout, la pluie avait rendu son uniforme collant sur son corps si maigre et faible, Barrabil, lui, était droit, les yeux furieux, les vêtements tout aussi collant, mais son corps n’avait aucune douleur, aucun mœurs. Il était le prédateur face à sa proie fragile.
Mais le pire, était cette arme collée au ventre de la petite.

Pourquoi est-ce qu’il l’avait sorti ? Pourquoi est-ce qu’il avait ceci en main ? Pointé sur son ventre ? Pourquoi est-ce qu’il avait sorti cette foutue arme ?

*Nev j’ai peur …*

Le jeune homme recula d’un pas alors que ses sifflements se faisaient de plus en plus intenses. Plus en plus critique. Il savait que quelque chose l’attendait. Bonne ou mauvaise ? qu’allait lui faire vivre son cerveau détraqué ?

*Tu vas me protéger ?*

Pas encore cette voix … Pas maintenant …
Dans d’autre circonstance, l’écossais serais très heureux t’entendre cette voix qu’il n’avait plus entendu depuis des années, voir cette petite bouille d’enfant, les joue pleine, petite de taille, souriante, joyeuse, pleine de vie. Mais pas maintenant. Pas lorsqu’une enfant était pointé par un canon, sous ses yeux.

*Tu es mon grand-frère, alors tu vas me protéger, pas vrai ?*

Si seulement je pouvais …

Doucement, les yeux du jeune homme se tournèrent vers le coté, à coté de Donatien. Il y avait une petite fille. Une adorable petite fille avec de très longs cheveux d’un roux flamboyant et de grands yeux saphir, qui le regardaient avec une certaine détermination. La même détermination que l’adolescente sur l’estrade.

*Tu dois faire quelque chose, Nev !*


J’aimerais … J’aimerais vraiment …

*Tu peux le faire !*

Ne sachant pas si cette vision lui donnait des ailes ou le terrorisait, le jeune homme obéit et commença à aller vers la scène. Mais, évidemment, les surveillants lui barraient la route avec force. Ils étaient armés, et pourtant, l’écossais n’avait pas peur d’eux. Il avait davantage peur de son médecin derrière lui que tous ces hommes armés comme des militaires.

_Ne fais pas de vague, ptit.

Le jeune homme fronça des sourcils.
Ne pas faire de vagues ?
Ça faisait cinq ans qu’il n’avait pas fait de vague. Cinq ans de silence. Mais il ne pouvait pas rester ainsi, comme ça, la bouche béante et les bras battants. Surtout lorsque sa sœur lui disait d’agir. Même si c’était un songe, une illusion, il ne pouvait pas la décevoir.

_Mais vous ne pouvez pas rester là sans rien faire. Faites quelque chose ! Cet homme à un canon pointé sur une adolescente !

Le jeune homme se retourna vers son médecin. Il était déterminé mais son regard devint suppliant envers le médecin en chef. C’était le seul qui pouvait mettre fin à cette mise en scène.
Il ferait tout ce que voudrait Donatien, s’il arrêtait cette folie, maintenant !

_Monsieur Elpida je vous en pr-

Un bruit étrange, inconnu, fort, raisonna dans toute la cours, coupant le roux dans ses supplications. Coupant les respirations de tous. Coupant le vent, la pluie. Le temps s’était figé pendant un moment. Un court moment qui semblait durer une éternité dans l’esprit du jeune homme. Avec crainte, l’écossais se retourna vers la scène, et distingua, parfaitement, le canon fumant et le corps de l’adolescente étendue sur le sol, son sang s’évadant doucement de son corps menu.
Les yeux vairon de Nevrabriel ne clignèrent pas, ne quittèrent pas la scène, ne se détournèrent pas du corps inerte de la jeune fille. Pourtant, un sifflement commençait doucement à prendre possession de ses tympans.
Peu à peu, son environnement changea, la cours se changea en un parc remplis de verdure et le corps maigre de la défunte se changea en un corps d’un enfant, un enfant de 6 ans dont les mèches brunes trempaient dans une flaque rouergate. Ce liquide puissant teintait l’herbe, les fleurs, les rendant effroyables et tristes.
Ce corps d’enfant, Nevrabriel le reconnaitrait entre mille.

Alistair …

L’écossais aurait certainement laissé son être tomber à terre alors qu’il revivait la scène de la mort de son frère, comme s’il était prisonnier de cet instant. Condamner à le vivre encore et toujours, à chacune de ses respirations. Il entendait les hurlements, les sirènes des pompiers. Il voyait les gens curieux qui s’approchaient, et cet ambulancier penché au dessus de ce petit corps sans vie.
Non …
Réveille-toi Nev. Les gens curieux sont des patients. L’ambulancier est Barrabil et ce n’est pas ton frère allongé ici, c’est une fille. Une fille que tu as déjà vue.

*Nev ! Nev ! Rentrons à la maison. *
*Hé ! Le rouquin ! Ramène-moi chez moi. *

Ce fut ces voix qui maintinrent le jeune homme sur ses deux jambes. Il tourna doucement la tête sur le coté, à l’opposé de Donatien et les filles. Il n’y avait rien, pourtant, les yeux perdus du jeune homme se mirent à distinguer deux jeunes filles qui se confondaient l’une en l’autre.

* Porte-moi Nev ! Vers l’aventure ! *
* Tout droit grand gaillard ! Direction la liberté !*

Sa tête lui faisait mal. Ses tympans lui faisaient mal. Ses poumons lui faisaient mal. Son cœur lui faisait mal. Son corps lui faisait mal. Chaque parcelle de son être avait mal.

Il revoyait sous ses yeux, deux scènes qui se chevauchaient dans son esprit. Sa rencontre avec l’adolescente et une journée avec sa petite sœur. Elles avaient le même sourire sur leurs joues rebondis par leur âge, le même petit gabarit enfantin.
Les deux scènes passaient en même temps dans son esprit, sous ses yeux. Il ne savait pas comment cela était possible, mais toute ces visions lui donnèrent le tournis.

Il devait partir d’ici …

Du sang coulait doucement de sa narine, traversant ses lèvres, son menton et alla s’échouer sur le sol.
Du sang. C’était le sien. Pourtant, il avait la même couleur que l’enfant inerte aux pieds de Barrabil. Est-ce que … ce sang était réellement le sien ? Ou était-ce celui d’Alistair ? De l’adolescente ?
Alistair ? La gamine ?

*Nev … qu’est-ce que tu as fais ?*

De nouveau, l’écossais tourna la tête sur le coté. Sa sœur avait le même regard que le jour où il avait poussé son frère du haut d’un pont. Un regard horrifié, terrorisé, traumatisé, la voix brisée, coupée, choquée.

Mais ce n’est pas moi … Ce n’est pas moi ! Je n’ai rien fais !

*Tu … tu l’as tué ?*

Non ! Non !! NON !!!

Nevrabriel chassa violement cette hallucination en se précipitant vers Lucy et Adèlys. Les hurlements d’Adèlys le maintenant dans la vie réelle. Le jeune homme se pencha sur sa lorialet.

_Lucy, Lucy on s’en va ! Vient Lucy !

Le jeune homme se moquait bien de l’avis de Donatien cette fois, il ne resterait pas une minute de plus à regarder une enfant se vider de son sang. De toute façon, il ne le pouvait pas. S’il restait là, à écouter ses illusions, à se plonger dans son passé qu’il revivait comme s’il y était présentement, il allait certainement faire une crise et devenir fou. Il devait partir. Et il n’abandonnerait pas ses amies ici.

_Lucy lève toi ! Viens avec moi !

Mais malgré tout ses appels, tous ses efforts, la lorialet ne bougea pas. Colée à sa chaise, ne releva même pas la tête vers lui.

*Pourquoi tu l’as tué ?!*

Nevrabriel porta ses mains à ses oreilles avec violence.

FERME-LA !!!

Même si ça lui déchirait le cœur, le jeune homme devait laisser sa chère amie ici. Il ne pouvait pas faire autrement.
Avec une efficacité et une rapidité que lui-même ne soupçonnait pas, Nevrabriel agrippa Adèlys par la taille pour la remettre à son fauteuil et poussa ce dernier loin d’ici. Il avait la partie inférieure du visage en sang, le sien, qu’il essuya vivement d’un coup de manche alors qu’ils quittaient ce lieu maudit.

Il n’avait plus le temps de supplier Astrid de le suivre et n’entrainerait pas mademoiselle Dessanges dans sa fuite, elle aurait certainement eut beaucoup trop de problème. Elle devait en décider d’elle-même.

Le jeune homme ne courrait pas mais son pas était rapide, ses longues jambes aidaient à avancer avec efficacité. Il ne savait pas si Donatien l’appelait, si Agnès l’appelait, si quelqu’un l’appelait, ses sifflements lui prenaient toute son audition. Les voix se faisaient violence dans son esprit. Surtout celle de la petite dans la forêt, sa sœur et son frère. Les pires voix qu’il pouvait entendre. Des reproches de sa sœur, les cris de son frère mélangés aux rires de la victime.

*Pourquoi tu l’as tué ?*

Mais ce n’était pas lui.
C’était sa maladie.
Il n’a jamais voulu ça.
Il ne l’a pas fais exprès.

*C’est ta faute !*

Non …

Tout en avançant dans le bâtiment, Nevrabriel se mordit la lèvre inférieure pour ne pas pleurer, alors que du sang quittait progressivement l’endroit qu’il mordait avec force.

Epuisé, le roux arrêta de marcher, au milieu du couloir, mais très loin de la cours, ne sachant même pas dans quelle aile ils se trouvaient, il lâcha les manches du fauteuil roulant d’Adèlys, laissant son corps tomber à genoux, regardant sa manche tachée de rouge. Son sang, mais pourtant qui ne semblait pas être le sien.

*Hé, c'est quoi une légende ? Raconte m'en une.*

Des larmes quittèrent indépendamment ses yeux pour venir rencontrer le sol, sans sanglots, sans gémissements, sans plaintes.

Un jour, je te le promets, je raconterais ta légende. La fille de la forêt qui affronta la peur et la mort pour ouvrir les yeux des aveugles et crier la vérité. L’adolescente qui mourut pour être libre.


Le plus gentil 2017/2018

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X54
Lun 21 Mai - 19:45

Quelqu'un est puni ?


       

"Ce n'est pas le but, mais je te déconseille de trop me chercher, Z01." Le docteur Barrabil fit volte-face un moment avant de réapporter son attention sur la jeune fille à lunettes. "Tu pourras faire autant de fois que tu voudras la maligne. La seule personne en tort ici, c'est toi. Par ailleurs, je suppose que tu n'as pas pu t'enfuir seule. Qui t'as aidé?"

Mes yeux étaient retournés sur le spectacle qui se déroulait sur l'estrade. Je suivais sans trop comprendre, tout en lançant quelques regards aux garçon aux yeux clairs, qui se trouvait à nos côtés dans le groupe. Il n'avait pourtant rien prononcé, mais la manière dont il se montrait si tendu avait le don de m'interloquer. Malgré tout, la voix de la fameuse "Z01" eut vite fait d'attirer de nouveau mon attention.

"Vous voulez savoir qui m'a aidé ? Vraiment, c'est ce qui vous intéresse le plus monsieur ? On arrête une patiente parce qu'on a retrouvé affaiblie dans une tempête, la clavicule déboîtée...fatiguée, amaigrie, et vulnérable au possible. Je vous trouve bien lâche."

J'ai inspiré entre mes dents à l'entente de cette répartie. Je savais que Monsieur Barrabil n'allait pas du tout apprécier un tel manque de respect. Je guettais sa réaction avec une certaine crainte, pendant qu'une traînée de brouhaha s'étendait à travers la foule, entamée par les spectateurs aux premiers rangs.

"On t'a arrêté parce que tu as aidé au meurtre d'un garde !"

La voix du médecin gronda jusqu'à m'en faire sursauter. Je résorbais d'avantage ma silhouette derrière mon grand protecteur tatoué, les yeux écarquillés au possible. J'avais beau connaitre le docteur depuis maintenant quelques années, je ne l'avais jamais vue perdre le contrôle de ses émotions de la sorte.

Alors, elle aussi, était punie pour cette raison là ? La même raison que Dante ?

Le mot "meurtre" faisait écho dans ma tête sans rien n'évoquer de concret. Il n'y a pas si longtemps, à mes yeux, ce n'était rien de plus qu'un terme que l'on utilisait dans les œuvres de fiction ou les livres d'histoire. Alors pourquoi celui-ci revient-il si souvent en ce moment, comme pour me hanter ?

Tout en s'approchant d'elle, le docteur continuait de s'énerver d'une manière qui ne me rassurait guère.

"Tu es un danger pour cet Institut et les autres patients. Affaiblie, amaigrie et vulnérable ne sont que des mots que tu as choisi pour attendrir l'audience, mais je vois que tu tiens encore debout et malgré tout, tu trouves la force de défier une nouvelle fois l'autorité." Il s'est retourné encore une fois, d'une rage qu'il essayait tant bien que mal de canaliser. "Donc est-ce vraiment moi qui suis lâche? Tu te bases sur des caractéristiques physiques pour dire que c'est toi l'innocente alors que tu as tué un garde? Pathétique."

Ça semblait s'agiter de l'autre côté de l'estrade, comme une fourmilière perturbée. J'avais du mal à distinguer les qui était qui, mais, durant un moment, le garçon roux du couloir et le fantôme de lumière avaient quittés mon champ de vision.
Cela aurait pu me décevoir, moi qui prévoyait de les saluer après cette "punition". Mais tout compte fait, je les comprenais totalement. Il n'y avait rien de bien plaisant à assister à la dispute de ces deux là, et je commençais à me demander quel était l’intérêt de tout cela.  

La mâchoire de la fillette avait atteint six pieds de longs; une intense colère se lisait dans son expression avant qu'elle ne réponde.

"On est passé de "tu as aidé au meurtre" à "tu as tué un garde" ? Revoyez vos faits de l'histoire doc', vous nous perdez tous."

Mes dents vinrent compresser ma lèvre inférieure, comme pour canaliser la peur qui se lisait dans mes yeux. C'était inconscient, totalement inconscient de parler au docteur de la sorte.
La fille descendit de l'estrade, alors que le vent ébouriffait ses cheveux et que sa voix était presque étouffée par l'averse. Sa détermination m'impressionnait lorsque, dans un élan de force, elle brandissait sa main trouée par dessus la foule de têtes qui se trouvait devant elle.

"Mais parlons lâcheté vue que c'est ce qui nous intéresse. Selon vous, est-ce lâche de tirer dans la main d'une patiente seulement parce qu'elle n'a pas su prononcer correctement votre nom de famille ? Tout ça dans l'bureau du docteur Elpida en plus. Y paraît que vous avez sali son sol et qu'il était pas très jojo après ça."

Mon teint devint terne. Très terne.
Mes yeux étaient perdus dans le néant circulaire se trouvant sur sa paume.
C'est le docteur qui a fait ça ?...

"BANDE DE BÂTARDS, PERSONNE VIENT L'AIDER?"

Une voix juvénile s'était soulevée par dessus la foule. Celle-ci me fit sursauter avant de balayer l'horizon du regard; mes yeux émeraudes en croisèrent de la même couleur, avant que jeune garçon brun ne se décide à s'en aller. Dante emboîta son pas; je les suivais du regard pendant qu'il s'effaçaient entre les gens, me laissant seul avec la jeune femme borgne aux longs cheveux ébènes. Je venais juste de m'adapter au fait que je n'avais plus nulle part où me cacher désormais, et immédiatement, de nouveaux sons résonnent violemment. Tout allait trop vite, trop fort. J'en étais presque au point d'en développer une migraine.
Afin de saisir la source des nouvelles informations qui venaient à moi, mes yeux se reposèrent du côté du médecin. Il était furieux. Il était enragé. Il avait cet objet à la main.
Ce...
Ce...?!

"Premièrement, Z01, vu que tu as 14 ans, clairement tu ne sais pas encore faire la différence entre "aider au meurtre" et "tuer". Sache que, dans ton cas, c'est exactement la même chose. C'est comme, je sais pas, regarder d'un œil curieux un viol sans appeler les secours. C'est comme si tu avais violé la personne...Mais clairement, ce n'est pas la question. Et puis, durant ton évasion, il me semble qu'un autre garde a subi tes coups, non? Tu t'amuses à frapper ou à tuer les forces de l'ordre? Donc. Qui sont tes complices?"

Je ne réfléchissais plus. Machinalement, ma vision se concentre de nouveau sur la patiente, juste en face. Elle semblait avoir perdue ses lunettes et se relevait en titubant, l'expression ébahie par la surprise. Je n'arrivais absolument plus à suivre le fil des événements, à déduire le pourquoi du comment.

Je pensais que ça ne pouvait pas être pire.

Et pourtant. Les pas de la demoiselle étaient lourds, puissants, colériques. Elle s'est avancée, avec cette frénésie, et à collée son front contre cet objet. Ce canon. Cette arme à feu. Cette faux, faite pour annihiler des vies.
J'avais beau l'avoir compris, j'avais l'impression d'halluciner.

Je dois faire un cauchemar.

Son sourire se tordait, de manière jaune, mesquine, insolente. Je pouvais le voir, même de là où j'étais. Mon coeur hurla dans ma poitrine lorsque sa main blessée vint saisir le pistolet pour le baisser vers son ventre.
Elle tirait la langue. Elle tirait la langue, et relevait son plus long doigt en direction du médecin.

Je ne me suis jamais senti aussi nauséeux. Mes pas me firent doucement reculer vers l'arrière, tendis que l'intégralité de mes bras se secouaient. Je pouvais prévoir la crispation de mon visage, prêt à éclater en sanglot.
Tout en moi redoutait ce qui allait se produire. Je voulais m'enfuir. Loin d'ici.

"E-Elle est folle..."
"Plutôt crever. Ba-na-boule."

La détonation fit trembler tous mes os, à un tel point qu'ils auraient pus se briser.

C'était beaucoup trop prévisible.

Je me serais vue hurler, quelques secondes auparavant.

Mais après ce sursaut, tout mon système avait disjoncté. Il n'y avait que les larmes qui se mouvaient.

Et une sorte d'instinct plus fort que tout, me criant de fuir cet endroit.

Je me retourne, bousculant la demoiselle aux longs cheveux sur mon passage. Je cours, le plus hâtivement possible, comme si rien autour n'existait. Ni même ma respiration totalement bouleversée, ou mes membres sur le point d'exploser sous la tension.

Il y a un être près de l'entrée du bâtiment, semblant faire contraste au millieu des autres ombres à mon coeur. Sous l'adrénaline, je n'avais pas pris le temps de calculer le moindre de ses traits, j'avais juste saisi l'habitude de distinguer sa présence au milieu de toutes les autres dés qu'elle se trouvait adjacente, comme s'il dégageait une aura dont lui seul était l'auteur. Mes yeux se posent sur lui dans ma cavale, rien qu'un millième de seconde, afin de me permettre de repérer son bras et de l'agripper de toutes mes forces, afin de l’entraîner dans ma course. Tellement fort que mes ongles s'étaient certainement plantés dans sa chair.

J'en voulais à cet Institut. De lui faire voir une telle chose.

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Y66
Mar 22 Mai - 12:15
ft.
des
gens
La grande Sanction
Il y avait eu trop d'actions en quelques minutes, et pourtant, Amalia était lassée et voulait juste retourner dans sa chambre, loin des autres patients. Et en soi, elle pourrait, si Dante ne la retenait pas par le bras. Elle soupira longuement, tous ces gens l'ennuyaient. Entre ceux  de l'autre côté de l'estrade qui commençaient à s'agiter car une des deux jeunes femmes, une secrétaire peut-être, s'était campée devant Donatien avant de se faire violemment réprimander, les trois patients qui refusaient son aide alors qu'au moins, elle avait essayé d'agir. Pas comme les quelques personnes qui s'amusaient à scander "lâche" en direction d'Ange Barrabil. Qui était le plus pitoyable entre un médecin qui ne faisait qu'obéir et des patients qui n'aimaient pas la scène mais qui ne faisaient rien pour l'empêcher? Certes, il y avait des gardes armés, mais les patients étaient tout de même en surnombre et ils ne devaient pas avoir l'autorisation de leur tirer dessus. Ridicule.
Enfin, pas autant qu'une gamine à la chevelure violette qui avait hurlé une phrase pathétique à la foule, espérant la faire réagir, avant de se faire intercepter par les gardes. Pourtant, elle avait prévenu Nadia qu'on ne devait pas jouer à la grande et forte personne quand on est rien de plus qu'un amas de cellules inutile et inintéressant. La brune leva les yeux au ciel. Au moins, Aeden était allé la voir, bon débarras.

En parlant d'une gamine stupide, celle qui était sur l'estrade battait certainement des recors d'inconscience et d'immaturité, à provoquer un médecin comme elle le faisait. D'autant qu'il avait un pistolet et ce ne devait pas être que pour décorer. Amalia détestait les gens qui n'assumaient pas leurs échecs et leurs erreurs.Si elle avait été punie, il devait forcément y avoir une bonne raison et donc retarder la sentence comme là ne faisait qu'empirer la situation et donc ne servait à rien. Les patients de cet Institut étaient-ils donc tous aussi stupides les uns que les autres? C'était à pleurer de désespoir.

-Plutôt crever.

La brune leva encore les yeux en l'air en soupirant bruyamment. Cette enfant avait déjà échoué à être une héroïne, sinon elle ne serait pas en zéro, pourquoi encore recommencer sans être plus forte? Un patient s'agitait. Encore. Face à un Donatien Elpida plus calme et impassible que jamais. Il tranchait totalement avec l'attitude d'Ange, poussé à bout par l'impertinence de la patiente Z, qui ne savait rien faire de plus que se donner en spectacle. Tellement à bout qu'un bruit sourd trancha l'atmosphère pesante. Elle sursauta légèrement quand la balle quitta le canon de l'arme à feu, se logeant directement dans le ventre de la punie. Mais pas plus de réaction. Pas de cris comme la fille en fauteuil roulant, pas de choc émotionnel comme Aeden, pas de déni en se bouchant les oreilles et en fermant les yeux comme une autre patiente d'Elpida, pas de fuite comme le rouquin. Rien. Aucun mouvement, même quand la fille ou le garçon aux cheveux blancs la bouscula. Elle regardait simplement Ange agir comme un médecin alors qu'il avait tué la gamine, le sang coulant lentement de la plaie béante. Mais c'était mérité, elle ne voyait pas pourquoi elle devrait réagir à sa mort, d'autant qu'elle ne la connaissait pas.
Le seul qui ne réagissait pas de la même façon que les autres, c'était Dante.

-Tu sais Aeden, qu'importe ce que tu fais pour essayer de te convaincre, Il ne regarde pas pourquoi tu as fais ça, mais si tu l'as fait, ainsi, on ne peut pas échapper à la réalité, on ne peut pas échapper au fait d'avoir tué une personne, d'avoir prit la vie d'autrui, d'avoir volé, cette vie.

Il devait déjà avoir vécu une exécution en tant que spectateur, peut-être même en tant que bourreau, pour parler de religion et d'assumer ses actes à un moment pareil. Elle lui poserait la question éventuellement plus tard. Pour l'instant, Amalia ne pensait qu'à partir, pas pour ne plus voir la scène mais simplement pour ne plus voir les autres patients s'émouvoir hypocritement. Pas même la moitié connaissait la gamine sur l'estrade, et ils allaient tous jouer l'affliction comme s'ils avaient été les meilleurs amis du monde, insultant la mémoire de ses vrais proches. Tant d'irrespect et d'hypocrisie était à vomir. D'un pas aussi tranquille qu'elle était venue, elle tourna le dos au piédestal et à la foule, pour se diriger vers le Bâtiment et retrouver le calme et la solitude de sa chambre.


La pire de l'institut 2017/2018
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Secrétaire de Donatien
Mar 22 Mai - 14:42
Ca y était. Elle l’avait fait. Elle l’avait vraiment fait. Elle s’était opposée frontalement à son patron. Jamais elle n’aurait pensé en avoir le culot un jour. Et pourtant… Ca allait lui attirer des problèmes, c’était inévitable. Mais elle s’en moquait. Pour l’heure, une petite lueur éclairait son cœur. Un petit éclat de fierté. Elle l’avait fait. Elle était sortie de l’inaction, et elle avait osé affronter le tyran. Evidemment, celui-ci n’allait pas l’accepter aussi facilement.

- Dessanges.


Le son de sa voix fit remonter des frissons le long de sa nuque. Elle aurait dû continuer sur sa lancée. Ne pas l’écouter. Emmener les enfants loin d’ici et tant pis pour les conséquences. Mais l’autorité dans sa voix… L’éducation d’Agnès ne lui laissa pas le choix. Elle était une femme, elle avait été éduquée à l’obéissance. Elle ne pouvait pas s’opposer à un homme, encore moins à son patron. Alors son élan de rébellion ne pouvait pas durer si longtemps. Elle se retourna lentement, à contrecœur, pour faire face. De Donatien, elle ne voyait qu’une ombre se découper dans le ciel menaçant. Elle se raidit, s’attendant au pire.

- Laissons-les décider de leur place, non ?

Elle tourna la tête, observant les trois adolescents. Sur ce point, il avait raison. Elle aurait dû leur demander leur avis. Mais elle partait du principe que s’ils n’avaient pas été d’accord, ils le lui auraient fait savoir. Alors elle ne bougea pas d’un pouce.

- Voyons Dessanges, ne m'obligez pas à sévir. Laissez-les revenir et excusez-vous, sinon vous me verrez obligé de vous attribuer un périmètre de sécurité auprès de ces trois patients.

Agnès croisa les bras sur sa poitrine, geste qui était plus une façon de se protéger que de résister. Un périmètre de sécurité, vraiment ? Et comment comptait-il faire ? Elle était sa secrétaire. S’il y avait bien trois patients qu’il ne pouvait pas l’empêcher de voir, c’étaient bien les siens. Pour cela, il aurait fallu qu’il la renvoie. Elle savait qu’il ne le ferait pas. Elle lui était bien trop indispensable, il ne savait plus se débrouiller sans elle. Elle en avait conscience. Et pourtant… Un vieil adage de sa mère lui revint en mémoire. « N’oublie pas Agnès, les indispensables sont au cimetière… ».
Alors Agnès se mit à trembler. A trembler de tout son corps. Elle tremblait pour sa place au sein de l’Institut. Bien sûr qu’il pouvait la virer si l’envie lui prenait. Il était suffisamment impulsif pour ça. Souvent non reconnaissant pour ça. Suffisamment handicapé socialement… Ce n’était pas le chômage qui lui faisait peur. Autrement, elle aurait déjà quitté l’île plusieurs années auparavant. Elle avait peur pour les enfants. Ses enfants. Qui allaient s’occuper d’eux si elle n’était plus là ? Qui leur donneraient des chocolats et des caramels en douce ? Est-ce que sa remplaçante prendrait soin de leur organiser un petit quelque chose pour son anniversaire ? De choisir parmi les candidats à un poste ici celui qui serait le plus compétent, le plus doux avec eux ? Est-ce qu’elle les aimerait comme elle elle les aimait ?
Le départ de la petite Lucy lui fit mal. Celui d’Adèlys, malgré ses remerciements silencieux, la bouleversa. Mais ce fut celui de Nevrabriel qui l’acheva. Ses yeux perdus, comme s’il glissait dans un autre monde, ses pas maladroits, comme ceux d’un enfant qui apprend à se déplacer, et sa main, serrée dans la sienne, qui lui faisait comprendre qu’il partait aussi, mais qu’il ne voulait pas, qu’il ne voulait pas y aller. Et soudain, le froid. Le vide. L’absence qui se fait néant. Elle se tenait désormais seule, toute seule face au regard glacial et triomphant de son patron. Tout son courage l’abandonnait. A quoi bon être courageuse si elle était seule ? La vérité ? Agnès ne savait être courageuse que pour les autres.

- N’en voulez pas à mademoiselle Dessanges, s’il vous plait. C’est moi qui lui ai demandé de faire quelque chose. Je suis vraiment désolé, elle ne voulait que me faire plaisir. Je … n’aime pas cette idée de Sanction. Mais …

Elle aurait voulu arrêter Nevrabriel. Lui dire qu’elle était une adulte, et qu’elle assumait les conséquences de ses actes. Même s’ils avaient été vains. Même si tout ce qu’elle entreprenait semblait toujours l’être. S’avancer face à Donatien. Se confondre en excuses. Lui expliquer que ses patients n’y étaient pour rien. Qu’elle ne leur avait pas laissé le choix. Qu’elle était la seule fautive, même si elle se doutait qu’il n’en doutait pas une seconde. Mais ses pieds étaient figés dans le bois de l’estrade. Un pas, un seul, et elle était sûre que ses jambes la lâcheraient. Lâches. Impuissantes. Comme elle. Ses bras se décroisèrent, se déroulèrent lourdement le long de son corps, tandis que ses yeux allèrent se planter au sol comme vidés de toute énergie.

- Ne fais pas d’vagues petit.

Il a raison Nev. Ecoute-le. Regarde où ça mène de faire des vagues. Regarde-moi. Regarde Lore…

- Mais vous ne pouvez pas rester là sans rien faire. Faites quelque chose ! Cet homme à un canon pointé sur une adolescente !


Le cri de Nevrabriel lui fit relever la tête, juste au moment fatidique. Un bruit, sourd, qu’elle n’aurait jamais pensé entendre ailleurs que dans les films. Un bruit abominable qui s’étend dans le silence. Puis des cris. Une vague. De panique.
La seule réaction que sut avoir Agnès face à toute cette agitation, ces hurlements, ce fut de porter ses mains à sa bouche, comme pour retenir un cri qui ne dépassa jamais le seuil de ses cordes vocales, les yeux agrandis d’horreur. Ce rouge ! Tout ce rouge !
Elle ne vit pas Barrabil tenter de réparer son erreur, ni ce garçon, le frère de la patiente Zéro profiter de la confusion générale pour rejoindre sa sœur. Elle ne voulait pas le voir. Elle ne vit pas non plus Aeden, puis Nevrabriel s’enfuir, ni Lucy casser l’accoudoir de sa chaise ou Adèlys tomber de son fauteuil en hurlant comme une damnée. Elle ne vit pas tout ça. Elle ne voyait plus rien d’autre que ce rouge, ce rouge entêtant et obsédant qui n’aurait pas dû être là. Qui n’était pas à sa place, en dehors du corps d’un enfant. Du rouge…
Une partie de son cerveau l’informa qu’une paire de bras s’étaient refermés autour d’elle. Reflua, n’arrivant pas à traverser le rouge. Même ce réflexe automatique de fermer les siens autour du propriétaire des deux bras ne parvint pas à s’exécuter. Elle resta là, complétement interdite, les bras ballants. Du rouge. Toujours du rouge. Du rouge qui n’en finissait pas de se déverser et de rouler sur le bois qui devenait rouge à son tour. Tout devenait rouge. La petite Loreleï saignait et le monde entier s’en retrouvait ensanglanté. Alors les genoux d’Agnès cédèrent, s’écroulant comme son monde s’écroulait, sans prévenir.


Ca fait toujours plaisir de voir ses efforts récompensés !

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Agent d'entretien de Donatien
Mer 23 Mai - 18:14

Un jour comme les autres, je suppose


Hyppolite a quand même été surpris par la pluie. L'averse s'était intensifiée en quelque minutes. On distinguait tout de même au loin les silhouettes du duo maudit. La petite patiente qui gueulait trop fort et le grand médecin qui n'écoutait que trop bien. Peut-être que si la gamine s'était un peu moins exprimée, et peut-être que si le médecin avait moins réagi à ses propos, on n'en aurait pas été là.
Ange Barrabil avait été un séducteur narcissique, un connard arrogant, un manipulateur sans cœur, mais il venait de franchir la limite. Il était désormais dans le camp des meurtriers. Et le meurtre était un acte puni par la loi. Ce type allait finir en taule. Il ne voyait pas comment l'Institut réussirait à le blanchir.
Il eut tout de même de la peine pour lui. Recroquevillé sur la victime, il avait l'air de la soigner, de la ramener à la vie, d'essayer vainement de revenir en arrière. Mais le mal était fait Barrabil, les Dieux vont te juger, et tu es loin d'être un ange.
Hyppolite, malgré lui, sortit l'Iphone de sa poche. Il ne voulait pas le faire. Vraiment. Mais il fallait garder une preuve de ce moment, non ? Il fallait montrer que cet enfoiré avait buté une gamine.
Il allait presser sur le bouton quand Katou passa devant lui. Ha oui, elle l'avait suivi. Mais l'avait-elle vraiment fait pour lui ? Il la vit s'éloigner vers Agnès. C'était la raison pour laquelle ils étaient descendu tous les deux mais, étrangement, en voyant les deux femmes s'enlacer, Hyppolite se sentit de trop. Il n'y avait pas de raison, c'était une étreinte amicale, une étreinte de réconfort, une étreinte parce que c'était la seule chose qui pouvait faire du bien. Une étreinte du besoin. Mais Hyppolite avait la désagréable sensation d'être la troisième roue du carrosse, de ne pas avoir sa place dans l'amitié qui liait ces deux femmes. La façon dont Katou avait fondu sur Agnès, presque avec empressement, était significative, non ?
Hyppolite rangea son Iphone et attendit de croiser le regard d'Agnès. Il n'avait jamais eu de marques d'affection envers elle mais il voulait lui montrait qu'il était là pour elle. Demain matin, devant la porte du Docteur Elpida, quand ils devront faire comme si cette journée était comme les autres, il serait là pour elle. Il savait combien elle était attachée aux patients, et combien cette histoire pouvait l'affecter. De plus, ça semblait tendu entre elle et Elpida. Elle aurait besoin d'Hyppolite. Mais pas tout de suite. Il la laisserait venir à lui.
Peut-être qu'elle irait frapper à sa chambre un soir de la semaine. Elle n'aura alors pas besoin de se justifier. Il l’accueillerait sans question. Il nota dans un coin de sa tête de prévoir une plaquette de chocolat, et d'en avoir désormais toujours une dans sa chambre. Agnès était forte et vaillante mais avait des coup de blues, comme n'importe quel être humain. A partir de maintenant, Hyppolite se fit la promesse d'être toujours paré quand cela arrivera.
En attendant, on n'avait plus besoin de lui ici. Il était un agent d'entretien, après tout. On le demanderait quand tout sera débarrassé et qu'il faudra nettoyer la flaque de sang et autres dégâts.
En partant, Hyppolite se dit pour la première fois qu'il avait quand même un boulot de merde.


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bouh ! Hypomachin parle avec toi en #33cccc

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Secrétaire de Ange
Jeu 24 Mai - 0:14
UN EFFROYABLE SPECTACLE

"Rester ou partir, se battre ou s'enfuir, seul ton coeur te montrera le chemin à suivre."


"Monsieur Elpida ? Ce n'est plus possible."


Cette voix fit sourciller l'anglaise, qui aussitôt arriva à décrocher son regard de derrière les barrières. N'importe qui à l'Institut pouvait reconnaître cette voix parmi tant d'autre, mais cette fermeté semblait la détacher totalement de la Agnès qu'elle connaissait.
Ses yeux violets se posèrent sur la femme, qui se tenait dressée telle un lion devant le fameux Elpida, le fameux médecin en chef, qui se délectait d'on ne sait quelle sucrerie d'un air totalement détaché. Astrid avait lancée rapidement un coup d'oeil à cet homme avant de souffler du nez. Elle ne savait plus quoi penser; il était dur de réfléchir devant une telle scène de théâtre, alors que l'averse qui les emprisonnait ici se métamorphosait peu à peu en tempête.  
Lorsque sa vision reprit le chemin de ses courbes et ce brouillard de cheveux noirs trônant sur son crâne, absolument malmené par le vent, voir les deux visages de ses amis lui serrèrent le coeur. A leur côté, une jolie enfant en fauteuil roulant se trouvait également; Agnès les tenait chacun par la main, comme une mère accompagnerait ses progénitures.
Elle espérait secrètement qu'elle s'en aille avec eux; il était difficile de se retenir d'observer la scène de loin, vu le remue-ménage que ces quatre là engendraient de ce côté de l'estrade.

" Je ne cautionnerais pas ces actes une seconde de plus. Et ce n'est pas la place de trois adolescents d'assister à ça."


D'un pas décidé, elle commençait déjà à s'éloigner avec les trois enfants, sans même attendre la réponse de son supérieur.
Le regard qu'elle lança à Onyx l'a figea sur place, pendant que cette dernière était occupée à admirer son cran. D'un geste implicite, elle voulait l'inviter à les suivre; Nev et Lucy étaient avec elle et pourtant...Pourtant la londonienne demeura figée. Elle avait tournée sa tête totalement du côté de sa collègue, comme ébahie suite à une telle demande.
Son patron à elle demeurait sur cette estrade. Une arme à la hanche. Elle ne pouvait pas se permettre de partir comme ça.

"Dessanges."

"On est passé de "tu as aidé au meurtre" à "tu as tué un garde" ? Revoyez vos faits de l'histoire doc', vous nous perdez tous."


L'attention de la jeune femme pivotait d'une scène à une autre, sans savoir où se ranger. Sa tête faisait mal, et elle commençait à voir trouble; ce sentiment nauséeux s'intensifiant dans son estomac tendis que la température se faisait de plus en plus lourde. Mais son regard s'arrête sur la main de la fillette, brandie vers les nuages grisâtres; elle était trouée d'une blessure circulaire ayant eue peine à cicatriser, une blessure qu'Astrid avait du mal à identifier. Cette main, ces cinq doigts; ils avaient étés soulevés si haut, comme si "Z01" voulait qu'elle soit vue du monde entier.

"Voyons Dessanges, ne m'obligez pas à sévir. Laissez-les revenir et excusez-vous, sinon vous me verrez obligé de vous attribuer un périmètre de sécurité auprès de ces trois patients."


Brutalement, sa tête reflua en direction de la joute verbale se produisant sur le côté. Elle perçoit le visage de Nevrabriel, figé, perdu, déboussolé. Lucy, ses deux perles lui servant de pupilles passant de visages en visages, avant de s'arrêter sur le sien. Pourquoi tous ces regards appelaient Astrid ? Qu'est-ce qu'ils se persistaient à lui vouloir ?
Onyx serra sa lèvre inférieure entre ses dents. L'autre secrétaire s'était d'abord montrée forte, mais l'effroi avait tout fait de s'emparer d'elle. De s'emparer de tous. Chaque adolescent retourna docilement à sa place, laissant la pauvre Agnès désarmée, les yeux dans le vide, fixés en direction du sol. Le coeur de la blonde se trouva emprisonné dans un étau; elle aurait aimée, tant aimée qu'elle puisse aller au bout de son acte. Qu'elle puisse faire ce que, elle, n'aurait jamais eue le courage d'entreprendre.
Mais Monsieur Elpida avait le contrôle, et personne ne pouvait contrecarrer ses délires. Pas même Agnès. Pas même Ange. Ni même elle-même.
Elle était persuadée que c'était lui, la seule et réelle cause de tout cela.

"Mais parlons lâcheté vue que c'est ce qui nous intéresse. Selon vous, est-ce lâche de tirer dans la main d'une patiente seulement parce qu'elle n'a pas su prononcer correctement votre nom de famille ?"


...

Ces paroles avaient étés clamées haut et fort, avaient tabassées ses tympans en même temps que le peu d'espoir que lui avait insufflé le sourire du docteur, quelques minutes avant. Elle fit le lien entre ses dires, et sa blessure. La blessure, et ses dires. Et son visage se glaça comme sous un jet d'eau froide.
Tout s'évanouissait encore, toujours d'avantage, tendis que, lentement, elle tournait des pupilles vides, creuses, reflétant le néant, sur la scène en face d'elle. Ou plutôt, sur Ange. Son regard ne le quittait pas, tendis qu'elle assimilait ce qu'elle entendait à des images, à des choses qui auraient pues réellement se passer, dans la réalité. Ange, brandissant une arme, une arme semblable à celle coincée dans sa ceinture, et appuyant sur la gâchette de sorte à viser la main d'une fillette...
Non, non, non. C'est du mensonge !

"Tout ça dans l'bureau du docteur Elpida en plus. Y paraît que vous avez sali son sol et qu'il était pas très jojo après ça."


Aussi violente que sa pensée pouvait paraître, elle avait presque envie de lui hurler se la fermer. Chacun de ces mots avaient l'effet de claques à répétition pour Astrid, et elle n'avait pas la force aujourd'hui. Son corps priait la moindre opportunité de libérer son souffle coupé par le stress. Et son patron, lui, semblait aussi à bout qu'elle, si ce n'était pire.
La marche du docteur résonnait contre le bois comme un solo de basses beaucoup trop amplifiées. Il semblait recouvrir chaque bruit autour dans l'esprit d'Astrid, tant elle était focalisée sur ses mouvements, à la recherche d'une réponse. Mais tout ce qu'elle voyait, c'était ses yeux gavés par la rage et la manière dont ses doigts gesticulaient avec nervosité, comme s'ils étaient picorés d'une envie macabre, qu'il fallait qu'ils défoulent.

La manière dont il avait agrippé cette jeune fille par le col de son uniforme terni, la soulevant en l'air comme un ogre n'entendant plus que sa fureur, alors que sa voix sur-aiguë s'égosillait, transperçant l'atmosphère de sa stridence...Onyx s'était levé de sa chaise d'un bond, comme rattrapée par un instinct primaire qu'elle essayait sans cesse de camoufler. Ses lèvres s'étaient ouvertes violemment, dans une volonté de crier le nom de son supérieur, comme pour le ramener à la réalité; mais elle ne pouvait pas lutter contre cette terreur qui engourdissait jusqu'à ses cordes vocales. Elle n'était pas dans le jugement, la situation ne lui en donnait même pas le temps. Elle ne se contentait que d'observer, telle une spectatrice insuffisante, le corps de la jeune femme s'écraser contre le sol dans un fracas considérable.

Ça aurait pu suffire. Oui, cela faisait bien assez de frissons pour elle. Cette "Grande Sanction" pouvait s'arrêter là, mais il fallait croire que l'Institut n'avait pas encore atteint son but.
Le médecin dégaina son arme une seconde fois, cette seconde fois que l'anglaise redoutait si fort. Ses yeux cessèrent d'être bloqués dans leur limpidité pour en devenir presque embués. Ange n'avait pas besoin de faire ça. Il n'avait pas besoin de son arme.
Je t'en supplie, Ange, lâche ce pistolet. Reviens à toi.

"Premièrement, Z01, vu que tu as 14 ans, clairement tu ne sais pas encore faire la différence entre "aider au meurtre" et "tuer". Sache que, dans ton cas, c'est exactement la même chose. C'est comme, je sais pas, regarder d'un œil curieux un viol sans appeler les secours. C'est comme si tu avais violé la personne...Mais clairement, ce n'est pas la question."


Son ami s'expliquait, parlait sans s'arrêter, dans un débit dur à suivre. Il semblait totalement outré, exaspéré, désemparé par la réaction de la patiente qu'il braquait de son canon, comme s'il se sentait obligé d'expliquer quelque chose qui lui semblait inné. Et cela ne faisait qu’amplifier la colère dans sa voix, au fur et à mesure que ses paroles s’enchaînaient.
C'était la première fois qu'Onyx observait un tel stade d'énervement chez son chef. Et elle ne savait juste pas comment réagir. Il ne semblait plus avoir conscience qu'il portait entre ses doigts une arme, capable d'ôter la vie.

"Et puis, durant ton évasion, il me semble qu'un autre garde a subi tes coups, non? Tu t'amuses à frapper ou à tuer les forces de l'ordre?" Il se rapproche d'elle, menaçant, la voix grondant. "Donc. Qui sont tes complices?"


Le visage de la petite était grimaçant, mais ses yeux scintillaient de détermination. Cette détermination qu'Onyx était persuadée de ne jamais pouvoir atteindre. Bien que titubante, elle se retrouva bien vite sur ses deux jambes et avança vers Ange avec ardeur, d'une marche dénuée de toute peur. C'était comme si sa vision semblait avoir éclipsée les yeux de son adversaire, noirs de fureur. Sa main tremblante sous la tension, au bout de laquelle était saisie un canon mortel.
Elle aurait voulue avoir son courage. Elle aurait voulue ne pas voir. Ne pas voir cette plaie qui trônait sur sa paume. Ne pas voir ce sourire insolent sous son nez. Ne pas voir la manière dont, dans un geste ne pouvant être catégorisé que d'inconscient, elle à forcée le docteur à baisser l'arme au niveau de son estomac; la manière donc elle l'a poussé à tirer.

"Plutôt crever."


"Mais vous ne pouvez pas rester là sans rien faire. Faites quelque chose ! Cet homme à un canon pointé sur une adolescente !"


La voix de Nev fit bourdonner sa cage thoracique. Il semblait essayer de raisonner quelconque garde, d'une voix résolue; Astrid l'observait exécuter cet acte désespéré, se voulant une bonne excuse pour détourner le regard. Elle aurait aimée se voir téléportée sur l'herbe, à écouter son violon, tout en prenant la main de Lucy et en rigolant au sujet de la pluie. Elle ne faisait que de se le répéter, s'accrochant à ces souvenirs tendis qu'ils se dissolvaient entre ses doigts, en même temps que l'image douce et chaleureuse qu'elle avait de cet Institut.

"Ba-na-boule."


Un impact intense fissura l'air.

Ce son lui déchira les oreilles à un tel point qu'elle se sentait elle-même traversée par la balle. Cette balle qu'elle pensait abstraite, qu'elle n'aurait jamais vue apparaître à un quelconque endroit du décor, et ce malgré tout les signaux d'alerte qu'elle avait reçue depuis le départ.
Pendant un moment, ses pupilles n'avaient même pas osées se tourner vers la scène pour constater l’ampleur de ce qui venait de produire. Comme assourdies, ses oreilles n'entendaient plus les hurlements, les bruits de la foule se métamorphosant en un tourbillon d'âme égarées.
Tout bougeait autour d'elle, mais son esprit s'était juste figé, au même rythme que son enveloppe charnelle. Ses doigts avaient même perdues la force de tenir son parapluie, s'étant écroulé à ses côté, laissant sa chevelure d'argent souffrir de la pluie.
A la vision du cadavre de la patiente, s'égarant peu à peu dans une étendue écarlate, Astrid sentait monter en elle un flux de dégueulis qu'elle s'efforça à repousser.

Elle se pensait dans un cauchemar, ou au beau milieu d'une mauvaise blague, d'un feuilleton télévisé qui mériterait d'être zappé. Elle ne pouvait plus quitter des yeux cette silhouette se vidant de sa vie, avant qu'Ange n'accoure à son chevet. Il posa sa veste sur son tronc immobile et teinté de rouge. Onyx pouvait entendre d'ici sa panique, sa respiration saccadée et ses ravalement de salives, alors qu'il s'occupait de cet enfant n'ayant plus espoir de vie. D'autre personnes accoururent sur l'estrade, d'autres patients qui semblaient la connaître, bousculant le médecin qui se décida à prendre du recul.
L'anglaise ne les entendait pas, dans ce tourbillons de cris incessants. Ses yeux violets transperçaient ce corps sombre, dont la chemise était trempée par l'orage.

Elle aurait pue se demander, à cet instant, qui était réellement Ange Barrabil. Cet homme, ayant battu et troué une jeune femme de part en part. Cet homme dont la rage l'a fait s'éloigner de toute humanité. Cet homme qui menaçait une enfant avec une arme à feu. Cet homme, que tous lui disaient de craindre. Cet homme, avec qui elle est allée boire un café. Cet homme, dont elle partageait le perfectionnisme. Cet homme pouvant placer de la légèreté dans n'importe quelle conversation professionnelle, comme si c'était simple. Cet homme galant, qui lui ouvrait la porte quand elle passait. Cet homme qui lui souriait, quelques instants avant, pensant pouvoir tout contrôler.
Maintenant, toute cette image dénuée de défauts semblait s'être dissipé pour laisser son regard glacé d'effroi, perdu autre part, là où aucune interaction ne pouvait l'atteindre. Il s'efforçait à préserver un masque qu'Astrid ne connaissait que trop bien, tant elle-même le portait.

Ce n'était pas le but. Il n'a jamais voulu ça.

Des doigts laissent tomber une arme. D'autres récupèrent un parapluie.
Il n'avait été qu'acteur d'une pièce sordide, un pantin que l'on a entraîné dans une cage à lion à laquelle, lentement, la blonde força les barrières, se faufilant d'un pas apathique entre les gardes.
Etait-elle folle ? Etait-elle folle de prendre en pitié un meurtrier ? De se sentir affligée de ressentir tant de regrets dans les yeux de ce patron, qui était devenu comme un ami à son coeur ?
Elle se souvenait de ces films, de ces histoires que ses parents lui comptaient à elle et ses frères, lorsqu'elle était plus petite. Tous riaient du méchant du récit, se faisant punir à la fin.
Cette insouciance d'enfant lui manquait. Ce moment où elle n'avait pas à s'empêcher d'aller chercher entre les lignes. Ce moment où elle n'était pas ici, à assister à de tels supplices.

Ses talons passent non loin du corps de la demoiselle, qu'elle s'efforce de ne pas regarder; n'arrivant pas admettre ce qui venait de se produire. Ses sens étaient comme déconnectés, sensibles qu'aux premiers sentiments qui lui venaient à l'esprit. Et ces sentiments semblaient se diriger vers Ange.
Elle le fixait tout en s'approchant de lui, alors que la foule s'expulsait peu à peu de la cour, comme éjectée par des vomitoires. Elle n'arrivait plus à rembobiner ce qui venait de se passer, ni à se concentrer sur quoi que ce soit, mais elle voyait son teint cadavérique, tel un corps s'apprêtant à disparaître.

Son bras s'approche lentement, afin de le protéger de son parapluie.

Elle s'était tenue à distance de lui, n'osant même pas le toucher. Elle doutait même que cela soit réellement effectif, et elle s'en fichait de ne plus être protégée de l'averse.
Ses yeux restaient piégés sur la silhouette de Z01, gisant sur le sol, tendis que la londonienne y détournait totalement la tête. Cela en était presque symbolique. Elle ne parvenait qu'à nier.
Après coup, elle s'en voulait. Elle se disait qu'elle aurait due agir. Qu'elle aurait due bouger. Qu'elle aurait due crier son nom, qu'elle aurait due s'interposer. Qu'elle aurait sûrement pue le faire se raviser. Lui faire se rendre compte de l'horreur qu'il allait engranger.
Elle avait l'impression de n'avoir pas remplie son rôle. Que tout était en partie de sa faute.  

Une larme roula sur sa joue.

Ils étaient tous les deux là, impuissants au milieu des chuintements. Et Astrid avait l'intention de rester, jusqu'à tant qu'il lui dise de s'en aller.
Comme ça a toujours été.
 




<3:




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W133
Jeu 24 Mai - 16:19
Un bras le retint. Il tenta de se dégager, mais il n’avait pas assez de force. Il se sentait ramener en arrière. Il ne voulait pas… deux bras le coincèrent. Non. Ce n’était pas un piège. Ce grand corps robuste… il le connaissait. A travers ses yeux embués, Aeden reconnu Dante sans le moindre doute. Il s’appuya sur l’italien, à bout de force. Alors que le geste de son ami aurait dû le réconforter, il ne fit que l’enfoncer plus profondément dans les abysses. Il ne méritait pas qu’on s’occupe de lui. Il ne méritait pas qu’on le cotoye. Il aurait dû être seul. Lui qui n’était même pas capable d’aller aider Alexander. Le dégout qu’il éprouvait pour lui-même lui donna envie de vomir.

"ça va aller Aeden, je suis là, je serai toujours là Aeden, d'accord ?"

Non ça n’allait pas. Ca n’irait plus jamais. Il n’était même pas sûr d’avoir le droit de pleurer. Parce qu’il n’avait pas été à la hauteur. Mais il ne pouvait nier que la présence de Dante était rassurante. Il n’était pas seul. Était-ce tout ce qui importait aux yeux du surdoué ? Ne pas finir tout seul. Il payait le prix de son inconscience. De son envie désespérée d’être utile. Ah oui, il avait été bien utile.
Dante se releva, et eut un de ces sourires, défiant. Défiant l’abattement qui s’était propagé parmi les patients. Défiant l’Institut.

"Il est déjà mort, il s’est tué tout seul"


Oh, Aeden s’en fichait. Lui ne souriait pas. Il était juste là. Au milieu d’un champ de bataille dont il n’avait pas soupçonné l’ampleur. Il aurait suffi qu’il ne s’implique pas pour que son monde ne soit pas bouleversé. Il aurait suffi qu’il se taise. Qu’il baisse les yeux. Maintenant, c’était trop tard. Lore resterait graver sur sa rétine. Il serait obligé de se battre, tôt ou tard. Il avait l’impression que l’air qu’il aspirait ne parvenait pas jusqu’à ces poumons. Il se sentait comprimé. Il aurait voulu faire taire son cerveau qui lui apportait des informations dont il se fichait éperdument en cet instant. Ne pouvait-il pas pleuré Lore, tout simplement ? Non. Pas quand il en était responsable.

"Tu sais Aeden, qu'importe ce que tu fais pour essayer de te convaincre, Il ne regarde pas pourquoi tu as fait ça, mais pourquoi tu l'as fait, ainsi, on ne peut pas échapper à la réalité, on ne peut pas échapper au fait d'avoir tué une personne, d'avoir pris la vie d'autrui, d'avoir volé, cette vie."

Le surdoué regarda son ainé, sans le voir. Pourrait-il y échappé, lui ? Certes, il n’avait pas appuyé sur la gâchette. Mais… il avait déclenché cet évènement. La sécurité commençait à repousser les patients qui n’avaient pas encore quitté la cour. Seul restait Alexander, désespérément accroché à sa sœur. Seul. Le surdoué se dégagea de l’italien, qui avait toujours été là, depuis qu’il s’était rencontré. Qui avait su lui remonter le moral, le faire rire et avec qui il avait fait le plus grand nombres de bêtises, jamais enregistré dans sa vie. Il devait remercier son camarade. Lui montrer que ce qu’il faisait comptait. Au lieu de ça, il lui fit :

-Dante… Il vaut mieux qu’on en reste là.


Il savait exactement ce qui lui prenait. Il avait besoin de détruire tout ce qui l’aidait. Il avait besoin de détruire tout ce qu’il chérissait. Il voulait… il voulait être dévoré par la solitude et la culpabilité. Il voulait avoir mal. Il avait cherché des choses blessantes à dire, sans les trouver. Alors, il se contenterait de ça. Il laissa l’italien en plan, se dépêchant de décamper, pour ne pas changer d’avis.


« Je suis Loreleï Hexe. Tu n'es pas obligé de te souvenir de ma tête, mais souviens-toi de mon prénom. »

Laisse-moi fuir. Je ne suis pas le garçon que tu crois.

« Je suis Loreleï Hexe. Tu n'es pas obligé de te souvenir de ma tête, mais souviens-toi de mon prénom. »

Laisse-moi tranquille. Laisse-moi…



HRP:
Bon bon xP voilà, c’est fini pour le petit Aeden




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Médecin
Jeu 24 Mai - 18:36
Je me suis fait bousculé. Je ne suis pas tombé. J'aurais du, je pense, me fracasser contre le sol, passer à travers l'estrade, qu'une planche me traverse de part en part et que je rejoigne cette...
Loreleï Hexe.

Était-ce vraiment tout ce qu'elle souhaitait, d'ailleurs? Que je l'appelle par son prénom? Pourquoi ne me l'a-t-elle pas dit plus tôt?
Mais je ne me fais pas de faux espoirs. Je sais ce que je lui aurais dit. "Tu t'appelles..."
...
Je ne me souviens même plus de son numéro tiens.

Je sais que quelqu'un crie. Enfin, à ce niveau, c'est plus des hurlements. Ils sont stridents, ils me percent les tympans. Et pendant ce temps, il y a ce garçon (son frère, je pense) qui tente de la ranimer.
Elle est partie. Elle est loin.
C'est moi qui l'ait forcé à partir.

Je n'ose même pas regarder Dod... Je n'ose même pas l'appeler par son surnom. Le surnom le plus moche du monde, soi-disant passant. Et le plus ridicule. Un sobriquet qui lui enlève toute supériorité. Et dire que je suis à cheval sur le respect, au final je suis celui qui est le plus irrespectueux dans cette histoire.

Je ne sais pas ce que je dois faire. Partir? Rester? Prendre Loreleï avec moi? Laisser les gardes s'en occuper?
Personne ne réagit. Tout le monde semble être sous le choc.
Ce n'était pas ça, la Grande Sanction. Ce n'aurait pas dû être ça.

Je suis horrible.
Je suis laid. Je l'ai toujours été.
Je suis un manipulateur.
Je suis un meurtrier.
Je suis le revolver qui a tiré.
Je suis mort avec elle, dans la détonation...?

Je lève les yeux sur l'ombre qui m'approche. Elle tente de me protéger de la pluie. Je ne sais pas quoi penser. Pourquoi vient-elle me voir? Pourquoi elle continue de me servir? Je devrais la renvoyer, non...? Elle ne devrait pas à travailler pour moi, cela détruirait sa réputation. Elle est talentueuse et professionnelle, elle n'a pas à subir les conséquences de mes actes.
Elle pleure.

J'inspire.

- Astrid...

J'ai l'impression que ma voix se brise. Je ne devrais pas me reposer sur elle. Je ne mérite pas tout son travail. N'est-ce pas?
Et dire qu'elle devra noter ce qu'il s'est passé... Qu'elle devra mettre des mots sur un papier pour attester de la situation... Sauf si l'Institut décide que rien ne c'était passé. J'en doute.

Je ne sais pas ce qui me retient de pleurer, à cet instant. Pleurerais-je pour Loreleï... Ou pour moi?

- Je te remercie.

C'est vrai, je le pense. Je crois même qu'avec cette phrase, je suis en train de la congédier. Mais la vérité, c'est que j'ai besoin d'elle. Astrid, j'ai besoin de toi.

- Tu ne t'occuperas pas de ça, Astrid. Je remplirai les papiers moi-même. Alors rentre et repose-toi.

Je tourne mon visage vers Loreleï. Je me pince les lèvres et j'inspire.

En fait... J'ai toujours été seul et laid, n'est-ce pas? Je fais semblant d'aimer les femmes, je tourne mon ami au ridicule par un surnom débile, je me repose sur Astrid le tiers du temps, je profite de mon pouvoir.

- Je suis désolé, soufflais-je.

Je suis une merde.




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W81
Jeu 24 Mai - 21:04
Le cœur serré, elle se demandait ce qui allait se passer maintenant. Comme replonger dans un souvenir qu’elle aurait préféré oublié. Elle n’était pas peinée pour la jeune fille. Elle ne la connaissait pas, ne savait rien d’elle, et elle, ne souffrirait plus de cette histoire. Agnès par contre… Et cet homme, ce médecin… Elle resserra son étreinte sur la secrétaire, comme si cela pouvait aider.

Lorsqu’Agnès s’écroula, Katerina fut incapable de la soutenir. Elle n’avait pas assez de forces. Mais au-delà de ça, elle ne se sentait pas assez légitime pour trouver les mots qui auraient pu soigner. S’ils existaient, ce dont elle n’était pas plus sûr que ça. A défaut de mots, Katerina pouvait au moins agir. Elle s’agenouilla auprès d’Agnès, glissa ses mains dans les cheveux de la secrétaire, et amena doucement son front contre le sien. Elle semblait fiévreuse, il fallait ramener Agnès dans sa chambre loin de l’agitation qui les entouraient.

Elle releva la tête, caressant doucement les cheveux de son ainée en un geste qu’elle voulait rassurant et apaisant. Elle se rendit compte qu’elle était en colère, lorsqu’elle aperçut M. Elpida. Un sentiment qu’elle n’avait jamais vraiment éprouvé. Était-ce parce qu’il avait fait du mal à Agnès ? Elle savait que cet homme était responsable. D’une façon ou d’une autre. Elle décida, pour la première fois, qu’elle n’aimait pas quelqu’un, et ce jugement l’apaisa un peu.

Un grand garde aux allures ténébreuses -qu’elle voyait souvent trainer autour d’Agnès- s’avança, proposant son aide à la jeune russe. Elle accepta volontiers. Elle resterait auprès d’Agnès, et ça serait elle qui s’occuperait de la secrétaire pour une fois. Elle lui préparerait du thé avec une bonne dose de miel, comme elle les aimait et la veillerait jusqu’à ce qu’elle aille mieux. De toute manière, elle serait bien incapable de retourner tranquillement se coucher et la laisser seule. Et elle imaginait mal le personnel surveillant la mettre dehors, vu l’état de son amie.

Ils s’éloignèrent donc tous les trois, quittant la sordide scène. Agnès laissant, pour une fois, les autres s’occuper du reste.
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Jeu 24 Mai - 22:12
Cap paniquait. Il avait beau compresser la blessure de son mieux, le précieux fluide lui dégoulinait entre les doigts. C’était comme essayer de contenir un fleuve qui déborde dans son lit. Impossible. Et pourtant il s’y évertuait comme un damné, comme une Danaïde face à son tonneau, comme Sisyphe face à sa montagne. Parce qu’il était impensable qu’il échoue. Sa sœur devait vivre. Si la Mort devait se pointer qu’elle le prenne lui, il s’en fichait. Mais pas sa sœur. Le monde entier mais pas sa sœur. Pas sa sœur.

- Hé, Alexander ...

La voix de sa sœur, déformée par les circonstances, lui fit relever les yeux de la plaie béante qu’il s’efforçait de refermer à mains nues sur le visage de la personne qu’il aimait le plus au monde. Ce fut à ce moment qu’il vit son sourire. Un sourire comme il n’en avait jamais vu. Ses lèvres s’arquaient dans une tendresse infinie, loin de sa malice habituelle ou de ses allures de pseudo-prédateur. Dans ce sourire, il y avait toute leur vie. Toute leur complicité, tous leurs bons moments, réunis en ce simple sourire. Un sourire comme un merci ultime. Un sourire comme un adieu.
Il ne voulait pas voir ce sourire.
Il essuya rageusement ses larmes, réalisant soudainement qu’il pleurait. Il avait envie de frapper quelque chose, n’importe quoi mais il ne pouvait pas, ses deux mains devaient rester pressées contre le ventre de sa sœur qui pour une fois ne le traitait pas de pervers parce qu’il la touchait ailleurs que sur la tête ou sur les bras. Il aurait voulu qu’elle le fasse. Que ça mette le Génie en rogne. Qu’il se mette à bouder et qu’elle en rigole. Qu’elle agisse comme d’habitude. Il refusait que ce soit la fin alors pourquoi se comportait-elle comme si c’était le cas ?

- ... à partir de maintenant, vous vous faites justice. Cap ou pas cap ?

Comment pouvait-elle dire ça ? Il secoua la tête.

- Dis pas ça, p’tite sœur ! Tu vas t’en sortir d’accord ? C’est rien qu’une balle on va te l’enlever et quand tu s’ras guérie on ira faire des bateaux pirates dans les arbres d’accord ? Comme à la maison !

Il savait que c’était faux. Le Génie, même s’il se taisait, le lui faisait savoir aussi. Mais il s’en fichait. Peut-être que s’il y croyait assez fort et qu’il y mettait assez de volonté, son mensonge deviendrait réalité. Il se retourna et hurla.

- Qu’est-ce que vous attendez vous autres ? Vous êtes des médecins ou des pots de fleurs ? Faites quelque chose !

Il se retourna vers sa sœur.

- Ah, ces médecins, toujours des heures d’attente avant qu’il te prenne, t’aurais le temps d’crever, hein p’tit Caïd ?

Il tentait l’humour oui. Parce que c’était sa dernière arme dans cette situation. Parce que ça avait toujours été sa solution de repli. Pourtant sa voix était faiblarde et des larmes roulaient de nouveau sur ses joues. Mais il voulait voir sa sœur rire, rire aux éclats comme elle le faisait toujours même devant ses blagues nulles. Cela fonctionna à moitié. Un éclat de malice se dessina sur son teint bien trop pâle.

- Et j'suis pas petite.

Cap lui sourit en retour. Un sourire plein de larmes. Si elle savait encore râler sur sa taille c’était que… L’instant suivant, ses yeux se vidèrent. Les siens se remplirent d’effroi.

- Lore, non ! LORE ! NON !

Il arrêta de comprimer la blessure, passant ses mains sous son dos pour la rapprocher de lui. Son corps était lourd. Bien plus lourd qu’il n’en avait l’habitude.

- Lore reste ! Reste avec moi ! Lore !

Il la secoua, lui redressant d’une main la tête qui pendait mollement sur ses épaules.

- Eh ! Lore ! P’tite sœur ! P’tit Caïd ! Naine !

Il l’insultait et pourtant elle ne réagissait pas. Ce n’était pas drôle. Elle réagissait toujours quand il la charriait sur sa taille. Ce n’était pas drôle qu’elle fasse semblant d’être morte. Pas drôle du tout ! Il voulait qu’elle se reprenne, qu’elle rigole un bon coup même si lui ça ne le faisait pas rire du tout et qu’elle lui dise qu’il n’avait pas d’humour si ça ne le faisait pas rire. Il voulait qu’elle se moque de lui, qu’ils se disputent quelques minutes, et qu’ensuite ils retournent jouer à chasser les fantômes dans le jardin. Il voulait qu’elle lui fasse un clin d’œil complice, mais ses yeux étaient vides, complétement vides, désespérément absents. Il la serra contre lui, espérant vainement qu’elle referme ses bras sur lui et qu’elle se plaigne qu’elle étouffait là-dessous.
Rien de tout cela ne se passa.
Alors, les bras refermés sur le cadavre de sa sœur, il continua à pleurer, en l’agrippant de toutes ses forces. Ce n’était pas possible. C’était un cauchemar. Il fallait qu’il se réveille. Ca ne pouvait être qu’un cauchemar. Dans quelle réalité sa sœur pourrait-elle mourir ? Et pourtant… Tout était bien trop réel.

- Non, Lore… Non j’en suis pas cap. Chuis pas cap de vivre sans toi… Je ne suis pas Cap…

Sa voix n’avait été qu’un souffle, un murmure, uniquement destiné à celle qui désormais n’entendrait plus rien. Des mains le saisirent et l’entrainèrent de force alors qu’il se débattait. Arraché de force à celle qu’il chérissait le plus au monde, mais incapable de résister, il avisa Donatien Elpida et hurla :

- Ma sœur ! Rendez-moi ma sœur, bande de monstres !

Il continua ainsi plusieurs minutes alors que le vigile l’éloignait de la scène. Lorsqu’il fut finalement à bout de souffle, et à cours de voix, seulement alors, il se calma, le calme du prostré trop occupé par son désespoir, à répéter en boucle qu’il n’était pas cap.
Le Génie, pendant tout ce temps, n’avait rien dit. Un détail le tourmentait. Loreleï avait dit de « vous » faire justice. Pensait-elle à son frère et à Aeden ? Ou bien avait-elle fini par comprendre ? Est-ce que finalement Loreleï Hexe n’était pas si bête qu’elle ne voulait bien le faire croire ?
Il lui jeta un dernier regard avant qu’elle ne disparaisse tout à fait de son champ de vision. Des hommes l’emportaient, la portant sans grande déférence. Cette vision le révolta. Un sourire malsain et haineux se dessina sur ses lèvres.
« Moi j’en suis Cap, Lore. J’en serais Cap pour nous deux. C’est un serment. »
Et si quelqu’un, à ce moment précis, avait scruté les yeux de l’adolescent, il y aurait vu ce qui attendait l’Institut. Des flammes y brûlaient, et il n’aurait de cesse jusqu’à ce que l’île toute entière soit réduite en cendres.
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Médecin
Ven 25 Mai - 22:01
Pendant ce temps-là, Walter était dans son bureau et s'occupait de la permanence obligatoire pour les cas les plus grave. Trop de paperasses... De cas très particuliers... De maladies à éventuellement diagnostiquer...

C'est bien simple, il n'en pouvait plus et s'accordait un petit moment de repos bienvenu lorsque son dernier patient sortit de la salle d'auscultation. Il était vautré dans son fauteuil préféré et avait fermé les yeux. Il était zen.

C'est un grand bruit qui le réveilla en sursaut. Un grand bruit qui venait du dehors, comme un pétard qu'on aurait fait exploser. Encore à moitié endormi, Walter ouvrit la fenêtre et gueula :

- Un peu de silence, c'est possible ?

Énervé, il referma la fenêtre sans se rendre compte de toute l'agitation qui régnait au dehors et retourna s'assoir dans son fauteuil. Il allait en parler bientôt au boss si ça continuait comme ça...
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Fondateur
Dim 27 Mai - 13:16
ANNONCE:
Hola bande de mollets, l'event touche clairement à sa fin mais je souligne qu'il sera clôturé officiellement le vendredi 01 juin à minuit. Le délai de fin est dépassé depuis un moment et tout le monde part, donc je pense que ça laissera le temps à tout le monde de finir.
Merci à tous pour cette PLS générale ♥️




UNE PUNITION BIEN MERITEE


Chaque chose sur Terre avait sa place. Donatien s'était toujours appliqué à mettre les choses en ordre, à ranger, à contrôler. Oui, contrôler. C'était ça le plus important. La fourchette à droite de l'assiette, le couteau à gauche. Le gel douche senteur lavande sur son support à mi-hauteur des yeux, le support situé à gauche, surtout pas celui de droite ; et l'étiquette du gel douche tournée vers l'extérieur. Les chemises pliées sur le dernier étage de la penderie, les sous-vêtements au dernier étage. On sort du lit à 6h45 précises, on s'y couche à 21h45. Le thé au jasmin infusé pendant deux minutes à 65 degrés, pris sans sucre. Chaque.chose.à.sa.place.
Il y avait eu un matin où il avait dérogé à sa propre règle. Un matin où, réveillé avant l'heure réglée, il s'était levé à 6h40. Un matin où tout avait été décalé de cinq minutes. La douche. Le thé. L'arrivée dans le bureau. La séance de soins. La séance de la troisième patiente. Cinq minutes trop tôt. Comme le court-circuit. On n'y voit vraiment rien dans le noir.
Pour la deuxième fois en cinq ans, Donatien ne contrôlait plus rien. Lys, son beau Lys, son cher Lys, son précieux Lys, qui convulsait à terre. On aurait dit un animal amputé. Il n'aurait pas été étonné qu'elle se mette à baver et à beugler. Ses cris étaient inintelligibles de toute façon.
Ange Barrabil, un collègue de confiance, avait tué une patiente. Devant tout le monde. Donatien n'allait pas le dénoncer aux autorités. Il trouverait le moyen de blanchir Ange. Ce ne sera pas la balle qui aura tuée Z01 mais une maladie difficilement détectable. Un entretien avec la médecin de Z01, un dossier falsifié, une censure renforcée, et tout irait pour le mieux. Donatien n'avait pas envie de perdre un de ses meilleurs médecins. Et, on n'allait pas se mentir, mais désormais il possédait le talon d'Achille d'un des hommes qu'il pensait le plus inatteignable. S'il avait besoin d'une faveur un jour, Donatien saurait de quoi jouer.
Cela le rassura de retrouver du contrôle sur quelque chose. Pavot et Edelweiss, revenus vers lui, ne l'aidaient pas non plus. Donatien ne comprenait pas ce désespoir, ces larmes, cette effervescence négative. Des gens mourraient tous les jours, pas de quoi en faire un drame.
Il descendit de sa petite estrade. Son parapluie le suivait. Hors de question qu'une goutte le touche. Il fit signe à un surveillant de s'approcher et il lui demanda de prendre soin de ses patients, notamment d'aider Lys à revenir sur son fauteuil. Il ne voulait pas s'en charger personnellement. Gesticulant comme ça dans la terre humide, elle n'avait plus rien de pure. Elle se souillait. C'était répugnant.
Donatien passa au dessus d'elle, l'enjambant sans lui adresser un regard. S'il faisait comme si cela n'existait pas, alors peut-être que ça n'aura vraiment pas existé.
Puis il se retrouva face à sa secrétaire. De toutes les personnes, elle était celle qui l'avait le plus déçu. Il croyait en elle. Il lui accordait tellement de confiance qu'il la laissait prendre le contrôle sur une partie de son rituel matinal. Il lui montrait les dossiers de ses patients chéris, lui parlait d'eux alors qu'ils n'étaient qu'à lui. Il lui faisait confiance, et elle l'avait trahie. Malheureusement il ne pouvait pas la virer, elle était efficace comme secrétaire. Mais d'un long regard appuyé, il lui fit bien comprendre qu'elle l'avait déçu. Dommage pour elle, il aurait mieux valu le mettre en colère.
Il poussa un soupir et s'éloigna pour de bon.
Z01, une patiente à problèmes : décédée.
Ange Barrabil, le meurtrier : problème réglé d'avance.
Ses trois patients en larmes : loyaux malgré tout.
Dessanges, sa secrétaire : elle continuera de travailler pour lui.
Cette journée pouvait sembler anarchique mais Donatien veillait toujours à ce que chaque chose soit à sa place.




Donatien t'honore de sa parole en #0099ff
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X105
Ven 1 Juin - 1:28
Des médecins, sur l’estrade. Impérieux, souverains. Comme César observant son plus valeureux gladiateur partir dans la fosse pour sa gloire, Le Docteur Elpida regardait le Docteur Barrabil surplomber une adolescente et la menacer d’une arme. Un pistolet, ici, à quelques mètres de moi. Comment avait-on pu en arriver là ? Etait-ce un jouet pour faire peur aux enfants que nous étions ? Je le supposais naïvement.

Les gardes nous avaient rassemblés dans la cour, c’était « important ». Docile, j’avais suivi le courant des autres patients, comprenant vaguement que nous allions tous assister à une « punition publique ».  Répugné par le concept et arrivant tardif, je m’étais tenu à l’écart tout du long près des escaliers, derrière la foule amassée devant l’estrade. Je ne voulais pas voir cette fille se faire humilier frapper, ridiculiser. L’empathie rendait cette simple idée insoutenable et me tordait le ventre. Je voulais disparaitre, me téléporter dans ma chambre ou à la fenêtre, là-haut au deuxième étage, au-dessus des arbres et de cette vision irréelle. Je frémissais lorsque la foule scanda de colère en accusant le Docteur Barrabil de lâche. Pour des raisons qui m’était propre, je ne me joignais pas à la litanie, par peur d’être bien trop inspiré par d’autres adjectifs. Je cherchais ma belle mésange du regard, soudain inquiet que la vision de son médecin armé ne la plonge dans une terreur sans nom. Mais au milieu de cette met de patient, je ne percevais nulle part sa silhouette rassurante. Peut-être était-il alité, chanceux absent de cette réunion morbide.

Appuyé contre l’un des arbres, je jetais des coups d’œil aux gardes, guettant le bon moment pour me retirer sans recevoir de remarques. Concentré sur mes chaussons, m’enlaçant de mes bras, je n’entendais que des bribes des discutions qui se jouaient, inattentif. Les seules voix qui se portaient à mes oreilles étaient celles, familières, de mes compagnons invisibles. Des insultes, des râles. Nous voulions la même chose : que ça se termine vite.  

Un bruit me perça les tympans
, vrillant dans mes oreilles et se répercutant avec fracas sur les parois de mon crane. Je levais les yeux en direction de l’estrade.

La peur me glaça les entrailles cependant que je comprenais ce que mes yeux n’arrivaient pas encore à appréhender. Le docteur avait appuyé sur la détente. Il avait assassiné cette fille ; Cette patiente.

…tu… vous… les suivants….

Je l’avais vue s’effondrer, comme une poupée de chiffon qu’un enfant aurait laissé tomber au sol. J’étais loin, trop loin pour voir le sang se répandre sur la scène, mais ne devinais que trop bien l'issue de ce geste. Je me bouchais les oreilles et fermais les yeux à m’en faire mal, renvoyé en arrière par les cris de détresse qui s’élevait autour de moi. Ma gorge me brûlait. Peut-être étais-je en train de crier, moi aussi?

Je retirais doucement mes paumes de mes oreilles, laissant mes doigts s’échapper de l’emprise de ma tignasse sombre. Acculé dans le coin d’une pièce, dans le noir, je sanglotais, secoué de hoquets incontrôlable. Papa était dans le fauteuil, la tête entre les mains. Au dehors, un gyrophare bleu, lancinant, venait colorer la pièce de sa couleur criarde. Il y avait eu un bruit aussi, ce soir-là. Mais pas le bruit d’un coup de feu… je ne me souvenais pas. Je ne voulais pas m’en souvenir.


Je le vis surgir de la foule devant moi, de ce mur de spectateurs apeurés, indifférents ou dévasté. L’air s’enfuit de mes poumons tandis que j’exhalais, au bord de l’attaque de panique, et je m’accrochais immédiatement à cette vision comme mon cœur s’accrochait au bord de mes lèvres.  Prend ma main, emmène-moi loin, prenons la route car ceux qui prétendent avoir la solution ont perdu l’esprit. Mes yeux, écarquillés d’horreur et d’incompréhension, se remplissaient de larmes qui n’étaient pas pour moi. A qui pouvaient-elle bien servir ? Le jouet n’était pas un jouet, et quelqu’un était sans doute mort.

Swann ne me regardait pas, passant devant moi comme l’on passe devant un fantôme, et l’expression sur son visage me foudroya. J’aurais tout donné pour retirer ces images de sa tête, y laisser le ciel bleu, les avions en papier et mes dessins laids. Mais c’était impossible et j’étais englouti par une vague d’horreur contre laquelle je ne pouvais protéger personne, même pas moi. Sa main se resserra autour de mon avant-bras, alors que je le croyais aveugle à ma détresse. Soulagement. Et il m’emporta dans sa course, comme on ballote un corps sans vie.

Courir, dans une fuite inutile.
Courir nous lover dans le ventre-même du monstre qui avait mangé l’espoir.
Sans un regard en arrière.



There is only one kind of bird in my mind:




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