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22/09/2018
Modification des pourcentages révolutionnaires (cf. PA et heure supp')
16/09/2018 Ajout du bouton Discord qui avait disparu ;-;
02/09/2018 Nouvelle esthétique ! Informations ici !

Cachez ce sein que je ne saurais voir - pv la Cannibale

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X111
Alexander était allongé dans son lit, le regard perdu dans le vague depuis de longues heures. Cela faisait plusieurs jours qu’il n’était pas sorti de sa chambre, et même plusieurs semaines qu’il n’était pas sorti à l’extérieur puisqu’il avait été tout ce temps à l’infirmerie à soigner son hypothermie, ses diverses engelures et problèmes de santé liés au froid extrême qu’il avait dû affronter avec Aeden lors de… il aurait préféré y mourir. Il aurait préféré que ce maudit garde ne les trouve pas, tout au moins ne le retrouve pas parce qu’Aeden lui n’était peut-être pas du même avis puisque c’était lui qui avait appelé du secours, et mourir tranquillement d’hypothermie, s’endormir et ne jamais se réveiller. Il avait bien cru qu’il allait y arriver parce que Cap avait perdu connaissance à l’infirmerie et que le Génie s’était claquemuré dans son antre. Mais lorsqu’il avait repris connaissance, lorsque le Génie avait repris connaissance, il s’était repris et tout autour de lui avait l’air normal. Curieusement et douloureusement normal, comme si rien ne s’était passé. Pourtant tout avait changé.
La première chose qu’il avait faite avait été de s’informer de sa sœur, même si au fond de lui, il le sentait, elle n’avait pas pu s’enfuir. On lui confirma qu’elle avait été rattrapée. Alors il ne prononça plus un mot, faisant mine de se rendormir.
Cap depuis s’était fait très rare dans leur espace mental commun. Il s’isolait dans sa cabane, comme une âme en peine, et de très mauvaises ondes se dégageaient de sa zone à lui. Il avait essayé d’entrouvrir sa porte quelques jours plus tôt mais il s’était heurté à un visage dur.
« J’ai pas envie de te parler Génie. J’ai pas envie de parler à qui que ce soit alors fous moi la paix. »
Il lui avait reclaqué la porte au nez mais ce qu’il avait eu le temps d’apercevoir lui avait glacé le sang. Son bric-à-brac avait disparu. La pièce était entièrement vide à l’exception de quelques éléments accrochés au mur. Des photos, des portraits… Le visage de Lore. Partout. Alors, se sentant complétement démuni face à l’ampleur du désastre et du désespoir de Cap, il ne sut pas quoi faire d’autre que d’accéder à sa demande de le laisser tranquille. Il ne pouvait qu’espérer que le temps soulagerait sa douleur.
En attendant, il ruminait énormément. Il savait que cela était vain, mais il ne pouvait s’empêcher de chercher comment il aurait pu rectifier le plan pour qu’il fonctionne et il arrivait toujours à la même conclusion : il n’aurait jamais pu fonctionner. Il aurait dû convaincre tout le monde qu’il ne fallait pas agir mais son égo lui avait obscurci l’esprit et lui-même s’était retrouvé à croire qu’il y avait une chance pour que ça fonctionne. Il n’avait pas été assez lucide et sa confiance en ses facultés de stratège l’avait trompé.
Mais il savait que pour surmonter cette épreuve, il n’y avait qu’une solution. Trouver une routine et s’y tenir, jusqu’à ce qu’elle devienne naturelle, que tout se fasse sans accroc et que la vie retrouve ses droits. Et puis, ce n’était pas comme si Lore était morte n’est-ce pas ? Lorsque ce fut l’heure, il se leva donc péniblement, le corps encore tout endolori de leurs mésaventures pour se diriger d’un pas peu convaincu vers la cantine. Arrivé à destination, il attrapa son plateau qui déjà vide lui semblait trop lourd, le remplit péniblement sous le regard des dames de service et déposa le tout à la table la plus proche. Il n’aurait pas pu aller plus loin de toute façon alors heureusement qu’il était arrivé dans les premiers. Il s’effondra sur sa chaise et commença et tripatouiller dans son assiette. La cantine se remplit petit à petit, cependant personne ne vient s’installer à côté de lui. Il avisa Aeden dans la file d’attente qui évitait soigneusement tout contact oculaire avant de replonger un regard pensif dans son assiette. De toute façon, avec l’aura maussade qu’il devait dégager, personne ne s’approcherait de lui avant longtemps et ça lui allait très bien comme ça en fait. Il préférait la solitude de toute manière.
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Cachez ce sein que je ne saurais voir

+ Avec Alexander Hexe +

La Cannibale avait trois informations sur X111  : il s'appelait Alexander Hexe, souffrait d'un dédoublement de la personnalité et  l'une d'entre elles s'appelait « Le Génie ». La Cannibale se posait naturellement la question suivante : était-ce un nom donné par les médecins pour les différencier, ou cette personnalité-là avait-elle les chevilles suffisamment gonflées pour s'auto-nommer ainsi ?
Quoiqu'il en soit, c'était les seules informations qu'elle avait pu capter dans le bureau de Ange, ce dernier ne lui ayant pas laissé assez de temps pour qu'elle fouille plus longtemps, sortant de sa douche plus tôt que prévu. Mais c'était la première fois en deux ans qu'elle arrivait à avoir des informations, alors elle n'allait pas s'en plaindre.
Pourquoi la Cannibale s'était-elle renseignée sur X111 ? A vrai dire, il était le seul dossier de patient qu'elle avait entre-aperçu, et elle était très curieuse : pourquoi donc « Le Génie » ? Cela faisait deux ans qu'elle avait pris la résolution de ne pas se laisser bouffer par son cœur, de vivre au jour le jour et de profiter. Deux ans qu'elle prenait le risque de jouer avec sa greffe. Deux ans qu'elle s'était promis la chose suivante : elle devait sortir d'ici, et tous les autres aussi. Elle était tombée sur le dossier du jeune X111 il y a plusieurs mois de cela et même si c'était le seul qu'elle avait vaguement lu, il lui avait semblé assez intéressant. Elle savait que seule, elle n'y arriverait pas. Il lui fallait des alliés. Elle allait donc cuisiner ce X111 afin de mieux le connaître.
Aujourd'hui était une bonne journée pour se trouver des camarades. Elle avait passé ce dernier mois allongée, branchée à une machine pour respirer. Elle avait maigri, pâli, et avait beaucoup trop dormi. Elle avait la sensation de sortir d'un coma. Vaseuse pendant deux semaines, elle était sortie petit à petit. Elle avait d'abord fais des allers-retours dans le couloir, le lendemain s'était assise dans la cour,etc. Et aujourd'hui, elle avait enfin repris des couleurs.
La cantine était le meilleur endroit pour croiser X111. Elle s'y était posée dès l'horaire d'ouverture, assise à une table reculée où elle pouvait sonder l’entièreté de la salle. Malheureusement, sur la photo, le monsieur était un gringalet qui passait plutôt inaperçu (il n'y avait que ça ici, des maigrichons) alors il ne serait pas aisé de le repérer.
C'est alors qu'elle le vit dans la foule. Pas très grand, pas très gras, pas très vivant. De sa position lointaine, la Cannibale percevait un vide dans ses yeux, quelque chose d'absent dans sa démarche. Malgré cette première mauvaise impression, la blonde esquissa un sourire satisfait : ce type cachait bien son jeu. Difficile à deviner que deux personnalités se partageaient la garde de ce corps. A qui allait-elle avoir affaire ?
Elle le regarda s'asseoir, solitaire. Monsieur n'aimait pas la compagnie ? Dommage, quelqu'un l'accompagnerait pour son repas.
Elle saisit juste son dessert (un yaourt aux fruits) et sa cuillère avant de rejoindre l'adolescent. Elle vint à lui lentement, d'une allure déterminée. Ses hanches roulaient à chacun de ses pas, sensuelles et provocantes. Tout en marchant, elle prit soin de déboutonner le haut de son t-shirt, dévoilant ainsi un décolleté énigmatique : où ces courbes menaient-elle ? De ses clavicules, on n'en voyait pas le début, juste leur fin sous une peau parfumée. La naissance de sa poitrine n'était alors que suggérée par les rondeurs dessinées sous le tissu.
Il était seul à une table ronde. Elle aurait pu s'asseoir en face de lui, ou laisser une chaise entre eux, mais elle ne fit rien de cela. Déjà : elle vint dans son dos. Elle fit passer sa main par dessus son épaule, ne l'effleurant pas mais c'était tout comme, et déposa son dessert juste à côté de son plateau. Sans prévenir, elle tira la chaise juste à côté de lui et vint s'asseoir, son genou caressant le sien. Une jambe croisée sur l'autre, elle ouvrit  avec nonchalance son yaourt, replaça une mèche platine derrière son oreille et, sans un regard pour son interlocuteur, un sourire taquin sur les lèvres, elle dit :

« Jouer à nouveau aux bandits et aux voleurs avec ma sœur, une part de cheesecake avec un coulis fruits rouges et c'est cliché, mais pourquoi pas un voyage à l'autre bout du monde. »


Elle prit une première cuillère de son dessert lacté avant d'enfin lever ses yeux acides vers son interlocuteur, plus sérieuse cette fois. C'est alors qu'elle perçut dans son regard à lui quelque chose qui dénotait avec ses épaules affaissées et son visage tiré, quelque chose de plus tranchant, comme une lueur brillante.

« Alors le Génie, maintenant que je t'ai trouvé, tu n'exauces pas mes trois souhaits ? »

Imposer la conversation. En dévoiler sur soi, mais pas trop. Montrer qu'elle savait qui il était (plus au moins). Oui, c'était plutôt bien parti.




Au mauvais moment, au mauvais endroit
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Le Génie tripatouillait pensivement dans sa purée. Il n’avait pas faim, et en plus, il n’aimait pas la purée. Pourtant, il devait se forcer. Une portion après l’autre, il portait sa fourchette à la bouche, sans grande conviction. D’ordinaire, c’était plutôt Cap qui s’occupait de nourrir leur corps. Lui, il le faisait avec plus d’enthousiasme. Pour le Génie, manger, c’était juste pour ne pas mourir. Parce que le corps avait besoin de son carburant quotidien. Et parce que comme tout le monde, il réfléchissait moins bien l’estomac vide et qu’il aimait beaucoup trop réfléchir pour se priver de ses capacités intellectuelles. Il se forçait à avaler une énième bouchée de cette infecte purée lorsqu’il sentit une présence dans son dos qui l’électrisa. Il ignorait pourquoi mais tous ses sens se mirent en alerte. Une main entra dans son champ de vision, munie d’un pot de yaourt, puis une silhouette s’installa juste à côté de lui, entrant dans son champ de vision périphérique. Il ne daigna pas tourner la tête.
Quoi ? Qui venait s’installer à sa table ? C’était difficile de comprendre qu’il voulait être seul ? Il ne pouvait pas mieux faire comprendre qu’il ne voulait pas de compagnie. Et puis, il était tôt, la cantine était encore à moitié vide, il y avait plein d’autres tables de libre.
Il déposa sa fourchette sur son plateau et entreprit de dépecer une tranche de pain, sans un mot. Normalement, s’il restait froid et distant, la personne comprendrait qu’elle était indésirable et s’en irait. Enfin. Si elle avait un minimum de civilité. Il était donc en train d’ôter la croûte de son pain, puisque comme d’habitude il ne mangeait que la mie, lorsqu’un genou entra en contact avec le sien. Là, c’en était trop. S’asseoir à côté de lui passait encore mais faire se rencontrer leurs deux entités corporelles alors qu’il n’avait rien demandé, ce n’était pas tolérable. Il leva les yeux sur l’intrus.
Qui s’avéra être une intruse.  Il la dévisagea sans aucune politesse – question de réciprocité – le regard dur et passablement agacé. Elle ne le regardait pas. C’était qui, cette blonde sans gêne, qui venait l’importuner sans même lui adresser un regard ? Pour qui elle se prenait avec cet insupportable sourire mutin aux lèvres ?
Il rompit sèchement le contact physique en basculant ses jambes de l’autre côté de sa chaise, lui tournant à moitié le dos. Il allait terminer son assiette et s’en aller, sans lui accorder la moindre once d’attention.

- Jouer à nouveau aux bandits et aux voleurs avec ma sœur, une part de cheesecake avec un coulis fruit rouge et c'est cliché, mais pourquoi pas un voyage à l'autre bout du monde.

Même s’il s’était promis de ne pas lui accorder d’attention, le Génie ne put s’empêcher de chercher du sens à ces mots. Il n’en trouva pas. On aurait dit une succession de mots aléatoires piochés dans le dictionnaire. Ou elle parlait très mal anglais – mais l’accent britannique qu’il y distinguait rendait cette option peu probable – ou elle était débile, ou elle essayait de capter son attention. Mais pour quoi faire ? Il soupira. Très bien. Il allait voir ce qu’elle voulait, lui ferait comprendre que quoi que ce soit, ça ne l’intéressait pas et ensuite, il retournerait au calme dans sa chambre. Il posa donc sa tartine entamée sur son plateau, en prenant bien soin d’aligner l’angle droit du pain et du support sur lequel il reposait, en bon maniaque qu’il était, et releva les yeux sur elle avec un éclat de défi. Leurs regards se confrontèrent et lui confirma ce qu’il avait déjà supposé. Elle était loin d’être débile. Elle savait parfaitement ce qu’elle faisait. Et ses yeux clairs brillaient d’amusement et de détermination.

- Alors le Génie, maintenant que je t'ai trouvé, tu n'exauces pas mes trois souhaits ?

Il haussa un sourcil, seul témoin de sa surprise. Elle connaissait son nom ? Bon. D’accord. Il lui accordait au moins ça. Elle avait vraiment réussi à capter son attention, et d’une façon brillante. Presque à sa hauteur. Il ramena ses jambes vers elle, pour lui faire face, en prenant néanmoins soin de ne pas la toucher, et appuya délicatement son menton sur ses mains croisées.

- Jamais des gens dont j’ignore l’identité. Répondit-il sobrement.

Il ignorait pourquoi, mais il sentait qu’une joute s’installait tranquillement entre eux deux. Etait-elle venue pour ça ? Pour lui lancer un défi ? Si c’était le cas, elle allait être servie. Même diminué, peu de personnes pouvaient rivaliser avec lui, c’était un fait. Un sourire assuré mais imperceptible releva l’une de ses commissures. Il lui suffisait de lui faire comprendre à qui elle avait à faire et il pariait que d’ici dix minutes, elle allait battre en retraite. Il était un spécialiste dans l'art de décourager les gens qui pensaient avoir la capacité de tenir une conversation avec lui.
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Amusée, la Cannibale posait son regard sur les moindres faits et gestes du Génie (parce que visiblement elle avait affaire à lui). Son assiette entamée ne disait pas grand chose sur sa personnalité, en revanche qu'avait fait cette pauvre tranche de pain pour mériter un tel sort ? Le garçon était-il agacé, ou alors était-ce simplement une question de goût ? Était-il comme ces enfants difficiles qui ne mangeaient que la mie du pain ?
Puis elle le vit aligner chaque chose sur son plateau, comme si tout ce qui était dessus avait une place attitrée. Il y prenait tellement de soin qu'elle pouvait presque deviner un contour dessiné pour indiquer leur position : alors le pain tu vas à gauche, l'assiette tu restes au centre mais pas trop et la fourchette si tu te décales encore une fois d'un millimètre je te tue.
Mais bref, elle avait attiré l'attention de son interlocuteur et c'était l'essentiel. Il avait refusé le contact tout à l'heure (pauvre chéri, deux genoux qui s'effleurent et c'est la fin du monde ?) mais était désormais tourné vers elle. Un garçon renfermé ? Solitaire ? Peu tactile ? Mais dès qu'on le titillait un peu qui se réveillait ? A creuser, mais X111 promettait.

« Jamais des gens dont j’ignore l’identité. »

Elle sourit. Bien joué. Belle façon de lui demander de se présenter. La formule était concise mais claire. Soit elle lui disait ce qu'elle faisait là et il l'écoutait, soit elle se taisait mais n'obtiendrait rien de lui.
A son tour, singeant son camarade, elle appuya son menton sur ses mains, rapprochant son visage du sien. D'ici, elle pouvait mieux percevoir les nuances grisées de ses yeux, c'était fascinant. Elle avait vu beaucoup d'yeux bleus, beaucoup de marrons, beaucoup de gris-bleu, mais rarement une couleur aussi affûtée.
Par contre, hors de question de lui révéler de suite qui elle était. Elle voulait le tester, le faire réagir, savoir de quoi était-il capable.

« Je suis sûre que tu sais qui je suis. Tu veux deviner ? »


Elle n'en dit pas plus, mais ne put s'empêcher de poursuivre ses taquineries. Sans quitter son regard, s'y engouffrant de plus en plus, elle fit courir lentement ses doigts sur la table. Là, elle les fit grimper sur le plateau et de l'index, poussa légèrement l'assiette, la faisant changer de place. Elle mima la surprise (et c'était évident que cette surprise était jouée).

« Oups, je n'ai pas fais exprès.»

Ça, elle l'avait susurré. Ce pauvre garçon lui avait déjà montré un toc, un truc duquel elle pouvait jouer. Dommage pour lui, elle était en pleine forme aujourd'hui et elle ne démordrait pas. Alors, est-ce qu'il tiendrait une conversation avec elle pendant plus de dix minutes ?




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La fille en face de lui sourit face à sa réplique courte et froide. Il haussa un sourcil. Avait-il dit quelque chose d’amusant ? Il ne lui semblait pas. Il la regarda approcher son visage du sien, imitant sa posture, et fut tenté quelques instants de reculer mais ne le fit pas. Il sentait que s’il laissait le moindre centimètre d’espace à son adversaire, il le paierait d’une façon ou d’une autre. Il ne devait pas se laisser envahir. Il était sur son territoire. Alors il pencha légèrement la tête sur le côté, dans un mouvement faussement négligé, comme si elle ne l’impressionnait pas le moins du monde.
Et pourtant ce regard… Elle avait des yeux clairs et c’était tout ce qu’il pouvait en dire. Est-ce qu’ils étaient bleus ou bien verts ? Ils étaient… reptiliens. Si Cap avait été là, il les aurait sûrement comparés à ceux de Kaa dans le Livre de la Jungle. Il devrait faire attention à ne pas succomber à leur pouvoir hypnotique.

- Je suis sûre que tu sais qui je suis. Tu veux deviner ?

Il eut une expression amusé. Elle avait l’air bien sûre d’elle. Se pensait-elle vraiment si importante qu’il devait nécessairement savoir son identité ? C’était bien prétentieux… Avait-elle raison de l’être ?
Il sentit plus qu’il ne vit sa main s’engouffrer dans son espace. Qu’est-ce que … ? Il comprit une fraction de seconde trop tard ce qu’elle avait en tête. Par réflexe, il intercepta sa main mais le méfait était commis. Son sourire se crispa. Il n’aurait pas dû. Ce réflexe lui confirmait cette faiblesse qu’elle avait déjà remarquée : il était maniaque. Furieusement maniaque. Comment avait-elle aussi vite compris ? Tant pis. Ce qui était fait était fait. Il devait assumer. Il garda sa main sur la sienne, la bloquant entre lui et la table.

- Oups, je n'ai pas fait exprès.
- Je n’en doute pas. La Cannibale.

Sa voix avait été tranchante, sans appel, sur un sourire de prédateur. Il avait articulé son nom avec détachement, comme si ça n’était qu’une anecdote, et que pourtant elle ne puisse avoir aucun doute sur ce qu’il avait dit. Ca ne pouvait être qu’elle. La légendaire Cannibale, si on en croyait la rumeur. Il ne pouvait y avoir qu’elle pour prétendre qu’il la connaissait forcément. Et elle correspondait assez bien à l’image qu’il avait pu se faire d’elle somme toute. Assurée voire arrogante, l’esprit affutée et… sexy.
Il réalisa alors qu’elle s’était placée de façon à lui mettre pile son décolleté sous son nez et qu’avec sa main sous la sienne de loin on pouvait croire que… Non. Il ne devait pas. Il devait rester calme. Cap n’était pas là mais il pouvait gérer la situation. De toute façon il n’avait pas le choix. Alors il maintint encore le contact oculaire quelques instants, pour ne pas avoir l’air de se défiler, avant de le rompre et de retirer sa main, comme s’il ne la récupérait que parce qu’il en avait besoin pour se resservir un verre d’eau. Il le but lentement, gorgée par gorgée, pour se donner le temps de ravaler son trouble. La fraîcheur de l’eau l’aida à se reprendre.

- Donc jouer aux bandits et aux voleurs avec ta sœur, une part de cheesecake coulis fruits rouges et le voyage cliché au bout du monde. Très bien. Je note.


Une affection particulière pour sa sœur donc, une gourmandise exacerbée en matière de pâtisserie et une sérieuse envie de se faire la malle loin de cette île. Lui aussi pouvait collecter des informations sur ses faiblesses. Même si tout en parlant, il avait discrètement remis son assiette bien à sa place. Il entama son yaourt et commença à le manger avant de jeter de nouveau un œil à la fille de la rumeur.

- Tu ne t’attends pas à ce que tes vœux se réalisent maintenant, j’espère ?

Ce serait on ne peut plus naïf et décevant...
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Il avait attrapé sa main. Lui qui avait esquivé son genou tout à l'heure avait saisi sa main. Il n'était pas juste maniaque, il était carrément maniaque. C'était presque attendrissant venant de quelqu'un qui avait paru méfiant, révélant ainsi un toc presque prévisible finalement. La Cannibale ne sut expliquer pourquoi elle lui trouva ce côté touchant. Peut-être parce qu'il paraissait moins inaccessible et donc plus humain ?

« Je n’en doute pas. La Cannibale. »

Elle haussa les sourcils de surprise. Maintenant il l'impressionnait. Ce garçon était plein de surprises. Tant mieux ... on allait s'amuser.
Elle se demanda bien ce qu'il savait sur elle. Pensait-il qu'elle avait tué quelqu'un ? Plusieurs personnes ? Ou alors il était assez intelligent pour savoir que ce n'était que des rumeurs et qu'on pouvait difficilement les croire authentiques ? Elle était curieuse de l'interroger à ce sujet.
Il y eu un moment de flottement où leur regard ne se lâchèrent pas, et où leurs mains se s'étaient toujours pas séparées. La Cannibale appuya cet échange, moins malicieuse et plus intéressée. Elle voulait faire connaissance avec ce garçon. Il ne semblait pas mauvais, était plutôt drôle avec ses manies, et la blonde était persuadée qu'elle ne s'ennuierait pas avec lui à ses côtés. Elle était venue pour tester le terrain, se faire un allié, mais elle n'allait pas cracher sur une amitié. Certes, elle ne savait pas comment s'y prendre étant donné que la seule amie qu'elle n'ait jamais eu fût sa sœur, mais elle était confiante désormais. Elle se débrouillerait d'une façon ou d'une autre.
Le Génie (c'était prétentieux de l'appeler comme ça, elle aimerait bien lui trouver autre chose comme appellation) rompit le contact physique. Elle ne l'embêta pas là-dessus. Elle aurait pu venir lui chatouiller la peau mais elle ne voulait pas pousser le vice trop loin. Et puis, son interlocuteur devenait bavard, elle n'allait pas gâcher ça avec ses taquineries.

« Donc jouer aux bandits et aux voleurs avec ta sœur, une part de cheesecake coulis fruits rouges et le voyage cliché au bout du monde. Très bien. Je note. »

Elle pouffa doucement, les joues un peu roses. Le genre de petit gloussement gêné. Elle assumait parfaitement ses propos antérieurs, mais la façon dont l'adolescent les tournait avait quelque chose de plus ... intime. Comme s'il devinait à travers quelques mots une partie d'elle. Ça ne l'embêtait pas, mais elle se retrouvait un tantinet intimidée.
Il avait remis en place l'assiette. Le geste avait été minime, et s'était peut-être voulu discret, mais La Cannibale ne cessait de zieuter le plateau depuis quelques minutes, attentive à sa maniaquerie.

« Tu ne t’attends pas à ce que tes vœux se réalisent maintenant, j’espère ? »

Oh et puis non, c'était trop tentant de l'embêter ! La Cannibale ignorait à quoi ressemblait la seconde personnalité, mais tant qu'elle avait celle-ci sous le coude, elle ne s'empêcherait pas de s'amuser un peu ! (Elle s'interrogea d'ailleurs ... Est-ce que la seconde personnalité l'apprécierait elle ? Est-ce qu'elle se souviendrait de cette conversation ?)
Elle se pencha légèrement en avant, faisant courir ses doigts autour de l'assiette. Ils l'effleuraient parfois mais ne l'avait pas faite bouger... Pas encore ...
Puis, d'une voix langoureuse, elle susurra sa réponse:

« Ne t'inquiète pas, chaton, je te laisse le temps de finir ton yaourt. Les deux premiers me tiennent à cœur mais ne pressent pas. Le dernier en revanche ... »

Là, elle devint plus sérieuse. Les intonations chantantes dans sa voix étaient devenues plus basses et l'étincelle amusée sur son visage s'était effacée. C'était bien beau de se la raconter, mais il fallait tout de même qu'elle vérifie qu'ils étaient dans le même camp. Comment tourner la chose sans être trop explicite sur ses propres intentions ? Exercice difficile. Peut-être que, pour le coup, elle pouvait jouer la carte de l'honnêteté ? Essayer la confiance ?
Elle soupira. Non, elle ne voulait pas se prendre la tête avec ça. Elle se rappela son but initial : faire connaissance avec X111/Alexander/Le Génie/Chaton.
Elle recula donc, une jambe croisée sur l'autre et entama (enfin) son propre yaourt avec une certaine nonchalance.

« Donc tu sais que je suis La Cannibale. Je serais très curieuse de savoir comment tu le sais, et ce que tu penses de moi. D'ailleurs, tu as quelle version des faits ? »

En venant ici, elle pensait être la gagnante de cette conversation mais finalement, peut-être que Alexander en savait autant sur elle qu'elle en savait sur lui.




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La blonde eut l’air surpris. Le Génie eut un petit rictus suffisant. La Cannibale. C’était donc bien elle. Qu’est-ce qu’elle croyait ? Son surnom n’était pas usurpé. Contrairement à ce que ces premiers mots avaient affirmés, il n’était pas un génie façon Génie de la lampe mais il ne faisait aucun doute qu’il en était bien un. Façon Einstein.
D’ailleurs, le fait d’avoir vu juste sur son identité avait eu l’air de la faire changer d’attitude. Elle avait l’air soudain plus mature. Plus sérieuse. Comme si cette révélation avait soudainement changé l’enjeu de la conversation. C’était sûrement d’ailleurs le cas. Elle était venue en se pensant dans une position de supériorité qu’elle lui avait balancée à la figure avec son nom et ils se trouvaient désormais sur un pied d’égalité. Très bien. Il était satisfait de la tournure des choses. Maintenant, elle allait vite déchanter et s’en aller. Peut-être n’aurait-il même pas besoin de lui exposer à quel point elle était loin du compte en s’imaginant qu’elle allait pouvoir le surplomber.
Cependant, la façon qu’elle eut de pouffer comme une adolescente face à son crush le dérouta. Il s’était contenté de répéter ce qu’elle lui avait dit alors pourquoi cette réaction ? Est-ce qu’il… l’impressionnait ? Il ne savait pas trop le comment du pourquoi mais… ça lui plaisait. De l’impressionner. Enfin, il aimait toujours montrer à quel point il était génial mais là, ce n’était pas tout à fait pareil. Il ne savait pas quoi en penser. Lorsqu’elle se pencha de nouveau vers lui, il faillit perdre de nouveau ses moyens.

- Ne t'inquiète pas, chaton, je te laisse le temps de finir ton yaourt. Les deux premiers me tiennent à cœur mais ne pressent pas. Le dernier en revanche ...

Elle était si près qu’il sentait son souffle contre son oreille descendre jusque dans son cou, faisant de nouveau monter sa confusion. A vrai dire, il entendit des sons sans pouvoir y donner un sens. Il n’y faisait pas attention. Il ne remarqua même pas ses doigts qui couraient de nouveau sur le rebord de son assiette qu’il avait pourtant pris tant de soin à remettre en place.
Il faisait soudainement chaud ici, non ? Il déboutonna le bouton qui fermait le col de son uniforme, tirant légèrement dessus pour se donner de l’air. Mauvaise idée. Quelques mèches blondes s’y engouffrèrent, lui chatouillant la gorge.
Lorsqu’elle s’éloigna, il réalisa qu’il s’était presque mis en mode apnée. Il essaya de rassembler ses esprits, profitant du fait qu’elle entamait son yaourt pour l’observer, essayant de ne pas laisser paraître son trouble. Bon sang. Pourvu qu’elle ne s’en aperçoive pas. Elle serait capable de l’utiliser contre lui. Il tenta donc de se reprendre en s’attachant à décrypter son physique, à la recherche d’indice capable de l’aider à la cerner. Cependant, il n’était pas suffisamment concentré pour cela et ne put que constater la présence d’une cicatrice dans son décolleté. Des problèmes cardiaques ? Songea-t-il en relevant brusquement les yeux – il ne voulait pas avoir l’air d’un pervers ou même de s’intéresser.

- Donc tu sais que je suis La Cannibale. Je serais très curieuse de savoir comment tu le sais, et ce que tu penses de moi. D'ailleurs, tu as quelle version des faits ?

Il eut un sourire satisfait. Visiblement, il avait également son attention. Elle voulait savoir ce qu’il pensait d’elle ? C’était un peu griller les étapes non ?

- Et bien, pour avoir une telle prétention, ça ne pouvait être que la légendaire Cannibale. J’ai entendu plusieurs versions contradictoires. Mais qu’importe lesquelles puisqu’elles ne sont que des rumeurs n’est-ce pas ?

Pour certains elle avait causé la mort d’un patient, pour d’autres, celle d’un médecin. On racontait qu’elle était magnifique et dangereuse, autant qu’elle était tellement laide qu’elle était obligée de rester enfermée dans sa chambre. Toute rumeur avait un fond de vérité mais à son humble avis, dans le cas de la Cannibale, tout avait été tellement monté en épingle qu’il ne devait plus beaucoup y avoir de faits vérifiables dans cette histoire.

- Les légendes ne m’intéressent pas. Ce sont des contes pour enfants. Je me fiche de ce que l’on raconte sur toi, je préfère me faire mon propre avis.

C’était cash. Et surtout, c’était un revirement de situation. Le Génie ne songeait plus à se débarrasser de cette blonde qu’il avait au premier abord encombrante. Ce n’était pas n’importe quelle blonde : elle avait donné naissance à un mythe. Alors elle devait être un minimum digne d’intérêt.

- Comment as-tu su mon nom ? Et quel est le tien ?

Une chose remonta brusquement à la surface de son esprit, lui faisant ajouter.

- Et je ne m’appelle pas « chaton ».

Pour qui elle se prenait ?

HRP:
Je me suis un peu avancée pour la cicatrice. Si ça te dérange, fais le moi savoir je changerais Smile
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Le yaourt n'était pas particulièrement bon, n'était pas spécialement mauvais. C'était un yaourt à l'arôme artificiel de vanille comme on pouvait en voir dans les rayons de supermarchés. Pourtant, la Cannibale s'amusait à le déguster comme si elle avait dans la bouche la douceur du meilleur gâteau du monde. Rien dans son comportement n'était trop exagéré ou vulgaire. Elle n'en était pas à lécher goulûment sa cuillère, les bruits de salive en accompagnements. Mais elle prenait plus de temps que nécessaire pour amener la bouchée jusqu'à ses lèvres, pinçant ces dernières entre elles avec langueur, sa langue passant parfois « discrètement » sur le coin de sa bouche afin d'essuyer les traces de yaourt restantes. Elle se délectait de son petit jeu tout en écoutant avec attention le Génie.

« Et bien, pour avoir une telle prétention, ça ne pouvait être que la légendaire Cannibale. J’ai entendu plusieurs versions contradictoires. Mais qu’importe lesquelles puisqu’elles ne sont que des rumeurs n’est-ce pas ? »

Son visage devint la confusion de deux émotions. D'abord ses sourcils se levèrent de surprise ... elle, prétentieuse ? Vraiment ? C'était la première fois qu'on l'affublait d'un pareil qualificatif. Et ses joues se tintèrent de rouge ... Légendaire ? Vraiment ? Elle savait qu'il y avait quelques rumeurs ici et là, mais elle ne se serait pas attribuée le terme « légendaire ». C'était à la fois flatteur et déstabilisant.

« Les légendes ne m’intéressent pas. Ce sont des contes pour enfants. Je me fiche de ce que l’on raconte sur toi, je préfère me faire mon propre avis. »

L'attitude de la Cannibale vira soudainement. Si elle se dandinait sur sa chaise depuis tout à l'heure, timide mais déterminée ; elle était désormais droite comme un i. Elle avait reposé son dessert si peu entamé ( ce qui se comprenait vue le temps qu'elle prenait à avaler une seule bouchée) et s'était légèrement penchée en avant. Elle était à la fois curieuse et révoltée. Sa façon de parler des légendes ... A croire que ce garçon avait déjà enterré son âme d'enfant, et en avait même fait le deuil. Il avait l'air bien pragmatique. Du genre : « mon avis, et seulement mon avis, compte ». C'était définitif, le Génie c'était bien trop pompeux. Chaton c'était beaucoup plus mignon et moins condescendant. Dommage qu'il n'ait pas réagi à ce sujet tout à l'heure, car elle aurait bien voulu le chambrer là-dessus ... Peut-être qu'elle pouvait lui trouver un surnom encore plus mièvre ?
Elle allait réagir, le menton levé, sachant qu'elle ponctuerait sa phrase d'un dégoulinant chatonounet mais son interlocuteur lui coupa l'herbe sous le pied.

« Comment as-tu su mon nom ? Et quel est le tien ? Et je ne m’appelle pas " chaton ".»

Le sourire narquois avait fait son retour sur le visage de la blonde. Très bien, elle notait ... Môsieur n'appréciait pas ses adorables surnoms. C'était beaucoup trop intéressant de le voir réagir là-dessus. Lui avec ses cheveux sur l'arrière du crâne, l'air mature et l'attitude adulte, était trahi par un mignon petit chaton. Il paraissait soudainement plus boudeur, réagissant comme un enfant demandant à sa mère d'arrêter de lui faire honte devant ses copains.
C'est alors qu'elle tilta : il lui demandait son nom ? Vraiment ? Personne ne lui demandait son prénom ... Entre les médecins qui l'appelait X50 et le reste qui disait La Cannibale, elle en oubliait parfois qu'on l'avait baptisée Ophelia.
Elle se racla la gorge, tentant de reprendre contenance. Elle sut rattraper rapidement cette seconde de fragilité, celle où elle laissât entrevoir une fêlure. Il suffisait d'un battement de cils pour focaliser de nouveau le regard et d'un mouvement de cheveux nonchalant.

« Pour ton nom ... Disons que j'ai mes sources. Je n'ai pas vraiment chômé ces dernières années, chaton. »

Cette phrase était relativement révélatrice. Elle lui sous-entendait quand même son désir de bouger les choses.
Elle avait clairement évité la question de son prénom. Et, définitivement sérieuse, elle scruta les alentours. On déjeunait sans vraiment se soucier d'eux. Personne à leur table non plus. Elle prit donc une inspiration et se pencha de nouveau. Elle regardait le Génie dans les yeux sans ciller, preuve de son implication dans ce qu'elle allait dire. Elle avait le cœur (ce petit con) qui battait la chamade. Une de ses premières interactions avec un patient, et tout un enjeu dans ce qu'elle allait lui confier. Elle avait voulu oublier tout ça, juste essayer de lier un lien... Mais on n'oubliait pas facilement l'institut.
Sa voix se fit plus basse, plus grave.

« Ecoute, je sais pour ta sœur. J'ai entendu dire qu'elle avait essayé de s'enfuir ... »

Elle se mordit la lèvre. Cette information, elle n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Difficile de ne pas savoir qu'une patiente de l'asile avait essayé de s'échapper de l'asile en pleine tempête de neige. Surtout quand c'est votre amant qui la retrouve ...

« Et je me doute bien qu'elle n'a pas réussi à faire ça d'elle-même. Quelqu'un a dû l'aider. Quelqu'un d'assez malin, d'assez intelligent, d'assez ... ingénieux.»

Elle s'avançait peut-être un peu trop. Tout cela n'était que des suppositions. Elle avait réagi seulement lorsqu'elle avait vu le nom de famille du Génie sur le dossier. Un type plutôt malin, qu'elle pourrait manipuler s'il ne voulait pas rejoindre son camp et l'aider ... Mais qui s'avérait assez sympathique et qui l'avait déstabilisé. Pendant un moment, elle avait volontairement nié son but initial.
Elle n'en révéla pas plus. Si elle parlait encore, elle craignait de trop se dévoiler. Elle n'était pas encore sûre de sa façon de faire ... Après tout, c'était la première fois qu'elle se comportait ainsi ... Elle avait toujours été un peu timide et introvertie. Elle voulait changer, devenir plus forte, être à la hauteur des rumeurs ! Mais on ne devenait pas une légende du jour au lendemain.

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pas de soucis !! De toute façon, avec son décolleté, impossible de ne pas voir la cicatrice je suppose ! Et ouais, moi de mon côté, j'ai changé de code XD



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Le fait qu’il lui demande son nom sembla semer le trouble chez la Cannibale. Ce fut surtout cela qu’il nota de ses réactions à ses mots, bien qu’il ait remarqué également son indignation face à son opinion sur les légendes – ce qui ne l’étonna que très peu de la part d’une fille dont l’un des vœux le plus cher était de jouer de nouveau avec sa sœur aux bandits et aux voleurs. Pourquoi cette hésitation par rapport à son prénom ? Un problème avec ? Ce n’était pas comme s’il lui avait demandé quelque chose d’aussi intime que son tour de poitrine ou… Non. Stop. Ne pas penser à ça, surtout pas. Enfin, sa poitrine méritait qu’on la remarque hein ? Après tout c’était difficile quand elle vous la mettez à ce point sous le nez mais… Ouh la la, il s’égarait. Ne pas penser on a dit. Ne pas penser, pauvre fou ! Sinon tu vas encore te mettre à virer rouge tomate comme le dernier des imbéciles ! Oui voilà, c’est ça. Remonte tes yeux, regarde-là directement dans les yeux ce sera plus sûr d’accord ? Voilà, c’est mieux. Ne pas penser à ce qui se trouve en dessous.

- Pour ton nom ... Disons que j'ai mes sources. Je n'ai pas vraiment chômé ces dernières années, chaton.

En entendant le chaton qui ponctuait sa phrase, il haussa un sourcil indigné. Soit il n’avait pas été assez clair – mais dans ce cas il ignorait comment il pouvait l’être plus – soit elle le faisait exprès – et c’était franchement mesquin.

- Je m’appelle le Génie. Alexander, à la rigueur. Insista-t-il.

Cependant, ça ne l’avait pas empêché de remarquer qu’elle avait éludé ses deux questions. Qu’à cela ne tienne. Il mènerait sa propre enquête seul. Il s’autorisa un regard furtif vers sa poitrine, juste le temps de prendre en note son numéro et de le remonter aussitôt, ce bref aller-retour l’ayant déjà rendu un rien rougissant. Bon sang. Il fallait vraiment que Cap se reprenne, à cette allure il n’allait pas tenir la journée. Il y avait bien une raison pour laquelle c’était lui qui gérait les situations sociales d’habitude !

- Ecoute, je sais pour ta sœur. J'ai entendu dire qu'elle avait essayé de s'enfuir ...

Le visage du Génie se ferma mais il ne lâcha pas le regard qu’il avait de nouveau planté dans le sien. Malgré le fait qu’elle se soit de nouveau rapprochée plus que nécessaire, le sérieux qu’il lisait dans son regard et l’évocation de Loreleï avait instantanément calmé ses hormones en ébullition.

- Et je me doute bien qu'elle n'a pas réussi à faire ça d'elle-même. Quelqu'un a dû l'aider. Quelqu'un d'assez malin, d'assez intelligent, d'assez ... ingénieux.

En tout cas, il ne fallait pas l’être pour faire de telles déductions.
A ses mots, son regard prit la fuite. Il quitta les yeux aux iris indescriptibles pour aller se figer plus bas, quelque part au-dessus de son épaule, se faisant vague et absent. C’était ce que le docteur Hawthorne appelait dans ses comptes-rendus « ses regards intérieurs ».
En effet, l’attention du Génie venait à l’instant d’être captée par un grand fracas que lui seul pouvait entendre, à l’intérieur de sa tête. De retour dans son espace mental, il ne put que constater que Cap pleurait. Il essaya de forcer la porte de sa chambre mais la porte était verrouillée. Avait-il entendu ce que la Cannibale avait dit ? Il serra les poings. Elle ne l’avait certainement pas fait exprès mais fallait-il être stupide pour parler de ça si peu de temps après l’incident. Il la détestait pour faire pleurer son alter ego.
Il réintégra le moment présent, relativement agacé.

- Je ne veux pas en parler.

Son ton avait été sec, sonnant comme une fin de recevoir. Il termina son pot de yaourt en deux cuillères rapidement ingérées, remis de l’ordre dans son plateau et se leva, se dirigeant vers le tapis roulant où il fallait déposer les plateaux avant de s’en aller.
Alors comme ça, elle n'était venue le voir que pour lui parler de ça. Quelle déception. Dire qu'il l'avait un instant cru digne d'intérêt. En fait, la Cannibale ne valait pas mieux que tous les autres. Elle n'était qu'une commère en quête de ragots et il refusait de lui donner de quoi alimenter ses conversations entre copines.

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Bon, désolée mais du coup je table sur le fait que la Cannibale soit suffisamment chiante pour ne pas le laisser s'en aller :p
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La Cannibale trahit son anxiété en se mordant la lèvre inférieure. Est-ce que ce premier essai de tentative d'allié se révélerait fructueuse ? Le regard vide du Génie la fit angoisser. Il n'avait pas l'air réceptif. A y réfléchir, cela se comprenait. La Cannibale s'était amusée à chatouiller ses TOC, à mettre en valeur ses courbes pour le gêner, etc... Elle avait voulu le mettre en position de faiblesse mais elle comprit que ce n'était pas de cette façon-là qu'on procédait...
Le silence était glaçant. La blondinette se surprit à être secouée par un frisson. Son cœur battait un rythme de plus en plus rapide. Pourquoi le Génie se taisait ? Pourquoi ne réagissait-il plus ? Que se passait-il dans sa tête ?
A deux doigts de se ronger les ongles de nervosité, la Cannibale se sentit soulagée quand son interlocuteur s'exprima enfin.

« Je ne veux pas en parler. »

Tranchants. Des mots aiguisés.
La Cannibale le laissa partir. Pourquoi le retenir ? Elle avait parfaitement échouée. Elle l'avait vexé, ou mit mal à l'aise. Elle avait joué avec les limites et les avait franchies. Elle tripota l'opercule de son yaourt alors qu'elle se retrouvait seule à une table. Elle n'avait pas su maîtriser la situation. Elle n'y arrivait pas, tout simplement.
Elle ferma les yeux. Le plan changeait : elle irait dans sa chambre, là elle y pleurerait un bon coup et continuerait d'attendre que tout change. Parce qu'elle avait toujours été comme ça. C'était ridicule de vouloir changer. On ne devenait pas un roc du jour au lendemain juste parce qu'on le souhaitait. Surtout lorsque, de base, on n'était qu'un minuscule petit caillou.
Plongée dans ses pensées, elle se coupait du monde extérieur. Les discussions et bruits de cantine étaient sourds. La seule chose qu'elle entendait c'était le battement irrégulier de son cœur malade. Boum. Boum Boum. Boum. Boum. Bam. Boum Boum. Elle sentait même la longue cicatrice blanche sur sa poitrine. Elle sentait sa présence. Elle sentait qu'elle était une anomalie. Et ce cœur qui faisait des siennes. Ses battements comme le bruit des aiguilles. Son cœur comme une horloge. Elle n'avait peut-être plus beaucoup de temps et c'était comme cela qu'elle le gaspillait ... ?
Elle ouvrit les yeux.
Se leva de sa chaise.
La fit racler sur le sol.
Se mit à courir, jouant des coudes.
Elle atterrit dans le couloir. Vit sa silhouette s'éloigner, lui tournant le dos.
Elle prit une profonde inspiration.

« Attends ! »


Là, elle trottina jusqu'à lui, puis lui fit face. Elle s'arrêta, les deux pieds enracinés dans le sol. Elle l'affronta du regard, déjà essoufflée. Les joues rouges, quelques mèches ondulées collées à son visage. Les lèvres entre-ouvertes à la recherche d'air. Mais les poings serrés, le dos droit, la posture assurée.
Elle n'avait pas dit son dernier mot.
Elle vérifia que personne ne pouvait les entendre. Un patient allant manger passa à côté d'eux. Elle le suivit des yeux et, une fois qu'il fut assez loin, elle reporta son regard sur celui du Génie.

« Je suis à l'Institut depuis cinq ans, j'ai hérité du surnom de la Cannibale dès les premiers jours. A cause de ma pathologie je n'ai pas pu sortir tout de suite mais j'ai décidé, il y a deux ans maintenant, de ne plus la laisser me ronger. Cette décision entraîne la suivante : je compte bien partir d'ici, mais je ne partirais pas seule. Est-ce que tu vois où je veux en venir ? »

Elle resta dans l'acier de ses yeux, à la fois nerveuse mais confiante. C'était à la fois salvateur et vertigineux de se confier ainsi, de se révéler. C'était comme un saut à l'élastique : on était rattaché à quelque chose, mais on sautait tout de même dans le vide. Et cet élastique pouvait facilement céder ...

« Tu te méprends sur mes intentions, mais je comprends ... J'ai mal joué mon coup. Est-ce qu'on laisse tomber cette partie pour en recommencer une ? »

S'il refusait ... Alors elle se promit de ne pas aller se réfugier dans sa chambre. Elle trouverait quelqu'un d'autre. Elle aurait d'autres moyens. Ce n'était pas parce qu'elle échouait une première fois que toutes ses tentatives rateraient.
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Le temps qu'elle prenne sa décision, j'ai supposé que le Génie était déjà dans le couloir ^.^



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Le Génie s’était dirigé d’un pas décidé vers le tapis roulant pour déposer son plateau, s’attendant à devoir batailler pour que la Cannibale le laisse s’en aller tranquillement. Et bien visiblement, il s’était trompé. Elle n’avait pas cherché à le retenir. Tant mieux. Il supposait. Il se sépara donc des restes de son repas après avoir pris soin de vérifier que tout été bien à sa place – sa façon à lui de se montrer respectueux envers les personnes qui débarrassaient leurs affaires – avant de sortir de la salle d’un pas maintenant plus nonchalant. Les mains dans les poches, il jeta un coup d’œil en arrière. Non. Décidemment, elle ne venait pas le relancer. Etait-ce une pointe de déception qu’il ressentait là ? Pourtant, elle avait blessé Cap, il n’avait plus envie de lui parler. Oui mais… ça elle ne pouvait pas le savoir. Quel idiot. Vu qu’elle l’avait abordé en utilisant son nom d’entrée de jeu, il était parti du principe qu’elle le connaissait bien mais c’était peut-être faux. Peut-être ignorait-elle sa pathologie et l’existence de Cap ? D’ailleurs, le long de sa marche, les sanglots de celui-ci s’étaient calmés, il avait l’air de reprendre le contrôle. Bien.
« T’aurais peut-être pas dû la planter comme ça Génie. »
Sa voix avait été toute frêle, encore un peu tremblotante. Mais s’il revenait lui parler, c’était que ça allait mieux.
« Elle aurait mieux fait de se taire. De toute façon, je n’ai pas envie de parler avec elle. »
« Menteur. »
Le Génie plissa les yeux, agacé. Le problème, c’était qu’il avait raison.

- Attends !

Le Génie réfréna un sursaut en entendant résonner dans son dos cette voix qu’il n’attendait plus. Il prit le temps de se recomposer un visage neutre – à comprendre son habituelle expression peu intéressée et un rien méprisante – avant de se retourner dans une attitude un rien agressive. « Quoi ? ». C’était ce qu’on pouvait lire de son langage corporel. En réalité, il était plutôt content qu’elle n’ait pas laissé tomber, même s’il s’inquiétait à cause de Cap.
« T’inquiète mec. Ca va. J’te laisse profiter, j’reviendrais p’t’être t’t’à l’heure. »
Il n’était qu’à moitié convaincu, il ne l’avait même pas taquiné sur le fait que c’était une fille mais s’il lui disait qu’il gérait la situation… Bon. Son attention se reporta entièrement sur elle, de toute façon Cap était de nouveau parti.
Elle avait l’air un essoufflé mais ce qu’il nota surtout c’était sa taille. Elle était légèrement plus grande que lui et ça l’interrogea sur son âge. Et fit remonter ses complexes. Il était à deux doigts de se tortiller sur place comme un enfant intimidé. Mais son regard ophidien vint se planter dans le sien et lui interdire le moindre mouvement.

- Je suis à l'Institut depuis cinq ans, j'ai hérité du surnom de la Cannibale dès les premiers jours. A cause de ma pathologie je n'ai pas pu sortir tout de suite mais j'ai décidé, il y a deux ans maintenant, de ne plus la laisser me ronger. Cette décision entraîne la suivante : je compte bien partir d'ici, mais je ne partirais pas seule. Est-ce que tu vois où je veux en venir ?

Le Génie la regarda gravement. Bien sûr qu’il voyait où elle voulait en venir. Le contraire était plutôt étonnant chez les patients. Et ce soudain dévoilement… Est-ce qu’elle cherchait à se racheter ? Voulait-elle… qu’il l’aide ? Il essaya d’analyser ses intentions dans ses yeux. Elle avait l’air déterminé. Pouvait-il l’aider ? Honnêtement, après l’échec cuisant de Lore… Il n’en était pas sûr. Il allait tourner les talons, faire comme s’il n’avait rien entendu mais ses yeux le clouaient toujours sur place. Il avait eu raison un peu plus tôt. Son regard était un piège. Et il était en train de s’y enliser. Ca lui donnait le vertige. Et si ça faisait assez paniquer son amour du contrôle, une partie de lui n’avait qu’une envie : s’y laisser couler. Il ne comprenait pas.

- Tu te méprends sur mes intentions, mais je comprends ... J'ai mal joué mon coup. Est-ce qu'on laisse tomber cette partie pour en recommencer une ?


Ce qui était sûr, c’était que la métaphore du jeu lui plut. Il acquiesça de la tête, d’un geste étrangement doux.

- Match nul, ça me va.


Décrochant avec peine son regard du sien, il regarda autour de lui. Le couloir était vide pour l’instant mais il était relativement passant.

- Mais ne parlons pas de ça ici. Allons ailleurs.

Et ce fut sans réfléchir qu’il la conduisit dans l’aile X, vers sa chambre. Sans réfléchir oui. De façon complètement spontanée. Pour quelqu’un comme le Génie qui pesait le pour et le contre pour la moindre micro-décision, comme quelle cuillère il devait prendre dans le bac à couvert de la cantine, ça relevait assez de l’inédit. Mais même en y réfléchissant, il était beaucoup plus surveillé depuis cette histoire d’évasion ratée. Alors la meilleure méthode pour lui, actuellement, c’était de se payer le culot d’aller comploter contre l’Institut juste son nez, à l’endroit le plus évident, là où les surveillants se disaient que jamais il ne l’oserait.
Cependant, ce qu’il n’anticipa pas, ce fut à quel point il fut tout embarrassé en arrivant devant sa porte. Aucun patient autre que lui n’avait jamais franchi le seuil de cette pièce, pas même Aeden ni Lore, et il y faisait entrer cette fille qu’il voyait pour la première fois, qui refusait de lui dire son nom et qui – il commençait à en prendre conscience – lui faisait un certain effet…
Il inspecta sa chambre d’un œil très critique en rentrant mais heureusement, maniaque comme il l’était, il n’y avait pas grand-chose à voir. Son lit était fait, toutes ses affaires rangées, les placards bien fermés… La seule chose qui indiquait au premier coup d’œil que la chambre était occupée, c’était les quelques livres sur la table de chevet, un essai d’astrophysique, un autre d’histoire de l’art et 1984 d’Orwell, ainsi qu’un poster d’Avengers que Cap avait absolument tenu à installer malgré sa réticence. Un cadeau de leurs pères pour son anniversaire en même temps.
Il referma la porte derrière la Cannibale, lui tournant le dos un peu plus longtemps que nécessaire, histoire d’être sûr qu’il n’allait pas se mettre à bégayer bêtement. En fait il allait certainement se mettre à bégayer bêtement quoi qu’il fasse. Pourtant il fallait bien qu’il dise quelque chose ! Vite, une phrase courte, au moins meubler ce silence qui devenait gênant.

- Le poster n’est pas à moi.

Merde. Ce n’était pas ça qu’il voulait dire. Qu’est-ce qu’elle allait penser maintenant ? Quel débile ! Il essaya de trouver quelque chose pour se rattraper mais rien ne lui vint. Que se passait-il avec son cerveau ? Ses synapses étaient bouchées ? On avait dû le droguer pour qu’il ne puisse plus réfléchir à ce point ce n’était pas possible ! Il resta donc là, debout, pestant intérieurement contre lui-même, le regard fuyant.

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Je suis partie du principe qu'elle le suivait histoire de faire avancer un peu le truc et de te donner de la matière pour répondre, j'espère que ça ne te dérange pas Smile
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Le Génie sembla s'adoucir, et la Cannibale se détendit à son tour.

« Match nul, ça me va. »

Elle sourit tendrement. Elle apprécia qu'il rebondissait sur sa métaphore. C'était comme si, soudainement, ils s'étaient reconnectés. Depuis leur rencontre, ils avaient été deux éléments se disputant. Mais désormais, pour la première fois depuis le début de leur échange, ils étaient sur la même longueur d'ondes.
Elle en avait la certitude car il ne lâcha pas son regard. Elle aimait qu'on le soutienne, qu'on reste plongé dans ses yeux ; cela voulait dire qu'il était honnête, qu'il n'essaierait pas de lui mentir en se dérobant à son regard. Et c'était la même chose du côté de la blonde.

« Mais ne parlons pas de ça ici. Allons ailleurs. »

Elle hocha la tête, mais avec peu de conviction. Elle n'avait pas vraiment envie de discuter de tout cela ici et maintenant. Son but initial n'était pas de se confier, d'échafauder un plan, etc. De base elle voulait juste ... faire connaissance. Elle voulait parler de ses goûts préférés, de rêves, d'origines ; pas de complots et de sujets graves.
Elle lui emboîta cependant le pas quand il se dirigea vers l'aile X. La Cannibale le suivit sans être particulièrement convaincue de ce qui se passait. Mais bon, ce type avait une idée en tête, ça aurait été dommage de ne pas lui laisser de chance.
Ils étaient désormais dans les dortoirs et la Cannibale plissa les yeux, suspicieuse. S'il ne s'était pas comporté comme une vierge effarouchée auparavant, elle aurait presque pu prendre cette initiative pour une demande tendancieuse. Mais qu'est-ce qui se passait dans la tête du Génie ?
Elle entra dans sa chambre (parce que c'était sûrement sa chambre) avec un mélange de curiosité et d'appréhension. C'était la première fois de sa vie qu'elle entrait dans la chambre d'un garçon de son âge. C'était presque ... normal. Oui, elle éprouvait une sensation normale comme une adolescente normale. Elle savoura cette boule d'inquiétude et de timidité qui lui tordait les intestins. Elle découvrait avec plaisir le lit bien fait, les livres bien rangés (évidemment qu'il y avait Orwell) ; bref, le monde très peu décoré qu'était celui du Génie. Quoique ce poster...

« Le poster n’est pas à moi. »

Pourquoi se justifiait-il ?
C'est alors qu'un retour à la réalité la frappa : Alexander Hexe souffrait d'un dédoublement de la personnalité. Vue sa réaction, c'était le deuxième Alexander qui s'était occupé de décorer le mur.
La Cannibale eut soudain un doute ... Elle commençait à vouloir faire confiance au Génie mais il y avait cette autre personnalité dont elle ne savait rien... C'était peut-être un psychopathe et elle l'ignorait ... ?
Elle s'approcha du poster, curieuse. Avengers ? Vraiment ?
Elle tourna son visage vers le Génie et lui adressa un clin d’œil malicieux.

« Oui, entendu, il n'est pas à toi. »

Elle nota malgré tout ce détail dans un coin de sa tête. Ainsi que cet ordre incroyable. Est-ce que le Génie faisait également le ménage ? Elle l'imaginait attifé d'un tablier et d'une paire de gants, nettoyant méticuleusement le carreau de sa fenêtre. Ça la fit sourire.
Comme ça avait l'air de le gêner, elle prit le temps de s'attarder sur cette chambre. Elle en était à regarder avec attention les livres quand elle reprit la parole :

« Et qu'est-ce que je fais ici précisément ? Tu voulais parler en toute discrétion mais je n'ai pas plus de choses à dire ... »

Honnête ? Pas honnête ? Elle devait peut-être s'arrêter là, non ? Mais elle avait tellement envie d'en dire plus ... Quitte à paraître pour une fragile ?
Elle prit une discrète inspiration, remplissant son ventre d'air, avant d'ancrer ses yeux dans ceux du Génie.

« On pourra discuter à l'avenir de ... Je ne sais pas ... Tu sais, tu es le premier patient à qui j'adresse la parole pour de vrai. Et tu sembles assez sympa ... »

Et parce qu'elle ne pouvait pas s'en empêcher, elle posa ses yeux sur le poster et eut un rictus amusé.

« ... Même si tu as des goûts surprenants. »

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- Oui, entendu, il n'est pas à toi.

La malice dans sa voix était un rien agaçante, et en même temps… curieusement charmante. Ses doigts agrippèrent le bas de sa chemise d’uniforme, tordant le tissu dans un geste gêné. Il attendit qu’elle dise quelque chose d’autre, n’importe quoi, même quelque chose de désagréable, mais elle garda le silence, inspectant sa chambre dans le moindre recoin dans un silence qui ne faisait qu’accentuer son embarras. Pourquoi diable l’avait-il emmenée ici ? Quel imbécile. La prochaine fois, il y réfléchirait à deux fois. Enfin. Si ses hormones lui en laissaient l’occasion. Ce fut probablement à ce moment qu’il décida d’ailleurs de désormais, il ferait tout son possible pour l’éviter. Elle lui mettait beaucoup trop le cerveau en vrac, c’est insupportable et il ne le tolérerait pas plus. Il s’exhorta mentalement à se reprendre et à ne plus se laisser manipuler de la façon par cette fille, fut-elle la légendaire Cannibale.

- Et qu'est-ce que je fais ici précisément ? Tu voulais parler en toute discrétion mais je n'ai pas plus de choses à dire ...

Aie. Les choses empiraient. Même elle réalisait que son comportement était étrange. Ce n’était pas bon. Il avait définitivement perdu le contrôle de la situation, et cela dans la pièce même où il était supposé être en position de force. Il fallait qu’il trouve un moyen de remédier à cela. Il devait trouver un moyen de la faire sortir. Il jeta un œil, à la porte, comme s’il cherchait une solution auprès d’elle lorsqu’il sentit le regard dangereux se poser sur lui. Il le soutint, le visage voguant entre tant de diverses émotions qu’il devait en être difficile à lire.

- On pourra discuter à l'avenir de ... Je ne sais pas ... Tu sais, tu es le premier patient à qui j'adresse la parole pour de vrai. Et tu sembles assez sympa ...

Ces paroles le prirent au dépourvu. Le premier patient auquel elle parlait ? Depuis le temps qu’elle était ici ? Ses problèmes de santé avaient dû être assez critiques. Il repensa brièvement à la cicatrice, probablement signe d’un cœur malade. Mais ce qui l’étonnait le plus, c’était l’adjectif qu’elle avait utilisé pour le décrire. Il le répéta à mi-voix, incrédule.

- Sympa… ?

C’était la première fois que quelqu’un le trouvait sympathique. Ou du moins c’était la première fois qu’on le lui disait. A moins qu’elle ne lui mente pour tenter d’obtenir quelque chose de lui. Essayait-elle de le manipuler ? Il chercha dans ses yeux hypnotiques. Il n’avait pas envie de le croire. Mais ils étaient trompeurs, et sa faculté de jugement était altérée. Il devait rester sur ses gardes. Ne pas se faire berner. Elle détourna le regard et pourtant, le charme perdurait.

- ... Même si tu as des goûts surprenants.

Il réagit à peine à cette nouvelle pique, haussant à peine les épaules. Après tout, il s’y attendait, et il l’avait bien cherché. Il se décala de la porte et alla s’asseoir sur son lit. Ferma à demi les yeux en prenant un bouquin au hasard, l’ouvrant à une page aléatoire, faisant mine de se mettre à lire. Peut-être que s’il ne lui montrait plus d’intérêt, elle sortirait d’elle-même. Cependant, après avoir survolé quelques lignes sans les comprendre, sentant son regard sur lui et son absence de mouvement, l’impatience le gagna et il ajouta.

- Dans ce cas, si tu n’as plus rien à dire et si la décoration ne te plait pas… La porte est juste ici. Dit-il en désignant la sortie d’un geste vague de la main, sans quitter sa page du regard.

Il se décevait. D’habitude, son ton était bien plus tranchant et sarcastique. Là, il était juste plat, un peu las et déconfit de s’être fait prendre à porte-à-faux et en état de faiblesse par cette nana dont il ne connaissait rien à part les rumeurs. Il avait envie d’être seul. Elle l’électrisait bien trop et lutter comme ça contre lui-même le fatiguait bien plus qu’il ne voulait bien l’admettre, surtout qu’il n’était pas encore totalement remis de sa récente hypothermie qui l’avait amené au seuil du trépas.
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Cachez ce sein que je ne saurais voir
Il ne réagit pas à la pique. L'avait-elle vexé pour de vrai ? Allait-il la bouder pour toujours ?
Il s'allongea sur son lit, tranquille. On aurait dit qu'il était tout à faite naturel qu'elle soit là, dans sa chambre. Son attitude était si nonchalante qu'elle n'aurait pas été surprise qu'il s'en aille pisser, la plantant au beau milieu de la pièce. Que se passait-il dans la tête de ce garçon ? Il y avait quelque minutes de cela il s'était montré empressé et désormais il était distant. Oh, peut-être que le fameux Cap prenait possession de son corps ? Ainsi cette personnalité-là serait quelqu'un de posé, fainéant voire hautain ?
C'est alors qu'un détail sur le bouquin du Génie fit effondrer la théorie de la demoiselle : il tenait son livre à l'envers. Il n'avait pas l'air de comprendre ce qu'il lisait. Tu m'étonnes. Est-ce qu'il était juste gêné ? C'était vraiment mignon ce côté rien ne m'atteint alors que ses gestes trahissaient une émotion plus profonde, un sentiment plus humain.
Du coup, il leva les yeux de l'oeuvre, feignant d'être agacé par la présence de la blonde (ou alors il l'était vraiment ?).


« Dans ce cas, si tu n’as plus rien à dire et si la décoration ne te plait pas… La porte est juste ici. »

Tiens, c'était à son tour d'être vexée maintenant. Vraiment, il la traitait comme une moins que rien. Pourquoi lui avoir accordé de l'attention si c'était pour se comporter comme une diva ? Elle s'était confiée à lui, elle avait chercher une brèche afin de pouvoir lui accorder sa confiance et comment était-elle traitée en retour ?
Comme il tenait toujours son livre dans le mauvais sens, elle se sentit moins en colère. Peut-être qu'il était juste maladroit, ce garçon. Peut-être qu'il voulait juste être seul mais ne savait pas ce qu'était la politesse.
De toute façon, la Cannibale ne voulait pas et ne pouvait pas traîner plus longtemps. Elle porta une main à son torse. Même à travers le tissu, elle pouvait sentir la boursouflure lésant sa poitrine à la verticale. Elle devait aller se reposer : son cœur le lui demandait.
Elle ne laissa rien paraître pour autant et s'attarda sur les murs. Voyons voir ...
Elle fouilla dans sa poche. Une plaquette de Dolipranes, l'opercule de son yaourt (que faisait-il là ?) et ... bingo ! Un rouge à lèvres. Elle dévissa le bouchon tranquillement puis s'approcha de la fenêtre pour voir son reflet. A vrai dire, elle savait s'en appliquer sans miroir, mais elle avait peur de se rater. Autant mettre toutes les chances de son côté.
Une fois fait, elle pinça ses lèvres entres elles et rangea le tube. Là, elle dédia un clin d’œil au Génie puis s'approcha du poster. Elle y déposa un baiser, laissant sa trace ( et son empreinte) sur le papier.

« La déco me plaît bien plus désormais », s'adressa-t-elle à son interlocuteur.« Mais je ne vais pas te gêner plus longtemps, en effet. »

Elle s'éloigna vers la porte puis, ne pouvant s'en empêcher (étant elle-même une starlette parfois), elle jeta un dernier regard vers l'adolescent allongé sur le lit.

« Tu dois vraiment être un génie pour savoir lire un livre de cette façon-là, je suis impressionnée. »

Elle rit un petit peu. Elle ne se moquait pas. Elle gloussait juste sans trop savoir pourquoi. Peut-être parce qu'elle se découvrait un plaisir à la taquinerie. Elle ne s'imaginait pas aussi joueuse et ça lui plaisait bien. C'était bien mieux que de pleurnicher dans un coin.
Elle salua le Génie, lui disant « A la prochaine » avant de partir avec le sourire. Que c'était bon d'être en vie !

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Au mauvais moment, au mauvais endroit
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Le Génie replongea ses yeux dans son bouquin, donnant juste une direction à son regard sans même chercher à lire. En réalité, toute son attention était rivée sur cette fille, cette intruse qu’il avait lui-même introduite dans sa chambre dont il sentait la présence sans la voir. Les poils de sa peau se hérissaient au moindre mouvement d’air qu’elle produisait en se déplaçant dans la pièce. Visiblement, il n’avait pas été assez clair dans son invitation à aller voir ailleurs s’il y était à moins qu’elle n’en ait juste radicalement rien à foutre. Etait-ce de l’audace ou de l’idiotie ? Il leva furtivement les yeux vers elle et la découvrit en train d’appliquer du rouge à lèvres… paniqua. Pourquoi se maquillait-elle dans sa chambre ? Qu’avait-elle en tête ? Oh mon dieu. Il se rappela brutalement de l’une des rumeurs, celle qui voulait qu’elle s’amuse à séduire tous ceux qui lui permettraient d’arriver à ses fins.
Oh non.
Oh bordel non.
Il replongea son nez de plus belle dans son Orwell, désormais plus qu’à quelques millimètres de son visage. Bien trop près pour pouvoir donner l’illusion de la lecture, mais c’était parfait pour masquer le pourpre qui lui montait aux joues ainsi que le trouble qu’il ne parvenait plus à dissimuler dans son regard. C’était Orwell contre Rudyard Kipling. Winston Smith contre Kaa. Mais la tentation de la regarder de nouveau était forte. De quoi avait-elle l’air maquillée ? Etait-elle ce genre de fille à qui ça allait bien ou qui croyait seulement que ça les embellissait ? Elle était déjà tellement envoûtante comme ça… Peut-être que le rouge à lèvre, ça romprait le charme ?
« Bah alors, qu’est-ce qui t’arrive le mégalo ? J’prends 10 min de pose café et j’te r’trouve dans cet état ? »
Cap, sentant la confusion extrême du Génie, avait fini par revenir dans leur espace mental commun. Il avait l’air d’aller mieux. Il prit brièvement le contrôle pour aller jeter un coup d’œil au dehors.
« Mais qu’est-ce que… Mon poster ! »
Cette drôle de fille qui mettait le Génie dans tous ses états venait de faire une belle tâche à côté d’Ironman. Son préféré en plus.

- La déco me plaît bien plus désormais. Mais je ne vais pas te gêner plus longtemps, en effet.

Cap allait se lever pour lui dire sa façon de penser – franchement ça se fait vraiment pas de refaire la déco dans la chambre des autres comme ça ! – mais le Génie le bloqua.
« Fais profil bas Cap. Je t’en supplie fais profil bas ! »
Ah bah ça alors ! Si le Génie se mettait aux supplications maintenant ! Il se tut, et joueur, il se retira du contrôle, forçant le Génie à faire de nouveau face à la Cannibale, droit dans les yeux.
« Je te déteste ».

- Tu dois vraiment être un génie pour savoir lire un livre de cette façon-là, je suis impressionnée.

Sans comprendre, il jeta un œil à son roman… Oh mon dieu non. Oh non pas ça. Et pourtant si. Il tenait bel et bien le livre à l'envers de puis le début. Comment ne l'avait-il pas remarqué ?! Cap éclatait d’un rire sans compassion dans leur tête tandis que le visage du Génie virait au cramoisi.
« Finalement j’l’aime bien cette nana ! »
« Je te déteste ».

- A la prochaine. Lança-t-elle avant de refermer la porte.

Il y eut un moment de blanc avant que le Génie ne relâche un peu de sa tension. Enfin. Disons plutôt qu’il alla se planquer sous ses couvertures et étouffer sa honte dans son oreiller avant de réaliser. A la prochaine ? Ca voulait dire qu’il y aurait une prochaine fois ?!

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