Un éclat rouge dans un nuancier ocres

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Z 01
Sam 28 Avr - 22:52
AUTOMNE 2016.

B125.
Bputain125.
On ne lui avait jamais faites celle-la. Elle ne s'appelait plus Loreleï Hexe, ou même Lore, ou même Caïd, elle s'appelait B125. Elle avait treize ans, ne ressentait pas la douleur physique, était donc en pleine crise existentielle et pile quand elle avait besoin de se rattacher à son identité on lui en imposait une nouvelle. Et ce numéro comme si elle était un numéro de loterie ne lui plaisait pas du tout.
Elle avait les cheveux en pétards et des joues pleines. Des yeux d'enfant et la démarche d'une racaille. Des bleus coloraient ses bras, des cicatrices blanches ou rouge lui zébraient la peau et elle avait mis du scotch à une branche de ses lunettes.
La forêt l'énervait. C'était son deuxième jour ici, sa séance de soins avait été un massacre, et elle se paumait dans la forêt. Tous les arbres se ressemblaient, les cailloux étaient identiques et les chemins n'aidaient pas du tout ! Où étaient les panneaux indicatifs ?!
Rho, ce qu'elle était en colère. Il faisait trop chaud, même à l'ombre. Et elle ne sentait pas bon sous les bras du coup.
Elle s'assit en tailleur au milieu d'un sentir, bien énervée. Elle avait envie de taper quelqu'un, de gueuler un coup, d'arracher des choses. Elle en voulait à ses parents de l'avoir abandonnée. Elle savait qu'ils pensaient à bien mais elle vivait très bien l'absence de douleur ! Elle ne voyait pas le problème ! D'accord, on lui avait expliqué maintes fois que si on perdait trop de sang on pouvait mourir, mais ça allait très bien, elle n'avait qu'à faire attention ! Et son frère qui les avait laissé faire, pff ...
Ayant le besoin de prouver que tout allait bien, Loreleï se pinça la joue, la tira dans tous les sens. Voilà, ça ne lui faisait rien. Elle sentait le contact, bien sûr, mais elle le vivait bien. Elle ajouta une petite tape. Toujours rien. Elle repéra un caillou, alors elle le mit dans sa chaussure parce qu'il paraîtrait que c'était douloureux, puis marcha comme ça. Elle essaya à cloche-pieds aussi. C'était gênant mais elle n'avait pas mal. D'ailleurs, c'était quoi, avoir mal ?
Elle continuait de sauter sur un pied, les bras tendus pour tenir en équilibre, quand un éclair rouge la sortit de son exercice. Déroutée à l'idée de croiser quelqu'un ici, elle perdit l'équilibre et tomba en arrière, les fesses la première. Un tas de feuilles ocres craqua sous son poids pourtant plume. Et comme elle ne voulait pas perdre l'autre, elle n'attendit pas avant de gueuler un coup :

« Hé ! Le rouquin ! »

Pas très poli. Pas très malin. Plutôt immature. Mais ça suffirait peut-être à le faire revenir. Parce qu'elle était bien paumée et elle ne serait pas contre un coup de main, même si elle ne le montrerait pas.




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X36
Sam 28 Avr - 23:31
2016.

Ça faisait combien de temps qu’il était ici déjà ? … Arrivé en février 2013, ils étaient en novembre à présent …
Trois ans …
Dieu que c’est long …
Mais Nevrabriel avait dix huit ans à présent, il était libre de partir et de rentrer en Ecosse.
Dieu que ça lui manque l’Ecosse. Ses paysages. L’école. Son violon. Son piano. Sa grand-mère. Sa sœur …

Sa sœur …

Est-ce qu’elle allait bien ? Pourquoi est-ce qu’elle ne venait jamais le voir et refusait toujours de lui parler ? Ça faisait longtemps pourtant, et elle ne voulait toujours pas lui adresser la parole ? C’était assez injuste.

L’écossais marchait dans la forêt, sans réel but. Un livre sous le bras qu’il n’avait toujours pas ouvert. L’air de l’automne était assez chaud mais le jeune homme avait tout de même une écharpe et son bonnet sur la tête. Echarpe avec laquel il jouait inconsciemment de sa main libre.
Nevrabriel ne faisait pas grand-chose pour s’arranger et ses cheveux dépassaient un peu n’importe comment de son couvre-chef. Il se négligeait un peu. De toute manière, les patients étaient cantonnés à des uniformes, ça ne servaient pas à grand-chose d’essayer d’avoir un style, ou un truc du genre. Même s’il adorait les bonnets.
Ouais les bonnets … peut-être, avec de la volonté, il pourrait essayé de ressembler à quelque chose malgré l’uniforme ?

Nevrabriel leva les yeux au ciel, regardant les feuilles changeantes de la saison. Il avait les mêmes couleurs que les feuilles des arbres. Mais étrangement, il trouvait que ces feuilles là étaient beaucoup moins colorées et enchantées que ceux de son pays. Ou était-ce ses souvenirs qui étaient faussés à cause de sa maladie ?
Troisième automne à l’Institut.

_ Hé ! Le rouquin !

Ah … aucun doute que c’était lui ça. Il n’y avait pas beaucoup de roux dans cette petite île.
Nevrabriel se retourna pour voir une … gamine ?
En effet c’était une enfant qu’il avait devant lui. Toute petite et toute menue. Bien qu’il savait qu’il y avait des enfants ici, ça lui faisait toujours étrange. Lui-même n’était venu ici que lorsqu’il était adolescent. Mais les enfants lui faisaient toujours un léger pincement au cœur.
La petite était assise sur un tas de feuilles, comme si elle venait de tomber. Nevrabriel ne remarqua pas les blessures sur les bras de l’inconnue, plutôt concentré sur sa bouille innocente malgré son expression un peu trop fière pour une enfant.
Il la regardait un moment, sans réaction, trouvant une sorte de ressemblance avec sa petite sœur.

_Euh … oui ?

Perdre ses moyens devant une gamine, ce n’était pas très courageux ça. Mais Nevrabriel se reprit et avança vers la jeune fille, incertain, tripotant toujours son écharpe.

_T-tu veux … quelque chose ?


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Lun 30 Avr - 11:20

Il n'était pas totalement roux, en fait. Il avait un bonnet sur la tête. Loreleï se demanda si c'était pour cacher des racines brunes. Ce n'était pas possible d'avoir des cheveux aussi vifs et des yeux aussi dépareillés. Ou alors certain avaient plus de chance physiquement que d'autre.
Un peu de sa colère s'envola quand elle l'aperçut. Il avait quelque chose de rassurant. Une aura, un quelque chose. Un instant, il lui évoqua Cap. Il n'avait pas son charisme héroïque ou son dynamisme éblouissant, mais ils partageaient tous les deux cette bienveillance dans le regard.

« Euh ... Oui ? »

Loreleï pouffa. Non, décidément, il n'avait rien à voir avec son frère. Cap n'aurait jamais été aussi hésitant. Cap aurait mis les poings sur les hanches, bombé le torse et aurait gueulé : « Aller p'tit Caïd, relève-toi ! » Et elle, elle aurait répondu : « Je ne suis pas petite ! »

« T-tu veux … quelque chose ? »

Il s'était avancé vers elle, tripotant son écharpe. C'était marrant qu'il ait le droit comme ça à un couvre-chef et à une écharpe. L'uniforme n'était-il pas imposé ? Avait-elle le droit à ses Docs du coup ? Elle aussi, elle portait beaucoup de bonnets pour dissimuler son épaisse crinière. Peut-être qu'elle pourrait recommencer à en porter.
Elle se releva d'elle-même, parce qu'il avait l'air bien gentil le rouquin mais il ne semblait pas très enclin à l'aider, s'époussetant les fesses. Elle avait toujours l'air boudeur mais de la malice était venue s'installer sur son visage. Elle sourit comme une enfant vers le rouquin, un peu amusée.

« J'veux bien mesurer vingt centimètres de plus, un moyen de rentrer chez moi et un chocolat chaud. »


Elle rit encore un peu. Pourtant ce n'était pas forcément drôle. Elle était sûrement en train d'évacuer la tension qui était montée. Peut-être qu'elle riait pour ne pas pleurer. Repenser à sa famille qu'elle chérissait tant c'était repenser à leur trahison. Qu'est-ce qu'elle foutait là putain ?
Elle allait faire demi-tour et partir, parce qu'elle n'avait pas de raison rester là plus longtemps. Elle voulait rentrer dans sa chambre, se rouler en boule et crier dans un oreiller. Mais elle s'arrêta, tournant le dos au rouquin.
Et puis, rageusement, sans prévenir et brisant le silence, elle poussa un cri furieux (mais salvateur) et cogna son poing contre un arbre. De l'écorce lui griffa la peau mais elle ne sembla même pas s'en rendre compte. Elle se retourna vers Poil de Carotte, un sourire de circonstances sur les lèvres, le souffle déjà court, les sourcils froncés.

« Ramène-moi chez moi. »

L'ordre un peu sorti de nulle part. Elle se prenait pour qui la gamine à se comporter ainsi envers son aîné ? Vraiment, à treize ans, on était bien insolent.




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Lun 30 Avr - 15:50
_T-tu veux … quelque chose ?

Pas très à l’aise socialement, Nevrabriel ne savait pas trop quoi faire, et ne fit rien. Il regarda la gamine se relever et essuyer son pantalon avec ses petites mains. C’est vrai qu’il aurait pu l’aider à se relever, surtout si elle l’avait appelé en criant. Peut-être qu’elle s’était faite mal et n’attendait que ça ?
Promis, il allait faire des efforts sur son comportement à l’avenir.
L’écossais tarda ses yeux sur les fins bras de sa cadette. Elles étaient couvertes de bleus cette petite. On la harcelait ? On la frappait ? Il fallait le signaler ?

_J'veux bien mesurer vingt centimètres de plus, un moyen de rentrer chez moi et un chocolat chaud


Son regard vairon se tourna aussitôt sur le sourire taquin de la petite en face de lui. Oubliant presque qu’elle était couverte de bleus, il se mit à rire. Cette gamine avait du répondant. Elle faisait sa petite princesse, c’était mignon.

*Un chocolat avec des chamalow et de la crème fouettée ?* pensa-t-il, toujours souriant.

Sans plus de mot, la petite fit demi-tour. Peut-être fâchée par la bêtise de son ainé ?
Nevrabriel nota également qu’il devrait être plus perspicace à l’avenir. Ouais, réfléchir un peu plus, mûrir, ne lui ferait pas de mal.
L’écossais fit un pas en avant, ne sachant pas vraiment s’il devait la suivre pour s’excuser et lui demander si tout allait bien, ou la laisser tranquille. Heureusement sa question eut rapidement une réponse lorsque la petite se mit à hurler de rage. Poing serré, elle alla l’éclater violement contre un arbre.
En fait non elle n'avait rien d'une princesse. On aurait dit plutôt un petit ... chien qui aimait bien montrer les crocs. Mais elle était bien trop petite et bien trop fragile pour faire du mal à qui que ce soit. Sauf peut-être un arbre. Elle ne s’était pas cassée la main au moins ?
Ne voulant pas faire empirer les choses, l’adolescent resta à sa place, regardant la gamine avec des yeux ronds, partagé entre étonnement et inquiétude.

La pas-si-princesse-que-ça, se retourna vers Nevrabriel, qui n’avait pas changé d’expression. La gamine ne semblait pas avoir mal, elle souriait même, mais un sourire assez amer, encore furieux. Il y avait vraiment de tout dans cet institut …

_Ramène-moi chez moi.

Il se doutait que « chez moi » c’était « autre part que ma chambre à l’Institut ». Et tant bien même il aimerait le faire, il ne pouvait pas la faire quitter l’île à la nage, ou même à bord d’un bateau. Si elle était ici, c’était pour se faire soigner. C’était triste, quitter sa famille, ses amies, sa maison, son pays, mais c’était pour son bien. Elle était simplement trop jeune pour comprendre.
Nevrabriel s’avança vers la petite, affichant un sourire, bien plus crédible de celui de sa cadette. En arrivant à sa hauteur, il voyait bien à quel point elle était petite.

_Malheureusement je ne peux rien faire pour le chocolat chaud, mais pour les 20 cm on peut peut-être s'arranger. Je vais même t'en offrir 30.

Le jeune homme alla derrière la petite et l’agrippa par ce qui devait être ses hanches. Elles n’étaient pas développer, il n’en était pas vraiment certain. Il se pencha en avant en faisant basculer le petit gabarit en face de lui pour que ses cuisses se retrouvent sur ses épaules. Il agrippa ses jambes et commença à se redresser sans geste brusque.

_Ne gesticule pas ou tu vas tomber.

Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas fait ça, mais il fallait croire que c'était comme le vélo. Surtout que la petite devait avoir à peu près le même gabarit que sa soeur cadette. Peut-être légèrement plus grande et plus fine, mais ça restait toute deux des miniatures.

Nevrabriel se redressa complètement. Avec sa taille à lui, la tête de la petite devait être à peu près à deux mètres du sol. Même si l’écossais ne pouvait pas satisfaire complètement la petite, peut-être réussirait-il à lui faire passer une bonne fin de journée ?
Ne pouvant plus vraiment tourner la tête, Nevrabriel leva les yeux, son sourire s’entendait dans sa voix :

_Alors, c’est par où, ptit chef ?


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Lun 7 Mai - 19:30
Une ombre engloutit Loreleï qui cessa de taper rageusement son poing contre le malheureux tronc d'arbre. Elle releva la tête pour apercevoir le sourire bienveillant du rouquin. Il avait peut-être la même aura que Cap, il n'en restait pas moins que Loreleï avait assez de matière pour jouer au jeu des sept différences avec eux. La première étant la taille : Poil de Carotte obligeait l'enfant à se tordre le cou pour le voir alors qu'elle pouvait presque regarder Cap dans les yeux.

« Malheureusement je ne peux rien faire pour le chocolat chaud, mais pour les 20 cm on peut peut-être s'arranger. Je vais même t'en offrir 30. »


La colère de la châtain fut dissipée par la surprise. Le rouquin, sans prévenir, la saisit fermement par le bassin et la fit s'asseoir sur ses épaules. Elle s'envola dans les airs, sa bouche formant un « o » de surprise et ses yeux pétillants de curiosité, avant d'être parfaitement réceptionnée. Elle gigota alors pour voir les alentours. D'ici, elle avait l'impression d'être inatteignable, invincible, indestructible. Ses petites mains se cramponnèrent quand même par sécurité là où elles le pouvaient (le visage du roux, ses cheveux, son bonnet, son t-shirt) tandis que sa tête tournait dans tous les sens. Les branches qu'elle fixait tout à l'heure était soudainement plus basses, et donc plus ridicule. Et si elle portait son regard au lointain, un horizon beaucoup plus atteignable se dessiner. Un horizon découpé par la mer. Un horizon qui laissait place à beaucoup plus d'imagination. Un horizon que les arbres et bâtiments ne gâchaient pas.

« Alors, c’est par où, ptit chef ? »

P'tit chef ? Ce fut un réflexe, elle répondit aussi d'une voix boudeuse :

« J'suis pas p'tite.»

Chef ou Caïd, la différence était infime.
Loreleï plissa les paupières, sondant les alentours. Puis, s'exclamant joyeusement:

« Tout droit grand gaillard ! Direction la liberté ! »

Elle éclata de rire, un rire bruyant. Un rire d'enfant. Un rire authentique. Ce n'était pas un rire parce qu'on lui avait raconté une blague et parce que c'était drôle, non. C'était un rire qui faisait du bien.

« Hé ! Grand Gaillard ! On t'as déjà dit que tu ressemblais à Ron ? »

Elle était fan d'Harry Potter. Elle s'était mangée tous les films avec son frère. C'était trop fun d'avoir un type roux comme ce personnage près d'elle. D'ailleurs, l'air de rien, lui avoir fait disparaître sa colère aussi facilement ça relevait de la magie.




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Mar 8 Mai - 23:14
_ Alors, c’est par où, ptit chef ?

La petite avait enfin fini de gesticuler sur les épaules du roux. C’était mieux. Bien qu’il la tenait assez fermement au cas où, il aimerait éviter qu’elle bascule en arrière et que la balade se transforme en acrobatie.

_ J'suis pas p'tite.

C’était bien une réplique que sa soeur cadette aurait pu avoir. Une réponse typique des gens de petite taille ? C’était donc là sa seule réplique ? Mais en tout cas, cela décrocha un sourire au rouquin.

_ Tout droit grand gaillard ! Direction la liberté !

Grand gaillard ? Il mesurait une taille commune pour un jeune homme de son age. Bien que cela semblait normal pour une personne de la taille de la petite à lunettes. Nevrabriel eut un rire léger en commençant à avancer dans la forêt, suivant les indications de son chef de bord. Il était loin d’être perdu, ici depuis bien trop longtemps. Mais il sentait que cette petite aventure pourrait faire plaisir à sa jeune camarade. Dont il ignorait encore le nom.
D’ailleurs, celle-ci se mit à rire de manière sincère. Un rire puissant et communicatif qui donna un rire léger à l’écossais. Elle avait l’air heureuse, c’était plaisant à entendre.

_ Hé ! Grand Gaillard ! On t'as déjà dit que tu ressemblais à Ron ?

_Ron ? Dans Harry Potter ? … Parfois oui.


Ron, ses frères, un Weasley simplement.
Ce n’est généralement pas la première référence qu’on lui attribuait, mais c’était toujours mieux que les blagues qu’on lui avait sorti depuis son plus jeune age. Et il s’en sortait plutôt bien, contrairement à certains roux, ses taches de rousseurs n’étaient que sous ses yeux et à peine visible si on ne faisait pas attention, sauf lorsqu’il rougissait, ces mêmes taches ressortaient avec vigueur. Même si ça ne lui plaisait pas, il devait se contenter de ce qu’il avait. Ses yeux atypiques, sa peau trop clair, ses taches de rousseurs, ses cheveux flamboyants. Il n’avait pas trop le choix.

Mais contrairement à beaucoup, le petit chef ne disait certainement pas cela pour le blesser ou se moquer de lui, alors, Nevrabriel eut un léger sourire.

_Ça te ferais plaisir que je sois un Weasley ?


Si c’était le cas, alors, pour cette fin de journée, il serait un Weasley. Le Weasley  de la petite fille dans les bois.
Le rouquin leva le bras pour lui tendre son livre qu’il avait pris avec lui. Un recueille de légendes celtiques. Ce n’était pas facile de tenir la jambe de la petite fille avec son poignet, une prise avec sa main serait beaucoup mieux.

_Tu peux me tenir ça, s’il te plait ?


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Jeu 17 Mai - 17:06
« Ron ? Dans Harry Potter ? »
« Ben oui patate, qui d'autre ? »

Si il était Ron, alors qui serait-elle ? Pas Harry, parce qu'il était chiant à mourir et que ses parents étaient morts, contrairement à ceux de la petite. Pas Hermione non plus, elle se la ramenait trop. Pas Malefoy, parce qu'il était du côté des méchants. Et puis, sur youtube, elle avait vu des trucs bizarre. Le Dramione ? Les romances c'était caca. L'amour c'était un truc pour les adultes, pour les parents. Un truc que les enfants ne pouvaient pas comprendre, juste observer de loin et s'interroger sur pourquoi papa et maman se tiennent la main dehors alors qu'ils ne traversent même pas.
Pourquoi pas Hagrid ? Il avait cette carrure rassurante de bûcheron. Ça devait être trop bien d'être dans le corps d'Hagrid.
Ils continuaient de vagabonder dans la forêt. L'ombre des arbres les protégeaient et les branches empêchaient la chaleur de les asphyxier.

« Ça te ferais plaisir que je sois un Weasley ? »

Loreleï souriait de toutes ses dents.

« Pourquoi pas ! »

C'est alors qu'il lui demanda de lui tenir un livre. Elle le saisit de tout ses doigts, sans précaution, comme si l'objet lui appartenait. Il était hyper gros comme bouquin, ça devait être chiant à lire. Loreleï pariait que c'était écrit tout petit à l'intérieur.


« J'aime bien les livres, on peut faire plein de trucs avec ça ! »


Et pour illustrer ses propos, elle l'ouvrit et posa les pages sur sa tête, comme un couvre-chef. Capitaine bouquin, pour vous servir !
Puis elle lui trouva une autre utilité. Elle le prit dans une main, le livre toujours ouvert. Les yeux fermés, sa main libre au dessus des pages, elle fit semblant de réciter une formule magique. Elle imagina une boule de feu jaillir des mots pour cramer les arbres. Incendier cet endroit. Brûler l'eau, parce que c'est un feu magique. Et sur son passage, les flammes auraient tracées un chemin pour rentrer chez elle.
Elle le referma dans l'optique de lui trouver encore un autre moyen détourné de l'utiliser quand le mot « légende » sur la couverture attira son attention. Elle se calma un petit peu, intriguée par ce mot qui en disait long.
Elle serra le bouquin tout contre elle et se pencha un peu en avant. Ses boucles vigoureuses caressèrent le visage du grand gaillard des bois.

« Hé, c'est quoi une légende ? Raconte m'en une. »

Elle avait toujours été très curieuse. Son frère lui racontait beaucoup d'histoire de pirates. Est-ce que les pirates pouvaient être des légendes ?




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Dim 20 Mai - 18:06
_Tu peux me tenir ça, s’il te plait ?

Sans une, ni deux, la gamine s’empara de son livre et le jeune homme pu mettre sa main sur la cheville du ptit chef. C’était beaucoup plus pratique que comme ça. Et bien que l’écossais ne l’ait pas remarqué avant, la jeune fille avait vraiment de faibles jambes. Enfin, musclés, parce qu’elle devait certainement courir n’importe où, mais vraiment mince, sa main faisait presque le tour de sa cheville.

_ J'aime bien les livres, on peut faire plein de trucs avec ça !

Nevrabriel leva les yeux vers la petite, faisant de plus petits pas au cas où ses pieds heurteraient quelque chose qui les feraient tomber.
La petite ouvrit le livre vers le milieu avant de le poser sur sa tête. Son sourire élargit celui du jeune homme qui se contentait de la regarder faire, sans rien dire.
Il parlait beaucoup moins à l’époque de ses dix-sept ans.
Mais il appréciait toujours voir les gens sourire joyeusement, c’était toujours un baume au cœur.

Puis, le ptit chef se prit pour une magicienne à réciter des incantations, avec conviction, les yeux fermés, la main libre tendue. C’était beau d’avoir autant d’imagination. Et de voir qu’il en fallait peut pour s’imaginer de folles aventures. Nevrabriel se demandait secrètement si c’était à un certain âge qu’on arrêtait de jouer avec les choses simples de la vie, où était-ce par rapport aux caractères des personnes ?
Sa sœur aussi, aurait certainement utilisé son livre pour lancer des sorts, après avoir regardé un film sur les sorcières à la télévision, sauvant la maison d’un démon qui raffolait des cookies. Bizarrement, le paquet de cookie ne fut jamais retrouvé.
Bien que le petit chef était encore loin de ressembler à son petit soleil d’Ecosse, Nevrabriel appréciait qu’elle le lui fasse penser sans le rendre nostalgique.

Le jeune homme finit par reporter son attention à son chemin. S’il tombait, la petite tombait aussi, et ce n’était pas une option.
Cependant, ses yeux bicolores furent attirés par les chatouilles de fils châtains venant du petit être sur ses épaules. Le jeune homme du faire un léger mouvement en arrière pour ne pas être déséquilibré par la demoiselle. Ancrant son regard dépareillé dans celui du ptit chef, qui semblait bien moins petit de là-haut.

_ Hé, c'est quoi une légende ? Raconte m'en une.

_Une légende ?

L’écossais mis de l’ordre dans ses idées et ses explications. Il reporta son attention à ses pas mais répondit, la voix clair et fluide :

_Une légende, c’est une histoire où on met de la magie, où les faits historiques sont transformés par l'imagination ou l'invention poétique. Par exemple la légende du roi Arthur. Les lieux existent mais les personnages sont fictifs. Ou au contraire, les personnages peuvent être réelle mais leur actions déformées ou amplifiées. Comme Robin des Bois. Il a réellement existé mais ses actes étaient beaucoup moins nobles que sa légende. Il ne volait pas aux riches pour donner aux pauvres.

Nevrabriel s’arrêta de parler un instant. Sachant qu’il avait la petite sur les épaules, c’était moins facile de parler sans s’arrêter. Il respira doucement et écarta les mèches de cheveux de l’enfant qui lui chatouillaient un peu trop de visage. Il finit tout de même par lui adresser un regard et un sourire.

_Alors une légende hm ?

Le jeune homme se mit à réfléchir et en profita pour prendre une pause dans ses paroles. Il y avait beaucoup de légendes que sa grand-mère lui avait racontées, et beaucoup de légendes qu’il avait lu. Nevrabriel était un garçon qui adorait les histoires, les mythes, les légendes, l’Histoire. Il aimait bien lire à ses cadets avant de se coucher, comme la femme qui l’a élevé a pu le faire avant qu’il ne sache lire.
Mais beaucoup de légendes de son pays ne se finissaient pas vraiment bien, et il ne pouvait décemment pas parler de mort, de drame à cette petite fille, ça ne se faisait pas.
Bien qu’elle ne respirait pas la joie, une histoire lui venait tout de même en tête. Une histoire où l’on pouvait voir du positif, où la petite fille pourrait voir que même loin de sa maison, on avait toujours le moyen de rentrer chez soi si on ne perdait pas espoir.

_Tu connais l’histoire de Sean et la Selkie ?


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Mer 23 Mai - 13:54
« Une légende ? Une légende, c’est une histoire où on met de la magie, où les faits historiques sont transformés par l'imagination ou l'invention poétique. »

Hein ? Quoi ? Des fées historiques ? Genre comme les fées de Cendrillon ? Loreleï serrait le gros livre contre elle d'un bras, l'autre s'agrippant au haut du Grand Gaillard des Bois. Elle ne comprenait pas toujours, ce que pouvait être une légende. Ça ne parlait toujours pas de pirates, c'était dommage. Mais heureusement, son conteur poursuivait ses explications.

« Par exemple la légende du roi Arthur. Les lieux existent mais les personnages sont fictifs. Ou au contraire, les personnages peuvent être réelle mais leur actions déformées ou amplifiées. Comme Robin des Bois. Il a réellement existé mais ses actes étaient beaucoup moins nobles que sa légende. Il ne volait pas aux riches pour donner aux pauvres. »


Loreleï avait déjà entendu parler du Roi Arthur. C'était une fois, à l'école, on avait évoqué les chevaliers de la table ronde. Elle avait passé l'heure de cours à se demander pourquoi la table était ronde.
Par contre, elle était calée en Robin des Bois ! Elle avait saigné la cassette tant elle avait l'avait visionnée avec Cap ! Elle connaissait les répliques par cœur ! Elle adorait ce héros qui volait aux riches pour donner aux pauvres. Il était brave, courageux, et plutôt mignon pour un renard. En plus, il avait même une amoureuse, et plein d'amis fidèles ! Le rêve !
Elle balançait doucement ses jambes, attentive et rêveuse.

« Tu connais l’histoire de Sean et la Selkie ? »

Encore une fois : hein ?
Avant, Poil de Carotte avait employé des noms qu'elle connaissait, mais là, rien, le néant. Enfin si, Selkie ça lui disait bien un truc. C'était pas un genre de renard aussi ?
Ouais elle aimait bien les renards en fait. Elle avait aussi pas mal de fois vu Rox et Rouky. Oh ! Tiens ! Est-ce que c'était des légendes eux aussi du coup, comme Robien des Bois et Selkie ?

« Si j'te suis bien, est-ce que Rox et Rouky sont une légende aussi ? »

Ce serait franchement trop bien !
Elle riait tout bas de bonheur. Difficile à croire que vingt minutes auparavant elle gueulait de colère et s'acharnait sur un arbre qui n'avait rien demandé.

« Mais non, j'connais pas la légende de Sean et Selkie. C'est quoi ? »

Elle avait oublié qu'on l'avait arrachée à sa famille vingt-quatre heures plus tôt, qu'elle était comme seule sur cette île. Elle avait oublié qu'elle ne verrait presque plus son frère. Elle avait oublié toute sa peine. Les légendes, ça avait un peu cet effet-là du coup ? De vous faire oublier vos problèmes ?




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Jeu 24 Mai - 1:59
_Tu connais l’histoire de Sean et la Selkie ?

_Si j'te suis bien, est-ce que Rox et Rouky sont une légende aussi ?

C’est qui ça « Rox et Rouky » ? Ah … si ça lui disait quelque chose. Un dessin animé signé Disney, non ? Le jeune homme a plutôt été éduqué par des livres plutôt que la télévision. Fort heureusement, Disney faisait des livres illustrés par rapport à leurs œuvres animés. C’était plutôt son petit frère qui regardait beaucoup la télévision, puisse qu’il ne sortait pas beaucoup, avant …

Alors que l’adolescent se plonge dans ses idées noires, la petite sur ses épaules y mit fin rapidement.

_Mais non, j'connais pas la légende de Sean et Selkie. C'est quoi ?

L’écossais hésita un instant à lui dire que « non, Rox et Rouky n’est pas une légende ». Ou alors il n’était pas au courant, bien que cela semblait peu probable. Mais le rire de la petite valait bien ce petit mensonge. Elle avait toute la vie pour comprendre que ce film n’avait rien d’une légende. Pour l’instant, elle pouvait bien y croire.

_Avant tous, saches que les selkies sont des créatures magiques. Comme les sirènes. Mais elles n’ont pas de queues de poissons, ce sont des femmes, qui ont une peau de phoques et lorsqu’elles la vêtissent, elles se transforment en phoque. Elles sortent de l’eau, toujours la nuit, pour danser sous la lune. La légende dit que si un humain veut en garder une avec lui il doit cacher sa peau de phoque hors de sa vue. La Selkie devra alors lui obéir et devenir sa femme. Mais si un jour elle découvre sa peau de phoque, elle ne pourra résister à l’appel de la mer et abandonnera tout pour y retourner.

Nevrabriel prit une légère pause. Il connaissait bien cette histoire. Il l’aimait beaucoup, mais il devait légèrement changé la fin qui n’était pas forcement très joyeuse. Il fallait mieux ne pas mettre de note négative pour certaine personne. Quoique Rox et Rouky n’était pas forcement très joyeux, les deux amis ne se revirent jamais après que Rouky se soit enfuit au fin fond de la forêt avec sa chérie. Après, tout était une question de point de vue.

_La légende raconte, qu’à la nuit tombée, trois pêcheurs, fatigués, marchaient le long de la route étroite afin de rejoindre leurs foyers. Sean, qui marchait devant, s’arrêta si brusquement que les autres butèrent contre lui. Il leur dit de se taire et regarder.
Les trois hommes s’approchèrent sans bruit, et virent la femme la plus belle qu’ils aient jamais vue. Elle était assise sur les rochers, occupée à peigner ses très longs cheveux roux. Sean comprit rapidement que cette femme était une selkie en voyant sa peau de phoque sur le rocher à coté d’elle.
Alors, Sean fit un bond en avant et se saisit de ce qui ressemblait à la peau d’un phoque. Il la serra fermement des deux mains contre lui.  La jeune femme poussa un cri et le pria, les larmes aux yeux, de lui rendre sa peau. Mais Sean refusa, lui affirmant qu’il n’avait pas de femme et que les Selkies étaient les meilleures épouses possible, alors elle serait sa femme. La Selkie, lui dit alors qu’elle serait à jamais malheureuse si elle venait avec lui, parce que sa véritable maison était la mer, cependant, tant qu’il aurait sa peau de phoque, elle devait lui obéir. Sean lui promis qu’elle serait libre et pourrait venir à la mer tant qu’elle le voudrait, mais qu’il garderait sa peau de phoque.
Sean se maria trois jours plus tard, ses deux amis étaient à la noce. Personne d’autre ne savait que la femme de Sean était une Selkie. Quant à Sean, il avait enfermé la peau de sa femme Selkie dans un coffre dont il gardait la clé suspendue à une chaîne qu’il portait autour de son cou.
Le mariage de Sean fut réussi. Sa fortune s’améliora sitôt qu’il fut marié. Il ne tarda pas à devenir propriétaire de sa propre flotte de pêche et ses deux amis pêcheurs travaillèrent pour lui. Sa femme lui donna trois fils forts comme des rocs et deux filles d’une grande beauté. Sean était très heureux.
Dès qu’elle avait un moment de liberté, la femme de Sean allait près de la mer. Elle aimait surtout s’asseoir sur le rivage, les nuits de pleine lune. C’est à ces moments-là qu’elle retrouvait son propre peuple, le peuple des phoques. Ils venaient la consoler et lui témoigner leur affection et leur compassion. Souvent, après leur départ, elle pleurait parce qu’ils lui manquaient terriblement.
La famille de Sean était très heureuse, mais chaque fois que les enfants trouvaient leur mère sur la plage, regardant avec nostalgie le monde marin, ils demandaient : «Maman, pourquoi es-tu si triste?" Elle secouait la tête et embrassait leurs fronts.
Après bien des années, Sean devenu riche décida que sa famille devait déménager pour vivre dans un endroit plus grand, dans une maison plus belle. Alors qu’ils étaient prêts à prendre place dans une élégante voiture afin d’aller rejoindre leur nouvelle demeure, la femme de Sean s’en retourna dans la maison pour inspecter une dernière fois les lieux.
Dans un coin, elle remarqua quelque chose qui ressemblait à un petit tas de gravats. Curieuse, elle se mit à genoux pour voir ce que c’était. Il d’agissait d’un vieux coffre qui avait pourri avec le temps et était presque tombé en poussière. Elle fouilla prestement dans le tas et retrouva sa peau de phoque. Depuis le temps, son mari avait totalement oublié le coffre.
Elle se précipita à la porte et continua de courir jusqu’à la mer. Tandis qu’elle l‘atteignait, elle entendit Sean courir à sa poursuite tout en lui criant son amour. Mais, avant qu’il ne puisse la rattraper, elle se revêtit de sa peau.
Devant les yeux de Sean, elle reprit sa forme de phoque, plongea puis nagea loin dans la mer. Elle était heureuse, elle était rentrée chez elle, avait retrouvé sa famille et son pays.
Son mari et ses enfants crurent ne jamais la revoir, mais elle continua de veiller sur eux. Sous sa forme de phoque, elle faisait en sorte qu’ils aient toujours du poisson à manger pour le reste de leur vie. Et une fois par mois, les nuits de pleine lune, elle sortait de l’eau, retirait sa peau de phoque pour marcher jusqu’à la demeure de sa famille humaine pour border ses enfants et embrasser son mari avant de repartir à la mer, jusqu’au prochain moins.


En vérité, Sean et ses enfants ne revirent jamais la Selkie. Puisse qu'une fois retournée à la mer, les selkies ayant connu trop longtemps l'exil de la mer ne retournaient plus jamais sur terre, pour ne plus jamais revivre le mal de leur pays. Mais le petit chef n'était pas obligé de le savoir.

Nevrabriel releva la tête pour regarder la petite fille, plongeant ses yeux vairons dans ceux bruns de sa petite camarade. Il lui offrit un grand sourire sincère.

_On finit toujours pas rentrer chez nous, alors en attendant, il faut simplement profiter du moment présent, même si ce n’est pas le lieu qu’on a choisit. Il y a toujours de belles choses qui nous attendent.


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Ven 1 Juin - 21:19
« Avant tous, saches que les selkies sont des créatures magiques. Comme les sirènes. »

Loreleï tira la langue, grimaçant grossièrement. Oh non pas les sirènes, c'était chiant à en mourir ! Elle avait regardé La Petite Sirène une seule fois et ça avait suffit pour la dégoûter. Les nanas qui sacrifient leur liberté pour un garçon, non merci ! Pff, si c'était ça la légende de Selkie, franchement ça puait !

« Mais elles n’ont pas de queues de poissons, ce sont des femmes, qui ont une peau de phoques et lorsqu’elles la vêtissent, elles se transforment en phoque. Elles sortent de l’eau, toujours la nuit, pour danser sous la lune. La légende dit que si un humain veut en garder une avec lui il doit cacher sa peau de phoque hors de sa vue. La Selkie devra alors lui obéir et devenir sa femme. Mais si un jour elle découvre sa peau de phoque, elle ne pourra résister à l’appel de la mer et abandonnera tout pour y retourner.»

Loreleï essaya de visualiser une Selkie. On était loin d'Ariel et ses jolies écailles. Elle imagina des phoques avec une paire de seins, valsant sous le clair de lune. Ça la fit pouffer, et puis elle repensa au sort tragique de ces créatures ... Elles pouvaient vite être condamnées les pauvres ...

« Ça fait quand même passer les hommes pour des méchants ... »

C'est alors que le grand gaillard se mit à conter l'histoire de Sean et de Selkie. Loreleï l'écoutait attentivement. Son regard vagabond cessa de rebondir sur chaque feuille, chaque silhouette d'arbre, chaque ombre immobile. Il se focalisa sur le lointain, presque absent. Son esprit était devenu une toile vierge sur laquelle prenait vie l'histoire du rouquin. Des couleurs, des personnages et la légende prenait vie. D'abord tout était noir, si noir qu'on distinguait à peine les trois hommes qui marchaient. Loreleï les imaginait tous en blanc avec leur canne à pêche. Sauf Sean. Sean il était doré. Il avait un prénom.
Et soudain un pinceau aux couleurs flamboyantes balaie une trace d'obscurité. Apparaît alors la Selkie.
Puis des fissures dans le orange sucrée de la selkie. Le papier de l'histoire s'humidifie des larmes de la femme. A défaut de rejoindre la mer en toute liberté, elle se contenterait de l'humidité des pages de la légende. Et le temps passe. Les pages de l'histoire se fanent... Et puis la lueur verte de l'espoir colorent l'ensemble. Petite tâche qui prend forme. La selkie regagne sa liberté dans l'océan.
Et l'esprit du petit Caïd ferme le livre. C'est fini, on revient sur Terre. La gamine ne savait pas trop quoi penser de cette légende. Elle était contente pour la Selkie mais était triste pour sa famille. Elle, elle détestait le fait d'être séparée de la sienne. Elle était mitigée... D'un côté elle en voulait à la Selkie de les abandonner, mais de l'autre elle était heureuse qu'elle retrouve son chez-elle.
Alors qu'elle était plongée dans ses pensées, Loreleï sentit du mouvement venant du grand gaillard. Il venait de relever la tête. Elle croisa ses yeux dépareillés. C'était drôle quand même d'avoir deux couleurs différentes. Peut-être que la maman de grand gaillard mettait des chaussettes différentes à chaque fois, et d'une certaine façon, son fils avait hérité d'elle.

« On finit toujours pas rentrer chez nous, alors en attendant, il faut simplement profiter du moment présent, même si ce n’est pas le lieu qu’on a choisit. Il y a toujours de belles choses qui nous attendent. »

Loreleï soupira et battit doucement des jambes. Elle voulut voir les cieux mais les branches des arbres l'empêchaient de les voir. Elle n’apercevait que des tâches bleues de temps à autre.
En tout cas, elle était bien trop bête et butée pour comprendre que la moralité était un parallèle à faire avec sa propre situation. Grand Gaillard voulait sûrement lui remonter le moral avec ça, mais la presque adolescente ne voyait que le pseudo égoïsme de la Selkie.

« J'suis pas comme la Selkie moi, j'abandonnerais jamais ma famille. Mais quand même... rentrez chez soi ... Est-ce que la famille qu'on se créait, au bout d'un moment, ne peut pas devenir notre chez nous ? La maison c'est p'tet pas lieu, mais plutôt une sensation... »

Elle n'était pas Robin des Bois non plus, elle n'était pas aussi rusée que lui. Et elle ne savait même plus qui était le Roi Arthur.
Et soudain elle perçut un fragment du ciel. Un vrai de vrai. Un rayon lui éclaira le visage de toute sa puissance, si bien qu'elle plissa les yeux, aveuglée. Un ciel si bleu et si limpide qu'il semblait presque irréel.
Alors Loreleï gigota de façon à faire comprendre à son compagnon de route et d'histoire qu'elle voulait descendre. Et au final elle trouva un rocher et grimpa dessus. Là, elle bomba le torse et prit une pose un peu héroïque. L'histoire du rouquin l'avait décidée. Plus question de rechigner ou de se plaindre ! Elle n'était plus le Caïd de la cour de récréation, elle était celui de l'Institut.

« Je vais créer ma propre légende ! Je serais la légende de l'Espoir, sans l'Institut. La légende de Loreleï ! En plus, ça tombe bien, tu savais que la Loreleï était une sirène ? »

Elle sourit franchement, de toutes ses dents, même si il lui en manquait une. Son papa-soja n'arrêtait pas de lui répéter l'origine de son prénom. C'était germanique si elle s'en souvenait bien. Au final, il y avait eu une résonance entre l'histoire de la Selkie avec celle de la Loreleï.
Toute fière et toute contente, elle regarda son conteur.

« Qu'est-ce que tu en penses Grand Gaillard ? Tu penses que c'est possible ? »




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Mar 19 Juin - 0:20
_On finit toujours pas rentrer chez nous, alors en attendant, il faut simplement profiter du moment présent, même si ce n’est pas le lieu qu’on a choisit. Il y a toujours de belles choses qui nous attendent.

L’enfant se mit à battre des jambes. Il ne pouvait pas vraiment voir ce qu’elle faisait, ainsi sur ses épaules, mais devinaient aux battements de ses membres qu’elle méditait sur son histoire. Son silence en disait long.

_ J'suis pas comme la Selkie moi, j'abandonnerais jamais ma famille. Mais quand même... rentrez chez soi ... Est-ce que la famille qu'on se créait, au bout d'un moment, ne peut pas devenir notre chez nous ? La maison c'est p'tet pas lieu, mais plutôt une sensation...

C’est qu’elle arrivait à avoir de bonne réflexion, cette enfant. L’écossais ne s’était pas vraiment posé ce genre de question. Pour lui, son chez lui à toujours été l’Ecosse, il n’a connu que ça, ça et l’Institut. Mais il n’était pas forcement très heureux ici. Il se faisait à la vie.
Evidemment, il y avait des gens il appréciait beaucoup ici, Willow par exemple. Mais de là à dire qu’ils étaient une famille ?
Peut-être … un jour, il le pourrait. Peut-être aimerait-il retourner ici plus tard ? Cette sensation de vouloir retourner quelque part, comme un besoin de retrouver son foyer ?
Mais pour l’instant, le seul foyer que le jeune homme voulait retrouver était celui qui se trouvait en Ecosse, à des centaines de kilomètres de là.

La petite se mit à gesticuler plus que d’habitude, faisant comprendre qu’elle voulait poser pied à terre. Le jeune homme obéit sans un mot de plus, ne voulant pas que l’enfant ne se blesse, et aussi pour soulager ses muscles. La petite n’était pas lourde, loin de là, mais prendre une charge pendant un long moment offrait de méchantes douleurs au bout d’un moment.
Nevrabriel regarda la petite monter sur un rocher, il en profita pour se masser rapidement une épaule, la regardant jouer. Elle prit une pause, fixant un point imaginaire, le visage sérieux comme si elle allait déclarer la promesse d’une vie :

_ Je vais créer ma propre légende ! Je serais la légende de l'Espoir, sans l'Institut. La légende de Loreleï ! En plus, ça tombe bien, tu savais que la Loreleï était une sirène ?

Loreleï ? C’est vrai qu’il ne lui avait pas demandé son prénom.
Mais si ses souvenirs sont exacts, la Loreleï est une femme qui pleure d’un amour trahis par un chant mélodieux. L’enfant en face de lui ne pouvait pas avoir un destin aussi tragique que la légende de son nom, tout de même ?
Non. Il se trompait certainement de sirène. Et à vrai dire, les mermaid ont rarement de belles fins, entre Ondine qui offre son âme, et la petite sirène qui se transforme en écume de mer … Les puavres … mais Nevrabriel ne pouvait décemment pas lui dire ce genre de choses.

_Qu'est-ce que tu en penses Grand Gaillard ? Tu penses que c'est possible ?

Le jeune homme sortit de ses pensées pour regarder l’enfant avec des yeux ronds. Puis, il se mit à rire. Un rire qui était loin d’être moqueur. Clair et sincère. C’était même un rire admiratif. Il aimait bien cette petite, elle semblait avoir des rêves. Et c’était important de rêver.

_Tout est possible. Si tu le souhaite, je raconterais ta légende à chaque couloir. Et tu deviendras l’héroïne de ta propre histoire.

Nevrabriel s’avança vers la petite, beaucoup moins petite sur son rocher et lui tendit la main. Il lui offrit un petit sourire, mais tout aussi sincère que ses paroles. Cette enfant ne serait pas une héroïne à proprement parlé, mais pourrait devenir quelqu’un. Si elle le voulait, elle deviendrait une femme forte et accomplie, plus tard, et deviendrait une héroïne à sa manière.

_Je pense qu’on a assez trainé, je vais nous sortir de cette forêt. Loreleï. Moi c'est Nevrabriel, dit-il avec un fort accent écossais. Mais tout le monde m'appelle Nev.


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Sam 30 Juin - 20:56
« Tout est possible. Si tu le souhaite, je raconterais ta légende à chaque couloir. Et tu deviendras l’héroïne de ta propre histoire. »

Loreleï se mis à rêver ... Rêver à son nom qu'on susurrerait aux oreilles. Un nom qui irait s'accrocher sur les murs des couloirs. On s'arrêterait pour s'y attarder et y lire son histoire. Elle se mis à rêver qu'elle n'était pas le numéro qu'on lui avait donné ce matin, mais bel et bien un être humain. Une entité. Un corps fait de chair, d'os, et de vie. Aussi maigre son passé était-il, elle se promis de tout faire pour se rendre forte, et intéressante, et devenir un modèle. Comme Cap fut un modèle pour elle.
C'était sûrement prétentieux comme rêve, mais Loreleï s'en fichait. Certaines gamines s'imaginaient star internationale de la chanson, certains garçons comme footballeur de renommée mondiale. Elle, elle voulait devenir une légende. Et alors ?
Mais pour en être une ... Il lui fallait une histoire, un truc à raconter, quelque chose qui vous botte les fesses. Quelque chose qui vous fait réfléchir à la fin.
Elle fit la moue. Elle était loin d'avoir un super truc à dire aux couloirs.

« Je pense qu’on a assez trainé, je vais nous sortir de cette forêt. Loreleï. Moi c'est Nevrabriel. Mais tout le monde m'appelle Nev. »
« Tout le monde ? Vraiment ? »

Elle pencha la tête sur le côté, sceptique. Puis son regard visa l'étiquette de Nevrabriel. Et son numéro alors ?
Il avait raison, le grand Gaillard : il fallait sortir de la forêt. Il n'y avait qu'Alice pour s'y perdre. Ou le Chaperon Rouge. Pas question d'y croiser un chat cinglé ou un loup affamé.
Loreleï, un peu effrayée mais cherchant à le cacher, saisit de sa main menue celle de Nevrabriel. Elle l'amena vers un sentier afin qu'ils y marchent tous les deux. C'était drôle parce qu'il était vraiment grand Nev. Et pourtant, il ne lui faisait pas peur. Il aurait pu parce que les géants ça fout les chocottes. Mais non. En fait, il y avait même quelque chose de rassurant d'avoir sa petite menotte dans sa grande main. Comme si elle avait un bouclier. Un fort. Quelque chose comme ça.

« Ils doivent beaucoup t'aimer tes parents, parce qu'il est vraiment chouette ton prénom. »

Elle avait noté l'accent du rouquin, mais n'avait aucune idée d'où il venait. En fait, comme son prénom avait des sonorités féeriques et comme son accent était étrange, elle le trouva un peu irréel. Comme si, depuis le début, c'était lui qui sortait des pages d'un conte.

« Tu sais, dit-elle sans le regarder, j'étais très en colère et très triste ce matin. Mais tu m'as redonné le sourire, et je trouve ça très gentil. »

Elle remerciait (parce que c'était un genre de remerciement) rarement les autres. On le lui avait appris, mais elle était quelqu'un de nerveux plutôt que quelqu'un de reconnaissant. Cependant, elle le reconnaissait, même sans désinfectant et autres produits médical, le Grand Gaillard avait apaisé ses blessures.




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Lun 2 Juil - 23:44
_Mais tout le monde m'appelle Nev.

_Tout le monde ? Vraiment ?

Loreleï avait bien assimilé que les membres du personnel appelaient les patients par leur numéro. Ce n'était pas le cas de tous, évidemment, le docteur Elpida ne le faisait pas, sa nouvelle secrétaire non plus, et quelques autres personnes sympathiques également. Mais la petite avait marqué un bon point, pour certain il était simplement un numéro. Mais à quoi cela servait il de faire attention à eux ? Ça l’avait atteint au début, même blessé, mais en trainant avec une tête brulée comme Willow et une personne comme Anna, n’être qu’un numéro pour certains ne lui faisait plus aussi mal.

La petite descendit de son rocher et vint lui prendre la main. Sa main était vraiment minuscule dans la sienne. Elle commença à entraîner son aîné vers un sentier, évitant l’épaisseur de la forêt.
Le roux hésita un moment mais fini par refermer sa paume sur les doigts de sa cadette. Il trouvait qu'elle ressemblait à sa sœur, énergique, petite, expressive, enfantine, avec cette étrange lueur trop téméraire pour une enfant. Mais cette étrange et soudaine timidité lui faisait penser à son défunt frère. C’était à la fois agréable et perturbant.

_Ils doivent beaucoup t'aimer tes parents, parce qu'il est vraiment chouette ton prénom.

Les deux patients marchaient encore mais  Nevrabriel ne savait pas quoi dire. Ils ne savaient pas pourquoi ses parents l’avaient appelé comme ça. On lui a toujours dis que c’était sa mère qui avait choisi ce nom, mais étant donné qu’il avait une relation compliqué avec elle, il n’a jamais prit le temps de lui poser la question. Malgré tout, l’écossais savait que ses parents l’aimaient. Beaucoup ? Il n’en était pas sûr, mais ils l’aimaient, ce n’était pas si mal.

_Tu sais, j'étais très en colère et très triste ce matin. Mais tu m'as redonné le sourire, et je trouve ça très gentil.

Nevrabriel eut un léger sourire sur le visage. Il ne savait toujours pas quoi dire à l'enfant. Il n’était pas doué. Heureusement ça allait en grandissant, mais il restait encore penaud et timide. Il ne savait pas ce qui était mieux entre parler avec abondance ou ne rien dire. Anna trouvait que c’était mieux qu'il s’exprime, même pour ne rien dire, sa voix était chaleureuse et agréable à écouter, et même s’il disait des bêtises, une personne qui faisait la conversion était beaucoup plus agréable qu' une personne terrée dans le mutisme.
Le jeune homme se tourna vers sa camarade et lui offrit un sourire plus large.

_Les Weasley sont de puissants sorciers.

A défaut d'être drôle, il aurait le mérite d'essayer. Peut-être que plus tard, il y arriverait ? A parler à des inconnus de façon fluide et les faire sourire, comme il l’avait fait pour cette enfant. Ça serait bien oui, d’être une lumière dans un lieu clos et parfois si triste.
L’écossais s'arrêta de marcher et accroupi pour être à la hauteur de sa petite camarade. Il avait toujours la main de celle-ci dans la sienne et un agréable sourire sur le visage, plongeant son regard bienveillant dans celui de l’enfant.

_Et je ne suis pas la seule personne gentille de l'institut, tu verras. Peut-être même que tu te feras une nouvelle famille, donc ne sois pas triste.

Doucement, le roux posa sa main libre sur la tête de la petite, caressant doucement le sommet de sa chevelure châtain. Le geste était un peu maladroit mais très tendre et attentionné. Puis, il retira sa main pour pointer une direction à travers le sentier.

_Et si on suivait le chant de la mer ?


Les deux patients s'étaient rapprochés des côtes, on pouvait presque sentir odeur de l'eau salé masqué par celui de la forêt. En longeant ces espaces rocheux, les bâtiments se feraient rapidement voir et la petite pourrait retrouver son aile.

_Si tu écoute bien tu peux l'entendre. Bravo Loreleï, tu nous as fait sortir de la forêt.


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Dim 15 Juil - 13:15
« Les Weasley sont de puissants sorciers. »

Loreleï pouffa un peu. Alors c'était aussi simple que ça ? Un peu de magie et tout allait mieux ? Quels avaient été les pouvoirs de ce Grand Gaillard ? Il n'avait fait que lui conter une histoire ...
La petite haussa les épaules pour elle-même. Elle avait beau être curieuse, ce n'était pas drôle si les magiciens révélaient leur secret.
Ils arrêtèrent de marcher, ce qui interloqua la gamine. Elle essaya de poursuivre leur chemin, tirant le rouquin en avant grâce au contact de leur deux mains.
Elle ne comprit pas plus quand il se pencha, ses yeux à hauteur de siens. Elle trouva ça bizarre quand même ... D'habitude quand on portait des chaussettes dépareillées, ce n'était pas joli. Pourtant ses yeux étaient vraiment beaux. Comme si deux entités différentes voulaient imposer leur couleur sur ce visage. On n'était pas captivé plus par un œil que par l'autre. On était attiré par les deux et Loreleï ne savait pas lequel fixer.

« Et je ne suis pas la seule personne gentille de l'institut, tu verras. Peut-être même que tu te feras une nouvelle famille, donc ne sois pas triste. »
« Mouais ... »

Ce « Mouais » ne sonnait pas très convaincant. Mais si Nevrabriel lui avait dit ça au début de leur rencontre, elle se serait contentée de le réfuter entièrement. On avait donc une légère progression de mentalité.
Puis elle le vit poser sa main sur le haut de son crâne. Elle fit la moue, baragouinant de façon inaudible qu'elle n'était pas une enfant tout en se laissant faire.

« Et si on suivait le chant de la mer ? »
« Quelle mère ? Tu as besoin d'une berceuse ? Ce n'est pas l'heure de dormir pourtant. »

Il était un peu bizarre ce garçon quand même mais bon.
Puis à force de marcher, une brise salée accueillit les deux patients. Loreleï accéléra le pas, le coeur plein d'espoir. Et quand elle entendit la mélodie des vagues et le murmure de l'écume, elle se déroba au Grand Gaillard pour se mettre à courir. Elle n'avait pas couru comme ça depuis longtemps. Courir parce qu'il y avait l'espoir, courir parce que quelque chose au bout nous attendant au lieu de courir parce qu'on était poursuivi. Courir à en ressentir ses jambes, son ventre, son souffle. Ressentir la vie qui nous animait.
Sortie de la forêt, une vague de vent lui souffla sur le visage, faisant voler sa chevelure. Les bras écartés, l'enfant respira cet air de liberté.

« Bravo Loreleï, tu nous as fait sortir de la forêt.»

La châtain se tourna vers le rouquin. Elle se tordit le cou pour le voir arriver. Un large sourire barrait son visage. Elle lui sauta alors dans les bras, incapable d'articuler un son. Elle aurait aimé le remercier comme jamais mais elle était bizarrement bien trop heureuse pour parler.
Elle eut alors une idée.
Elle s'écarta de lui et ôta sa paire de lunettes. Elle en avait une autre dans sa chambre de toute façon. Une paire en plastique ronde et d'un rouge vif. Elle la tendit au rouquin comme cadeau.

« Tu as été mes yeux pour sortir de la forêt, je n'ai plus besoin de ça. Si je suis perdue la prochaine fois, je n'aurais qu'à faire appel à tes pouvoirs. »

Elle porta un nouveau regard sur l'horizon. La mer assez calme ondulait sous un soleil cuisant. Il y avait quelque chose d'apaisant. On aurait dit que la mer chantait une berceuse et que ... Oh ! Le chant de la mer ...
Elle rit tout bas. Elle avait compris.
Une dernière fois, elle fit face au Grand Gaillard.

« La prochaine fois qu'on se verra, ce sera quand la légende de la Loreleï se sera fait connaître. Je compte sur toi pour en être le porteur ! »

Elle réfléchit un peu, puis ...

« Et tu verras, elle aura une bien meilleure fin que celle de Sean et la Selkie. »

Elle rit de joie, avant de retourner dans sa chambre.
Elle avait de l'espoir.





Spoiler:
Je me suis dit que ce serait bien de terminer là (du moins pour Lore). Ça te convient ? En tout cas, merci pour ce dernier rp avec ma Loreleï. Au moins, mes dernières réponses avec elle n'auront pas été l'event Smiling Face With Op C'était très chouette !!





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