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20/10/2018
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22/09/2018 Modification des pourcentages révolutionnaires (cf. PA et heure supp')
16/09/2018 Ajout du bouton Discord qui avait disparu ;-;

Quatre roues pour avancer et deux pieds pour danser [PV : Adèlys]

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Une journée de plus à l’Institut, une journée banale entre auscultation, cantine et quelques livres. Une sieste aussi. Il en avait besoin depuis le début du mois, après sa crise dans le couloir, son corps semblait avoir du mal à s’en remettre.

Le jeune homme posa son livre sur son bureau, en désordre, on ne se refait pas, avant de prendre son étui à violon pour le mettre sur son dos et sortir de sa chambre.
Le bruit du métal de son porte clé se cognant contre la protection de l’étui faisait un bruit sourd, un léger frottement comme les bruits de pas s’enfonçant dans la neige immaculée. C’était agréable.
Dans le dernier couloir qui menait à l’extérieur, il vit un fauteuil roulant s’y diriger. Il n’y avait pas beaucoup de personne avec cet handicap et la petite tête qui dépassait de celui-ci, il pourrait la  reconnaitre entre mille.

Nevrabriel s’arrêta et regarda Adèlys, de loin. C’était l’une des personnes qu’il connaissait le plus longtemps ici, mais sans la connaitre finalement. Il ne lui parlait pas beaucoup. Il fallait dire que la demoiselle était souvent en vadrouille, certainement à la recherche d’une saine occupation, et lui aussi, toujours en vadrouille, dans ce but précis.

Le garçon finit par s’avancer jusqu’à la demoiselle au fauteuil, la rattrapant assez rapidement, puisse qu’il était pourvus de longues jambes et que la demoiselle semblait rouler d’un entrain baladeur. Le roux agrippa le dossier de celle-ci pour l’empêcher d’aller plus loin jusqu’à ce qu’elle se retourne, attirer par le frein qu’était l’écossais.
Il sourit aimablement à la patiente lorsque leurs regards se croisèrent, avant de s’accouder aux manches derrière le fauteuil et se pencher légèrement pour diminuer l’espace de dialogue entre eux, décontracté, il la salua :

_Salut toi. Tu vas où comme ça ? On peut faire un bout de chemin ensemble ?



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Quatre roues pour avancer et deux pieds pour danser

Adèlys ne fit pas grand chose de sa journée. A vrai dire, elle ne savait même pas ce qu'elle allait en faire. Elle voulait se balader, sans doute, comme à son habitude. Mais elle en avait assez de toujours faire la même chose. Elle ne pouvait pas se permettre de faire autre chose de toute façon : son corps le lui interdisait. Si elle voulait grimper, sauter, danser, courir, nager, faire un grand écart : ça lui serait impossible. La vie lui avait conféré des choses qui ne lui appartenaient déjà plus.

C'était avec ces pensées qu'elle avança, sans but. Que faire de cette journée, qui ressemblait à toutes les autres ? Que faire de cette journée insipide et triste ?
Adèlys commençait à déprimer. Un peu. Sa combativité se perdait dans le temps. Elle s'accrochait trop longtemps à son doux rêve, avait écrit trop de mots dans ce carnet.

Elle voulait partir. Que ce soit avec ou non les patients.
Son égoïsme la désespérait. Mais elle avait 17 ans. Onze ans passés dans cet Institut, aux côtés de Donatien Elpida, ça vous faisait réfléchir et changer vos priorités. Qui vous dirait le contraire ? Qui oserait vous empêcher d'y penser sérieusement ? Tous étaient dans le même navire, sauf qu'ils avaient différents bourreaux, et que certains bourreaux étaient des traîtres du navire. Elle aurait aimé être "soignée" par un traître.

D'un coup, on l'empêcha de continuer sa route. Son cœur fit un bond dans sa poitrine, elle redoutait le pire.
Elle se retourna vivement, ses yeux qui s'apprêtaient à sortir de leur orbite, mais elle se rendit compte que c'était un camarade avec qui elle partageait son bourreau. Elle soupira de soulagement sans se cacher. Même si elle n'avait rien fait de mal.

_Salut toi. Tu vas où comme ça ? On peut faire un bout de chemin ensemble ?

Elle avait le regard dans le vide. Elle ne savait pas si elle souhaitait que quelqu'un l'accompagne quelque part. Mais... Mais Nevrabriel était une bonne personne. Alors elle leva les yeux vers lui, et avec un sourire timide elle lui répondit :

- Je ne vais nulle part.

Elle ne pouvait pas aller bien loin, de toute façon. Elle était coincée sur cette île bordée d'eau salée.

- Mais si tu veux, tu peux m'accompagner dans ma petite balade aléatoire.

Elle inspira finalement, puis se dit qu'elle ne devait pas se montrer désespérée. Elle devait être un des piliers de l'espoir. Elle devait montrer le chemin à suivre, et ce n'était qu'en montrant une bonne humeur qu'elle pourrait le faire !

- Qu'est-ce que tu as dans ton dos ? Demanda-t-elle en se penchant en arrière pour essayer d'apercevoir l'étui.



Je pense qu'on devrait tous s'allier...
On devrait tous avoir confiance en nos propres capacités. Si on unie nos forces, tout est possible et peut-être qu'on pourra enfin sortir de cet enfer... by lizzou.
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_Salut toi. Tu vas où comme ça ? On peut faire un bout de chemin ensemble ?

Adèlys ne semblait pas très sereine. Allait-elle à un … rendez-vous ? Sa proposition tombait bien mal dans ce cas ? Après tout, l’adolescence et le printemps amenez à des chants romantiques.
Quoiqu’il n’y avait pas que des adolescents. Les rossignols chantaient pour tous les êtres sous leurs chemins.
Finalement, la patiente du docteur Elpida releva la tête vers son camarade et lui afficha un sourire remplis d’innocence.

_Je ne vais nulle part. Mais si tu veux, tu peux m'accompagner dans ma petite balade aléatoire.

Elle n’allait donc nulle part ? Pas de rendez-vous à l’horizon ? Dommage. Nevrabriel aurait pu en rire secrètement et innocemment. Loin de là l’idée de se moquer de la demoiselle, mais il l’a connu encore enfant et cela aurait été bien amusant de la voir avec des étoiles dans les yeux à l’approche d’une personne. Mais il allait garder cela pour lui, ce n’était pas encore le moment des taquineries.
Nevrabriel se redressa et posa ses mains sur les manches du fauteuil, près à le pousser, laissant l’adolescente reposer ses bras habitués à faire rouler son moyen de transport.

_Qu'est-ce que tu as dans ton dos ?

Par réflexe, le jeune homme regarda l’objet de la curiosité de sa camarade. Il avait presque oublié qu’il avait prit son violon avec lui. Ça devenait une habitude. Il pouvait passer la journée avec, sans sortir son instrument de son étui. Maintenant, l’écossais jonglerait entre lecture et musique, et c’était beaucoup mieux.
Reportant son attention sur la demoiselle, Nevrabriel lui sourit et commença à pousser le fauteuil.

_C’est juste un violon, petite curieuse. Je l’ai eut en février, il est plutôt récent.

Nevrabriel poussa le fauteuil de la demoiselle, direction l’extérieur du bâtiment. De l’air pur était toujours bénéfique. Il ne savait pas où il la mènerait comme ça, mais l’air était agréable et le soleil assez présent pour illuminer le paysage de ses rayons agréables.

_Bien que je ne serais pas contre l’investissement d’un piano à l’Institut. Ça manque cruellement de musique. Et je suis certain que beaucoup savent jouer d'un instrument. Ça serait amusant de faire un groupe de musique. Comme les clubs à l’école. Bon, j’admets qu’il faudrait de la place pour stoker les instruments, surtout les volumineux, comme les harpes, les violoncelles. Les batteries aussi. Ça prend tellement de place ces trucs là !

Tout en poussant la demoiselle au gré du soleil, vers une destination encore inconnu, le jeune homme se pencha de nouvelle vers Adèlys, tout souriant. Adèlys semblait plus jeune que son age, avec sa peau si lisse et ses yeux si grands et presque craintifs. Elle avait des petits airs d’oisillon avec son gabarit si svelte et ses cheveux raides qui le rendaient encore plus fin.
Même si Nevrabriel ne parlait pas beaucoup avec l’adolescente, il lui vouait une certaine sympathie. Et espérait que cette sympathie était réciproque.

_Tu veux l’essayer ?



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Quatre roues pour avancer et deux pieds pour danser

Il tourna la tête pour regarder derrière lui l'objet qu'Adèlys observait, puis elle devint à nouveau l'objet de ses attentions. Il lui donna un sourire avant de lui répondre joyeusement :

_C’est juste un violon, petite curieuse. Je l’ai eut en février, il est plutôt récent.

L'étui pouvait effectivement laisser deviner un violon, mais elle n'était pas sûre. Elle n'avait pas voulu passer pour une imbécile. Elle savait que Nevrabriel n'était pas du genre à se moquer, mais elle n'aimait pas faire l'idiote. Enfin, paraître idiote.
C'était vraiment bizarre de penser comme ça... Ces temps-ci, elle gambergeait beaucoup trop.

Nevrabriel prit la décision de diriger le fauteuil elle ne sut où, et c'était tant mieux. Elle n'aurait pas à forcer avec ses bras pour avancer. Ce sera plus agréable pour elle.

_Bien que je ne serais pas contre l’investissement d’un piano à l’Institut. Ça manque cruellement de musique. Et je suis certain que beaucoup savent jouer d'un instrument. Ça serait amusant de faire un groupe de musique. Comme les clubs à l’école. Bon, j’admets qu’il faudrait de la place pour stoker les instruments, surtout les volumineux, comme les harpes, les violoncelles. Les batteries aussi. Ça prend tellement de place ces trucs là !
- Oui mais ça égaierait l'endroit ! Tu peux toujours souffler l'idée à monsieur Elpida.

Elle était entièrement d'accord avec lui. C'étaient effectivement des dons qui finançaient l'Institut, et surtout pour le progrès médical, mais pour le bien être des résidents il fallait de quoi nourrir leurs passions.

Sans prévenir, il se pencha doucement vers l'adolescente, dégageant un parfum boisé et rafraichissant. Elle prit une grande inspiration.

_Tu veux l’essayer ?

Elle se tourna vers lui, les yeux ébahis et la bouche entre-ouverte. Elle ne savait pas en jouer, non ! Elle savait dessiner - elle avait appris en autodidacte, un style très réaliste et à la fois enfantin - elle savait calligraphier, elle savait même colorier sans dépasser. Mais jamais elle n'avait touché un instrument de musique.
Il faut dire qu'elle avait quitté le cocon familial à ses six ans...

Elle battit les paupières, faisant danser ses cils longs et noirs. Elle posa son regard sur l'étui et se mit à rire doucement :

- Le son risque d'être atroce et crissant. Tu es sûr de vouloir me laisser toucher ton violon ?

Il lui avait été offert, il devait être précieux à ses yeux. Elle n'avait pas envie de le casser, de le faire tomber ni même de salir les jolies musiques qu'il faisait résonner. Elle imaginait cependant très clairement Nevrabriel en train de faire vivre les musiques qu'il jouait, et elle savait que ce serait magnifique à entendre. Un paradis sonore. Une sonorité paradisiaque.

- Et puis, je préfère t'entendre jouer avant. Ce doit être magnifique un morceau joué par un habitué.

Elle regarda le rouquin avec des yeux émerveillés. Elle avait beau avoir dix-sept ans, elle était toujours une enfant à qui on devait réaliser quelques désirs. Elle n'était pas capricieuse, mais elle aimait bien qu'on fasse ce qu'elle voulait. Surtout quand ce qu'elle souhaitait aller être, pour sûr, sublime.

Elle demanda une seconde fois, un sourire sur les lèvres, innocente :

- Tu veux bien ?



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_Tu veux l’essayer ?

La petite brune tourna la tête, étonnée. Pourtant, c’était une question vraiment simple. Inconsciemment, le jeune homme pencha la tête sur le coté, son sourire gravé sur son visage pâle.

Le regard aux lueurs violettes de la cadette se posa sur l’étui et ses fines lèvres s’élevèrent pour laisser passer un léger rire innocent :

_Le son risque d'être atroce et crissant. Tu es sûr de vouloir me laisser toucher ton violon ?

Nevrabriel se mit à sourire davantage. Bien qu’il tenait beaucoup à son instrument, Adèlys ne devait pas vraiment s’amuser ici. Son fauteuil ne lui permettait pas non plus beaucoup d’activité. Elle était là depuis plus longtemps que lui et n’avait que dix-sept ans. Elle avait passé son enfance sur cette île et avait passé sa vie sur ce fauteuil. L’écossais aurait bien aimé lui donner des ailes pour qu’elle se lève et voit le monde. Il aurait aimé lui donner une nageoire pour qu’elle puisse nager et caresser les coraux, ou même des jambes fonctionnelles pour qu’elle puisse marcher et courir.
Mais il ne le pouvait pas.
Tout ce qu’il avait était son sourire et un violon. S’il pouvait lui procurer un peu de joie, rien qu’un peu, ça serait certainement bien.

_Et puis, je préfère t'entendre jouer avant. Ce doit être magnifique un morceau joué par un habitué.

Adèlys posa son regard sur l’écossais, des yeux brillants, demandeurs.

_Tu veux bien ?

Nevrabriel regarda sa cadette dans les yeux pendant un petit moment. Elle avait des yeux presque enfantin, innocent et pétillant de curiosité. Cette fois-ci, ce fut à son tour de rire doucement. Le jeune homme ferma les yeux, comme résigné. Il ne pouvait pas résister à de tels yeux, si brillants et enfantins.

_Tu sais comment avoir ce que tu veux toi, hein ?


L’écossais se redressa et se remit à pousser le fauteuil de la demoiselle, l’emmenant tranquillement un peu plus loin du bâtiment. S’il devait jouer, il ne voulait pas que ça soit en présence de trop de monde. Il avait sans cesse la désagréable impression de déranger. Et bien qu’il était talentueux, il en doutait presque.

_Je vais te jouer un morceau … mais plus tard.

Derrière l’adolescente, il eut un sourire taquin. Ça ne lui arrivait pas souvent, mais lui aussi arrivait, parfois, à avoir ce qu’il voulait.

_Avant, c’est toi qui va m’en jouer un.

Se trouvant assez loin du bâtiment à présent, le jeune homme arrêta de pousser le fauteuil et se mit à coté de la demoiselle pour qu’elle puisse voir ses gestes. Il retira son étui de son dos pour l’ouvrir et prendre le violon d’une main, son arc de l’autre. Nevrabriel était gaucher mais a toujours appris à jouer comme un droitier. Il aurait certainement pu être ambidextre s’il s’était exercé à cela. Mais le gaucher resterait gauche. C’était plus simple ainsi pour apprendre à une autre personne de jouer du violon. Le garçon se mit derrière la demoiselle et posa doucement le violon sur l’épaule de cette dernière pour regarder la différence de taille entre la patiente et l’instrument.

_Il est légèrement grand pour toi mais ça devrait aller. Mets tes doigts ici, et là.

Le jeune homme plaça les doigts de la demoiselle sur les cordes de l’instrument, ne lui laissant pas vraiment le choix, sans la lâcher, il plaça l’arc dans l’autre main d’Adèlys.
Il avait l’impression de retourner en enfance, lorsqu’il aidait sa sœur à apprendre à jouer du violon. Il a toujours été doué avec cet instrument, très vite et très tôt. Et ainsi, très vite et très tôt, il aida sa sœur à apprendre à en jouer. Parfois, il passait dans les cours de son père pour montrer à des élèves, qui avait deux fois sont age, que même un enfant pouvait avoir un grand potentiel, qu’il fallait simplement vibrer avec la musique et apprendre, toujours plus.

Doucement, lorsque les doigts d’Adèlys étaient parfaitement placés, le jeune homme entraina doucement la main de sa cadette pour que l’arc vienne faire danser les cordes. Le son n’était pas très fluide, mais était tout de même passablement mélodieux.
Nevrabriel aida la demoiselle a mieux pincer les cordes de sa main gauche et refit passer l’arc sur l’instrument, la main d’Adélys tenant l’arc dans sa propre main. Les mains de la demoiselle étaient vraiment petites, comme ceux d’une enfant.
Le son émanant du violon était mieux. Cela ne valait pas vraiment un concert, mais c’était assez mélodieux pour être apprécié.

Le jeune homme se pencha en avant pour regarder sa cadette et lui offrir un sourire sincère lorsque celle-ci leva les yeux vers lui.

_Eh bien, ce n’est pas si mal pour une première fois, qu’en penses-tu ?



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Quatre roues pour avancer et deux pieds pour danser

Il se mit à la fixer quelques secondes avant de rire doucement. Un rire presque spontané. Un rire franc. C'était à la fois doux et beau à entendre.
Lorsqu'il ferma les yeux, Adèlys pencha la tête sur la gauche. Avait-elle gagné ? Avait-elle l'occasion de voir un pro du violon jouer un morceau ? Pourrait-elle admirer ses années d'expérience pour atteindre un niveau largement acceptable en tant que violoniste ?
Elle trépignait d'impatience. Ce n'était pas tous les jours que l'on pouvait entendre en direct quelqu'un jouer. Alors elle s'installa confortablement dans son siège, les yeux rivés sur son interlocuteur.

_Tu sais comment avoir ce que tu veux toi, hein ?

Elle se mit à sourire, ne répondant pas à sa question. Ce n'était pas qu'elle savait comment avoir ce qu'elle voulait : c'était plutôt savoir ce qu'elle voulait. Pour obtenir ses souhaits, ce n'était pas trop compliqué en soi. Il fallait juste être amical. Rien de bien sorcier.
Adèlys ne considérait pas ça comme de la manipulation, puisqu'elle était une des premières à proposer son aide, même lorsque l'on ne lui demandait pas.

Finalement, il fit avancer le fauteuil. Adèlys se demandait tout d'abord pourquoi, puis après réflexion, trouva ce choix judicieux. Il était peut-être timide de jouer devant d'autres petits curieux.

Il ne fallait pas grand chose pour éloigner les pensées orageuses de la petite Valcourt, au final...

_Je vais te jouer un morceau … mais plus tard.

Adèlys haussa un sourcil. Elle avait soudain plus peur... Non, elle appréhendait davantage ce qui allait suivre. Pourquoi la pousser plus loin s'il ne jouait pas ?
Elle décida de lui faire confiance, combien même sa conscience lui demandait de vite partir.

_Avant, c’est toi qui va m’en jouer un.
- Comment ?

Elle était certaine d'avoir mal entendu. Il voulait qu'elle joue en premier ?
Elle espérait avoir mal entendu. Elle ne connaissait aucun morceau, n'écoutait pas plus que ça les classiques et n'avait jamais assisté à un concert d'orchestre. Alors jouer ! Puis elle n'avait pas du tout l'oreille musicale.

Malheureusement, ses doutes s'intensifièrent en voyant Nevrabriel se baisser à son niveau, juste à côté d'elle. Elle déglutit.
Alors qu'il sortait son instrument, elle refusa :

- Oh non, pitié, je suis sûre que ce sera horrible. Je préfère t'entendre d'abord.

C'était à peine s'il donnait du crédit à ses paroles. Elle leva les yeux au ciel en voyant qu'il continua sur sa lancée. Ô joie, ô bonheur, elle allait pouvoir lui dévoiler ses talents cachés de violoniste morte dans l'oeuf.
Il lui montra comment le tenir, et elle ne dit plus rien. Elle se contenta d'observer, essayant de limiter la casse future. Puis, il plaça le violon entre son épaule et son menton. Elle appréhendait. Elle ne savait vraiment pas si c'était une bonne idée...

_Il est légèrement grand pour toi mais ça devrait aller. Mets tes doigts ici, et là.

Il prit ses doigts pour les placer sur les cordes tandis qu'elle observait ses petites mains se saisir d'un si bel instrument. Il lui donna également l'arc dans sa main libre. Elle se passa la langue sur ses lèvres, dubitative. Elle n'avait pas le choix, n'est-ce pas ? C'était devenu obligatoire pour elle de jouer. De tout façon, avec ses mains prises et son fessier bloqué sur la chaise, elle n'avait aucun échappatoire. Et lancer le violon n'était pas une option.

Il saisit la main tenant l'arc, et lorsqu'il frotta les cordes, un son presque joli en ressorti. Adèlys écarquilla les yeux, presque surprise de voir qu'avec l'aide d'un talentueux violoniste, même les plus nuls pouvaient faire sortir de belles notes.
Il continua à vouloir faire jouer Adèlys, s'obstinant à avoir un beau son émanant de l'instrument. Adèlys se mit à rire. C'était si inhabituel... C'était presque un rêve : faire quelque chose de complètement inédit dans cet endroit de l'Enfer. Elle eut envie d'applaudir l'initiative risquée de son camarade, mais ses mains étaient loin d'être libres.

Finalement, il approcha son visage du sien lorsqu'il se pencha. Par réflexe, elle s'éloigna légèrement de lui, les joues empourprées. Il fallait dire qu'ils n'avaient jamais été aussi proche, et cela, elle n'en avait pas l'habitude. Surtout lorsqu'elle vit un sourire aussi sincère sur son visage.

Elle haussa un sourcil lorsqu'il lui demandait ce qu'elle en pensait. Elle regarda l'instrument, fit basculer sa tête de gauche à droite, hésitante. Elle le faisait mariner. C'était sa vengeance pour l'avoir obligée à jouer.

- Et bien...

Elle fit durer encore la réponse. Elle fit des grimaces avec sa bouche, elle inspira puis expira, avant de finalement rire et de lui rendre l'instrument. Elle n'aimait pas faire patienter les gens, surtout lorsqu'ils attendaient une réponse. Brr.

- Bon, ce n'était pas si terrible, finalement. Mais je suis sûre qu'à côté de ton jeu, ça ne vaudra rien.

Elle le montra finalement avec l'arc, l'air presque menaçante. Elle lui sourit, les yeux mesquins. Elle n'aimait pas qu'on la force à faire quoique ce soit. Quand bien même, au final, elle ne s'en sortait pas trop mal. C'était un oiseau libre, au fond. Bien que complètement emprisonnée sur le fauteuil roulant.

Elle lui dit alors :

- Et puis, si je peux me permettre, tu m'as plus guidée que tu ne m'as laissée jouer. Alors, en réalité, c'est toi qui a joué.

Elle ôta le violon, qui était coincé entre son épaule et son menton, avant de lui tendre, accompagné de l'arc. Elle le fixa, cette fois-ci, avec un regard plus doux.
Elle n'était pas méchante, mais déjà qu'on la forçait à aller à des séances de soin barbares, à lire des livres choisis par l'Institut et à voir sa famille alors qu'elle est sous contrôle de caméras et micros...
Bon, ce n'était pas si horrible que toutes ces choses, mais tout de même. Elle prenait soin de sa liberté quand elle pouvait.

- Alors, puisque je sais avoir ce que je veux, jouez-moi un morceau, très cher.



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_Eh bien, ce n’est pas si mal pour une première fois, qu’en penses-tu ?

_Eh bien ...

Adelys semblait dubitative, exprimant des hochements de tête de gauches à droite. Elle avait réellement trouvé le son du violon de mauvais goût ? Bon. Il était certain que ce n'était pas de l'art, mais elle aurait pu émette un son plus horrible que ce qu'elle avait fait. La demoiselle Valcourt semblait difficile à combler.
Le rire presque enfantin de la brune effaça tout doute de son esprit. L'adolescente était plus taquine que lui, il fallait croire. Le jeune homme eut un léger rire pour accompagner sa camarade.

_Bon, ce n'était pas si terrible, finalement. Mais je suis sûre qu'à côté de ton jeu, ça ne vaudra rien.

Adèlys pointa l'écossais du bout de l'arc, un air qui se voulait sévère sur son visage juvénile. Mais il fallait dire, qu'assise sur ce fauteuil et avec un physique aussi innocent, il était difficile pour elle d'être crédible. Il essaya de ne pas sourire pour entrer dans son jeu, ses lèvres pincé mais le sourire refusant de se cacher.

_Et puis, si je peux me permettre, tu m'as plus guidée que tu ne m'as laissée jouer. Alors, en réalité, c'est toi qui a joué.

Nevrabriel penchant la tête sur le côté, une légère moue faussement contrariée qui voulait dire "tu aurais pu faire semblant, tout de même." L'écossais ne connaissait pas bien sa jeune camarade mais elle ne semblait pas être contrariée, il devrait peut être se montrer moins taquin à son égard, dans le doute de la froissée. Ça serait bien dommage de s'irriter pour peu de choses. Même si Adèlys ne montrait pas le caractère d'une personne à s'emporter pour tes moqueries de grands frères.

_Alors, puisque je sais avoir ce que je veux, jouez-moi un morceau, très cher.

_Mademoiselle est exigeante. Mais je suppose que je l'ai mérité.


Le jeune homme prit délicatement son bien, pour ne pas l'abîmer. Ça commençait à faire un peu trop de monde qui l'entendait jouer, mais si Astrid était sincère, il n'avait pas à se cacher. Au pire des cas, Adèlys trouverait ça ignoble et ne le solliciterait plus jamais à jouer. Bien que le jeune homme en doutait, il n'avait pas confiance en lui mais connaissait ses capacités dans ce domaine, à défaut du reste. Il faudrait vraiment que la jeune fille n’aime pas le son de l’instrument pour ne pas apprécier ce qui allait suivre.
Nevrabriel posa son violon à son épaule et son arc sur les cordes. Il attendit un instant, le regard naïf devenant peu à peu plus mature. L'adolescent que tout le monde connaissait redevenait peu à peu un homme. Le regard fin, le visage fermé, mais fermé pour mieux s'ouvrir à un autre monde, tel un guide, il devait d'abord s'y aventurer avant d'y inviter son public.
Des couleurs commençaient à émaner de son esprit. Quelles couleurs seraient le plus assorties ensemble ? Dans quelle aventure, quel monde, allait-il emmener la jeune fille ?
Une note naquit. Solitaire.
Une seconde accompagné d'une troisième. Elles semblaient timides, ne révélant aucune mélodie apparente.
Le jeune homme arrêta de faire passer son arc sur ses cordes. Il inspira doucement en fermant les yeux.
Un ensemble de couleurs prenaient de la place dans son esprit, comme une fleur plus belle que les autres qui était entrain déclore dans un champ sans fin qui n'attendait qu'elle. La valse pouvait commencer.
Mature, sur de lui, l'habile violoniste fit danser son arc sur les codes d'un naturel flagrant. Comme un oiseau battant des ailes, un poisson vaguant sous les vagues, un cheval galopant avec le vent. Jeune faon devenait un cerf grand et fier, l'espace d'une mélodie.


Nul ne pouvait savoir ce qu'avait produit la musique dans le cœur des deux patients. Chacun avait fait un voyage, ensemble, mais différemment.
Souvenirs, rêves, désirs, histoires ...
Pour Nevrabriel c'était un champ de violettes au clair de lune. Les fleurs si pourpres avaient prit une teinte bleutée par les rayons d’argents de cet astre céleste. Tendres. Belles. La nuit avait ce voile si pure qui lui était propre, hypnotisant et serein.
Lorsque la mélodie prit fin, l’écossais retira doucement son violon de son épaule et ouvrit les yeux vers sa jeune camarade. Des rougeurs gagna son visage, son air naïf revint aussitôt et il baissa les yeux vers le sol, encore intimidé par ce qu’il venait de faire.
Doucement, il vint gratter légèrement son menton en s’exprimant :

_J'espère que mademoiselle a apprécié cette modeste symphonie.

Tel un éclair, une idée traversa son esprit.
Le jeune homme alla poser son instrument dans son étui resté près de sa jeune camarade avant de venir devant elle, lui offrant une légère courbette en lui tendant la main.
Evidemment, elle était en fauteuil roulant, il n’était pas bête, il savait très bien qu’Adèlys ne pourrait pas faire une valse complète avec lui, mais en se tenant bien, rien que quelques pas suffiraient, peut-être, à la rendre joyeuse. Qui ne tente rien, n'a rien.

_Cela ferait-il plaisir à mademoiselle de m’accompagner pour quelques pas ?


Dernière édition par Nevrabriel le Mer 4 Juil - 22:40, édité 1 fois


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Quatre roues pour avancer et deux pieds pour danser

Elle se mit à le fixer, presque impatiente de faire autre chose de sa vie qu'attendre, ou aller au lac, ou parler à des personnes qu'elle ne reverrait plus jamais.
Aujourd'hui, elle allait se laisser emporter par une marée de notes, dans laquelle ses jambes ne seraient plus un problème pour nager.

_Mademoiselle est exigeante. Mais je suppose que je l'ai mérité.

Mérité, peut-être pas. Après tout, jouer n'était pas désagréable, et Nevrabriel était d'une compagnie plus que sympathique. Tout était si naturel chez lui... Elle en avait oublié les pensées négatives qui commençaient à prendre le contrôle de son esprit depuis quelques temps.
Tout d'abord, elle savait qu'elle ne pourrait plus marcher. Enfin, qu'elle n'aurait jamais l'occasion d'expérimenter ses jambes. Au bout de onze ans, tout de même, Donatien Elpida aurait pu trouver une solution. Mais rien au rapport. Et elle le connaissait suffisamment pour savoir que, combien même il aimerait qu'elle reste pour toujours ici, son professionnalisme l'aurait empêché de ne pas faire son travail.
Elle ne pourrait donc jamais utiliser ses jambes.

Quelques notes sortirent de l'instrument, mais elles étaient décomposées. Elle leva les yeux vers Nevrabriel, observant sa concentration.
C'est lorsqu'elles commencèrent à toutes sortir que le morceau prit un sens. C'était à la fois doux et audacieux.
Le début faisait appel à la famille, à la joie et au passé. Cela resserra le cœur d'Adèlys. Sa famille lui manquait, sa grande sœur lui manquait. Ses parents lui manquaient. Sa maison, sa chambre, les bras de sa sœur la portant pour aller dans le jardin caresser l'herbe. Le soleil qui laissait découvrir les avions dans le ciel. Peut-être que sa mère se trouvait dans l'un d'entre eux...
Son père qui rentrait le soir, amenant avec lui des odeurs sucrées venant de la pâtisserie. Bien souvent, les sœurs se ruaient dessus avec délice et envie alors que leur père tentait vaguement une autorité parentale, souvent morte dans l'oeuf au vu de son sourire lorsqu'elles s'emparaient de la boite.

Puis la dernière note termina le morceau. Adèlys ne s'était même pas rendue compte qu'elle avait les yeux clos. Elle avait eu l'impression de retourner à ses beaux jours.
Son regard se leva sur le visage de son camarade, qui avait fini par rougir. Elle lui sourit.

_J'espère que mademoiselle a apprécié cette modeste symphonie.
- Il était sublime, Nevrabriel. Si ton rêve est de devenir musicien, tu le seras avec certitude. Et crois-moi, je me déplacerai pour te voir jouer.

Il rangea finalement son instrument dans son étui. Elle le regarda avec curiosité.
Puis, il lui fit une jolie révérence, devant laquelle elle se mit à rire. Si seulement elle s'attendait à la suite...

_Cela ferait-il plaisir à mademoiselle de m’accompagner pour quelques pas ?

Il lui proposait... De danser ? Ou est-ce que c'était une blague de mauvais goût ? Vu son entrain et son naturel, elle ne pouvait pas dire qu'il lui ferait un tel affront. Alors pourquoi ? Elle ne pouvait pas se tenir sur ses jambes, elles étaient comme mortes. Impossible de faire le moindre mouvement sans intervenir avec des mains et de la force.
Elle se rappela ce Noël dernier, où son médecin l'avait faite marcher. Enfin, entre guillemets et toute mesure gardée. Mais elle doutait que Nevrabriel puisse la porter, même pour "quelques pas". Elle ne comprenait d'ailleurs pas d'où venait la gentillesse de ces patients. D'abord Cap, puis monsieur Elpida et enfin Nevrabriel. Avec Cap, elle volait. Avec son médecin, elle marchait. Et avec Nevrabriel, elle allait danser ?

- Je ne sais pas si tu pourrais...

Elle ne voulait pas le briser dans son élan, mais cela risquait d'être hasardeux. Adèlys n'était pas grosse, pesait même un poids plume, mais Nevrabriel était loin d'être fort. Enfin, d'avoir beaucoup de force. Mais bon, après tout, Donatien Elpida avait la peau sur les os et avait bien réussi à la porter. Et Cap à faire voler son fauteuil. Donc, pourquoi pas ?
Elle soupira.

- Je ne sais pas ce que vous avez à vouloir me faire expérimenter tout ce que les jambes peuvent faire...

Elle termina sur un rire. C'était attendrissant. Ils lui offraient de l'espoir, sans doute trop puisqu'elle se savait incapable de marcher à vie, mais au moins ça avait le mérite d'occuper ses journées et de l'amuser.
Elle ouvrit alors ses bras, prête à s'envoler du fauteuil :

- En récompense, je te montrerai comment on dessine une valse.



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_Cela ferait-il plaisir à mademoiselle de m’accompagner pour quelques pas ?

Adèlys semblait surprise, ce qui était totalement normale. Il lui proposait de danser, elle qui a quatre roues mais aucune jambes, elle qui ne peut ni marcher, ni nager. Cependant, même s’il n’était pas certain de ce qu’il faisait, Nevrabriel était certain ce que qu’il voulait. Et il voulait que la brune passe une bonne journée.

_Je ne sais pas si tu pourrais...

Nevrabriel ne broncha pas, au contraire, il se mit à sourire d’avantage. Adèlys parlait certainement de sa musculature. Il est vrai que l’écossais n’était pas très costaud, voir, pas du tout. Mais il arrivait à soulever son propre poids et n’aurait donc pas de mal à soulever celui de la demoiselle. Il avait déjà porté Lucy sur son dos, souvent Kan sur ses épaules, un brun de pin ne devait pas être très compliqué.
Le jeune homme resta sur sa position, la main tendue vers la demoiselle. Il insistait sans insistait. Son geste était patient et son regard bienveillant, plus dans l’attente d’une acceptation plutôt que celui de l’obligation.

_Je ne sais pas ce que vous avez à vouloir me faire expérimenter tout ce que les jambes peuvent faire...

Oh ? Il n’était donc pas le seul. C’était plutôt une bonne chose. Une très bonne chose même. Nevrabriel avait une pathologique psychologique mais avait toute les fonctions motrices de son corps, il ne pouvait pas savoir ce que cela faisait d’être démunie d’un élément de son être. Moteur, visuel, auditif, vocal, tous ces handicaps étaient certainement aussi lourds à porter que ceux qui avaient des soucis mentaux. Mais lourd à quel point ?

Adèlys se mit à rire. L’écossais ne savait pas vraiment si c’était de la gène, de la joie ou de l’impatience. Mais c’était agréable à entendre. Bien qu’il n’était pas proche de sa camarade, en cinq ans de séjour, le jeune homme l’a toujours trouvé attachante. Peut-être parce qu’il l’avait vu grandir ? Ou simplement parce que, malgré son coté solitaire, Adèlys était une demoiselle avec beaucoup de cœur et semblait être un petit oiseau rêvant de faire son premier envol ?

La jeune fille leva la tête et tendit ses bras vers son ainé. Elle ressemblait à une enfant qui attendait un geste d’affection. Un petit oiseau qui voyait au loin sa mère arriver, attendant patiemment qu’elle vienne le réchauffer de tendresse.

_En récompense, je te montrerai comment on dessine une valse.

Le jeune homme se redressa en riant. Il regarda les yeux sombres aux reflets violets de la demoiselle avant de dire :

_Ahah, je ferais déshonneur à ton enseignement. Je dessine encore moins bien qu'un enfant de cinq ans.

Puis, ne voulant pas la laisser plus longtemps dans sa position d’attente, il s’approcha de sa cadette, se pencha et passa ses bras derrière son dos. Le geste ressemblait énormément à une tendre accolade.
Lorsqu’Adèlys referma ses bras sur ses épaules, le jeune homme commença doucement à la soulever. La brune était vraiment légère. Peut-être autant que Lucy, peut-être plus, il ne saurait pas vraiment dire. Mais ce n’était plus une enfant, il pourrait la porter, certes, mais beaucoup moins de temps que la durée d’une valse.
L’écossais respira doucement alors que le petit oiseau était carrément debout, elle se tenait fermement à lui et il la tenait ferment contre elle.
Nevrabriel était peut-être maladroit et ignorait beaucoup de chose, mais il savait au moins danser la valse, à défaut de toute les autres danses.

Le jeune homme se mit à sourire pour lui avant de chantonner sur l’air de la musique qu’il avait joué tantôt pour la demoiselle. Ses pieds se déplacèrent alors que ceux de la jeune fille frôlait le sol.
Pouvait-elle sentir l’herbe qui heurtait le bout de ses membres ? Pouvait-elle sentir le mouvement de ses jambes à travers les pas de son cavalier ? Adèlys sentait-elle cette chose unique que l’on ressentait lorsque notre corps s’anime au rythme d’une symphonie ? Cette impression d’être plus léger, plus fort, d’être mieux ?
Mise à part le vent traversant ses cheveux, sentait-elle quelque chose à travers cette invitation à un voyage qu’elle ne pouvait faire seule ?

Nevrabriel tint plus longtemps qu’il ne le pensait, chantonnant malgré sa respiration qui se faisait de plus en plus haletante, faisant valser sa camarade au gré de la brise, à travers une musique qu’ils s’étaient tout deux imprégnés.

Lorsque l’écossais sentit que ses bras n’avaient plus de forte et que la prise d’Adèlys se desserra, il  la fitt danser jusqu’à son fauteuil pour la reposer aussi délicatement qu’il put. Une fois la demoiselle de retour sur son moyen de transport, il appuya ses mains sur les accoudoirs de celle-ci, les muscles bien chauffés, et reprit son souffle comme il le put.

Il devrait se mettre à la muscu, vraiment …

Nevrabriel ne savait pas que ce cela à valut ; si Adèlys avait apprécié ou si cela n’avait été rien que des pirouettes qu’elle aurait pu faire de son fauteuil. L’écossais finit par s’asseoir en tailleur en face d’elle, reposant ses bras sur ses genoux. Il leva la tête vers la brune et lui afficha un grand sourire remplis de sincérité, comme toujours.

_Je sais que tu n'as pas besoin de jambes pour avancer. Tu n'en a même pas besoin pour danser. Tu peux vivre la vie que tu souhaites, où tu le souhaite.

Nevrabriel disait cela sans vraiment de but. Pour lui, c’était une évidence que la brune puisse mener la vie qu’elle souhaitait, avec ou sans son fauteuil roulant. Le monde extérieur était adapté à ce genre d’handicap physique, si elle souhaitait s’en aller et vivre sa vie, il était certain qu’elle s’en sortirait et qu’elle cheminerait pour devenir une femme accomplit, et même la femme qu’elle désire devenir.

Le jeune homme se redressa sur ses genoux, un large sourire trônant son visage, avant de poser doucement sa main sur la tête d’Adèlys et lui caresser le sommet de sa chevelure sombre. Ils avaient tout les eux bien grandit, mine de rien.

_Mais si un jour tu veux marcher, apparemment beaucoup seront là pour être tes pieds. Et j’en suis ravis.



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...

Quatre roues pour avancer et deux pieds pour danser

Elle l'observa, les yeux rieurs. C'était un garçon qu'on avait envie de taquiner, et qui acceptait les taquineries. C'était agréable, surtout dans cet endroit de malheurs.

_Ahah, je ferais déshonneur à ton enseignement. Je dessine encore moins bien qu'un enfant de cinq ans.

Elle haussa un sourcil, le sourire sur le visage. Ce n'était pas comme si elle avait fait honneur à son enseignement à lui. Le son de l'instrument était "juste" - et encore - mais c'était uniquement parce qu'il l'avait guidée. Sans lui, elle n'aurait pas su la force qu'elle aurait du mettre dans l'archer, ni même comment appuyer sur les cordes.
En bref : le son aurait été catastrophique sans son aide.

Il ne tarda pas à s'approcher d'elle pour la soulever. Elle n'avait jamais été aussi proche d'un garçon, encore moins pour danser, ce qui la déstabilisa. Ses joues s'enflammèrent, mais heureusement, il ne pouvait pas voir son visage dans une telle position.
Elle referma ses bras sur ses épaules puis il commença à doucement l'extirper du fauteuil. Elle se sentait voler et en avait un peu peur. Ce n'était pas tous les jours qu'elle pouvait voir le monde au-delà de son petit mètre trente que lui offrait son fauteuil. Nevrabriel n'était pas très grand, mais cela suffisait au bonheur d'Adèlys. Elle pouvait observer plus haut qu'elle n'en avait l'habitude.

Alors qu'il commença une mélodie, elle se mit à sourire. Elle le suivit dans son initiative, mais ce n'était qu'un bourdonnement sorti de ses cordes vocales, quelque peu mélodieux.
C'était si rare des moments si simples ici. Et heureusement qu'elle avait de la force dans les bras, à force de faire rouler son fauteuil et de ramper au besoin. Elle sut, de ce fait, alléger un peu son poids.
Elle ne sentait rien sous ses pieds : elle était incapable de sentir le moindre picotement de l'herbe et la moindre caresse du vent. Elle était même incapable de dire si ses orteils frôlaient ou touchaient carrément le sol. Mais elle s'en fichait : elle se sentait légère, en dehors de ce fauteuil roulant qui l'accompagnait. Il en était presque devenu un deuxième squelette qu'on avait greffé à son corps. Heureusement qu'elle s'en sortait pour se laver... Même si elle devait toujours être sur une chaise.

Elle l'entendit haleter, mais elle ne fit aucune remarque. Elle savait que si elle lui disait, il lui dirait simplement :"Ce n'est rien, on peut continuer encore un peu" avant de la faire retomber sur son fauteuil. Alors elle le laissa décider de lui-même quand il arrêtera.
Elle sentait les larmes monter quand elle sut la fin proche. Au final, était-ce de la générosité de lui offrir de si jolis moments, ou de la cruauté puisqu'elle ne pourrait plus jamais le faire ? Il lui fallait toujours de l'aide. Elle avait des jambes dysfonctionnelles et ce à vie.

Finalement, le moment de fin arriva. Il s'approcha de ce second squelette pour la visser à nouveau dessus. Une vieille habitude reprenait lentement son cours...
Elle ne pouvait pas dire que c'était de la cruauté, en fait. Nevrabriel était à bout de souffle, ce qui la fit sourire timidement. Elle était véritablement contente de s'être sentie si légère, mais jamais elle ne pourrait le faire d'elle-même... Jamais...

_Je sais que tu n'as pas besoin de jambes pour avancer. Tu n'en a même pas besoin pour danser. Tu peux vivre la vie que tu souhaites, où tu le souhaite.

C'était si facile à dire... Lui avait des jambes. Et elle savait que ce qu'il disait était presque vrai. Seulement... Nager, elle ne le pourrait pas sans que quelqu'un la surveille avec sa bouée. Et encore, ce n'était pas de la nage. Sauter lui était totalement impossible. Danser vissée sur un fauteuil n'était pas de la danse. Elle pouvait juste... Se déplacer. Il y avait pourtant tant de beau dans la marche et dans la course.

_Mais si un jour tu veux marcher, apparemment beaucoup seront là pour être tes pieds. Et j’en suis ravis.

Il avait un sourire encourageant et se montrait bienveillant, et pourtant ses mots résonnaient faux à ses oreilles. Elle avait vécu dans ce fauteuil roulant toute sa vie. Elle savait que la vie extérieure était bien plus complexe pour les handicapés. Trouver un travail était un enfer, si elle voulait un appartement il lui faudrait un ascenseur toujours fonctionnel, voire deux pour être sûre de ne pas être bloquée dans son appartement ou au rez-de-chaussé. Et allez trouver un compagnon avec pareil handicap.
Si elle ne devait pas vivre aux crochets de ses parents, ce serait vivre derrière les barreaux de l'Institut. Et cela la terrifiait. Il n'y avait rien de pire que Donatien Elpida, et se dire que ses parents ont déboursé une fortune pour qu'il n'y ait aucun résultat la déprimait.

Finalement, pour la première fois en plusieurs années et , elle craqua. Elle laissa son visage être ravagé par les larmes. Ses joues n'étaient plus rougies par de la gêne ou de l'embarras. Ses joues devenaient salées et mouillées.

- T-Tu... S-sais... Je m'en v-vais le onze m-mars proc-chain... J'aur-rais dix-huit an-ans...

Ses mots étaient décomposés par ses hoquets. Elle passa une main sur ses deux joues, les yeux rougies, les cils collants à cause des larmes, les cernes plus apparents alors qu'elle passait généralement de bonnes nuits de sommeil. Même ses cheveux semblaient plus tristes qu'à leur habitude.

- M-mais j-je s-sais que je s-serais toujours inc-capable d'utiliser ses sa-atanées jam-ambes alo-ors que mes pa-parents dépensent une for-ortune dans cet Ins-stitut de...

Elle resserra sa petite main sur le tissu de son pantalon d'uniforme, s'empêchant de jurer. Blanc. Rien ici n'était blanc. Cette couleur n'était là que pour camoufler tout le noir qu'enfermait cet endroit dystopique. Ou utopique selon les prospectus blancs.



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_Mais si un jour tu veux marcher, apparemment beaucoup seront là pour être tes pieds. Et j’en suis ravis.

Contre toute attente, la petite Valcourt fondit en larmes.
Oh non ! Il avait quelque chose idiot ? De triste ? De blessant ? Le jeune homme savait qu'il manquait de tact et qu'il pouvait blesser les gens sans le vouloir. C'était même le contraire de ce qu'il désirait, blesser les gens, leur faire des peines. Nevrabriel commençait à paniquer intérieurement, ne sachant pas quoi faire devant cette avalanche de tristesse sur le doux visage Adèlys. Il voulait se rattraper, mais comment ? Que dire ? Que faire ?

_T-Tu... S-sais... Je m'en v-vais le onze m-mars proc-chain... J'aur-rais dix-huit an-ans..

Le jeune homme se calma intérieurement et se concentra sur ce que disait l'adolescente. Les larmes le déconcentraient nerveusement mais l'écossais se devait de l'écouter jusqu'au bout. Parfois, il fallait juste évacuer pour aller mieux.

_M-mais j-je s-sais que je s-serais toujours inc-capable d'utiliser ses sa-atanées jam-ambes alo-ors que mes pa-parents dépensent une for-ortune dans cet Ins-stitut de...

_Lyse ...

Le jeune homme posa sa main sur la joue enfantine de la petite Valcourt et essuya les quelques larmes de celle ci avec son pouce. Il lui affichait un sourire à la fois désolé et encourageant. Aucune pathologie n'était facile à vivre, n'est ce pas ? Surtout enfermé dans une  île au milieu de rien, loin de sa famille, son pays, et de sa vie d'avant. Certains n'y était pas très attaché mais dautre, comme lui, peut être comme Adelys, y ressentait un manque.

_Ce n'est pas ta faute si tes jambes ne fonctionnent pas. Au moins, ta famille et toi auront tout fait pour , alors il ne faut pas avoir de regrets. Et tu n'as pas besoin de savoir marcher pour devenir une personne exceptionnelle.


Comme ce n'était pas sa faute si son cerveau avait un problème, ce n'était pas là faute de Lucy si elle était albinos, ce n'était pas la faute de Willow s'il ne grandissait pas, ce n'était pas la faute d'Ulysse s'il ne pouvait pas oublier. Aucun des patients ici n'avait demandé leur tare, ils subissaient simplement, et leur famille en faisait les frais, plaçant leur enfant ici afin qu'ils guérissent de la science humaine puisse que les miracles leur ont tourné le dos.

Nevrabriel retira sa main du visage laiteux d'Adelys, toujours très souriant, il alla soulever doucement le menton de la demoiselle pour qu'elle le regarde, lui et son sourire sincère. Ses yeux humides ne lui allaient pas bien, elle ressemblait à une poupée qu'on aurait oublié d'aimer. Même s'il n'y était pas habitué, l'écossais laissa son regard se perdre dans les yeux de sa camarade, sachant très bien que ses yeux bicolore pouvait à la fois être fascinant et déstabilisant. Adèlys avait un regard très doux et innocent malgré cette eau salée qui innondaient ses pierres aux reflets violettes.

_Marcher est un luxe que peu de monde apprecie, mais ça reste un luxe. Les fleurs ne bougent jamais, mais pourtant elles arrivent à vivre et s'épanouir. Il y a des choses que tu ne pourras pas faire seule, c'est évident, mais il y a tellement d'autres belles choses que tu peux accomplir.

Nevrabriel ne pourrait pas y mettre sa main à couper mais il espérait. Il avait espoir que malgré son handicap, la petite Valcourt mènerait la vie qu'elle souhaite au delà de cet île, il avait ce souhait pour chaque patient, pour chaque personne qui arrivait, pour chaque personne qui s'en allait, pour chaque personne qui restait.
Son sourire s'élargit, sincère et pur. Il ne connaissait peut être pas beaucoup sa camarade, mais le souhait qu'il avait pour elle était vrai.

_Que tu vas accomplir.


Dernière édition par Nevrabriel le Jeu 23 Aoû - 17:11, édité 1 fois


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Quatre roues pour avancer et deux pieds pour danser

Alors que pour la première fois de sa vie, elle laissait tout ressortir, elle sentit la main chaude de Nevrabriel effacer les larmes qui ne cessaient de tomber. Elle reniflait, ce qui était fort peu séduisant. Elle avait les yeux rouges et gonflés, le visage tordu dans la tristesse et le désarroi, les lèvres tremblantes.

_Ce n'est pas ta faute si tes jambes ne fonctionnent pas. Au moins, ta famille et toi auront tout fait pour , alors il ne faut pas avoir de regrets. Et tu n'as pas besoin de savoir marcher pour devenir une personne exceptionnelle.

Elle savait bien que ce n'était pas de sa faute, qu'elle était née comme ça, et qu'elle ne pouvait pas non plus en vouloir à ses parents parce qu'elle est née ainsi. Marcher n'était qu'un outil pour se déplacer librement, bien sûr qu'elle pouvait être une bonne personne sans cet outil.
Mais... Ce "tout" que ses parents et elle-même ont fait pour la guérir, à quoi ça l'a menée ? A l'Institut ? Cette immondice ? Et elle ne devrait pas avoir de regrets ?
Lorsqu'elle partira, elle devra refaire sa vie de zéro, reprendre un réel contact avec sa famille, ne plus jamais revoir les relations qu'elle a tissé sur cette Île, et ce sans que le moindre changement au niveau de ses jambes n'ait été effectué.
L'espoir, c'est bien tout ce qu'il manque sur cette Île de malheur.

_Marcher est un luxe que peu de monde apprecie, mais ça reste un luxe. Les fleurs ne bougent jamais, mais pourtant elles arrivent à vivre et s'épanouir. Il y a des choses que tu ne pourras pas faire seule, c'est évident, mais il y a tellement d'autres belles choses que tu peux accomplir.

Les fleurs ne bougeaient peut-être jamais, mais c'était ainsi qu'elles ont été faites. L'être humain a été conçu pour se déplacer plus ou moins vite, et ce en toute simplicité et liberté.
Ses paroles prirent tout de même un écho en elle. Il lui rappelait...

Elle observa ce sourire qu'il affichait. Ce sourire, cette façon de parler, de ne voir que le positif, c'était... En fait...

_Que tu vas accomplir.

Elle ne pleurait plus, elle était plutôt horrifiée. Plus elle se rendait compte de ce qu'il était, plus elle écarquillait les yeux, semblable à une folle prête à criser. Plus elle trouvait de la ressemblance en cette personne, plus sa gorge se serrait et son cœur palpitait. Son ventre se tordait, et ses petits doigts se contractaient sur son pantalon.

- Nevrabriel... Je t'en supplie, fais attention. Parce que lorsque la réalité te reviendra en pleine figure, tu vas vraiment tomber de haut.

Elle se mordilla la lèvre inférieure, secrète. Elle secoua la tête, les yeux rivés sur ceux de Nevrabriel. Elle était inquiète, désormais.
Elle inspira, essuya le reste des larmes qui lui restaient sur les joues, balayant ses doutes d'un revers de la main, et posa l'autre sur la joue de son camarade, comme pour chercher à vérifier que c'était bien ce qu'elle voyait.

- Tu me fais penser à quelqu'un, et quand j'y pense ce n'est pas une bonne chose. J'ai l'impression que tu as conscience de ce qui t'entoure sans vraiment l'être. Je te demande sincèrement de ne pas gaspiller toute ta bienveillance et tout ton espoir pour réconforter les autres. A trop vouloir jouer les héros...

Elle fit glisser sa main de la joue de Nevrabriel jusqu'à la laisser retomber sur sa cuisse. De toute façon, elle ne la sentait pas.
Elle plissa les yeux, scrutant le visage de son interlocuteur.

- ... Tu vas finir par te blesser, et sévèrement. Prends-soin de toi, et surtout, bien que l'Institut prône le contraire, n'aies pas trop d'attentes ou d'espoirs quant à ton avenir ici. C'est une ancienne patiente qui t'en parle.



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_Que tu vas accomplir.

Adèlys écarquilla les yeux. Le jeune homme pencha machinalement la tête sur le côté, ne comprenant pas pourquoi l'adolescente avait l'air terrifiée. Incertain, Nevrabriel se retourna, vérifiant que la patiente n’avait pas vu une atrocité derrière lui. Mais rien. C’était lui qui lui faisait peur ainsi ? Qu’avait-il dit de mal ?

_ Nevrabriel... Je t'en supplie, fais attention. Parce que lorsque la réalité te reviendra en pleine figure, tu vas vraiment tomber de haut.



D’accord …

Adèlys était devenue si séreuse d’un coup, étrange et sérieuse. Nevrabriel était conscient qu’il avait un coté naïf, à trop croire aux miracles et aux autres. Mais de là à dire que la réalité le ferait tomber de haut … de quoi parlait-elle ? Ils étaient bien ici, leur seul soucis était de se soigner, ils n’avaient pas de maison à entretenir, pas de diplôme à préparer hormis leur diplôme à la majorité, ils étaient nourris, logé, blanchis. Au frais de leur famille, certes, mais cela restait sécuritaire.
Bien sûr, ce n’était pas vraiment une vie, le but n’était pas de rester ici éternellement mais bien de guérir et s’en aller. Nevrabriel ne comprenait pas la terreur dans les yeux de sa camarade.

_ Tu me fais penser à quelqu'un, et quand j'y pense ce n'est pas une bonne chose. J'ai l'impression que tu as conscience de ce qui t'entoure sans vraiment l'être. Je te demande sincèrement de ne pas gaspiller toute ta bienveillance et tout ton espoir pour réconforter les autres. A trop vouloir jouer les héros...

Jouer les héro ? Mais … ce n’était pas vraiment le but … enfin … il ne faisait pas exprès d’être ainsi. Nevrabriel ne pensait aucunement jouer les héros. Il était juste un passant qui voulait faire le bien autour de lui sur le chemin de la vie. De toute façon, il ferait un bien piètre héro malgré toute sa bonne volonté, la preuve, Adèlys avait fondu en larmes avant de prendre cet air étrangement apeuré et sérieuse.
La demoiselle vint poser ses petits doigts sur la joue pâle de l’écossais. Nevrabriel sentait sa peau rencontrer les taches de rousseurs qu’il avait sous les yeux. Elle semblait se calmer de plus en plus, et le jeune homme garda son calme, même si son expression faciale montrait clairement toute l’incompréhension qu’Adèlys mettait en lui.

_  ... Tu vas finir par te blesser, et sévèrement. Prends-soin de toi, et surtout, bien que l'Institut prône le contraire, n'aies pas trop d'attentes ou d'espoirs quant à ton avenir ici. C'est une ancienne patiente qui t'en parle.

Nevrabriel eut un air désolé sur son visage. Une petite moue se grava sur ses traits. Il fallait mieux qu’il se taise même si la curiosité de démangeait ; de qui parlait Adèlys ? Pourquoi est-ce qu’elle lui disait tout ça ? Il savait qu’elle avait un problème avec l’Institut et en particulier avec leur médecin commun, cependant, Nevrabriel n’avais jamais eut de soucis, même si Donatien pouvait se montrer étrange, insaisissable et parfois malsain, il restait l’homme qui le soignait. Il faisait en sorte que son cerveau détraquer reste sable et lui assure une vie plus longue que sa maladie ne pouvait le laisser espérer.

Nevrabriel prit les mains de la demoiselle dans les siennes, une main dans l’autre. Adèlys avait de si petite main, plus petite que Lucy, qu’il avait du mal à la voir autrement qu’une enfant. Le sourire désolé qui arborait sa face se transforma doucement en un sourire sincère. Son regard était sérieux, montrant qu’il ne disait pas ça pour la rassurer, qu’il le pensait réellement :

_Je ferais attentions, promis.

Puis, il délaissa la demoiselle pour se mettre derrière son fauteuil et commença à la pousser doucement. Il savait bien que le reste de leur promenade serait plus … tendu, mais il espérait pouvoir lui faire un peu oublier ces larmes et cette frayeur dans ses yeux.
Avec la légèreté dont on le connaissait, Nevrabriel reprit, doux et délicat :

_Aller, oublions un peu ça, la journée est bien trop belle pour des larmes.

Tout ne poussant le fauteuil d’Adèlys, vers une destination inconnu, le jeune homme repensait aux paroles de la demoiselle

*N'aies pas trop d'attentes ou d'espoirs quant à ton avenir ici.*


Mais si l’espoir n’était pas ici, où était-il ?



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