Quand une chose devient homme - ft. Swann

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Médecin
Lun 14 Mai - 19:28
Ange aimait ce patient. "Swann". X54. Et dire qu'il avait ce patient-là. Il avait une opportunité pareille.
Il regarda sa montre : 8h24. Il avait déjà tout prévu dans son imaginaire : il observerait ses parties génitales, ferait quelques tests génétiques dessus en prélevant quelques cellules souches et son sang, puis tentera de transformer X54 en une femme. Il avait déjà avec lui un traitement hormonal qui aidera X54 à se développer en tant que femme.

Ange n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle refusait de se choisir un genre. Elle était dans un moment de sa vie où elle était sans cesse en questionnement, et ne pas savoir se définir en tant qu'homme ou femme n'aidait pas. Alors que c'est une des premières choses que l'on doit savoir, aussi bien pour nous-même que pour les autres. Les autres ne veulent pas se tromper et vexer la personne en disant "il" alors que c'est "elle".
Tant de complications qui pourraient être réglées facilement. Mais les adolescents, à toujours vouloir faire leur intéressant, finissent par être barbants.

8h27. Ange déambulait dans le couloir depuis cinq bonnes minutes avant d'arriver devant la salle de soin. Dans sa main droite, un sac rempli d'affaires de médecin : une blouse, des gants, des produits d'hygiène et autres outils contondants. Dans sa main gauche, son calepin qu'il trainait partout, avec toutes ses annotations, qu'il donnait en début d'après-midi à Astrid, sa secrétaire. Autant qu'elle sache ce qu'il fait et qu'elle déchiffre ses notes.

Bientôt 8h30, l'heure de la consultation.
La transformation allait débuter.
Avant la mort de Loreleï (histoire de situer). Désolé pour le temps que ça a pris, disons que j'ai eu des choses à régler :/




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X54
Lun 14 Mai - 22:10

Quand une chose devient homme


              Je n'avais pas envie d'y aller.

Recroquevillé au pied d'un mur de mon aile, la tête cachée derrière mes genoux, j'attendais là où personne ne pouvait me voir. L'heure de me rendre à la salle de soin était sûrement passée, mais j'y tremblais rien que d'y penser.
Il me faisait peur, le Docteur Barrabil. Sa tenue stricte et son regard glaçant avait le don de tout figer en moi. Je savais, je sentais, que ses attentions envers mon enveloppe charnelle n'étaient pas les bonnes. Il était pourtant censé me "réparer" comme mon père le voulait, c'était la raison pour laquelle on m'avait emmené ici. Leur conviction étaient les mêmes; me changer. Mais les deux hommes étaient partis sur des directions totalement différentes quant à mon genre.
A mes yeux, la volonté de ce médecin transpirait de vices et de jugements; rien que l'idée de sentir ses grandes mains me toucher me faisait frissonner de terreur.

"X54 ! Qu'est-ce que tu fais ici ? Ton docteur t'attend depuis tout à l'heure !" me lança un gardien depuis l'autre bout du couloir.

Je relève ma tête timidement. Je ne pouvais pas y échapper. "Je fais ça pour maman et papa, de toute façon", c'était les paroles que je me répétais sans cesse pour me consoler. Mais jusqu'ici, où est-ce que ça m'a mené ? Toutes ces années à se faire observer par des dizaines de médecins et pourtant, je suis toujours perdu entre deux eaux, à ne pas savoir dans quel moule rentrer. Personne n'osait agir, déclarant que c'était à moi seul de le faire. Et c'est à force de rester ainsi, indécis, que j'étais aujourd'hui conduis à passer le restant de ma vie dans cet Institut sans couleur.

Je me décide finalement à y aller, la tête baissée. Monsieur Barrabil se trouvait déjà dans la salle, vêtu avec élégance, de manière à bien laisser paraître son perfectionnisme ambiant.

"Bonjour, monsieur..."

Je savais pertinemment qu'il n'allait pas apprécier mon retard; tout en me pinçant nerveusement les doigts, ma tête demeurait baissée, voilée en partie par mes longs cheveux clairs qui l'encadraient comme des rideaux d'argent. J'avais conscience que mon médecin était très à cheval sur le respect alors je faisais très attention, même si cela n'allait sûrement pas m'épargner son mécontentement.

"..D-Désolé d'être en retard.."

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Médecin
Jeu 17 Mai - 17:26
Le temps commençait à se faire long. Il n'osait même plus regarder sa montre, de peur de se mettre en colère. Un tel retard pour sa propre séance de soin n'était pas convenable, ni même sérieux. Cela ralentissait le progrès, et faisait perdre de l'argent à tout l'Institut. Bon, peut-être qu'il rendait les conséquences de ce retard trop extrêmes, mais il en avait besoin. C'était inacceptable de ne pas arriver à l'heure.

Il attendait tellement qu'il posa finalement son sac et son calepin sur le côté et sortit son portable. Il s'ennuyait ferme. Il voulait simplement faire son travail, et cette gamine l'en empêchait. Il était bien décidé de faire d'elle une vraie femme. Une bonne fois pour toute.

"Bonjour, monsieur..."

Il quitta l'écran des yeux pour se concentrer sur la personne qui venait d'entrer. Ce n'était pas trop tôt. Et à lire l'expression de X54, elle n'était pas fière. Elle était dans une position de vulnérabilité, aussi faible qu'un agneau à la merci du grand loup.

"..D-Désolé d'être en retard.."

Au moins, elle s'excusait.
Il soupira, et d'un geste de la main, il l'autorisa à s'installer sur la table d'auscultation tout en la saluant. Il se détourna d'elle pour retirer sa veste ainsi que sa cravate, pour enfiler sa blouse blanche, en prenant soin de ne pas faire de plis. Puis, il s'installa, posant sur les meubles les outils médicaux mais aussi son calepin. Il remonta ses manches, lava ses mains et enfila des gants en latex. Il avait toute la panoplie du bon chirurgien.

Il s'avança vers la table et regarda X54. Il lui ordonna :

- Retire tous tes vêtements, et en vitesse. On a suffisamment perdu de temps.

Il se mit à nettoyer tous ses outils pour une hygiène impeccable, mais aussi pour laisser le temps à cette adolescente d'obéir à Ange. Il ne commencera pas à lui changer de sexe tout de suite, il voulait juste voir si c'était possible. Une sorte de dernier test final. Si c'était positif, il regarderait quels organes ils avaient à disposition et réglera le soucis de genre de cette fille.

Il se tourna une dernière fois vers elle :

- Prête pour la dernière ligne droite ?




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X54
Ven 18 Mai - 20:14

Quand une chose devient homme


              Je lève discrètement des yeux craintifs en direction du docteur Barrabil. Son air semblait agacé tendis qu'il décrochait son regard de son appareil portable - c'était prévisible -. Il ne me salue que par sa gestuelle tout en m'indiquant la table d'auscultation d'un mouvement bref de la main, tel une invitation évidente à m'installer, comme il était rituel durant chacune de nos entrevues. Je regardais cette chaise longue tout en me pinçant les lèvres; cette texture dure et inconfortable contre ma colonne vertébrale, après toutes ces années, j'avais fini par ne plus la supporter.

Le docteur se mit de côté afin d'enfiler son équipement. Sans y accorder d'avantage d'attention, je me décide à m’avancer vers la table, de manière totalement désenchantée. J'avais à peine commencée à m'y asseoir que la voix de mon médecin se décida finalement à retentir, commandant de manière sèche;

"Retire tous tes vêtements, et en vitesse. On a suffisamment perdu de temps."

Je m'exécute, et ce avec flegme; j'avais pris l'habitude de ce genre de protocole. A force d'être considéré comme une bête curieuse, on finit presque par s'y adapter, même sans pour autant y prendre gout. C'était en dehors de mon contrôle; j'avais acquis(e) cette faculté à brider de plus en plus mes émotions durant chaque séance, oubliant ma malformation et le regard que le docteur porte dessus. Je pouvais me faire cette violence au moins durant la consultation.

Une fois réduit(e) à mon plus simple appareil, je pose avec négligence mon uniforme sur le sol et m'allonge. J'étend mes deux bras contre mon ventre, encore marqué des cicatrices de mes opérations du passé, de manière oisive. Exposée aux premières loges de la lumière artificielle qui était perchée au beau milieu du plafond, je ferme mon œil gauche afin que les rayons lumineux se faufilant à travers mes mèches de cheveux ne l'atteigne pas d'avantage.

"Prête pour la dernière ligne droite ?" demanda le docteur tout en se tournant vers moi.

Il semblait avoir tout juste finalisé le nettoyage de ses instruments de l'enfer. Mes yeux verts se tournent vers lui, agrandit par une surprise apparente.

"La...dernière ligne droite ?"

Je marque une pause, clignant plusieurs fois des yeux avec confusion. La crainte commençait à m'envahir progressivement; cela ne sonnait pas du tout comme une bonne nouvelle dans mon esprit. Qu'allait-t-on encore m'ouvrir, comment allait-on me charcuter ? Est-ce qu'une partie de moi allait définitivement se faire abattre une bonne fois pour toute, ne me laissant plus aucun moyen d'aller en arrière ?

"Il n'y aura plus de séance, après ?" demandais-je finalement, de manière docile.

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Médecin
Dim 20 Mai - 23:08
"La...dernière ligne droite ?"

Ange souffla du nez. Oui, la dernière ligne droite. Bon, il n'allait pas l'opérer tout de suite, il allait faire une batterie de tests. Cependant, oui, c'était la dernière ligne droite pour décider du sexe. Ange allait faire de cette personne une femme. Même si elle demandait à être un homme...

Il s'approcha de la table d'auscultation et s'assit sur un tabouret, à côté de X54.

"Il n'y aura plus de séance, après ?"

Il leva les yeux vers elle. Uniquement sur son visage. Le reste de son corps, dans une situation pareille, ne devait être observé que pour des raisons professionnelles et médicales. Et puis, il n'y avait rien de plus hideux qu'un corps mal conçu, hésitant entre deux sexes. X54 n'était pas le seul cas, ni même le dernier à relever. Mais c'était toujours intriguant, les erreurs génétiques.

Il se décida à répondre à sa question en mettant de l'ordre dans ses outils :

- Il y en aura encore. Je vais juste terminer la batterie de tests que l'on a commencé il y a trois mois. Ensuite, on va enfin te définir un sexe pour la séance suivante et voir comment ton corps réagit.

Il savait que ce n'était pas facile à entendre, c'est pourquoi il voulait se faire le plus rassurant possible. C'est alors qu'il se mit à sourire doucement à X54 tout en posant sa main sur la sienne, d'un geste lent et doux.

- Ne t'en fais pas, tu ne risques rien. Tu es entourée de professionnels qui savent ce qu'ils font.

Il laissa un instant à X54 d'absorber ces informations avant de rompre le contact et d'allumer les machines à radio. Il en avait fait des milliers, mais il voulait être sûr que tout fonctionnait au jour le jour.
Il avait également préparé quelques boites de pétris, pour prélever les cellules souches, mais aussi un microscope afin de noter le comportement des cellules.

- Tu as réfléchi à ton sexe ? Sinon, je vais devoir m'en charger pour toi. Et sache que, quoique tu choisisses, on a tout ce qu'il faut pour faire ce que tu souhaites.




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X54
Mar 22 Mai - 18:02

Quand une chose devient homme


             J'entendais un soupir s'échapper des narines de mon médecin, alors qu'il se décidait à s'approcher, se posant sur un tabouret non loin de la table sur laquelle j'étais allongé. Il lança un regard dans ma direction avant de se concentrer de nouveau sur ses ustensiles; je le regardais faire, histoire de pouvoir nicher mon champ de vision quelque part. Le docteur Barrabil avait un don pour toujours avoir les mains occupées, d'une manière ou d'une autre, comme un homme pointilleux.

"Il y en aura encore. Je vais juste terminer la batterie de tests que l'on a commencé il y a trois mois."

Je pinçais ma langue entre mes dents. De l'extérieur, nous ne pouvions que remarquer mes sourcils se froncer légèrement, nerveusement. Cela aurait été trop beau, que cet enfer ne se termine si soudainement.
Pourtant...

"Ensuite, on va enfin te définir un sexe pour la séance suivante et voir comment ton corps réagit."

Mes yeux s'écarquillent pendant que ma tête se tourne brutalement du côté du médecin. Me définir un sexe ? Quoi ? Maintenant ?
Mais...Mais lequel ? Qu'est-ce qu'on va me faire ? Je ne suis pas prêt(e) ! Je ne veux plus qu'on me touche, je veux juste qu'on me laisse tranquille !

Je ne savais pas ce que je voulais. Je n'étais pas heureux/se dans ce corps, mais j'avais peur qu'on me l'enlève. Ces années de souffrances, à jongler d’hôpitaux en hôpitaux, me revenaient en tête inévitablement. Poussées par l'angoisse, quelques larmes perlaient aux coins de mes yeux, que j'efforçais à faire fixer le sol, comme pour me trouver un moyen de fuir via mon ombre.

Contre mes doigts, une chaleur se déposa, délicatement. Cette température humaine engendra un sentiment en moi auquel mon corps ne réagissait pas; toujours figé, alors que mes pupilles étaient perdues dans le vague.

"Ne t'en fais pas, tu ne risques rien. Tu es entourée de professionnels qui savent ce qu'ils font."

Un silence régna, perturbé seulement par nos souffles communs. Mon regard ne se redirigea vers lui que lorsque sa main quitta la mienne, pour allumer je ne sais quelle appareil. A cet instant, je me trouvais déjà nostalgique du léger réconfort qu'il m'avait adressé.

"Tu as réfléchi à ton sexe ? Sinon, je vais devoir m'en charger pour toi. Et sache que, quoique tu choisisses, on a tout ce qu'il faut pour faire ce que tu souhaites."

"Je suis obligée de choisir ?"

Cette question avait forcée le passage de mes lèvres sans que je ne puisse la retenir. Elle avait été prononcée de manière ingénue, mais après coup, son arrivée était tellement brutale que cela pouvait presque sonner comme de l’impertinence.

"Un garçon m'a dit une fois que les fleurs avaient deux sexes, elles aussi. Que la plupart des animaux et des anges aussi..."

Je songeais de nouveau à ce garçon roux sur lequel j'étais tombé, dans la cour. Celui dont les paroles m'ont tant touchées.
Si il y a des gens qui pensent comme lui, n'y avait-il pas de quoi avoir espoir ?

Je me tourne sur le côté, dégageant les cheveux qui gênaient mon visage afin que celui-ci fasse face au docteur. Et d'une voix maussade, limite cassée par la tristesse, je demande sans trop y croire;

"...Alors pourquoi, moi, je n'ai pas le droit ?..."

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Jeu 24 Mai - 15:10
"Je suis obligée de choisir ?"

Ange ne s'étonna pas de cette question. Après tout, lorsque l'on est constamment en train d'accepter son corps (surtout pendant la période de l'adolescence), on peut se poser ce genre de question. Lui-même s'était déjà demandé s'il avait été une femme, comment sa vie aurait-elle tournée?

Il inspira. Il savait que son patient allait se justifier. C'est ce que les adolescents font lorsqu'ils demandent quelque chose qu'il leur semble impossible à avoir.

"Un garçon m'a dit une fois que les fleurs avaient deux sexes, elles aussi. Que la plupart des animaux et des anges aussi..."

La naïveté faisait parti du caractère de X54 qu'il aimait bien. L'innocence aussi. La découverte du monde, des choses qui l'entouraient. Les mêmes questions idiotes que l'on pose à ses parents lorsque l'on a 6 ans. A bien y réfléchir, Ange aurait pu être le grand frère de X54. Après tout, lui-même était grand frère.
Heureusement que Ange avait fait des études complètes. Il n'aurait pas eu à faire comme s'il ne savait pas de quoi son patient parlait. Bien au contraire.

"...Alors pourquoi, moi, je n'ai pas le droit ?..."

Il inspira par la bouche avant expirer par le nez.
Il finit par répondre en riant un peu :

- Dis-moi, tu es une fleur? Si c'est le cas il va falloir que je t'étudie d'un peu plus près, je suis passé à côté de quelque chose...

Ange regarda son patient d'un air amusé. Il ne le pensait pas capable de se comparer à une plante qui n'était même pas capable de se déplacer selon ses désirs, ni même d'éprouver quoique ce soit.
Il reprit rapidement un air sérieux pour répondre à sa question, se tournant vers X54.

- C'est vrai, 90% des fleurs sont hermaphrodites. Certains animaux le sont également, or ce n'est qu'une très, très, très faible minorité. Et les anges... Ne sont qu'une croyance religieuse. Aucun fait scientifique pourrait prouver que les anges existent, avant toute chose. Ensuite...

Il savait très bien que ce qu'il allait dire par la suite allait être un coup fatal à sa question. Pas qu'il n'aimait pas X54 et qu'il voulait lui faire du mal, mais surtout pour qu'il ne se fasse pas d'illusions sur la suite. Après tout, Ange était son médecin : c'était son devoir de l'aider.

- Tu fais parti des êtres humains. Un mammifère donc. Et les mammifères ne sont pas hermaphrodites, pour le bien de leur propre espère et la reproduction.

Il s'arrêta dans son explication. Il savait qu'il allait dire :"Mais si je ne veux pas me reproduire?" ou quelque chose dans ce genre là.
Il inspira :

- Si on retire la reproduction, il te reste la question de l'identité. Cela ne te gêne pas que l'on te pose la question "Tu es un garçon ou une fille?" et que tu doives dire "Les deux" ou "Je ne sais pas"? Tu as la chance de pouvoir définir ton sexe contrairement à la plupart des autres êtres humains qui, eux, doivent se contenter de leur corps d'origine.

Il acheva son explication en demandant :

- Qu'as-tu retenu de bon à être coincé entre les deux genres?
Beaucoup de blabla, si tu veux je peux changer ma réponse pour que tu puisses en placer une XD




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X54
Lun 28 Mai - 21:25

Quand une chose devient homme


             J'entendais le docteur enchaîner les profondes respirations au fil de mes paroles. Est-ce que mon intervention l'énervait ? Je me mis à regretter soudainement d'avoir ouvert la bouche, pinçant chacune de mes lèvres sous mes dents.
Pourtant, cette question me torturait réellement. Quelque chose en moi se sentait libéré de l'avoir enfin sortie; mais je savais que cette sensation n'était que temporaire, et que la frustration aura tout fait de reprendre aisément le contrôle de mon esprit. Surtout lorsque j'entendrais sa réponse.

"Dis-moi, tu es une fleur? Si c'est le cas il va falloir que je t'étudie d'un peu plus près, je suis passé à côté de quelque chose..."

Il tourna mes paroles en dérision et cela m’écorcha un peu. Je pensais vraiment ce que j'avais dis. Et cela me peinait de me sentir moqué alors que j'exposais quelque chose qui me tenait tant à coeur.
C'était une sensation douloureuse, et pourtant tellement familière.

"Non...Mais..."
"C'est vrai, 90% des fleurs sont hermaphrodites. Certains animaux le sont également, or ce n'est qu'une très, très, très faible minorité. Et les anges... Ne sont qu'une croyance religieuse. Aucun fait scientifique pourrait prouver que les anges existent, avant toute chose."

Je sentais un pincement dans ma poitrine, comme si on venait de prendre le peu d'espoir que j'avais et qu'on l'avait écrasé sous le poids de ces mots. Mes yeux devenaient de plus en plus embués, tendis que je ne quittais pas le médecin des yeux.

"Ensuite...Tu fais parti des êtres humains. Un mammifère donc. Et les mammifères ne sont pas hermaphrodites, pour le bien de leur propre espèce et la reproduction."
"Mais je ne peux pas, faire ça." lançais-je comme si je râlais, tout en me tournant sur le dos.

On me l'avait déjà bien assez dit et redit, que mon corps était trop faible. Trop faible pour porter la tension d'un quelconque sport, trop faible pour porter n'importe quelle lourde charge, trop faible pour porter un enfant, ni même en donner.
Alors à quoi bon, faire tout ça ? Restait-il réellement quelque chose à réparer ? Qu'est-ce que cela changerait chez moi, d'être une femme, d'être un homme ?

"Si on retire la reproduction, il te reste la question de l'identité. Cela ne te gêne pas que l'on te pose la question "Tu es un garçon ou une fille?" et que tu doives dire "Les deux" ou "Je ne sais pas"?"

Mes paupières s'écartèrent progressivement avant de se refermer fort, sous la pression des souvenirs douloureux qui me revenaient en mémoire.
Je sentais mes poings se serrer sur mon ventre. Ses mots étaient bienveillants mais ses justifications étaient si dures à entendre. Cela me faisait du mal, de ne plus avoir d'argument face à un tel questionnement.
Evidemment que ça me gênait. Et ça m'avait toujours gênée. Les sourires en coin, l'incompréhension dans le regard d'autrui et leur curiosité malsaine. Leurs paroles si brisantes à mon égard.

"Tu as la chance de pouvoir définir ton sexe contrairement à la plupart des autres êtres humains qui, eux, doivent se contenter de leur corps d'origine. Qu'as-tu retenu de bon à être coincé entre les deux genres?"

Moi ? Chanceux ?
Je cligne plusieurs fois des yeux, à ces paroles. Comme si elles avaient réveillées quelque chose en moi.
Puis, lentement, je prend l'initiative de doucement me redresser, repliant mes jambes en tailleur. Mes pupilles un peu mouillées se lèvent vers le haut pendant que mes songes s'emballent, ce qui, au passage, fait se raviser mes sanglots.
Un silence s'était tout de même disposé avant que je ne trouve les mots juste pour réagir.

"...Je peux...Comprendre tout le monde ?..." avais-je soufflé, peu sûre de moi, avant de tourner la tête vers mon docteur. "Comme les anges. Les anges ressemblent à tout le monde, donc peuvent ampathir à toutes les peines. C'est justement ce qui les rend si différents."

J'avais répondu sur un ton toujours très candide, tout en me remémorant les paroles de ma mère. Elle, qui m'a toujours aimée comme j'étais. Qui m'as appris à rêver, me projeter au delà des barrières que ce monde m'imposait. Je la voyais bien me ressortir ces termes tout en coiffant mes cheveux; elle aussi, elle me trouvait "chanceuse".
Lorsque mon esprit se retrouve reconnecté à la réalité, je dirige des yeux un peu craintifs sur le médecin aux cheveux sombres.

"J-Je sais que vous ne croyez pas aux anges, monsieur..."

Son développement m'était revenu en tête; si je ne l'avais pas retenu de la sorte, il serait sûrement rentré par une oreille et ressorti par une autre, comme cela arrive souvent aux enfants à qui on fait la morale. Et à l'intérieur de moi, je me sentais toujours enfant. Je ne pouvais pas comprendre les explications scientifiques d'un médecin de 25 ans, aussi vulgarisées soient-elles. Surtout quand elles me communiquent quelque chose que je ne voulais pas entendre.

"...Mais moi je pense qu'ils pourraient exister...Si on ne s'acharnait pas à vouloir leur couper les ailes..."

Je baisse des yeux pensifs vers le bas. Ma mère, elle, était persuadée que le problème ne venait pas de moi.
Le fait de répondre "Les deux" ou "Je ne sais pas", au fond, ne me gênait pas plus que ça. Car cela représentait une réalité que je ne pouvais pas cacher. Non, ce qui me faisait sans cesse peur, c'était la réaction des autres.
J'avais l'impression injuste de devoir souffrir pour me plier à la fermeture d'esprit d'autrui, pour m'adapter à une société immorale ne pouvant accepter qu'on s'éloigne du moule.
Je n'ai aucune raison concrète de changer. Pourtant personne ne voulait me laisser choisir.

Mes ongles grattent nerveusement l'une des cicatrices se trouvant sur mon ventre.
Au fond de moi, je savais que je ne pourrais pas y échapper. Après cette séance, il faudra encore trancher.


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HRP : No souci, no souci ! Au contraire, j'aime quand Ange parle beaucoup comme ça, c'est un personnage intéressant à écouter x)
Et c'est très drôle de voir Swann parler à quelqu'un d'aussi terre à terre xD




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Sam 2 Juin - 0:30
Ange avait continué de parler quand bien même sa patiente tentait de riposter. Elle n'aimait pas ce qu'elle entendait, soit. Il pouvait le comprendre. Après tout, s'accepter était une étape difficile et, refuser ce que l'on ait parce que la Nature ne nous a pas prévu ainsi l'est d'autant plus. Cependant, c'était bien qu'elle s'en rende compte le plus tôt possible pour ne pas s'évertuer à quelque chose d'inutile.

Lorsqu'il posa sa dernière question, il continua de regarder X54 qui se redressait lentement avant de prendre une position de faible. Recroquevillée ainsi, les cuisses contre le torse, les yeux embrumés. Pas que ça dégoûtait Ange mais presque.

Il lui laissa cependant le temps de réagir, d'ingérer les informations données par Ange. Il vérifia que le matériel était en marche, et qu'il n'avait plus qu'à débuter la séance.
Alors qu'il était concentré sur le fonctionnement d'une machine, il entendit une voix s'élever doucement :

"...Je peux...Comprendre tout le monde ?..."

Ange eut du mal à contenir son rire. Il se pinça les lèvres pour qu'aucun son ne sorte, mais il fut difficile pour lui de ne pas exploser. Il avait alors un énorme sourire sur le visage, que l'on pouvait interpréter de différentes manières : moqueur, compréhensif, vil, amusé, ou même un sourire de bonheur.
En réalité : il se moquait. Un peu.

"Comme les anges. Les anges ressemblent à tout le monde, donc peuvent ampathir à toutes les peines. C'est justement ce qui les rend si différents."

Il inspira un bon coup, exaspéré. Ce n'était pas parce que des personnes s'appelaient "Ange", "Angélique", "Angèle" ou il en passait que les anges existaient. Aucune preuve scientifique ne pouvait affirmer l'existence d'un tel être. De bons déguisements pouvaient effectivement faire l'affaire, mais jamais ils ne donneront aux déguisés les pouvoirs attribués aux anges.
Ridicule. Elle se bourrait le crâne de fantaisies aussi stupides les unes que les autres.

Il se tourna vers elle, lui accordant toute son attention, lorsqu'elle leva les yeux timidement sur son visage. Il soupira.

"J-Je sais que vous ne croyez pas aux anges, monsieur..."
- Non, je n'y crois pas.

Il ne dit pas qu'elle non plus, ne devait pas y croire. Que cela lui brouillait la vue et lui détruisait le cerveau et les idées. Qu'elle croyait comme les gens qui brûlaient des sorcières, comme les croisés qui pillaient, violaient et tuaient les indigènes, comme les rois qui abusaient de leur pouvoir sur le peuple.
Mais il n'en dit rien. Elle pouvait bien préserver ses rêves, si elle ne préservait pas son corps.

"...Mais moi je pense qu'ils pourraient exister...Si on ne s'acharnait pas à vouloir leur couper les ailes..."

Elle baissa les yeux. Elle savait qu'elle risquait de l'énerver, mais aucun sentiment de rage n'émergeait. Il écouta juste ce qu'elle disait, un poil las.
Il attrapa avec douceur la main qui grattait son ventre et la retourna, paume vers le ciel. Il s'humidifia les lèvres, les yeux sur "les lignes de la vie".

- Comment veux-tu comprendre tout le monde si tu ne peux pas te comprendre toi? Si tu ne peux pas te définir aussi simplement qu'en "garçon" ou en "fille"?

Avec son index, il suivait les lignes dessinées sur la main de sa patiente. Il resta silencieux quelques secondes, laissant la pièce s'imprégner de leur respiration. Mais aussi, pour qu'il ait le temps de réfléchir. De la convaincre.
Il commença par entre-ouvrir lentement la bouche avant de finalement prendre la parole, les yeux observant le chemin suivi par son index.

- "Swann. Swann a les cheveux longs, porte des robes ou des pantalons. Swann a 16 ans et rêve souvent. Swann est un peu maigre. Swann, est-ce une fille..."

Il leva les yeux très lentement jusqu'à les encrer dans ceux de sa patiente.

- "... ou un garçon?"

Il pausa cinq secondes avant de reprendre son discours :

- Je sais que parfois, ne pas choisir est la solution de facilité. On risque de ne blesser personne, de ne brusquer personne, car personne n'aime les changements. Les changements : ça fait peur.

Ange lâcha finalement la main de X54, avec la même douceur que lorsqu'il lui avait prise. Il chercha dans sa poche de droite un élastique, qu'il trouva. Il le sortit et se leva de sa chaise, avant de passer derrière sa patiente et de commencer à attacher ses cheveux, commençant par les rassembler.

- Mais souvent, les changements font plus de bien que de mal. Lorsque l'on accepte de réagir à une solution qui pose problème, on accepte alors de faire un pas vers l'avenir. Choisir ses amis. Choisir ses études. Choisir ses vêtements. Choisir la musique que l'on va écouter dès le matin... Les petits choix font nos habitudes. Les grands choix nous construisent et bâtissent notre futur.

Il finit la queue de cheval, puis retourna sur son siège en s'installant.

- Tu veux que je te raconte une histoire ?
Décidément, Ange parle beaucoup trop dans ce RP x)




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X54
Mar 5 Juin - 21:40

Quand une chose devient homme


     Je ne voyais pas le médecin lutter pour se retenir de pouffer, même si la force de sa respiration atteignait aisément mes tympans. Il semblait quelques peu irrité et je pouvais le deviner sans même poser les yeux sur lui. Et pourtant, l'ambiance de la salle de soin demeurait toujours aussi calme, dans un climat d'écoute très médical auquel j'avais toujours peine à m'habituer.

C'est au moment où je sens sa présence se faire plus proche que mon attention se retrouve de nouveau centrée sur le docteur. Monsieur Barrabil me paraissait comme quelqu'un d'assez imprévisible; je ne savais pas à quoi m'attendre en l'observant approcher, et me contentais de le regarder de mes prunelles émeraudes, battant des paupières à plusieurs reprises.
Le grand homme, lorsqu'il fut arrivé à distance suffisante, entoura mon poignet de ses doigts afin de pouvoir parcourir ma paume du regard; penchant légèrement la tête sur le côté, j'essayais de comprendre la raison de sa démarche, faisant jongler ma vision de ma main à son regard de jais.

"Comment veux-tu comprendre tout le monde si tu ne peux pas te comprendre toi? Si tu ne peux pas te définir aussi simplement qu'en "garçon" ou en "fille"?"

Mon regard devint rapidement confus, se perdant dans le vague, sans que je ne puisse trouver spontanément quoi que ce soit à rétorquer. J'aurais probablement pu me répéter encore et encore sous le même ordre d'idée qu'auparavant, mais je sentais que cela était vain si je n'écoutais pas tout ce qu'il avait à dire, et qu'il ne se montrerait pas plus attentif qu'à l'usuel à mes interventions. Alors ma bouche demeurait docilement close, même si mon expression se montrait toujours aussi souffrante.
Mes sens furent finalement attirés par le léger picotement d'un doigt au creux de ma main. Le docteur semblait suivre les pliures de ma peau tout en les scrutant avec attention. Je me penche légèrement en avant, laissant mes cheveux cascader sur chacune de mes épaules, tout en essayant moi aussi d'analyser les trajectoires de ces lignes discontinues. Sans vraiment chercher le lien avec notre présente discussion, mes yeux suivaient eux aussi son doigt du regard, le visualisant comme un bateau voguant gracieusement au gré de mes vagues épidermiques un peu pâles.
D'habitude, je n'appréciais pas le contact des mains du docteur, aux cours de nos séances. Mais celui était délicat et légèrement amusant.

"Swann. Swann a les cheveux longs, porte des robes ou des pantalons."

Je souris doucement; les moments où ma mère me coiffait et m'habillait me revenaient en tête. Nous nous ressemblions comme deux gouttes d'eau, elle et moi, lorsque Papa quittait la maison et qu'elle acceptait que je m'habille comme je le souhaitais. Les robes renforçaient chez moi une allure douce, gracieuse et délicate qui ne laissait plus l'ombre d'un doute à quiconque. Aussi courte que ma crinière pouvait l'être à l'époque, chacun des inconnus qui croisaient ma route imposaient tous la même sentence; "Quelle jolie petite fille !".
Mais moi...Moi, je ne savais pas.

"Swann a 16 ans et rêve souvent."

Mes yeux s'illuminent d'une légère étincelle; comment oublier ces moments passés à dessiner, à m'inventer des histoires, à m'imaginer m'envoler au delà du rebord de ma fenêtre. Fut une époque où je pouvait réunir deux bouts de bois ensemble et me prendre pour un(e) inventeur/trice; j'escaladais chaque recoin avec mon père à la recherche de nouveaux trésors, ne pouvait tenir en place sans contempler de nouveaux horizons, découvrir de nouvelles choses. Ma maladresse et ma faiblesse physique avaient toujours étés; pourtant, à chaque fois qu'un passant me voyait ainsi sourire tel un(e) imbécile heureux/se, la même remarque traversait constamment la frontière de leurs lèvres; "Quel petit garçon plein de vie !".
Mais moi...Non, moi, je ne savais pas.

"Swann est un peu maigre. Swann, est-ce une fille...ou un garçon?"

Nos regards se croisent et toute trace d'excitation sur mon visage s'évapora aussitôt, pour ne laisser plus que du doute et de l'angoisse.
Swann se coiffe. Swann s'habille. Swann grandit. Swann crée. Swann mange et boit, comme les autres; mais si elle n'avait pas un sexe, tout cela ne compte pas, c'est cela ? Swann n'est plus rien, si il ne peut pas se ranger dans une case.

"Qui est Swann ?", est-ce cela que je dois me demander ?

Mes sourcils se froncent, pendant que mes yeux se retrouvent figés, à fixer ma main. Je la regardais, écartant mes doigts de plus en plus les uns des autres, tendis que mes dents se serraient toujours d'avantage.

"Je sais que parfois, ne pas choisir est la solution de facilité. On risque de ne blesser personne, de ne brusquer personne, car personne n'aime les changements. Les changements : ça fait peur."

L'ombre imposante du docteur me survole, pendant qu'il se glisse derrière moi. Je ressent de nouveau la sensation de ses doigts survoler mes épaules, afin de ranger mes longs filets clairs derrière mon dos. Les racines de mes cheveux picoraient mon crâne de manière agréable tendis que le médecin les tirait avec beaucoup de douceur; mais mon esprit réagissait de manière plus intriguée à cette soudaine initiative d'arranger ma coiffure.  Reposant ma main comme appui sur le fauteuil sur lequel mon corps dévêtu se trouvait, ma tête basculait légèrement en arrière, cherchant à garder un contact visuel avec l'adulte...Ou du moins, lui démontrer un signe d'attention.

"Mais souvent, les changements font plus de bien que de mal. Lorsque l'on accepte de réagir à une solution qui pose problème, on accepte alors de faire un pas vers l'avenir. Choisir ses amis. Choisir ses études. Choisir ses vêtements. Choisir la musique que l'on va écouter dès le matin... Les petits choix font nos habitudes. Les grands choix nous construisent et bâtissent notre futur."

Je me mordais l'intérieur de la joue tout en arborant une mine pensive à son discours. J'étais énervée, à l'intérieur de moi; mes doigts venaient froisser le cuir de la table d'auscultation sur laquelle je me trouvais.
Evidemment, que j'avais peur. La pathologie qui était mienne m'empêchais d’avancer , même de maturer. Mais j'avais beau me visualiser garçon, j'avais beau me visualiser fille; à part un paysage embrumé par la crainte de devoir m'adapter à un nouveau corps, me bloquer à un seul et unique genre auquel je ne me sens pas entièrement voué, sans plus avoir aucune solution de retour...je ne me voyais aucun avenir.
Je voulais choisir. Je voulais choisir, et je pensais que ne pas changer était un choix. Me donnes-t-on réellement le choix, finalement ?

Le docteur finalisa son oeuvre à l'arrière de mon crâne avant de retourner s’asseoir à sa fameuse place; mes doigts dédièrent un moment afin de palper la couette derrière ma tête, puis la ramener devant mon épaule afin de l'observer de plus près. Elle était bien serrée, perchée avec perfectionnisme; aucune mèche ne semblait dépasser de mon cuir chevelu. Monsieur Barrabil aimait faire les choses bien.  Je me pris à me demander s'il avait eu les cheveux longs, lui aussi, pour savoir faire ça. Ou bien, s'il avait été amené à coiffer quiconque auparavant. Cela était plus commun chez les femmes, de ce côté là du monde, que de porter une telle longueur; moi, je ne comptais pas vraiment dans cette catégorie - ni dans aucune, d'ailleurs. Ou les deux à la fois. -.
Ça ne m'étonnerait pas, ce que médecin aime être en présence d'auras féminines. Après tout, lui-même me considérait comme une fille, depuis toujours. Je savais que même s'il me demandait mon avis, il ne me visualisait pas autrement.
Et c'était ce qui m'effrayait un peu, chez lui.

"Tu veux que je te raconte une histoire ?"

Mon visage se tourne de son côté et une flamme de curiosité vint incendier mes deux forêts de jade en guise d'iris. C'était bien une phrase d'adulte, ça. Et moi, en tant qu'enfant, j'adorais les histoires, peu importait le sujet. Même si le contexte ne se prêtait pas à quelconque récit de très attrayant, j'hoche la tête positivement avec enthousiasme, me demandant où le médecin voulait en venir.

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HRP : Je ne fais tellement pas avancer le RP, je suis désolée ;v; Je vais attendre que Ange raconte sa jolie histoire à bébé Swann avant de lui faire avoir de grosses réactions ^^




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Médecin
Mar 12 Juin - 18:45
Ange n'était pas idiot, loin de là. Bien que ses paroles soient toujours réfléchies, et qu'il choisisse ses mots avec précaution, rien ne garantissait la réussite de cette conversation. Sa patiente allait peut-être refuser son aide, et Ange serait obligé de faire son travail contre la volonté de X54. Au fond, il s'en fichait mais dans la forme, il ne pouvait pas se permettre un tel affront. Il devait donc réfléchir à un moyen de la convaincre.
Quoi de plus beau et manipulateur qu'une histoire? Tout le monde aime les histoires, à s'imaginer dans un monde qui est autre que le notre, une personne que l'on n'est aucunement.

Et lorsqu'il lui proposa de lui en raconter une, il vit une une lueur d'enthousiasme remplir son regard. Pour s'encourager, il lui sourit et s'installa confortablement dans son siège.

Il commença sobrement :

- Il était une fois, un homme était tombé amoureux d'une jeune femme, aussi belle qu'elle était intelligente. Cette jeune femme savait ravir le cœur des hommes sans jamais que le sien ne soit pris. Elle savait comment les charmer, avec sa voix angélique et ses yeux bleus océan dans lesquels n'importe qui aurait voulu se noyer.

Or, plus l'homme qui s'était entiché de cette demoiselle passait son temps avec elle, plus il arrivait à s'accorder les faveurs de la demoiselle. Et plus la demoiselle lui accordait ses faveurs, moins elle voulait le voir avec d'autres femmes. D'autres auraient appelé cela de la jalousie, les moins aveugles savaient que c'était de la possession. Elle le considérait comme acquis.

Un beau jour, alors qu'il était en train de marchander auprès d'un brave homme derrière son échoppe, la demoiselle l'aperçut au loin. Joyeuse, elle s'approcha de l'homme, et ce fut avec surprise qu'elle le vit avec une autre femme, lui tenant le bras et se penchant vers les bijoux de l'échoppe. D'abord interloquée, elle comprit que ce n'était pas n'importe quelle femme : c'était sa femme, son épouse. Elle pouvait apercevoir la bague aux milles couleurs qu'elle portait fièrement.
Elle finit par partir, furieuse, et par rejoindre sa maison. Elle n'ouvrait plus à personne, enragée qu'elle eut été trompée.

L'homme revint chez elle, toujours amoureux de cette demoiselle. Il avait innocemment apporté des fleurs, les plus belles qu'il vit. Il ignorait que sa bien-aimée l'avait vue au marché, accompagné de son épouse.
Elle lui ouvrit, un sourire sur les lèvres. Elle le laissa s'installer comme à son accoutumée. Elle se montra d'ailleurs plus accueillante, plus aimante... Ce n'était pas pour lui déplaire. Mais il sentait que quelque chose n'allait pas.

La soirée avança, le dîner se termina sur une note joyeuse, et l'homme se leva de la table pour s'en aller. Malheureusement, la demoiselle avait d'autres plans pour lui.

"Tu as osé me manipuler, chien. Tu m'as volée ce qu'une femme a de plus précieux à offrir, et tu m'as cachée avoir une épouse." dit-elle.

L'homme tenta bien de se défendre, mais rien de ce qu'il pouvait dire pouvait la faire changer d'avis. Elle lui posa alors un ultimatum :

"C'est moi, ou elle. Je t'accorde une semaine pour réfléchir."

Elle ne lui avait pas révélé ses plans, alors elle lui demanda de s'attendre au pire.
Ce fut avec un profond chagrin et beaucoup de remords qu'il quitta la maison de celle qu'il aimait pour rejoindre sa femme. Il ne la mit pas au courant, et les jours passaient. Il ne savait pas se décider, rien n'arrivait à le convaincre. Sa femme, c'était sa vie entière à ses côtés. Elle n'était pas particulièrement attirante, mais il se sentait bien avec elle. La demoiselle, il l'aimait de tout son coeur, mais leur relation était si incertaine... Tout avait des pours et des contres.

Lorsqu'il revint chez la demoiselle lors de la date limite, il lui dit qu'il ne pouvait choisir, qu'il ne voulait perdre ni l'une, ni l'autre.
C'est alors qu'elle lui dévoila :

"Si tel est ton souhait, qu'il ne soit alors pas exaucé."

Elle le renvoya chez lui dans un cri de rage. Lorsqu'il rentra enfin, il découvrit sa femme ensanglantée, perdue à tout jamais, aux côtés de la demoiselle, un couteau dans la main. Un sourire malsain sur le visage, elle lui confia ses dernières paroles :

"Voilà ce qu'il se passe lorsque l'on est incapable de faire un choix."

Et sous les yeux de l'homme, elle se planta dans le corps l'objet de cette tuerie.
Plus jamais il ne trouva alors le repos et la raison. Lui, qui avait peur de perdre les deux femmes qui rythmaient sa vie, venait, par sa lâcheté, de réaliser l'exact opposé.
Le chagrin l'avait emporté, le tuant à son tour.


Ange se posa enfin. Il guetta la réaction de sa patiente avant de claquer des mains et, d'un grand sourire dire :

- Fin! Alors, qu'elle est la morale de l'histoire?
C'était parfait! En même temps, je te laisse pas grand chose pour répondre Smile
J'ai beaucoup trop réfléchi pour l'histoire, pour ça que ça a été aussi long :/




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X54
Dim 24 Juin - 22:51

Quand une chose devient homme


Je rend timidement le sourire que le docteur m'adressait. Je ne savais pas vraiment pourquoi j'avais tant de mal à trouver cela sincère quand ce médecin écartait les commissures de ses lèvres. Mais après tout, je ne savais pas, et ne saurais jamais lire dans les pensées. Me contentant d'écarter ce sujet de réflexion, j'attendais patiemment que cet adulte narre son récit, alors qu'il s'installait à sa convenance en face de moi.

"Il était une fois, un homme était tombé amoureux d'une jeune femme, aussi belle qu'elle était intelligente."

Une histoire d'amour ? Mon sourire s'élargissait et je me tortillais légèrement d'impatience, mes cheveux cachant des pupilles pétillantes comme des feux d'artifices. Je m'attendais à une épopée pleine de tendresse et de sentiments forts. Peut-être une romance impossible, à la Romeo & Juliette ? Aussi impossible que la probabilité que je devienne normal un jour. Etait-ce cela, que monsieur Barrabil souhaitait me transmettre ?

Mon sourire s'effaçait peu à peu au fur et à mesure que l'histoire s'égrainait. Mes idées se faisaient doucement au fait que ce conte tendait d'avantage à parler des côtés opportunistes et égoïstes du genre humain, plutôt qu'à des princesses et des chevaliers en armure. Une femme possessive, réalisant que son cher et tendre lui échappe, dupée depuis le début...Je n'arrivais pas à cacher une expression dubitative et confuse, pendant que j'écoutais le docteur Barrabil. A mon sens, je ne pouvais définitivement pas m'identifier à ce genre de héros ou trouver de l’intérêt à un contexte aussi triste qu'un condensé de tromperies, de mesquineries, de ruptures. Mon regard valsait, de part et d'autre de la salle, à chasser quelconque autre objet d’intérêt. Tel un(e) enfant distrait, ne parvenant pas à voir son attention captée.

" "C'est moi, ou elle. Je t'accorde une semaine pour réfléchir.

Elle ne lui avait pas révélé ses plans, alors elle lui demanda de s'attendre au pire.
"

Mon visage revint assez promptement du côté de l'homme qui continuait à parler calmement, isolé dans cet univers sombre que nous partagions le temps de sa fable. Je ravalais ma salive avec appréhension, comme si je sentais pertinemment le fin mot de cette histoire arriver. Me contentant d'écouter, la bouche close, je me rendais peu à peu compte de la pitié que je ressentais envers cet homme indécis; j'avais beau ne pas comprendre son comportement, moi aussi, je me serais trouvé très embarrassé dans une telle situation. J'espérais que la femme puisse avoir ne serait-ce qu'un brin de pitié pour cette personne; qu'elle puisse empathir à sa tristesse, d'une quelconque manière.
Mais un tel récit ne pouvait pas posséder une conclusion aussi optimiste.

" "Si tel est ton souhait, qu'il ne soit alors pas exaucé."

Elle le renvoya chez lui dans un cri de rage. Lorsqu'il rentra enfin, il découvrit sa femme ensanglantée, perdue à tout jamais, aux côtés de la demoiselle, un couteau dans la main. Un sourire malsain sur le visage, elle lui confia ses dernières paroles :

"Voilà ce qu'il se passe lorsque l'on est incapable de faire un choix."

Et sous les yeux de l'homme, elle se planta dans le corps l'objet de cette tuerie. 
"




Mon visage demeura figé dans un sourire crispé, les yeux écarquillés.
Que cela ne se termine pas bien, d'accord, je m'y attendais. Mais là, ça faisait un peu beaucoup, quand même.

"Plus jamais il ne trouva alors le repos et la raison. Lui, qui avait peur de perdre les deux femmes qui rythmaient sa vie, venait, par sa lâcheté, de réaliser l'exact opposé.
Le chagrin l'avait emporté, le tuant à son tour.
"  Il frappe dans ses mains puis demande finalement, le plus normalement du monde ; "Fin! Alors, qu'elle est la morale de l'histoire?"

Un ange passe tendis que nous nous dévisagions, taciturnes. J'affichais mon choc de façon profonde et le docteur me souriait sans gravité; je ne savais plus trop à quel sentiment m'abandonner dans ma tête. Mon cerveau s'était comme mit en pause alors que je cherchais une bonne réponse à son questionnement.

"Hum...Que je ne suis visiblement pas la seule dans ce monde à avoir besoin de soins?" lançais-je, hagard, tout en haussant les épaules.

J'arrivais vaguement à percevoir l'idée, mais ses aspects effrayants étaient les premier à sauter à ma gorge, écrasant mes trachées. Les yeux vagues, j'entrepris de m'éclaircir la voix un instant, comme pour briser un silence, avant de finalement demander;

"Tout le monde n'est pas aussi méchant...Si ? Pourquoi racontez-vous des choses aussi terribles?", mon ton était hésitant, mais réussissait tout de même à se faire clair et à envahir la salle "Celui qui a inventé cette histoire doit voir le monde réellement tristement..."

Le calme persista, ne laissant plus que le son des machines pour combler. L'air de rien, l'heure avait tournée depuis mon arrivée dans la salle de soin. Mes yeux ne quittaient pas le docteur, attendant patiemment une réponse, même si tout portait à indiquer que cette discussion était vaine.

"Monsieur, pourquoi vous tenez tellement à..."

Les mots avaient du mal à sortir, s'étouffant dans mon cou jusqu'à devenir des murmures. Alors mon visage se résigna vers le sol, abandonnant l'idée de tourner d'avantage en rond. Un soupir amer s'éclipsa d'entre mes lèvres pendant que mon regard entamait des aller-retours entre le carrelage et la porte d'entrée; je savais que cela ne servait à rien d'envisager cette issue. Un refus s'imposerait sûrement à moi alors je n'avais d'autre choix que de subir la suite des événements.
Impuissant.  

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HRP : Je suis vraiment réellement hyper désolée pour le temps de réponse. C'est difficile pour moi d'écrire en ce moment, j'espère que ça ne se sent pas trop.




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Médecin
Mer 4 Juil - 0:25
Ange attendit une autre réaction que l'air choqué que prenait son patient. Si son histoire trouvait de l'écho en lui, il en était alors fier. Pour qu'une histoire trouve son chemin en quelqu'un, il fallait qu'elle marque la personne. Et avec une telle fin, et une telle morale, il ne pouvait pas faire mieux.
Il s'enfonça davantage dans sa chaise et croisa ses bras sur son torse.

"Hum...Que je ne suis visiblement pas la seule dans ce monde à avoir besoin de soins?"

Ange souffla du nez et perdit son sourire. Il aurait pu se montrer taquin, mais ça ne le faisait pas étrangement pas rire. Une histoire ne témoignait pas de la folie de quelqu'un. D'autres auteurs dont se sont inspirés Disney par ailleurs écrivaient des histoires bien plus trash que la sienne.
Ce n'était pas l'air hagard que son patient donnait qui allait le faire changer d'avis.

"Tout le monde n'est pas aussi méchant...Si ? Pourquoi racontez-vous des choses aussi terribles?"

Ange savait qu'il existait des personnes aussi terribles dans ce monde. Il en avait l'expérience, et elle n'avait pas été agréable.
Il se passa la langue sur sa lèvre inférieure, commençant légèrement à perdre patience. Il avait posé une question, et le patient l'ignorait totalement.

"Celui qui a inventé cette histoire doit voir le monde réellement tristement..."

Ange se mit à rire de façon surprenante. C'était Ange qui venait de coudre l'histoire, et il voyait le monde d'un oeil joyeux. Ce garçon ne connaissait donc vraiment rien de la vie, et ne comprenait pas les enjeux de cette morale sanglante? Bon sang, ce que ce devait être ennuyant dans sa petite tête.

"Monsieur, pourquoi vous tenez tellement à..."

Il haussa un sourcil, ayant fini de rire. Il attendit la suite, qui ne viendrait manifestement jamais.
Il remarqua bien évidemment les regards lancés à la porte, montrant une envie de fuir. Ce n'était pas le but de Ange. Il voulait juste lui encrer dans le crâne que les choix, quels qu'ils soient, sont à faire. Et qu'il y en avait un qui s'offrait à lui. Et sur un plateau d'argent.

- Je vais faire semblant de ne pas avoir remarqué que tu as ignoré royalement ma question sur la morale.

Ange se leva, et commença à trifouiller les machines. Il demanda à X54 de s'allonger sur le dos, pour qu'il puisse débuter l'auscultation. Il ne douta pas qu'il exécute ses ordres.
Toujours avec des gants, il positionna la lumière au dessus du sexe de son patient.
Avec un air imperturbable sur le visage et les yeux proches des attributs de "Swann", il continua à discuter tout en attrapant une loupe.

- Ensuite, sache qu'avec un tel handicap, procréer te sera impossible. Et je suis persuadé que tu te voies, dans le futur, dans une ... une famille heureuse avec tes propres enfants, dans une campagne avec deux labradors et ... un chat.

Il devint tellement concentré que ses phrases commençaient à perdre des mots et à les retrouver après quelques secondes de pauses. Il observa qu'une nouvelle fois, rien n'avait changé. C'était toujours autant impossible pour cette jeune future fille de faire quoique ce soit de son corps.

- S... Swann..., hésitait-il à l'appeler par son prénom tant sa concentration était forte, sache qu'avant tout, en tant que médecin, ce que je te... je te souhaite est la guérison et le bonheur. Ici, avec des gens aux pathologies aussi... aussi... aussi complexes... que les tiennes, forcément tu vas trouver des personnes qui te comprennent.

Toujours les yeux rivés sur son travail, il attrapa sans se tromper une sorte de pince à épiler en un peu plus longue et épaisse, et commença à observer plus en profondeur l'épiderme et l'engin avant de se relever, puis de poser le matériel sur le plateau en aluminium. Il posa son regard sur X54, et le quitta des yeux pour écrire ses observations sur sa feuille de compte rendu.

- En dehors, beaucoup, mais beaucoup plus vont te renier. Tu as déjà dû expérimenter ça, je me trompe? Et bien sache qu'adulte, c'est pire. Et je te l'ai déjà dit : c'est pour ton bien. A rester entre ces deux genres, tu vas faire plus de mal que de bien.

Il regarda son patient pour insister sur un point :

- Et les anges, ça n'existent pas. Ils ne sont présents que dans les livres religieux, et je doute que tu en aies déjà vu.

D'un geste de la main, il lui montra la machine à radios, dans laquelle X54 devait s'allonger pour effectuer les dernières vérifications.

- On y va?
Pas de soucis, j'espère juste que j'ai pas pris trop de libertés!




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X54
Mar 31 Juil - 1:25
Le soupir du docteur piquait un peu. En passant par la tremblote de sa jambe, jusqu'au  vague de son regard et à la curieuse manière dont il humidifiait constamment ses lèvres lors des moments de tension, tout prêtait à déduire que ma répartie - ou mon manque de celle-ci - jouait frénétiquement avec ses nerfs. Pour dire vrai, c'était à prédire. Le plus inattendu restait tout de même le rire soudain qui l'avait prit, raisonnant à travers la salle de manière quelque peu saugrenue. Un petit sursaut m'avait secoué pendant que je l'écoutait s’écaffer; ma tête étant partie s’enfoncer entre mes épaules, comme une autruche s'enterrerait dans une plage de sable. Mes paroles étaient-elles risibles ? Mieux valait ne pas y penser; c'était comme si j'avais élancé mon être entier dans des sols mouvants dont je ne réalisais qu'à peine la profondeur.

Je vais faire semblant de ne pas avoir remarqué que tu as ignoré royalement ma question sur la morale.

La...question sur...Ah...

J'esquissais une moue crispée. Ce n'était pas un hasard si mon regard était devenu nomade, s'attardant partout sauf sur ce qui devait être ma principale source d'attention. De quoi gonfler une tension déjà bien à son comble...Mais n'était-ce pas ce que je méritais ?

La manière dont la chaise gémissait afin de s’annoncer libérée du poids du docteur retira un frisson à mon échine. Il était parti près ces férailles inanimées, comme pour frapper le moindre de mes doutes d'une ultime adrénaline. Afin que les choses s'accélèrent et échappent finalement ma volonté.

Perplexe, mon regard vole vers la porte.

Soit je m'allonge...Soit je me lève, et j'empreinte cette sortie. Je pourrais, il ne me suffirait que de quelques mouvements...Que de quelques mouvements...

Mon désespoir me ferait presque jubiler.

Ne trouvant d'autre solution que de me soumettre...Non, pardon. N'ayant pas assez de courage pour me révolter, je force mon dos à se laisser tomber contre le siège trop dur. Mon habitude l'obligeant, j'amène aussi mes yeux à se fermer, facilitant ainsi mon voyage vers un imaginaire plus amène. Un autre part où Soma, ma famille et mes amis seraient là. Je me disais souvent que n'importe où ferait l'affaire.
Même au fond d'un tombeau.

Une chaleur plutôt agréable avait élue domicile sous mon bas-ventre, et je l’accueillais sans trop de pudeur. Pendant ce temps, j'écoutais d'une oreille les paroles de mon docteur qui monologuait. Une méthode que je repère chez pas mal de soigneur pour divertir leurs patients; néanmoins, celui-ci semblait en être particulièrement friand. Est-ce que cela l'aidait lui-même à d'avantage se concentrer ? Plus j'y pensais, plus je réalisais connaître très peu Monsieur Barrabil.

Ensuite, sache qu'avec un tel handicap, procréer te sera impossible.

Oui, bon, rien de nouveau pour l'instant. C'était loin d'être un scoop pour moi, au point même de devenir l'information redondante de chaque rendez-vous médical. Mais, très honnêtement, je doute même qu'un changement de sexe puisse guérir un tel fait...Enfin...Sans en être sûr.

Et je suis persuadé que tu te voies, dans le futur, dans une ... une famille heureuse avec tes propres enfants, dans une campagne avec deux labradors et ... un chat.

Mes lèvres tentent un sourire, attisé par l'heureux tableau qu'il me dépeignait. Il était vrai que je ne serais pas contre un chat ! Mais en réalité, maintenant que j'y pense, je ne m'étais jamais projetée si loin dans mon futur. Le futur...C'est plutôt superflu. Abstrait. Au lieu de perdre mon temps à apprivoiser quelque chose qui m'est inconnu, je préfère l'investir à m'approprier mon présent...Et...A regretter mon passé.

S... Swann...

Les arrêts curieux qui assaisonnaient ses phrases prirent un gout atypique à mes tympans. Avouons-le, il était rare pour Monsieur Barrabil que de butter sur ses mots, ou de se débarrasser de ses fichues matricules pour apostropher. Mon attention s'en voyait correctement titillée, sans pour autant me faire réagir physiquement; cela n'étant pas dans mon désir de le perturber dans ses...observations.
Et puis, ses mains ne m'avaient encore pas touchées; il était encore tôt pour mes constrictions alarmantes.

Sache qu'avant tout, en tant que médecin, ce que je te... je te souhaite est la guérison et le bonheur. Ici, avec des gens aux pathologies aussi... aussi... aussi complexes... que les tiennes, forcément tu vas trouver des personnes qui te comprennent.

Guérison ? Bonheur ? Wow, c'est peu prosaïque pour mon médecin. Mais pour une fois, ce qu'il disait heurtait mon esprit de plein fouet. Une pensée me vient pour mes proches; ceux que j'ai pu me faire jusqu'ici, ceux qui m'ont aidés et défendus, possédant tous une particularité bien à eux. Si nous nous partagions une telle tolérance, c'était bien parce que ce qui nous liait, était notre différence.
Peu à peu, l'endroit où mon médecin souhaitait guider ma réflexion s'illuminait dans mon esprit.  Mes yeux s'étaient entrouverts, juste afin de capter son développement au delà que par sa voix. Et c'est là que je vis son bras s'en aller vers un outil en acier.
Ma salive fit demi-tour pour s’enfoncer dans ma gorge. Le voilà venu, le pire moment des auscultations.

Fermant vivement le portail de mes iris, mes poings furent chargés de s'adapter à leur nouvelle fonction de canalisateur, face à cette horrible sensation de picots. C'était toujours dur de me faire au contact froid de la pince, ma peau étirée et malmenée malgré ma convenance, mais ça restait une obligeance. Cela faisait des années à présent, que je perpétuais à me le répéter, à me rassurer avec les même phrases au relent réchauffé. Il ne me suffisait que de snober la réalité en me bloquant comme une statue; après tout, c'était loin d'être le pire qu'on m'ait fait.

Lorsque tout cela caressa finalement une conclusion, je m'étais débarrassée de ma respiration inadéquate pendant qu'il troquait lui aussi son instrument des enfers pour une fiche de gribouillis sans esthétique. C'était une bien belle bataille, mais avec tout ça, j'avais totalement perdu de vue ce que je souhaitais répondre à l'adulte.

En dehors, beaucoup, mais beaucoup plus vont te renier. Tu as déjà dû expérimenter ça, je me trompe?

C'était amer, mais il n'y avait rien à nier. Cet Institut me faisait office de bulle, au même titre que ma maison en Italie. Mes parents, ou du moins ma mère, ont toujours tout fait pour me protéger d'une réalité qu'ils jugeaient trop cruelle pour moi. Pour les gens comme moi.

Et bien sache qu'adulte, c'est pire.

...Ah...
L'espoir est au rendez-vous. L'Institut porte bien son nom.

Et je te l'ai déjà dit : c'est pour ton bien. A rester entre ces deux genres, tu vas faire plus de mal que de bien. Et les anges, ça n'existent pas. Ils ne sont présents que dans les livres religieux, et je doute que tu en aies déjà vu.

Mais...!

On y va?

D'un geste de la main, il me montrait les machines radio un peu plus loin. Des moules aux allures de lits, prévue pour sonder la partie de mon être qui mériterait le plus d'être sanctionnée.
Soufflant sèchement, je me lançais de quelques pas vers ces bips sonores et ces reflets lumineux qui n'avaient plus rien d'attrayants à mes yeux. Je savais reconnaitre un ordre déguisé en question.

D'accord. Très bien. Allons-y.

C'était ce avec quoi je ponctuais mes trois premiers pas, censurant maladroitement ma colère. J'haussais les épaules et la longue couette que le docteur m'avait faite sciait mon dos en deux parties distinctes. Je demeurais toujours, éternellement divisé.

Choisissez pour moi, dans ce cas ! Hein ! De toute manière...

...Ca ne change pas de d'habitude.

J'étais parti pour creuser ma lèvre inférieure avec mes dents. Oui, c'est sûr qu'ils voulaient mon bien. Autant mon père que mon médecin. Pourtant l'un me veut homme, et l'autre femme; ils sont incapable de se mettre d'accord sur la même ambition qui les motive. Qui mérite réellement ma confiance ? Puis-je même la leur accorder ?

Ce serait mentir que de m'improviser comme un(e) insensible au jugement des autres, d'un côté. Je veux être différent(e), mais puis-je ne serait-ce que l'assumer ? Si je prend du recul sans hypocrisie, je me visualise prétendre savoir, sans comprendre une seule seconde la morale de toute cette histoire. Je l'ignorais, sans pouvoir y répondre. Pourtant elle était claire.

Rongeant peu à peu l'intérieur de ma bouche, je me constatais de nouveau comme un(e) enfant. Dépendant(e). Impuissant(e).

Incapable du moindre choix.




Oh non, pas du tout ! Au contraire, ta créativité me fous souvent sur le cul !
Je m'excuse encore pour le délai de ouf. Je te laisse la liberté de continuer ou non, mais si tu as envie de te stopper, ce post peut faire une bonne conclusion. Perso, les deux cas me vont ! ^^




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Mar 7 Aoû - 23:10
Ange ne souhaitait pas avoir une mauvaise relation avec ses patients. Il y avait bien une patiente qui jouait constamment avec ses nerfs à l'époque, mais voilà, elle était dans les Z depuis un petit moment désormais. Elle avait des charmes incontestables, mais son caractère avait le don de l'irriter. "Maya MacKenzie", ou plus exactement Z02. Quel Enfer. Insolente, irrespectueuse, un ton hautain et condescendant. Pire patiente qu'il ait jamais eu.

C'est pourquoi le soupir de X54 le toucha plus ou moins. Il se leva en même temps que lui, et s'approcha à la même vitesse jusqu'à la machine.
La dernière ligne droite. Une avancée pour le jeune médecin à ne pas prendre à la légère.

"D'accord. Très bien. Allons-y."

Ange inspira silencieusement, réfléchissant. Le soucis, c'était qu'il ne pouvait pas vraiment donner de délais supplémentaires à sa réflexion... Il devait connaître son choix pour la prochaine séance de soin, auquel cas...
Ange soupira et se gratta l'arrière de la tête.

"Choisissez pour moi, dans ce cas ! Hein ! De toute manière..."

Manifestement, c'était un patient en colère qu'il avait face à lui. Et ça le déranger, parce qu'il l'aimait bien dans le fond.

Alors, avant que Swann ne pénètre dans la machine, Ange le retint en posant sa main sur son épaule.

- Bon. Je vais te donner une semaine en plus pour que tu puisses y réfléchir à tête reposée. A la prochaine séance, on fera juste un peu de papotage pour savoir comment tu te sens et à quelle conclusion tu en es arrivé, si tu souhaites des conseils, etc.

Ange s'abaissa au niveau de la jeune fille (ou du jeune garçon) pour pouvoir lui parler plus simplement. Pas de médecin à patient, mais d'homme à homme. D'être humain à être humain.

- Je ne vais pas te le cacher, je préférerai te voir en femme, et pour diverses raisons. Mais je ne vais pas décider pour toi. Non pas que je n'en ai pas envie, mais surtout pour que tu n'aies pas de regrets à l'avenir.

Il baissa les yeux sur le sol et finit par dire :

- Donc c'est bien la dernière séance où je t'ausculte. Il fit une pause. Je sais que pour toi, ça n'a pas de sens tout ça. Devoir choisir, quel est le but? Et si la question était plutôt :"Pourquoi est-ce si important?"? Enfin, j'arrête de t'embêter avec ça.

Il se releva, prêt à continuer le reste de la séance.
Je n'ai jamais fait Ange si pipelette xD




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