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Dormir est un cauchemar, se réveiller est un enfer. [PV : Lucy]

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La nuit est calme.

Un jeune homme cherche désespérément un rayon de lune entre les nuages. Il semble être le coq qui guette l’aube pour chanter. Le soldat qui garde la porte. Le futur mari devant l’autel. Il attend.

Il attend que la lune se montre, vienne lui sourire, dans ces ténèbres qui le rongent. La lune dans cette robe nocturne, ces filets d’argents qui forment sont être, la seule étoile qui puisse briller, même en plein jour.

Où était-elle ? Cette lune qui se faisait désirer ? Elle avait sans doute prit un autre chemin que le sien. Un chemin hors de sa portée. De toute évidence, elle a toujours été hors de sa portée. Jamais il ne pourrait la rejoindre, là où elle était, dans cet autre monde. Alors, il se contentait de la regarder, encore, toujours, de là où il le peut, espérant pouvoir un jour la toucher.

Nevrabriel regarda son violon. Son cœur n’arrivait pas à jouer de belles mélodies. Elles étaient toutes, très triste. Comme lui. Comme ses yeux fatigués. Comme son âme tourmentée.
Il regardait la terre sèche, les arbres morts, la forêt brûlée.
Dans cette forêt, il avait rencontré l’adolescente. Mais les souvenir que plus procurait ces arbres morts étaient plus plaisant que la cours qu’il voyait tâchait de rouge, alors qu’il n’y avait rien. Parfois, il pouvait entendre le rire de Loreleï Hexe près des arbres, comme si elle jouait à cache-cache avec lui.
Le jeune homme, pour la treizième fois depuis qu’il avait quitté discrètement sa chambre, mis sont violon sur son épaule. Il manquait de force. Depuis combien de temps n’avait-il pas dormis ? Il ne faisait que somnoler. Même sur le sofa de mademoiselle Dessanges, il ne fermait les yeux que pour les rouvrir vivement quelques minutes plus tard, effrayé. Le corps sans vie de deux enfants se chevauchant à travers ses yeux clos.
La musique … elle … même si elle était triste, lui faisait oublier sa fatigue, ces âmes qui avaient quitté ce monde, sous ses yeux, par sa faute.

Ainsi, le jeune homme pinça les cordes de son violon et y fit cheminer son arc. Ses gestes étaient lents, calme. Son regard songeur, mature, les poches bleutées sous ses yeux, sa peau tirée, le manque de sourire, d’étincelle dans le regard le vieillissaient sauvagement d’au moins dix ans.

Mais qui s’en souciait ? …


Lorsque le jeune homme termina la dernière note de sa triste mélodie, il laissa ses bras tomber le long de son corps, pour la treizième fois. Son violon alla se loger sur ses jambes en tailleur. Et son arc rencontra le sol froid.
Même ça, il était mauvais. Jouer de la musique. Il n’arrivait même plus à tenir son violon. Ces notes semblaient faux à ses oreilles, ce n’est pas ce qu’il voulait faire. Il ne voulait pas que son violon exprime des sentiments aussi meurtrie que son âme.
Il était mauvais.
Inutile.

Un bruit attira son attention, mais Nevrabriel ne se cacha pas. Il n’avait pas la force de fuir l’autorité pour rester plus longtemps sous ce ciel sombre, sans astres. L’écossais se contenta de tourner doucement la tête vers la personne qui allait à sa rencontre. Etrangement, ça ne semblait pas être un surveillant. Les pas finirent par s’arrêter. Le jeune homme leva la tête et eut un léger sursaut en découvrant une amie qu’il n’avait pas vu depuis un moment.

_Lucy ?

Vivement, comment ayant retrouvé de l’énergie, Nevrabriel se leva et regarda la demoiselle. Elle avait les yeux clos, les pieds nus, une branche dans la main qu’elle lui tendait.
Elle était certainement en train de faire une petite crise de somnambulisme.
Bien qu’il était fatigué et qu’il aurait aimé que cela tombe un autre jour, Nevrabriel eut un tendre sourire pour son amie endormit. Après la Grande Sanction, ils ne s'étaient plus revus. Ils fuyaient l'un et l'autre, comme ils le pouvaient. Et tout les jours, il voulait s'excuser de l'avoir abandonné sur cet estrade.
Doucement, il lui caressa les cheveux. Ses longs cheveux blancs qui illuminaient la nuit.

_C’est gentille, je te remercie. Mais tu vas attraper froid, tu devrais retourner dans ta chambre.

Nevrabriel prit la branche que lui tendait la demoiselle, espérant que cela allait la réveiller. Ou alors qu'elle l'écouterait à travers son sommeil et retournerait dans son lit, sagement.



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Dormir est un cauchemar, se réveiller est un enferfeat.  Nevrabriel

La terre a avalé le soleil, le coq ne chantera pas avant de longues heures. Chenue, la petite fille trop grande se lève. Le lit éventré et abandonné deviendra glacial une nuit de plus.
Les orteils, telles des racines immaculées, s’enfoncent dans la terre. Un craquement douloureux dans la plante du pied. Une branche perdue est ramassée. Mais cette fois, aucun garde du lointain n’en héritera. L’itinéraire est corrompu par une plainte, le sanglot d’un violon. Phalène attiré par la lumière, l’albinos l’est par les notes.
La musique s’arrête trop vite, perturbe l’équilibre de la funambule, mais les pas continus, ne pas tomber.
Un prénom est prononcé, il est familier, oui normal, c’est le sien.
Instinctivement la branche est offerte, paiement pour la mélodie, rituel nécessaire de sa nuit.
La branche est acceptée, bonne chose, il n'avait pas le choix de toute  façon.

Une fois de plus, des paroles sont prononcés pour elle, des mots sensés articulés par un ami. Mais la somnambule n’écoute pas, ne comprend pas, l’inconscient est maitre la nuit, et il ne comprend pas pourquoi ce garçon se tient là. Le rêve est perturbant, le fantôme a cherché ce garçon sans succès, ne trouvant qu’une chambre vide, elle avait renoncé à le trouver.

Les yeux se posent une fois de plus sur l’insomniaque aux cheveux de sang.

Rouge-rouge-rouge

Le visage n’exprime rien, le vide déborde du regard de l’endormie. La lueur de satisfaction d’avoir retrouvé son ami ne brille pas, pourtant la respiration n’est plus la même. Instinctivement le corps s’approche, déposant une tête blanche sur le compagnon retrouvé.

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Nevrabriel s’attendait à ce que la demoiselle fasse demi-tour, mais au lieu de cela, elle s’avança vers lui et vint poser son front blanc sur son torse. Le jeune homme fut d’abord surpris, il pensait qu’il ne fallait pas toucher les somnambules, que ça pouvait les réveiller brutalement. Pourtant, son amie semblait toujours endormie, malgré ses yeux ouverts.
Nevrabriel posa sa main sur la tête de Lucy et la caressa doucement. Son geste était machinal, mais délicat et bienveillant. Après un instant à caresser ces filets de lumières, l’écossais posa un baiser sur le sommet de la tête de la demoiselle, et lui murmura :

_Tu ne dois certainement pas m’entendre, ma petite Lorialet, mais tu m’as manqué.

Ou peut-être l’entendait-elle ? Il ne savait pas comment fonctionnait le somnambulisme. Il n’en a jamais été victime.
Doucement, le jeune homme repoussa la demoiselle pour qu’elle s’écarte de lui et la regarda. Elle avait le regard si vide, si perdu. Regarder sans voir, donner sans offrir, marcher sans avancer. C’était un état étrange. Mais un état comparable au sien, sauf que lui en avait conscience, de son misérable état. Lucy, elle, ce n’était pas sa faute.
Nevrabriel esquissa un sourire à la demoiselle. Bien qu’il ne savait pas si elle pouvait le voir.

_Ne t’en fais pas Lucy, je vais m’occuper de toi.

Le jeune homme lâcha son amie pour ranger rapidement son violon, et mettre la petite branche qu’elle lui a donné dans l’étui. Il ne voulait pas prendre le risque qu’elle aille le chercher s’il la balançait quelque part dans la forêt. Puis, avenant, il retira sa veste pour la passer sur les épaules de la lorialet. Bien que le temps n’était pas froid, il était légèrement frais, ainsi vêtu et pied nu, la demoiselle allait rapidement attraper une horreur.

Nevrabriel finit par porter Lucy, passant une main sur ses épaules pour maintenant la veste  et l’autre sous ses genoux. Heureusement, Lucy n’était pas vraiment endormie et son poids était moins imposant que si elle l’était. Et de toute façon, elle était bien légère cette petite femme.
Mais le jeune homme, mal nourris et fatigué, savait qu’il ne pourrait pas la porter jusque  dans sa chambre, son objectif était au moins d’atteindre le bâtiment pour que ses petits pieds ne se fasses pas mal entre les branches, les racines, les cailloux et ces autres éléments que n’avait pas les couloirs immaculés de l’Institut.

Doucement, l’écossais retournait vers le bâtiment, son amie dans les bras. La respiration de Lucy semblait plus présence qu’à son habitude. Ou était-ce le silence qui lui permettait d’entendre cela ? Son regard vairon alla souvent regarder celle de l’endormie. Mais aucun signe de lucidité.

_Tu sais … je suis vraiment désolé … je ne voulais pas te laisser sur l’estrade. Tu dois m’en vouloir … Mais je suis sincèrement désolé, je m’en veux beaucoup.

Et je n’ai même pas le courage de te le dire en face. En face et consciente …

C’était beaucoup plus facile de le dire à une personne qui ne vous entendait pas. Elle ne peut pas vous juger ou vous répondre. Elle ne pouvait même pas comprendre le sens de vos mots.

_C’est beaucoup plus facile de fuir et rester seul, que de partager sa peine. Je ne suis pas assez fort pour ça … Mais j’aimerais l’être. Pour ceux qui compte pour moi. Et tu en fais partie …

Finalement, le jeune homme atteignit son objectif, sa respiration était haletante et ses bras fatigués lui faisaient un peu mal, mais il avait réussis.
Il la posa sur le seuil de la porte du bâtiment. Lucy se redressa naturellement, comme si elle était réveillée. Nevrabriel posa ses mains sur ses genoux pour reprendre un peu son souffle avant de lever la tête vers son amie, le sourire aux lèvres :

_Je t’accompagne jusqu’à ta chambre, d’accord ?



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Dormir est un cauchemar, se réveiller est un enferfeat.  Nevrabriel

Continuant son éveil inconscient la jeune femme se laissa porter. Son corps se positionnant naturellement dans les bras du jeune homme, une veste ne lui appartenant pas la couvrant. Elle le savait, elle le sentait même au travers des brumes du sommeil que tout cela était naturel, comme s’il en avait toujours été ainsi.
Des pieds retrouvèrent finalement le sol, se redressant un peu perdu. Le corps et la tête avaient perdu leur itinéraire, restant immobile au côté d’un adolescent épuisé.

Chambre…

Oui ce mot parvenait à son esprit, un mot souvent utilisé par la sécurité du lointain, la somnambule l’avait enregistré même dans son sommeil. Prenant la main de son ami, comme elle ramasserait un objet égaré, elle prit la direction de la chambre.

Chambre…

Le mot se répétait, un rappel de son objectif.

Le corps se mouvant avec facilité dans les corridors que ses membres assoupis visitaient chaque nuit.

Chambre…

La porte encore entrouverte, laissant apparaître le décor abandonné d’une petite chambre. Un lit blanc défait, des feutres éparpillés sur le bureau, mais surtout des arc-en-ciel, partout! Griffonnés sur des papiers de tailles diverses, chacun dévoilant un agencement de couleur inexacte du phénomène, certaines feuilles dormant sur la chaise attendant d’être utilisées, une multitude d’autres, épinglées au mur, ou bien pliées en avion déformant le dessin original.
Le papier froissé sagement évité par les pas de l’albinos, la menant jusqu’au lit traînant à sa suite le garçon perdu. Debout, face au matelas, elle attendait. Puis s’installa sans douceur par-dessus drap et couverture. La tête finalement posée sur l’oreiller les yeux se fermèrent, le corps se retournant une fois et puis deux avant de geindre. Un feutre fugitif poignardant son flanc.

* * *

Inconfortable, j’avais l’impression d’être étendue sur un objet, la sensation troublant mon sommeil jusqu’à le faire fuir. Gigotant, je réussis à extirper ce qui, du bout des doigts, semblait être un crayon. Portant le coupable à ma hauteur et me frottant les yeux de la main libre j’en conclus que c’était effectivement un marqueur. Puis sans rompre la nuit il tomba au sol, je l’avais laissé tomber, surprise par l’apparition. Nev… je frottais à nouveau mes yeux, que faisait-il dans ma chambre?

N-ev

Son surnom avait franchi mes lèvres d’une voix enrouée, épuisée du silence elle semblait rauque.

Un regard sur mes pieds souillés me fit comprendre, j’étais sortie cette nuit. Pourtant, ils me semblaient en meilleur état que les autres fois, peut-être n’avais-je pas beaucoup erré cette nuit, peut-être que c’est lui qui m’avait ramené.

Une grosse larme salée glissa à mon menton, je l’essuyais sans comprendre. Un mélange de joie et d’appréhension se chamaillait en moi. Revoir mon ami m’emplissait de bonheur, mais sa présence détruisait l’illusion, son air fatigué trahissait mon déni, il devait sourire et tout irait mieux. Oui voilà, il était tard, voilà pourquoi il semblait si vide.

Je tendis la main dans sa direction, espérant qu’il me rejoigne, je ne voulais que dormir.

Viens





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_Je t’accompagne jusqu’à ta chambre, d’accord ?

Heureusement ces mots semblaient faire échos dans l’esprit de son amie. Doucement, la demoiselle lui prit la main et commença à l’entrainer vers l’aile W. Nevrabriel craignait de se faire surprendre. Lui, ne voulait pas retourner à sa chambre. Tourner en rond, attendant que le soleil berce le ciel de ses premiers rayons. Il ne voulait pas fermer les yeux et se laisser aller à ses cauchemars. Son corps allait certainement lâcher, il avait fait plusieurs malaises depuis la Grande Sanction, mais faisait souvent en sorte de s’adosser à quelque chose pour faire mine que tout va bien.

Obéissante et silencieuse, la demoiselle entraina le jeune homme jusqu’à sa chambre ouverte. Elle alla à son lit, naturellement. Nevrabriel la regarda faire. Elle s’allongea sur son lit, et se mit à gesticuler, comme si elle n’avait jamais quitté ce matelas.
Il la regarda. Enviant son sommeil. Enviant ce repos.

*Plutôt crever*

Un bruit de canon raisonna dans ses tympans. Nevrabriel en sursauta avant de mettre une main à son front, essayant de faire partir la migraine naissante. Des murmurent vinrent lui siffler dans les oreilles. Il n’arrivait pas à comprendre le sens de leurs phrases, cependant, il savait pertinemment que c’était des mots de reproches. Des accusations. Des jugements. Comme si c’était lui qui avait tiré. Comme si c’était sa faute. Des larmes lui seraient sans doutes montés aux yeux si son corps n’était pas aussi sec que son estomac. Il avait à peine la force de parler et ses lèvres étaient rugueuses, n’ayant comme breuvage sa propre salive.

Laissez moi … partez … sortez de ma tête …

_N-ev

La voix embrumée de sa lorialet fit sortir le jeune homme de son cauchemar éveillé. Il la regarda une nouvelle fois. Si blanche, si pure, encore endormie et pourtant réveillé. Sa petite main blanche se leva vers lui, comme l’invitant à une étreinte.
Mais Lucy était si propre, si immaculé.
Lui … lui … était sale. Taché. Sale. Impur. Méprisable.

*Sale … Impur … Méprisable … Sang … Cendre …*

_ Viens

Lucy ressemblait à une enfant qui venait de se réveiller. Sa voix le ramenait à la réalité, faisant taire un instant les sons qui prenaient place dans son esprit. S’il se laissait aller, il pourrait presque les voir, il pourrait presque les rendre réel, ces murmures sombres.

Nevrabriel regarda cette petite main tendue.

Avec beaucoup de tendresse, l’écossais vint prendre la main de la demoiselle et s’assit  au bord de son lit, se penchant pour offrir un baiser sur le front de la somnambule. Il ne savait pas si la lorialet l’avait appelé par habitude, peut-être qu’elle n’était toujours pas lucide. Etait-ce qu’elle voulait réellement, qu’il reste à ses cotés ?
Doucement, il lui murmura :

_Rendors toi Lucy, la nuit est encore bien sombre.



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Dormir est un cauchemar, se réveiller est un enferfeat.  Nevrabriel

Venant prendre ma main de son habituel douceur, il s’assit sur mon matelas, puis comme un charme éloignant les mauvais rêves, il posa un doux baisé sur mon front. Avant de me murmurer d’une voix légère comme de la neige :

Rendors toi Lucy, la nuit est encore bien sombre.

Cette vérité coula doucement jusqu’à mon esprit, pourtant sa nuit semblait étrangement bien plus noire que la mienne. Lui qui m’encourageait à me rendormir, certes j’étais épuisée et refermer les paupières était tentant. Mais Nev était là, réapparu dans la nuit après être resté des jours invisible à mon regard. Il ne m’avait pas oublié, il m’était revenu. Il m'avait manqué, pour lui les mots revenaient comme avec… en ce moment les autres importaient peu, mon ami était de retour.

Tu es le seul soleil que j’ai ici, reste… encore un peu, s’il te plaît .

L’attirant pour l’étendre face à moi je posais comme à mon habitude, les doigts sur ses tâches rousses bordant si bien son regard vairon. Je me souvenais de l’avoir cherché dans mes errances aveugles, mon premier ami.

Tu m'as manqué… tu es bien ici n'est ce pas? Je ne dors pas… J’espère.

La frontière entre rêve et réalité me semblait floue ces derniers temps, me baladant plus en dormit qu’éveillée.

Tu vas rester avec moi jusqu'au soleil?

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_Rendors toi Lucy, la nuit est encore bien sombre.

La jeune femme était épuisée, encore à moitié endormie, elle luttait contre Morphée pour garder son ami à ses côtés. Nevrabriel le sentait bien à travers sa voix endolorie. Mais elle avait besoin de repos, il fallait qu'elle se rendorme.

_Tu es le seul soleil que j’ai ici, reste… encore un peu, s’il te plaît.

Lucy tira sur les vêtements du jeune homme pour l'allonger à ses côtés. La demoiselle n'avait aucune force dans son acte, mais l'écossais était trop faible pour résister et se laissa faire, étendant son corps longiligne aux côtés de l'éclat de neige qui cherchait le repos.
Ses petits doigts vinrent effleurer les joues creuses du roux, pour caresser les tâches brunes qui hantaient ses paupières inférieures. Les doigts de Lucy étaient doux, sa caresse était une berceuse, cela donnait envie de fermer les yeux et se laisser aller ... juste un peu ... L'égaré fatigué se mit à fermer doucement son regard.
Fermer ces yeux secs et fatigués, les laisser se reposer, laisse ce corps meurtri par le désespoir se reposer, laisser cette âme troublée se reposer.
Se reposer ...
Non.
Il ne voulait pas dormir. Le sommeil était affreux, horrible, chacun de ses rêves lui donnaient des sueurs, des tremblements, des crises de paniques. Nevrabriel ouvrit les yeux automatiquement, en grand, comme réveillé par un violent orage.

_Tu m'as manqué… tu es bien ici n'est ce pas? Je ne dors pas… J’espère.

Nevrabriel aurait aimé sourire à son amie. Mais c'était compliqué. Le jeune homme contenta la demoiselle de tendres caresses sur la main qu'elle avait posé sur son visage, ses longs doigts amaigris maintenant ceux de Lucy près de lui, son pouce passant sur sa paume aussi doucement et tendrement que les ondulations d'un lac serein.

_Tu vas rester avec moi jusqu'au soleil?

Le soleil ? Cela semblait si lointain. Mais il pouvait le faire, il pouvait veiller sur son sommeil, faire qu'elle dorme aussi sereinement qu'une enfant dans des bras protecteur. Il serait ces bras. Il pouvait faire ça. Il ne pouvait rien faire d'autre, être inutile qu'il était, mais il pouvait faire cela pour elle.
Toujours dans un murmure, pour accompagner son amie vers le sommeil, il exprima :

_Je n'ai pas ... Envie de dormir. Mais je resterai avec toi, si c'est ton souhait.

Nevrabriel s'approcha doucement de la lorialet pour poser son front contre le sien. Gardant sa main dans la sienne. La chaleur de celle ci était réconfortante.
Elle ne lui en voulait pas d'être partie sans elle ce jour là. Elle ne lui en voulait pas de l'avoir abandonné après cela, enfermé dans ses problèmes, ne regardant pas ceux des autres, leur tristesse, leur solitude. Il voulait protéger des amis qu'il abandonnait. Il était horrible. Mais elle ne lui en voulait pas ...
Son visage fatigué se crispa de remords, accentuant ses lourdes cernes et le creux de ses joues.

_Je suis désolé de t'avoir laissé. Ça ne se reproduira plus ... Pardonne moi ...



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Dormir est un cauchemar, se réveiller est un enferfeat.  Nevrabriel

Les doigts si doux normalement de Nev avaient maigri, mais leur contact sur ma paume suffisait à me rassurer. Il était bel et bien là. La fatigue trahissait sur tout son être jusque dans sa voix, c’est pourtant malgré cette évidence qu’il me répondit.

Je n'ai pas ... Envie de dormir. Mais je resterai avec toi, si c'est ton souhait.

En avoir envie n’était plus vraiment l’important, tout son corps réclamait une pause qu’il semblait lui refuser. Malgré cela, il acceptait de rester à mes côtés, me protégeant. La douceur de son front toucha le mien, étrange habitude que nous avions depuis notre rencontre de déposer nos têtes l’une contre l’autre. Un geste d’affection simple, au combien agréable pour calmer nos pensées troublées.

Je suis désolé de t'avoir laissé. Ça ne se reproduira plus ... Pardonne moi ...

Des mots trahissant un regret, peut-être même une honte. Des mots que Lucy ne comprenait pas, jamais il ne l’avait laissé, car jamais elle n’était monté sur cette estrade. Les forfaits commis dans un cauchemar n’existaient pas. D’ailleurs rien n’existait, seulement Nev et moi en ce moment

Tu ne m’as jamais laissé voyons, tu es là cette nuit avec moi. Tu es la meilleure personne que je connaisse… mais j’aimerais que tu dormes avec moi. Si tu ne fais que veiller comment me protègeras tu des vilains songes? Comment pourrais-je à mon tour te protéger? Il faut dormir, ensemble.

Si cette nuit pouvais rester cela m’arrangerait encore plus, malgré mes efforts le soleil s’obstinait à revenir encore et encore, apportant dans ses rayons des réalités corrompues par le sang.

Tirant un peu plus vers moi mon compagnon si léger, je m’appliquais à me recouvrir de ma couverture puis m’installais une jambe et un bras sur lui, bouclier immaculé de chair contre la nuit et les pensées . Bien lovée contre mon ami, prête pour le sommeil je murmurais

Tu viendras encore dormir avec moi ?

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_Je suis désolé de t'avoir laissé. Ça ne se reproduira plus ... Pardonne moi ...

Etrangement, aucune peine ne semblait traverser le visage de la lorialet, plutôt de l’incompréhension. Nevrabriel se doutait bien qu’elle ne comprendrait pas ses remords, puisqu’elle lui pardonnait ses fautes avant même qu’il ne les fasse.
La voix lointaine de l’endormie s’éleva dans la pièce. La fatigue de l’écossais rendait cette voix lointaine, tel un songe.

_ Tu ne m’as jamais laissé voyons, tu es là cette nuit avec moi. Tu es la meilleure personne que je connaisse… mais j’aimerais que tu dormes avec moi. Si tu ne fais que veiller comment me protègeras tu des vilains songes? Comment pourrais-je à mon tour te protéger? Il faut dormir, ensemble.

Lucy tira son drap pour s’en recouvrir avant de venir enlacer le jeune homme, le couvrant également au passage. Il savait qu’il n’avait pas trop le choix.
Mais ses rêves étaient si laids. Il se réveillerait en sursaut, terrifié, effondré, hurlant. Il la réveillerait et aucun d’eux ne pourra se reposer.

_ Tu viendras encore dormir avec moi ?

Le visage fatigué du roux devint triste. Il n’arrivait même pas à le cacher et malgré l’obscurité, il savait que son amie le voyait.

_Lucy …

Généralement c’était lui qui le faisait. C’était lui qui protégeait ses cadets des cauchemars. Merywen, Alistair. Dès qu’ils avaient peur, dès qu’ils avaient fait un mauvais rêve, ils venaient sous les couvertures de leur ainé, s’endormant sous la mélodie de sa voix, sous la protection de ses bras, les caresses de ses doigts sur leurs cheveux et sous la promesse de beaux rêves.
Il ne s’arrêtait ses affections que lorsqu’il était certain que les endormies étaient parties pour de beaux songes, et partait à son tour pour les siens.

Mais là …

Lucy pouvait-elle vraiment transformer ses cauchemars en rêve ? L’empêcher de rêver de Lore gisant dans son propre sang ? D’Alistair, gisant dans son propre sang ? Le visage décomposé de sa sœur ? Les larmes de sa famille ? Le son des hurlements et du canon ? L’estrade ? L’arme ? Le sang ? Les cendres ? Les larmes ? Les cris ?

Non, elle ne le pouvait pas …

_Mes cauchemars … je ne vois pas comment … tu pourrais les chasser.



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