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12/12/2018
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05/11/2018Rôle d'espions à pourvoir

Démanteler ce qui fait mal ... [PV : Astrid]

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Les cordes vibraient à un rythme qu’il ne maîtrisait pas. Ses yeux, pourtant ouvert, étaient vides. Son âme était parti loin d’ici, quelque part, dans un monde plus beau. Un monde où les selkies nageaient aux cotés des sirènes, ou les banshee chantaient avec les nymphes, où les fées coloraient le ciel et où les dryades inspiraient les forêts.
Bien que ce monde semblait merveilleux, l’écossais y voyait autre chose. Comme s’il n’arrivait pas totalement à accéder à ce monde-ci. Ce n’était qu’un rêve d’évasion, et la fin de sa mélodie le ramena vite à cette réalité. Ce monde fantastique, regroupant toutes les histoires de sa grand-mère, n’existait pas.

Heureusement qu’elle était encore là pour lui, à l’autre bout de ce téléphone qu’il avait encore en main il y a moins de deux heures. Elle voyait bien que quelque chose le troublait, et Nevrabriel pouvait facilement lui dire ce qu’il avait vu, il suffisait de le lui dire en gaëlique, personne ne comprendrait. S’il lui disait que l’Institut avait organisé le meurtre d’une adolescente, elle le sortirait rapidement d’ici. Mais le jeune homme ne pouvait pas. Il ne pouvait pas trahir Donatien. Barrabil avait tiré, mais Donatien était complice, Agnès était complice, Astrid était complice. Puisse que personne ne l’avait dénoncé, alors ils étaient tous complices, même le roux était complice. Et il était hors de question que les secrétaires et les personnes innocentes aient des problèmes parce qu’il avait voulu rendre justice à la petite Loreleï.
Ça le tuait, ce mensonge. Dire que tout allait bien alors que tout allait mal.
Mais elle était toujours là, présente. Elle écoutait ses mensonges, elle savaient qu’il mentait, mais elle l’écoutait et le faisait rire. Elle lui faisait peu à peu oublier sa peine. Il promettait de manger, il mentait. Il promettait de dormir, il mentait. Elle n’aurait pas honte de lui, elle l’aurait compris, si elle savait. Mais lui, avait honte de lui mentir. Il était même mauvais menteur.
Mais sa voix si belle et sa promesse de le rappeler la semaine prochaine lui faisait un baume au cœur. Elle ne pouvait pas venir à cause de soucis à la maison. Nevrabriel imaginait que c’était grave, puisse que rien n’arrêtait cette femme en général. Mais ce mois-ci, elle ne pouvait pas. Elle lui promit de lui ramener pleins de cadeaux pour se faire pardonner. Il lui sourit à l’autre bout du fil et c’est ainsi qu’ils terminèrent leur conversation.

Le jeune homme leva les yeux vers le ciel. La fin d’après-midi approchait doucement. Le ciel était bleu. Un beau bleu printanier, trop beau et clair pour ce qu’il ressentait. Son âme n’était pas en harmonie avec le temps. Comme si le ciel, qu'il aimait tant, avait décider de lui tourner le dos également.
Mais la forêt si. Brulée, triste, noir. Aussi triste, brûlée et noir que ses sentiments. Mais c’était le seul endroit où il arrivait à entendre les rires des enfants dans sa mémoire.

Plus doucement, et tristement, le jeune homme remit son arc sur ses cordes et fit doucement glisser celle-ci. Ses gestes étaient beaucoup plus calmes et lent que sa précédente musique.


Il repensait doucement à sa maison, en Ecosses, aux êtres qu’ils aimaient, là-bas, et ici, à l’Institut. Il pensait à tous ces visages qui lui offraient des sourires. Des étreintes qu’on lui a confiées, des attentions qu’on lui a portées. Ici, et là-bas, en Ecosse. Il songeait à la douceur d’un clavier bicolore d’un piano, à la voix fluette de sa jeune sœur, celle maternelle de sa grand-mère, le regard perçant de son père, les yeux admiratifs de son frère, et la présence de sa mère. Il se souvenait des visages de ses amis, lorsqu’il était encore là-bas, et ceux qu’il s’était fait ici, avant qu’ils ne partent. Et il pensait à ses amis d’aujourd’hui, avec lui, ici.
Ici.
Là-bas.
Son cœur ne savait pas où aller, où se rendre, quel chemin choisir. Il voulait tout et ne rien perdre, mais c’était impossible. Il devait faire un choix. Un choix impossible.

Le rire d’une enfant se fit entendre, Nevrabriel commençait à reconnaitre cette voix. Du moins, il l’a toujours reconnu, mais ne s’en souvenait pas. L’écossais tourna doucement la tête vers l’écho de cette voix chaleureuse. Il voyait Loreleï riant joyeusement, au coté d’un autre petit ange qu’elle avait rejoint, si le paradis existait.
Nevrabriel comprenait que ses souvenirs se mélangeaient, certainement traumatisé par les événements récents. Il ne voyait pas les morts. Il voyait ce que son cerveau voyait qu’il voit. Le petit garçon aux yeux saphir vint vers lui, une peluche aussi grande que lui dans les bras. Il regardait son grand-frère jouer du violon. Il a toujours été admiratif de son ainé, sa manière de jouer, son amour pour la musique, la manière de tenir son violon, de faire valser son arc, le mouvement de son buste, de sa tête, de ses cheveux. Il le trouvait si doué, si épanouis, magnifique. Nevrabriel continuait à jouer en regardant le petit garçon, lui souriant à demi, regardant ses grands yeux pétillants.
Lorsque le roux termina la dernière note, il continua de regarder son cadet, toujours ce sourire fatigué sur le visage.

_Tu peux me chanter une chanson ?

Attendrit, l’ainé posa son violon et tendit les bras aux brun. Le petit être vint se mettre entre les jambes du jeune homme, serrant plus fort la peluche contre lui,  avec toute la timidité d’un enfant. Nevrabriel sentait une sorte de joie envahir son être. Il a toujours aimé son adorable petit frère. Mais cette joie disparut aussitôt que ses bras se resserrèrent sur l’enfant qui n’existait pas. Son illusion disparut complètement. Emmenant Lore, Alistair, et sa joie. Le laissant avec un grand vide dans son cœur.
Le demi-sourire du roux s’envola progressivement alors qu’il regardait ses mains. Des mains vides de présences. Personne pour s’y loger.
Un long soupir traversa ses lèvres sèches …



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DEMANTELER CE QUI FAIT MAL

ERSKINE Nevrabriel & LAVOIR Astrid

Elle avait besoin de prendre l'air.

Le bruit froid d'un grincement de porte, de pas claquants, de touches vibrantes, d'un stylo grattant frénétiquement n'importe quelle surface...Ils tournaient dans sa tête et envahissaient tout l'espace. C'était facile et pourtant si difficile à la fois, de se concentrer. Mais elle ne savait pas ce qu'elle pouvait y faire.
Elle aurait eue besoin d'un café mais le regard d'Ange lui revenait sans cesse dés que ses doigts s'approchaient d'une tasse. Ces souvenirs des premiers jours la poursuivaient et ralentissaient ses pensées comme un fléau. Elle en avait besoin, pourtant. C'était comme un vide à remplir. Ce vide avait beau la sécuriser, le moindre de ses membres s'électrisaient au moindre son extérieur. Il en devenait difficile d'écrire le moindre mot sur son rapport.

Elle ne passait plus une seule pause sans aller voir son patron. Depuis le jour de la Grande Sanction, le fait de s'assurer que ce dernier aille bien était devenu l'une de ses priorités, à un tel point qu'elle en oubliait le reste. Cela explique que la seule période où il se trouve occupé la laisse totalement oisive. Se réfugiant dans ces quelques brides d'"avant" , de l'époque où elle passait son quotidien à d'autres hobbies, les souvenirs de ses divers autres collègues et amis lui reviennent en mémoire. Ma foi, depuis quelque temps, elle n'était pas la seule à rester prostrée dans son bureau et n'avait toujours pas la foi de regarder quiconque dans les yeux; la dernière fois qu'elle s'y était risquée avec Nevrabriel, cela avait laissé une grande marque dans son coeur qu'elle ne pouvait plus négliger.

"Je veux rentrer en écosse. Même si je ne suis pas guéri."

Un soupire s'échappe de ses lèvres. Au moins, l'un d'eux serait libre. Il était dans son devoir à présent d'aider les autres à atteindre leur but, à changer la couleur de cet Institut. C'était l'objectif qu'elle s'était donnée mais elle-même n'était pas convaincue qu'elle pouvait le mettre en oeuvre.
Il y avait comme trop de bruit sourds, dans sa tête.

Un vent frais soulève sa robe en même temps que sa chevelure. Elle déambule sans but, se réjouissant du silence. C'était un moment spécial, où les extérieurs n'étaient pas trop bondés. Ses talons écrasaient les brins d'herbe tendis que ses yeux vaquaient aux décors et à tout ce qui pouvait rajouter de la matière aux songes en son fort intérieur.
Mais tout en elle inspirait à la mélancolie.  De la contemplation des feuillages au vent frais des côtes.
Son coeur s'est serré toujours de la même manière lorsqu'elle est arrivée à proximité du lac. Mais ça ne lui servait plus à rien de ressasser ce moment. Elle aurait préférée éviter cette étendue bleutée du regard, mais la nostalgie était trop forte. Perdue au gré des reflets lumineux sur l'eau, bien trop calme pour cet endroit, elle s'efforce de ne pas penser d'avantage. Ses doigts se pincent entre eux, puis ses poumons se remplissent intensément d'air.

Soufflant des narines, Astrid s'était décidée à faire un pas devant l'autre afin de s'éloigner d'ici. Elle n'arrivait décidément pas à se débarrasser de cette amertume. La seule manière de la fuir, serait de quitter cet établissement.
Mais elle ne pouvait pas se le permettre. Et encore moins après ce qu'elle a dit à Nevrabriel, ce jour là. Ses doigts effleurent son front pendant que sa poitrine se pince d'avantage. Quelque chose de strident semblait lui tordre les tympans.

Cela ne pouvait pas être causé par la pénombre de ses émotions alors sa tête s'agita vivement, afin de localiser la source du bruit. Ses pupilles se posent sur une foule d'arbres nus à l'allure macabre d'une journée enflammée d'automne. Pourtant, ce n'était pas la saison pour être muni de branches aussi glabres.
Cette forêt à l'odeur de cendre, elle s'était promise de la visiter, lors de ces premiers jours à l'Institut. Tout en plissant du regard, elle semblait distinguer de manière dubitative la mélodie d'un violon; sa curiosité semblait lui annoncer cette occasion difficile à snober. Est-ce que ses souvenirs, aussi doux que douloureux, revenaient à la charge ? Ceux où elle observait son ami la faire voyager de notes en notes, lui faisant comprendre la poésie d'un langage qu'elle n'avait jamais réellement sue maîtriser jusqu'à maintenant.
Encore une fois, cette chaîne était à son pied, rendant son avancée dans la forêt un peu plus difficile à chaque instant.

Ce son furieux était comme une tornade emportant les craquements des branches sous ses talons. Plus elle avançait, plus ses doutes s'estompaient; cette manière de jouer lui était définitivement familière.
Elle dicernait finalement entre les troncs cette silhouette agitant son arc de manière enivrante avant de finalement se stopper, jetant un regard vide de toute consistance vers le ciel.

Pourquoi était-elle encore face à lui, aujourd'hui ? C'était comme si le destin s'acharnait à vouloir les réunir, alors qu'il n'y avait plus aucune raison pour cela dorénavant. Elle se rendait de plus en plus compte que leur dernière rencontre avait fait office d'adieu pour elle. C'était âcre et amer, lorsque ses pensées revenaient au rouquin.
Sans vouloir plus avancer, ses deux escarpins restèrent cloués sur ce sol délabré, gardant son corps camouflé entre les arbres. Elle aurait pue s'en aller avant qu'il ne se remette à jouer. Mais maintenant qu'elle était piégée par son talent, il était difficile de retourner en arrière.

Cette sensation divine de se sentir comprise à travers chaque nuance sonore émise par ses simples cordes, elle s'emparait d'elle et prenait la place de tout le reste. Ses yeux se fermèrent, laissant son âme valser au gré du vent. Les deux compères étaient parvenus à communiquer au delà des paroles, exactement comme ce jour, à la rive du lac.
Elle se sentait progressivement bercée par les souffles d'une présence paternelle. Engourdie dans un sofa, elle profitait en silence des échos de cette radieuse performance, se produisant dans la cour de la villa. Ses parents étaient si férue de musique; intérieurement, cette petite fille s'en voulait d'accaparer son père loin de ses rares moments de divertissements.
Mais il souriait. Il veillait sur elle, sa grande main englobant la sienne. Son aura si bienveillante observait du coin de l'oeil une autre chevelure d'argent qui jouait non loin de là, ne pouvant se tenir qu'à proximité de sa petite soeur. C'était le temps où nous pouvions encore entendre les rires de sa mère transcender la terrasse, et où ses deux frères les plus âgés ne se souciaient de rien d'autre que de se trouver le plus loin possible des majordomes qui les vampirisaient. Ils étaient si bruyants; surtout Kyle, lui qui s'acharnait sans cesse à vouloir parler le plus fort.
Son sourire ce crispe à un tel point que ses joues lui font mal. Elle savait que lorsque cet artiste aura terminé son numéro, elle ne les entendrait plus. Pourtant aujourd'hui...Aujourd'hui elle aurait aimée ne plus quitter ces souvenirs.

Doucement, la réalité se ravive au moment où les notes s'éteignent. Elle ouvre doucement les yeux, posant son regard sur Nevrabriel d'un coeur plus apaisé. Encore une fois, l'envie de le remercier avait prise le dessus.
Mais lui, il ne semblait pas revenu de sa transe. Son regard épuisé était toujours perdu en direction d'un point que lui seul pouvait distinguer. Onyx se demandait ce qu'il pouvait bien penser derrière un sourire aussi tendre...Est-ce que la nostalgie l'avait emporté, lui aussi ? Cela ne faisait aucun doute.
Mais jusqu'où, pour sa part ? Pour qu'il y reste encore bloqué, même après avoir quitté l'ascendance hypnotisante de sa mélodie ?

L'anglaise l'observait, sans rien dire, la confusion l'empêchant d'agir. S’accroupissant à proximité du sol, il posa son violon non loin de lui et son regard semblait toujours totalement vague. Quelque chose de clairement étrange se produisait, juste sous les yeux de la londonienne. Etait-il en train de s'évanouir ?
D'un pas décidé, Astrid se décida à avancer dans sa direction. Sa manière de le regarder devenait endurcie par un mélange d’inquiétude et d'incompréhension.
L'écossais tendait ses mains devant lui, comme dans l'attente qu'une silhouette invisible vienne se blottir contre son torse. Il referma son étreinte, avant de pousser une expiration souffrante, engloutie par le son du vent qui venait ébouriffer légèrement ses cheveux de sang. Ses iris vairons restaient fixés sur ses doigts, affichant une émotion torturée.

Après s'être approchée à pas lents, Onyx s'accroupit en face de lui, s'abaissant à sa hauteur. De manière spontanée, sa paume presse doucement l'une de ses épaules; elle pouvait aisément sentir ses os, recouvert par une chair mal nourrie. Simultanément, sa voix murmure son nom au complet, car peu importe où son esprit se trouvait actuellement, elle savait qu'il ne pouvait que reconnaître cet accent britannique. Elle voulait compter sur tout ce qui pouvait le ramener à la réalité à cet instant.
Cela était devenu rituel pour la demoiselle que de chercher son regard, comme si cela lui faisait guise de repère. Douloureusement elle constata que son visage se ternissait d'avantage au fil des jours; rien n'avait disparu, ni la sécheresse de son teint, ni les cernes sous ses paupières. Affirmer que son état s'empire de jour en jour ne serait même pas un mensonge.

C'était devenu si difficile de soutenir son regard sans avoir mal.





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A quoi cela servait d’avoir de grandes mains si personne ne pouvait y loger la sienne ? A quoi cela servait d’exister dans un monde où rien n’était réel ? Pourquoi les rêves, les illusions étaient plus présents et réels que le monde lui-même ?

Mais  à quoi tu sers, Nev ?
A rien.

Tu es futile.
Inutile.

Il jouait pour des personnes qui n’existaient pas. Essayait de toucher des objets qui n’existaient pas. Rien n’existait.
Même lui. Il était juste une ombre.
L’ombre d’une vie qu’il n’avait pas. Une ombre qui a passé un quart de son existence dans une île, dans l’espoir de pouvoir vivre normalement.
Mais il ne pourrait jamais être normal. Il n'a jamais été normal. Dès qu'il avait ouvert les yeux. Ces yeux dépareillés, ces yeux ne pouvant choisir entre le jour et la nuit. Ces cheveux rouges comme le feu. Un feu dangereux, qui décime la vie. Atypique, anormal.

Espoir ? Illusion ?

Elle y croyait. Elle croit toujours en ta guérison. Mais tu es une déception. Tu es indigne de tout ce qu’on t’offre. L’amour de ta grand-mère, le sourire de tes amis. Et tu mérites ce que tu as. Le mépris d’une sœur que tu chérie, l’indifférence de ceux qui t’ont donné la vie, le dos tourné d’une amie chère, la disparition d’une étoile dans ta vie.

Parce que qu’ils sont morts à cause de toi.

Tu as détruit tant de vie. Mérites-tu même d’être heureux ? Pour chaque larmes versées, qu’as-tu fais ?
Merywen aurait dû te dénoncé. Elle aurait dire la vérité. Alistair n’était pas tombé de ce pont, c’est toi qui l’as poussé. Tu ne reverras jamais ton frère. Mais elle non plus. Vos parents n’entendront plus jamais le rire de leur fils. Ta grand-mère ne pourra plus jamais le serrer dans ses bras.

A quoi tu sers Nev ? Mise à part attirer la mort ?

Alistaire, Anna, Loreleï.
Qui vas-tu faire disparaitre par ton unique présence ?

Perdu dans un abime de tourment, Nevrabriel n’eut aucune réaction lorsqu’une fine et délicate main vint se poser sur son épaule presque squelettique. Il continua de regarder ses mains, longuement. Des mains si sales qu’il faudrait les couper.
Il n’y avait pourtant pas de terre, pas de cendre, elles étaient propres et pâle. Mais lui, il savait que ces paumes étaient teintées de rouges. Plus rouge que ses cheveux qui se ternissaient, perdant de leur ardeur.

Puis, le contact de cette main commençait à attirer son attention hors des ténèbres. Il connaissant cette main. Et cet accent qui avait émit son nom. Si britannique. Si familier. Cette voix … Cette présence … Qu'il pensait perdue à jamais ...

Nevrabriel tourna doucement la tête vers la propriétaire de cette délicate main posée sur son épaule.

Une robe de nuit, des cheveux d’argent, des yeux aux éclats de fleurs. Pure comme une rivière, douce comme une bise matinal, délicate comme la rosée sur un pétale.
Une lune …
Mais pouvait-il encore prétendre pouvoir admirer cet astre si lointain ? Elle semblait hors de sa portée, pourtant, elle était bien là, à le ramener à la dure réalité. Elle semblait triste, mais toujours aussi belle. Une lune dans une nuit sans étoiles.

Astrid …

Sans force, Nevrabriel se laissa tomber doucement pour poser son front sur les genoux de la secrétaire, lui cachant son regard vide et fatigué. Il pouvait la toucher. Elle était là. Elle ne devrait pas être là. Pas pour lui.
Mais sa présence apaisa doucement la noirceur de ses sentiments. La peine, la culpabilité, le mal-être dont il s'engouffrait.

Astrid …

_Je suis désolé … J’aurais du le savoir …

Sa voix était presque comme un murmure. Sa gorge était sèche et parler lui semblait être difficile.
Cette phrase, il l’avait dit tellement de fois, tellement souvent. A tellement de gens.
Depuis le temps, pourquoi n’arrivait-il pas à distinguer la réalité et les illusions ? Son cerveau, si horrible, si malsain … pourquoi ne pouvait-il pas fonctionner normalement ?

Rêver ne les ramènera pas à la vie.
Ils ne reviendront pas.
Par ta faute.

_Je ne voulais pas … Pardon …



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Ses deux yeux creux, ils étaient restés figés en direction de ses doigts. Ils semblaient ressentir tant, mais pourtant ne reflétaient rien; perdu derrière pléthore de filets de sang, rien sur son corps ne parvenait à refléter une quelconque étincelle de lumière. Rien, pas même sa crinière d'ordinaire aussi flamboyante qu'un lion, toujours dressé sur ses quatre pattes; lui demeurait plié, recourbé sur ses mains, comme si une intense douleur s'acharnait à tordre son estomac.
Astrid respirait doucement. Elle attendrait le temps qu'il faudra, car elle était sûre qu'il relèverait la tête au bout d'un moment. Aussi mort qu'il semblait être, elle pouvait encore sentir son souffle à cette distance et parvenait très bien à le distinguer du sien.
Cela demeura ainsi, dans un calme laissant seulement l'agitation des branches sombres qui les entouraient s'exprimer sous les bousculades du vent.

Leurs yeux finissent finalement par se croiser, lorsque Nevrabriel eut finalement la force de lever les cils vers les iris violettes de la secrétaire. Son expression n'y répondait pas; ses yeux s'étaient instinctivement plongés dans les siens, dans l'espoir d'y voir germer une quelconque étincelle de vie. Cela aurait sûrement été trop demander à son ami, qui affichait toujours plus de détresse que depuis leur dernière rencontre, au bâtiment du lointain. Il la détaillait comme s'il venait d'apercevoir une silhouette diaphane atteindre la surface d'un océan de ténèbres. Onyx ne comprenait pas mais assistait sans rien dire; ses doigts ne quitteront pas son épaule, tant qu'elle ne se sera pas assurée que l'écossais ait totalement repris ses esprits.

Je suis désolé …


Ses lèvres s'étaient mouvées pour articuler ces paroles que l'anglaise avait eue peine à entendre. Elle n'était pas habituée à ce que le rouquin use d'une voix aussi basse et écorchée, comme si sa gorge manquait atrocement d'air.
Il laissa s'écrouler sa tête sur ses genoux, repliant d'avantage son corps dont même son uniforme ne pouvait masquer la maigreur affolante. Onyx accueille son poids dans un léger sursaut, son coeur s'accélérant sous l'effet de l’inquiétude; il semblait totalement vidé de ses forces. De sa vie, la londonienne n'avait jamais vue quiconque dans un pareil état; sa tête tourne de gauche à droite, assez frénétiquement. Surement afin d'entamer la recherche vaine de quelqu'un à appeler, mais cela serait un véritable miracle que de croiser quelconque médecin dans les parages.  

J’aurais du le savoir…Je ne voulais pas…


Ses yeux se reposent doucement sur le rouquin. Ses cuisses subissaient la danse de son abdomen, poussée puis repoussée par ce flux d'air frais qui envahissait ses poumons. Le ciel bleu et le vent doux semblait leur murmurer à tous deux des paroles réconfortantes, alors que l'esprit d'Astrid demeurée ensevelit par la confusion. Elle ne comprenait pas ses mots, ni cet étrange numéro dont il lui avait fait preuve, quelques instants avant. Mais savait qu'il avait besoin d'une main tendue, en attendant que celles de sa grand-mère et de sa soeur viennent le tirer de cet enfer qui venait à présent l'encombrer jusqu'au cou.
Sans plus s'acharner à vouloir analyser ses faits et gestes, sa main droite se lève afin de saisir son bonnet du bout des doigts et le retirer de sa chevelure cramoisie. Ses cheveux n'en dansaient que d'avantage, laissant son crâne se faire caresser par la fraîcheur du sous-bois.

Respire, Nev.
Je suis là.


"Pardon …"

"Ce n'est rien."


La jeune femme posa le couvre-chef non loin de là. Ses yeux regardaient ailleurs, essayant de démêler tant bien que mal quelque chose de concret des événements qui se produisaient à l'heure actuelle. Mais la seule chose qu'elle en déduisait, c'était qu'elle avait du mal à supporter l'état de Nev à cet instant.

"Peu importe ce pourquoi tu t'excuses, tu es pardonné." lança-t-elle d'un ton un peu perdu, mais d'une sincérité ferme, comme si cela restait une évidence malgré tout.


Ces paroles allaient bien à Astrid. Elle avait toujours agit comme cela; sa loyauté aux gens qu'elle aimait l'obligeant à raisonner de cette façon. Encore plus aujourd'hui, elle voulait faire de son mieux pour ne pas abandonner. Même si cela lui arrivait parfois de perdre de vue ce but.

Un silence s'échoua sur eux deux. Ce silence là, n'avait rien de froid et oppressant. Il était plutôt paisible; même si leurs oreilles angoissées ne pouvaient pas le percevoir, cette nature morte leur servant d'atmosphère, elle chantonnait autour d'eux. Onyx avait peur d'ouvrir la bouche afin de le perturber; son regard restait bloqué sur les doigts arides de l'écossais, la laissant tendue. Elle aurait espérée qu'il s'endorme, même si c'était sur ses genoux; mettre ses questionnements de côté afin qu'il récupère ne serait-ce qu'un peu d'énergie, mais la tâche n'était pas aisée.

"Je t'ai vue...Lorsque tu jouais du violon..."


Sa voix était hésitante. Elle aurait pue sonner tellement plus admirative; Onyx adorait, lorsque Nev jouait de la musique. C'était le seul à être capable de la faire voyager aussi loin, par ses simples notes. Mais pourtant, ses paroles semblaient tourmentées. Elle cherchait intérieurement les bons mots pour ne pas le brusquer.
Qu'est-ce que son regard fixait ainsi, dans le vide ? Pourquoi cette vision lui semblait tout à coup si effrayante ? Elle avait beau se répéter la scène encore et encore, elle ne parvenait pas à comprendre concrètement sa vision.

Est-ce qu'elle venait pour la première fois d'assister aux conséquences de la maladie ? Sa pathologie, la raison pour laquelle il est bloqué sur cette île ? C'est un aspect qu'elle n'avait jamais eue à éclairer, car elle appréciait Nev pour sa lumière sans y distinguer ses ombres.
Il faut croire que ces temps-ci étaient prompt à faire tomber les masques.





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_Je ne voulais pas … Pardon …

_Ce n'est rien.

La brise avait fait sa traversée à travers ses mèches rousses qui semblaient brunir, comme décolorées, essorées de leur vivacité. Le jeune homme espérait que la secrétaire vienne entremêler ses doigts dans sa chevelure, mais il abusait déjà égoïstement de sa présence, l’obligeait à supporter sa lourde tête sur ses frêle genoux.

_Peu importe ce pourquoi tu t'excuses, tu es pardonné

Pardonné ?

Astrid ...

Il ne méritait pas le pardon. Il avait appuyé sur la détente. Il avait tué des enfants, sur l’estrade dans la cours. Ce sentiment qui brulait son cœur, d’un feu infernal, la culpabilité, la honte, le dégout de soi. Si elle savait la vérité, elle ne pourrait pas lui dire ces mots « tu es pardonné. »

Même une sœur ne peut pas pardonner. Tu ne le pourras pas non plus, Astrid. Tu ne le pourras pas … Tu me haïras, et je ne me relèverais pas …

Le jeune homme laissa le reste de son corps tomber à terre, gardant la tête sur les genoux de la demoiselle. Lui montrant son profil où résidait son œil nocturne. Il avait perdu de son éclat, reflétant le fond et froid de l’océan et non plus une douce nuit berçante.
La présence de la petite lune l'apaiserait énormément, la douceur de sa peau, de son parfum, la finesse de ses membres. Son être était un baume à ses blessures. Ses cuisses avaient quelque chose de confortable et reposant. La chaleur humaine, avait cet effet si spécial.

_Je t'ai vue ... Lorsque tu jouais du violon ...

Bien qu’il se doutait qu’Astrid avait vu son égarement dans les limbes de l’illusion. Nevrabriel espérait tout de même qu’elle ait pu fermer les yeux à ce moment, où qu’elle ne l’ait pas vu tendre les bras vers un être imaginaire.

_Je suis désolé …

Nevrabriel n’arrivait pas à en dire d’avantages. Astrid ne lui avait jamais posé de questions sur sa pathologie, c’était même la seule personne sur cette île à ne pas lui avoir demandé de quoi il souffrait, pourquoi il était là, pourquoi depuis tout ce temps.

_Tu … ne m’as …


L’écossais avait du mal à s’exprimer. Les mots lui manquaient. Il était focalisé sur le fait que la demoiselle lui en voulait d’avoir exprimé son dégout pour son supérieur (et amant ?), d’avoir était si dur envers elle, lui qui ne montrait qu’affection et tendresse à son égard, d’avoir esquivé son bureau pendant tout ce temps de peur de perdre son amitié. De ne plus être la main tendue vers elle mais celle qui cherche désespérément qu’on la lui tende.
Il ne pouvait plus se confondre en excuse. Si elle lui en voulait, autant qu’elle sache également qu’il était fou.

_J’ai une ecmnésie.

Le jeune homme se redressa et mit un certain tend avant de trouver le bon équilibre pour s’asseoir. Son dos semblait si lourd, mais heureusement ses bras et ses jambes lui obéissaient encore. Il était assis à coté de la demoiselle et ne le regarda pas. Respirant doucement, il finit par se lancer :

_La raison pour laquelle je suis ici depuis cinq ans est que je revois des scènes de mon passé comme si elles étaient présentes … Je …

Nevrabriel prit une grande inspiration, la gorge sèches, avant de continuer, avouant :

_Je vois des personnes irréelles, des objets, des éléments qui n’existent pas. Il m’arrive également de retrouver des odeurs du passé, mais également des émotions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. J’ai … Je revis constamment le jour de la Sanction, comme si j’y étais encore, bloqué.

Nevrabriel ne voulait pas se plaindre. En général, il ne parlait que de la surface de sa maladie, allégeant ses problèmes, comme si tout cela n’était pas grave.  Mais il avait besoin de parler. Il avait besoin qu’on exorcisme ses maux par d’autres mots que ce qu’il entend en boucle dans son esprit. Il avait besoin de se confier à quelqu’un. Il voulait le faire avec son plus vieil ami, qui, à défaut de le comprendre, pourrait l’écouter. Mais il ne pouvait pas éternellement cacher sa maladie à Astrid. Elle méritait de savoir de quoi il souffrait et juger si elle voudrait toujours venir à lui ou au contraire, le rejeter.
Le jeune homme porta sa main à son visage et commença à le masser frénétiquement, son visage se crispa de tristesse, qu’il essayait de masquer à travers ses doigts. Mais sa voix nouée le trahis rapidement :

_Je ne voulais pas que tu vois ça. Je … Je te demande pardon …



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Secrétaire de Ange
DEMANTELER CE QUI FAIT MAL

ERSKINE Nevrabriel & LAVOIR Astrid

Le garçon laissait peu à peu son corps reposer de sa totalité sur le sol cendré de cette forêt malade. Alors qu'il se détournait légèrement sur le côté, le regard lilas de la jeune femme était parti se noyer au fin fond de sa teinte océanique. Même la lumière du soleil peinait à se déposer au seuil de cette surface vitreuse et vide;  pourtant, l'âme d'Astrid, elle, le pouvait. Elle connaissait ce tourment, et le prenait comme s'il était le sien. Elle s'engouffrait dedans, y recherchant désespéramment son ami, tout en s'efforçant de garder lucidité.

"Je suis désolé…Tu…ne m’as …"


Le garçon bafouillait avec difficulté, comme si faire articuler sa mâchoire demandait un effort considérable. La secrétaire soupirait, de l'écouter de nouveau s'excuser ainsi. Elle aurait pue ouvrir encore une fois la bouche, lui répéter que ce n'était pas grave jusqu'à ce qu'il veuille bien l'entendre. Qu'il était pardonné. Qu'elle le pardonne. Qu'elle lui pardonnera toujours. Toujours, en tout temps. Mais elle s'était tût, constatant silencieusement ce à quel point tout en lui respirait l'épuisement, la faiblesse, la douleur. Finalement, il força sur ses mains pour se redresser, poussant Astrid à bouger les siennes. Elle hésitait à le retenir, pour s'assurer qu'il ne vacille point. Il avait réussi à basculer de sorte à s’asseoir convenablement, mais cela avec beaucoup de difficulté. De manière totalement machinale, la main de la londonienne était venue soutenir son dos, pour qu'il ne tombe pas en arrière. La deuxième arriva rapidement en renfort lorsqu'elle constata à quel point il était aussi lourd qu'un corps inerte.

"J’ai une ecmnésie."


Une ecmnésie ?
C'était donc bien un problème pathologique. Cette pathologie, dont Onyx lui avait souhaité de guérir, quelques mois auparavant. Les bras de la jeune femme retournèrent se poser le long de son être, s'attendant patiemment à avoir des explications. Avait-il...halluciné la présence de quelqu'un, qu'il souhaitait serrer contre lui ? Ou quelque chose comme ça ?..
Cette hypothèse aurait un aspect vraiment triste..

"La raison pour laquelle je suis ici depuis cinq ans est que je revois des scènes de mon passé comme si elles étaient présentes … Je … " Un flux d'air vint râper sa gorge sèche, avant qu'il ne révèle; "Je vois des personnes irréelles, des objets, des éléments qui n’existent pas. Il m’arrive également de retrouver des odeurs du passé, mais également des émotions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises."


Plus son explication avançait, plus le visage d'Astrid se trouvait crispé par la tristesse. C'était donc bien ce qu'elle croyait. Elle pouvait l'imaginer sans le comprendre, et une douleur s'évadait de son estomac. Avoir l'esprit brisé entre l'ici et l'ailleurs, cela ne pouvait qu'être néfaste. Les rêves devaient appartenir au sommeil, et Onyx pensait cela avec fermeté. Aussi dur que la réalité puisse être, aussi forte que son envie de fuir se montrerait, elle chérirait toujours le fait d'avoir les pieds sur terre.
Ses yeux fixèrent le sol un moment, et sa main alla se poser sur l'épaule de son ami. Elle cherchait quelque chose à rétorquer avant que ces paroles ne la refroidissent soudainement;

"Je revis constamment le jour de la Sanction, comme si j’y étais encore, bloqué."


Sa tête se détourne vivement pour que sa vue puisse l'atteindre, portés par des pupilles qui ne voilaient pas leur choc. Le teint de la jeune femme était devenu soudainement blême.
Il revivait le jour de la Grande Sanction. Il revivait ce corps d'enfant s'écrasant au sol. Il revivait le bruit de la balle de son patron. Il revivait les cris angoissants de la foule, masqués par la pluie. Il revivait les larmes, le coeur figé de ses amis. Il revivait Astrid, qui ne bougeait pas.
Astrid, qui ne bougeait pas.

Pourquoi cette culpabilité revenait la hanter ? Pourquoi ? Elle avait réussie à la chasser, pour un moment. Rien qu'un moment. Laissez-la respirer.

C'est de ma faute..

Fermant fortement les yeux, un soupir grave et profond se dégageait de ses poumons. Un soupir venu du fond des entrailles, exactement comme le jour où elle l'avait revu, dans ce long couloir bondé. Un soupir envahit d'une profonde colère contre elle-même. Et sa pression sur cette épaule si maigre, pouvant se résumer à un os couvert d'une peau si fine, se resserra d'avantage. Défoulant de nouveau une colère qui ne lui était pas adressé.

"Je ne voulais pas que tu vois ça. Je … Je te demande pardon …"


Sa voix était brisée, tremblante, comme noyée de sanglots imperceptibles. Cette voix fit fondre tout ce que la secrétaire avait en elle. Elle avait l'impression qu'elle se cassait au même rythme que les variation de son ton, et le regard qu'elle lui envoya était imbibé de peine. Il se cachait, son visage derrière une grande main squelettique, malaxant sa peau jusqu'à en tordre son visage déjà si déformé par l'épuisement et la faim.

"...Comment tu peux dire une chose pareille ?"


A présent, c'était ses deux mains qui étaient venues saisir ses épaules. Elles le tournaient dans sa direction de manière un peu brusque, lui qui n'avait pas osé la regardé depuis qu'il s'était assit. Onyx, elle, elle le transperçait de ses yeux violets, devenus comme des lames transcendant son cœur. Sa voix avait beau être écorchée par l'affliction, elle gardait un calme et une fermeté qui était propre à la londonienne depuis toujours.

"Comment tu peux tant demander pardon, alors que c'est toi qui mériterais des excuses, Nev ? Je..." Un expiration impuissante vint la froisser, tendis que sa tête retombait faiblement vers le bas. "Je ne peux pas réaliser, l'ampleur du fardeau que tu traînes avec cette maladie. Cette chose que tu n'as pas souhaité, qui t'éloignes de ta famille, de ce pays que tu aimes tant...Qui te bloque dans un lieu te renvoyant à tellement d'horreur...Je ne peux pas le comprendre."


Le vent prit la parole un court instant, soulevant de nouveau la forêt qui réagissait au spectacle. La robe de la secrétaire cascadait au gré de l'air, mais les caprices de celui-ci ne faisaient pas frein à la force qu'elle avait gagnée. L'anglaise se redressa malgré ce contact de l'atmosphère qui frottait sur sa peau, desserrant doucement ses articulations des épaules de son frêle ami.

"Mais je sais une chose, Nev. Regarde-moi."


Ses doigts viennent saisir son poignet avec vigueur pour arracher sa main de l’emprise de son visage. Plus que n'importe quand, elle voulait encrer un regard téméraire dans ses yeux brumeux, lui afficher fièrement l'étincelle de sincérité qu'elle brandissait. Elle voulait que ses traits y attestent à ciel ouvert, qu'il cesse de se camoufler, de ne pas assumer cela. Plus devant elle. Plus jamais.

"Je peux le voir. Je veux le voir. Je veux pouvoir t'aider pour que toi, tu puisses voir autre chose que cela. Que ces illusions, que les murs de cet Institut."


Et ce, même si cela lui faisait terriblement mal, de l'imaginer partir. Elle ne pouvait pas lutter contre cela.
Elle souhaitait le revoir heureux. Même pour une dernière fois.

Ses membres quittèrent doucement son poignet, tendis qu'elle poussait un soupir inaudible. Elle ne constatait que d'avantage ce à quel point son être était blafard, et cela la renvoya rapidement à l'état désolé dont elle revenait. Sa main vint se poser sur son bras afin de le frotter un peu machinalement, froissant son uniforme sur son passage. Elle n'était pas douée pour octroyer quelconque chaleur humaine, mais il y avait des moments où il n'y avait que cela qui fonctionner. Pour panser les plaies, réparer les pots cassés, s'excuser de cette vie, et ce au delà des mots.
Elle n'avait pas encore assez de cran pour le prendre spontanément dans ses bras, mais elle pouvait au moins faire cela.

"Je suis là...D'accord ?..." murmura-t-elle finalement de manière empathique.






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_Je ne voulais pas que tu vois ça. Je … Je te demande pardon …

Un silence, des respirations. Voilà tout ce qu’on pouvait entendre à présent. Des respirations bruyantes, elles ne reflétaient ni la paix ni la joie, au contraire, laissant place à la une tristesse que seul un cœur au aboie puisse émettre.
Nevrabriel voulait dire à Astrid de quoi il souffrait, pourquoi il était là. Mais pas de cette façon, pas comme ça. Il voulait le lui dire comme il l’a fait avec Lucy, dans une confidence paisible, entre deux rires, pour montrer que ce n’était pas si grave, pour dire que même s’il était malade, rien n’allait changer. Il ne voulait pas qu’elle voit le supplice que lui infligeait sa pathologie, à quel point il pouvait en souffrir.

_ ...Comment tu peux dire une chose pareille ?

Nevrabriel ne put que sentir les mains de son amie le saisir par les épaules,  le visage malaxé par sa main, les yeux mis clos, tournés vers le sol. Ce sol aride et cendré, tout comme son être. Son âme était également posée sur des ruines et des cendres. Ça faisait tellement mal. Ces sentiments, les sentiments lors de la Grande Sanction, les sentiments qu’il ressentait envers son frère, ce vide à chaque fois qu’il le voyait, comme une tache qui lui rappelait constamment qu’il avait perdu un être cher, et que par sa faute, un petit garçon n’a rien connu de la vie.
Il aurait eut treize ans cette année …

_ Comment tu peux tant demander pardon, alors que c'est toi qui mériterais des excuses, Nev ? Je …

Astrid parlait, mais il n’arrivait pas à l’entendre. Elle était une voix dans le néant. Une voix dans au loin, séparée de lui par une cascade infernale qui l’empêchait de l’entendre et de la voir.
Pourtant, il voulait entendre sa voix, telle une lumière sur le chemin, elle pourrait l’emmener loin des ombres.

Treize ans cette année …
Un adolescent adorable. Aurait-il appris à jouer du piano lui aussi ? Qu’aurait-il aimé ? Il était certain que ses allergies se seraient atténuées, il aurait fait du sport, beaucoup plus que son ainé. Il aurait été doué en tout, il aurait été courageux, drôle, gentil, merveilleux, parfait. Oui, Alistair aurait été parfait …

Alistair …

_ Nev. Regarde-moi.

L’âme perdue dans les abysses sentit une douce chaleur sur son poigné. La prise semblait être ferme, mais pour lui, elle était d’une tendresse insoupçonnée. Les yeux vides du jeune homme se levèrent vers ceux de la demoiselle, croisant un regard.
Des yeux de printemps, ils les connaissaient. Bien que leur teinte déterminée lui était presque inconnue. Le jeune homme semblait doucement revenir sur Terre en admirant ce violet si singulier. Cette main avait traversé la cascade qui les séparait, le tirait hors de ce gouffre. Il l’entendait maintenant. Il la voyait à présent.

_ Je peux le voir. Je veux le voir. Je veux pouvoir t'aider pour que toi, tu puisses voir autre chose que cela. Que ces illusions, que les murs de cet Institut.

Non tu ne peux pas … Tu ne comprends pas … Tu ne peux pas comprendre …Tu ne comprendras jamais …

Les doigts de la demoiselle se retirèrent, au grand drame de l’écossais. La lumière sur son chemin … s’en allait-elle ?
Non … Astrid émit un soupire avant de venir porter sa main à son bras pour faire des mouvements de haut en bas, un geste qui se voulait rassurant.
Les yeux du jeune homme n’avait en aucun cas quitté ceux de son amie, même lorsque celle-ci les baissait. Il avait besoin de se contact pour rester à ses cotés. Ne pas s’en retirer vers cet endroit sombre et solitaire. Le visage de Nevrabriel n’exprimait aucun sentiment, mais la présence de la petite lune l’apaisait, et son contact, aussi maladroit soit-il, était chaleureux.

_ Je suis là ... D'accord ? ...

Astrid …

Le jeune homme dirigea sa main vers le visage de la demoiselle, voulant frôler ses cheveux d’argents, comme une obsession. Il voulait la remercier d’être là, avec lui, de l’écouter, d’essayer de comprendre …

*Et le fais que tu ne le comprennes pas m'importe peu.*

Mais à quelques centimètres de son amie, il se ravisa, laissant sa main tomber vers le sol. Son visage suivit également ce mouvement dans un soupire.

Mais moi … ça à de l’importance, que tu comprennes …

La demoiselle était en droit de savoir la vérité. Il ne voulait pas qu’elle l’apprenne comme l’a apprit Lucy, elle devait comprendre la raison de son séjour. Elle devait comprendre pourquoi il ne pouvait pas partir, hormis son attachement à ses amis.
Doucement, l’écossais prit la main qu’avait posée la secrétaire sur son bras pour la mettre sur son genou, rompant tout contact avec elle.
Repenser aux paroles dures de l’anglaise lui laissait un goût amer. Elle n’avait pas besoin d’un chien battu en face d’elle, et elle avait une autre personne à s’occuper. Lui, n’avait pas tout un Institut dans le dos, contrairement à Barrabil. Il ne serait le fardeau de personne, même si elle lui avait dis qu’elle voulait être là pour lui.

_Astrid …

Bien que Nevrabriel voulait se montrer ferme, il en était incapable lorsqu’il regardait la petite lune dans les yeux. Son visage reprit une triste mine, ses sentiments limpides. Il était partagé entre le fait de lui dire la vérité, toute la vérité, et de ne rien dire pour la préserver. Mais en vu de son état pitoyable, il serait surement sujet aux effets néfastes de sa pathologie, entre autres, les amnésies passagères.
Et il voulait qu’elle comprenne.

_Moi … je ne sais pas si je serais là … Très peu de monde est au courant. Mais … Je … Je …

Nevrabriel émit une profonde inspiration en fermant les yeux. Il ne pouvait plus faire demi-tour, et Astrid, même s’il ne savait pas sur quel pied danser avec elle, était tout de même une des personnes qu’il aimait le plus dans cette île, et toute ces personnes savaient à quoi s’attendre avec lui, alors, elle aussi, devait le savoir.
L’écossais ouvrit les yeux qui retournèrent se loger dans le regard de la petite lune.

_Ma maladie à une particularité, que je tais. Elle me provoque de légères amnésies de quelques minutes à quelques heures. Mais le pire … C’est que … Il est possible que je suis affecté d’Alzheimer et que mon cerveau devienne une éponge jusqu’à cessé de fonctionner. Et lorsque le cerveau s’arrête et bien …

Nevrabriel n’avait pas besoin d’en dire plus. On pouvait réparer un cœur, faire une greffe de rein, soigner un poumon, mais le cerveau … lorsqu’il arrêtait de fonctionner, alors, tout le corps, tout les organes cessent également et la personne rend l’âme à qui de droit.

_C’est pour ça que je ne peux pas partir de l’institut. Tu ne peux pas imaginer ce que ça fait, lorsqu’une personne te regarde avec une tristesse sans nom, parce que tu es incapable de te soutenir d’elle, des moments que vous avez partagé ensemble, ni même ce que cette personne représente pour toi.

Lucy en avait fait les frais. Plusieurs de ses amis en Ecosse aussi, mais à ce moment, sa sœur était là pour l’aider. Mais ici, il n’y avait personne qu’il n’oublierait jamais. Chaque visage, ancré ou non dans sa mémoire, était potentiellement voué à s’effacer de quelques minutes à quelques heures. Et personne ne serait à coté de lui pour l’aider à se souvenir.
Le jeune homme émit un soupire avant de tourner le visage vers le ciel bleus. Un bleu de printemps, lui le ramenait souvent à de beaux souvenirs.

_Si j’hésite encore à rester, c’est parce que ça ne me dérange pas de mourir. Mais j’ai peur pour mes amis ici, et je ne veux pas mourir en oubliant et que le dernier souvenir que je laisse sois celui de l’oublie.



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La large main que possédait le rouquin, s'était faite de plus en plus proche d'elle. Celle-ci approchait doucement, sans qu'Astrid ne puisse deviner où elle désirait se poser. Elle suivait ses doigts du regard avec un certain stress, bien que ses traits ne laissaient rien transparaître. Allaient-ils de nouveau se loger derrière son crâne? Et...
Ce chemin jusqu'à elle eut une fin avant l'heure, et tout l'être de son ami semblait s'abandonner dans un profond soupir. Un soupir lourd d'amertume, que la secrétaire ne savait pas comment interpréter. Elle avait stoppée ses caresses et ne se contentait que de le fixer, muette comme une tombe, pendant qu'il délogeait cette offrande de réconfort loin de sa présence. La demoiselle regardait son poignet retomber jusqu'à elle avec une froideur de statue. Une froideur presque effrayante. Comment devait-elle réagir à cela? Avait-elle fait quelque chose de mal? Pourtant, elle pensait bien faire. Elle pensait que ce geste pourrait apporter à son ami. Elle ne savait pas comment manipuler la chaleur humaine correctement, et elle ignorait si son acte pouvait être prit comme déplacé. Elle ignorait ce qu'il était juste de faire, ou dire, dans ce genre de moment.
Alors elle demeura figée. Comme elle l'est souvent.  

"Astrid … "


Seules ses pupilles s'étaient mouvées pour l'avoir en visuel, alors qu'elles étaient initialement perdues auprès du sol. Son corps semblait accueillir le frisson que lui évoquait cette voix brisée avec un certain sang-froid.
Elle décida de ne pas déclarer son attention à l'oral, laissant le ton affaibli de l'écossais s'accaparer l'espace, le temps qu'il puisse exprimer sa pensée.

"Moi … je ne sais pas si je serais là …"




Qu'est-ce qu'il essaie de me dire, là?

Le plus effrayant, c'est qu'Onyx ne bougeait pas d'un cil. Un trou noir venait de perçer les cellules de son cœur et pourtant...Elle semblait totalement flaccide.

"Très peu de monde est au courant. Mais … Je … Je …"


Il aéra sa gorge, ses poumons, ses pensées, d'un nouveau soupir qui se mêlait au passage de l'air. Ce vent, qui souleva légèrement les cheveux d'Astrid; redressant doucement la tête, son expression devenant de plus en plus âcre, de plus en plus sombre. Elle s'attendait au pire, encore une fois. Et cela transperçait son regard comme des éclats de verres. Ces éclats dans lesquels le vairon de Nevrabriel était parti s'aventurer sans peine; comme s'il avait besoin de rester en contact avec ce regard, aussi tranchant soit-il..
Pourquoi était-ce si douloureux de témoigner à un tel spectacle?

"Ma maladie à une particularité, que je tais. Elle me provoque de légères amnésies de quelques minutes à quelques heures. Mais le pire … C’est que … Il est possible que je suis affecté d’Alzheimer et que mon cerveau devienne une éponge jusqu’à cessé de fonctionner. Et lorsque le cerveau s’arrête et bien …"


Un nouveau silence, qui broie l'air.
Rien ne s’entendait. Ni même le souffle de l'anglaise, assimilant ces informations avec attention, sans pour autant chercher à les visualiser ou à les comprendre spontanément. Ses lèvres avaient finies par se séparer légèrement, tant respirer était devenu difficile. Elle était devenue aussi sèche que la forêt qui les entourait, comme si les paroles du jeune homme buvait tout ce qu'il y avait en elle.

"C’est pour ça que je ne peux pas partir de l’institut. Tu ne peux pas imaginer ce que ça fait, lorsqu’une personne te regarde avec une tristesse sans nom, parce que tu es incapable de te soutenir d’elle, des moments que vous avez partagé ensemble, ni même ce que cette personne représente pour toi." Il rejeta un peu d'oxygène pour une ultime fois avant de recueillir le reflet du ciel dans ses iris vides. "Si j’hésite encore à rester, c’est parce que ça ne me dérange pas de mourir."


Un bruit résonnant d’affres s'échappa de la gorge de la jeune femme, crispant son expression terne en quelque chose de beaucoup trop souffrant. C'était difficile de distinguer s'il s'agissait d'un soupir d'agonie, d'un râle de douleur, voire même les prémices d'un rire nerveux, tant elle aurait tout troquée pour ne pas entendre la vérité écorchante de ses derniers mots. Tant elle aurait préférée croire à une blague d'extrême mauvais goût. A un rêve aux allures beaucoup trop réalistes.

"Mais j'ai peur pour mes amis ici, et je ne veux pas mourir en oubliant que le dernier souvenir que je laisse sois celui de l'oublie."








Nevrabriel est souffrant.
Nevrabriel a des hallucinations.
Nevrabriel ne partira pas d'ici.
Nevrabriel est bloqué, et restera toujours bloqué dans un passé sanglant.
Nevrabriel va l'oublier.
Nevrabriel va mourir.
Et elle ne comprendra jamais ce qu'il ressent.








Peut-être que cela aurait été mieux ainsi, que de se complaire dans une omission infinie, demeurer éternellement taciturne, car il n'y avait rien à dire.
Rien ne pouvait être réparé, non, il n'y avait rien à espérer face à cette tangibilité évidente. Et cela serait hypocrite de la part d'Onyx que de lui faire croire le contraire.
Hypocrite et détestable. Détestable à en vomir.

Alors elle se taisait. S'éternisait dans son mutisme. Les lèvres tremblantes et les yeux vides, fixant le néant. Ses bras s'étaient recroquevillés sous sa poitrine, comme si elle venait soudainement de se rendre compte qu'elle avait froid. Comme si elle venait de réaliser le sol sous ses pieds et ce relent de charbon qui envahissait l'air. Les paupières de cette dame auraient pues s'encombrer de larmes; mais c'était comme si elles aussi, elles s'étaient étanchées tout autant que cette forêt, que le teint de l'écossais qui lui faisait face, que la pureté de ce ciel sans nuage.
Il n'y avait plus rien, désormais. A part cette douleur dans la poitrine. Cette peine que ce garçon ne cessait de lui évoquer depuis peu, elle prenait dorénavant toute la place.

C'était tellement pénible, qu'elle aurait pue souhaiter ne jamais l'avoir rencontré.
Elle aurait pue.

"Tu me fais souffrir, tu sais?"


Elle ne réalisait même pas ce qu'elle venait de prononcer; c'était comme si ses pensées s'exprimaient à voix haute, traversant le seuil de son esprit. Sa voix même semblait raisonner de manière fantomatique, vide d'émotion. Peut-être car le sens même de ces mots en portait déjà beaucoup trop. Elles en devenaient terriblement lourdes à entendre, lourdes à traîner, comme un fléau dans les songes.

Néanmoins, après ces longues minutes en suspens, elles ont étés dites. Elles étaient réelles et ne pouvaient plus être effacées.

"Imaginer que tu puisses t'en aller, me fait mal.
Imaginer que tu ne puisses pas partir, me fait mal.
Imaginer que puisses m'oublier...ça me détruit.
Et t'imaginer...mort... "


La jeune femme éclata soudainement dans un rire rauque et souffrant, tout en réfugiant elle aussi son regard auprès des cieux. C'était un rire que l'on pourrait confondre avec un sanglot, tant il fut ironique. Tant il fut brisé.

"Et pourtant! Quand je te regarde, j'ai limite l'impression que c'est pas grave, tout ça! A chaque fois, j'ai qu'une seule envie, c'est de te revoir! De rire, de pleurer avec toi! Hé !..."


Son timbre s'émouvait jusqu'à en devenir tremblotant, en fur et à mesure qu'elle laissait son cœur parler.
Nevrabriel était le seul à savoir engendrer cela en elle. A briser sa carapace de femme parfaite, pour laisser entrevoir ces sentiments si forts et maladroits. Et lorsque ses yeux se reposèrent sur lui, cette étincelle y transparaissait clairement; la lueur d'un chagrin si vivant, mais d'un si profond attachement. La lueur d'un dévouement total. Cette lueur, poussant à se demander ce qui la retient d'enlacer fortement ce patient contre elle.

Les rayons du soleil se faufilaient entre la noirceur des branches dans un éclat aveuglant, faisant étinceler brièvement les pupilles des deux jeunes adultes de par leur lumière. Les cheveux d'Onyx reflétaient cette brillance avec majestuosité, quand ceux de Nevrabriel étaient fades de toute clarté. La londonienne souriait à cet astre éteint, l'admirant comme à leur première rencontre.

"Je dois être malade aussi. Nous sommes piégés ici pour longtemps, toi et moi."






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_Si j’hésite encore à rester, c’est parce que ça ne me dérange pas de mourir. Mais j’ai peur pour mes amis ici, et je ne veux pas mourir en oubliant et que le dernier souvenir que je laisse sois celui de l’oublie.

Un silence engendra ses paroles. Elles étaient crues, ce qui ne ressemblait pas vraiment à l’écossais, mais il n’avait plus aucune force en lui. C’était des mots fatigués. Fatigué de faire comme si tout allait bien. Fatigué de se battre contre un avenir funeste. Fatigué de respirer dans l’incertitude. Fatigué d’être coincé entre les illusions et le réel.
Il continua de regarder le ciel, si clair, si bleu, perdu dans ses pensées. Bleu de printemps. Comme les yeux d’Anna.
Comment a-t-elle fait pour continuer d’avancer ? Elle qui n’avait aucune chance de s’en sortir comparer à lui. Quel était donc ce secret ? Où puisaient les condamnés leur force ? Elle le lui a dis une fois, mais il n’arrivait pas à s’en souvenir.

_Tu me fais souffrir, tu sais?

Les mots d’Astrid mirent une violente claque mentale au jeune homme comme il n’en a jamais eut. Il se tourna vers la concernée, les yeux écarquillés, à la fois choqué et effrayé par ces propos.

Comment ça ? « Tu me fais souffrir » ?

Nevrabriel regarda les yeux de la demoiselle. Essayant de déceler quelque chose. Mais elle n’exprimait aucune émotion sur son visage qui aurait pu l’aider. Son regard était imperturbable, même si une étincelle brillait dans le fond de ses yeux, une étincelle que le jeune homme voyait mais ne comprenait pas le sens.

_ Imaginer que tu puisses t'en aller, me fait mal.
Imaginer que tu ne puisses pas partir, me fait mal.
Imaginer que puisses m'oublier...ça me détruit.
Et t'imaginer...mort...


Le visage de l’écossais se détendit doucement, mais non pas parce qu’il était rassuré, bien au contraire. Il venait simplement de comprendre qu’Astrid tenait à lui. Il ne doutait pas de son amitié, non, il n’en doutait plus. Mais il ne savait pas à quel point cette amitié était grande aux yeux de la demoiselle.
Ce n’était jamais facile d’annoncer à une personne qu’on était mourant, c’était encore plus difficile de l’encaissais.

Astrid se mit à rire jaune. Le jeune homme baissa les yeux vers les mains de la demoiselle, honteux.

Rester avec elle lui faisait du mal, s'éloigner d’elle lui faisait mal. Mais que pouvait-il faire ? Nevrabriel était malade. Il voulait qu’Astrid comprenne sans la faite souffrir, il voulait qu’elle sache tout sans la faite pleurer, il voulait rester près d'elle sans la briser.
Tout ce qu'il voulait, il ne pouvait pas l'obtenir sans sacrifier quelque chose. Pourquoi ? Qu’est-ce qu'il avait fait au ciel pour mériter de tout perdre et ne rien avoir ?

_ Et pourtant! Quand je te regarde, j'ai limite l'impression que c'est pas grave, tout ça! A chaque fois, j'ai qu'une seule envie, c'est de te revoir! De rire, de pleurer avec toi! Hé !...

Son existence même faisait souffrir Astrid, n’est-ce pas ? ...
Pourtant, il le savait.
Il savait qu’il faisait souffrir toute les personnes qui devenaient proche de lui. Mais il les retenait égoïstement.
Il savait qu’un jour il les ferait pleurer, mais il les gardait près de lui.
Il le savait. Le fait même qu’il respire faisait souffrir tous ceux dont il avait franchit le cœur. Ce son souffre n’était pas chaud et doux, il était froid et annoncer le deuil. Chaque pas qu’il faisait était incertain. La guérison totale ou la perte de sa vie.
Mais il était égoïste. Il se liait avec des personnes, riaient avec elle et ne leur disait au moment où il n’y a plus de retour possible, que ses jours étaient potentiellement comptés.
Nevrabriel tourna ses yeux finalement sur l’herbe.
Plus qu’égoïste, il tait monstrueux. Et il continuait à l’être, à s’attacher à des personnes sans leur dire ce qui attend leur amitié naissante ou forte.

Tu es un monstre.

_ Je dois être malade aussi. Nous sommes piégés ici pour longtemps, toi et moi.

L’écossais releva doucement la tête pour croiser le regard d’Astrid. Elle brillait comme une luciole au cœur de la nuit. Une étoile unique dans le ciel.

Oui. Il était un monstre pour rendre malheureuse une lune aussi magnifique que celle-ci.

Le jeune homme se tourna vers la demoiselle, se mettant sur ses genoux. Ceux-ci frôlant ceux de son amie. Il se redressa et la regarda un instant, le visage encore vide mais le regard presque humide. Il n’allait verser aucunes larmes. Il n’en avait plus. Mais ses yeux exprimaient ce qu’il ressentait. Et il était malheureux.

Nevrabriel passa ses mains derrière le dos d’Astrid et s’avança vers elle en la tira vers lui. Il pressa ce corps contre le sien. Le geste était lent et incontrôlé. Il se doutait que la demoiselle n’aimerait pas ce contact mais c’était irréfléchi et lorsque son être se colla contre son torse, le jeune homme n’arrivait pas à faire marche arrière.
L’écossais ne devait pas être agréable à câliner à présent, trop maigre, trop faible, trop terne, et pourtant, cette étreinte lui donnait des bonds dans la poitrine comme un défibrillateur. Comme si la chaleur de son amie le faisait revivre un peu, oubliant ses problèmes, pourtant bien présents et encrés
Il ne savait pas quoi dire à son Astrid. Qu'il était un idiot ? Qu'il regrettait qu'elle l'ait rencontré ? Qu'il n'aurait jamais dû lui dire la vérité sur sa maladie ? Qu’ils n’auraient jamais dû être amis ? Qu’il n’aurait jamais dû exister ?

_Tu devais savoir dans quoi tu engageais à devenir proche de moi. Je ne veux pas te faire de mal mais tu devais le savoir. Je sais que je suis horrible … de laisser les gens s’approcher de moi alors que je ne peux leur offrir que des larmes … mais …

La voix de Nevrabriel était brisée et il serra la veste d’Astrid dans ses paumes, le cœur meurtri.
Ça lui faisait si mal de voir la jeune secrétaire ainsi, si bien que ses bras se crispèrent et serrèrent davantage la petite lune contre lui. Il n'y avait pas d’autres façons de l'annoncer. Ainsi, si elle désirait s'éloigner de lui, si elle voulait qu'il quitte son coeur, il le ferait. Si elle voulait ne plus jamais le revoir, il en serait ainsi.

_Que dois je fais pour que tu souris ? Dis le moi, je le ferais.

Je ferais tout … tout ce qu’il faudra …
Il ne comprenait pas ce déchirement dans sa poitrine. Ça n'a pas été facile de l’avouer ni à Willow, ni à Lucy, mais à Astrid ...

*Tu me fais souffrir*

C’était comme se prendre des coups de poignard rouillé et en scie dans le coeur. Chaque dent de l'arme lacérait ses organes. Chaque centimètre déformé par la rouille était plus douloureux que la précédente.
Nevrabriel me pouvait serrer d’avantager la demoiselle contre lui, profitant de cet étreinte pour cacher son visage déformé par la tristesse. Les paroles de la petite lune le rendait malheureux, profondément malheureux, mais ils avaient été mutuellement sincère, même si la vérité n’était pas plaisante, ils avaient brisé leurs maux. Démanteler ce qui faisait mal. Pourraient-ils avancer ensemble après cela ? Nevrabriel l’espérait, mais ça ne dépendait pas que de lui.

_Je ne veux pas que tu souffres à cause de moi. Qu’est-ce que je dois faire ?



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DEMANTELER CE QUI FAIT MAL

ERSKINE Nevrabriel & LAVOIR Astrid

Petit à petit, le visage du garçon s'étirait entre du choc et une intense détresse. C'était presque à se demander comment il était possible de paraître plus brisé qu'il ne l'était déjà. Ses yeux, initialement baissés vers le sol, se révélèrent comme un soleil à son zénith, dans lesquels ceux d'Astrid prirent un bain de larmes refoulées. Elle pouvait presque sentir son cœur s'écarteler dans sa poitrine à cette vision, ne se contentant que de constater les dégâts qu'avaient causées ses paroles, figeant avec sang-froid un sourire à ses lèvres. Il était faible, mais débordant d'une sincérité préférant étirer sa bouche que décharger ses sanglots. Aux yeux du ciel, c'était une sensation familière que d'observer ce duo se dévisager, retenant constamment une intense douleur.
C'était devenu ce qui les liait.

Enchaînant quelques pas, son Nev s'était approché d'elle sans qu'elle ne cille à cet acte. Elle observait son visage atteindre le sien, se noyant toujours plus dans la profondeur de ses iris; la souffrance de son diaphragme grimpant jusqu'à son cou, l'étouffant. Elle n'était pas gênée par la proximité du patient, non; elle n'avait pas l'esprit à ça. Tout était prit par la peine que l'expression du rouquin évoquait en elle, faisant conflit avec tout ce qu'elle était. Encore une fois, elle aurait aimée craquer. D'une quelconque façon; le saisir, hurler, pleurer, le secouer, faire n'importe quoi qui puisse la réveiller de ce cauchemar, s'étalant déjà sur plusieurs mois. On pouvait presque se demander  lorsqu'il avait réellement commencé, à ce stade.
Mais l'écossais avait encore une fois agit à sa place, l'une de ses mains s'étant posée au millieu de son dos pour l'attirer vers lui. Il la coinçait, la serrait dans une étreinte qui n'avait rien d'aussi doux que la précédente, lorsqu'ils étaient avec Lucy. Non, celle-ci était plus ferme, plus dure, comme si la poitrine d'Onyx s'écrasait contre un tas d'os tambourinant et hurlant, poussant une chaleur irrespirable à lui monter aux joues. La manière dont il la comprimait était presque suffoquant pour quelqu'un comme elle. Etait-ce provoqué par leur contact, ou juste toute la tristesse qu'il portait?
L'anglaise penchait légèrement la tête en arrière, totalement dépassée, les paupières fermées pour voiler son regard troublé. Elle prit quelques secondes à surpasser ses émotions bouillonnantes pour réellement prendre conscience des paroles du jeune homme.

"Tu devais savoir dans quoi tu engageais à devenir proche de moi. Je ne veux pas te faire de mal mais tu devais le savoir. "


Elle respire du nez, profondément, malgré ses poumons bloqués dans cet étau. Ses mains s'étaient légèrement levées, hésitant presque à se glisser dans son dos. A le serrer d'avantage plus fort. Un appel du cœur provoquant la tremblote au bout de ses doigts; que ne comprenait définitivement pas sa raison, désirant s'enfuir au plus loin.

"Je sais que je suis horrible … de laisser les gens s’approcher de moi alors que je ne peux leur offrir que des larmes … mais … "


Ses membres devenaient doucement des poings pendant qu'un nouveau soupir forçait ses lèvres. Indignée, sa tête s'agitait doucement en un « non », un sourire railleur marquant amèrement ses traits.
Nev n'était pas horrible. C'était évident, que Nev n'apportait pas que des larmes. Il n'y avait pas plus faux; il apportait aussi énormément de joie, de soutien, de musique, de chaleur, d'amitié et de douceur à cet Institut, aux yeux d'Astrid mais également aux yeux de beaucoup d'autres, c'était sûr. C'était un ami passionnant et aimable; si seulement elle pouvait lui exprimer par delà les mots.
Mais son souffle était éteint.

Elle sentait derrière elle les barreaux de sa cage se refermer sur son manteau. Leurs corps s'entrechoquaient toujours plus fort, tellement que leurs palpitants eurent tôt fait de se caler au même rythme. Et il était vif, faisait trop ressortir leurs sentiments si ternes. Comment en étaient-ils encore arrivés là? Pourquoi leurs réunions devenaient sans cesse synonyme d'une telle effervescence? Rien ne pouvait prouver que ce cycle n'allait pas se reproduire. Encore. Et encore. Et encore. Remettant sans cesse les sentiments de la londonienne à l'épreuve, lorsqu'elle croiserait ces yeux bicolores.

Etait-elle assez forte, ou juste prête à cela ?

" Que dois je fais pour que tu souris ? Dis le moi, je le ferais. Je ne veux pas que tu souffres à cause de moi. Qu’est-ce que je dois faire ? "


S'émouvant toujours plus intensément, le jeune homme camouflait son visage au creux de son cou, de manière à qu'elle subisse d'avantage les vibrations élégiaques que sa voix empruntait. Le sourire de la secrétaire s'était adoucit, doucement, à l'entente de son ultime souhait. Comme lancée par un signal inaudible, l'une de ses mains avait finalement reussie à se lever assez haut pour tomber sur ses cheveux rouges sang. Cette main, encore un peu craintive et tremblante, n'allant pas jusqu'à caresser son cuir chevelu mais imposant juste sa présence...Elle prouvait qu'Astrid avait fait un progrès.

"Calme toi d'abord...Après on avisera..." murmura-t-elle pendant que ses doigts se rétractaient doucement.


Finalement, ses ongles grattaient délicatement sa peau, ses phalanges effleuraient avec douceur la longueur de ses mèches rousses. C'était fascinant. Elle n'avait jamais constatée avant ce à quel point la crinière du violoniste était douce. Peut-être car elle n'avait jamais osée plonger sa main dans ses cheveux de la sorte.
Etait-ce..normal, d'agir ainsi? Avait-elle au moins le droit? Venait-elle pas de franchir une limite à travers son geste, cette seule et unique caresse? Onyx avait beau avoir les larmes prêtes à surgir, le cœur à la chamade et les membres ébranlés...Elle avait beau s'être véritablement attaché à ce garçon, ses taches de rousseur et ses yeux vairons...

Aux yeux de l'Institut, elle restait Astrid Lavoir. Secrétaire du docteur Barrabil.
Et lui...Ce proche ayant toujours été présent auprès d'elle, même durant la Grande Sanction...qui à cet instant se réfugiait dans ses bras juste pour retrouver un brin d'espoir, ce n'était...
...qu'X36.

Cette main quitta le haut du crâne de son ami, à peine venait-elle de s'y reposer. Elle s'éloignait, portant dans chaque cellule le regret que cet instant n'ai pas duré..Sa nouvelle destination fut l'épaule droite de l'écossais, dans l'attention de libérer les deux adultes de cette accolade.
Le poussant très doucereusement vers l'arrière, Onyx n'osait point le brusquer. Elle savait que cela n'allait pas être simple; cette étreinte n'avait rien à voir avec les quelques unes qu'elle avait pue connaître auparavant. C'était comme séparer deux aimants, et le poids de l'air se faisait tout de suite sentir au fur et à mesure que leurs bras s'éloignaient. Il était lourd. Malvenu.

Sans oser trop le reculer, elle lui adresse un sourire calme et silencieux, laissant s'exprimer à sa place le chant de quelques oiseaux qui frôlaient la somptueuse étendue bleutée au dessus d'eux. Le vent semblait avoir terminé sa course, lui permettant de s'accroupir auprès des feuilles brûlées s'étant figées. Elle s'abaisse au niveau du violon et de l'arc que le rouquin avait laissé là, pour les ramasser dans chacune de ses mains. L'instrument avait été plus usé que la première fois qu'elle l'avait vu, près du lac; elle se souvenait pouvoir y admirer son reflet tant celui-ci était neuf et soigné. Mais malheureusement, tout comme son possesseur, cet objet semblait avoir épuisé son éclat.

"Dis...Je me souviens, sur ton bureau, j'y ais vue de nombreuses partitions écrites à la main...Je n'ai jamais osée te le demander mais..."


L'étincelle dans son regard évoluait en une intense admiration pendant que ses yeux voguaient le long des courbes du violon. Elle se souvenait très bien avoir parcourues ces feuilles du regard, lorsqu'elle avait rendue visite à Nev pour lui célébrer son anniversaire. Elle avait retenue quelques notes, quelques mots en langue d’Écosse qu'elle n'arriverait pas à traduire...Si Lucy n'avait pas étée là, elle ne se serait sûrement pas retenue de lui démontrer son émerveillement. Plus que jouer, Nevrabriel savait donner naissance aux mélodies; néanmoins, les connaissances en solfège de la jeune femme ne lui permettaient pas femme de décoder les sentiments qu'il a voulu encrer entre ces lignes. C'était comme réciter un poème à l'Italienne ou ne lire que les dialogues d'un livre. Exactement comme lui avait lu ses écrits, Astrid voulait voir plus profondément dans le cœur du roux.

Faisant aller venir son regard, du violon à Nev, elle finit par le lui poser gentiment contre le cœur.

"Fo-...F-Foam ù...ine?...Hum..."


Papillonnant des yeux de manière gênée, ses joues prirent une teinte plus rouge avant que ses pupilles ne s'abaissent vers la terre. Son petit sourire n'était pas parti ; elle avait beau avoir écorché cette expression gaélique d'un accent beaucoup trop brittish, elle était sûre que Nevrabriel comprendrait à quoi ça fait référence.

"Cela me ferait vraiment du bien. De t'entendre la jouer. "


Elle abandonna ainsi son butin dans ses bras, glissant l'arc dans son autre main et prenant quelques pas de recul. Ne le quittant pas des yeux.
Tout en le fixant intensément, elle lui souriait. Peut-être était-ce une tentative vaine. Mais il y avait toute son âme dans ce sourire, dans ces yeux étincelants par les rayons solaires. La douleur de cette discussion perçait dans sa poitrine; elle était toujours bien présente. Celle de la précédente, aussi. Pourtant, penchant légèrement la tête sur le côté, ses mains s'étaient jointes devant ses cuisses et elle attendait que les commissures des lèvres du jeune homme lui accordent une réponse.

C'était tout ce qu'elle lui désirait au final.





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X36
_Je ne veux pas que tu souffres à cause de moi. Qu’est-ce que je dois faire ?

Bien que le jeune homme était crispé de tout son être à la seule idée qu’il puisse faire du mal à la demoiselle, il sentit tout de même ses doigts avenant venir se poser sur ses cheveux.

_Calme toi d'abord ... Après on avisera ...

Le cœur de l’écossais se mit à se relâcher doucement, comme apaisé par le chant d’une sirène. La sensation d’une caresse naquit à sa tête. Une douce caresse timide mais d’un grand réconfort. Sa prise sur son amie se détendit, oubliant le désespoir, elle devint tendresse et affection. Ses poings s’ouvrirent, lâchant le gilet sombre d’Astrid pour glisser doucement le long de sa taille, l’enroulant, la gardant toujours près de lui, mais avec douceur.

La main délicate d’Astrid quitta ses cheveux pour venir se poser sur son épaule. Le cœur fragile de Nevrabriel se mit à battre lentement mais avec virulence dans sa poitrine alors que son visage se détendit également. Il se lassa repousser, laissant ses bras quitter avec regret le dos souple de son amie jusqu’à retrouver le long de sa propre taille.

Astrid lui offrait un sourire. Le jeune homme y voyait un sourire désolé, ou cordiale, il ne savait pas vraiment. Malgré qu’il ait retrouvé son calme, le visage fatigué de l’écossais ne trouva aucun éclat de joie.

Ses bras lui manquaient déjà …

La secrétaire alla prendre le violon que le jeune homme avait abandonné à moins d’un mètre d’eux. Il la regardait faire, en silence, encore perturbé par tout ce qui avait pu se dire il y a moins de dix minutes. Les mots durs et douloureux d’Astrid raisonnaient encore dans sa tête :

*Tu me fais souffrir*

*Et le fais que tu ne le comprennes pas m'importe peu.*

Elle aussi lui faisait mal … mais il n’avait que ce qu’il méritait.

_Dis...Je me souviens, sur ton bureau, j'y ais vue de nombreuses partitions écrites à la main...Je n'ai jamais osée te le demander mais...

La demoiselle porta le violon sur le torse de l’écossais, l’invitant à prendre son bien. Il le fit avec une certaine lenteur, le poids familier de l’instrument le ramenait peu à peu vers son amie.
Nevrabriel leva doucement les yeux vers ceux de la jeune secrétaire, ne comprenant pas ce qu’elle désirait, bien que tout semblait explicite.

_Fo-...F-Foam ù...ine?...Hum...

Astrid papillonna des yeux alors que ses joues prenaient la teinte du crépuscule, se qui fit louper un bond de cœur au roux. La jeune Lavoir ne savait jamais vraiment comment demander les choses. Pourtant, il faudrait bien qu’elle apprenne à le faire. Poser des questions pour connaitre une personne, ce n’est pas s’immiscer dans sa sphère privé, c’est apprendre à le connaitre, et demander de l’aide non plus, ce n’est pas une forme de faiblesse.
Elle devrait apprendre qu’en effet, seul on va vite, mais ensemble on va plus loin.

_Cela me ferait vraiment du bien. De t'entendre la jouer.

L’écossais du mettre un moment avant de comprendre de quoi voulait parler son amie. Mais il n’y avait pas beaucoup de partition auquel il avait donné des noms. Surtout si la demoiselle avait tenté de parlé en gaélique, c’était évident qu’elle ne parlait pas d’une symphonie connue. Même les auteurs écossais donnaient à leurs œuvres des noms anglais.

_ Foam ùine, exprima-t-il dans un fort accent des Highlands … ça se traduit par … « écume du temps »

Le jeune homme ne savait pas comment annoncer les choses. Déjà qu’il était timide lorsqu’il devait jouer devant d’autres personnes, alors jouer ses propres mélodies … Peut-être qu’elles étaient laides ? Peut-être qu’elle ressemblait à d’autres ? Peut-être qu’il manquait quelque chose ?
Elles étaient révélatrices de son âme, mais l’écossais n’étaient pas unique, beaucoup d’autres ont composé avant lui, des symphonies plus belles que des siennes, des notes plus harmonieuses que son encre.

Astrid serait sûrement déçue …

Le jeune homme regarda son violon, hésitant. Il n’avait encore jamais joué de ses symphonies devant une personne, volontairement en tout cas, puisse qu’il n’était pas impossible qu’une personne passe non loin de sa chambre ou des cotes et l’entende jouer. Mais savoir que quelqu’un l’écouter avec attention, surtout une personne a qui il tenait, le déstabilisait énormément. Ce n’était pas se mettre nu, mais c’était tout comme. Elle n’allait pas voir son corps mais une des mélodies de son cœur, observé ce que pouvait renfermer son âme.

Le jeune homme ouvrit la bouche, espérant rétorquer. Mais il la referma dans un soupire. De toute façon, au point où il en était, il n’avait certainement plus rien à perdre, n’est-ce pas ?

Nevrabriel se leva, se mettant droit, et posa son violon sur son épaule et son archet sur les cordes. Il ne joua pas tout de suite. Il prit le temps de respirer doucement avant de fermer les yeux.

Cette mélodie, il l’avait écrire, modifié, améliorer pendant des mois, il la connaissait par cœur et ne se lassait pas de la jouer, seul, dans sa chambre.
Elle était particulière. Le jeune homme composait en effet. Depuis qu’il était à l’Institut, le manque de la musique lui avait donné le gout d’écrire des morceaux de lui-même. Il en avait des écrits des centaines, peut-être des milliers, beaucoup ont terminé au font d’une corbeille. Il voulait des mélodies uniques, qui le représentaient, qu’on pouvait le reconnaitre à travers les notes, comme on reconnaissait un Beethoven ou un Mozart, comme on reconnaissait un Picasso ou un Van Gogh. Il voulait que ses symphonies ne ressemblent à aucune autres, ni d’autres ni entre-elles, qu’elles soient toutes représentatives de quelque chose ; un sentiment, un rêve, une histoire.

Doucement, le jeune homme se mit à jouer. Le son qui se dégageait du violon ressemblait à une berceuse enfantine.

Cette symphonie, qu’il affectionnait particulièrement, le ramenait à cet arbre qui surplombait sa ville natale. Il était si grand, si fort, si large, situé près du parc, était là depuis des années, peut-être des siècles. Il avait vécu le temps de dix vies, peut-être cent, il avait vu le village devenir ville, il avait vu les familles se former, se composer, se diviser, se retrouver. Il avait vu des naissances et des décès. Il avait vu des amants s’unir, des amis festoyer, des enfants grandir. Il avait vu les chaumières devenir maisons, il avait vu les fêtes, les danses. Tout ce temps, il était là, spectateur de la vie de cette ville, ami des enfants, confident des plus sages. Les anciens disaient qu’une dryade vivait à l’intérieur et protégeait la ville.
L’écume du temps …
Cet arbre ne faisait pas d’écume, mais ses souvenirs, ce qu’il avait partagé avec le village était comme des milliers de bulles parcourant les siècles, se multipliant, mais jamais ne s’éclatent. Il gardait en lui, à travers ses branches et ses racines les souvenirs du temps.

La mélodie devenait plus vivante, plus joyeuse. Le jeune homme avait toujours les yeux fermés, voyant les notes défiler dans son esprit. Les cordes vibraient plus lentement à la suite, se calmant. La berceuse pour les nouveau-nés, la vivacité des enfants, puis maintenant le calme d’un adolescent qui se cherche. Le son des premiers amours qui ressemblant à un chant d’oiseau et la musique repartie dans un nouveau enchainement plus rapide. Le passage d’une vie adulte plus mouvementé mais très enrichissante. Les accords qui s’entremêlaient étaient compliqués à enchainer à une telle rapidité que le corps de l’écossais se mit à valser de haut en bas en contractant ses bras, donnant plus de vivacité dans son bras droit et sa main gauche. Ses doigts pinçaient les cordes avec une rapidité professionnelle alors que l’arc passait avec une telle fougue qu’on avait l’impression que les cordes allaient se briser à chaque mouvement.
Et le calme revint.
L’adulte est devenu sage, il prend le temps pour lui, le temps de voir la beauté du monde, le temps de regarder le sourire sur les visages des enfants, le temps de compter les histoires d’avant. L’ancien prend sa canne et marche d’un pas observateur, lent, il a fait son temps, il a apporté sa pierre à l’édifice, à présent, il peut se reposer près de cet arbre qui a veillé sur lui depuis sa naissance.

Ainsi, la symphonie se termina dans une note lente et douce, comme la fin d’une histoire heureuse. Le musicien ouvrit progressivement les yeux alors que son mouvement se terminait. Lorsque la dernière note disparut dans les airs, il émit un soupire entre ses lèvres sèches.

L’écume du temps … ou l’arbre des souvenirs … avait fait son chemin, lui aussi.

La musique terminé, le jeune homme sentit de nouveau ce vide au fond de lui. Il baisa son instrument lentement, puis, sans regarder la jeune femme, perturbé de s’être dévoilé ainsi, il alla vers elle à un pas lent avant de passer de nouveau ses bras sur le dos de la demoiselle. Cette fois, son étreinte était d’une grande douceur. Il ne la pressait pas contre elle, il posait à peine ses mains prises sur son dos. Mais il voulait la sentir près de lui.
Doucement, il lui intima près de son oreille :

_C’est le dernier, je te le promets …

Oui, le dernier sans permission. Les autres, il le lui demanderait, comme il l’avait fait. Peut-être qu’il n’y en aurait pas d’autre ? Si lui avait besoin de la chaleur de la petite lune, elle n’en avait certainement pas envie, et n’accepterait que pour lui faire plaisir. Et il ne voulait pas de ça …

Nevrabriel savourait l’idée que ça puisse être le dernier, avant que les contacts qu’il aurait avec la secrétaire ne soit que des effleurements. Il n’était pas non plus avide de tendresse, mais il en avait tout de même besoin, de chaleur humaine. Le jeune homme colla quelques instants sa joue sur les cheveux de lune de son amie avant de se détacher de lui –même.

Il la regarda un instant dans les yeux avant de se retirer pour ranger son instrument dans son étui, restant assit, fatigué de sa prestation. Et très déstabilisé, il fallait l’avouer.



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Une sensation étrange s'entretenait en elle; une impression que les étreintes de son ami s’adoucissaient au fur et à mesure, ou que son corps s'y adaptait. La chaleur de ses bras demeurait fixée à ses côtes, comme s'ils y avaient laissés leur empreinte.
Il eu encore un moment sans un mot mais cela devenait coutumier. Après la saisie de son violon, le garçon demeurait désarçonné, comme s'il avait du mal à comprendre la demande qu'on lui offrait. Peut-être allait-il bientôt s'y habituer; l'écouter jouer avait l'effet d'un anti-dépresseur, du moins, au yeux d'Astrid. Sûrement une commission égoïste de sa part; lui révéler ses partitions devait être aussi dur pour lui, que dévoiler ses écrits l'était pour elle.
Malgré tout, ceci n'effaçait pas son envie profonde de découvrir certaines parties de son cœur. C'est probable qu'elle ne s'en soit pas encore rendue compte.

Foam ùine...ça se traduit par … « écume du temps »...


Écume du temps... Le fruit des jours qui passent...Quelque chose auquel Onyx n'avait encore jamais réfléchit, encore trop jeune pour éprouver contemplation à l'égard des traverses de la vie, ou pour songer au fait qu'elle puisse s'arrêter un jour.
Contrairement à lui. Lui qui voit la fin si proche. Nevrabriel est comme un âgé avant l'âge, un être envers lequel même le temps s'est trahi, n'ayant pu le rider.

La jeune femme avait joint ses mains devant elle, l'admirant consciencieusement tout en préservant son silence. De bon public, elle attendait que le musicien s'adonne à son art; ne réagissant que peu au regard rempli de doutes qu'elle reçut en échange. Était-ce étrange ? Cela représentait tout ce qu'elle pouvait désirer à cet instant, la seule réponse qu'elle pouvait accorder à sa question.
Elle souhaitait juste voir le visage qu'il arborait lorsqu'il se mettait à jouer.

Sa bouche s'était entrouverte, sûrement pour souffler quelque chose; mais il n'en sortit que du vent, un vide profond. Qu'il y avait-il à ajouter, après tout ce qui avait déjà été dit ?
Surtout quand la musique pouvait le dire à sa place.

Quelques secondes s'écoulèrent avant que les premières notes ne commencent à accompagner l'air poussiéreux de cette forêt au gout de cendre. Ils avait fermé les yeux et déjà Astrid se sentait flotter au dessus du sol. La mélodie était similaire à un ascenseur émotionnel, variant de tempo, du plus rythmé au plus doux, changeant de couleur comme on tournerait les chapitres d'un livre. Onyx avait l'impression de lire une histoire épique, celle d'un auteur au long chemin parcouru, s'attardant sur les détails les plus beaux d'une vie. Par réflexe, chaque note était interprété comme des mots  dans son esprit, faisant raisonner de nouveaux sentiments en elle,  invoqués d'un autre monde. A ce moment précis, Astrid faisait bien plus que d'apprécier la musique; elle avait clot ses paupières pour la ressentir, se reconnaître à travers, emportée par la même transe que la toute première fois qu'elle avait fait connaissance avec les sons de ce violon. Avec la manière dont Nevrabriel le jouait.
Elle pouvait le revoir aussi nettement qu'un hier, s'envoler avec la même grâce que son arc, sous la douceur du vent. Ses cheveux flamboyants dansants au gré des notes, un sourire paisible au coin des lèvres.

Elle savait qu'en ouvrant les yeux, cette image deviendrait obsolète. Elle ne verrait rien d'autre qu'un être éteint.
Son dernier souhait, c'était que cette suave harmonie s'arrête, mais elle ne pouvait pas y échapper. Elle ne pouvait pas faire persister ce passé dans des illusions. Elle, avait la chance d'être encrée dans la réalité, de pouvoir la changer si elle voulait.

Si elle s'y été pliée, c'était pour l'aviser intensément. Lui qui laissait doucement tomber ses bras le long de sa taille, le regard vague, vitreux. Pouvait-elle réellement s'affirmer capable de consoler une âme brisée en éclat ? De sa vie, elle n'avait jamais réalisée un tel exploit, et possédait la certitude que ce que Nev ressentait lui échappait plus qu'elle ne pouvait le croire. Elle, désirait juste le voir heureux. C'était tout ce qu'elle espérait. Hélas...
Inconsciemment, Onyx savait déjà pourquoi l'écossais s'était approché d'elle. Ouvrant ses bras pour entourer son dos, l’entraînant doucement contre lui, l'effleurant à peine de sa peau; il lui fit sentir la vivacité de son coeur après sa performance énergique, de sorte à ce que l'anglaise puisse en percevoir le moindre écho.

C’est le dernier, je te le promets …


Elle restait figée, les bras ballants, quand son palpitant s'est serré vivement dans la poitrine. Elle se rendait soudainement compte de ce à quel point elle multipliait les dernières fois récemment. Se souvenant de la dernière fois qu'elle avait rit avec ses collègues. La dernière fois qu'elle est partie travailler le coeur léger. La dernière fois qu'elle avait vue son patron sourire. La dernière fois qu'aucun patient n’arborait un air effrayé. La dernière fois que Nev paraissait en bonne santé. Et en y repensant, chacun de ses bras étaient guidés doucement autour de lui, comme pour le retenir délicatement contre elle. Elle venait de réaliser qu'elle avait perdue tellement. Qu'elle désirait tout sauf ce genre d'adieux, ce genre de promesse.

Un instant fut dédié à la recherche de ses mots. De n'importe lequel pouvant lui servir de remerciement pour ce beau spectacle. Mais tout demeurait flou en elle, sans qu'elle ne puisse le comprendre. Le risque de perdre définitivement la personne qui repose sous ses doigts la chamboulait, la bouleversait jusqu'à l’obnubiler. Il était hors de question pour elle que de prévoir une telle chose. Mais supportait-elle vraiment, ne serait-ce que d'être oubliée ?
La jeune femme blotissa timidement son visage contre la nuque du rouquin, voilant ses yeux à la lumière. Ce n'était pas la première fois qu'ils s'enlaçaient mais Onyx avait l'impression, cette fois-ci, de réellement lui transmettre toute la chaleur de son corps. Allant des battement de son coeur jusqu'au moindre soupir qui émanait ses poumons. Une manière de le remercier, ou bien de s'excuser, de lui donner ce qui lui est si dur à transmettre. Juste un temps.

Finalement, la secrétaire accepta sans difficulté son geste de mettre fin à l'étreinte - pour une fois que ça ne venait pas d'elle -. Leurs regards se mêlèrent un instant avant que la jeune femme ne le détourne, décontenancée. Elle croisa les bras sous sa poitrine; une façon reposer tant bien que mal sa si précieuse barrière devant elle, ayant été démolie sous le poids de l'émotion.
L'observer en coin se rassoir tout en rangeant son instrument, lui permit de notifier la couche d'épuisement qui recouvrait ses traits. Après un léger élan psychologique, l'anglaise lui lance avec un sourire;

Tu voudras qu'on rentre ensemble ?


Une question qui fut en réalité rhétorique. C'était une évidence qu'elle n'allait pas le laisser seul. Pas après ce qu'elle venait d'apprendre.
Après quelques foulées, Onyx en profita pour se réinstaller à ses côtés, profitant une dernière fois du frottement paisible du vent et de cette ambiance si étrange qui les entourait.

Les yeux tournés vers le ciel, leur silence n'était que le reflet de leur peine. Étouffant presque le chant des oiseaux et le grincement des feuilles séchées.
Une ambiance amère, mais qui aura tôt fait d'être absorbée. Après tout, tout s'en va, même outre notre volonté. Tout disparaît. Tout est éphémère.
Il ne suffit que de l'accepter.

(c) Yuki Lanvers sur Institut Espoir





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_Tu voudras qu'on rentre ensemble ?

Le jeune homme ne répondit pas tout de suite, entendant les pas de la belle venir à lui, s’installer à ses cotés. Elle ne le regardait pas, elle était tournée vers le ciel. Le jeune homme en profita pour regarder discrètement son profil.
Astrid semblait parfois irréelle par sa beauté et son charme, malgré qu’il préférait lorsqu’elle n’avait pas besoin de masque, qu’elle pouvait être elle-même, et pas seulement « la secrétaire idéale ». Parfois, il avait l’impression qu’elle ne le voyait pas, qu’elle le regardait sans le voir. Lui ne voyait qu’elle. Mais il ne pouvait pas le lui dire. Partagé par tant de sentiment.

N’osant pas regarder le temps si beau qui les couvait de sa robe de mai, les yeux vairons de l’écossais allèrent se perdre sur les mains soigneusement jointe de son amie. Sa peau laiteuse semblait aussi douce que les pétales d’une fleur. Des mains que l’on aimerait effleurer comme un enfant endormis.

Nevrabriel posa son étui devant lui, fixant toujours les mains de son amie. Puis, le jeune homme glissa doucement, sans mouvement brusque, ses doigts entre ceux de la demoiselle. Il savait bien qu’il aurait du lui demander, lui dire ce qu’il voulait et ne pas laisser parler ses envies égoïste. Car oui, il était très égoïste envers Astrid, mendiant tendresses et affections à chacun de ses regards tel un animal apprivoisé. Le musicien en était conscient, conscient de sa dépendance, mais ne voulait pas que cela cesse. Son cœur en était joyeux, heureux de ses contacts, comme nourris d’un arc-en-ciel. Là où Lucy ne semblait pas y voir de maladresse, le jeune homme savait que les contacts physiques étaient beaucoup plus délicat avec certaine personne, d’autant plus qu’il était un homme et que les interprétations pourraient facilement prêter à confusion ou mettre mal à l’aise. Des choses qu’il ne désirait en aucun cas. Surtout avec Astrid.

Ne retirant pas sa main de celle de la londonienne, le jeune homme la souleva légèrement pour poser sa tête sur les genoux de son amie avant de baisser leur mains entrelacées sur son épaule. Pour seule explication, il exprima, fixant un point imaginaire devant lui :

_D’accord … on va rentrer.

Le jeune patient ne désirait pas renter, mais s’il pouvait cheminer avec elle, il serait près à se rendre à l’autre bout du monde, peut-être même à l’autre bout de la galaxie. L’écossais savait que la petite lune devait retourner travailler, mais une nouvelle fois il se montrait égoïste et voulait la garder pour lui, oubliant même de demander s’il pouvait se reposer sur elle, oubliant même de se demander à quoi pouvait-elle penser, ce qu’elle pouvait ressentir.

Nevrabriel ferma les yeux et se mit à respirer doucement, appréciant la douceur et l’odeur florale que dégageait la petite lune. Doucement, il caressa de son pouce la peau qu’il avait dans la main. Il était presque serein et pourrait s’endormir. Un vrai sommeil. Il savait qu’Astrid chasserait ses cauchemars s’il se reposait près d’elle.

Nevrabriel ne savait pas combien de temps s’était écoulé depuis qu’il avait posé sa tête sur les cuisses fines et confortables d’Astrid. Sentant son corps se perdre doucement et sa main cesser toute affection pour rejoindre Morphée, le roux savait qu’il était temps qu’il se lève et libère sa pauvre amie. Doucement, il leva de nouveau sa main pour se redresser, sans lâcher les doigts fins et délicats de la belle. Sans regarder Astrid, il agrippa son étui et le mit à son dos. Puis, il se leva, invitant l’anglaise à faire de même.
Il était grand temps de rentrer pour les deux amis, cependant …

_J’aimerais la garder …

Timidement, des rougeurs se mirent à venir progressivement chauffer les joues de Nevrabriel après ce début de phrase. Une chose que son visage semblait avoir oublié tant il n’avait plus ni rougit, ni bégayer depuis longtemps. Ses yeux bicolore allèrent tout de même affronter ceux de la concernée. Son cœur se mit à faire des bonds inexplicables dans sa poitrine alors qu’il se perdait encore plus profondément dans le nuancé de violet qui reflétait les portes de l’âme de sa précieuse amie.
Nevrabriel loupa une respiration mais termina néanmoins sa phrase :

_Ta main ...

Nevrabriel regarda encore un instant la jolie Lavoir dans les yeux, avant de resserrer doucement ses doigts entre les siens. Ils retournèrent ainsi vers le bureau de la secrétaire. Leur avenir semblait incertain mais ils savaient qu'ils seraient là l'un pour l'autre à présent.
Peut-être qu'un jour, Astrid comprendrait que les mots qu'il venait de dire était bien plus qu'une demande. Silencieux pour le moment, un secret qui berçait son coeur et un aveu sur le bout de ses lèvres.

Comprendras-tu un jour, Astrid, que cette main qu'il désire tant, est uniquement la tienne ?



Nev s'exprime en : 6699CC


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