Sauvez Cap - pv Adèlys et Aeden

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Mer 30 Mai - 12:13
Ce matin-là, le réveil fut difficile pour Alexander. Il émergea du sommeil comme un noyé sort de l’eau, avec une immense inspiration comme s’il revenait d’entre les morts avant de s’étaler de nouveau dans son lit, les yeux clos. Ca faisait trois jours. Une éternité. Cinq minutes. A vrai dire, le temps n’avait plus vraiment de sens pour lui. Depuis qu’il avait été ramené de force dans sa chambre et enfermé à double tour, plus rien n’avait de sens. Son âme était restée là-bas, avec elle. Le temps s’était arrêté là-bas, avec elle.
Le Génie battit des paupières. Ouvrit les yeux. Les laissa plantés au plafond. La présence de Cap se faisait de plus en plus ténue. Ça l’inquiétait. Il n’avait pas rouvert la porte de sa cabane depuis ce jour-là. Les mauvaises ondes qu’il dégageait s’atténuaient. Ca aurait pu être une bonne chose. Ca aurait pu être une bonne chose si elles avaient remplacées par autre chose. Mais là rien. Juste le vide. Comme s’il se diluait. Qu’il se laissait disparaître. D’ailleurs cette nuit, il avait fait un drôle de rêve.
D’habitude, ses rêves ne lui perturbaient pas. Après tout, c’était juste un moyen qu’avait l’inconscient d’exprimer ce qu’il ne pouvait pas dire autrement et de se garder en bonne santé mentale. Mais cette fois-ci, ça n’avait pas été comme d’habitude. Ca avait été curieusement réel et même maintenant qu’il était réveillé, il avait l’impression de l’avoir vraiment vécu. Comme si c’était plus un souvenir qu’un rêve. Mais ce n’était pas possible évidemment.
Il avait rêvé que Cap, au contrôle de leur corps, s’était réveillé pendant la nuit et qu’il s’était levé. Il avait alors pris un rasoir – il ignorait où il l’avait trouvé, l’Institut surveillait ce genre de choses – et l’avait démonté, calmement. Il l’avait observé, longuement, avant de saisir l’une des lames et de s’entailler la peau. Sur le bras d’abord, puis sur le ventre, à l’endroit précis où la balle avait transpercé leur sœur de part en part. Il avait souri. Et lui, le Génie, s’était révélé incapable de faire quoi que ce soit pour l’arrêter. Ni prendre le contrôle, ni lui parler, rien. Il n’avait que pu assister à la scène, impuissant, pendant que Cap observait avidement leur sang couler. Il avait certainement dit quelque chose à ce moment-là, mais le Génie ne se souvenait plus de ce que ça pouvait être. Et ça importait peu finalement, au vu de la teneur du reste de la scène.
Il soupira. Il en était encore tout troublé. Il se leva péniblement et se dirigea vers les sanitaires. Une douche lui ferait le plus grand bien.
Lorsqu’il se déshabilla dans la cabine de douche, il fut fixé. Il s’immobilisa, comme pétrifié. Sur ses bras et sur son ventre… Comment est-ce que… ? Il ne chercha pas à comprendre plus longtemps. Il se rhabilla aussitôt, paniqué et descendit comme une furie dans la cour.
Ce n’était pas possible. Ce n’était PAS POSSIBLE. Que faire ? Il regarda partout autour de lui. Personne, pas même un vigile. Devait-il en parler à sa médecin ? Où était-elle à cette heure-ci ? La cantine. C’était l’heure du petit déjeuner. Il y aurait du monde. Quelqu’un qui pourrait aller la prévenir. Il s’y précipita.
L’endroit était effectivement bondé. Il s’apprêtait à accoster un vigile lorsqu’un visage attira son attention, assise à une table. Adèlys. Oui, Adèlys, c’était une bonne idée. Elle et Cap s’entendaient bien, elle réussirait peut-être à le raisonner. Il prit place dans la queue, attrapa négligemment quelques aliments pour ne pas attirer l’attention même si à l’évidence, il n’avait pas faim. Quelques personnes devant lui, il y avait Aeden. Peut-être que… Non. Ils ne s’étaient plus adressé la parole depuis l’hiver. Il l’avait même attendu pendant quelques temps à ses leçons personnalisées, il ne s’était jamais repointé. Oui mais… Mais c’était pour Cap. Mettant sa fierté de côté et face à l’urgence de la situation, il le suivit et déposa son plateau sur la même table que lui, sans un mot. Puis il alla trouver Adèlys, empoigna son fauteuil toujours rien dire et la planta devant Aeden avant d’aller rechercher son plateau qu’il déposa devant elle. Il ne savait même pas si elle avait protesté, il n’avait pas écouté. Puis il s’assit à son tour entre les deux amis de Cap. Il ne savait pas si Adèlys et Aeden se connaissaient, aussi fit-il les présentations.

- Adèlys, Aeden. Aeden, Adèlys.

Sa voix avait été sèche, la présentation brutale. Il était rare que le Génie laisse autant transparaître ses émotions. Car même s’il semblait beaucoup moins paniqué qu’il ne l’était réellement, il était évident que ça n’allait pas. Le silence s’allongeait et il sentait l’interrogation qui émanait des deux adolescents. Aussi, se lança-t-il, les doigts crispés sur le bord de son plateau, la gorge nouée.

- J’ai besoin de votre aide. On est en train de perdre Cap.
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