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20/10/2018
Préparation d'event
22/09/2018 Modification des pourcentages révolutionnaires (cf. PA et heure supp')
16/09/2018 Ajout du bouton Discord qui avait disparu ;-;

Sauvez Cap - pv Adèlys et Aeden

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Ce matin-là, le réveil fut difficile pour Alexander. Il émergea du sommeil comme un noyé sort de l’eau, avec une immense inspiration comme s’il revenait d’entre les morts avant de s’étaler de nouveau dans son lit, les yeux clos. Ca faisait trois jours. Une éternité. Cinq minutes. A vrai dire, le temps n’avait plus vraiment de sens pour lui. Depuis qu’il avait été ramené de force dans sa chambre et enfermé à double tour, plus rien n’avait de sens. Son âme était restée là-bas, avec elle. Le temps s’était arrêté là-bas, avec elle.
Le Génie battit des paupières. Ouvrit les yeux. Les laissa plantés au plafond. La présence de Cap se faisait de plus en plus ténue. Ça l’inquiétait. Il n’avait pas rouvert la porte de sa cabane depuis ce jour-là. Les mauvaises ondes qu’il dégageait s’atténuaient. Ca aurait pu être une bonne chose. Ca aurait pu être une bonne chose si elles avaient remplacées par autre chose. Mais là rien. Juste le vide. Comme s’il se diluait. Qu’il se laissait disparaître. D’ailleurs cette nuit, il avait fait un drôle de rêve.
D’habitude, ses rêves ne lui perturbaient pas. Après tout, c’était juste un moyen qu’avait l’inconscient d’exprimer ce qu’il ne pouvait pas dire autrement et de se garder en bonne santé mentale. Mais cette fois-ci, ça n’avait pas été comme d’habitude. Ca avait été curieusement réel et même maintenant qu’il était réveillé, il avait l’impression de l’avoir vraiment vécu. Comme si c’était plus un souvenir qu’un rêve. Mais ce n’était pas possible évidemment.
Il avait rêvé que Cap, au contrôle de leur corps, s’était réveillé pendant la nuit et qu’il s’était levé. Il avait alors pris un rasoir – il ignorait où il l’avait trouvé, l’Institut surveillait ce genre de choses – et l’avait démonté, calmement. Il l’avait observé, longuement, avant de saisir l’une des lames et de s’entailler la peau. Sur le bras d’abord, puis sur le ventre, à l’endroit précis où la balle avait transpercé leur sœur de part en part. Il avait souri. Et lui, le Génie, s’était révélé incapable de faire quoi que ce soit pour l’arrêter. Ni prendre le contrôle, ni lui parler, rien. Il n’avait que pu assister à la scène, impuissant, pendant que Cap observait avidement leur sang couler. Il avait certainement dit quelque chose à ce moment-là, mais le Génie ne se souvenait plus de ce que ça pouvait être. Et ça importait peu finalement, au vu de la teneur du reste de la scène.
Il soupira. Il en était encore tout troublé. Il se leva péniblement et se dirigea vers les sanitaires. Une douche lui ferait le plus grand bien.
Lorsqu’il se déshabilla dans la cabine de douche, il fut fixé. Il s’immobilisa, comme pétrifié. Sur ses bras et sur son ventre… Comment est-ce que… ? Il ne chercha pas à comprendre plus longtemps. Il se rhabilla aussitôt, paniqué et descendit comme une furie dans la cour.
Ce n’était pas possible. Ce n’était PAS POSSIBLE. Que faire ? Il regarda partout autour de lui. Personne, pas même un vigile. Devait-il en parler à sa médecin ? Où était-elle à cette heure-ci ? La cantine. C’était l’heure du petit déjeuner. Il y aurait du monde. Quelqu’un qui pourrait aller la prévenir. Il s’y précipita.
L’endroit était effectivement bondé. Il s’apprêtait à accoster un vigile lorsqu’un visage attira son attention, assise à une table. Adèlys. Oui, Adèlys, c’était une bonne idée. Elle et Cap s’entendaient bien, elle réussirait peut-être à le raisonner. Il prit place dans la queue, attrapa négligemment quelques aliments pour ne pas attirer l’attention même si à l’évidence, il n’avait pas faim. Quelques personnes devant lui, il y avait Aeden. Peut-être que… Non. Ils ne s’étaient plus adressé la parole depuis l’hiver. Il l’avait même attendu pendant quelques temps à ses leçons personnalisées, il ne s’était jamais repointé. Oui mais… Mais c’était pour Cap. Mettant sa fierté de côté et face à l’urgence de la situation, il le suivit et déposa son plateau sur la même table que lui, sans un mot. Puis il alla trouver Adèlys, empoigna son fauteuil toujours rien dire et la planta devant Aeden avant d’aller rechercher son plateau qu’il déposa devant elle. Il ne savait même pas si elle avait protesté, il n’avait pas écouté. Puis il s’assit à son tour entre les deux amis de Cap. Il ne savait pas si Adèlys et Aeden se connaissaient, aussi fit-il les présentations.

- Adèlys, Aeden. Aeden, Adèlys.

Sa voix avait été sèche, la présentation brutale. Il était rare que le Génie laisse autant transparaître ses émotions. Car même s’il semblait beaucoup moins paniqué qu’il ne l’était réellement, il était évident que ça n’allait pas. Le silence s’allongeait et il sentait l’interrogation qui émanait des deux adolescents. Aussi, se lança-t-il, les doigts crispés sur le bord de son plateau, la gorge nouée.

- J’ai besoin de votre aide. On est en train de perdre Cap.
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Aeden entamait sa troisième douche de la journée. C’était comme si le froid de l’eau pouvait apaiser la chaleur qui lui brulait l’intérieur de la tête. C’était comme si ce choc thermique lui permettait de retrouver un peu de lucidité. Hagard, il se frottait avec intensité. Insensible à sa peau rougit par la brulure du traitement qu’il s’infligeait journalièrement. C’était toujours mieux qu’au début. Quand il se jetait sur sa porte jusqu’à s’en ouvrir les poings, ou lorsqu’il avait brisé le miroir des sanitaires.

La veille, il avait daigné parler à son médecin. Il ne savait pas quoi en penser. Il ne savait plus trop quoi penser de tout à vrai dire. Il avait passé la nuit à somnoler par intermittence, se réveillant transpirant, avec le sentiment d’avoir revécu l’impensable.

Le flacon de shampoing lui échappa des mains, s’ouvrant sur le sol de la douche. Il jura, le relevant dans l’espoir que tout ne s’écoule pas par terre. Il jura une seconde fois. Puis une troisième. Il eut un accès de colère et le rejeta par terre. Le ramassa aussitôt, confus. Qu’est ce qui lui prenait encore ? Ce n’était pas comme si c’était important de gaspiller un peu de shampoing. Il eut un sourire fatigué. Il était vraiment pitoyable.

Lorsqu’il vit l’heure en sortant de la douche, il accéléra le rythme. S’il arrivait en retard à la cantine, il aurait encore des ennuis. Il marcha donc jusque-là, regrettant de ne pouvoir se laver une fois de plus, dégouté par la fine pellicule de transpiration qui perlait sur ses bras. Machinalement, il s’inséra dans la file, attrapant un plateau. Il avait droit à une lasagne dont l’odeur aurait ouvert l’appétit de n’importe qui. Son estomac se serra. Combien de temps allait-il encore devoir passer pour parvenir à terminer son plat, le tout sous le regard inquisiteur du personnel de l’institut qui s’assurait qu’il termine sa portion ? Il aurait pu en pleurer. Ne pouvait-on pas juste le laisser tranquille ? Le laisser se terrer dans sa chambre ? Le laisser nier la terrible vérité. Il se chercha une place à l’écart, trainant des pieds.

Le bruit du plateau raisonna dans les oreilles du garçon. Il leva les yeux vers le garçon qui l’avait posé. Il s’éloigna aussitôt sous le regard livide d’Aeden. Il eut un moment de panique. La culpabilité transpirait dans chacun de ces pores. Il aurait voulu qu’Alexander le traite de tous les noms, qu’il l’insulte ou le frappe. Au lieu de cela, il était juste partit. Revenu avec une fille en chaise roulante qu’il abandonna face au garçon. Il l’ignora, baissa les yeux sur son plateau.

Il aurait voulu s’enfuir, aller se cacher sous sa couette, mais il était incapable du moindre geste. Interloqué par le regard du génie. Dans ces yeux… il y avait cette précipitation, cette pointe de panique inhabituelle. Il devait aider son ami. Enfin… l’ami qu’il avait abandonné. Il avait compris sans que le garçon ait besoin de parler. C’était clair. Et si Cap mourrait, il serait à nouveau coupable. Il ne s’en remettrait pas. Pas après ce qu’il avait fait. Pas après le mal qu’il lui avait fait.

- Adèlys, Aeden. Aeden, Adèlys.

Il se tut. Priant. Priant que le Génie ne dise rien. Pour qu’il se taise. Que les choses rentrent dans l’ordre sans son intervention. Mais ce ne fut pas le cas.

- J’ai besoin de votre aide. On est en train de perdre Cap.


Il avait compris, mais cela lui fit tout de même l’effet d’une claque cinglante. Les yeux toujours sur son assiette, il eut un sursaut, retenant sa respiration. Les choses se cristallisaient sous forme de mots. Il restait silencieux, incapable de savoir ce qu’il devait dire ou faire.





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Sauvez Cap

Une journée de plus ici.
Une journée à observer l'effroi des quelques patients qui avaient pensé faire la révolution. Leur visage était empli de peur, de doute, parfois de colère. Adèlys, elle, ne savait plus. Elle se levait, se lavait dans sa salle de bain personnelle - avec un tel handicap, il fallait bien une salle de bain équipée pour ce genre de paralysie - elle s'habillait, se coiffait, se brossait les dents...

Une journée de plus ici.
Une journée à sortir de sa chambre et admirer les dégâts de cet Institut qui démontrait une nouvelle fois son sadisme. Les patients... Ceux qui lisaient le Journal Clandestin... Et dire qu'elle devait en dénoncer un. Ou plusieurs. Ceux qui "devaient" lire le Journal et faire semblant de le connaître. En sachant maintenant qu'ils vont peut-être mourir, ils déballeront tout ce qu'ils savent. Elle qui risquait sa vie pour essayer de les sauver, risquait maintenant la vie d'innocents qui rêvaient juste de liberté, tout comme elle.

Une journée de plus ici.
Une journée à prendre un ascenseur, faute de ne pas pouvoir prendre les escaliers. En tomber serait tellement plus simple. Mais si elle se paralysait autre chose, elle ne pourrait plus jamais vivre. Comme si elle vivait déjà, à être clouée sur un fauteuil qui roulait.

Une journée de plus ici.
Une journée à attendre dans la file pour manger. Elle prit un plateau, quelques choses à manger et s'installa à une table. Tout indiquait que ce serait une journée banale, combien même tous étaient encore sous le choc de ce meurtre causé par un soi-disant médecin brillant. Et vu comment l'affaire a été mise sous silence, Adèlys hésita à appela le docteur Barrabil "le chouchou du docteur Elpida". Un meurtre pouvait entacher la renommée entière de l'Institut. Pourquoi prendre le risque de garder un assassin ?

Une journée pas si banale.
Sans pouvoir dire quoique ce soit, elle se fit embarquer par elle ne sut qui. Elle regarda son plateau s'éloigner d'elle alors qu'elle protesta :

- Mais enfin, qu'est-ce qui vous prend ? Vous ne voyez pas que je mange ?!

Elle se retourna, les sourcils froncés, et vit l'air sérieux d'Alexander Hexe. Et si elle en crut son expérience, c'était le Génie. Elle cligna plusieurs fois des yeux, tentant de comprendre sa... Panique, sans doute. Son urgence. Que se passait-il d'effroyable, encore ?
Il l'installa à une table, avec un garçon qu'elle ne connaissait que de visage. Le Génie lui donna à nouveau son plateau, mais elle se contenta de le regarder avec curiosité.

- Adèlys, Aeden. Aeden, Adèlys.
- Enchanté...

Elle l'avait surtout dit par réflexe. Elle attendait la suite. Pourquoi une telle précipitation ? Qu'y avait-il d'aussi grave pour... ?

- J’ai besoin de votre aide. On est en train de perdre Cap.

Le visage d'Adèlys se décomposa. Que voulait-il dire par "perdre" ? Qu'on devait jouer à cache-cache ?
Elle ne devait pas se voiler la face. A en constater l'air du Génie, Cap devait...
Adèlys reporta son attention sur son assiette, digérant l'information, les yeux lui piquant. Elle ne savait que dire, mais puisque le dénommé Aeden ne daignait pas prendre la parole, ce devait être elle qui devait rassurer ou comprendre le Génie.

Après avoir bu une gorgée de son jus de pomme, elle demanda en posant ses yeux sur Alexander :

- Par perdre... Je suppose que tu veux dire "disparaître"... ?

Elle employait des pincettes, elle ne voulait pas brusquer les choses, surtout que Cap était comme un frère jumeau pour le Génie.
Elle chercha une réponse dans les yeux du garçon avant qu'il ne puisse dire quoique ce soit.

- Je... Depuis quand ? Que s'est-il passé ?



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Il avait cru que sa déclaration aurait fait l’effet d’une bombe. Qu’eux aussi se seraient mis dans un état d’inquiétude similaire au sien. Qu’ils auraient paniqué. Crié. Demandé des explications. Nié les choses. Lui dire qu’il exagérait. Peut-être pleurer. Mais rien. Rien de tout ça. Tous les deux fixaient leur plateau comme si c’était la chose la plus importante du monde alors que là tout de suite, clairement, ce n’était pas le cas.
Cette absence de réaction irrita profondément le Génie. Quoi ? Il n’avait pas été assez clair ? Il n’avait pas l’air assez préoccupé c’est ça ? Ils étaient les amis de Cap oui ou merde ?! Son regard alternait de l’un à l’autre, mauvais. La stratégie de l’autruche donc. Très bien. Il allait chercher le docteur Hawthorne. S’adresser à Adèlys et à Aeden avait été une mauvaise idée. Il se leva et s’apprêtait à partir lorsque la voix de cette dernière retentit enfin.

- Par perdre... Je suppose que tu veux dire "disparaître"... ?

Il lui adressa un regard courroucé. Bien sûr que non, il voulait dire que son GPS était tombé en panne alors qu’il était en déplacement ! Et puis « disparaître »… C’était quoi cet euphémisme à la con ? Cap déconnait. Il attentait à sa vie. A leur vie. Un spasme comme un début de sanglot secoua le Génie qui se rattrapa promptement, évacuant la pensée pleine de détresse qui lui avait traversé l’esprit. « Je ne veux pas mourir ».

- Je... Depuis quand ? Que s'est-il passé ?

Il se rassit, essayant de faire passer ses jambes flageolantes pour de l’énervement. Ses avant-bras, son ventre… Il ignorait pourquoi il ne l’avait pas ressenti en se réveillant, mais maintenant, ils lui brûlaient, comme chauffés au fer blanc.
Il regarda les deux sauveurs qu’il avait choisis pour Cap. Adèlys posait des questions et elle soutenait son regard, en attente d’une réponse. Apparemment, elle, elle en avait quand même un peu quelque chose à faire. Mais Aeden… Les yeux toujours rivés dans son assiette. Le Génie mourrait d’envie de le secouer et de lui hurler dessus. Il fallait qu’il trouve le moyen de le faire réagir. Cette inaction l’insupportait.
Alors, il jeta un rapide coup d’œil aux alentours et souleva ses manches et posa ses avant-bras sur la table, juste dans le champ de vision du précoce, dévoilant les plaies toutes fraîches qu’il avait lui-même tout juste découvert. D’ailleurs, l’une des entailles recommençait à saigner, tâchant la doublure de son haut d’uniforme. Il se mordit la lèvre inférieure. Il aurait dû penser à prendre quelque chose pour faire un bandage sommaire, qu’au moins il ne se fasse pas prendre dans les couloirs avec les manches ensanglantées mais dans la précipitation… Il attrapa quelques serviettes propres pour tamponner discrètement la blessure, espérant que les plaquettes feraient vite leur boulot.

- Et c’est pire ailleurs. Je me suis réveillé comme ça ce matin. Et vu que ce n’est pas de mon fait…

Il n’osa pas leur parler du « rêve ». C’était déjà beaucoup trop étrange pour lui. Il remit soigneusement ses manches en place en voyant approcher un vigile, l’air de rien, comme s’il se contentait de rajuster sa tenue, tout en glissant à ses camarades de table.

- Ne dites rien. Pas pour le moment. S’il vous plait.

Et si le Génie s’abaissait à quémander leur silence, c’était dire si la situation était critique.
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Lorsque le Génie se leva, il sut qu’il devait réagir. Il ne pouvait pas le laisser s’en aller. Il ne pouvait pas laisser Cap se suicider… Il ne bougea pas pourtant. Ce fut la fille qui parla. Adèlys ?

- Par perdre… Je suppose que tu veux dire « dispraitre »… ? Je... Depuis quand ? Que s'est-il passé ?


Le voir se rassoir fut un soulagement. Mais il n’avait rien fait pour ça. Il restait là, à leur jeter des regards en coin avant de se reconcentrer sur son assiette comme si elle risquait de lui sauter à la gorge d’une seconde à l’autre. Il n’était pas à sa place. Il eut une bouffée de chaleur qui lui chauffa les joues.

Il fut forcé de détourner les yeux de sa nourriture. Les bras d’Alexander… Il eut une soudaine envie de vomir. Ferma les yeux un instant, la main sur la bouche. Il devait rester calme. Merde. Le Génie était en panique. Il paniquait parce que la solution de Cap, ça le tuait aussi. Et voir le Génie paniqué, ça tétanisait Aeden encore davantage.

Il eut tout de même la présence d’esprit de cacher ces mains entre ces jambes, sous la table, à l’abri des regards. Pas la peine que le Génie remarque ces cicatrices. Il ne devait pas savoir. Cela n’avait pas d’importance. Pas comme ce qui lui arrivait à lui.

- Et c’est pire ailleurs. Je me suis réveillé comme ça ce matin. Et vu que ce n’est pas de mon fait…

Aeden fut interloqué. Cap se serait servi du sommeil du Génie ? Mais il ne pouvait pas lui faire ça. Cap… Cap n’était pas ce genre de personne. Il était gentil. Attentionné. Le Génie comptait pour lui. Il sentait son cœur dans sa poitrine cogné comme un prisonnier qui finira par défoncer sa porte. La douleur était à peine supportable. Cap. Il était prêt à sacrifier le Génie pour arrêter de souffrir? Et lui… lui il se morfondait tout ce temps sur sa responsabilité dans cette histoire. N’était-il donc pas capable de voir plus loin que son nombril ? Il était en train de perdre Alexander. Les deux seuls personnes qui comptaient encore vraiment.

- Ne dites rien. Pas pour le moment. S’il vous plait

Aeden bouillonnait, incapable de prendre une décision. « Comment je pourrais l’aider quand je ne sais même pas m’aider moi-même ? ». Il avait trahi Alexander sur tous les points. C’était irrattrapable. Il aurait voulu lui crier qu’il n’avait pas le droit. Il n’avait pas le droit. Pas lui. S’il s’écroulait, il entrainerait le surdoué dans sa chute. Mais en vérité, c’était lui qui n’avait pas le droit. C’était lui qui devait servir de soutient. Et pas l’inverse. Mais alors que tout se précipitait à l’intérieur, il restait comme inanimé.

Si c’était pour sortir des conneries comme celles qu’il avait sorti à Lore, ou les promesses qu’il avait donné, ça valait pas le coup. Il était trop petit. Trop inutile pour trouver les mots justes. Trop dangereux pour essayer de secourir son ami. Son seul véritable ami. Impuissant. Il se détestait. Il détestait ce qu’il était.

Désespéré. Il n’était même pas sûr d’avoir le droit de l’aider. Après tout, ça serait peut-être mieux de ne pas le faire. Lui y pensait tout le temps. A tout faire taire. A tout arrêter. Le silence. La paix. Il était prêt à tout pour faire cesser la douleur. Pour faire cesser les voix qui se moquaient de lui. Mais lui n’avait pas le droit. Il avait déjà fait souffrir trop de monde. Cap, il avait le droit. Il avait le droit de penser un peu à lui pour une fois. Il le comprenait.

Le problème, c’est que le Génie n’était pas d’accord. Le Génie voulait vivre. Il voulait vivre. Aeden devait l’aider. Mais comment faire ? Alors qu’il comprenait si bien Cap. Alors que son seul désir à lui, était qu’il fut soudainement frappé par une maladie tueuse ou par un éclair ou qu’il ait un accident. Alors qu’il marchait si près du bord du lac, espérant glisser, tomber dans l’eau, ne pas parvenir à en sortir. C’était égoïste. Mais tout se serait arrêté. Il en aurait enfin fini avec tout ça. Il n’en pouvait plus. Il n’en pouvait plus. Ca tournait en boucle dans sa tête. Il n’était pas fort. Il n’était pas courageux. Il était juste lui. Et il était perdu. Retrouvé le chemin pour Cap alors qu’il ne connaissait pas sa propre position, c’était ridicule. Il en était incapable.





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Sauvez Cap

Elle attendait une réponse du Génie à sa question, pour savoir exactement quand Cap avait décidé de s'éclipser, même si elle avait une petite idée en y réfléchissant.
Ce ne serait pas... Depuis la Grande Sanction, par hasard ? Cap et Loreleï étaient très proches, si ses souvenirs étaient exacts... Alors, peut-être était-ce lié ?
Elle allait lui poser la question quand Alexander s'assit, l'air quelque peu énervé. Sans qu'elle ne s'y attende, il releva les manches de son uniforme. Elle dût se relever comme elle put avec ses mains pour apercevoir les marques rouges sur ses avants-bras. Elle retint un cri d'épouvante mais retomba lourdement sur son fauteuil. Elle posa son regard sur les blessures, puis sur le visage d'Alexander, et ce à tour de rôle.
Elle l'observa poser des serviettes sur ses plaies. Elle se demanda comment avait-il pu se faire de telles marques, sans avoir à disposition des armes blanches ou coupantes... ?

Elle avait vu tant d'horreurs ici, sans compter le décès public de Loreleï, qu'elle ne tourna pas de l'oeil en voyant ces... Plaies.

- Et c’est pire ailleurs. Je me suis réveillé comme ça ce matin. Et vu que ce n’est pas de mon fait…

Elle fixa le visage d'Alexander, perplexe. Pire ailleurs ? Pire comment ? Des plaies plus larges, plus profondes, plus grandes ? Ailleurs où ? Dans le dos, sur les cuisses, sur le ventre ?
Elle ne voulait pas savoir. Le plus important était dit. Il fallait agir, elle n'avait pas besoin de plus pour être alarmée.

En vérité, elle aurait dû être alarmé bien avant, lorsque le Génie, si fier, avait dit :"avoir besoin de leur aide". Mais comment aider une personne qui disparaissait, comme un fantôme ?

- Ne dites rien. Pas pour le moment. S’il vous plait

Adèlys jeta un coup d'oeil vers "Aeden", pour guetter sa réaction. Si la gravité de la situation l'avait finalement touché. Il n'avait pas grand chose à dire, le choc probablement.
Adèlys, contrairement à lui, était habituée à ce genre de situations. Elle ne savait pas comment réagir, mais elle savait comment s'y prendre avec les gens. Enfin, c'était ce qu'elle espérait, car le Génie était en proie à diverses émotions qui l'animaient. La peur, la panique, la colère, l'angoisse, la tristesse... Tout cela était trop difficile à gérer pour une seule personne.

- Tu as ma parole, Génie.

Elle cherchait dans ses souvenirs, comment elle avait convaincu des "amis" à ne pas passer la limite entre la vie et la mort. Elle avait vraisemblablement oublié ces gens qui avaient fini par disparaître de sa vie à cause de l'Institut.
Peut-être avait-elle perdu la main ? Etait-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

Elle secoua la tête et se pencha légèrement vers le Génie.

- Dis-nous tout ce que tu sais. Dans quel état est Cap, comment tu t'es rendu compte de ces plaies, depuis quand tu as remarqué sa disparition...

Elle posa sa main dans le dos d'Alexander :

- Tu n'es pas seul, Alexander. Que ce soit le Génie, ou Cap. Ni toi, ni lui, êtes seuls.



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Le Génie guettait les réactions de ses deux camarades, face aux plaies qu’il leur avait dévoilées. Celles d’Adèlys, visiblement interloquée et choquée à la mesure de la situation, mais surtout celles d’Aeden, inexistantes. Il détourna même les yeux de son assiette qu’il n’avait pas arrêtée de fixer parce que ses avant-bras entraient dans son champ de vision. S’il avait pris le temps d’analyser les choses au vu de tout ce qu’il avait lu sur le langage corporel, la psychologie du traumatisme etc. il se serait sans doute rendu compte que le précoce utilisait une stratégie d’évitement parce que ce qu’il n’arrivait à gérer sa propre réalité. S’il avait pris le temps de se poser calmement, il aurait compris qu’il était lui-même dans un grand état de détresse. Mais seulement, le Génie n’était pas calme. Pas calme du tout.
Il n’écoutait Adèlys que d’une oreille distraite, les yeux rivés sur le cuir chevelu d’Aeden avec dans les yeux un viseur prêt à faire feu.

- Tu as ma parole, Génie. Dis-nous tout ce que tu sais. Dans quel état est Cap, comment tu t'es rendu compte de ces plaies, depuis quand tu as remarqué sa disparition... Tu n'es pas seul, Alexander. Que ce soit le Génie, ou Cap. Ni toi, ni lui, êtes seuls.

Il nota tout de même l’utilisation de la première personne du pluriel avec un sourire empli de sarcasme amer. L’idée que lui n’était pas seul aussi. Comme si lui avait besoin de qui que ce soit. La seule personne dont il avait vraiment besoin, c’était Cap.
Il ne répondit pas à la demande d’informations d’Adèlys, gardant le silence, dans l’attente d’un mot de la part d’Aeden. N’importe lequel. N’importe quoi que cette inaction qui lui donnait des envies de meurtres. Il n’était pourtant pas d’un naturel violent. Pas physiquement en tout cas. Il n’avait jamais levé la main sur personne. Mais là il sentait qu’il pourrait en être capable. Qu’il pourrait franchir la limite. Mais il y avait les surveillants et il ne pouvait pas attirer l’attention. Il lui laissait une dernière chance de dire quelque chose. Mais rien ne vint. Très bien. Il ne lui laissait pas le choix.
Doucement, il articula ses mots, comme s’il les savourait. Avec une lenteur toute calculée pour être le plus inconfortable possible à entendre, doublée par une voix doucereuse à l’écœurement.

- « Nous » ? Aeden et toi je suppose. C’est drôle. Je ne l’ai pas encore entendu Aeden.

Il joua un peu avec la serviette tâchée de sang, en faisant des confettis, lentement, toujours lentement, avec une minutie effrayante et malsaine. Cela prit un certain temps. Un temps inconfortable et tendu. Ce ne fut que lorsqu’il eut fini, toujours empli de ce faux calme, ce calme qui pressent la tempête imminente qu’il releva les yeux sur le garçon aux cheveux sombres.

- Tu es l’ami de Cap toi aussi Aeden ? A moins que tu ne sois qu’une plante verte.

Il n’avait pas osé dire « notre ami ». Il n’avait pas osé. Pourtant, c’était ce que ses yeux hurlaient. Car sous la colère qu’il témoignait si froidement, il y avait une détresse indicible qui s’emparait de lui. Le Génie était actuellement dangereux, parce qu’il était un animal blessé et acculé. Le moindre faux pas et il vous sauterait à la gorge.
« Est-ce que tu es mon ami Aeden ? »
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C’est encore elle qui parle.  Aeden lui ne bouge pas. Il ose à peine respirer. C’est comme s’il était un animal dans les phares d’une voiture. De quoi avait-il le plus peur ? Qu’une réponse de sa part condamne Le Génie ? Qu’il se rappelle du nom de celui qui avait parlé d’évasion en premier ? Qui avait glissé ça comme un signe d’espoir, alors qu’il n’y en avait pas. Le garçon avait coincé sa langue entre ces dents, se retenant pour ne pas s’enfuir en courant. S’il partait… s’il partait maintenant… jamais il ne pourrait se le pardonner. S’il ne bougeait pas, peut-être que les deux autres l’oublieraient. Que tout le monde l’oublierait. Il fallait que tout le monde l’oubli. Si seulement tout le monde pouvait l’oublier.

- « Nous » ? Aeden et toi je suppose. C’est drôle. Je ne l’ai pas encore entendu Aeden.

La colère. Sans équivoque. Le garçon resta silencieux. Mais il savait. Il savait bien qu’il ne parviendrait pas à se faire oublier. Le Génie avait raison. Aeden ne savait pas l’aider. La pression sur sa langue se fit plus forte. Il fallait qu’il réponde. Qu’il dise quelque chose. N’importe quoi. Le temps s’allongeait et rien ne sortait. Ces yeux fixaient les petits bouts de serviette qui s’amoncelaient sur la table. La frustration était si grande, si douloureuse, qu’il  pouvait presque sentir les larmes qui auraient voulu franchir la barrière de ces yeux. Mais il ne pouvait pas pleurer. Pas comme ça. Pas là. Pas maintenant.

- Tu es l’ami de Cap toi aussi Aeden ? A moins que tu ne sois qu’une plante verte.


L’ami de Cap ? Il ne se sentait l’ami de personne en ce moment. Il n’avait pas le droit d’être l’ami de qui que ce soit. Encore moi celui de Cap. Encore moins celui du Génie. Il ferma les yeux, tremblant. Il devait parler mais s’il se mettait à pleurer, il n’y arriverait pas. Il leva une seconde le regard vers Alexander mais ces yeux retombèrent aussitôt sur la table, comme irrémédiablement attiré.

- Je suis…


Il était presque étonné d’entendre le son de sa propre voix. Il parlait seulement quand il y était forcé. Quand il avait obligation de le faire. Mais cette voix geignarde, il ne la supportait plus. Ca y est. Sa langue saignait. Un gout métallique dilué par sa salive emplissait son palais. Il n’était qu’un boulet. Un boulet et un imbécile. Et s’il ne parvenait pas à parler maintenant, s’il ne parvenait pas à dire quelque chose qui puisse aider le Génie, ce serait la fin. La vraie fin. Il se força à continuer, après avoir expiré profondément :

-Désolé. Je peux pas. Pas après ce que je vous ai fait. Pas après ce que je lui ai fait. Je sais pas t’aider. Je sais pas aider Cap non plus. Je sais même pas m’aider moi-même.


Il eut un rire désespéré, à la limite du sanglot. Pourquoi il disait ça ? Il devait la fermer. Il devait aider Le Génie. Pas ça. Il pouvait pas faire ça. Et là, c’était comme s’il avait appuyé sur un bouton, il ne pouvait plus s’arrêter.

-Au final, c’est comme si je l’avais tué moi-même Alexander. C’est comme si c’était moi qui avait tué ta sœur. C’est comme si c’était moi qui était en train de tué Cap. C’est moi qui te tue.


Il transpirait. Il avait les mains moites, serrés l’une contre l’autre, comme s’il y avait quelque chose entre les deux qu’il aurait pu broyer. Le formuler à voix haute. C’était différent. C’était douloureux. C’était vrai. Encore plus que lorsque ce n’était que des pensées qui germaient dans son esprit. Il continua la lèvre tremblante, le visage mouillé par les larmes :  

-Parce que –merde- c’est moi qui en ai parlé à Lore lors de notre première rencontre. De cette idée stupide de s’évader. C’est moi qui ai cru que c’était une bonne idée. C’était presque devenu un jeu. On se réunissait souvent, on construisait un truc ensemble. J’avais l’impression qu’on construisait un truc.

Nouveau rire.

-J’ai senti que c’était pas une bonne idée. Mais je voulais être utile aux yeux de quelqu’un. Jouer les héros. Je suis pas un héros Alex. Je vous ai fait des promesses que je savais pas tenir. A elle. A toi. J’ai senti que c’était pas une bonne idée. Mais je voulais tellement que ça marche. Je voulais tellement… Ça aurait dû être moi. Ça aurait dû être moi. J’aurais dû intervenir. Monter sur cette estrade. Me dénoncer. Les choses auraient pu être différentes. Je l’ai tué deux fois. Deux fois.


Il se tut, la mâchoire tremblante. Il était pitoyable. Il renifla. Il se dégoutait. Il se dégoutait. Il se dégoutait. Il se fichait pas mal de faire bonne impression sur la fille. Il se fichait de ce qu’elle pourrait penser de lui. Mais ce que le Génie pensait de lui… ça ça comptait vraiment. Et il savait que c’était perdu. C’était forcément perdu.

-Mais c’est trop tard. Ça sert à rien d’être désolé. Ça sert plus à rien.


Sa voix se brisa. Il ne voulait pas qu’Alexander le voit comme ça. Il fallait qu’il arrête. Comment pouvait-il lui infliger ça ? En plus de tout le reste. Il releva la tête vers le Génie, tentant d’affronter son regard. Il le voyait à peine à travers les larmes. Il n’était qu’un enfant. Un enfant égoïste. Peut-être que se taire et partir, ça aurait été mieux. Non pas peut-être. C’était certain. Il ne l’aidait pas du tout là. C’était comme s’il avait pris un coussin et qu’il l’avait posé sur le visage de Cap. Ca n’aidait pas non. Il pouvait aider personne.

-J’aurai tout raté jusqu’au bout, n’est-ce pas ?





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Le Génie gardait son regard rivé sur le visage qu’Aeden lui masquait, comme un chien dont on ne sait pas s’il va vous sauter dessus ou subitement battre en retraite. Le silence encore. Il allait se lever sans savoir quelle action allait suivre par la suite lorsque le garçon leva les yeux brièvement sur lui, même s’il ne soutint pas son regard. C’était déjà ça. Mais il ne s’en contenterait pas. Il était désolé pour Adèlys, la situation devait être inconfortable pour elle mais il ne lâcherait pas l’affaire.

- Je suis…

La voix était à moitié étouffée par un trop plein de sentiments. L’entendre eut sur le Génie l’effet d’un seau d’eau froide et sa colère redescendit de quelques degrés. Il réalisa à ce moment-là qu’il touchait à peine sa chaise tellement il était tendu et se força à se détendre un peu en respirant profondément à plusieurs reprises, à l’instar d’Aeden qui cherchait ses mots. Cependant, le rancunier qu’il était ne lui épargnerait pas le fait de devoir s’expliquer.

-Désolé. Je peux pas. Pas après ce que je vous ai fait. Pas après ce que je lui ai fait. Je sais pas t’aider. Je sais pas aider Cap non plus. Je sais même pas m’aider moi-même.

Il fronça les sourcils alors qu’un rire nerveux s’échappait des lèvres du précoce. Comment ça ce qu’il leur avait fait ? Comment ça il ne savait pas s’aider lui-même ? Le Génie le scanna visuellement. A côté de quoi était-il passé ?

-Au final, c’est comme si je l’avais tué moi-même Alexander. C’est comme si c’était moi qui avait tué ta sœur. C’est comme si c’était moi qui était en train de tué Cap. C’est moi qui te tue. Parce que –merde- c’est moi qui en ai parlé à Lore lors de notre première rencontre. De cette idée stupide de s’évader. C’est moi qui ai cru que c’était une bonne idée. C’était presque devenu un jeu. On se réunissait souvent, on construisait un truc ensemble. J’avais l’impression qu’on construisait un truc. J’ai senti que c’était pas une bonne idée. Mais je voulais être utile aux yeux de quelqu’un. Jouer les héros. Je suis pas un héros Alex. Je vous ai fait des promesses que je savais pas tenir. A elle. A toi. J’ai senti que c’était pas une bonne idée. Mais je voulais tellement que ça marche. Je voulais tellement… Ça aurait dû être moi. Ça aurait dû être moi. J’aurais dû intervenir. Monter sur cette estrade. Me dénoncer. Les choses auraient pu être différentes. Je l’ai tué deux fois. Deux fois.

Un rictus amer se peignit sur ses lèvres. Le beau ramassis de conneries que voilà. Est-ce qu’il avait attendu après lui pour penser à faire évader Lore ? Certainement pas. Il se surestimait. « C’est moi qui ai tué ta sœur ». Il eut un rire sans joie. Avait-il donc appuyé sur la détente ? Payé Barrabil pour le faire ? Bien sûr que non il ne l’avait pas tué. La seule chose qu’ils pouvaient se reprocher, c’était de ne pas avoir réussi à la faire sortir de l’île. De toute façon, monter sur l’estrade et se dénoncer n’aurait rien changé. Ca aurait juste fait deux patients de plus en Zéro pour la remplacer. Et en ce qui concernait Cap, il n’avait visiblement besoin de personne pour ça….
Et puis c’était quoi ça ? Moi, moi, moi, moi… Aeden lui faisait-il une crise d’égocentrisme ? Pourtant dans leur duo, c’était plutôt sa spécialité à lui.
Mais il le laissait dire. Ses mots coulaient désormais comme un torrent intarissable et le Génie attendait que ça se termine, les bras croisés sur sa poitrine, stoïque sans rien dire.

-Mais c’est trop tard. Ça sert à rien d’être désolé. Ça sert plus à rien.

Ce fut probablement cette phrase-là qui le fit sortir de sa position de spectateur. Ca ne sert plus à rien. Donc quoi ? On laisse mourir Cap et potentiellement lui avec ? On s’assied et on pleure ? La phrase de Lore était gravée au fer blanc dans son esprit.
« Hé, Alexander… à partir de maintenant, vous vous faites justice. Cap ou pas cap ? »
Son sourire se fit vindicatif. Il était complétement cap. Et ensuite ils auraient tout le temps de s’asseoir et de la pleurer. Il jeta un œil aux alentours. L’un des surveillants était occupé à évacuer un patient qui venait de recracher son petit déjeuner tandis qu’un autre était parti, certainement pour aller chercher un agent d’entretien. Les autres étaient trop loin pour voir ce qu’il ferait précisément et si ce n’était pas le cas, il avait déjà une excuse toute trouvée : « il avait un moustique sur la joue ».

-J’aurai tout raté jusqu’au bout, n’est-ce pas ?

Il soutint le regard humide d’Aeden un instant, lui sourit d’un sourire féroce. Et il le gifla d’un revers de la main. Sans haine. Sans réelle force. Une gifle vive mais qui n’avait clairement pas pour vocation de faire mal. Il voulait juste le ramener à la réalité.

- Ca y est, tu as fini ?

Il le fixa un moment, lui laissant le temps de se remettre de sa surprise avant de continuer, rapidement et à mi-voix.

- Tu n’as pas tué Lore imbécile, c’est l’Institut qui s’en est chargé.

Ange Barrabil avait été le bourreau mais c’était tout l’Institut qui était coupable. L’Institut dans son entièreté. Ses yeux brillaient des flammes qu’il promettait à toute l’île. D’une substance humide aussi, qu’il n’identifia pas immédiatement comme étant des larmes.

- De toute façon, si on n’avait pas tenté le tout pour le tout pour la faire sortir elle se serait laissé dépérir à petit feu dans la prison qui lui servait de chambre. Tu crois que ça aurait été mieux ? La seule chose qu’on peut se reprocher, c’est de ne pas avoir réussi. Et crois-moi, j’ai eu le temps de ressasser et de refaire le plan des milliers de fois depuis. J’arrive toujours à la même conclusion : ce plan, au détail près, c’était notre meilleure chance.

Et il enrageait qu’il n’y ait pas eu de possibilité de faire mieux. Il enrageait de ne pas avoir réussi. Mais il fallait se rendre à l’évidence, le plan avait beau leur offrir le meilleur taux de probabilité possible, il avait échoué. Mais il ne regrettait plus rien. Il fallait le tenter et il l’avait fait. Ils l’avaient fait. L’humidité continuait à monter au fur et à mesure qu’il avançait dans son propos, tant et si bien que bientôt, une larme solitaire roula le long de sa joue. C’était la première fois de sa vie que le Génie pleurait.

- Alors maintenant, si tu veux tout laisser tomber et rester en boule à pleurer dans un coin, libre à toi. Moi, Lore m’a fait promettre de la venger. Et c’est précisément ce que je vais faire mais…

Il déglutit difficilement alors que la solitaire se faisait rejoindre par quelques compagnes. Un nœud se formait dans sa gorge, l’angoisse remontant d’un cran.

- Mais la seule chose que je te demande, que je vous demande, se reprit-il en jetant un regard à Adèlys, c’est de m’aider pour empêcher Cap de… de continuer sur cette pente-là. Sinon j’ai bien peur de ne jamais pouvoir tenir ma promesse.

Il leur lança à tous les deux un regard où perçaient finalement plus d’émotions que jamais personne n’avait pu en voir dans son regard. Mais malgré sa lèvre qu’il s’efforçait d’empêcher de trembler, il dégageait une détermination plus dure que jamais.

- Je peux compter sur vous ?
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Sauvez Cap
Lademoiselle était décédée depuis environ un mois maintenant. La Cannibale (elle qui portait pourtant un surnom) n'aimait pas parler d'elle en tant que Z01. Elle se disait alors « la demoiselle » ou « la petite ». Malheureusement, elle ignorait son prénom. Il lui avait semblé peu commun. Il l'était tellement qu'elle l'avait oublié.
Elle se dirigeait vers le réfectoire en se ressassant sa dernière conversation avec Ange. Le pauvre était anéanti. Voire pire. Il était au fond du gouffre. La Cannibale voulait l'aider, le tirer vers le haut, mais elle n'avait jamais fait ça. Elle ne savait pas comment aider les gens. Elle ne savait pas comment essuyer leur larmes. Elle ne savait pas comment éponger leur malheur. De plus, même si elle savait à quel point ce meurtre rongeait Ange, elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il était (malgré lui) un assassin. Celui qui l'avait motivé à laisser son cœur battre était un meurtrier.
Saisissant un plateau, elle fit de son mieux pour refuser cette pensée. C'était un accident. Ange était rapidement la proie de ses émotions. Il était instinctif, ce n'était pas vraiment sa faute ... Ou plutôt, non, ce n'était pas ce qu'il désirait.
Alors qu'on lui donnait une assiette bien chaude, elle focalisa ses pensées ailleurs. Parce qu'il fallait qu'elle pense à autre chose.
C'est alors qu'en se retournant, elle vit au loin le Génie. Un sourire illumina aussitôt le visage de la blonde. Elle fit quelques pas pour le rejoindre, pressée de discuter (ou d'embêter) à nouveau avec ce garçon avant de ralentir l'allure pour finalement s'arrêter au milieu d'une rangée de tables. Il était déjà occupé avec deux autres personnes. La Cannibale reconnut l'handicapée aussitôt. Elle était la patiente du médecin en chef. Tout le monde connaissait « Le Lys » du docteur Elpida. Elle avait l'air ... blasée ?
Quant à l'autre garçon ... Elle l'avait vue à plusieurs reprises aux côtés du Génie. Déjà, lors de l'exécution de la demoiselle. Elle avait, ce jour-là, particulièrement bien observé le frère de la victime et elle avait trouvé l'inconnu bien impliqué dans cette affaire. Leur regard s'étaient croisé à plusieurs reprises. Jamais ils ne s'étaient parlé. Du moins pas de vive voix. Mais leur regard s'étaient tant dit ...
Que faisait-elle ?
S'approchait-elle ?
Ils avaient l'air dans une grande discussion, elle ne voulait pas déranger.
Certes mais c'était le moment de se faire des amis.
Il fallait sauter sur l'occasion.
Elle s'approcha, dardant fièrement son menton pour cacher la timidité de ses pas. Et une fois assez proche d'eux pour qu'on la remarque, elle vit enfin. La gravité dans leurs yeux. La pâleur de leur peau. La tension dans leurs muscles. Ce n'était définitivement pas le moment de faire connaissance.

« Je peux compter sur vous ? »

Elle se racla la gorge. Si elle restait plantée là sans rien faire, elle aurait eu l'air d'une cruche. Bonjour la première impression. Elle se décida donc à s'exprimer, oui, mais brièvement.

« Je passais juste dire bonjour. Mais si je peux me permettre de répondre à ta question, chaton ... »

Elle adressa un clin d’œil malicieux au Génie. Puis, elle se tourna vers la seule fille de la tablée et hocha poliment la tête pour la saluer. Patiente du docteur Elpida... Bon courage.
Et, finalement, son regard heurta à nouveau celui de X133 (oups, l'appellation lui avait échappée. Comme par hasard.). L'échange fut le plus long de tous. Elle le soutint longuement. Quelque chose clochait avec ce garçon. Et il était proche du Génie. Vraiment trop proche.
Elle leur souhaita un bon repas avant de s'éloigner. Alexander Hexe avait donc des amis ... Des gens sur qui compter ... Très bien. Elle espérait un jour discuter avec la célèbre patiente du célèbre médecin en chef. Elle se mit en tête d'avoir une vraie discussion avec X133. Et de définitivement devenir l'amie du Génie.
Codage par Libella sur Graphiorum


ceci n'est pas du rp, mais tu peux lire quand même Cool:
Voilà, j'ai eu l'autorisation de m'incruster Very Happy Comme votre rp était assez dense, j'ai trouvé que la réponse d'Alex me laissait une fenêtre ^.^ J'espère que ça vous va, sinon je supprime !
Et n'essayez pas de lui parler, c'était juste une petite apparition, histoire de ... Smiling Face With Op Bon rp !



I'm not gonna bite you, sweetheart
je te cause en #ff6666
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ft. Aeden & Alex
on a un problème...

Sauvez Cap

Adèlys regardait avec attention la scène qui se déroulait face à elle... Jusqu'à ce que le discours du dénommé Aeden traîne en longueur. Pour la première fois depuis qu'elle était ici, à l'Institut, elle avait envie de laisser ce garçon ruminer. Ses paroles étaient synonymes d'un :" Regardez comme je suis triste, regardez-moi. Je pleure, je suis déprimé, et je porte le poids du monde sur mes épaules. ".
Sans s'en rendre compte, son regard était passé de la bienveillance au mépris, et son poing s'était resserré sur son bas de pantalon, avec une furieuse envie de frapper ce pauvre bébé.
Cela l'enrageait de voir un garçon être mal parce qu'il a "tué" quelqu'un, alors qu'il n'a jamais appuyé sur la détente, et que Loreleï aurait très bien pu refuser de s'évader tout comme Alexander aurait pu refuser de les aider. Cela l'enrageait d'autant plus qu'elle en bavait depuis plus de dix ans à présent, qu'elle s'était liée d'amitié avec d'innombrables patients qui étaient désormais partis - morts ou retournés chez eux. Et jamais elle ne s'était plaint à ce point.

Et après avoir passé son temps à tenter d'aider, de soutenir, et même à écrire ce Journal Clandestin...
Elle avait bien envie de lui dire que, premièrement, l'évasion était une idée complètement stupide et illusoire. Comme si personne n'avait déjà essayé, tiens ! Il y avait vraiment une différence entre les nouveaux naïfs et les anciens réalistes. Si seulement ils avaient pris la peine de lui en parler avant... N'avait-elle pas été de bon conseil en disant aux Hexe de faire profil bas et de ne pas faire de bêtises lors de la fête annonçant le début de l'asile ? Et lorsqu'ils en faisaient qu'à leur tête, voilà où ça les menait.

Elle bouillonnait. Si Loreleï Hexe était décédée, c'était de leur faute à tous les trois. Loreleï, Alexander et Aeden. Pas un pour rattraper l'autre. Elle qui pensait que le Génie avait un minimum conscience de ce qu'il se tramait vraiment ici... Elle n'aurait peut-être jamais du lui dire qu'elle était l'auteure du Journal Clandestin. En voyant les conneries qu'il peut penser...

Et pendant que le Génie parlait - et en avait flanqué une bonne à Aeden, pour son plus grand bien - , et qu'on l'avait totalement mise à part, elle balaya la salle du regard. Quelques mois à attendre, et elle serait libre de partir. Quelques mois... Quelques mois ! C'était désormais son unique désir, son unique espoir. Elle avait d'ailleurs bien envie de prendre le Journal avec elle lorsqu'elle partira, pour annoncer que c'était bien elle l'auteure, et qu'elle avait survécu à cet endroit infernal. Elle avait survécu à Donatien Elpida...

- ...vous demande...

Elle tourna le regard vers Alexander, si blasée qu'elle en était surprise. Il pleurait, et elle s'en fichait. Elle ne voulait pas laisser tomber le Génie, ni même Cap par ailleurs, mais leurs monologues la fatiguaient.
Ils n'avaient pas la peau assez dure pour rester sur l'Île.

- C’est de m’aider pour empêcher Cap de… de continuer sur cette pente-là. Sinon j’ai bien peur de ne jamais pouvoir tenir ma promesse.

"Ma seule raison de rester ? Hormis le fait que je n'ai pas le choix ? Aider les autres bien sûr !" - Adèlys, douze ans.
Elle inspira en fermant les yeux.

- Je peux compter sur vous ?

Donc ce qu'elle lui avait affirmé auparavant, c'était du flan. Parfait. Ce que le Génie voulait surtout savoir, c'était :"Vous ne me laisserez pas seul ?" , et elle ne pouvait pas lui en vouloir pour ça.
Elle ouvrit la bouche pour répondre, les yeux sur son assiette, lorsqu'une voix inconnue s'éleva de derrière elle.

- Je passais juste dire bonjour. Mais si je peux me permettre de répondre à ta question, chaton ...

Et à peine fut-elle partie qu'Adèlys les regardait avec un regard hésitant entre colère et mépris.
Elle reprit sèchement :

- Bon, vous avez terminé de vous lamenter sur le passé ? Si je devais faire comme vous à chaque fois qu'un drame se passait dans ma vie, je serai encore en train de me plaindre.

Elle appuyait ses propos avec une main qui montrait l'ensemble de la cantine, remplie de résidents de l'Île, alors que l'autre désignait ses jambes, ses doigts tremblant frénétiquement.
Elle reprit très rapidement tout en frappant ses cuisses avec les paumes de ses mains :

- Donc, Génie, je vais être très claire : si tu veux de mon aide et de mon soutien, je te conseille de me faire part de tes plans la prochaine fois que tu en as. Quelqu'un qui a de l'expérience dans cet endroit est plus que bénéfique, regarde comme la dernière fois je t'ai évité de te retrouver en Z.

Elle inspira par le nez, fixant cette fois-ci le "pauvre" Aeden :

- Aeden, c'est ça ? Ce que je viens de dire vaut pour toi aussi. Cesse un peu de te lamenter. Ce qui s'est passé est tragique, mais désormais on doit s'attarder sur ce qu'on peut réellement sauver. Parce que sinon, vu comment tu vois les choses, lorsque Cap disparaîtra - s'il disparaît - , tu viendras te plaindre parce que :" Je n'ai rien fait, tout est de ma faute. ".

Adèlys prit prestement une gorgée d'eau avant qu'on puisse à nouveau l'interrompre, prête à donner un dernier coup de colère :

- Cap est tout ce qui compte à présent, est-ce clair ? Donc pour la dernière fois, Génie, merde, dis-nous ce qu'il s'est passé pour qu'on puisse enfin avancer !

Elle avait presque crié les derniers mots, le poing ayant frappé la table furieusement. Son regard était si sévère qu'elle ne se serait même pas reconnue dans une glace si on lui en avait mise une face à elle.
La jeune fille qui venait de passer ne comptait pas.
On ne pouvait pas revenir sur le passé.
Et si on voulait éviter de se lamenter encore et encore, alors il fallait se concentrer sur le présent.



Je pense qu'on devrait tous s'allier...
On devrait tous avoir confiance en nos propres capacités. Si on unie nos forces, tout est possible et peut-être qu'on pourra enfin sortir de cet enfer... by lizzou.
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W133
Il s’y attendait. Plus que cela, il espérait que cela arrive. Cela faisait des mois qu’il espérait que cela arrive. Que quelqu’un en ai le courage. La claque n’avait rien de violent, pourtant Aeden avait l’impression de la sentir encore sur sa peau, brûlante. Était-ce dû à la honte ? Il se sentait comme un enfant. Un stupide enfant qui croyait savoir alors qu’il ne savait rien. Et ça lui faisait presque du bien. Tout le monde était trop gentil. Depuis le début, tout le monde le prenait avec des pinces, espérant obtenir une réaction positive de sa part. Mais il avait besoin d’autre chose. Il avait besoin qu’on le répare. Qu’on lui rappelle des notions de base.

- Ca y est, tu as fini ?

Il resta silencieux, incapable d’ouvrir la bouche. Il gardait les yeux fixés sur un point. Il en avait peut-être besoin, mais cela restait néanmoins humiliant. Et le surdoué avait un peu trop d’amour propre. C’était probablement ce qui l’avait poussé à disparaitre après la défaite de leur évasion, ce qui l’avait poussé à abandonner ces cours particuliers avec le Génie, ce qui l’avait poussé à repousser toutes formes d’aide ou d’amitié qu’on avait pu lui adresser.

- Tu n’as pas tué Lore imbécile, c’est l’Institut qui s’en est chargé.


Il ne parvenait pas à être tout à fait d’accord. Certes, l’institut était la principale raison qui avait poussé à la mort de Lore. Mais ce n’était pas le seul. Ceux qui prônaient la révolution, son évasion, sa propre léthargie avait tout de même quelque chose à y faire. C’était factuel. Il devait juste apprendre à vivre avec.

- De toute façon, si on n’avait pas tenté le tout pour le tout pour la faire sortir elle se serait laissé dépérir à petit feu dans la prison qui lui servait de chambre. Tu crois que ça aurait été mieux ? La seule chose qu’on peut se reprocher, c’est de ne pas avoir réussi. Et crois-moi, j’ai eu le temps de ressasser et de refaire le plan des milliers de fois depuis. J’arrive toujours à la même conclusion : ce plan, au détail près, c’était notre meilleure chance.


Son point de vue était presque convainquant. Aeden aurait pu facilement succomber à la tentation de laisser toutes responsabilités de sa part disparaitre. Mais il était trop honnête. Ou trop têtu. Ou trop centré sur lui-même. Jimin le lui avait dit lors de leurs séances, les surdoués supportaient difficilement l’échec. Alors c’était juste ça ? Il savait bien que non. Il avait le sentiment qu’il y aurait pu avoir une solution. Qu’il aurait pu trouver une solution. Qu’il aurait pu être moins mauvais. Mais il ne savait pas se servir de sa tête. Ou plutôt, qu’il ne voulait pas. Est-ce que… est-ce que le Génie pleurait ? Il passa une main rapide sur ces yeux, repoussant l’humidité, apercevant effectivement un sillon humide sur la joue de son camarade.

- Alors maintenant, si tu veux tout laisser tomber et rester en boule à pleurer dans un coin, libre à toi. Moi, Lore m’a fait promettre de la venger. Et c’est précisément ce que je vais faire mais…

Lore… Lore lui avait parlé ? Ils avaient pu se parler ? La gorge d’Aeden se serra.

- Mais la seule chose que je te demande, que je vous demande, se reprit-il en jetant un regard à Adèlys, c’est de m’aider pour empêcher Cap de… de continuer sur cette pente-là. Sinon j’ai bien peur de ne jamais pouvoir tenir ma promesse.


C’était là la différence entre lui et Alexander. Cette volonté… cette force de caractère. Il était là, debout, prêt à en découdre. Mais comment aurait-il pu aider une personne comme lui ?

- Je peux compter sur vous ?


Il devait se laisser une chance. Se donner la possibilité d’essayer. Il pouvait continuer à fuir l’échec en refusant d’essayer mais ça finirait par le hanter. Il finirait par perdre tout ce qui était précieux. Tout ce pour quoi la vie valait la peine. Comment pouvait-il aider Cap quand il discutait avec le Génie ? Un raclement de gorge l’interrompit dans ses pensées.

« Je passais juste dire bonjour. Mais si je peux me permettre de répondre à ta question, chaton ... »

La fille adressa un clin d’œil à Alexander. Le surdoué la déviagea interrogatif. Chaton ? Il plissa les yeux, affrontant le regard qu’elle lui adressa. La voix d’Adèlys le ramena à la discussion, effaçant cette drôle de fille de ses pensées.

- Bon, vous avez terminé de vous lamenter sur le passé ? Si je devais faire comme vous à chaque fois qu'un drame se passait dans ma vie, je serai encore en train de me plaindre.


Il plissa les yeux. Il se demandait bien qui était cette Adèlys. Il ne savait rien d’elle.

- Donc, Génie, je vais être très claire : si tu veux de mon aide et de mon soutien, je te conseille de me faire part de tes plans la prochaine fois que tu en as. Quelqu'un qui a de l'expérience dans cet endroit est plus que bénéfique, regarde comme la dernière fois je t'ai évité de te retrouver en Z.


Alexander avait failli se retrouver en Z ? Le regard qu’elle lui adressa était clairement aussi efficace que si elle lui avait mis une claque elle-même. Il fixa son regard en colère, un peu perdu.

- Aeden, c'est ça ? Ce que je viens de dire vaut pour toi aussi. Cesse un peu de te lamenter. Ce qui s'est passé est tragique, mais désormais on doit s'attarder sur ce qu'on peut réellement sauver. Parce que sinon, vu comment tu vois les choses, lorsque Cap disparaîtra - s'il disparaît - , tu viendras te plaindre parce que :" Je n'ai rien fait, tout est de ma faute. Cap est tout ce qui compte à présent, est-ce clair ?


Il hocha la tête.

- Donc pour la dernière fois, Génie, merde, dis-nous ce qu'il s'est passé pour qu'on puisse enfin avancer !

Elle fit presque sursauter le garçon lorsqu’elle frappa du poing sur la table. Il n’était pas sûr d’être d’accord avec tout ce qu’elle avait dit, mais elle n’avait pas non plus tort. Elle avait des allures de chef dans sa façon de s’exprimer, et le garçon avait toujours été allergique à tout ce qui avait l’air autoritaire. Cette façon de dire au Génie qu’il aurait dû venir la voir avant de faire évader Lore, sa façon de lui dire qu’elle voulait entendre les plans, les approuver... elle cachait clairement quelque chose. Elle faisait partie des personnes qui embrassaient la cause des révolutionnaires à 100%. Elle, elle connaissait certainement le nom de l’auteur du journal clandestin.





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Le Génie observait ses compagnons, une once de supplication dans le regard en l’attente d’une réponse. Mais celle-ci ne vint pas, étrangement remplacée par une voix qu’il n’attendait pas juste dans son dos.

- Je passais juste dire bonjour. Mais si je peux me permettre de répondre à ta question, chaton …

La Cannibale. Il aurait aimé se demander ce qu’elle faisait ici mais la réponse était évidente. Elle venait prendre son petit déjeuner comme tout le monde. Mais elle tombait mal, très mal. Et pourtant… Il essuya ses yeux humides discrètement avec les débris de sa serviette en papier. Ne manquait plus qu’elle ne le voit pleurer. S’il comprit le sens de ses mots, il ne comprit pas pourquoi elle lui proposait son aide. Ils se connaissaient si peu... Il reçut son clin d’œil sans faire preuve d’aucune réaction particulière, l’observa adresser un salut de la tête à Adèlys et fut intrigué du fait qu’elle garde un regard singulièrement long sur Aeden avant de s’en aller. Il prit note de l’interroger à ce sujet plus tard. Se connaissaient-ils ? Ils avaient l’air de partager quelque chose dont il n’était pas au courant. Mais pour l’heure, il avait d’autres soucis à gérer. D’ailleurs, Adèlys revenait déjà sur le sujet, n’accordant ostensiblement pas une seule pensée à la fille qui avait interrompu leur discussion.

- Bon, vous avez terminé de vous lamenter sur le passé ? Si je devais faire comme vous à chaque fois qu'un drame se passait dans ma vie, je serai encore en train de me plaindre.

Elle désignait en particulier ses jambes, la main tremblant sous le coup de l’émotion. Le Génie se fit la réflexion qu’effectivement, Adèlys faisait certainement partie des patients envoyés là plus ou moins avec leur accord, avec l’espoir que leur état s’améliore. Jusqu’à ce qu’ils comprennent la faible probabilité de réussite.
Mais plus important, elle avait raison. Se plaindre ne mènerait à rien de concluant.

- Donc, Génie, je vais être très claire : si tu veux de mon aide et de mon soutien, je te conseille de me faire part de tes plans la prochaine fois que tu en as. Quelqu'un qui a de l'expérience dans cet endroit est plus que bénéfique, regarde comme la dernière fois je t'ai évité de te retrouver en Z.

Il hocha la tête, affirmativement. Il comprenait. Elle n’avait pas apprécié d’être mise à l’écart, il le concevait. Il n’était pas tout à fait d’accord avec la dernière partie, il aurait su se débrouiller sans elle – pour le cas particulier auquel elle faisait allusion – mais il préféra se taire. Il n’avait aucune envie de débattre encore une fois de ça, et elle paraissait déjà suffisamment remontée comme ça. Sans compter qu’il avait besoin de son aide. Mais curieusement, cet état de fait resta une raison secondaire de son silence. Ses stratégies sociales de manipulation l’intéressaient de moins en moins. Il ignorait pourquoi, mais aujourd’hui, le bien-être d’Adèlys, d’Aeden et de Cap passaient en priorité.
Puis elle se retourna vers Aeden, visiblement aussi en pétard contre l’un que contre l’autre et l’enguirlanda à son tour. Il n’écouta pas vraiment, ne voulant pas en rajouter encore une couche mais ne put s’empêcher une grimace silencieuse. « Lorsqu’il disparaîtra ». Elle avait beau s’être rattrapée… Merci Adèlys. S’il croyait aux mauvais présages… Mais il se contenta d’essayer d’ignorer la pensée qui lui disait qu’apparemment, elle le pensait déjà foutu. Il serra les dents tandis qu’elle enchaînait, de nouveau à son attention.

- Cap est tout ce qui compte à présent, est-ce clair ? Donc pour la dernière fois, Génie, merde, dis-nous ce qu'il s'est passé pour qu'on puisse enfin avancer !

Il sursauta alors qu’elle tapait du poing sur la table, surpris. Il ne l’avait jamais vu en colère. Agacée, un peu énervée mais à peine plus. Etait-ce Cap qui l’inquiétait à ce point ? Avait-il sous-estimé le capital sympathie de ce dernier ? Où était-ce juste un trop plein de tout qui choisissait cette occasion pour s’exprimer ? Dans tous les cas, il n’était pas sûr d’apprécier ce soudain ton péremptoire et cette grossièreté dans la bouche de la paraplégique. Enfin… Régler le problème de Cap d’abord. Et il réglerait ensuite ses comptes avec Adèlys.
Il posa les coudes sur la table, se massant les tempes pour évacuer l’agacement qui montait avant de répondre, l’air visiblement contrarié.

- Je ne sais pas justement, c’est bien ça le problème. Je me suis réveillé avec… avec ça et… Je ne sens presque plus la présence de Cap.

Il n’avait pas besoin de relever les yeux sur ses compagnons pour deviner leur regard interrogatif sur lui mais comment leur expliquer ? Il ne voyait que la métaphore.

- Imaginez une maison, avec deux chambres. Les chambres sont des recoins de notre cerveau, personnel à chacun tandis que nous partageons le reste. Cap ne peut pas entrer dans ma chambre, tout comme je n’ai pas accès à la sienne.

Il se mordit la lèvre. Il les espérait suffisamment ouverts d’esprit pour ne pas faire de commentaires sur cette bizarrerie. Il inspira un grand coup.

- Depuis… La mort de Lore…

C’était difficile à dire. Il avait pris le temps mais sa voix n’avait pas tremblée. C’était tellement surréaliste.

- Il s’est enfermé dans sa chambre. Ce n’est pas la première fois, ça arrive de temps à autre que nous nous isolions mais… D’habitude, Cap est bruyant, même isolé de la sorte. Et là, je ne l’entends plus. Ou à peine. Ce n'est pas normal. Ca m’inquiète.
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Sauvez Cap

Jamais, au grand jamais, elle n'avait à ce point hausser le ton. Elle n'avait jamais crié sur quelqu'un. Elle n'avait jamais frappé quoique ce soit. Elle ne savait pas ce qui la mettait dans cet état de frustration, de rage, de... De tout ce qui pourrait faire trembler ses mains.
Elle avait cependant une idée. Elle avait enfermé tant de choses en elle pour protéger les autres, et voir quelqu'un qui se plaignait d'une faute qu'il n'avait pas commise... C'était probablement le déclencheur d'un flot de haine contre cet Institut.

Heureusement, elle avait bien fait de frapper du poing sur la table. Pour une fois, elle avait réussi à se faire entendre. Ils pourraient enfin se concentrer sur ce qui était vraiment important en cet instant. Cap.
Le Génie se massa les tempes, comme pour l'aider à se rafraichir la mémoire. Elle desserra les poings en inspirant.
Enfin, enfin, ils allaient se pencher sur quelqu'un à sauver. Enfin.

Elle ne savait pas quoi penser de ce Aeden, mais sa petite démonstration "d'impuissance" lui avait montré suffisamment de choses. Elle le voyait comme un petit garçon à la fois perdu et en quête d'attention. C'était tout ce qu'elle voyait de lui. En soit, rien de bien méchant, mais suffisamment égoïste pour faire sortir Adèlys de ses gongs. Il était question de Cap, pas d'Aeden. Elle ne comprendrait jamais de tels raisonnements. C'était, pour elle, incompréhensible de continuer à penser à soi-même lorsque quelqu'un venait de demander de l'aide à la dite-personne.

- Je ne sais pas justement, c’est bien ça le problème. Je me suis réveillé avec… avec ça et… Je ne sens presque plus la présence de Cap.

Elle avait des tas de questions à lui poser. Où s'était-il procuré une arme assez coupante pour lui créer de telles plaies ? Ne s'en est-il pas rendu compte avant puisqu'ils partagent le même corps ? Y avait-il des signes de la disparition de Cap ? Si oui, pourquoi ne s'en est-il pas inquiété avant ?
Elle écouta avec attention, tout en se calmant, les explications du Génie.

- Imaginez une maison, avec deux chambres. Les chambres sont des recoins de notre cerveau, personnel à chacun tandis que nous partageons le reste. Cap ne peut pas entrer dans ma chambre, tout comme je n’ai pas accès à la sienne.

Adèlys opina, comprenant parfaitement où il voulait en venir. Cette pathologie était à la fois effrayante et fascinante. Elle comprenait pourquoi il était à l'Institut, et pourquoi ils l'ont accepté en leur sein.

- Depuis… La mort de Lore…

Elle secoua la tête, comme pour lui signifier qu'il n'avait pas besoin d'en dévoiler davantage. Elle ne voulait pas lui insuffler plus de souffrance. Loreleï était sa soeur, et sa disparition a provoqué celle de Cap. Le reste était facile à deviner.
Cependant, dans l'état actuel des choses, comment faire retentir la sonnette d'alarme jusque dans la chambre de Cap si même le Génie n'y arrive pas ?

- Il s’est enfermé dans sa chambre. Ce n’est pas la première fois, ça arrive de temps à autre que nous nous isolions mais… D’habitude, Cap est bruyant, même isolé de la sorte. Et là, je ne l’entends plus. Ou à peine. Ce n'est pas normal. Ca m’inquiète.

Elle posa sa main sur l'épaule du Génie, les yeux rivés sur le sol, un air de réflexion sur le visage. Elle n'arrivait pas à comprendre comment ils pouvaient désamorcer la situation. Quelques idées émergeaient dans son esprit sans vraiment qu'elle y croit. Et elle ne voyait pas comment Aeden et Adèlys pourraient bien changer la donne.
Cependant, elle refusait de croire que c'était la fin pour Cap. Surtout que si Cap allait si mal, il ne devait en aucun cas atteindre à la vie du Génie.

- Génie... Je vais tenter quelque chose. Ne panique pas.

Elle prit le visage d'Alexander entre ses mains et elle le força à la regarder. Elle planta son regard si profondément dans le sien qu'elle arriverait presque à voir les deux chambres, côte à côte.
Elle inspira, s'efforçant à ne pas cligner des yeux. Elle commença avec une voix douce et calme, comme si elle parlait à un enfant :

- Cap. Je sais que tu m'entends, alors s'il te plaît écoute-moi. Je sais que la disparition de ta sœur est un véritable choc - que dis-je - un traumatisme. Vous étiez si proches que vous en étiez touchants, l'un et l'autre. De nombreuses fois votre complicité m'a rappelée celle que j'avais avec ma sœur, et je vous enviais sincèrement. Cependant, bien que vous vous affichiez toujours à deux physiquement, il n'empêche que vous étiez un trio : toi, elle et le Génie. Il a besoin de toi, Cap.

Elle déglutit avec difficulté, sentant que sa gorge se faisait plus sèche alors que ses yeux s'humidifiaient. Ils cherchaient avec vigueur une quelconque lueur dans les yeux d'Alexander qui prouverait l'existence de Cap.
Elle tenta d'être plus forte que la tristesse qui venait de l'envahir, mais sa voix réussit à la trahir :

- J'ai besoin de toi, Cap. Aeden a besoin de toi. Nos vies, sans toi, seraient si tristes... Si moroses. Chaque jour tu apportes un peu plus de joie, de couleur, d'énergie. Et si elle a fait promettre au Génie de la venger, alors je suis certaine qu'elle te la fait promettre à toi aussi. Alors honore-la, Cap. Honore ses paroles. Honore sa confiance.

Elle lâcha finalement le visage du Génie pour essuyer les larmes qui s'échappaient de ses yeux. Elle ne fit aucun gémissement, elle resta silencieuse dans ses pleurs. Après tout, ce n'était pas elle qui importait.



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- Cap est tout ce qui compte à présent, est-ce clair ? Donc pour la dernière fois, Génie, merde, dis-nous ce qu'il s'est passé pour qu'on puisse enfin avancer !

Cette façon très autoritaire de parler aurait pu braquer le Génie, mais la situation ne lui permettait pas ce luxe. Pas plus qu’il n’aurait dû permettre à Aeden d’agir comme un sombre crétin.
Le surdoué n’aurait su dire si l’agacement dans la voix du garçon provenait de son incapacité à aider Cap où la soudaine colère d’Adèlys.

- Je ne sais pas justement, c’est bien ça le problème. Je me suis réveillé avec… avec ça et… Je ne sens presque plus la présence de Cap. Imaginez une maison, avec deux chambres. Les chambres sont des recoins de notre cerveau, personnel à chacun tandis que nous partageons le reste. Cap ne peut pas entrer dans ma chambre, tout comme je n’ai pas accès à la sienne.


Il ne semblait pas sûr de lui, inquiet de leurs réactions. Bien loin du Génie qu’Aeden connaissait. Les choses avaient changés en très peu de temps. Et il était temps que le surdoué l’accepte. Et avance. Au lieu de faire du surplace. Adèlys hocha la tête, l’invitant à continuer.

- Depuis… La mort de Lore… Il s’est enfermé dans sa chambre. Ce n’est pas la première fois, ça arrive de temps à autre que nous nous isolions mais… D’habitude, Cap est bruyant, même isolé de la sorte. Et là, je ne l’entends plus. Ou à peine. Ce n'est pas normal. Ca m’inquiète.


Comment étaient-ils supposer parler à Cap si même le Génie n’y parvenait plus ? Trouver un moyen de le faire sortir de sa chambre semblait proprement impossible. Mais il ne pouvait abandonner tout espoir, cela prendrait le temps qu’il faudrait, mais il trouverait une solution. Adèlys se pencha pour poser sa main sur l’épaule du Génie. Son regard reflétait une intense réflexion.

- Génie... Je vais tenter quelque chose. Ne panique pas.

Elle planta son regard dans celui du Génie, on aurait dit qu’elle tenait de l’hypnotiser. Avait-elle ce talent ?

- Cap. Je sais que tu m'entends, alors s'il te plaît écoute-moi. Je sais que la disparition de ta sœur est un véritable choc - que dis-je - un traumatisme. Vous étiez si proches que vous en étiez touchants, l'un et l'autre. De nombreuses fois votre complicité m'a rappelée celle que j'avais avec ma sœur, et je vous enviais sincèrement. Cependant, bien que vous vous affichiez toujours à deux physiquement, il n'empêche que vous étiez un trio : toi, elle et le Génie. Il a besoin de toi, Cap.


Ces mots étaient justes. Mais Aeden ne savait pas s’il parviendrait jusqu’à Cap où s’il ne ferait que ricocher sur la porte de sa chambre.

- J'ai besoin de toi, Cap. Aeden a besoin de toi. Nos vies, sans toi, seraient si tristes... Si moroses. Chaque jour tu apportes un peu plus de joie, de couleur, d'énergie. Et si elle a fait promettre au Génie de la venger, alors je suis certaine qu'elle te la fait promettre à toi aussi. Alors honore-la, Cap. Honore ses paroles. Honore sa confiance.

La voix d’Adèlys semblait tremblante. Le surdoué intégrait ces paroles avec difficulté. Il n’avait plus parlé au Génie. Alors, il ne savait pas que Lore lui avait parlé. Qu’elle avait eu le temps… Elle voulait une vengeance ? Contre qui ? L’institut. Sa façon à elle de porter Alexander même après la mort.

Le surdoué avait soudainement l’impression qu’un monde le séparait d’Alexander et Adèlys. Qu’ils étaient adultes. Qu’il était enfant. La façon dont elle pleurait, la façon dont il prenait la situation dans laquelle il était. Il se sentait petit. Inutile. Et égoïste. Sauf qu’il ne voulait pas que cela reste ainsi. Il voulait grandir. Apprendre. Etre utile. Arrêter de rester centrer sur lui. Il n’avait aucune idée de la manière dont il devait s’y prendre, mais il se débrouillerait. Cela ne servait à rien qu’il ouvre la bouche pour dire qu’il ne savait pas comment aider le Génie. Il resta donc silencieux. Mais plus le même silence que celui qu’il avait pu avoir au début de la conversation. Ces yeux parlaient. Ces yeux, à nouveau planté dans ceux de son ami, ne cherchant pas à se faire pardonner, mais cherchant à grandir. Il ne comptait plus quitter le Génie d’une semelle jusqu’à ce qu’il trouve une solution.





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Adèlys posa une main sur son épaule, compatissante. Le Génie n’était pas féru de contact physique, mais pour une fois, ce geste lui fit un peu de bien. C’était assez nouveau pour lui d’avoir besoin d’être soutenu, et encore plus d’accepter un soutien, qu’il avait demandé de plus ! Ce jour d’avril avait décidemment tout changé. Plus il y penserait par la suite, plus il s’imposerait comme une évidence que ce jour marquait une grande rupture dans sa vie. Rien ne serait plus jamais comme avant.

- Génie... Je vais tenter quelque chose. Ne panique pas.

Euh… Ok. Il paniquait d’ores et déjà. Ce n’était jamais bon signe quand on vous disait de ne pas paniquer. Alors qu’Adèlys attrapait son visage de ses deux mains et l’approchait du sien, un éclat singulier apparut dans son regard alors qu’il ne pouvait s’empêcher de plonger en apnée, faisant petit à petit monter le rouge à ses joues. Trop près. Bien trop près. Avec cette fille qui violait complètement son espace vital, ses pensées s’emballer de façon dramatique. Elle… Elle ne comptait pas l’embrasser n’est-ce pas ? Parce que franchement, c’était pas le moment, et puis, c’était pas interdit à l’Institut ça ? De toute façon, les démonstrations en public vraiment, c’était assez indécent et… et.. Et si la Cannibale était encore dans les parages et voyait ça ? Enfin il ne voyait pas trop ce que ça pourrait lui faire après tout, et puis lui, finalement, ça ne le gênait pas non plus… Enfin si ! Si ça le dérangerait ! Après tout ils étaient amis hein ? A-mis ! Juste amis ! et… et… Il revint petit à petit sur terre en réalisant qu’elle ne faisait que parler et surtout, que ce n’était pas à lui qu’elle s’adressait.
Alors qu’elle se taisait et qu’elle scrutait ses yeux, probablement à la recherche d’un signe quelconque de l’efficacité de ses mots, il était redevenu calme même si la proximité le mettait encore très mal à l’aise. Son corps s’était détendu, il respirait de nouveau, et surtout, surtout, quelque chose dans sa tête l’interpella. Un léger grincement, comme une porte qui s’entrouvre.

- J'ai besoin de toi, Cap. Aeden a besoin de toi. Nos vies, sans toi, seraient si tristes... Si moroses. Chaque jour tu apportes un peu plus de joie, de couleur, d'énergie. Et si elle a fait promettre au Génie de la venger, alors je suis certaine qu'elle te la fait promettre à toi aussi. Alors honore-la, Cap. Honore ses paroles. Honore sa confiance.

Le Génie se glissa à l’intérieur de leur espace mental et s’approcha doucement de la chambre de Cap. Il n’eut que le temps d’apercevoir l’œil qui écoutait dans l’entrebâillement de la porte avant que celle-ci ne se referme à sa vue. Il hésita un instant. Il ne savait pas quoi faire. Devait-il insister un peu ? Pourtant, son comportement était clair : il ne voulait pas le voir. Mais il ne pouvait décidemment pas le laisser comme ça. Il opta donc pour un entredeux. Frappant doucement à la porte, sans pour autant s’attendre à ce qu’on lui ouvre, il dit :
« Ecoute Cap, si c’est parce que c’est moi que tu ne veux pas voir, même si je ne comprends pas pourquoi, c’est d’accord. Mais ne reste pas tout seul, enfermé là-dedans. Il faut que tu parles un peu. Adèlys et Aeden sont là. Si tu ne veux pas me parler à moi, parle-leur à eux. Je m’enfermerai dans dans mon antre, comme ça tu seras tranquille. D’accord ? »
Il attendit une réponse qui ne vint pas. Sa main glissa le long de la porte et il lâcha juste avant de partir.
« Réfléchis-y d’accord ? Si tu te manifestes, je me retirerais aussitôt. »
Et il réintégra le monde extérieur puisque s’il se retirait en lui-même sans que Cap ne prenne le relai, soit ça ne marcherait pas, soit il s’évanouirait. Dans les deux cas, ce n’était même pas la peine d’essayer.
De l’extérieur, Alexander Hexe sembla se réveiller. Ses yeux devenus vagues reprirent de la vie et remontèrent dans ceux d’Adèlys, toujours bien trop près. Il se recula un peu, tirant sur ses manches à chaque fois qu’il cherchait à se donner du temps pour reprendre contenance avant de dire.

- Il t’a entendue. Il n’a pas voulu m’adresser un mot cependant, mais je suis certain qu’il t’a écoutée.

Il jeta un œil à Aeden, voulant voir s’il voulait tenter quelque chose lui aussi. Et son regard déterminé, beaucoup moins abattus qu’un peu plus tôt, lui fit chaud au cœur.
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Sauvez Cap

Elle ne savait plus trop où elle se situait à présent. Elle se sentait suffisamment forte pour affronter l'impuissance d'Aeden et la panique d'Alex, mais en même temps elle était terrifiée à l'idée de perdre Cap. Ce garçon était un des piliers qui permettait aux gens de se reposer et d'arrêter de se prendre la tête. Elle en avait été témoin lorsqu'il lui avait permis de "voler".

Elle leva la tête, le cerveau embrumé. Elle en avait marre d'avoir le fessier entre deux chaises, l'une étant ses envies et l'autre son empathie.

Elle regarda Aeden qui avait une nouvelle lueur dans ses yeux alors que les siens étaient encore humides. Elle s'était laissé porter par son propre discours. Elle posa alors son regard sur son plateau repas avant qu'il s'enquiert de regarder l'ensemble de la cantine. Personne ne prêtait vraiment attention à ce qu'il se passait sur leur table. Tous avaient un but, des amis à qui parler, des gens à qui se confier, des peurs et craintes, des doutes...

- Il t’a entendue. Il n’a pas voulu m’adresser un mot cependant, mais je suis certain qu’il t’a écoutée.

Adèlys opina timidement. Elle ne savait pas si elle était contente d'avoir obtenu une réaction de Cap ou non, même si elle ne l'avait pas vue.
Elle inspira par la bouche avant d'expirer par le nez.

- Je suppose que c'est un début... dit-elle surtout pour elle.

Elle ne savait pas trop quoi faire dans l'immédiat. Si déjà ses paroles ont su toucher Cap, elle était suffisamment heureuse. Or, il y avait encore du chemin à faire à en croire les blessures sur le corps de Alexander.
Adèlys avait beau se creuser la tête, rien ne lui vint.

Elle se pencha alors légèrement en avant pour s'adresser à Aeden :

- Tu ne dis rien pour l'instant. Qu'en dis-tu, toi ? Tu as des idées ?




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- Il t’a entendue. Il n’a pas voulu m’adresser un mot cependant, mais je suis certain qu’il t’a écoutée.

Le surdoué était rassuré. L’aura et l’assurance d’Adélys l’avait mené jusqu’à la porte de Cap. C’était déjà pas si mal. Et le Génie pouvait certifier qu’il l’avait entendu. C’était une bonne nouvelle aussi. C’était peut-être se réjouir pour pas grand-chose mais le jeune homme avait besoin d’espoir et voir une réaction de la part de Cap, c’était un sacré espoir.

- Je suppose que c'est un début...


C’était un très bon début. Aeden était certain que lui ne serait arrivé à rien. Il n’avait pas le talent de la jeune femme pour les mots. Il regarda son assiette ou trônait sa lasagne qui semblait désormais froide.

- Tu ne dis rien pour l'instant. Qu'en dis-tu, toi ? Tu as des idées ?


Il était presque surpris qu’on s’adresse à nouveau à lui. Il n’avait pas franchement brillé de par ces paroles aujourd’hui. Les autres jours non plus d’ailleurs. Et le penser devait faire de lui un parfait crétin en plus. Après s’être mordu la langue comme pour s’aider à se réveiller, il releva les yeux de son assiette, dévisageant à tour de rôle le Génie et Adélys. Le garçon avait la gorge aussi sèche que serrée. C’était comme si elle s’était enroulé sur elle-même. Il se permit donc d’avaler une gorgée d’eau avant de s’exprimer, se raclant la gorge comme il le pouvait :

-Je n’ai aucune idée de la manière dont on peut aider Cap pour l’instant. Mais…


Il hésita une seconde. Puis se reprit. Ce n’était pas le moment de garder ce qu’il pensait pour lui. Ni d’être hésitant.

-La seule solution pour que les choses ne tournent pas plus mal, se serait d’en parler à ton médecin. Elle saura trouver une solution pour que tu évites ce genre de… mauvaises surprises.


Il savait que le médecin d’Alexander serait une oreille attentive. Qu’elle serait capable de faire quelque chose. Elle faisait partie de ces médecins qui soignaient vraiment. Un peu moins hésitant, il ajouta, essayant de former des phrases sur base du méli-mélo qui s’entrechoquait dans son esprit :
-Peut-être qu’on pourrait essayer de rallumer la flamme révolutionnaire de Cap. Si Lore lui a demandé vengeance, il ne peut pas l’ignorer.


Lui non plus ne pouvait pas l’ignorer. Elle ne lui avait rien demandé mais si elle voulait voir l’institut détruit, il ferait de son mieux pour que cela devienne possible.

-On pourrait essayer de se réunir plus souvent histoire de trouver les failles de l’Institut. Ils en ont forcément.







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