- "C'était ta soeur ?.." - PV

Messages : 79
Points de confiance : 0
Date d'inscription : 08/03/2018
Age : 16
Localisation : Dehors ou perché(e) au balcon de la fenêtre au fond de l'aile X, avec Soma
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
X54
Ven 1 Juin - 19:57

"C'était ta soeur ?.."


              Cette toux grasse devenait réellement embarassante.
Cela aurait pu me raisonner à ne plus passer mon temps dehors; mais subir la vision des couloirs de mon pavillon me mettait mal à l'aise, ces derniers temps. Je n'arrivais plus à marcher dans la cour sans y visionner cette estrade fraîchement démontée.
C'était toujours difficile pour moi d'analyser correctement ce que j'ai aperçu, ce jour là. De vraiment réaliser, même au fil des jours, que quelqu'un avait bel et bien été assassiné sous nos yeux à tous. De la main de mon docteur, de surcroît. Par celui que je vois en auscultation tous les matins.
J'aurais pue le remarquer, qu'il n'était plus le même depuis cette fameuse exécution; mais tous les visages de mon entourage avaient changés subitement. La plupart des patients que je connaissait par delà leur matricule se faisaient discrets depuis qu'ils ont entendus ce coup de feu...Je ne pouvais que les comprendre. Notre espoir à chacun était écrasé sous le poids de la peur et je ne pouvais pas y être insensible.
Plus personne n'était sûr au sujet de qui méritait notre confiance, dans le personnel. J'observais notamment mon corbeau se faire de plus en plus craintif à l'approche de n'importe quel médecin, souffrant de ne pas pouvoir d'avantage le rassurer qu'en lui parlant du ciel, de la nature, des oiseaux, avec ce sourire naïf qui m'as toujours fait défaut. Eux, au moins, étaient libres. Ils n'étaient pas étouffés derrière des barrières, à attendre de se faire abattre par une balle; si Z01 aurait eue des ailes, elle aurait pue s'envoler à tout moment, loin d'ici. J'évoquais souvent cette pensée durant nos nuits blanches, quand Soma et moi restions réveillés pour ne plus faire face aux cauchemars.
Mais le mal était fait, à présent. Et je préférais sentir mes muscles glacés par le vent des côtes que de me retrouver proie à ces flashs morbides, qui envahissaient à présent la cour centrale. Elle restera toujours hantée par l'odeur de la mort, quoi qu'on fasse.

Je traînais mon rhume dans les alentours du bâtiment jusqu'à finalement atteindre le lac. Un bel endroit. Ma mâchoire s'écarte jusqu'à ce que ça en devienne douloureux, exposée à une vision si apaisante. Je souffrais définitivement de mon manque de sommeil, mais je préférais ne pas m'en plaindre. Le fait de rester à côté de mon oiseau noir rendait la période nocturne la moins anxiogène de la journée, et ce même en nous sachant dans l'interdit. Cela devenait de moins en moins fréquent pour moi d'être seul(e), sans lui.
Une sensation étrange m'envahissait, comme si mon isolement en ce lieu n'avait pas lieu d'être.. J’espérais secrètement qu'il ne m'en veuille pas, tout en m'approchant du rivage.

Inconscient(e), j'enlève l'un de mes chaussons pour y tremper le bout du pied. J'ai tôt fait de le retirer hâtivement en la sentant encore glacée. Ce n'est certainement pas cela qui améliorerait mon état, mais à choisir entre ma santé et ma curiosité, le choix était toujours vite fait.
Mes yeux s'écarquillent lorsque j'aperçois une petite silhouette se dandiner frénétiquement sous l'écume avant de disparaître. Une nouvelle vient prendre sa place, et mon corps s'accroupit lentement afin d'observer ces poissons avec un petit sourire sage. Je m'efforçais à faire le moins de bruit possible, contrôlant jusqu'à la force de mes respirations, pour ne pas les effrayer.

Cela n'avait alors rien d'étonnant que dans ce silence, les pas du patient derrière moi faisaient écho de manière plus remarquable. Sans réfléchir une seule seconde, je poste mon doigt devant mes lèvres tout en soufflant un "Chuuuut..." au spectateur inconnu qui approchait non loin. Après tout, qui sait si les poissons avaient des oreilles.
Il est normal pour n'importe quel animal inoffensif d'avoir peur des humains, surtout lorsqu'ils possèdent parfaitement le pouvoir de les étouffer sous leur grande main, eux qui sont noyés dans une cage sous-marine.

Ils étaient comme nous, ces poissons. Moi aussi, j'aurais aimé ne pas avoir les avoir notifiés, les prédateurs. Ne jamais me sentir autant en danger dans cet Institut qu'à l'heure actuelle.

Code by Joy




Blblblblbl <3:





Messages : 187
Points de confiance : 0
Date d'inscription : 05/05/2017
Age : 17
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
X111
Mer 6 Juin - 23:17
« - Docteur je vous en prie. Faites quelque chose.
- Que se passe-t-il Génie ?
- C’est Cap. La mort de notre sœur… Il le vit mal. Très mal.
- C’est-à-dire ?
Le patient retire son haut d’uniforme. Son corps est mutilé, notamment aux niveaux des avant-bras et du ventre.
- Mon dieu. Je te prescris toute de suite quelque chose.

Transcription annotée d’un enregistrement audio : 05/06/18 »


Ce matin-là, quand Cap se réveilla, il n’avait aucune idée du jour où l’on était. Dehors, il faisait plutôt beau, le soleil entrait timidement dans sa chambre, faisant danser la poussière. Tout était calme. Tranquille. Il avait l’impression vague que quelque chose n’était pas normal. Qu’il manquait quelque chose notamment. Mais alors quoi ? Il n’en avait aucune idée. Il haussa les épaules, n’ayant pas envie de se prendre la tête avec ça.
Il se leva, alla prendre sa douche et son petit déjeuner. Toutes les personnes qu’il croisait tirer une tête étrange. A croire qu’ils se rendaient à un enterrement. Bon, d’accord, sur terre y avait mieux que la cantine de l’Institut – même s’il n’y avait pas vraiment de quoi s’en plaindre – mais quand même, ça méritait pas une tête pareille !
« Hein ? Qu’est-ce que t’en penses Génie ? »
Seul le silence lui répondit. Bizarre. Il alla frapper à sa porte : pas le moindre signe de vie. Etait-ce ça la sensation de vide qu’il avait éprouvé au réveil ? C’était vraiment étrange. Ca arrivait que le Génie refuse de lui répondre mais là… On aurait dit qu’il n’était tout simplement pas là. Qu’il s’était absenté. Cap rigola tout seul en imaginant le Génie parti faire des courses. Il avait du mal à voir comment il avait bien pu s’en aller mais après tout pourquoi pas. Au moins, pour une fois il n’aurait pas ses critiques en continu dans la tête, ça serait reposant. Autant en profiter tant qu’il n’était pas là !
Une fois qu’il eut terminé son petit déjeuner, il alla se promener. Il avait une idée bien précise en tête. Profiter de l’absence du Génie pour en faire un maximum qu’à sa tête. Il avait bien envie d’aller faire un tour au lac. Voire dans le lac. En cette saison, l’eau devait encore être froide mais bon, askip c’est bon pour la circulation donc pourquoi diable se priverait-il ? C’est donc d’un pas énergique qu’il s’y rendit, s’amusant à varier les façons de se déplacer une fois hors de vue des agents de sécurités. Sur les mains, en roulant tel un ninja, en rampant façon commando… Son uniforme était totalement maculé de terre. Qu’est-ce que le Génie aurait râlé s’il avait été là ! D’ailleurs, finalement, ça l’ennuyait un peu d’être seul. Il n’avait même pas le plaisir de le faire tourner en bourrique, ça rendait ses bêtises un peu décevantes.
En plus, sur le chemin, de drôles d’image lui traversaient l’esprit. De la neige. Trois corps frigorifiés. Un coup de feu. Du sang. Un immense chagrin l’envahissait, sans qu’il n’en connaisse la raison. Il ne s’interrogea que le temps de refaire l’un de ses lacets avant de secouer la tête et de bien vite chasser ces pensées désagréables. Décidemment, un tour dans l’eau glacée du lac lui ferait le plus grand bien !
Alors qu’il arrivait au bord du lac, il vit qu’il y avait été devancé.

- Bonj…
- Chuuuuuuuuuut !

Il s’immobilisa. Une silhouette aux cheveux longs, qu’il prit tout d’abord pour une fille, se retourna brusquement et lui fit signe de se taire. Il pencha la tête sur le côté, interrogatif. Pourquoi devait-il se taire ? On n’était pas dans une bibliothèque. Cependant, il accepta l’ordre. Il ferma une fermeture éclair imaginaire sur sa bouche avant d’enlever ses chaussures pour faire moins de bruit en s’approchant de nouveau.
Finalement, la silhouette n’était pas si féminine en s’approchant. Elle aurait très bien pu être celle d’un garçon. Du coup, c’en était un ? Il haussa les épaules. Après tout quelle importance ? Garçon ou fille, il voulait juste comprendre pourquoi on lui avait dit de se taire. Alors, il suivit le regard de l’individu à côté duquel il s’était accroupi mais il n’y voyait rien de remarquable.

- Pourquoi est-ce qu’il ne faut pas faire de bruit ? Lui chuchota-t-il à l’oreille.
Messages : 79
Points de confiance : 0
Date d'inscription : 08/03/2018
Age : 16
Localisation : Dehors ou perché(e) au balcon de la fenêtre au fond de l'aile X, avec Soma
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
X54
Mar 12 Juin - 23:07

"C'était ta soeur ?.."


              J'étais fasciné par ces petites ombres dansantes. Elles virevoltaient insouciamment sous l'eau pendant que j'hésitais à perturber leur balade du bout des doigts. Pour l'avoir déjà expérimenté auparavant, interpeller ainsi la surface du lac crée de jolis échos aqueux en forme de cercles. Je me demande si ces drôles d'animaux trouveraient cela aussi joli, de leur point de vue.

"Pourquoi est-ce qu’il ne faut pas faire de bruit ?"

Ce souffle vint caresser mon oreille tel un chatouillis, que je vint chasser spontanément d'un frottement d'épaule. Je constatais de mes grands yeux verts la présence à mes côtés d'une manière plus évidente que précédemment. Je ne pensais pas que cet inconnu irait m'approcher d'aussi près, alors mes pupilles le dévisageaient avec un certain étonnement. Sans trop faire attention, je me laissais mon âme plonger la tête la première dans ses deux iris très claires. Elles semblaient grises, quoi qu'elles tiraient légèrement sur le l'émeraude, elles aussi; peut-être était-ce le reflet des feuillages des arbres, qui sait ? Leurs branches s'agitaient sous les caprices du vent, au même rythme que sa crinière brune déjà bien livrée à elle-même. On aurait dit ceux de Soma, mais avec plus de couleurs.

Un léger sourire vint étirer mes lèvres à cette pensée. Mes doigts étaient dorénavant décidés à aller se plonger dans l'eau, alors ma main se glissa sous deux alevins qui se tournaient paisiblement autour; je pouvais sentir leurs écailles caresser timidement ma paume, mais n'osais pas les sortir vers l'oxygène. Je les accueillais juste au dessus de ma peau pâle, qui faisait contraster leurs teintes sombres.

"...On dirait qu'ils n'ont pas peur, finalement." soufflais-je à voix basse. "Tu as l'air d'être rassurant. Ils n'ont sûrement pas envie de te laisser tout seul..."

J'avais sortie cela de manière ingénue, alors que mon attention était happée de manière un peu mélancolique par le fretin. J'eus tôt fait de zieuter à plusieurs reprise le visage de mon compère avant de me rendre compte que ma répartie était peut-être un peu décalée.

"Ah! Euh...Je parlais des poissons !" me repris-je assez promptement en indiquant ces créatures du regard. "Enfin, n'entend pas par là que je veuille te laisser tout seul ! Je-"

Ma toux me coupa dans mon élan d'anxiété, me forçant à retirer vigoureusement ma main de l'eau pour aller couvrir ma bouche. Les poissons semblaient avoir fuit en même tant qu'elle, se camouflant de sorte à ce qu'on ne puisse plus les voir. Mes pensées avaient une sacrée tendance à fuguer un peu à leur guise, elles aussi; heureusement que mon rhume les avait stoppées à temps.
Je me penchais au dessus du rivage, tentant de repérer la moindre nageoire avant d'abandonner, munis d'une mine assez dépitée. Un léger silence laissa le vent s'exprimer un court instant; j'en profite pour observer de nouveau le patient qui se trouvait à côté de moi, remarquant que celui-ci n'était plus chaussé. Maintenant que j'y pense, c'était probablement la raison pour laquelle je ne l'avais pas entendu approcher.

"Tu es venu pour tremper les pieds ? Tu sais, j'y ai mis le mien tout à l'heure, et l'eau est très froide !" confiais-je alors au garçon d'un ton plus assumé, maintenant qu'il n'y avait plus personne à déranger.

Code by Joy




Blblblblbl <3:





Messages : 187
Points de confiance : 0
Date d'inscription : 05/05/2017
Age : 17
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
X111
Jeu 21 Juin - 15:19
De grands verts se braquèrent sur lui, surpris. Bah quoi ? Il avait fait quelque chose qui fallait pas ? Il lui retourna un air interrogatif qu’il accompagna néanmoins d’un sourire qui se voulait rassurant. Il avait quand même pas peur de lui si ? Enfin, il ou elle, il ne savait toujours pas sur quel pied danser. Puisque l’autre l’observait, il se permit de le/la scruter aussi, à la recherche d’indices pouvant l’aider. Des longs cheveux, des longs cils… Ca pouvait bien être une fille mais il y avait bien des garçons qui portaient les cheveux longs et des filles qui les avaient courts alors ce n’était pas très probant. Pas de poitrine apparemment non plus mais ça ne prouvait pas qu’il s’agissait d’un garçon parce que Lore…
Son regard se troubla. Lore… Il y avait quelque chose qui clochait. Pourquoi avait-il envie de pleurer d’un coup ? Lore… Il bloquait sur elle sans trop savoir pourquoi. Des pensées, des images tournaient dans sa tête à l’évocation de sa sœur sans qu’il n’arrive à réellement les saisir, comme lorsqu’on essaie de se souvenir d’un rêve. Un rêve qui avait des allures de cauchemars.

- ...On dirait qu'ils n'ont pas peur, finalement. Souffla-t-il à voix basse. Tu as l'air d'être rassurant. Ils n'ont sûrement pas envie de te laisser tout seul...

Cap cligna plusieurs fois rapidement des yeux, comme s’il émergeait soudain d’un autre monde. Il fixa son interlocuteur, le regard encore absent, essayant de comprendre ce qu’il venait de dire. Oui, il avait décidé par défaut d’utiliser le masculin en attendant de savoir. Ce n’était peut-être pas très correct de sa part s’il s’agissait d’une fille mais bon. Il le faisait dans sa tête alors il ne pouvait pas savoir et donc, pas lui en vouloir. Et puis, c’était en attendant d’en avoir le cœur net, il pouvait toujours se corriger après. D’ailleurs, il peinait un peu à réintégrer la réalité.

- Ah! Euh...Je parlais des poissons ! Enfin, n'entend pas par-là que je veuille te laisser tout seul ! Je-

Il s’interrompit, pris par une quinte de toux, tandis que lui éclatait de rire. Ah mais oui ! Les poissons ! Donc c’était à cause d’eux qu’il ne fallait pas faire de bruit ! Il comprenait mieux !

- Tu es venu pour tremper les pieds ? Tu sais, j'y ai mis le mien tout à l'heure, et l'eau est très froide !

Oh, c’était vrai ça aussi. Comment avait-il pu oublier ? Enfin, il avait la tête un peu ailleurs aujourd’hui, c’était un peu bizarre, il n’était jamais dissipé comme ça en dehors des cours.
Il sauta sur ses jambes se remettant debout.

- Yep ! Et pas que les pieds d’ailleurs !

Il se débarrassa joyeusement de ses chaussettes qu’il envoya valser aux quatre vents, tout comme les deux pièces de son uniforme, ne gardant que son caleçon. Il se jeta à l’eau d’une seule traite. C’était vrai qu’elle était froide. Ca faisait un bien monstre ! Il plongea brièvement la tête sous l’eau, histoire de se mettre complètement à bonne température.

- Ah ! Elle est fraîche ça fait grave du bien ! Tu viens ? Demanda-t-il spontanément.

Cependant, il n’avait pas plus tôt prononcé ces mots qu’il se rappela qu’il ne savait toujours pas s’il avait à faire à un garçon ou à une fille. Il passa une main dans ses cheveux, embarrassé. Il espérait qu’il ne l’avait pas brusqué. Lui, il s’en fichait de se mettre en caleçon devant une fille, si c’en était une. Il avait l’habitude avec sa sœur. Mais il n’était pas sûr que ce soit réciproque.

- Enfin, si t’en as envie hein ? Te force pas. Ajouta-t-il avec un grand sourire qui masquait mal sa gêne.
Contenu sponsorisé
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum

- "C'était ta soeur ?.." - PV

Sauter vers: