Une vieille amitié ~ [PV : Willow]

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Dim 3 Juin - 23:09
Nevrabriel avança doucement vers les cotes. Généralement, il s’y rendait pour jouer de son violon sans vraiment déranger. Comme c’était l’endroit le plus froid de l’île et que le vent soufflait plus fort, peu de monde d’y attardait, préférant le lac, ou bien le port. Mais L’écossais a toujours eut une certaine affection pour les vagues qui venaient s’échouer sur les roches.
Et outre ses moments de musique, il y était parfois, lui …
Et il avait besoin de sa présence. Maintenant, depuis la Grande Sanction, Nevrabriel avait besoin de se reposer sur des épaules plus larges que les siennes, mademoiselle Dessanges, lui …

La Grande Sanction …

Comment le prend-t-il ? Lui qui semble si détaché. Peut-être a-t-il tout simplement refusé de s’y rendre ? Il a toujours été un peu rebelle. Mais s’il s’y était rendu, il a du voir la petite se faire tuer. Comment se sent-il ? Il a toujours été plus fort que le roux. Il semblait même plus fort que les autres, malgré sa maladie. Comment va-t-il ?

L’écossais ne cherchait que rarement la compagnie de son ami, faisant tout de même en sorte de le croiser au moins une fois dans ses longues et ennuyeuses journées. Il n’était pas très loquasse et passait le plus claire de son temps à se moquer ou ignorer les autres. Mais Nevrabriel la toujours connu ainsi et l’aime beaucoup malgré son caractère de cochon.

Mais pouvait-il passer outre son coté moqueur et sa répugnance aux contacts physiques pour réconforter un vieil ami ?
Pour l’écossais, il était son plus vieil ami. Peut-être pas le meilleur qui soit, mais celui qui le connait le plus longtemps. Et il en avait besoin, de ses amis, promptement. Lui, il savait ce que le roux vivait. Il savait que Nevrabriel revivait les moments de son passé comme si il y était encore. Lui, savait que l’écossais allait revivre pendant des jours, des semaines, peut-être des mois le meurtre de Loreleï Hexe, la petite fille de la forêt. Il savait que Nevrabriel ne pouvait plus dormir, ne pouvait plus manger, ne pouvait plus sourire.
Lui, il le savait. Mais pouvait-il le réconforter ?

Plus loin, dans les cotes, sur un rocher, méditant, admirant l’horizon, il était là. Il semblait serein. Les yeux vairons de l’écossais se posèrent sur cette petite masse qui avait les yeux tournés vers la mer, une douce fumée blanche quittant les lèvres vers les cieux, un monde aussi insensible que le fond de l’océan.
Doucement, timidement et fatigué, le cadet s’avança vers la silhouette qui lui tournais le dos.
Il semblait rester fidèle à lui-même, il ne semblait pas troublé de la Grande Sanction. Mais Nevrabriel le savait fort, peut-être qu’il était touché mais le cachait ? Ou simplement, qu’il ne l’était pas …

Le jeune homme se mit à coté de lui, sans le regarder, regardant plutôt leur pieds, les bras battants, il demanda, comme un enfant :

_Tatoo … Je peux m’asseoir avec toi ?


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Dim 3 Juin - 23:12
Le vent venait balayer la flamme de son briquet, si bien que pour la énième fois il dû actionner le mécanisme, protégeant la lueur fébrile de sa main délicate. Cette fois le papier s'enflamma et il porta le filtre à sa bouche, rangeant machinalement briquet et paquet dans la poche interne de son manteau. Ses yeux se levèrent ensuite vers la mer qui s'étendait jusqu'au lointain.
   Willow avait toujours aimé cet endroit, nettement moins fréquenté que le reste de l'institut et satisfaisant bien d'avantage ses humeurs contemplatives. L'air marin lui rappelait les nombreuses vacances qu'il avait passé avec sa mère sur la côte, il ne se souvenait pas si il avait pu être plus heureux qu'en ces journées ensoleillées. Il se remémorait sa silhouette élégante, son rire, sa tendresse et sa fragilité.
   Des bruissements de pas  dans son dos interrompirent ses rêveries nostalgiques. Rien qu'au rythme hésitant de ces derniers il se doutait de qui avançait vers lui, aussi ne se retourna-t-il pas, laissant échapper une volute de fumée tout en attendant que son interlocuteur se place à ses côtés.
_Tatoo … Je peux m’asseoir avec toi ?

   En guise de toute réponse, le dit Tatoo se décala légèrement pour lui offrir d'avantage de place sur le rocher qui lui servait habituellement de siège.
   Il resta tout d'abord silencieux, ne voulant pas brusquer le visage angoissé qui était à ses côtés, celui qui appartenait désormais au jeune Nevrabriel. Will ne le regardait même pas, il ressentait sa respiration et sa gestuelle appesantie par la tristesse et le deuil, il savait pourquoi il se trouvait auprès de lui, ce qu'il attendait de lui.
   Cela lui faisait peur. Il n'avait jamais connu quelqu'un comme il connaissait Nev et se sentait souvent bien peu habile dans l'art d'entretenir cette relation. Offrir du réconfort était une tâche qui lui était peu familière et il craignait de ne pas y parvenir. Néanmoins, il mérite que je m'y essaye...
    Willow posa enfin ses yeux d'acier sur son camarade, le regardant un long moment avant de déclarer de sa voix troublante :

- Salut poil de carotte


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Dim 3 Juin - 23:33
_Tatoo … Je peux m’asseoir avec toi ?

Sans un mot, l’homme, plus âgé que l’écossais, qui semblait pourtant si jeune, se décala pour laisser son cadet s’asseoir à ses cotés. Nevrabriel n’attendit pas plus longtemps pour se mettre aux cotés de son ami, le regard bas, ne profitant ni de l’air pur ni de la vue sereine qu’offrait l’endroit.
Le jeune homme sentait le regard tenté de violet de Willow sur sa personne. Il n’avait pas la force de lever la tête vers lui, pour lui montrer ses yeux vairons. Des yeux si fatigués et vides.

L’écossais essaya de se souvenir de la dernière fois qu’il n’arrivait pas à sourire comme ça. Fatigué, mal nourrit. Ça remontait à si longtemps. Il y a trois ans pour être exact. A cet époque, il n’était pas aussi proche de la secrétaire de son médecin, il n’avait que pour réel ami et soutient l’anglais à ses cotés. Willow était maladroit socialement, mais il était là. Il a toujours été là. Nevrabriel connaissait son ainé aussi longtemps que Donatien et Adèlys, mais contrairement à Donatien, Willow n’a jamais été faux, et contrairement à Adèlys, il a toujours été présent.
L’écossais le voyait un peu comme un « grand frère », taquin, moqueur, parfois irritant, mais fidèle, et prêt à casser toute les dents qui lui ferait du tord. Même si la Grande Sanction lui a fait douter de beaucoup de monde, il ne doutait pas de Tatoo

_Salut poil de carotte.

« Poil de carotte » … Nevrabriel détestait vraiment ce surnom. Mais même s’il n’aimait pas, ça ne l’avait jamais empêché de sourire à son ami.
Seulement, c’était difficile en ce moment et le jeune homme n’arrivait pas à cacher ses émotions. Il n’a jamais été doué pour cela de toute manière, limpide et franc.

Tel qu’il le connaissait, durant cette journée de deuil, Willow aurait bien pu être allé à l’autre bout de l’île par esprit de rébellion, disant simplement « non » au règlement, « non » à l’autorité et la conformité. « Non », simplement.
Après un moment de silence, qui devait sans doute avoir durée de très longues minutes, le jeune homme s’exprima, la voix fatigué, tout comme son âme :

_Dis … où étais-tu ?


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Lun 4 Juin - 19:09
Will ne parlait pas. Il ne voulait pas rompre le silence quasi-religieux dans lequel Nev s'était plongé. La douleur enveloppait le garçon d'une aura sombre que l'anglais aurait presque pu palper de ses mains.
Sans s'en rendre compte, le blondinet s'était mis à arracher nerveusement le lichen qui tapissait le gros rocher sur lequel ils siégeaient à deux à présent. Il ne s’arrêta seulement que lorsqu'il sentit ses ongles crisser sur la surface granuleuse de la pierre, une sensation désagréable qui le fit frissonner.
Il jetait des regards en coin au rouquin, relâchant parfois des volutes de fumée dense qui disparaissaient aussitôt balayées par le vent marin.
Les minutes passaient et Nev restait silencieux ce qui commença a rendre Will nerveux, le poussant à écraser sa cigarette sous sa semelle pour en allumer une deuxième. Il allait lui demander avec ironie s'il venait de fusionner avec le rocher quand le jeune homme parla ,d'une voix blanche.

_Dis … où étais-tu ?

Will reprit tout son sérieux, essayant de réfléchir à cette question qui lui paraissait floue. Il souhaitait réellement se montrer sincère avec son ami, simplement, il n'aimait pas montrer ce qu'il ressentait.
Il se tourna vers son cadet, ancrant ses yeux froids ,et pourtant en cet instant si tendres, dans les siens, parlant de sa voix si innocente et pourtant déjà emplit d'une sagesse remarquable. Il semblait mesurer chacun de ses mots avec la plus grande attention.

_ J'étais près, bien trop près morveux. La vérité est que durant un bon moment j'ai souhaité m'endormir pour me réveiller le plus loin possible de cet endroit... Nev, tu n'es pas un idiot et tu sais que personne ne gère ce genre de tragédie de la même manière. Certains ont besoin de parler, comme toi, d'autres d'être seuls. Alors voilà, j'étais un peu partout et nulle part à la fois, mais surtout j'étais seul... Enfin, nous ne sommes pas ici pour parler de moi, pas vraiment....Vide ton sac, bonhomme, je suis prêt à t'aider.


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Mar 5 Juin - 1:40
_ … Vide ton sac, bonhomme, je suis prêt à t'aider.

Nevrabriel  tourna sa tête vers l’anglais. A la fois étonné et reconnaissant. Il ne s’attendait pas à ce que son vieil ami se montre aussi patient, à lui répondre, à lui expliquer. En vérité, il appréhendé totu de même un « Parle, qu’on en finisse. » Mais Tatoo savait que l’écossais ne se mettait pas dans ce genre d’état pour rien. Il était peut-être limpide, mais il lui en fallait beaucoup pour se laisser abattre, et ça commençait à en faire beaucoup.
Willow avait raison, il fallait qu’il parle, qu’il exprime tout ce que son cœur gardait, qu’il ne voulait pas hurler. Mais il en avait besoin, de « vider son sac ».

_Je …

Les mots lui manquaient. Pourtant, il en avait des mots. Des centaines. Tout ce mélangeait dans sa tête. Il ne savait pas par où commencer, quoi dire. Pourtant, il en avait des choses à dire. Il voulait même les hurler à la mer, que tout le monde l’entende.
Le regard vide du jeune homme semblait prendre de la lucidité. Il fronça les sourcils, à la fois furieux, dégouté et oppressé par la réalité. Ses doigts se crispèrent et il entama son récit, plus vivant que les dernières minutes, mais tout de même fatigué, Nevrabriel s’exclama :

_ Je revois le corps de Loreleï à chaque fois que je ferme les yeux, à chaque fois que je traverse la cours. Et à cause de ma maladie je revis ce moment, avec les sons, les odeurs, mes sentiments. Je revis cette scène comme si j’y étais. A chaque fois. J’ai l’impression que c’est moi qui l’ai tué … Je l’ai connu, tu sais ? Il y a deux ans, je l’ai rencontré dans la forêt, elle me rappelait ma sœur … Et je n’ai rien fais pour l’aider, je suis resté passif. Je l’ai regardé mourir … Je ne vaux pas mieux que ce qui sont pointé du doigt …
Et ça me tue de me taire alors que ça serait tellement facile pour moi de les dénoncer, tous. De rendre justice. Mais si je dénonce Barrabil, beaucoup d’innocents vont tomber pour n’avoir rien dis. Et Donatien … Je … J’ai toujours cru que c’était quelqu’un de bien malgré sa maladresse sociale. Mais … il n’a rien fais … il voulait qu’on reste pour regarder … Mais je n’arrive pas à le détester. Je lui en veux, je lui voue une sorte de mépris mais … mais je ne le déteste pas, et il fait partie des raisons pour laquelle je ne peux pas dénoncer Barrabil.
Et je ne sais pas si je dois partir ou rester. J’ai passé tellement de temps ici qu’à part ma grand-mère, j’ai l’impression que rien ni personne ne m’attend là-bas. Pourtant j’aimerais me réconcilier avec ma sœur. Mais en même temps, je ne peux pas abandonner mes amis ici. Lucy, Ulysse … et même si je sais que tu n’as pas besoin de moi, je serais très triste de te perdre. Surtout que … s’ils sont prêts à tué une adolescente, je n’imagine pas ce qu’ils sont prêt à faire d’autre. J’aimerais éviter cela aux personnes qui compte pour moi.
Et … Je déteste Barrabil … Non en fait … je me rends compte que je le déteste simplement parce que je me déteste encore plus. Je suis jaloux qu’on puisse lui pardonner un meurtre alors que ma sœur refuse de me parler. Et je me déteste tellement d’être aussi lâche, aussi impuissant, d’être ce que je suis, malade, anormal. Je me déteste …


Le visage de l’écossais commença à se crispé, mais se crispé d’un mal être propre à la tristesse. Son visage se tourna vers l’horizon, regardant cette ligne imaginaire avec une mélancolie sans frontière.

_Je me déteste tellement ...


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Ven 8 Juin - 1:03

Le rouquin se tourna vers lui, la mine désemparée, semblant rassembler son courage. Willow le regardait patiemment, silencieux. Seuls sa chevelure blanche et la fumée de la même couleur qui s'échappait de sa cigarette trahissaient sa vivacité. Ainsi face à face il pouvait contempler le visage ravagé par le doute de son vis à vis.
Lui qui était d'ordinaire si calme et si souriant aurait pu déprimer à présent le plus joyeux des chiots.
Will se demandait s'il avait, ne serait-ce qu'une fois dans sa vie, été aussi triste que pouvait l'être son compagnon.

_Je …

Will voyait bien que son ami peinait à s'exprimer, les mots se bousculaient jusqu'à ses lèvres et s'y entassaient sans pouvoir en sortir.
Il sentait un torrent d'émotions diverses traverser le corps de l'écossais, à tel point qu'il ne semblait plus savoir laquelle serait la plus appropriée.
Une fois de plus Willow attendit, , se contentant de tirer doucement sur sa cigarette et de souffler un jet de fumée vers la mer, la mine indéchiffrable.
Nev sembla néanmoins se ressaisir légèrement, se mettant à parler avec une sorte d'agressivité que l'anglais ne lui connaissait pas.

_ Je revois le corps de Loreleï à chaque fois que je ferme les yeux, à chaque fois que je traverse la cours. Et à cause de ma maladie je revis ce moment, avec les sons, les odeurs, mes sentiments. Je revis cette scène comme si j’y étais. A chaque fois. J’ai l’impression que c’est moi qui l’ai tué … Je l’ai connu, tu sais ? Il y a deux ans, je l’ai rencontré dans la forêt, elle me rappelait ma sœur … Et je n’ai rien fais pour l’aider, je suis resté passif. Je l’ai regardé mourir … Je ne vaux pas mieux que ce qui sont pointé du doigt …
Et ça me tue de me taire alors que ça serait tellement facile pour moi de les dénoncer, tous. De rendre justice. Mais si je dénonce Barrabil, beaucoup d’innocents vont tomber pour n’avoir rien dis. Et Donatien … Je … J’ai toujours cru que c’était quelqu’un de bien malgré sa maladresse sociale. Mais … il n’a rien fais … il voulait qu’on reste pour regarder … Mais je n’arrive pas à le détester. Je lui en veux, je lui voue une sorte de mépris mais … mais je ne le déteste pas, et il fait partie des raisons pour laquelle je ne peux pas dénoncer Barrabil.
Et je ne sais pas si je dois partir ou rester. J’ai passé tellement de temps ici qu’à part ma grand-mère, j’ai l’impression que rien ni personne ne m’attend là-bas. Pourtant j’aimerais me réconcilier avec ma sœur. Mais en même temps, je ne peux pas abandonner mes amis ici. Lucy, Ulysse … et même si je sais que tu n’as pas besoin de moi, je serais très triste de te perdre. Surtout que … s’ils sont prêts à tué une adolescente, je n’imagine pas ce qu’ils sont prêt à faire d’autre. J’aimerais éviter cela aux personnes qui compte pour moi. 
Et … Je déteste Barrabil … Non en fait … je me rends compte que je le déteste simplement parce que je me déteste encore plus. Je suis jaloux qu’on puisse lui pardonner un meurtre alors que ma sœur refuse de me parler. Et je me déteste tellement d’être aussi lâche, aussi impuissant, d’être ce que je suis, malade, anormal. Je me déteste …

Pendant tout le temps où la tirade de l'écossais avait duré, Will s'était mis à réfléchir à toute vitesse. Il avait beau chercher, il ne voyait pas de réponse qui aurait pu apaiser un cœur si meurtri. Néanmoins il écouta chaque mot avec attention, ne lâchant pas Nev des yeux. Il comprenait ce que ressentait l'écossais, simplement il n'était pas traversé par les mêmes émotions.
Là encore il ne put s'empêcher de se questionner sur sa capacité à réconforter son ami. Comment pourrais-je ? Sa douleur semble si pénible.... Il voulait essayer néanmoins, il voulait lui aussi extérioriser ce qu'il ressentait vis à vis du drame qu'ils avaient connus. Il estimait que Nev pouvait entendre et comprendre ces choses, et même s'en servir pour avancer.


_Je me déteste tellement ...

Ces mots agirent comme un déclencheur et Willow commença à parler.

_ Écoute, ce que je vais te dire te paraîtra peut-être dur et insensible, mais si je te le dit c'est justement parce que moi je sais que tu es bien plus fort que tu ne le penses. Pour faire simple, dans cette tragédie, il n'y a que deux types de personnes, les coupables et les victimes. Inutile de te rappeler qui sont les victimes, tu les sais, il n'y en avait qu'une. Pour le reste, nous sommes tous coupables, tu m'entends ? Tous, et pas toi plus qu'un autre, on a tous été passifs, peut-être par peur ou parce qu'on ne pensait pas que les choses iraient aussi loin... Toujours est-il que nous n'avons rien fait et elle est morte. Mais soyons objectif deux minutes s'il te plait, je te parle de manière à ce que nos sentiments n'interviennent pas ici, regardons bien ce qu'il s'est passé. Pourquoi cette fille est-elle morte et qui l'a tué ?

Will le fixait droit dans les yeux.

_ Tu souhaitais sa mort ? Un pensionnaire souhaitait-il sa mort ? Non, bien sûr que non Nev ! Ce drame est juste une ondulation à la surface de ce qu'est réellement ce lieu. Lore n'a été qu'un raté du système selon eux, et ça ne se reproduira pas. Quand je dis « eux »  tu sais parfaitement de qui je parle. Tu dis ne pas détester ton médecin … ? Je le connais depuis qu'il a 18 ans Nev et j'ai eut le temps de l'observer. Regarde son attitude... Y vois-tu ne serait-ce qu'un peu de remords ? Je ne te demande certainement pas de te mettre en mauvais termes avec Elpida, ce serait la chose la plus stupide à faire, néanmoins, je veux que tu comprennes qui il est réellement.

Il écrasa sa cigarette contre sa chaussure.

_ Encore une fois, je m'excuse si je parais froid et insensible...Mais je me dois de te faire réagir. Nous pleurerons encore cette courageuse demoiselle, c'est certain, néanmoins il va falloir continuer à avancer malgré tout. Nev, tu as 3 options et tu vas devoir choisir l'une d'elle. Soit tu peux rester ainsi, à vivre ta vie dans cet institut telle qu'elle a toujours été, mais selon moi tu ne ferais que te bercer d'illusions, au fond de toi tu le sais déjà, rien ne sera plus jamais comme avant. Tu peux sinon, comme tu l'as exprimé ci-dessus, rentrer parmi les tiens et commencer une nouvelle vie. Je ne t'en voudrais pas, personne ne t'en voudrais à vrai dire...Nous serions peinés par ton départ mais personnellement je préférerais ça que de te voir te mentir à toi-même. Ou alors...

Il se leva, étirant son corps engourdie par le froid.

_ Ou alors tu restes et tu te bats pour que jamais ça ne se reproduise. Tu dis vouloir éviter cela aux personnes auxquelles tu tiens ? Reste et prouve le, prouve le à Astrid, prouve le à Lucy, prouve-le moi.

Son regard était un savant mélange de force et de peine.

_ Moi j'ai choisi en tout cas.

Il se détourna brusquement pour cacher la tristesse qui apparaissait sur son visage, observant la mer en contrebas. Pour que jamais ça ne se reproduise... Plus jamais.


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Jeu 14 Juin - 0:27
_Je me déteste tellement ...

_ Écoute, ce que je vais te dire te paraîtra peut-être dur et insensible, mais si je te le dit c'est justement parce que moi je sais que tu es bien plus fort que tu ne le penses. Pour faire simple, dans cette tragédie, il n'y a que deux types de personnes, les coupables et les victimes. Inutile de te rappeler qui sont les victimes, tu les sais, il n'y en avait qu'une. Pour le reste, nous sommes tous coupables, tu m'entends ? Tous, et pas toi plus qu'un autre, on a tous été passifs, peut-être par peur ou parce qu'on ne pensait pas que les choses iraient aussi loin... Toujours est-il que nous n'avons rien fait et elle est morte. Mais soyons objectif deux minutes s'il te plait, je te parle de manière à ce que nos sentiments n'interviennent pas ici, regardons bien ce qu'il s'est passé. Pourquoi cette fille est-elle morte et qui l'a tué ?

Nevrabriel tourna doucement la tête vers son ami, ce dernier encrait ses yeux glacials dans les siens. Glacials pour les uns, mais pas pour l’écossais. Willow avait beau paraitre froid et hautain par moment, le roux n’avait jamais vu de froideur dans les yeux de l’anglais. Peut-être était-ce de la naïveté de sa part, encore et toujours. Toujours à voir le bien en chaque être, toujours à voir que Donatien n’était pas un monstre malgré son comportement durant la Grande Sanction, toujours à croire que tout les médecins ici ne voulaient que leur bien. Mais il voulait y croire. Il voulait croire en Willow, comme il croyait aveuglement en Astrid malgré leur accrochage.

_Tu souhaitais sa mort ? Un pensionnaire souhaitait-il sa mort ? Non, bien sûr que non Nev ! Ce drame est juste une ondulation à la surface de ce qu'est réellement ce lieu. Lore n'a été qu'un raté du système selon eux, et ça ne se reproduira pas. Quand je dis « eux »  tu sais parfaitement de qui je parle. Tu dis ne pas détester ton médecin … ? Je le connais depuis qu'il a 18 ans Nev et j'ai eut le temps de l'observer. Regarde son attitude... Y vois-tu ne serait-ce qu'un peu de remords ? Je ne te demande certainement pas de te mettre en mauvais termes avec Elpida, ce serait la chose la plus stupide à faire, néanmoins, je veux que tu comprennes qui il est réellement.

Willow lança son bâton de cancer au sol pour l’écraser. Nevrabriel se demandait souvent comment il faisait pour faire ce trafic de tabac depuis des années sans ne s’être jamais fais repéré.
Lui aussi le mettait en garde contre Donatien. Evidement, le roux savait que Willow ne portait pas une grande affection au médecin en chef, mais ce dernier pensait que c’était simplement un combat d’égaux, entre un homme qui veut être respecté malgré son jeune age, et un autre homme qui se rebelle pour une indépendance.
Maintenant, Nevrabriel voyait les choses autrement. Tout semblait différent. Et si froid …

_ Encore une fois, je m'excuse si je parais froid et insensible...Mais je me dois de te faire réagir. Nous pleurerons encore cette courageuse demoiselle, c'est certain, néanmoins il va falloir continuer à avancer malgré tout. Nev, tu as 3 options et tu vas devoir choisir l'une d'elle. Soit tu peux rester ainsi, à vivre ta vie dans cet institut telle qu'elle a toujours été, mais selon moi tu ne ferais que te bercer d'illusions, au fond de toi tu le sais déjà, rien ne sera plus jamais comme avant. Tu peux sinon, comme tu l'as exprimé ci-dessus, rentrer parmi les tiens et commencer une nouvelle vie. Je ne t'en voudrais pas, personne ne t'en voudrais à vrai dire...Nous serions peinés par ton départ mais personnellement je préférerais ça que de te voir te mentir à toi-même. Ou alors...

L’anglais se leva, s’étirant. Il n’était pas bien grand, mais cela était dû à sa maladie. Toujours plus grand que l’écossais lorsqu’il était assis, ce n’était pas un nain, tout de même. Le roux leva la tête vers son ami, le regardant avec un regard vide, mais où une infime lueur d’espoir essayait de se dégager. Malgré tout, la tristesse persistait sur son visage blafard.
Willow n’était pas l’être de son salut, la réponse à sa question. Mais il était là. Il a toujours était là.

_ Ou alors tu restes et tu te bats pour que jamais ça ne se reproduise. Tu dis vouloir éviter cela aux personnes auxquelles tu tiens ? Reste et prouve le, prouve le à Astrid, prouve le à Lucy, prouve-le moi … Moi j'ai choisi en tout cas.

Nevrabriel l’avait écouté, sans interruption, comme son ami l’avait fait pour lui juste avant.
Mais lui, petit être perdu dans le noir, ne savait pas ce qu’il voulait. Il devrait s’écouter, mais il n’arrivait plus à se trouver. Sa raison, son cœur, il ne savait plus comment penser. L’un l’emmener vers l’amour, l’autre la méfiante, l’un lui offrait le pardon, l’autre les accusations.
Qui écouter dans ce bruit sans fin ?
Trois chemins s’offraient à lui, trois chemins cités par un être qui était à ce croisement avant lui. Trois chemins inconnus. Deux à abandonner. Un à choisir. Il n’y avait pas de retour possible, passé l’un de ces chemins.

*Nev, pourquoi ne rentres-tu pas à la maison ?*

Le jeune homme tourna légèrement la tête sur le coté. Une demoiselle, avec de longs cheveux aussi rouge que les siens, dont les yeux étaient d’un bleus saphirs inexplicable, se tenait près de lui, assise sagement sur le rocher, sa tête se pencha naturellement sur le coté, observant son ainé, comme intrigué. Sa voix si mignonne avait englobé son esprit. Une voix aussi familière que le soleil, aussi lointain qu’un souvenir.
Pourtant, il la voyait, sa sœur, aussi bien qu’il pouvait voir Willow, aussi bien qu’il pouvait entendre les vagues se loger contre les rochers.
Elle se pencha vers l’écossais qui ne cilla pas, ses yeux bicolores perdus dans les siens.

*Je ne veux pas être toute seule. Rentre avec moi.*

Mery …

Doucement, le jeune homme porta une main vers ce visage singulièrement rond, mais lorsque ses doigts effleurèrent une mèche rouge, la vision de l’enfant disparut aussitôt, laissant un vide dans ses yeux et son cœur.

Nevrabriel ne pouvait pas rentrer chez lui. Pas dans cet état. Et encore moins refaire sa vie. S’il n’était pas soigné, il allait mourir. Et rentrer en Ecosse pour se retrouver de nouveau dans un autre institut, tout recommencer, et abandonner ses amis, ici, semblait lui être impensable.

Il ne pouvait pas changer le passé, il ne pouvait pas changer ce qui s’était passé, les gens qu’ils croyaient connaitre. Il ne pouvait rien changé à tout cela.
Pourtant …

_Tatoo …

Pourtant il pouvait se forger un avenir. Avec les personnes qui berçaient son cœur. Il voulait avancer avec eux. Il pouvait devenir plus fort. Il le voulait.
Il voulait faire en sorte que plus jamais cela ne se reproduise …

_J’aimerais être courageux … et avancer …

Un désir fort s’emparait de son cœur. Nevrabriel a toujours été animé par la volonté d’aider son prochain, de ne faire aucun mal autour de lui, d’être un petit ange gardien. Etait-ce parce qu’il s’en voulait d’avoir tué son frère ? Etait-il naturellement ainsi, le grand-frère protecteur ? Pouvait-il vraiment passé son caractère trop bienveillant pour n’offrir une main tendue qu’à ses proches ? Pourrait-il vraiment tourné le dos à Donatien ? Pouvait-il retirer le voile des illusions pour que plus jamais personne ne meure sur cette ile ?
Mais ce n’était pas avec des « pouvait-il » que l’écossais allait avancer. Le chemin était long,  mais la lueur d’espoir dans son regard ne demandait qu’à s’agrandir.

Les yeux vairons du jeune homme se leva vers son ami. Ce n’était pas la première fois qu’il sentait l’affection qu’il y avait entre eux, mais Nevrabriel avait le sentiment d’être un petit-frère qui avait besoin de son ainé.

_Tu m’aideras ?


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