Une valse dans nos coeurs [PV : Astrid]

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Lun 4 Juin - 21:13
Le jeune homme termina de vider son estomac au fond des toilettes. Pire qu’une femme enceinte. Après avoir passé du temps avec son plus vieil ami et le soutient de sa grand-mère, le moral du jeune homme allait mieux. Il avait retrouvé de l’appétit à défaut d’avoir retrouvé le sommeil. Heureusement, il avait sa lorialet pour s’accompagner mutuellement dans le royaume des rêves. A croire qu’à deux, tout semblait plus facile.
Mais son corps ne suivait guère ses changements d’humeurs, ni le fait qu’on le force à stoker plus qu’il ne pouvait, et son estomac trop rétrécie n’avait pas du tout adhéré à un repas complet. Donatien dû écourter leur séance suite à ce malaise, il avait appelé un surveillant qui attendait dehors, pour une raison obscure, afin d’emmener son patient au sanitaire afin de se rafraîchir. Mais l’écossais avait besoin de plus qu’un rafraîchissement, à l’évidence.

Le surveillant regarda le jeune homme respirer férocement, adossé au mur des toilettes. Gentiment, il vint tapoter l’épaule de son cadet, comme pour l’encourager à se lever. Nevrabriel lui adressa un regard, encore fatigué, mais plus lucide que les jours précédents.
Avoir dis à Willow ce qu’il avait sur le cœur, avoir retrouvé sa lorialet, avoir le soutient de sa grand-mère à toute épreuve, tout semblait différent. Evidemment, la cours lui donnait toujours des sueurs froides et il entendait toujours le rire d’une petite fille dans la forêt. Mais il savait qu’il n’était pas seul dans cet Enfer et qu’il pouvait compter en ses amis.

Le surveillant aida le jeune homme à se lever et l’entraina tranquillement vers les lieux communs. Nevrabriel était assez silencieux, ne sachant pas vraiment à quoi s’attendre. Mais son inquiétude semblait se lire sur son visage puisse que son accompagnant lui avoua simplement :

_On m’a demandé de t’emmener ici.

_Pourquoi ?

_Je ne sais pas. C’est monsieur Elpida qui l’a exigé.

Le surveillant fit monter l’écossais au premier étage. Nevrabriel obéit, avec une certaine réticence. Pourquoi Donatien l’envoyait au premier étage ? Il n’y avait rien dans ces locaux. Mais le jeune homme n’y allait pas souvent, peut-être qu’ils avaient aménagé une salle de repos ? Dans ce cas là, il était préférable d’aller se reposer dans sa chambre ou l’infirmerie, s’il avait besoin d’être surveillé. C’était troublant.

Le surveillant s’arrêta devant une porte et attendit que ce soit le patient qui l’ouvre. L’ainé ne semblait même pas savoir ce qu’il y avait à l’intérieur, ça pourrait être une bombe qu’il resterait ici par ignorance de la situation.

Nevrabriel posa sa main sur la poignée et la tourna, à la fois perplexe et curieux.
Et il crut avoir une crise cardiaque.
Son cœur loupa un bon avant d’en faire plusieurs à répétions de manière féroces dans sa poitrine, ses yeux s’écarquillèrent et ses lèvres se décollèrent légèrement entre elles. Le surveillant, intrigué, passa sa tête par-dessus l’épaule du patient pour savoir ce qui le stupéfiait ainsi.

Des violons …. Des guitares … une trompette …. Un … un piano …

Le jeune homme recula d’un pas, percutant presque son accompagnant. Ses yeux fatigués se mirent à briller. Simplement briller. Comme si tout les maux du monde avaient disparu alors que son regard bicolore était rivé sur le piano au fond de la pièce.

Un piano … est-ce possible ?

La dernière fois que Nevrabriel avait vu un piano, c’était une hallucination en salle de soin, alors que le docteur Elpida le faisait aller au bout de ses limites. L’écossais ne supporterait pas un autre test de ce genre. Et vu que c'était son médecin qui l'avait conduit ici, le patient se méfiait.
Encore choqué, il demanda, la respiration lui manquant :

_Dites … je ne rêve pas ?

Le surveillant était surpris qu’une personne puisse être émerveillée par de simples instruments de musique, comme s’il avait vu … Jésus.
Mais il répondit tout de même que le roux ne rêvait pas. Il cita même tout les instruments présents dans la pièce.
Nevrabriel émit un soupire. Mais un soupire remplis de joie, et un sourire se dessina sur ses lèvres. Malgré ses cernes et ses joues creuses, le jeune homme semblait rayonnant.

Doucement, comme si entrer dans la pièce allait faire disparaitre tout ce qu’il y avait à l’intérieur, l’écossais y pénétra. Ses pas allèrent tout droit, vers l’instrument qui animait son sourire.

Il était si beau. Il brillait. Il sentait bon. Ce piano ...

Avec une certaine hésitation, Nevrabriel frôla le haut de l'instrument.
C’était réel …

L’écossais s’assit au tabouret devant l’instrument au clavier bicolore. Il attendit un long moment, si long que le surveillant s’en retira, aillant fait son devoir, laissant la porte ouverte. Nevrabriel aurait aimé lui demander de remercier Donatien pour lui, mais son esprit était trop obnubilé sur l'objet pour se soucier d’autre chose. Il le remercierait en personne, demain matin.

Ses doigts longs et fins vinrent se poser sur le clavier. Le jeune homme n’osa pas appuyer sur les touches, encore incertain de la vivacité de son cerveau. C’était un rêve, ça ne pouvait pas être autrement.
Et pourtant …

Une note.

Le son s’envola, naissant des cordes encadrées par cette cage de bois, s’évaporant vers le ciel, traversant ses oreilles avant de disparaitre jusque dans le couloir.
Nevrabriel resta figé un moment, le doigt posé sur la touche, sans appuyer dessus, appréciant la mélodie qui venait de sortir de cette fabrication dont il était le musicien.

Une autre.

C’était si beau …

Doucement, le jeune homme ferma les yeux et commença à jouer une musique. Une musique qu’il aimait tant jouer, mais seulement jouer de cet instrument là. Avec ce son unique et si délicat. Il revoyait la partition, comme s’il l’avait sous les yeux.
Ses doigts dansaient une valse en harmonie avec le blanc et le noir. Sa tête, se penchait naturellement de gauche à droite, en union avec les notes jouées.



La musique ne semblait pas avoir de fin, simplement parce qu’il y en avait pas. Le jeune homme recommençait encore et encore la même mélodie, enchainant les notes comme si la partition ne se finissait pas.
Dans son esprit, elle n’avait pas de fin, et il pourrait passer sa vie assit sur ce tabouret, le dos droit, les yeux clos, les doigts ondulants sur ce clavier qu’il n’a jamais pu oublier.


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Secrétaire de Ange
Mar 5 Juin - 0:09
UNE VALSE DANS NOS COEURS

ERSKINE Nevrabriel & LAVOIR Astrid

Onyx sortait de la bibliothèque, le sourire aux lèvres. Elle avait le coeur assez retourné par sa nouvelle rencontre et ne dirait pas pas non dés maintenant à un petit moment de paix; tel que l'était bel et bien ses plans de départ, après sa visite de la bibliothèque, elle partait à la découverte de la salle de musique. D'après les dires de ses collègues, celle-ci devait se trouvait à côté de la salle dont elle revenait, alors l'anglaise ne s'attendait pas à ce que le trajet ne dure longtemps. C'était un fait, mais ses attentes n'étaient pas de la localiser aussi vite non plus.

Il faut dire que la mélodie que l'on pouvait entendre à travers ses murs avait tout d'agréable; le son d'un piano, très certainement de qualité, pouvait être apprécié sans empathir de l'étouffement d'une porte fermée. Tout en prenant soin de clore la salle de lecture derrière elle, afin que les bouquineux qui s'y trouvent n'y subissent pas ce bruit pourtant si profitable, elle ferme les yeux pendant que son visage esquisse un sourire nostalgique, dégustant avec délice chacune des notes défilant à ses tympans. Elle se revoyait encore jouer à la maison dans les moments les plus calmes; certes, ses doigts étaient encore peu habiles pour n'émettre aucune erreur mais savaient transmettre des émotions que seul son père savait manier lorsqu'il jouait de cet instrument. A elle comme à ses frères, il s'était montré un très bon maître et partageait avec sa femme des goûts très fins en matière musicale, dans lesquels les enfants Lavoir ont étés baignés toute leur enfance. Grace à cette éducation bourgeoise, Astrid devinait clairement de quelle mélodie il s'agissait, pouvant prévoir chacune des notes à l'avance pendant qu'elle s'approchait de la pièce avec curiosité.

Le virtuose qui s'y trouvait était réellement munit d'un talent. Ce n'était pas le plus simple que d'orchestrer cette musique sans aucune fausse note, avec autant de simplicité et de délicatesse. Sans même encore le voir, l'anglaise pouvait visualiser la manière dont le musicien caressait les touches comme une brise effleurerait un pétale. Étonnamment, lorsqu'elle aperçut que le musicien en question n'était nul autre que Nevrabriel, elle ne fut pas si surprise que cela.

Le sourire aux lèvres, la jeune femme s'avança à tâtons de son ami, emporté dans sa transe musicale. Il semblait presque épanoui, enchaînant ses gestes à la perfection, comme s'il s'agissait d'actions innées, programmées dans ses articulations. Cela faisait longtemps qu'Astrid ne l'avait pas vue ainsi. Cette vision réchauffait son âme, comme si plus rien ne comptait, pendant qu'elle se laissait emporter par cette boucle musicale qui ne trouvait jamais de fin.

"Les valses de Vienne..." souffla-t-elle d'un accent français presque parfait, alors que sa voix était recouverte par le son des notes.


Toujours s'approchant, ses yeux restaient figés sur le clavier de l'instrument, tendis qu'elle essayait d'analyser le moindre mouvement des membres de son ami. Son regard était teinté d'admiration et ses bras s'étaient tout deux rangés sagement derrière son dos; son attention était à son comble, centrée sur l'un de ses artistes favoris.




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Mar 5 Juin - 12:14
Nevrabriel ouvrir doucement les yeux et avait la sensation d'une présence à ses côtés. Sans que des doigts ne quitte le piano, le musicien tourna la tête et eut un sursaut en découvrant qu'effectivement, Astrid se tenait debout à ses cotés. Le jeune homme s'arrêta instantanément de jouer, appuyant malancontresement une fausse note qui écorcha ses oreilles. Un frisson désagréable parcourut ses bras nus qu'il ne pouvait réprimer. Les fausses notes ... C'était vraiment un son désagréable. Comme le grincement s'une craie sur un tableau.
Puis, l'écossais porta son regard à celui d'Astrid. Il avait l'impression de le redécouvrir à chacune de leur rencontre. Une couleur irréelle entourait ses pupilles. Bien que cette nuance était semblable à celui de son veil ami anglais, ceux d'astrid n'avais pas la même froideur. Ils étaient délicats et paisibles, si bien qu'on aimerait s'y reposer. Nevrabriel se mit à rougir légèrement, son coeur battant plus fortement dans sa poitrine. Il n'avait jamais été surpris avec un piano, cela lui faisait bien étrange. Et il devait sûrement faire peur, ou pitié, ainsi en transe avec un instrument. La peau pâle, les joues creuses, les cernes bien présentes, un corps trop maigre, le regard vitreux. Il aurait fais un magnifique personnage de Tim Burton.

_A-astrid? Je ...

Cette fille avait vraiment le don de le surprendre en train de jouer de la musique ou qu'il soit, comme les marins attirés par le chant des sirènes. Même si Astrid ferait
une plus jolie sirène que le jeune homme.

_Je n'ai pas pris le temps de fermer la porte, excuse moi. Quelqu' un s'en est plains ?

Malgré sa gêne, l'écossais ne détourna pas le regard de la petite lune, ses yeux valsaient, admiratifs , comme toujours, entre ses cheveux d'argent et ses yeux de printemps.
Nevrabriel esquissa un sourire pour la demoiselle. Un simple piano n'allait pas faire disparaître tout les maux et les malheures de l'île, ni ceux dans le coeur du jeune homme , mais la thérapie de Donatien portait ses fruits. Maintenant, le patient arrivait à sourire.

_Tu as l'air contente, ça te va bien.

le jeune homme se mit à l'extrémité du tabouret et tappota la place à côté de lui. Son sourire s'élargit, les rougeurs sur ses joues lui donnaient meilleure mine, même si ce n'était que passager, le rouquin paraissait presque en forme.

_Tu veux venir t'asseoir 2 minutes ? ... Ou 20 si tu as le temps.

Nevrabriel accompagna ces paroles d'un regard timide.


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Secrétaire de Ange
Jeu 7 Juin - 14:57
UNE VALSE DANS NOS COEURS

ERSKINE Nevrabriel & LAVOIR Astrid

Le rouquin détourna la tête vers sa voisine avant d'avoir un petit sursaut de surprise. Malencontreusement, l'un de ses doigts heurta une note malvenue qui émit un son intrusif entre ses paires. Ce bruit semblait avoir crispé l'écossais sans pour autant faire se mouvoir d'avantage la jeune femme, qui demeura figée dans la même expression. Il faut dire que l'anglaise devait être plus habituée à ce genre d'accident qu'un virtuose aussi expérimenté.
Ses yeux revinrent se poser dans leur nid de toujours, aux portes doublement colorées, un sourire tendre aux lèvres. Cela faisait du bien de revoir Nevrabriel, depuis leur dernière entrevue. Il ne semblait pas mieux se porter qu'auparavant et demeurait toujours dans un état de santé critique; cela se voyait à travers chacun de ses traits. Pourtant aujourd'hui, ses petites pommettes se coloraient d'une teinte acidulée, d'une gêne qui lui sied à merveille. C'était presque comme avant. Et Astrid chérissait cela.  

"A-astrid? Je ..."

"Toujours en train de jouer, n'est-ce pas ?" demanda l'anglaise, d'un regard pétillant. "Ton talent ne s'adapte donc pas qu'aux violons..."


Elle posa une main sur sa hanche, tout en dévisageant son ami de manière admirative. Il n'y avait aucun doute sur le fait qu'elle adorait la façon dont Nevrabriel savait manier les instruments. Il jouait magnifiquement, autant au violon qu'au piano, et en plus de cela, composait.
Plus elle le côtoyait, plus elle le trouvait fascinant.

"Je n'ai pas pris le temps de fermer la porte, excuse moi. Quelqu'un s'en est plains ?"


La jeune femme fit non de la tête, de manière assurée. Qui pourrait s'en plaindre ? Elle était sûre que même en détestant la musique, il était difficile de ne pas trouver charmant la mélodie que l'écossais pouvait créer de ses doigts. Maigre ou non, fatigué ou non, c'était un don qu'il avait. Et qui n'appartenait qu'à lui.

"Tu as l'air contente, ça te va bien."


Onyx se stoppa un moment dans son mouvement, les yeux écarquillés, avant de finalement pouffer de rire de manière légère. Elle ne se rendait pas vraiment compte qu'elle souriait comme une imbécile heureuse depuis son entrée dans la salle. Ses joues se mirent elles aussi à changer de vêture, rajoutant un peu d'éclat à son visage de poupée. Lorsque sa main vint masser doucement l'arrière de sa nuque, elle envoyait quelques regards discrets à son partenaire aux tâches de rousseur. Le facies de ce dernier paraissait presque joyeux; cette légère étincelle dans son regard vairon octroyait à la secrétaire un intense baume au coeur, faisant étirer ses lèvres toujours plus fort, inévitablement. L'atmosphère de la salle devenait envahie d'une légèreté qui lui avait tant manquée.

"Et toi donc..." souffla-t-elle faiblement, un peu songeuse, l'expression si satisfaite.

"Tu veux venir t'asseoir 2 minutes ? ... Ou 20 si tu as le temps."


Le garçon se décala du tabouret afin de lui laisser une place suffisante pour qu'elle puisse s’asseoir. La londonienne envoya un rapide regard vers sa montre - on ne la change pas - avant d'aller rejoindre Nevrabriel avec plaisir. Les deux individus se retrouvèrent alors côte à côte; la proximité entre leur deux bras ne pouvant être plus intense, Astrid en profita pour asséner au rouquin un petit coup de coude taquin.

"Quel gentleman ! Je pourrais presque y rester 30 pour la peine !", et elle accompagna sa répartie d'un léger rire.


Ou pour toujours, si je pouvais.

Sa mission pour aujourd'hui était bien de préserver ce sourire sous le nez de son ami. Il lui avait tant manqué. Elle avait l'impression de se sentir revivre, à le revoir de la sorte.

Ses doigts vinrent tapoter un à un sur les quelques touches les plus ouvertes à sa vue. Ils avaient donc réellement enménagés une salle de musique à l'Institut....Sa main vint caresser le clavier avec délicatesse, une pointe d'émotion dans le regard.

"Je ne sais pas comment tu fais pour jouer avec autant d'aisance. Surtout un morceau aussi compliqué..." avoua-t-elle avec sincérité, avant que ses doigts n’enchaînent aléatoirement quelques accords.





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Jeu 7 Juin - 16:23
_Tu veux venir t'asseoir 2 minutes ? ... Ou 20 si tu as le temps.

Astrid accepta sa proposition et prit place à ses cotés. Ses yeux vairons ne quittèrent pas ce sourire si contagieux. Il ne savait pas ce qui la mettait de si bonne humeur, mais ça lui était un peu égal dans le fond, tant qu’elle était heureuse.
Nevrabriel avait l’impression que peu à peu, les larmes se séchaient sur les joues de l’Institut. Evidemment, personne n’oubliait la Grande Sanction, mais il y avait un temps pour pleurer et un temps pour vivre. Le cœur du jeune homme se pansait lentement, comme une cicatrice. Ce piano semblait être l’un des points de couture qu’il lui fallait pour arrêter l’hémorragie. Peut-être même, qu’il pourrait écrire une chanson pour Loreleï, comme promis, pour raconter sa légende.

_Quel gentleman ! Je pourrais presque y rester 30 pour la peine !

Astrid eut un petit rire adorable. Il aimerait bien qu’elle reste 30 minutes avec lui. Sa compagnie lui était toujours agréable.
Les doigts délicats de la secrétaire vinrent pianoter quelque notes. Nevrabriel n’en était pas certain, mais la manière qu’avait Astrid de toucher le clavier bicolore n’était pas aléatoire. Elle avait seulement bougé ses doigts, alors qu’une personne qui ne savait pas jouer avait certainement utilisé son index en remuant maladroitement sa main au dessus des touches du piano.

_Je ne sais pas comment tu fais pour jouer avec autant d'aisance. Surtout un morceau aussi compliqué...


Les yeux de l’écossais montèrent doucement jusqu’au regard hypnotique de la demoiselle. Il élargit son sourire à sa question. Nevrabriel essaya de se tourner le plus possible en face de l’anglaise avant de pianoter habilement à son tour sur des touches près de la main de la demoiselle.

_Il n’y a pas vraiment de secret …

Nevrabriel retira sa main et vint masser sa nuque amaigrit. Il ne savait pas comment il pouvait expliquer cela sans que ça ne finisse en tirade. Il n’était pas vraiment doué pour les mots, tantôt en manquant de tact, tantôt en parlant avec abondance. Il pourrait lui parler du fait qu’il avait une préférence pour le piano par rapport au violon, que cette préférence avait bien déçu son père par ailleurs. Il pourrait lui raconter qu’il jouait tout les jours avant de venir à l’Institut et qu’il aimait bien chanter sur le son de cet instrument. Il pourrait également lui raconter qu’il avait  énormément regardé les collègues de son père pour comprendre comment se tenir, comment faire valser en harmonies ses doigts, comment ne faire qu’un avec cet instrument.

_Ce que tu fais avec tes écris, je le fais avec le piano. Mais en sois, ce n’est pas si compliqué.

Le jeune homme se leva et alla s’asseoir dernière la demoiselle. Il avait juste assez de place pour ne pas tomber en arrière, ses deux jambes emprisonnant ceux de la jeune secrétaire. Doucement, sans geste brusque, il passa sa main sous celle de son amie posée sur le piano, il fit de même avec l’autre et effleura le clavier de ses maigres doigts tandis que deux d’Astrid étaient confondus avec les siens. Son père lui avait apprit à sentir le mouvement des cordes et de l’arc ainsi, il ne savait pas si c’était la même chose avec un piano, il n’avait jamais essayé d’apprendre à une personne à jouer de cette instrument, même pas sa sœur, elle n’avait jamais été attiré plus que ça par les instruments de musiques.

_Ferme les yeux, essaie de comprendre le mouvement de mes mains et surtout de mes doigts.

L’écossais se rapprocha davantage pour voir les touches du piano, il n’avait pas besoin en général, mais comme ce n’était pas vraiment lui qui était face à l’instrument, il préférait avoir un visuel sur le clavier. Son torse colla le dos de la demoiselle et il sentit tout le corps de son amie se raidit alors que son cœur se mit à battre avec virulence. C’est vrai qu’il aurait dû expliquer cela avant de venir l’étreindre par derrière, Astrid n’aimait pas vraiment de contact physique.
Sans s’éloigner, le jeune homme lui murmura, puisque sa bouche était à peine à quelques centimètres de l’oreille de la petite lune :

_C-ça te dérange que je sois là ? Tu veux que je me mette debout ?


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Secrétaire de Ange
Jeu 7 Juin - 17:43
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"Il n’y a pas vraiment de secret …"


Tout en pivotant de moitié du côté d'Astrid, ses mains rejoignent eux aussi le clavier afin d’enchaîner quelques triolets. La jeune femme observait avec admiration la facilité avec laquelle chacun de ses doigts se synchronisaient, jonglant d'une note à une autre. Chaque touche avait sa couleur. Chaque mélodie était une toile distincte.
Après cette courte démonstration, qui semblait plus pour se distraire, le garçon cherchait ses mots tout en allant tâter son cou beaucoup trop fin. Onyx ne pouvait s'empêcher de profiter de ce moment suspendu pour l'admirer, comme là avait toujours été son habitude. Cette flamme rougeâtre qui antan parlait trop semblait avoir maturé avec le temps; son évolution avait beau avoir fait ternir ses couleurs, son ami gardait toujours une certaine splendeur dans son sourire. Cela en faisait presque oublier la tristesse de son état, pendant qu'il se limitait au mutisme. L'anglaise sentait que ses yeux voulaient dire beaucoup, eux. C'était quelque chose dont elle souffrait beaucoup, elle aussi; retenir constamment sa langue de fourcher, de dire quoi que ce soit qu'elle puisse regretter.

"Ce que tu fais avec tes écris, je le fais avec le piano. Mais en sois, ce n’est pas si compliqué."


Un petit sourire vint éclaircir le visage de la secrétaire pendant que ses yeux retournaient au clavier noir et blanc. Il était vrai que c'était un comparatif qu'elle utilisait elle-même souvent, lorsqu'elle assistait aux performances de violoniste de son ami. Elle avait toujours eue l'impression que le garçon exprimait ses peines dans son propre langage, lui aussi, lorsqu'il faisait danser son arc avec le vent.
Dans ses pensées, elle ne remarqua pas tout de suite que le rouquin s'était levé afin de se hisser derrière elle. Apercevant son ombre la surplomber, elle jeta un léger coup d'oeil en arrière avant de finalement se décaler sur le côté, se trouvant plus centrée sur le siège. Son attention était sûrement de se mouver d'avantage en pensant que le garçon voulait accéder à une autre gamme de notes sans avoir à étirer abusivement son bras si frêle, mais l'écossais l'a pour ainsi dire...prise au dépourvu. Ses deux jambes, surmontée par cet uniforme de lin si peu épais, vinrent encadrer les siennes, et une forte chaleur se lova sur son dos tout entier. Son coeur loupa quelques bons sans qu'elle ne puisse trouver l'énergie de bouger d'avantage. Les doigts fins et pâles de la londonienne flottaient dorénavant de manière spectrale au dessus des touches du piano, dominant d'une courte distance ceux de l'écossais, qui s'étaient infiltrés juste en dessous.

"Ferme les yeux, essaie de comprendre le mouvement de mes mains et surtout de mes doigts." lui indiqua Nevrabriel.


Elle ravala sa salive. Les deux longues et fines jambes de la dame se serraient jusqu'à se chevaucher, et ses épaules étaient fortement crispées. Tout en prenant de grandes respirations, elle avait envie de se recroqueviller là où elle ne pourrait plus s'avouer cette chaleur agréable.
Finalement, elle parvint à fermer les yeux avant que le poids de son professeur ne se fasse d'avantage sentir sur sa colonne vertébrale. Une sensation intense lui montait aux joues et son sourire s'élargissait, tant elle se moquait d'elle même. Au final, tout comme un câlin, c'était un contexte qu'elle avait connue il y a longtemps et qui l'a surprenait à resurgir ainsi. Nevrabriel avait un certain don, pour lui rappeler des brides de son passé.

"C-ça te dérange que je sois là ? Tu veux que je me mette debout ?"


Le souffle du garçon avait chatouillé son oreille, lui offrant une émotion étrange qui l'a fit rire dans une expiration. Elle avait commencée à faire "oui" de la tête, un peu comme un automatisme, avant de se raviser.

"Non, ça ira."


Ses doigts finissent par se poser délicatement sur ceux du rouquin; elle les devinait malgré ses paupières closes. Ils étaient maigres, mais gardaient une certaine prestance qui était propre à ceux des hommes.
Doucement, les siens se glissent légèrement entre eux, un poil hésitants. Son sourire amusé, quoi qu'un peu crispé, se détendait afin de prendre une image plus nostalgique. Voire amère.

"J'ai apprise à jouer du piano d'une manière un peu...similaire.."


La douceur de cette étreinte rendait les souvenir de son père encore plus intense. Elle en était tellement enivrée qu'elle ne se rendait pas compte que son cœur tenait à s'ouvrir doucement suite à cette annonce, comme un bourgeon se libérant de ses pétales pour fleurir magnifiquement.
Elle attendait impatiemment que le son de cet instrument l'emporte de nouveau dans ce monde à part.




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Jeu 7 Juin - 19:16
_C-ça te dérange que je sois là ? Tu veux que je me mette debout ?

Nevrabriel ne distinguait pas le visage de la petite lune mais pouvait sentir son corps frissonner. Son contact lui était si désagréable ?
Mais Astrid se mit à rire comme si on l’avait chatouillé. Certainement à cause de son souffle lorsqu’il lui avait parlé. Son amie se mit à acquiescer. Nevrabriel retira doucement ses mains du piano pour reculer mais il n’en eut pas le temps que la jeune secrétaire finit par dire :

_ Non, ça ira.

Ah ?
Le jeune homme reposa ses mains sur le piano et Astrid remit ses paumes sur celle de l’écossais. Les fins doigts de son amie vinrent légèrement s’entrelacer avec les siens. Le cœur du jeune homme se mit à battre fortement dans sa poitrine alors que son corps semblait fusionner avec le corps de la demoiselle. Il ne comprenait pas vraiment ce qui se passait entre eux à cet instant. Dans son esprit, il n’y avait rien d’ambigüe, il ne profitait d’aucune situation quel qu’elle soit, il voulait simplement lui montrer sa manière de jouer. Cependant, son visage se mit à bruler et son être battait avec une telle violence qu’il eut peur qu’Astrid entende la valse de son coeur tellement ils étaient proches.

Le jeune homme baissa légèrement la tête pour que son souffle ne gêne pas l’oreille de son amie comme tantôt, ce dernier alla se loger dans le cou de la jeune secrétaire couvert par son gilet. Elle sentirait certainement une chaleur à travers son habit, mais beaucoup moins désagréable qu’à même sa peau.

_ J'ai apprise à jouer du piano d'une manière un peu...similaire…


Nevrabriel se mit à sourire derrière la demoiselle. Elle jouait donc du piano. Maintenant il en était certain. Astrid semblait avoir beaucoup de talent, le jeune homme se sentait presque ridicule à coté. Il se demandait bien qui le lui avait apprit. Certainement un parent qui l’a prise sur ses genoux lorsqu’elle était enfant.

_Prête ? … 3 … 2 … 1 …

Doucement, le jeune homme appuya sur une touche. Il regarda les mains de son amie posées sur les siennes. Il attendit quelques secondes avant d’appuyer sur une autre touche. Les doigts d’Astrid suivaient les siens en harmonie, comme l’écume suivait les vagues.

Le jeune homme commença doucement, déplacent ses bras sans faux mouvements pour ne pas perdre son amie en route.
Mais rapidement il comprit que leurs quatre mains n’en faisaient plus que deux. Alors il se mit à jouer avec plus de légèreté. A jouer comme si les mains de la petite lune étaient des rubans noués à ses phalanges qui le suivaient sans gêne, sans détachement.


Inconsciemment, le jeune homme se mit à fermer les yeux et sa joue alla se coller sur l’oreille de la demoiselle, ses cheveux écarlates se mélangèrent à ceux argentés de son amie. Le parfum enivrant de cette dernière lui faisait rapidement oublier la gêne du début. Sa peau avait une douceur apaisante et sa présence était si chère qu’il aimerait s’arrêter de pianoter pour refermer ses bras contre sa taille, lui offrir une étreinte pour la remercier d’exister.


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Secrétaire de Ange
Jeu 7 Juin - 21:04
UNE VALSE DANS NOS COEURS

ERSKINE Nevrabriel & LAVOIR Astrid

La jeune femme entendait des coups dans son dos. Elle les ignorait volontairement, pensant entendre le vacarme de son propre coeur. Elle le maudissait d'asperger ainsi aussi souvent le moindre de ses muscles de tension, mais rejetait cette rancœur à travers chacun de ses souffles. Est-ce que Nevrabriel pouvait sentir son dos gonfler à chacune de ses respirations ? Elle ne parvenait plus vraiment à réaliser leur proximité, en réalité. Son cerveau préférait peut-être l'ignorer, préservant ses yeux fermés, ne prenant en compte que cette chaleur bouillonnante qui l’ensevelissait d'une paix si étrange. C'était presque si elle commençait à l'apprécier.
Un petit poids s'imposa délicatement sur son épaule. Le rouquin cherchait probablement une manière plus confortable de poser sa tête.
Leur valse pouvait à présent commencer.

"Prête ? … 3 … 2 … 1 …"


La première touche fit tomber les doigts des deux musicien dans sa chute. Celle-ci, puis tantôt la seconde. Puis la troisième. D'un rythme lent, laissant le temps aux notes d'épouser chaque émotion. Puis peu à peu, ce chant mélancolique prenait forme, sous le joug de leurs mains. Une partie de l'esprit d'Onyx allait à la mélodie. Son envie de se lever pour y faire tanguer ses longues jambes était canalisée par le contact de ses doigts sur ceux du virtuose qui lui faisait tuteur. Elle s'accrochait à chacun de ses gestes; au final, c'était comme si elle était accompagnée à danser. Ses mouvements suivaient les siens avec loyauté, ne le quittaient pas d'une semelle. Elle ne voyait pas ses mains mais pouvait prévoir ses gestes, tant ils ne faisaient plus qu'un avec la musique. Elle avait presque l'impression que son palpitant se calait à la cadence de leur toucher.

Une nouvelle caresse se déposa sur son oreille, comme une plume. Le souffle du jeune homme avait beau avoir fui momentanément, il était de nouveau tout près d'elle, faisant échapper un léger soupir de ses lèvres. Elle s'efforçait d'évanouir sa présence sous les notes pour ne plus avoir à subir les caprices de son angoisse. De ce coeur qui a si peur de la tendresse. Car la tendresse peut faire si mal, lorsqu'on la perd.
Déconcentrée, sa main droite effleura doucement le dos de la sienne pour s'en aller pianoter elle-même vers les gammes les plus aigues, avant que son maître n'ai le temps de le faire. Elle avait commencée à retenir cette partie de la mélodie et arrivait maintenant à la jouer plus ou moins aisément; leurs deux membres étaient parfaitement synchronisés, gambadant tous deux sur ce clavier lumineux. Les sons de l'un faisaient bourdonner la poitrine et ceux de l'autre offraient une stridence aérienne; de leur symbiose, ils parvenait à effacer cette sensation de vide qu'ils partageaient, cet Institut si gris où les enfants mourraient, leur amitié aillant manquée de se briser.
Tout n'était plus qu'une douce harmonie, vrillant sous les tympans, s'étouffant de leur chaleur.

Les yeux violets de la demoiselle s'ouvrent finalement. Doucement, afin de pouvoir mieux s'adapter à la luminosité de la salle, eux qui étaient bloqués jusqu'ici dans une intense pénombre. Elle était intérieurement impressionnée par elle-même, d'avoir localisée les touches sans les voir, et ce sans réaliser aucune faute. Était-ce comme cela au final, que faisait son ami ? Est-ce que la musique réussissait à lui procurer à elle seule, la même chaleur que les bras de quelqu'un de cher ?

Ses deux mains graciles revinrent se poser sur ses cuisses. Elle décala son visage de celui de l'écossais à distance respectable, et utilisa ce silence pour reprendre une position plus stable et moins crispée.

"D'ailleurs Nev..."


Un sourire doux s'était redéposé sur ses lèvres gracieuses, avant que son visage ne se tourne dorénavant vers celui du roux. Son ton reflétait l'apaisement que cette performance lui avait procurée, et de ses yeux semblaient jaillir un zeste de reconnaissance.

"Qui t'as appris à jouer autant d'instruments ?"





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X36
Ven 8 Juin - 0:38
La musique prit fin par un piano à quatre mains, en harmonie, en symbiose, sans que l’un n’eu besoin de parler à l’autre. Le jeune homme eut l’impression de retrouver la complicité qu’il avait avec sa sœur lorsqu’ils jouaient de la musique, elle au violon et lui au piano. Mais jamais il n’avait fais de piano à quatre mains. C’était assez fascinant et déboussolant. Il avait le sentiment de l’avoir jamais été aussi proche d’Astrid à cet instant. Pourtant, il avait lu ses écrits, elle l’avait entendu plusieurs fois jouer du violon, mais cette fois, il y avait quelque chose de différent. Une chose qui s’envola lorsque la demoiselle s’éloigna de lui, le faisant redescendre sur Terre.
Le jeune homme ouvrit les yeux lorsque la présence de la demoiselle contre sa joue disparut. Dommage. Il aurait bien aimé la garder près de lui plus longtemps. Il recula jusqu’au fond de l’assise alors que son amie se décala également.

_D'ailleurs Nev...

La demoiselle se tourna vers le jeune homme qui se contenta de la regarder, appréciant l’éclat de ses yeux. Nevrabriel se demandait comment faisait-elle pour être toujours aussi magnifique …

_Qui t'as appris à jouer autant d'instruments ?

La tête de l’écossais se pencha doucement sur le coté. En vérité il ne jouait bien que du piano et du violon. Il connaissait les autres instruments mais ne serait pas capable de faire de belles performances sans partitions. Voir même avec des partitions, beaucoup de choses lui étaient inconnus, Astrid s’imaginait beaucoup trop de chose.
Nevrabriel eut un faible sourire sur son visage. L’euphorie de la mélodie et de ce rapprochement s’était envolée laissant la fatigue reprendre ses droits sur son faible corps.

_Je t’ai dis que mon père était professeur de violon ?

Le jeune homme se leva pour se mettre à l’extrémité du tabouret, mais à cheval sur l’assise pour être en face de son interlocutrice et la laisser respirer, de profil au piano. Sans appuyer sur une note, le jeune homme effleura l’instrument des doigts. Il avait encore du mal à réalisé que Donatien avait accepté cette salle de musique. Il se demandait si cela était suite à sa demande ou le médecin avait remarqué que beaucoup de monde appréciait en jouer et que cela pouvait faire office de thérapie. Connaissant le médecin en chef, Nevrabriel ne le saura jamais.

_Avant la naissance de ma sœur, il jouait dans les plus grands orchestres du monde. Je ne l’ai donc jamais vu jouer, à par dans des films que ma mère avait enregistré.

Le jeune homme cessa de caresser le clavier et reporta son attention sur attention sur son ami. Il lui esquissa un sourire avant de soupirer doucement. Il était loin d’être son père. Cet homme avait un charisme monstrueux, c’était un bel homme qui avait fière allure et dont la connaissance musical paraissait sans limite, mais malheureusement, il ne savait parler de rien d’autre que de musique.

_Ce que je veux dire, c’est que lui est un vrai virtuose. Il m’a apprit à jouer au violon puisse que c’était son instrument de prédilection. Il m’a fait toucher un peu à tous les instruments, essayant de voir si j’avais d’autres affinités. En vérité, il aurait préféré que je joue de la harpe ou du violoncelle, ces choses là. Mais j’ai finalement préféré le piano … J’allais souvent lui rendre visite dans son école et j’étais fasciné par ses élèves et collègues qui jouaient du piano. Ça serait mentir de dire que j’ai appris cet instrument tout seul, ces personnes m’ont beaucoup aidé à m’améliorer. Mais détrompe toi, je ne suis doué qu’avec ces deux instruments, le reste est assez catastrophique. Et aussi …

Le jeune homme s’arrêta un moment de parler, un fin sourire vint traverser ses lèvres, repensant à ces belles années qui semblaient si loin derrière lui. L’Ecosse, l’école de son père, tout ces instruments, le violon dans sa chambre, ce piano dans le salon …

_J’aimais beaucoup jouer de la musique avec ma sœur. Et lui chanter des chansons …

Nevrabriel pensait plutôt à son petit frère en disant cela. Alistair aimait tellement se mettre sur ses genoux et entendre la voix de son frère mélanger au son de cet instrument. Il semblait si heureux pour si peu, une chaleur humaine et si chère, de la musique, une voix apaisante.
Mais Astrid n’avait pas besoin de le savoir. Elle n’avait pas besoin de savoir qu’il pensait à son frère à ce moment là. Elle n’avait pas besoin de savoir qu’il eut un frère autrefois. Malgré tout, beaucoup de mélancolie traversa le regard songeur du jeune homme.

Mais ce dernier se reprit. Il n’allait pas transformer ce bon moment en thérapie ou confession, il l’avait déjà assez bouleversé avec sa maladie, elle n’avait pas besoin de cela. Elle ne le méritait pas. Le jeune homme leva ses yeux vers son amie et lui offrit un petit sourire. C’était son maximum, il n’était pas bien large, mais il était présent.

_Et toi alors ? Qui t’as appris à jouer du piano, j’ai le droit de le savoir ?


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Secrétaire de Ange
Mer 13 Juin - 0:59
UNE VALSE DANS NOS COEURS

ERSKINE Nevrabriel & LAVOIR Astrid

Le crâne du jeune homme avait légèrement basculé sur le côté. Ses traits avaient étés regagnés par la lourdeur de la fatigue, mais un sourire discret continuait de transcender son visage. Cela faisait longtemps qu'Astrid n'avait pas vue autant de vie émaner de ce jeune homme. "Longtemps"...Dire qu'en réalité, cela ne faisait que quelques mois. Tout s'est effondré si vite, dans cet Institut.

"Je t’ai dis que mon père était professeur de violon ? "


Le garçon se détacha d'elle afin de s'installer à ses côtés. Astrid se prit à être presque nostalgique de sa chaleur dans son dos, mais son visage ne laissait rien paraître. Elle continuait de le fixer avec un sourire immuable pendant qu'il s'était tourné face à elle; elle l'observait caresser de piano de manière contemplative, même si son attention était plus fixée sur lui que sur l'instrument.
Maintenant qu'elle y pensait, en effet, l'écossais lui avait bel et bien parlé de son père, lors de leur entrevue au lac. Elle parvenait à se souvenir de sa performance de violoniste comme si c'était hier, ses cheveux valsant sous la brise de Mars. Un petit sourire nostalgique étira ses lèvres, pendant qu'elle souffla de manière pensive;

"C'est vrai que tu m'as dit qu'il t'avais enseigné le violon, en effet. Mais je ne pensais pas qu'il était professeur..."

"Avant la naissance de ma sœur, il jouait dans les plus grands orchestres du monde. Je ne l’ai donc jamais vu jouer, à par dans des films que ma mère avait enregistré."


Un soupire vint briser cette atmosphère paisible dans laquelle le duo baignait. L'expression de la secrétaire s'était légèrement attristée tendis qu'elle observait son ami expirer ainsi. Elle déduisait facilement que Nevrabriel ne devait probablement pas avoir beaucoup vu son paternel, durant sa jeunesse. C'était une douleur qu'elle-même comprenait bien. Néanmoins, leurs pères étaient tout deux absents pour perpétuer leurs rêves alors, derrière l'amertume que cela évoquait en chacun de leurs enfants, devait probablement se camoufler un brin de fierté. C'était sur cela qu'il fallait s'attarder avant tout, aux yeux de l'anglaise. Et c'était probablement cela que souhaitait leurs pères respectifs, également.

"Ce que je veux dire, c’est que lui est un vrai virtuose. Il m’a apprit à jouer au violon puisse que c’était son instrument de prédilection. Il m’a fait toucher un peu à tous les instruments, essayant de voir si j’avais d’autres affinités. En vérité, il aurait préféré que je joue de la harpe ou du violoncelle, ces choses là. Mais j’ai finalement préféré le piano … J’allais souvent lui rendre visite dans son école et j’étais fasciné par ses élèves et collègues qui jouaient du piano. Ça serait mentir de dire que j’ai appris cet instrument tout seul, ces personnes m’ont beaucoup aidé à m’améliorer. Mais détrompe toi, je ne suis doué qu’avec ces deux instruments, le reste est assez catastrophique. Et aussi …"


Plus Astrid l'écoutait, plus son sourire s'élargissait entre ses joues. Son attention était à son comble, comme un élève avide de savoir noterait la tirade d'un professeur; les bras croisés, posés sagement sur ses cuisses. Entendre son ami parler autant, même avec une voix faible et usée, l'émouvait quelque peu...C'était une sensation qui l'avait manqué. Beaucoup manqué. Comme une autre type de chaleur, qui cette fois venait embrasser son âme, sans même réellement le vouloir.
Dans ce cas, Nevrabriel était donc doué uniquement au violon et au piano. Ce qui est déjà très bien, ma foi; la londonienne trouvait même cela étonnant, la manière dont il se rabaissait lui-même, qualifiant son père de "vrai virtuose" par rapport à lui. Astrid serait fière, si elle pouvait maîtriser deux instruments à la fois, et ce sur le bout des doigts. Mais disons qu'elle n'avait pas ce talent inné que la famille du rouquin semble se transmettre au fil des générations.

"J’aimais beaucoup jouer de la musique avec ma sœur. Et lui chanter des chansons …"


Son ton semblait s'être embaumé d'une nouvelle senteur âcre à laquelle son amie aux cheveux clairs avait été réceptive. Ce mélange de peine et de joie fanée lui était très familier. Les yeux violets de la dame se montraient visiblement emphatiques mais son sourire restait calme, voire plus doux qu'à l'usuel.

"Toi et ta sœur semblez très fusionnels. Je suis sûre qu'elle sera heureuse de te revoir, lorsque tu rentreras en Ecosse."


La demoiselle avait dite cela sincèrement, ne se rendant absolument pas compte de la portée de ses paroles.

"Et toi alors ? Qui t’as appris à jouer du piano, j’ai le droit de le savoir ?"


La blonde pouffa légèrement de rire suite à la manière dont il avait formulé sa question. Il était vrai qu'elle ne se livrait vraiment pas facilement, la petite Lavoir.
Levant les yeux au plafond avec un sourire tendre, elle finit par annoncer.

"Mon père, moi aussi. Enfin...le mien n'était pas un artiste aussi engagé que le tiens. Juste un bon mélomane."


Son regard se repose sur l'instrument en face d'elle; ses doigts viennent à leur tour pianoter quelques touches, afin de s'occuper.

"Lorsqu'il avait du temps libre, il le passait à nous emmener à toute sorte de galas et de concerts prisés. La plupart de mes frères n'étaient pas très enjoués par ces sorties, mais moi et ma mère adorions. Quand ce n'était pas le cas, il invitait carrément certains artistes à jouer dans les jardins!"


Un nouveau rire s'échappa de la gorge d'Onyx à ce moment. Eric Lavoir était réellement un être à part. Un homme joyeux, passionné et débordant d'amour pour son prochain. Le plus grand pilier que la jeune femme n'avait jamais eue de son existence.
Elle aurait tant aimée que Nev puisse le rencontrer.

"Nous vivions dans des conditions très aisées, à l'époque. Il faut dire que papa était astronome, alors il gagnait bien sa vie."


Ses doigts cessèrent aussitôt écraser le clavier alors que la secrétaire tournait des yeux brillants vers son rouquin. Un sourire joyeux et fier aux lèvres, qui lui donnait vraiment bonne mine.

"C'est lui qui a choisi mon prénom." conclua-t-elle malicieusement en plongeant ses iris dans celles de Nevrabriel.





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X36
Sam 23 Juin - 23:21
_Et toi alors ? Qui t’as appris à jouer du piano, j’ai le droit de le savoir ?

Le jeune homme ne s’étendit pas sur le sujet de sa sœur. Il l’aimait tellement, mais il savait aussi que ce n’était pas vraiment réciproque. En fait, Nevrabriel espérait que sa sœur lui pardonne, à chaque appel de sa grand-mère, il demandait à lui parler, elle déclinait. Il en oublie presque le son de sa voix. Pourtant, son visage rond et ses grands yeux de saphirs le hantaient. Il savait très bien que sa sœur avait grandit depuis la dernière fois qu’il l’avait vu, elle devait être une magnifique jeune femme à présent. Elle ressemblait trait pour trait à leur grand-mère lorsqu’elle était jeune, et Dieu qu’elle était une belle femme, il fallait seulement voir sa fille, Heather, la mère de Nevrabriel, pour comprendre à quel point Aila Ghrian était une perle sur un anneau d’or, belle comme le jour, tendre comme une caresse, attentionné et attachante.

La jeune secrétaire eut un rire furtif à la question de l’écossais. Astrid n’était pas le genre de personne à parler d’elle, même lorsqu’on le lui demandait. Elle préférait se terrer dans l’ombre lorsque le sujet de conversation se portait sur sa personne. Mais il n’y avait plus rien à dire sur le roux à présent, et il aimerait bien, lui aussi, connaitre d’avantage la petite lune. Son passé, sa famille, ses rêves, ses envies, ce qui fait qu’elle est Astrid Lavoir.
Celle-ci leva les yeux au plafond avant de répondre :

_Mon père, moi aussi. Enfin...le mien n'était pas un artiste aussi engagé que le tiens. Juste un bon mélomane.

Puis, son regard de printemps descendit sur le piano qui reliait les deux jeunes gens. Ses fins doigts vinrent valser sur le clavier bicolore.
Nevrabriel porta instinctivement ses yeux sur les bouts de cette main délicate qui pressait à peine les touches, mais dont le son semblait provenir d’ailleurs. Etrangement, il se sentait aussi serein que ce jour près du lac, un instant gravé dans sa mémoire, entre Astrid et lui, dont elle-même semblait garder des brides de souvenir.
Blanc et noir.
Bleu et doré.
Différente notes de différentes couleurs mais sur un même corps, comme le jeune homme.

_ Lorsqu'il avait du temps libre, il le passait à nous emmener à toute sorte de galas et de concerts prisés. La plupart de mes frères n'étaient pas très enjoués par ces sorties, mais moi et ma mère adorions. Quand ce n'était pas le cas, il invitait carrément certains artistes à jouer dans les jardins!

Nevrabriel avait écouté la demoiselle jusqu’au bout, regardant ces yeux d’un bleu intense aux tons violets. Puis, un sourire attendrit se dessina sur son visage. Il trouvait qu’Astrid avait une ravissante lueur dans le regard lorsqu’elle pensait à son père. La jeune femme avait utilisé le passé en parlant de lui, donc il n’était certainement plus de ce monde, mais elle en gardait des souvenirs qui semblaient lui être très cher. Nevrabriel comprenait très bien cela, mais contrairement à la petite lune, ses pensées le tournaient plus vers une lueur de tristesse dont il était le bourreau.

Doucement, l’écossais se rapprocha d’Astrid et porta sa main au visage laiteux de son amie, ses longs doigts vinrent agripper une mèche rebelle qui envahissait de trop le visage de poupée de la petite lune. Lentement, il entremêla cette mèche soyeuse entre ses doigts, la laissant glisser à travers ses phalanges, tel le lierre grimpant le long d’une muraille. Il arrêta le coulissement de ce filet d’argent à la pointe du cheveu avant de venir passer derrière l’oreille de la secrétaire. Il effleura son lobe en quittant l’oreille de son amie, maintenant ce sourire attendrit sur son visage fatigué.

_Il a très bien choisi. Il te va à merveille.

C’était très clair à présent. Nevrabriel avait fait le lien entre le prénom « Astrid » et les étoiles, mais il ne pensait pas que le père Lavoir aurait choisi ce nom si charmant parce que lui-même adorait les astres. Le patient trouvait cela dommage que cet homme ait quitté ce monde. Mais d’un autre coté, l’écossais n’aurait certainement jamais rencontré Astrid dans ce cas là. C’était certainement égoïste de penser cela, mais même s’il ne voulait que le bonheur de la jeune secrétaire, il était tout de même heureux qu’elle soit à ses cotés.

_Je ne le dis pas souvent, mais j’adore les étoiles. Je pense que j’aurais fais des études d’astrophysique si je n’avais pas été malade.

Nevrabriel s’éloigna pour retourner à son bout  de chaise, s’aidant faiblement du bord du piano pour y arriver. Son corps semblait ressentir le fait que le roux ait évacué tout ses nutriments tout à l’heure. Mais il allait devoir attendre 10 ou 20 minutes. Astrid n’avait pas toute la journée à lui consacrer et il chérissait chaque secondes en sa compagnie.

_J’aurais certainement beaucoup apprécié ton père. On aurait pu parler de beaucoup de chose. Et il m’aurait certainement appris beaucoup sur l’astronomie. Il avait vraiment un métier merveilleux ... Nous vivions dans des conditions très aisées, à l'époque. Il faut dire que papa était astronome, alors il gagnait bien sa vie ... C'est lui qui a choisi mon prénom.

Nevrabriel souriait comme un bienheureux en imaginant à quoi pouvait ressembler le père d’Astrid et à tout ce qu’il pu échanger avec cet homme. Piano, astres. Apparemment, plus qu’avec son propre père. Nevrabriel aimait ses parents, il n’y avait aucun doute là-dessus, mais il a toujours été difficile pour lui de leur parler, savent-ils au moins qu’il aimait le ciel et ses mystères ? Peut-être qu’avec le père Lavoir cela aurait été pareil, après tout, Astrid avait bien dis qu’elle venait d’une famille aisé, une chose que l’écossais n’avait pas eut. Non, disons qu’il n’a pas eut l’éducation qui allait avec. Sa famille était loin d’être pauvre, mais il venait d’une terre peuplée de collines d’un vert presque fantastique, de lac miroitant, de forêt aux milles couleurs, où les maisons de briques se réchauffaient d’un bon feu de cheminée. Une grande maison, une belle famille, mais libre comme des enfants sauvages.
Malgré tout, Astrid ne semblait pas porter de jugement au fait qu’il n’eut pas la même éducation que celle-ci, son ouverture d’esprit était très apprécié par le roux.

_T’a-t-il transmis son amour des cieux étoilés ?

h
hrp:
Retour de la loose :p


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