Quel genre de personnes sommes nous ? ||feat Ange||

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W81
Jeu 28 Juin - 23:24
Katerina y avait repensé longtemps. A l’homme sur l’estrade. Elle ne pouvait s’empêcher de se souvenir de la mort d’Andrei .Elle voulait lui parler. A ce docteur Barrabil. Elle ne savait pas trop comment l’aborder. Quoi lui dire. Elle était déjà venue plusieurs fois jusque devant son bureau et était repartie aussi vite, incapable de savoir comment se comporter. C’était ridicule. Ils ne se connaissaient pas, et elle ne savait même pas ce qu’elle semblait vouloir lui dire. Elle ne connaissait pas vraiment de mots rassurants. Et il n’en avait peut-être pas besoin. Ils n’étaient pas forcément les même. La jeune russe s’était bien rendu compte que les facettes humaines étaient multiples, contrairement à ce qu’elle avait toujours pu croire.

Depuis l’incident, chaque fois qu’elle trainait dans les couloirs, elle se retrouvait à fixer la cour, de sa fenêtre. Elle sursautait parfois, inquiète. Le confort qu’elle avait trouvé à l’institut semblait s’être effrité et un sentiment d’insécurité l’étreignait à nouveau. Et elle ne pouvait en parler à Agnès, Hyppolite ou Astrid. Elle n’était pas assez proche de cette dernière, Hyppolite ne saurait pas quoi faire de ce qu’elle aurait à dire et Agnès… Elle avait peur de sa réaction. Après l’estrade, ce serait trop dur. Les cauchemars que cette dernière faisait depuis la scène à laquelle elle avait dû assister… c’était bien suffisant pour elle.

L’occasion c’était présenter de manière assez inattendue. Son docteur avait attrapé un petit rhume. Rien qui ne l’empêche de soigner la majorité de ces patients. Mais pour préserver la santé fragile de la jeune russe, il lui fallait quelqu’un à qui confier les prochaines séances. Juste le temps qu’il se remette. Barrabil semblait corvéable par le personnel médical- sans doute une façon de le punir. Elle s’était donc retrouvée en salle de soin, face au médecin. Après une salutation tout ce qu’il y a de plus protocolaire, un silence inconfortable c’était installé. Si la jeune femme ne le montrait pas mais elle était nerveuse. C’était sa chance. Elle n’avait juste aucune idée de la manière dont elle devait aborder le sujet. Si elle pouvait l’aborder. Et elle ne savait toujours pas pourquoi elle s’était mise en tête qu’elle devait lui parler de ça. C’était juste une évidence.

Elle s’installa sur la table d’auscultation, machinalement. Il s’agissait d’une formalité. Une auscultation pour s’assurer de sa bonne santé, que son poids n’ait pas encore diminué mais aussi pour procéder à sa prise de sang mensuelle qui permettrait de savoir si le traitement qu’on lui administrait continuait à montrer des signes encourageants. Une routine dans laquelle elle avait toujours vécue.
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Médecin
Mer 4 Juil - 1:09
Ce matin est comme tous les putains de matins que je vis depuis que j'ai tué cette fille. Je suis passé du déni, à la dépression, à la colère. Je suis en colère contre moi-même. Pourquoi ai-je pressé la détente? Pourquoi ai-je provoqué une telle chose?
J'en sais rien, j'ai toujours été impulsif, c'est mon principal défaut. J'agis, puis je réfléchis. Là, j'ai un peu trop agi.
Mais j'arrive pas. J'arrive pas à dormir, à me retirer ces foutues images en tête. Ophelia n'y changera rien. Astrid non plus. J'arrive pas à dormir, ni même à penser à autre chose. Ca fait écho dans ma tête. Ce moment où tu te rends compte que t'as fait une connerie. Bah ça fait plusieurs jours que je m'en rends compte. Il n'y a qu'à voir les regards que l'on me lance dès que je sors de ma chambre, ou même d'une pièce quelconque.

Au fond, je les comprends. Moi-même je me hais. Je me hais d'avoir fait une chose aussi horrible, aussi... Dégueulasse et impure. Je me suis sali  les mains, et c'est avec elles que je soigne des patients. Des patients qui ne demandent qu'à fuir en me voyant arriver pour les soigner.
Et je les comprends.

Aujourd'hui, pour une raison qui m'échappe, on m'a attribué l'auscultation de cette demoiselle. J'imagine déjà sa réaction : elle va arriver, va se rendre compte que c'est moi, va me demander d'une voix timide que c'est une erreur, je vais lui expliquer la situation, et elle va se liquéfier sur place.
Super.

Dans mon super costard de connard, j'arrive dans le couloir des salles de soin. Je ne jette aucun regard à qui que ce soit, tout ce que je verrais serait des gens subitement très pressés alors qu'ils ralentissent le pas une fois suffisamment loin de moi.
J'inspire et rentre dans la salle. Je la découvre déjà sur la table d'auscultation.
J'avais oublié que la lumière des salles de soin est toujours plus intense. Elle m'agresse.
Bof, je dois le mériter sans doute...

Je dois encore être dans la phase déprime, tiens. C'est bon à savoir.
Je ferme la porte derrière moi et m'avance vers le lavabo pour me laver les mains.

- Bonjour mademoiselle. Je suis le médecin Ange Barrabil. Ton médecin étant malade, il vaut mieux que ce soit moi qui m'occupe de toi.

C'était concis mais ça suffisait. Donc ça va.
Je m'essuie les mains, puis pose la serviette sur le côté. J'enfile les gants en latex préalablement nettoyés par une femme de ménage. Je prends tout de même le temps de le faire une seconde fois, sait-on jamais.

- On va faire le topo habituel. Il m'a tout expliqué, donc tout va bien se passer. Je vais me permettre d'aller un peu plus loin que ton médecin pour tenter de te guérir entièrement et que tu n'aies plus à dépendre de ta maladie.

J'ai l'air à l'aise, là, hein? Bah en fait, rien que de savoir que je vais devoir lui faire une perfusion me terrifie. J'ai l'impression que je vais faire une nouvelle erreur, qui va la tuer et qui va faire durer mon Enfer.
Mais bon, pour l'instant on va se contenter d'une introduction dans les bonnes formes.
petite citation qui déchire grave




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W81
Sam 7 Juil - 0:47

Lorsqu’il fit irruption dans la salle, il prit aussitôt la direction du lavabo, ne s’encombrant pas de gestes inutiles.

- Bonjour mademoiselle. Je suis le médecin Ange Barrabil. Ton médecin étant malade, il vaut mieux que ce soit moi qui m'occupe de toi.

Elle hocha la tête. Katerina avait gardé les yeux plantés à mi-parcours entre lui et la porte. Si elle ne le dévisageait pas, c’était par pur politesse. Elle aurait voulu pouvoir le détailler du regard, découvrir la raison de sa propre envie de lui parler. Irrépressible.

- On va faire le topo habituel. Il m'a tout expliqué, donc tout va bien se passer. Je vais me permettre d'aller un peu plus loin que ton médecin pour tenter de te guérir entièrement et que tu n'aies plus à dépendre de ta maladie.

Il pensait pouvoir le guérir du HIV alors que même les patients lambda atteint de cette maladie ne le pouvaient ? Il avait de l’ambition. Elle ne détestait pas ça. Après tout, elle était à l’Institut avant tout pour qu’ils fassent sur elle des miracles. Elle inclina poliment la tête, comme Andrei le lui avait appris.

La jeune russe ôta mécaniquement son dessus, dévoilant sa frêle carrure. Elle devait probablement passer sur la balance d’ici la fin de l’entretien pour vérifier qu’elle pesait toujours le même poids. Quelques jours plutôt, elle avait pris presque un kilo, à la grande satisfaction de son médecin. Les beaux jours lui permettaient en général de récupérer un peu de ce qu’elle perdait lors des périodes de plus grands froids. Elle espérait ainsi atteindre les 50 kilos d’ici la fin de l’été.

Alors qu’il termine de nettoyé ces gants en latex, Katerina en profite pour lui jeter un coup d’œil en coin. Toute sa personne semble totalement contrôlée. Parfait des pieds à la tête. Certains auraient pu se demandé comment un être aussi droit et méticuleux avait pu en arriver à tirer sur une gamine. Mais pas la jeune russe. Savoir ce qu’elle lui voulait restait encore flou dans son esprit mais sa question n’était pas pourquoi il en était arrivé là. Enfin…c’est ce qu’elle supposait. Lorsqu’il eut terminé et enfilé ces gants, elle cessa de le fixer, gardant poliment les yeux tournés vers le mur. Elle s’adressa au docteur d’une voix claire :

-Bonjour Docteur Barrabil, je suppose que mon dossier vous est arrivé, mais si vous avez la moindre question à me soumettre qui puisse vous facilitez la tâche, n’hésitez pas.


Elle se doutait qu’un médecin comme le Docteur Barrabil avait forcément la conscience professionnelle suffisante que pour étudier le cas de chaque patient avant de le traiter, même pour une osculation de routine sur un patient temporaire. Mais la prudence lui avait tout de même appris à se méfier. Elle était tombée une fois sur un médecin qui lui avait administré un produit auxquels elle était allergique. Un étourdi qui n’avait aujourd’hui plus de diplôme pour s’en vanter. Pour quelqu’un à la santé aussi fragile que Katerina, ce genre d’erreur pouvait signer la fin.
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