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20/10/2018
Préparation d'event
22/09/2018 Modification des pourcentages révolutionnaires (cf. PA et heure supp')
16/09/2018 Ajout du bouton Discord qui avait disparu ;-;

Réparer ce qui peut l'être ||feat Nev||

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Kan n’aimait pas quand Nev était triste. Il cherchait depuis plusieurs jours comment lui remonter le moral. Il avait élaboré une centaine de plans tous aussi loufoque les uns que les autres. Certains irréalisables, d’autres peut-être un peu moins. Il avait même pensé jusqu’à négocier des portions de bonbons supplémentaires auprès d’Agnès. Mais il avait eu la plus brillante idée un peu plus tôt dans la journée. Une vraie idée de génie.

Il écoutait distraitement ce qu’il se passait devant lui, connaissant le chemin de la chambre de Nev par cœur. Il s’arrêta devant la porte de ce dernier et l’entrouvrit, plus timidement que d’habitude, une boîte en métal serrée contre lui. Il s’avança jusqu’au lit de ce dernier, marchant sur des feuilles de musique qui trainaient par terre et qui lui chatouillaient les pieds. Cela faisait quelques jours que le garçon ne lui contait plus son histoire du soir. Si au début, il s’était sentit un peu oublié et avait boudé, il avait fini par comprendre de lui-même que Nev avait forcément eut un empêchement. Hors, il l’avait croisé. Donc cela devait être un empêchement comme celui que Kan avait eu au départ de son ami Pat’, lorsque ce dernier avait quitté l’institut. Un empêchement qui devait faire mal au cœur.

- Nev ? Z’ai un cadeau pour toi.

Il la posa précieusement par terre, au pied du lit du garçon. Il releva la tête vers la silhouette de Nev’ et murmura, comme s’il risquait d’être entendu:

- C’est tous mes trésors.


Il ouvrit la boîte. Elle contenait des cailloux tout lisse, un autre troué en son centre, un bonnet tricoté par Agnès, une chose douce et allongée appartement sûrement à une créature magique (une plume de pigeon donc), un bout de bois qui avait une forme d’ampoule (enfin... a peu près...) et un porte clé que lui avait offert Steven après s’être absenté plusieurs semaines. Quelques bonbons et un sachet de noix décortiquées complétaient le tableau. Il souleva la boîte pour la poser sur le lit, et la poussa vers le rouquin.
Il aurait voulu avoir plus à donner, mais c’est tout ce qu’il avait de précieux.
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Nevrabriel était assit sur son lit, le dos contre le mur, le regard plongé dans le vide. Ce matin, comme chaque matin depuis la mort de sa grand-mère, des surveillants sont venus le tirer de sa chambre, comme une loque, l’emmenant aux sanitaires afin qu’il fasse sa toilette. Il se douchait avec une lenteur déconcertante, tant et si bien qu’on venait le chercher de plus en plus tôt pour qu’il ne soit pas en retard pour son auscultation. Le docteur Elpida n’aimait pas les retards, et c’était les surveillants qui prenaient pour ça. Une fois son rendez-vous silencieux achevé avec son médecin, les surveillants venaient le ramener à sa chambre, auquel cas, l’écossais avait tendance à se planter au milieu du couloir et ne pas bouger pendant des heures. Les plateaux repas étaient amenés sur son bureau et repartaient intact.

Un surveillant frappa à sa porte, et entra après quelques minutes de silence. Il regarda rapidement X36 avant de venir prendre le plateau et s’en aller, refermant la porte. Le patient n’avait pas cillé une seule fois, il était dans la même position depuis qu’on l’avait ramené de la salle de soin.

Nevrabriel ressemblait à une coquille vide. Il l’était. Des murmures lui parlaient du matin au soir, lui reprochant la disparition de toutes ces personnes, lui reprochant sa passivité, lui reprochant même d’exister.
Avaient-ils raison ? Plus le temps passait, plus le jeune homme en avait l’impression.

*Ne les écoute pas Nev.*

Le jeune homme ne bougea pas mais son regard finit par dévier lentement sur la gauche. Près de la porte, adossée au mur, une jolie adolescente se tenait. Des mèches d’un noir intense venaient se déposer sur ses yeux d’un bleu ciel très apaisant. Elle avait un sourire tendre et portait l’uniforme des patients. Elle s’avança vers le jeune homme et se pencha pour regarder son visage qui restait figé dans le temps.

*Ce n’est pas ta faute tout ce qui arrive. Moi je crois en toi. Je sais que tu es une bonne personne.*

Alors pourquoi tout le monde meurt autour de moi ?

*La vie est cruel avec ceux qui sont bons. Mais nous, nous seront là pour toi.*

La jeune fille se redressa et montra un angle mort de l’écossais. Ce dernier, avec faiblesse, finit par tourner la tête vers le pied de son lit.
Ils se tenaient tous là.
Sa grand-mère, son petit frère et même sa sœur, mais la sœur qui l’aimait encore, celle qui avait encore cette longue chevelure de rubis au visage rond d’un enfant. Ils étaient là, ceux qui l’aimaient réellement, pour qui son existence n’était pas un poison, une peine.

Puis, la porte de sa chambre se mit à bouger. Quelqu’un avait frappé et il ne l’avait pas entendu ?
Un tout petit être fit apparition dans le cadre de la porte.

Kan ?

_ Nev ? Z’ai un cadeau pour toi.

L’enfant posa une boite en métal au sol, que le roux n’avait pas remarqué tout de suite. Son visage éteint fit le tour de sa chambre, comme s’il la voyait pour la première fois. Il n’avait pas vu qu’il avait mis ses compositions, ses livres à moitié ouverts sur le sol. Un de ses tiroirs était ouvert et le carnet qu’Astrid lui avait offert, ouvert en évidence sur le bureau. Il y notait ses journées, comme un journal de bord, par peur d’oublier. Donatien lui avait conseillé cet exercice de mémoire, se souvenir des journées passé après lecture. Mais il n’avait plus écrit depuis un moment. Lisait-il ? Il ne savait pas.
Il ouvrait le carnet, tournait les pages sans les lire et refermait le livre. A quoi bon ?

_ C’est tous mes trésors.

Nevrabriel redonna son attention au petit garçon. Il avait ouvert sa boite et la poussa vers lui, comme s’il les lui offrait. Dedans, il n’y avait que des choses futiles, mais qui semblaient être très important pour Kan. Nevrabriel le connaissait bien, il savait que pour le petit garçon, une branche pouvait devenir Excalibur, un nuage pouvait être la maison des anges. Le roux le berçait d’histoire la nuit et l’enfant les rendait réel.
La présence d’Anna vint près de l’écossais. Elle était assise à ses cotés et regardait Kan, presque attendrit.

*Quel adorable enfant. Il a bien grandit. Je ne pense pas qu’il se souvienne de moi, il était si jeune.*

Nevrabriel fixait inlassablement la boite ouverte de son petit protégé. Il ne savait pas quoi lui dire.
Pourquoi Kan voulait-il lui donner ses trésors ?

Nevrabriel entendit une murmure et, doucement, les yeux du roux se levèrent vers le petit aux yeux gris, puis son regard dévia à sa gauche pour regarder un autre petit garçon. Son frère. Il avait le regard timide et tripotait nerveusement son t-shirt de ses petits doigts.

_Kan … Ça me fait très plaisir …

Nevrabriel posa sa main sur le coté de la boite avant de repousser avec faiblesse le présent du petit garçon. Il était persuadé de lui sourire, mais son visage était aussi lointain et froid qu’un mort. Malgré son affection pour l’enfant, son regard ne dégageait aucune chaleur, aucune bienveillance, rien. Rien. Absolument rien.
Même sa voix pourtant si chaleureuse avait perdu toute clarté. Et pourtant, le concerné était persuadé du contraire.

_Mais ils seront plus en sécurité avec toi. Tu peux les garder pour moi ?

Il poussa la boite jusqu’à l’extrémité du lit avant de se redresser pour s’adosser de nouveau sur le mur et fixer le vide.
Ou plutôt, fixer Anna qui était assise sur son bureau, les pieds battant le vide.

_Tu devrais aller voir mademoiselle Dessanges, elle a surement des bonbons pour toi …



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Il y avait dans l’air quelque chose que Kan ne pouvait toucher, mais qui était bien réel. Un froid glacé auquel il n’était d’habitude pas confronté en présence de Nev’. Il se demandait d’où cela pouvait provenir. Était-ce dû à un fantôme ? Un spectre ? Ou une créature obscure qui se serait cacher dans le placard de son ami ?

_Kan … Ça me fait très plaisir…

La boite frotta sur le lit du garçon. Kan se demanda si ces cadeaux ne lui avaient pas plus. Peut-être aurait-il dû réellement demandé des bonbons supplémentaires à Agnès. Ou alors, Nev n’aimait rien de ce qui se trouvait dans la boite. Non. Ce n’était pas possible. L’enfant toucha le dessus de sa boite, timidement. La voix de son fréro n’était pas comme d’habitude, elle non plus. Elle n’avait pas le ton enjoué des histoires du soir, mais plus encore. Elle semblait se décomposer.

_Mais ils seront plus en sécurité avec toi. Tu peux les garder pour moi ?

Ouf, ce n’était que cela ? Il bomba le torse comme si on lui avait confié une mission de la plus haute importance et hocha la tête. Des bruits de draps froissés lui rapportèrent que Nev changeait de place pour se positionner contre le mur de son lit.

_Tu devrais aller voir mademoiselle Dessanges, elle a surement des bonbons pour toi


Kan prit contre lui sa boite au trésor, l’ouvrit et en sortit quelque uns de ses bonbons qu’il glissa dans sa poche. Il la glissa ensuite sous le lit de Nev. Là, personne n’irait la chercher. Il se redressa, non sans laisser échapper un petit éternuement. La poussière chatouillait son nez. Il fonça ensuite droit sur l’armoire et l’ouvrit, non sans s’être un peu écarté, effrayé tout de même de tombé sur un fantôme. Mais rien. Enfin…. Rien qu’il ne pouvait entendre. Il n’avait aucune idée de s’il était capable ou non d’entendre un fantôme. Mais Nev’ n’avait pas eu de réaction, alors il n’y avait surement rien. Un peu rassuré, il retourna jusqu’au lit.

-Z’en ai encore.


Il entreprit ensuite de grimper sur le lit de son fréro, prenant soin de bien écouté sa position pour éviter de lui rentrer dedans. Il alla se blottir contre lui, se glissant dans ses bras. Il ressortir les bonbons et en glissa un dans la main de Nev.

-Tient, celui-là est pour toi.


Il déballa ensuite méticuleusement le sien et le glissa sous sa langue. Il eut un large sourire en découvrant qu’il avait hérité d’un bonbon gout pomme, qui était de loin ces préférés. Il froissa l’emballage et le glissa à nouveau dans sa poche. Il laissa fondre le bonbon, profitant de sa saveur se répandant sur son palais. Il n’entendit pas la moindre réaction de la part de son ami. Le petit Kan se demanda s’il faisait quelque chose de travers. Finalement peut être son fréro était-il réellement en colère. Il murmura à Nev’ :

-Tu es fassé ?


Il releva la tête vers le garçon, en un geste plutôt inutile mais qui permettait à son interlocuteur de le voir.
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_Tu devrais aller voir mademoiselle Dessanges, elle a surement des bonbons pour toi …

Kan se rua sur son armoire pour l'ouvrir en grand. L’écossais resta stoïque, ses yeux devinrent légèrement lucides et commencèrent à regarder cette armoire. Il y avait plusieurs piles de t-shirt, uniformes manche longue, uniformes manche courte, des hauts d'ailleurs qu'il n'avait pas le droit de porter. Des pantalons d’uniforme et d’autres qu'il n’avait pas le droit de porter. Des vestes. Des écharpes. Des bonnets. D'ailleurs, le bonnet que lui avait offert mademoiselle Dessanges pour son anniversaire trônait la pile. Il le reconnaissait de loin malgré qu’il ait une couleur semblable à deux autres.
Le petit garçon courut jusqu’à son ainé, la distance n’était pas très grande, mais assez pour engendré une course pour un petit garçon.

_Z’en ai encore.

Il en a encore … de quoi parlait-il ?
Ah oui … des bonbons …

Kan monta sur le lit et se glissa sous le bras de l’écossais pour recevoir une étreinte de sa part. Il faisait souvent ça, comme un petit animal se glissant entre les pattes de sa mère. Et dire qu’il n'a connu que l'institut comme maison ...
Kan posa un bonbon dans main ouverte du jeune homme. Ce dernier n'eut aucune réaction. Il se contenta de regarder la friandise de son regard vide d’âme.

_ Tient, celui-là est pour toi.

Les murmures s’étaient tût par le contact du petit garçon. Mais étrangement, ces bruits semblaient revenir progressivement malgré la présence de l’enfant.

*En même temps, tu te laisse faire, Nev*

L’écossais releva la tête vers cette voix qui semblait plus réel encore que son petit protégée. La jolie brune se tenait devant lui, devant le lit, les mains derrière le dos et ses lèvres lui offrir un sourire.

*Je ne veux pas que tu t’en veuilles, malgré tout ce qu’ils disent.*

_ Tu es fassé ?

La voix de Kan tira Nevrabriel de ses réflexions, Anna disparut, comme le commencement de ses murmures. Il baissa les yeux vers le petit garçon alors que le reste de son corps ne bougeait pas, bloqué, figé.
Le jeune homme regarda les grands yeux gris de son petit compagnon.
Puis un souffle passa dans son oreille.

Tu le rends malheureux.

Tu ne sais faire que ça, rendre les gens malheureux.
Même lui, tu le rends triste.

Nevrabriel vint faiblement poser la main sur le sommet du crane de son protégé. A ce contact, les murmures se turent aussitôt. Il avait presque oublié les bienfaits du silence. Mais le silence se mit à se transformer en une profonde solitude dans son cœur. En perdant ces voix, il perdait celle d'Anna qui le réconfortait. Ça le rendait si triste. Elle le comprenait snas qu’il n’ait besoin de parler, elle lui disait des mots qu’il avait besoin d’entendre même s’il ne l’écoutait pas. Elle lui sourait de ses dents de perles et lui parlait de sa voix sortie d’un rêve.
Mais elle n’était pas réelle …

_Non, ne t’en fais pas …

Kan n’avait que sept ans, il n’aurait pas pu comprendre, et de toute façon, Nevrabriel ne voulait pas en parler. Pas pour le moment, peut-être jamais. La femme qui l’a élevé, qui le rassurait lorsqu’il était enfant, qui venait le voir chaque mois, l’appelait chaque semaine, le faisait rire dans la peine, le rendait joyeux dans la solitude, cette femme, il ne pourrait jamais plus le voir.
Il n’avait même pas pu lui dire au revoir …

_ J'ai des problèmes de grandes personnes.

La main du jeune homme quitta la tête de Kan pour venir  porter le petit garçon avec faiblesse et le mettre dans le creux que formaient ses jambes en tailleur. Puis, il blottit ce petit corps de ses bras, le pressant contre lui, il posa sa joue dans les cheveux de ce dernier, comme s’il le couvait. Les mèches brunes de Kan étaient toute chaudes, comme l'été. Il sentait presque le souvenir des glens d’Ecosse. Mais plus le temps passait, moins le roux se souvenait des paysage de son pays.
Si on le ramenait là-bas, pourrait-il retrouver sa maison ? … Mais … à quoi cela servirait-il de la retrouver ? Elle serait vide. Il n’y avait plus Alistair, il n’y avait plus sa grand-mère, peut-être qu’il n’y avait même plus Mery …

_Ce n'est pas facile d'être grand, tu sais ?



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Lorsque Nevabriel posa sa main sur la tête de Kan, ce dernier se serra un peu plus contre lui comme un petit animal affectueux. Le bonbon à la pomme fondait toujours sous la langue du garçon. Il écoutait celui qu’il considérait comme un frère, ayant un étrange sentiment. Comme s’il pouvait disparaitre entre deux « clics » qu’il émettait.

_Non, ne t’en fais pas … J'ai des problèmes de grandes personnes.

Des problèmes de grandes personnes ? Kan hocha la tête. Les trucs de grandes personnes n’avaient pas l’air très amusant. Lui, il deviendrait agent secret ou ninja comme ça il ne risquait pas d’avoir de problèmes. Il se laissa porter, content de se trouver tout écrabouillé par Nev’. Le garçon appréciait particulièrement les câlins. Parfois il faisait semblant que ça ne lui plaisait pas pour paraitre plus grand, mais là, il avait envie de rester tout petit. Et de ne jamais avoir de problèmes. Il était juste bien, là, dans les bras de Nev’.

Il aurait pu aussi se lever sur le lit du rouquin et se mettre sur la pointe des pieds. Il aurait peut-être été assez grand pour comprendre. Mais il n’aimait pas quand il était grand. Ça lui donnait toujours le sentiment qu’il risquait de plonger dans les ténèbres s’il ne faisait pas attention. C’était un peu stupide parce qu’il était déjà dans les ténèbres mais il ressentait cette sensation depuis toujours. Son médecin lui avait dit qu’il était acro-bate ? acro-fibre ? acro-fort ? Il n’était plus trop sur mais ça voulait dire un truc par rapport à ce sentiment. C’était une histoire de pressions et d’autre machins du genre, qu’il avait dit.

C’était un peu comme avec la pluie. Ca faisait peur même si c’était pas dangereux.

_Ce n'est pas facile d'être grand, tu sais ?

Non il ne savait pas. Il n’y connaissait pas grand-chose au truc de grand. Nev’ était-il obligé de grandir ? Etre un grand frère c’était une chose, devenir une grande personne c’était devenir vraiment très grand. Peut-être trop grand. Et s’il devenait si grand qu’il ne voyait plus Kan ? Si grand qu’il l’écraserait peut-être sans le faire exprès. Il se demanda si c’était possible. En fut convaincu. Le garçon se tortilla sur lui-même pour faire face à Nev’, l’agrippant de ses bras, son visage enfuit contre son torse. Son odeur rassurante l’apaisa.

-Mais tu restes mon grand frère hein ? Tu reviendras me raconter des hiztoires même si tu deviens une très grande personne ?


Sa voix étouffée par le vêtement du roux s’élevait tout de même, bien audible.
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_Ce n'est pas facile d'être grand, tu sais ?

L’enfant dans les bras du jeune homme se débattit pour se retrouver face à son ainé et plonger son visage sur son uniforme, comme cherchant le plus de contact avec le roux.
C’était un enfant après tout … il avait besoin de chaleur …
Tout le monde en avait besoin … Même lui ...
Lorsque Kan prit la position qu’il désirait, Nevrabriel reposa une main sur le crane brun de l’enfant, gardant un contact avec la réalité, même si celle-ci était bien trop douloureuse. Il se contenta simplement de poser sa main, ne caressant pas la tignasse du petit garçon.

Il ne voulait pas que son protégé le voit triste.
Il ne voulait pas le chasser.

Tu ne seras donc jamais satisfait ?

Nevrabriel se crispa légèrement alors qu’il divaguait, mais ce fut la voix enfantine de Kan qui le fit sortir de ses douloureux songes.

_Mais tu restes mon grand frère hein ? Tu reviendras me raconter des hiztoires même si tu deviens une très grande personne ?

Des histoires … ?
Les histoires que lui racontait sa grand-mère décédée ?
Les histoires qu’il avait inventées avec sa sœur qui le détestait ?
Les histoires qu’il lisait à son frère qu’il avait tué ?
Toutes ces histoires … étaient terminés.

Le regard vitreux du roux alla se poser sur les cheveux de l’enfant, il caressa ces mèches sombres, comme l’encre d’une partition de musique. Ils étaient doux et fins, comme ceux de son frère.
Quel âge avait Kan à présent ? … 6 … non …. Il aura 7 ans en novembre.
Mais en attendant il en avait 6 … comme Alistair avant qu’il ne parte. Avant … qu’il ne le tue.

Ce n’était pourtant pas la faute de Kan si l’écossais était ainsi, s’il ne voulait voir personne, n’écouter personne, qu’il n’avait plus de force, ni pour marcher, ni pour sourire. Ni pour jouer, ni pour raconter des histoires.
Mais ce n’était pas la faute de Kan …
C’était la sienne …

Nevrabriel continua de caresser doucement les cheveux de son cadet avant de répondre, une voix lointaine qui se rapprochait doucement de la réalité :

_Oui je le ferais … Mais … ça fait longtemps que les fées ne sont plus venues me voir pour m’en donner … Je n’en ai plus pour le moment …



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La main douce de Nev’ sur les cheveux du garçon avait quelque chose de rassurant. Un peu comme quand il se cachait dans le bureau d’Agnès quand il pleuvait. Il était en sécurité, là, pelotonner contre son grand frère. C’était des moments de tendresse savoureux que Kan chérissait, même s’il faisait parfois mine de vouloir y échapper.

Il voulait pas non plus passer pour un bébé. Il était un grand garçon, qui savait se débrouiller tout seul. Enfin… la plupart du temps.

_Oui je le ferais … Mais … ça fait longtemps que les fées ne sont plus venues me voir pour m’en donner … Je n’en ai plus pour le moment…

Le garçonnet haussa les épaules, :

- Pas grave. Tu peux me raconter celle que ze connais dézà. Zi tu veux, ze peux te raconter mes aventures auzi.

Puis il prit un air grave, se rendant compte des paroles de son ainé. Si les fées ne lui avaient plus rendu visite, elles étaient certainement en danger. Il fallait les secourir à tout prix. Il n’eut pas besoin d’y réfléchir à deux fois, il était certain qu’il était de son devoir d’accomplir cette mission.

- Mais… Il faut les retrouver ! Ze vais les chercher. Elles ont peut-être été piézer par les Monstres.

Il s’était redressé, l’air sérieux. Il avait attrapé une des manches de Nev’ et la tenait fermement. Il voulait y aller tout de suite mais les grands monsieur ne le laisseraient pas sortir à une heure pareil. Il pouvait toujours essayer. Au pire, il irait le lendemain. Mais il fallait faire vite. Il faudrait fouiller tous les endroits qu’il connaissait. D’abord la forêt. C’était certainement là qu’elle habitait les fées. Il trouverait peut être des indices. Ensuite, il chercherait partout où il pouvait.

Il éternua comme un petit chiot et se frotta son nez qui le chatouillait. Il pensa qu’il devrait être prudent. Il ne savait pas ce que voulaient les Monstres. Peut-être qu’ils allaient venir le chercher. Et Nev’ aussi. Surtout maintenant qu’il s’était mis en tête de les retrouver. S’installant plus confortablement près de Nev’, il chuchota :

- Je peux rester dormir avec toi ? Z’ai peur que les Monstres viennent.
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_Oui je le ferais … Mais … ça fait longtemps que les fées ne sont plus venues me voir pour m’en donner … Je n’en ai plus pour le moment …

_Pas grave. Tu peux me raconter celle que ze connais dézà. Zi tu veux, ze peux te raconter mes aventures auzi.

Ce n’était pas vraiment ce que voulais l’écossais … Il n’avait pas le courage de raconter une belle histoire, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, faisant des grands gestes, imitant des voix pour faire rire le petit garçon. Il voulait simplement rester là et contempler le vide, laisser ces murmures lui dire ce qu’il pensait de lui-même.
Ces voix … elles étaient sa tristesse, sa culpabilité, son dégout, sa haine, sa jalousie. Elles le tuaient intérieurement, l’enfonçant dans un gouffre noir aux teintes rouges. Et il se laissait tomber en son sein, sans tendre de main vers cette lumière incandescente qui essayait tant bien que mal de l’aider, cette lumière qui lui offrait des sourires et un regard aimant. Pourquoi elle ? Pourquoi était-ce Anna qu’il voyait ?

_Mais… Il faut les retrouver ! Ze vais les chercher. Elles ont peut-être été piézer par les Monstres.

Le jeune homme ne relevait rien, aucun commentaire. Il regarda le petit garçon s’agité tout seul, dynamique. Beaucoup moins vu l’heure tardive, mais trop pour la loque qu’était l’écossais. Kan semblait déterminé à retrouver les fées.
Il aurait bien le temps de grandir et comprendre que les fées n’existaient pas … de comprendre que son « grand frère » lui mentait lorsqu’il disait que les selkies retiraient leur peau de phoques pour danser sous la lune, que les banshee chantaient si bien que c’était pour cela que le ciel rougissait avant de s’endormir, que dans chaque forêt veillaient une dryade. Toutes ces créatures n’existaient pas. Que le monde était froid et sombre, sans couleurs, sans chaleurs, avec seulement des hommes qui se détruisent eux-mêmes.

_Je peux rester dormir avec toi ? Z’ai peur que les Monstres viennent.

L’écossais tourna la tête vers le petit garçon. Il n’avait aucun sourire sur ses lèvres sèches, mais le regard tendre pour son protégé. Il amena le petit garçon contre lui, et l’installa de façon à ce qu’il soit allongé dans les bras du roux, comme si allait bercer un bébé avant de le mettre au berceau. Puis, fatigué, Nevrabriel finit par s’allonger également, étendant le petit garçon à ses cotés.
L’écossais savait qu’il ne dormirait pas cette nuit, mais il ne prendrait pas le risque de rendre l’enfant triste, s’il se réveillait seul dans son lit, il penserait surement que son ainé l’aurait abandonné.
Seulement, le jeune homme n’aurait certainement pas la force de rester vaillant éternellement devant le petit garçon. Il allait devoir demander à mademoiselle Dessanges de faire en sorte que Kan arrête de venir le voir aussi souvent …
Mais arrivait-il au moins à parler à la secrétaire ? Il n’arrivait même pas à quitter sa chambre si on ne le trainait pas …

Faire semblant d’être fort … ça te va bien ça !


Ignorant ces voix, Nevrabriel couvrit le petit corps de l’enfant avec sa couverture. L’air de l’été était chaud, mais la nuit restait fraiche, surtout pour un enfant. L’écossais se redressa un peu, sans toutefois quitter son protégé, il continua de caresser ces mèches sombres avec la tendresse d’un grand frère, puis, doucement, avec une certaine faiblesse, il se mit à chanter :


Parmi toutes les berceuses, c’était sa préférée. Lorsque le jeune homme était enfant, il la réclamait souvent à sa grand-mère. Il aimait qu’elle lui caresse les cheveux en lui chantant cette berceuse dans la langue de son pays.

Maintenant, elle ne chantera plus jamais …

Le jeune homme dû arrêter de chanter après quelques instants puisse que sa voix devenait brisée. Ses yeux étaient voilés d’une épaisse couche d’humidité et ses bras se mirent à trembler.
Il ne voulait pas que Kan le vois comme ça, mais c’était bien trop tard, les larmes coulaient avec abondances sur ses joues pâles.
Le chagrin déforma son visage, le peignant d’une couleur inconsolable. Un gémissement plaintif sortit de sa gorge avant qu’il ne serre les dents. Nevrabriel ferma les yeux et vint serrer l’enfant contre lui, pressant sa tête contre son cœur comme s’il était une peluche. Ainsi, il ne le verrait pas pleurer.

Nevrabriel avait mal … si mal … que ses bras se mirent à trembler alors qu’il sentait tout son être se vider, comme si ses organes disparaissaient un à un, en commençant par son cœur.
Le jeune homme avait les dents serrées, le corps crispé, mais de légers sanglots sortirent de sa bouche.

Pleurer n’allait pas la faire revenir.
Crier n’allait pas la faire revenir.

Elle ne reviendrait pas. Il ne la reverrait jamais.



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Nev ne répondit pas mais il borda Kan, l’installant près de lui. Ce dernier était rassuré. Mais surtout ravi. Il était rare qu’une occasion comme celle-ci se présente. Souvent, son fréro le renvoyait se coucher, lui rappelant le règlement intérieur et les ennuis qu’ils auraient si on les pinçait. Du coup, il n’avait jamais vraiment eu l’occasion de rester dormir. Il se sentait à la fois excité et exténué. Il aurait voulu qu’il partage des bonbons et se racontent des histoires toute la nuit. Qu’il fasse une bataille de coussins, qu’ils lisent des livres caché sous les couettes. Mais ces paupières étaient lourdes. C’était comme si elle souhaitait à tout prix se rejoindre. Alors, il ferma les yeux, se pelotonnant contre Nev. Il essayerait peut-être de le convaincre de faire un jeu de nuit la prochaine fois.

La couverture était douce et épaisse. Malgré la chaleur, elle était encore fraiche et elle sentait comme Nev’. Une odeur rassurante, ni trop forte, ni trop faible. La douceur de sa voix qui s’élève apaise encore d’avantage le garçon. Il ne comprend pas les paroles, mais il est bien. Comme dans un gros nuage cotonneux, bien au chaud. Il n’en a jamais vu, mais on les lui a décrits. Les nuages lui font penser à l’eau. Mais ça ne lui fait pas peur comme l’eau. Parce qu’ils sont trop haut. Si haut que même en devenant un géant comme Steven, il ne risquerait rien. Il avait déjà tout oublier des fées et des Monstres.

Le mouvement lent et doux de la main de Nev’ est tout ce qui le rattache encore au monde. Du reste, il se sent sombrer. Il était sur le point de se détacher de ce dernier point d’encrage lorsqu’il se surprit à remarquer que le mouvement avait cessé. La chanson aussi. Kan émergea. Le garçon entendait le souffle saccadé de celui qu’il considérait comme son frère. Son corps entier semblait raidit, parcouru par des soubresauts facilement reconnaissable. Il pleurait. Mais pas comme quand Kan s’était ouvert le genou et qu’il avait hurlé et pleurer à chaudes larmes. C’était silencieux. Comme coincé à l’intérieur.

Le garçon n’y connaissait peut-être rien en truc de grande personne, mais il savait que pleurer à l’intérieur c’était pas bon. C’était Steven qui lui avait dit. Jamais pleurer à l’intérieur. Toujours trouver quelqu’un pour pleurer pour de vrai.

- Nev ? Même si t’es mon grand frère, t’as le droit de pleurer de l’estérieur hein.


Les yeux toujours clos, il pouvait entendre le cœur de Nev’ qui le serrait toujours contre lui. Il semblait battre. Un battement calme et régulier. Il ne savait pas du tout ce qu’il pouvait faire pour l’aider. Lui il n’était qu’un petit garçon. Il ne connaissait pas grand-chose du monde. Il ne voyait pas grand-chose du monde. Il ne connaissait que l’Institut. Steven, Agnès, Nev’.

- Tu… Tu veux bien encore me parler des Couleurs ?


Les Couleurs. C’était si abstrait. Un monde insoupçonné que le jeune Kan aurait voulu comprendre. Peut-être que le jour où il saurait tout du monde dans lequel il vivait, peut-être que le jour où il saurait tout ce que les autres savaient, il serait grand. Alors il pourrait aider Nev’. Il se promit d’essayer d’être plus attentif en cours. Il était certain que c’était supposé l’aider à devenir une grande personne.

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_Nev ? Même si t’es mon grand frère, t’as le droit de pleurer de l’estérieur hein.

Et quel genre de grand-frère pouvait-il bien être ? Il faisait souffrir toute sa famille, bientôt ça allait être tous ceux qui le considéraient comme tel. Tout ceux qu’il aimait allait souffrir et le détester. Comme s’il était né pour faire souffrir les autres. Né pour apporter le malheur. Ils avaient peut-être raison ces affreux gamins de son enfance ; il avait le mauvais œil.

Mais Kan avait raison … C'est vrai qu'il avait le droit de pleurer. Ce mal qui le rongeait faisait saigner son coeur et c’était bien plus douloureux que toutes les blessures physiques qu'il puisse avoir. C’était une douleur qu’on ne pouvait pas voir, et pourtant encore plus atroce que si on lui avait amputé un membre. Amputer une partie de lui qui ne pouvait pas repousser. Privé d’une présence, offert ne absence. Se dire qu’on ne reverrait plus une personne qui prenait une telle place dans son cœur et dans son monde semblait insaisissable. Il n’y a plus que du vide à présent. Puisse que deux personnes sont parties …

_Tu… Tu veux bien encore me parler des Couleurs ?

Nevrabriel respira doucement pour se calmer, calmer son chagrin qu’il n’arrivait plus à retenir. Le contact avec le petit être lui faisait étrangement du bien, mais il savait également que son coté grand-frère l’empêchait de se lâcher complètement devant lui, comme s’il devait lui montrer qu’il était un mur et que Kan pouvait être en sécurité avec lui. Qui voudrait d’un mur qui s’effondre ?
La voix encore un peu brisée mais les larmes effacées, l’écossais s’exprima :

_Les couleurs … Les couleurs, c’est un peu comme le gout des bonbons. Certains sont doux et sucrés. D’autres sont piquants et durs. Il y a les couleurs chaudes … les couleurs froides … Des couleurs qui donne envie de pleurer, d’autres qui mettent en colère. Certaines couleur rendent les choses belles … ou les gens beaux … Et puis, certaine couleur ne vont pas ensemble, comme le vert et le violet par exemple. Ça serait comme mettre du sel à la place du sucre dans des cookies, ça ne serait pas bon.

Les couleurs rendaient les choses belles, oui … et les gens beaux … comme la couleur mate du petit enfant qui donnerait presque envie de le manger, ou les cheveux blancs de Lucy qui ressemble à un lit de neige, ou les yeux de printemps d’Astrid, ce bleu aux nuances violettes, qui donne envie de s’y noyer comme une sirène attirant les marins. Les couleurs, que ne voyait pas Kan … l’empêchait d’être intolérant. Il ne pouvait pas voir que Nevrabriel avait des yeux dépareillés, il ne pouvait pas voir que Lucy avait une apparence fantomatique que l’écossais jugeait pourtant très belle. Il ne pouvait pas juger une personne sur sa couleur de peau, celle de ses cheveux ou ses yeux. Mais malheureusement, il ne pouvait pas voir la couleur des nuances de l’aube, celles des fleurs qui ornaient l’île. Il ne connaissait pas la couleur des arbres en automne, ni celle des oiseaux qui venaient chanter sur les branches.
Mais peut-être pourraient-ils un jour ? L’Institut était là pour ça non ? Trouver des solutions à des maladies parfois dites incurables.

L’ainé desserra un peu sa prise sur son protégé et se remit à lui caresser les cheveux. Sa voix avait repris une allure calme, toujours morne, mais au moins il ne pleurait plus.

_Toi par exemple … tes cheveux ont la couleur d’un café noir. Ta peau à la couleur d’un carré de chocolat au lait. Tes yeux ont la couleur de la lune.



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_Les couleurs … Les couleurs, c’est un peu comme le gout des bonbons. Certains sont doux et sucrés. D’autres sont piquants et durs.

Kan avait toujours eu comme préférence les bonbons collants, ou piquants. Il aimait les caramels surtout. Quand c’était son anniversaire, il pouvait être sûr qu’Agnès lui en donnait quelques-uns. Ensuite, il faisait le super espion pour que personne ne le sache. C’était super amusant.

Il y a les couleurs chaudes … les couleurs froides … Des couleurs qui donne envie de pleurer, d’autres qui mettent en colère.


L’odeur de la pluie rendait Kan inquiet, il se demandait si sa couleur lui aurait d’avantage fait peur. Il avait une vague idée de ce qu’était la colère. Il ne savait pas trop s’il avait déjà été en colère. On lui avait dit que c’était quand les gens criaient fort, qu’ils disaient aussi des choses qu’ils ne pensaient pas. Lui il avait seulement criée quand on avait essayé de le faire nager, sinon parfois il parlait fort mais c’était pour rire.

Certaines couleur rendent les choses belles … ou les gens beaux …


Kan resta perplexe. Ainsi, les couleurs avaient une influence sur la beauté des gens ? C’était inattendu. Il se demandait si les couleurs rendaient Nev plus beau que ce qu’il n’était. Mais ces formes suffisaient au garçonnet pour savoir que avec ou sans couleur, il resterait le même. Une figure fraternelle parmi celles variables d’autres patients. Il était ravi d’être blottit dans son lit d’ailleurs.

Et puis, certaine couleur ne vont pas ensemble, comme le vert et le violet par exemple. Ça serait comme mettre du sel à la place du sucre dans des cookies, ça ne serait pas bon.


Rien que l’image lui fit plisser le nez. Il avait gouté une fois du sel et ça faisait bizarre sur la langue. Il n’aimait pas. A part sur les frites. Alors dans des cookies, c’était hors de question.

_Toi par exemple … tes cheveux ont la couleur d’un café noir. Ta peau à la couleur d’un carré de chocolat au lait. Tes yeux ont la couleur de la lune.


Kan n’aimait pas le café. Si ça avait la couleur qui allait avec l’odeur, il n’appréciait pas trop de savoir que ces cheveux pouvaient y ressembler. Par contre, le chocolat, c’était trop bon, alors d’une certaine manière ça compensait. La lune par contre, il ne la voyait, ne l’entendait et ne la sentait jamais. Il s’en faisait une vague idée comme d’une espèce d’entité mystique, qui serait là pour protéger les rêves des enfants. C’était forcément joli. Il demanda, avec curiosité, étouffant un bâillement, les yeux mi-clos :

-Et toi ? Ils ressemblent à quoi tes cheveux, tes yeux et ta peau ?


Les caresses dans ses cheveux étaient en train d’avoir raison de lui, mais sa curiosité le maintenait encore hors du monde des rêves dans lequel il n’allait plus tarder à sombrer.
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_Toi par exemple … tes cheveux ont la couleur d’un café noir. Ta peau à la couleur d’un carré de chocolat au lait. Tes yeux ont la couleur de la lune.

L’enfant commença à fermer tout doucement ses grands yeux gris. Les enfants avaient plus de mal a lutter contre le sommeil, surtout lorsqu’on prenait soin d’eux.
Kan était si petit. Si fragile. Si innocent. Il ressemblait aux premiers flocons de neiges qui se déposaient pendant la nuit. Une neige que personne n’a encore touchée. Une neige ni l’a pas encore connu le soleil. Simplement posé sur le sol comme de la poudre d’étoiles.

_Et toi ? Ils ressemblent à quoi tes cheveux, tes yeux et ta peau ?

Nevrabriel voyait bien que son petit protégé luttait vainement contre le sommeil. Les enfants voulaient toujours connaitre la fin de l’histoire avant de dormir. Mais finissait toujours par fermer els yeux avant la fin, bercée par une voix familière et bienveillante.

_J’ai … des cheveux qui ressemblent à du feu. Mon œil gauche ressemble à l’océan et le droit au soleil. C’est très rare que les gens aient des yeux de différentes couleur tu sais ? Certain trouve ça joli, d’autre trouve ça étrange. Et ma peau elle est … comme de la neige. Non … Disons comme du coton.

Il ne pouvait pas se comparer à de la neige. La neige était un élément bien trop pur pour lui. La neige descendait du ciel, blanc, immaculé.
Lui était sale.

Nevrabriel déposa un baiser sur le front de l’enfant avant de blottir son petit corps contre lui, le couvrant de ses bras.
Enlacer un enfant avait que chose de rassurant, hypnotisant. Leur petitesse et leur douceur était comparable à une peluche et provoquait quelque chose de chaleureux.

_Maintenant dors Kan, je serais là à ton réveil, promis.



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_J’ai … des cheveux qui ressemblent à du feu.

Le feu c’était étrange. C’était quelque chose que le garçonnet avait du mal à distinguer. Est-ce que les cheveux de Nev’ était aussi fuyant que les flammes ? Il ne l’avait jamais remarqué en tout cas, il écoutant, retenant un bâillement, s’enfonçant plus confortablement encore dans les couvertures. Mais il essayait de ne pas s’endormir. Il avait un peu peur qu’en se réveillant, il ne trouverait pas celui qu’il considérait comme un frère près de lui. Qu’il serait tout seul.

-Mon œil gauche ressemble à l’océan et le droit au soleil. C’est très rare que les gens aient des yeux de différentes couleur tu sais ? Certain trouve ça joli, d’autre trouve ça étrange.

L’océan et le soleil. Deux autres concepts assez flous pour le garçon. Mais cela ne l’étonnait pas qu’il ait un œil de la couleur du soleil. Le soleil qui chauffait la peau, réchauffait le cœur. Kan aimait le soleil. Par contre il n’aimait pas du tout l’eau. Mais en même temps, il se disait qu’avec un œil aussi bien que le soleil, ça n’aurait pas été juste que son second œil soit aussi beau. Il se disait qu’il irait un jour voir l’océan. Agnès lui avait fait promettre de ne pas y aller mais…

Un garçonnet rêve. Sur la plage, il regarde l’océan. Immense. Cet océan qui peu à peu l’encercle. Au loin des silhouettes qu’il reconnait. Des odeurs rassurantes, mais trop loin… l’océan se rapproche.

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