J'vais te péter la gueule. [ft.Eugène et Donatien]

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RP TERMINE J'vais te péter la gueule. [ft.Eugène et Donatien]

Message par Loreleï Hexe le Ven 28 Avr - 20:34

C'était d'un pas déterminé que Loreleï avançait vers la cafétéria. Elle n'avait pas particulièrement faim, du moins pas de nourriture. Le poing serré, se répétant encore et encore le scénario dans sa tête, elle aperçut la queue de patients. Tous en ligne avant de pouvoir rentrer. Loreleï les compara à des prisonniers, ou à un long mille-pattes. Un mille-pattes mort.
Elle avait une drôle d'allure, Loreleï, avec ses cheveux en pétards et ses bandages sur les bras. Une tâche hésitant entre le vert et le violet se dessinait autour de son grand œil brillant. Sa tenue de patient l'enveloppait tant et si bien qu'on avait l'impression que l'adolescente flottait dedans. D'ailleurs, elle devait ré-ajuster régulièrement sa manche tombante si elle ne voulait pas dévoiler son épaule osseuse.
D'une démarche qu'elle voulait lourde et pesante mais qui lui donnait des airs d'enfant boudeuse, elle dépassa la file d'attente, le menton haut.

"Hé gamine, reviens ici."

C'était une interjection du surveillant qu'elle venait de snober parfaitement. Elle lui répondit respectueusement, comme une adulte... en lui désignant son majeur.
Déjà elle avait attiré l'attention. Des chuchotements gonflèrent, et Loreleï ne se laissa pas faire, même lorsque le surveillant lui saisit brusquement le bras.

"T'es pas autorisée à me manquer de respect, toi."

"Je t'emmerde."


Oui, Loreleï n'était pas doté d'une grande maturité. Alors quand le surveillant leva sa main pour la gifler, agile et habituée aux bagarres, l'adolescente sut se défaire de l'emprise de l'adulte, non sans garder une trace rougie qui, de toute façon, ne lui faisait pas mal. Puis, vive comme l'éclair, elle courut à l'opposé de la pièce et grimpa sur une table, piétinant dans l'élan les repas des patients. L'écho de sa course se mêla alors aux murmures et la grande baie vitrée éclaira sa silhouette.
Elle se racla la gorge, essuya ses verres de lunettes sur son haut avant de les remettre maladroitement à leur place.

"Je m'appelle Loreleï! Peut-être le savez-vous déjà..."

C'était difficile de ne pas la connaître, en effet. Depuis six mois qu'elle était ici, il n'y avait pas eu un jour sans que son nom ne frôle les murs. Loreleï a déclenché une bagarre, Loreleï a giflé son médecin, on a retrouvé Loreleï dans sa chambre; elle pissait le sang.
Le pion approchait, furieux. Déjà il avait contacté le staff avec son talkie-walkye. Il insultait Loreleï, lui faisant honneur de son vocabulaire fleuri. Salope. Pute. Tu vas t'en prendre une. Pauvre conne.
Peu effrayée, plutôt tremblante d'excitation comme à chaque fois qu'elle jouait avec le danger, Loreleï bomba le torse, et parcourut la salle de son regard noisette.

"Je ne peux même pas expliquer à mon père dans quel cauchemar je vis, et je veux buter le directeur de cet établissement! Mais j'ai réalisé ces derniers mois que je n'y arriverais pas seule. Je vais alors créer la Résistance! Qui est avec moi?!"

A peine eut-elle brandit fièrement le poing que deux gardes la saisirent par la taille. Elle se débattit férocement, dégringola de la table, et on finit par la traîner par terre, leur main de gorille la tirant par les cheveux avant de la jeter comme un vulgaire déchet hors du réfectoire. Toujours tenue par les cheveux, Loreleï tentait en vain de s'échapper mais le surveillant et l'autre malabar discutait plus loin de son cas.
Encore une fois, elle s'était mise dans de beaux draps.

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Message par Eugène Valtersen le Sam 29 Avr - 9:46

Cette journée ne devait rien avoir de spécial, d'après les prévisions qu'avait fait Eugène en se levant. Toutes les journées se ressemblaient, à l'institut. Les médecins disaient que les habitudes étaient toujours positives, qu'elles permettaient une certaine stabilité dans la vie des patients, mais Eugène n'y avait jamais cru. Quand on vous dit, depuis deux ans, que manger à midi pile tous les jours va assurer votre stabilité, mais que vos crises ne s'arrêtent pas, on ne peut que remettre en cause les dires des médecins.

Mais ces habitudes, ces routines, pouvaient être déjouées, et c'était pour cette raison qu'Eugène était déjà assis, au même endroit que les autres jours, avec son plateau devant lui, alors qu'on venait à peine d'appeler les patients à venir manger. Il n'était pas le seul dans la cantine car une fois l'appel lancé les autres se précipitaient, mais il était toujours le premier. Cela le rassurait, et lui donnait l'impression qu'il pouvait déjouer le système, simplement en arrivant quelques minutes avant les autres. Certes ça ne changeait pas grand chose, mais il avait au moins l'impression de contrôler une chose, à défaut de se contrôler lui-même.

Comme tous les jours, le garçon se mit à observer la queue, car c'était l'autre avantage d'arriver avant tout le monde : il pouvait observer chaque patient, ce qui parfois le faisait ressembler à un médecin, basant son travail sur l'observation dans une situation précise. Ce jour-là, au lieu d'être commun et inintéressant, se révéla surprenant, puisqu'une fille qu'il avait croisé quelques fois déjà, qui était arrivée six mois auparavant franchit elle aussi la barrière de l'habitude.

Sans un mot, car de toute manière il était seul à sa table, Eugène suivit ses déambulations, écouta ses réclamations. Il secoua malgré tout la tête, car il savait que ce genre d'attitude ne changeait pas grand chose. Il fallait malgré tout reconnaître que cette fille avait du cran, et que lui n'avait jamais fait quelque chose d'aussi spectaculaire, tout au moins volontairement.

Voyant qu'elle n'allait pas s'en sortir car une fois de plus les gardiens avaient décidé de lui faire passer un mauvais quart d'heure en raison de l'agitation qu'elle avait créée, Eugène se leva, mit sa serviette en boule et avança d'un pas assez déterminé vers les gardiens. S'il détestait une chose, c'était qu'on s'en prenne à de jeunes détenus (car il se considérait plus comme une détenu que comme un patient), malgré son côté misanthrope. Il mit le feu à la boule faite grâce à la serviette, et la jeta dans la poubelle. Cela allait créer une bonne distraction.

Et il avait raison, puisque les deux gardiens se précipitèrent sur la poubelle un peu plus loin, jurant tout ce qu'ils pouvaient et ne cessant de demander comment le brun pouvait encore avoir un briquet sous la main alors que sa cellule était fouillée tous les jours, ce qui laissa la voie libre pour qu'Eugène se plante devant la gamine, pliant les jambes pour être à sa hauteur.

"Petite, que je t'explique. Quand on fait la révolution, on fait la révolution silencieusement, sinon ça ne marche pas."

Il aimait bien prendre ce ton froid et distant, surtout avec les petits nouveaux. Il jeta un coup d'oeil en arrière, pour vérifier que les gardiens étaient encore occupé avec son feu de joie improvisé.

"Si on s'y met à deux, il y a moyen de s'échapper, tu ne crois pas?" demanda-t-il avec un grand sourire avant d'être à son tour plaqué au sol, ce qui le fit se crisper extrêmement, puisqu'il détestait qu'on le touchât.

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Message par Loreleï Hexe le Sam 29 Avr - 12:28



Loreleï, un mètre cinquante, quarante kilos toute mouillée face à gros malabar numéro un, deux mètre dix, cent kilos de muscles. Elle avait beau avoir de l'expérience dans le combat, elle reconnaissait qu'ainsi maintenue au sol, l'issue de ce combat était plus qu'évident. Elle en était à pester entre ses dents, à imaginer les bobards qu'elle inventerait aux supérieurs, quand une tâche de couleur attira son attention. Quelques cris fusèrent et ce fut seulement lorsque son adversaire la libéra de son emprise pour accourir avec les deux autres pions, un extincteur coincé sous le biceps, qu'elle comprit qu'un feu s'était déclenché.
Elle siffla, impressionnée. Mettre le feu ici, même involontairement, devait relever de l'exploit. On contrôlait constamment les patients, et elle se souvint d'un jour où elle s'était promenée avec une boîte d'allumettes. Bien qu'il n'en restait que deux lorsqu'elle l'avait trouvé, on lui avait passé un sacré savon.
Puis une silhouette s'agenouilla face à elle. C'était un garçon au teint hâlé et à l'aura sereine. Du moins, elle semblait sereine à Loreleï. Ou plate. En tout cas, il n'avait pas l'air de chercher à lui faire du mal, et c'est pour cela qu'elle se sentait rassurée. Elle l'apprécia jusqu'à ce qu'il s'adresse à elle, la surnommant "petite". Elle fit la moue et fronça les sourcils, prête à répliquer qu'elle avait peut-être la taille d'un mioche mais que son courage lui était grand mais son interlocuteur reprit la parole.

"Si on s'y met à deux, il y a moyen de s'échapper, tu ne crois pas?"

Il y eut un brève seconde durant laquelle Loreleï comprit plusieurs choses. La première, elle l'avait deviné au coup d'oeil en arrière qu'il avait jeté, était que ce garçon avait trouvé le moyen de foutre le feu à une poubelle. La seconde, qu'il devait être très différent d'elle, avec sa voix distante et sa froideur dans le regard. Mais la troisième qu'il ne mentait pas quand il sous-entendait de s'entre-aider.
Elle allait donc hocher vigoureusement la tête, plutôt épatée par l'exploit de cet adolescent quand ce dernier se fit violemment plaquer au sol. Loreleï, à l'inverse, s'envola. Piégée dans les bras du même garde que tout à l'heure, les pieds battants dans l'air inutilement, elle tenta de réfléchir à un plan. Sauf qu'elle n'était pas le moins du monde stratégique.
Un deuxième type rejoignit le premier afin d'être sûr que le garçon basané soit bel et bien immobile. Loreleï, de toute sa hauteur, jugea la scène et ne put s'empêcher d'écarter ses lèvres dans un sourire taquin puis de s'adresser à ce patient.

"On dirait que tu t'es fait grillé."

Elle rit toute seule de sa blague et puis, un peu lourde, ne put s'empêcher de sur-enchérir.

"Je te préviens mon coco, ha oui tu m'as appelé petite et j'ai pas trop apprécié donc je t'appelles mon coco? Bref, je te préviens, je suis du genre à m'enflammer. Haha, t'as pigé?"

Un brouhaha s'était créée. Les patients n'osaient pas trop s'approcher et se contentaient d'observer la scène de loin. Quelques curieux, ou plutôt des téméraires, s'étaient levés afin d'en apprendre plus mais ils étaient minoritaires. Les deux surveillants, ceux qui gardaient le patient turbulent au sol, discutaient vivement entre eux mais Loreleï ne les écoutait que d'une oreille. Elle ronchonna parce que celui qui la gardait dans les airs lui avait demandé de se taire.
Soudain, elle se décida à agir parce que, certes, ses blagues étaient drôles - si si, elle se trouvait amusante, mais elle ne supportait pas d'être rendue impuissante. Alors brusquement elle tourna la tête et mordit de toute ses forces le bras du surveillant. Ce dernier la lâcha aussitôt par réflexe, plus par surprise que par douleur. Cela permit à l'adolescente de grappiller quelques secondes. Elle sauta sur le dos d'un des gêneurs de son sauveur, enroulant ses jambes autour de sa taille et ses bras autour de son cou. Ainsi sa tête dépassa de son son épaule et de sa petite hauteur, elle put apercevoir les yeux de l'adolescent. Derrière ses lunettes bancales, elle lui adressa un grand sourire joueur.

"N'hésites pas à cogner ! "

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Message par Eugène Valtersen le Dim 30 Avr - 9:42

Le garçon se mit à respirer plus rapidement. Il ne pouvait supporter qu'on posât la main sur lui, d'autant plus lorsque c'était des gardiens totalement cons, et qu'ils le maintenaient contre ce sol froid et dur et désagréable. Pourtant il ne se débattait pas, il était tétanisé. Il ferma les yeux un instant, tentant de se calmer, mais rien n'y faisait, il sentait l'angoisse monter en lui. Si Donatien avait été là, il aurait probablement profité de cette situation, comme il savait si bien le faire, mais c'était de simples gardiens qui s'occupaient de lui pour le moment. Eux n'allaient pas faire dans la délicatesse, évidemment.

D'ailleurs, dans le flou de la crise qui s'annonçait pour Eugène, il comprit qu'un second individu aidait le premier à le restreindre le plus possible. Ce qu'Eugène aurait pu leur expliquer, si sa vision ne se brouillait pas et si sa respiration ne s'accélérait pas avec chaque seconde qui passait, c'était qu'il n'allait pas se débattre, parce qu'il était dans un état totalement second, par rapport à ce qu'il se passait autour de lui. Il ne comprenait pas, il ne voulait pas comprendre, il voulait simplement retourner dans sa cellule, sans faire d'histoire, pour dormir, ou lire, ou faire quoique ce soit qui n'impliquât pas d'être touché par d'autres personnes. S'il avait été aussi inflammable que cette boule faite de sa serviette, il aurait probablement explosé à ce moment précis. Malgré tout, et pour une raison qui échappait totalement à Eugène, il entendit la voix de la gamine, à travers la brume que déposait sur le monde l'angoisse :

"Je te préviens mon coco, ha oui tu m'as appelé petite et j'ai pas trop apprécié donc je t'appelles mon coco? Bref, je te préviens, je suis du genre à m'enflammer. Haha, t'as pigé?"

Ces paroles le ramenèrent un peu à la réalité, par une opération magique probablement. Il se raccrocha à cette voix, qui se répétait dans sa tête, et qui ne lui faisait pas peur, qui ne l'incitait pas à commettre des actes dangereux voire horribles. Il se concentra sur la voix de cette fille qu'il ne connaissait pas mais qui l'avait ancré dans la réalité à nouveau. Malheureusement, ce fut à ce moment que le gardien lâcha sa prise et Eugène retrouva tous ses sens, maintenant que son corps n'était plus menacé.
Il se leva promptement et courut à toutes vitesse jusqu'à la sortie. Un autre gardien arrivait, mais il était prêt à faire n'importe quoi pour s'échapper de ce lieu et retrouver sa tranquillité et peut-être brûler un ou deux trucs, histoire de se calmer. Pourtant, il avait entendu la voix de cette fille à nouveau, non?

"N'hésites pas à cogner ! "

C'était presque comme un ordre. Et résister à un tel ordre était un peu compliqué pour Eugène, il avait été tellement habitué à respecter les autres, dans cette prison améliorée, qu'il s'arrêta, pris une grande respiration et revint en arrière, l'air presque féroce. Si on voulait qu'il cogne, il allait cogner. Il se plaça devant le gardien, et lui envoya son poing dans la figure, en gardant un air impassible. Et il recommença, encore et encore, parce qu'il ne réfléchissait plus, parce qu'il ne voulait pas penser à sa main sur sa peau, parce qu'il voulait résister lui aussi, et un peu plus activement qu'en ne respectant pas les horaires pour les repas.
Bien évidement, le gardien finit par répliquer, Eugène avait perdu la notion du temps, si ça se trouvait ça ne faisait pas si longtemps qu'il le cognait, en tout cas il se prit un poing en pleine figure et tomba en arrière, n'étant pas bien épais de toute manière. L'angoisse revint à toute allure, il se replia sur le côté, en position fœtale, tentant d'oublier ce qui l'entourait et ce qui pouvait le toucher à tout instant. Si seulement il pouvait brûler quelque chose à cet instant précis.

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Message par Loreleï Hexe le Dim 30 Avr - 13:27

Loreleï hoqueta de surprise en voyant l'adolescent se défouler. Elle tomba du dos du garde, les fesses contre le carrelage et ne sentit même pas le surveillant qui la capturait de nouveau. Elle était entièrement focalisée sur le poing de son allié du moment qui s'enfonçait encore et encore sur le visage du surveillant. Le plus impressionnant c'était son expression. Loreleï, lorsqu'elle se battait, avait les traits déformés, souvent par la colère, d'autres fois par l'excitation. Elle cognait toujours en feulant, gueulant, fronçant les sourcils et dévoilant ses gencives. Et c'était peut-être pour ça qu'on la prenait rarement au sérieux.
Or, avec cette expression impassible, le garçon arracha un frisson à Loreleï. Elle pensa alors un court instant qu'ils pourraient peut-être s'en sortir, remporter cette bataille. Mais le surveillant, bien entraîné, répliqua vivement et finalement l'adolescent perturbateur finit au sol. Elle s'attendait à ce qu'il se relève mais il se replia sur lui-même. Désormais, il lui évoqua un bébé sans sa mère. Et parce que le surveillant profita de la position de faiblesse de son adversaire pour s'acharner sur lui, Loreleï comprit qu'il fallait partir.
Elle zieuta les alentours; des gardes affluaient. A cette allure ils allaient finir en petits morceaux, ou en bout de viande à donner à des bêtes. Loreleï enfonça alors son index dans l'oeil du pion qui avait renfermé ses bras sur elle et profita de ce nouvel effet de surprise pour s'échapper de son emprise.
Tombant sur ses deux pieds, elle fonça vers l'adolescent, bousculant d'un violent coup d'épaule l'autre qui le tabassait et lui saisit la main, paniquée.

"Allé, perds pas ta flamme, 'faut s'barrer !"

Elle se demanda bien quelle pathologie agitait le jeune garçon. Finalement elle inspira un grand coup et tenta de le tirer à l'opposé des gardes. Et comme ils se rapprochaient, elle referma un peu plus ses doigts sur ceux du brun et tenta de l'encourager.

"Mec, t'es pas un citron donc je veux pas te presser, mais y'a urgence!"


(sorry, un peu court, mais comme je ne sais pas si Eugène va rester prostré ou réussir à fuir, j'ai pas voulu anticiper sur les actions de ton personnage... )

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Message par Eugène Valtersen le Dim 30 Avr - 19:13

Le garçon savait qu'il n'allait pas s'en sortir, s'il restait comme ça, mais il était incapable de résister, incapable de se relever. Il accusait les coups, protégeant vaguement son visage, avec ses bras repliés autour de sa tête, tandis que le gardien ne se lassait pas de le frapper. Il l'avait un peu mérité, puisqu'il avait quand défoncé son nez, ou il avait essayé de le faire. Il se fit la réflexion, au milieu de toute son angoisse, qu'il allait encore avoir les bras couverts de bleus, que d'autres médecins allaient poser des questions. Et il savait qu'il n'aurait pas envie de répondre à ces questions.

Tout était chaotique autour de lui, ça criait, ça courrait, et il avait mal, il commençait à avoir vraiment mal. Tout ça parce qu'il avait peut-être un peu abusé, mais ce n'était pas sa faute, il avait juste été élevé comme ça. On lui dit de frapper, alors il frappe. Mais toutes ces pensées ne lui traversaient pas vraiment l'esprit, il était trop occupé à essayer de survivre, même si ça voulait dire se détacher de ce qu'il était à ce moment précis - c'est-à-dire une sorte de coquille vide qu'on ruait de coups - pour s'échapper vers un univers alternatif où personne ne lui poserait de questions, où il n'aurait qu'à vivre.

Cet univers alternatif n'était habité par presque personne, ainsi Eugène pouvait peindre tout ce qu'il voulait, sans que personne ne le dérange, jamais. A cet instant précis, il était concentré sur un tournesol, dans le jardin de ce qu'on aurait pu appeler son palais mental, que lui voyait comme un univers alternatif.

Sauf qu'une main vint rompre tout cela, une main qui attrapait la sienne et qui entrait en réalité avec sa peau et pendant un instant il détesta cette main, mais en ouvrant les yeux, sa haine disparut rapidement. Il retira sa main d'un coup sec, mais il s'était déjà un peu redressé, reprenant un posture active, du moins consciente. Il ne chercha pas à évaluer les dégâts matériels que lui avait causé le gros balourd, il se contenta de se relever, un peu difficilement certes, et de faire face à la gamine.

Il la regardait dans les yeux, le plus froidement possible, et le plus longuement possible aussi. Sa respiration était encore lourde, il se forçait pour ne pas perdre tous ses moyens, pour ne pas s'effondrer à nouveau, et surtout il avait quelque chose à lui dire, avant de se faire attraper ou avant de s'enfuir. Le coeur battant vite, il se pencha vers elle, pour augmenter son effet :

"Ne me touche plus jamais de ta vie", lui dit-il en détachant chaque mot par rapport à l'autre, pour être tout à fait sûr qu'une petite comme elle pouvait comprendre.

Il resta face à elle, respirant rapidement, mais il était impossible pour lui de partir avant qu'elle ne lui ait montré qu'elle avait compris ce qu'il venait de lui dire.

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RP TERMINE Re: J'vais te péter la gueule. [ft.Eugène et Donatien]

Message par Loreleï Hexe le Dim 30 Avr - 22:23

(Le dernier message de la p'tite Loreleï, bon courage avec Donatien Smile )


Voir l'adolescent se relever réchauffa Loreleï. Elle examina rapidement les dégâts physiques. Lui avait été plus ou moins amoché, du sang ici et là dessinait des formes imprécises sur son visage. Rien de bien grave en vu de la quantité d'hémoglobine et la rebelle aurait parié qu'il allait être surpris à son prochain réveil par la couleur de futurs bleus. Puis elle se toucha son propre visage. Pas de présence de la texture familière du sang. Elle ne se sentait pas atteinte de vertige mais elle imaginait déjà sa brosse à cheveux coincée dans sa crinière lorsqu'elle tentera de recoiffer ce massacre capillaire. Un rapide coup d'oeil sur ses genoux cabossés l'aida à comprendre que, de ce côté, il faudrait désinfecter. On aurait dit qu'une immense râpe à fromage lui avait cuisiné la peau et que des lambeaux de chairs étaient tombés. Et vu la tronche de ses genoux, on allait les servir saignants.
Puis, cette chaleur rassurante qu'elle avait ressentie s'éteignit rapidement lorsque son pseudo-allié se tourna vers elle et affronta son regard. Un frisson dévala son échine et un tremblement la fit sursauter. Tout à coup cette expression glaciale lui rappela celle des méchants dans les dessins animés, comme le grand méchant loup prêt à bouffer son premier petit cochon. Ouais, elle avait soudainement peur.

"Ne me touche plus jamais de ta vie"

Pour Loreleï qui s'était sentie regonflée d'espoir avec cette bataille, ces mots n'avaient pas juste été articulés, ils avaient été égorgés. Elle défia le garçon du regard, les sourcils froncés et la bouche ouverte. Elle tenta de comprendre, déchiffrant son expression mais la colère et surtout la déception prit le dessus sur toute réflexion.

"Je croyais qu'à deux ce serait plus facile." répondit-elle tout bas, non sans rompre l'échange visuel.

La respiration saccadée, la vision trouble, la châtain se laissa gagner par la fureur. Elle leva la main, comme une menace, prête à fendre l'air pour gifler celui qu'elle croyait être son camarade quand elle aperçut une silhouette familière par dessus l'épaule du jeune garçon. Elle écarquilla les yeux de surprise, puis finalement de terreur. Sa lèvre inférieure trembla et sa main retomba, claquant contre sa cuisse abîmée.

"Tu récoltes ce que tu sèmes."

Et parce que si elle se mettait à courir on allait certainement la poursuivre, elle ne pensa pas à une diversion; elle vint à elle toute seule. Elle envoya son pied dans le genou du patient, en espérant le déséquilibrer et le faire tomber. Ainsi, durant une fraction de seconde, il serait le centre d'attention de tous. Elle, habituée à la fuite, ne se retourna pas sur son passage et disparue dans les couloirs.

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RP TERMINE Re: J'vais te péter la gueule. [ft.Eugène et Donatien]

Message par Donatien le Lun 1 Mai - 13:53



J'VAIS TE PETER LA GUEULE ...


Des pieds nus sur le carrelage froid du couloir. Les pans de sa chemise pâle tombant sur pantalon. Les chevilles dévoilées. Et surtout cette démarche calme, assurée, précise. Il savait, c'était ce que voulait dire son allure. Il savait qu'il était puissant, il savait qu'il était respecté, il savait ce qu'il se passait, et il savait qu'il allait apaiser les tensions. Il adorait qu'on l'appelle comme on l'avait fait quelques minutes plus tôt. La panique dans la voix de son interlocuteur, traduisant un besoin oppressant de le voir lui. Parce qu'il n'y avait que lui. Oh oui, il aimait cela, la peur des autres.
Lorsqu'il arriva, tranquille, dans le large couloir lumineux, il ne fut pas surpris par la décadence des humains présents. Lentement, il s'approcha d'eux et scruta chaque entité. Quelques gardes blessés mais sans gravité. Des curieux qui tentaient de se dissimuler. Les regards se baissèrent dans la cantine et un semblant d'activité reprit lorsque Donatien jeta un coup d'oeil vers les patients affamés. Puis sa tête pivota de nouveau en direction des deux cas en crise de rébellion. Une gamine, pas très grande, mais qu'il avait en horreur. Pour avoir eu à plusieurs reprises le besoin de la punir de son impolitesse et de son irrespect, Donatien l'avait assez côtoyé pour savoir qu'elle était exactement le type de personne qu'il haïssait. Dommage, un aussi joli visage, d'aussi beaux yeux... Mais un caractère insoumis qui courrouçait le médecin.
L'autre adolescent, Donatien ne le connaissait pas. Déjà, parce qu'il lui tournait le dos, il était donc difficile de le reconnaître à son visage. Un garçon, pas très grand non plus, et assez banal avec sa tignasse brune. Les quelques marques sur ses avant-bras intriguèrent l'adulte qui ne s'y focalisa pas plus longtemps.
Loreleï reconnut le médecin, et ce dernier s'amusa de sa terreur. Il ancra ses prunelles dans les siennes, pesant, lourd, comme s'il cherchait à s'approprier son âme. Alors la gamine chuchota quelques mots à son camarade avant de le brutaliser soudainement et de s'enfuir. Un surveillant amorça un mouvement pour la rejoindre mais Donatien lui barra la route d'un simple geste de la main. Cela même suffit pour stopper son collègue.
Personne ne s'approcha de l'adolescent récemment blessé et pour cause, Donatien s'abaissa à sa hauteur. Dans un silence que son aura imposait, un silence assourdissant, il laissa courir avec langueur son index sur le front du patient afin d'avoir le sang de ce dernier sur sa peau, puis le porta à son champs de vision. Il frictionna l'hémoglobine entre son index et son pouce avec la moue d'un détective enfantin avant de sortir un mouchoir en soie de sa poche et de s'essuyer. La façon dont ce sang avait coulé ne convenait pas à Donatien, il n'allait pas garder ce sang impur sur son épiderme.
Puis il chercha à croiser le regard de son interlocuteur avec une telle insistance qu'il en devenait malaisant.

- Dis-moi,numéro S 126 , dit-il en pesant chacune de ses syllabes, aimes-tu le violon?


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RP TERMINE Re: J'vais te péter la gueule. [ft.Eugène et Donatien]

Message par Eugène Valtersen le Lun 1 Mai - 14:53

Habituellement, Eugène n'était pas très doué pour les rapports avec les autres humains. Mais à ce moment précis, il touchait le fond. Il ne lui avait pas fait de mal, enfin il ne croyait pas, et elle le regardait comme s'il venait de la trahir pour toute la vie. Il reprit forme humaine, se redressant un peu, fronçant les sourcils, comme n'importe quel adolescent de son âge, mais ne répondit rien.

Il aurait bien aimé lui répondre, mais quelque chose en elle changea, d'un coup. Elle eut peur, mais il ne le comprit que quelques minutes plus tard, puisqu'il avait toujours besoin de temps pour décrypter les expressions des autres. Elle avait peur, de quelque chose qu'il y avait derrière lui. Quelque chose qui devait être grand et imposant, quelque chose que tout le monde craignait. Presque, on aurait dit une apparition divine. Pendant quelques instants, il ne regarda pas derrière lui, parce qu'il avait peur aussi, et qu'il ne voulait pas qu'elle parte, il avait envie de lui dire qu'il pourrait faire la résistance avec elle, il voulait lui dire qu'il était de son côté.

Mais il était trop tard. Ne résistant plus, Eugène tourna la tête vers l'arrière, et il le vit. Enfin, un court instant, puisque l'instant suivant il était à nouveau à terre, avec une douleur assez forte dans le genou. Il ne comprenait pas d'où venait cette douleur, elle n'avait pas de raison logique et pourtant il était là, à moitié allongé sur le sol, une main sur son genou et l'autre dans ses cheveux, pour pouvoir voir ce qui arrivait.

Car ce n'était pas un homme qui arrivait, c'était un cauchemar. Il avait entendu parler de ce médecin qu'on disait fou, peut-être aussi fou que ses patients. Eugène le regarda un instant, puis baissa la tête, restant au sol car il était tétanisé à nouveau. Il respirait plus vite car il savait qu'il n'allait pas sortir indemne de cet échange. Il avait tellement peur, et en même temps la peur semblait être négligeable, un simple fait qui s'ajoutait à tout le reste, une donnée habituelle dans le quotidien des prisonniers, ou des patients.

Eugène sut qu'il ne pourrait échapper au médecin quand ce dernier se plaça juste devant lui. Le brun gardait les yeux baissés, il sentait son coeur battre tellement vite et tellement fort. Il sentait qu'il transpirait, qu'il avait terriblement peur, il sentait qu'il se crispait, en attendant que la prochaine rafale s'abatte sur lui. Elle ne tarda pas à venir, mais sous une forme à laquelle il ne s'attendait pas. Dès que le médecin eut posé son doigt sur son front il se recula précipitamment, avant de retrouver sa position habituelle, c'est-à-dire tout replié, ses cuisses étant contre son torse, et ses yeux baissés. On aurait dit un animal craintif.

Il allait mourir, il le sentait au plus profond de lui, il allait mourir c'était sûr. Il gardait les yeux ouverts, pour s'en souvenir quand même, pour se souvenir de sa mort, même s'il n'y avait rien après. On aurait dit un fou, avec ses yeux grands ouverts et sa respiration courte et ses réflexes idiots. Il allait mourir.

"Dis-moi,numéro S 126, aimes-tu le violon?"

A cause de l'habitude, Eugène releva les yeux vers le médecin, parce qu'on regarde toujours ceux qui nous parlent. Il eut encore plus peur, et il baissa les yeux rapidement, mais il avait soutenu son regard, pendant un instant. Il avait réussi à le regarder, et lui l'avait regardé en retour et le garçon se dit que l'autre avait vu son âme, ce qui voulait dire qu'il n'allait rien s'en sortir, puisque l'autre le connaissait maintenant, il le connaissait très bien maintenant, puisqu'il connaissait son âme.

Une ou deux minutes s'étaient passées, dans ce silence pesant, alors qu'Eugène était censé répondre. Il se souvint de la question, et hocha la tête. Il aimait le cri déchirant des violons. Il aimait aussi leur noblesse, cette noblesse qu'il n'avait jamais eu, cette noblesse presque digne du soleil. Il ne dit rien de tout cela, mais il exprima au moins son amour pour le violon. Pourquoi l'autre lui demandait cela? Il n'avait même pas envie de savoir - il savait que ça ne voulait rien dire de bon.

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RP TERMINE Re: J'vais te péter la gueule. [ft.Eugène et Donatien]

Message par Donatien le Mar 2 Mai - 13:43



J'VAIS TE PETER LA GUEULE ...


Donatien ignora s'il aimait ou non le fait que S126 ne sache supporter son regard que quelques courtes secondes. Oser le regarder, ne pas répondre à sa question correctement, se contenter de hocher la tête, c'était de l'insolence. Ne lui avait-on jamais appris à s'adresser aux adultes? Mais S126 avait peur de lui; Donatien avait presque entendu son cou grincer lorsque le patient avait répondu d'un triste mouvement de tête, et chaque pores de sa peau renvoyait son sentiment de détresse. Donatien l'accueillait avec un sourire figé. Une étincelle brilla alors dans le fond de ses yeux. Puis il éclata d'un rire cristallin. Il riait bizarrement, Donatien, avec ses paupières closes et sa bouche plissée. Son rire était doux, délicat, presque apaisant, mais paradoxalement, sonnait comme une marche funèbre.
Puis il rouvrit les yeux et pencha la tête sur le côté, avec l'expression exagérée d'un curieux.

- C'est drôle ça, ils me disent tous oui. Peut-être parce que j'ai une tête à aimer le violon, et parce qu'ils ne veulent pas me contredire.

Ses lèvres se pincèrent entre elles et ses joues se gonflèrent, et il garda cette expression longtemps. Dans le silence. Les quelques bruits étaient ceux des couverts s'entre-choquant dans les assiettes.
Donatien finit par se lever et se courba face à une patiente qui déjeunait discrètement. Poli, galant, il tint la révérence.

- Permettez, mademoiselle...

Il lui emprunta son couteau et essuya la nourriture dans un sens qui lui semblait précis, toujours de bas en haut, jamais l'inverse. Puis il tint le couteau un peu plus haut qu'à hauteur d'yeux, à la lumière de la cantine, et le fit tourner entre ses doigts. Finalement, il laissa tomber son mouchoir de soie dans l'assiette de la jeune fille avant de reprendre sa position face à Eugène, son visage presque en face de lui. Tout sourire, il lui dit sur un ton irrité:

- Est-ce que j'ai la tête d'un mec qui aime le violon?! S126 tu amènes l'Enfer dans cet endroit de Paix, tu te fais remarquer alors que tu n'en vaux clairement pas la peine, et en plus tu oses m'insulter?! Tu ne mérites pas d'être puni en privé.

Il claqua des doigts et aussitôt deux surveillants saisirent le fauteur de trouble par les aisselles et le plaquèrent à plat ventre sur une table.



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Message par Eugène Valtersen le Mar 2 Mai - 17:34

Eugène était tétanisé. Il savait que ça allait lui tomber dessus et qu'il allait fortement regretter d'aider cette fille qui, en plus, s'était totalement enfuie. Le silence durait tellement longtemps que même le brun finit par se sentir mal à l'aise. Il tentait de se souvenir de respirer, mais ça n'était pas simple, parce qu'il savait que le pire était à venir, et parce qu'il était dans une position qui n'était pas vraiment faite pour respirer amplement. C'était une position principalement faite pour mourir.

Le garçon sentit un grand frisson lui traverser la colonne vertébrale, tant le rire de ce médecin totalement fou lui faisait peur. Il rentra un peu plus la tête dans les épaules, serra un peu plus ses bras contre ses jambes en l'entendant, comme si cela pouvait le sauver. Peut-être que s'il se serrait assez il allait se consumer sur place, partir en fumée, ce serait une belle mort, ça. Quelque chose au fond de lui lui disait pourtant que ce serait trop simple, qu'il était impossible qu'il meure aussi facilement. Et puis ce rire était trop loin de la question que lui avait posée l'homme pour que ce soit innocent. A bien y réfléchir, c'était un rire de menace, comme Eugène n'en avait jamais entendu avant.

"C'est drôle ça, ils me disent tous oui. Peut-être parce que j'ai une tête à aimer le violon, et parce qu'ils ne veulent pas me contredire."

A ce moment précis, Eugène aurait aimé lui dire qu'il aimait vraiment les violons, qu'il se sentait proche d'eux parce qu'ils étaient souvent plaintifs, parfois mélancoliques, qu'à la moindre fausse note tout foutait le camp, mais à la place il le regardait dans les yeux, incapable de rien sauf d'avoir peur. Le fait même qu'il ne s'approchât pas de lui renforçait sa peur, car il s'imaginait, comme dans un dessin animé, que l'homme gagnait de plus en plus de puissance, à chaque pas qu'il faisait. Et ça ne loupa pas, il y eut l'explosion:

- Est-ce que j'ai la tête d'un mec qui aime le violon?! S126 tu amènes l'Enfer dans cet endroit de Paix, tu te fais remarquer alors que tu n'en vaux clairement pas la peine, et en plus tu oses m'insulter?! Tu ne mérites pas d'être puni en privé.

Il avait baissé les yeux, cette fois, pour ne pas recevoir ce jet de colère en pleine face, mais la suite ne le sauva pas pour autant. Quand les deux gardes l'attrapèrent, il se mit à hurler, à se débattre aussi fort que possible, il criait sans cesse, donnant des coups de pieds dans tous les sens, perdant totalement ses moyens, parce qu'on le touchait, et longuement. Il prit appui sur la table et donna un grand coup de pied dedans, ce qui lui permit de libérer un bras, et d'accéder à son briquet, qu'il actionna pour se rassurer d'abord. Il se tordit ensuite pour envoyer un pied dans son second agresseur, qui le lâcha, probablement plus à cause de la surprise qu'à cause de la force du coup.

Se retrouvant enfin debout, Eugène s'approcha du médecin, avec un calme extraordinaire, tenant le briquet devant lui comme un bouclier.

"J'aime véritablement les violons, pour votre information. Et vous êtes celui qui a détruit la pureté, la paix comme vous dites. Le Soleil punira ceux qui diminuent son culte. Vous n'êtes rien, vous êtes un païen. Vous brûlerez pour payer votre irrespect."

Eugène était dans une crise particulièrement aiguë, qui semblait le métamorphoser, le rendre totalement autre. Soudainement, il avait trouvé le courage, ou la folie, de s'opposer à ce médecin totalement fou. Il s'approcha encore un peu plus et mit la flamme de son briquet contre la chemise de Donatien, voulant vraiment le brûler.

Les gardiens eux ne bougeaient plus. Vu de l'extérieur, cette scène était tout simplement délirante. Et puisque ce gars était à peu près le seul à véritablement s'opposer à Donatien, ils voulaient voir jusqu'où il pouvait aller avant de se faire littéralement détruire par ce supposé médecin.

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Message par Donatien le Mer 3 Mai - 12:43



 J'VAIS TE PETER LA GUEULE ...


Donatien regardait S126 se débattre sans sourciller. Il était là, debout et immobile. On ne l'avait pas vu cligner des yeux tout comme on n'avait pas perçu le mouvement de sa respiration. Un garde par terre. Oh, tiens, il avait un briquet sur lui? Hop, le deuxième garde. En l'espace de quelques infimes minutes, Donatien avait assisté à la mise à terre de deux surveillants et à une enfreinte du règlement. Enfin, techniquement les deux étaient des enfreintes mais le médecin considérait qu'avoir sur soi un objet interdit était pire qu'un peu de violence.

- J'aime véritablement les violons, pour votre information. Et vous êtes celui qui a détruit la pureté, la paix comme vous dites. Le Soleil punira ceux qui diminuent son culte. Vous n'êtes rien, vous êtes un païen. Vous brûlerez pour payer votre irrespect,avait dit S126, son briquet dans les mains, droit face à Donatien.

L'adulte ne fut pas spécialement intéressé par ce changement de comportement; des personnalités qui variaient, il en voyait tous les jours. En revanche, on osait rarement l'insulter. De ce fait, lorsque l'adolescent approcha la flamme de la chemise du médecin, ce dernier eut enfin une réaction. Il plissa les paupières avec l'air de celui qui analysait froidement la situation avant d'écorcher un sourire cynique. Il n'allait quand même pas rester sans rien faire; premièrement il allait certainement paraître moins puissant aux yeux des témoins, secondement il risquait d'être blessé et cela ne serait pas beau à voir et enfin, troisièmement, le plus important; cette chemise lui avait coûté une fortune.
L'idée aurait été de s'éloigner le plus possible de la flamme mais Donatien se cambra juste au dessus, prenant le risque, afin de chuchoter à l'oreille du patient.

- Tu ne devrais pas jouer avec ça, même Icare s'est brûlé les ailes.

Il avait prit soin de ne pas le toucher, lui ou même le briquet.
Il prit le temps de s'écarter, de laisser ses mots s'infiltrer dans l'esprit de S126, avant de juger la salle d'un regard. Puis, il s'approcha d'une patiente qui n'avait même pas encore entamée son repas. Il lui fit signe de se lever. Elle eut l'air de ne pas comprendre. Finalement elle s’exécuta et se tint juste à côté du médecin, inquiète. Lui s'adressa au petit rebelle:

- Tu risques de te noyer à continuer ainsi, mais puisque tu sembles insister je t'en prie. Soulage-toi; brûle cette fille."


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RP TERMINE Re: J'vais te péter la gueule. [ft.Eugène et Donatien]

Message par Eugène Valtersen le Mer 3 Mai - 15:58

On aurait pu croire qu'Eugène connaissait tous les recoins de l'institut, qu'il savait comment cela fonctionnait, sur cette île tellement particulière. Il était l'un des plus vieux patients, d'après ce qu'il voyait, et cela lui procurait un sentiment de puissance, dans les bons jours. Pourtant, il ne comprit pas ce que fit le médecin. D'un autre côté, ce médecin était très particulier, il ne semblait pas répondre aux règles de la logique, malgré son allure de scientifique de haut niveau.

Il n'avait même pas eu peur. Il n'aurait pas fui, bien sûr, il s'agissait de Donatien, mais Eugène aurait véritablement aimé qu'il ait peur. Même pour un instant. Une voix au fond de lui-même lui rappela qu'il devait arrêter d'espérer, que ça ne le menait à rien. Une fois de plus il se promit d'écouter cette voix, et de ne plus jamais rien attendre de la vie. La vie qui l'avait mené ici, dans cet endroit rempli d'ordures et de malades, dont il faisait partie.

Le médecin s'était juste reculé, et avait largué une bombe, juste en lui murmurant quelques mots. Icare. Il était Icare, depuis longtemps maintenant. James lui avait donné ce prénom, il l'avait baptisé ainsi, plusieurs années auparavant, et maintenant ce médecin l'avait appelé comme ça aussi. Cela n'avait pas de sens. C'était tout simplement impossible, dans l'esprit d'Eugène. Ces deux réalités ne pouvaient cohabiter autour de lui comme ça, Donatien n'avait pas le droit de le comparer à Icare.


" Tu risques de te noyer à continuer ainsi, mais puisque tu sembles insister je t'en prie. Soulage-toi; brûle cette fille."


Alors que le médecin était parti hors du champ de vision du brun, Eugène resta planté là, incapable de faire un pas, incapable de réfléchir. Le garçon serra le poing qui ne tenait pas de briquet, en résistant autant que possible à l'envie de suivre ses paroles, d'obéir à ce qui ressemblait à un ordre. Il ne parvenait pas, malgré tout, à lâcher son briquet, dont la flamme s'agitait encore.

"Elle n'a rien fait de mal, je ne la brûlerai pas."

Son poing se serra tellement fort qu'il perça la peau de sa paume, faisant couler une goutte de sang sur le sol. Il ne devait pas la brûler, il ne devait pas la brûler, il ne devait pas la brûler. Il redressa un peu la tête, regarda autour de lui et s'approcha d'un gardien, avant de reculer à nouveau. Il voulait tellement avoir l'aide du Soleil mais il devait pour cela lui faire un sacrifice, il le devait, ce n'était pas de sa faute.

"Je suis désolé" dit-il finalement à la fille qu'il ne connaissait que de vue, avant de plaquer le briquet contre sa manche, se sentant immédiatement coupable de l'apaisement qui le gagna en regardant le vêtement de cette fille prendre feu.

Elle se mit à hurler et le garde qui avait toujours l'extincteur la secourut, mais à part lui, personne ne bougeait, personne n'osait dire un mot. Comme s'ils attendaient qu'un spectacle commence.  

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RP TERMINE Re: J'vais te péter la gueule. [ft.Eugène et Donatien]

Message par Donatien le Jeu 4 Mai - 21:47



 J'VAIS TE PETER LA GUEULE ...


Donatien croisa les bras et observa le spectacle d'un patient en crise. Parce que oui, Donatien se doutait bien que c'était ce qui se passait en ce moment. S126 avait beau prononcer ces mots :""Elle n'a rien fait de mal, je ne la brûlerai pas."", il approchait tout de même la flamme du vêtement de la victime. Il s'excusait, et son regard était d'une telle tristesse... Mais sa main avait tout de même accomplit le geste de trop.
Alors qu'on s'activait pour éteindre le tissu enflammé, Donatien se questionna quant à sa propre position. Il assistait donc à un spectacle, mais quel était son rôle à lui? Devait-il être simple spectateur ou acteur? Il ne supportait pas de rester assis face à une présentation aussi attendue - qu'il l'ait brûlé ou non, Donatien n'aurait pas été surprit, mais il était si mauvais comédien...
Il se tapota le menton de l'index, peut-être était-il le seul à ne pas se focaliser sur cette fille qui pleurait encore et encore, paniquée. Maintenant en sous-vêtement, et le bras gravement atteint, elle avait été humiliée face à tous. On l'emportait à l'infirmerie, ce qui était ironique puisqu'elle était dans un hôpital.
Finalement, quand toute l'agitation fut assez dissipée, quand le médecin décida qu'il avait étiré les secondes suffisamment longtemps, il s'assit en tailleur au bord d'une table.

- Félicitations, tu as entamé ta chute. Mais tu n'as pas encore plongé. Je me demande si tu survivrais à la noyade...

Il s'affaissa en avant, le coude dans le creux de son genou, son index et son pouce autour de son menton, ayant ainsi l'air d'un penseur.

- Sais-tu d'ailleurs qu'on ne meurt pas de la noyade par manque d'oxygène, ou parce que nos poumons se remplissent d'eau?

Il claqua des doigts à l'attention des patients qui déjeunaient à la table où il était assis. Ils se concertèrent sans comprendre avant de finalement partir. Donatien put alors s'allonger sur le dos, les bras croisés derrière la tête. Il contemplait un ciel qui n'existait pas, un ciel qu'il imagina.

- Le plus souvent, lorsque quelqu'un se noie, il a plus de chance de mourir d'hydrocution. Amusant, n'est-ce pas?

Il tourna sa tête vers un des surveillants. Ce dernier déglutit péniblement. C'était compréhensible; il faisait un job de merde. Puis Donatien lui ordonna sur un ton plutôt platonique.

- Touches le. Touche-moi ce gamin.

Donatien comprit alors où était sa place; il était le metteur en scène.




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RP TERMINE Re: J'vais te péter la gueule. [ft.Eugène et Donatien]

Message par Eugène Valtersen le Jeu 4 Mai - 23:49

C'était sûr, Eugène était en train de perdre pied. Il n'y avait pas d'autre issue possible que sa mort, ou du moins son effacement de la surface de la Terre. Peut-être rejoindrait-il enfin le Soleil, bon disciple qu'il était. Etait-il seulement digne de cet honneur d'être serviteur du Soleil? Après ce qu'il avait fait à cette fille? Rien n'était moins sûr. Il plia un bras contre son torse, regardant le sol avec un air absent, tenant toujours le briquet devant lui. Le briquet était comme son dernier lien au monde réel, alors qu'il était le déclencheur même de toute cette folie.

Mentalement, il était épuisé. Il se mit à respirer de plus en plus rapidement, rapprochant son deuxième bras de son torse, parce qu'il avait besoin de protection, il avait besoin de se replier sur lui-même, d'oublier un peu ce qui l'entourait. Il voulait se retirer dans un monde bien plus beau, bien plus simple. Une petite voix au fond de lui lui dit qu'il n'avait qu'à s'immoler à son tour.
Ce serait le sacrifice ultime, mais il serait tellement beau. Le meilleur sacrifice possible, et une vie paisible et douce après un peu de douleur. La douleur il la connaissait déjà de toute façon, un peu plus ou un peu moins n'allait pas changer son monde. Il n'avait qu'un geste à faire, et tout irait mieux.

Il tournait le dos au médecin, malgré tous les risques que cela pouvait contenir, et se repliait peu à peu sur lui-même, comme si par un miracle quelconque il allait disparaître en faisant cela. Mais bref, il ne voyait pas les changements de positions de Donatien, qui n'avaient pas beaucoup de sens de toute manière, il n'entendait que sa voix qui le ramenait peu à peu sur Terre, même s'il aurait voulu s'échapper de cette planète.

"Félicitations, tu as entamé ta chute. Mais tu n'as pas encore plongé. Je me demande si tu survivrais à la noyade... Sais-tu d'ailleurs qu'on ne meurt pas de la noyade par manque d'oxygène, ou parce que nos poumons se remplissent d'eau? Le plus souvent, lorsque quelqu'un se noie, il a plus de chance de mourir d'hydrocution. Amusant, n'est-ce pas? Touches le. Touche-moi ce gamin."

Les phrases parvenaient peu à peu à Eugène, comme s'il était à des années lumières de la scène qui pourtant se déroulait juste à côté de lui. Il n'appartenait plus à ce monde-là, déjà. C'était comme s'il était déjà passé dans le monde des morts. Mais la réalité le rattrapa bien vite puisque le gardien, probablement aussi apeuré qu'Eugène lui-même s'était approché et avait posé sa main sur son bras, ne sachant pas ce qu'il devait faire exactement.

Eugène eut alors un mouvement de recul des plus impressionnants, ce fut comme s'il se jetait à l'autre bout du cercle formé par les curieux mais surtout les gardes. Dans la précipitation, le pauvre ange avait perdu son briquet, alors il se hâta de le reprendre entre ses doigts, seulement il toucha par inadvertance un autre gardien, le rendant comme possédé.
Il alla au centre du cercle, se mit en boule, tête entre ses jambes repliées contre son torse, tenant de toutes ses forces le briquet. S'il l'actionnait maintenant, il serait libéré. S'il l'actionnait maintenant, il réaliserait son destin. Mais une autre voix, celle du gardien, interrompit son action, parce que ce garde était presque dans le même état que lui, étant donné qu'il venait de demander à Donatien ce qu'il devait faire, comme un enfant perdu, abandonné.

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RP TERMINE Re: J'vais te péter la gueule. [ft.Eugène et Donatien]

Message par Donatien le Ven 5 Mai - 21:59



 J'VAIS TE PETER LA GUEULE ...


Est-ce qu'il trouvait le spectacle divertissant? Des patients en crise, qu'est-ce qu'il en avait vu. Il avait, par ailleurs, dans son adolescence était victime d'un tas de crises; crise d'angoisse, crise de larmes, crise d'identité... La crise c'était nos démons les plus noirs qui ressortaient. Ceux qui étaient cachés derrière une prison plus ou moins fragile et qui attendaient un moment inattention pour sortir.
C'était définitif; Donatien n'aimait pas les patients en crise. Cela n'avait rien de beau. La nature humaine n'avait rien de beau.
A cet intant, S126 évoquait à Donatien un animal en cage. Les barreaux: les regards d'autrui. Quel genre d'animal? Donatien hésitait encore mais il était certain que S126 était aussi fébrile qu'un petit oiseau.
Lorsque le patient se replia une nouvelle fois sur lui-même, son briquet comme une potion magique et salvatrice entre les mains, Donatien se décida à agir. Il ne supportait plus cette vue impure. Il aurait bien aimé partir et laisser l'adolescent s'agiter seul mais sa position hiérarchique l'en empêchait.
Il se releva avec une telle lenteur qu'au aurait dit que ses muscles lui étaient douloureux, que la tâche n'était pas si aisée. Son corps entier soupirait de lassitude.
Finalement l'adulte s'avança vers celui qui ressemblait à un oisillon et écrasa le briquet et sûrement la main qui le serrait sous son pied nu. Il jeta un coup d'oeil vers le surveillant, celui chargé de toucher le patient en crise mais il le médecin se douta bien qu'il n'obtiendrait rien de bien de lui. Tss, décidément il était obligé de tout faire de lui-même.
Il se pencha en avant et saisit le briquet puis l'enfouit tranquillement dans sa poche. Il pencha ensuite la tête sur le côté et observa la réaction de S126. Puis, il s'adressa à lui:

- Je te confisque ça. Les enfants n'ont pas le droit de jouer avec le feu.

Il marqua une pause, réfléchissant probablement à ses mots.

- On se verra plus tard, toi et moi, quand tu seras calmé. Tu me diras alors comment tu as réussi à te le procurer.

Puis Donatien relâcha la pression. Pour le plaisir de le torturer une dernière fois, il pressa la plante de son pied contre la joue du môme. Il resta ainsi un instant afin de marquer une empreinte. Puis il finit par se détacher parce que cette situation l'ennuyait fortement. Finalement, Icare s'était noyé.



Hors RP:
A la prochaine mouahahaha ♥

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