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25/11/2018
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20/10/2018Préparation d'event
22/09/2018 Modification des pourcentages révolutionnaires (cf. PA et heure supp')

Rien ne nous retient à rien ||feat Agnès||

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Après la Grande Sanction, Agnès s’était plongé dans le travail. Tant et si bien que Katerina avait dans un premier temps eu un mal fou à la revoir. Leurs quelques discussions s’étaient écourtées rapidement et elle n’avait pas trouvé le moyen de passer plus de temps avec la secrétaire. Elle passait tout de même régulièrement à son bureau, dans l’espoir que la jeune femme soit en pause, ce qui n’arrivait jamais.

La veille, elle avait enfin eu une idée pour remédier à cela. Elle souhaitait discuter avec la secrétaire comme elles avaient pu le faire auparavant, et elle souffrait de ne plus la voir. C’est en apercevant un patient arracher des mauvaises herbes dehors, du haut de sa fenêtre habituelle, qu’elle avait eu l’illumination. Elle pouvait peut-être aider son amie. Certes, elle ne pouvait pas toucher aux dossiers des patients, ni aux choses personnelles de M. Elpida, mais elle pouvait cacheter une pile d’enveloppes à envoyer à des parents de patients ou tout simplement apporter un café à Agnès. Des taches faciles, qui prenaient du temps et pour lequel elle pouvait intervenir sans gâcher le travail de son ainée. Elle ne savait pas si cette dernière serait d’accord de la laisser l’aider, même si ce n’était que pour une journée.

Peut-être qu’à la fin de cette journée, Agnès pourrait s’arrêter de travaillé à une heure plus raisonnable que celles de ces derniers temps et qu’elles pourraient vraiment en profiter pour discuter. De toute manière, autant essayer.
La jeune russe avait enfilé l’uniforme des patients de l’institut, tressé ces cheveux sur le côté et c’était regardé dans le miroir. Même si c’était léger, on pouvait voir que la jeune femme recommençait à prendre un peu de poids, ce dont elle n’était pas peu fière. Les traitements de son médecin faisaient effet. Elle avait quelques plaques rouges sur le corps, dû à l’effet secondaire d’un de ces antirétroviraux, mais rien de très grave.

Il était encore tôt, et l’air était frais. Cela n’allait probablement pas durer, et les températures augmenteraient probablement rapidement, trop pour être supportable à l’extérieur. Katerina marcha jusqu’au bâtiment du personnel. Deux hommes se tenaient devant l’entrée, habitués à ces nombreuses visites, ils ne semblaient pas hostiles.

-Bonjour, je viens voir Mlle Dessanges.


L’un d’entre eux l’accompagna jusqu’au bureau de la secrétaire. Katerina toqua presque timidement à la porte, et lorsque la voix d’Agnès s’éleva de l’autre côté du bois, elle ouvrit la porte. Sur son bureau s’amoncelait une tonne de documents remplis de post-it, les plantes vertes près du canapé semblaient sur le point de succomber à la soif et Agnès trônait au milieu de tout ça, semblant quant à elle sur le point de succomber à la fatigue. La jeune russe se demanda même s’il elle avait dormit la nuit dernière. Elle entra timidement et la salua :

-Bonjour mademoiselle Dessanges. Excusez-moi de cette intrusion. Je souhaitais savoir si je pouvais vous être utile, vous préparez un café ou triez une pile de lettres pour vous. Des choses à ma portée qui pourrait vous faire gagner un peu de temps.

Elle espérait que ça proposition n’était pas trop présomptueuse, et que la secrétaire voudrait bien de son aide, ou au moins, ne serait pas fâchée qu’elle en propose. Elle avait peur aussi que son aide ne fasse que ralentir la secrétaire et qu’elle traine dans ses pattes.
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Secrétaire de Donatien
Une pile de lettre à vérifier et à cacheter sur sa droite. Des dossiers de nouveaux patients en attente d’affectation sur sa gauche. Des rapports de séances de soin à centraliser, approuver et trier sur plusieurs piles tout autour d’elle. Des tas de post-it de toutes les couleurs qui cherchaient à attirer son attention sur des détails mais qu’il devenait urgent de régler. Sans oublier, évidemment, les dizaines de documents informatiques ouverts sur son écran d’ordinateur – actuellement l’emploi du temps de Donatien qu’elle devait remplir pour le lendemain – et la batterie de son téléphone portable qui lui faisait faux bond, et pas moyen de remettre la main sur ce fichu chargeur !
Agnès ne savait vraiment plus où donner de la tête. Tout ce retard de travail accumulé lui semblait de plus en plus impossible à rattraper et ça la rendait folle. Elle essayait de rester méthodique, d’éliminer une tâche à la fois, mais c’était sans compter sur le travail qui s’ajoutait à celui déjà en cours et les urgences à régler entretemps qui ne l’aidaient pas à avancer. Debout au milieu de la pièce, elle soulevait au hasard des papiers, les coussins sur la banquette des visiteurs à la recherche du chargeur de son téléphone avec de moins en moins de conviction. Mais bon. Il fallait vraiment qu’elle le retrouve, si Donatien l’appelait et qu’elle ne répondait pas… Elle préférait ne pas compléter cette phrase. Elle le retrouva finalement sur le petit meuble où se trouvait sa machine à café personnelle – l’un des avantages d’être la secrétaire de Donatien Elpida, médecin en chef – exactement à l’endroit où elle le mettait d’habitude. Juste à côté du portable de son patron. Ah oui. C’était vrai. Elle avait oublié. Donatien était encore parti à sa séance de soin avec Adèlys en lui laissant son téléphone pour « ne pas être dérangé ». Ce n’était pas comme si elle lui avait expliqué un million de fois qu’il pouvait le garder sur lui et le mettre en silencieux mais bon… La technologie et lui, ça ferait toujours au moins quarante.
Elle brancha tout de même son cellulaire et retourna s’asseoir. Où est-ce qu’elle en était déjà ? Ah oui. Finaliser le dossier X160.
Décidemment, les somnifères que lui avait prescrits le docteur Hawthorne ne lui réussissaient pas des masses. Elle se réveillait toujours dans le cirage, elle avait un mal de chien à se mettre en route et ça se ressentait sur son efficacité. Elle passait son temps à oublier ce qu’elle faisait, où elle mettait ses affaires… Enfin. Ca valait quand même probablement mieux que de ne pas dormir du tout elle supposait.
Ce fut au moment où elle reprenait sérieusement le dossier qu’elle avait en cours qu’on frappa à la porte. La secrétaire eut un léger soupir. Quoi encore ? Si c’était encore Steven qui venait la voir pour lui demander comment il était censé faire son travail… ! Elle répondit cependant.

- Entrez !

Son agacement s’envola quand elle vit la silhouette de Katerina apparaître dans l’embrasure de la porte. Son regard se ralluma un peu.

- Bonjour mademoiselle Dessanges. Excusez-moi de cette intrusion. Je souhaitais savoir si je pouvais vous être utile, vous préparer un café ou trier une pile de lettres pour vous. Des choses à ma portée qui pourrait vous faire gagner un peu de temps.

Avec un grand sourire, Agnès se leva. Elles n’avaient pas pu se voir beaucoup ces derniers temps. Enfin depuis… A cause de son travail, trop prenant. Peut-être aussi parce que le travail était une façon de l’éviter pour être honnête. Avec ce qu’elle avait vu de l’estrade, ce jour-là… Elle n’aurait pas su comment se comporter avec elle. Mais puisque Hyppolite lui avait affirmé qu’il n’y avait rien entre eux…

- Bien sûr Katerina ! Entre je t’en prie ! C’est vraiment gentil de ta part.

« Gentil » ? Ce n’était pas le mot. Agnès la trouvait adorable. Tout simplement adorable. Et comme elle s’avançait dans la pièce, elle ne put s’empêcher de remarquer un léger changement dans le physique de la jeune femme.

- On dirait que tu as repris un peu de poids non ? Ca fait vraiment plaisir à voir !

Est-ce que ça voulait dire que son traitement commençait enfin à porter ses fruits ? Agnès l’espérait de tout cœur.

HRP:
J'ai un peu extrapolé par rapport à Katou mais je crois que tu disais qu'elle avait repris du poids dans je-sais-plus quel RP. Si jamais ça te dérange dis le moi ! Smile



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- Bien sûr Katerina ! Entre je t’en prie ! C’est vraiment gentil de ta part.

La jeune russe fut soulagée. Elle avait eu un peu peur que la secrétaire ne la renvoie à sa chambre, même si elle doutait que ce fut son genre. Son grand sourire rendait son visage plus lumineux, et effaçait un peu la présence de cernes sous ces deux yeux sombres. Il n’y avait rien à faire, le sourire de la femme la rendait belle. Contagieux, il s’afficha à son tour sur le visage de Katerina. Elle s’avança, fermant la porte derrière elle.

Elle aimait cette pièce et s’y sentait bien. C’était un peu comme un oasis. Ici, elle avait toujours trouvé l’oreille attentive de son ainée, elles avaient ris, discuter de choses sérieuses ou anodines. Cela lui avait manqué. Elle avait continué de discuter avec Hyppolite, mais ce n’était pas pareil. Surtout depuis leur discussion au port.

- On dirait que tu as repris un peu de poids non ? Ca fait vraiment plaisir à voir !


Katerina se sentait fière et reconnaissante, de voir que son ainée avait remarqué sa prise de poids. Elle faisait vraiment de gros effort, et c’était bien le genre d’Agnès de s’en apercevoir. Elle s’avança jusqu’à la fontaine sur pied qui se situait dans un coin de la pièce, et se servit un verre d’eau :

-Oui, et je suis certaine que vos limonades et vos chocolats chauds y sont pour quelque chose.


C’était un peu sa manière de la remerciée pour les petits moments qu’elles avaient passé ensemble depuis qu’elle était à l’Institut. Elle s’avança jusqu’aux plantes et leurs versa l’eau de son gobelet, de manière plus ou moins équitable. Elle ne savait pas si cela suffirait à sauver les plantes, dont les feuilles étaient un peu racornies, mais si ce n’était pas le cas, elle pourrait essayer d’en faire envoyer à Agnès avec l’accord de l’Institut.

Elle s’approcha ensuite du bureau d’Agnès et lui fit, pressé de pouvoir alléger son travail :

-Grâce à ça, je me sens en pleine forme pour t’aider. Aujourd’hui je suis ton assistante personnelle.


Le tutoiement lui était venu naturellement, elle ne s’en aperçut même pas. Elle adressa un sourire à Agnès, posant ces mains pâles sur le bureau en bois. Elle était contente. Tout simplement contente. Elle aurait aimé penser à venir avant, parce qu’elle sentait vraiment que c’était ce qui lui avait manqué ces derniers temps.
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Secrétaire de Donatien
-Oui, et je suis certaine que vos limonades et vos chocolats chauds y sont pour quelque chose.

Agnès eut un sourire un peu gênée. Elle était si cramée que ça à lui rajouter du sucre et des gâteaux à chaque fois qu'elle lui servait quelque chose ? A moins que ce ne soit encore un gossip d'Hyppolite, ce dernier aimant beaucoup trop répéter à qui voulait l'entendre que la grande ambition de la secrétaire de Donatien était de faire craquer toutes les balances de l'île... il ne fallait pas exagérer non plus, ce n'étaient que quelques kilos supplémentaires...
Enfin, dans tous les cas, Katerina avait l'air en forme et ça ramenait un rayon de soleil dans sa journée. Alors qu'elle prenait l'initiative d'arroser ses plantes, Agnès retourna à son bureau et retira un post-it vert, celui pour lui rappeler de ne pas laisser mourir les végétaux, et le jeta à la poubelle, reconnaissante, même si à ce niveau-là il allait falloir certainement plus qu'un verre d'eau pour qu'elles reprennent un peu de poil de la bête.

-Grâce à ça, je me sens en pleine forme pour t’aider. Aujourd’hui je suis ton assistante personnelle.

Avoir une assistante personnelle ? L'idée lui sembla tellement saugrenue qu'elle ne nota même pas que Katerina la tutoyait. Après tout, c'était son job à elle d'assister quelqu'un, est-ce que ça voulait dire que la jeune fille allait être une assistante d'assistante ? Les prémices d'un rire se dessina sur son visage. C'était une idée bizarre, mais amusante.
Cependant son premier réflexe fut de décliner la proposition mais... il y avait tellement à faire ! Peut-être qu'elle pourrait juste lui déléguer quelques détails, comme préparer les enveloppes à envoyer ? Elle se mordit la lèvre inférieure. D'un côté, le courier des patients étaient confidentiels mais de l'autre, l'Institut les lisait déjà avant de les envoyer et elle savait qu'elle pouvait faire confiance à Katerina.
Bon.

- C'est vraiment très gentil de ta part ma belle. Si tu pouvais me préparer le courrier à envoyer, ça m'avancerait beaucoup.

L'avait-elle vraiment appelée ma belle ? Bon sang, ces somnifères - à moins que ce ne soit le manque de sommeil qu'ils essayaient de combler - lui faisaient vraiment dire n'importe quoi. Enfin, non. Pas n'importe quoi. Au contraire, ils laissaient passer dans ses mots les pensées qu'elle avait l'habitude de masquer. Et en l'occurrence, elle trouvait Katerina vraiment jolie sans compter que cette expression témoignait de l'affection particulière qu'elle lui portait. Elle espérait qu'elle ne lui en tiendrait pas rigueur mais n'ajouta rien à ce sujet, sentant confusément que ce serait malvenu. Elle débarrassa donc un espace sur son bureau et y apporta une chaise pour que la jeune brune puisse s'y installer et lui donna le matériel nécessaire.

- Voilà, les enveloppes, les timbres, la liste des adresses et... ah oui voilà un stylo, dit-elle en farfouillant dans un pot à crayons. Normalement c'est bon, encore merci Katerina.

Elle vérifia une seconde fois puis retourna s'asseoir à sa place avec l'espoir qu'elle puisse enfin boucler le dossier X160.



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- C'est vraiment très gentil de ta part ma belle. Si tu pouvais me préparer le courrier à envoyer, ça m'avancerait beaucoup.

Elle aurait presque pu crier victoire. Qu’Agnès se laisse aider, elle n’était pas certaine que ce soit possible. Si apparemment. Elle s’installa à côté de la secrétaire après qu’elle lui ait libéré un bout de bureau.

- Voilà, les enveloppes, les timbres, la liste des adresses et... ah oui voilà un stylo, dit-elle en farfouillant dans un pot à crayons. Normalement c'est bon, encore merci Katerina.


-Avec grand plaisir.

Et elle ne mentait pas, en effet  la jeune russe était toute excitée. Elle ne savait pas si c’était la pensée de pouvoir passer du temps avec Agnès ou celle de pouvoir l’aider qui lui plaisait le plus. Quoi qu’il en soit, elle s’appliqua à la tâche avec grand sérieux, canalisant toute cette énergie positive dans sa mission. Elle écrivait avec soin les adresses sur les enveloppes, prenant bien garde de ne pas faire la moindre faute. Collait le bon nombres de timbres suivant les destinations, et empilait ensuite les enveloppes les unes sur les autres avec méthode. Elle-même n’envoyait que rarement du courrier à Ivana. Elle fredonna quelques instants avant de s’interrompre, consciente que cela n’aiderait pas Agnès à se concentrer. Elle termina sa tâche en silence, quelques musiques trottinant dans son cerveau. C’était tellement agréable de se sentir utile à quelque chose.

Elle jetait de temps à autre un coup d’œil à Agnès, pas trop appuyé pour ne pas la perturber alors qu’elle travaillait. Cette dernière était penchée sur un dossier qui semblait absorber toute son attention, ses cheveux de chaque côté de son visage, laissant sa nuque à découvert. Son air concentré tira un sourire affectueux à la jeune femme. L’institut était entre de bonnes mains. Elle s’agitait de temps à autre, à la recherche d’un dossier, puis semblait y concentrer toute son énergie. Pas étonnant qu’elle soit trop épuisée pour voir Katerina après son travail, enfin, quand elle le terminait. Un brin d’inquiétude secoua la jeune russe. Elle savait que son ainée ne se ménageait pas, mais sa façon de se plonger dans son travail avec tout son cœur et tout son corps, avait de quoi alimenté son anxiété. C’était une charge bien lourde pour une seule personne.

Il restait à la jeune femme deux lettres à écrire, mais elle ne les avait pas encore compléter, car elle n’était pas sur de l’adresse. La tâche lui avait pris pas mal de temps, elle était assez contente d’avoir demandé pour aider. Car même si Agnès aurait probablement accomplit cette mission beaucoup plus rapidement, c’était tout de même une petite épine en moins dans le pied. Elle interpella finalement Agnès :

-J’ai presque terminé, j’ai juste un doute sur l’adresse de deux des enveloppes, je te laisse gérer ça du coup.


Elle brandit les enveloppes coupables, se tournant vers la secrétaire
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Alors que Katerina se lançait à la tâche qu’elle lui avait confiée, Agnès, elle, se posa devant son dossier à compléter. Au début, elle ne pouvait s’empêcher de jeter des coups d’œil régulier à la jeune femme, un peu inquiète de savoir si elle faisait bien de la laisser faire, mais petit à petit, le sérieux de celle-ci et l’application dont elle faisait preuve eurent raison de ses doutes et elle se consacra sur sa propre tâche. Ainsi, elle réordonna les compte-rendu de consultation par date, mettant à jour les principales données sur le fichier informatique correspondant et scannant les comptes-rendus mensuels pour éviter toute perte ou dégradation. Une tâche longue, fastidieuse et peu gratifiante mais nécessaire, et grâce à l’aide de Katerina dont la présence la motivait en plus de l’aide qu’elle lui apportait, elle le boucla plus rapidement qu’elle ne l’aurait pensé et put passer au suivant. L’atmosphère était calme et détendue, le silence entrecoupé de temps à autre par quelques notes fredonnées par Katerina qui ne semblait pas s’en rendre compte. Cela lui tira un sourire. Même si ça ne valait pas une bonne nuit de sommeil, cette ambiance était reposante et pour un rare moment, le stress de la secrétaire redescendit de quelques crans. Etant dans une bien meilleure disposition pour travailler qu’une demi-heure auparavant, ce furent trois dossiers supplémentaires qu’elle réussit à rattraper sur son retard avant que son assistante du jour puisqu’elle s’était désignée comme telle ne l’interpelle.

-J’ai presque terminé, j’ai juste un doute sur l’adresse de deux des enveloppes, je te laisse gérer ça du coup.

Agnès sourit, termina de remplir la case qu’elle avait en cours et répondit.

- Je regarde ça, attends.

Puis elle se leva et se plaça derrière Katerina, se penchant au-dessus d’elle pour voir les deux enveloppes concernées et la liste. Oh, oui. Elle voyait le problème. « J’ai un doute sur l’adresse », c’était sa façon polie de lui faire remarquer que ces deux-là étaient particulièrement illisibles et donc, impossible à recopier. Elle eut un rire gêné.

- Ah, ça, oui désolée. Parfois j’écris vite et mal, il faudrait que je les retape, ce serait plus lisible.

Elle se pencha un peu plus et ses cheveux balayèrent le haut du crâne de Katerina sans qu’elle ne s’en rende compte. Elle compléta l’adresse des deux enveloppes et jeta un œil à celles qu’avait faites la brune, non pas parce qu’elle n’avait pas confiance en elle, mais par conscience professionnelle. Elle n’en avait pas – ou plus – douté mais ce qu’elle vit la satisfit entièrement.

- Et bien, tu te débrouilles comme une cheffe ! Je vais t’embaucher plus souvent !
Plaisanta-t-elle.



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Katerina était contente de voir naitre un sourire sur les lèvres de la secrétaire. Ca faisait chaud au cœur. Depuis l’incident de l’estrade, c’était plus difficile d’en apercevoir un. La jeune russe ne comprenait toujours pas bien ce qui pouvait la lier à la jeune patiente morte pour que cela la touche autant. Mais elle savait à quel point la secrétaire était sensible. Elle balaya la pièce du regard. Tout lui indiquait que les choses étaient compliquées pour Agnès. Des plantes en souffrance aux tasses de chocolat chaud qui semblait presque prendre la poussière. La secrétaire ne l’aurait dit pour rien au monde, trop inquiète qu’on s’inquiète pour elle (oui s’était ironique), mais la jeune russe voyait que les choses ne s’étaient pas tant améliorées.

Je regarde ça, attends.

Katerina releva un instant la tête à l’approche de la secrétaire avant de laisser son regard retourné aux enveloppes. Agnès s’était penchée pour apercevoir les fameuses enveloppes. Ces deux yeux foncés dégageaient une lumière presque hypnotisantes, probablement les reflets des lumières du bureau de la femme. Katerina s’en détacha lorsque la secrétaire reprit la parole, eut presque un sursaut :

- Ah, ça, oui désolée. Parfois j’écris vite et mal, il faudrait que je les retape, ce serait plus lisible.

Les cheveux d’Agnès chatouillèrent ceux de la jeune russe. Elle respira l’odeur apaisante de la secrétaire, qui complétait les adresses manquantes. La jeune femme eut un sourire. Jamais elle n’aurait pensé se sentir autant en confiance avec quelqu’un après avoir quitté son pays natal. Cette complicité était un véritable rayon de soleil. A elle maintenant de faire en sorte que le soleil puisse subsister.

- Et bien, tu te débrouilles comme une cheffe ! Je vais t’embaucher plus souvent !


Katerina était sincèrement flattée, et heureuse. C’était un compliment qui lui allait droit au cœur. Elle qui n’avait jamais vraiment appris à faire quoi que ce soit de ces dix doigts découvraient qu’elle était capable de bien faire les choses. Des choses, certes simple, mais elle n’en demandait pas plus. Surtout si cela aidait Agnès d’une quelconque manière. Décidemment, l’institut lui procurait bien plus que ce qu’elle n’avait espéré en arrivant.

-Et bien je dois dire que j’ai une excellente patronne.


Elle lança un clin d’oeil espiègle à la secrétaire et ajouta :

-Je crois qu’elle mériterait même un bon chocolat chaud. Un mot de sa part et je m’exécute.


Après tout, rien de telle qu’un bon chocolat chaud pour réchauffer les cœurs. Et pour en profiter pour discuter. Cela faisait si longtemps qu’elles n’avaient pas pris le temps de partager un chocolat chaud que la jeune russe trépignait presque déjà d’impatience.
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Secrétaire de Donatien
-Et bien je dois dire que j’ai une excellente patronne.

Agnès pouffa de rire. Elle, patronne ? C’était tellement loin de sa réalité que c’en était drôle. De toute façon, ce n’était pas comme si elle avait souhaité que ce soit le cas, elle était convaincue qu’elle ferait une très mauvaise dirigeante. Les femmes comme elle étaient compétentes pour épauler, soutenir et décharger, pas pour dire aux autres ce qu’ils avaient à faire. Elle était aussi d’une nature bien trop indécise, peu sûre d’elle-même sans compter que son boulot actuel la stressait déjà bien assez comme ça ! Elle n’avait pas l’ambition nécessaire pour briguer ce genre de poste. Pourtant, quelques instants, elle s’imagina à la place de Donatien. Peut-être que si elle avait été de taille à tenir les rênes de l’Institut, l’île serait un endroit un peu plus agréable à vivre. La petite Loreleï n’y aurait pas perdu la vie et il n’y aurait pas autant de phrases à vous crever le cœur dans le dossier de Nevrabriel. Peut-être… Ou alors la totalité de l’île aurait viré à l’anarchie.
Elle fut tirée de ses pensées par la voix de Katerina.

-Je crois qu’elle mériterait même un bon chocolat chaud. Un mot de sa part et je m’exécute.


Elle avait appuyé sa phrase d’un clin d’œil espiègle qui eut un effet singulier. Son cœur rata un battement avant de s’agiter un peu plus. Pas plus vite, mais plus fort. Elle se souvint de la première fois où elles s’étaient parlé, sur le rivage en plein hiver. Ce jour-là, elle-même était dans un état lamentable mais Katerina n’avait pas l’air heureuse non plus. Elle lui avait paru belle mais fragile comme une tasse en porcelaine ébréchée. Tout son être semblait translucide et évanescent, comme menaçant de s’évanouir sans laisser de trace. Et aujourd’hui, voilà que la jeune femme se remplumait doucement, lui offrant sourires et clin d’œil. Elle avait même l’air de prendre des couleurs, ses joues lui paraissaient plus rosées que d’ordinaire.

- Et bien qu’attendez-vous mademoiselle ? Votre patronne attend !
Plaisanta-t-elle pour masquer l’émotion qui l’envahissait.

Elle s’assit de nouveau à son bureau pour boucler le dossier qu’elle avait en cours. Du moins, c’était son intention. Parce que lorsqu’elle se retourna pour dire à Katerina de ne pas hésiter à se servir de la boisson qui lui ferait plaisir, ses yeux restèrent figés sur le dos qu’elle lui présentait, la laissant pensive.
Ce ne fut que lorsque celle-ci lui fit de nouveau face qu’elle se reprit.

- Sers-toi aussi quelque chose, tu l’as mérité. Il doit y avoir une boite à sucre dans le tiroir si tu veux.



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