Tu as perdu ta langue ? (ft.mon Pavot ♥)

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Dim 12 Aoû - 13:55


TU AS PERDU TA LANGUE ?

Cela faisait plusieurs mois que Pav ne disait plus rien.
Au début, Donatien apprécia le silence de son patient lors des séances. Il y avait quelque chose de beau et de relaxant dans cette absence de bruits. Pavot était vulnérable. Pavot s'excusait avec le regard. Pavot était un pantin. Donatien pouvait alors faire ce qu'il voulait de lui pendant les séances.
Au début, il utilisa son mutisme de façon tout à fait professionnelle. Il essaya encore et toujours de comprendre ses hallucinations. Il cherchait à en provoquer pour mieux les guérir. Puis, au fur et à mesure, il vit très bien que son Pavot était inerte. Il n'y avait pas que sa voix qui se taisait, c'était tout son corps. Donatien avait donc commencé à profiter des profondes illusions de Pavot pour oser le contact envers lui. Pour le tester. Pour le travail. En quelque sorte.
La première fois que c'était arrivé, Pav était encore plongé dans une illusion. Il ne disait rien la concernant. Donatien avait essayé de l'appeler pour le faire revenir. De briser le visuel de cette hallucination en se plaçant sous son regard. Pavot était léthargique. Alors il avait passé sa main dans ses cheveux. Mais plus longtemps que d'habitude. Il était resté avec cette main. Et ses cheveux. Rouge. D'un rouge profond. Ses mèches étaient comme des veines ouvertes. Sa chevelure était une tâche d'hémoglobine. Est-ce que sous sa peau, il y avait la même beauté ... ?
C'était devenu l'obsession de Donatien concernant son patient : Pavot était-il aussi beau à l'extérieur et à l'intérieur ? Tout comme son Lys ... ? Cela avait entraîné également cette question : son Edelweiss était donc la même ? Il commençait à savoir quoi faire concernant sa nouvelle patiente ...
Ce jour-là, celui de cette découverte, il avait laissé une petite cicatrice dans le dos de Pav. Toute petite. A côté de sa colonne vertébrale. Et le sang qui en était sorti était si pur ...
Donatien, ces deux-trois dernières semaines, s'était donc mis en tête de poursuivre ce nouveau plaisir.
Mais cette nuit, pendant une énième insomnie, il avait réfléchi à l'état végétatif de son patient. Il le revoyait ne pas réagir, s'absenter ... Il était en train de le perdre. Donatien avait l'impression d'avoir un patient mort. Ce n'était plus drôle. Ce qui était bien avec Lys était qu'elle réagissait quand il la lacérait. Elle gémissait. Son visage se crispait de douleur. Une aussi jolie fleur tâchée par la souffrance ...
Mais Pavot n'avait pas ça. Et c'était dommage.
Quatre heure du matin. Donatien était seulement vêtu de son bas de pyjama : un long pantalon blanc, au tissu si léger qu'il semblait flotter autour de lui. Il traversa l'Institut et arriva au dortoir des X. La chambre de Pavot ... Il n'y était jamais allé. Il s'était déjà introduit dans la chambre de Lys, quand il l'avait soupçonnée d'être l'auteur du journal clandestin ; mais jamais avec Pav.
Il ouvrit doucement la porte, avec la sensation de vivre une première fois. Puis il repéra son patient. Endormi. Qu'il soit assoupi ou non ... Son état n'était pas différent que lors des séances. Il fallait remédier à ça. Il fallait ressusciter Pavot.
Dans la pénombre, Donatien s'approcha dans un bruit. Puis il passa sa main dans les cheveux de Nev et lui chuchota :

- Debout. Il faut se réveiller.

Car c'était son but : réveiller Pavot. Le sortir de ce sommeil aphone.




Donatien t'honore de sa parole en #0099ff
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X36
Dim 12 Aoû - 19:02
Nevrabriel était allongé sur son lit, encore habillé. Le drap sous son corps était chaud. Il n’avait pas bougé depuis des heures. Il ne voulait pas entrer sous ses draps, il ne voulait pas se lever pour regarder le ciel. Il ne voulait pas composer cette nuit là.

Les feuilles de ses partitions jonchaient le sol, comme d’habitude, beaucoup était chiffonné, certaine avaient d’énorme rature. D’autres avaient étaient commencé mais n’avait jamais trouvé de fin. Seules les élues dont il jugeait l’achèvement se retrouvaient dans un état parfait sur le coté de son bureau soigneusement organisé.

Le jeune homme était loin d’être une personne désordonné, en tant normal, c’était seulement qui son bureau qui connaissait le désordre. Mais dans son état actuel, au contraire, c’était le seul élément de sa chambre, qui était soigné. Son lit, qui n’a pas pu l’enlacer depuis des mois, était toujours plissé par le poids de son corps sur les draps. Jamais défait, puisse qu’il n’y entrait jamais, mais jamais net puisse qu’il ne s’en occupait pas.

Parfois, lorsque des visiteurs, les surveillants entre autres, pénétraient dans la pièce, ses feuilles se mettaient à voler dans l’espace, créant une agréable symphonie, tel des feuilles d’automne emportées par le vent. Et il reconnaissait leur pas à présent. Ce n’était pas tout le temps les mêmes surveillants, mais des visages réguliers revenaient. Parfois il se prenait à espérer voir le visage familier d’un ami, ou d’une amie …
Puis il se rappelait rapidement qu’il voulait être seul. Seul avec ses idées noirs comme s’il se punissait lui-même. De toute évidence, ces hallucinations étaient plus douces que la réalité, il voyait sa sœur, sa sœur d’il y a 6 ans, celle qui l’aimait encore. Il voyait son petit frère, tel qu’il l’a quitté également, sa grand-mère, partie récemment, mais elle n’a jamais était aussi présente à ce moment. Parfois il revoyait la petite Loreleï, celle qui s’était perdue dans les bois qui voulait devenir une légende. Et sa bonne étoile, une fille qu’il a aimé il y a longtemps, que la mort a séparé de lui. Toutes les personnes qui l’ont réellement aimé étaient près de lui par ce moyen. Alors au diable la réalité si ça lui permettait de les avoir avec lui …

Nevrabriel dormait peu, mais assez pour continuer à vivre chaque jour. Cette nuit là, il avait fermé les yeux, mais ne sait pas s’il s’était endormi. Il cru entendre le vent des heures durant par sa fenêtre entrouverte. Ou alors rêvait-il ? Les yeux clos, dans le noir, il ne savait pas. Machinalement, une de ses mains était posé sur son ventre, maigre ventre, et il sentait sa propre respiration, comme pour s’assurait qu’il respirait encore. Cela rassurait également les surveillants qui venaient chaque matin pour le trainer au sanitaire pour être présentation à ses séances d’auscultations. Il pouvait sentir aisément le mouvement de son abdomen monter et descendre sous ses maigres doigts. C’était presque hypnotisant.

Puis, Nevrabriel entendit les feuilles s’envoler, le bois de la porte coulisser. Des pas. Des pas familier. Ce n’était pas les chaussures de quelconque surveillants, les talons gracieux d’Astrid, ni les pas enfantin de Kan, la démarche fantomatique de Lucy, celui toujours étrangement las d’Ulysse ou le pas lourd de Willow. Ce pas, si familier, avait quelque chose de réconfortant et inquiétant. Il le connaissait bien, pourtant, jamais ces pieds n’avaient foulé cette pièce auparavant.
Ça ne pouvait pas être lui. L’écossais devait rêver.

_Debout. Il faut se réveiller.

Et pourtant c’était bien sa voix. Cette voix énigmatique qui appelait à la confiance mais qui donnait un brin d’angoisse. Et c’était bien sa main qui vint à la rencontre de sa chevelure rousse. Cette main aussi maigre que celle actuelle de l’écossais. Depuis quand était-il aussi, voir plus, maigre que Donatien ? Etait-ce même possible ?

Je ne dors pas …

Le jeune homme ouvrit les yeux. Ignorant qu’il n’avait pas dit cela à voix haute mais dans sa tête. Et c’était bien Donatien Elpida qui se tenaient au dessus de lui, son ombre singulière recouvrait le jeune homme. Bien que Donatien était d’un blanc singulier, l’écossais ne semblait voir que ses yeux ambrés luire dans l’obscurité.

Nevrabriel se mit à le fixer dans les yeux sans pour autant être présent. En général, les surveillants mettaient au moins 30 minutes pour que le jeune homme se lève, même s’il avait les yeux grands ouverts, tel un zombi, tout était lent. Mais là ce n’était pas un surveillant, c’était Donatien Elpida.
Donatien Elpida avait ravalé sa fierté pour venir le voir. Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi en pleine nuit ? Pourquoi était-il en pyjama ?

Le jeune homme ne bougea pas, son faciès demeura sans émotion, seuls ses yeux clignaient par moment pour s’humidifier, attendant simplement un nouvel ordre de son étrange médecin.


Le plus gentil 2017/2018

Nev s'exprime en : 6699CC

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