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22/09/2018
Modification des pourcentages révolutionnaires (cf. PA et heure supp')
16/09/2018 Ajout du bouton Discord qui avait disparu ;-;
02/09/2018 Nouvelle esthétique ! Informations ici !

Tu as perdu ta langue ? (ft.mon Pavot ♥)

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TU AS PERDU TA LANGUE ?

Cela faisait plusieurs mois que Pav ne disait plus rien.
Au début, Donatien apprécia le silence de son patient lors des séances. Il y avait quelque chose de beau et de relaxant dans cette absence de bruits. Pavot était vulnérable. Pavot s'excusait avec le regard. Pavot était un pantin. Donatien pouvait alors faire ce qu'il voulait de lui pendant les séances.
Au début, il utilisa son mutisme de façon tout à fait professionnelle. Il essaya encore et toujours de comprendre ses hallucinations. Il cherchait à en provoquer pour mieux les guérir. Puis, au fur et à mesure, il vit très bien que son Pavot était inerte. Il n'y avait pas que sa voix qui se taisait, c'était tout son corps. Donatien avait donc commencé à profiter des profondes illusions de Pavot pour oser le contact envers lui. Pour le tester. Pour le travail. En quelque sorte.
La première fois que c'était arrivé, Pav était encore plongé dans une illusion. Il ne disait rien la concernant. Donatien avait essayé de l'appeler pour le faire revenir. De briser le visuel de cette hallucination en se plaçant sous son regard. Pavot était léthargique. Alors il avait passé sa main dans ses cheveux. Mais plus longtemps que d'habitude. Il était resté avec cette main. Et ses cheveux. Rouge. D'un rouge profond. Ses mèches étaient comme des veines ouvertes. Sa chevelure était une tâche d'hémoglobine. Est-ce que sous sa peau, il y avait la même beauté ... ?
C'était devenu l'obsession de Donatien concernant son patient : Pavot était-il aussi beau à l'extérieur et à l'intérieur ? Tout comme son Lys ... ? Cela avait entraîné également cette question : son Edelweiss était donc la même ? Il commençait à savoir quoi faire concernant sa nouvelle patiente ...
Ce jour-là, celui de cette découverte, il avait laissé une petite cicatrice dans le dos de Pav. Toute petite. A côté de sa colonne vertébrale. Et le sang qui en était sorti était si pur ...
Donatien, ces deux-trois dernières semaines, s'était donc mis en tête de poursuivre ce nouveau plaisir.
Mais cette nuit, pendant une énième insomnie, il avait réfléchi à l'état végétatif de son patient. Il le revoyait ne pas réagir, s'absenter ... Il était en train de le perdre. Donatien avait l'impression d'avoir un patient mort. Ce n'était plus drôle. Ce qui était bien avec Lys était qu'elle réagissait quand il la lacérait. Elle gémissait. Son visage se crispait de douleur. Une aussi jolie fleur tâchée par la souffrance ...
Mais Pavot n'avait pas ça. Et c'était dommage.
Quatre heure du matin. Donatien était seulement vêtu de son bas de pyjama : un long pantalon blanc, au tissu si léger qu'il semblait flotter autour de lui. Il traversa l'Institut et arriva au dortoir des X. La chambre de Pavot ... Il n'y était jamais allé. Il s'était déjà introduit dans la chambre de Lys, quand il l'avait soupçonnée d'être l'auteur du journal clandestin ; mais jamais avec Pav.
Il ouvrit doucement la porte, avec la sensation de vivre une première fois. Puis il repéra son patient. Endormi. Qu'il soit assoupi ou non ... Son état n'était pas différent que lors des séances. Il fallait remédier à ça. Il fallait ressusciter Pavot.
Dans la pénombre, Donatien s'approcha dans un bruit. Puis il passa sa main dans les cheveux de Nev et lui chuchota :

- Debout. Il faut se réveiller.

Car c'était son but : réveiller Pavot. Le sortir de ce sommeil aphone.





Donatien t'honore de sa parole en #0099ff
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Nevrabriel était allongé sur son lit, encore habillé. Le drap sous son corps était chaud. Il n’avait pas bougé depuis des heures. Il ne voulait pas entrer sous ses draps, il ne voulait pas se lever pour regarder le ciel. Il ne voulait pas composer cette nuit là.

Les feuilles de ses partitions jonchaient le sol, comme d’habitude, beaucoup était chiffonné, certaine avaient d’énorme rature. D’autres avaient étaient commencé mais n’avait jamais trouvé de fin. Seules les élues dont il jugeait l’achèvement se retrouvaient dans un état parfait sur le coté de son bureau soigneusement organisé.

Le jeune homme était loin d’être une personne désordonné, en tant normal, c’était seulement qui son bureau qui connaissait le désordre. Mais dans son état actuel, au contraire, c’était le seul élément de sa chambre, qui était soigné. Son lit, qui n’a pas pu l’enlacer depuis des mois, était toujours plissé par le poids de son corps sur les draps. Jamais défait, puisse qu’il n’y entrait jamais, mais jamais net puisse qu’il ne s’en occupait pas.

Parfois, lorsque des visiteurs, les surveillants entre autres, pénétraient dans la pièce, ses feuilles se mettaient à voler dans l’espace, créant une agréable symphonie, tel des feuilles d’automne emportées par le vent. Et il reconnaissait leur pas à présent. Ce n’était pas tout le temps les mêmes surveillants, mais des visages réguliers revenaient. Parfois il se prenait à espérer voir le visage familier d’un ami, ou d’une amie …
Puis il se rappelait rapidement qu’il voulait être seul. Seul avec ses idées noirs comme s’il se punissait lui-même. De toute évidence, ces hallucinations étaient plus douces que la réalité, il voyait sa sœur, sa sœur d’il y a 6 ans, celle qui l’aimait encore. Il voyait son petit frère, tel qu’il l’a quitté également, sa grand-mère, partie récemment, mais elle n’a jamais était aussi présente à ce moment. Parfois il revoyait la petite Loreleï, celle qui s’était perdue dans les bois qui voulait devenir une légende. Et sa bonne étoile, une fille qu’il a aimé il y a longtemps, que la mort a séparé de lui. Toutes les personnes qui l’ont réellement aimé étaient près de lui par ce moyen. Alors au diable la réalité si ça lui permettait de les avoir avec lui …

Nevrabriel dormait peu, mais assez pour continuer à vivre chaque jour. Cette nuit là, il avait fermé les yeux, mais ne sait pas s’il s’était endormi. Il cru entendre le vent des heures durant par sa fenêtre entrouverte. Ou alors rêvait-il ? Les yeux clos, dans le noir, il ne savait pas. Machinalement, une de ses mains était posé sur son ventre, maigre ventre, et il sentait sa propre respiration, comme pour s’assurait qu’il respirait encore. Cela rassurait également les surveillants qui venaient chaque matin pour le trainer au sanitaire pour être présentation à ses séances d’auscultations. Il pouvait sentir aisément le mouvement de son abdomen monter et descendre sous ses maigres doigts. C’était presque hypnotisant.

Puis, Nevrabriel entendit les feuilles s’envoler, le bois de la porte coulisser. Des pas. Des pas familier. Ce n’était pas les chaussures de quelconque surveillants, les talons gracieux d’Astrid, ni les pas enfantin de Kan, la démarche fantomatique de Lucy, celui toujours étrangement las d’Ulysse ou le pas lourd de Willow. Ce pas, si familier, avait quelque chose de réconfortant et inquiétant. Il le connaissait bien, pourtant, jamais ces pieds n’avaient foulé cette pièce auparavant.
Ça ne pouvait pas être lui. L’écossais devait rêver.

_Debout. Il faut se réveiller.

Et pourtant c’était bien sa voix. Cette voix énigmatique qui appelait à la confiance mais qui donnait un brin d’angoisse. Et c’était bien sa main qui vint à la rencontre de sa chevelure rousse. Cette main aussi maigre que celle actuelle de l’écossais. Depuis quand était-il aussi, voir plus, maigre que Donatien ? Etait-ce même possible ?

Je ne dors pas …

Le jeune homme ouvrit les yeux. Ignorant qu’il n’avait pas dit cela à voix haute mais dans sa tête. Et c’était bien Donatien Elpida qui se tenaient au dessus de lui, son ombre singulière recouvrait le jeune homme. Bien que Donatien était d’un blanc singulier, l’écossais ne semblait voir que ses yeux ambrés luire dans l’obscurité.

Nevrabriel se mit à le fixer dans les yeux sans pour autant être présent. En général, les surveillants mettaient au moins 30 minutes pour que le jeune homme se lève, même s’il avait les yeux grands ouverts, tel un zombi, tout était lent. Mais là ce n’était pas un surveillant, c’était Donatien Elpida.
Donatien Elpida avait ravalé sa fierté pour venir le voir. Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi en pleine nuit ? Pourquoi était-il en pyjama ?

Le jeune homme ne bougea pas, son faciès demeura sans émotion, seuls ses yeux clignaient par moment pour s’humidifier, attendant simplement un nouvel ordre de son étrange médecin.



Le plus gentil 2017/2018

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TU AS PERDU TA LANGUE ?

Pavot ouvrit les yeux dans le noir. Deux billes de couleur différentes qui s'allumaient dans l'obscurité. Les quelques rayons d'un matin encore sombre ne suffisaient pas à éclairer les traits du visage de son patient. Mais Donatien pouvait les voir. Il les connaissait par cœur. Un visage plus amaigri, mais toujours la même douceur.
Tous les deux se fixèrent sans rien faire, sans rien dire. Ils se contentaient de respirer. De se regarder. D'attendre. Donatien se demanda s'il avait réveillé Pavot. Ce dernier dormait-il vraiment ?
L'adulte soupira, puis alluma la lumière. Cette soudaine luminosité lui fit cligner des yeux à plusieurs reprises. Une fois qu'il ne voyait plus les points noirs danser devant lui, il put de nouveau venir vers son patient. Pendant les séances de soins, il n'avait vu que les lignes rouges sur la peau de Pav. Mais maintenant qu'ils étaient juste seuls dans la chambre, qu'il le voyait vraiment, il avait conscience que le physique de son malade avait changé. Ses os étaient plus marqués. Son teint avait pâli. Ses cernes creusées. Son œil était vide. Sa cage thoracique vide. Il n'y avait plus rien pour animer son cher Pavot.
Donatien s'assit au bout du lit, sa main famélique sur le mollet du jeune homme. Pour rappeler sa présence, peut-être. Ou pour montrer qu'il avait toujours le contrôle sur lui. Qu'il le possédait. Et plus encore, ce geste rassura Donatien. Non, Pavot n'était pas absent. Il était encore là. Présent. La preuve : ce contact entre leur deux peau.
Donatien avait peur. Peur que ce patient auquel il tenait parte, tout comme une de ses patientes - A18, sa jolie Rose- était partie. Rose qu'Edelweiss avait remplacé. Rose qui avait été pétillante et qui s'était éteinte petit à petit. Elle avait perdu ses couleurs, puis son auréole ... Et avait connu la tragique fin dont seul Donatien avait connaissance.
Il ne voulait pas que son Pavot disparaisse comme sa Rose.
Donatien se crispa et sa poigne sur la jambe de son patient se renforça.

- Pavot, tu dois me promettre de ne pas mourir.

Et parce que cette inactivité le terrifiait, il serra encore plus fort ce mollet.

- En fait, je t'interdis de mourir. Alors promets-le moi. Dépêche-toi.

C'était très étrange d'être là, pieds nus, dans la chambre de son patient. Il avait la sensation d'être dans un rêve.





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Silence.
Pourquoi le silence ?
Donatien ne parlait jamais beaucoup de toute façon. Depuis cinq ans, c’était Nevrabriel qui parlait pour deux, souvent pour trois. Depuis un mois et demi, il avait simplement arrêté de parler. La grande Sanction lui avait fait mal, mais il était encore lucide, il arrivait à suivre ses auscultations, à répondre à Donatien. Maintenant … parler était devenu impossible. Alors il se contentait de le regarder. En silence.
Il entendit un soupire. Ce n’était pas le sien.
Et la lumière vint lui bruler la rétine. Ses pupilles se contractèrent avec violence alors qu’il ne cligna nullement des paupières, l’esprit bien trop absent. Nevrabriel vit tout en blanc, des étoiles noires disparaissant doucement de son champ de vision. Les couleurs commencèrent à arriver progressivement. Il cligna des yeux une fois, doucement, soignant ses iris de la lumière soudaine. Les formes se dessinaient, la perspective de son mur à son plafond et finalement le visage de Donatien revint à lui mais quitta aussitôt son champ de vision. Un poids étranger pesa au bout de son lit.
Devait-il se redresser pour regarder Donatien ou pouvait-il rester allongé ? Bien qu’il avait réchauffé sa place, Nevrabriel avait l’impression que son lit était aussi froid que la table d’auscultation dans la salle de soin. Cette présence près de lui le ramenait à cette pièce froide et sans chaleur.
Une prise sur sa jambe lui fit échapper un soupir. Les doigts de Donatien lui semblaient longilignes, osseux, à la fois doux et oppressants. Délicat comme le geste d’un père qui veille sur son fils, filandreux tel une portées de serpents.

Puis, Donatien resserra sa prise sur sa jambe. Nevrabriel ne broncha pas, mais une douleur monta vivement de la chair que pressait le médecin jusqu’au cerveau de ce dernier et ses yeux eurent un léger mouvement d’ouverture avant de retourner à leur état initiale, le réveillant soudainement. Il était tout à l’écoute de Donatien.

_Pavot, tu dois me promettre de ne pas mourir.

Donatien avait resserré sa prise. S’il serrait d’avantage, ses ongles pourraient traverser le tissu du pantalon pour venir lacérer la peau du jeune homme.

Ça fait mal …

_En fait, je t'interdis de mourir. Alors promets-le moi. Dépêche-toi.

Nevrabriel bougea doucement les doigts de sa main, telle une personne venant d’émerger d’un long coma.

*Mens ! Mens ou ça sera pire !*

Son corps était lourd, très lourd, mais il fit l’effort de se redresser sur son lit. Malgré la fenêtre fermée, l’écossais eut l’impression qu’un vent froid vint lui traverser le dos.

*Mens.*

Nevrabriel se tortilla pour trouver une position stable sur ce matelas, des légers gémissements plaintifs sortant malgré lui de ses lèvres sèches.

*Mens Nev, mens.*

_Je ne peux pas docteur, je suis désolé …

*Pourquoi fais-tu ça ? Tu aimes souffrir ?*

_Aucun n’être n’est immortel …

Ni les animaux, ni les plantes, ni même les humains. Je ne suis pas une exception.

Le jeune homme releva doucement le visage vers celui de Donatien. La lumière lui laissait voir ses traits, la blancheur de sa peau, celle de son visage, son expression faciale. Il paraissait ne rien transmettre sur ses lèvres, sur ses traits, mais ses yeux, bien que perçants comme des lames de rasoir, semblait avoir un sentiment que le jeune homme n’avait jamais vu en lui.

_Je suis désolé … Docteur … Pardonnez-moi …

Puis, comme fatigué, le jeune homme referma les yeux en baissant doucement la tête, comme une machine qui venait de se mettre en veille. Sa voix était rêche par sa gorge sèche, cependant, il aimerait savoir …

_Docteur …

Et Nevrabriel rouvrit ses yeux bicolores, fixant de nouveaux les deux billes ambrées de son médecin.
Adèlys, il l’avait compris. Lucy, c’était une évidence. Mais lui … lui, qu’avait-il de plus que les autres ? Il n’avait pas la gentillesse inconditionnelle de Lucy, ni même le sourire angélique d’Adèlys. Il n’était pas beau, il n’était pas téméraire, il avait une maladie régénératrice. Il était faible. Et il était un garçon. Contrairement aux filles, sa voix avait mué, il continuait de grandir, ses épaules devenaient larges, son torse s’est dessiné au fil du temps, ses mains innocentes étaient devenues fermes et sa pilosité n’allait pas tarder à se manifester, il perdrait l’innocence et la pureté de ses quatorze ans. Donatien le garderait tout de même ?
Pourquoi l’avoir choisi, lui ?
Nevrabriel ne comprenait pas pourquoi Donatien l’avait pris comme patient, ni il y a 5 ans et demi ni aujourd’hui …

_… Pourquoi moi ?



Le plus gentil 2017/2018

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TU AS PERDU TA LANGUE ?

Pavot gigotait légèrement sous la pression de Donatien. Ce dernier, pourtant, ne comprenait pas qu'il était la cause de l'inconfort de son patient. Il l'écoutait gémir dans cette ambiance pesante, sans agir. Pavot remuait. Pavot faisait des sons. Pavot était vivant. A la lumière artificielle, Donatien le voyait se réanimer. Certes, c'était plutôt maigres comme mouvements, mais cela suffisait à le rassurer.

- Je ne peux pas docteur, je suis désolé … Aucun être n'est immortel.

Se moquait-il de lui ? Pavot était-il en train de lui rire au nez ? Bien sûr que Donatien savait qu'aucun n'être n'était immortel ! Un peu de bon sens voyons Pav ! Le prenait-il pour un idiot ?
Les doigts de Donatien sur la jambe de Pavot se resserrèrent. A croire qu'il voulait les enfoncer dans sa chair, le pénétrer, détruire quelque chose. Faire du mal à quelqu'un. Mais qui ? Qui voulait-il faire souffrir ?
Pavot réussit à se relever. Ses yeux disaient ce que sa bouche exprimait : désolé. Désolé.
Et pour la première fois, cela énerva Donatien que son patient s'excuse. Qu'il cesse de se victimiser et se reprenne en mains !
Pavot lui demanda quelque chose. Pourquoi lui. Pourquoi lui comme patient et pas quelqu'un d'autre. Donatien balaya l'air de la main, comme pour évacuer sa question.
En colère, les traits crispés, il grimpa sur le lit, relâchant la jambe de son patient. A califourchon sur lui, parce qu'il avait toujours été supérieur à lui, il l'emprisonnait sans le toucher. Ses bras et jambes de part et d'autre du corps du roux formaient une cage, et les yeux de Donatien dans ceux du patient étaient des chaînes. Lui et Pavot, liés à jamais désormais. Enchaînés ensemble.

- Je ne sais pas ce que tu es en train de faire, mais ça m'énerve. Tu salis ta réputation, et donc la mienne. Tu t'en rends compte ? J'ai été mis au courant : tu as mauvaise réputation auprès des gardes. Je ne les croyais pas jusqu'à ce que je vois les caméras de surveillance de moi-même. Tu es silencieux, tu es inerte, et tu te balades dans les couloirs de l'Institut comme bon te semble. A un tel point que beaucoup ont trouvé ton comportement suspect.

Donatien n'avait certainement jamais autant discouru de sa vie. Il avait tout dit sans respirer, balançant mot après mot comme s'ils avaient été des bombes. Oui, c'était ça, il l'avait bombardé de syllabes accusatrices. De phrases moralisatrices. Ça avait si rapide mais si clair qu'il eut besoin de reprendre son souffle.
Plus calme après avoir évacué tant de colère, Donatien reprit :

- Alors tu vas cesser de t'excuser car "pardon" n'est pas une réponse et tu vas me dire ce que tu fais. Pour moi, parce que je suis ton patron. Ton médecin. Je suis là pour te soigner. Dis-moi. Dis-moi pourquoi tu te détruis. Dis-moi pourquoi tu détruis ce que j'ai construit.

C'était vrai. Donatien sentait que son patient lui échappait. C'était bien qu'il s'excuse autant auparavant, car c'était dans des situations qui le demandaient. Et ce n'était pas en excès. Trop de bonnes choses tuent les dites-choses. Avec un comportement aussi destructeur, Nevrabriel s'assassinait. Il se conduisait à sa propre perte. Car Donatien ne voudrait jamais d'un déchet impur ... Tout comme il ne voudrait jamais se débarrasser de Pavot.





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_… Pourquoi moi ?

Donatien, fidèle à lui-même, sélectionna les questions auquel il voulait bien répondre. Il ne répondrait pas à la dernière, certainement jamais. Nevrabriel resterait sans réponse et il devait l’accepter puisse que c’était son médecin qui avait et aurait toujours le dernier mot.

Le silence régnait dans la pièce et Donatien se tourna vers le jeune homme pour grimper sur le lit. Nevrabriel rouvrit les yeux par le bruit des ressorts du matelas, regardant Donatien avancer vers lui à quatre pattes, fixant ses pupilles vident. Plus son médecin avançait vers lui, plus le jeune homme basculait en arrière, évitant un contact avec son visage jusqu’à se retrouver de nouveau allongé sur son lit. Donatien se retrouva au dessus de son visage, les mains encadrant sa tête, ses jambes enfermant son bassin jusqu’à ses genoux. Sa peau nu semblait presque se confondre avec le plafond tellement le médecin était pâle. Pâle et maigre. Ses clavicules ressortaient avec violence aussi bien que ses cotes squelettique. Son hâle était encore plus blanc que le lin de son pantalon de nuit.
Bien que l’écossais gardait une certaine pureté, il avait grandit, et il savait que cette position n’avait rien de normal. Elle était malaisante et effrayante. Oui, il grandissait, et comme tous les enfants, il partira un jour, pourquoi Donatien ne pouvait pas le comprendre ?

_ Je ne sais pas ce que tu es en train de faire, mais ça m'énerve. Tu salis ta réputation, et donc la mienne. Tu t'en rends compte ? J'ai été mis au courant : tu as mauvaise réputation auprès des gardes. Je ne les croyais pas jusqu'à ce que je vois les caméras de surveillance de moi-même. Tu es silencieux, tu es inerte, et tu te balades dans les couloirs de l'Institut comme bon te semble. A un tel point que beaucoup ont trouvé ton comportement suspect.

La paralysie du sommeil … Une silhouette qui vous regarde en appuyant sur vous, sans que vous ne puissiez vous défendre, comprenant votre cage thoracique. Vous ne pouvez ni crier, ni bouger. Elle suscite la peur. La peur d’un inconnu qui vous regarde avec insistance. La peur que des mains fassent cesser votre cœur. La peur de crier sans qu’aucun son de sorte de votre gorges. La peur de ne plus pouvoir bouger, forcé de regarder et de subir.
Si ceci avait un visage, cela serait certainement celui de Donatien Elpida.
Il était cette silhouette imposante qui regardait Nevrabriel. Imposante qui l’empêchait de bouger, de respirer convenablement, de hurler ce qu’il avait vraiment dans le cœur.
Nevrabriel le détestait autant qu’il l’aimait. Et malheureusement, son affection pour son médecin l’attristait un peu par les paroles de Donatien.
« Je ne les croyais pas. »
Finalement, il n’y avait peut-être pas seulement l’écossais qui avait une confiance aveugle en son médecin, peut-être que, lui aussi, avait une grande confiance en son patient ?
Alors pourquoi est-ce que Donatien l’enfermait ? Pourquoi est-ce qu’il l’enchainait à cette île, à cette salle de soin, à lui ? Pourquoi est-ce qu’il empêchait ses ailes de grandir pour pouvoir être libre et heureux ? Pourquoi est-ce qu’il le couvait de son ombre bien trop grande pour le petit feu qu’était Nevrabriel ?

_Alors tu vas cesser de t'excuser car "pardon" n'est pas une réponse et tu vas me dire ce que tu fais. Pour moi, parce que je suis ton patron. Ton médecin. Je suis là pour te soigner. Dis-moi. Dis-moi pourquoi tu te détruis. Dis-moi pourquoi tu détruis ce que j'ai construit.

Pour la première fois depuis longtemps, une émotion traversa le visage de l’écossais. Mais cette émotion n’était ni de la joie, ni de l’étonnement, c’était … de la tristesse.
Ses sourcils s’arquèrent vers le bas et ses lèvres se pincèrent légèrement.
Pourquoi fallait-il que ça soit Donatien qui lui tire sa première lueur de vie depuis si longtemps ? Il avait eut l’occasion de rire, de pleurer, avec plusieurs personnes. Mais ce fut la voix glaçante du médecin qui le tira vers la réalité qui était la sienne.

Nevrabriel  ne savait pas ce que pensait Donatien. Il avait l’impression qu’il s’inquiétait réellement pour lui, mais ses phrases étaient suivit par des réflexions sur sa propre personne, des contradictions.

Peut-être …

« Dis-moi pourquoi tu te détruis. »


Peut-être … que …

« Dis-moi pourquoi tu détruis ce que j'ai construit. »


Oui c’est ça …

« Parce que je suis ton patron. Ton médecin »


Donatien aimait Nevrabriel, mais il s’aimait d’avantages.

Alors, à quoi bon ? Donatien voulait la vérité ? Très bien.

_J’ai toujours espéré rentrer chez moi.

*Tu ne devrais pas.*

_Je voulais guérir et rentrer chez moi pour que ma sœur me pardonne.

*Tu es encore un enfant, ne joue pas les grands.*

_Je voulais rentrer chez moi pour vivre comme tout le monde.

Nevrabriel continuait de parler, fixant Donatien dans les yeux, sans broncher. Son visage triste avait prit une mine déterminé.
Non, il n’était plus un enfant. Il avait grandit. Il avait prit de l’assurance. Il n’avait plus peur de froisser Donatien. Il voulait la vérité, alors il aurait la vérité.

_Je voulais rentrer chez moi pour retrouver ma famille et mes amis.

La gorge de Nevrabriel était sèche, ses lèvres rêches, mais il continuait de parler. Aucune peur ne traversait ses iris bicolores. Aucun regret. Quoi que Donatien allait faire par la suite, du mal, du bien, Nevrabriel continuerait certainement de l’apprécier mais ne le regarderait plus jamais comme autrefois.

_Je voulais rentrer parce que depuis cinq ans, je vois les patients partir, tous, mais pas moi.

« Pourquoi est-ce que tu reste ? » Combien de fois avait-il entendu cette question ? En effet, pourquoi est-ce qu’il ne partait pas ? Pourquoi n’avait-il pas brisé ces chaines pour faire ce qu’il souhaitait ?

_Mais je ne veux plus rentrer parce que ma famille me déteste. Parce que celle qui m’a élevé est morte.

Navrabriel n’avait toujours pas cillé. Autrefois penser au fait que sa grand-mère était morte l’aurait fit fondre dans une grande tristesse silencieuse. Mais à l’heure actuelle il la voyait, pour lui, elle n’était pas vraiment parti tant qu’il pouvait la voir. Mais il savait qu’il ne pouvait pas vivre éternellement dans ses illusions. Alors …

_A quoi ça sert de vivre … quand il n’y a plus de raison de rester ? … J’ai perdu une personne que j’aimais. J’ai perdu mon frère. J’ai vu une fille mourir sous mes yeux. Ma grand-mère ne m’attend plus à la maison. Ma sœur me déteste. Mes amis quitteront l’Institut mais pas moi. Et mon médecin organise des exécutions publiques ….

Navrabriel n’avait pas mâché ses mots.
La vérité.
Donatien n’avait eut aucune émotion que la lassitude en quittant l’estrade à ce moment là. Il se fichait bien d’avoir causé la morte d’une enfant. Mais il n’avait pas compris que cela avait eut des répercutions atroce sur ses protégés. Il n’avait pas prit le temps d’observer les yeux perdus de ses patients. Avait-il prit le temps de regarder Adèlys et Lucy ? Avait-il prit le temps de demander aux gardes si les somnolences de Lucy avait augmenté dernièrement ?
Pourquoi le médecin ce n’était peut-être rien, mais c’était lui qui avait causé sa propre destruction.

_Je n’ai rien détruit. Mais tout s’écroule autour de moi, je me laisse seulement porter par le torrent. Comme je m’étais laissé porter par le Paradis que vous m’aviez construit.



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TU AS PERDU TA LANGUE ?

- J’ai toujours espéré rentrer chez moi.

Une aiguille qui lui perça le cœur.

- Je voulais guérir et rentrer chez moi pour que ma sœur me pardonne.

Une paire de ciseaux qui s'y plantât.

- Je voulais rentrer chez moi pour vivre comme tout le monde.

Un couteau s'y enfonçât.

- Je voulais rentrer chez moi pour retrouver ma famille et mes amis.

Un sabre le transperça.

- Je voulais rentrer parce que depuis cinq ans, je vois les patients partir, tous, mais pas moi.

Et l'organe se vida de son sang, jusqu'à finir maigre et noir. Plus rien n'y vivait. Plus rien ne l'animait. Il fut lacéré, déchiré, en miettes.
Donatien, au dessus de son patient, n'affichait aucune expression particulière. Juste du vide. Il entendait les mots de Pavot mais ne l'écoutait pas. Son bla bla était une bouillie de sons. Les syllabes étaient mâchées, incompréhensibles, sourdes.
Qu'est-ce que Pavot était en train de lui dire ? Il ne se plaisait pas à l'Institut ? Comment ça ? Une famille ? Vivre comme tout le monde ? Qu'est-ce que ça pouvait bien vouloir dire ? Donatien ne comprenait pas, ne comprenait pas.
Et Pav qui continuait de parler. Qui avait encore des paroles plein la tête, des paroles qu'il fallait dire.
Dans cette chambre, dans cette rencontre nocturne, les langues se déliaient. Donatien qui ne discourait jamais s'était longuement exprimé sur sa peur de perdre quelqu'un de cher. Nevrabriel qui se taisait depuis des semaines brisait le silence, brisait les secrets, brisait les relations.
Les exécutions publiques ... Non ce n'était pas ... Elle le méritait ... Il fallait éliminer ce qui nuisait à son Paradis Terrestre. Il avait fait ça pour le bien des autres. Certes Lys avait convulsé suite à cela, Pavot et Edelweiss n'avait pas été en bon état non plus. Ange avait perdu de ses couleurs et Agnès le boudait. Mais il avait fait ça pour leur bien. A tous. Pourquoi personne ne le comprenait ? Si cette vermine était restée, véritable tumeur, elle aurait gangrenée le reste des patients. Ils auraient tous été atteints par la maladie qu'on appelle la Révolution et aurait tué le corps qui les habitait : l'Institut Espoir. Il avait fallu aller au cœur de tout cela et l'éradiquer. De la simple prévention.

- Je n’ai rien détruit. Mais tout s’écroule autour de moi, je me laisse seulement porter par le torrent. Comme je m’étais laissé porter par le Paradis que vous m’aviez construit.

Donatien n'avait plus chaud. Il avait la chair de poule. On voyait sur son torse nu ses poils se hérisser et les petits grains de peau caractéristiques au frisson.
Il ne devait pas quitter sa position. Il devait toujours être au dessus de son patient. Le dominer.

- De quoi est-ce que tu parles ? Rien ne s'écroule, Pavot. Regarde autour de toi. Regarde ton médecin qui veut prendre soin de toi. Regarde les surveillants qui font attention à tes déplacements. Regarde Lys et Edelweiss qui ont toujours un œil sur toi. Regarde ces murs qui t'abritent. Regarde comme tu es choyé.

Si même Donatien pouvait voir ça, alors n'importe qui le pouvait.
Il avait des crampes. Il ne tenait plus cette position. Il n'avait pas la force nécessaire pour supporter son propre poids. Mais il ne fallait pas céder. Il fallait imposer sa pensée. Il fallait éviter à Pavot de trop se laisser porter par le torrent, sinon il finirait par se noyer.

- Sinon cette personne chère est morte, si ta sœur ne te pardonne pas ... Ce n'est pas pour rien. C'est un signe. Ta vie est ici, sur cette île.

Est-ce que Donatien croyait au Destin ? Peut-être pas. Mais les signes étaient évidents. Si cette personne était décédée récemment, cela expliquait le comportement de Pavot. C'est cette famille sur le continent qui lui fait du mal. La famille ... Quelle bêtise. Donatien n'avait jamais apprécié les repas avec son père et les coups de fil de sa mère. Tout ce qui comptait, c'était le présent. Hors, la famille, c'était du passé. C'était une naissance, un peu d'éducation et fini.
Pavot le comprendrait-il ?

- Tu dis que tous les patients partent, sauf toi. Tu le pourrais. Mais tu restes là. Parce que ta place est ici.





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_Je n’ai rien détruit. Mais tout s’écroule autour de moi, je me laisse seulement porter par le torrent. Comme je m’étais laissé porter par le Paradis que vous m’aviez construit.

Nevrabriel était triste, mais il ne savait pas vraiment pourquoi. La rage passée, la vérité révélée, ses pensées éclatées, il était triste à présent. Mais pourquoi ?
Le jeune homme ferma un instant les yeux, son air déterminé disparaissant progressivement pour un visage las et vide d’émotion.

Parce qu’il ne voulait pas faire de peine à Donatien …

Dans le fond, ne pas avoir peur de froisser quelqu’un mais ne pas vouloir lui faire de peine était incompatible. Il s’en rendait bien compte. Il n’avait pas de remord puisse que l’abcès était percé, il avait pu parler à son médecin autrefois, lui parler de ses troubles et ces joies. Pourquoi cela avait changé ? Parce qu’il avait grandit ? Parce qu’il avait mué ? Parce qu’il n’était plus l’adolescent de quatorze ans, perdu et encore fragile par la mort de son frère ?
Parce qu’il na jamais voulu et ne voudra jamais faire de la peine à Donatien, aussi horrible soit-il.

Il s’était bien rendu compte que son médecin le torturait psychologiquement, et même s’il n’était pas conscient, il avait senti sa peau s’ouvrir sur son dos, de toute petite plaie mais bien réelle. Donatien l’avait obligé à rester sur l’estrade, il avait obligé Agnès, Astrid, les patients à regarder son œuvres. Il était horrible. Il était infâme. Etait-il même humain ou était-ce le fils du diable ? Quoiqu’il en soit, cet homme était dans le cœur de Nevrabriel et il ne pouvait pas le chasser aussi aisément …

_De quoi est-ce que tu parles ? Rien ne s'écroule, Pavot. Regarde autour de toi. Regarde ton médecin qui veut prendre soin de toi. Regarde les surveillants qui font attention à tes déplacements. Regarde Lys et Edelweiss qui ont toujours un œil sur toi. Regarde ces murs qui t'abritent. Regarde comme tu es choyé.


Non …

C’était sa punition, certainement, pour avoir tué son frère et brisé sa famille. Sa punition serait d’être lié à son bourreau jusqu’à la fin …


C’était faux, tout était faux ! Il ment ! Il ment depuis des années !
Il ne prend pas soin de toi il te garde en vie !
Les surveillant ne font pas attentions à toi il te garde en cage !
Adèlyse et Lucy sont prisonnières elles aussi !
Ce n’est pas un abri c’est une prison ! Une prison Nev ! UNE PRISON !


Le jeune homme écoutait son médecin, les yeux plongés dans les siens. Est-ce que Donatien mentait réellement ou était persuadé de cette réalité ?
N’était-il pas lui aussi malade ? Malade et enfermé dans son utopie, dans « ce qu’il a construit » ? Que penser de tout cela ? Que faire ? Que dire ?

_ Sinon cette personne chère est morte, si ta sœur ne te pardonne pas ... Ce n'est pas pour rien. C'est un signe. Ta vie est ici, sur cette île.

Non … Ne dis pas ça … Ne le dis pas … Non …

_ Tu dis que tous les patients partent, sauf toi. Tu le pourrais. Mais tu restes là. Parce que ta place est ici.

Non … Non ! NON !

_Ce n’est pas ce que je voulais …


Nevrabriel détourna les yeux, regardant sa fenêtre où sa chambre se reflétait à l’intérieur. Il ne pouvait pas voir le ciel nocturne, c’était affreux. Il ne voyaait que le refelt de ses murs blancs et impersonnelle, son bureau si bein ranger contrairement à son sol jonché de feuilles remplis de note de musique. il fixait la vitre, inlassablement, espérant voir une étoile brillé malgré la lumière de sa chambre.
Trista, sa voix brisé d’éleva tout de même dans la pièce.

_Je voulais comprendre les étoiles. Pouvoir les regarder de jour comme de nuit.

Devenir astrophysicien …  Oui, c’était ce qu’il voulait. Un rêve qui ne se réalisera jamais. Il voulait écrire ses musiques par passion et observer les étoiles par vocation.
Mais qui s’en souciait, à par sa défunte grand-mère ?
Plus personne à présent.
Il ne faisait rien à l’Institut. Il tournait en rond, apprenait dans les livres qu’il avait le droit de lire, jouait énormément de musique mais il ne pourrait jamais réaliser ce rêve-ci.

Le regard perdu du jeune homme essayait toujours de voir à travers sa fenêtre, une lueur d’étoile ou un rayon de lune …

_Je voulais … avoir la lune … qu’elle … soit à moi …

Une petite lune, rien que pour lui, pour l’aimer de tout son cœur, mais ça non plus, il ne pouvait pas l’avoir …
Il ne pouvait rien avoir de ce qu’il souhaitait réellement, ce qui animait son cœur, son âme.

Nevrabriel se redressa un peu avant de passer ses bras sur le dos nu de Donatien. C’était certainement une scène étrange vu de l’extérieur, mais le jeune homme avait besoin de réconfort. Ses illusions étaient merveilleuses, elles le réconfortaient, l’encourageaient, lui faisaient oublier sa peine, mais le roux ne pouvait pas les toucher. Donatien lui, était froid, était dur, était un bourreau, mais il pouvait lui apporter cette échange chaleur humaine dont il semblait dépourvu.
Nevrabriel enfouie son visage dans le cou de son médecin, crispant ses longs doigts sur le dos maigre de Donatien.

_Je voulais seulement … la rendre fière de moi …



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TU AS PERDU TA LANGUE ?


- Ce n’est pas ce que je voulais…

Donatien poussa un soupir désespéré. Pavot parlait enfin, certes, mais ce n’était que pour geindre. Aucun des mots assemblés pour former une phrase n’avait de sens. Le patient parlait de nouveau mais sa parole était rouillée : ici, il n’avait pas précisé sa syntaxe. Qu’est-ce que Pav ne voulait pas ? Et bien sûr, il ne développa pas. Enfin si, mais ce n’était que charabia. Il disait vouloir comprendre les étoiles, les regarder de jour comme de nuit…
Donatien fronça les sourcils. Scientifique pur et dur, il ne put s’empêcher de le contredire, interrompant malgré lui la poésie démente de son patient adoré :

- Mais tu n’es pas aveugle.


Il avait la voix dure, à la limite de l’autorité.

- Tu vois les étoiles. Même le jour. Il te suffit de lever la tête et de regarder le soleil.


Donatien, au dessus de Nevrabriel, espérait peut-être inconsciemment que celui-ci lève les yeux vers son médecin…

- Je voulais … avoir la lune … qu’elle… soit à moi …


Tout le corps de Donatien se raidit. Son visage resta impassible car le médecin était incapable de remarquer que la remarque de Pavot lui hérissait le poil. Au fond de lui, Donatien se voulait être le soleil de Nevrabriel, l’étoile qui chasse ses ténèbres, l’étoile au centre de tout. Mais non, son patient voulait la lune. Ce n’était même pas une étoile. Quelle déception …
Et, comme si le roux avait senti le mécontentement de l’adulte, il vint se serrer contre lui pour le réconforter. Donatien ne sut réagir. C’était la première fois depuis bien longtemps qu’on l’étreignait … A quand remontait son dernier contact affectif ? Au lycée, non ? Le lendemain de l’obtention du Baccalauréat, avec la déléguée de sa classe. Il l’avait cru sage et innocente, elle lui avait prouvé en dix minutes dans sa chambre de gamine que les apparences étaient trompeuses. Mais elle l’avait pris dans ses bras à la fin…
Et dix ans plus tard, il vivait à nouveau cette étrange situation - l’ennui pendant un coït en moins - . Il en eut la chair de poule. La peau des mains de Pavot contre sa peau à lui. Toutes les tensions se relâchèrent et son esprit se vida. Soudainement il était vide, dépossédé. Tout allait bien et tout allait mal. On le touchait sans permission mais c’était Pavot … Son Pavot …
Là il y avait deux solutions : accepter que ce soit agréable et se laisser aller ou rompre tout pour se garder en sécurité.
Il fallut donc longtemps à Donatien pour lentement s’extirper des bras crispés du patient. Il réussit en reculant lentement. Puis, dans un silence religieux, il quitta le lit. Il resta cependant droit près du lit de son patient.

- Personne ne peut être fier de toi quand tu es dans cet état.

Il se surprit à dire ça ; visiblement, il avait écouté tout ce que son patient avait dit. De plus, même si le ton était catégorique, on y décelait une pointe de tendresse. Des envies diverses et contradictoires : il voulait disputer son patient et lui caresser la tête en même temps.

- Ce n’est pas en te dévalorisant, en te repliant sur toi, que quiconque sera fier. Moi, c’est quand je te vois progresser que je suis fier. Alors arrête ton petit numéro ridicule et reprends-toi. C’est un ordre. Sinon …

Il n’ajouta rien de plus. Il misa sur son autorité naturelle pour laisser l’imagination de son Pavot se réveiller. Si son patient restait ainsi, Donatien userait des grands moyens.





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_Je voulais seulement … la rendre fière de moi …

Donatien resta figé un instant avant de repousser son patient. Finalement, même s’il était réel, il était froid, absent. Nevrabriel s’était trompé. Donatien ne pouvait pas lui apporter une quelconque chaleur.
L’ainé se leva, laissant le roux retomber sur son lit, comme laissé tomber. Oui, simplement le laissé tomber.

_Personne ne peut être fier de toi quand tu es dans cet état.

C’était des paroles dures à entendre. L’écossais eut un léger sursaut. Il eut, pendant un instant, avoir cru entendre sa mère. Nevrabriel n’osa pas regarder Donatien qui s’était levé, ayant peur que se soit réellement sa mère à la place de cet homme.
Heather Erskine …
Elle n’était pas une mauvaise mère … en fait si, soyons franc, elle était une mauvaise mère ! Le genre de personne qui n’a donné aucune chaleur à ses enfants, qui a donné leur éducation à sa mère et son mari. Pourquoi faire des enfants si c’était pour ne jamais les voir ? Pour ne jamais leur sourire ? Pour ne jamais les regarder grandir ? Elle ne lui parlait que pour le gronder, lui dire de se redresser, d’être plus fort, plus mature, plus intelligent, un guerrier, l’enfant parfait, le fils parfait. Mais il n’était pas comme ça. Il n’était pas parfait et ne le serait jamais, ni aux yeux de sa mère, ni aux yeux de Donatien …

_Ce n’est pas en te dévalorisant, en te repliant sur toi, que quiconque sera fier. Moi, c’est quand je te vois progresser que je suis fier. Alors arrête ton petit numéro ridicule et reprends-toi. C’est un ordre. Sinon …

*Fier ? Fier de lui plutôt !*

Nevrabriel sentit son cœur se serrer assez douloureusement et resta immobile pour ne pas regarder son illusion qui lui parlait. Il s’était confié à son médecin. Evidemment, il ne s’attendait pas à des éloges ou bien de grands discours réconfortant, mais il aurait espérait un peu plus de chaleur. Mais Donatien ne comprenait pas. Même les fleurs les plus coriaces ont besoin d’être aimé pour s’épanouir, alors, celles qui sont malades en ont besoin deux fois plus …

*Tu as encore foi en lui, alors que tu sais que c’est un monstre ?*


Nevrabriel leva doucement les yeux vers son médecin, droit près de son lit. La lampe de plafond lui brulait la rétine, rendant ses yeux légèrement rouges. Il clignota plusieurs fois des paupières afin de rester dans cette position.

*Alors tu vas m’écouter cette fois et lui mentir ? Il n’est pas ici pour t’aider, il veut juste que son petit monde redevienne comme avant.*

Nevrabriel écoutait son illusion mais trouvait tout de même des excuses à son médecin au fond de lui. Il espérait que Donatien ne se soit pas déplacé dans la nuit simplement pour réparer son utopie, mais bien que quelque part il aimerait sortir Nevrabriel de sa torpeur, aussi maladroitement qu’était ses gestes.
Le jeune homme eut un soupire avant de répondre à son médecin :

_D’accord … Monsieur Elpida.

Nevrabriel détourna le regard sur un coté sombre du plafond pour soulager ses yeux, porta une main à son uniforme et caressa lentement son matricule cousus sur le lin.
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Il n’était qu’un numéro. Il n’avait pas à s’opposer contre l’autorité qu’on lui obligeait.
Ou une plante pour son médecin. Une jolie plante qui embellissait son jardin, que le jardinier maintenait en vie, mais une plante enfermée dans une serre, incapable de disperser ses graines pour fleurir ailleurs. Il était un spécimen qui devait rester unique et enfermé.

_Je vais … progresser.

Sa compagne invisible eut un petit sourire. Le mensonge était une forme de rébellion, même si Nevrabriel ne faisait que mentir à moitié.
Progresser, très bien. Il progresserait en s’enfonçant plus loin dans les abysses de sa maladie. Il ira tellement loin que plus rien ni personne ne pourras venir le chercher.

Nevrabriel cessa de caresser son matricule en écarquillant légèrement les yeux. Un sourire angélique lui revint en mémoire.
Vraiment rien ni personne ne pourrait le sortir de sa « progression » ?
Se perdant lui-même dans ses intentions, le jeune homme se tourna sur le coté et se mit à fixer sa main pâle de naissance.

_Mais si je guéris … que va-t-il se passé ?



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