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22/09/2018
Modification des pourcentages révolutionnaires (cf. PA et heure supp')
16/09/2018 Ajout du bouton Discord qui avait disparu ;-;
02/09/2018 Nouvelle esthétique ! Informations ici !

Je t'attendais sans le savoir ... [pv : Sheila]

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Nevrabriel était assis au pied de son lit, les fesses sur le sol, regardant son petit frère jouer avec des petites figurines. Il lui racontait une histoire que Nevrabriel lui avait lui-même raconté autrefois. Le petit garçon avait un sourire magnifique sur son visage enfantin. Il riait d’un timbre cristallin, ses yeux saphirs luisaient d’un éclat tendre alors que son haut carrelé d’un tartan semblait être un peu trop grand pour lui. Il était encore plus frêle que son ainé à son âge et ses vêtements lui étaient grands. Alistair racontait mal les histoires, normal, c’était un enfant, mais Nevrabriel ne disait rien, il se contentait de le regarder, un tendre sourire sur les lèvres alors que ses yeux étaient vides de toute présente. Il était ailleurs, dans son monde, un monde merveilleux où les personnes chères étaient avec lui. Parfois, Merywen passait dans son champ de vision, lui adressait des sourires et des paroles et s’en aller, comme si elle allait rejoindre ses amis, quelque part en Ecosses.
Et il se sentait apaisé ainsi.

Soudain, un bruit familier alla cogner contre sa porte. Une personne voulait rentrer. Nevrabriel avait fermé sa chambre avec une chaise sur la poignée et faisait le mort. Cependant, il se mit à fixer la poignée de la porte bouger au dessus du dossier de la chaise. Et il hésita. La voix derrière lui était familier et amical, une personne qui ne lui voulait que du bien, une personne qui s’inquiétait de son état. Il entendait son nom plusieurs fois, reconnaissait cette voix qu’il appréciait. Son corps s’éleva doucement du sol mais une voix l’arrêta immédiatement.

*Nev, mon chéri, ne laisse pas cette personne entrer. Tu es bien mieux avec nous.*


Nevrabriel resta un moment figé avant de tourner doucement la tête. Sa grand-mère le fixait avec des yeux qui semblaient lui faire une demande importante. Elle avait le même regard que lorsqu’il était partit à l’Institut à quatorze ans. Le regard de détresse qui aurait aimé le retenir. Ce jour là, il était quand même partit. Il était parti loin d’elle, loin de son foyer. Pour quoi au final ?
Il ne ferait pas la même erreur.
Nevrabriel regarda la poignée, longuement, avant de se tourner vers ses illusions. Elle avait raison. Il était mieux avec eux. Sa grand-mère, sa sœur, son frère et Anna.

Le jeune homme voulait rester avec son petit frère, continuer de le regarder jouer avec ses figurines, continuer de voir son sourire et entendre l’écho de sa voix traverser ses oreilles. Et si quelqu’un entrait, il ne le pourrait plus.
La porte remua pendant un moment. Nevrabriel savait que ce n’était pas un surveillant ou un médecin, surtout quand la voix s’éleva à travers la porte.
Il n’ouvrirait à personne.

*Même pas à elle ?*

Anna était assise sur son bureau, les jambes croisées pendants vers le sol, le haut de son uniforme éternellement trop grand pour elle tombait sur l’une de ses épaules innocence malgré son age. La belle brune désigna de son menton le carnet qu’Astrid lui avait offert à coté d’elle. Nevrabriel  fixa un instant l’objet en question, puis, doucement, il tendit le bras pour le prendre. Un carnet que la londonienne lui avait offert pour son anniversaire. Souvent, le patient relisait ce qu’elle avait inscrit à la dernière page, de son écriture délicate et soignée.

N'est point morte la douleur s'encombrant dans l'oubli
Exécrant la moindre âme voulant la découvrir
Vacillant entre cordes et doigts endoloris
Retourner vers cette peine ne serait que martyr
Alors que les notes, elles, expriment bien les non-dits
Berçant mélodieusement nos plus beaux souvenirs
Racontant notre histoire à nos précieux amis
Illogiques mais fidèles, elles frappent sans ligne de mire
Excluant les ténèbres et laissant seuls réunis
La joie d'un rouquin de son, et d'une lune de cire

Un fin sourire se dessina sur le visage creusé de l’écossais alors que ses doigts caressaient l’encre qu’avait gravé Astrid pour lui. Le jeune homme chérissait chaque lettre, chaque virgule de ce poème, le renvoyant à cette après midi près du lac où son cœur avait commencé à battre pour ses yeux.
Anna avait raison. Il ne voulait voir personne, mais aurait toujours de la place pour Astrid, toujours une porte ouverte, toujours …

La personne derrière la porte se rendit à l’évidence et cessa de vouloir entrer. De nouveau seul, Nevrabriel, quand à lui, avait reporté son attention sur son petit frère, son précieux carnet dans la main, oubliant presque qu’il n’était pas en Ecosse.

La journée passa ainsi. Le jeune homme avait retiré sa chaise à l’heure du diné, pour éviter que les surveillants de défonce sa porte et pour se faire trainer dans les sanitaires après avoir rendu un plateau aussi remplis qu’à son arrivé. Seul le verre d’eau fut à moitié vidé.
Sur le chemin pour une douche quotidienne, Nevrabriel se mit à parler tout seul, laissant les silhouettes des surveillants s’effacer pour laisser place à celles de ses amis écossais. Ce n’était pas la première fois que Nevrabriel était totalement plongé dans ses illusions mais les surveillants ne pouvaient rien faire d’autres que le tirer de là en posant leurs mains sur ses épaules. Il s’était évanouit une fois et transporté auprès de son médecin, mais Donatien ne pouvait rien pour lui. Il devenait fou, c’était une évidence.

Et la nuit tomba.

La nuit semblait plus respirable que le jour. Elle était paisible, silencieuse. Personne n’essayait de venir pénétrer dans sa sphère privée. Nevrabriel pouvait admirer les étoiles et la lune. Il pouvait être pleinement malade. Pas de médecins, pas de surveillants, pas de personnes réelles. Juste lui et ceux qu’ils désiraient ardemment avoir près de son être.

Merywen et Alistair jouaient sur son lit alors que le jeune homme était en train de mettre au propre une symphonie qu’il avait écrit il y avait quelques temps. Maintenant que Nevrabriel ne passait plus son temps dehors, il avait largement le temps de mettre ses mélodies aux propres pour soigneusement les ranger.
Ce fut sans compter sur ses cadets qui se mirent à sautiller à cotés de son bureau, demandant à jouer dehors avec lui. Nevrabriel était fatigué et voulait terminer son ouvrage, mais l’insistance des enfants étaient bien trop grande et il céda rapidement.
Connaissant à présent la ronde des gardes, il lui était aisé de se faufiler à travers les couloirs. Le jeune homme esquiva avec un silence religieux toute présence humaine jusqu’à l’extérieur. De là, Nevrabriel se rendit facilement vers les cotés, la partie où l’océan était accessible. Il alla s’asseoir sur un des rochers qui bordait le lit marin et regarda ses cadets jouer dans l’eau.
Ils faisaient souvent ça en Ecosses. Même si l’été était frais, Nevrabriel, sa sœur, et leurs amis se rendaient dans le loch le plus proche pour des baignades jusqu’à la tombée de la nuit. Alistair ne venait pas, ou il restait sur le bord à cause de sa santé fragile. Ici, dans la tête du roux, il n’était pas faible, il était plus vivant que jamais, il était le plus heureux des petits garçons et avait une belle vie qui l’attendait.

Les cadets Erskine semblaient heureux entre les petites vagues. Nevrabriel eut un sourire léger, une jambe pendant vers l’eau alors que l’autre était recroquevillé vers lui, les mains autour de cette jambe et le menton sur son genou. Il ferma doucement les yeux, fatigué, laissant la brise caresser ses cheveux et rafraichir son corps déjà bien froid.
Alors que tout allait pour le mieux, la voix de sa sœur retendit jusqu’à lui.

*Nev ! Nev ! J’ai perdu mon collier !*


Le jeune homme ouvrit les yeux avec difficulté et se tourna vers sa cadette qui lui montrait un point dans l’eau, le visage paniqué.

*Nev ! Ste plait, aide moi à le chercher !*

L’ainé regarda le point que désignait Merywen. C’était loin. Comment avait-elle fait pour le perdre là-bas ? La petite semblait presque apeurée, ses expressions étaient très limpides sur son visage arrondis. Nevrabriel quitta son rocher, laissant ses pieds chaussés atteindre l’eau.
Elle était gelée.
Le contact avec l’océan le réveilla subitement et violemment, mais pas assez pour faire partir ses illusions. Le fait d’être revenu à la réalité pendant une seconde et de manière brutale lui donna une violente migraine alors qu’il entendait sa sœur lui demandait de l’aide.
Nevrabriel se plia légèrement en tenant son front d’une main, il serra les dents en s’avançant dans l’eau, exprimant à ses cadets :

_Restez là vous deux, je vais le chercher.

Nevrabriel titubait dans l’eau, mais il ne voulait pas qu’il arrive quoique se soit à sa sœur qui était si têtue qu’elle pourrait le chercher dans une tempête si elle le voulait.
L’eau s’imprégnait dans les vêtements du jeune homme au fur et à mesure qu’il avançait dans vers l’horizon. Les sifflements dans ses oreilles étaient de moins en moins intenses et un filet rougeâtre quitta sa narine sans qu’il ne s’en rende compte. Un gout de fer atteignit sa bouche mais l’écossais continua à avancer jusqu’à ne plus avoir pied. De là, il laissa le poids de ses vetements l’entrainer vers le fond de l’eau, oubliant presque pourquoi il était là …

L’eau … était froide … elle s’imprégnait dans les tissus de ses vêtements, les engloutissant, les rendant lourds. Son corps était à l’horizontal de la surface, le visage tourné vers l’extérieur, les yeux ouvert, il regardait le reflet de la lune à travers les ondes aquatiques.
Son corps s’éloignait de plus en plus de la rive, entrainé par les vagues, mais Nevrabriel ne ressentait aucune pression marine. Il n’entendait rien. Tout était silencieux. Il n’y avait ni le réelle, ni les illusions. Il y avait simplement les bulles qu’il émettait et le reflet de la lune au dessus de lui.

La lune … et sa robe de nuit … semblait s’éloigner toujours plus …

Une autre volée de bulles quitta sa bouche pour remonter à la surface et une pression se fit sentir dans ses poumons. L’air … il n’en avait presque plus …

La voix d’Anna l’appelait dans un étrange écho : *Nev ?* mais il n’arrivait pas à distinguer d’où elle pouvait provenir. Du fond de la mer ? De la surface ? De sa tête ?

Nevrabriel expira doucement, libérant doucement ses poumons pour pouvoir continuer à rester sous cette eau froide mais avenante, comme attirer par le chant d’une sirène maléfique. Il devait retrouver quelque chose. Il ne savait pas quoi, mais il devait le retrouver.
De nouveau, la voix douce et bienveillante d’Anna émana en un écho songeur dans son esprit :

*Nev, qu’est-ce que tu fais dans l’eau ?*

A cet instant, le jeune homme ouvrit les yeux en grand, comme réveillé d’un cauchemar et se mit à remonter à la surface, tant bien que mal avec ses vêtements qui limitaient ses mouvements et l’attirait vers le fond de l’océan. Son oxygène commençait à manquer cruellement mais il continuait à remonter comme il le pouvait. Son esprit commençait à vaciller alors qu’il buvait la tasse, remplissant ses poumons d’une eau salé indésirable.

*Nev … Revient.*

Cette eau sombre qui paraissait accueillante lui semblait être le piège du démon. L’attirant pour mieux le tuer. Elle se paraissait plus enchantée, elle était froide, elle était infernale, agrippant ses vêtements tels des doigts crochus, le tirant d’avantage vers le bas sans qu’il n’arrive à s’en défaire.

*Remonte.*

*Remonte.*

Soudain, Nevrabriel sentit une main l’agripper. Une petite main le tirer vers la surface. Une main remplie de bienveillance et d’audace.

Anna ?



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Je t'attendais sans le savoir...

Une nouvelle journée est passée dans cet institut. Plutôt calme par rapport à certains jours, j'ai pu me concentrer sur des activités qui me plaisaient comme la danse ou le parcours. Enfin, le parcours est un bien grand mot... Vu qu'il n'y a presque que l'établissement qui a des bâtiments sur cette île et j'aimerai autant ne pas attirer l'attention tout de suite. J'ai bien l'impression qu'ils sont beaucoup plus à cheval sur la discipline que mon lycée. Donc on va plutôt dire que je me suis adonnée à de l'escalade. Grimper aux arbres c'est cool! Mais ça peut être dangereux... Je me souviens de ma rencontre avec Numa, ça m'a vacciné de mon impulsivité disons. En effet, je fais toujours le tour du tronc pour m'assurer qu'il n'y a aucun bouts de verres au sol, ça serait bête de me retrouver encore une fois dans une situation aussi délicate. Je supporte une chute sans trop de problèmes mais avoir le bras et une partie du dos perforés un peu moins. Non en fait, je ne veux carrément plus me retrouver dans cette position! Enfin, maintenant que j'y pense ça m'a permit de rencontrer Mademoiselle Iélanov et, même si c'était pas facile au début, je suis plutôt contente de ça. Un mal pour un bien tout compte fait. Un petit sourire naît sur mes lèvres alors que je repense à cette si charmante infirmière et à mon amie. J'aimerai bien les revoir... Si mademoiselle Dessanges avait réellement été mademoiselle Iélanov, j'aurai squatté le bureau tout le temps! Quoi que... En fait c'est le cas même sans la présence de l'infirmière parce que cette secrétaire est vraiment trop adorable! Elles se ressemblent beaucoup maintenant que j'y pense... Ça me perturbe toujours autant.

En rangeant mes affaires, je regarde une dernière fois la ligne de l'horizon comme pour m'imprégner de ce bleu si agréable en bouche. Un goût ressemblant à de la menthe glacée. Je comprends vraiment pourquoi Kinou aime autant cet endroit, il est charmant en plus d'être une parfaite piste de danse improvisée. Glissant la lanière de mon sac sur mon épaule, je décroche mon regard du paysage pour retourner à l'institut. La nuit n'est pas encore tombée, je n'ai même pas pu assister au coucher du soleil mais j'ai deux trois choses à faire avant d'aller respecter le couvre feu.

***

Il fait nuit noir... Mais j'aime bien regarder au travers la vitre de ma fenêtre. La pleine lune éclaire d'une lueur bleutée, reflétant ses rayons contre le sol de ma chambre, l'emplissant d'une ambiance douce et froide, presque irréelle. C'est vraiment beau. Hypnotisant. Doucement, j'effleurai le poignet sur lequel était accroché la gourmette argentée d'Edan comme pour le faire participer à cette vision mais... Elle est où? Je regarde vivement mon poignet, repassant ma main dessus. Elle est où?!

Je me lève d'un bon, fonce à mon sac pour fouiller dedans. Quand je danse j'ai parfois le réflexe de retirer le bijou pour ne pas l’abîmer et j'ai souvenir de l'avoir fait aujourd'hui. Si je ne l'ai pas au poignet, il est forcément dans l'une des poches. Je trouve pas... Je trouve pas! Je renverse le contenu par terre pour avoir un meilleur angle de vu, vide entièrement les poches mais rien. Oh non... Mais quelle idiote je suis! Je n'arrive pas à croire que j'ai refait la même erreur! Cette impression de déjà vu me renvoie à ma deuxième année de lycée lorsque la gourmette avait glissé de mon sac une fois ma chorégraphie achevée. J'avais rappliqué au bassin à carpes direct quand je m'en suis rendue compte. D'ailleurs j'y ai rencontré Ellyn dans un quiproquo parfaitement ridicule! Ah... Et dire qu'elle ne m'a pas aimé à cause de ça... Heureusement que les choses se sont améliorées plus tard.

Enfin bref, vous l'aurez compris, il est hors de question que je laisse les choses en l'état, je dois aller récupérer ma gourmette! Je glisse le nez dehors avec précaution. Je sais que y a des rondes de surveillants mais je n'ai aucune idée de leur fonctionnement... Si je le tente par là j'ai pas le droit à l'erreur... Sinon, je peux toujours passer par la fenêtre? Je tourne la tête vers cette dernière, réfléchissant un instant.

Bon. Fenêtre!

Je referme ma porte discrétos pour rejoindre la vitre et l'ouvrir. Je ne suis pas vraiment au rez-de-chaussé, disons plutôt au premier étage. Mais j'ai la chance d'avoir la gouttière pas loin et les appuis son pas dégueux. J'ai vu pire! Bon avant tout chose, je me change quand même parce que le pyjama alors que je suis frileuse, non merci. Une fois fait, je me penche légèrement au dessus du vide, étudiant un peu mieux mon environnement avant de glisser dans le cadre de la fenêtre et de poser un pied sur une première prise. Il faut juste que j'atteigne la gouttière qui se trouve sur ma droite et ça sera une balade de santé!


Mes pieds touchent terre tandis que je frotte mes mains entre elles pour en faire partir la poussière. Bon, finalement l'obscurité ne m'a pas beaucoup aidé mais je m'en suis sortie sans problèmes, c'est le principale! Direction: les côtes!
D'un pas décidé et d'un œil vigilent, je m'approche des grilles pour sortir. Une fois que je suis sûre qu'il n'y ait plus aucun gardes possibles dans les environs, je me mets à courir vers ma destination sans me retourner.

Je tâte le sol, fouille entre les herbes et m'aide de la lumière si gentiment offerte par la lune pour espérer retrouver mon bien le plus précieux. Et puis un reflet d'argent frappe mon œil. Il est là! Je mets la main dessus aussi rapidement qu'énergiquement, comme si quelqu'un aurait pu me le dérober. Puis je soupire de soulagement et m'assoie, resserrant mes doigts sur le bijou. Là, je me sens mieux...

Je regarde un instant autour de moi. Maintenant que je suis ici, autant en profiter pour observer l'aura mystérieuse de la nuit mariée à la lune. Tiens? Je crois entendre quelque chose en contre bas ce qui attire mon regard et stoppe net ma contemplation. Je ne suis pas tout à fait sûre mais j'ai l'impression de voir une longue silhouette faire face à la mer, silencieuse sur le sable.  Si ma synesthésie ne me disait pas le contraire, j'aurai cru avoir rêvé cependant, une petite aura rose pâle enveloppait cette personne. Rose pâle mais terriblement obstruée par du gris foncé. Les regrets... Oh merde, il s'avance dans l'eau! Il va quand même pas faire une bêtise?! Je saute sur mes pieds et prends le petit sentier qui mène vers la plage à vitesse grand V pour essayer de le choper avant qu'il ne mène son inconscience à bout.

Une fois sur la plage je m'approche de l'eau, glissant mes mains dans mes cheveux pour mieux presser mon crâne. Ce grand idiot! Où est-ce qu'il est?! Je ne vois rien ni personne, je n'entends même pas de bruit mis à part celui des vagues. Il est déjà dans l'eau?! Sous l'eau?! Je m'approche à la limite de l'écume, laissant mes yeux se balader nerveusement sur l'étendu glacée face à moi. C'est pas vrai! Pas le temps de te poser de question Sheila!
Je crois bien qu'il était parti par là, si je continue tout droit je vais bien finir par tomber dessus... En un éclair, je retire mes chaussures et mon haut -je garde mon soutif, faut pas abuser non plus, je suis pas pudique mais quand même- pour m'enfoncer dans l'océan. Là je crois bien avoir lâché un juron ou une insulte tellement elle était froide. Mais sérieux! C'est pas possible un peu de chaleur?! On est censé être en été, merde!

J'essaye de faire abstraction et continue d'avancer. Le contact de l'eau avec mon ventre est juste horrible, j'ai l'impression de me prendre un coup à l'estomac à cause de la température. Aller, courage Sheila, c'est pour le bien de quelqu'un.. Je crois voir une forme s'agiter au loin et aperçoit cette couleur rose. C'est lui! ... Ou elle, j'en sais rien au final. Mais heureusement que j'ai sa couleur sinon je ne le trouverai jamais dans cette obscurité. Sans réfléchir, je plonge et me retrouve la tête sous l'eau, poussant sur mes bras et mes jambes pour nager plus vite. C'est qu'il est allé loin en plus! Quand je sors la tête pour récupérer mon souffle, je constate que je n'ai déjà plus pieds et que les vagues ont maintenant pour effet de m'éloigner des côtes avec une efficacité déconcertante. Ça va être un problème pour le retour ça...

Je pique un crawl. J'y suis presque. Sa couleur m'offre un repère pour ne pas m'éloigner. Et puis le voilà qu'il coule une nouvelle fois. Je rêve?! Aller plus vite Sheila! Sinon il va mourir! L'adrénaline doit m'aider dans ma nage parce que je rejoins en un éclaire l'endroit où je l'ai vu pour la dernière fois avant qu'il ne soit emporté par les profondeurs. En baissant les yeux, je parviens à distinguer la lueur de son aura coloré à travers l'eau. Mais elle me semble vraiment loin.. De nouveau, je plonge et me mets à nager vers le fond, me forçant à garder les yeux ouverts pour ne pas le perdre.  

Je tends ma main et agrippe son poignet pour le ramener vers moi tandis que mes doigts de libres glissent sur sa joue jusqu'à atteindre l'arrière de son crâne. Il est sous l'eau depuis bien trop longtemps. Bien trop profondément. Le temps qu'on remonte, je pourrai le perdre. Le réflexe parle avant ma réflexion. Je tends mon visage vers le sien avant de poser mes lèvres contre les siennes pour lui offrir de l'air. Je n'en ai plus beaucoup, je ne sais pas si j'arriverai à garder les idées claires très longtemps d'autant plus que mon oxygène se raréfie à mesure que je bouge. J'espère que je vais le sauver. J'espère que je vais nous sauver.

Il faut que je remonte avant que je ne me sente mal. Je glisse mes bras autour de lui avant de donner des impulsions avec mes jambes pour filer vers la surface. Aller plus vite! Plus vite.. A m'agiter comme ça en ayant céder mon air je commence à avoir la tête qui tourne... Aller.. Aller.. Reprends-toi Sheila, si tu ne parviens pas à le sauver et que tu coules avec lui ça n'aura servi à rien!

Enfin, j’atteins la surface et reprends une gigantesque bouffée d'oxygène. Purée, j'ai eu un moment de trouille, je l'avoue...
Je m'assure que le garçon a pu récupérer de l'air aussi avant de passer derrière lui et de l'enlacer fermement. Heureusement qu'on a eu des cours de secourisme et qu'Eireen m'a aidé à le perfectionner au lycée sinon je ne sais pas comment je me serais débrouillée. Je tourne le regard vers le sable, essayant de me repérer dans cette obscurité mais y parvient assez efficacement grâce à le lumière de la lune. Aller, on s'en va de là!

Je commence à faire marche arrière en direction de la côte, m'assurant régulièrement qu'il a la tête bien hors de l'eau tout en mobilisant le moindre de mes muscles pour me donner plus de force. Les vagues freinent mon avancée, le poids des vêtements mouillés du garçon me mettent à rude épreuve et je ne parle même pas de sa taille... Parce qu'il est vachement grand et moi toute petite. Parce que j'ai l'impression qu'il se laisse porter et moi qui fait tout. Bon, je peux comprendre qu'il soit sonné par le manque d'oxygène et qu'il soit tout faible mais... Un coup de main? Peut-être?

Bref.

Après ma lutte acharnée, je retrouve enfin le sable. Dès que je le sens contre mon dos, je me relève en aidant mon protéger du soir. Maintenant qu'on est sur pied, il ne reste qu'à marcher jusqu'à ce qu'on soit totalement hors de l'eau. Mais il n'a pas l'air dans une forme olympique alors je l'épaule du mieux que je peux, frissonnant au moindre contacte de vent sur ma peau trempée.

Et puis, une fois en sécurité, je me laisse m’effondrer sur le sable, reprenant goulûment ma respiration après tout les efforts que j'ai fournis, toussotant un peu à cause des quelques fois où j'ai bu la tasse.

- Ç-Ça va..? lançai-je à l'égard du garçon.

J'avoue que, malgré mon inquiétude, je n'arrive pas à le regarder. Je suis beaucoup trop occupée à me recroqueviller pour lutter contre le vent. Beaucoup trop occupée à presser mes mains contre mes yeux qui me piquent depuis que je les ai laissé ouvert dans l'eau salée.

J'ai mal partout. Je brûle de froid.

Codage par Libella sur Graphiorum




Sheila fait la papote à n'importe qui en #8B008B
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La main qui agrippa la sienne le tira comme elle le pouvait vers l’extérieur mais le jeune homme sombrait de plus en plus. Ses jambes s’arrêtèrent de battre et sa main libre de brasser l’eau. Les yeux bicolores de Nevrabriel regardèrent cette silhouette à la lueur de la lune à travers les ondulations des vagues. Eau qui lui brulait les yeux. Eau qui lui brulait la peau. Eau qui brulait ses poumons.

La sensation de sentir ses organes se remplir d’un corps étranger était douloureux. Tout son corps lui envoyait des signes, des alertes pour qu’il se sauve, mais le jeune homme, malgré son instinct de survie réveillé, n’avait plus la volonté de lutter.
Les paupières de l’écossais se fermèrent alors que sa conscience quittait doucement son corps. Ce n’était rien, c’était comme dormir … Dormir et rêver … Rêver pour toujours …

Puis soudain, il sentit quelque chose longer son visage pour atteindre le dessus de sa nuque. Une main. Une petite main. Plus petite que ceux de Lucy. Avec des fins doigts qui ne pouvaient appartenir qu’à une file. Puis … une sensation sur ses lèvres … de l’air …

Nevrabriel ouvrit doucement les yeux et distingua un visage collé au sien, des lèvres collées aux siennes. Mais il ne connaissait pas ces lèvres. Il n’en avait connu qu’une et était certain que ses souvenirs de ces baisers ne ressemblaient à rien à ceux-là.
Ce n’était pas Anna.

Anna était morte.

Et il allait mourir s’il ne faisait rien.

Cette personne qui lui offre de l’air allait mourir s’il ne faisait rien !

* Nevrabriel Erskine, réveille toi !*

La voix d’Anna raisonna dans sa tête comme si elle lui hurlait près de son oreille. Le jeune homme reprit conscience et battit des pieds alors que sa sauveuse l’avait prit comme elle le pouvait pour les faire remonter à la surface. Et elle réussit.

Libre, Nevrabriel recracha toute l’eau qu’il avait pu avaler, se forçant à tousser pour évacuer ses poumons meurtris. Il continua à battre faiblement des jambes mais avait du mal à faire autre chose, comme si l’océan avait prit son énergie. L’écossais sentit des bras l’entourer par derrière et le trainer à la surface. Il se laissa faire, complètement affaiblis et impuissant jusqu’à la rive. Ses forces le quittèrent facilement et il se laissait sombrer de tant à autres mais la demoiselle s’assurait à chaque moment qu’il avait la tête hors de l’eau, le réveillant de ses ténèbres.

Une fois qu’ils eurent pieds, la jeune fille aida Nevrabriel à se relever. Le roux mit toutes ses forces à se redresser et marcher malgré le tremblement de ses jambes et le poids de ses vêtements. Il flanchait à chaque instant mais sa sauveuse le redressait avec fermeté. Et finalement, le sable sec.

L’inconnue se laissa tomber et Nevrabriel en fit de même, à bout de souffle, ne remarquant aucunement son accoutrement, la moitié du visage collé au sable. Le jeune homme se mit à tousser de nouveau, reprenant de l’air et évacuant l’eau. Son cœur fatigué battait à rompre à cause de l’effort fournis mais commençait déjà à se calmer.

_ Ç-Ça va..?

Nevrabriel avait parfaitement entendu la voix féminine de la personne qui l’avait sorti de là. Et c’était une sensation étrange. Il n’entendait plus de voix sourdes ou de sifflements incessants, comme si on venait de lui retirer une otite.
C’était … presque effrayant …

Le jeune homme se tourna sur le coté, montrant son dos à la demoiselle, sa main se mit à caresser le sable et il regarda ses doigts amaigris s’enfoncer entre les minuscule cailloux qui formaient la plage. Obnubilé par ces milliers de grains.
Tout était si silencieux … où était ses illusions ? Pourquoi est-ce qu’il n’entendait plus rien ?
Il avait froid.

Qu’est-ce qu’il faisait ? …

_Désolé …

Ce silence … même le bruit de l’océan semblait si silencieux à coté de tout ce qu’il entendait lorsque sa maladie était active. C’était comme être sourd, ou être mort. Mais le bruit de l’eau ressemblait à la musique de l’enfer. Elle n’avait pas de sens sans les voix des personnes qu’il chérissait. Le sable n’avait pas de textures sans ces visages et la nuit n’avait aucune beauté sans leur présence.

Et lui, était encore là … à attendre … enfermé sur une île … attendre que se soit son heure … attendre de mourir … ou attendre d’être sauvé …

Sans se retourner, Nevrabriel exprima d’une voix claire et neutre, comme s’il n’était pas vraiment là :

_Tu aurais pu te noyer à cause de moi …



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Je t'attendais sans le savoir...

Le vent s'agrippe sur ma peau, ravivant le glacé de l'eau. Je déteste vraiment cette sensation... J'ai l'impression qu'un simple petit souffle me paralyse toute entière dans une étreinte insupportable. Comme si des flocons de neige étaient tombés sur ma peau et cristallisaient instantanément pour obstruer mes mouvements. Est-ce normal d'espérer sentir un rayon de soleil percer les nuages pour s'abattre sur moi alors qu'il fait nuit? J'ai envie de me réchauffer. J'ai besoin de me réchauffer, de sentir de la chaleur me couvrir, de me débarrasser de cette sensation si désagréable.

Je me recroqueville un peu plus pendant un instant, essayant d'essuyer au moins mes yeux. Qu'est-ce que j'aimerai un peu d'eau douce pour soulager ce feu qui me brûle la rétine. Ou du moins, avoir de quoi me sécher. Enfin... Mis à part le vent. Ça a le mérite de chasser un peu l'eau de ma peau mais c'est froid quoi. Bref, je l'ai déjà assez dit je pense mais je suis frileuse et là je vis mal ma situation.
Du calme Sheila, ça va aller, essaye de faire abstraction. Respire doucement, ferme les yeux et pense à quelque chose d'apaisant. Ça va aller.

Inspirer.
Vider son esprit.
Expirer.

Je me sens un peu mieux. J'ai l'habitude de réguler ma respiration et calmer mon stresse depuis que je fais de la danse. J'étais obligée si je voulais réussir mes compétitions et je dois avouer que c'est très aidant pour pleins de situations. L'apaisement me permet de mieux me rendre compte de ce qu'il se passe autour de moi. Le garçon que je viens d'aider tousse et crache de l'eau, respirant assez irrégulièrement. Après un petit bout de temps, il parvient à se calmer -je crois- et me tourne le dos. Et moi, je ne peux m'empêcher de le regarder, d'observer cette faible couleur qui émane de lui. Pourquoi est-elle aussi sombre? Je vois bien cette petite teinte de rose pâle mais elle me semble tellement recouverte de gris et bleu foncés... J'ai l'impression que ce garçon a des remords ou des regrets... Que quelque chose le raccroche au passé. Mais je ne suis pas tout à fait sûre.. C'est un peu bizarre. Je suis triste de le voir ainsi. Qu'a-t-il pu lui arriver pour qu'il se retrouver dans cet état? Le rose est une si jolie couleur... C'est dommage qu'elle soit autant grignotée et ternie par toutes les autres.

- Désolé …

Le garçon avait soufflé cette excuse dans une voix triste. Enfin, c'est ainsi que je l’interprétais. Il a l'air tellement abattu... Est-ce qu'il a... cherché à se suicider? Cette idée me rappelle immédiatement Kinou, sur ce toit.. J'ai un pincement au cœur. Quelque chose qui me sert la poitrine. Et quand je le vois, meurtrit, je me demande si j'ai bien fait de l'aider. S'il avait vraiment.. envie de mourir, est-ce que j'avais le droit de l'empêcher? Est-ce qu'il va m'en vouloir d'être intervenue?
Doucement, je me redresse pour m'asseoir. Je ne fais même pas attention à tout le sable qui est resté collé à ma peau et mes cheveux tant ce jeune homme m'interpelle. J'espère que.. qu'au fond il attendait de l'aide. Depuis la mort d'Edan, j'ai l'impression d'avoir ce complexe du sauveur. Je ne peux pas m'en empêcher, dès que je vois quelqu'un mal ou dans une situation grave j'ai besoin d'aller à leur rescousse. Tiens? C'est bizarre... Peut-être qu'au fond, tout ce que je cherche à faire c'est d'effacer la culpabilité que j'ai ressenti ce jour là? La culpabilité de ne pas être aller chercher mon petit frère avec mon père comme je le faisais toujours. La culpabilité de ne pas avoir été là pour empêcher tout ça. Alors, maintenant, s'il y a un problème et que je suis présente, je ne peux pas laisser les choses dégénérer. C'est impossible. Mais... Est-ce que c'est bien de faire ça?

- Tu aurais pu te noyer à cause de moi …

Clair. Neutre. Vide.
J'ai l'impression qu'il est là sans l'être. Comme si je regardai un fantôme. Présent mais déjà partit... Et je ne sais pas trop comment le rassurer... Je prends un court instant pour réfléchir, frottant mes mains sur mes bras dans un réflexe pour me réchauffer, observant la lune. Est-ce que j'aurai pu me noyer en plongeant à son aide? La logique tendrait à dire que oui. Mais moi je ne pense pas. Après tout, je n'y étais pas allée avec l'intention de mourir donc je ne serais pas morte! Voilà, c'est pas plus compliqué que ça. J'esquisse un petit sourire avant de tourner la tête vers lui.

- Bien sûr que non! Tant que je ne l'aurai pas décidé, je ne mourrai pas. T'en fais pas, je vais parfaitement bien. Et toi? Est-ce que ça va aller?

Je le lui ai déjà demandé mais il ne m'a pas vraiment répondu la première fois alors je préfère réitérer. Je veux vraiment m'assurer de son état. Physiquement, ça a pas l'air trop mal dans le sens où il est assez lucide et réveillé pour me répondre normalement. Et comme je l'ai vu se tourner tout à l'heure, ça veut dire que la motricité est pas trop mal. Bon après... La lueur de la lune me permet de voir qu'il est très maigre... Et vu la façon dont il m'a interpellé, je doute que ça aille bien psychologiquement. Bon, sur une île prévue pour accueillir des gens malades, ça ne devrait pas m'étonner mais ça ne m'empêche pas de m'inquiéter. Et puis, s'il s'est retrouvé dans l'eau à accepter de se faire emporter par le fond, je doute que le mental soit au top...

- Au fait, je m'appelle Sheila. Sheila McElroy. Et toi?

Parler m'aide à chasser mes pensées. Je sais que mon cerveau est du genre en ébullition tout le temps et j'ai parfois du mal à le suivre. Je cogite trop. Quand je parle, je peux me concentrer sur une seule chose et ça permet de calmer ou stopper le flux d'idée qui circule continuellement.
C'est peut-être pour ça que je discute autant avec les gens.

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_Tu aurais pu te noyer à cause de moi …

Nevrabriel était dos à la jeune fille alors il ne pouvait pas la voir, il ne pouvait pas lire sur son visage ni même ses gestes. Mais au moins, elle ne pouvait pas la voir non plus, lui et son regard la vide et triste, presque désespéré.
Le jeune homme continuait d’observer les grains de sable, se sentait plus mal encore parce silence dont il n’avait plus l’habitude.

_Bien sûr que non! Tant que je ne l'aurai pas décidé, je ne mourrai pas. T'en fais pas, je vais parfaitement bien. Et toi? Est-ce que ça va aller?


En guise de réponse, Nevrabriel hocha la tète de haut en bas pour dire qu’il allait bien. Il avait déjà bien mal à la trachée par l’eau salée, parler irriterait d’avantage sa gorge meurtrie.
C’était bien étrange pour une personne qui pouvait parler sans relâche. C’était pour ça qu’Ulysse l’appréciait … Peut-être pour cela également qu’il ne l’appréciait plus ? Est-ce qu’il ne l’appréciait vraiment plus ? Nevrabriel ne savait pas … C’était confus à présent, l’amitié … Astrid était clouée à sa paperasse, Lucy préférait passer ses journées avec Barrabil, Willow était introuvable, Kan était trop jeune pour comprendre.
Mais est-ce que cela le dérangeait ou lui allait ? Après tout, ses illusions disparaissaient lorsqu'ils étaient là ...

Et cette fille … Elle parlait vite, fort … positive … Il y avait quelque chose de doux et bienveillant dans sa voix malgré sa vigueur … D’où venait cet accent qui n’était clairement pas britannique ?

_Au fait, je m'appelle Sheila. Sheila McElroy. Et toi?

Sheila … McElroy … C’était irlandais n’est-ce pas ? Cet accent venait d’Irlande. Ce prénom, ce nom. Elle venait d’Irlande. Elle pourrait le comprendre s'il parlait en gaélique ? … Peut-être pas … Etait-ce nécessaire de toute manière ? Etait-ce qu’il souhaitait, parler ?

_C'est jolie ... Sheila …

Nevrabriel continua de caresser le sable. Sa voix était faible et il ne savait pas si le bruit des vagues étouffait ses paroles. Il espérait que non, il n’avait ni la force ni la volonté de répéter ses phrases.

Il avait un nom, c'est vrai, mais il n'avait même plus la force de le prononcer. Il était si long, si compliqué, il n’aurait pas la force de le répéter deux fois. Il n'avait même pas la force de se retourner pour regarder la demoiselle. Et de toute manière elle était en sous vêtements et ce n'était pas correcte de regarder une demoiselle peu vêtue. Il continua de caresser le sable en ne bougeait que ses doigts, son bras endolorie.
Mais se présenter était la moindre des choses, surtout qu’elle lui avait sauvé la vie. Il devait essayer au moins.
Essayer …

_Nev …

Le jeune homme respira doucement avant de se présenter avec son fort accent écossais des Highlands :

_Nevrabriel … Erskine …

Nevrabriel éternua aussitôt son nom prononcé avant de commencer à tousser, comme s’il y avait encore de l’eau à évacuer dans ses poumons. Il se recroquevilla légèrement sur lui même. Bon sang, l'océan était une eau gelée ! Ils allaient tout les deux tomber malade à cause de lui !
Elle n’aurait jamais du venir, bien qu’il était reconnaissant de son intervention. Il ne comptait pas mourir, même si l’idée lui avait déjà traversé l’esprit. Il ne savait pas vraiment ce qu’il voulait, vivre ou mourir était encore abstrait dans son esprit.

_Tu devrais rentrer, tu vas attraper froid.


L’écossais ne savait pas vraiment s'il disait cela pour lui ou pour elle. Il savait seulement que le silence le rendait triste et vide.
Le jeune homme finit par se redresser et se retourner, aider faiblement de ses membres mais il cru bien halluciner en voyant la chevelure flamboyante de l'inconnue, sa peau bien pâle mais surtout ses yeux de différentes couleurs, un oeil d'un charmant noisettes et l’autre doré comme de l’ambre ... Comme lui.
Nevrabriel clignota plusieurs fois des yeux. Elle lui ressemblait, ou il lui ressemblait. C’était comme avoir une jumelle, en bien plus petite, d'autres parents puisse que peur visage n’étaient pas similaire.
Nevrabriel se frottant les yeux avec sa manche n'ayant pas touché le sable et regarda de nouveau la jeune fille.

Je suis fou. Je suis fou …

Et non, la miss était encore bien là avec ses cheveux flamboyant et ses yeux vairons. Nevrabriel se redressa d’avantage et tendit la main vers le visage de la demoiselle, lentement, avec hésitation. Ses doigts frôlèrent sa joue. Il retira vivement sa main en ayant un mouvement de recul. Elle était réelle. Était ce possible ?
Oui.
Il n’entendait aucun sifflement, il l’avait pu la toucher, sentir le froid de sa peau et sa chaleur humaine.

_Rentre ...

Nevrabriel avait les yeux écarquillés comme si Sheila était un fantôme. Il avait du mal à se dire que c’était possible, que c’était possible qu’une personne lui ressemble physiquement ainsi. Impossible qu'elle vienne d'un pays voisin au sien avec une culture proche. Impossible qu'elle puisse être aussi positive avec autant de parole qu'il avait été également. Impossible. Il tourna doucement la tête vers la mer avant de continuer, sa voix aussi perdue que lui :

_Rhabille toi et rentre ...

Le jeune homme essaya de se relever avec difficulté, ses jambes tremblèrent lorsqu'il se mit debout et il commença marcher en titubant, ses mains agrippant son crâne qui lui faisait horriblement mal.
Ou sont-ils ? Ils avaient promis de ne jamais l’abandonner ...

Nevrabriel était totalement perdu. Réalité. L’eau froide et salée. La joue de l’inconnue. Le sable sec. Mais ce n’était pas ce qu’il voulait. Ce n’était pas là où il voulait être. Il voulait être avec eux, en Ecosses, n’importe où en Ecosse mais pas ici, pas avec Donatien, pas avec Barrabil, pas avec ses parents lui annonçant la mort de sa grand-mère, pas avec le sang de Loreleï dans la cours. Pas ici !

_Rentre …



Le plus gentil 2017/2018

Nev s'exprime en : 6699CC


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