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22/09/2018
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Ce n'est pas moi, c'est toi (ft. Agnès)

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CE N'EST PAS MOI, C'EST TOI



Trois heure du matin : l'heure idéale ...
Donatien suait dans ses draps. Ces derniers le collaient, devenant ainsi une autre couche de peau. Il essayait tout : retourner le coussin afin d'avoir le côté froid, sortir une jambe, puis une autre, et réaliser que bouger ne faisait qu'accroître son niveau de transpiration.
Il détestait ça. L'odeur que dégageait ses aisselles, hideux parfum de la Nature. La sensation du contact entre sa peau nue et humide et un tissu tout aussi trempé. Ses racines capillaires qui ruisselaient d'un liquide tout aussi dégoûtant.
La fin du mois d'Août était un Enfer. Les nuits étaient insupportables et Donatien était exécrable au réveil. Depuis deux semaines, chaque matin, Donatien prenait son thé avec dédain. Il ouvrait la porte et ses deux employés saluaient sa mauvaise humeur. Deux semaines où Satan avait pris possession de lui.
Et s'il n'y avait eu que la température trop élevée ... Mais non, l'insomnie c'était aussi dans sa tête. Un milliards de pensées s'y bousculaient. Autrefois, le prénom d'Ange était le plus récurrent. Depuis un petit moment, rajoutez un pluriel à ce nom et vous obteniez sa nouvelle préoccupation : Dessanges. Des anges qui lui faisait vivre un enfer, quel paradoxe.
Trois heure du matin : l'heure idéale pour une douche.
Il se leva en ronchonnant. Dans sa tenue d'Adam, il se faufila jusqu'à sa salle de bain personnelle où il se rinça. Il resta inerte sous le jet d'eau froide, espérant se laver de ses pensées parasites. Des flashs lui crispait le cœur. Le souffle coupé, comme une boule dans la trachée, il fut secoué d'images. Du sang sur une estrade, qu'une pluie étale. Son sang à lui dans les toilettes du collège. Celui de cette fille au lycée, qui lui expliqua que non, ce n'était pas son cycle menstruel. Le rouge des yeux de Soixante-Six. Les premiers bleus de Lys. Les premières toux de Rose. Les premières hallucinations de Pavot. Les premières crises de somnambulisme d'Edelweiss.
Il sortit de la douche en trombe, l'eau continuant de couler dans le silence.
Pressé sans savoir pourquoi, il enfila un pantalon et une chemise. Pieds nus, des gouttes qui descendaient encore sur son visage, il sut ce qu'il avait à faire. Comme avec Ange, il fallait aller à la racine du problème.
Il sortit de sa chambre et se dirigea vers celle de sa secrétaire.
Là, il ouvrit doucement la porte, sans un bruit. A pas feutrés, dans une discrétion qu'il n'avait pas cherché, il s'assit sur son lit. La femme dormait à poings fermés. La petite chanceuse.
Il était posé juste à côté de son visage, le sien légèrement penché en avant. Lentement, il mis sa main sur l'épaule de sa secrétaire, et la secoua du bout des doigts pour la réveiller.

- Agnès. Agnès, réveillez-vous. C'est urgent.

Trois heures du matin : l'heure idéale pour bavarder avec une femme.





Donatien t'honore de sa parole en #0099ff
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Secrétaire de Donatien
Agnès rêvait. C’était assez étrange parce qu’elle avait entendu dire que lorsqu’on dormait sous somnifères, on ne rêvait pas. Mais ce n’était pas important, parce que dès qu’elle se réveillerait, elle ne s’en souviendrait pas de toute manière. Sûrement n’aurait-elle-même pas conscience d’avoir rêvé.
Pour l’heure, elle était face à David. David. L’homme qui avait été son fiancé. L’homme qui l’avait appelée la veille au téléphone. Elle n’en avait pas été si surprise, ils étaient restés en assez bons termes et ils échangeaient des nouvelles de temps à autres. Elle avait même assisté à son mariage et avait apporté des fleurs à la mariée avec tous ses vœux de bonheur. Elle s’était réjouie pour lui, sincèrement. Mais hier, il l’avait appelé pour lui faire une annonce qui lui avait fait mal. Ils avaient eu un enfant. Un petit garçon, qu’ils avaient appelé Thomas. Il lui avait demandé d’être sa marraine. Elle avait refusé bien sûr. Et là maintenant, elle se retrouvait avec ce bébé dans les bras, ce bébé sans visage qui aurait pu – qui aurait dû ! – être le sien, qui pleurait à chaudes larmes après sa mère, qui voulait quitter les bras de cette étrangère face à son idiot de père qui souriait comme un demeuré.
Derrière lui, les fonds baptismaux qu’il lui désignait. Alors Agnès avançait vers eux, comme mue par une volonté extérieure à la sienne, le bébé dans les bras. Elle allait devoir le mouiller dans l’eau bénie. Pourtant, une autre idée, douloureusement claire, se formait dans son esprit. Le noyer. Noyer l’enfant. Cet enfant qui était celui de David et pas le sien.
La tête du bébé toucha l’eau et l’église s’effondra. Une lumière blanche aveuglante transperça la douce pénombre. Deux ombres s’étalaient devant elle, signalant la présence de deux individus derrière elle. Sans se retourner, elle savait de qui il s’agissait. Ange Barrabil, et Donatien. Le premier entra dans son champ de vision. Il la narguait. « Tue-le » disait-il. « Tue-le tu verras. Ca fait du bien de tuer. Débarrasse-toi de lui. Tu verras on y prend goût. » Agnès éloigna le bébé d’elle pour l’observer. C’était vrai. Ce petit cou gracile, fragile. Elle l’aurait bien serré jusqu’à le broyer. « C’est ça, c’est bien. Mais ce n’est pas assez. Il faut le défigurer. Même sa mère ne doit pas le reconnaitre. Pour ça, une balle dans la tête… ». Une détonation retentit, ramena Agnès à elle-même. Mais qu’est-ce qu’elle fait ? Penser à tuer un nourrisson ? Mais qu’est-ce qui lui prend ? Elle le ramène contre sa poitrine, comme pour le protéger. Ange tire une grimace de déception. « C’est bien ce que je me disais. Lâche ». Elle secoue la tête.

- Non… non je ne veux pas devenir comme vous… Murmure-t-elle. Je ne veux pas devenir comme vous.

Et alors qu’elle se retourne pour courir, elle se rappelle brusquement de la présence de Donatien. Il est armé et il la braque. Il articule quelques mots.

- Agnès. Agnès, réveillez-vous. C'est urgent.

Elle hausse un sourcil. Pourquoi devrait-elle se réveiller ? Qu’est-ce qui est urgent ? L’arme se volatilise de ses mains. Il s’approche et la secoue, enfin, comme on remuerait quelque chose qui nous dégoute vaguement. Elle est allongée dans son lit, il n’y a plus de bébé, juste son visage au-dessus du sien, insistant et vaguement éclairé par une lumière nocturne.
Agnès battit des paupières un moment, regardant son patron sans comprendre. Puis soudain, les connexions de son cerveau se remirent en place et elle se redressa brusquement avec un petit cri de stupeur. Donatien ? Dans sa chambre ? Mais… Mais ! Elle ferme toujours sa porte à clé d’habitude ! Aurait-elle oublié ? Oh mon Dieu ! Aurait-elle oublié de mettre son réveil ? C’est déjà l’heure du thé ? C’est pour ça qu’il vient la chercher ?!
En panique, la jeune femme tâtonna à la recherche de l’interrupteur de sa lampe de chevet, attrapa ses lunettes qu’elle vissa sur son nez avoir d’apercevoir l’heure sur son réveille-matin. 3h05. Elle cessa aussitôt tout mouvement, se contentant juste de s’asseoir sur son lit. 3h05. Elle pensait qu’elle avait déjà tout vu en 3 ans avec Donatien Elpida. Elle s’attendait toujours à tout venant de sa part. A tout, mais pas à ça. 3h05 du matin… La tête dans les mains, elle se massa les tempes avant de demander, d’une voix qui se voulait calme mais qui suait d’énervement.

- Donatien. Est-ce que vous pouvez m’expliquer ce que vous foutez dans ma chambre en plein milieu de la nuit ?!



Ca fait toujours plaisir de voir ses efforts récompensés !

L'employée du mois 2017/2018
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CE N'EST PAS MOI, C'EST TOI


Agnès alluma la lumière assez rapidement. Efficace, elle avait déjà les lunettes sur le bout de son nez, comme prête à se mettre au boulot. Donatien fut reconnaissant de son implication dans le travail, mais il n'était pas là pour ça. Bien que le terme "urgent" puisse prêter à la confusion.
Elle se releva, se massant les tempes. Sûrement un rituel pour se réveiller. Donatien se malaxait souvent la peau du visage avec un peu d'eau froide pour secouer sa peau endormie. Ce qui fonctionnait rudement bien. Il fut étonné de se trouver un point commun avec sa secrétaire, comme ça, à 3h05 du matin.

- Donatien. Est-ce que vous pouvez m’expliquer ce que vous foutez dans ma chambre en plein milieu de la nuit ?!

Il balaya l'air de la main, nonchalant. Pas besoin d'avoir une voix aussi crispée. Il n'y avait pas de dossier sur le feu.
Et, bien qu'il affichait une position détendue, son cerveau, lui, carburait à plein régime. De voulait-il parler d'abord avec Agnès ? De son absence lors du tournoi de volley ? De ses sueurs nocturnes ? De cette température suffocante ? De son comportement boudeur depuis la sanction de Z01 ? De sa relation avec Ange ?
Il s'assit de façon à tourner le dos à la femme. Il était toujours très proche d'elle, mais la position assise était plus confortable. Il passa une main sur son visage, le dos voûté. Voilà, là il avait l'air préoccupé.

- La situation est grave ...

Il pensait trop. Il y avait trop de mots et d'émotions dans sa tête. Beaucoup de peurs. Oui surtout de la peur. Lui qui n'avait plus ressenti une émotion aussi puissante s'en retrouvait dévasté. Elle le clouait au lit, l'empêchant cruellement de trouver sommeil. Lui coupait l'appétit. Le faisait trembler sous la douche, lieu de solitude. Mais de quoi avait-il peur ? Pourquoi ce sentiment était-il aussi présent ? Aussi indescriptible ? Aussi indéchiffrable ?

- J'aimerais d'abord vous parlez de patron à employée, puis d'humain à humain.

Oui, il allait faire comme ça. Du moins personnel au plus intime. De la surface à l'intérieur. En degré d'importance. Cela lui permettrait de tâter le terrain. De régler les problèmes un à un.

- J'ai bien remarqué la distance que vous avez mis entre nous depuis la Grande Sanction. Et je vous trouve injuste. Vous êtes austère et sans explications. Si ça n'avait duré qu'une semaine, j'aurais compris et toléré. Mais vous n'allez pas me faire croire que vous êtes dans vos menstruations depuis plusieurs mois ? Alors je vous prie de cesser votre boude afin que le travail soit plus agréable.

Pas mal. Il se sentait assez tranquille sur le plan social. Les idées avaient été clairement formulées. Il avait été franc mais n'était pas rentré dans le lard. Décidément, son père l'accusait souvent de patauger en relation, mais il se permettait de le remettre en question. Il était fichtrement bon.





Donatien t'honore de sa parole en #0099ff

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