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La flamme de l'espoir [Pv Nev] - TERMINE

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Mieux vaut voyager plein d'espoir

que d'arriver au but.
Deux mois entiers. C’était le temps passé en ces lieux, sans compter avril qui commençait à être bien entamé. Je ne m’habituais toujours pas aux locaux et aux règles strictes. Je voulais partir. Cela me rendait dingue tant c’était une idée fixe. Certes, il n’y avait pas de bateau, et en construire un dans ces conditions se révélait impossible. Mais il fallait que je m’en aille. Je voulais tenir la promesse que j’avais faite à Numa, Sheila et Hope. Aux Nakamura également, même si les raisons à cela différaient un peu. Etais-je un fils indigne à cause de cela ? Cette question me taraudait et me faisait peur. Plus j’attendais, plus ils allaient être en colère. Jamais je n’aurais cru qu’en choisissant d’aller à l’étranger je me verrais enlevé à eux.

A cause des séances quotidiennes avec le médecin et du fait qu’ils ne cessaient d’essayer de me faire croire que mes parents japonais n’étaient pas mes véritables parents, j’avais commencé à ne plus savoir comment les nommer, même pour moi-même. A vrai dire, j’étais pris dans un grand malaise qui ne faisait qu’augmenter avec le temps. Un malaise qui se trouvait être extrêmement douloureux. Après tout, on me demandait de remettre la totalité de ma vie en question. C’était pire que mes difficultés à accepter les amitiés ! Bien pire… Moins d’un an auprès de mes deux meilleures amies, les seules dans ma vie, j’avais réussi à comprendre que j’avais besoin de personnes autour de moi et que tout le monde ne me voulait pas du mal. Et ce, même si je craignais encore ce que pourraient me faire des étrangers, ne me permettant pas de ne pas trembler à chaque rencontre. Mais, là, ce n’était pas possible. Je ne pouvais pas considérer que toute ma vie ait été un mensonge. C’était trop dur, peu importe ce qui se disait autour de moi…

Je tins cependant bon, essayant de faire comme Nev m’avait dit… même si je ne voyais pas ce qu’on voulait soigner chez moi. Tout ce qu’on cherchait à faire à mes yeux, c’était me faire croire que les Nakamura n’étaient pas ma vraie famille. On appelait ça un “lavage de cerveau”, non ? Mais je tins bon ! Il fallait que je tienne bon pour rester avec les êtres qui m’étaient chers. C’était ce que je me répétais tous les jours et chaque nuit jusqu’à ce qu’une histoire commença à faire beaucoup de bruit. Au fur et à mesure que j’en apprenais, je perdais tout espoir et le peu de courage qu’il me restait pour survivre à l’institut. Apparemment, une patiente avait été tuée en public par un médecin. Rien qu’avec cela, je perdis absolument toute confiance (déjà que j’en avais peu…) en le corps médical. Mais lorsque j’appris petit à petit les possibles raisons à cela, cela fut de trop ! Non contents de nous enfermer et nous enlever toute liberté, il fallait également qu’ils nous assassinent quand on ne suivait pas le règlement ? Non. Non. Non ! Je ne pouvais pas rester là ! Pas dans ces conditions !

Malgré ces pensées, j’avais essayé de me dire qu’ils se trompaient. Que tout cela n’était qu’une vaste blague. Mais à force d’en entendre parler où que j’aille, je finis par y croire. Mes pensées devinrent alors de plus en plus noires. De plus en plus isolé, je restais toujours enfermé dans ma chambre, ne sortant plus que pour manger et aller en cours. Le reste du temps, je restais dans un coin, Kibou et le porte-clé, les cadeaux de mes seules amies, serrés contre moi. Ils étaient mes seuls réconforts dans cet enfer. Un réconfort bien maigre face à la détresse que je ressentais.

Un week-end, je me mis à chercher un moyen pour en finir. Je ne cessais jamais de trembler. A chaque bruit un peu fort, je sursautais en cherchant la cause à cela. J’avais l’air extrêmement paranoïaque, ce qui devait être vrai au fond. Mais c’était également extrêmement éprouvant. Impossible à vivre. Alors il ne me restait plus qu’une solution. Enfin… si je trouvais un moyen de la mettre en oeuvre. L’accès au toit était fermé. Les fenêtres se trouvaient ne pas être accessibles non plus. C’était comme si tout avait été mis en oeuvre pour nous empêcher de faire cela. C’est donc terriblement désespéré, plus qu’avant si cela était possible, que j’étais retourné dans ma chambre.

En voyant quelque chose briller sous les rayons du soleil, je levai les yeux. Il me fallu quelques secondes avant de rejoindre ma table de nuit où reposait un cadre photo. A l’intérieur, un cliché me représentait avec Hope, Numa et son équipe du refuge m’ayant autorisé à garder mon chiot. Moi qui voulait l’adopter par la suite, je me voyais loin de tout pour un temps indéterminé… Tremblant, je pris le cadre qui tomba sur le sol à cause de ma prise trop faible.


*Le verre… ça coupe…*


Doucement, je m’agenouillai au sol avant de prendre un des plus gros éclats de verre qui le jonchaient. Puis, resserrant ma prise au point de me couper la paume droite, je levai mon arme improvisée au-dessus de mon épaule. Puis, avec une violence dont je ne me serais jamais cru capable, je le plantai dans mon poignet gauche. La douleur me fit retirer le verre, faisant gicler le sang sans rien améliorer.


*C’est enfin la fin… ?* me demandais-je en regardant ma blessure.


Alors que je pâlissais à vu d’oeil au fur et à mesure que je me vidais de mon sang, je commençais à songer à faire la même chose sur mon autre poignet pour augmenter mes chances de m’en aller. En attendant, je serrais toujours mon arme ensanglantée dans ma main fermée.
(c) Yuki Nakamura sur Pensionnat Immortal


Dernière édition par Yuki Lanvers le Mer 26 Sep - 4:01, édité 2 fois



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Les jours étaient sombres à l’Institut. Sombres et triste. Triste comme les larmes dans le cœur des patients qui ont vu la petite Loreleï mourir devant leurs yeux innocents. Nevrabriel ne dormait plus à cause de ses cauchemars, sa maladie lui faisait revivre cette immonde scène même éveillé, il s’était isolé de ses amis et Astrid … Astrid … Il ne savait pas. Il ne savait plus s’il pouvait avoir confiance en elle. Elle était là, elle avait tout vu et n’avait rien fait. Est-ce qu’elle était complice ? Non, il ne voulait pas y croire, mais elle était sur cette estrade avec les autres, elle savait que c’était une sanction et elle était quand même venue comme si c’était un spectacle divertissant.
Astrid …

Le sourire de la petite lune lui manquait énormément mais il n’arrivait qu’à se morfondre à cause de ses doutes, seul. L’impression qu’il aurait pu arrêter ça, qu’il aurait pu sauver Loreleï le rongeait jusqu’à l’os. La sensation d’avoir été trahis, trompé par Donatien le détruisait également. Son utopie s’effondrait sous ses pieds. Il ne croyait plus en eux, il ne croyait plus en lui.

Le soleil tapait encore contre les carreaux, lui brulant ses yeux fatigués. Il savait qu’il devait trouver le sommeil, mais c’était vraiment difficile. Lorsqu’il faisait les yeux ils voyaient le corps inertes d’enfants, du sang, beaucoup de sang. Impossible de dormir, impossible de se détendre, comme si c’était lui qui avait tiré. Et la cours … Là où le cauchemar a commencé, là où le voile est tombé, cette cours … Il ne pouvait plus y aller ni la regarder sans revivre exactement cette période de sa vie comme pour la première fois à cause de sa maladie.
Etait-ce normale de vivre ainsi ? Ne devrait-il pas les dénoncer ? Ne devrait-il pas confronter son médecin ? Confronter Barrabil ? Confronter Astrid ? … quitter l’Institut ?

Le mieux qu’il pouvait faire en ce moment était d’errer en essayant d’oublier. Oublier le sang, oublier les larmes, oublier la souffrance, oublier la trahison, oublier que tout s’écroule.

Nevrabriel était dans l’aile W, se disant qu’il serait bon de voir Kan, de voir si tout allait bien pour lui. Le jeune homme était presque certain qu’on lui a épargné cet affreux spectacle à cause de son âge et le sourire de son cadet lui laissait une douce chaleur dans le cœur. Il aurait également aimé voir sa précieuse lorialet mais il n’osait pas. Il l’avait abandonné sur l’estrade pour quitter les lieux après que le corps de la défunte se soit écroulé par terre. Comment pouvait-il oser se présenter devant elle après cela ? Comment pouvait-il prétendre être son ami ? Comment ?!

Alors qu’il trainait le long des murs, Nevrabriel entendit quelque chose se briser, cela lui fit faire un sursaut suivit d’un léger tremblement. Ce n’était surement rien. Ce n’était pas un coup de feu. Personne n’est mort. Personne ne va mourir. Cependant, l’écossais avait un mauvais pressentiment … la peur, le doute, la fatigue, tout cela le transformait en une sorte d’animal sauvage, aux augets à tout instant pour se sauver des prédateurs.

Nevrabriel regarda la porte. W188
W188 … ce numéro … Il l’avait vu bien assez souvent pour savoir que c’était celui de Yuki.
Cela faisait un moment qu’il ne l’avait pas aperçut et il savait que c’était un garçon fragile. Seul et apeuré. Depuis leur rencontre il avait essayé de trouver du bon en l’Institut, il avait essayé de trouver sa place, sans succès.
Yuki …

Le jeune homme frappa à la porte W188

_Yuki ?

Pas de réponse.
Nevrabriel massa son visage tiré par la fatigue, ses cernes rendant ses paupières inférieures presque bleues. Il était certainement trop épuisé pour se battre avec une porte mais il voulait savoir si tout allait bien pour son jeune ami qu’il savait fragile.
L’écossais frappa de nouveau.

_Yuki, c’est Nev.

Toujours pas de réponse. Nevrabriel posa sa main sur la poignée et commença doucement à la tourner.

_Je vais entrer …


Nevrabriel attendit un instant et finit par ouvrir la porte avec prudence, au cas où.
Il vit d’abord le corps de Yuki a genoux sur le sol. L’écossais fit un pas à l’intérieur de la pièce et ne remarqua qu’à cet instant le morceau de verre dans sa main et … sang … du sang … comme dans ses cauchemars ! Du sang comme celui de Loreleï, comme celui de son frère. Non … NON !

Reprend toi Nev ! C’est sérieux ! Yuki à besoin de toi ! Ce n’est pas un cauchemar c’est la réalité !

_Yuki ! Bon sang ! C’est quoi ça ?!

Le jeune homme couru vers son cadet pour prendre son arme et le lui retirer, quitte à leur couper leur paume  mais la résistance de l’adolescent était faible, déjà bien affaiblis par sa bêtise. Une fois l’arme hors de portée, Nevrabriel prit le drap sur le lit de l’adolescent. Arrêter une hémorragie, ça il sait faire, ça faisait cinq ans qu’il voyait des gens avoir des malaises et des médecins agir. Sans paniquer et sûr de lui, Nevrabriel essaya de déchirer un morceau du drap mais celui-ci opposait bien trop de résistance. Rapidement il utilisa le morceau de verre subtilisé à Yuki et l’utilisa pour faire un trou dans le drap afin de le déchirer, il enroula le morceau sur le poignet du jeune homme et appuya sur la plaie pour arrêter le saignement. Nevrabriel s’adossa contre le lit de Yuki et le fit basculer contre lui, posant la tête de son cadet sur son torse, appuyant d’une main sur son poignet et flattant ses cheveux de l’autre.
Il venait d’arrêter une tentative de suicide … Mais … que devait-il faire ? Sermonner ? Consoler ? Il ne comprenait pas … Pourquoi le patient voulait mettre fin à ses jours ?

_Yuki …

Nevrabriel  avait la voix troublé, inquiet pour son jeune ami. Il le referma davantage dans son étreinte comme si c’était un enfant, comme si c’était Kan, comme si c’était … Alistair.

_Pourquoi tu as fais ça … parle moi … s’il te plait …



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que d'arriver au but.
Le regard dans le vide, je ne cessai de me poser la même question en boucle : fallait-il que j’entame également le second poignet ? Tant et si bien, que je n’entendis pas qu’on toquait à ma porte ou me parlait. A moins que je ne veuille pas l’entendre ? Après tout, si on venait à moi, cela rendrait cette nouvelle tentative inutile et je ne le voulais pas. Je voulais quitter ce monde pourri. Me réveiller de ce cauchemar pour reprendre ma vie telle que je l’avais toujours connue. Certes, j’allais souffrir si je revenais dans la maison qui avait connue toute mon enfance. Mais c’était toujours bien mieux qu’ici. Je ne voulais pas mourir de la main d’un autre. Je ne voulais pas rester loin de mes amies plus longtemps. Pire ! Je ne voulais pas finir par croire que ma famille n’était pas réelle.


*Attends… Est-ce vraiment ça ou…?*


Le début de réflexion lucide que je commençais à avoir fut interrompue brutalement par un cri. Ce dernier me fit très légèrement sursauter. Pourtant, je ne cherchai pas à savoir de qui il venait. Je ne voulais pas croire qu’il y avait une personne m’ayant trouvé. Ce devait être une hallucination. Oui, c’était forcément ça. Une hallucination qui avait une voix terriblement familière. Mais d’où venait-elle déjà ? J’étais certain de l’avoir entendu quelque part, très proche, mais où ? Impossible de m’en rappeler. J’avais tant de difficultés à réfléchir. Le monde tournait autour de moi.

Lorsqu’une main tenta de me subtiliser mon morceau de verre, je tentai de le retenir. En vain. La force de la personne proche de moi était bien plus grande que la mienne en l’instant et mes réflexes bien trop minimes pour pouvoir changer la donne. En vérité, une fois mon arme retirée de ma paume ouverte, je ne bougeais plus. Seules des larmes lentes et silencieuses perlaient de mes yeux. Elles suivaient alors l’arrête de mon nez pour terminer leur course sur mes genoux et mes mains, brouillant ma vue.


*Laissez-moi… Laissez moi mourir… Je ne veux plus vivre tout ça… Laissez-moi…* pensai-je en boucle alors que la personne proche de moi s’affairait.


Puis, je vis une paire de mains entourer mon poignet blessé dans un morceau de tissu blanc. Ce dernier rougit au contact de mon sang qui ne cessait de couler. Pourquoi ? Pourquoi voulait-on m’empêcher d’aller jusqu’au bout ? La douleur augmenta sous la pression qui se fit sur mon poignet, m’arrachant un léger et bref froncement de sourcils. Mais je ne fis rien de plus, incapable de me rebeller. Toute motivation m’avait comme déserté, sauf peut-être celle de quitter ce monde empli de cruauté. Je voulais conserver les paroles de Sheila qui parlait souvent d’illuminer le monde avec sa lumière. Mais elle était trop loin… Inaccessible… Sans cela, comment continuer ?

Enfermé dans mes pensées et mon état catatonique, je ne me rendis compte que qu’on me déplaçait qu’une fois que ma tête fut posée sur un torse. J’entendis alors un coeur battre régulièrement. Peut-être un peu vite… Mais je ne connaissais aucune expérience réelle pour le vérifier. Du coup, je ne fis que l’écouter jusqu’à ce qu’on m’appelle à nouveau.

Cette fois, je l’avais entendu. Et, en plus de cela, je reconnus l’étreinte qui m’était faite. Une seule personne pouvait me faire cela ici : Nev. C’était désormais évident que cette voix était la sienne. Comment avais-je fait pour ne pas l’avoir reconnu plus tôt ? Pourquoi n’avais-je pas compris ? Ou même… pourquoi n’avais-je pas pensé à lui en faisant mon geste alors qu’il était là depuis mon arrivée ?

Malgré cela, malgré cette culpabilité douloureuse, je ne voulais toujours pas vivre. Pas comme ça. Alors, je ne réagis pas. Je ne lui montrai pas que je l’avais reconnu. Je ne lui dis pas que j’étais désolé. A quoi bon ? Je ne comptais pas survivre… Le ton de sa voix me paraissait désespéré lorsqu’il me demanda de lui dire la raison de mon geste, de lui parler. Ce fut douloureux. Mais au lieu de penser que ma survie serait alors ce qui lui ferait du bien, ce fut une toute autre pensée qui me vint :


*Sans moi il ne serait pas désespéré…*


Oui. Avec ma mort il serait mieux. Si tout le monde m’oubliait, plus personne ne souffrirait. Plus personne ne pleurerait… Voilà pourquoi je lui répondis d’une voix soufflée, à peine audible :


Laisse-moi… … Laisse-moi… mourir…


Les larmes n’avaient pas cessé de couler, mouillant mes joues blêmes. Peut-être qu’il allait me laisser. Peut-être qu’il comprendrait. D’un certain côté, j’en doutais un peu. Pour le moment, le calme de la chambre me laissait croire que j’allais finir par enfin réussir. C’était lent et douloureux, mais cela en valait la peine. J’en étais certain. Et si cela ne fonctionnait toujours pas, sans doute allais-je pouvoir trouver une autre solution. Il le fallait. C’était toujours mieux que rester dans ce monde de douleur, emprisonné loin de mes seules sources de réconfort et de joie. Maintenant que je les avais perdues, j’étais certain que j’aurais pu être heureux auprès d’elles. Pourquoi n’avais-je rien fait pour les empêcher de m’emmener ?
(c) Yuki Nakamura sur Pensionnat Immortal


Dernière édition par Yuki Lanvers le Sam 15 Sep - 16:02, édité 1 fois



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_Pourquoi tu as fais ça … parle moi … s’il te plait …

Yuki avait l’air faible, plus qu’à son habitude. Nevrabriel ne savait pas combien de sang il avait perdu, peu ? Beaucoup ? Pour lui chaque goute semblait être des litres. Tout était rouge, tout tait froid. L’écossais continua de lui caresser les cheveux, incertain, légèrement tremblant, apeuré. Il savait qu’il devrait appeler un médecin mais il ne pouvait pas laisser Yuki tout seul ainsi, une personne allait forcement venir par ici et il pourrait lui demander d’aller chercher de l’aide. Le tissu sur la plaie allait l’aider à cesser de couler mais il fallait le refermer.

_ Laisse-moi… … Laisse-moi… mourir…

Quoi ? … Non … Pourquoi ? …

_Non.

La voix de Nevrabriel était quelque peu brisé par son trouble et il serra fermement le poignet de Yuki pour ne pas trembler. Du sang. Encore du sang. Toujours du sang ...
Son souffle était rapide, accélérer par la peur qu'il essayait de masquer et de faire disparaître. Il n’était plus un enfant mais il avait encore peur. Peur qu'une personne se vide encore de ce liquide rouge qui lui permettait de vivre.

L’écossais ne jugeait pas cet acte, mais ne le comprenait pas. Quelle était le point de détresse de son ami pour qu'il veuille mettre fin à ses jours ? Était-il si malheureux que cela ? Pourquoi ? Pourquoi tu fais ca Yuki ? Le malheur à une fin pourtant, il y a toujours de la lumière dans les ténèbres, accroches toi et tu pourras l'atteindre.
Les yeux de l'aîné commencèrent à devenir humides. La peur, la tristesse, la fatigue ... Il ne voulait pas craquer, il ne pleurait quasiment jamais. Mais son utopie disparaissait en plus des personnes qu’il appréciait.

_Je ne te laisserai pas partir comme ça. Je ne te laisserais pas partir malheureux. Je ne te laisserais pas mourir si tu peux encore vivre.

Il n’était pas un héro. Il n'était pas un sauveur. Il le savait. Tout le monde le savait. Loreleï était à quelques pas devant lui et il ne la pas sauvé. Alistair était mort par sa faute et il n’avait rien pu faire pour Anna qui était condamnée.
Nevrabriel n’était pas un héro.
Il ne pouvait pas sauver Yuki ... Il ne pouvait sauver personne. Il n’était qu'un ver de terre dans ce grand monde. Mais il tenait réellement à cette petite tête blonde, ne voulait pas qu'il meurt. Il ne voulait plus voir quelqu'un mourir. Jamais.
Il n’était pas un héro, certes, mais il pouvait peut-être les aider … Il ne abandonnerait pas. Il n'abandonnerait pas Yuki. Ce garçon avait toute la vie devant lui, il avait tellement de chose à voir, tellement de personnes à rencontrer, tellement de sentiments à vivre. Il ne pouvait pas mourir maintenant, il n'en avait pas le droit !

_Je ne peux pas te sauver Yuki, je ne peux que t'aider ... Et je ne peux pas t'aider si tu ne me dis rien.



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que d'arriver au but.
La réponse de Nev se fit aussi rapide que catégorique. Non. Il ne voulait pas me laisser. Mais pourquoi ? Alors que je lui faisais si mal, pourquoi ne voulait-il pas me laisser disparaître ? La surprise me fit ouvrir plus grand les yeux alors que le reste de mon corps restait immobile. Je ne comprenais pas. Tout serait plus simple si je ne faisais plus partie de ce monde. … Non ? Ce n’était pas vrai ? Je me trompais ? Pourtant, la voix de mon aîné était si brisée alors qu’il resserra sa prise sur mon poignet blessé. La douleur augmenta, me démontrant que j’étais encore bel et bien en vie. Tout cela n’était pas un rêve ou une invention débile de mon esprit “malade”. Cela aurait pourtant été plus plausible… Personne ne tenait à moi à part Numa, Sheila et Hope. A part ces trois-là… Peut-être mes parents aussi ? Mais lesquels ?

Comme pour me sortir de cette torture que je m’assénais tout seul, Nev reprit la parole. Il semblait aussi déterminé que perdu à mes oreilles alors qu’il me disait qu’il ne voulait pas me laisser partir. Il voulait que je vive. Mais pourquoi ? Ce n’était pas comme s’il m’appréciait… Puis, même si je vivais, mes doutes, mes peurs et mes tourments ne me laisseraient pas en paix. J’aurais toujours mal… Peut-être même plus que ce que j’avais là, dans les bras de cette personne qui me serrait contre lui. J’entendais les battements de son coeur. C’était une preuve qu’il était en vie. Etait-ce le cas avec le mien ? Pourtant je me sentais comme… mort. Mon corps vivait mais mon esprit mourrait à petit feu. Pourquoi mon corps ne pouvait-il pas le suivre ? Cela aurait déjà plus de sens que… ça…

Silencieux, je ne savais pas quoi dire ou que faire. Mes envies étaient aussi contradictoires que déchirantes. Pour pouvoir me donner la mort une bonne fois pour toute et mettre fin à cette mascarade, je souhaitais me débattre. Quitter le jeune homme pour reprendre mon arme et m’ouvrir une autre veine. Ou plus. Mais je ne voulais pas quitter ces bras. Ce câlin, même s’il était peut-être moins assuré que ceux de Sheila, me ramenaient à elle. Lorsque je l’avais rencontrée, j’avais été jusqu’au toit pour échapper aux coups, aux méchancetés et moqueries de ces garçons de ma classe. Je ne comprenais toujours pas d’où leur venait leur haine… Mais Sheila ne s’était pas arrêtée à cela et m’avait convaincu de ne pas sauter. Enfin… plus que cela, elle m’avait donné envie de la suivre. Numa m’avait alors accueillis avec plus de chaleur qu’elle ne m’en avait montré avant cet épisode. Comme si elle avait eut peur pour moi… Numa… Gardait-elle toujours ma jolie petite Hope ?

L’envie de m’aider de Nev me fit éclater en sanglot. Comment pouvait-il autant ressembler à mes amies ? Comment pouvait-il avoir l’envie de m’aider alors que je ne faisais que le blesser. Jamais je ne l’avais aidé alors que depuis notre rencontre il ne cessait de me tendre une main chaleureuse. Je n’avais pas le droit de tenir cette main tendue alors que j’étais si horrible. Je ne le méritais pas…


Je veux partir… fis-je dans mes sanglots en japonais. Je veux retrouver mes amies et ma famille… Je dois retrouver les Nakamura… Je ne pourrais jamais… jamais…


Ma langue maternelle m’était venue sans que j’y réfléchisse, spontanément. Je n’étais pas parvenue à la réflexion que personne ne me comprendrait de cette façon. J’étais sans doute le seul à parler japonais à l’institut. Enfin… Peut-être pas, mais je n’avais encore rencontré personne pouvant discuter avec moi en cette langue. D’un certain côté, cela me manquait et me faisait peur. Et si j’étais destiné à oublier ce que je pensais être mes origines ?

Il me fallut quelques petites minutes pour parvenir à articuler en anglais, légèrement plus calme :


On m’a tout enlevé… Mes amies… Mon rêve…


Et on voulait en plus m’enlever la seule famille que j’avais connues toutes ces années et il était possible que les médecins m’arrachent également ma vie comme ils l’avaient fait avec une autre. Je ne pouvais pas les laisser faire. Plutôt que les voir tout le retirer, je préférais mettre fin à tout par moi-même !
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_Je ne peux pas te sauver Yuki, je ne peux que t'aider ... Et je ne peux pas t'aider si tu ne me dis rien.

Le cadet se mit à pleurer, son visage se crispait sous la tristesse et Nevrabriel ferma doucement les yeux sous ce spectacle. Des larmes, encore. Ça lui brisait le cœur mais il n’y pouvait rien.
Yuki se mit à parler dans une langue inconnue qui sonnait très asiatique, mais il ne saurait pas dire laquelle. Malgré le fait qu’il ne comprenait pas un traitre mot, l’écossais pouvait deviner toute la détresse du jeune homme, toute sa peine, son désespoir. Lorsque le cœur parlait, la barrière de la langue n’existait pas.
Nevrabriel respira doucement pour se calmer. Yuki n’avait pas besoin de ressentir sa peur et sa tristesse, il avait besoin que les épaule du roux soit large pour le supporter. Et il allait le faire. Il allait chasser toute ses idées noirs, chasser tout ce qui pourrait l’empêcher d’aider son jeune ami à cet instant. Il serait fort, il serait brave et il serait grand, pour Yuki.

_On m’a tout enlevé… Mes amies… Mon rêve…

Nevrabriel ouvrit doucement les yeux, continuant de caresser les cheveux de Yuki mais la prise sur son poignet se desserra progressivement, maintenant tout de même le tissu sur la plaie. Il laissa le son cadet pleurer encore un moment, évacuer son désespoir et tout les maux qui le rende si malheureux.
Puis, lorsque Yuki fut plus calme, il lui exprima avec une voix remplie de bienveillance :

_Yuki … Tes amis … N’aimerait pas que tu te fasses du mal.

Ce n’était peut-être pas le mieux d’évoquer ses amis alors qu’ils semblaient terriblement lui manquer mais Nevrabriel devait toucher les points sensibles, faire de ces faiblesses des forces. Si ses amis lui manquaient tant, Yuki devait penser à eux et tout faire pour les rejoindre. L’écossais ne savait pas ce qu’avait pu vivre l’adolescent pour être ainsi mais ne le lui demanderait pas. Pas tout de suite. En cet instant il devait juste lui rappeler qu’il y avait des personnes qui tenaient à lui, qui l’attendaient et que l’avenir l’attendait également.

_Yuki, un jour tu vas guérir et tu vas partir d’ici … tu vas retrouver ceux que tu aimes et te construire d’autres rêves. Tu vas grandir, tu vas devenir quelqu’un, tu connaitras le bonheur.


Oui, vivre … Nevrabriel aimerait que Yuki vive pour Loreleï, pour Alistair, pour ces enfants qui sont partis trop jeune, trop tôt, ces enfants qui n’ont pas connu l’amour, qui n’ont pas connu le monde, qui n’ont pas pu vivre, fonder une famille, réaliser leur rêve. Nevrabriel aimerait que Yuki soit ce symbole, celui d’un enfant qui avance malgré le malheur pour accomplir ses rêves et conquérir le bonheur. Il en était capable, l’écossais en était certain.

_ Je vais t’aider à avancer si tu le veux. Tu n’es pas seul. Mais rien de tout cela ne peut se réaliser si tu abandonnes maintenant. Je sais que tu es triste, que tu te sens seul ... Mais tu ne l'es pas, je suis là.



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que d'arriver au but.
Mes paroles n’eurent pas de réponse. De toute façon, il n’était pas sûre que je sois en état pour écouter. Marmonnant en japonais que les médecins n’étaient que des idiots, entre autres, j’essayais de mettre un peu d’ordre dans mes idées. Mon envie de mourir n’était toujours pas partie, mais je n’arrivais pas à rejeter les paroles de Nev. Ca me faisait bien trop penser à mes amies pour que je puisse en être capable. Pourtant, ces paroles restaient douloureuses. Peut-être allais-je perdre également toutes les personnes à qui je m’accrocherais.

Lorsque je fus un peu plus calme malgré mes pensées toujours en totale ébullition, j’entendis la voix de mon aînée me parvenir à nouveau. Ses paroles me firent froncer les sourcils. Après tout, j’étais certain que je ne les reverrais jamais… Sans parler du fait qu’elles m’en voulaient sans aucun doute de les avoir laissées sans leur avoir dit “au revoir”. Ce n’était pas vraiment ma faute puisque les policiers m’avaient amené aux Lanvers sans me laisser de temps pour cela et que, par la suite, je n’avais pas vraiment eu de répit. D’ailleurs, même avant de venir ici, on ne m’avait pas laissé mourir. Etait-ce pour les mêmes raisons que le roux ? Ou était-ce pour mieux me détruire ? Je n’arrivais pas à savoir… Je n’arrivais pas à comprendre…

Il en était de même pour le fait que cet endroit était sensé me guérir. Me guérir de quoi ? Je voulais juste éviter que les Nakamura pensent que je les avais abandonnés. Je ne voulais pas qu’on m’oblige à choisir un foyer qui n’était pas le mien. Etait-ce trop demandé ? Impossible ? Les adultes étaient-ils insensibles à ce point ? Si tel était le cas, je ne voulais pas continuer. Je ne voulais pas devenir adulte si c’était pour devenir un monstre sans compassion. A vrai dire, même avant d’arriver là je ne voulais pas grandir. Je ne voulais pas être comme toutes ces personnes voulant me faire du mal de toutes les façons possibles et imaginables. Mais, pour cela, il fallait que le temps s’arrête. Il fallait que je cesse de grandir…

Je voulus lui parler, mais il fut plus rapide que moi. Je n’avais même pas eu le temps de prendre mon inspiration quand il me demanda de le laisser m’aider. A vrai dire, le fait qu’il se dise là pour moi me donna une nouvelle petite lueur d’espoir. Alors même que j’avais fait des bêtises, il ne m’avait pas grondé. Même pas frappé. Au contraire, il me parlait doucement et me serrait contre lui, me laissant écouter les battements de son coeur. Ce dernier était régulier dans sa besogne et ne souffrait d’aucun écart. Il vivait. Nev vivait. Et il voulait que je fasse de même…


Aide-moi à m’en aller… Je ne sais pas pourquoi je suis là… Je ne veux juste pas qu’on m’oblige à rester avec une famille que je ne connais pas…


En disant cela, j’avais attrapé de ma main valide la manche du jeune homme en me recroquevillant sur moi-même tout en gardant ma tête sur sa poitrine. Je me doutais de sa réponse. Elle serait sans doute pareille à celle qu’il m’avait donnée à ma première demande. Mais il fallait que je m’en aille. D’une façon ou d’une autre, il fallait que je quitte cette prison.
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_ Je vais t’aider à avancer si tu le veux. Tu n’es pas seul. Mais rien de tout cela ne peut se réaliser si tu abandonnes maintenant. Je sais que tu es triste, que tu te sens seul ... Mais tu ne l'es pas, je suis là.

Nevrabriel ne savait pas si ses paroles avaient touché Yuki, il l’espérait, mais ces derniers temps il se sentait incapable d’aider qui que se soit. C’est seulement lorsque l’on perd quelque chose qu’on se rend compte de sa valeur. Il avait perdu sa joie de vivre et sa capacité à faire sourire les autres. Il ne s’en était pas rendu compte avant, mais en y repensant, en voyant tout ces visages éteints sur son passage, il s’était rappelé de Loreleï a qui il avait remonté le moral par une histoire, à Astrid qui lui avait sourit avec sincérité, à Lucy qui était passé des larmes au rire lorsqu’il l’a porté, à Ulysse à qui il a mit de l’intérêt dans sa vie, à Anacha, à Judith, à Swann. Il a été là pour chacun d’eux, à chacun d’eux il leur a offert cette chaleur dans son cœur pour qu’ils continuent d’avancer et de vivre. Mais l’écossais n’avait plus de chaleur à donner à présent. Alors … pouvait-il réellement aider Yuki ?

_Aide-moi à m’en aller… Je ne sais pas pourquoi je suis là… Je ne veux juste pas qu’on m’oblige à rester avec une famille que je ne connais pas…

Le cadet agrippa la manche de Nevrabriel en se mettant en boule. L’écossais ne comprenait pas. Il cessa ses caresse et regarda le corps si frêle de Yuki se recroquevillé comme si le monde était effrayant.
Le cœur de Nevrabriel se serra à la vue de ce douloureux spectacle. Mais que pouvait-il faire ? Une famille qu’il ne connaissait pas ? De qui parlait-il ? De l’Institut ? D’une famille d’adoption ? Quel était l’histoire du jeune homme ?

Les yeux bicolores de Nevrabriel devinrent progressivement tristes mais il resta calme, seulement, ses sentiments étaient limpides sur son visage, cela à toujours été ainsi. le roux demanda avec douceur et inquiétude :

_Tu serais heureux si tu partais ?

Ce n’était pas un lieu pour eux, pour Yuki ... Ils ont tué Loreleï parce qu’elle avait essayé de s’enfuir … Non … IL l’a tué ! Barrabil … Ce n’était pas Donatien qui avait pressé sur la détente, ni mademoiselle Dessanges, ni Astrid, c’était LUI. Nevrabriel le détestait, le haïssait comme il n’avait jamais haïe quelqu’un de sa vie. C’était un monstre et il n’avait pas le doit de s’appeler « docteur », il ne soignait les autres, il mettait fin à leur existence ! Cette ordure …
Si Nevrabriel aidait Yuki il allait sans doute subir le même sort ... Peut être que non mais il ne voulait pas prendre ce risque ...

Cependant il y avait d’autre moyen pour lui de s'en aller ; convaincre Donatien de le renvoyer de l'hôpital ou convaincre les parents du jeune homme de le faire sortir d’ici. Convaincre Donatien, il le pouvait, il était l’un de ses chouchous, ou de ses jouets selon le point de vue, il savait comment l’amadouer, souvent. Malgré son pouvoir, le roux n’était pas certain de pouvoir le faire, il ne savait plus comment regarder son médecin, la Grande Sanction lui avait ouvert les yeux sur ce qu’essayait de lui dire Adèlys depuis cinq ans ; Donatien était un monstre.
Mais le mal était fait et Nevrabriel était partagé entre l’amour et la haine envers cet homme. Il ne pouvait plus lui faire confiance mais il ne pouvait pas non plus le trahir, il ne pouvait plus l’apprécier mais il ne pouvait pas le détester non plus. Non, il ne pouvait pas faire ces choses là …
Nevrabriel pourrait essayer, mais ... Est ce que Yuki serait heureux ? Est ce qui serait vivant ?

_Tu sais pourquoi je ne pars pas Yuki ? … Je ne pars pas parce que je suis malade et si je m'en vais, je risque d'oublier les gens que j'aime et de mourir.

Nevrabriel voulait que son cadet prenne conscience de cela. Il ne connaissait pas sa maladie et si le blond avait une maladie qui le détruisait, il ne survivrait pas dehors, sans les soins de l'institut. Le roux ne parlait jamais de la réelle raison qui le poussait à rester sur cette île, la mort et l’oublie. S’il n’était pas traité sa maladie pourrait empirer de façon violente et son cerveau devenir une éponge en un rien de temps. Il n’aimait pas cette idée d’oublier ceux qu’il a aimé et surtout ceux qui l’ont aimé alors il n’en parlait pas, comme si cette partie de sa pathologie n’existait pas, comme si tout allait bien. Mais il fallait se rendre à l’évidence, rien n’allait et rien n’irait plus.

_Yuki ... Si ta maladie te ronge tu dois rester ici et te rétablir. Et si tu es là c’est que tu ne peux pas vivre avec dans le monde extérieur. Si tu es là parce que des gens t’aiment et aimeraient que tu guérisses pour mieux les retrouver. Si tu es là c’est pour que tu puisses te réveiller tout les matins avec des souvenirs et des rêves … Yuki … serais-tu heureux si tu partais ?



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Mieux vaut voyager plein d'espoir

que d'arriver au but.
La question de Nev me tendit plus que je ne l’étais déjà. Je n’aurais pas pensé cela possible, mais je le sentis tant c’était douloureux. J’avais l’impression de sentir des muscles dont j’ignorais l’existence. Un peu comme si j’avais des courbatures absolument partout ! Mais ce n’était que le cadet de mes soucis. Est-ce que m’en allait me rendrait heureux ? Heureux… Ce mot ne m’était pas inconnu. Il me semblait que Sheila et Numa m’en avaient parlé. Mais je n’avais jamais pu me définir comme tel. Pourquoi ? D’ailleurs, je voyais maintenant que j’aurais peut-être pu l’être. Le fait de ne plus pouvoir l’atteindre me désespérait. Etait-ce pour cela, au fond, que j’avais fait ce geste ? Etait-ce pour cela que je voulais quitter ce monde cruel et douloureux ? Après tout, je ne pouvais aller nul part… Si, je devais rentrer chez les Nakamura. Mais je ne serais pas heureux là-bas. Je ne regrettais pas d’être partis. Mais d’une autre côté, ils étaient ma famille. Oui, c’est ça. C’était seulement parce que j’étais un mauvais fils. Si j’avais été plus sage ils n’auraient pas eu à me punir. Le chat aussi avait été vilain, n’est-ce pas ? … Non… Mais alors pourquoi l’avaient-ils tués ? Ah oui… Pour me punir… C’était ma faute. Donc je ne pouvais pas emmener Hope là-bas. Je ne voulais pas l’abandonner. J’avais promis de la prendre sous mon aile. Il fallait que je tienne parole ! Mais comment ? Je n’avais nul part où aller. A l’académie ? Mais c’était les Nakamura qui payaient l’école. Et mes amis y étaient peut-être plus. Et Hope avait peut-être été adoptée ou envoyée dans un refuge pour elle puisque je n’étais plus venu… Le bonheur n’était plus qu’une utopie sans tout ça…

Un sanglot s’échappa de mes lèvres malgré que je tentai désespérément de l’étouffer. Je ne devais pas pleurer. Je n’en avais pas le droit. J’étais le seul fautif… Je gardais donc mes larmes pour moi en écoutant ce que Nev avait à me dire. Au début, il m’expliqua les raisons pour lesquelles il était resté si longtemps à l’institut. Je me rappelais assez bien que cette information m’avait énormément abasourdis le jour de notre rencontre. Cinq ans… L’idée de rester aussi longtemps m’effrayait énormément. Je ne voulais pas rester là, alors aussi longtemps me paraissait insurmontable. Puis, il essaya de me convaincre qu’il y avait une raison à ma présence à l’institut avant de me demander à nouveau sa première question. Serais-je heureux en m’en allant ?

Je me sentais comme nauséeux. Je ne savais plus quoi penser tant chaque possibilité m’effrayait. Tendu comme un arc, je m’étais encore un peu plus replié sur moi-même comme si cela pouvait m’empêcher de me noyer dans mon propre désespoir. Cette idée restait futile malgré sa grande densité dans mon esprit embrumé par la terreur et la perte de mes piliers. Tant et si bien que je me mis à marmonner toutes mes pensées sans en taire une seule, ni penser à répondre à la question qui m’était posée :

Si je ne retourne pas à la maison, ils vont me punir. Je suis un mauvais fils. Je les ai abandonnés. Mais je n’avais pas le choix. Je ne peux pas désobéir. Je n’ai pas le droit. Ils me l’ont appris. Si je désobéi, je serais puni… Alors je devais aller avec ces inconnus ? Moi je veux juste revoir Hope, Sheila et Numa. J’ai promis… Je voulais vivre avec Hope. Je ne peux pas la ramener au Japon. Mais si je la laisse au refuge elle sera adoptée par quelqu’un d’autre. Je ne veux pas. Je ne veux pas non plus que Numa et Sheila me détestent. Mais je ne leur ai pas dit au revoir. C’est obligé qu’elles m’en veuillent. J’avais pas le choix. Mais elles ne savent pas. Est-ce qu’elles sont encore à l’académie ? Mais ils ne me laisseront pas partir. Ils ne voulaient pas que je rejoigne papa et maman. Ils disent que c’est pas eux. Mais c’est eux. C’est forcément eux ! Sinon… Sinon je…


Sinon j’allais perdre tous mes piliers et finir dans un état pire que celui-ci. A mes yeux, mieux valait que tout ça se termine pour que je ne vive pas cela. Mais Nev ne voulait pas me laisser faire. Dans ce cas, que devais-je faire ?

Laissant cette nouvelle vague de désespoir me submerger, je me remis à parler en pleurant les larmes que j’avais jusque-là contenues :

Ils veulent que je change mes parents. Je comprends pas pourquoi. Les Nakamura sont mes parents ! Je suis juste un mauvais fils. S’ils m’aimaient pas ils m’auraient pas choisi. Ils m’auraient pas prit avec eux. Les Lanvers se trompent. J’suis pas leur fils. Je voulais pas aller avec eux. A cause d’eux, j’ai dû abandonner mes amies, mon chiot et la seule famille que je connaisse ! Je voulais juste trouver ma voie et ils ont tout détruit. J’étais heureux avec Numa et Sheila… Je voulais être heureux avec Hope… Je ne voulais pas les quitter…


Puis, continuant à pleurer, je me tus. Je les avais perdu, c’était certain. J’en étais persuadé. Comment aurait-il pu en être autrement ? Ce n’était pas possible que tout redevienne autrement car ils avaient tout cassé. Ils avaient brisé le fragile bonheur que je m’étais construit. Et même s’ils voulaient que je vive, comment le pouvais-je dans ces conditions ?
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_ Yuki … serais-tu heureux si tu partais ?

Nevrabriel sentait les muscles du garçon se crisper, il essayait de se cacher plus encore, comme si cela était possible. L’écossais attendait et il attendrait que Yuki veuille lui parler. Il était prêt à veiller jusqu’au lendemain, au surlendemain, le garder dans ses bras, si cela pouvait l’empêcher de commettre l’irréparable et qu’il lui parle. Se confier n’était pas facile, c’était à la fois douloureux de rendre cela réelle et libérateur d’être écouté.

_Si je ne retourne pas à la maison, ils vont me punir. Je suis un mauvais fils. Je les ai abandonnés. Mais je n’avais pas le choix. Je ne peux pas désobéir. Je n’ai pas le droit. Ils me l’ont appris. Si je désobéi, je serais puni…

Nevrabriel ne disait rien mais espérait mal entendre, mal comprendre. Cependant, il savait qu’il avait parfaitement compris, il n’était pas stupide ; « ils vont me punir. Je suis un mauvais fils. », c’était horrible, Yuki se faisait battre par ses parents ? Et cela semblait vraiment grave pour qu’il pense que cela était de sa faute. Il se faisait battre et ces monstres l’ont convaincu qu’ils faisaient cela pour le corriger ? Qui avait envoyé Yuki ici dans ce cas ? Un juge ? Une famille d’accueille ? Pourquoi était-il là ? Ce n’était pas pour un simple trouble psychologique du syndrome de … oh … Non. Impossible.

_Alors je devais aller avec ces inconnus ?


Serait-ce cela ? Serait-ce possible ? Non, il était simplement perdu, déboussoler, pas au point d’en être malade …

_Moi je veux juste revoir Hope, Sheila et Numa. J’ai promis… Je voulais vivre avec Hope. Je ne peux pas la ramener au Japon. Mais si je la laisse au refuge elle sera adoptée par quelqu’un d’autre. Je ne veux pas.


Refuge ? Adoptée ?
Nevrabriel ne comprenait pas tout cela mais essayait tant bien que mal à faire le lien entre tous les éléments que lui donnait Yuki. Apparemment, il voulait adopter un animal mais à cause de ses parents, cela lui était impossible alors l’animal s’est fait ou serait adopté avant son retour. Retour indéterminé.

_Je ne veux pas non plus que Numa et Sheila me détestent. Mais je ne leur ai pas dit au revoir. C’est obligé qu’elles m’en veuillent. J’avais pas le choix. Mais elles ne savent pas. Est-ce qu’elles sont encore à l’académie ?

Une académie ? Une pension peut-être ? Était-ce là où était Yuki avant de venir à l’Institut ? Dans une pension ? Peut-être un orphelinat ? Un refuge pour mineur ? Sheila et Numa ? Le prénom Sheila ne lui était pas inconnu, c’était un prénom irlandais pour les filles, cependant, « Numa » était assez atypique et le jeune homme ne pourrait dire si Yuki parlait d’un garçon, d’une fille ou d’un animal.

_Mais ils ne me laisseront pas partir. Ils ne voulaient pas que je rejoigne [mot japonais] et [mot japonais]. Ils disent que c’est pas eux. Mais c’est eux. C’est forcément eux ! Sinon… Sinon je…

Nevrabriel ne comprenait plus rien. Les deux mots en japonais l’ont complètement perdu et il n’arrivait pas à deviner le sens de ces phrases. Qui étaient « eux » ?

Finalement, les larmes se mirent à perler de nouveaux sur les joues de Yuki, s’y noyant presque. Il était sans doute inconsolable et Nevrabriel était loin, très loin, de savoir quoi faire. Mais il était un grand frère, et le devoir d’un grand frère est sans discuter celui de veiller sur ses cadets. Yuki n’était peut-être pas son frère de sang, mais il était un patient, un être humain à qui ont avait collé un numéro, un être humain a qui ont a pas donné le choix d’être comme tout le monde, un être humain dont l’avenir dépendait de médecin et de médicaments. Alors, pour cela, il serait son grand-frère.

_Ils veulent que je change mes parents. Je comprends pas pourquoi. Les Nakamura sont mes parents ! Je suis juste un mauvais fils. S’ils m’aimaient pas ils m’auraient pas choisi. Ils m’auraient pas prit avec eux. Les Lanvers se trompent. J’suis pas leur fils. Je voulais pas aller avec eux. A cause d’eux, j’ai dû abandonner mes amies, mon chiot et la seule famille que je connaisse ! Je voulais juste trouver ma voie et ils ont tout détruit. J’étais heureux avec Numa et Sheila… Je voulais être heureux avec Hope… Je ne voulais pas les quitter…

Nevrabriel comprenait un peu mieux. Il commençait à voir le visage d’ « eux ». Evidemment, cette histoire de « fausse famille » semblait complètement folle ; échange de bébés à la naissance ? Kidnapping ? Mère ayant donné une naissance sous X qui a voulu reprendre son enfant ? Ces choses là qui arrivent aux autres mais pas à nous.
Nevrabriel ne savait pas mais comprenait lentement la peine de Yuki. Il voyait son utopie s’écrouler également. Il le comprenait.

_Si tu veux réellement les retrouver, alors tu les retrouveras.

Nevrabriel émit un profond soupire avant de poser ses deux mains sur les épaules du jeune homme pour le redresser et le tourner vers lui. L’écossais savait qu’il n’était pas forcement beau à voir, avec ses cernes et ses joues qui commençaient doucement à se creuser. Ses cheveux flamboyant semblaient plus ternes, comme le reste de son corps, mais le regard de roux était présent et vif. Il était éveillait et était prêt à être le grand-frère qu’il avait toujours été ; bienveillant et attentionné. Un léger sourire anima son visage, se voulant sincère et compatissant.

_N’as-tu pas envoyé un message à ceux que tu aimais ? Je suis certain qu’ils l’ont reçu et qu’ils aimeraient te revoir. Tu étais heureux, n’est-ce pas ? Si ces personnes t’ont rendu heureuse, elles devaient être de magnifiques personnes et si elles t’aiment autant que tu les aiment alors …


Nevrabriel baissa un instant les yeux sur la coupure de Yuki, un autre soupire se dégageait de ses lèvres.
L’écossais pensait à sa grand-mère. Il était heureux à ses cotés et l’est à chaque fois qu’il entend sa voix ou voix son visage ridé de sagesse. Pensait à elle l’aiderait peut-être à exprimer à Yuki combien il était important d’avancer.
Nevrabriel releva ses yeux vairons et les plongea dans ceux de son cadet, son sourire se faisant plus présent.

_Alors elles attendront ton retour en se demandant si tu vas bien, si tu te nourris bien, si tu n’as pas froid, si tu n’es pas seul. Ces personnes ne te détesteront jamais parce que l’amour qu’elles te portent est plus grande que l’amertume d’un départ. Je suis certain qu’ils te connaissent bien et qu’ils savent que tu ne serais jamais parti de ton plein gré sans explications. Ils le savent, parce que tu étais heureux avec eux.

Le sourire de Nevrabriel devint plus large encore, une de ses mains frotta doucement le bras valide du jeune homme tel un geste de réconfort. Le mouvement était lent et doux, presque comme une caresse.

_Ils t’attendent Yuki, et tu n’es pas obligé d’aller vers qui ont te destine. Nakamura, Lanvers, si tu ne veux pas les revoir alors ne les revois pas, aucun. Revois les personnes que tu aimes. Ils ne peuvent pas te faire du mal, personne, je serais là pour y veiller et ceux que tu aiment y veilleront également. Mais si tu t’en vas comme ça … Si tu quittes ce monde ils t’auront attendu en vain et si tu quittes l’Institut sans être guéris, tu seras parti en vain …

Le sourire si sincère de Nevrabriel devint plus triste. Pouvait-il faire entendre raison à son cadet et qu’il n’est plus jamais à le retrouver en train de se donner la mort ? Pouvait-il lui faire comprendre qu’il pouvait être heureux ? Peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas demain, mais un jour, il sera.
Toutes ces questions rendaient l’écossais triste. Il voulait aider Yuki … réellement … de toutes ses forces.

_Accroche toi à tes souvenirs heureux, à ces moments passés avec eux. Souvient toi comme tu étais en paix et dis toi que tu peux retrouver cette chaleur dans ton cœur, si et seulement si tu acceptes d’avancer et de guérir, parce qu’ils t’attendent.



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que d'arriver au but.
Si je voulais vraiment les retrouver… Mais cela ne dépendait-il vraiment que de moi ? Je n’arrivais pas à visualiser la chose de la sorte alors que je restais immobile dans les bras de Nev. Après tout, même si je voulais les retrouver, mon bonheur ne reviendrait pas tel qu’il était si le temps effaçait tout. Si j’étais là pour “guérir”, c’est que j’allais changer. Est-ce que mes amies me verraient alors de la même façon ? Enfin, si elles acceptaient de me pardonner mon départ. Si elles refusaient de me revoir, cela ne servait à rien de nourrir l’espoir de les retrouver un jour après ma sortie… si un jour je venais à quitter cette île de l’enfer. Si j’en croyais l’expérience de mon aîné, ce n’était pas gagné…

Ce dernier me prit doucement les épaules pour me relever. Grâce à mon état de loque vivante, il ne lui fut pas difficile de me remettre en position assise. Je n’avais pourtant pas lâché sa manche, tout comme je n’osais pas le regarder. Il allait me gronder. C’était normal. Je n’avais pas le droit de pleurer alors que j’avais fait une bêtise. Pas à ses yeux. J’en étais certain. Sinon, pourquoi aurait-il soupiré ? Quelle autre signification y aurait-il à cela ? Je n’en connaissais aucune…

Mon poignet blessé reposant sur ma cuisse, parce qu’aucun coup ne pleuvait, je levai les yeux sur le jeune homme. Je me rendis alors compte que je n’étais pas le seul à aller mal. Je m’en voulu énormément. Comment avais-je pu faire ça alors que d’autres luttaient dans la douleur ? Mais, d’un autre côté, comment pouvais-je lutter alors qu’aucun espoir ne brillait au bout de ce tunnel sans fin ? Je ne savais pas quoi penser de tout cela, m’insultant et me détestant, tandis que Nev continuait sur sa lancée, m’expliquant ce qu’il voulait dire un peu plus tôt.

Pour lui, il était impossible que mes amies ne veuillent pas me revoir. Il en profita pour me rappeler que je leur avais envoyé un message par le biais des étoiles. Je ne l’avais pas oublié, mais était-il vraiment possible qu’elles l’aient reçu ? Pourquoi n’avais-je aucune réponse ? Pourquoi ne parvenais-je pas à croire qu’une quelconque communication soit possible ? Mais, oui, elles étaient de magnifiques personnes. Brillantes, chaleureuses… Elles avaient été mon seul soutien pendant tous ces mois passés à l’académie. Mais je ne compris pas pourquoi il s’arrêta en baissant les yeux. Cela ne dura que quelques secondes, mais ce fut suffisant pour me faire peur. Que voulait dire ce “alors” ?

Mon coeur se fendit sous le poids de la nouvelle culpabilité qui prit place sur mes épaules. J’avais peut-être failli rendre vain les attentes de mes amies. Mais ces attentes étaient-elles réelles ? Comment le savoir ? Mes yeux s’étaient posés sur ma coupure cachée sous le tissu imbibé de mon sang. Rouge ecarlate. C’était une belle couleur, mais elle semblait amener des sentiments bien amers. Comme mes pensées. Comme mon acte. Comme… moi ? Sheila et Numa m’aimaient-elles réellement ? N’avaient-elles pas juste eu pitié de moi ? … Non. Hein ? Sheila et Numa ne m’auraient pas aidé ou rendu visite si elles ne m’aimaient pas, n’est-ce pas ? J’avais mal à la tête à force de me poser des questions. Je tremblais également de terreur. A moins que ce ne soit à cause de la perte de sang ? Et j’avais froid aussi. Qu’est-ce qui n’allait pas chez moi ?


Je ne savais pas que j’étais heureux… fis-je doucement, la lèvre inférieur tremblante, à Nev qui me demandait de me rappeler des moments passés avec mes amis et mon chiot. Je ne savais pas… J’avais l’impression que tout allait mal. J’avais toujours peur. Je ne savais pas…


Avec hésitation, je lâchai la manche de mon aîné pour m’essuyer un peu le visage. Il était trempé, ce qui rendit mon geste inutile. Tien… Je ne m’étais pas rendu compte que je transpirais et tremblais. Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Pourquoi mon corps réagissait-il comme ça ? Ah oui. Sans doute à cause de la peur. Oui, ce devait être ça. Après tout, même si je ne choisissais pas, on le ferait pour moi, non ? Comme à l’académie. On ne m’avait pas laissé le choix. On ne m’avait pas donné l’occasion de donner mon avis. L’aurait-on écouté ? Le peu que j’en avais dit m’avait envoyé là…

Regardant toujours mon poignet, je me remis à marmonner, comme pour empêcher Nev d’écouter alors que je voulais qu’il sache, qu’il comprenne :


Les Lanvers… Ils disent que je dois être ici pour guérir aussi. Mais je ne sais pas de quoi. Pourquoi ils veulent que je guérisse ? Pourquoi… ?


Ne me souciant plus de ma blessure, je portai mes deux mains à mes cheveux, cachant mon visage à l’aide de mes bras. Puis, je me remis à parler sur le même ton :


Si je guéris, ils vont venir me chercher. Ils ont même dit qu’ils viendraient me voir. Je n’ai jamais voulu être avec eux. Leur gentillesse je la comprends pas… Ils devraient me taper pour me punir de ne pas les accepter, mais il le font pas. Ils restent toujours gentils… comme Numa et Sheila… Je comprends pas… Je comprends pas… Même quand j’ai…


Tout en parlant, je pouvais donner l’impression de vouloir m’arracher les cheveux tant je tirais dessus. Mais ce n’était pas le cas. Ca me faisait mal, mais moins que la douleur au fond de mon coeur. Tout comme je ne voulais pas forcément être frappé. Mais pour moi il était normal qu’on le fasse. Même quand Sheila et Numa avaient été gentilles avec moi cela avait été difficile à comprendre pour moi. Elles ne le faisaient pas pour me faire du mal. Et il en était de même pour les Lanvers, sans aucun doute. Ce n’était pas naturel pour moi de l’accepter. Je ne pouvais pas prétendre n’avoir rien vécu, ne pas avoir souffert. Je ne pouvais pas accepter qu’il n’y ait pas de sens à ces douleurs qu’on m’avait infligées.

Refusant catégoriquement de lâcher mes prises malgré le sang qui recommençait à couler doucement, je réfléchissais. J’essayais de comprendre, de mettre un sens sur les paroles de Nev. Je tentais de visualiser mes amies qui m’attendaient malgré l’incompréhension et la colère qu’elles devaient ressentir.


Pardon… Pardon… Pardon… ne cessai-je de marmonner inintelligiblement en japonais.

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_Accroche toi à tes souvenirs heureux, à ces moments passés avec eux. Souvient toi comme tu étais en paix et dis toi que tu peux retrouver cette chaleur dans ton cœur, si et seulement si tu acceptes d’avancer et de guérir, parce qu’ils t’attendent.

Nevrabriel disait cela en connaissance de cause. Si ce n’était que lui, il serait partie à sa majorité, mais sa famille dépensait beaucoup d’argent pour qu’il guérisse et sa grand-mère espérait tous les jours cela. Evidemment, s’il partait maintenant, il ne serait pas guéri alors les désirs et leurs espoirs s’effondreront. Mais il savait que dans ce petit village d’Ecosse, la femme qui l’a élevé l’attendait. Peut-être que ses parents ne l’attendaient plus, peut-être que sa sœur ne l’attendait plus, mais au moins une personne l’attendait et pour elle, rien que pour elle, il continuait à marcher et à grandir jusqu’à pouvoir être un homme fort et en bonne santé.
Et si lui pouvait le faire, alors Yuki le pouvait aussi.

_Je ne savais pas que j’étais heureux …  Je ne savais pas… J’avais l’impression que tout allait mal. J’avais toujours peur. Je ne savais pas…

On ne regrette que lorsqu’il est déjà trop tard, n’est-ce pas ? On ne se rend compte de la valeur d’une chose que lorsqu’on l’a perdu. On ne reconnait le bonheur que lorsqu’on le perd de vue.
Mais à quinze ans, on ne devrait pas être aussi malheureux. On ne devrait pas songer à se donner la mort. A quinze ans on devrait étudier pour avoir son diplôme, on devrait être entouré d’amis, on devrait se rebeller contre ses parents, on devrait se chercher, cher son style, chercher sa propre moral, ses envies. A quinze ans on devrait faire des soirées à la belle étoile, s’amuser à en faire des nuits blanches, on devrait tomber amoureux et commencer à se construire. A quinze ans, on ne devrait pas se tailler les veines et dire que le bonheur nous ait passé sous le nez. Non, on ne devrait pas …

Yuki s’essuya le visage avec la main qui tenait jadis la manche de Nevrabriel. Ce dernier le laissa reprendre ses esprits, essayant de sourire même si ça semblait de plus en plus compliqué. La vue de tous ce sang était douloureux et celui du visage affligé de son cadet également. Nevrabriel s’attachait facilement aux autres, et faisait en sorte de s’éloigner des mauvaises personnes ainsi il n’avait jamais eut de problème. Mais s’attacher voulait également dire tomber de haut lorsque le voile se levait, lorsque ces personnes étaient blessées. Et Donatien l’a fait tomber de haut, de très haut, tout comme le poigné ouvert de Yuki.

Le blond se mit à marmonner des choses. Nevrabriel ne comprenait pas tout mais avait compris l’essentiel. Apparemment Yuki ignorait sa pathologie, ou la reniait. L’écossais comprenait que son camarade était totalement perdu dans ce cas. Il se trouvait dans un lieu coupé de tout et tout le monde pour une raison qu’il ne comprenait pas. Cela n’était pas étonnant qu’il soit si abattu. Est-ce que Yuki était persuadé d’être fou et que c’était pour cela qu’on l’avait mis là ? Non … Nevrabriel espérait que non.

Yuki se cacha sous ses bras, agrippant ses cheveux férocement, laissant une trainée de sang sur son blond. Nevrabriel n’aimait  pas ça. Il n’aimait pas la vue du sang, même son propre sang lorsqu’il faisait des crises. Il le supportait mais en avait horreur.
La voix de son cadet était étouffée mais Nevrabriel pus réussir à en desceller le sens :

_Si je guéris, ils vont venir me chercher. Ils ont même dit qu’ils viendraient me voir. Je n’ai jamais voulu être avec eux. Leur gentillesse je la comprends pas… Ils devraient me taper pour me punir de ne pas les accepter, mais il le font pas. Ils restent toujours gentils… comme Numa et Sheila… Je comprends pas… Je comprends pas… Même quand j’ai…


Même quand tu as quoi ? Qu’as-tu fais Yuki ? Pourquoi tu as fais ça ? Je veux comprendre, je veux t’aider …

Yukise mis à dire des mots dans une langue inconnue. Nevrabriel le regardait. Triste. Il regardait le bandage de Yuki devenir de plus en plus rouge à force que le jeune homme contractait sa main. Mais Nevrabriel n’allait pas le brusquer et l’emmènerait à l’infirmerie quand il serait certain que Yuki serait calmé et prêt à vivre. Ou lorsqu’il sera évanouis mais il espérait ne pas arriver à cette extrémité.

L’écossais prit doucement les poignets de Yuki et les caressa, espérant que ce geste ferait lâcher la prise au jeune homme. Nevrabriel parla avec beaucoup de douceur, comme à son habitude, le timbre de sa voix était bienveillant et protecteur.

_A ton avis pourquoi est-ce que Sheila et Numa sont gentils avec toi ? Parce que tu es dans leur cœur. Et je pense que tu es également dans le cœur de ces personnes, c’est pour cela qu’elles sont gentils avec toi. Elles n’ont pas besoin de te connaitre pour t’aimer. Moi je n’ai pas eut besoin de te connaitre, la première fois qu’on s’est vu, pour t’apprécier également. Ce n’est pas grave si tu ne comprends pas maintenant, tu comprendras plus tard.

Ce n’était pas simple. Nevrabriel comprenait que Yuki n’avait pas vécu une enfance facile, voir, impossible. Battu par ses parents … quelle horreur ! Il avait grandit ainsi, frappé, certainement humilié, maltraité, il n’avait connu que cela, alors, forcement, lui dire que ce n’était pas normale était compliqué. Peut-être qu’il ne comprendrait pas, peut-être qu’il serait malheureux de le comprendre, de comprendre que son enfance n’a pas été normale et qu’il n’était pas aimé à ce moment là. Mais peut-être au contraire allait-il renaitre et faire de ce triste passé une expérience pour comprendre vers qui se tourner et qui tenait vraiment à lui.

_Aussi Yuki, je te le demande, as-tu déjà frappé ou punis les personnes que tu aimais ? … Je ne pense pas. On ne frappe pas les personnes que l’on aime. On les prend dans nos bras, on s’assure qu’ils vont bien, qu’ils soient en bonne santé, qu’ils soient heureux, en sécurité. On leur fait des cadeaux et on essaie de les faire sourire.

Nevrabriel posa une de ses mains sur le sommet de la tête de Yuki et le caressa tout doucement, un doux sourire sur le visage.

_Peut-être que tu ne le comprends pas maintenant, mais penses à tes amis que tu aimes tant, souviennent toi de comment ils te traitaient et tu sauras à qui faire confiance et en quoi croire.



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que d'arriver au but.

Comme pour me prouver que j’avais tort, qu’on ne me ferait pas de mal malgrés ma tentative de quitter ce monde, je sentis qu’on prenait avec délicatesse mes poignets. Puis, une caresse légère frôlait la peau de mes mains. Pourquoi ? Je ne comprenais pas… Qu’est-ce que cela signifiait ? Comment devais-je réagir ?

Trop perdu pour faire quoi que ce soit, je restai dans la même position. J’avais seulement arrêté de parler, attendant qu’il se passe quelque chose. N’importe quoi ! Que ce soit agréable ou douloureux, j’étais certain de tout accepter du moment qu’on m’aidait à comprendre la situation ou les raisons pour lesquelles ma vie n’était rien d’autre qu’un enfer. Quoique cette définition n’était pas la bonne pour décrire ce que je vivais à mes yeux. C’était plutôt comme si je m’enfonçait dans un amas de ronces me déchirant toujours un peu plus et que chaque découverte que me faisait découvrir d’autres personnes que les Nakamura m’enfonçait toujours un peu plus. On m’en avait légèrement sortit à l’académie, mais c’était pour mieux m’y enfoncer à nouveau, plus profondément. Et ce meurtre…

Une voix brisa le silence. Ce dernier avait été court mais m’avait semblé être une éternité. Tant et si bien que j’avais retenu inconsciemment mon souffle. Nev, pourtant, tenta de m’expliquer que la gentillesse n’était pas mal. Pour cela, il prit l’exemple de mes amies qui m’avaient câliné, offert des cadeaux, parlé avec plus de douceur que n’importe qui d’autre. Mais je ne voulais pas croire que c’était la même chose pour les Lanvers. Ce n’était pas possible ! Cela ne pouvait pas être vrai !

Tu mens… fis-je en japonais en le regardant avec un regard implorant.


Pendant que je l’écoutais, j’avais lâché mes cheveux et descendu mes mains proches de mes cuisses, de leur position initiale. Néanmoins, elles ne restèrent pas là longtemps. Au fur et à mesure que le roux parlait et tentait de me faire comprendre que les câlins, les caresses et autres étaient un signe, au moins, d’amitié, elles remontait à mes oreilles que je voulais boucher. Il ne pouvait pas dire la vérité ! Au fond, je savais que c’était vrai puisque j’avais appris à apprécier les câlins de Sheila, j’avais aimé le faire avec Numa pour la consoler et encore plus avec Hope. Mais pas tout le monde. Pas avec les adultes. Pas avec les “parents”. C’est pourquoi je répétai de la même manière, d’une voix moins plaintive, presque plus assurée :


Tu mens.


Et, les oreilles bouchées par mes mains tremblantes, au même titre que le reste de mon corps, je n’écoutai pas la conclusion du jeune homme. Je ne voulais pas l’entendre. Je ne voulais pas comprendre. Mon pilier, le dernier qui maintenait mon monde, était en train de se briser en mille morceaux. Et au même moment où je le sentis irrécupérable, je fermai les yeux et me mis à crier avec un désespoir que je n’avais encore jamais montré de cette façon :


Tu mens !!


Puis avec un anglais bourré de fautes de prononciation et de mots parfois en japonais car je n’y faisais plus attention, je continuai sur le même ton :


Si papa et maman ne m’aimaient pas alors il ne m’auraient pas choisis ! S’ils ne m’aimaient pas ils ne m’auraient pas gardé malgré mes bêtises ! Ils m’aimaient!!! Les Lanvers me veulent juste parce qu’ils sont jaloux ! J’en suis sûr ! Je ne sais pas pourquoi ils font comme Numa et Sheila, mais c’est pas normal ! C’est pas… ... C’est pas normal…


Mes pensées, mes paroles et mes espoirs se mélangeaient au point de créer un capharnaüm que je détestais. Je ne pleurais pas, mais je n’étais pas loin de faire une crise de nerf. Après tout, même Nev, qui était dans la même situation que moi à l’institut, disait la même chose que les adultes. Lui aussi disait que ce n’était pas normal.


*Est-ce parce que lui aussi est un adulte ?* me demandai-je alors que ma respiration se faisait progressivement plus rapide.



Je t’en pris… Dis-moi que tu t’es trompé… Dis-moi que tout ce que j’ai vécu n’est pas un mensonge… S’il te plaît…


J’avais finalement dit ça sur un ton extrêmement plaintif, les yeux rivés sur le sol. Je voulais quitter cette réalité, cette souffrance continuelle. Je ne voulais plus qu’on me traite comme l’avaient fait les Nakamura, mais je ne voulais pas croire qu’ils avaient eut tort. J’étais le seul fautif, c’était certain. C’est parce que j’avais été un mauvais fils qu’ils avaient fini par me punir violemment.
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_Peut-être que tu ne le comprends pas maintenant, mais penses à tes amis que tu aimes tant, souviennent toi de comment ils te traitaient et tu sauras à qui faire confiance et en quoi croire.

Yuki disait des mots incompréhensibles pour l’écossais. Il ne pouvait même pas comprendre leur signification, il ne pouvait pas comprendre si c’était une phrase, un mot, négatif, positif, il n’en savait rien. Mais il voyait le visage de son cadet se déformer petit à petit et il porta ses mains à ses oreilles pour cesser d’entendre Nevrabriel.

_ Si [mot inconnu] et [mot inconnu] ne m’aimaient pas alors il ne m’auraient pas choisis ! S’ils ne m’aimaient pas ils ne m’auraient pas gardé malgré mes bêtises ! [mot inconnu] !!! Les Lanvers me veulent juste parce qu’ils sont jaloux ! J’en suis sûr ! Je ne sais pas pourquoi ils font comme Numa et Sheila, mais c’est pas normal ! C’est pas… ... [mot inconnu] …

Le regard de Nevrabriel devint de plus en plus triste à force d’écouter Yuki. Le monde de son cadet s’écroulait, ceux en quoi il croyait, tout ce qu’il a vécu était remis en cause. Mais pouvait-il rester dans l’ignorance ? Pouvait-il rester à croire qu’il se faisait frapper pour une bonne raison ? Qu’on le maltraitait par amour ?
Nevrabriel pouvait-il vraiment le laisser croire que son enfance était réellement normale pour que son univers inversé existe réellement ?

_[mot inconnu] … Dis-moi que tu t’es trompé… Dis-moi que tout ce que j’ai vécu n’est pas un mensonge… S’il te plaît…

Est-ce qu’il avait le droit de faire ça à Yuki ? Continuer à le laisser vivre dans un mensonge ? Continuer à lui faire croire à cela ? Avait-il le droit de lui ouvrir les yeux sur la vérité ?
Et tant bien même, est-ce que le jeune homme allait le croire ?

Nevrabriel posa ses mains sur les épaules du blond, n’arrivant plus à sourire, il affichait une mine triste et désolé. Il était réellement désolé mais il ne pouvait pas laisser Yuki croire en toutes ces horreurs.

_Je ne veux pas te faire de peine. Mais je refuse que tu penses toute ta vie que ce qui t’es arrivé était normal et de ta faute si on te faisait du mal. Je refuse que tu vives en croyant qu’aimer une personne c’est le faire souffrir. Que vivre c’est souffrir.

Nevrabriel n’aurais jamais cru dire ces mots un jour, lui qui n’avait connu personne dans cette situation, ni ses amis, ni lui. Bien que ses parents étaient absents et sa mère très sévère, il n’a jamais été battu et sa grand-mère, la femme qui l’a élevé, n’était que douceur et tendresse. Elle avait su être ferme lorsqu’il le fallait, le réprimandait lorsque cela était nécessaire mais également lui offrir tout l’amour dont un enfant avait besoin.
Mais Yuki n’avait pas eut tout cela, il ne savait pas ce que c’était, c’était abstrait, voir inconnu, pour lui. Comment pouvait-il croire le contraire ? Comment pouvait-il croire les mots de Nevrabriel lorsqu’il lui disait que ses parents n’auraient jamais du faire ça, que ce n’était pas normal, que ce n’était pas de l’amour !

_Je suis désolé, je te ferais pleurer s’il le faut, mais je préfère que tu sois malheureux aujourd’hui que penser toute ta vie que tout était de ta faute. Que diras-tu à tes enfants le jour où tu en auras ? Comment seras-tu avec la personne que tu aimes le plus au monde ? Comment pourrais-tu reconnaitre l’amour si ta vision est fausse ? Comment peux-tu distinguer le bien du mal si on ne te l’a pas appris ?

Comment Yuki ? Comment ?

_Tu es un garçon droit, gentil, qui ne ferait de mal à personne alors personne n’a le droit de te faire du mal.

Nevrabriel prit son cadet dans ses bras et le serra fort contre lui. Il avait de la peine, beaucoup de peine, pour Yuki. Il avait entendu beaucoup d’histoire ici, mais jamais qu’un patient s’était fait battre par ses parents. Les personnes ici étaient aimés, au contraire, pour recevoir les meilleurs soins afin de les rétablir, alors cette histoire …

_Je suis désolé … Yuki je suis désolé … Tu peux m’en vouloir, tu peux en vouloir au monde entier, mais ne t’en veux pas. Ce n’est pas ta faute, tu m’entends ? Ce n’est pas ta faute.



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Je ne m’étais pas du tout attendu à ce qu’on me prenne par les épaules. Pas comme ça. Pas sans me secouer au moins. Rien n’était comme je l’imaginais et cela augmentait grandement mon trouble. Il aurait dû me frapper, non ? A moins qu’il soit comme ces adultes “tendres”? Même si c’était le cas, pourquoi ne me criait-il pas dessus ? Après tout, j’avais haussé la voix, omis de répondre à ses questions et j’avais fait mine de ne plus vouloir l’écouter. Tout cela était passible de punition plus ou moins grande. En vérité, les Nakamura m’auraient déjà punis depuis longtemps. Dès que j'aurais émis une contradiction ou tout simplement répondu verbalement. Je devenais beaucoup trop désobéissant…

Doucement, je regardai Nev en priant pour qu’il sourit et me dise que j’avais raison, qu’il voulait juste tester mon attachement aux Nakamura. Il n’en fut rien. Son sourire avait disparu. A vrai dire, j’eus la très nette impression qu’il voulait pleurer autant que moi. Et lorsqu’il répondit à mes paroles, sa voix était grave. Il ne voulait pas me faire de peine… C'était ses mots. Mais il fit pire : il continua à prétendre que mon enfance n'était qu’un mensonge. Voire pire, mais je n’avais pas les mots pour le décrire. C’était horrible ! Comment… Pourquoi ? Je ne pouvais pas dire que je ne commençais pas à me douter qu’il y avait une sacré différence avec ce que je vivais et le passé des autres. Mais cela ne signifiait pas que je voulais le voir. Non. Je ne voulais pas savoir. C’était trop dur ! C’est comme si on m’annonçait que mes amies me détestaient ou que Hope avait été adoptée, les deux… quoique je n’étais pas sûr que ce soit vraiment équivalent. Mais quel exemple pouvais-je donner ? Mes parents étaient mon monde. Sans eux, certainement serais-je mort là-bas…

J’écoutai à peine Nev. Je n’arrivais plus à saisir le sens de ses paroles tant j’avais peur. Je ne voulais pas qu’on brise mon monde. Je ne voulais pas être démuni de la seule chose qui pouvait me rester. Pas si on m’empêchait de mourir.


*Ah… Peut-être que c’est ça la solution… Peut-être devrais-je tout simplement mourir. Au moins je n’aurais plus à souffrir…*


C’était la seconde fois de la journée que je pensais ça. Mais, la seconde c’était alors que le roux me prenait dans ses bras dans un câlin. Sans doute en aurais-je eu peur si mes yeux n’étaient pas rivés sur le morceau de verre ensanglanté, un peu plus loin. J’avais juste à tendre le bras, non ?

J’étais en train de songer à aggraver mon état jusqu'à ce que mort s’ensuive lorsqu’une infirmière passa le pas de la porte. En me voyant dans les bras de Nev et la mine aussi grave que triste de ce dernier, elle s’approcha et prit mon poul en demandant fermement :


Que s’est-il passé ?


Elle n’avait pas loupé le sang autour de nous comme dans mes cheveux et la manche du jeune homme. Le bandage et le verre ensanglantés suivirent, lui laissant une petite idée de la situation. Mais elle voulait plus de détails si c’était possible, ainsi que l’état du roux pour savoir s’il pouvait l’aider à m’emmener à l’infirmerie. Cela devenait sans doute de plus en plus urgent vu que je ne réagissais plus aux voix extérieures. Je pourrais même me faire manipuler sans problème si je restais ainsi.
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_Je suis désolé … Yuki je suis désolé … Tu peux m’en vouloir, tu peux en vouloir au monde entier, mais ne t’en veux pas. Ce n’est pas ta faute, tu m’entends ? Ce n’est pas ta faute.

Est-ce que cela faisait de Nevrabriel un monstre ? Est-ce que briser le monde d’une personne pour lui faire ouvrir les yeux faisait de lui un horrible personnage ? Il ne savait pas. Il faisait ce qu’il pensait être juste. Il voulait réellement aider Yuki, quitte à ce que ce dernier le déteste. Il préférait que le blond lui en veuille plutôt qu’il se taille les veines. Il préférait que son cadet le maudisse plutôt de le savoir ronger par une culpabilité qui n’a pas lieu d’être. Il serait prêt à porter les maux de Yuki s’il le fallait. Il était le plus âgé, il était un adulte à présent, il pouvait … non … il devrait avoir les épaules pour le porter !

_Que s’est-il passé ?

Une voix à la fois familière et inconnue réveilla le jeune homme de sa torpeur. Il se détacha de Yuki pour voir la personne qui venait de pénétrer dans la chambre. C’était une infirmière que Nevrabriel avait forcément déjà vu. Ses yeux passèrent rapidement l’environnement autour des adolescents ; verre brisé, sang sur le sol, sang sur les vêtements de Nevrabriel, sang sur le visage et les cheveux de Yuki. Trop de sang.

La dame alla à la rencontre des adolescents en examinent le blessé puis l’écossais pour savoir s’il était blessé aussi, mais à part une légère entaille sur la paume de sa main lorsqu’il avait arraché le morceau de verre des mains de Yuki, son état était plutôt psychologique. Experte, l’infirmière était vive et observatrice. Elle retira le bandage de Yuki pour examiner l’entaille. Profonde. Le bandage avait aidé à ce que la peau puisse se refermer et le sang s’amoindrir mais ce n’était pas assez, il fallait certainement le recoudre. De plus, le jeune homme était tellement blanc que ses paupières viraient au bleu. Il allait bientôt perdre connaissance !

A l'aide de Nevrabriel, l'infirmière souleva le blessé, passant un de ses bras sur son épaule tandis que l’écossais en faisait de même avec l'autre bras, encadrant le jeune homme. Yuki était facilement malléable malgré le fait qu'il traînait des pieds, il arrivait à marcher et se laissait conduire. C'était beaucoup plus facile que de porter un corps inerte. Mais plus ils avançaient vers l'infirmerie, plus Yuki devenait lourd et se faisait plus porter qu'autre chose. Il était certainement en train de perdre connaissance.

A l'infirmerie, ils allongèrent Yuki sur un lit et l'infirmière prépara rapidement une perfusion alors que Nevrabriel tenait la main a de son cadet. Elle ouvrit son placard rapidement pour chercher de quoi recoudre le blond ainsi que lui transfuser du sang pour qu’il puisse continuer de vivre.
L’écossais regard un instant l’infirmière s’agiter, se demandant s’il ne devait pas l’aider, mais maladroit comme il était, il serait plus une gêne, de plus, si elle avait besoin d’aide, elle aurait déjà bipé un de ses collègues. Peut-être l’avait-elle fait ?
Puis, les yeux bicolores de Nevrabriel allèrent se poser sur le visage de son cadet. Il ne savait pas vraiment si le jeune homme était encore conscient ou non.

_Yuki, tu m’entends ? ... Je suis vraiment désolé, tu sais ? Mais j'aimerais que tu puisses trouver la bonne voie et le bonheur. Et ... Ce n'est pas en donnant ta confiance, ton respect et ton amour aux mauvaises personnes que tu vas pouvoir être heureux ...


Nevravriel enveloppa la main de Yuki de ses deux paumes, respirant doucement. Il ne savait pas si ses mots allaient atteindre son cadet, mais il l’espérait. Il espérait que Yuki puisse guérir, retrouver ses amis, vivre la vie qu’il mérite.

_Déteste moi si tu le veux, mais ne t'en veux pas. Même si tes parents ne t'aimaient pas réellement, d'autres personnes tiennent profondément à toi. Et attendent que tu reviennes, ne l'oublie jamais. N'oublie pas que tu es réellement aimé.



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que d'arriver au but.
A partir du moment où j’avais pensé à aggravé mon état, je n’avais pratiquement pas réagi, que ce soit pour répondre aux questions, regarder quelque chose ou faire un quelconque geste. Je voulais juste rester là, voire me taillader l’autre poignet. Peut-être que ce serait moins puissant vu que je peinais à bouger ma main gauche, et que de base j’étais droitier, mais l’envie de mourir me donnerait peut-être envie de faire plus. Oui, sans doute. Je me mis donc en tête d’attraper ce morceau de verre qui me faisait de l’oeil. On ne me laisserait peut-être pas faire, mais j’allais bien y arriver, non ? La volonté faisait tout, disait-on.

Pourtant, quand Nev et l’infirmière m’attrapèrent pour me sortir dans la chambre, je ne pus rien faire. Seules mes lèvres bougeaient en signe de ma volonté de rester, qu’ils me lâchent. Et encore, seules quelques syllabes se voyaient articulées en japonais. Même les sons ne sortaient pas. Je me vis donc contraint à avancer, à me traîner dans les couloirs jusqu’à l’infirmerie. Et pendant tout le long, je m’étais sentis de plus en plus lourd. Les sons se faisaient plus vagues bien qu’ils restaient compréhensibles. Je voulais m’endormir. D’ailleurs, pourquoi ne fermai-je tout simplement pas les yeux ? Pourquoi ne m’évanoussai-je pas ? Peut-être que, de cette façon, je pourrais mourir comme je le souhaitais. Oui, c’était une bonne idée. Sans aucun doute. Mais je n’y parvins pas. Trop de bruits autour de moi. Et je tanguais inlassablement, rendant le sommeil plus long à arriver même si je pouvais noter que mon corps ne cessait de s’alourdir.

Finalement, après de longues et interminables minutes, je fus allongé dans un lit. Nous nous trouvions dans une salle que je n’avais encore jamais vue mais qui m’étais pourtant étrangement familière. Je ne parvenais pas vraiment à en comprendre les raisons. Sans compter qu’y réfléchir ne me menaient à rien. Les yeux mi-clos, j’attendais simplement le temps pour moi de partir. Qu’on me manipule, me pique ou autre, je me disais qu’à ce stade plus rien ne pourrait m’atteindre. Pas même la chaleur sur ma main coupée par le verre qu’elle avait longtemps tenu. Pourtant, au milieu de tout le raffut qui semblait être fait autour de moi, une voix me parvint. La familiarité de cette voix presque plaintive attira automatiquement mon attention. Je ne comprenais pas pourquoi et je ne pouvais pas le contrôler. A vrai dire, dès que les premières paroles furent prononcées, je tournai la tête vers le roux assis près de moi et l’écoutai du mieux que je pus.

Ses paroles, il me sembla les entendre pour la première fois. Je les compris avec grand peine, ce qui laissa un long silence s’installer. Concentré comme je l’étais, je ne sentis même pas qu’on préparait mon bras à être recousu. Ni même que d’autres personnes arrivèrent pour assister l’infirmière et apporter du matériel qui manquait. C’est sans faire attention à cela, fort heureusement, que je répondis à Nev d’une voix pâteuse et traînante ce que je pensais de ses paroles :


Je comprends pas… Pourquoi t’en voudrais-je…? Et pourquoi j’peux pas aimer mes parents ? Pourquoi j’peux pas aimer les Nakamura ? … Ils m’ont prit avec eux… Ils m’ont… sauvé…


Des larmes coulaient alors que je des bribes de souvenirs qu’il me restait de mon enlèvement jusqu’à la vente remontaient à la surface. Cela faisait si longtemps que je n’y avais pas pensé que j’aurais pu croire que j’avais oublié. Mais ce n’était pas le cas et j’en avais presque peur, même si cela me rappelait à quel point ma famille avait été bonne avec moi. Ils m’avaient tiré de cet enfer !

Pendant que je parlais, un infirmier fit remarquer que mon tendon était dans un sale état. Des propos médicaux sur la façon de me soigner furent dits par la suite alors que l’opération continuait. Puis, lorsqu’ils furent à la dernière couche, l’infirmier qui était arrivé un peu plus tôt, seul homme du groupe, partit pour aller chercher mon médecin. Il fallait faire quelque chose pour que je ne recommence pas. Il fallait comprendre ce qui m’avait poussé à cela. Mais je m’en fichais. Je voulais juste qu’on cesse de me torturer ou me laisse mourir...
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_Déteste moi si tu le veux, mais ne t'en veux pas. Même si tes parents ne t'aimaient pas réellement, d'autres personnes tiennent profondément à toi. Et attendent que tu reviennes, ne l'oublie jamais. N'oublie pas que tu es réellement aimé.

Nevrabriel sentit la main de Yuki devenir de plus en plus lourde et évasif, comme s’il allait perdre connaissance à tout moment. D’autres infirmiers arrivèrent, s’agitant autour du patient. Apparemment c’était plus grave que ne le pensait l’écossais. Il n’aurait certainement jamais du attendre autant avant de l’emmener ici, mais aurait-il vraiment pu trainer un garçon qui voulait mourir ainsi ? Jamais Yuki ne se serait laissé faire. Ou même s’il l’avait fait, aurait-il compris son erreur ? Aurait-il compris que partir comme cela c’était souffrir sans comprendre et faire souffrir ceux qui nous aimaient ? Aurait-il compris qu’il pouvait encore être heureux s’il continuait à avance ? Aurait-il compris cela ? Et L’avait-il finalement compris maintenant ?

Les blouses blanches s’agitèrent encore plus, préparant le bras du jeune homme, amenant un chariot avec une poche de sang et de multiples tuyaux transparents que Nevrabriel avait vu de multiple fois mais n’avait jamais eut besoin. Des fils, des compresses, des outils, des machines installées près de Yuki comme s’ils improvisaient un bloc opératoire de toute urgence.

_Je comprends pas … Pourquoi t’en voudrais-je … ? Et pourquoi j’peux pas aimer mes parents ? Pourquoi j’peux pas aimer les Nakamura ? … Ils m’ont prit avec eux… Ils m’ont… sauvé…


Nevrabriel avait la mine triste et n’essayait même plus de sourire. Il se doutait que Yuki devait voir trouble et ne pouvait donc pas distinguer les yeux humides de l’écossais. Il était conscient qu’il n’avait certainement pas tout les détails de l’enfance de son cadet, que Yuki avait du avoir une enfance encore plus horrible qu’il ne pouvait l’imaginer, qu’il avait du être seul et malheureux. Mais pourquoi se raccrochait-il tant à des personnes qui ont fait de sa vie un enfer ? Qu’avaient-ils fait pour le conditionner ainsi ?

Lorsque le médecin arriva et que tout était prêt pour s’occuper du patient W188, le personnel médical demanda, plutôt agressivement, au roux de sortir, n’apportant que gêne à leur travail. L’écossais avait une boule à la gorge sur le fait qu’il devait laisser Yuki aux mains de ces mécréants, ces personnes qui n’avaient rien fait pour empêchait la mort de Loreleï. Mais s’ils pouvaient et allaient sauver Yuki, alors il était prêt à sortir.

Nevrabriel quitta donc la pièce, les vêtements maculés de sang qui n’était pas le sien. Il n’avait jamais son propre sang sur ses vêtements, toujours ceux des autres … C’était … toujours ceux des autres …

L’écossais s’assis dans le couloir, dos au mur, en face de la porte. Il massa son visage, essayant de se remettre de ce moment éprouvant. Il avait pu être courageux pendant ce laps de temps. Mais pouvait-il vraiment aidé les autres ? Avait-il pu aider Yuki ? Ou est-ce qu’il avait aggravé les choses ?

Nevrabriel  finit par regarder cette porte close, attendant sagement qu’on lui dise que son ami était hors de danger. Il pouvait attendre des heures s’il la fallait, mai il ne souhait qu’une chose à cet instant, que Yuki vive …



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que d'arriver au but.
Ma vue se brouillait de plus en plus. Mon audition se faisait moindre à mesure que les secondes s’engrenaient. Mais je m’en moquais. Je voulais que Nev me réponde. Qu’il me dise pourquoi je n’avais pas le droit d’aimer les Nakamura, les voire comme mes parents ou les revoir. Pourquoi m’enlevait-on cette liberté qui régissait ma vie ? Mais aussi, pourquoi devais-je lui en vouloir ? Il ne m’avait rien fait de mal. Il ne m’avait pas fait mal. Et même s’il m’avait empêché de mourir, c’est qu’il y avait une raison. Non ? Ne voulait-il pas que je vive ? Non pas pour les autres, mais pour lui. Etait-ce possible ?

Sans avoir la moindre raison à ces interrogations qui me faisaient mal, tout devint noir. Je vis à peine la tête rousse du jeune homme partir. La raison m’en échappa totalement. Je ne pus même pas le retenir d’une quelconque façon puisque j’étais en train de sombrer dans l’inconscience. Le corps médical, en s’en apercevant, me branchèrent à un électrocardiogramme le temps que je me remette. Mon état était encore beaucoup trop critique pour qu’on puisse me laisser ainsi. Trop maigre, trop instable émotionnellement, pour qu’on me laisse sans surveillance bien que l’opération était plutôt minime. Même la perte de sang que j’avais subie était assez importante pour cela et empêcher de m’emmener dans un bloc opératoire, ce qui aurait tout de même été un peu plus sain.

Me remettre dans un état prit une à deux heures. Puis, quand le médecin sortit, il vit Nev, assis devant l’infirmerie. Il vit bien qu’il n’était pas en forme, mais il ne pouvait pas vraiment s’en préoccuper comme s’il avait été son médecin régulier. Du coup, il lui fit face et lui fit un très rapide topo de mon état, insistant sur le fait que je n’étais plus en danger pour le moment, mais que pour que cela dure il lui fallait des réponses. Il commença donc à lui demander les circonstances dans lesquelles il m’avait trouvé, ce que j’avais pu dire ou autres informations pouvant lui faire comprendre mon état d’esprit. Pour cela, il expliqua autant de fois qu’il le fallut les raisons qui le poussait à vouloir en savoir plus. Il en avait besoin pour que je ne recommence pas.

A la fin de cet entretien, il me prescrit des antidépresseurs et une augmentation de mon traitement régulier. Il demanda également aux infirmières à ce qu’on me surveille d’un peu plus près quelques temps. Puis, calmement, il retourna auprès de Nev qu’il raccompagna à sa chambre. Il allait falloir faire attention à l’état de ce patient qui ne semblait pas vraiment au top. Et encore, il était bien loin du compte… Mais il ne pouvait, encore une fois, rien faire pour lui, mis à part essayer d’en parler avec son médecin. Est-ce que cela aurait une conséquence ? Cela, il n’en savait rien. Après tout, c’était peut-être simplement le contrecoup de m’avoir trouvé dans un état lamentable. Il ne pouvait pas savoir.

FIN

(c) Yuki Nakamura sur Pensionnat Immortal




Je parle en en anglais en #0066cc, et en japonais en #0033cc.


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