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10/02/2019
Nouvelle intrigue ici !
09/02/2019
Doutes : -5% ; Révolution : +5% (Heure supp' de Ange :ici)
05/01/2019Nouvelles intrigue et pages dans le Journal Clandestin
05/11/2018Rôle d'espions à pourvoir

To be or not to be

Alexander Hexe

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X111
Il avait attendu ce moment depuis longtemps déjà. Il s’en délectait d’avance et il était enfin arrivé. Le Génie connaissait désormais le nom de la Cannibale. Il lui avait fallu du temps, il avait consacré beaucoup d’énergie à cette enquête mais il avait finalement découvert ce qu’il cherchait. Heureusement pour lui, il avait eu l’intelligence de ne pas s’intéresser au nom de la Cannibale, mais à celui de X50. Ca c’était avéré payant, et surtout, beaucoup plus facile que de s’attaquer à découvrir la vérité derrière une légende. Il avait donc finalement réussi à découvrir l’emplacement de sa chambre, puis celle de sa salle de soin habituelle et un beau jour, à force de patience, la chance lui avait finalement souri en laissant la porte de la salle ouverte et complètement vide à l’exception de son dossier médical ouvert bien en évidence sur le bureau. Il y avait donc lu son nom, sans y fouiller davantage et était ressorti aussitôt. L’intrusion avait été déjà suffisamment risquée sans qu’il ne tente plus sa chance, et puis, il avait l’information qu’il était venu prendre. Pour le reste, il avait compris seul que la raison de sa présence ici tenait à des soucis cardiaques et cela lui suffisait… Pour le moment.
Dès le matin suivant, il avait été tenté tout d’abord de la chercher, mais il ne l’avait pas trouvée dans la cantine au petit déjeuner. Alors il s’était raisonné. Il finirait bien par la recroiser, et puis, de toute façon, il avait des choses à faire. Cependant, il ne put s’empêcher d’être le premier arrivé dans la cantine à l’heure du déjeuner, se disant que comme ça, il serait plus à même de la voir arriver.
Lorsqu’il arriva devant le self, il s’avéra qu’il n’avait pas tout à fait réussi son coup. Une trentaine de personnes attendaient déjà devant lui. Il tendit le cou à s’allonger la nuque pour voir si la Cannibale n’était pas parmi elles. Il lui semblait que non. Il prit donc son plateau et fit la queue comme tout le monde. En ce moment, les employés de la cantine semblaient avoir un petit kiff personnel et s’amusaient à faire des repas à thème. Aujourd’hui, c’était repas américain. La plupart se réjouissait de voir leur assiette se garnir pour une fois d’un peu de malbouffe – un hamburger ou un hotdog avec des frites – mais ce qui fit sourire le Génie, ce fut la vue du dessert. Un cheesecake. Il eut l’audace de demander s’il était possible d’avoir un coulis aux fruits rouges. Son interlocutrice lui tendit celle qui était déjà la dernière part à cette saveur avec bonne humeur puis Alexander alla s’asseoir à une table au fond qui offrait une bonne vue d’ensemble sur la salle. Il commença à manger en songeant qu’il aurait vraiment une chance de dingue si celle qu’il attendait se pointait dans ces conditions parfaites. Et son vœu fut exaucé.
Elle arriva alors qu’il guettait la fin de la chaîne de self et s’installa seule à une table, à quelques pas. Elle ne devait pas l’avoir vu. Il la laissa manger son entrée et son plat principal, le regard balayant le dos qu’elle lui tournait, glissant le long de ses longs cheveux blonds, réfléchissant à ce qu’il allait bien pouvoir lui dire, exactement, tout en étant conscient que comme d’habitude, son cerveau allait probablement le laisser tomber qu’elle poserait son regard sur lui. Il s’habituait un peu à cette sensation de perte de contrôle. Il n’aimait toujours pas ça, mais il la détestait moins. Le Génie apprenait doucement que parfois, ce n’était pas plus mal d’arrêter de tout calculer, tout anticiper, se préparer à toute éventualité… Avec elle, il avait l’impression d’être enfin normal. C’était comme si elle arrivait à combler le décalage qu’il ressentait avec tout le monde et qui était bien souvent la cause de sa condescendance. Elle arrivait à établir un équilibre entre eux que personne n’avait jamais réussi à installer, même après de longs efforts. Elle, elle le faisait naturellement, comme si c’était enfantin. C’était probablement ça qui lui avait fait peur au début mais maintenant... Pris à ces pensées, il ne réalisait pas qu’il souriait.
Lorsqu’elle eut fini son plat de résistance, le Génie se leva, attrapa le cheesecake qu’il dissimula à moitié dans son dos et s’approcha sans chercher à signaler sa présence avant d’avoir posé la main sur le dos de sa chaise et de se pencher légèrement vers son oreille.

- Bien que nous ne soyons pas au Danemark, il semblerait qu’il y ait quelque chose de pourri ici.

Il marqua un léger silence, désireux de faire son petit effet avant de lui glisser, presque comme une confidence.

- N’est-ce pas Ophelia ?

Finalement, comme il le pensait, son accroche était venue spontanément, et rétrospectivement, elle n’était pas trop mal. En une phrase, il avait réussi à lui rappeler leur rencontre, lui signifier dans quel camp il comptait se ranger et à faire preuve d’une pointe d’humour culturel dont il avait secret, sans oublier, évidemment, de lui faire comprendre qu’il connaissait maintenant son nom. Egalité.
Puis il tira la chaise à côté d’elle avant de déposer le dessert juste devant ses yeux.

- Et d’un sur trois. Annonça-t-il.

Il faisait bien évidemment référence aux vœux qu’elle avait formulés la première fois qu’elle lui avait adressé la parole. Bon, il avait un peu triché, c’est un cheesecake de la cantine et il avait juste eu un coup de chance monstrueux mais bon, après tout, il était le Génie, pas magicien ou pâtissier.
Et soudain il fut pris d’un doute et observa le plateau de la blonde. Il espérait que la cantine n’en avait pas resservi d’autres et qu’elle n’en avait pas un, sinon, il allait passer pour un sacré blaireau…
La Cannibale

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La santéde la Cannibale s'était dégradée ces derniers jours. Elle avait toujours été sensible aux changements de saison. Mais le dernier avait vraiment été brutal. Passer d'une chaleur insupportable à une saison de pluie n'avait pas arrangé son état. Elle avait passé la dernière semaine clouée au lit et ses séances de soins s'étaient concentrées sur son rhume. Rhume qui aurait pu dégénérer.
Ange lui avait prescrit de rester au lit encore quelques jours mais elle avait insisté : si elle restait dans cette pièce encore une heure, elle allait crever d'étouffement. Ses draps puaient le moisi de la maladie et chaque coin de la chambre lui rappelait cette machine de respiration à laquelle on l'avait branchée pendant ces sept dernières nuits. Elle entendait encore son souffle amplifié.
Après quelques négociations et battements de cils langoureux, Ange lui avait autorisé le repas à la cantine. Mais c'était impératif : elle devait être de retour pour treize heures ! C'était noté, elle ne désobéirait pas. Elle avait quarante-cinq minutes, c'était largement suffisant.
Elle s'était apprêtée avant d'y aller, comme une femme qui se préparerait pour sortir à l'Opéra. La tenue n'était pas la même, mais l'application à la préparation n'avait rien de différent. Elle était restée trente minutes dans sa chambre (parce que pour ça, bien sûr, elle était d'accord) à se pomponner. Elle avait donné du volume à ses boucles et allongé ses cils de mascara. S'était parfumée le creux de la nuque et les poignets. Puis par dessous l'uniforme d'hiver elle avait enfilé des sous-vêtements en dentelles. L'essentiel n'était pas de voir la petite culotte sexy mais plutôt de remarquer l'attitude sensuelle et confiante que ça lui procurait. C'était dingue comment un simple petit bout de dentelle pouvait vous rehausser les épaules et chalouper votre démarche.
Elle avait donc quarante-cinq minutes ... Mais la queue à la cantine lui en amputait de dix. Super, elle aurait aimé un pass spécial, comme pour Disneyland. Mais qu'on ne rêve pas, elle n'était pas dans le monde des Princesses ici. Elle devait faire la queue, comme tout le monde.
Bon, tant qu'il restait une part de cheesecake, tout irait bien.
La blonde demanda le plus gros des hamburgers et une super portion de frites qu'elle noierait bientôt de Ketchup. Puis elle se trouva face au dessert. Donuts, beignets ... Et le cheesecake ? Elle était sûre que c'était inscrit sur le menu pourtant.

« Excusez-moi, il ne devrait pas y avoir du cheesecake au coulis de fruits rouges ? »

Ce n'était pas son préféré, et il ne serait sûrement pas aussi bon que ceux de la Grande-Bretagne, mais qu'est-ce qu'elle en voulait ! Elle aurait mangé celui du supermarché du coin s'il le fallait !

« Désolé ma p'tite dame. Ils font fureur, j'ai donné l'dernier à un p'tit gars y'a pô longtemps. »

La Cannibale se crispa. Si elle retrouvait ce mec, elle se promit de faire honneur à son surnom.
Elle remercia poliment la dame de la cantine et refusa un dessert dans un sourire forcé. Les mandibules serrées, le pas coincé, elle jeta son plateau plus qu'elle ne le posa sur une table déserte.
Ange lui avait donné un biper en cas de pépin (pour son cœur, bien sûr), mais elle l'aurait bien utilisé maintenant. On prétextait un problème cardiaque, la solution était son dessert favori, et tout était réglé !
Elle mangeait ses frites du bout des doigts, boudeuse. Puis elle sentit une présence dans son dos, et un souffle chaud sur sa nuque. La voix qui suivit lui fila la chair de poule.

« Bien que nous ne soyons pas au Danemark, il semblerait qu’il y ait quelque chose de pourri ici... N'est-ce pas Ophelia ? »

Interloquée, la blonde ne bougea pas. Il y avait très peu de monde qui connaissait son prénom. Il y avait Ange, il y avait le patient du docteur Elpida ... Et c'était tout.
La chaise vide près d'elle fut vite occupée et un sourire, cette fois ci un vrai, éclaira le visage de la jeune femme. Alexander. Bien sûr, qui d'autre ?
Il avait l'air d'un coup bien confiant et tranquille. Monsieur savait draguer les filles maintenant ? Ce n'était plus le pseudo-campeur qu'elle avait vue sur le terrain de volley-ball. Tout son charisme résidait en deux points : ses yeux. Ou plutôt son regard. Il y avait quelque chose dans ce gris, quelque chose qui fit qu'Ophelia ne décrocha pas un instant son regard du sien.

« Et d'un sur trois », annonça-t-il, tout fier, en déposant sous ses yeux une part de cheesecake.

La patiente éclata de rire.
Très bien, ce type marquait des points. Elle avait complètement oublié cette histoire de vœux. Elle avait demandé quoi déjà pour les deux premiers ? Quelque chose avec sa sœur et le désir de fuir d'ici, si elle se souvenait bien.
Elle poussa son assiette entamée sur le côté et se saisit du cheesecake. Sans aucune retenue, elle enfonça sa cuillère dans le dessert et en prit une bouchée ... Ce que c'était bon ! Le bout de cuillère toujours dans la bouche, elle s'en délectait. Il ne devait pas rester une miette !
Lorsqu'elle en fut à la moitié, elle se pencha en avant et planta ses yeux dans ceux de son interlocuteur. Quoi, elle avait mis du parfum, c'était bien pour que les autres en profitent.

« Fais attention, chaton, tu vas finir par me plaire. »

Elle appuya son propos d'un clin d’œil malicieux et retourna vers son cheesecake avec un certain calme.

« Tu m'aurais presque manqué. Qu'est-ce qui t'as pris autant de temps ? »

Elle passa sa langue sur ses lèvres : il y avait eu un peu de coulis. Le goût sucré des fruits rouges, avec une pointe d'acidité, mélangé à la fraîcheur du fromage blanc et au croustillant de la pâte ... Non vraiment, c'était pile ce qu'il lui fallait.

« Je veux dire par là, il t'aura fallu un petit bout de temps pour trouver mon prénom. Je te pensais plus vif d'esprit, Alexander. Mais je te rassure, il n'y aura pas de grande tragédie avec moi. Ni folie, ni mort dramatique. »

Quoique, on n'était pas à l'abri d'un petit drama de temps à autres. Quand elle avait ses règles, par exemple. Et encore, fallait-il qu'elle les ait. Quand sa santé dégringolait vraiment, il lui arrivait d'être aménorrhée.
Du Cheesecake et la compagnie du Génie, ce repas ne pouvait que bien se passer.

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Dernière édition par La Cannibale le Lun 29 Oct - 12:44, édité 1 fois


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L’attitude de la Cannibale changea du tout au tout alors qu’il tirait la chaise sur laquelle il allait s’asseoir. Alors qu’elle avait dégagé quelque chose d’assez maussade, tripatouillant dans sa montagne de ketchup, elle affichait désormais un immense sourire. Ca devait être à cause du cheesecake. Celui-ci lui tira un rire avant qu’elle ne plonge sa cuillère à l’intérieur dedans, à peine posé sur son plateau. A son grand soulagement, il ne venait pas faire doublon, ce qui lui permit de remonter son regard vers elle. Son visage le surprit même s’il n’en montra rien. Ce n’était pas tant la cuillère qu’elle gardait obstinément dans la bouche telle une sucette que ce qu’il lisait dans ses yeux. Exit la Cannibale, cette fille aux allures de femme fatale qui le mettait dans tous ses états, cette flamme attirante qui lui inspirait une certaine méfiance. Ses yeux pétillaient comme ceux d’une petite fille qui vient d’apprendre qu’on l’emmène à Disneyland. Tourné vers elle, il posa un coude sur la table, la tête légèrement appuyée sur sa main. C’était curieux. C’était… attendrissant. Il ne s’attendait pas à apercevoir une telle facette de sa personnalité. C’était donc elle Ophelia ?
Il la regarda engloutir la moitié du dessert, un léger sourire flottant sur ses lèvres. Il aurait presque pu regretter de le lui avoir donné. Vu l’expression ravie qu’elle arborait, il devait être vraiment délicieux ! Heureusement pour elle, la nourriture le tentait rarement.
Soudain, sa cuillère resta suspendue en l’air et elle se pencha légèrement vers lui. Il retint un mouvement de recul. Quelque chose avait basculé en elle. Dans ce qu’elle dégageait. Ses mots le lui confirmèrent.

- Fais attention, chaton, tu vas finir par me plaire.

La séductrice Cannibale était revenue dans la place. S’il n’avait su qu’elle était là pour des soucis cardiaques, il se serait presque demander si elle n’était pas ici pour une raison similaire à la sienne. Il garda les yeux rivés aux siens, cillant à peine – tellement peu que c’en était certainement pas naturel – et il remarqua deux choses. La première était le parfum floral qui émanait d’elle. « L’échappée belle » de chez Eau Jeune. Comment il le savait ? Bonne question. Son cerveau était ainsi fait qu’il retenait énormément de choses, parfois complètement inutiles et sorties de leur contexte, ce qui faisait que très régulièrement, sa mémoire lui donnait des informations qui semblaient sortir de nulle part, comme une évidence. Peut-être avait-il connu quelqu’un, une tante, une amie de ses parents qui le portait ? Ca importait peu au fond. La seconde chose qu’il remarquait, c’était les cernes, discrètes mais indéniables, qui se dessinaient sous ses yeux clairs. Il la dévisagea quelques instants avant qu’elle ne se retourne, se plongeant à nouveau dans sa part de cheesecake. Elle lui semblait plus pâle qu’il ne l’avait déjà vue, avait-elle des problèmes de sommeil ? De santé ? Il faillit lui poser la question, mais se demandant si ce n’était pas indélicat de sa part, il hésita et elle reprit la parole avant qu’il ne soit lancé.
Attends. Est-ce qu’elle l’avait encore appelé « chaton » ?

- Tu m'aurais presque manqué. Qu'est-ce qui t'as pris autant de temps ?

Il haussa un sourcil circonspect avant qu’elle ne s’explique, masquant par là le fait que son coup de langue sur ses lèvres étaient à deux doigts de le mettre dans tous ses états.

- Je veux dire par là, il t'aura fallu un petit bout de temps pour trouver mon prénom. Je te pensais plus vif d'esprit, Alexander. Mais je te rassure, il n'y aura pas de grande tragédie avec moi. Ni folie, ni mort dramatique.

La remarque sur sa vivacité d’esprit le piqua au vif, teignant ses joues de rouge. A moins que ce ne soit les hormones ? Dans tous les cas, il détourna le regard vers le lointain en répliquant d’un ton qui se voulait neutre mais compte-tenu du grommellement qui l’accompagnait…

- J’ai eu quelques contretemps…

Ce n’était pas une excuse, c’était parfaitement vrai. Bien sûr qu’il aurait pu trouver plus vite, mais entretemps il avait dû gérer Aeden qui lui collait aux basques depuis l’incident de la mutilation et surtout… Cap. Son regard s’assombrit à cette pensée. Puis il avisa que la position pseudo décontractée qu’il utilisait depuis qu’il s’était assis raccourcissait sa manche gauche qui dévoilait partiellement les cicatrices toutes neuves à l’intérieur de son poignet, justement orienté vers Ophelia. Il se redressa, tirant sur ses manches comme si de rien n’était avant de poser ses mains sur ses jambes, à moitié sous la table, où personne ne pourrait les voir. Avec un peu de chance, elle était trop concentrée sur son dessert préféré pour l’avoir remarqué. Mais au cas où, ça ne coûtait  rien de ramener son attention dessus.

- Je crois que j’ai rarement vu quelqu’un engloutir une part de gâteau aussi vite.

Il avait dit ça d’un ton naturel, presque comme un commentaire. Pourtant, de la part du Génie, c’était certainement ce qui se rapprochait le plus de la taquinerie, ce qui se manifestait de façon souvent trop subtile pour que les autres le remarque. Un éclat différent, amusé, perçait dans la grisaille de son iris. Puis il ajouta à mi-voix, presque comme si c'était pour n'être entendu que de lui-même.

- A part Cap bien sûr.
La Cannibale

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La dernièrebouchée était à la fois la meilleure et la pire. D'un côté, en sachant que c'était la dernière, la Cannibale en profitait comme jamais. Elle laissait le croustillant du biscuit exploser en bouche et la crème fondre sur la longue. Mais elle savait très bien qu'elle n'en aurait plus après cela et qu'il fallait vraiment qu'elle s'en délecte.
Elle posa sa cuillère nickelle sur le plateau, les joues roses de satisfaction mais la bouche tordue de déception. Elle se focalisa à nouveau sur son interlocuteur, mais celui-si s'était dérobé à elle. Elle fronça les sourcils, mécontente de ne pas être le centre de son attention ( oui, elle avait un petit côté nombriliste). Elle rapprocha alors sa chaise de la sienne.

« J'ai eu quelque contretemps ... »

Plus sérieuse, elle papillonna des paupières. Allait-il développer ? Suspendue à ses mots, elle attendit une explication qui ne vint pas. En revanche, attentive, elle remarqua le mouvement peu naturel de son bras. Lui qui était si décontracté cachait sous la table ses deux mains. Le Génie ? Qui se cachait ? Vraiment ?
Elle se souvint de son attitude au tournoi de volley ... Malgré la grosse chaleur, il avait gardé un t-shirt. C'était quoi ? De la pudeur ? Ou alors il avait un secret ?
Elle était consciente de n'être encore qu'une connaissance pour lui, mais elle mourrait d'envie de pousser le sujet. Seulement elle avait des valeurs et elle ne voulait pas le forcer. Mais maintenant elle était intriguée et ferait plus attention aux attitudes du Génie.

« Je crois que j’ai rarement vu quelqu’un engloutir une part de gâteau aussi vite. A part Cap, bien sûr. »

Elle ne rebondit pas sur ce qui était visiblement de la taquinerie ( avec ça, et le fait d'être vexé, c'était deux choses qu'elle voyait souvent chez lui). Ce changement de ton l'avait interloqué. Vraiment, qu'est-ce qui se passait ? Elle le revoyait encore à la cantine, avec ses deux amis, discuter gravement.
Elle baissa les yeux. Visiblement, elle n'était pas assez importante pour être mise dans la confidence. Ce qu'elle comprenait parfaitement. Tous les trois avaient sûrement beaucoup vécu ensemble. Alors qu'elle, elle était là depuis quelque temps, à seulement craquer des sourires narquois.
Etre ami avec quelqu'un ... Ça devait vraiment être sympa.
Elle revint vers ses frites et les picora, non sans les tremper goulûment dans le ketchup. Cap ? On y était. Elle avait vu ce nom dans le dossier, et elle s'était demandée si elle le verrait un jour. Et visiblement, ils avaient tout deux un point commun. Elle se demandait quel genre de personne était ce Cap, et à quelle fréquence il apparaissait. Ça faisait quoi Alexander de partager son corps ?
Un drôle de sourire sur le visage et le regard sur son burger, elle fit une remarque qu'elle s'adressa.

« On se complète bien, toi avec tes deux "cerveaux", et moi avec mes deux cœurs. Même si, contrairement à toi, une de mes deux parties est en train de se laisser mourir. »

Elle avait dessiné les guillemets dans l'air, bien consciente qu'Alexander n'avait qu'un seul cerveau. S'ils devaient former un duo, il serait la tête pensante et elle serait l'émotion. Non ?
Elle croqua dans une frite avec moins d'appétit puis, curieuse, repensa à ce Cap. Non vraiment, elle ne pouvait pas passer à côté, ça l'intriguait trop. Comme elle s'était rapprochée tout à l'heure, son genou caressa celui de son interlocuteur quand elle croisa ses jambes. Elle sembla à peine s'en rendre compte.
De nouveau focalisée sur lui, sérieuse et curieuse, elle voulut l'interroger avec tranquillité. Elle ne voulait pas avoir l'air de mener un interrogatoire.

« Cap et le Génie ? C'est original. Le Génie pour exaucer des vœux et Cap pour guider, tu sais, garder le cap. Bref. Donc Cap est un gourmand et aime les films Avengers. Qu'est-ce qu'il est d'autre ? Je pourrais le rencontrer un jour ? »

Elle se souvenait du poster dans la chambre d'Alexander. C'était tout drôle de se dire qu'un jour ce visage pourrait être posséder par quelqu'un d'autre. Est-ce que Cap écoutait cette conversation ? Non vraiment, c'était très intriguant.

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Alexander Hexe

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La réaction d’Ophelia se faisait désirer. Inquiet, le Génie zieuta dans sa direction. Avait-elle remarqué quelque chose d’étrange ? Avait-elle un souci ? Elle qui répondait généralement du tac au tac… Ce laps de temps le mettait dans une situation assez inconfortable. Mais non. Rien dans son langage corporel ne suggérait une émotion négative. De nouveau plongée dans son assiette, une frite à la main – ah bon ? Elle était ce genre de personne pour qui le dessert ne signifiait pas la fin du repas ? – elle paraissait surtout pensive. Finalement, elle lâcha.

- On se complète bien, toi avec tes deux "cerveaux", et moi avec mes deux cœurs.


Deux cœurs ? C’était possible ça ? Ces simples deux mots soulevaient tant de questions à l’intérieur de sa tête qu’il n’arrivait pas à en attraper la moitié. Pourquoi ? Comment ? Est-ce qu’il entendrait les deux battre s’il collait l’oreille contre sa poitrine ? Celle-ci, elle aurait pu le faire de nouveau rougir si la suite des choses n’avait pas complètement détourné son attention.

- Même si, contrairement à toi, une de mes deux parties est en train de se laisser mourir.

Alors qu’il s’était de nouveau tourné vers elle, toute son attention captée par cette pathologie qu’il ne connaissait pas et qui l’intriguait au plus haut point, avide d’en savoir plus, son attitude s’assombrit et se ferma. On aurait pu entendre un « clac ». Enfin… Elle ne pouvait pas savoir… Un sourire amer se dessina sur ses lèvres. Il n’avait pas envie d’y penser mais… Il ne pouvait tout simplement pas s’en empêcher. Autant il arrivait à gérer la mort de sa sœur : à l’occulter quand il le fallait et à s’en servir comme motivation pour faire bouger les choses quand il en avait besoin, autant l’obsolescence programmée de Cap le rongeait dans une angoisse paralysante. Lui qui ne croyait pas vraiment à une force supérieure, il priait tous les jours pour qu’il aille un peu mieux. Parce que sinon…
Le contact d’un genou contre le sien le fit tressaillir malgré lui, le sortant de ses pensées moroses. Il eut un léger mouvement de recul, estompant le toucher sans néanmoins le supprimer complètement.

- Cap et le Génie ? C'est original. Le Génie pour exaucer des vœux et Cap pour guider, tu sais, garder le cap. Bref. Donc Cap est un gourmand et aime les films Avengers. Qu'est-ce qu'il est d'autre ? Je pourrais le rencontrer un jour ?

Quelque chose dans le regard du Génie s’éclaira brièvement, puis cette lueur s’intensifia. Il plongea les yeux dans ceux de la Cannibale comme s’il cherchait à décortiquer son âme, sensation probablement accentuée par son visage soudain très proche et sa main sur épaule tout en s’exclamant.

- Qu’est-ce que tu as dit ?

Cap. « Garder le cap ». C’était un sens de son surnom que son porteur n’avait probablement jamais envisagé. Cap, comme le capitaine du Caïd, ou comme le cap ou pas cap, oui, c’était cette signification que lui avait conféré Loreleï et dont ce dernier s’était emparé au point d’en faire son identité mais garder le cap… Un sourire, un sourire de joie, d’espoir pur chassa les restes d’amertume. Il rit, un rire empreint de soulagement.

- Tu es géniale Ophelia !

Elle était là, la solution ! Elle était là ! Ca prendrait du temps, bien sûr, et il y aurait des rechutes, c’était inévitable, mais ça pouvait marcher ! Il savait depuis toujours que Cap se définissait par rapport à leur sœur et que depuis qu’elle n’était plus là, il avait l’impression de ne plus avoir de raison d’exister. Il lui fallait un nouveau but, plus durable que celui de la venger comme l’avait proposé Aeden. Celui de garder le cap était parfait. Guider les gens, perpétuer la mémoire et les valeurs de Loreleï… Il avait presque envie de sauter dans les bras d’Ophelia. Presque. Il avait encore sa dignité.
Il se reprit et se recula de manière appropriée même si ses yeux pétillaient encore d’un élan d’optimisme.

- J’espère que tu le rencontreras, sincèrement. Vous vous entendriez bien je pense. Mais s’il te plaît, fais-moi une faveur. Quand tu le verras, répète-lui ce que tu viens de me dire d’accord ? Il en aura besoin.
La Cannibale

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Mayday !Mayday ! Il y avait rapprochement ! Nous répétons : il y avait rapprochement ! Pourquoi le Génie posait-IL soudainement sa main sur son épaule ? Pourquoi son visage était-il aussi proche du sien ? Pourquoi avait-il un tel regard ? Peut-être que c'était lui, le fameux Cap ... Mon Dieu, si c'était un gros dragueur... Certes Ophelia s'était amusée à jouer le flirt, mais elle ne se sentait pas prête à ... Surtout si c'était Cap qu'elle avait en face d'elle, elle le connaissait à peine !

« Qu’est-ce que tu as dit ? »

Le visage écrevisse, la tête rentrée dans le menton pour éviter un accrochage de lèvres imprévu, et l’œil hagard, elle laissa flotter un silence. Elle aurait dit un truc particulier, elle ?
Et puis, c'était toujours le Génie, elle le sentait. Cette intonation de voix ...
Bien que le contact spontané ne lui ressemblait pas (enfin, elle ne l'avait jamais vu avec une pareille attitude en tout cas) et cette lueur dans l'acier de ses yeux lui était inconnue à ce jour, elle avait la sensation d'avoir toujours affaire au garçon qu'elle connaissait.
Décontenancée, elle fit une grimace peu convaincue et haussa les épaules (nous noterons qu'elle n'avait pas chercher à s'écarter et ne lui avait pas fait retirer sa main).

« Je pourrais le rencontrer un jour ?», répéta-t-elle d'une petite voix.

Mais est-ce que son interlocuteur l'écoutait vraiment ?
La Cannibale avait l'impression qu'il tenait un monologue avec lui-même. A vrai dire, elle trouvait qu'il avait le visage de quelqu'un d'à la fois concentré et illuminé. Elle aurait presque vue une ampoule jaillir de son crâne pour s'éclairer.

« Tu es géniale Ophelia ! », s'exclama-t-il.
« Je le pense aussi, mais là je ne sais pas trop ce qui te fais dire ça. »

Elle avait paré son compliment d'une fausse modestie, espérant que ça effacerait la boule au ventre qui avait pris forme lorsqu'il avait prononcé son prénom. La première fois qu'il l'avait dit, c'était pour la surprendre (et sûrement pour frimer). Là, c'était différent. Il y avait des couleurs dans les voyelles et des émotions dans l'articulation. Son prénom avait une autre aura lorsque c'était le Génie qui le disait, surtout lorsqu'il suivait un compliment sorti de nulle part.
Et pourquoi il riait d'un coup? C'était, certes, très agréable à entendre, mais franchement, elle ne pigeait plus rien.
Pourtant elle ne fuit pas. Elle sourit elle aussi, parce que c'était contagieux, et attendit d'avoir une explication. Ou une réaction plus terre-à-terre.
Il finit par reculer. Elle déglutit à ce moment là, et prit une grosse bouchée de frites comme si elle avait voulu prendre une profonde inspiration. Là, elle mangeait ses émotions. Putain, pourquoi son coeur avait-il fait un pareil bond ? Pourquoi ça la rendait aussi heureuse de le voir avec autant d'optimisme sur le visage ?
Elle s'étala sans le vouloir du ketchup sur le bout du nez quand l'évidence la frappa : le Génie était en train de lui plaire. Pourquoi ? Comment ? Pourquoi ? Par quel moyen ? Pourquoi ? De quelle façon les astres ... Elle avait fait tellement plus avec Ange qu'avec le Génie, ça devrait être lui son crush. Pas un type qu'elle ne connaissait pas tant que ça finalement.
Ha, putain de merde.

« J’espère que tu le rencontreras, sincèrement. Vous vous entendriez bien je pense. Mais s’il te plaît, fais-moi une faveur. Quand tu le verras, répète-lui ce que tu viens de me dire d’accord ? Il en aura besoin. »

Elle se léchait le bout des doigts, attentive à ce que lui disait son interlocuteur. Il lui fallut un petit moment pour qu'elle fasse le lien avec Cap. Elle fit bouger ses paupières, silencieuse, les joues gonflées de frites. Puis elle mâcha doucement ce qu'elle avait et se redressa petit à petit. Son genou était toujours contre celui du Génie.

« Tu as l'air de beaucoup tenir à lui ... Je ne vais pas te mentir : j'ai un milliards de questions en tête. Mais je vais mettre ma curiosité de côté. Juste ... Tu veux que je lui dises quoi précisément ? Je t'avoue que je n'ai pas trop suivi le pourquoi du comment ton cerveau s'est mis à disjoncter. »

Elle avait dit avec une légère nonchalance. Pas méchante, pas taquine. Juste avec un peu de recul.
Elle plissa les paupières, désirant étudier un peu mieux le Génie. Finalement, la crampe au ventre était partie. Comme ça. Pouf. Elle s'était peut-être faite des idées. Quand arrivait ses règles ? Ça devait être à cause ça.
Le fait de sentir la nouvelle émotion qui l'avait surprise tout à l'heure disparaître lui fit reprendre contenance. Seules ses pommettes gardèrent leur teinte rosée. Sinon, elle se pencha en avant, faisant avancer son genou, et ce fut sa cuisse qui caressa le genou de son interlocuteur.

« Donc je suis géniale ? Et si on parlait de ça ? »

Elle s'était quand même vachement rapprochée là ...
Et rebonjour les fourmillements dans le ventre. Elle eut un sourire crispé. Si elle reculait, elle aurait eu l'air bien suspecte. Mais ça la gênait terriblement de parler d'elle avec le Génie. Allez, on change de bord et on essaie de rester na-tu-relle.

« Je plaisante ! Revenons à Cap. Je ne peux pas m'empêcher de te poser d'autres questions. Tu dis qu'il ne va pas bien ... »

Inconsciemment, elle baissa le regard vers les manches du garçon. Son cerveau avait fait la connexion entre la douleur de Cap, Cap dans le corps du Génie, le Génie qui cache subitement ses bras sous la table.
Continuons de parler de Cap, ça lui changerait les idées.

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Alexander Hexe

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Tout à son excitation de peut-être voir son alter ego aller mieux, le Génie ne réalisa pas vraiment ce qui venait de se produire. Enfin, évidemment, il avait conscience d’avoir posé sa main sur l’épaule d’Ophelia et de l’avoir scrutée un moment, mais pas de la portée que ce geste avait pu avoir. Surtout chez elle. Il ne se rendit pas compte de son visage qui cherchait à se dérober sans pour autant que son corps suive, ni même de la petite voix qui se faisait sienne alors qu’elle essayait de se donner une contenance par la parole. Tout ce trouble qu’elle tenta de masquer en enfournant une poignée de frites dans sa bouche lui échappa. Complètement. Ce qu’il nota cependant, ce fut cette tâche de ketchup sur son nez, rendant son visage indéniablement enfantin. Il l’observa lécher ses doigts alors qu’il redescendait doucement de son illumination intellectuelle, encore à moitié dans les nuages.
Lorsqu’elle reprit la parole, il était de nouveau dans son état habituel, bien qu’un peu plus détendu.

- Tu as l'air de beaucoup tenir à lui ... Je ne vais pas te mentir : j'ai un milliard de questions en tête. Mais je vais mettre ma curiosité de côté. Juste ... Tu veux que je lui dise quoi précisément ? Je t'avoue que je n'ai pas trop suivi le pourquoi du comment ton cerveau s'est mis à disjoncter.


L’expression tira un sourire mi-figue mi-raisin à l’adolescent. Les pensées étaient faites d’impulsions électriques ce qui rendait le parallèle intéressant, mais heureusement pour lui, son cerveau n’avait pas « disjoncté ». Sinon il serait mort sur le coup. Mais son amusement lui fit rater le coche pour répondre à sa question. Elle reprenait déjà.

- Donc je suis géniale ? Et si on parlait de ça ?

Une cuisse vient se coller contre la sienne. Alors qu’il avait complètement oublié ce genou qui touchait le sien, ce contact se rappela à sa conscience. Une soudaine chaleur embrasa ses joues et il baissa les yeux sur cette jambe qui n’était pas la sienne. Il les releva sur Ophelia, les redescendit de nouveau, sans savoir comment réagir. Ses muscles se contractèrent, s’éloignant un peu, puis se détendirent, reprenant leur place initiale.
Il ne pouvait pas se retirer, elle envahissait son espace mais battre en retraite était contre ses principes – sauf en de rares et stratégiques occasions – et, il devait se l’avouer, si ça le mettait dans tous ses états… Ce n’était pas forcément désagréable à la réflexion.

- Je plaisante ! Revenons à Cap. Je ne peux pas m'empêcher de te poser d'autres questions. Tu dis qu'il ne va pas bien ...

Euh, oui, effectivement, Cap. Revenons à Cap, ce serait bien plus simple. Il toussota légèrement pour se redonner une contenance.

- Et bien, pour répondre à ta première question… Je voudrais que tu lui répètes ça : « garder le cap ». Je suis certain qu’il comprendra.

Il marqua une pose, passa une main dans ses cheveux, comme pour replacer une mèche rebelle imaginaire. Son expression s’était faite un peu plus embarrassée.

- Par contre ne lui dis pas que c’est moi qui te l’ai demandé. Je crois que… On n’est pas en très bons termes ces derniers temps. Et pour ce qui est de ne pas être bien…

Il s’interrompit de nouveau. Il avait noté le coup d’œil qu’elle avait lancé à ses poignets. Malgré sa manœuvre de dissimulation, elle avait donc remarqué quelque chose. Mais surtout il y avait autre chose. Il ne lui n’avait pas le souvenir de lui avoir dit que Cap n’allait pas bien.

- C’est si évident que ça ?

Il soupira un peu. Voyant qu’elle ne répondait pas, il reprit, tout en profitant du changement d'ambiance de la conversation pour croiser les jambes, se mettant hors de portée d'Ophelia l'air de rien.

- Tu as dû entendre parler d’une certaine Loreleï Hexe n’est-ce pas ? Si tu me connaissais avant de venir me voir, tu dois aussi connaître mon nom de famille je me trompe ?

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Il faisait vachement chaud, non ? La Cannibale tira sur l'encolure de son haut, libérant sa nuque et laissant sa peau respirer. Les crampes au ventre, la chaleur ... Retombait-elle malade ? Il fallait que ce soit son coeur qui fasse des siennes, ça ne pouvait pas être autre chose. N'importe lequel des deux. Mais il fallait que ce soit la raison.
Elle leva l’œil vers l'horloge murale de la cantine. Oups, si elle continuait cette discussion, elle finirait à la bourre.
Elle s'essuya la trace de Ketchupqu'elle avait sur le bout du nez. Allez, on se ressaisit. On respire. On arrête de se perdre dans ses pensées et on se concentre à nouveau. Surtout que le Génie lui parlait avec sérieux.

« Et bien, pour répondre à ta première question… Je voudrais que tu lui répètes ça : « garder le cap ». Je suis certain qu’il comprendra.»

Elle haussa un sourcil. Oui, un seul. Elle savait plutôt bien manier les éléments de son visage. Et à ses heures perdues à l'hôpital, elle avait tué l'ennui en s'entraînant à lever un sourcil. Bon, le résultat était qu'elle ne savait soulever que le droit, mais c'était déjà bien.
Mais elle ne l'avait pas fait pour la frime. Elle l'avait fait par surprise. Pourquoi cette phrase ? Et comment savoir lorsqu'elle serait face à Cap ? A nouveau, elle éprouvait un malaise en imaginant la silhouette d'Alexander adopter un nouveau comportement.
Et puis, ils n'étaient pas en bon termes selon son interlocuteur ? Elle avait l'impression d'avoir été prise au piège dans une drôle de magouille. C'était bien pour les beaux yeux du Génie qu'elle acceptait.
Enfin non, pas ses beaux yeux. Juste ses yeux. Ils n'étaient pas beaux. Enfin si. Mais. En fait.
Bref, bref, bref.

« C’est si évident que ça ? »

Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais s'interrompit. De quoi ? Qu'est-ce qui était si évident ? Ils avaient parlé de tant de choses en une demi-heure, qu'elle n'était plus maître de quoi que ce soit. C'était assez déstabilisant. En plus, depuis cinq minutes, elle ne l'écoutait qu'à moitié.

« Tu as dû entendre parler d’une certaine Loreleï Hexe n’est-ce pas ? Si tu me connaissais avant de venir me voir, tu dois aussi connaître mon nom de famille je me trompe ? »

Mais de quoi il parlait ? Pourquoi on parlait de Loreleï Hexe maintenant ? Ça sentait le début de monologue dramatique sur la famille Hexe et sa tragique histoire. Bien qu'elle l'imaginait passionnante, Ophelia n'avait plus vraiment le temps de l'écouter. Et comment le lui faire comprendre sans le vexer ?
Elle rangea son plateau, remit une mèche de cheveu en place, puis planta ses yeux dans ceux très beaux du Génie. Merde. Ses yeux. Tout court. Pas beaux.

« Je ne suis pas venue te voir pour ton histoire, pour ta sœur, pour tes talents ou parce que tu t'appelles Hexe. Je suis venue vers toi la première fois parce que je me sentais seule, parce que je ne supportais plus la situation actuelle, et que tu semblais ... »

Sympa?Gentil ? Idéal ?
Faisons comme si elle avait su finir sa phrase. Dans le pire des cas il cherchera lui-même l'adjectif, et avec un peu de chance ça le tourmentera autant qu'elle était troublée actuellement.

« Je suis désolée, mais j'ai des obligations et je n'ai plus que soixante secondes à t'accorder. T'en fais ce que tu veux. »

L'air de dire tu me racontes ou non ? Ou alors on remet ça à plus tard ? T'es le bienvenue dans ma chambre.
Pause ! Le Génie dans sa chambre ? A elle ? Avec son magazine érotique qui traînait et son journal intime ? ais qu'elle bonne idée ... !
Elle n'avait toujours pas décroché son regard du sien. Son genou encore et toujours menaçant une énième caresse involontaire. Silence. Et un pouvoir sur les dernières soixante secondes.

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Alexander Hexe

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Ophelia jetait des coups d’oeil réguliers à l’horloge depuis quelques minutes aussi, le Génie s’attendait-il à ce qu’elle finisse par mettre fin à la conversation. Elle devait avoir cours, bien qu’il soit encore tôt pour ça, à moins qu’elle n’ait des choses à faire avant ceux-ci dans sa chambre. Ou qu’elle n’ait de nouveau des problèmes avec son, non ses, cœurs. Bon sang ce que ça l’intriguait ! Ca lui donnait presque envie de jouer au docteur… Comme il le faisait avec sa sœur hein ? Pour sa pathologie c’est tout. C’était de la curiosité intellectuelle. Juste de la curiosité intellectuelle. Rien de malsain ou de tendancieux. Rien du tout. Une tirade de la jeune femme fit taire ses élucubrations.

- Je ne suis pas venue te voir pour ton histoire, pour ta sœur, pour tes talents ou parce que tu t'appelles Hexe. Je suis venue vers toi la première fois parce que je me sentais seule, parce que je ne supportais plus la situation actuelle, et que tu semblais ...

Il pencha légèrement la tête sur le côté, les yeux plissés. Ca faisait beaucoup d’informations. D’une certaine manière, sa façon de parler le vexait un peu. Il avait l’impression de se faire rembarrer en mode « ça ne m’intéresse pas ». Pourtant, elle était la première personne à laquelle il se sentait prêt à ouvrir son cœur à ce sujet. Il n’en avait même pas parlé à Aeden ou à Adèlys. Il n’était jamais revenu sur les événements et sur ce qu’il avait ressenti à ce moment-là. Il ne partageait jamais ses sentiments. Et cette tentative ratée ne l’encourageait pas trop à retenter l’expérience.
Enfin, il avait eu tort aussi de se lancer sur cette pente-là. Les sentiments des autres, ça n’intéressait personne. Il préféra se reconcentrer sur ses mots. Les mots sont des faits. Des données. Beaucoup plus faciles à manipuler que des sentiments. Mais sa tentative d’ouverture ratée lui trottait encore en tête alors il se contenta de les sauvegarder pour s’en occuper plus tard, notant à peine que sa phrase n’était pas finie.

- Je suis désolée, mais j'ai des obligations et je n'ai plus que soixante secondes à t'accorder. T'en fais ce que tu veux.

Il faillit rétorquer qu’il avait remarqué, de façon un peu acerbe pour faire passer son amertume. Se retint. Soixante secondes dont il pouvait faire ce qu’il voulait. Ca sonnait comme un défi. Comme une invitation. Il prit exactement cinq secondes pour l’observer, essayant de déterminer si elle était sérieuse. Elle en avait l’air. Ca lui laissait 55 secondes pour décider et agir. Son cerveau hurla et bondit à la manière d’une Ferrari, tous les neurones soudain en alerte.
Deux secondes furent nécessaires à ce qu’il détermine qu’il n’était plus temps de parler : le laps de temps était trop court. Il fallait agir. Déterminer l’action la plus juste à accomplir à ce moment précis.
Et puis ce fut la débande. Ses neurones ne parvenaient pas se mettre d’accord. Une partie d’entre eux, une partie profondément ancrée dans son cerveau émotionnel et primitif hurlait « embrasse-la ! embrasse-la ! » et il avait beau essayer de les faire taire, elle hurlait de plus en plus fort « embrasse-la ! Mais embrasse-la espèce de demeuré ! ». Un coup d’œil à l’horloge lui indiqua qu’il avait déjà perdu trente-trois secondes dans ce débat stérile. Il lui restait vingt secondes. Dix-neuf secondes. Dix-huit secondes. Dix-sept secondes. Et soudain, son corps décida qu’il en avait marre que toutes les décisions soient prises en haut-lieu, comme ça, sans jamais le consulter.
Sa main se leva toute seule et vint se poser contre la poitrine d’Ophelia. Tout son cerveau s’en tut d’étonnement. Son index caressa la cicatrice qui émergeait de son décolleté. Doucement. Avec une curiosité attentive. Soixante secondes d’écoulées. Sa main se retira.

- Prends bien soin de ces deux-là.

Sa voix retentit, étrangement calme au vu de ce qu’il venait de faire. D’ailleurs, elle sonnait même bizarre, comme si ce n’était pas tout à fait la sienne. Il se leva comme s’il flottait, alla chercher son plateau et alla le déposer sur les rails avant de sortir. Lorsque les portes se fermèrent derrière lui, il eut la sensation de se réveiller d’un rêve particulièrement tordu. Et puis la réalité le rattrapa.
Est-ce qu’il avait vraiment… ? Le feu lui monta aux joues comme un incendie et ses jambes le précipitèrent vers sa chambre dans laquelle il s’effondra à peine la porte fermée.
Mais quel boulet ! Là c’était sûr, plus jamais il n’oserait se montrer devant elle.
La Cannibale

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Le temps c'était quand même une drôle de notion. Prenons soixante secondes par exemple. C'est la même durée pour tout le monde, et pourtant, entre quelqu'un qui attend le texto qui changera sa vie, et celui qui pique un sprint jusqu'à son bus, le ressenti sera différent.
Ophelia avait pris soixante secondes ce matin à ouvrir les yeux. Et ce fut très long. La lumière virulente dès le réveil l'avait ralenti.
Mais elle avait également pris soixante secondes pour petit-déjeuner, en retard pour voir son médecin, et ce fut si rapide qu'elle ne vit pas ce temps-là passer.
Et là, ces dernières soixante secondes avec le Génie étaient les plus longues de ces dernières années. Il était face à elle, silencieux. Leur genou en contact. Leur yeux en contact. La même bulle partagée. Leurs soixante secondes rien qu'à eux.
Immobile, le souffle court, elle eut envie de se gifler. Alexander était en train de se confier à elle. Il voulait lui dire des choses. C'était l'occasion rêvée d'une confession. Et pourtant, elle préférait respecter les ordres d'Ange. Il ne lui en donnait pas souvent, et s'il l'avait fait c'était parce qu'il s'inquiétait sur sa santé.
Mais tout de même : elle n'avait qu'une envie, c'était de profiter de cette minute à part pour tout laisser tomber. Abandonner les faux espoirs, abandonner les élans de positivités qui la fatiguaient, abandonner un masque constamment déterminé, et fondre. Fondre contre Alexander. Lui dire de se taire, de ne pas commenter, de la laisser comme ça.
Mais elle ne le ferait pas. De toute façon, cela faisait bien trois jours qu'il la fixait sans agir. Evidemment, elle lui avait quand même posé une colle. Elle aussi elle serait sûrement restée coite.
Et quand elle allait le saluer, prête à se lever, il bougea. Il s'approcha d'elle. Elle bloqua sa respiration. Contact physique. Il allait y avoir un tout nouveau contact physique.
L’entièreté de ses sens se mit en alerte. Et deux cœurs battaient à l'unisson. Déjà un, c'était un vrai tintamarre dans la cage thoracique, mais là elle avait le droit à un véritable concert. Il devait y avoir une bonne insonorisation entre ses os car elle entendait son rythme cardiaque jusqu'au bout des doigts.
C'est alors qu'Alexander posa simplement sa main là où une véritable cacophonie lui faisait perdre la tête. C'était presque cicatrices contre cicatrices. Batailles contre batailles. Moins et moins, ça faisait plus, non ?
Là, c'était un vrai baume. Quelque chose d'indescriptible lui envahit la poitrine. Apaisa les deux tambours qui pulsaient au fond d'elle.

« Prends bien soin de ces deux-là. »

Elle le fixa sans comprendre. Le temps qui s'était terriblement allongé, étirant longuement chaque seconde, avait repris un rythme plus rapide.
Ces deux-là? Est-ce qu'il parlait de ... ses seins ?! Tout ça pour des nichons ?!
Il sembla la fuir. Pas un au revoir. Pas un dernier regard. Une fuite bien lâche.
Et c'est alors qu'elle revit son expression en dehors de tout, et ré-entendit sa voix d'outre-tombe.
Elle comprit qui était ceux dont elle devait prendre soin. Elle eut donc un doux sourire.
Elle débarrassa son plateau et monta dans l'aile X. Là, elle s'arrêta devant la porte d'Alexander. Elle le revoyait lors de leur première rencontre. Méfiant. Et elle, maladroite dans ses propos. Leur pseudo-dispute.
Et elle imagina le poster Avengers sur le mur gauche de la chambre. Revit le cheesecake amené sur son plateau il y avait une heure de cela, et le sourire qui l'accompagnait. Cap et le Génie, donc ? Un fan de Marvel - à moins que ce n'était DC ? - et un garçon protecteur malgré lui. Bien qu'elle n'ait pas vraiment rencontré l'un, et qu'elle commence seulement à connaître l'autre, elle avait la sensation qu'elle avait sa place à leur côté.

« Promis, je prendrais soin de ces deux-là. », dit-elle en s'adressant au numéro X111 affiché sur la porte.

Et elle tenait toujours ses promesses.
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