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25/11/2018
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20/10/2018Préparation d'event
22/09/2018 Modification des pourcentages révolutionnaires (cf. PA et heure supp')

To be or not to be

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Il avait attendu ce moment depuis longtemps déjà. Il s’en délectait d’avance et il était enfin arrivé. Le Génie connaissait désormais le nom de la Cannibale. Il lui avait fallu du temps, il avait consacré beaucoup d’énergie à cette enquête mais il avait finalement découvert ce qu’il cherchait. Heureusement pour lui, il avait eu l’intelligence de ne pas s’intéresser au nom de la Cannibale, mais à celui de X50. Ca c’était avéré payant, et surtout, beaucoup plus facile que de s’attaquer à découvrir la vérité derrière une légende. Il avait donc finalement réussi à découvrir l’emplacement de sa chambre, puis celle de sa salle de soin habituelle et un beau jour, à force de patience, la chance lui avait finalement souri en laissant la porte de la salle ouverte et complètement vide à l’exception de son dossier médical ouvert bien en évidence sur le bureau. Il y avait donc lu son nom, sans y fouiller davantage et était ressorti aussitôt. L’intrusion avait été déjà suffisamment risquée sans qu’il ne tente plus sa chance, et puis, il avait l’information qu’il était venu prendre. Pour le reste, il avait compris seul que la raison de sa présence ici tenait à des soucis cardiaques et cela lui suffisait… Pour le moment.
Dès le matin suivant, il avait été tenté tout d’abord de la chercher, mais il ne l’avait pas trouvée dans la cantine au petit déjeuner. Alors il s’était raisonné. Il finirait bien par la recroiser, et puis, de toute façon, il avait des choses à faire. Cependant, il ne put s’empêcher d’être le premier arrivé dans la cantine à l’heure du déjeuner, se disant que comme ça, il serait plus à même de la voir arriver.
Lorsqu’il arriva devant le self, il s’avéra qu’il n’avait pas tout à fait réussi son coup. Une trentaine de personnes attendaient déjà devant lui. Il tendit le cou à s’allonger la nuque pour voir si la Cannibale n’était pas parmi elles. Il lui semblait que non. Il prit donc son plateau et fit la queue comme tout le monde. En ce moment, les employés de la cantine semblaient avoir un petit kiff personnel et s’amusaient à faire des repas à thème. Aujourd’hui, c’était repas américain. La plupart se réjouissait de voir leur assiette se garnir pour une fois d’un peu de malbouffe – un hamburger ou un hotdog avec des frites – mais ce qui fit sourire le Génie, ce fut la vue du dessert. Un cheesecake. Il eut l’audace de demander s’il était possible d’avoir un coulis aux fruits rouges. Son interlocutrice lui tendit celle qui était déjà la dernière part à cette saveur avec bonne humeur puis Alexander alla s’asseoir à une table au fond qui offrait une bonne vue d’ensemble sur la salle. Il commença à manger en songeant qu’il aurait vraiment une chance de dingue si celle qu’il attendait se pointait dans ces conditions parfaites. Et son vœu fut exaucé.
Elle arriva alors qu’il guettait la fin de la chaîne de self et s’installa seule à une table, à quelques pas. Elle ne devait pas l’avoir vu. Il la laissa manger son entrée et son plat principal, le regard balayant le dos qu’elle lui tournait, glissant le long de ses longs cheveux blonds, réfléchissant à ce qu’il allait bien pouvoir lui dire, exactement, tout en étant conscient que comme d’habitude, son cerveau allait probablement le laisser tomber qu’elle poserait son regard sur lui. Il s’habituait un peu à cette sensation de perte de contrôle. Il n’aimait toujours pas ça, mais il la détestait moins. Le Génie apprenait doucement que parfois, ce n’était pas plus mal d’arrêter de tout calculer, tout anticiper, se préparer à toute éventualité… Avec elle, il avait l’impression d’être enfin normal. C’était comme si elle arrivait à combler le décalage qu’il ressentait avec tout le monde et qui était bien souvent la cause de sa condescendance. Elle arrivait à établir un équilibre entre eux que personne n’avait jamais réussi à installer, même après de longs efforts. Elle, elle le faisait naturellement, comme si c’était enfantin. C’était probablement ça qui lui avait fait peur au début mais maintenant... Pris à ces pensées, il ne réalisait pas qu’il souriait.
Lorsqu’elle eut fini son plat de résistance, le Génie se leva, attrapa le cheesecake qu’il dissimula à moitié dans son dos et s’approcha sans chercher à signaler sa présence avant d’avoir posé la main sur le dos de sa chaise et de se pencher légèrement vers son oreille.

- Bien que nous ne soyons pas au Danemark, il semblerait qu’il y ait quelque chose de pourri ici.

Il marqua un léger silence, désireux de faire son petit effet avant de lui glisser, presque comme une confidence.

- N’est-ce pas Ophelia ?

Finalement, comme il le pensait, son accroche était venue spontanément, et rétrospectivement, elle n’était pas trop mal. En une phrase, il avait réussi à lui rappeler leur rencontre, lui signifier dans quel camp il comptait se ranger et à faire preuve d’une pointe d’humour culturel dont il avait secret, sans oublier, évidemment, de lui faire comprendre qu’il connaissait maintenant son nom. Egalité.
Puis il tira la chaise à côté d’elle avant de déposer le dessert juste devant ses yeux.

- Et d’un sur trois. Annonça-t-il.

Il faisait bien évidemment référence aux vœux qu’elle avait formulés la première fois qu’elle lui avait adressé la parole. Bon, il avait un peu triché, c’est un cheesecake de la cantine et il avait juste eu un coup de chance monstrueux mais bon, après tout, il était le Génie, pas magicien ou pâtissier.
Et soudain il fut pris d’un doute et observa le plateau de la blonde. Il espérait que la cantine n’en avait pas resservi d’autres et qu’elle n’en avait pas un, sinon, il allait passer pour un sacré blaireau…
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La santéde la Cannibale s'était dégradée ces derniers jours. Elle avait toujours été sensible aux changements de saison. Mais le dernier avait vraiment été brutal. Passer d'une chaleur insupportable à une saison de pluie n'avait pas arrangé son état. Elle avait passé la dernière semaine clouée au lit et ses séances de soins s'étaient concentrées sur son rhume. Rhume qui aurait pu dégénérer.
Ange lui avait prescrit de rester au lit encore quelques jours mais elle avait insisté : si elle restait dans cette pièce encore une heure, elle allait crever d'étouffement. Ses draps puaient le moisi de la maladie et chaque coin de la chambre lui rappelait cette machine de respiration à laquelle on l'avait branchée pendant ces sept dernières nuits. Elle entendait encore son souffle amplifié.
Après quelques négociations et battements de cils langoureux, Ange lui avait autorisé le repas à la cantine. Mais c'était impératif : elle devait être de retour pour treize heures ! C'était noté, elle ne désobéirait pas. Elle avait quarante-cinq minutes, c'était largement suffisant.
Elle s'était apprêtée avant d'y aller, comme une femme qui se préparerait pour sortir à l'Opéra. La tenue n'était pas la même, mais l'application à la préparation n'avait rien de différent. Elle était restée trente minutes dans sa chambre (parce que pour ça, bien sûr, elle était d'accord) à se pomponner. Elle avait donné du volume à ses boucles et allongé ses cils de mascara. S'était parfumée le creux de la nuque et les poignets. Puis par dessous l'uniforme d'hiver elle avait enfilé des sous-vêtements en dentelles. L'essentiel n'était pas de voir la petite culotte sexy mais plutôt de remarquer l'attitude sensuelle et confiante que ça lui procurait. C'était dingue comment un simple petit bout de dentelle pouvait vous rehausser les épaules et chalouper votre démarche.
Elle avait donc quarante-cinq minutes ... Mais la queue à la cantine lui en amputait de dix. Super, elle aurait aimé un pass spécial, comme pour Disneyland. Mais qu'on ne rêve pas, elle n'était pas dans le monde des Princesses ici. Elle devait faire la queue, comme tout le monde.
Bon, tant qu'il restait une part de cheesecake, tout irait bien.
La blonde demanda le plus gros des hamburgers et une super portion de frites qu'elle noierait bientôt de Ketchup. Puis elle se trouva face au dessert. Donuts, beignets ... Et le cheesecake ? Elle était sûre que c'était inscrit sur le menu pourtant.

« Excusez-moi, il ne devrait pas y avoir du cheesecake au coulis de fruits rouges ? »

Ce n'était pas son préféré, et il ne serait sûrement pas aussi bon que ceux de la Grande-Bretagne, mais qu'est-ce qu'elle en voulait ! Elle aurait mangé celui du supermarché du coin s'il le fallait !

« Désolé ma p'tite dame. Ils font fureur, j'ai donné l'dernier à un p'tit gars y'a pô longtemps. »

La Cannibale se crispa. Si elle retrouvait ce mec, elle se promit de faire honneur à son surnom.
Elle remercia poliment la dame de la cantine et refusa un dessert dans un sourire forcé. Les mandibules serrées, le pas coincé, elle jeta son plateau plus qu'elle ne le posa sur une table déserte.
Ange lui avait donné un biper en cas de pépin (pour son cœur, bien sûr), mais elle l'aurait bien utilisé maintenant. On prétextait un problème cardiaque, la solution était son dessert favori, et tout était réglé !
Elle mangeait ses frites du bout des doigts, boudeuse. Puis elle sentit une présence dans son dos, et un souffle chaud sur sa nuque. La voix qui suivit lui fila la chair de poule.

« Bien que nous ne soyons pas au Danemark, il semblerait qu’il y ait quelque chose de pourri ici... N'est-ce pas Ophelia ? »

Interloquée, la blonde ne bougea pas. Il y avait très peu de monde qui connaissait son prénom. Il y avait Ange, il y avait le patient du docteur Elpida ... Et c'était tout.
La chaise vide près d'elle fut vite occupée et un sourire, cette fois ci un vrai, éclaira le visage de la jeune femme. Alexander. Bien sûr, qui d'autre ?
Il avait l'air d'un coup bien confiant et tranquille. Monsieur savait draguer les filles maintenant ? Ce n'était plus le pseudo-campeur qu'elle avait vue sur le terrain de volley-ball. Tout son charisme résidait en deux points : ses yeux. Ou plutôt son regard. Il y avait quelque chose dans ce gris, quelque chose qui fit qu'Ophelia ne décrocha pas un instant son regard du sien.

« Et d'un sur trois », annonça-t-il, tout fier, en déposant sous ses yeux une part de cheesecake.

La patiente éclata de rire.
Très bien, ce type marquait des points. Elle avait complètement oublié cette histoire de vœux. Elle avait demandé quoi déjà pour les deux premiers ? Quelque chose avec sa sœur et le désir de fuir d'ici, si elle se souvenait bien.
Elle poussa son assiette entamée sur le côté et se saisit du cheesecake. Sans aucune retenue, elle enfonça sa cuillère dans le dessert et en prit une bouchée ... Ce que c'était bon ! Le bout de cuillère toujours dans la bouche, elle s'en délectait. Il ne devait pas rester une miette !
Lorsqu'elle en fut à la moitié, elle se pencha en avant et planta ses yeux dans ceux de son interlocuteur. Quoi, elle avait mis du parfum, c'était bien pour que les autres en profitent.

« Fais attention, chaton, tu vas finir par me plaire. »

Elle appuya son propos d'un clin d’œil malicieux et retourna vers son cheesecake avec un certain calme.

« Tu m'aurais presque manqué. Qu'est-ce qui t'as pris autant de temps ? »

Elle passa sa langue sur ses lèvres : il y avait eu un peu de coulis. Le goût sucré des fruits rouges, avec une pointe d'acidité, mélangé à la fraîcheur du fromage blanc et au croustillant de la pâte ... Non vraiment, c'était pile ce qu'il lui fallait.

« Je veux dire par là, il t'aura fallu un petit bout de temps pour trouver mon prénom. Je te pensais plus vif d'esprit, Alexander. Mais je te rassure, il n'y aura pas de grande tragédie avec moi. Ni folie, ni mort dramatique. »

Quoique, on n'était pas à l'abri d'un petit drama de temps à autres. Quand elle avait ses règles, par exemple. Et encore, fallait-il qu'elle les ait. Quand sa santé dégringolait vraiment, il lui arrivait d'être aménorrhée.
Du Cheesecake et la compagnie du Génie, ce repas ne pouvait que bien se passer.

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Dernière édition par La Cannibale le Lun 29 Oct - 12:44, édité 1 fois


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L’attitude de la Cannibale changea du tout au tout alors qu’il tirait la chaise sur laquelle il allait s’asseoir. Alors qu’elle avait dégagé quelque chose d’assez maussade, tripatouillant dans sa montagne de ketchup, elle affichait désormais un immense sourire. Ca devait être à cause du cheesecake. Celui-ci lui tira un rire avant qu’elle ne plonge sa cuillère à l’intérieur dedans, à peine posé sur son plateau. A son grand soulagement, il ne venait pas faire doublon, ce qui lui permit de remonter son regard vers elle. Son visage le surprit même s’il n’en montra rien. Ce n’était pas tant la cuillère qu’elle gardait obstinément dans la bouche telle une sucette que ce qu’il lisait dans ses yeux. Exit la Cannibale, cette fille aux allures de femme fatale qui le mettait dans tous ses états, cette flamme attirante qui lui inspirait une certaine méfiance. Ses yeux pétillaient comme ceux d’une petite fille qui vient d’apprendre qu’on l’emmène à Disneyland. Tourné vers elle, il posa un coude sur la table, la tête légèrement appuyée sur sa main. C’était curieux. C’était… attendrissant. Il ne s’attendait pas à apercevoir une telle facette de sa personnalité. C’était donc elle Ophelia ?
Il la regarda engloutir la moitié du dessert, un léger sourire flottant sur ses lèvres. Il aurait presque pu regretter de le lui avoir donné. Vu l’expression ravie qu’elle arborait, il devait être vraiment délicieux ! Heureusement pour elle, la nourriture le tentait rarement.
Soudain, sa cuillère resta suspendue en l’air et elle se pencha légèrement vers lui. Il retint un mouvement de recul. Quelque chose avait basculé en elle. Dans ce qu’elle dégageait. Ses mots le lui confirmèrent.

- Fais attention, chaton, tu vas finir par me plaire.

La séductrice Cannibale était revenue dans la place. S’il n’avait su qu’elle était là pour des soucis cardiaques, il se serait presque demander si elle n’était pas ici pour une raison similaire à la sienne. Il garda les yeux rivés aux siens, cillant à peine – tellement peu que c’en était certainement pas naturel – et il remarqua deux choses. La première était le parfum floral qui émanait d’elle. « L’échappée belle » de chez Eau Jeune. Comment il le savait ? Bonne question. Son cerveau était ainsi fait qu’il retenait énormément de choses, parfois complètement inutiles et sorties de leur contexte, ce qui faisait que très régulièrement, sa mémoire lui donnait des informations qui semblaient sortir de nulle part, comme une évidence. Peut-être avait-il connu quelqu’un, une tante, une amie de ses parents qui le portait ? Ca importait peu au fond. La seconde chose qu’il remarquait, c’était les cernes, discrètes mais indéniables, qui se dessinaient sous ses yeux clairs. Il la dévisagea quelques instants avant qu’elle ne se retourne, se plongeant à nouveau dans sa part de cheesecake. Elle lui semblait plus pâle qu’il ne l’avait déjà vue, avait-elle des problèmes de sommeil ? De santé ? Il faillit lui poser la question, mais se demandant si ce n’était pas indélicat de sa part, il hésita et elle reprit la parole avant qu’il ne soit lancé.
Attends. Est-ce qu’elle l’avait encore appelé « chaton » ?

- Tu m'aurais presque manqué. Qu'est-ce qui t'as pris autant de temps ?

Il haussa un sourcil circonspect avant qu’elle ne s’explique, masquant par là le fait que son coup de langue sur ses lèvres étaient à deux doigts de le mettre dans tous ses états.

- Je veux dire par là, il t'aura fallu un petit bout de temps pour trouver mon prénom. Je te pensais plus vif d'esprit, Alexander. Mais je te rassure, il n'y aura pas de grande tragédie avec moi. Ni folie, ni mort dramatique.

La remarque sur sa vivacité d’esprit le piqua au vif, teignant ses joues de rouge. A moins que ce ne soit les hormones ? Dans tous les cas, il détourna le regard vers le lointain en répliquant d’un ton qui se voulait neutre mais compte-tenu du grommellement qui l’accompagnait…

- J’ai eu quelques contretemps…

Ce n’était pas une excuse, c’était parfaitement vrai. Bien sûr qu’il aurait pu trouver plus vite, mais entretemps il avait dû gérer Aeden qui lui collait aux basques depuis l’incident de la mutilation et surtout… Cap. Son regard s’assombrit à cette pensée. Puis il avisa que la position pseudo décontractée qu’il utilisait depuis qu’il s’était assis raccourcissait sa manche gauche qui dévoilait partiellement les cicatrices toutes neuves à l’intérieur de son poignet, justement orienté vers Ophelia. Il se redressa, tirant sur ses manches comme si de rien n’était avant de poser ses mains sur ses jambes, à moitié sous la table, où personne ne pourrait les voir. Avec un peu de chance, elle était trop concentrée sur son dessert préféré pour l’avoir remarqué. Mais au cas où, ça ne coûtait  rien de ramener son attention dessus.

- Je crois que j’ai rarement vu quelqu’un engloutir une part de gâteau aussi vite.

Il avait dit ça d’un ton naturel, presque comme un commentaire. Pourtant, de la part du Génie, c’était certainement ce qui se rapprochait le plus de la taquinerie, ce qui se manifestait de façon souvent trop subtile pour que les autres le remarque. Un éclat différent, amusé, perçait dans la grisaille de son iris. Puis il ajouta à mi-voix, presque comme si c'était pour n'être entendu que de lui-même.

- A part Cap bien sûr.
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La dernièrebouchée était à la fois la meilleure et la pire. D'un côté, en sachant que c'était la dernière, la Cannibale en profitait comme jamais. Elle laissait le croustillant du biscuit exploser en bouche et la crème fondre sur la longue. Mais elle savait très bien qu'elle n'en aurait plus après cela et qu'il fallait vraiment qu'elle s'en délecte.
Elle posa sa cuillère nickelle sur le plateau, les joues roses de satisfaction mais la bouche tordue de déception. Elle se focalisa à nouveau sur son interlocuteur, mais celui-si s'était dérobé à elle. Elle fronça les sourcils, mécontente de ne pas être le centre de son attention ( oui, elle avait un petit côté nombriliste). Elle rapprocha alors sa chaise de la sienne.

« J'ai eu quelque contretemps ... »

Plus sérieuse, elle papillonna des paupières. Allait-il développer ? Suspendue à ses mots, elle attendit une explication qui ne vint pas. En revanche, attentive, elle remarqua le mouvement peu naturel de son bras. Lui qui était si décontracté cachait sous la table ses deux mains. Le Génie ? Qui se cachait ? Vraiment ?
Elle se souvint de son attitude au tournoi de volley ... Malgré la grosse chaleur, il avait gardé un t-shirt. C'était quoi ? De la pudeur ? Ou alors il avait un secret ?
Elle était consciente de n'être encore qu'une connaissance pour lui, mais elle mourrait d'envie de pousser le sujet. Seulement elle avait des valeurs et elle ne voulait pas le forcer. Mais maintenant elle était intriguée et ferait plus attention aux attitudes du Génie.

« Je crois que j’ai rarement vu quelqu’un engloutir une part de gâteau aussi vite. A part Cap, bien sûr. »

Elle ne rebondit pas sur ce qui était visiblement de la taquinerie ( avec ça, et le fait d'être vexé, c'était deux choses qu'elle voyait souvent chez lui). Ce changement de ton l'avait interloqué. Vraiment, qu'est-ce qui se passait ? Elle le revoyait encore à la cantine, avec ses deux amis, discuter gravement.
Elle baissa les yeux. Visiblement, elle n'était pas assez importante pour être mise dans la confidence. Ce qu'elle comprenait parfaitement. Tous les trois avaient sûrement beaucoup vécu ensemble. Alors qu'elle, elle était là depuis quelque temps, à seulement craquer des sourires narquois.
Etre ami avec quelqu'un ... Ça devait vraiment être sympa.
Elle revint vers ses frites et les picora, non sans les tremper goulûment dans le ketchup. Cap ? On y était. Elle avait vu ce nom dans le dossier, et elle s'était demandée si elle le verrait un jour. Et visiblement, ils avaient tout deux un point commun. Elle se demandait quel genre de personne était ce Cap, et à quelle fréquence il apparaissait. Ça faisait quoi Alexander de partager son corps ?
Un drôle de sourire sur le visage et le regard sur son burger, elle fit une remarque qu'elle s'adressa.

« On se complète bien, toi avec tes deux "cerveaux", et moi avec mes deux cœurs. Même si, contrairement à toi, une de mes deux parties est en train de se laisser mourir. »

Elle avait dessiné les guillemets dans l'air, bien consciente qu'Alexander n'avait qu'un seul cerveau. S'ils devaient former un duo, il serait la tête pensante et elle serait l'émotion. Non ?
Elle croqua dans une frite avec moins d'appétit puis, curieuse, repensa à ce Cap. Non vraiment, elle ne pouvait pas passer à côté, ça l'intriguait trop. Comme elle s'était rapprochée tout à l'heure, son genou caressa celui de son interlocuteur quand elle croisa ses jambes. Elle sembla à peine s'en rendre compte.
De nouveau focalisée sur lui, sérieuse et curieuse, elle voulut l'interroger avec tranquillité. Elle ne voulait pas avoir l'air de mener un interrogatoire.

« Cap et le Génie ? C'est original. Le Génie pour exaucer des vœux et Cap pour guider, tu sais, garder le cap. Bref. Donc Cap est un gourmand et aime les films Avengers. Qu'est-ce qu'il est d'autre ? Je pourrais le rencontrer un jour ? »

Elle se souvenait du poster dans la chambre d'Alexander. C'était tout drôle de se dire qu'un jour ce visage pourrait être posséder par quelqu'un d'autre. Est-ce que Cap écoutait cette conversation ? Non vraiment, c'était très intriguant.

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La réaction d’Ophelia se faisait désirer. Inquiet, le Génie zieuta dans sa direction. Avait-elle remarqué quelque chose d’étrange ? Avait-elle un souci ? Elle qui répondait généralement du tac au tac… Ce laps de temps le mettait dans une situation assez inconfortable. Mais non. Rien dans son langage corporel ne suggérait une émotion négative. De nouveau plongée dans son assiette, une frite à la main – ah bon ? Elle était ce genre de personne pour qui le dessert ne signifiait pas la fin du repas ? – elle paraissait surtout pensive. Finalement, elle lâcha.

- On se complète bien, toi avec tes deux "cerveaux", et moi avec mes deux cœurs.


Deux cœurs ? C’était possible ça ? Ces simples deux mots soulevaient tant de questions à l’intérieur de sa tête qu’il n’arrivait pas à en attraper la moitié. Pourquoi ? Comment ? Est-ce qu’il entendrait les deux battre s’il collait l’oreille contre sa poitrine ? Celle-ci, elle aurait pu le faire de nouveau rougir si la suite des choses n’avait pas complètement détourné son attention.

- Même si, contrairement à toi, une de mes deux parties est en train de se laisser mourir.

Alors qu’il s’était de nouveau tourné vers elle, toute son attention captée par cette pathologie qu’il ne connaissait pas et qui l’intriguait au plus haut point, avide d’en savoir plus, son attitude s’assombrit et se ferma. On aurait pu entendre un « clac ». Enfin… Elle ne pouvait pas savoir… Un sourire amer se dessina sur ses lèvres. Il n’avait pas envie d’y penser mais… Il ne pouvait tout simplement pas s’en empêcher. Autant il arrivait à gérer la mort de sa sœur : à l’occulter quand il le fallait et à s’en servir comme motivation pour faire bouger les choses quand il en avait besoin, autant l’obsolescence programmée de Cap le rongeait dans une angoisse paralysante. Lui qui ne croyait pas vraiment à une force supérieure, il priait tous les jours pour qu’il aille un peu mieux. Parce que sinon…
Le contact d’un genou contre le sien le fit tressaillir malgré lui, le sortant de ses pensées moroses. Il eut un léger mouvement de recul, estompant le toucher sans néanmoins le supprimer complètement.

- Cap et le Génie ? C'est original. Le Génie pour exaucer des vœux et Cap pour guider, tu sais, garder le cap. Bref. Donc Cap est un gourmand et aime les films Avengers. Qu'est-ce qu'il est d'autre ? Je pourrais le rencontrer un jour ?

Quelque chose dans le regard du Génie s’éclaira brièvement, puis cette lueur s’intensifia. Il plongea les yeux dans ceux de la Cannibale comme s’il cherchait à décortiquer son âme, sensation probablement accentuée par son visage soudain très proche et sa main sur épaule tout en s’exclamant.

- Qu’est-ce que tu as dit ?

Cap. « Garder le cap ». C’était un sens de son surnom que son porteur n’avait probablement jamais envisagé. Cap, comme le capitaine du Caïd, ou comme le cap ou pas cap, oui, c’était cette signification que lui avait conféré Loreleï et dont ce dernier s’était emparé au point d’en faire son identité mais garder le cap… Un sourire, un sourire de joie, d’espoir pur chassa les restes d’amertume. Il rit, un rire empreint de soulagement.

- Tu es géniale Ophelia !

Elle était là, la solution ! Elle était là ! Ca prendrait du temps, bien sûr, et il y aurait des rechutes, c’était inévitable, mais ça pouvait marcher ! Il savait depuis toujours que Cap se définissait par rapport à leur sœur et que depuis qu’elle n’était plus là, il avait l’impression de ne plus avoir de raison d’exister. Il lui fallait un nouveau but, plus durable que celui de la venger comme l’avait proposé Aeden. Celui de garder le cap était parfait. Guider les gens, perpétuer la mémoire et les valeurs de Loreleï… Il avait presque envie de sauter dans les bras d’Ophelia. Presque. Il avait encore sa dignité.
Il se reprit et se recula de manière appropriée même si ses yeux pétillaient encore d’un élan d’optimisme.

- J’espère que tu le rencontreras, sincèrement. Vous vous entendriez bien je pense. Mais s’il te plaît, fais-moi une faveur. Quand tu le verras, répète-lui ce que tu viens de me dire d’accord ? Il en aura besoin.
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Mayday !Mayday ! Il y avait rapprochement ! Nous répétons : il y avait rapprochement ! Pourquoi le Génie posait-IL soudainement sa main sur son épaule ? Pourquoi son visage était-il aussi proche du sien ? Pourquoi avait-il un tel regard ? Peut-être que c'était lui, le fameux Cap ... Mon Dieu, si c'était un gros dragueur... Certes Ophelia s'était amusée à jouer le flirt, mais elle ne se sentait pas prête à ... Surtout si c'était Cap qu'elle avait en face d'elle, elle le connaissait à peine !

« Qu’est-ce que tu as dit ? »

Le visage écrevisse, la tête rentrée dans le menton pour éviter un accrochage de lèvres imprévu, et l’œil hagard, elle laissa flotter un silence. Elle aurait dit un truc particulier, elle ?
Et puis, c'était toujours le Génie, elle le sentait. Cette intonation de voix ...
Bien que le contact spontané ne lui ressemblait pas (enfin, elle ne l'avait jamais vu avec une pareille attitude en tout cas) et cette lueur dans l'acier de ses yeux lui était inconnue à ce jour, elle avait la sensation d'avoir toujours affaire au garçon qu'elle connaissait.
Décontenancée, elle fit une grimace peu convaincue et haussa les épaules (nous noterons qu'elle n'avait pas chercher à s'écarter et ne lui avait pas fait retirer sa main).

« Je pourrais le rencontrer un jour ?», répéta-t-elle d'une petite voix.

Mais est-ce que son interlocuteur l'écoutait vraiment ?
La Cannibale avait l'impression qu'il tenait un monologue avec lui-même. A vrai dire, elle trouvait qu'il avait le visage de quelqu'un d'à la fois concentré et illuminé. Elle aurait presque vue une ampoule jaillir de son crâne pour s'éclairer.

« Tu es géniale Ophelia ! », s'exclama-t-il.
« Je le pense aussi, mais là je ne sais pas trop ce qui te fais dire ça. »

Elle avait paré son compliment d'une fausse modestie, espérant que ça effacerait la boule au ventre qui avait pris forme lorsqu'il avait prononcé son prénom. La première fois qu'il l'avait dit, c'était pour la surprendre (et sûrement pour frimer). Là, c'était différent. Il y avait des couleurs dans les voyelles et des émotions dans l'articulation. Son prénom avait une autre aura lorsque c'était le Génie qui le disait, surtout lorsqu'il suivait un compliment sorti de nulle part.
Et pourquoi il riait d'un coup? C'était, certes, très agréable à entendre, mais franchement, elle ne pigeait plus rien.
Pourtant elle ne fuit pas. Elle sourit elle aussi, parce que c'était contagieux, et attendit d'avoir une explication. Ou une réaction plus terre-à-terre.
Il finit par reculer. Elle déglutit à ce moment là, et prit une grosse bouchée de frites comme si elle avait voulu prendre une profonde inspiration. Là, elle mangeait ses émotions. Putain, pourquoi son coeur avait-il fait un pareil bond ? Pourquoi ça la rendait aussi heureuse de le voir avec autant d'optimisme sur le visage ?
Elle s'étala sans le vouloir du ketchup sur le bout du nez quand l'évidence la frappa : le Génie était en train de lui plaire. Pourquoi ? Comment ? Pourquoi ? Par quel moyen ? Pourquoi ? De quelle façon les astres ... Elle avait fait tellement plus avec Ange qu'avec le Génie, ça devrait être lui son crush. Pas un type qu'elle ne connaissait pas tant que ça finalement.
Ha, putain de merde.

« J’espère que tu le rencontreras, sincèrement. Vous vous entendriez bien je pense. Mais s’il te plaît, fais-moi une faveur. Quand tu le verras, répète-lui ce que tu viens de me dire d’accord ? Il en aura besoin. »

Elle se léchait le bout des doigts, attentive à ce que lui disait son interlocuteur. Il lui fallut un petit moment pour qu'elle fasse le lien avec Cap. Elle fit bouger ses paupières, silencieuse, les joues gonflées de frites. Puis elle mâcha doucement ce qu'elle avait et se redressa petit à petit. Son genou était toujours contre celui du Génie.

« Tu as l'air de beaucoup tenir à lui ... Je ne vais pas te mentir : j'ai un milliards de questions en tête. Mais je vais mettre ma curiosité de côté. Juste ... Tu veux que je lui dises quoi précisément ? Je t'avoue que je n'ai pas trop suivi le pourquoi du comment ton cerveau s'est mis à disjoncter. »

Elle avait dit avec une légère nonchalance. Pas méchante, pas taquine. Juste avec un peu de recul.
Elle plissa les paupières, désirant étudier un peu mieux le Génie. Finalement, la crampe au ventre était partie. Comme ça. Pouf. Elle s'était peut-être faite des idées. Quand arrivait ses règles ? Ça devait être à cause ça.
Le fait de sentir la nouvelle émotion qui l'avait surprise tout à l'heure disparaître lui fit reprendre contenance. Seules ses pommettes gardèrent leur teinte rosée. Sinon, elle se pencha en avant, faisant avancer son genou, et ce fut sa cuisse qui caressa le genou de son interlocuteur.

« Donc je suis géniale ? Et si on parlait de ça ? »

Elle s'était quand même vachement rapprochée là ...
Et rebonjour les fourmillements dans le ventre. Elle eut un sourire crispé. Si elle reculait, elle aurait eu l'air bien suspecte. Mais ça la gênait terriblement de parler d'elle avec le Génie. Allez, on change de bord et on essaie de rester na-tu-relle.

« Je plaisante ! Revenons à Cap. Je ne peux pas m'empêcher de te poser d'autres questions. Tu dis qu'il ne va pas bien ... »

Inconsciemment, elle baissa le regard vers les manches du garçon. Son cerveau avait fait la connexion entre la douleur de Cap, Cap dans le corps du Génie, le Génie qui cache subitement ses bras sous la table.
Continuons de parler de Cap, ça lui changerait les idées.

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