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22/09/2018
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To be or not to be

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Il avait attendu ce moment depuis longtemps déjà. Il s’en délectait d’avance et il était enfin arrivé. Le Génie connaissait désormais le nom de la Cannibale. Il lui avait fallu du temps, il avait consacré beaucoup d’énergie à cette enquête mais il avait finalement découvert ce qu’il cherchait. Heureusement pour lui, il avait eu l’intelligence de ne pas s’intéresser au nom de la Cannibale, mais à celui de X50. Ca c’était avéré payant, et surtout, beaucoup plus facile que de s’attaquer à découvrir la vérité derrière une légende. Il avait donc finalement réussi à découvrir l’emplacement de sa chambre, puis celle de sa salle de soin habituelle et un beau jour, à force de patience, la chance lui avait finalement souri en laissant la porte de la salle ouverte et complètement vide à l’exception de son dossier médical ouvert bien en évidence sur le bureau. Il y avait donc lu son nom, sans y fouiller davantage et était ressorti aussitôt. L’intrusion avait été déjà suffisamment risquée sans qu’il ne tente plus sa chance, et puis, il avait l’information qu’il était venu prendre. Pour le reste, il avait compris seul que la raison de sa présence ici tenait à des soucis cardiaques et cela lui suffisait… Pour le moment.
Dès le matin suivant, il avait été tenté tout d’abord de la chercher, mais il ne l’avait pas trouvée dans la cantine au petit déjeuner. Alors il s’était raisonné. Il finirait bien par la recroiser, et puis, de toute façon, il avait des choses à faire. Cependant, il ne put s’empêcher d’être le premier arrivé dans la cantine à l’heure du déjeuner, se disant que comme ça, il serait plus à même de la voir arriver.
Lorsqu’il arriva devant le self, il s’avéra qu’il n’avait pas tout à fait réussi son coup. Une trentaine de personnes attendaient déjà devant lui. Il tendit le cou à s’allonger la nuque pour voir si la Cannibale n’était pas parmi elles. Il lui semblait que non. Il prit donc son plateau et fit la queue comme tout le monde. En ce moment, les employés de la cantine semblaient avoir un petit kiff personnel et s’amusaient à faire des repas à thème. Aujourd’hui, c’était repas américain. La plupart se réjouissait de voir leur assiette se garnir pour une fois d’un peu de malbouffe – un hamburger ou un hotdog avec des frites – mais ce qui fit sourire le Génie, ce fut la vue du dessert. Un cheesecake. Il eut l’audace de demander s’il était possible d’avoir un coulis aux fruits rouges. Son interlocutrice lui tendit celle qui était déjà la dernière part à cette saveur avec bonne humeur puis Alexander alla s’asseoir à une table au fond qui offrait une bonne vue d’ensemble sur la salle. Il commença à manger en songeant qu’il aurait vraiment une chance de dingue si celle qu’il attendait se pointait dans ces conditions parfaites. Et son vœu fut exaucé.
Elle arriva alors qu’il guettait la fin de la chaîne de self et s’installa seule à une table, à quelques pas. Elle ne devait pas l’avoir vu. Il la laissa manger son entrée et son plat principal, le regard balayant le dos qu’elle lui tournait, glissant le long de ses longs cheveux blonds, réfléchissant à ce qu’il allait bien pouvoir lui dire, exactement, tout en étant conscient que comme d’habitude, son cerveau allait probablement le laisser tomber qu’elle poserait son regard sur lui. Il s’habituait un peu à cette sensation de perte de contrôle. Il n’aimait toujours pas ça, mais il la détestait moins. Le Génie apprenait doucement que parfois, ce n’était pas plus mal d’arrêter de tout calculer, tout anticiper, se préparer à toute éventualité… Avec elle, il avait l’impression d’être enfin normal. C’était comme si elle arrivait à combler le décalage qu’il ressentait avec tout le monde et qui était bien souvent la cause de sa condescendance. Elle arrivait à établir un équilibre entre eux que personne n’avait jamais réussi à installer, même après de longs efforts. Elle, elle le faisait naturellement, comme si c’était enfantin. C’était probablement ça qui lui avait fait peur au début mais maintenant... Pris à ces pensées, il ne réalisait pas qu’il souriait.
Lorsqu’elle eut fini son plat de résistance, le Génie se leva, attrapa le cheesecake qu’il dissimula à moitié dans son dos et s’approcha sans chercher à signaler sa présence avant d’avoir posé la main sur le dos de sa chaise et de se pencher légèrement vers son oreille.

- Bien que nous ne soyons pas au Danemark, il semblerait qu’il y ait quelque chose de pourri ici.

Il marqua un léger silence, désireux de faire son petit effet avant de lui glisser, presque comme une confidence.

- N’est-ce pas Ophelia ?

Finalement, comme il le pensait, son accroche était venue spontanément, et rétrospectivement, elle n’était pas trop mal. En une phrase, il avait réussi à lui rappeler leur rencontre, lui signifier dans quel camp il comptait se ranger et à faire preuve d’une pointe d’humour culturel dont il avait secret, sans oublier, évidemment, de lui faire comprendre qu’il connaissait maintenant son nom. Egalité.
Puis il tira la chaise à côté d’elle avant de déposer le dessert juste devant ses yeux.

- Et d’un sur trois. Annonça-t-il.

Il faisait bien évidemment référence aux vœux qu’elle avait formulés la première fois qu’elle lui avait adressé la parole. Bon, il avait un peu triché, c’est un cheesecake de la cantine et il avait juste eu un coup de chance monstrueux mais bon, après tout, il était le Génie, pas magicien ou pâtissier.
Et soudain il fut pris d’un doute et observa le plateau de la blonde. Il espérait que la cantine n’en avait pas resservi d’autres et qu’elle n’en avait pas un, sinon, il allait passer pour un sacré blaireau…
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X50
To be or not to be
La santéde la Cannibale s'était dégradée ces derniers jours. Elle avait toujours été sensible aux changements de saison. Mais le dernier avait vraiment été brutal. Passer d'une chaleur insupportable à une saison de pluie n'avait pas arrangé son état. Elle avait passé la dernière semaine clouée au lit et ses séances de soins s'étaient concentrées sur son rhume. Rhume qui aurait pu dégénérer.
Ange lui avait prescrit de rester au lit encore quelques jours mais elle avait insisté : si elle restait dans cette pièce encore une heure, elle allait crever d'étouffement. Ses draps puaient le moisi de la maladie et chaque coin de la chambre lui rappelait cette machine de respiration à laquelle on l'avait branchée pendant ces sept dernières nuits. Elle entendait encore son souffle amplifié.
Après quelques négociations et battements de cils langoureux, Ange lui avait autorisé le repas à la cantine. Mais c'était impératif : elle devait être de retour pour treize heures ! C'était noté, elle ne désobéirait pas. Elle avait quarante-cinq minutes, c'était largement suffisant.
Elle s'était apprêtée avant d'y aller, comme une femme qui se préparerait pour sortir à l'Opéra. La tenue n'était pas la même, mais l'application à la préparation n'avait rien de différent. Elle était restée trente minutes dans sa chambre (parce que pour ça, bien sûr, elle était d'accord) à se pomponner. Elle avait donné du volume à ses boucles et allongé ses cils de mascara. S'était parfumée le creux de la nuque et les poignets. Puis par dessous l'uniforme d'hiver elle avait enfilé des sous-vêtements en dentelles. L'essentiel n'était pas de voir la petite culotte sexy mais plutôt de remarquer l'attitude sensuelle et confiante que ça lui procurait. C'était dingue comment un simple petit bout de dentelle pouvait vous rehausser les épaules et chalouper votre démarche.
Elle avait donc quarante-cinq minutes ... Mais la queue à la cantine lui en amputait de dix. Super, elle aurait aimé un pass spécial, comme pour Disneyland. Mais qu'on ne rêve pas, elle n'était pas dans le monde des Princesses ici. Elle devait faire la queue, comme tout le monde.
Bon, tant qu'il restait une part de cheesecake, tout irait bien.
La blonde demanda le plus gros des hamburgers et une super portion de frites qu'elle noierait bientôt de Ketchup. Puis elle se trouva face au dessert. Donuts, beignets ... Et le cheesecake ? Elle était sûre que c'était inscrit sur le menu pourtant.

« Excusez-moi, il ne devrait pas y avoir du cheesecake au coulis de fruits rouges ? »

Ce n'était pas son préféré, et il ne serait sûrement pas aussi bon que ceux de la Grande-Bretagne, mais qu'est-ce qu'elle en voulait ! Elle aurait mangé celui du supermarché du coin s'il le fallait !

« Désolé ma p'tite dame. Ils font fureur, j'ai donné l'dernier à un p'tit gars y'a pô longtemps. »

La Cannibale se crispa. Si elle retrouvait ce mec, elle se promit de faire honneur à son surnom.
Elle remercia poliment la dame de la cantine et refusa un dessert dans un sourire forcé. Les mandibules serrées, le pas coincé, elle jeta son plateau plus qu'elle ne le posa sur une table déserte.
Ange lui avait donné un biper en cas de pépin (pour son cœur, bien sûr), mais elle l'aurait bien utilisé maintenant. On prétextait un problème cardiaque, la solution était son dessert favori, et tout était réglé !
Elle mangeait ses frites du bout des doigts, boudeuse. Puis elle sentit une présence dans son dos, et un souffle chaud sur sa nuque. La voix qui suivit lui fila la chair de poule.

« Bien que nous ne soyons pas au Danemark, il semblerait qu’il y ait quelque chose de pourri ici... N'est-ce pas Ophelia ? »

Interloquée, la blonde ne bougea pas. Il y avait très peu de monde qui connaissait son prénom. Il y avait Ange, il y avait le patient du docteur Elpida ... Et c'était tout.
La chaise vide près d'elle fut vite occupée et un sourire, cette fois ci un vrai, éclaira le visage de la jeune femme. Alexander. Bien sûr, qui d'autre ?
Il avait l'air d'un coup bien confiant et tranquille. Monsieur savait draguer les filles maintenant ? Ce n'était plus le pseudo-campeur qu'elle avait vue sur le terrain de volley-ball. Tout son charisme résidait en deux points : ses yeux. Ou plutôt son regard. Il y avait quelque chose dans ce gris, quelque chose qui fit qu'Ophelia ne décrocha pas un instant son regard du sien.

« Et d'un sur trois », annonça-t-il, tout fier, en déposant sous ses yeux une part de cheesecake.

La patiente éclata de rire.
Très bien, ce type marquait des points. Elle avait complètement oublié cette histoire de vœux. Elle avait demandé quoi déjà pour les deux premiers ? Quelque chose avec sa sœur et le désir de fuir d'ici, si elle se souvenait bien.
Elle poussa son assiette entamée sur le côté et se saisit du cheesecake. Sans aucune retenue, elle enfonça sa cuillère dans le dessert et en prit une bouchée ... Ce que c'était bon ! Le bout de cuillère toujours dans la bouche, elle s'en délectait. Il ne devait pas rester une miette !
Lorsqu'elle en fut à la moitié, elle se pencha en avant et planta ses yeux dans ceux de son interlocuteur. Quoi, elle avait mis du parfum, c'était bien pour que les autres en profitent.

« Fais attention, chaton, tu vas finir par me plaire. »

Elle appuya son propos d'un clin d’œil malicieux et retourna vers son cheesecake avec un certain calme.

« Tu m'aurais presque manqué. Qu'est-ce qui t'as pris autant de temps ? »

Elle passa sa langue sur ses lèvres : il y avait eu un peu de coulis. Le goût sucré des fruits rouges, avec une pointe d'acidité, mélangé à la fraîcheur du fromage blanc et au croustillant de la pâte ... Non vraiment, c'était pile ce qu'il lui fallait.

« Je veux dire par là, il t'aura fallu un petit bout de temps pour trouver mon prénom. Je te pensais plus vif d'esprit, Alexander. Mais je te rassure, il n'y aura pas de grande tragédie avec moi. Ni folie, ni mort dramatique. »

Quoique, on n'était pas à l'abri d'un petit drama de temps à autres. Quand elle avait ses règles, par exemple. Et encore, fallait-il qu'elle les ait. Quand sa santé dégringolait vraiment, il lui arrivait d'être aménorrhée.
Du Cheesecake et la compagnie du Génie, ce repas ne pouvait que bien se passer.

Codage par Libella sur Graphiorum



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