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12/12/2018
Doutes : -15% ; Révolution : +15% (Preuve Cannibale & Kan + Preuve Alexander + Preuve Lucy)
05/11/2018Rôle d'espions à pourvoir

Visite à un ami [Pv Nevabriel]

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Il est impossible
de se tenir debout en ce monde
sans jamais se courber.
Début octobre. Nous devions être le deux ou le trois. Je ne savais plus trop tant j’avais arrêté de compter. Par peur, pour changer. Heureusement, grâce aux visites que je faisais à Nev ces derniers temps, j’arrivais à peu près à me changer les idées. Je voyais également de temps en temps Sheila quand nous étions tous les deux à notre coin. Et le peu que ce n’était pas le cas, elle venait elle-même me voir dans ma chambre. Mais, hormis ces moments, je me réfugiais dans ma chambre sans oser sortir dans les couloirs sauf pendant les heures des repas. En parlant de ces derniers, ils ne m’aidaient pas vraiment à me remplumer tant je mangeais peu. Je ne cherchais pas à devenir aussi maigre que Nev. J’avais juste tellement peur que je n’avais pas faim du tout. Et ce jour-là ne fit pas exception.

Après avoir mangé à peine le quart de mon assiette sans avoir touché à l’entrée. Je fis juste l’effort d’emporter la pomme que j’avais comme dessert. J’attendis ensuite, dans ma chambre qu’une petite heure passe. Kibou dans les bras, je m’étais assis sur mon lit en essayant de ne pas penser à ce qui était prévu pour le lendemain. C’était le meilleur moyen pour que je perde le peu de calme que j’arrivais à avoir. Et mon ami n’avait pas besoin que je sois mort de trouille. Il avait besoin de moi, de ma présence. Pas d’une loque ! Du coup, je pensai à lui, à Numa, Hope et Sheila. Cela me fit penser à quelque chose d’assez important à faire.

Juste avant de partir je pris une feuille de papier et un crayon pour laisser un mot à mon amie. Je lui disais où j’allais, pourquoi, et que j’allais revenir dès qu’on me mettrait à la porte, en gros. Il était hors de question que je me mette à l’inquiéter alors qu’il n’y avait pas lieu d’être. Puis, après l’avoir laissé en évidence dans ma chambre, je partis pour l’aile X, dans la chambre de Nev. Je tremblais dans les couloirs. Je ne voulais pas me faire gronder même si j’avais le droit d’être là. Enfin… normalement. Il n’y avait pas de raison pour ça, mais je ne marchais pas de cette façon. Après tout… je ne savais plus du tout de quoi j’avais le droit ou non. Pleurer, rire, sourire, parler, bouger devant les adultes… Tout ça m’était apparemment plus ou moins autorisé en cet endroit, mais pas chez les Nakamura. Mais pourquoi ? Je n’avais toujours pas saisi les raisons à cela. Tout comme pour le comportement des autres envers moi.

Devant la porte de Nev, je m’arrêtai un instant avant de me claquer les joues deux fois pour me donner un peu de courage. Puis, doucement, je frappai à la porte. Patiemment, malgré mes tremblements de plus en plus forts tant je craignais qu’il ne soit pas là, que son état se soit empiré ou qu’il soit partit pour le faire comme plus tôt, j’attendis qu’il me réponde. Quoique je me trouvai également prêt à partir en courant pour le chercher partout. … Vu son état, il ne devait pas être bien loin. N’est-ce pas ?

Soulagé d’entendre, même faiblement, sa voix grave et douce en même temps, j’entrai dans sa chambre. Malgré que ce n’était pas la première fois que je venais là, j’avais toujours l’impression d’entrer dans un environnement inconnu. Moins, mais encore un peu. Je m’approchai donc de mon ami et lui pris la main comme si nos vies en dépendaient, comme lorsque je l’avais sauvé.


Comment vas-tu ? lui demandai-je doucement en essayant de sourire sans franc succès.

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Dernière édition par Yuki Lanvers le Sam 20 Oct - 5:00, édité 1 fois



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Nevrabriel se réveilla par les bruits d’un tapage à sa porte. Il eut un léger sursaut, mais eut énormément de mal à bouger, même ouvrir ses paupières. La combinaison de ses médicaments était fatiguante, entre ceux qui l’empêchaient de vomir ses repas, les antidépresseurs, les médicaments pour ses hallucinations, ceux pour la mémoire, ceux pour bien dormir, Nevrabriel se demandait comment il pouvait encore être en vie. Lorsqu’il se réveillait c’était pour manger ou aller au sanitaire, il ne faisait que ça.
Certes, il était alité, il ne devait donc faire que cela, mais le simple fait de le savoir avait quelque chose de malaisan. Cependant, le roux ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. Il s’était rendu mal tout seul. Il aurait pu se sortir de là, avancer. Il avait simplement décidé de s’arrêter et que la mort le rattrape, jusqu’au dernier moment. Ce moment où on est venu le chercher pour le tirer sur le chemin. Pour qu’il avance.

Nevrabriel se redressa et regarda une infirmière lui apporter le repas, le déposant sur ses genoux avant de vérifier la perfusion, ses pupilles, son cœur et sa tension. Le jeune homme avait beaucoup de mal à rester assis alors que son corps était encore bien lourd.
Il remercia la dame lorsqu’elle le quitta, le laissant seul avec sa perfusion et son repas. Un repas adapté à son état misérable mais qu’il trouvait déjà bien trop volumineux pour son ventre.

*Il est encore temps de changer d’avis.*


Le jeune homme leva la tête vers son illusion, un joli visage lui souriait.
La présence de ses hallucinations se faisaient de plus en plus rare, mais son traitement était déjà assez lourd alors il ne pouvait pas être radical.

*Tu peux revenir avec nous. On s’amusait bien ensemble. Tu étais à la maison avec Mery. Avec Ali. Avec ta grand-mère … avec moi.*

Nevrabriel reposa sa fourchette et s’adossa à sa tête de lit où il avait calé un oreiller, ne quittant pas des yeux sa belle Anna. Il détailla un moment son visage, si pure, si lisse. Il admirait ses cheveux couleurs de nuit, noir comme l’ébène aux reflets d’un bleu océan qui contractait avec sa peau laiteuse.
La demoiselle se leva et alla s’asseoir à coté de lui, son uniforme de patiente lui tombait légèrement sur l’épaule, révélant le gabarie d’une adolescente qui commençait à se faire femme. Elle lui montra ses dents de perles, un sourire qui ferait cesser des guerres.

*Dis moi Nev, est-ce que tu m’aimes ?*

La question ne se posait pas mais elle osait la poser. Etait-il masochiste au point que son cerveau lui envoie cette vision pour lui poser cette question-ci ? Pour le faire souffrir ?
Heureusement, il n’eut pas à affronter plus longtemps le regard d’un bleu d’été de sa belle car on vint de nouveau frapper à sa porte. Le jeune homme invita la personne à entrer puisse qu’elle ne semblait pas le faire d’elle-même.
C’était Yuki.

Nevrabriel lui sourit aimablement alors que ce dernier vint lui prendre la main.

_ Comment vas-tu ?

Yuki fit une petite moue. Nevrabriel devina sans peine que son cadet essaya de sourire, sans franc succès. Ce n’était pas grave, l’écossais sourirait pour deux dans ce cas.
Gentiment, le roux vint poser sa main sur le sommet de la tête de son cadet pour lui caresser affectueusement les cheveux, ne parlant pas de la mine boudeuse de ce dernier.

_Je suis fatigué et …

L’écossais regarda l’entièreté de sa chambre. Ça lui faisait toujours étrange lorsqu’il se réveillait et qu’il n’y avait personne. Pendant des mois ils n’avaient jamais été seul, à aucun moment. Le plus souvent il était en compagnie d’Anna, mais il arrivait régulièrement qu’il soit entouré de visages qu’il a aimés. Ses amis d’Ecosse, sa famille. Maintenant la pièce était vide et tout était silencieux. Pas de sifflements, pas de bourdonnements et les visites mentales se faisaient rares.
Les yeux de Nevrabriel reviennent sur la petite tête blonde qui lui rendait visite. Il lui offrit un faible sourire, fatigué par son traitement vraiment lourd.

_Tout est tellement silencieux à présent …

Nevrabriel lâcha la main du jeune homme pour prendre son plateau repas des deux mains, afin de se mouvoir jusqu’au bord du lit tout en restant assis, les jambes dans la couverture. Le temps s’était refroidit et le jeune homme avait entreprit de s’installer au chaud dans ses draps. Puis, Nevrabriel reposa son plateau sur ses genoux et tapota l’autre coté qu’il venait de libérer.

_Met toi là, tu seras mieux. Je t’aurais bien proposé ce coté-ci mais …

L’écossais montra sa perfusion relié à son bras avant de dire, presque embêté par la situation :

_Mon nouvel ami est un peu possessif.



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Il est impossible
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Il était couché dans son lit et avait encore son plateau repas. Aurais-je dû attendre encore un peu avant de venir ? Ou ne pas le faire du tout ? Oui, mais il m’avait demandé de le faire et j’avais besoin d’avoir un peu sa présence. Autant que celle de Sheila. Sans parler que ce jour était un peu spécial et que j’avais extrêmement peur. Cela ne changeait pas de d’habitude en fait… Allais-je changer un peu un jour ? Je le voulais pour ne plus avoir peur et pouvoir être heureux comme le voulait mon ami. Mais, d’un autre côté, je me sentais encore plus apeuré à l’idée de changer. Changer signifiait devenir un mauvais fils, un enfant qui ne cessait de faire des bêtises. Je n’arrivais pas à penser autrement à ce sujet malgré tout ce que mon ami avait pu dire.

La voix de Nev emplit la chambre vide alors qu’il me disait qu’il était très fatigué et qu’il se sentait seul. Je hochai alors la tête. Je le voyais qu’il l’était et une pointe de culpabilité me prit au coeur. Aurait-il fallu que je vienne plus souvent lui rendre visite, pour lui tenir compagnie ? Mais si je faisais ça, son médecin allait encore me mettre à la porte. Il ne me plaisait pas et j’avais un peu peur pour le jeune homme lorsque j’y pensais.

Je dus faire beaucoup d’efforts pour lui laisser sa main. Pour m’y aider, je me répétais qu’il n’allait pas s’en aller, qu’il ne le pouvait pas. De plus, nous n’étions pas au bord d’un précipice, alors le danger était moindre. Pourtant, j’avais peur et j’avais l’impression qu’un énorme poids m’étouffait quand je n’avais pas de contact avec une personne que j’aimais beaucoup. Mais il fallait que je fasse cet effort pour cacher mon mal-être un minimum pour éviter de l’inquiéter. Quand il irait mieux, j’envisagerais possiblement de lui parler un peu plus de tout ça. Pas tout de suite. Là, je le regardai simplement se décaler dans son lit en me demandant le but de la manoeuvre. Heureusement, il me l’expliqua assez rapidement, tapotant la place à côté de lui.

J’eus un regard au “nouvel ami” qu’il me montra. Jalousie ou colère ? Dans les deux cas, je fis une moue boudeuse en regardant le cathéter avant de me tourner à nouveau vers Nev. Ma moue avait disparue et je me mis à réfléchir aux pours et au contres de venir à ses côtés. Puis, doucement, presque timidement, je lui demandai :


Ton médecin ne me grondera pas ? Tu es sûr ? Personne ne me le reprochera ?


Je ne voulais pas me faire gronder et/ou punir. Et encore moins me faire virer de la chambre comme ça avait été le cas à l’infirmerie. J’en avais peur et je ne pouvais pas le cacher. Je ne pouvais pas faire autrement tant je ne voulais pas être brutalement séparé du roux au gentil sourire. Je lui repris d’ailleurs la main pour avoir à nouveau un contact avec lui. Je ne pouvais plus être rassuré sans ça et je ne comprenais même pas pourquoi...
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_Mon nouvel ami est un peu possessif.

Les yeux de Yuki se baladèrent un moment, comme s’il cherchait à comprendre les paroles de son ainé. Nevrabriel le laissa faire, lui donnant le temps qu’il fallait. Après tout, Yuki était comme un enfant qui découvrait le monde.
Cela fut suivit d’une voix timide de la part du japonais, comme s’il avait peur de faire une bêtise :

_Ton médecin ne me grondera pas ? Tu es sûr ? Personne ne me le reprochera ?

Oh …
Nevrabriel roula doucement les yeux en les refermant, affichant toujours un maigre sourire qui tirait sur ses joues.
Yuki reprit la main de son ainé et le roux la caressa doucement pour lui montrer que tout allait bien. Nevrabriel ouvrit les yeux avec lenteur, les lueurs du jour étaient encore trop vives pour lui, mais il ne voyait que très peu le soleil tant il dormait, alors il faisait des efforts, ça ne pouvait lui être que bénéfique.

_Ne t’en fais pas, je l’ai vu ce matin alors il ne reviendra pas avant demain.

Nevrabriel ne pouvait pas échapper aux soins de son médecins qui notaient méticuleusement le suivit de son état. Cependant, il n’était pas tendre et n’attendait pas que son patient soit réveillé pour cela. C’était donc avec l’aide d’infirmiers que Nevrabriel se mettait assit pour recevoir son médecin au moins une fois par jour avant que ces derniers ne quittent la pièce pour que Donatien puisse travailler. Dans ces moments, l’écossais luttait pour rester éveillé avant de se faire droguer de nouveau pour sombrer dans le monde des rêves et que son corps puise le moins de nutriment possible.

Doucement, le patient agrippa son verre d’eau de sa main vide pour boire une gorgée. Il n’était plus habitué à parler autant et sa gorge se séchait rapidement.

_Je suis désolé s’il t’a fait peur, il n’est pas très …Disons qu’il …

Nevrabriel essayait d’amoindrir la possessivité de Donatien, mais il n’y avait pas de mot pour alléger l’étrange relation qu’il avait avec son médecin. Donatien était un homme qui voulait que tout soit parfait à ses yeux, que le sol de son Institut brille de mille feux, que son thé du matin soit à la température idéale, que personne ne soit en retard, qu’on ne le dérange pas en bavardage inutile. Et surtout, au grand jamais, qu’on ne touche à ses protégés s’il n’en donnait pas l’ordre. Des ordres. Donatien Elpida ne demandait pas, il ordonnait.
Nevrabriel n’avait aucun argument pour défendre ce personnage aux yeux des autres. Autrefois, il aurait seulement dit « il est sévère mais il n’est pas méchant », cependant, plus le temps passait, moins l’écossais arrivait à voir de la bonté dans le cœur du médecin en chef. Malheureusement, Nevrabriel était et demeurerait son petit oiseau en cage et lui resterait fidèle. Il avait beau savoir que Donatien était un monstre, il restait la personne qui essayait de le guérir depuis des années, qui le rendait intouchable et savait qu’à par lui, personne ne lui ferait du mal. Un mal pour un bien, mais très lourd à porter.

L’écossais eut un soupire avant de se tourner de nouveau vers Yuki, élargissant son sourire comme il le pouvait :

_Ne fais pas attention à lui, c’est contre moi qu’il est en colère.



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Il est impossible
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sans jamais se courber.
Avais-je dit quelque chose qu’il ne lui avais pas plu ? L’avais-je énervé ? J’avais des difficultés à le comprendre, à savoir ce que signifiait l’expression de son visage. En plus, il avait fermé les yeux et, malgré son sourire, j’avais peur. Non ! Il ne fallait pas. Nev n’était pas comme ça. Il me l’avait prouvé à plusieurs reprise et il fallait que m’en rappelle à tout prix.Heureusement, lorsqu’il me prit la main pour la caresser doucement, je me sentis extrêmement rassuré. Oui, Nev ne me ferait jamais de mal. Il était si gentil avec moi… le méritai-je ?

Également rassuré par rapport au médecin, j’émis un soupir de soulagement. Je n’avais que très peu envie de me retrouver à nouveau face à lui. Impossible. Il me faisait bien trop penser aux Nakamura pour que je puisse me sentir à l’aise ou avec l’envie de me retrouver face à lui. Et, contrairement à eux, il ne faisait pas partie de ma famille. Cela ne faisait que renforcer mes peurs. Mais, comme il n’allait pas venir, j’entrepris d’ôter mes chaussures et je montai doucement sur le lit pour m’installer à côté de mon ami sans lui lâcher la main. Il eut ainsi le temps de boire un coup. Puis, quand il reprit la parole, je l’écoutai sans émettre le moindre son.

Au début, il fut évident que le roux ne savait pas comment le décrire. Puis, après un temps de réflexion, il me fit simplement savoir qu’il était seulement en colère. Je grimaçai alors sans m’en cacher et lui demandai alors :


Il ne te fait pas mal ? Tu n’as pas peur avec lui ?


Mon ami m’avait déjà dit que ma situation avec mes parent japonais n’était pas normale. Mais qu’est-ce que c’était, alors, une situation normale ? Je n’avais toujours pas réussi à le comprendre et je ne savais pas trop comment aborder le sujet maintenant. Néanmoins, je me sentis comme obligé de parler de la comparaison qui se faisait dans mon esprit depuis que j’avais rencontré cet homme :


Il me fait penser à papa quand je le vois…


Son attitude, son ton froid et impérieux… Tout en lui me faisait penser au chef de la famille Nakamura. Du coup, je ne cessais de me demander s’il frappait ses patients… voire pire. On m’avait fait pire. On m’avait fait vraiment mal au point que j’avais l’impression que les coups n’étaient absolument rien. Et c’était ce qui m’avait donné si peur des câlins à la base. Heureusement que j’avais rencontré Sheila qui m’avait appris en quelques mois que cela n’était pas toujours dangereux. Tout comme le fait de se trouver avec un ami sur le lit. Ce n’était pas un meuble dangereux, mais ce qu’on faisait dessus pouvait l’être. Etait-ce la même chose avec la nourriture ? … Non. La nourriture était dangereuse. Numa avait essayé de me montrer que ce n’était pas le cas, mais… Non. Je n’arrivais pas à faire confiance à la nourriture de cet endroit. Je ne me laissais pas mourir de faim non plus, mais quand on me donnait autant c’était qu’il y avait quelque chose de mauvais dedans. J’avais de la chance d’être pour le moment tombé que sur de la nourriture saine ou assez peu dosée pour me laisser maître de moi-même.
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_Ne fais pas attention à lui, c’est contre moi qu’il est en colère.

Yuki ne semblait pas ravis de le savoir, mais Nevrabriel préférait cela que lui dire qu’en vérité Donatien était juste la personne la plus possessive au monde, l’incarnation même de la possessivité.

_ Il ne te fait pas mal ? Tu n’as pas peur avec lui ?


Nevrabriel eut un léger frisson à la question de son ami. Il ne voulait pas lui mentir mais Yuki était déjà bien fragile, avait déjà ses propres problèmes qu’il se voyait mal lui dire la vérité.
Donatien lui faisait du mal autant qu’il le soignait. Il ressemblait à une sorte de sadique dont la souffrance qu’il créait l’excitait pour le rendre doux. Le genre de personne qui domine avec violence et n’offre que tendresse que lorsqu’il est satisfait. Si on prononçait le nom « Donatien », Adèlys palissait à vue d’œil, certaines personnes se raidissait et d’autres fuyaient simplement. Il n’était pas détesté (si d’Adèlys), il était crains. Il était comme le fureur d’une dictature. L’Hitler de la seconde guerre mondiale, ceux qui n’étaient pas avec lui étaient contre lui, ceux qui le gênaient disparaissaient, ceux qu’il n’aimait pas étaient éloignés de sa vue et il avait créé sa propre utopie, son propre univers.
Alors, oui, quelque part au fond de lui, bien qu’il lui avait fait face, bien qu’il se savait intouchable, Nevrabriel avait peur de son médecin … Il serait capable de le tuer, ou pire, le torturer jusqu’à sa mort s’il perdait toute intérêt pour lui. Mais l’écossais gardait espoir que le médecin en chef avait tout de même un cœur.
Rien que l’idée du souvenir où son médecin était venu dans sa chambre au beau milieu de la nuit, penché sur lui, l’enfermant par ses membres, lui fit faire une grimace. Petit oiseau en cage.

_ Il me fait penser à [mot japonais] quand je le vois…


Nevrabriel tourna la tête vers Yuki, interrogateur. Il ne comprenait pas un traitre mot en japonais, à par le mot « je te demande pardon du fond du cœur » qu’il n’arrivait toujours pas à prononcer correctement.
Le roux avait déjà entendu ce mot mais il n’arrivait pas à l’associer à quelque chose de concret, surtout dans son état actuel, il était incapable de réfléchir.

_A qui ?



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La réponse de Nevrabriel me fit grimacer. Je ne voulais pas le dire en anglais car je l’avais réservé pour celui qu’on m’avait donné après m’avoir récupéré à l’académie. Mais je comprenais le fait qu’il n’avait pas réussis à saisir à cause de la barrière de la langue. Je ne comprenais que trop bien…

Longuement, je me mis à réfléchir à une solution pour ne pas mélanger les deux. C’était important pour éviter que je ne vois les deux comme étant une seule et même personne. … Surtout la veille de la visite que j’allais avoir. Cette pensée me fit même fermer fortement les yeux en me frottant la tête de mes doigts libres. Je ne m’arrêtai alors que pour répondre, gardant ma main dans mes cheveux et les sourcils froncés, réprimants mes légers tremblements en ne pensant pas du tout à mes mauvais souvenirs. Enfin, j’essayais de toutes mes forces.


C’est… c’est mon “papa” Nakamura. …


Pouvais-je lui parler de mon soucis entre le choix qu’on m’imposait entre mes parents ? Ou de la visite du lendemain ? Je n’osais pas. J’en avais peur. En plus, il était fatigué, clairement pas en état pour supporter mes problèmes. Puis, il y avait son problème avec son médecin. Il ne m’avait toujours pas répondu et je voulais savoir. Je finis donc par le regarder et reprendre une position plus calme avant de lui demander :


Tu en as peur, n’est-ce pas... ?


Il ne m’en avait pas parlé. S’il ne voulait pas le faire je souhaitais qu’il me le dise, mais pas qu’il ne me réponde pas. J’avais si peur qu’il me laisse de côté en prenant tout sur ses épaules. Je ne voulais pas qu’il parte loin de moi. Que ce soit d’une façon ou d’une autre. Cela valait également pour le fait de me mettre de côté. Je lui avais dis que je serais là pour l’aider et je comptais bien le faire même si, à vrai dire, j’avais également besoin d’un peu d’aide.
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_A qui ?

_C’est… c’est mon “papa” Nakamura. …


Nevrabriel pencha doucement la tête sur le coté, méditant lentement. Puis il comprit. C’est vrai que l’identité familiale de Yuki était très partagée. Nakamura et Lanvers. Les Nakamura ceux qui l’ont battu et les Lanvers ses parents actuels. Parents qui l’ont envoyé ici et arraché sans le vouloir à ses amies.
Nevrabriel se promit d'essayer de retenir ce mot japonais pour la suite.
Les médicaments commençaient à lui faire mal à la tête.

_Tu en as peur, n’est-ce pas... ?

Nevrabriel sourit à son cadet avant de glisser doucement un peu au fond de son lit pour que sa tête arrive au niveau de l’épaule de Yuki et il s’y posa en fermant les yeux.
Le japonais avait une douce odeur de vanille qui lui changeait de l’aseptique des couloirs. C’était agréable. Ça rappelait une odeur maternelle, la vanille.
Le roux n’avait pas eut l’occasion de sortir différent parfum hormis la nourriture et le désinfectant depuis un moment. Il avait eut l’odeur de la mer il y a quelque temps mais ça semblait tellement lointain. A force de dormir, il ne faisait plus la différence entre les heures et les jours. Le parfum du début d’automne lui manquait déjà. Tout comme l’odeur de fleur que portait Astrid. Ça ressemblait à des souvenirs …

_Ça se voit tant que ça ?

Nevrabriel rouvrit les yeux mais ne décolla pas sa tête de l’épaule frêle de son ami. Il leva son bras pour regarder la perfusion qui l’aidait à rester vivant. Sa peau était vraiment blanche. Et son bras vraiment maigre. Si mademoiselle Dessanges le voyait, elle le gaverait comme une dinde qu’on préparerait pour Noël.
L’écossais referma doucement ses doigts sur sa paume et regarda ses muscles se tendre. Toutes ses veines étaient visibles et la sensation de maigreur était plus intense encore. Il devrait finir son repas pour retrouver ses forces. Mais il était bien trop fatigué pour manger pour le moment.

_Mon médecin est différent. Il est le médecin en chef alors il est forcement plus sévère.


Ça et tout le reste. Mais Yuki avait surement sa propre opinion de Donatien Elpida. Nevrabriel ne savait pas à quoi pouvait ressembler la vie de Yuki avec son bourreau qui se disait « père », mais il était certain qu’il était pire que Donatien. Ou bien il se voilait encore et toujours la face sur ses conditions avec le médecin en chef.

_Je pense qu’on a tous un peu peur de notre médecin, non ? Le tien ne te fait pas peur ?



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Pour mon plus grand soulagement, il me fit part de ses sentiments. Sa question était parlante, même pour moi. Il avait peur de son médecin autant que j’avais peur de mon père. Enfin, au moins autant. Je ne l’avais pas vu. Je ne savais pas ce que pensait mon ami. Je lui répondis donc négativement d’un mouvement de tête. Mais je ne lui en dis pas plus. Je ne voulais pas qu’il sache à quel point je l’avais ressenti. Je ressentais combien cet homme était dangereux. Que ce soit pour moi ou pour les autres. Et le fait que Nev en ait également peur m’effrayait. Je ne voulais pas qu’il lui arrive quelque chose. Lui qui me disait que nous étions là pour guérir était potentiellement en danger et je ne le voulais pas. Mais que pouvais-je faire contre cet homme ? Que pouvais-je faire pour protéger cet être cher à mes yeux à part le peu que je faisais actuellement ?

Son hypothèse sur le fait que nous avions tous un peu peur de notre médecin suivie de sa question à propos du mien me laissèrent silencieux un moment. Qu’est-ce que je pensais de mon médecin. Pour éviter de le déranger, je me forçai à ne pas hausser les épaules pour simplement répondre en regardant mes mains qui tenaient celle de mon ami :


Je ne sais pas. On m’a changé de médecin y’a peu et…


Je restai un instant silencieux, mordillant les lèvres. Puis, je continuai sur le même ton et sans le regarder, ramenant mes jambes partiellement vers moi :


J’ai toujours peur en rencontrant de nouvelles personnes. J’ai peur qu’ils me fassent du mal, que je ne fasse pas les choses bien à leurs yeux. … J’ai toujours très peur et il n’y a qu’avec toi, Sheila, Numa et Hope que je suis arrivé à me détendre un peu.


Je me rappelais de ces moments passés avec eux et, malgré les rencontres difficiles, je pouvais réellement affirmer que c’était le cas. J’étais en train de me faire des amis précieux et la plus grande peur que j’avais les concernant était d’être séparé d’eux. Plus qu’une peur, il s’agissait d’une terreur. Je ne pouvais pas imaginer un monde sans qu’ils soient à mes côtés alors qu’il m’était compliqué d’accepter l’absence perpétuelle de Numa et Hope.
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_Je pense qu’on a tous un peu peur de notre médecin, non ? Le tien ne te fait pas peur ?

_ Je ne sais pas. On m’a changé de médecin y’a peu et…

Ah oui ? Nevrabriel espérait que ce nouveau soit meilleur que l’ancien. Il n’y avait pas que des psychopathes sur cette île, comme la médecin d’Ulysse, c’était une gentille femme qui aidait réellement ses patients.
Autrement le blond ne serait pas tombé amoureux d’elle,  n’est-ce pas ?
Au moins, il était certain que son cadet n’était pas aux mains de Donatien, c’était un bon point.

Le silence s’étant installé, l’écossais ferma doucement les yeux en posant son bras perfusé sur son ventre pour sentir sa respiration. Il avait l’habitude de faire ça depuis un moment. Avant c’était pour savoir s’il allait finalement bientôt mourir. Maintenant c’était pour savoir s’il vivait encore. Il mit sa main légèrement plus bas pour ne pas sentir ses cotes et se dégouter lui-même de son propre corps qu’il avait négligé.

_ J’ai toujours peur en rencontrant de nouvelles personnes. J’ai peur qu’ils me fassent du mal, que je ne fasse pas les choses bien à leurs yeux. … J’ai toujours très peur et il n’y a qu’avec toi, Sheila, Numa et Hope que je suis arrivé à me détendre un peu.

Nevrabriel ouvrit les yeux, ne décollant pas sa tête de l’épaule de Yuki.
C’était un enfant.
Il semblait avoir les même peurs qu’un enfant. Peur du monde. Mais il n’avait que 15 ans après tout, alors c’était belle et bien encore un enfant. Un enfant qui avait beaucoup de peur mais qui avançait tout de même. Un enfant brave.

_C’est normal d’avoir peur. Surtout peur des autres. On ne pet pas prévoir comment les gens vont se comporter ou réagir. On ne peut pas savoir qui ils sont dans le fond. Ça fait peur. Avoir peur ne fais pas de quoi quelqu’un de faible, tu sais ? N’ais pas honte d’avoir peur …

Le jeune homme se mit à sourire avant de fermer les yeux de nouveau, respirant doucement après autant de paroles.

_J’entend beaucoup ces noms … « Sheila, Numa, Hope ». Et si tu me parlais d’eux ?


Nevrabriel ne demandais pas cela pour faire de la peine au jeune homme, au contraire. Le roux aimait beaucoup parler de son pays, des petites anecdotes de son enfance lorsque tout allait bien. Même si ses souvenirs avaient un gout amer de mélancolie, ça réchauffait le cœur de penser à toute ces belles choses. Il montrait qu’il n’avait pas oublié, que c’était dans son cœur, comme s’il rendait hommage aux choses et aux personnes qu’il aime et qu’il ne peut malheureusement plus voir.

_C’est parfois agréable de parler des gens qu’on aime



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Il est impossible
de se tenir debout en ce monde
sans jamais se courber.
Nev ne bougea pas. Je le sentais contre moi comme s’il me faisait un câlin. Mais était-ce réellement ça ? Je n’osais pas trop y penser. Je ne voulais pas me faire peur plus que je l’avais déjà. Beaucoup trop à gérer. Encore plus à penser. … J’en avais trop et je commençais à en avoir mal à la tête. Surtout que je ne faisais rien d’autre que ressasser ces derniers temps, ce qui n’arrangeait clairement pas les choses.

Mon ami cessa le nouveau flot de pensées en me faisant part que la peur était quelque chose de normale. Mais était-ce normal que j’ai peur à ce point ? Je ne voulais plus approcher qui que ce soit mis à part mes amis. Cela signifiait également que je ne voulais pas approcher les Lanvers, ce qui était problématique puisque je les voyais le lendemain. Il en était de même pour mon médecin, mis à part que je le voyais tous les jours ! Pareil pour les infirmiers et tous les autres inconnus de cet institut… C’était d’ailleurs pour ça que je me réfugiais de plus en plus dans ma chambre, le froid m’empêchant de sortir à l’extérieur.

Je ne répondis pas à ça, mon esprit repartant rapidement dans des réflexions interminables. Il était donc naturel que je remercie silencieusement le fait qu’il me ramena à la réalité en me parlant. Il me demandait de parler des trois personnes dont on m’avait séparé en m’emmenant auprès des Lanvers. Sur le coup, je fis une moue à cause de mes doutes. Puis, doucement, après qu’il m’eut prétendu que ça pouvait faire du bien, je me mis à raconter mon histoire avec elles en lui caressant lentement la main :


La première que j’ai rencontré, c’est Numa. On était dans la même classe mais on a vraiment parlé pendant un cours de science. J’aime pas cette matière et surtout le sujet dont on parlait ce jour-là. Elle m’a aidé à avancer et est resté avec moi quand il a fallu que je sorte de cours à cause de l’odeur des oursins…


Je pris une petite pause pour essayer de chasser les mauvais souvenirs qui remontaient et qui allaient avec.


Le même jour, j’ai rencontré Sheila pendant que j’essayais de me remettre dans le couloir. Ahah… Ces deux-là sont très différentes. Sheila est une pile électrique, toujours très joyeuse et positive. Aujourd’hui encore, elle n’a rien perdu de son énergie. Numa, elle, elle est… discrète ? Je ne sais pas trop comment le dire. Euh… Je dirais qu’elle est comme moi, mais elle avance un peu plus facilement.


Essayant de savoir ce que j’allais dire ou non, je pris un petit temps. Je ne voulais pas raconter l’histoire du toit qui s’était passé juste après nos présentation. Il fallait que je me concentre sur mes amies.

Numa et Sheila m’ont apprit à faire des câlins. Que ce n’était pas dangereux. Pas toujours. Quand j’ai eu des problèmes avec des garçons de ma classe, Numa est venu me rendre visite à l’infirmerie et, ensemble, elles m’ont aidé à parler de ce qu’ils me faisaient. J’avais très peur… Ah oui ! Elles m’ont aussi apprit ce qu’était qu’un cadeau. Sheila m’a offert Kibou, un ours en peluche, et Numa un porte-clé en forme de chien. J’y tiens beaucoup…


Mes yeux perdirent d’un coup le peu de joie qui les avaient fait briller. Il en fut de même pour ma voix qui devint plus triste avec le même taux d’hésitation alors que je reprenais doucement :


Hope… Elle m’a approchée quand j’étais au parc pour essayer de réfléchir un peu à ce qu’il s’était passé avec les garçons de ma classe, et aux Nakamura… Elle voulait de l’attention et elle m’en a donné. J’ai réellement voulu la garder près de moi. Je l’ai donc amenée avec moi au pensionnat.


Des larmes brouillèrent ma vue, mais je les retins malgré ma tristesse grandissante de penser à Hope que je ne reverrais peut-être jamais.


Numa m’a aidé à l’amener dans un refuge pour animaux où elle travaillait et convaincre les personne là-bas de garder Hope pour moi. C’était pas facile et j’ai dû promettre de venir tous les jours pour m’occuper d’elle. Mais… mais…


Ne tenant plus, je me mis à sangloter en me retenant le plus possible et en essuyant mes larmes. J’avais mal au coeur, dans ma poitrine. Mon envie de partir revint au galop alors que je ne voulais pas laisser Sheila et Nev là. Trop de déchirement. Trop de douleurs. … Trop de peines.
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Dernière édition par Yuki Lanvers le Sam 13 Oct - 5:00, édité 1 fois



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_C’est parfois agréable de parler des gens qu’on aime

_La première que j’ai rencontré, c’est Numa. On était dans la même classe mais on a vraiment parlé pendant un cours de science. J’aime pas cette matière et surtout le sujet dont on parlait ce jour-là. Elle m’a aidé à avancer et est resté avec moi quand il a fallu que je sorte de cours à cause de l’odeur des oursins…

Ah les cours de sciences … Nevrabriel n’a pas eut le temps de faire de dissection dans sa vie. Chance ? Malchance ? Il ne savait pas. Il ne pouvait pas juger quelque chose qu’il n’a pas connu. La dissection était au programme de l’année de ses quinze ans, l’année où il est parti à l’Institut. Et, évidemment, ici tout était très sélectionné avec soin pour que les étudiants réussissent leur examen avec le minimum de culture. Leur enseignement était bercé dans l’obéissance, le fait de ne pas travailler en groupe. En y repensant, ils étaient conditionnés pour ne pas pouvoir s’enfuir et encore moins le vouloir. Mais il y avait toujours des gens pour désobéir, pour vouloir s’évader, des heures de cours ne faisaient pas tout. Peut-être que les nouveaux professeurs étaient différents ? Peut-être qu’ils essayaient d’arranger les choses, comme mademoiselle Dessanges ou bien Astrid, lorsqu’elle était encore là …

_Le même jour, j’ai rencontré Sheila pendant que j’essayais de me remettre dans le couloir. Ahah… Ces deux-là sont très différentes. Sheila est une pile électrique, toujours très joyeuse et positive. Aujourd’hui encore, elle n’a rien perdu de son énergie. Numa, elle, elle est… discrète ? Je ne sais pas trop comment le dire. Euh… Je dirais qu’elle est comme moi, mais elle avance un peu plus facilement.

Une pile électrique et une petite timide ? Un trio assez amusant vu de l’extérieur. Il faut dire que pour faire avancer les vagues il fallait de grands vents.
Nevrabriel cligna doucement des yeux en les levant vers le visage de son cadet. Il n’avait pas assez d’angle pour le regarder complètement mais se concentrait sur sa bouche qui articulait des mots. Le patient sentait la fatigue monter mais il ne comptait pas s’assoupir avant la fin de l’histoire.

_Numa et Sheila m’ont apprit à faire des câlins. Que ce n’était pas dangereux. Pas toujours. Quand j’ai eu des problèmes avec des garçons de ma classe, Numa est venu me rendre visite à l’infirmerie et, ensemble, elles m’ont aidé à parler de ce qu’ils me faisaient. J’avais très peur… Ah oui ! Elles m’ont aussi apprit ce qu’était qu’un cadeau. Sheila m’a offert Kibou, un ours en peluche, et Numa un porte-clé en forme de chien. J’y tiens beaucoup…

Nevrabriel écoutait attentivement son ami. Secrètement, il remerciait ces filles d’avoir été là pour l’adolescent. Elles ne lui avaient pas appris grand-chose dis comme ça, mais l’écossais savait que ces petites choses avaient permis au japonais d’avancer et de grandir, ne serait-ce qu’un peu. Il avait appris à se confier, à recevoir de l’affection, et à en donner.
Grace à ça, grâce à elles, Nevrabriel a pu sauver Yuki en avril et Yuki à pu le sauver quelques jours auparavant. Comme quoi, même les petites choses avaient de grandes conséquences pour la vie d’autrui.

_Hope… Elle m’a approchée quand j’étais au parc pour essayer de réfléchir un peu à ce qu’il s’était passé avec les garçons de ma classe, et aux Nakamura… Elle voulait de l’attention et elle m’en a donné. J’ai réellement voulu la garder près de moi. Je l’ai donc amenée avec moi au pensionnat.

Nevrabriel respira doucement. Il avait compris autrefois que Hope était un chien. Une chienne pour être précis. Un bébé même. Mais il ne savait pas vraiment comment Yuki s’était retrouvé lié à cet animal et pourquoi il avait autant peur de le perdre à son retour. Mais tout semblait se démêler.

_Numa m’a aidé à l’amener dans un refuge pour animaux où elle travaillait et convaincre les personne là-bas de garder Hope pour moi. C’était pas facile et j’ai dû promettre de venir tous les jours pour m’occuper d’elle. Mais… mais…

Il était évident qu’un animal ne serait pas autorisé dans un pensionnat … Yuki avait eut de la chance que cette fille travaillait dans un refuge pour animaux.

Yuki se mit à trembloter et Nevrabriel releva d’avantage la tête pour voir ce qui n’allait pas ; des larmes perlaient sur les joues fines de son cadet. En parler n’était pas si bon que ça finalement. Yuki avait réellement peur de perdre son chien.

Le puzzle prenait forme. Si le blond avait dealé de s’occuper de Hope tout les jours et qu’un beau matin il avait disparut, la pauvre chienne était peut-être à la SPA ou adopté par une famille. Quelque chose d’irréversible qui ne permettait plus à Yuki de la retrouver, plus jamais.

Nevrabriel se tortilla pour se redresser, adossant son dos sur son oreiller, délogeant sa tête de l’épaule de son cadet. Il regarda un moment son plat qui était surement froid à présent.
Il ne savait pas vraiment quoi dire ou quoi faire pour aider ou même consoler le japonais qui n’avait vraiment pas la vie facile.
Yuki n’avait peut-être pas connu le deuil, mais Nevrabriel savait ce que cela faisait d’avoir peur de rentrer et que l’être chère ne soit plus là pour vous aimer. Il avait eut longtemps cette peur avec sa cadette. Même s’il était à présent certain qu’elle ne l’aimait plus …

_Tes amies ont l’air d’être de merveilleuses personnes …

Le genre de personne que le roux auraient bien aimé connaitre, qu’il manque à ce monde. Les personnes qui s’arrêtent pour aider les autres commence à se faire rare. Bien que Nevrabriel ne connaissait pas ces filles, le simple fait d’entendre ce qu’elles avaient fait pour Yuki, il les appréciait déjà.

_Cette Numa … Elle t’a aidé à garder ton chien. Alors je suis certain qu’elle a réussis à trouver un moyen pour le garder pour toi. En attendant que tu reviennes. Elle t’a soutenu depuis votre rencontre et je suis sûr qu’elle continue de le faire d’où elle est. Ne t’inquiète pas pour Hope, lorsque tu sortiras d’ici, tu la retrouveras, grande et belle et elle restera avec toi.

Nevrabriel glissa sa main derrière le dos de son cadet, cet effort tirait sur ses muscles qui semblaient lui déchirer le bras, lui laissant échapper une grimace, mais il finit par poser sa main squelettique sur l’épaule opposée de Yuki et le tirer doucement vers lui, passant sa main de haut en bas avec douceur et lenteur.

_Tu n’auras cas écrire une lettre à Numa. Si tu connais l’adresse du pensionnat ou celui du refuge, elle le recevra. Ou tu peux confier la lettre à tes … aux Lanvers, lorsqu’ils te rendront visite. Je suis certain qu’ils se feront un plaisir de la lui remettre. Qu’elle serait heureuse de la recevoir et de te donner des nouvelles de ton chien.

Nevrabriel ferma doucement les yeux, lutant encore contre le sommeil que lui donnaient ses médicaments mais son passage vers le monde des rêves semblaient le presser de plus en plus.

_Qu’en penses … tu ?



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Je sentis Nev bouger à côté de moi. Je ne comprenais pas vraiment ce qu'il cherchait à faire. Mais dans l'état dans lequel penser à Hope m'avait mit ne me donna pas l'opportunité de m'en soucier réellement. C'était sans doute horrible de me part mais tenir sa main me suffisait pour tenir tout de même le coup malgré mes pleurs silencieux. Pourtant, cela ne me faisait pas veiller sur lui. Je m'en voulais, mais je ne parvenais pas à bouger. C’était au-dessus de mes forces. Je ne savais pas quoi faire et je ne pouvais rien faire pour lui. Pourtant, de nous deux, c’était lui qui avait le plus besoin de soutien ! Etais-je horrible de ne penser ainsi qu’à mes tracas ? De me laisser porter pas mes sentiments ? De craquer ? A mes yeux, je l’étais. Peut-être même aussi horrible que les Nakamura l’étaient aux yeux de Nev…

Pourtant, mon ami ne s’en offusqua pas. Il ne me demanda pas non plus de ne pas pleurer. Au lieu de cela, il me fit part que j’avais de chouettes amies. Je tournai donc la tête vers lui, sans réellement comprendre. Mais je ne pus lui poser de questions puisqu’il continua en déclarant que Numa avait peut-être continué à m’aider en prenant soin de Hope. Un espoir auquel je n’osais pas croire. Il dût d’ailleurs penser que ce serait le cas puisqu’il me fit part que je pouvais toujours essayer d’envoyer une lettre à mon amie pour lui demander des nouvelles. Pour lui, il suffisait de peu. Pourtant, je me heurtais à un gros problème. Voire plusieurs selon le point de vue. Je lui répondis donc quand il me demanda mon avis :


J’aimerais bien, mais je ne connais pas le nom de famille de Numa. Pareil pour l’adresse de l’académie… Je ne l’ai pas retenue et je ne sais pas trop comment la chercher. Je ne me sens pas capable de demander aux Lanvers de m’aider. Tu sais… J’ai très peur de ce qui va se passer demain, quand je vais les voir. Alors…


En me tournant à nouveau vers lui, puisque j’avais regardé droit devant moi en parlant, je me rendis compte que Nev s’était endormis. Je me sentis con. Après tout, je l’avais bien vu qu’il était épuisé. Et moi, je n’avais fait qu’étaler mes soucis sans m’en préoccuper. Pourquoi appréciait-il une personne comme moi ? Ce n’était pas comme si je l’aidais en quoi que ce soit…

Alors que j’attendais calmement son réveil au début, mes peurs devinrent de plus en plus fortes à mesure que le temps passait. Et si une infirmière arrivait pile à ce moment-là pour prendre le plateau ? Ou que le médecin voulait prendre des nouvelles comme ça ? Ou… Mais, d’un autre côté, il était hors de question que je lâche sa main. Hors de question ! Sentir sa chaleur et sa présence m’empêchaient de craquer plus que je ne le faisais déjà.

En réfléchissant à nouveau, une idée s’insinua en moi : et si Sheila pouvait m’aider pour envoyer ma lettre ? Quoique, je m’en voulais un peu d’écrire à mon amie juste pour lui demander des nouvelles de mon chiot. Certes, je voulais aussi lui expliquer les raisons de mon départ et autres, mais cela me semblait si peu. Je ne savais pas quoi dire d’autre après tout. Ma première lettre et je ne savais même pas comment faire alors qu’elle était si importante… Etais-je à ce point irrécupérable ?

Lorsque Nev ouvrit les yeux, je le laissai se réveiller à son rythme. Je n’avais pas bougé d’un poil. Je n’avais pas osé. Après tout, j’avais eu très peur de le réveiller. Il avait trop besoin de sommeil pour que je me le permette. Sans compter que je l’avais empêché de s’endormir plus tôt.
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_Qu’en penses … tu ?

Mais à peine la question fut posée que le jeune homme sombra dans les bras de Morphée. Il savait qu’il n’aurait pas du fermer les yeux, mais c’était bien trop difficile de résister au sommeil dans ses conditions.

Son rêve fut inexistant. Nevrabriel n’avait pas le temps de rêver. Ses cachés faisaient en sorte qu’il dorme paisiblement et cela n’avait fait de place ni pour les cauchemars ni pour les rêves. Cependant il avait l’impression que son corps devenait plus lourd et froid. Il se refroidissait vite. Malgré tout, sa main demeurait chaude pour une raison inconnue.
Peu avant son réveille, il eut une douce image dans sa tête, celui d’une ravissante jeune femme aux cheveux d’argent, lui souriant avec tendresse près du lac alors qu’elle tenait un petit carnet dans ses mains comme un bien précieux. Mais ce n’était pas un rêve, loin de là, simplement un souvenir qu’il chérissait et qu’il n’oublierait jamais de sa vie. Le doux souvenir des premières étincelles de son amour pour Astrid …

Lorsqu’il ouvrit faiblement les yeux, l’écossais eut du mal à retrouver ses sens. Son corps était impossible à bouger et il pouvait sentir le liquide de la perfusion traverser ses veines comme pour lui rappeler qu’il vivait encore. Il pouvait sentir le poids de ses vêtements le couvrir et la chaleur de ses cheveux réchauffer son front.

L’écossais passa sa main libre sur son visage vers son crane pour écarter ses mèches rousses qui commençaient à cacher son regard à force de pousser. Cependant, le fait qu’ils reprenaient de leur couleur d’origine rassurait son médecin sur le fait que son patient reprenait sa santé.

Nevrabriel respira doucement en sentant un point chaud contre sa main. Une présence. C’était doux …
Il tourna la tête et vit une tête blonde.

Yuki ?

Nevrabriel écarquilla les yeux comme brusqué par la réalité de la situation.

_Oh merde, je me suis endormi ?! Je suis désolé Yuki, vraiment ! Je n’ai pas voulu m’endormir mais les médicaments m’assomment énormément ? Rah je sais même plus ce que je disais ! Zut … Pension … Amies … Nouvelles … Ah oui ! Courrier !

Le jeune homme avait un élan d’énergie tout à coup. Il regarda son assiette sur le plateau qui encadrait ses cuisses. Bon sang oui il devait manger aussi !
Nevrabriel agrippa sa fourchette de sa main libre pour venir prendre une bouchée qu’il avala avec un peu de dégout. Il n’était décidément plus habitué à manger et sa gorges s’était définitivement bien resserré, tant et si bien qu’il avait presque envie de vomir. Le roux toussa un peu avant de se tourner vers son ami, lui offrant un sourire rassurant :

_Désolé, si je ne finis pas mon assiette avant ce soir ça va mal aller pour moi. Donc pardon, tu disais ?



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Le réveil de Nev fut très lent. D’abord, il sembla bouger un peu, de sorte à délier ses membres. Ensuite, se massa le visage et regardant un peu autour de lui. Puis, il tourna les yeux vers moi. Je le regardai alors faire en m’efforçant de cacher mes doutes, mes peurs et mes tristesse. Ce n’était pas la peine de l’inquiéter à peine était-il réveillé. Pourtant, dès qu’il compris ce qu’il se passait, il s’anima brusquement. Parlant vite, il tenta de se rappeler oralement de notre conversation. Personnellement, je restais silencieux, l’écoutant simplement. Je n’étais pas sûr de me rappeler de ce que je lui avais dis. Pas tout à fait. Je ne voulais pas me tromper dans mes paroles. Garder le silence était donc la meilleure solution, non ?

Alors que je ne bougeai pas, ni ne parlai, il se remit à regarder autour de lui avant de manger ce qui restait sur le plateau repas. Comment faisait-il pour avoir autant confiance en la nourriture ? Et si elle était droguée ? Il était déjà si faible que n’importe qui pourrait lui faire du mal. Comme à moi chez… NON ! Les Nakamura ne m’avaient pas fait de mal ! Par contre, ici on ne cessait de me torturer en essayant de me faire croire le contraire !

Nev me tira de mes réflexions tandis qu’il continuait à manger plus lentement que le laissait entendre son regain soudain d’énergie. Il me demandait de répéter, ce qui m’obligea à réfléchir pour me rappeler. D’un certain côté, je n’en avais pas envie. Cela me ramènerait bien des douleurs qui, finalement, n’étaient pas parties depuis le temps qu’il dormait. J’émis donc un sourire avant de prendre quelques petites minutes et répondre doucement :


Je disais… que je ne peux pas écrire de lettre. Je ne connais pas le nom de famille de Numa, je ne connais pas non plus l’adresse de l’académie. Et si elle n’y est plus, je fais comment ? … Concernant les Lanvers… Je ne sais pas si j’arriverais à leur demander quoi que ce soit. J’ai tellement peur de les voir demain, de ce qui va se passer…


Suite à cela, je ne dis plus rien. Serrant toujours sa main dans la mienne, j’augmentai la pression par accoups au rythme lent mais pressant de mes pensées. J’avais tellement peur que je voulais me réfugier dans ma chambre, voire m’enfermant dans mon placard pour me cacher du reste du monde. Pourquoi m’obligeait-on à vivre tout ça ? Ce n’était pas normal. Je voulais juste être tranquille, mes amis et mon chien autour de moi. On me l’interdisait et j’en avais peur. Jusqu’où allait-on m’empêcher d’être heureux ? Jusqu’où allait-on m’enfermer dans cette chaîne de peur ?
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_Désolé, si je ne finis pas mon assiette avant ce soir ça va mal aller pour moi. Donc pardon, tu disais ?

Nevrabriel continuait à manger en écoutant son cadet s’exprimer. Ce dernier eut un moment de réflexion avant de répondre, laissant un petit répit au roux pour prendre le plus de bouchée possible, se forçant atrocement mais c’était la dose minimale qu’on lui ordonnait de prendre pour retrouver une corpulence normale. Il sentait la prise sur sa main doucement se resserrer.

_Je disais… que je ne peux pas écrire de lettre. Je ne connais pas le nom de famille de Numa, je ne connais pas non plus l’adresse de l’académie. Et si elle n’y est plus, je fais comment ? … Concernant les Lanvers… Je ne sais pas si j’arriverais à leur demander quoi que ce soit. J’ai tellement peur de les voir demain, de ce qui va se passer…

Nevrabriel termina d’avaler sa boucher et émit un sourire pour le blond, puis, il lâcha la main de Yuki pour prendre le plateau des deux mains et le poser au sol en essayant de ne pas renverser le contenu de l’assiette. L’écossais se redressa et attrapa la barre qui tenait sa perfusion pour le rapprocher au maximum de son lit afin de ne pas trop tirer dessus. Finalement, il se tourna vers son cadet en souriant avant de tendre les bras pour encadrer le corps de Yuki et venir le blottir contre lui comme si c’était un enfant. Aux yeux de Nevrabriel c’était un enfant …

_Allons ça ne peut pas mal se passer. Il faut que tu leur laisse une chance d’apprendre à te connaitre et aussi à les connaitre. Je suis sûr que tout va bien se passer et que finalement tu les aimeras beaucoup.


Le roux passa une main à l’arrière du crane de son cadet et commença à lui caresser doucement les cheveux.

_On va faire un truc ok ?

Nevrabriel s’écarta doucement du blond pour le regarder dans les yeux, toujours en lui souriant. Son euphorie était passé et il sentait la fatigue revenir, mais beaucoup moins présente qu’auparavant. Il pourrait bien tenir quelques heures éveillé avant de tomber de nouveau mort de fatigue.

_Demain, après que tu ais vu les Lanvers, tu viendras me raconter comme c’était. Puis, je t’aiderais à écrire ta lettre. Après, tu iras demander à ton amie euh … Sheila, si elle connait le nom de famille de ton autre amie et l’adresse de ton académie, sinon, j’irais demander à mademoiselle Dessanges de nous aider. C’est une femme adorable qui a accès à internet alors elle pourra facilement retrouver l’adresse d’une école dans le monde.

Gentiment, l’écossais ébouriffa faiblement les cheveux de Yuki, toujours en souriant. Attendrit, ses yeux se plièrent légèrement en regardant le visage juvénile se son ami.

_On fait ça ?



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sans jamais se courber.
Au moment où Nev lâcha ma main, je retins instinctivement ma respiration. Un peu comme si je venais tomber dans l’eau, ou que je voulais disparaître, qu’on oublie mon existence, que j’étais là. Je ne le maîtrisais pas, mon corps réagissant naturellement alors que ma peur prenait le dessus. Tout cela, parce que je venais de perdre mon soutien sans que ce soit de mon fait. J’avais besoin de le tenir jusqu’à ce que je le lâche de moi-même. D’un autre côté, le retenir, l’empêcher de bouger comme il le voulait, c’était horrible de ma part. Je le regardai donc, recommençant à respirer par petits coups discrets tout juste suffisants pour permettre à mon corps de suivre le flot des réflexions que je menais ou de bouger.

À côté de moi, mon ami se mit à débarrasser son côté et approcha le “porte-médicaments” de lui. Je n'en compris les raisons que lorsqu'il me prit doucement dans ses bras. Le contact étant de retour, je me remis à respirer normalement malgré la surprise. Je ne m'étais clairement pas attendu à avoir un câlin à ce moment-là. Une réprimande, de l'impatience ou de la frustration. Mais rien de tout cela. Tout ce qu'il fit c'est me parler avec douceur alors que je pouvais entendre les battements doux de son cœur. Il tentait de me rassurer, de me faire comprendre qu'il fallait que je laisse les Lanvers apprendre à me connaître. D'un autre côté, il fallait moi aussi que j'essaie de faire de même. Mais… Comment pouvait-il être aussi confiant concernant leur gentillesse ? Les connaissait-il ?

Silencieux, je me laissais caresser l'arrière de la tête en réfléchissant. Mais une réflexion revenait sans cesse : si je choisissais de rester avec les Lanvers, c'est que j'acceptais d'abandonner les Nakamura. Pour moi c'était impossible. Autant que lorsqu'on voulait me convaincre que les Nakamura n'étaient pas mes parents, qu'ils m'avaient fait du mal au autres. Je ne pouvais pas le concevoir. C'était bien trop douloureux…

Ayant une idée, visiblement, Nev me lâcha pour pouvoir me regarder dans les yeux. Je me relevai donc en gardant une prise sur l'un de ses bras. Puis, je l'écoutai. Il me proposa alors de venir le voir après que les Lanvers soient venus me voir. Ainsi, je pourrais lui raconter comment cela s'était passé, mais aussi pour que nous puissions écrire une lettre pour Numa. Des solutions, il en avait. Tant et si bien que je me sentais terriblement idiot. Idiot, mais également reconnaissant. Il était vraiment mon frère. Je le ressentais maintenant que j'en connaissais la définition affective, en plus de celle du dictionnaire. Voilà pourquoi, retenant mes larmes pour ne pas paraître faible, je lui répondis :


Tu es impressionnant, Nev-nii. Tu trouves des réponses là où je bloque tout le temps… J'aimerais tellement être moins baka… Tu crois que c'est possible ?


Que ce soit pour le fait que je me trouve bête ou le fait que je puisse réellement communiquer avec mon amie, je pensais que je ne serais pas déçu de la réponse qu'il me donnerait. Après tout ma question était un peu à double sens…
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_On fait ça ?

Nevrabriel vit les yeux de Yuki devenir humide mais aucune larme de coulait de ses yeux. Il ne comprenait pas pourquoi, il avait dit quelque chose de mal ?

_Tu es impressionnant, Nev-nii. Tu trouves des réponses là où je bloque tout le temps… J'aimerais tellement être moins baka… Tu crois que c'est possible ?

Nevrabriel émit un sourire plus large devant l’enfant en face de lui. C’est réponse était évidente parce qu’il connaissait les bonnes personnes. Si Yuki ne lui avait pas dit que leur amie commun était sur l’île, il n’y aurait pas passé, s’il ne connaissait pas aussi bien mademoiselle Dessanges, il n’aurait jamais sû qu’elle pouvait les aider. Il n’avait aucun mérite en vérité. Ou le mérite d’avoir tenu poser les bonnes questions et avoir tenu cinq ans et demi dans cet Institut.
Une nouvelle fois, le roux passa une main dans les cheveux de son cadet pour les ébouriffer. Il regarda ses cheveux de blés vaguer au gré de son mouvement. Puis, plus doucement, il remit ses mèches rebelles à leur place avant que son regard bicolore ne retourne vers son cadet.

_Je ne sais pas ce que veux dire « baka », mais je pense que si tu veux quelque chose, tout est possible.

Nevrabriel prit la barre de sa perfusion pour la décaler afin qu’il puisse s’asseoir en tailleur face à Yuki, gardant une main sur son épaule, celle où le jeune homme avait posé une main. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait que le blond avait besoin de garder un contact avec lui alors il n’allait pas le lâcher.
L’écossais se mit en tailleur, essayant de garder sa couverture sur ses genoux pour ne pas sentir le froid envahir ses jambes habituées à la chaleur de son lit.

_Je vais t’apprendre un mot en gaélique.

L’écossais s’éclaircit la gorge et exprimant dans un accent vraiment très prononcé :

_Tapadh.

Nevrabriel eut un léger rire avant de répéter le mot trois lent très lentement. Le gaélique écossais était vraiment quelque chose de complexe. Et encore, le mot était simple, puisse qu’autrement, les écossais roulait leur « r », les « u » sont des « ou », ils exagèrent leur « o », ne prononce pas certain « s » et « t » des mots ou des phrases. Et pourtant ils arrivaient à se comprendre entre eux, c’était un vrai miracle …

_Ça veut dire « merci ».

L’écossais prit l’autre main de Yuki pour la poser sur sa pomme d’Adam. Il savait que son cou ne devait pas être très agréable à toucher. Comme le reste de son corps à vrai dire, mais c’était assez pratique de comprendre comment raisonnait les cordes vocales pour la prononciation. La voix de Nevrabriel sonnait plus mature lorsqu’il parlait dans sa langue d’origine, pas plus grave ou impressionnante, seulement plus mature, révélant non un adolescent mais un jeune homme en phase d’être un adulte accomplis. Il sourit à son cadet et répéta une dernière fois :

_Tapadh.



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Il est impossible
de se tenir debout en ce monde
sans jamais se courber.
Nev ne répondit pas à la question que je lui avais posée. Néanmoins, il me caressa la tête, un signe d’affection que j’avais appris à apprécier chez lui. C’était devenu vraiment agréable, un signe qu’il m’appréciait. Après tout, presqu’à chaque fois que j’avais besoin de soutien de réponses ou autres, il faisait ce geste qui me décoiffait. En plus de ça, il souriait. Puis, quand il remit mes cheveux en place, il me fit part qu’il ne connaissait pas encore le mot “baka”. Je n’avais pas vraiment la traduction en anglais et je n’avais pas eu l’envie de chercher. Ce mot était bien plus parlant pour moi que n’importe lequel qui aurait pu désigner le fait que j’étais faible et incapable de me gérer moi-même. Même si mon ami me disait qu’avec de la volonté on pouvait réussir ce qu’on voulait, je ne voyais pas comment faire pour faire ce que je ne savais pas.

Le voir à nouveau bouger me fit légèrement froncer les sourcils. Heureusement, il me laissa le tenir autant que je le souhaitais. Et ce, même s’il bougeait pour rapprocher encore un peu plus le porte-médicaments et se tourner vers moi. Par réflexe, parce que je ne voulais pas qu’il soit le seul à se placer face à moi, je bougeai pour me mettre à genoux sur le matelas. Une habitude de mon pays quand je me faisais gronder. Un signe de respect, paraissait-il. Mais, dans ce cas-là, c’était juste la posture la plus naturelle que je connaissais.

Curieux du mots “gélique” qu’il voulait m’apprendre, j’attendis qu’il eut fini de s'éclaircir la gorge pour qu’il puisse prononcer ce mot. Au début, je le regardai avec des yeux ronds. Certainement que ce fut cela qui lui fit répéter. Doucement, silencieusement, je le répétais avec lui, ne bougeant que mes lèvres pour essayer de m’approprier ce mot. Je fis d’ailleurs quelques essais plus ou moins fructueux juste avant que la traduction me soit donnée.


Merci… ?


Je me rappelais avoir déjà remercié mes amies quelques fois, mais je ne comprenais pas la raison pour laquelle il m’apprenait ce mot dans sa langue. Mais je n’en demandai pas plus, le laissant porter ma main libre à sa gorge. Je sentis alors sa pomme d’adam qui bougeait. Mais, surtout, je sentis des vibrations étranges quand il prononça à nouveau son mot. Je tentais alors de le prononcer à mon tour en portant mes doigts à ma gorge. Je n’y parvins que partiellement, ce qui me fit grimacer. Je réfléchis même un moment avant de le regarder à nouveau pour lui demander :


Pourquoi, merci ? Je veux dire… J’ai déjà dit merci à mes amies quand elles m’ont offert des cadeaux, mes premiers cadeaux. Mais… je comprends pas ici… Pourquoi merci ?


J’avais peur de sa réponse. Très peur. Pourtant, dire merci c’était positif, non ? … Merci était-ce mieux que pardon ?
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_Tapadh.

Yuki répéta plusieurs fois le mot et finit même par mettre sa main sur sa propre gorge pour sentir ses cordes vocales vibrer comme celles de son ainé. Nevrabriel se mordit la lèvre inférieure pour le pas rire les premières fois. C’était certainement idiot, mais il aurait adoré apprendre des mots de sa langue natale à la fille qui faisait battre son cœur. Il lui aurait apprit les mots « je t’aime » pour qu’elle le comprenne un jour. Il aurait glissé des « tu me manques » dans ses lettres. Elle aurait pu comprendre tout les titres de ses symphonies. Elle aurait pu lire son journal et voir que chaque jour il avait pensé à elle.
C’était un peu tard pour tout ça …

Nevrabriel redonna son attention à Yuki lorsque ce dernier le regarda de nouveau. Le roux reprit automatiquement son sourire en croisant le regard de son cadet.

_Pourquoi, merci ? Je veux dire… J’ai déjà dit merci à mes amies quand elles m’ont offert des cadeaux, mes premiers cadeaux. Mais… je comprends pas ici… Pourquoi merci ?

Le sourire du roux s’abaissa doucement mais son regard resta attendri. Il inspira profondément et expira tout aussi profondément, prenant le temps de réfléchir à comment l’expliquer. Le jeune homme avait apprit durant sa période de dépression que réfléchir avait du bon. Autrefois il parlait sans penser. C’était plutôt une bonne chose parce que ça permettait de parler avec son cœur, sans filtre. Mais il avait appris qu’on pouvait tout aussi bien parler avec son cœur en réfléchissant.

_Tu dis souvent « pardon ». Mais souvent, tu n’as pas besoin de l’utiliser. J’aimerais que tu ais d’avantage confiance en toi et que tu apprennes à remercier plus qu’à demander pardon. La prochaine fois que tu seras en retard, dis plutôt « merci de m’avoir attendu », que « pardon d’être en retard ». La prochaine fois que tu verras ton amie, dis lui « merci d’être là pour moi » et non pas « pardon ne t’avoir laissé ». Tu n’as pas besoin d’être pardonné parce que personne ne t’en veux. Et lorsque tu écriras ta lettre demain, j’aimerais que tu y penses. Lorsque tu verras les Lanvers j’aimerais que tu y penses aussi. Demander pardon c’est très bien, c’est important même. Mais savoir remercier aussi.

La main de Nevrabriel sur l’épaule de Yuki migra jusqu’à l’arrière de son crane et le tira doucement vers lui pour que le roux pose son front sur le tient, continuant de le regarder dans les yeux. Ils étaient si prêts que l’écossais pouvait voir son reflet dans les yeux noisette de son cadet. Yuki avait de grands yeux comme ceux d’un enfant.
Le jeune homme profita de cette proximité pour murmurer sa requête :

_Tu veux bien faire ça pour moi ?



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Il est impossible
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La mine de Nev se fit plus… douce. A moins qu’il ne soit triste. Pourtant, quand il me fit part de sa pensée sa voix était tout à fait “normale”. Pas de tremblement. Ni de plainte. Juste… la même douceur dont il faisait preuve tout le temps avec moi. Et cela, pour m’expliquer que, pour lui, je disais beaucoup trop “pardon”. Il souhaitait que je dise plus souvent merci à mon entourage. Il me donna même plusieurs exemples que je pris en compte en me posant une question : que devais-je faire de ma culpabilité ? J’avais toujours vécu avec et la renier serait, à mes yeux, comme renier une vieille amie qui m’avait très longtemps tenu la main. Je ne pouvais pas l’abandonner de cette façon. J’étais certain de ne pas y arriver. C’était impossible. Rien que d’y penser, j’en tremblais.

Par ma main qui tenait le bras de mon ami plus que par le froid atteignant mon épaule, je sentis sa main bouger. Et parce que je dû le lâcher, je pris son autre main avec douceur pour ne pas lui faire mal. Pourtant, il ne m’avait lâché que pour atteindre l’arrière de ma tête, un contact doux qui lui permit d’unir nos front. Surpris de voir son visage aussi proche du mien, je sentis mon visage chauffer sous l’effet de la surprise et de la gêne alors que ses yeux étaient plantés dans les miens. Il n’y avait trace de colère, de frustration ou autres, mais le sérieux qu’il arborait au milieu de sa tendresse me montra à quel point il comptait sur moi. Cette “responsabilité”, aussi petite fut-elle, pesa sur mes frêles épaules.

Pourtant quand il me demanda si je pouvais faire ça pour lui, je me mis à blêmir, faisant disparaître toute trace de rougissement, tandis que que je murmurais en bafouant :


D-d-d’accord…


Ce n’était pas simple. Vraiment pas. Après tout, rien que là, je ne savais pas si je devais le remercier pour son conseil, lui demander pardon de lui causer autant d’ennuis, le remercier de s’occuper toujours de moi malgré son état, m’excuser de lui demander de faire autant d’efforts pour moi ou… Mon esprit était un tel capharnaüm alors que je pensais à mon enfance. Mes lèvres tremblèrent alors que je me mis à penser à voix haute, en anglais, comme si je voulais que Nev-nii me comprenne ou que l’anglais me devenait de plus en plus naturel :


J’aurais aimé dire merci à… aux Nakamura. Ils m’ont sauvé la vie mais je n’ai jamais pu leur dire merci. Quand l’idée m’a effleurée, il était trop tard. J’étais déjà devenu un mauvais garçon. Alors… devrais-je leur demander pardon ? … Pourtant, ils ne m’ont jamais cru quand je l’ai fait…


Culpabilité, honte, tristesse se mêlaient à la joie d’avoir pu continuer de vivre, me permettant ainsi de connaître mes amis et mon chien que j’espérais un jour pouvoir réunir autour de moi jusqu’à la fin de mes jours.
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_Tu veux bien faire ça pour moi ?

Yuki semblait perturbé par ce contact, ce qui pourrait sembler normal vu la mince proximité que venait de mettre Nevrabriel entre eux. Mais le jeune homme n’allait pas cesser cela pour autant. Le blond voulait qu’il soit frère, alors l’écossais allait se comporter ainsi. Il n’avait pas de filtre avec sa famille, les prendre dans ses bras, poser son front contre les leurs, leur tenir la main, leur donner sa chaleur et sa tendresse, il n’y échapperait pas.

_D-d-d’accord…

Yuki eut un léger tremblement de lèvres. Voulait-il pleurer ? Nevrabriel ne savait pas mais le laisser faire à sa guise, prendre le temps de s’exprimer, prendre le temps d’encaisser ce qu’il lui avait dit tantôt. Prendre le temps. Parce que oui, il avait tout le temps de comprendre et de comprendre son entourage. Comprendre ce qu’il voulait et ce qu’il ressentait. Et Nevrabriel serait là autant qu’il le pourra. Jusqu’à son dernier souffle, qu’il soit proche ou lointain.

_J’aurais aimé dire merci à… aux Nakamura. Ils m’ont sauvé la vie mais je n’ai jamais pu leur dire merci. Quand l’idée m’a effleurée, il était trop tard. J’étais déjà devenu un mauvais garçon. Alors… devrais-je leur demander pardon ? … Pourtant, ils ne m’ont jamais cru quand je l’ai fait…

Nevrabriel se détacha doucement du jeune homme, se redressant. Cela tirait sur sa cage thoracique mais il voulait se montrer plus grand, il voulait que Yuki sente qu’il pouvait compter sur lui malgré les mots qu’il allait prononcer :

_Il y a des choses Yuki, que tu devras comprendre par toi-même. Mais ne t’en fais pas, je serais là pour te guider. J’ai vu que tu as appris énormément de choses depuis que tu es ici, tu as compris beaucoup de tes sentiments et c’est formidable. Et les choses que tu as apprises, je te les ai dites mais tu les as comprises par toi-même. Tu verras, avec le temps, tu comprendras centaines choses et tu sauras mettre en œuvre ce que tu désires.

Nevrabriel eut un frisson qui parcourut son corps, comme si un courant d’air venait de pénétrer dans la pièce, mais sa porte et sa fenêtre étaient fermées. Il lâcha Yuki pour se glisser dans sa couverture. C’était certainement un effet de ses nombreux médicaments. Du moment qu’il n’avait pas de fièvre tout allait bien mais ce n’était pas forcement très agréable.

Sous ses draps, seuls ses cheveux et ses yeux de jour et de nuit dépassaient. Ainsi, on ne pouvait pas voir la maigreur de ses joues ni la faiblesse de son corps. Il semblait plus vivant avec sa tignasse de feux et la douce lueur de son regard. Le malade eut un sourire, faisant plisser ses yeux qui regardaient encore son cadet.

_Tu veux venir te reposer avec moi ?



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Il est impossible
de se tenir debout en ce monde
sans jamais se courber.
Nev me lâcha doucement pour me faire face. Et malgré son côté maladif, il me sembla grand, presque intimidant. J’avais l’impression qu’il allait me gronder, me crier dessus. Heureusement, le fait de lui tenir la main m’aida à ne pas avoir peur. Après tout, elle était chaude et sa poigne était chaleureuse, douce… Tout ce qu’il fallait pour me calmer et l’écouter attentivement. Ainsi, il me fit part qu’il fallait que je trouve certaines réponses par moi-même. J’allais lui demander pourquoi quand il me fit part que j’avais déjà compris beaucoup de choses et qu’il resterait près de moi pour me mettre sur la voix. Mais je ne comprenais vraiment pas en quoi le temps allait m’aider. Pourtant, je ne posai aucune question, comme bloqué sur les informations qui m’étaient données.

Après un instant, je sentis la main de mon ami me lâcher, me laissant paniquer comme je l’avais fait précédemment. Je n’aimais vraiment pas avoir cette sensation d’être seul, d’être lâché dans la nature, “loin” de tout ce qui pourrait me soutenir. J’avais besoin d’un contact. Petit de préférence, mais un contact tout de même. Pourtant, je le regardai se glisser dans ses couvertures sans rien dire, sans respirer réellement. Et quand il ne bougea plus, je ne pus voir plus que ses yeux et j’en fus triste. Je ne savais pas du tout les émotions qui pouvaient traverser son visage et j’en avais un peu peur. A vrai dire, j’étais en train de me demander si je n’avais pas fait une bêtise. Quelque chose de mal envers lui. Pourtant, il me demanda si je voulais me reposer avec lui.


C-c’est vrai ? Je peux ?


Tel un enfant dès que j’eus cette confirmation que j’attendais, je souris de façon très discrète et j’allai le rejoindre doucement. Timidement, je me lovai contre lui et profitai de sa présence, de ce contact entre les couvertures, pour me remettre à respirer doucement. Au bout d’un moment, je sentis mes paupières devenir lourdes. Puis, aux côtés de cette personne devenue importante à mes yeux, je m’endormis profondément. Je n’étais pas spécialement fatigué, mais je me sentais comme légèrement apaisé ainsi installé. Je me sentais en sécurité. Bien plus que seul, dans mon lit, dans une chambre froide et totalement dénuée de tout réconfort, Kibou et mon porte-clés n’ayant pas vraiment de présence pouvant me rassurer.

FIN

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