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12/12/2018
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05/11/2018Rôle d'espions à pourvoir

Laisser tomber les masques [fts. Katerina Soukhovo-Kobylin]

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Laisser tomber les masques

Je trouvais l'ambiance du bal vraiment lourd. Je dois dire que je ne m'attendais pas à ce que ça dérape autant... D'ailleurs, c'est quoi ce "journal clandestin"? Quoi qu'il soit, ce truc à l'air assez important ou grave pour que cette femme prenne des mesures plutôt extrêmes. J'aimerai bien demander à quelqu'un de m'éclairer sur le problème mais vu le tapage que cette histoire a faite, je me demande si c'est une bonne idée... Je réfléchis un petit instant, ma cavalière pas loin de moi, avant de me tourner vers elle. Même si j'ai pleins de questions dans la tête, je vais éviter de trop me pencher dessus. Elle pourrait se sentir délaissée et ça serait pas cool de ma part.
Apparemment, elle avait envie de retourner à sa chambre, j'insistai donc pour la raccompagner. Je ne pense pas qu'il y ait de danger dans les couloirs mais je n'aime pas laisser une personne toute seule. Surtout lorsqu'elle a cette couleur. Certes, la teinte semble moins tremblante que dans la grande salle mais je la sens encore un peu... vulnérable. Et très franchement, je n'aimerai pas qu'elle croise une Amalia bis. Prudence est mère de sûreté comme dirait ma maman.

Porte de chambre atteinte, mission accomplie! Je suis vraiment un gentleman. Ça me fait rire parce que, même en dehors de mon surjeu dut à mon costume, au final je suis un peu comme ça au quotidien. Kat aime bien me taquiner en disant que je suis "son homme". Ha ha. Tes petites piques commencent sérieusement à me manquer. Quand est-ce que je te revois? Une visite par mois c'est beaucoup trop long. Un appel par semaine aussi. J'ai envie de te voir, d'être avec toi sans un médecin pour me surveiller. J'ai envie d'être un peu seule avec toi, de pouvoir t'embrasser tranquillement, de sentir ton odeur, te toucher, te serrer dans mes bras. Tu me manques. Tu me manques encore plus quand je vois en face de moi une jeune fille aux yeux aussi bleus que les tiens. A la peau aussi blanche que la tienne. A la même taille et au même surnom que toi.
C'est horrible. Il faut que j'arrête de regarder cette fille comme si elle était toi. Elle va finir par se sentir mal à l'aise... Heureusement qu'elle ne s'est pas teinte les cheveux en bleu sinon ça m'aurait achevé. Là, j'arrive encore à avoir un point de repère pour me persuader qu'elle n'est pas toi.

-Je…tu… Est-ce que… ça te dirait qu’on laisse tomber l’anonymat ? J’aurais voulu des conseils.

Qu'on laisse tomber l'anonymat? Est-ce qu'elle m'invite dans sa chambre? J'en ai bien l'impression. Ok, on ne s'affole pas, elle veut juste des conseils. Des conseils sur quoi au juste? Je suis curieuse. Et perturbée. Ah c'est pas possible, qu'est-ce que j'ai ce soir? Je ne crois pas avoir bu pourtant... Ou peut-être un verre, maximum. Penser à Kat avec cette autre kat devant moi doit vraiment me perturber.

- Oui, pourquoi pas? Si je peux aider ça sera avec plaisir! Et puis mon masque commence à sérieusement me gêner, lançai-je avec un sourire.

Mais dans quoi je m'embarque moi? Plus je vais passer du temps avec elle, plus je vais penser à ma copine. Enfin, je suppose. Ça serait bien qu'en apprenant à la connaître je me rende compte qu'elles sont drastiquement différentes histoire que je me sente moins troublée.
Je la suis dans sa chambre, regardant naturellement autour de moi pour me faire une petite idée des lieux. Bon ça ressemble vachement à la mienne mais je n'y peux rien, j'ai prit l'habitude de regarder avec curiosité ce qui m'entoure. Une fois ma petite observation finie, je me permets d’ôter mon chapeau haut de forme puis mon masque pour les poser sur le bureau. Et puis je détache aussi mes cheveux. Ah, là je me sens mieux. Je secoue un peu la tête en passant mes mains devant mon visage comme pour faire partir la désagréable sensation du masque collé à ma peau avant de renvoyer mes cheveux vers l'arrière. Là je me sens trop bien. Passer mes doigts contre mon cuir chevelu pour écarter des mèches et les faire respirer est très agréable. Je me tourne ensuite vers la jeune fille pour qu'elle puisse voir mon visage et lui souris.

- Voilà, je ressemble à ça sans masque, entamai-je en pointant mon visage du doigt, Et je m'appelle Sheila. Sheila McElroy.

Je me demande si le loup combiné au chapeau cachait mes yeux vairons ou si elle l'a déjà remarqué. Bon en soi ce n'est pas hyper cruciale comme information mais je me pose juste la question comme ça. D'ailleurs, maintenant que j'y pense.. Elle m'avait appelé "monsieur". Maintenant elle devrait être fixée. Ah mais j'en oublie le plus important!

- Tu voulais des conseils?

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Sheila fait la papote à n'importe qui en #8B008B
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Katerina espérait que sa demande n’avait rien de déplacée. Et surtout, que cette personne était bien un elle et non un il, comme elle le présentait. Le cas contraire l’aurait fortement embêté.

- Oui, pourquoi pas? Si je peux aider ça sera avec plaisir! Et puis mon masque commence à sérieusement me gêner


La jeune russe était d’accord, bien que son masque ne cachait que ces yeux, le sentir sur sa peau était en réalité plutôt désagréable. Même s’il avait comporté l’avantage de caché le trouble qui l’avait animé, alors qu’elle discutait avec Agnès un peu plus tôt. Katerina ouvrit donc la porte de sa chambre avec maladresse avant d’y entrer, suivi par son partenaire de danse. Son violon était posé sur son bureau, à côté de quelques partitions un peu cornées. Un livre était posé sur son chevet, épais et effrayant. C’était déjà presque tout. La jeune femme n’avait pas emmené grand-chose avec elle en arrivant, et ne reçevant pas de visite, elle aurait difficilement pu ajouter des choses au décor de sa chambre. Cela n’était pas pour la déplaire. Ca évitait le bordel, ou une accumulation de choses qui ne lui serviraient jamais. Elle n’aimait pas spécialement le superflu.

Lorsqu’elle-car elle était bien un elle-enlève son masque et son haut de forme, Katerina se sent presque intimidée. La jeune fit se tenant devant elle est éblouissante. Elle a un quelque chose. Et impossible de savoir si cela vient de sa troublante couleur de cheveux, celle tout aussi troublante de ces deux yeux ou juste son charmant sourire.

- Voilà, je ressemble à ça sans masque, et je m'appelle Sheila. Sheila McElroy.


Katerina énonça à son tour, avec autant de sureté dans la voix qu’elle n’était capable d’en mettre :

- Et moi Katerina. Katerina. Katerina Soukhovo-Kobylin.

- Tu voulais des conseils?


Elle qui se sentait si décidé à se jeter à l’eau l’instant d’avant, se sentit soudain hésitante. Elle gagna du temps en enlevant à son tour son loup, ainsi que sa perruque bleue, détachant à son tour ces longs cheveux bruns pour les laisser retrouver leurs places, derrière ces épaules. Elle déposa les deux pièces de son déguisement sur son bureau.

-Et bien…je…


C’était délicat. Katerina n’avait jamais demandé de conseils à qui que ce soit. Non pas qu’elle se fichait de l’avis des gens, mais plutôt qu’elle n’avait jamais eu d’avis propre. Elle avait toujours fait et dit ce qu’Andrei lui avait appris.

-Tu sais, pendant le bal, tu m’as parlé de ta copine… je me demandais… comment vous étiez sortiez ensemble ?


Elle avait l’impression d’être prise dans un sable mouvant. Elle n’avait aucune idée du terrain sur lequel elle glissait peu à peu, et plus elle était certaine que ce qu’elle avait dit avait du sens, et moins elle était certaine que c’était une bonne chose. Qu’aurait pensé Andrei ? Et puis, qu’en pensait Agnès ? Peut-être ne voudrait-elle plus jamais lui parlé. Ou même, peut-être ne voudrait-elle-même plus la croisée. Le poids qui peu à peu s’alourdissait sur l’estomac de la jeune fille la rendait encore plus pâle qu’elle ne l’était naturellement.
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Laisser tomber les masques

Je rêve. Elle s'appelle Katarina. Katerina? Katarina? Non, Katerina. A une lettre près. A une toute petite lettre près, elle a exactement le même prénom. C'est vraiment très perturbant... Mais heureusement le déshabillage de son visage me permet de me concentrer sur autre chose. Je crois... Déjà, elle a pas les cheveux bleus comme le disait sa perruque -je soupçonnais déjà que ce n'étaient pas de vrais cheveux, j'ai confirmation- mais bruns. Bon par contre ses yeux n'ont pas changé, ils sont toujours aussi bleus. Si ça avait été des lentilles ça m'aurait arrangé, je risque de la fixer... Mais on va dire que c'est mieux que rien.

J'en viens donc à sa question première pour orienter un peu la soirée. Et juste après l'avoir fait, je me dis que j'aurai pu engager plus tranquillement la conversation, histoire qu'on apprenne à se connaître un peu avant... Avant je sais pas quoi en fait, tant qu'elle ne me précise rien, je ne pourrai pas deviner. Et je suis curieuse. Trop curieuse visiblement.
Deux constats: 1) Le fait d'être aussi directe ne semble pas l'outrager. 2) Par contre elle a l'air mal à l'aise.
Je la sens.. je la vois hésitante même si je ne sais pas de quoi il s'agit. Quelque chose de délicat? D'embarrassant?

-Et bien…je… Tu sais, pendant le bal, tu m’as parlé de ta copine…

Oh. C'est vrai que je l'ai rapidement évoqué. Je suis d'ailleurs étonnée que ça l'ait autant capté visiblement. Enfin je ne sais pas, j'avais plutôt l'impression que ça se fondait dans la conversation. Bon ben je ne suis pas aussi fine que je le pensais! Tant pis. Au final si ça me permet de passer un peu plus de temps avec cette jeune fille, je ne dis pas non. J'aime rencontrer de nouvelles personnes de toute façon.

- Je me demandais… comment vous étiez sortiez ensemble ?

J'ai du ouvrir des yeux ronds l'espace d'une seconde. Je ne m'attendais clairement pas à cette question, j'ai été prise au dépourvu. Mais le fait de penser à Kat me fait perdre rapidement mon air étonné pour afficher un sourire idiot et détourner le regard. Comment nous sommes sorties ensemble? Ça me fait remonter tellement de souvenirs tout ça. Je me souviens, au début c'était vraiment tendu entre nous. Mais j'ai bien fait d'insister. J'ai vraiment bien fait.
Inconsciemment, je me frotte la nuque en me dirigeant vers le lit pour m'y asseoir.

- Hum... Par quoi commencer? J'ai l'impression d'avoir tellement de choses à dire...

Je me mets à réfléchir. Étrangement, ça ne me dérange pas d'en parler à une parfaite inconnue -quoi qu'on a partagé un moment de soirée donc elle n'en est plus tout à fait une-, même si je sais bien que ce genre de relations sont encore beaucoup critiquées par certains. Disons que j'ai plutôt du mal à savoir quoi dire. Elle veut savoir comment nous sommes sorties ensembles mais si je ne parles pas un minimum de notre rencontre, elle risque de ne rien comprendre.

- On s'est rencontrées un peu par hasard en fait. Toutes les deux sur les terrains de sport au même moment et au final on n'a fait que se défier sur tout et n'importe quoi durant le reste de la journée. De vrais gamines... Mais c'était marrant et elle avait l'air sympa mais..

"Je voyais qu'elle me mentait". Ok non, elle ne va pas me comprendre. Sauf si je lui explique ma pathologie mais c'est pas le sujet, je vais éviter de me disperser.

- Mais disons qu'elle était plutôt du style manipulatrice. Elle avait un club de théâtre et voulait absolument que je l'intègre du coup elle essayait de m'amadouer. Mais bon, je ne suis pas stupide, j'ai vu son p'tit jeu et je lui ai fait comprendre que je savais qu'elle tentait de me manipuler mais que je continuerai à traîner avec elle malgré tout.

Ouais, bizarre comme fonctionnement. C'est vrai qu'en général, les personnes vicieuses et manipulatrices comme Kat font fuir les gens dès qu'ils voient ce côté là de leur personnalité. Mais ça c'est en désaccord avec ma philosophie.

- J'adore penser qu'il y a du bon en chacun donc mon but c'était de le faire ressortir chez elle. Bon je te cache pas qu'au début c'était un peu l'enfer. Elle faisait tout pour me déstabiliser. Elle m'a même embrassé une fois.

Je me mets à rougir légèrement. C'est vrai qu'elle avait un peu exagéré à ce moment là. On n'était même pas en couple et elle faisait des trucs comme ça. Franchement Kat, quand il s'agit de parvenir à tes fins tu fais vraiment n'importe quoi.

- J'étais tellement mal à l'aise, c'est la première fois que j'ai autant paniqué... Mais le lendemain tout est redevenu "normal". Bon je ne te cache pas que c'était toujours tendu, y avait beaucoup de rivalité entre nous à cette époque. Mais, petit à petit, on a apprit à se connaître. Et je sentais que son comportement changeait à mon égard.

Je me souviens encore de la timide couleur rose qui émergeait à peine dans son aura. Trop chou... Je glisse à peine ma main dans le col de ma chemise pour en tirer une fine chaîne sur laquelle pend un petit cœur doré. Je l'observe un instant, les yeux pleins de tendresse. Ce regard je ne l'offre qu'à elle. Et je sais qu'elle porte la réplique de mon collier actuellement. On le porte toujours. Ça me fait du bien de le voir. J'ai l'impression qu'elle est avec moi...

- J'ai commencé me sentir bizarre quand elle était près de moi. Je bafouiller plus facilement, perdait parfois mes moyens. Mais je voulais tout le temps être avec elle. Même si je me trouvais ridicule quand je souriais ou n’emmêlait dans mes mots. Alors, un jour j'ai voulu lui parler sérieusement. Juste pour mettre un peu au clair notre relation et elle s'est payée ma tête, la bougre! Mais elle était tellement proche de moi...

Tellement proche de moi... Le simple fait d'y penser rend mon petit cœur tout mou. J'ai presque l'impression de la revoir en face de moi, de sentir son odeur, son souffle sur ma joue. Kat bon sang, pourquoi tu n'es pas avec moi, maintenant?

- Je.. l'ai embrassé. Et elle ne m'a pas repoussé. Alors on en a parlé un moment après ça. Et puis.. maintenant nous sommes ensembles.

Je dois avoir le sourire jusqu'aux oreilles. Je sens mes joues qui chauffent. Et je ne peux pas m'empêcher de me laisser aller en arrière pour m'allonger sur le lit et serrer délicatement le pendentif dans mes mains, tout près de ma bouche. J'ai la sensation de pouvoir lui faire un bisou et de ressentir tout l'amour qu'elle a pour moi à travers ce geste.
Je t'aime Kat.  

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