Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.

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RP EN COURS Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.

Message par Loreleï Hexe le Ven 5 Mai - 23:15

ft.
HIGHLIGHT Anaé
« Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.»





C'était éreintée par sa journée que Loreleï s'était dirigée vers l'aile S du bâtiment. Les paupières tombantes, les mollets peints de sang séché, des hématomes tâchant ici et là son épiderme, elle n'avait pas réalisé qu'elle s'était trompée d'aile. Le jour déclinait, et sa petite baston dans la cantine l'avait achevé. Elle eut la "chance" de passer alors que les surveillants disputaient un patient, n'aperçevant pas la petite pré-adolescente qui se trompait d'endroit. On oublia alors de vérifia son identité et surtout sa non-appartenance à la Catégorie S.
Finalement, elle ouvrit machinalement la porte des sanitaires. Une bonne douche s'imposait! Elle passa devant le miroir et grimaça grossièrement en constatant l'étendue des dégâts. Sa crinière châtain était un vaste champ de bataille; à peine passa-t-elle sa main dedans que ses doigts furent coincés dans un sac de nœuds.
Amusée par la situation, Loreleï s'entraîna à faire plusieurs grimaces. Elle tira la langue et loucha, puis se permit de pincer les lèvres dans un parfait duckface, la tête rejetée en arrière et les doigts dans le célèbre peace and love. Ensuite, avec son index elle appuya sur le bout de son nez afin de lui donner la forme d'un groin de cochon. Soudainement un bruit sourd la coupa dans sa récréation et elle se retourna vivement. La porte était fermée.

"Y'a quelqu'un?!"

Pas un son. Méfiante, elle ne s'arrêta pas là.

"Hé, patate, cap ou pas cap de te monter?"

Elle vérifia sous chacune des cabines de douche. Personne non plus. Sûrement son imagination, ou alors un bruit de couloir.
Elle abandonna sa fouille en même temps que sa séance de gaminerie et se déshabilla enfin. Sans son bombers rafistolé et son uniforme de patiente elle avait l'air encore plus légère. Au moins le tissu apportait du volume à sa silhouette creuse. En s'observant une nouvelle fois Loreleï fit un bruit de ventouse avec ses lèvres, blasée de son manque de féminité. Il y avait tellement de coups sur sa peau, un véritable feu d'artifice.
Nue comme un vers, elle poussa la porte d'une cabine avant de jeter un regard en arrière. En plein milieu du lavabo traînaient ses affaires avec, en évidence, sa petite culotte aux motifs de poussins. Les douches étaient mixtes donc si un garçon passait par là... Puis elle se rappela qu'à cette heure avancée de la soirée, tout le monde préférait dîner plutôt que de se doucher. Elle haussa alors les épaules pour elle-même et déposa ses épaisses lunettes rouges au dessus de la masse de tissus.
Elle actionna la douche et poussa un soupir de béatitude. Si elle ne ressentait pas la douleur, elle éprouvait tout le même le plaisir. Et cette vapeur fiévreuse apaisa ses muscles tendus. Elle laissa son front reposer contre la paroi carrelée, l'eau brûlant ainsi sa nuque, puis son dos lorsqu'un nouveau son la fit sursauter. Elle écarquilla les yeux, soudainement prise de panique.
La porte d'entrée des sanitaires venait de s'ouvrir, cette fois elle en était sûre.

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RP EN COURS Re: Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.

Message par Alexander Hexe le Mar 9 Mai - 15:52

"- Lequel d'entre vous est Alexander Hexe ?
Seul un rire sans joie répondit.
- Je te demande qui du Génie ou de Cap est Alexander ?
Silence. Le médecin-chercheur prend un ton menaçant.
- Je répète une dernière fois ma question : qui est Alexander ?
- Je vous l'ai déjà dit : c'est le fait qu'ils soient là tous les deux qui fait de moi Alexander."

Extrait de la transcription annotée d’un l'enregistrement audio, jour 2


Cela faisait trois jours. Trois jours qu’il était arrivé à l’Institut. La satisfaction d’avoir finalement réussi à entrer dans l’établissement laissait petit à petit place à l’agacement. Il n’avait pas pu voir sa sœur. Il fallait dire qu’on lui interdisait de sortir de l’aile S, « le temps qu’il s’adapte à son nouveau lieu de vie » on lui avait dit, et il n’avait pu voir personne. Les quelques visages qu’il avait vu à travers la fenêtre lui étaient inconnus.
Cap s’énervait. Trois jours qu’on lui demandait de rester en place alors que Lore était probablement là, tout près, c’en était trop. Le Génie lui conseillait de rester tranquille, de faire profil bas pour glaner des infos utiles mais c’était son truc à lui de planifier avant d’agir, de tout calculer à l’avance et d’envisager tous les cas de figures avant d’effectuer le moindre pas.
Et ce n’était pas lui qui était aux commandes actuellement.
Il devait traîner dans un recoin oublié de leur crâne, il avait donc toute la latitude d’agir comme bon lui semblait. Il allait tenter une sortie. Il ouvrit la porte et commença à marcher les mains dans les poches de sa blouse réglementaire. S’il y avait bien un truc qu’il avait compris depuis longtemps, c’était que la meilleure façon de ne pas se faire choper quand on trainait dans un endroit où on ne devrait pas, c’était bien d’agir comme s’il était tout à fait normal qu’on y soit. Mais visiblement, les surveillants des lieux n’étaient pas au courant de cette règle tacite. Il se fit intercepter par deux types baraqués alors qu’il tentait de passer dans le bâtiment d’à côté.

- Hé toi ! S197, tu ne devrais pas traîner dans les parages.
- J’ai un nom j’vous rappelle.

La réponse avait fusé avant même que son cerveau ne l’ait formulée. Cependant, il se rendit vite compte de sa bêtise et se mordit la langue. Il pria soudainement pour que le Génie refasse surface, c’était lui qui gérait le mieux ce genre de situation.
« Hey, euh, mec, je crois que je me suis un peu mis dans le pétrin, y a pas moy’ que tu viennes me filer un coup de main ? »
« Qu’est-ce que tu as encore fait abruti ? »
Le Génie eut un léger déglutissement face aux deux colosses qui semblaient l’avoir dans le collimateur. Il jeta un œil aux alentours et saisit rapidement la situation. Il passa une main dans ses cheveux et fit un pas en arrière en les voyant envahir son espace vital.

- Ici tu es S197 c’est clair ? On ne réplique pas face aux surveillants.

Dans n’importe quel établissement, cette phrase n’aurait dû être qu’un avertissement. Mais l’Institut Espoir était un lieu au nom atrocement sarcastique, même pour lui qui était le premier à utiliser ce genre d’humour. Les mots furent donc assortis d’une claque fulgurante. La tête d’Alexander fut brutalement repoussée sur sa gauche. Ce fut à peine s’il cilla.

- Je suis profondément désolé, je ne sais pas ce qui m’a pris. Mes plus plates excuses.

Il avait répondu en détournant le regard, d’un ton qui se voulait parfaitement neutre. S’excuser, ce n’était pas son genre. Il détestait ça. Mais là, c’était ce qu’il y avait de plus rationnel à faire. Et puis détourner les yeux était une manière fort simple et efficace pour paraître sincère et ne pas dévoiler le mépris et la colère qui habitait son regard. Une nouvelle note s’ajouta au mémo de son cerveau. Une injure de plus à retenir. Une injure de plus dont il se vengerait dès qu’une occasion propice se présenterait.
Sa vision périphérique l’informa du désarroi des deux surveillants qui avaient dû s’attendre à de la provocation plutôt qu’à des excuses. A moins que ces bourrins sans cervelles ne soient pas en mesure de comprendre son langage distingué. Le Génie en profita pour reprendre le dessus de la situation sans trop en avoir l’air.

- Je peux passer maintenant ? J’ai vraiment besoin d’aller aux WC.

Comme il s’y attendait, les deux colosses lui indiquèrent un peu rudement que les sanitaires étaient dans ce couloir, derrière lui et qu’il n’avait pas le droit de sortir. Il les remercia de façon distingué même si cela lui arracha la bouche et disparut derrière la porte qu’il lui avait indiquée.
« Tu es un imbécile fini, Cap. C’est bien pour préserver l’intégrité de notre corps parce que sinon je peux t’assurer que je te laisserai te débrouiller seul. »
« Merci, moi aussi je t’aime le mégalo »
Cap entendit le Génie bougonner en disparaissant de nouveau dans un coin de son cerveau. Il laissa échapper un soupir de soulagement puis alla se passer un peu d’eau sur le visage. Après un instant, il observa la pièce. On aurait dit un bloc sanitaire de camping, comme là où il allait en vacances avec ses deux pères et Lore. Visiblement, il y avait déjà quelqu’un qui prenait sa douche. De la vapeur d’eau et le bruit des gouttelettes s’écrasant au sol provenaient de la cabine la plus au fond. Machinalement, il jeta un œil aux affaires qui trainaient sur le lavabo à côté de celui où il se tenait. Un sourire se dessina sur ses lèvres, ces sous-vêtements, ces grosses lunettes rouges… C’était tout à fait le genre de trucs qu’aurait pu porter Lore. Lore…
« Je sais bien que c’est moi le Génie dans cette tête mais quand même Cap. Ton sens de la déduction me fait honte. »
Alexander releva brutalement les yeux et fixa son reflet dans le miroir.

- Non, tu veux dire que… ?

Le Génie poussa un soupir bruyant dans sa tête et ne répondit pas à cette question. Ce n’en était pas vraiment une. Il se dirigea vers la cabine de douche occupée. Il hésita quelques secondes avant de frapper doucement à la porte.

- Excuse-moi mais euh… Lore, c’est toi ?

Le timbre de sa voix était moins assuré qu’il ne l’aurait voulu. Le Génie soupira encore une fois mais décida de laisser Cap gérer, tout en restant bien aux premières loges pour assister à ce qu’il se passerait ensuite.

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Message par Loreleï Hexe le Mer 10 Mai - 17:35

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HEXE Alexander
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Finalement, Loreleï haussa les épaules pour elle-même. Ces douches étaient communes alors évidemment que d'autres personnes venaient. Néanmoins, afin de marquer sa présence, elle prit soin d'augmenter le volume d'eau, s'aspergeant maladroitement le visage. Elle cracha un petit peu avant de penser subitement à ses pauvres sous-vêtements exhibés dans le lavabo. Elle soupira, il fallait vraiment qu'elle réfléchisse avant d'agir. Tant pis, elle assumait pleinement.
Elle se frictionna les cheveux, tirant comme un bourrin sur les mèches emmêlées, s'en arrachant quelques-unes dans sa brutalité. Si sa mère avait été une mère présente, peut-être qu'elle lui aurait expliqué que, lorsque l'on a des nœuds dans nos cheveux, il ne faut pas tirer, il faut y aller doucement. Mais Loreleï avait une mère absente, n'était pas féminine, et détestait sa crinière qui ressemblait plus à des poils hérissés de chaton que à la coupe d'un royal lion.
Elle en était donc là - le jet d'eau puissant qui l'empêchait de respirer, la main bloquée dans les cheveux, les sens brouillés avec sa myopie sans correction et l'ouïe basse à cause de ce fameux jet - quand on frappa à sa porte. Elle percuta après coup, lorsqu'une voix l'appela. Oui, elle.

- Excuse-moi mais euh… Lore, c’est toi ?

"Cap?", chuchota l'adolescente.

Elle fit volte-face, se présentant de trois-quart face à la porte de sa cabine. Elle aurait juré entendre la voix de son frère aîné. Mais elle n'en était pas sûre ; entre sa fatigue, ses blessures qui affaiblissaient son corps - bien qu'il n'en souffrait pas - et ce foutu jet. Loreleï finit par couper l'eau et porta son attention vers le bas de sa douche. En effet, une fente se présentait entre la porte et le sol, de ce fait la châtain aperçut des chaussures. Difficile de savoir à qui cela pouvait appartenir.
Elle secoua la tête, niant pour elle-même le peu d'espoir qu'elle avait ressenti, même si on avait plutôt eu l'impression qu'elle avait trouvé une nouvelle méthode pour sécher ses cheveux. Cap n'avait aucune raison d'être ici. C'était un garçon sain d'esprit, avec quelques sautes d'humeur parfois, mais il était si loyal, si brave, si beau gosse et souriant ! Ou alors il serait venu la sauver? Après tout, la cap(e) de super-héros lui seyait à merveille lorsqu'ils étaient gamins.
Finalement, elle en vint à cette conclusion; la personne derrière cette porte était un ennemi. Tout d'abord, c'était impossible que son frère soit ici. Vraiment. Comment aurait-il traversé l'océan pour atterrir sur l'île? D'accord, il était badass, mais il avait ses limites. Et puis c'était un coup à être corvée de vaisselle de faire le mur comme ça pour sauver sa sœur. Donc Cap, on le rayait de la liste.
Ensuite cette personne l'avait appelé "Lore", or tout le monde se nommait selon son numéro. Elle, elle clamait son nom partout, telle une star en manque d'affection, et certainement qu'un surveillant l'avait retrouvé et avait décidé de l'achever tranquillement. Elle ne se laisserait pas faire!
Elle se baissa pour ramasser une bouteille de savon, la décapuchonna et décida de s'en faire une arme. Elle avait peu de chance de remporter cette bataille puisqu'elle était fragilisée, nue, et se retrouvait avec l'arme la moins cool de l'univers. Mais bon, comme rien ne l'arrêtait, pas même le ridicule...
Elle respira un grand coup. A trois, elle ouvrira la porte.
Un.
Deux.
Trois.
BAM!
Elle poussa un grand coup dans la porte et un cri de guerre. Dans le feu de l'action, elle ne reconnut pas tout de suite son interlocuteur. En position de combat avec ses jambes écartées, son savon brandi droit devant elle et la poitrine bombée, on aurait dit un guerrier. Enfin, l'idée d'un guerrier. Profitant de son effet de surprise, elle pressa la bouteille dans le but de faire gicler son contenu dans les yeux de son potentiel adversaire mais aucun produit n'en sortit.
En effet la bouteille était vide.

"Nique ta mère!", beugla-t-elle, gracieuse, comme d'habitude.

Puis elle daigna enfin de lever les yeux et reconnut le visage de son frère. Surprise, son corps agit sans réfléchir et elle balança la bouteille de savon dans le visage de son frère avant de s'écrier:

"Cap?! Mais qu'est-ce que tu fous là?!"

Et quoi de plus logique, après lui avoir pris son visage pour cible, que d'aller se jeter dans ses bras afin de l'enlacer?

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RP EN COURS Re: Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.

Message par Alexander Hexe le Mer 10 Mai - 19:32

Alexander attendit une réponse qui ne semblait pas vouloir venir. Il s’était peut-être trompé mais la personne pourrait au moins avoir la décence de lui répondre ! Il crut entendre une voix mais ne distingua pas ce qu’elle prononçait, aussi, il colla son oreille à la porte. Mais non plus rien. Il se demandait s’il devait réitérer la question lorsque la porte de la douche s’ouvrit à toute volée. Il n’eut que le temps de se reculer pour ne pas se la manger en pleine face. Le Génie eut un hoquet de surprise que Cap ne parvint pas à intercepter avant qu’il ne franchisse leur bouche. Il fallait dire que voir débouler une fille complétement nue et dégoulinante armée d’un flacon de shampooing avait de quoi… surprendre. Déconcerter. Au minimum.
Il la vit presser le flacon en direction de ses yeux et par réflexe, il plaça ses mains devant ses yeux pour les protéger, dans l’attente d’une giclée qui ne vint pas. Un « Nique ta mère » violent et caractéristique lui indiqua que le flacon en question était vide. Il enleva donc ses mains de ses yeux, les plaçant bien en évidence pour montrer qu’il ne lui voulait aucun mal, enchaina avec un :

- Doucement je…

Il ne put jamais terminer sa phrase, complétement pris au dépourvu par la bouteille en plastique s’écrasant sur son visage.

- Cap?! Mais qu'est-ce que tu fous là?!

Il ouvrit de nouveau la bouche pour répondre mais fut réduit au silence par ce petit corps se plaquant contre le sien. Ses bras se refermèrent comme par automatisme autour de lui.
« J’avais oublié à quel point cette enfant pouvait être violente et imprévisible » admit le Génie
« Ta gueule. » Répliqua Cap avec une violence qui cachait difficilement son émotion.
Il chercha quelque chose à répliquer à la question/exclamation de sa sœur. Quelque chose de classe, quelque chose en accord avec le héros qu’elle avait toujours vu en lui. Il ne trouva pas. Alors il se réfugia derrière un trait d’humour où transperçait un peu trop l’émotion à son goût.

- Je fais un peu de tourisme, pourquoi ?

Mais elle était là, dans ses bras. Lore. Il retrouvait enfin sa sœur ! Ces six mois d’acharnement finissaient par payer. Il réprima un sanglot de soulagement et de bonheur. Il ne devait pas lui montrer cet instant de faiblesse, il avait une image de grand frère cool à sauvegarder.
Il s’accorda quelques instants pour se reprendre puis lui ébouriffa les cheveux.

- Pas que je sois pas content de te voir p’tit monstre mais t’es sacrément mouillée.

Il la repoussa gentiment au bout de ses bras et la dévisagea avec affection. Elle n’avait pas changé, pas trop du moins. Puis il laissa son regard descendre plus bas, attiré par les multiples blessures que son corps nu exhibait. Il n’y avait pas vraiment de pudeur entre eux. Ils n’étaient peut-être pas du même sang mais cela ne changeait strictement rien à leurs rapports de frère et sœur. Alexander soupira.

- Ah la la ! Je ne peux pas te quitter d’une semelle sans que tu te fourres la tête la première dans le pétrin, hein, p’tit Caïd ? Qu’est-ce que tu as encore fait ?

Il se pencha pour examiner sa peau en attendant sa réponse.

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RP EN COURS Re: Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.

Message par Loreleï Hexe le Jeu 11 Mai - 19:27

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- Je fais un peu de tourisme, pourquoi ?

Hein?
Loreleï resta bloquée dans les bras de son frère, les paupières plissées, tentant de saisir son ironie. Comme si c'était le moment de blaguer! Ça faisait six mois qu'ils ne s'étaient pas vu et bam! petite blagounette mal placée pour détendre l'ambiance. Loreleï l'aurait bien taper pour avoir gâché ce moment chamallow mais elle supposa qu'il avait déjà eu son compte. Le pauvre n'avait rien demandé qu'elle lui avait jeté un flacon de savon au visage. Pas de sa faute, elle avait paniqué.
Il lui ébouriffa les cheveux et elle ricana dans l'espoir qu'il se coince les doigts dedans. Il s'écarta d'elle, et elle devina qu'il la dévisageait avec attention. Elle papillonna des yeux, rougissant un peu. Quoi? Elle avait un truc sur le visage? Et puis pourquoi il avait rompu leur étreinte? Soit disant qu'elle était trempée... Elle était contente dans ses bras. A vrai dire, c'était la première fois en l'espace de six mois qu'elle s'était enfin sentie bien. Même si, bon, respirer l'odeur des aisselles d'Alexander n'avait rien de bien sympathique.

- Ah la la ! Je ne peux pas te quitter d’une semelle sans que tu te fourres la tête la première dans le pétrin, hein, p’tit Caïd ? Qu’est-ce que tu as encore fait ?

Alors qu'il semblait inspecter ses blessures, Loreleï gonfla les joues, boudeuse. Il l'avait encore appelé "p'tit Caïd". C'était un vieux surnom datant de leur enfance. C'est parce qu'elle fut une véritable racaille des cours de récréation, piquant les goûters de ses camarades, que Cap avait décidé de la surnommer ainsi. Sauf qu'à chaque fois qu'il employait ce surnom, elle répondait toujours...

"J'suis p'tet un Caïd, mais je suis pas petite!"

Elle croisa les bras, bomba le torse et releva le menton, l'air faussement indigné. Et puis elle percuta enfin; elle était toute nue face à son frère. Non pas qu'elle était pudique mais elle n'appréciait pas trop qu'il voit ses blessures. Certaines d'entre elles étaient volontaires - parce qu'elle avait besoin de ressentir la douleur, alors parfois elle se cognait toute seule - et c'étaient celles-là qu'elle n'assumait pas. Elle craignait d'avoir l'air faible. Et puis franchement, sa peau n'avait pas fière allure... Entre ses genoux fraîchement lavés d'un sang qui coagulait encore sur ses pieds, les bleus sur son visage et les quelques égratignures ici et là... S'il lui demandait d'où venait les quatre trous sur ses jambes, elle n'assumerait pas de dire qu'elle se les était fait avec une fourchette...!
Finalement, elle écrasa sa paume de main contre le visage de son frère et attrapa en vitesse ses sous-vêtements.

" Hé, depuis quand es-tu devenu aussi pervers?! Je suis une grande fille maintenant! "

C'était une excuse, évidemment. Elle fit volte-face pour qu'Alexander ne voit que son dos et elle tira la langue, fière de son mensonge. Le problème c'est que, bien qu'elle tournait le dos à son frère, son reflet dans le miroir, lui, lui faisait face.
Elle enfila ses sous-vêtements désaccordés, puis ses lunettes. On y voyait enfin clair!
Elle se retourna et observa son frère. Est-ce qu'il avait encore grandi? Ou alors c'était elle qui avait rapetissé? Argh, et puis son uniforme ne lui allait pas du tout! Par contre sa chevelure en bataille et son étincelle de malice dans le regard n'avaient pas changé. Elle dû se retenir de ne pas aller se fourrer une nouvelle fois dans ses bras. A la place elle ramassa la bouteille de savon - avec sa maladresse légendaire, elle serait capable de marcher dessus - et reposa la question qui lui trottait dans la tête:

" Et sérieusement, comment t'as atterri ici Cap?"



Hors RP:
Flemme de relire pour trouver les fautes, je repasserais demain [j'aurais ptet du lingue]. Et désolée, elle parle beaucoup ><

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RP EN COURS Re: Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.

Message par Alexander Hexe le Sam 13 Mai - 12:13

Alexander laissa courir ses doigts sur les blessures de sa sœur. Il savait pertinemment que cela ne lui faisait pas le moindre mal et cela lui permettait de mieux appréhender l'étendue des dégâts, en particulier la profondeur des plaies.
Le Génie exultait. Ces moments de consultation et d'analyse lui avait tellement manqué ! Il avait plus ou moins pris le relai de Cap, qui, non loin dans leur conscience, essayait encore de se remettre de ses émotions. Il n'avait pas cette curiosité malsaine du Génie qui l'empêchait de fondre en guimauve.

- Mais oui, mais oui. Répliqua-t-il négligemment face aux récriminations enfantines de Lore.

Il était en train d'examiner une blessure étrange aux quatre trous alignés sur sa cuisse, tentant d'en déterminer l'origine lorsqu'une main vient obscurcir sa vision.

- Hé, depuis quand es-tu devenu aussi pervers?! Je suis une grande fille maintenant! Résonna la voix de son objet d'étude.

Le rouge monta aux joues d'Alexander et le Génie se mit à bafouiller lamentablement. "Pervers", lui ? Le mot fit écho pendant un moment. Ils étaient frère et sœur, enfin ! Comment pouvait-elle l'accuser de la sorte ?

- Je... Je ne suis pas un pervers ! Et puis... Tu es ma sœur, je ne peux pas... Et puis c'est toi qui...

"Tu t'enfonces, Génie. Tu t'enfonces lamentablement."
"Tu n'as qu'à t'en occuper au lieu de juger ! C'est ta sœur après tout !"
Cap fronça les sourcils, prêt à répliquer que vu qu'ils étaient la même personne, c'était sa sœur à lui aussi. Mais c'était inutile, le Génie avait disparu de leur tête, probablement roulé en PLS dans un coin de leur cerveau où il n'avait pas accès. Et voilà ! Maintenant c'était lui qui devait se démerder avec cette situation embarrassante ! Il eut un soupir mental.
Cap passa ses deux mains derrière sa tête, dans une position qui lui donnait selon lui un aspect cool et décontracté et prit le relai du Génie. Mais il n'eut pas le loisir de rattraper la pitoyable performance de celui-ci. Lore enchaînait sur une question. La question à laquelle il ne voulait pas répondre.
Il ne pouvait pas décemment lui dire "Et bah en fait, je suis complètement fou ! Tu sais la schizophrénie ? Et bah j'héberge un Génie maléfique dans ma tête ! Eh ! Pourquoi tu te barres en courant ?". Non. Elle connaissait le Génie même si elle ne le savait pas, mais il ne pouvait pas lui dire la vérité. Elle chercherait à fuir - et il ne pourrait pas lui en vouloir - mais il avait tellement tout sacrifié pour la retrouver qu'il ne pourrait pas supporter qu'elle refuse de le voir maintenant. Mais il n'avait pas envie de lui mentir. Et même en se le permettant, il ne savait pas quoi lequel inventer.
"Un coup de pouce le mégalo ?"
Cap savait qu'il avait prévu ce qu'il fallait dire quand ils en arriveraient là, mais voilà, il n'était pas toujours très attentif pendant leurs réunions internes.
"Génie ?"
Toujours pas de réponse. La PLS était un peu plus sérieuse que prévu visiblement. De toute façon, il lui aurait probablement répondu qu'elle s'était adressée à Cap, alors il n'avait qu'à se débrouiller.
Il jeta un œil à Lore qui devait commencer à s'interroger sur son silence. Bon. Opération diversion en attendant que le Génie se repointe. Cap se dirigea vers l'étagère où se trouvaient les serviettes, en attrapa une et la déposa sur les épaules de sa sœur qui avait enfilé ses sous-vêtements en étant encore mouillée. Il la frictionna un peu.

- Tu vas attraper froid comme ça p'tit monstre. Tu devrais te sécher.

Puis il embraya directement sur une autre question. Avec un peu de chance, elle y répondrait par réflexe et oublierait qu'elle avait posé une question en premier.

- Comment ça se passe pour toi ici ? Ils sont supposé te soigner et je ne t'ai jamais vue aussi mal en point. Et pourtant tu nous en as fait voir des vertes et des pas mûres.

Il croisa discrètement les doigts derrière son dos. Pourvu que ça marche !

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RP EN COURS Re: Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.

Message par Loreleï Hexe le Sam 13 Mai - 15:54

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Loreleï pencha la tête sur le côté, interloquée. Ses lunettes tombèrent sur le bout de son nez elle alors les remonta. Pourquoi son frère prenait autant de temps à répondre une question aussi simple? Bon, il avait l'air hyper cool quand il réfléchissait... Il lui semblait alors mature, un peu plus adulte et cela ne fit qu'accroître l'admiration de Loreleï.
Etonnée, elle le suivit du regard lorsqu'il attrapa une serviette et entreprit de la sécher. Elle arqua un sourcil dédaigneux et ouvrit la bouche alors qu'il évitait complètement le sujet, se comportant comme un grand frère parfait qui préférait éviter un petit rhume à sa soeur plutôt que de répondre à sa question. Quoi? Il était où le problème? Il avait fait quelque chose d'illégal pour venir ici, c'est ça? Et alors, si c'était le cas, ça ne le rendait que plus cool!
Et parce qu'elle n'aimait pas trop être traitée comme une enfant, elle recula et se frictionna les cheveux toute seule. Le silence et le comportement de Cap étaient suspects; il lui cachait quelque chose et Loreleï était déterminée à lui tirer les vers du nez. Et parce qu'elle était bornée, elle ne lâcherait pas l'affaire! Pour qui il se prenait Cap ? Elle n'était plus un bébé; elle pouvait se sécher toute seule, s'occuper de ses blessures seule et comprendre quand il changeait de sujet de conversation !

- Comment ça se passe pour toi ici ? Ils sont supposé te soigner et je ne t'ai jamais vue aussi mal en point. Et pourtant tu nous en as fait voir des vertes et des pas mûres.

"Non, sans blague?! J'ai l'air mal en point?!"

Elle leva les bras au ciel, exaspérée et ironique, telle une mauvaise comédienne surjouant une pièce classique. Elle s'appuya contre les lavabos, souffla sur une mèche qui tombait sur son nez tandis que la serviette reposait autour de ses frêles épaules. Et comme n'importe quelle adolescente; elle se plaignit de sa situation:

"Ils nous disent qu'ils vont s'occuper de nous, qu'ils vont nous soigner mais que.da.lle! Ma médecin est une putain de psychopathe qui rêvait de devenir médecin légiste ou je sais pas trop quoi, mais elle a échoué. Du coup ça l'excite de savoir que je ressens rien, elle peut s'amuser à découvrir le corps humain. Mais j'te rassure, je sèche quasi tout le temps les moments où on doit s'voir."

Elle rit bruyamment de sa propre insolence. C'est vrai que ça faisait un bail qu'elle n'avait pas vu sa médecin. Cela expliquait qu'elle se retrouve sans cesse punie. L'Institut la détestait. De toute son âme. Tant mieux, c'était réciproque!
Elle se détacha de son point d'appui et fit les cent pas devant son frère, lui répétant les mêmes choses, accusant ses papounets de l'avoir envoyée en Enfer, s' apitoyant sur elle-même parce que sa vie c'était de la merde, bla bla bla.
Essoufflée de son long discours elle s'assit sur le carrelage froid, les jambes en tailleurs et prit un air d'adulte saoulé par des problèmes d'adulte.

"Enfin bref, j'ai le temps d'aller chercher mes affaires avant qu'on se tire d'ici?"

Parce que oui, pour Loreleï, même si son frère portait l'uniforme de patient, cela lui semblait évident qu'il avait atterrit ici il y avait quelques minutes de cela, et qu'il avait trouvé le moyen de s'enfuir.


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RP EN COURS Re: Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.

Message par Alexander Hexe le Jeu 18 Mai - 16:01

Alexander se détendit un peu en voyant que sa soeur s'emportait dans sa réponse. Sa tactique de diversion avait apparemment fonctionné. Elle était grotesque, il le savait bien, tellement grotesque qu'elle l'avait forcément remarquée mais... Mais c'était Lore, ni plus ni moins. Elle avait la mémoire d'un poisson rouge souffrant d'Alzheimer et il le savait très bien. Oh elle s'en souviendrait, elle n'était pas stupide non plus, mais plus tard. Et il espérait bien avoir trouvé une réponse d'ici là, à moins que ça ne soit le Génie qui ne gère la situation. Dans tous les cas, il avait un peu de répit.
Cependant, la teneur de la réponse de sa soeur lui fit serrer les dents. Le Génie et lui s'étaient vite doutés du genre d'établissement dont il s'agissait réellement mais ça lui faisait quelque chose de le voir confirmer par la personne qu'il chérissait le plus au monde. Cap savait que son colocataire tenait une liste des personnes dont il allait se venger tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre. Lui n'était pas du genre à faire cela. Mais pour cette fois il ferait une exception. Il ajouta une personne à la liste du Génie, celle des individus qui avaient du souci à se faire. Personne n'avait le droit de faire du mal à sa soeur.
Lorsqu'elle eut fini d'énumérer ses différentes récriminations, il était déjà en train de penser à la façon dont il allait s'occuper du pseudo-docteur, un sourire s'apparentant de plus en plus à celui du Génie naissant lentement sur ses lèvres. Peut-être était-il d'ailleurs petit à petit en train de sortir de sa léthargie.

- Enfin bref, j'ai le temps d'aller chercher mes affaires avant qu'on se tire d'ici?

Alexander grimaça. Il adorait que Lore le prenne pour un héros mais il avait ce standing à tenir et ce n'était pas toujours facile. Comment lui annoncer qu'il était prisonnier tout comme elle ? Le mégalo avait commencé à plancher sur la question mais ils avaient encore trop peu d'informations. Il fut tenté de lui dire qu'il avait bien entendu tout prévu mais ce mensonge aurait des conséquences catastrophiques. Il allait falloir jouer la carte de la subtilité.
Il s'accroupit devant elle, les bras posés d'une façon faussement négligeante sur ses genoux et sourit d'une façon qui se voulait décontractée. Elle voyait en lui en héros ? Il allait lui servir la vérité. Assaisonnée avec une petite touche de mensonge et une grande louche d'héroïsme.

- Tu en as parfaitement le temps, p'tit monstre. L'évasion n'est pas pour tout de suite. J'ai des choses à faire ici. Beaucoup de choses à faire.

Il marqua une pause qui lui servit à élargir un sourire sans joie. Et surtout à attiser sa curiosité et son attention : il tenait à son effet dramatique, rien ne faisait plus héroïque.

- A commencer par m'occuper du médecin qui s'amuse à charcuter ma soeur mais j'imagine que tu n'es pas la seule dans ce cas-là. J'ai tout un Institut à mettre sans dessus dessous.

Il marqua une nouvelle pause, à la recherche de la lueur d'admiration dans le regard de sa petite soeur. La petite lueur qui lui donnait la force de faire tout ce qu'il faisait.

- On va y foutre le bordel, Lore. Et je vais avoir besoin de toi.





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RP EN COURS Re: Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.

Message par Loreleï Hexe le Ven 19 Mai - 19:04

ft.
HEXE Alexander
« Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.»


Loreleï ne s'était pas assise pour rien; elle pensait que son frère allait lui expliquer un superbe plan d'évasion, et que cela prendrait un certain temps. Elle fut alors assez surprise lorsqu'il se mit à sa hauteur, lui racontant que non, ils n'allaient pas partir tout de suite.
Elle ouvrit la bouche, contrariée, s'apprêtant à exprimer clairement le fond de sa pensée mais elle n'arriva pas à sortir un son. Elle sentait que Cap n'avait pas fini de parler. Qu'il y avait une raison à tout cela.
Alors qu'il lui parlait sur un ton de confidence, un sourire plaqué sur le visage, les yeux de Loreleï s'agrandir. On pouvait alors y percevoir un éclat. Son cœur battait la chamade.

" J'ai des choses à faire ici. Beaucoup de choses à faire. A commencer par m'occuper du médecin qui s'amuse à charcuter ma soeur mais j'imagine que tu n'es pas la seule dans ce cas-là. J'ai tout un Institut à mettre sans dessus dessous."

Est-ce qu'il était en train de dire qu'il était de retour? Que leurs aventures allaient recommencer? Elle se mordit la lèvre, impatiente et excitée.

" On va y foutre le bordel, Lore. Et je vais avoir besoin de toi."
" Yahou! En avant!"

Elle s'écria en levant les bras, euphorique, avant d'enlacer maladroitement son frère. Foutre le bordel, c'était sa spécialité! Et elle n'était plus toute seule maintenant pour cela. Elle n'était plus seule tout court. Cette idée la remplissait de joie et elle se serra contre le torse de Cap', se blottissant contre lui jusqu'à s'auto-étouffer.
C'est alors que la porte des sanitaires s'ouvrit.

"Ouais, et alors je l'ai trouvé mignonne la fille mais bon, tu connais l'Institut et... Euh, on dérange?"

Loreleï tourna le visage vers les deux inconnus, deux patients de catégories S. Elle papillonna des paupières. Oui elle était en sous-vêtements, et oui elle faisait un câlin à un garçon un tantinet plus âgé qu'elle, et oui elle était encore un peu mouillée. Mais il n'y avait rien de bizarre, non?
Les deux garçons s'étaient regardés, les lèvres pincées et les sourcils arqués. Finalement ils n'avaient rien dit et avaient refermé la porte l'air de rien, laissant le frère et la sœur seuls de nouveau.
Lore les avait déjà oublié puisqu'elle se leva énergiquement, campée sur ses deux jambes, en position de combat, et surexcitée. Elle mima de donner des coups de poings et libéra un flot rapide de parole:

"Alors Cap', on commence par quoi?! C'est chaud de se procurer une arme ici, on devrait se faufiler dans la cuisine et aller zigouiller le directeur avec un couteau pour couper le bœuf tu vois? Et puis..."

Elle se stoppa et resta immobile. Un poing tendu devant elle, l'autre bras replié contre sa poitrine, elle percuta. Deux patients de catégories S, comme l'indiquait leur uniforme... Mais elle n'était pas du tout de cette catégorie! Elle s'était trompée de sanitaires! Oh la cruche!
Attendez deux minutes...
Elle, elle s'était trompée, mais son frère? Qu'est-ce qu'il fichait dans les sanitaires d'une catégorie aussi spéciale...?
Elle tourna lentement la tête vers lui. Toute trace d'excitation avait disparu de son visage pour laisser place à une expression plus craintive. Elle dévisagea Alexander, et réalisa qu'il n'avait toujours pas répondu à sa question... Alors elle prit le temps d'articuler d'une voix monocorde ces mots:

" Hé, Alex, qu'est-ce que tu fais ici?"


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RP EN COURS Re: Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.

Message par Alexander Hexe le Lun 29 Mai - 17:24

L’éclat d’admiration et l’enthousiasme de Lore alluma un brasier dans la poitrine d’Alexander. Ces six mois de séparation n’avait pas mis un terme à leur relation privilégiée. Ça n’avait été qu’une longue parenthèse qui venait de se refermer. Le duo d’enfer C&C comme ils l’appelaient à cause de leurs surnoms respectifs était de retour, prêt à faire les quatre cents coups comme autrefois. Et cela donnait à Cap l’impression de revivre, d’enfin prendre une bouffée d’air salvatrice après avoir passé six mois la tête sous l’eau. Il se laissa basculer en arrière sous le poids de sa sœur et referma ses bras presque convulsivement autour d’elle, dans une étreinte à se faire mal à lui comme elle qui reconduisait les termes de leur pacte. Ensemble, pour toujours. Et plus jamais il ne laisserait qui que ce soit les séparer de nouveau. Fut-elle la grande Faucheuse elle-même.
Cette étreinte fut entrecoupée par une brève incursion de deux ados dans le bloc sanitaire. Il y eut un court silence où le frère, la sœur et les deux inconnus s’entre dévisagèrent avant que ces deux derniers ne fassent finalement demi-tour. Alexander éclata de rire. La situation devait être drôlement ambigüe effectivement ! Un adolescent serrant contre lui une fille en sous-vêtement, ça avait de quoi faire jaser. Heureusement que le Génie pansait encore les blessures d’égo que lui avait infligée Lore un peu plus tôt autrement, il serait de nouveau parti se laisser mourir de honte dans un coin oublié de leur conscience. Mais il n’avait pas assisté à la scène, et lui, ça le faisait surtout rire. Seul le Génie aurait remarqué que cette « prise en flag’ » risquait de leur poser des soucis ultérieurement…
Visiblement, Lore n’était pas plus perturbée que lui par l’intrusion vu qu’elle continuait sur la lancée de leur discussion et faisait déjà  force de projets qu’il écoutait en souriant à moitié, attendri. Il fallait dire que ce sourire avait quelque chose qui se rapprochait de la béatitude. Il lui semblait que c’était son premier vrai sourire sincère depuis qu’on lui avait annoncé que Lore allait changer d’école, qu’elle irait en internat et qu’il ne la reverrait plus. Et pourtant il était là, et il la regardait prendre des positions de catcheuse, toujours les fesses par terre et le dos collé contre le pilier d’un lavabo. Il nageait dans le bonheur et ça ne lui était pas arrivé depuis si longtemps qu’il en ressentait une agréable surprise. Et puis tout bascula.
Il s’aperçut au léger relâchement dans ses muscles que quelque chose n’allait pas. Elle pivota lentement vers lui et son expression se décomposa. Il lisait quelque chose comme de la peur dans son regard. Et elle reposa LA question.

- Hé, Alex, qu'est-ce que tu fais ici?

Il se mordit la lèvre inférieure. Le retour à la réalité. Sa diversion n’avait durée assez longtemps visiblement. Il ne pouvait plus esquiver la question, cela faisait trois fois qu’elle la posait et il la connaissait bien : elle ne lâcherait pas l’affaire. Refuser de répondre, c’était risquer de briser leur belle complicité. Lui dire la vérité, c’était risquer de lui faire peur et qu’elle refuse de le revoir. Il ne savait plus quoi faire.
« Alors laisse-moi prendre le relai »
Le Génie était de retour et le soulagement envahit Cap.
« Merci mec, tu gères ! »
« Je sais. J’espère que tu seras plus attentif à nos prochaines réunions. »
« Promis, mec ! »
Une expression sombre se peignit sur le visage d’Alexander. Il se releva lentement et épousseta ses vêtements avant de passer une main dans ses cheveux pour les replacer vers l’arrière.

- Tu ne le devines pas Lore ?

Il marqua un silence et la regarda dans les yeux.

- Ne me dis pas que tu as oublié la promesse que l’on s’est faite avant que tu ne partes de la maison.

Il se revoyait, six mois auparavant, juste devant l’embarcadère du ferry qui devait emmener Lore loin de sa famille. Loin de lui. Il se revoyait profiter de l’inattention de leurs pères pour la prendre à l’écart, poser ses mains sur ses épaules et mettre son visage à sa hauteur pour lui dire : « Je viendrais te chercher Lore. Je ne sais pas encore comment, mais je viendrais te chercher. Je te le jure. »
Il l’observa se remémorer de cet instant, attendant qu’elle comprenne. Puis il ajouta.

- J’ai tenu ma parole. J’ai trouvé un moyen, tu te doutais bien que j’étais prêt à tout. Alors je me suis fait passer pour fou à lier. Et me voilà.

Il marqua une petite pose pour lui laisser le temps de digérer les informations qu’il venait de lui fournir. Après tout, cela faisait pas mal à digérer. Mais pour éviter toute incompréhension et clore le sujet, il décida de développer un peu.

- Officiellement, je suis ici pour « dédoublement de la personnalité ».

Et pour illustrer ses propos, le Génie lui offrit son allure la plus sophistiquée et raffinée avant de laisser de nouveau le contrôle à Cap qui reprit une attitude cool et décontractée.

- Pas mal, hein ? Avoue que j’mérite un Oscar !

L'art de dire la vérité en faisant comprendre une toute autre chose. Mentalement, Cap leva la main pour faire un highfive au Génie, lequel lui mit un vent phénoménal. Cap haussa les épaules, après tout c’était le Génie et il savait très bien qu’avec lui, fallait pas déconner.

HRP:
C'est un peu long et il parle beaucoup désolée. Je suis partie du principe que Lore n'aurait quand même pas oublié un moment aussi crucial mais si tu veux que je change pas de souci ! ^^

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RP EN COURS Re: Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.

Message par Loreleï Hexe le Mar 30 Mai - 18:38

ft.
HEXE Alexander
« Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.»


Bloquée dans sa position de combat, bien campée sur ses deux jambes et le poing tendu devant elle, Loreleï vit son frère se lever à son tour, s’époussetant tranquillement. Son aura changeait. C'était bizarre de se dire que quelqu'un avait une aura et que cette dernière pouvait changer.

" Tu ne le devines pas Lore ? "

Lore? Pourquoi il l'appelait "Lore", lui qui l'appelait toujours "Petit Caïd"? Il était bizarre avec ses cheveux en arrière. C'était certainement la première fois que la châtain apercevait les sourcils de son grand frère. Il avait soudain l'air sérieux. Non pas sérieux... Plutôt... Bon sang, elle ne savait pas mettre le mot dessus mais disons que si cette fichue aura existait et qu'elle avait une couleur, alors celle de Cap avait toujours été brillante, rayonnante, et elle faisait concurrence au soleil.
Sauf à ce moment précis où elle défiait plutôt la lune. Elle brillait toujours mais il y avait une nuance que Loreleï ne comprenait pas.

" Ne me dis pas que tu as oublié la promesse que l’on s’est faite avant que tu ne partes de la maison."

Retour en arrière.
Eux deux, le regard plongé dans celui de l'autre. Le moteur du ferry tourne en fond sonore et la brise marine leur fouette le visage. Cap lui avait juré de venir la chercher, quoiqu'il arrive. Et Loreleï n'avait plus eu peur d'être séparée de lui. Ils étaient liés. Ils ne pouvaient pas vivre sans l'autre. Ces six derniers mois sans Cap n'avaient été que de la survie.
Elle n'avait pas oublié cette promesse. Elle se la répétait parfois le soir avant de dormir.

" J’ai tenu ma parole. J’ai trouvé un moyen, tu te doutais bien que j’étais prêt à tout. Alors je me suis fait passer pour fou à lier. Et me voilà. Officiellement, je suis ici pour « dédoublement de la personnalité ». Pas mal, hein ? Avoue que j’mérite un Oscar ! "

Loreleï était restée immobile, les lèvres cousues et la respiration lente alors que son cœur battait à tout rompre. Et parce qu'elle attrapait une crampe au bras, elle laissa tomber sa position de guerrière. Elle ne savait plus si les crampes étaient dangereuses pour la santé, mais elle connaissait la sensation, et puis elle s'en battait les couilles en fait de ce qui lui était néfaste ou non.
Elle avait vu Cap quitter la lune pour regagner le soleil. Elle fit un pas vers lui, suspicieuse. Cap ne savait pas jouer la comédie. Même quand elle cassait un vase à la maison, se prenant pour Barbe Noire avec son cache-oeil fabriqué avec un torchon, et qu'il se dénonçait pour qu'elle ne soit pas punie. Même quand il faisait ça ses parents faisaient semblant de le punir pour que Loreleï culpabilise de sa bêtise et comprenne que ce n'était pas bien. Même ses parents savaient que Cap mentait pour protéger sa soeur.
Elle fit un nouveau pas et remua le nez, plissa les yeux, et inspecta son frère. Puis elle le souleva par le col (ou du moins l'attrapa), se hissa sur la pointe des pieds pour être plus ou moins à sa hauteur et lui offrit le regard le plus meurtrier qu'elle ait:

"Donc tu vas me faire croire que tu as réussi à mentir à un Institut qui est privé, isolé au milieu de nulle part. Un Institut qui n'accepte que deux cent patients, donc un Institut qui choisit ses futurs patients métileucu... Mécutileu... Enfin bref, qui les choisit avec attention et donc qui leur fait suivre une batterie de tests pour être sûrs que ces futurs patients en vaillent la peine. Et toi t'aurais été, genre, un putain de génie pour réussir à leur mentir?!"

Elle attendit un temps, respirant profondément avec son nez avant d'éclater de rire. Elle lâcha son frère et retomba doucement sur sa plante des pieds. Elle se plia en deux, se tenant le ventre tellement elle se trouvait drôle avant de bomber soudainement le torse et d'agiter la main, l'air un peu peste. D'ailleurs, elle ne se pria pas pour prendre une voix aiguë de pétasse:

"Alors Cap, moi aussi je mérites un Oscar?"

Elle s'auto-imita faire semblant d'être énervée (comme si elle pouvait s'énerver contre son frère!) avant de lui donner une petite tape sur l'épaule, puis d'adoucir son visage. Elle lui était sincèrement reconnaissante et comme d'habitude, il agissait en héros. C'était presque si elle n'avait pas des paillettes dans les yeux.

"T'es vraiment trop fort, Cap. Non t'es pas trop fort, en fait t'es le meilleur! Alors c'est quoi le plan pour s'échapper, monsieur dédoublement de personnalité?"

Elle avait prononcé ces derniers mots en se moquant un peu parce que, honnêtement, elle le saurait si son frère avait une telle pathologie!



HORS RP:
J'espère que ça te va ^^ Et oui, j'ai inventé le fait que Cap soit piètre comédien, du moins dans son enfance et sur des sujets tels que je l'ai évoqué dans le rp. J'espère du coup que ça ne te dérange pas :/

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RP EN COURS Re: Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.

Message par Alexander Hexe le Mer 7 Juin - 21:41

Alexander serra les lèvres en voyant un éclat suspicieux s’allumer dans le regard de sa sœur. Aie. Avait-elle capté la fine part de mensonge dans son histoire ? Le Génie lui avait pourtant répété un nombre incalculable de fois que les mensonges qui n’en étaient qu’à cause d’une part d’omission dans la réalité – en l’occurrence, le fait que sa pathologie n’était pas seulement « officielle » mais bel et bien réelle – étaient pratiquement indétectables. Oui mais voilà. Lore le connaissait bien, et c’était vrai qu’il n’avait jamais brillé par ses talents de comédiens par le passé.
Il la regarda se rapprocher avec inquiétude et contrôla à grand peine son envie de déglutir lorsqu’elle l’attrapa par le col. Il l’avait déjà vu faire tant de fois. Et il devait dire qu’il n’appréciait pas trop le changement de point de vue qu’il avait sur la scène. Parce que même s’il était plus grand qu’elle au point qu’elle devait monter sur la pointe des pieds pour essayer vainement de se mettre à sa hauteur, son regard était juste flippant.

- Donc tu vas me faire croire que tu as réussi à mentir à un Institut qui est privé, isolé au milieu de nulle part. Un Institut qui n'accepte que deux cent patients, donc un Institut qui choisit ses futurs patients métileucu... Mécutileu...

- Méticuleusement. Marmonna le Génie tellement bas qu’elle ne l’entendit probablement pas.

Mais la reprendre sur un bafouillage lui permettait de se donner l’illusion qu’il gardait le contrôle. Car si Cap pleurait intérieurement à l’idée que sa sœur avait découvert la supercherie et qu’elle allait probablement le prendre pour un menteur pour le restant de ses jours, le Génie, lui était abominablement frustré et vexé à l’idée qu’une gamine de 14 ans ait percé sa ruse à jour.

- Enfin bref, qui les choisit avec attention et donc qui leur fait suivre une batterie de tests pour être sûrs que ces futurs patients en vaillent la peine. Et toi t'aurais été, genre, un putain de génie pour réussir à leur mentir?!

Pas un génie, un Génie ouais. Un Génie qui allait devoir penser à changer de nom si ça continuait comme ça.
Le silence s’installa. C’était rare, très rare pour Alexander. Non pas qu’il ne se retrouve jamais dans des situations de silence extérieur, non, le Génie avait même tendance à les rechercher, mais généralement, ces silences étaient comblés intérieurement par des discussions et même plus volontiers par des disputes entre les deux personnalités. Ce n’était pas le cas cette fois-ci. Le Génie offrait une mine renfrognée dans un silence contrarié et Cap, aux commandes, était bien trop occupé à se faire le plus petit possible face au regard meurtrier de sa sœur. Il faillit finir par le rompre, à bout de nerfs par un petit « oui ? » mal assuré à sa question dont il sentait pourtant confusément qu’elle n’appelait pas à une réponse, à moins que ça ne soit finalement pour se confondre en excuses et en supplications mais la petite éclata de rire.

- Alors Cap, moi aussi je mérite un Oscar?

La consternation se peignit sur le visage d’Alexander. Cap lâcha un « hein ? » qui résonna longtemps dans leur tête tandis que le Génie haussait un sourcil dans une expression incrédule. Alors comme ça, c’était une farce ? Elle…
« Oh putain. Elle vient vraiment de toucher la vérité du bout du doigt sans s’en rendre compte… Pour une farce ? »
« On dirait bien, Cap. On dirait bien. »
Les deux se facepalmèrent mentalement et Alexander fut secoué d’un rire entre le rire forcé et le rire nerveux face à sa sœur qui s’auto-caricaturait. Puis petit à petit, le rire se mua en une version beaucoup plus sincère, teintée de soulagement.

- Incroyable, p’tit monstre ! Tu pourrais jouer dans le prochain Tarentino ! Finit-il par lâcher après s’être calmé.

Le ton moqueur qu’elle employa pour sur les mots « monsieur dédoublement de personnalité » acheva de le rassurer. Elle avait en fait complétement marché dans la ruse. L’honneur du Génie était sauf tout comme la tranquillité de Cap. Et les étoiles d’admiration dans ses yeux le rassuraient sur le regard qu’elle continuait à poser sur lui. Une émotion étrange lui serra le cœur et Cap se retira dans un coin de leur tête pour ne pas fondre en larmes. Le Génie prit obligeamment le relai. Après tout, la partie plan d’évasion, c’était son domaine.

- Pour le plan, p’tit Caïd, il n’est pas encore tout à fait défini. Je ne suis pas là depuis assez longtemps pour avoir les informations dont on va avoir besoin. Mais te connaissant, j’imagine que tu as déjà dû tenter quelque chose n’est-ce pas ? Est-ce que tu connaitrais des patients prêts à nous aider ? Des gens dont tu sois absolument certaine qu’ils sont fiables et prêts à se rebeller ?

Le « p’tit Caïd » lui avait écorché la bouche tellement ce n’était pas dans ses habitudes d’accorder des surnoms ou de déformer les mots mais il était essentiel que Lore continue à penser qu’Alexander ne faisait que semblant d’avoir un dédoublement de personnalité. Et les réponses qu’elle allait lui donner aller se révéler cruciales pour la réalisation de leur évasion.

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RP EN COURS Re: Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.

Message par Loreleï Hexe le Lun 12 Juin - 23:43

Loreleï commençait à chanceler. Il faut dire que sa journée avait été rude. Entre son échec de Rébellion à la cantine de ce midi, suivi d'une petite bagarre sympa avec les autorités, et puis cette discussion avec cette fille qui l'avait remuée. Elle avait espérée une douche chaude, salvatrice, qui calme ses plaies et la regonfle d'énergie. Les retrouvailles avec son frère avait été un bien meilleur baume. Mais à force de sautiller partout, elle se vidait d'énergie et, comme d'habitude, elle était incapable de se reposer. Les limites de son corps elle les brisait malgré ce qu'on lui avait dit. La lourdeur de ses muscles, la quantité incroyable de sang qu'elle perdait au quotidien, ... Elle maltraitait son corps avec le sourire. Quelle idiote.
Et puis, il lui avait vachement fait peur, Cap, avec ses cheveux plaqués et son regard froid. En six mois il avait tellement évolué... Il avait appris à jouer de la comédie, il avait su s'inventer une pathologie et surtout s'en imprégner comme si elle existait pour de vrai. Il avait su berner un bâtiment spécialisé dans la médecine, il avait fait croire à des putains de médecins hauts gradés qu'il était malade, ce qui était faux et tout ça pour quoi? Pour sauver la peau de la pauvre gamine qu'elle était. Il n'y avait pas à dire, en plus d'être un héros, Cap' était un vrai génie.
Peut-être qu'il avait mûri. Comment ses pères appelaient ça? Ha oui, l'adolescence. Loreleï pensait que Cap passerait par l'épisode des boutons sur la tronche et des problèmes d'identité mais il avait préféré devenir tout de suite un adulte? En tout cas, c'était ainsi que le voyait Loreleï.

" ... te connaissant, j’imagine que tu as déjà dû tenter quelque chose n’est-ce pas ? Est-ce que tu connaitrais des patients prêts à nous aider ? Des gens dont tu sois absolument certaine qu’ils sont fiables et prêts à se rebeller ? "

Hein? Quoi?
Loreleï était tellement éblouie par son frère, et aussi assommée par la fatigue, qu'elle n'avait pas entendu le début de son discours. Et, si pendant un bref instant elle avait laissé son corps faire des siennes, les paroles de son frère la requinquèrent. Elle entreprit de faire les cent pas devant les lavabos, avec ses cheveux hirsutes et la chair de poule. Elle aurait dû se sécher un peu plus tiens, mais bon.

" J'connais des patients, ouais... Après tu m'connais moi. Les gens ils m'aiment pas trop..."

Elle fit la moue et finalement s'allongea sur le dos. Le contact entre son dos nu et le carrelage froid lui arracha un frisson. Elle se focalisa sur la lumière aveuglante fixée au plafond. Ce garçon de ce midi avait déjà ses propres problèmes à régler, elle ne voulait pas l'impliquer là-dedans. Et la fille de tout à l'heure l'avait encouragée, mais visiblement, ce serait dans l'ombre. Après elle avait entendu parler de la patiente de Donatien Elpida, qui était là depuis un sacré moment. Mais elle la croisait dans les couloirs parfois... La pauvre, avec son fauteuil roulant elle n'était plus qu'un fantôme.
Loreleï serra les poings; ils avaient une chance de s'en sortir, elle en était certaine.

"Et bien il y avait ce type basané à la cantine qui a eu les couilles de me défendre un peu. Ou c'est moi qui l'ait défendu, j'sais plus. Et puis... Et puis..."

Et puis elle se releva brusquement. Assise elle écarquilla les yeux, le visage illuminé. Mais bien sûr!
Elle se tourna vers son frère, déterminée.

" Le Journal Clandestin! C'est un Journal publié toutes les semaines tenu par un patient qui tient à conserver son anonymat! Les personnes qui le suivent sont des fidèles et ont l'âme de rebelles, c'est juste qu'ils ont les chocottes, comme n'importe qui! On tient une piste!"

Enjouée elle se releva, mais peut-être un peu trop brusquement. Un vertige la saisit et elle se cramponna aussi discrètement que sa personnalité le pouvait au bord du lavabo. Elle grimaça un sourire; elle aussi elle voulait être forte, elle aussi elle voulait briller. Plus question que Cap la voit comme un Petit Caïd. Elle voulait être un Caïd, plus simplement.

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RP EN COURS Re: Les retrouvailles d'une racaille de premier prix et d'un garçon presque gentil.

Message par Alexander Hexe le Lun 19 Juin - 21:24

Alexander, en changeant de personnalité, avait également changé d’attitude. Alors que Cap était précédemment appuyé nonchalamment contre l’une des portes de douche, le Génie s’en était détaché et observait Lore faire les cent pas devant lui, l’air calme et les mains croisées dans le dos. Visiblement, elle réfléchissait à voix haute. Cap aurait forcément réagi à sa remarque sur le fait qu’elle n’était pas aimée des gens mais pour l’heure, il était aux abonnés absents. Il aurait préférable que ça soit lui qui s’en occupe, après tout, c’était lui qui était le plus apte à gérer une situation concernant les émotions. Lui-même était plutôt maladroit avec ça. Il était bien trop rationnel et cartésien : l’objectivité lui parlait, la subjectivité c’était autre chose. Pourtant, il ne pouvait pas laisser passer ça. Il ne pouvait pas la laisser croire que personne ne l’aimait, c’était faux. Et puis finalement, peut-être qu’il avait raison de s’en occuper. Après tout, Alexander, l’entité qu’il formait avec Cap, n’était appréciée qu’à cause de celui-ci. Il savait donc mieux que lui ce qu’était le rejet social. Il la regarda s’allonger au sol en se demandant les mots qu’il devait choisir. Ils ne lui venaient pas facilement. Lorsqu’enfin ils lui vinrent, il n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche. Lore répondait à sa question.
Un type basané. Voilà qui ne l’aidait pas vraiment, surtout que les souvenirs de Lore avaient l’air considérablement flou. Pour ne pas changer. Mais l’autre information était des plus intéressantes… Une bonne piste à creuser. Une lueur étrange dans le regard, il posa les mains sur les épaules de Lore qui s’était relevée.

- Un journal ? Tu as plus d’informations ? Sur sa localisation et ceux qui le lisent notamment. Tu n’as vraiment aucune idée de qui peut être l’auteur ?

Ca faisait beaucoup de questions d’un coup, il en était conscient. Il devait avoir l’air pressant actuellement mais la connaissant, Lore ne devrait pas s’en formaliser outre mesure. Elle devait comprendre que la perspective qu’elle lui dévoilait l’enthousiasmer, même si sa manière de le montrer était à son image : assez froide et calculée. Mais il était vrai qu’elle avait plus souvent à faire à Cap qu’à lui, même si elle le connaissait bien aussi bien qu’elle ne s’en rende pas compte. Mais il devait prendre ses précautions et la ménager. C’est pourquoi il tempéra ses propos froids et impatients en revenant sur ce qu’il comptait lui dire quelques instants plus tôt. Le moment était bien choisi il lui semblait. Surtout que physiquement, elle n’avait pas l’air très en forme à en juger par la façon dont elle se tenait discrètement au lavabo. Il prit soin de faire son regard moins incisif et plongea dans ses yeux.

- Tu as tort, p’tit monstre. Tu es quelqu’un de très appréciable et ceux qui ne s’en rendent pas compte sont des idiots.

Puis, tandis qu’elle lui répondait, il glissa ses mains le long de ses bras pour saisir ses mains et les lever à l’horizontale. Il les lâcha et eut un sourire entendu. C’était bien ce qu’il pensait. Elles tremblaient.

- J’en connais une qui a encore un peu trop tiré sur la corde.

Il n'y avait aucun jugement dans sa voix, le ton utilisé était simplement celui du constat.

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Message par Loreleï Hexe le Mer 21 Juin - 18:57

" Un journal ? Tu as plus d’informations ? Sur sa localisation et ceux qui le lisent notamment. Tu n’as vraiment aucune idée de qui peut être l’auteur ? "

Loreleï leva un sourcil, perplexe. Le ton de Cap était un peu plus... Un peu plus proche de la lune que du soleil, pour reprendre les images qui s'étaient dessinées dans l'esprit de l'adolescente tout à l'heure. Mais il était juste plus sérieux, supposa-t-elle. Il n'était plus aussi impressionnant que tout à l'heure, quand il lui avait fait un show à vous en rendre jaloux les plus grands acteurs, mais tout de même, ça lui faisait bizarre... Cap', il déconnait tout le temps. Elle avait des abdos en béton à force de rire avec lui et en fait, même sans lui, parce qu'il lui arrivait souvent de repenser à Cap', et puis de se mettre à rire. Son frère était vraiment extraordinaire.
Enfin soit, il avait l'air plus sérieux alors Loreleï plissa les paupières et se pinça les lèvres pour elle aussi se donner des airs d'enquêtrice mystérieuse - même si elle ressemblait plutôt à un hamster, avec ses joues rebondies.

" Tu as tort, p’tit monstre. Tu es quelqu’un de très appréciable et ceux qui ne s’en rendent pas compte sont des idiots. J’en connais une qui a encore un peu trop tiré sur la corde", lui dit-il tout en faisant lever ses bras et pour en constater le tremblement.

Merde, elle avait été tellement occupée à se la jouer détective qu'elle en avait oublié de lui donner ses indications, et maintenant elle était juste vexée que son frère remarque son état de fatigue. Elle se détacha alors du lavabo, croisa un bras sous sa poitrine et leva l'autre, l'index tendu. Elle pointa fièrement le menton, se la jouant petite diva précieuse:

"Alors premièrement, je suis pas un "p'tit" monstre, pigé? Je suis un monstre tout court si tu veux, mais je ne suis pas petite."

Puis elle plongea son regard dans celui de son frère. Cela faisait six mois qu'elle tirait un peu trop sur la corde. Elle ne savait plus comment se gérer, ne pensant qu'à sortir de l'Enfer. Sa santé se dégradait depuis plusieurs semaines et elle n'avait eu personne pour lui expliquer l'impact de ses blessures. Elle eut alors un doux sourire, véritablement ravie. Il était temps qu'Alexander revienne dans sa vie.
Et puis parce qu'elle était une racaille, elle reprit contenance et repensa à cette histoire de journal. Elle se rapprocha du lavabo afin de s'y cramponner de nouveau. Elle était profondément touchée par les paroles et le comportement de son frère, mais elle était un Caïd, et les Caïd ça n'avait pas d'émotions.

"J'sais pas grand chose sur ce Journal. Avant on le trouvait dans la forêt, enterré sous un gros arbre. Je sais pas depuis combien de temps il existe, mais depuis que je suis ici, il n'y a pas eu une fuite alors j'pense que les lecteurs sont vraiment fidèles et tout le bordel. Par contre on a aucune indication sur la personne qui le tient, j'sais même pas si c'est une fille ou un mec et à vrai dire, je m'en cognais un peu ..."

Elle trouvait que la piste restait faible mais c'était son frère; un grand pirate, un incroyable détective, un tyrannosaure, un bâtisseur de cabane, etc... Elle le suivrait où qu'il aille, que ce soit en tant qu'acolyte pirate, assistant du détective, diplodocus ou experte en construction.
Même si pour l'instant, elle n'arrivait plus à tenir debout. La fatigue et la douleur prirent le dessus sur sa bonne volonté et elle s'assit au sol, bien consciente que si elle n'anticipait pas, ses jambes l'auraient lamentablement lâchées.

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