Rencontre entre un médecin malade et un P'tit Caïd.
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Ven 9 Juin - 21:02
Loreleï avait hérité du surnom de "Petit Caïd" lors de son enfance; cadeau de son frère. Et ce surnom n'était pas anodin; en effet, si on faisait abstraction de son visage rond, de ses traits doux et de son corps menu, elle avait tout d'un caïd. Elle avait la démarche ( avec les épaules qui roulent et le menton levé ), elle avait la façon de parler (plus il y avait de jurons dans ses phrases, mieux elle se portait) et elle en avait l'allure (elle aimait porter un épais bomber rapiécé par dessus son uniforme, élargissant ainsi ses frêles épaules). Point bonus; elle avait les blessures. Un caïd ça se battait tout le temps, et aujourd'hui, avec son bleu à la joue et la coupure sur sa lèvre inférieure, elle donnait vraiment l'impression de ressortir d'une bagarre, ce qui était plus ou moins le cas. On ne voyait pas ses multiples cicatrices, celles qui s'étaient dessinées sur son épiderme, cachées par ses fringues, mais si la norme aurait voulu qu'on puisse être nu sans choquer qui que ce soit, Loreleï l'aurait fait sans hésiter. Elle était fière de ses blessures, elle voulait les exposer.
Mais ce matin, le Petit Caïd était resté ensommeillé. Pour la première fois depuis longtemps, Loreleï avait laissé tombé ses allures de bagarreuse pour laisser place à ce qu'elle était avant tout; une adolescente.
Elle faisait les cent pas dans la cour centrale, se rongeant les ongles. Elle se touchait les cheveux, tentait vainement de les recoiffer, essuyait mécaniquement ses verres de lunettes, s'arrêtait sèchement sans raison, avant de recommencer ses petits tours irréguliers. Sa trajectoire variait sans cesse. Parfois elle rasait les murs, parfois elle restait au centre. Elle n'avait aucune idée de l'heure, ni depuis combien de temps elle était là.
Elle s'était levée tôt, la boule au ventre, vaseuse. Son sommeil, en plus d'avoir été de courte durée, fut de mauvaise qualité. Le stress était un sacré bâtard quand même.
Elle avait mangé parce qu'elle n'avait pas le choix. S'était allongée sur sa table d'auscultation sans rechigner. A la fin de sa séance, sa médecin lui avait dit qu'elle vérifierait la prochaine fois si elle pouvait ressentir de la douleur au niveau des os. Elle avait hâte, tiens.
Elle avait alors pensé à cette patiente aux cheveux de feu et aux blessures qui se refermaient rapidement, l'envia un instant avant de grimacer. Si elle était une véritable boule de nerfs à l'instant, c'était de sa faute. Enfin non, aussi de la sienne. C'était la faute des deux patientes.
Bon sang! Si Loreleï n'avait pas cherché à fuir les surveillants, si elle n'avait pas été jusque dans ce fichu cimetière d'arbres et si cette patiente rousse n'avait pas buté un membre de l'autorité, elle n'en serait pas là!

" Putain de merde", jura-t-elle à haute voix, comme elle aimait le faire.

Elle shoota dans un caillou, rageuse avant de serrer les poings. Il fallait contenir sa colère, il le fallait.
Cette rouquine avait zigouillé un surveillant, contre sa volonté, apparemment. Loreleï avait encore la sensation du poids lourd du cadavre sur son dos et un frisson l'effaça. Le sang de ce mec sur ses fringues, son odeur discrète, son goût rouillé ...
Nouveau frisson.
Et désormais, elle récoltait ce qu'elle semait. A force de vouloir jouer la racaille et de tenter une rébellion de fortune contre l'Institut, elle s'en retrouvait punie. Elle avait rendez-vous avec Ange Barrabil et Donatien Elpida d'ici quelques minutes. Combien? Sait plus. Ils allaient venir la chercher de toute manière. Elle les verrait arriver de loin, de leur petit bâtiment loin de l'Enfer. Elle les guettait nerveusement, et elle donna un coup dans un autre caillou.
Quelques patients allaient et venaient, certainement pour aller jusqu'au réfectoire. Loreleï aurait aimé en intercepter un, discuter, essayer d'oublier, créer l'espoir d'une rébellion. Mais elle avait fait assez de dégâts comme ça.
Elle était là depuis six mois et les autorités la connaissait déjà. Et récemment, entre sa bagarre dans la cantine, son insolence envers des surveillants dans sa fuite, une tentative d'échapper à l'emploi du temps, nouvelle agression envers les représentants de l'ordre et puis complice involontaire d'un ... d'un meurtre ...
Cette fois elle était cuite. Cuite. Cuite. Et dire qu'elle venait de retrouver son frère! Dire qu'il s'était battu pour la retrouver et elle, elle foutait tout en l'air!
Furieuse contre elle-même, et puis aussi tétanisée, elle donna un coup dans un énième caillou. Mais cette fois, au lieu d'atterrir dans le vide, il se jeta contre une personne. La personne en question semblant plus adulte que les patients, Loreleï paniqua et s'avança vers lui pour s'excuser, bafouillant une série de mots incompréhensibles, mais elle trébucha et s'écrasa à plat ventre aux pieds de cet inconnu. De loin, la scène aurait pu être amusante puisque, avec ses bras tendus, et cette chute sur la poitrine, Loreleï avait atterri dans une position de vénération.
Elle releva alors piteusement la tête, ses épaisses montures rouges de travers, toujours au sol, et maugréa le premier truc qui lui vint en tête:

" C'est bien ce que je pensais; vos pompes sont encore plus belles de près."


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Sam 17 Juin - 19:00
L’institut Espoir.

Si Espoir il y a, je doute que ce soit pour les patients plus que pour les médecins. Arrivé ici depuis peu, je me rends aisément compte que les patients ne sont autres que des cobayes, dépossédés de leurs noms, de leurs biens, utilisés sans tenir compte de leurs sentiments, de leur volonté, voire martyrisés et torturés si besoin il y a.

De vulgaires cobayes tout juste bons à servir des intérêts qui les dépasse. Je pense que beaucoup de mes anciens collègues se soulèveraient contre un tel fonctionnement. Ce qui n’est pas le cas des médecins de l’institut dont je fais parti. Les rumeurs que j’avais entendues, à l’hôpital Saint-Aska où j’exerçais avant, sur l’institut, n’étaient pas imméritées.

Pour le peu de temps que je suis ici, je peux déjà dire que je m’y plaît. J’apprécie la liberté dont je jouis ici, liberté de mener des expériences sur les patients sans avoir à me cacher. Je n’ai pas encore véritablement pris mes marques ici et ait à peine rencontré les patients.

De même j’ai encore besoin d’un peu de temps pour pouvoir me repérer sur l’île, préférant rester sur les chemins connus. Je me dirige vers le bâtiment principal, portant ma blouse de médecin, les dossiers de quelques patients sous le bras, m’apprêtant à faire davantage connaissance avec les patients dont je m’occupe. Sur le chemin, bien évidemment je croise d’autres patients, se promenant dans la cour pendant les rares temps qu’ils ont pour eux.

Je réfléchis, me demandant jusqu’où je peux aller sur mes patients, si j’ai le droit d’aller jusqu’à provoquer leur mort ou s’il vaut mieux que j’évite. De toutes façons, je compte éviter ça. Mais parfois, la mort est aussi une partie des expériences.

Puis je ressens un impact. Pas de douleur, mais un impact. Comme si un caillou venait de me heurter. Par réflexe, je me retourne, cherchant l’origine de cet impact. Je vois alors une patiente aux lunettes rouges s’avancer vers moi l’air paniqué. Cette patiente, je ne la connais pas. De toute évidence elle n’est pas une des patientes dont je dois m’occuper.

Ce qu’elle dit, je ne le comprend pas, de simple bafouillements. Puis je la vois tomber. Je sais que dans ce genre d’occasion on est censé s’inquiéter, aider la personne à se relever et lui demander si ça va. Je n’en ai pas l’envie. Ce n’est pas mon problème.

Je l’entends me dire que mes « pompes sont encore plus belles de près ». Je ne comprends pas vraiment, si ce n’est que je crois entendre une expression familière derrière cette phrase.

« Mes pompes ? Vous voulez dire mes chaussures ? »

Elles sont belles ? Je n’en ai pas conscience. Si j’ai acheté ces chaussures, c’est parce que mes anciens collègues en portaient des similaires. Non par un certain sens de l’esthétisme.

« Quel est votre numéro ? »

Même si je m’occupe des patients du groupe C, je suis tout de même intrigué par les autres groupes et j’aimerais bien avoir l’occasion de… m’entretenir… avec eux, même si je dois le faire sans l’accord de mes collègues.
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Mer 21 Juin - 19:13
"Mes pompes ? Vous voulez dire mes chaussures ?"

Loreleï releva la tête, un tantinet intimidée. Toujours au sol, elle se frotta le haut du crâne, ébouriffant de plus belle sa crinière en bataille. Elle remonta aussi ses lunettes tombées sur le bout de son nez avant de se racler la gorge, juste pour essayer de se donner contenance (mais bon, elle s'était vautrée lamentablement au sol, alors pour la dignité, c'était fichu).
Elle jeta un vrai coup d'oeil aux chaussures de l'homme qui n'avaient rien de spécial en soit, et en fait elle ne les aimait pas tant que ça, mais elle avait dit ça parce qu'il fallait combler le silence causé par sa chute alors bon... Elle fut tout de même étonnée de la réaction du médecin (parce qu'il avait l'air plus âgé que les patients et n'en portait pas l'uniforme, elle en déduisit qu'il était médecin). Elle s'attendait à un sermon, à des insultes, ou à une remarque prétentieuse type :"Evidemment que mes chaussures sont belles, tu sais qui je suis?".
Elle en fut d'autant plus rassurée lorsque l'homme lui demanda son numéro.
Perplexe, elle se demanda s'il voulait le savoir dans le but de lui planter un couteau dans le dos, par curiosité ou parce que, tout comme elle, il avait ressenti le besoin de dire quelqu'un chose.
Pour la première fois, elle hésita sur ce qu'elle allait dire. Si elle se taisait; cet homme pourrait mal le prendre et la juger insolente. Si elle donnait son numéro comme une bonne petite patiente bien gentille, elle allait se détester. Mais si elle laissait le naturel venir, elle allait encore se retrouver dans de beaux draps.
Alors elle se releva, épousseta ses fringues avant de tousser, l'air de rien. Puis, finalement, pour ne pas étirer ce silence plus longtemps, elle bomba légèrement le torse et répondit au médecin en le regardant dans les yeux:

"Mon numéro est B125. Oui, je suis une patiente de catégorie B parce que je ne ressens pas la douleur. Mais je m'appelle Loreleï, j'adore me battre et mon frère, qui est un véritable héros."


Consciente d'avoir été un peu trop bavarde et que ce discours pouvait ressembler à de l'impertinence, elle se pinça les lèvres. Elle ne quittait pas le médecin des yeux. Ses joues commencèrent à se teinter d'une couleur écrevisse tandis qu'elle prenait conscience de la naïveté de ses propos. Paniquée, elle se fit la réflexion que la meilleure chose à faire serait de changer de sujet de conversation et c'est pour ça qu'elle dit la bêtise suivante :

"Et vous, c'est quoi votre numéro?"


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Sam 24 Juin - 18:19
Je regarde cette patiente, toujours à terre, ne semblant pas décidée à se lever. Au fond de moi je me demande pourquoi elle ne se redresse pas immédiatement. Le sol n’est pas ce qu’il y a de plus confortable. Rare sont les personnes qui aiment s’installer sur le sol dur. Mais peut-être, puisqu’elle est ici, aime-t-elle ça ? Après tous, les patients de l’institut sont tous spéciaux d’une façon ou d’une autre. Je décide de le renseigner une fois que j’aurais eu son numéro de patient, si elle accepte de me le donner. Je sais que certains ne sont pas coopératifs avec les patients.

Mais en réalité, quel intérêt de savoir pourquoi elle ne se relève pas tout de suite ? Cela ne m’intéresse pas. Seul m’intéresse ses capacités, pourquoi elle est là, et ce qu’elle peut m’apporter au  niveau de la curiosité intellectuelle.

Finalement, elle se redresse, se relève et s’époussette avant de se présenter d’un air très théâtrale. Il y a-t-il besoin de faire tant de comédie pour uniquement se présenter ? Mais au moins, je reçois les informations que j’ai demande : son numéro et même ce pourquoi elle est là, ce que je n’avais pas demandé mais qui fait gagner du temps.

« B125, Loreleï. »

Je hoche la tête, pouvant être interprété comme pour dire que j’ai bien comprit, mais étant plutôt un réflexe de satisfaction. J’imagine déjà les expériences que je pourrais mener avec elle. Même si je ne suis pas en charge des patients du groupe B, je n’hésiterais tout de même pas à traiter quelques expériences avec eux, en secret, si je le peux.

Peut-être à force de réflexion, je ne dis rien de plus que ça. Ce qui semble, sûrement, mettre la patiente mal à l’aise puisque, sans me quitter des yeux, je la vois se pincer les lèvres. Puis, elle me demande quel est mon numéro. Je cligne des yeux, me demandant ce qu’elle veut dire. D’aucun aurait sûrement songé qu’elle me prend pour un patient, cependant cette idée ne me traverse même pas l’esprit.

« Je m’occupe des patients C. Pas de vous, donc. Vous aimez votre frère, vous dite ? Il doit vous manquer, alors. Ce n’est pas trop difficile ? »

Bon ou mauvais réflexe que celui de vouloir en savoir plus sur son interlocuteur, sur son patient, sans pourtant en avoir quoi que ce soit à faire. Mais c’est ainsi, souvent que je parviens à me rapprocher de ceux-ci, à gagner leur confiance.

« Je pense ne pas être le premier à te le dire, mais fait attention, quand tu te bats. Sachant que tu ne ressens pas la douleur, tu risques d’y laisser ta vie si tu y vas trop fort. »

Et ce serait dommage. Un tel patient a un gros potentiel, il ne faudrait pas qu’une stupide bagarre lui ôte la vie. Peut-être faudrait-il que je veille sur elle pour l’en empêcher ? Je ne pense pas qu’elle ait beaucoup l’occasion de se battre ici, mais sait-on jamais.
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Lun 26 Juin - 20:25
"Je m’occupe des patients C. Pas de vous, donc. Vous aimez votre frère, vous dite ? Il doit vous manquer, alors. Ce n’est pas trop difficile ? "
"Hmpf, ça va."

C'était insupportable, en fait. Loreleï ne partageait aucun lien de sang avec son frère, et pourtant elle le considérait comme tel, voire plus. Il était son acolyte, son complice, son confident et son ami. Il lui avait appris à détecter ses blessures, à comprendre la gravité de certaines, et lui avait offert la meilleure des enfances. Il était comme une extension d'elle parce qu'elle avait la sensation qu'ils ne formaient qu'un. Alors oui, c'était difficile, mais plutôt mourir que de l'affirmer à un médecin. Il le prendrait pour une faiblesse (en fait c'était le cas) et pourrait jouer cela contre elle.
Mais bon, elle ne rechigna pas. Heureusement, son interlocuteur n'avait pas l'air un tortionnaire. Il ne l'avait pas méprisé pour ses petites remarques et ne l'avait pas punie pour lui avoir dit son nom. Il semblait un peu à côté de ses pompes, mais paraissait tout de même plus sympathique que certains de ses collègues. Du coup, la petite châtain se détendit un peu, plus à l'aise. Sa crainte s'atténuait au fur et à mesure et, à vrai dire, discuter avec ce médecin lui faisait totalement oublier son interrogatoire futur.

« Je pense ne pas être le premier à te le dire, mais fait attention, quand tu te bats. Sachant que tu ne ressens pas la douleur, tu risques d’y laisser ta vie si tu y vas trop fort. »

Loreleï éclata de rire aussitôt que le médecin eut fini sa phrase. Ha non, ça c'était trop fort ! C'est bon, elle était complètement détendue; la remarque de ce type avait tué la lourdeur qui pesait sur les frêles épaules de l'adolescente.
Elle ne se moquait pas; c'était un rire sincère parce qu'elle trouvait vraiment cette situation drôle! A chaque fois qu'elle sortait d'une bagarre, elle finissait toujours par perdre connaissance ou par se fatiguer parce que, justement, elle ne ressentait pas la douleur. Son frère avait passé ton temps à veiller sur elle, justement à cause de sa pathologie.
Finalement, Loreleï toussota afin de calmer son hilarité et tenta de reprendre contenance. Avec ses joues rouges, c'était mal barré pour avoir des airs de nana calme !

" Alors, premièrement, commença-t-elle en levant son index, un sourire plaqué sur les lèvres, en effet vous n'êtes pas le premier à me faire la remarque et je suis bien consciente des dangers mais vous voyez... Des bagarres j'en ai déclenché des tas, d'ailleurs je suis bien connue dans l'Institut pour ça. J'ai même rendez-vous avec les supérieurs à cause de ..."

Elle se tut un bref instant. Ha ouais, c'est vrai...
Elle fronça le nez et perdit son sourire avant de balayer ses pensées lugubres d'un geste de la main. Elle se décida à reprendre son speech et leva ainsi son majeur, ayant désormais deux doigts debout.

" Et deuxièmement, je suis plus ou moins immortelle", affirma-t-elle de ses yeux rieurs mais naïfs.

Elle appuya son propos d'un clin d'oeil avant de réaliser que c'était peut-être déplacé. Alors pour avoir l'air de ne pas draguer un médecin, elle cligna plusieurs fois du même oeil et fit mine de s'essuyer une poussière coincée dans sa muqueuse.


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Mar 4 Juil - 22:02
Est-ce l’expérience qui me fait penser que le « ça va » de la patiente nommée Loreleï n’est pas sincère ? Sûrement. Car ce n’est certainement pas l’empathie que je ne ressens pas. Que son frère lui manque ou non, ça m’est totalement égal.

« Il doit te manquer tout de même. Séparer une fratrie, surtout quand ils sont aussi proches que vous avez l’air, c’est toujours délicat et triste. »

Pour peu, on pourrait croire que je sais ce qu’est avoir des frères et sœurs, non ? Cependant, j’ignore même si je suis fils unique ou non. Je n’ai plus de contact avec ma famille depuis plus loin que mes souvenirs ne remontent et je n’ai jamais cherché à en avoir. Pour moi, ils ne sont rien d’autre que ceux qui partagent mon sang, comme des cousins éloignés dont on connaît l’existence sans savoir à quoi ils ressemblent.

À ma recommandation, la patiente éclate de rire. Je sais que je pourrais le prendre mal mais ce n’est pas le cas. Compte tenu de sa situation, je me doute bien qu’elle a dû entendre mes mots de très nombreuses fois auparavant. Ce qui est sûrement à l’origine de sa réaction. Peut-être aurais-je dû apprécier ce rire si sincère qui émane de cette jeune demoiselle. Après tout, je ne peux que reconnaître qu’il est différent d’une partie des rares rires que j’ai pu entendre. Mais il n’éveille en moi qu’un brin de nostalgie, étant assez proche des rires que j’ai pu obtenir de certains de mes anciens proches patients.

Mais ses explications théâtrales me surprennent. Non pas par les propos, mais plutôt par la théâtralité avec laquelle elle mes les fournit. Je n’ai pas l’habitude de ce genre de façon de faire mais il semble que ce soit, en quelque sorte, sa façon de faire.

D’après ses mots, il semble que sa tendance à se battre lui ai apporté quelques ennuis avec mes collègues. J’en ignore l’ampleur, mais je peux imaginer qu’elle risque quelques petites choses qui lui seraient peu agréables. Non que j’aimerais l’en empêcher, mais j’aimerais plutôt être celui qui aurait la chance de m’occuper d’elle.

Puisqu’elle ne s’attarde pas sur le sujet, je ne la relancerais pas là-dessus. Elle doit sans doute être plutôt anxieuse quant à ce rendez-vous avec les autorités. Peut-être pourrais-je la réconforter, mais ce n’est pas dans mes habitudes. Peut-être pourrais-je intervenir pour elle auprès de mes collègues. C’est à voir, si j’y trouve quelque utilité.

Son deuxième point la qualifie d’immortelle. Ceci ne manque pas de provoquer un petit rire intérieur même si je ne fais que montrer un étonnement qui n’est pas réellement feint. Elle est immortelle, dit-elle ? J’aimerais bien voir la réaction de son corps à certaines doses de mes mélanges peu bon pour la santé. Son clin d’oeil, je n’y fais pas attention. Je ne le remarque même pas.

« Immortelle ? Ne plaisante pas avec ça. Il pourrait vraiment t’arriver des gros soucis si tu ne fais pas attention. La probabilité que tu sois réellement immortelle est vraiment très faible alors ne pousse pas ta chance trop loin. Pense donc à ton frère, comment se sentirait-il s’il t’arrivait quelque chose de grave ? »

Ce serait une perte d’un sujet des plus intéressants. Une perte des plus regrettable, une perte d’un élément qui serait certainement impossible à retrouver. Il me faut à tout prix l’empêcher de se tuer stupidement.

« J’ai bien compris que tu aimes te battre, mais fait attention de ne pas t’attirer de trop gros ennuis. Si jamais… Je sais que je ne suis pas ton médecin, mais tu peux venir me voir, je t’aiderais. »

Sur mon visage peut se lire l’inquiétude. Feinte ? Peut-être. Mais peut-être aussi réelle, non tournée vers mon interlocutrice mais plutôt sur la perspective de pouvoir perdre une patiente avec un tel potentiel.

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Ven 7 Juil - 17:22
Loreleï ne trouvait pas le médecin très expressif. A vrai dire, l'étonnement qui s'était dessiné sur son visage après qu'elle lui ait fini son petit discours, ne lui avait pas parut vivant. Ouais, vivant, c'était plus ou moins le mot.
Elle se demanda si tous les médecins étaient ainsi. Donatien Elpida n'était qu'un cadavre; pâle et sans vie. De ce qu'elle avait entendu de monsieur Ange, c'était un froid manipulateur, et qui disait froid, disait forcément peu expressif. Sa médecin à elle ne connaissait que la colère et le mépris. Et maintenant il y avait ce drôle d'homme qui lui donnait l'impression d'être dans son monde ( même s'il lui avait tout de même semblé intéressé par le lien qui unissait l'adolescente à son frère. Et ça, c'était un point bonus dans l'estime de Loreleï.)
Ou alors c'était elle qui gigotait et parlait trop par rapport aux autres.
Mouais, la deuxième option était plutôt crédible.

"Immortelle ? Ne plaisante pas avec ça. Il pourrait vraiment t’arriver des gros soucis si tu ne fais pas attention. La probabilité que tu sois réellement immortelle est vraiment très faible alors ne pousse pas ta chance trop loin. Pense donc à ton frère, comment se sentirait-il s’il t’arrivait quelque chose de grave ?"

Oh, non ce n'était pas vraiment ce qu'elle voulait dire. Elle ouvrit la bouche, prête à lui expliquer qu'il n'avait pas vraiment compris ses propos flous et à les clarifier, mais il poursuivit.

"J’ai bien compris que tu aimes te battre, mais fait attention de ne pas t’attirer de trop gros ennuis. Si jamais… Je sais que je ne suis pas ton médecin, mais tu peux venir me voir, je t’aiderais. "


Un franc sourire, un sourire où on pouvait voir les dents de la personne, ouvrit le visage de la châtain. Elle ignorait si le médecin était sincère, mais c'était la première fois qu'elle entendait quelqu'un de ce rang lui proposer de l'aide. Elle était sincèrement touchée.
Tiens, peut-être qu'il pourrait l'aider dans la rébellion qu'elle et Cap avaient prévu de mener?
Elle enfonça les mains dans ses poches et inspira profondément l'air chaud de cette matinée, le visage toujours grignoté par un petit air béât.
Elle marcha jusqu'à un rocher, situé à un ou deux mètres d'eux, et grimpa dessus. Du moins lors de sa deuxième tentative, car elle dérapa la première fois qu'elle essaya, s'écorchant alors les mains (mais ça, elle ne s'en était pas rendue compte). Une fois debout, elle bomba le torse fièrement, et posa ses poings sur hanches, ayant ainsi l'allure d'une Reine de pacotille.

"Je sais bien que corporellement je ne suis pas immortelle. Et du coup j'me permets de vous dire un peu mieux ce que je pensais; je suis immortelle ... Là dedans."

Elle tapota sa tempe de son index, désignant ainsi son crâne, ou plutôt la pensée, si on resituait le contexte. Puis, de ce même index, elle pointa la tête du médecin.

"Et là dedans aussi. Et tous, patients, médecins, secrétaires, concierges, surveillants, je serais toujours dans leur tête. Dans leurs souvenirs, en fait. Je vais tout faire pour qu'on oublie jamais Loreleï."

C'était très pompeux d'affirmer un tel discours, et surtout naïf, mais Loreleï y croyait dur comme fer à son idée d'immortalité.
Puis elle descendit de son perchoir d'un bond et tendit sa main au médecin.

"Et je serais ravie que vous m'aidiez mais j'ai besoin d'savoir vot' nom pour ça. Moi c'est Loreleï, mais ça j'vous l'ai déjà dit je crois."


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Lun 17 Juil - 21:15
Toutes mes expressions étaient fausses, peintes sur mon visage par la force de l’habitude, l’habitude de faire croire que je ressens des émotions qui n’ont jamais atteint mon coeur ou que dans des situations différentes de celles dans lesquelles la majorité des autres humains les ressentent. Alors si par moment, ces expressions sont peu convaincantes, cela ne m’étonnerait pas. Seulement, dans ces moments-là, je ne possède aucun moyen de le savoir en dehors de la réaction de mes interlocuteurs, réaction qui, dans le cas présent, tout ce que je pouvais discerner était une vitalité peut-être un peu épuisante.

Ma proposition d’aide, n’étant pas désintéressée malgré les apparences voulues, semble appréciée quand je vois le sourire qui étire le visage de la patiente Loreleï. J’espère sincèrement qu’elle n’hésitera pas à faire appel à moi si elle en a besoin. Non par envie de l’aider, mais par envie de me rapprocher d’elle pour pouvoir avoir plus de facilité à l’utiliser pour mes expériences.

Sous mes yeux intrigués, elle grimpa sur un rocher, dérapant lors d’une première tentative qui provoqua chez moi un élan un avant, dans un réflexe pour l’aider, la retenir avant qu’elle ne tombe sans que je puisse cependant le faire. Je ne manque de remarquer ce réflexe qui me fait me dire que peut-être je fais un peu trop attention aux gens.

Puis, les poings sur les hanches, du haut de son estrade improvisée, elle déclame, m’explique que ce n’est pas corporellement qu’elle est immortelle, avec toujours autant de théâtralité.

« Je vois... »

C’est ce que je dis, mais en réalité je ne comprends pas. Je suis bien conscient que beaucoup de personnes considère une existence au-delà de la simple existence physique mais pour moi c’est tout à fait absurde et incompréhensible. Je pense que peut-être cela doit se voir sur mon visage, avec une expression confuse.

Ensuite, je me rends compte que j’ai omis de me présenter par sa demande alors qu’elle me tends la main. Doucement, je la lui prend et la secoue un peu, un léger sourire aux lèvres, me présentant par la même occasion.

« Pavel Wallenstein. Mais tout le monde m’appelle simple Pavel, ou docteur Pavel.  Je suis arrivé tout récemment à l’institut. »

D’après son discours, je me demande si elle n’a pas quelque chose à me demander, une aide que je pourrais lui apporter.

« Puis-je t’apporter mon assistance d’une quelconque manière ? »
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Ven 21 Juil - 15:21
Il n'avait pas l'air émerveillé par le discours de Loreleï, ce médecin. Bah, ce n'était pas comme si elle s'attendait à des applaudissements ou à une réponse recherchée. Mais tout de même, l'expression confuse du médecin déstabilisa l'adolescente un instant. Est-ce qu'au moins il la prenait au sérieux?
N'empêche qu'expression confuse ou non, il serra tout de même la main de Loreleï et se présenta à son tour sous un nom que la patiente avait déjà du mal à enregistrer. Ce n'était pas commun comme nom. Lequel était de le nom et lequel était le prénom ? De toute façon elle l’appellerait Pavel, ou docteur Pavel, ou selon son instinct. Visiblement il n'avait pas l'air exigeant sur la façon dont on devait s'adresser à lui.

" Puis-je t’apporter mon assistance d’une quelconque manière ?", lui dit-il après avoir secoué sa main.

Suite à cela, un large sourire transforma le visage de Loreleï. Alors c'était vrai, vrai de vrai; un médecin lui proposait son aide. Les yeux de l'adolescente pétillèrent. Elle avait passé six mois à enchaîner tentatives de rébellion sur tentatives de rébellion; et surtout échec sur échec. Elle ne comptait plus le nombre d'avertissements et de punitions. Et voilà qu'en l'espace d'une semaine son frère débarque pour la sauver et qu'un médecin lui propose son aide ! Bon d'accord, il y avait la mort de l'autre garde, et tout un tas d'autres conneries. Mais... Mais ça n'avait pas d'importance en ce moment-même.

"Pour tout vous dire, monsieur Pavel, je ne suis pas la seule à avoir besoin d'aide."

Elle ouvrit la bouche, prête à lui raconter qu'elle et son frère prévoyaient un plan pour renverser l'Institut mais une petite voix dans sa tête la raisonna; vraiment Lore? Tu veux tout raconter à un membre de l'autorité?
Et il était rare que cette petite voix sage s'exprime alors la châtain l'écouta. Pas con.
Elle zieuta les alentours. D'aussi bon matin, il n'y avait pas grand monde mais elle préférait prendre des précautions. Elle n'avait pas envie d'avoir l'air de conspirer. Certes il y avait les caméras (mais elle avait oublié leur existence). Elle se rapprocha du médecin pour pouvoir mieux lui chuchoter:

"Mais avant de vous en parler, j'ai besoin de savoir si vous êtes digne de confiance..."

Ce qui sous-entendait qu'elle avait besoin d'une preuve. Ce qui était ridicule, quand on y réfléchissait.
Elle prit un air mystérieux, avec les paupières plissées et une voix basse, mais elle n'était certainement pas très crédible ainsi. Ce n'était pas de sa faute, elle s'était prise au jeu. Son cœur palpitait dans sa poitrine, menaçant d'exploser. Est-ce qu'elle allait vraiment se faire un allié? Oh, elle avait tellement hâte de raconter tout ça à Cap!


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Sam 22 Juil - 20:00
Suite à ma demande, je vois un sourire étirer le visage de la jeune patiente. Il semblerait donc alors que je peux en effet l’aider. Quoi de mieux que d’aider quelqu’un pour obtenir sa confiance ? J’espère néanmoins avoir les compétences pour l’aider, car il faut bien avouer que je ne suis que un médecin, sans aucune autre responsabilité que de soigner les patients qu’on lui a assigné.

Lorsqu’elle me dit qu’elle n’était pas la seule à avoir besoin d’aide, je fronce les sourcils. Parle-t-elle de son frère ? Ou d’autres patients ? Quoiqu’il en soit, cela semble dépasser ce dont je me serais attendu. Je suis tout autant intrigué qu’inquiet, me demandant ce dont il s’agit.

Je la vois regarder autour d’elle, comme si elle était sur le point de me raconter quelque chose de secret, ce qui ne m’inquiète pas plus que ça car, pour les patients, la moindre chose pourrait se retrouver en secret, comme des noisettes trouvées dehors, surtout en voyant l’exigence que certains médecins ont envers leurs patients. Pour ma part, j’ai tendance à leur laisser une certaine liberté, si bien que de garder quelques petites choses avec soi ne relève pas du secret.

Mais semble-t-il, il ne s’agit pas d’une simple petite souris cachée dans sa chambre, si j’en crois ses mots précédents. Elle se rapproche de moi et me chuchote doucement qu’elle a besoin de savoir si je suis digne de confiance. Digne de confiance ? Non, je ne le suis pas. Mais quoi qu’il en soit, je ne la dénoncerait pas aux autres médecins, ce serait bien trop dangereux pour moi.

Cependant, je voulais prouver qu’elle peut me faire confiance. Que pouvais-je faire pour ça ? A vrai dire je n’en ai pas la moindre idée. Comment peut faire un homme qui n’est pas digne de confiance pour montrer qu’il l’est ?

« Fut-il un temps, j’ai été à votre place, entouré de médecins qui ne savaient rien de moi et qui ne voulaient rien savoir. Je crois être, dans cet établissement, le médecin qui vous comprends le mieux. »

Parler un peu de mon passé semble pour moi une bonne façon de montrer au moins ma bonne volonté. Mais de là à ce que ça me permette de faire de moi un homme de confiance, c’est un peu difficile.

« Ceci dit, je doute que cela puisse montrer que tu peux me faire confiance. C’est un défi difficile que tu me donnes, sans me permettre de le faire, car ce ne sont pas quelques mots qui prouvent ce genre de choses, plutôt des actes. »
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Dim 23 Juil - 14:46
Elle avait la pêche, Loreleï ! Dire qu'elle s'était levée avec l'envie de ne pas se lever. Elle s'était réveillée mécaniquement, s'était habillée comme ça, sans plus, et avait retenue ses larmes le long de son trajet jusqu'à la cour. Elle avait bien fait de shooter dans ce caillou! Un médecin compréhensif, un médecin qui ne vous rabaissait pas, un médecin qui vous écoutait ... Ça lui foutait de l'espoir en veux-tu en voilà à l'adolescente !
De plus, la confession de Pavel attendrit légèrement Loreleï. Ha bon? Il avait été un patient par le passé? Voilà qui expliquait son comportement. Elle ignorait s'il pouvait vraiment les comprendre ( à moins que lui aussi n'était été sujet à de drôles d'expériences) puis elle réalisa qu'il n'avait pas dit qu'il les comprenait, mais qu'il les comprenait le mieux. Il y avait une nuance qu'elle s'étonna d'avoir saisie.

" Ceci dit, je doute que cela puisse montrer que tu peux me faire confiance. C’est un défi difficile que tu me donnes, sans me permettre de le faire, car ce ne sont pas quelques mots qui prouvent ce genre de choses, plutôt des actes."

Et il avait bien raison. Loreleï se tapota le menton de l'index, songeuse. A vrai dire, elle se méfiait peu des autres mais depuis le retour de son frère elle essayait d'être plus sérieuse. Donc, même si elle avait déjà envie de prendre Pavel gaiement dans ses bras (parce qu'elle était vraiment contente et qu'elle faisait des câlins quand elle était heureuse) et de lui expliquer en détails qui était pour cette rébellion, et le peu de plan qu'ils avaient, elle se décida à prendre son mal en patience. Pour Cap. Ouais, voilà. Il serait fier d'elle dis donc.
Finalement, elle prit une profonde inspiration et, d'une impulsion, sauta sur ce rocher qu'elle, décidément, aimait bien. Elle s'y sentait bien, bercée par la chaleur encore calme de cette matinée. Et surtout, elle était en hauteur par rapport à un médecin.
Elle le pointa de nouveau du doigt, un peu comme une accusation même si ce n'était pas le sens de ce geste.

"Très bien, monsieur Pavel. Je vous raconte tout et vous nous aidez si vous réussissez une épreuve de confiance! Prêt?"

Elle n'attendit pas vraiment sa réponse puisque sa question n'en attendait pas réellement. Et puis, s'il lui répondait sur la négative, cela aurait coupé court à tout. Quoique, ça aurait pu être une bonne blague. "Non", "ha, bah ok, à plus", "mais non je rigole", "haha, elle était bonne".
Mouais, après mûre réflexion, ce n'était même pas une bonne blague.
Les poings sur les hanches, elle observa les alentours à la recherche d'une épreuve digne de son nom. Un défi qui pourrait prouver que le médecin n'était pas un petit con prêt à la dénoncer. Quelque chose qu'il pourrait faire immédiatement et de pas trop vache (parce que si c'était possible, elle lui aurait demandé d'aller ramener les informations confidentielles de Donatien Elpida).
Puis une lueur éclaira son regard et, si elle avait été un personnage de dessin animé, sûrement qu'une ampoule se serait allumée au dessus de sa tête. Elle tenta de prendre un air solennel, pour rendre tout cela un peu plus sérieux même si, piètre comédienne, cela la rendait certainement plutôt ridicule.

"Monsieur Pavel, je vous mets au défi de me faire rire! A la rigueur, de me faire sourire!"

Ça n'avait strictement rien à voir avec une "vraie" épreuve de confiance.
Quelqu'un de moins simple qu'elle et surtout de plus futé en aurait certainement profité pour lui soutirer des informations mais Loreleï ne fonctionnait pas ainsi. A vrai dire, elle s'était juste dit que la personne à qui elle accordait toute sa confiance la faisait rire tout le temps. Sa réflexion fut alors la suivante: Alex me fait rire et sourire, j'ai totalement confiance en lui. Donc les gens qui savent me faire sourire sont des personnes dignes de confiance.
Et c'était le cas avec Anaé, par exemple, qui l'avait miraculeusement faite pouffer malgré une ambiance tendue. Les deux filles ne s'étaient plus vraiment adressées la parole et on ne pouvait les décrire comme amies, mais Loreleï lui faisait confiance.
Et pour prouver au docteur à quel point elle était sérieuse, elle s'assit en tailleur sur le rocher et ferma son visage. Alors, cap ou pas cap?


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Sam 12 Aoû - 13:41
Visiblement, mes mots avaient fait réfléchir la jeune patiente. Je ne m’étonnais pas qu’elle n’y ait pas pensé plus tôt, car vu son jeune âge et son enthousiasme, elle ne semble pas du genre de personnes à réfléchir à ce genre de choses. Mais peut-être je me trompe et est-ce juste une omission de sa part. Après tout, je sais d’expérience que les humains sont des créatures surprenantes .

Après sa réflexion, elle saute à nouveau sur le rocher, me faisant penser à ce qu’on dit des chats, qu’ils aiment être plus haut que les humains. Peut-être a-t-elle des gênes, des caractéristiques de chats. C’est quelque chose qu’il serait intéressant d’étudier.

Puis elle me pointe du doigt, un geste qui, paraît-il, est mal élevé. Mais je n’ai jamais su comprendre pourquoi. Ainsi, elle attire mon attention qui est tout à elle. Elle me propose une épreuve de confiance. Je suis sceptique sur ce qu’elle va inventer pour ça. Bien sûr je ferais ce que je peux pour ça mais telle que je vois cette demoiselle, je doute qu’elle me demandera quelque chose qui prouve vraiment que je puisse être digne de confiance.

Et en effet, je la vois regarder autour d’elle, comme si elle cherchait une épreuve à improviser. De quoi me décourager en avance quant à l’exécution de ce fameux défi. Je sens bien que cette fois encore ce sera quelque chose qui ne prouve pas du tout que je suis digne de confiance.

Lorsqu’elle me dit ce qu’elle a trouvé, j’en suis certain. Elle me demande de la faire rire, à la rigueur sourire. Je baisse les bras. Tant pis. Je trouverais d’autres sujets d’expérience.

« Ce n’est pas quelque chose que je suis capable de faire. Dans ce cas je suppose que je ne suis pas digne de confiance à tes yeux. Malgré cela j’aimerais te réitérer ma proposition, n’hésite pas à venir me voir si tu as le moindre soucis. Sur ce, je te souhaite bonne journée. »

Je ne suis pas quelqu’un qui est capable de faire rire ou sourire. Et je n’ai même pas l’envie d’essayer, je ne saurais pas par quel bout commencer. Alors ça doit vouloir dire que c’est la fin de notre rencontre ? Je tourne les talons, commençant à m’éloigner.
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Mer 16 Aoû - 20:55


Loreleï s'attendait à du répondant. Après tout, elle avait le rire facile, alors ce n'était pas quelque chose de difficile, ce qu'elle imposait au médecin. Mais non, ce dernier baissait les bras avant même d'essayer. Ce comportement dérouta un instant la châtain qui n'avait pas l'habitude de ce genre de personne, le genre de personne qui ne prenait pas la peine d'essayer (elle catégorisait rapidement les gens qu'elle rencontrait, que son jugement soit faux ou non).
Alors quand elle le vit tourner les talons, elle eut une moue boudeuse. Qu'est-ce qu'elle pouvait faire maintenant? Elle avait eu l'occasion de se mettre un médecin dans la poche et avait visiblement échoué.
Quoique...
Elle était venue ici au plus bas de sa forme, avec une démarche de prisonnier en direction de la guillotine et, finalement, le docteur Pavel lui avait, sûrement sans le vouloir, remonté le moral. Il lui avait redonné le sourire.
Bien joué, docteur Pavel.
Loreleï bondit de son rocher mais ne rattrapa le médecin. Il était sûrement occupé. La journée commençait et il devait avoir un tas de trucs à faire. Cependant, elle l'interpella une nouvelle fois, d'une voix forte et puissante.

" Je vais avoir besoin d'aide, monsieur Pavel. Je vais rencontrer un de vos collègues. Il s'appelle Ange quelque chose. Il va me punir, et j'ai un peu peur."

Elle baissa la tête et marmonna un vague :"Je le mérite sûrement" pour elle-même. Elle acceptait la sentence. De la rage lui restait coincée dans la poitrine, prête à exploser. Mais elle acceptait malgré tout.
Les poings serrés elle releva quand même la tête, se forçant à avoir l'air plus solide qu'elle ne l'était.

" Du coup, si j'ai un problème, j'aimerais savoir comment vous contacter."

Elle avait dit ne pas vouloir le retenir, mais elle avait tout de même besoin de savoir comment re-rencontrer ce médecin. Il lui serait certainement interdit de lui rendre visite, et puis ce serait très louche qu'elle se pointe dans le bâtiment du lointain en demandant un médecin qui n'était pas le sien.


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Mar 3 Oct - 17:02
C’était une occasion ratée d’avoir un nouveau cobaye. Mais il y a des choses que je peux faire et d’autre non. Faire rire ou même sourire quelqu’un c’est impossible.

Je m’apprêtais à repartir, persuadé d’en avoir ainsi terminé avec le jeune Loreleï.

Mais je l’entends m’appeler. Je m’arrête alors et me retourne, la regardant. Elle me dit qu’elle doit rencontrer un de mes collègues et va la punir. Je pourrais lui demander pourquoi et tenter de l’aider. Cependant je préfère garder un profil bas et éviter de contrarier mes collègues.

Après avoir baissé la tête comme en acceptation de ce qui allait lui arriver, elle la relève, l’air probablement déterminé et me demande comment me contacter.

C’est une affaire difficile. Je doute que mes coordonnées téléphoniques lui soit d’une quelconque utilité.

« Si tu as des soucis, reviens ici et attends-moi. Je viendrais alors te trouver. »

Me baladant souvent, il y a fort à parier que je pourrais la remarquer si elle venait à m’attendre ici. Je m’approche à nouveau d’elle.

« Ça t’ira ? Ne t’inquiète pas. Tu n’es plus seule. »

Finalement, l’affaire ne semble pas si désastreuse que ça. Cela prendra un peu de temps pour parvenir à en faire effectivement un cobaye mais je ne suis pas pressé.
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Mar 10 Oct - 18:07


"Si tu as des soucis, reviens ici et attends-moi. Je viendrais alors te trouver", l'informa le docteur Pavel.

Loreleï trouva sa réponse bien vague. Elle n'allait pas passer sa vie à attendre un médecin qui ne viendrait peut-être pas. Il devait être fichtrement occupé le bougre pour s'amuser à trouver des patients dans la cour, alors cela semblait un peu bizarre comme façon de communiquer. Ce sera plus tard, avec le recul, qu'elle se dira que ce n'était pas si bête que ça : elle n'avait rien pour le contacter. Ce docteur lui donnait rendez-vous, c'était déjà très bien. Mais cette réflexion lui viendrait plus tard, pour l'instant elle était encore bien tourmentée.

"Ok, vous viendrez me trouver", marmonna-t-elle, peu convaincue.
" Ca ira ? Ne t'inquiète pas. Tu n'es plus seule."

Et là, pour le coup, Loreleï fut rassurée. Elle ne se douta pas un seul instant que le docteur Pavel puisse avoir une vision différente de la sienne. Pour Loreleï, le médecin voulait également l'aider dans sa Révolution.
Elle hocha alors vigoureusement la tête, un petit sourire sur les lèvres. Elle le remercia avant de jeter un regard derrière elle, vers le bâtiment dans le lointain. Elle devait aller à la potence. Elle ne pouvait pas être en retard.
Elle voulut s'incliner poliment mais ne sut pas vraiment comment avoir l'air respectueuse. Alors elle préféra agiter la main.

" Je vous attendrais alors, m'sieur Pavel !"

Elle se dirigea vers son rendez-vous avant de s'arrêter, faire volte-face, les mains en dictaphone autour de sa bouche et interpella une dernière fois le docteur Pavel:

"Par contre, elles sont vraiment chouettes vos pompes!"


C'était le coeur plus léger que tout à l'heure que Loreleï s'éloigna. Maintenant tout irait mieux. Non?

hors rp:
Merci pour ce rp Smiling Face With Sm


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Rencontre entre un médecin malade et un P'tit Caïd.

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