Who's the Worst ?,ft.Amalia
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Lun 11 Sep - 21:36


Who's the Worst?


C'était un midi caniculaire. Peut-être que c'était la journée la plus chaude qu'ait connu l'Institut cet été. S'en devenait invivable. Les pas de Donatien étaient lourds, comme si on s'était amusé à remplacer ses os par du plombs. Sa chevelure immaculée était tirée en arrière par une queue basse mais, lui qui était pourtant impeccable, se voyait avoir quelques mèches éparses sur sa nuque. Cela le chatouillait d'ailleurs et il se grattait régulièrement le cou pour chasser cette chevelure pénible.
Sa chemise blanche était ouverte sur son torse famélique et il devinait que sa tenue n'était alors pas approprié. Mais qui était assez cinglé pour s'aventurer dans la forêt brûlée sous une trentaine degrés, là où il n'y avait pas d'ombres ? Il serait étonné de croiser des collègues ou patients.
Ses pieds nus brûlaient sous un tapis de cendres et poussières mais il préférait cette sensation à celle de l'enfermement que lui procuraient ses chaussures.
Enfin, son pantalon blanc était retroussé sur ses mollets, découvrant ainsi ses chevilles maigrichonnes, mais le tissu était léger et il se sentait bien. Il ne supportait pas la sueur, il ne supportait pas ses migraines dues à ses insomnies, il ne supportait pas de pareils records de température l'empêchant de travailler convenablement. Sa secrétaire lui avait d'ailleurs encore pris la tête concernant les dossiers de S14 et de B125 alors qu'il lui semblait évident qu'elles étaient désormais des patientes zéros. Leurs premières. Ce n'était pas encore officiel mais soit.
Finalement il s'arrêta près d'un large tronc encore solidement enraciné dans la terre. Il se demanda un instant si le fameux Journal Clandestin dont il avait eu des échos pouvait être caché ici, puis oublia l'idée. Qui s'embêterait à faire ceci?
Il continua de marcher, sans vraiment trop savoir où il voulait aller. Il désirait juste ... Qui sait ?
Il finit par s'asseoir en tailleur au milieu de nulle part, tâche blanche dans un océan de terre brune, et caressa du bout des doigts d'anciennes lacérations. Elles décoraient son bras, lui rappelant la terreur qui l'avait étouffée durant ses années collège. Cela remontait à une dizaine d'années maintenant ...
Il ferma les yeux comme pour mieux contenir sa main tremblante. Désormais s'il voulait apaiser ses tourments, il avait besoin de scalper quelqu'un. Il avait besoin d'attacher cette personne. De trancher ses veines, à l'horizontale pour ne pas la tuer, et puis de regarder l'hémoglobine faire son petit bout de chemin. Il n'y avait que ça qui pouvait lui faire du bien en ce moment-même.
Donatien avait recherché la solitude, solitude qu'il voulait paradoxalement fuir depuis son enfance, et s'il avait été plus calme, peut-être qu'il n'aurait pas entendu les pas qui s'étaient approchés. Et peut-être qu'il n'aurait pas été dérangé. Et peut-être que sa rencontre n'aurait pas eu à subir les maux du médecin.
Mais Donatien était le plus malade des habitants de l'Institut, alors qui que ce soit qui croisait son chemin avait affaire de ses humeurs. Bonne chance à cette personne.



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B100
Mar 12 Sep - 1:37
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Donatien
Who's the worst?
Amalia en avait assez de ne pas pouvoir sortir, tout ça pour un repas dont elle n'avait absolument pas besoin. Elle était réveillée depuis bien trop longtemps à son goût,
par une insomnie insupportable, à la suite de laquelle elle avait dû supporter une énième séance interminable avec on médecin. Ce n'était pas intéressant pour elle, puisqu'il lui bandait les yeux afin qu'elle n'utilise pas son pouvoir. Sans ça, il était évident que sa patiente utiliserait sa faculté sur cet homme qu'elle méprisait. Mais la brune allait vite retrouver son humeur habituelle, c'est-à-dire seulement indifférente et non plus exécrable, car il était midi passé et elle pouvait enfin profiter de la chaleur du Soleil. Certes, elle était aussi pâle que son esprit était corrompu, mais ses origines italiennes lui donnaient le froid en horreur. De ce fait, dès que la jeune femme eût l'autorisation, elle se précipita au dehors et respira un grand coup en sentant la légère brise jouer avec sa longue chevelure corbeau et les rayons lumineux réchauffer sa peau de porcelaine.

Cependant, elle ne savait pas spécialement quoi faire, et elle n'avait pas envie d'aller au lac. Trop de gens sans doute, et en ce moment la solitude était plus qu'appréciée. D'un pas devenu nonchalant, Amalia partit en direction de la forêt brûlée, où tous ces gens ennuyeux ne supportant pas les rayons "ardents" du Soleil ne viendront pas. Elle ne les comprenait pas, comment pouvait-on considérer trouver la chaleur étouffante? C'était bien plus agréable que le froid selon elle, et surtout on pouvait se baigner. Et couler les autres, cela allait de soi qu'elle ne s'amusait pas avec une bataille d'eau ou un concours de plongeons. Sauf pour asseoir sa supériorité évidemment. Toute entière consacrée à ses digressions mentales, "Nightmare" n'avait pas vu qu'elle était arrivée à la lisière de l'ancienne forêt. Et qu'il y avait quelqu'un sur sa souche habituelle. Elle arqua un sourcil et se dirigea vers le frêle patient qui allait subir son courroux. D'un air hautain, elle le toisa :

-Que fais-tu sur ma souche?

L'inconnu lui répondit des mots sans saveur, simplement pour dire qu'il ne partirait pas. C'était sans compter l'impatience d'Amalia,
qui n'hésita pas à enlever son cache-oeil afin de martyriser le garçon. Elle le laissa tomber dans les pommes sans remords, remis son accessoire sur son visage et se détourna. Cet endroit avait été contaminé par quelqu'un d'insignifiant à ses yeux, il lui fallait un autre endroit pour la journée. Plongée dans une musique qui se jouait dans son esprit dérangé, elle ne remarqua pas la présence d'une silhouette blanche dans l'immensité sombre que représentait la forêt brûlée, et vers laquelle elle se dirigeait inconsciemment. Ne remarquant en rien la personne, elle s'assit dos à une souche, non loin du tronc semblant défier le ciel. Occupée par ses divagations,
elle s'était mise à chantonner un air d'opéra, le Nessum Dorma de Puccini, bien qu'il était composé pour un ténor et non une soprano comme elle.
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Jeu 14 Sep - 12:28


Who's the Worst?


Il était si paisible ici. Rien ne pouvait l'atteindre. Il se reposait enfin.
Ces nombreuses insomnies eurent raison de lui et il était dans un état vacillant entre le sommeil et l'éveil. Pas vraiment endormi mais pas entièrement réveillé, il entre-aperçevait le début d'un rêve. Tiens, depuis quand n'avait-il pas rêvé ?
Une voix apparut dans le noir, un chant. Une très jolie chanson qui caressait le visage de Donatien comme une brise dans ce désert caniculaire. Même si, à y réfléchir, cet air avait un quelque chose qui évoquait l'opéra. Il n'était pas quelqu'un qui s'intéressait à la culture : il ne lisait pas, n'écoutez pas de musique, ne se renseignait pas sur les actualités. Alors il ne reconnut pas le chant. Il supposa que c'était tout bonnement le fruit de son imagination et il se dit que son imagination avait bon goût.
Puis, parce qu'il n'était pas vraiment endormi, son ouïe le chatouilla. Cet air fredonné lui parut plus réel. L'était-il?
Lentement, il émergea. Ses paupières remuèrent et les rayons diurnes l'aveuglèrent. Il fut contraint à replonger dans le noir, puis à recouvrer la vue petit à petit afin de ne pas s'agresser la rétine et surtout pour s'habituer à une telle luminosité.
Quand il fut parfaitement éveillé, il réalisa que le chant n'avait rien d'imaginaire. Il était vrai.
Alors Donatien tourna longuement la tête vers la source de la voix et découvrit une jeune fille. Sa peau pâle et ses cheveux corbeaux lui évoquèrent un instant Lys. Tout comme elle, elle était maigrichonne. C'était intéressant... Lys qui pouvait marcher.
Il ne s'approcha pas, parce qu'il jugeait que ce n'était pas à lui de le faire. C'était cette jeune fille qui l'avait dérangé, et non l'inverse.
Il attendit alors qu'elle ait fini de chanter, non pas qu'il voulait l'entendre jusqu'au bout, mais parce qu'il se doutait que la demoiselle ne l'entendrait pas. Et il détestait parler dans le vide.
Alors quand le silence s'installa, il s'humecta les lèvres et leva sa voix rauque, sa voix qui, pourtant, paraissait chuchotée :

- Vous m'avez dérangé. J'espère que vous avez une bonne excuse pour ne pas être à la cantine et pour m'embêter avec vos vocalises de bas étage.


Il ne cilla pas, cherchant à ancrer son regard dans le sien, inconscient que ses propos avaient été certainement rudes et irrespectueux.






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B100
Ven 15 Sep - 20:14
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Donatien
Who's the worst?
Amalia était plongée dans ses pensées, qu'elle laissait vagabonder au rythme de la mélodie. L'opéra dont elle était tiré avait été l'un des premiers qu'elle avait vu en réalité, et faisait partie de ses favoris. Il racontait l'histoire d'une magnifique princesse asiatique qui refusait de se marier et, pour évincer ses prétendants, leur demandait de répondre à trois énigmes. S'ils échouaient, c'était Thanatos qui leur tendait les bras au lieu d'Eros. Cette princesse exécrait les hommes en général car sa grand-mère avait été violée, et elle se faisait dépositaire de ce triste héritage. Malheureusement pour elle, un jour un prince exilé entendit cette sordide histoire et décida de tenter sa chance : il réussit aisément. Prise de panique, la belle asiatique refusa tout de même et son prétendant, qui voulait vraiment son amour, lui donna une énigme à résoudre : si elle trouvait son nom avant l'aube elle pouvait le tuer. Elle tortura la population afin de savoir, sans succès, et c'est finalement lui-même qui le lui dit. Devant l'empereur cependant, elle ne le dit pas, se mariant finalement. Nightmare avait été déçue de cette fin, qui lui paraissait incohérente. Surtout qu'elle appréciait grandement le personnage de la princesse, cruelle, prête à tout pour parvenir à ses objectifs, sans se soucier de la douleur d'autrui. Qu'elle tombe amoureuse si facilement l'avait dégoûtée et c'est pour cela qu'elle avait réécrit l'histoire pour elle-même, rendant la fin tragique. pour le jeune prince et le royaume. A ce souvenir, la patiente esquissa un sourire en coin, à la fois malsain et mélancolique, bien qu'elle ne connaisse pas cette émotion. Car non, le regret ne faisait pas partie de son vocabulaire. La chaleur devait lui taper sur la tête. D'ailleurs, sa chevelure noire était brûlante mais cela ne la dérangeait pas, elle en avait l'habitude. Elle ferma les yeux, comme si elle voulait se sentir encore plus proche du Soleil qui la réchauffait agréablement.

Amalia ne les garda pas longtemps fermés puisqu'elle les rouvrit presque aussitôt avoir fini de chanter et battit des paupières pour se réhabituer à la forte luminosité. Une voix masculine, à la fois rauque et douce, l'avait tirée de ses pensées. Se relevant, elle remarqua enfin la présence d'un homme tout à fait à son opposé : sa chevelure de neige rendait son visage encore plus froid et ses vêtements blancs contrastaient avec le triste décor de la forêt brûlée. Ils reflétaient tant la lumière qu'on pourrait prendre l'individu pour l'incarnation du Soleil en personne, mais son air dur et distant affirmait le contraire.

- Vous m'avez dérangé. J'espère que vous avez une bonne excuse pour ne pas être à la cantine et pour m'embêter avec vos vocalises de bas étage.

Il fallut encore quelques instants à l'italienne pour revenir parfaitement à la réalité et ainsi prendre conscience qu'elle se trouvait en face du médecin en chef, Donatien Elpida. Un grand nombre de rumeurs circulaient à son sujet, et elle était curieuse de savoir si elles étaient fondées ou non. Debout face à lui, elle ne détourna pas son oeil d'argent quand le regard presque d'or du médecin l'accrocha. A ses risques et périls, elle pourrait presque se perdre dans ses iris brillants. Mais ce n'était pas un scintillement bienveillant, on pouvait percevoir la dimension dangereuse de ce personnage. C'est peut-être pour cela qu'elle plongerait aisément à l'intérieur. Et puis, le danger était loin de l'effrayer. Elle-même, n'était-elle pas un monstre? Consciente de prendre du temps pour répondre, Amalia se décida à prononcer quelques mots à son interlocuteur.

-Je vous prie de m'excuser monsieur Elpida, je n'avais pas vu que vous étiez déjà là.

Elle omit volontairement le passage de la cantine. Certes elle avait mangé et donc n'avait pas totalement enfreint le règlement, mais elle était partie bien plus tôt que les autres patients de la salle. Elle passa aussi sur le ton irrespectueux du docteur, après tout elle n'était qu'une patiente parmi tant d'autres, et elle connaissait le sens du mot "hiérarchie" bien qu'elle haïsse le principe.
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Dim 17 Sep - 18:24


Who's the Worst?


La demoiselle ne lui répondit pas de suite, et Donatien s'habitua au silence confortable. Il en oublia même qu'il attendait, éventuellement, une réponse à sa remarque. Mais, étonnement, la patiente l'intriguait. C'était un fait rare car très peu de personnes méritaient son attention. Ce nombre se comptait sur les doigts d'une main. La personne la plus intéressante à ses yeux étant lui-même.
De plus il en avait croisé des personnes atypiques dans sa vie. Entre ses camarades de collège qui trouvaient amusant de se remplir les poumons de goudron plutôt que d'oxygène - de sacrés phénomènes que Donatien n'avait toujours pas compris -, et puis ses soit-disant amis de lycée qui étaient passés au stade supérieur, parce qu'apparemment c'était amusant de vomir un trop plein d'alcool à huit heures du matin, et désormais les patients. Alors il en avait vu, des spécimens, le médecin en chef. Pourquoi cette demoiselle méritait son attention?
Ce n'était pas son cache-œil ou sa légère ressemblance avec Lys. Qu'est-ce que ça pouvait bien être?

- Je vous prie de m'excuser monsieur Elpida, je n'avais pas vu que vous étiez déjà là.

Oh, et elle était respectueuse, en plus de cela.
Peut-être que c'était ça, ce qu'il appréciait déjà chez elle. Elle savait où était sa place, elle prenait le temps avant de parler, et elle le regardait comme si elle savait. Comme si elle savait qui il était, et comme si elle aimait ça. Sinon, elle aurait déjà fui, ou elle aurait baissé le regard...
Il mettait enfin le doigt sur ce qui l'intriguait! La demoiselle était la seule patiente qui ne baissait pas les yeux pour lui adresser la parole. D'ordinaire il aurait prit cela pour de l'insolence - nombreux patients l'avaient déjà été alors il reconnaissait l'irrespect - mais la politesse qu'elle avait employée empêchait Donatien de penser d'elle en de mauvais termes.
Elle avait l'air pâle. Presque translucide grâce aux rayons diurnes. Il voulait la voir de plus près pour mieux l'étudier.
Il leva lentement le bras, replia ses doigts, excepté l'index qu'il articula vers lui à plusieurs reprises, faisant signe à la noiraude de s'approcher.

- Quel est ton nom?

Par nom, il entendait numéro. C'était évident pour lui que le prénom d'un patient était forcément son numéro, c'était son identité, celle qui lui avait donné l'Institut - excepté pour son Lys qui avait écopé d'un joli surnom.



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B100
Ven 22 Sep - 15:17
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Donatien
Who's the worst?
Surprenant Amalia par son attitude, le médecin ne semblait pas se formaliser de la longue venue d'une réponse. Tous les adultes qu'elle avait croisé durant sa (courte) vie aurait été irascibles devant son examen minutieux et, de fait, insistant, qui mettait mal à l'aise. Sans compter une lente réactivité pendant qu'elle observait attentivement son interlocuteur. Enfin, heureusement pour elle, elle n'aurait pas à subir les foudres de Donatien. Pour l'instant. Bien qu'il semblait légèrement intrigué par la patiente qui pourtant, à part sa capacité mais c'était classique dans ce lieu, n'avait rien de spécial. Sauf quand on s'intéressait à son caractère éventuellement. La brune prit la décision de ne pas se faire un adversaire du médecin en chef, c'était trop dangereux de le provoquer. Elle risquerait peut-être l'asile, qui avait récemment ouvert. Enfin, cet évènement ne l'avait pas intéressée outre mesure mais peut-être aurait-elle dû.

- Quel est ton nom?

Donatien lui fit signe de s'approcher en prononçant ces mots et, fronçant les sourcils car elle n'aimait pas "partager" son espace vital, elle esquissa tout de même deux ou trois pas vers l'homme, toujours adossé au tronc. Elle resta tout de même à environ un mètre de lui, pour son propre confort, bien que ce soit déjà trop proche à son goût. Généralement, une telle distance ne s'imposait pas mais,
en ce moment, Amalia voulait de la solitude. Elle n'avait déjà pas prévu de tomber sur le médecin en chef en personne et, en un sens,
cela ne la dérangeait pas, mais elle ne pensait pas qu'elle aurait à être vraiment proche physiquement. Et elle n'aimait pas être prise au dépourvu. Surtout avec sa question, qu'attendait-il par "nom"? Son nom de naissance, son surnom, qu'elle appréciait bien plus, ou son matricule? Elle avait d'ailleurs horreur de ce numéro car, si l'Institut en soi ne la dérangeait aucunement, elle se sentait comme un animal, une bête de foire, ou encore un esclave. Et donc ne pas être libre de sa personne. En soi, elle n'était pas libre de ses mouvements, mais elle avait au moins ses pensées, en tant qu'humaine (certes d'une inhumaine cruauté). Et ce matricule lui donnait une impression de prison mentale.

-Je suis Amalia Reano, ou B100 si vous préférez, répondit-elle froidement.
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Jeu 28 Sep - 19:16


Who's the Worst?


La noiraude s'était avancée. Donatien s'était tordu inutilement le cou pour mieux la voir s'approcher. L'angle de sa nuque était étrange, comme si ses os étaient mal placés. Mais cette position semblait confortable pour Donatien, nonchalamment à demi-allongé désormais, tout son maigre poids pesant sur ses coudes et ses avants-bras relevés. La tête presque à l'envers, il avait la sensation d'avoir une autre vision de la brune.
Tiens, elle n'avançait plus?
Il y avait un mur? Etait-elle bloquée? Ou était-elle trop impressionnée par Donatien pour oser le toucher? Il pouvait comprendre cette dernière question. Après tout, les fidèles étaient toujours respectueux envers leur Dieu, bien trop pour avoir le culot de respirer le même air qu'eux - si les Dieux respiraient.

-Je suis Amalia Reano, ou B100 si vous préférez.

Oh, elle était froide envers lui maintenant? Pourquoi tous les patients se comportaient ainsi quand Donatien leur rappelait leur identité? Il aurait été flatté, à leur place, d'hériter d'un nom donné par l'Institut. Lui, il devait porter un prénom qu'il n'avait pas choisi. Sa génitrice, cette petite lâche, et son géniteur qui était plus un directeur qu'un père, ayant eu le sadisme de choisir ce prénom en hommage au Marquis de Sade. Marquis étant à l'origine du terme "sadique". Donatien détestait ce prénom. Il n'était pas quelqu'un de sadique. Il se considérait même comme une très bonne personne et était persuadé de se retrouver au Paradis une fois mort, s'il n'y était pas déjà.
Quoiqu'il en soit, B100 se devait d'être reconnaissante que quelqu'un d'aussi bon que Donatien lui attribue un nom.
Bon, elle était tout de même toujours trop loin. Il ne pouvait pas l'observer comme il voulait le faire.
Il se renversa un peu plus en arrière, jusqu'à laisser son dos couler contre la terre meuble. Quelques nuages de poussières s'envolèrent. Le tissu blanc était sali.
Complètement allongé désormais, il fit signe de son index à B100 de s'approcher à nouveau. Pas besoin de gaspiller sa salive pour lui en donner l'ordre vocal. Le geste était assez clair.
Puis il se souvint qu'elle était certainement trop bonne pour oser venir trop près de lui.
Un sourire lui défigura le visage, ses lèvres blanches s'étirant jusqu'aux oreilles. Une mimique glaçante en soit. Ses pupilles noisettes, qu'on confondrait avec du doré, luisirent d'une étincelle joueuse. Il était touché qu'on soit intimidé face à lui.
A l'envers par rapport à elle, sa tête étant la partie de son corps famélique la plus proche des pieds de la demoiselles, il déplia son bras et saisit de ses doigts froids la cheville de B100 avant de tirer sèchement dessus pour la faire tomber.

- Ne sois pas timide, lui dit-il d'une voix grinçante.

Soudainement curieux, il se dit qu'il voulait voir ce qu'il y avait sous ce cache-oeil. Si cela était intéressant, peut-être qu'il s'y intéresserait de plus près.
Il ne cessa pas de lui tenir la cheville malgré la chute et se tapota le ventre de sa main libre:

- Viens ici.





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B100
Ven 29 Sep - 10:17
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Donatien
Who's the worst?
Amalia ne tiqua pas sur l'attitude étrange du médecin, que beaucoup auraient perçue comme dérangeante. Mais, étant elle-même malsaine, elle n'y prêta pas attention plus que nécessaire. Et puis, elle n'allait pas juger un personnage aussi important de l'Institut Espoir. Elle devina qu'il ne comprenait pas sa froideur en prononçant son matricule. Cet homme se fichait-il donc de l'importance d'une identité pour une personne? Pourtant, la sienne lui allait comme un gant, d'après les très nombreux bruits de couloir. Le Marquis de Sade... Elle aimait bien cet homme,
elle avait lu quelques uns de ses ouvrages et elle s'était retrouvée dans certains passages, avec sa capacité si violente. Et tout à fait adaptée au sadisme. Mais elle, elle aimait sa première identité, on ne soupçonnait pas qu'une telle cruauté se cachait sous ce nom, "Amalia". Et pourtant, ce n'est pas pour rien qu'elle se nommait elle-même Nightmare. Mais B100, c'était sans âme, une suite de lettre et chiffres banale, inintéressante. Elle n'aimait pas, mais cet homme, à la tête de cette structure, ne comprendrait certainement pas.
Elle regrettait le manque de compréhension, même si elle n'était que très limitée, de la majorité des responsables ici.

Le blanc semblait attendre davantage de la brune. Pour elle, elle était déjà beaucoup trop près. De base, elle voulait de la solitude,
et lui paraissait chercher la même chose, avant qu'ils ne se rencontrent. C'était son espace vital, elle ne souhaitait absolument pas le partager avec un tel personnage. Lui devait se dire la même chose, il devait considérer les patients comme des insectes, donc pourquoi vouloir avoir quelque chose en commun avec eux? C'était incompréhensible, et Amalia ne voulait pas faire d'efforts dans le cas présent.
Lui n'en faisait pas, pourquoi devrait-elle se forcer? Le respect devait être mutuel, et pas dû à cause d'un statut. Elle croisa les bras,
avec un air revêche. Son oeil gris suivit sans émotions le changement de position d'Elpida. Elle avait l'impression d'être puissante,
à être au-dessus de lui comme cela. Mais elle savait que ce n'était pas le cas, et ça la révoltait qu'un homme comme lui ait droit de vie et de mort, ou presque, sur sa personne. Sa liberté lui était trop importante, et elle devait la remettre entre les mains d'un tiers. Horripilant. Au signe de Donatien, elle s'approcha de deux pas supplémentaires, d'abord par respect et pour sa propre bulle. Mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui tire la cheville afin de la faire tomber.

- Ne sois pas timide.

Sa voix accordée au sourire grimaçant déformant son visage et ses doigts glacés et faméliques ne gênaient en rien, mais il l'avait obligée physiquement à faire quelque chose, tout en lui faisant perdre sa supériorité dans sa stature, la faisant passer de debout à assise. Avec un regard furieux, elle épousseta son uniforme, réarrangea sa chevelure dans son dos et devant son oeil caché, avant de croiser ses bras et ses jambes, en tailleur. Elle ne chercha cependant pas à se dégager de l'emprise du médecin en chef et resta à observer calmement l'individu. Si elle n'avait montré aucun signe de surprise précédemment, le geste de Donation l'interloqua, lorsqu'il se tapota le ventre.

- Viens ici, lui ordonna-t-il.

La brune releva légèrement le menton. La prenait-il pour un chien docile? Un ordre, passe encore, même s'il n'était pas certain qu'elle obéisse mais c'était supportable. Par contre, couplé à ce geste presque infantilisant ou animalisant, c'était dégradant. Mais il voulait qu'elle s'assoie sur lui? Soit, cela lui conférerait une supériorité physique, à nouveau. Amalia se leva et, d'un pas assuré, se retrouva face au docteur. Elle s'assit à nouveau, mais cette fois-ci sur l'abdomen de l'homme et étendit ses jambes, les croisant au niveau des chevilles et faisant encore de même avec ses bras. Elle ancra son oeil argenté dans le regard noisette de Donatien, regard qui aurait pu paraître chaleureux par sa couleur mais qui n'était que malsain, avec une étincelle particulière. Lui aussi était fou à lier, il était juste du bon côté de la barrière. Mais il n'était pas plus légitime qu'elle à diriger cet Institut, si ce n'est l'âge, mais est-ce à prendre en compte quand le cerveau est malade? Elle répondit aussi sèchement qu'il était irrespectueux :

-Ce n'est pas de la timidité, je n'avais juste pas envie de voir quelqu'un, et surtout je ne pensais pas croiser quelqu'un ici, par une chaleur que personne ne semble supporter dans cet Institut.

Elle banalisait donc la présence d'une personne aussi importante de l'île, presque en le méprisant. Toujours dans sa quête de solitude,
le regard d'Amalia dévia à nouveau et se perdit dans le vague du paysage désolé de la forêt brûlée.
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Ven 6 Oct - 9:24


Who's the Worst?


B100 étaient venue s'asseoir sur lui. Gentille fille. Donatien lui aurait presque tapoté la tête.
Elle n'était même pas gênante. Si une plume s'était déposée sur son ventre, ça aurait eut le même impact.
Est-ce que d'ici il pouvait mieux voir sa peau? Peut-être, mais ça ne suffisait pas. Il plissa les paupières et releva un peu la tête mais sa vision n'était toujours pas parfaite. Il mit un temps à comprendre que c'était parce qu'il était aveuglé par la puissance lumineuse du soleil. Quel petit con celui-là. Si Donatien avait pu, il l'aurait puni. Il détestait cette foutue chaleur. Cela lui donnait encore plus envie de se dévêtir. Son corps nu aurait été un cadeau à autrui, cela aurait permis de montrer aux imbéciles à quoi ressemble la véritable beauté. Mais apparemment, ce n'était pas éthique.


-Ce n'est pas de la timidité, je n'avais juste pas envie de voir quelqu'un, et surtout je ne pensais pas croiser quelqu'un ici, par une chaleur que personne ne semble supporter dans cet Institut.


Si B100 avait sèche, Donatien ne le sut pas. Il n'arrivait pas à identifier les différents tons de voix. A part l'insolence de l'obéissance, mais en général il ne percevait pas les sarcasmes, les blagues ou les paroles dures.
Par contre pourquoi parlait-elle de timidité? Il fronça ses fins sourcils sur son front en sueur avant de les relever. Oui, il lui avait dit plus tôt de ne pas être timide. Avait-il vraiment oublié?
Il rejeta la tête en arrière et éclata de rire. C'était un son grave, caverneux, et étrangement lent pour un fou rire. Les yeux fermés, ses mèches blanchâtres tombant dans la neige grise, et les joues rouges, quelle allure pouvait-il bien avoir? Presque cambré, une personne extérieure n'aurait certainement rien compris à la situation. D'ailleurs, lui-même réalisa plus tard que son hilarité était survenue sans raison. Enfin si, il riait de lui-même, de lui qui oubliait ses propres mots.
Et tout en explosant ainsi, Donatien se releva sur les coudes. Ses épaules se secouaient tandis que sa tête tombait en avant. Et puis il tira à nouveau sur la cheville de B100 - décidément, c'était un bon endroit - pour qu'elle glisse un peu sur le côté, prenant moins de place sur le corps du médecin afin qu'il puisse se mouvoir sans gêne. Puis il fit basculer leur deux corps de façon à se retrouver au dessus d'elle. Son visage proche du sien, rouge d'hilarité et aussi à cause de la chaleur.
Le renversement avait été maladroit alors même s'il était au dessus d'elle, ses jambes s'emmêlaient bizarrement avec celle de la noiraude, et il était légèrement décalé par rapport à elle. Mais il ne s'en rendait pas compte, et il s'en fichait.
Finalement il se pinça les lèvres et son visage fut aussitôt refroidi. On n'aurait jamais pu croire qu'il était parti dans une crise d'hilarité quelques secondes auparavant. Il toisa durement la demoiselle. Parce que sa chevelure ressemblait à celle de Lys, il en attrapa une mèche qu'il apporta près de son nez. Il respira son odeur. Ce n'était pas la même.

- Si vous avez chaud...

Il hésita un instant. Pouvait-il vraiment demander ça?
Puis il se souvint de qui il était et à quel point il se fichait de ce qu'était les règles de bienséance.

- ... Vous n'avez qu'à vous déshabiller.


Ainsi, il pourrait mieux la comparer à Lys. Chercher leurs ressemblances. Leurs différences. Ce serait amusant.





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B100
Ven 6 Oct - 10:33
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Donatien
Who's the worst?
Amalia avait vraiment l'impression d'être un animal docile. Chacun de ses termes séparés ne lui convenait pas, alors les deux ensemble, pour la qualifier, c'était inconcevable. Elle se jura que, si Donatien faisait une remarque ou lui tapotait le crâne, elle l'étranglait. Mais heureusement pour lui, il n'en fit rien, même si elle ne connaissait pas le fond de sa pensée, et n'avait aucune envie de le connaître. De toute façon, elle le saurait bien assez tôt. Le médecin en chef semblait installé inconfortablement, puisqu'il releva légèrement le torse, comme pour mieux observer la patiente,
mais cela ne paraissait pas lui aller, et Amalia ne comptait pas lui simplifier la tache en se levant ou se décalant. Il plissa les yeux. Etait-ce à cause de son comportement? Ou du contre-jour? Cette dernière solution était plus probable, après tout elle ne faisait qu'exécuter, de mauvaise grâce, ce qu'il lui demandait.

Il ne réagit pas au ton cassant de la brune, ce qui était étonnant, lui qui semblait tant attaché à la notion d'obéissance aveugle, à la limite de l'adoration. N'avait-il pas perçu l'insolence dans les mots d'Amalia? Apparemment non, ce qui lui montrait qu'elle pouvait éventuellement en profiter. Et elle n'allait pas se gêner, pour une fois qu'elle pouvait sans qu'on ne lui dise rien, faute de compréhension. Un sourire en coin, qui aurait paru inquiétant pour n'importe qui, apparut brièvement sur ses lèvres carmin, avant de disparaître aussitôt. Pour l'instant, elle ne connaissait rien de Donatien et elle ne devait pas lui donner d'éléments pouvant être utilisés contre elle. En entendant le rie lent mais incontrôlé et incontrôlable du blanc, elle posa son regard argenté sur son visage tout en levant un sourcil. Qu'est-ce qui était si amusant, avait-il finalement compris le sarcasme? Peu probable, il devait ne rien avoir à faire des sentiments des autres. En ce sens-là, ils se ressemblaient un peu. Sans compter leurs comportements, qui étaient étranges aux yeux des autres, et leur esprit totalement dérangé. Le rire, même fou, le rendait plus humain, teintant ses joues d'un léger voile rouge.
Elle l'observa se redresser sans rien dire, se remettant de son hilarité, et grogna lorsqu'il tira à nouveau sa cheville. Si son articulation était démise à la fin de la journée, elle l'en tiendrait pour responsable. Le visage de Donatien se referma d'un coup, ses lèvres à nouveau scellé en un rictus neutre voire méprisant. Par contre, elle ne laissa aucun son passer sa gorge quand il la renversa sur le sol,
passant au-dessus d'elle. Amalia fronça très légèrement les sourcils quand il attrapa une de ses mèches de cheveux et la porta à son visage. Que voulait-il faire en les sentant? Elle ne comprenait pas, et elle avait horreur d'être perdue ainsi.

- Si vous avez chaud...

Amalia remarqua l'hésitation du médecin. Que pouvait bien signifier cet arrêt, de la gêne? De l'interrogation? Elle se doutait de la suite et, personnellemment, elle ne voyait absolument pas le problème qu'engendrait une telle demande. A part peut-être une scène étrange pour les gens extérieurs, mais ça elle n'en avait même pas conscience. Il reprit finalement :

- ....Vous n'avez qu'à vous déshabiller.

En fait, ces mots ressemblaient plus à un ordre qu'à un conseil ou une demande. L'italienne croisa les bras et haussa un sourcil moqueur, un sourire en coin se dessinant sur son visage.

-Est-ce un ordre ou une demande?

Mais, avant même qu'il réponde, car elle savait que c'en était un, elle déboutonna le chemisier blanc lentement, en regardant Donatien dans les yeux. Ces mots tombaient vraiment à pic, la proximité commençait à lui faire ressentir la chaleur de manière désagréable.
Le tissu immaculé laissa apparaître un sous-vêtement noir, comme à son habitude. Elle croisa à nouveau ses bras sur sa poitrine.
Avait-elle besoin d'enlever le bas aussi?
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Dim 8 Oct - 0:10


Who's the Worst?


Pourquoi est-ce que la demoiselle haussait-elle un sourcil ? Donatien voyait souvent cette expression sur les gens, et c'était en général suivi d'un drôle de rictus. Ce dernier ne manquait pas à l'expression de la noiraude. Était-elle perplexe face à sa demande? Il n'y avait pas de raison ; il faisait chaud, il était normal d'avoir envie de se déshabiller n'est-ce pas?

-Est-ce un ordre ou une demande?

Oh, donc c'était vraiment un air interrogatif. Elle ne saisissait pas cette situation. Elle n'avait pas l'air stupide pourtant. A nouveau, peut-être que Donatien l'intimidait beaucoup trop pour qu'elle puisse réfléchir convenablement. Il devait certainement lui brûler le cerveau, la pauvre.
Néanmoins, elle déboutonna sa chemise. Ses gestes étaient si lents que Donatien pouvait les suivre sans se presser. Il appréciait le fait qu'elle prenne son temps, c'était bien plus reposant. Elle laissa alors apparaître une peau pâle, peut-être translucide. Donatien fit glisser son index glacé sur le ventre fiévreux et transpirant de l'adolescente. Il arrêta sa descente à la lisière de son bas, chatouillant l'élastique du pantalon. Lys était blanche de peau, elle aussi. Pas un petit teint rose, non, c'était la couleur des poupées de porcelaine. C'était le cas de sa toute nouvelle patiente également. Donatien était-il fétichiste des peaux pâles?
Il eut un petit sourire à cette idée. Puis il fit remonter son index, heurtant l'armature du soutien-gorge de B100. Pourquoi en portait-elle un ? Cela devait être gênant. Peut-être que ça lui bloquait même la respiration. Ne se sentait-elle donc pas oppressée ?

-Tu peux le retirer, dit-il tout bas.

Elle n'était pas obligée, il disait ça pour son confort. Il se fichait pas mal de voir la poitrine d'une dame. Sa remarque n'était donc pas lubrique, malgré ce qu'on aurait pu penser.
Puis son doigt poursuivit son ascension et posa son empreinte sur sa nuque, près de sa jugulaire. Le médecin se pencha alors en avant pour mieux observer la montée de sang dans les veines. Son souffle chaud se déposait sur l'épiderme de l'adolescente tant ils étaient proches. Ses mèches blanches tombaient malgré le catogan sur le menton de la demoiselle et les pupilles dorées du médecin se focalisaient sur le cou de la noiraude. Concentré, on aurait pu dire de lui qu'il était enfin un médecin focalisé sur une recherche.
Ici, sur la gauche, une trace bleue, veine palpitante sous la chair. Donatien la dessina du bout du doigt, fasciné. Il aurait aimé la trancher, parce qu'il savait que contrairement aux poignets, ou aux cuisses, le sang giclait plus facilement. Et il aimait ça.
Ses pupilles se dilatèrent subitement, jusqu'à presque disparaître, à cette pensée. Son dos tremblait légèrement. Oh, maintenant qu'il y pensait, il avait envie de voir le sang de B100.
Confiné dans sa bulle, incapable de se sortir cette idée de la tête, il glissa sa main inutilisée dans la poche arrière de son pantalon et en sortit un couteau suisse. Il le fit sans le regarder, toujours passionné par les palpitations sous la chair de la noiraude. Il déplia l'objet à l'aveugle, mettant en évidence la lame d'un petit couteau.
Oh, si B100 se laissait faire, il dormirait bien cette nuit.



Hors RP:
Dodo ne va pas tuer Almalia ou quoi, je te rassure x) Mais il est capable d'aller dans les extrêmes donc n'hésite pas à me stopper s'il le faut.


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B100
Lun 23 Oct - 12:55
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Donatien
Who's the worst?
Amalia soupira intérieurement. Comment ne pouvait-on pas percevoir l'ironie? La vie de Donatien devait être bien triste, surtout qu'il ne devait jamais en faire! Sans compter qu'elle transparaissait clairement dans ses mots et sur ses traits. Ou alors, peut-être qu'il ne voulait pas voir le manque de respect chez quelqu'un d'autre, car il était bien trop orgueilleux et égocentrique. Probable aussi, si elle croyait ses rares patients et les nombreuses rumeurs qui fourmillaient dans l'Institut à son sujet. Elle retint un énième soupir, elle savait qu'il le prenait pour une idiote et, s'il la connaissait, il savait que ce n'était pas le cas et de loin. Elle était juste joueuse et moqueuse. La brune ne quitta pas le visage de Donatien des yeux, pendant que lui parcourait du regard le torse qui se découvrait lentement sous lui. Elle avait croisé les bras après avoir fini de déboutonner son chemisier mais se vit obligée de les étendre le long de son corps lorsque le médecin posa un doigt froid et assuré au niveau de son diaphragme, parcourant la peau pâle de la jeune femme jusqu'à l'armature de son soutien-gorge. Il ne semblait pas comprendre l'utilité de cet objet, était-il réellement si intelligent que les rumeurs le laissait entendre? Amalia en était déçue, elle n'aimait pas le manque de réactivité ou les questions idiotes du style "à quoi sert un soutien-gorge". Surtout que, dans ce cas, le nom indique la fonction du vêtement.

-Tu peux le retirer, finit-il par prononcer à voix basse.

Amalia haussa un sourcil. Quel intérêt avait-il à ce qu'elle enlève son soutien-gorge? Cela ne la gênait pas de le retirer, elle n'était pas pudique, mais pour une fois celui qu'elle portait ne le sciait pas les côtes et était relativement confortable.

-Il ne me gêne pas.

Et elle croisa à nouveau les bras, bien décidée à ne pas le retirer. La brune avait la désagréable sensation de ne rien contrôler, pas même le sens que prenait la discussion. La hiérarchie n'y était pour rien, par exemple avec son médecin, c'était Amalia qui dirigeait le dialogue. Mais contre Donatien, il lui était impossible d'avoir une prise sur les sujets abordés. Son regard se fit plus sombre, passant d'un bel argenté à un gris foncé, presque noir. Avec cette position et cette phrase plus qu'ambiguës, n'importe quelle fille aurait pris Donation pour un pervers psychopathe, mais elle se doutait qu'il n'avait juste rien à faire de la décence, se considérant comme le seul maître de l'île. Un léger frisson parcourut sa colonne vertébrale lorsqu'elle sentit le doigt du médecin dans son cou, soit un des endroits les plus sensibles de son corps. Elle retint un soupir de contentement, cela faisait longtemps que personne n'avait ne serait-ce que frôler la peau de sa nuque. Par réflexe, ses yeux se fermèrent quand le souffle de Donatien suivit le chemin emprunté par son index quelques instants plus tôt. Tout son corps semblait électrisé par ce simple contact le long d'une de ses veines, qu'il semblait prendre un malin plaisir à caresser lentement, du bout des doigts. Une torture encore plus pernicieuse que les autres, selon Amalia. Elle sentit l'homme trembler légèrement au-dessus d'elle, mais ne réagit pas immédiatement. Bien que cela soit étrange, car il était impossible que ce soit à cause du léger vent qui s'était finalement levé, à peine suffisant pour refroidir la lourde atmosphère qui régnait.

La jeune patiente ne rouvrit les yeux qu'en entendant un claquement sec qui résonna dans l'air et dans son esprit. Elle observa rapidement le visage, devenu dément, de Donatien, tandis que le cliquetis ne s'arrêtait pas. Elle posa finalement son regard sur le bruyant objet et quelle ne fut pas sa surprise de découvrir une lame de quelques centimètres qui brillait sous les rayons violents du Soleil. Elle prit immédiatement conscience du danger dans lequel elle se trouvait. Certes, elle aimait infliger la douleur mais la subir lui était hors de question. Son unique oeil visible se fit instantanément encore plus dur qu'il ne l'était déjà, bien qu'une légère panique étirait ses traits. Amalia se démenait sous le corps du médecin en chef pour fuir sa poigne et le couteau qu'il approchait de sa jugulaire, mais rien n'y faisait, elle était trop faible à cause des repas frugaux et des quelques mauvais traitements qu'elle subissait. Ou de sa trop régulière utilisation de sa capacité, qui était épuisante à la longue. Toujours est-il que la brune était toujours coincée par le poids de Donatien, allongé de tout son long sur la patiente. Elle n'était pas en mesure de lutter et redoutait la morsure du métal sur sa peau, qui ferait perler son sang dans sa nuque.


Hors RP:
J'espère bien qu'il ne va pas la tuer!x) t'inquiète, ça ne me dérange pas que ce soit extrême, c'est "amusant"
à écrire (et dire ça comme ça me donne l'air d'une psychopathe ups)
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Jeu 2 Nov - 14:05


Who's the Worst?


La demoiselle gigotait sous la poigne de Donatien. Ce dernier ne sut comment interpréter ses mouvements. Est-ce qu'elle était mal installée ? Il était vrai que le tapis de cendres n'était pas des plus agréable et il imaginait sans mal les quelques cailloux agresser le dos de l'adolescente. Il aurait été plus confortable d'être dans une salle de soins. Mais Donatien aurait dû faire une demande pour expliquer une séance avec quelqu'un qui n'était pas sa patiente et en dehors des horaires habituels. Ou alors il s'en fichait parce qu'il était le chef ?
Non, il valait mieux montrer l'exemple aux autres médecins.
Bon sang ce que la paperasse était pénible. Tant pis, tout ceci se ferait dans l'illégalité. Donatien avait besoin de ça. Les cernes creusaient ses yeux, la fatigue s'était transformée en migraine et lui irradiait le crâne. Il devait absolument exploser la noirceur qu'il avait au fond de lui. Et il n'y avait rien de mieux que quelques giclées de sang pour cela. Voir la souffrance d'autrui.
Donatien se releva lentement, toujours au dessus de B100, assis sur le bassin de la noiraude, et ôta sa chemise déjà déboutonnée. Il prit soin de plier le tissu et, une fois fait, saisit délicatement B100 par la nuque afin de la relever légèrement et de déposer la chemise pliée sous sa tête, tel un oreiller. Peut-être que ce serait plus confortable pour elle désormais et qu'elle arrêtait de remuer.

- Fais attention, si tu continues de bouger je ne pourrais pas être précis, et cela pourrait t'être fatal, la mit-il en garde.

Et il était hors de question de tuer une patiente. Surtout qu'elle reposait sur sa chemise et le sang, de base, était déjà difficile à nettoyer, alors si en plus c'était sur du blanc...
Puis il glissa en arrière afin d'avoir une meilleure vue sur le ventre plat de sa patiente improvisée et traça une longue ligne écarlate, démarrant aux niveaux des côtes, contournant doucement le nombril et s'arrêtant à la frontière du bas ventre. Il n'avait pas trop appuyé afin qu'un flot d'hémoglobines n'inonde pas la peau de la brune. Le but était de la faire souffrir, pas de la vider de son sang. Et c'est la raison pour laquelle Donatien n'avait pas quitté des yeux le visage de la demoiselle le temps de lui dessiner cette jolie ligne rouge. Lui, dont l'impassibilité cacher une forte émotion, désirait la voir gémir de douleur.



Hors RP:
J'étais persuadée de t'avoir répondue ! Désolée si j'ai trop tardé ><


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B100
Lun 6 Nov - 0:24
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Donatien
Who's the worst?
Amalia arrêta finalement de se débattre comme un beau diable, voyant que cela ne servait à rien et foudroya Donatien de son regard de glace. Elle croisa à nouveau les bras, dans une posture à la fois de défi et de protection, bien que cette dernière ne soit d'une piètre efficacité. Il semblait avoir été surpris par les mouvements brusques de la jeune femme et s'était stoppé, le couteau toujours dans sa main. Une réflexion intense avait lieu sous son crâne et elle savait très bien que cela n'allait pas lui être agréable. Cherchait-il comment la faire souffrir au maximum? Dans ce cas plus d'instruments lui seraient nécessaires et, à l'extérieur, il n'y avait pas accès. Ils devraient donc retourner à l'intérieur des bâtiments et cela lui laisserait un peu de répit. Malheureusement pour elle, son raisonnement se révéla rapidement être faux, puisque le médecin acheva d'enlever sa chemise, dévoilant son torse pâle et presque famélique et plia le tissu de telle sorte à créer une sorte de coussin. D'un geste étonnamment doux, il lui releva la tête et installa le vêtement sous la chevelure brune. Interloquée, elle le regarda sans comprendre. Ce n'était pas du tout dans ses plans et elle détestait l'imprévu quand c'était à son désavantage.

-Fais attention, si tu continues de bouger je ne pourrais pas être précis, et cela pourrait t'être fatal.

Il avait déclaré cet avertissement avec un ton neutre, presque froid, comme si cette situation était tout à fait banale. Pour lui, peut-être, mais pour Amalia, c'était toutes ses habitudes qui étaient bousculées et, comme un chat, elle tenait à sa routine, et se faire torturer n'en faisait absolument pas partie. Son masque agacé ne quitta pas son visage et ses bras restèrent toujours scotchés à sa poitrine tandis que Donatien reculait pour mieux accéder à son corps. Le métal froid mordit la peau d'albâtre de l'italienne, la main du médecin traçant une grande arabesque écarlate sur son ventre. Elle ne décrocha pas son oeil du regard doré qui la fixait, la colère déformant ses traits. Non, elle ne lui ferait pas le plaisir de manifester sa douleur, que ce soit oralement ou physiquement. Mais, par réflexe, ses doigts exerçaient une pression légèrement plus fortes sur ses avant-bras, pour le moment de manière imperceptible.

-Vous allez salir votre chemise, avec la terre et la cendre qu'il y a par terre. Sans compter le sang.

Oui, elle avait mal et oui, ce n'était pas du tout habituel. Par contre, il lui était évident que rien ne devait le montrer, y compris sa voix où ne logeait aucun tremblement susceptible de satisfaire la pulsion sadique de Donatien. Elle sentait le sang s'écouler doucement hors de la fine plaie, tâchant sa peau le long de ses côtes jusqu'à s'écraser en une goutte au sol. La tension était tellement palpable que cette simple goutte avait résonné comme un coup de timbale dans l'esprit d'Amalia. Cette dernière décida de faire sortir son corps de la léthargie que commençait à créer les endorphines et releva sa jambe contre son ventre, décochant un coup de pied dans le torse du médecin avant de se relever. La perte d'hémoglobine était trop faible pour lui faire perdre ses forces et sa conscience, heureusement.

-C'est vous qui devrait être soigné ici, les patients 0 seraient sûrement ravis de vous accueillir.

Et surtout de faire la peau au responsable de tous leurs malheurs.


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Aucun souci t'inquiète Wink
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Sam 11 Nov - 15:38


Who's the Worst?


Donatien s'était figé, son corps comme construit dans la glace, une glace qui ne fondait pas malgré le soleil cuisant. Il entendait les mots de B100 en boucle. Vous allez salir votre chemise. Vous allez salir votre chemise. Vous allez salir votre chemise. Vous allez salir votre chemise. Vous allez salir votre chemise. Vous allez salir votre chemise. Vous allez salir votre chemise.
Même lorsque la noiraude le poussa, même lorsqu'il tomba doucement en arrière, les fesses sur le sol, un nuage de cendres l'enveloppant, même lorsqu'elle se leva, même lorsqu'elle s'exprima. Vous allez salir votre chemise.
Pourquoi employer le passé ? Elle était déjà sale.
Donatien, sous le choc, tendit le bras. Il avait la chair de poule. Il transpirait. Lui. Lui Donatien Elpida était humide. Lui qui avait l'épiderme d'un vampire en hibernation. Lui qui prenait trop de douches, tant pis pour l'écologie. Lui dont l'apparence comptait plus que tout. Il transpirait.
Et sa chemise était sale.
Vous allez salir votre chemise.
Vous allez
salir
votre chemise.

Il attrapa le tissu du bout des doigts et le leva pour constater les dégâts. Le blanc était gris. Un peu marron. Le blanc. Plus blanc. Cassé. Blanc cassé. Blanc gris. Pureté anthracite.
Vous allez salir votre chemise. Vous allez salir votre chemise.  Vous allez salir votre chemise.
Recroquevillé, les os de ses épaules se dessinant sous sa chair, il avait l'air d'un adolescent subissant sa première peine de cœur. Ou venant de perdre un proche. Les veines sur sa peau n'étaient pas là pour le faire vivre puisqu'elles représentaient ses fêlures.
Vous allez salir votre chemise.
Pourquoi est-ce qu'il entendait cette voix ? A qui appartenait-elle ?
Avec la terre et la cendre qu'il y a par terre. Sans compter le sang.
Pas besoin d'enfoncer le couteau dans la plaie.
Salir votre terre et la cendre qu'il y a sur la chemise. Sans compter le sang. Salir votre sang qu'il a par terre. Sans compter sur la cendre.
Les mots se mélangeaient. Qui lui disait ça ? A qui appartenait cette voix?
Il tourna le visage. Il y avait là des jambes. En escaladant le regard, il y avait un ligne rouge sur un ventre pâle. Et de l'encre. Non, des cheveux. Fuligineux. C'était elle. Elle qui avait osé reposer sur sa chemise.
Donatien se releva. Il ne tremblait plus mais une partie de son corps sursautait parfois sans qu'il ne le contrôle. Lorsqu'il fut debout, son épaule droite se secoua un quart de seconde.
Puis Donatien, avec des gestes précis et calmes, ponctués par un tremblement dans la jambe, leva le bras gauche de l'adolescente. Il détestait toucher les autres. Il fit glisser le tissu sur la peau de la jeune fille. Ainsi, il lui enfilait sa chemise. Et comme une mère trop protectrice, il prit le temps de tout boutonner. Le tissu était trop ample pour la demoiselle, il l'était déjà pour Donatien.
Vous allez salir...
Qu'importe.
Il allait mieux maintenant. Ce blanc tâché ne lui appartenait plus. C'était cette patiente qui était souillée désormais.
Il écarta un sourire sans dévoiler aucune dent alors que le coin de ses lèvres aurait pu atteindre ses oreilles. Son corps et son cœur allait mieux.
Oui, tout va bien.



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Un peu spécial comme réponse, mais Dodo n'est pas bavard et voilà ... Amalia l'a rendu un peu dingue x) J'espère que ça te va quand même sinon je peux essayer de modifier


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B100
Sam 11 Nov - 17:15
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Donatien
Who's the worst?
Surplombant l'homme de toute sa hauteur et sa fierté, le menton légèrement relevé, Amalia ne comprenait pas. Il n'avait pas cherché à l'empêcher de se lever, n'avait pas riposté, n'avait pas crié de rage ou de surprise, n'avait pas essayé de l'immobiliser à nouveau. Un trouble semblait grandir à l'intérieur de lui, si l'on en croyait la chair de poule et la fine pellicule de sueur qui couvraient sa peau blanche. Même lui en paraissait surpris, lorsqu'il leva lentement le bras. Comme un automate cassé ou un pantin qui amusait grossièrement un enfant aux gestes imprécis. Donatien était tombé sans aucune élégance, lui qui accordait toute son importance à l'image qu'il renvoyait dans les yeux des patients.

D'un geste fébrile, son bras s'agitant sous une pression invisible, le médecin toucha et palpa le tissu de sa chemise, comme pour en examiner l'ancienne couleur blanche, dorénavant recouverte par une couche de poussière à la fois grise, à cause des cendres, et marron, celui de la terre soulevée. L'italienne avait de nouveau adopté une expression à la fois dédaigneuse tout en cherchant à comprendre la situation car elle n'aimait pas que cela lui échappe. Pourquoi Donatien était recroquevillé, en position foetale, comme un enfant boudeur ou traumatisé? Dans le cas présent, elle estimait être plus légitime pour s'apitoyer sur son sort, bien que ce ne soit pas son genre, que le dirigeant de l'Institut, un homme aux pulsions sadiques et à l'attitude plus que malsaine. Sans aucun état d'âme ni empathie, Amalia observa l'adulte enroulé sur lui-même, rendant les os de ses omoplates encore plus saillants que précédemment, alors qu'ils étaient déjà particulièrement visibles. Il leva finalement la tête vers elle, son regard doré éteint remontant le long de ses jambes puis de son ventre balafré et enfin, leurs yeux se croisèrent à nouveau. Donatien paraissait cassé, anéanti, et la brune ne voyait pas pourquoi. Ce n'était certainement pas des remords, cela serait arrivé bien plus tôt et avec ses patients habituels. Mais alors, pourquoi? Quels mots ou actes avaient été la cause de cette fissure dans le masque du médecin en chef?

Les bras croisés, la jeune femme le regarda se relever avec difficulté, sans aucune envie de lui tendre la main et de lui venir en aide. En même temps, qui aiderait celui qui vous a blessée? Personne n'est assez fou pour ça, pas même elle, ce qui est peu dire. S'il ne tremblait plus, des spasmes incontrôlables secouaient parfois un de ses membres ou son corps entier, comme si l'homme était devenu un robot défectueux, seulement bon pour la casse si on ne retrouvait pas le mécanisme capable de régler le problème. La chemise maculée de terre et de cendre dans la main gauche, Donatien prit le bras d'Amalia avec une infinie précaution et fit glisser le tissu sur sa peau d'albâtre. En temps normal, elle aurait déjà repoussé le médecin, par fierté : elle n'était plus une enfant et savait s'habiller seule depuis bien longtemps. Sans oublier qu'elle n'aimait pas vraiment le contact humain, surtout quand celui qui vous touchait avait des doigts aussi froids que la glace. Mais cette même fierté la faisait accepter, qui sur cette île pouvait se vanter d'avoir eu le médecin en chef "à ses pieds", la rhabillant comme une princesse? Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres tandis qu'elle relevait crâneusement le menton, étirant légèrement son cou. Quand il s'éloigna enfin, la patiente ne remarqua pas l'étrange étirement de sa bouche, trop occupée à retrousser les manches jusqu'à ses coudes pour paraître le moins ridicule possible. Que le tissu soit tâché lui importait peu, à la limite on croira qu'elle s'était battue, ce qui était presque vrai, et elle n'en ferait que plus peur aux autres. Elle n'essayait même plus d'analyser le comportement de Donatien, pour elle aussi, seule importait son apparence et son effet sur l'esprit des autres.


Hors RP:
Non non c'est parfait! J'adore la tournure que ça prend x)
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Sam 18 Nov - 17:25


Who's the Worst?


Donatien tournait le dos à B100, les yeux clos. Il écarta les bras et leva le menton vers le ciel. Il inspira profondément l'air impur de cette forêt brûlée, la lumière du soleil glissant sur sa chair. Oui, il allait mieux. D'ailleurs, n'était-ce pas la raison pour laquelle il était venu ici ? N'était-il pas venu chercher la paix?
Cette perte de contrôle l'avait aidé.
Non, il n'avait pas perdu le contrôle.
Les personnes saines comme lui ne perdaient jamais le contrôle.
Mais ça ne changeait rien à son état d'esprit.
Puis après de longues minutes, il finit pas lentement baisser les bras, tel un pantin qu'un marionnettiste laisserait tomber petit à petit. Puis il se tordit le cou, ne bougeant pas le reste de son corps, pour mieux voir la patiente. C'était étrange de la savoir dans sa chemise. A lui. C'était un privilège. Même si cette dernière ne représentait plus rien à ses yeux. Le souillé allait avec le souillé. Mais bon, il reconnut l'impertinence de la noiraude : elle avait osé relever les manches. Quoi? Elles ne lui plaisaient pas?
Une ligne rouge se dessinait lentement sur le tissu. Un regard là-dessus de temps à autre suffisait pour apaiser les tremblements irréguliers de Donatien.
Cette fois, il tourna complètement les talons pour faire face à l'adolescente. Il porta ses doigts froids aux manches retroussées et prit le temps de les abaisser. Il accrocha son regard étrangement taquin à celui de B100. Il avait le pouvoir. Même quand les objets ne lui appartenaient plus, il continuait à les maîtriser. Tant pis, il se laverait les mains.
D'une simple pression de l'index coincé entre les plis du tissu, il fit glisser la manche jusqu'au bout. Il ne fit pas de même avec la deuxième. C'était inutile. Pourquoi avait-il usé de son petit couteau tout à l'heure? Il y avait d'autres moyens de faire pression.
Puis il recula d'un pas, admirant le résultat. Puis, se souvenant du début de leur altercation, il s'abaissa pour ramasser son petit couteau, celui qui portait encore la marque du sang de la demoiselle. Il l'essuya sur la chemise qu'il avait attribué à la patiente et, une fois l'empreinte laissée, il ne se décala pas. A croire qu'à force de bouger ainsi, il se cherchait une place.

- J'espère que vous avez bien compris où vous étiez, mademoiselle B100. Je me suis occupée de votre ventre. La prochaine fois, je vous empêcherais de chanter.


Il sous-entendait bien sûr de lui ôter ses petites cordes vocales.
Par contre, pourquoi Donatien la menaçait-il ? Surtout qu'il se sentait mieux.
Et puis il ne la détestait pas, cette fille-la. Il avait même apprécié sa politesse au début de leur conversation, et le fait qu'elle l'ait laissé s'amuser. En fait, elle était juste là au mauvais endroit au mauvais moment. Mauvais endroit puisque sans ses arbres pour projeter des ombres, la canicule était à son paroxysme et le faisait suffoquer. Mauvais moment parce qu'il était exténué, qu'il avait mal à la tête et qu'il avait besoin de laisser s'évader les noirceurs qu'abritait son squelette.



Hors RP:
On approche de la fin, non ? Je crois que ce sont les dernières réponses de Dodo ^^' Mais j'ai pas envie d'arrêter de RP avec Amalia x)


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B100
Lun 20 Nov - 15:55
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Donatien
Who's the worst?
Alors qu'elle réajustait la chemise tâchée à sa convenance, les mouvements de Donatien attirèrent l'oeil d'Amalia. Les bras écartés, aussi blanc qu'une statue de marbre, il avait tout d'une idole innocente et protectrice. Alors qu'il était très loin de cette description angélique et idyllique, dans les faits. Sinon, il n'aurait pas dessiné sur la peau de la jeune femme avec la pointe de sa petite lame, traçant de grandes arabesques écarlates sur son ventre de porcelaine. Comme du sang sur la neige, une sorte de pureté souillée. Et, même si elle n'était pas innocente dans ce sens-là, il était étonnant que le médecin en chef ait brisé l'harmonie de sa pâleur avec cette pulsion impossible à refréner. Elle n'y prêta plus attention, continuant de mettre la chemise comme bon lui semblait. Dommage qu'elle ne soit pas plus serrée, comme la sienne. D'ailleurs, où était-elle? Elle chercha le tissu blanc des yeux et, l'ayant repéré, se pencha en avant gracieusement pour le récupérer. Se redressant, elle ramena sa longue chevelure en arrière et remonta les manches jusqu'à ses coudes à nouveau, car elles avaient glissé sur ses poignets.  

Donatien tordit sa nuque de manière presque inhumaine, tel un hibou ou autre volatile nocturne, observant la patiente qui mettait sa chemise à sa guise. Amalia considérait d'ailleurs que le vêtement était dorénavant à elle, ce qui touchait sa peau plus de quelques secondes lui appartenait. Après tout, le tissu s'imprégnait du sang de la noiraude et pas de celui de quelqu'un d'autre, c'était légitime de la considérer sienne. Le médecin ne sembla pas d'accord, s'approchant à grandes enjambées d'elle et abaissant les manches. L'italienne fronça les sourcils, comme en réponse à la taquinerie visible dans les prunelles de l'homme. Cela n'allait pas, rien ne collait avec le personnage qu'il se donnait ou qu'il était, elle ne savait pas encore quoi en penser. Sans rien dire, mais son regard se durcissant au fur et à mesure qu'il se reculait, elle se tendit. Tout son corps n'était plus qu'une flèche attendant d'être lancée. Et d'en avoir l'occasion surtout. Alors qu'il se baissait pour ramasser le couteau, la brune retroussa de nouveau la manche qu'il avait soigneusement dépliée, sans quitter des yeux le docteur et sans sourciller.

- J'espère que vous avez bien compris où vous étiez, mademoiselle B100. Je me suis occupée de votre ventre. La prochaine fois, je vous empêcherais de chanter, prononça-t-il calmement en essuyant le métal sur son ancien vêtement.

Les pupilles d'Amalia s'étrécirent d'un coup, lui donnant un air sauvage et dangereux. Certes, il avait été respectueux en l'appelant "mademoiselle". Mais elle ne supportait pas qu'on lui enlève son identité avec ce matricule infâme, homonyme de la soif qu'elle ressentait à présent, ni qu'on la menace de lui supprimer le peu de liberté restante. La musique était une grande part de sa vie et personne ne lui retirerait, le plus simple des rampants de cette île comme le médecin en chef. D'un bond, elle fit basculer Donatien sous son poids et grâce à l'élan, ses jambes agrippant sa taille dans une pose lascive. Avec rage, elle ôta son bandeau, dévoilant son oeil rouge brûlant de colère et emprisonna le visage du blanc dans ses mains aux doigts presque griffus, ses ongles se plantant dans le creux de sa nuque famélique. D'un air impérieux et écrasant son ventre, elle le força à la regarder dans les yeux, plongeant son oeil malade dans le regard fou du médecin, avec la claire intention de profiter de sa pathologie pour le faire souffrir un maximum. Sa hantise n'était certainement pas son passé, que se passerait-il donc dans l'esprit de sa future victime?

-Personne ne m'enlève ni mon nom, ni ma liberté, dit-elle finalement d'une voix déformée par la soif de violence, presque chuchotant.


Hors RP:
T'inquiète c'est pas fini, à son tour de jouer maintenant :p enfin ça vient d'être fini parce que Dodo ne va pas s'amuser à souffrir si? x) Moi non plus je veux pas arrêter j'aime trop torturer mes persos mouahaha
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Who's the Worst ?,ft.Amalia

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