Tout commence par une tasse de thé

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Mar 14 Nov - 23:20
5h45. Le réveil se mit à sonner. Une main tâtonna en dehors de la couverture pour l'éteindre. Agnès était déjà debout, juste emmitouflée dans sa couverture. Il faisait décidément bien trop froid depuis quelques jours le matin. Elle jeta un oeil à la fenêtre recouverte de buée. Bientôt cette buée deviendrait du givre. Elle n'avait vraiment pas choisi d'habiter ici pour le climat. Elle s'étira avant d'abandonner sa couverture à regrets. Une douche bien chaude s'imposait.
6h10. Agnès, enroulée dans sa serviette de bain dans une pièce qui ressemblait désormais plus à un hammam qu'à une salle de bain, essuya son miroir. Elle brossa ses cheveux soigneusement et cacha soigneusement ses cernes violacées avec le maquillage adéquat. Un peu de fond de teint, un coup de mascara puis elle fila s'habiller. Aujourd'hui, c'était chemise blanche, pull à col V beige, sa veste de blaser bleu marine et sa jupe crayon assortie. Elle posa ses lunettes sur son nez, enfila ses escarpins vernis, checka son allure dans un miroir avant d'attraper son sac et de descendre dans la salle commune du bâtiment réservé au personnel et aux médecins.
6h45. La brunette avait fini de déjeuner, un petit déjeuner consistant et efficace : jus de fruits, céréales complètes, laitage et thé accompagné des compléments alimentaires qu'elle ne quittait plus depuis presque deux ans maintenant, autant d'essentiels qui lui permettaient de garder la pêche pour la journée. C'était le moment d'accomplir ses gestes rituels. C'était drôle quand elle y pensait : toute la journée de l'Institut dépendait de ces simples gestes qu'elle allait effectuer. Elle mit de l'eau à chauffer, à 65 degrés précisément, chauffa un peu la tasse qu'elle allait utiliser, délicatement, la porcelaine était fragile et ouvrit la boîte de thé au jasmin. Elle en prit une cuillerée qu'elle transvasa dans un infuseur en métal épuré dont la seule fantaisie était la plume, de porcelaine elle aussi, qui empêchait la chaînette de tomber dans l'eau. Elle versa l'eau afin à la bonne température dans la tasse qu'elle posa sur un plateau, blanc lui aussi, et sortit de la salle commune.
6h58. Agnès se tenait devant la porte de son patron. Elle jeta un oeil à sa montre. Deux minutes trop tôt, elle avait raté son coup. Dommage, elle allait devoir attendre alors que ces deux minutes auraient pu être mises à profit pour autre chose, comme voir les enfants. Mais il insistait. Elle devait frapper à 7h pile. Elle ne voulait pas déranger les tocs de son patron alors elle attendit.
7h00. Elle cogna trois fois à la porte qui s'ouvrit aussitôt, comme d'habitude. La silhouette longiligne de Donatien Elpida apparut dans l'encadrement de porte. Elle lui tendit sa tasse avec un sourire et lança un jovial :

- Bonjour Donatien, vous avez passé une bonne nuit ?

Puis elle glissa le plateau sous son bras, libérant l'autre pour fouiller son sac. Elle en sortit un porte-document et vérifia l'emploi du temps de celui-ci glissé dans la pochette plastique en première page. Elle ne le lut que pour elle - ça faisait longtemps qu'elle avait compris que ça ne servait à rien de lui parler lorsqu'il buvait son thé, il n'écoutait pas - et se remit en tête ce dont elle devait lui parler aujourd'hui. Ce faisant, elle lui jetait quelques coups d'oeil alors qu'il sirotait sa tasse. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres. Sa première mission de la journée était accomplie. Donatien ne serait pas de trop mauvaise humeur puisqu'elle n'avait pas failli à sa tâche et c'était une nouvelle journée tranquille qui s'annonçait sur l'île.
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Dim 19 Nov - 19:29


Tout commence par une tasse de thé


Le fils a vingt-sept ans mais il est devant la maison familiale. Du moins, ce qu'il en reste. La végétation a grignoté la façade craquelée. Les fenêtres, si elles ne sont pas couvertes de poussière, sont lacérées. Et la porte ouverte, usée par le temps, montre son chemin au fils dans un grincement. A part ce son strident, pas un bruit.
Le fils finit par entrer. L'intérieur lui, n'a pas changé. Le couloir est aussi lumineux que dans son souvenir. Tout est à sa place. On pourrait presque sentir l'odeur de la cuisine de la mère et la chaleur du feu de cheminée. Seul exception, il y a une cage près de la porte d'entrée. Le fils s'en approche. A l'intérieur, la silhouette est dans le même état que la devanture de la maison. Le fils reconnaît son père. Il s'abaisse et s'étonne de trembler. Il veut le libérer. Et alors qu'il plisse les yeux, il réalise que le prisonnier n'est personne d'autre que lui-même.


Donatien ouvrit brusquement les yeux, tiré de son sommeil. Une claque aurait été moins douloureuse. Un coup d'oeil vers son réveil. 5h12. Donc 5h07 de sommeil approximatif. C'était beaucoup mieux que la veille.
Squelette maigrichon dans son grand lit satiné, Donatien se dit qu'il n'avait plus qu'à attendre. Il n'arriverait plus à se rendormir. Il se passa une main sur le visage, encore secoué par son cauchemar. D'habitude ses nuits étaient lourdes, avec un sommeil de plombs. Il ne rêvait presque jamais. Ce n'était pas le cauchemar en lui-même qui le perturbait, mais le fait d'en avoir fait un. Ou plutôt de s'en souvenir car il avait lu quelques part qu'on rêvait toujours, juste que notre mémoire avait tendance à l'oublier.
Il tourna le visage vers sa fenêtre et ses rideaux blancs tirés qui laisseraient filtrer la lumière d'ici quelques heures. Donatien détestait cette période de l'année où le soleil tardait à se lever. Voir l'évolution de la lumière dans sa chambre l'occupait lors de ses insomnies or, les nuits étaient plus longues en automne.
Six heures. Donatien se leva finalement. Il était resté moins d'une heure sur son matelas, c'était plutôt bon signe. Un jet d'eau froide pour le réveiller définitivement et de l'indécision face à sa garde-robe. Il faisait de plus en plus froid, il pouvait dire adieu à ses chemises. Il opta pour un col roulé blanc, au tissu légèrement moulant. Puis grimaça en enfilant sa paire de chaussettes et ses chaussures. Il détestait cette sensation. Il avait l'impression de s'auto-emprisonner.
Puis, pile quand il eut finit d'attacher son catogan, trois coups frappèrent. Déjà sept heures ? Donatien ouvrit aussitôt et se pressa - du moins comme Donatien Elpida pouvait être pressé - de prendre sa tasse de thé. Le simple contact de la tasse tiède entre ses paumes de mains lui fit du bien.

- Bonjour Donatien, vous avez passé une bonne nuit ? , lui demanda la première personne qu'il voyait chaque matin.

Les yeux dans le vague, Donatien haussa les épaules. Il nota que sa secrétaire ne lui demanda pas s'il avait bien dormi mais s'il avait passé une bonne nuit. La nuance lui sembla importante. Mais il oublia ce détail rapidement, focalisé sur le dossier qu'avait sa secrétaire. De la paperasse, et toujours de la paperasse.
Debout, il sirotait sa tasse, la tenant à deux mains. Le goût du jasmin avait la saveur du quotidien. C'était intriguant.
Dans le flou total, il n'entendait plus rien. Il coupa tous ses sens pour ne se concentrer que sur celui du goût. Et lorsque trois minutes quarante-deux plus tard - tiens, il avait été plus long qu'hier - il finit son thé, ce fut pour le déposer dans la main vide de mademoiselle Dessanges.
Il fit un pas en avant, avançant vers son bureau, avant de demander à sa secrétaire :

- Le col roulé... Ce n'est pas étrange ?

Ce qui aurait pu paraître bizarre pour quelqu'un qui connaissait le fonctionnement de Donatien Elpida était qu'il s'embêtait à gaspiller sa salive pour une question visiblement anodine. Et surtout, qu'il demande son avis à quelqu'un qu'il considérait comme un être inférieur. Mais Donatien était très attaché à son apparence et pour la mauvaise saison de l'année dernière il s'était contenté de gilets en laine. Presque aussi important que le thé, cette question était plus cruciale qu'elle n'en avait l'air.





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Dim 26 Nov - 20:16
Agnès relut plusieurs fois l'emploi du temps de son patron même si elle le connaissait déjà par coeur. Ca lui permettait d'éviter les erreurs malgré tout et ça l'occupait tandis que son patron buvait sa tasse de thé. Cela lui évitait aussi de parler pour remplir le vide et de l'agacer, ça aurait été dommage de le mettre en colère dès le matin alors qu'elle avait parfaitement réussi son thé. Ca aurait gâcher ses efforts.
Elle baissa son porte-document un peu avant que Donatien lui tende sa tasse. Tiens, il avait été un peu plus long que d'habitude. A l'ordinaire, elle était parfaitement synchrone avec lui, leur routine matinale étant parfaitement réglée et chronométrée. Elle fronça légèrement les sourcils. Qu'est-ce qui avait été différent cette nuit pour perturber sa minutie quotidienne ? A chaque fois qu'elle pensait avoir réussi à le saisir, il lui échappait de nouveau. Ce que cet homme pouvait être complexe ! Mais elle ne baisserait pas les bras. Il ne le savait certainement pas mais il avait besoin d'elle, autant qu'elle avait besoin de se rendre utile à lui. Mais comme toujours, elle garda ces réflexions pour elle. Pour le coup, matinée ou pas, elle ne pensait pas qu'il y ait un moment de la journée où il soit réceptif à ce genre de propos.
La soucoupe dans la main, les yeux fixant la tasse en équilibre dessus sans vraiment la voir, ce fut la voix de Donatien qui la sortit de ses pensées.

- Le col roulé... Ce n'est pas étrange ?

Elle leva les yeux sur lui, le regardant quelques centièmes de seconde sans comprendre. Puis elle comprit. Donatien lui demandait son avis sur son style vestimentaire ! Un sourire illumina son visage. Une partie d'elle lui disait qu'elle s'emballait pour rien mais elle n'avait pas envie de l'écouter. C'était peut-être une question d'un a priori futile mais elle savait que Donatien ne parlait que pour les choses qui lui semblaient importantes et il lui demandait son avis, à elle. Ca signifiait forcément quelque chose non ?

- Non, du tout ! Au contraire, ça vous va bien,
vous devriez en porter plus souvent !
Répondit-elle avec un peut-être un peu plus d'enthousiasme que nécessaire.

Il lui avait demandé son avis, son avis à elle ! Elle lui emboîta le pas dans le couloir, le suivant jusqu'à son bureau. En vérité, c'était un détail, mais cela lui faisait tellement plaisir ! Sa journée à elle aussi commençait rudement bien.


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Sam 2 Déc - 17:47


Tout commence par une tasse de thé


Avançant dans un long couloir vide - le couloir du dernier étage, celui de Donatien Elpida et de son père - direction son Bureau, Donatien pensait déjà à sa séance de soins avec Lys. Elle avait beaucoup trop de cicatrices sur les jambes et cela irritait Donatien. Certes, il aimait les cicatrices pour ce qu'elles représentaient : matérialisation de la douleur qui s'efface avec le temps, mais physiquement ce n'était pas beau. Il était toujours confus face aux plaies de Lys. Peut-être pouvait-il se contenter d'une simple séance psychologique aujourd'hui ? Non, impossible, il n'avait pas de diplôme dans ce domaine. Peut-être qu'il enfilerait sa blouse de médecin, pour de vrai, comme il le faisait une fois tous les trente-six du mois, et tester une énième fois les électrodes ?
Il fallait qu'il revoit son dossier, bien qu'il le connaisse par cœur.
Il regarda sa secrétaire pour le lui demander et c'est alors qu'il découvrit un sourire béât sur son visage. Pourquoi souriait-elle ? Il faisait froid, c'était le matin, la nuit n'avait pas été particulièrement mauvaise mais ce fichu cauchemar trottait toujours dans la tête de Donatien, alors pourquoi Dessanges affichait-elle une pareille expression ? Peut-être avait-elle ses menstruations et ses hormones la rendait de bonne humeur ?

- Ça vous va bien, vous devriez en porter plus souvent !

Donatien prit un temps avant de comprendre qu'elle répondait à sa question. Il avait totalement oublié cette histoire de col roulé. Dès qu'il pensait à Lys, il était complètement distrait, il s'oubliait presque lui-même.
Il n'était toujours pas convaincu par sa tenue, ayant l'impression d'avoir une main qui l'étranglait autour de la nuque, mais si Dessanges lui affirmait que cela lui allait bien...

- Evidemment, tout me sied, répondit-il tout bas.

Ils descendirent les escaliers en colimaçon, les seuls qui menaient au dernier étage et débouchèrent au rez-de-chaussée. Badge en main, Donatien saluait d'un signe de tête ses collègues matinaux, fut satisfait de voir l'administratrice rétablie de sa grippe et le concierge qui s'en allait faire sa tournée matinale d'ouvertures de portes. Il déverrouilla son Bureau et y entra. Il laissa le soin à sa secrétaire de fermer la porte. D'ordinaire il se serait posé sur son fauteuil en cuir et aurait écouté le planning de la journée mais pas aujourd'hui. Sans le décider, il se posta face à sa fenêtre. Il tira son rideau. Vue sur le cimetière d'arbres. Il n'y avait plus de cendres mais l'hiver qui arrivait allait certainement geler le terrain. Triste paysage.
Le cauchemar lui revint une nouvelle fois en tête et Donatien ne contrôlait plus vraiment sa parole :

- Avez-vous déjà été emprisonnée Mademoiselle Dessanges ?

Il était étonnement bavard ce matin.





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Ven 8 Déc - 15:19
Agnès trottinait joyeusement derrière Donatien le long du trajet, toute guillerette encore de la question qui lui avait été posée. Trottinait, car malgré son énergie débordante, ses courtes jambes peinaient à suivre les longues enjambées de son patron et ses talons la forçaient à avancer à petits pas qu'elle devait accélérer au maximum pour ne pas se faire distancer. Et ces talons étaient probablement la seule chose qui la distinguaient actuellement d'un enfant à la poursuite de son père.
Elle salua d'un signe de la main l'administratrice de l'Institut, enfin remise de sa grippe, et sourit de plus belle en réalisant que son retour la déchargerait probablement d'un peu de travail. Il y avait aussi Hippolyte, le concierge, qu'elle salua chaleureusement. Elle aurait bien aimé s'arrêter quelques secondes pour échanger quelques mots avec lui mais elle savait que Donatien ne tolérerait pas de se retourner et de ne pas la voir toute prête à lui servir l'emploi du temps de la journée. Aussi, elle passa son chemin en se promettant de le voir plus tard.
Ils arrivèrent enfin devant le bureau de Donatien que celui-ci déverrouilla à l'aide d'une carte magnétique. Agnès referma la porte derrière elle, comme à l'accoutumée. Cependant, quand elle se retourna pour faire face à la pièce, elle dut considérablement surprise de découvrir le fauteuil du bureau vide et un Donatien accoudé à la fenêtre, le regard perdu dans le paysage qui lui faisait face. La secrétaire fut parcourue d'un léger frisson. Elle savait que ce qu'il voyait était cet espèce de forêt réduite en cendres. Lorsqu'elle avait brûlée, Agnès y avait vu un mauvais présage. On avait beau lui avoir expliqué par la suite ce qui s'était passé et qu'il n'y avait rien d'étrange ou de surnaturel, elle continuait à penser à cet événement comme un avertissement divin. Il fallait dire que vu ce qu'il se passait dans ces murs, cette île était peut-être déjà damnée et irrécupérable... Un second frisson suivie d'une crispation des lèvres, déterminée. Non. Ce n'était pas possible. Dieu l'avait envoyée ici justement pour que ça n'arrive pas et elle ferait tout pour cela. Elle arriverait à faire emprunter le chemin de la rédemption à ses habitants.


- Avez-vous déjà été emprisonnée Mademoiselle Dessanges ?

Agnès cligna plusieurs fois des yeux, surprise d'être sortie ainsi de ses pensées.

- Euh, non jamais, pourquoi ?

C'était quoi cette question étrange ? Monsieur Elpida était décidément d'une drôle d'humeur aujourd'hui. Il avait dû se passer quelque chose cette nuit. Il mourrait d'envie de savoir quoi mais elle ne pouvait pas décemment poser la question aussi directement.
Puis elle songea que son "pourquoi" allait probablement ne pas recevoir de réponse. Elle avait cependant envie de profiter de cette étrange volonté de discuter aussi elle ajouta :

- Mais j'ai connu quelques personnes qui l'ont été.


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Ven 15 Déc - 18:26


Tout commence par une tasse de thé


Absence totale de nuages ce matin. Le ciel était si bleu qu'il éblouissait Donatien. Drôle de contraste que ce temps lumineux sur la grisaille de l'ancienne forêt. Il fallait vraiment que quelqu'un s'occupe de régler ce problème. Chaque recoin de l'île se devait d'être parfait puisqu'étant à l'image de l'Institut, et donc à l'image de ce que Donatien entretenait.

- Euh, non jamais, pourquoi ?

Lui non plus, en réalité. Du moins pas physiquement. Métaphoriquement, c'était une autre histoire. Mais maintenant il avait gagné sa liberté, et il avançait dans la vie le cœur léger.

- Mais j'ai connu quelques personnes qui l'ont été.

Il se tourna vers elle, interloqué. Il haussa un sourcil, méprisant.

- Vraiment ? Vous avez alors eu de drôles de fréquentations, Agnès.

Il avait vraiment engagé une drôle de secrétaire. Elle avait connu des prisonniers ?
Avec son caractère, Donatien l'imagina bien s'être donnée corps et âme pour libérer ces êtres emprisonnés. Bon, de toute façon Donatien ne voulait pas savoir à quoi ressemblait son passé: ça n'appartenait qu'à elle et puis, honnêtement, il s'en fichait pas mal. Il avait engagé Agnès Dessanges pour ses compétences dans le secrétariat - et sûrement pour sa patience mais soit - pas pour faire causette le matin, et suite à cela devenir les meilleurs amis du monde.
Il soupira et prit le temps de s'asseoir dans son large fauteuil noir, faisant grincer le cuir.
Qu'est-ce qu'ils avaient comme travail aujourd'hui ? Avec qui avait-il une séance de soins ? Et ces foutus racines mortes à l'extérieur.
Il avait reçu un nouvel ordinateur alors il chercha un long moment où était le bouton pour l'allumer. Sur l'ancien, il fallait appuyer en bas, à gauche de l'écran. Sur ce nouveau poste fixe - qu'il avait acheté uniquement pour sa couleur blanche - c'était une autre histoire. Il découvrit, au bout de cinq longues minutes, la tour d'ordinateur à ses pieds. Il devina le large cercle noir être ce fameux bouton power. Il l'alluma et attendit que la machine se mette en route. Il devait tout de même vérifier les données qu'il avait rentré hier. Pendant qu'il tapait son mot de passe, il relança Agnès :

- Quel est le programme de la journée ?





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Secrétaire de Donatien
Dim 14 Jan - 22:26
- Vraiment ? Vous avez alors eu de drôles de fréquentations, Agnès.

Agnès, qui s’apprêtait à donner des précisions sur ce qu’elle venait de dire, referma la bouche. Non, elle n’était pas vexée. Pas vexée du tout. C’était lui qui lançait la conversation et... En plus ces relations étaient tout à fait saines. Ce n’était pas comme si elle avait trainé avec un gang ou quelque chose du genre.
En réalité, elle avait simplement fait partie en étant plus jeune d’une association caritative qui aidait à la réinsertion de prisonniers dans le monde réel. Aussi, elle avait passé pas mal de temps avec certains d’entre eux et même lié quelques relations amicales basées notamment sur l’échange de livres dans la bibliothèque de la prison. Rien d’inconvenant donc. De toute façon, ses parents ne l’auraient pas permis. Mais cette expérience avait changé la vision qu’avait Agnès du monde carcéral et ancré en elle une conviction profonde : même les pires ordures, si on leur donnait une nouvelle chance, avaient le droit à la rédemption.
Elle regarda donc son patron s’asseoir finalement à son bureau et chercher à trouver le moyen d’allumer son PC flambant neuf. Il avait toujours eu un mal fou avec la technologie, ce qui était assez rare pour quelqu’un de leur génération. Agnès n’avait pas de connaissances ni de compétences très approfondies en la matière non plus mais elle en savait assez pour savoir se servir sans trop de mal du matériel dont elle avait besoin. Habituellement, elle venait à son secours dans ce genre d’occasion mais pas aujourd’hui. Elle le laissa galérer tandis qu’elle faisait semblant de chercher dans son sac un document qui avait apparemment mystérieusement disparu. C’était mesquin comme vengeance mais ce n’était pas si méchant dans le fond, alors le Ciel pouvait-il vraiment lui en vouloir pour ça ? Et puis après tout, ce n’était pas en l’assistant sans cesse qu’il pourrait apprendre quoi que ce soit, donc sa petite bouderie lui était plutôt positive dans le fond.

- Quel est le programme de la journée ?

La secrétaire releva un bref regard vers lui avant de le replonger dans son sac pour sortir le planning du jour dont elle n’avait par ailleurs aucunement besoin tant elle le connaissait par cœur. Un enfant de trois ans aurait pu lire dans ses yeux un « sérieusement ? ». Comme s’il avait besoin de lui poser la question. Comme si elle pouvait oublier la partie la plus importante de son travail. Néanmoins, lorsqu’elle releva les yeux pour la seconde fois, elle afficha un léger sourire, peut-être un rien forcé. Après tout, c’était son rôle aussi de se montrer agréable en toute circonstances et puis… Si elle devait se formaliser de toutes les maladresses de son patron…

- Tout d’abord il y a quelques candidatures pour des postes au sein de l’Institut à examiner. Je me suis permis d’en retirer quelques-uns de la liste dont les qualifications n’étaient pas en adéquation avec leurs prétentions. Il en reste donc 6.

Une légère grimace s’afficha sur ses lèvres. Il y en avait même un qui avait envoyé un dossier pour s’intégrer en tant que médecin alors qu’il venait d’être radié de la profession, quel culot ! Et puis elle s’était également débarrassée discrètement d’un dossier d’un ancien militaire plus ou moins devenu mercenaire qui postulait en tant que vigile. Il aurait probablement intéressé Donatien, il convenait parfaitement pour ce job mais Agnès jugeait qu’il y avait déjà bien assez de brutes épaisses pour violenter les enfants ici. Elle savait que c’était risqué mais… d’une part c’était pour le bien commun et d’autre part, son patron lui faisait tellement confiance en ce qui concernait la paperasse – il l’avait tellement en horreur ! – qu’elle doutait franchement qu’il découvre quoi que ce soit.

- Ensuite, le plus gros de la journée sera en grande partie occupée par l’organisation des fêtes. Je me disais que ça pourrait être sympathique d’organiser Noël ou le Nouvel An au lac. Avec les températures de la saison, il pourrait servir de patinoire naturelle ?

Elle était vraiment triste de ne pas pouvoir passer les fêtes avec les enfants cette année. Noël était chez les Dessanges une fête à faire obligatoirement en famille, personne ne pouvait y couper. Elle avait donc espéré pouvoir passer le Nouvel An ici mais l’une de ses sœurs avait tenu à ce qu’elle soit présente avec eux ici. Et comme c’était pour elle l’occasion de lui présenter son fiancé, qu’elle n’avait pas encore pu rencontrer avec son travail à l’Institut, elle pouvait difficilement décliner l’invitation. Cependant, elle espérait que Donatien retiendrait son idée et elle ferait son maximum pour que les enfants s’amusent malgré tout. D’ailleurs, elle avait déjà prévu sur le planning des affectations des gardes aux patients Zéros Eric et Lucas. C’étaient les plus laxistes du point de vue de l’Institut mais au moins, cela permettrait aux deux filles de profiter un peu de la fête elles aussi.

- Mais bien entendu, nous verrons tout cela après votre séance avec Adèlys de 9h à 11h.



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Lun 22 Jan - 22:12


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Que ne fut la surprise de Donatien en voyant Agnès feuilleter le planning. Ha bon ? Elle ne le connaissait pas par cœur ? Son patron aurait apprécié que ce soit le cas, cela aurait souligné l'investissement de sa secrétaire dans son travail. Et puis, elle aurait remonté dans son estime. Elle y était déjà bien placée, mais il ne fallait pas se reposer sur ses acquis, n'est-ce pas?
Pendant que la brunette blablatait sur les candidatures, Donatien essayait de faire connaissance avec sa nouvelle machine. Ses doigts restèrent en apesanteur au dessus du clavier. Les touches étaient plus petites, il n'avait pas l'habitude. Et il ne comprenait toujours pas la signification de certaines d'entre elles,
comme "Alt" ou "Ctrl". Il aurait aimé que ce clavier soit plus explicite que le précédent.

- ... Je me disais que ça pourrait être sympathique d’organiser Noël ou le Nouvel An au lac. Avec les températures de la saison, il pourrait servir de patinoire naturelle ?, continuait de raconter Agnès Dessanges.

Etant donné qu'elle posait une question, Donatien supposa qu'elle attendait une réponse. Comme il se fichait pas mal de ce qu'on ferait pour les fêtes de fin d'année, il se contenta d'un discret hochement de tête. En fait, l'évocation de cette période de l'année le fit grimacer. Noël voulait dire famille, or Donatien n'appréciait pas son père plus que cela. Nouvel An disait faire la fête, mais Donatien n'était pas vraiment ce qu'on appelait un bout-d'entrain. Et puis qui disait Janvier disait anniversaire, et Donatien n'avait pas vraiment envie que cela arrive.
Bon alors, comment est-ce qu'on ouvrait une page internet ?

- Mais bien entendu, nous verrons tout cela après votre séance avec Adèlys de 9h à 11h.


Elle l’appelait Adélys et non mademoiselle Valcourt ? Bon, tant qu'elle ne l'appelait pas Lys, Donatien n'y porterait pas plus d'intérêt. Sinon, l'idée de passer la matinée avec son Lys raviva quelques couleurs sur son visage pâle.
Après avoir ouvert par mégarde la fenêtre d'exploration, il balaya l'air de la main, comme pour effacer la présence de sa secrétaire.

- Je vous remercie. Vous n'oublierez pas de contacter madame Dubois concernant le dossier de A61. Et vous lui rappellerez que, à nouveau, ce n'est pas à moi de gérer ça.

Cette pimbêche d'administratrice ne cessait de vouloir lui refourguer une partie de son travail, soit-disant que c'était un dossier médical et que c'était à lui de gérer. Il n'était pas le médecin de S82 pourtant - futur Y22 s'il s'en référait au dossier.
Puis, étonnement, il ne laissa pas Agnès Dessanges partir de suite. Sans la regarder, toujours focalisé sur son large écran d'ordinateur, il l'interpella tout de même :

- Que comptez-vous faire pendant votre pause ? Nous pourrions boire un thé.

Il leva enfin les yeux de son ordinateur pour regarder sa secrétaire. Il plissa les paupières, comme perplexe face à sa propre réaction. Avait-il réellement invité sa secrétaire à prendre le thé sur le coup de seize heures ? A nouveau, comme si les mots sortaient lentement de sa bouche sans qu'il ne les contrôle, Donatien ajouta :

- Nous pourrions inviter Ange à se joindre à nous.

Etait-il vraiment en train d'organiser un genre de petit goûter entre collègues ? Etait-il en train de prendre l'initiative de se sociabiliser ? Mal dormir le rendait étrange. Ou alors c'était l'approche des fêtes? Soit, il espérait qu'Agnès refuse sa proposition, combien même il était difficile ne pas accepter une demande de Donatien Elpida. Lui-même avait dû mal à dire non à ses propres caprices.






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Secrétaire de Donatien
Mer 31 Jan - 18:26
Agnès vit le visage de Donatien se ranimer à la mention de son rendez-vous avec Adèlys. Il semblait soudainement moins figé, plus vivant. Comme si sa peau redevenait vraiment de la peau et non cette espèce de plâtre ou de porcelaine, comme s’il n’était qu’une contrefaçon de lui-même. Elle esquissa un sourire triste. Voir son visage reprendre des allures plus humaines était pour elle un plaisir à voir mais… ce n’était pas pour les bonnes raisons. La petite Adèlys ne méritait pas ce qui lui arrivait. Une enfant comme elle ne devrait jamais avoir à subir une relation aussi malsaine que celle qu’elle avait avec son médecin. Malheureusement, Donatien vouait une véritable et morbide fascination pour la jeune fille… Parfois, Agnès voulait dire quelque chose en sa faveur. Elle s’en voulait de ne pas savoir la protéger plus que ça des pulsions sadiques de son patron. Mais prendre le risque de lui déplaire, c’était prendre le risque de perdre sa place rêvée au sein de l’Institut et elle ne pourrait plus faire évoluer les choses dans le bon sens. Elle ne pouvait pas sacrifier sa possibilité de rendre le monde meilleur pour une seule patiente. C’était pour ça que le monde avait besoin de martyres.

- Je vous remercie. Vous n'oublierez pas de contacter madame Dubois concernant le dossier de S82. Et vous lui rappellerez que, à nouveau, ce n'est pas à moi de gérer ça.

Elle acquiesça.
Puisqu’elle avait terminé son compte-rendu des tâches du jour, Agnès s’apprêtait à sortir du bureau pour s’adonner à son propre travail. Donatien ne supportait pas de l’avoir dans les jambes lorsqu’ils travaillaient alors ils faisaient bureau à part. De toute façon, ils n’avaient pas le temps d’étudier les dossiers de candidatures ou d’organiser le Nouvel An avant la séance d’auscultation d’Adèlys et l’un comme l’autre préféraient généralement traiter les tâches une par une et d’un bout à l’autre avant de passer à la suivante. Ils verraient donc pour régler ces questions dans l’après-midi. Mais étonnement, alors qu’elle était en train d’ouvrir la porte, la voix du médecin en chef la retint.

- Que comptez-vous faire pendant votre pause ? Nous pourrions boire un thé.

Les yeux d’Agnès s’écarquillèrent alors qu’elle dévisageait son patron, qui d’ailleurs n’avait pas décroché le regard de son écran. Venait-il vraiment de… ? Un sourire fleurit doucement sur ses lèvres alors qu’elle s’apprêtait à sauter sur l’occasion. Une proposition comme ça, ça devait arriver une fois tous les mille ans, ça ne refusait pas ! Tout son travail commençait à payer, elle était peut-être en train de devenir plus qu’une simple secrétaire pour lui ! Dieu écoutait donc vraiment ses prières, c’était merveilleux ! Leurs regards se croisèrent. Lui-même avait l’air surpris de sa propre proposition. Elle élargit d’autant plus son sourire, cherchant à l’encourager dans ses tentatives de socialisation.
Et puis ce fut la douche froide.

- Nous pourrions inviter Ange à se joindre à nous.


Le visage poupon de la secrétaire se figea brièvement sous l’incompréhension avant de se refermer. E voilà. Alors même qu’il n’était pas là, il fallait tout de même que ce détestable médecin gâche tout. Et le pire, c’était qu’elle n’avait pas le droit de montrer sa déception. Elle maintient de force son sourire et pour se faire, les muscles autour de sa bouche se tendirent tellement qu’ils le déformèrent en un rictus grimaçant. Bon. Elle voulait faire semblant de rien mais c’était raté. Elle aurait mieux fait de le laisser faner tout compte fait.

- Ca aurait été avec plaisir Donatien mais la journée va être très chargée. Je ne sais pas si je prendrais le temps de faire une pause.

C’était une excuse bien sûr. Toute une journée sans s’arrêter au moins cinq minutes, c’était se tuer au travail mais si c’était le prix à payer pour ne pas avoir à supporter ce « Ange » qu’il appréciait tant ce n’était pas cher payé.

- Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à sonner à l’interphone.

Puis elle tourna les talons dans un mouvement un peu plus énervé qu’elle ne l’aurait voulu, ce qui eut pour effet de faire voltiger sa coiffure pourtant impeccable. Prendre un goûter avec le docteur Barrabil ? Et puis quoi encore ? Elle préférait de loin se laisser séquestrer par la paperasse administrative sans grand intérêt.

HRP:
Je crois qu'après ce pétage de câble, Agnès est out XD


Ca fait toujours plaisir de voir ses efforts récompensés !

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Sam 3 Fév - 14:06


Tout commence par une tasse de thé


Donatien avait planté ses yeux dans ceux d'Agnès, crispé. Depuis quand prendre des goûters faisait parti de ses habitudes ? Et puis quoi encore ? Après il allait faire des pyjama party avec l'ensemble du personnel de l'Institut ? Il acceptait de boire du thé de temps à autre avec Ange, mais il refusait que ses interactions sociales prennent plus d'envergure. Sauf avec Lys. Il lui aurait brossé sa longue chevelure soyeuse pendant des heures dans le silence le plus total, au beau milieu de la nuit, parmi les parfums de thé.
Le problème était qu'Agnès souriait. Ses fichues hormones devaient sûrement alimenter la joie qu'elle ressentait à cet instant. Et puis elle avait l'air d'apprécier Ange - à chaque fois que Donatien parlait de lui elle souriait de cette façon - alors comment refuser ? Donatien était fichu. C'était exactement à cause de ce genre de situation qu'il était maniaque du contrôle.

- Ça aurait été avec plaisir Donatien mais la journée va être très chargée. Je ne sais pas si je prendrais le temps de faire une pause.

Donatien poussa un discret soupir de soulagement. Heureusement qu'Agnès avait du travail. Et si elle n'avait pas consulté le planning de la journée avant, peut-être qu'elle l'aurait oublié. Or, elle l'avait vérifié à la demande de Donatien. Ouf, il s'était sauvé lui-même de son erreur. Non, il ne faisait jamais d'erreur. Bon, il se l'accordait aujourd'hui : après tout il n'avait pas encore digéré son cauchemar nocturne.

- Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à sonner à l’interphone.


Il la salua d'un signe de tête puis, quand elle partit, s'affala dans son large fauteuil. Il avait eu chaud. Qu'est-ce qui lui avait pris bon sang ? Ca ne lui arrivait jamais de se laisser aller.
Il se pencha vers son ordinateur, et après une dizaine de minutes, trouva l'emploi du temps d'Agnès. Puisque c'était ce qui l'avait sauvé, il lui remplit ses quelques pauses de la semaine par du travail et lui trouva quelques dossiers supplémentaires à gérer. Il repensa à la demande d'Ange : il voulait une secrétaire. Donatien avait trouvé sa demande prétentieuse : il n'avait pas autant de travail que le médecin en chef. Peut-être qu'il appréciait Agnès lui aussi, beaucoup trop, mais leur relation était impossible pour des raisons évidentes. Donc pour se sevrer, Ange engagerait sa propre secrétaire. Tout concordait : les sourires d'Agnès, le fait qu'elle ait le portable de Donatien et donc le numéro d'Ange...
Si Ange voulait une secrétaire, qu'il se la trouve-lui même alors!
Maintenant, Donatien devait partir. Il avait un Lys à observer fleurir.





Donatien t'honore de sa parole en #0099ff
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