Et si on discutait ? (ft. Anaé)

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Et si on discutait ? (ft. Anaé)

Message par Donatien le Sam 1 Juil - 17:29



Et si on discutait?


A98.
Donatien avait déjà aperçu A98 dans les couloirs, ou reposée dans la cour centrale. Souvent penchée sur un livre. Elle était une de ses rares personnes sur lesquelles il aimait s'attarder. Il arrivait qu'il l'observât alors qu'elle ne s'en doutait certainement pas. L'Institut était majestueusement grand, et Donatien était bien trop occupé pour stalker une jeune patiente mais... Lorsqu'il était pressé et qu'elle se trouvait sur son passage, il appréciait le calme qui émanait d'elle. Elle semblait toujours lente, toujours posée, toujours réfléchie. Il aimait son visage juvénile et sa petite taille et, à vrai dire, elle lui rappelait son Lys. Comme une poupée mis en évidence sur un meuble, entourée d'une cloche de verre; belle et inatteignable. Observer A98, lorsqu'il avait la chance de l’apercevoir, lui apportait sérénité. Elle était exactement le type de personne qu'il appréciait, et le type de patiente qu'il aimerait s'approprier.
Mais Donatien ne voulait pas s'imposer, la pointer du doigt et lui ordonner d'être sa patiente. Non, il voulait prendre le temps de la connaître avant de prendre une hâtive conclusion.
Le soleil se couchait en cette soirée d'été. Les couloirs de l'aile A étaient inondés de tons ocres, orange et dorés. Difficile à croire que vingt-deux heures étaient passées. Le couvre-feu avait sonné et A98 dormait certainement. Donatien s'en voulait de la dérangeait mais, d'un autre côté, il s'en fichait pas mal aussi; il était médecin en chef. Ses ordres étaient plus importants que ceux d'un règlement.
Pieds nus, il voguait devant les chambres des patients de catégories A, à la recherche de celle appartenant à A98. Il lisait sur son smartphone le dossier de la patiente. Sa pathologie concernait donc sa concentration... Rien à voir avec son Lys qui avait un problème moteur physique. Ici, on était sur de l'intellectuel.
Il frémit, imaginant cette jolie blonde sur une chaise en salle de soin, les poignets scellés pour éviter qu'elle ne s'enfuit à force de "torture psychologique", pour reprendre les termes de quelques collègues cinglés. Donatien ne torturait pas ses patients, voyons... ! Du moins, pour lui, ce n'était pas de la torture. Après tout, si lui se sentait tranquille et apaisé, pourquoi ces jeunes personnes ne le seraient pas?
Arrivé devant la chambre, il attendit, comme pour s'imprégner. La chaleur d'un soleil allant se coucher lui réchauffa le dos. Parce qu'il ressortait d'une douche, sa chemise souple se collait encore légérement sur son torse pâle. Et à cause de cette étouffante chaleur, il avait remonté les bas de son pantalon blanc sur ses mollets. Il ne ressemblait en rien à un médecin en chef.
Il frappa une première fois à la porte, sans s'annoncer.
Ses journées étaient difficiles en ce moment; entre la canicule et les débordements de certains patients, il ne savait plus où donner de la tête.
Il frappa une deuxième fois avant de, cette fois-ci, s'exprimer clairement de sa voix rauque et basse:

- A98, veuillez m'ouvrir.

Il trouvait inutile de décliner son identité. Après tout, elle le saurait bien assez tôt.


HORS RP:
J'espère que ça te va \o/



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Re: Et si on discutait ? (ft. Anaé)

Message par Anaé Highlight le Sam 1 Juil - 20:09


Anaé avait passé encore ce genre de courte journée où elle passé son temps à lire. Quoiqu'un réveil assez douloureux avait commencé sa journée. Elle avait veillé jusque très tard la nuit dernière. Cette fois-ci, c'était un roman à plusieurs volumes qui l'avait accaparé. Elle s'était endormie à la fin du quatrième tome. Il était deux heures passées lorsqu'elle était littéralement tombée endormie sur le sol froid de sa chambre à côté de son livre. Il était deux heures passées lorsqu'elle était littéralement tombée endormie sur le sol froid de sa chambre à côté de son livre. Elle avait rêvé d'une terre revenue à l'état originel, sans homme, où tous les enfants pouvaient recommencer du début. Où les adultes avaient fini à l'état de monstre ou de Cynique comme appelé dans son livre. En fait, elle s'était tout simplement projetée dans cet imaginaire alors qu'elle rêvé. Si son rêve était devenue un cauchemar, c'était à cause de ces cyniks, qui les avaient mis en esclavage. Les chaînes lui brûlant la peau. Cette envie insatiable de se libérer et de s'enfuir. Puis lors de sa tentative voir un de ces cyniks, une hache à la main la levant au-dessus de son tibia pour lui découper une jambe. Anaé s'était alors réveillée. Elle aurait bien préféré rêver d'être dans le groupe de Matt.
Réveillé à 5 heures, avec seulement trois petites heures de sommeil pris sa douche. Prenant tout son temps pour bien laver ses longs cheveux blonds. Une heure de plus pour bien se les coiffer. Des cernes ornés ses yeux verts lors du petits déjeuners. La matinée se passait sous la lecture du cinquième tome d'Autres monde. Encore une fois, elle sautait le déjeuner comme elle en avait prit l'habitude. À peine sa lecture finie, qu'elle s'endormit sous un arbre de la cours, le livre posé sur ses genoux. La lourde chaleur ne l'en avait certainement pas empêché. Ce n'était que plusieurs heures après, lorsque le soleil lui agressa les paupières qu'elle se réveillait, bien reposé d'une sieste sans rêve cette fois-ci.

Anaé avait soupé avec son habituel lenteur, arrivée ni dans les premières, ni dans les dernières, elle était tout de même l'une des dernières à sortir du self. Non pas pour apprécier le repas, il n'était pas si bon que ça par ailleurs, seulement, c'était son habitude.
À la fin de son repas, le ventre remplie, Anaé était remonté à sa chambre et avait continué à lire. Non pas pour apprécier le repas, il n'était pas si bon que ça par ailleurs, seulement, c'était son habitude. Autant que, comme à son habitude, elle ne fit pas vraiment attention au couvre-feu. Elle n'en avait, pour ainsi dire, que faire. Elle ne pouvait tout simplement pas se coucher sans avoir fini un roman. Pareillement pour le sommeil. Ainsi, alors que deux coups fut portés par deux fois à sa porte, ajoutées à un ordre lors de la deuxième fois, elle n'en tenu compte. Le bruit entrée par une oreille en sortait par l'autre. Son cerveau ne désire pas accepter cette information faisant alors en sorte d'ignorer totalement cette information. Anaé était absorbée par la lecture de son roman. Elle se voyait dans ce monde, observant tous les mouvements de Matt, Toby et Ambre. Elle n'était plus dans ce monde que tous considéré comme réel, mais dans le monde inventait par l'auteur. Et cela ne la dérangeait pas tant que ça.
HRP:
Ouaip, toujours a passer la nuit, ça va devenir une habitude pour Donatien ^^

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Message par Donatien le Lun 3 Juil - 18:30



Et si on discutait?


Depuis combien de temps Donatien Elpida était-il planté devant la porte de A98?
Le temps lui semblait s'étirer depuis qu'il avait haussé la voix. Les secondes lui paraissaient être des heures et, finalement, remarquant que personne ne venait lui ouvrir, l'homme à la silhouette longiligne se décida à sortir de ses habitudes. Car oui, d'ordinaire il aurait attendu, encore et encore, jusqu'au petit matin s'il le fallait. Il aurait eu alors le plaisir de découvrir le visage poupon de A98 à son réveil, et Donatien imagina son étonnement et sa confusion lorsqu'elle réaliserait combien de temps il avait été ici, à l'attendre. Et il l'aurait punie. Il ferma les yeux et, transforma un monde d'illusion noir à coups de pinceaux dorés, construit à l'aide des cheveux brillants d'A98. Il l'imagina allongée sur sa table d'auscultation. Il l'imagina pleurer tandis que du sang coulait sur son visage doux. Quel violent mais doucereux contraste...!
Il battit des paupières et recouvra la vue. Bien, toute trace d'irritation avait disparue de son corps. Il se fichait pas mal de si A98 dormait trop profondément pour l'entendre ou si son trouble de la concentration l'empêchait de faire attention à sa venue; il était Donatien Elpida et il se devait d'être la priorité de cette adolescente.
Les chambres ne comportaient pas de verrous - pour que les patients ne s'enferment pas et refusent d'ouvrir à leurs supérieurs, à quelques exceptions près. Donc il put entrer dans la chambre de la jeune fille.
Elle lisait un livre assez épais et semblait totalement absorbée par les lignes. Le visage de Donatien se figea alors. Les livres, toujours les livres. Il se souvenait de la patiente aux cheveux rouges, qui s'était un tantinet énervée contre lui parce qu'il l'avait soit-disant dérangée dans sa lecture. Patiente qu'il punirait le lendemain, d'après son agenda. Pourquoi les humains appréciaient tant que cela la lecture? Ce n'était que des mots collés les uns aux autres, ce n'était rien de concret. Les livres anciens qui transmettaient à savoir, évidemment, avaient de l'importance. Mais les romans bombardés de moments fictionnels inutiles n'étaient qu'une perte de temps aux yeux de Donatien.
Il ne se salissait jamais les mains, n'agissait jamais de lui-même: ses propos suffisaient souvent à lui faire obtenir ce qu'il convoitait. Mais la concentration de la demoiselle était si dense que Donatien, à nouveau, dû trahir ses principes.
Lentement, il s'approcha de la blonde et lui saisit du bout des doigts son livre par la couverture et le leva si haut que la petite ne pourrait certainement pas l'attraper. Puis, il ouvrit la fenêtre, laissant ainsi entrer un peu d'air - et puis il réalisa qu'il n'y avait aucun air dehors, la chaleur l'ayant totalement aspiré, et jeta le livre en se disant qu'on le ramasserait bien.
Il se tourna alors vers A98, et planta son regard glacial et vide d'émotions dans le sien:

- Bonsoir A98. Je n'ai pas besoin de me présenter, je suppose.

Et puis il lui offrit un sourire tout aussi dénué d'émotions, froid, qui annonçait un danger...



HORS RP:
Il n'a pas le temps le jour, le pauvre Dodo, trop de boulot :'(  Et puis, c'est toujours la nuit que les loups sortent?
Wink



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Re: Et si on discutait ? (ft. Anaé)

Message par Anaé Highlight le Lun 3 Juil - 20:07

Gagueulle, un être maléfique ne souhaitant que la destruction de toute forme de vie. Une brume noire sans réel forme, un danger souhaitant absorber les cœurs de la Terre.
Elle n'entendit pas l'ouverture de la porte. Ni même ne sentis s'approchait la brume maléfique. Tout ce qu'elle vit était ce livre qu'elle suivait des yeux pour finir sa phrase. Son paragraphe. Son chapitre. Son roman. Un passage de bataille. La guerre à nouveau. Les Pans devaient survivre au Cyniks encore plus cruel. Anaé tendait sa main pour que les lignes restent dans son champ de vision, elle ne put le récupérait étant donné que son livre s'était envolé si haut qu'elle ne pouvait l'atteindre. Elle voulut le réclamer, mais c'était Gagueulle qui avait pris son livre, l'avait jeté par la fenêtre. Elle n'avait pu simplement apercevoir les pages blanches s'agitait alors que le livre était victime de sa masse et de la gravité. Était-ce la manque de sommeil qui lui donnait la vision d'une brume noire enveloppant sa chambre ou bien le fait qu'elle était tellement absorbé par le livre ? À moins que ce n'était quelque chose de plus fourbe, de plus malicieux que cela ? Quoiqu'il en soit, alors que son esprit revenait dans la réalité, que la brume se dissiper, elle se sentit vidée, affaissé. Un peu comme si une légère partie d'elle-même venait de subir la pire des choses. Un sentiment qu'elle détestait qui la rendait si triste et qui était toujours présent lorsqu'on l'arrachait à l'objet de sa concentration. Mais avant ce sentiment de tristesse irréparable, c'était un sentiment de dangers qui l'interpellait. Cela devait provenir de son instinct animal ou bien du spider sens qui l'alerté que c'était un monstre face à elle.
Une fois la brume enveloppant sa chambre s'était dissipée, elle s'était aperçue que ce n'était pas un étranger. Encore moins un monstre, enfin... il était plus vrai de dire qu'il n'avait pas l'apparence d'un monstre, puisqu'il n'avait d'humain que le corps. C'était Donatien Elpida. Des cheveux blancs. Une allure contrastant parmi tous les gardes et tous les médecins. Un sourire posé sur son visage. Oui, il n'y avait pas de doute. À l'inverse de la petite blonde qui n'arrivait pas à montrer d'émotion, ceux qu'affichait le médecin en chef étaient tous plus froids les unes que les autres. Si froide qu'elle en gelait sur place toutes personnes la voyant. Anaé y comprit. La pensée de la fuite lui traversait l'esprit, mais elle était paralysée, ne pouvait pas vraiment bouger. Et cela ne servirait tout simplement à rien. C'est pourquoi elle abandonnait aussi rapidement l'idée qu'elle lui était venue. Elle n'avait jamais eu à lui parler, le croiser lui avait toujours amplement suffi. Anaé n'avait jamais aimé ce type, l'aura qu'il dégageait et la manière dont il traitait ses patients de ce qu'elle avait pu entendre ne l'avait pas inspirait non plus à aller à sa rencontre.
Puis, dans la glace qui l'avait soudé sur place, un mot traversait son esprit : A98. Elle s'était promis une chose en arrivant en ces lieux, lorsqu'on lui avait attribuait un numéro. Elle garderait son identité, elle n'accepterait pas d'être appelée ainsi. Peu importe qui l'interpellerais ainsi. Même les chiens ou les chats possédaient des noms. Ainsi, alors que son regard tendait vers la fenêtre, réfléchissant à quand elle pourrait récupérer son livre qui ne manquerait pas d'être arrivé, elle ne répondit pas à celui qui avait commis le sacrilège. Les sacrilèges. Jeter son livre alors qu'elle lisait, et l'appeler par ce numéro. À la place, elle restait sans réaction, le ventre se tordant par l'appréhension, sachant pertinemment que son refus d'obtempérer risquer de se faire payer chère. Très chère.


HRP:
C'est ça d'être médecin
Malheureusement... X)

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Re: Et si on discutait ? (ft. Anaé)

Message par Donatien le Mer 5 Juil - 14:32



Et si on discutait?


Donatien se pencha par dessus la fenêtre. Le livre s'était lamentablement écrasé au sol, froissant quelques pages lors de l’atterrissage. Un surveillant au loin qui se reposait sous un arbre, s'épongeant le front, fut interpellé par le bruit de la chute de l'objet. Il regarda le bouquin, puis leva les yeux vers Donatien, puis vers le bouquin. Il hocha la tête et se redressa aussitôt. Il saisit le livre et fit bien comprendre à son patron qu'il s'en débarrasserait définitivement.
Donatien observa le paysage. C'était donc cela, la vue dont bénéficiait A98? Vue sur la cour centrale. Et plus loin, sur les arbres calcinées et sur cette tâche dans le lointain que représentait son bâtiment à lui. Vue sur l'agitation matinale, vue sur les allées-venues, vue sur la vie.
Donatien détestait cette forêt brûlée. Il aimait tant la caresse de l'herbe verdoyante sous ses plantes de pieds. Désormais il n'y avait que des gravats et de la cendre qui le faisait tousser. Ce n'était plus beau.
Il se tourna enfin vers A98, avec pour seule lumière, les éclats de la lune illuminant partiellement son visage. A vrai dire, de sa place, A98 ne voyait certainement que le regard doré du médecin. Regard sans éclat, lui.
Tiens, elle ne disait rien?
S14 s'était de suite emballée contre lui, s'encombrant de dialogues inutiles. Donatien en avait presque eu une migraine. Mais A98 se taisait. Elle restait à sa place et le toisait, tout simplement. Même son Lys aurait dit quelque chose. Oh, rien de mal évidemment, elle était bien trop pure pour cela. Mais elle aurait fait entendre sa voix.
Depuis qu'il était entré dans la chambre, il n'avait pas entendu A98. Quel genre de voix avait-elle? Aussi douce que son visage? Ou serait-il surpris d'entendre des octaves graves? Ou peut-être avait-elle un timbre suraiguë et donc insupportable?
Quoiqu'il en soit, il se devait de le découvrir. Il devait lui donner envie de dire quelque chose.
Il s'approcha alors lentement d'elle, tel un prédateur analysant sa proie, le terrain et la situation. Puis avec langueur, il enserra ses poignets de ses doigts faméliques, pour garder le contrôle. Est-ce qu'elle supporterait d'être touchée? Son Lys se laissait faire mais Donatien avait connu des patients qui avaient cela en horreur.
En prenant soin, comme d'habitude, d'articuler chaque geste, il la fit basculer en arrière, sur son lit, ses poignets en prisonniers éphémères à la hauteur de son visage blond. Lui avait un genou sur le matelas, l'autre contre la barrière en bois du lit. Il ne voulait pas lui faire du mal. Il voulait juste voir une réaction sur ce visage impassible. Il voulait voir comment elle réagirait à ce qui ressemblait peut-être à une agression, malgré la lenteur des gestes, ainsi qu'à une prise de pouvoir. Car, ainsi positionné au dessus d'elle, il montrait clairement qu'il était le chef, qu'elle était à ses ordres, et qu'elle était la captive de l'Institut.
Il y avait tout de même une certaine distance entre eux; Donatien n'avait pas cherché à se coller à elle. Certes, sur ce lit, il aurait pu s'approcher d'elle. Mais il ne voulait pas. Il n'aimait pas trop en faire, de toute manière. De ce fait, son souffle froid devait à peine être perceptible pour la patience.
Comment supportes-tu tout cela, A98?



HORS RP:
Donatien n'est pas du genre bavardages inutiles, alors désolée du manque de dialogues >< (même si dans ça un sens, je trouve ça intéressant :0 )



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Re: Et si on discutait ? (ft. Anaé)

Message par Anaé Highlight le Mer 5 Juil - 22:46


Malgré les quelques années passées au sein de cet institut, Anaé n'avait jamais été aussi proche du médecin. Médecin qui donna pour première impression, la même qu'avait laissée Gagueulle. Ainsi, à l'insu de l'intéressait, Anaé choisi de le surnommer Gagueulle, ou Ggl pour les intimes. Destruction de toutes formes de vie, c'était le but de Ggl. Mais quel était l'objectif du médecin, pour peu qu'il en ait un ? Quelle était la raison pour laquelle il avait agi avec tant de cruauté et avait condamné le livre d'Anaé qui l'intriguait tant à une chute mortelle, puis au goutte matinale de le rosé ? Voir même au vol ou pire à la destruction totale. Ces livres étaient l'un de rares biens qu'elle pouvait posséder et y tenait beaucoup. Tout autant que les robes composant son armoire. Et malgré cela, elle pouvait clairement voir la raison pour laquelle il avait fait cela, bien qu'elle pensât que sa réaction était bien trop excessive et égoïste. Elle l'avait ignoré. C'était la seule réponse à apporter.
Alors qu'une paire d'œils dorés le fixé dans les ténèbres de la chambre, Anaé se rendit compte qu'il était si tard que le soleil avait disparu de l'horizon pourpre. Une chose qui s'était encore produite la nuit dernière. Deux tâches de lumière transparaissaient dans la nuit, des tâches ayant pour couleurs, celui du sable fin des plus belles plages. La lune blanche projetait une légère lueur faisant apparaître le contour assez grand du corps du médecin. Il était, comme beaucoup de personnes, bien plus grandes qu'elle. Ceci étant déjà assez intimidant, il fallait en plus de cela, qu'il l'observait avec ces yeux bien plus froids que froid. C'était autre choses que le manque d'émotion traversant les yeux d'Anaé. C'était une sensation de froid, quelque chose qui prenait et étreignait avant de laisser pour mort la victime sans même qu'elle ne s'en rende compte.
En parlant d'étreindre, le médecin se dirigeait vers la blonde avant de prendre en otage ses poignées. Étrangement, bien qu'elle ait peur et se demande ce qui se passait, la jeune fille eut une réflexion. Elle qui n'avait pu détacher ses yeux de Gagueulle, elle avait remarqué un point commun entre eux deux parmi toutes ces différences. Il se déplaçait et décomposé tant ses mouvements, qu'ils en devenaient lents. Chose qui ne plus pas spécialement à Anaé. Encore moins, lorsqu'elle se retrouvait maintenue à son lit. Anaé n'eut aucun mot à ce moment-là, simplement, elle ne pouvait plus que sentir la paume du médecin, et le lit s'affaisser là où son genou s'appuyait. Un lit bien fait compte tenue du fait que cela faisait déjà quelques jours qu'elle n'y avait pas dormi.
Anaé eut un frisson imperceptible qui lui remontait le long de l'échine. Elle n'a jamais été très tactile. Un peu comme l'expression de son visage et de son corps, il était rare de les voir transparaître. De plus, elle avait pris l'habitude d'avoir un certain espace pour elle. Espace qui ne cessait d'être franchi depuis qu'elle était ici, par différents médecins. Celui-ci ne faisait pas objection à la règle. Ajouté à cela, une légère douleur qui s'élancer de sa poignée. Même si la prise n'était pas des plus forte, une douleur de niveau 1.8 ou 2.4 était, quant à elle, bien présentes. Une douleur bien peu forte pour qu'une larme ne s'échoue le long de sa joue.
Alors que les yeux verts d'Anaé se posaient et fixer ceux qui lui semblaient être auparavant dorés, se sentirent encore plus petite qu'auparavant. Et l'incertitude de la situation la mettait si mal à l'aise tout au moins. En fait, dans ces moments-là, elle se détestait d'être si sensible à ce genre de chose. Son estomac était pris en otage de telle sorte qu'elle pouvait régurgiter son repas si elle ne prenait pas sur elle. En fait, la situation qu'avait provoquée ce médecin étaient assez intenable, mais bornée comme elle était, Anaé refusait d'adresser la parole à celui qui l'avait appelé par ce numéro ne signifiant rien. Il n'y avait qu'un mot qui pouvait sortir de ses lèvres, en cette situation intenable. Et ce n'était pas de supplication ni même des mots de colère ou des insultes. En fait, elle se doutait que tous les médecins ne connaissent pas le nom des patients, il y en avait tant. Ainsi, elle laissait échappé un seul mot de sa voix monotone.

-Anaé...

Ce mot s'étant échappé et volant dans l'air marquait la fin de la discussion entre Donatien et Anaé tant qu'il utiliserait ce matricule pour l'interpeller. A98 était bien loin d'être un prénom.
HRP:
Et bien, ça risque d'être une trèèèès longue discussion qu'ils vont avoir X)


Dernière édition par Anaé Highlight le Lun 10 Juil - 14:19, édité 1 fois

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Re: Et si on discutait ? (ft. Anaé)

Message par Donatien le Lun 10 Juil - 12:21



Et si on discutait?


Elle était là, sous lui, et encore une fois, son visage ne dégageait aucune expression. Ses yeux verts semblaient vouloir dire quelque chose, quelque chose que Donatien essaya de traduire mais il n'y connaissait rien à l'humain. Etait-ce une pointe de dégoût qui se dégageait de ces deux pierres d'émeraude? Est-ce qu'il la dégoûtait?
Il eut un léger froncement de sourcil, presque imperceptible. Non, il n'était pas le genre d'homme qui suscitait ce genre d'émotions. Non, il était bien trop parfait pour cela. On le jalousait, on l'admirait, et peut-être qu'on le craignait mais selon lui, il ne pouvait pas dégoûter. Il était celui étant écœuré par l'humain, parfois. Pas l'inverse.
Et, finalement, lui qui n'était pas un grand adepte du contact, fut récompensé par sa démarche. La jeune fille ouvrit enfin la bouche pour articuler un seul mot :

- Anaé ...

Très jolie voix. Elle allait avec son visage poupon. Bien, cette patiente le satisfaisait de plus en plus.
Par contre, il ne comprenait pas vraiment ce qu'elle avait dit. Anaé...? Qu'est-ce que cela pouvait bien dire? Etait-ce une incantation? Ou une prière? Ou alors il avait mal compris?
Quoique, le silence était si présent que c'était difficile de ne pas entendre l'autre lorsqu'il s'exprimait.
Déstabilisé, Donatien garda position, ses mèches blanches lui tombant sur le visage, déguisant son regard, l'assombrissant même. Il fouilla dans sa mémoire un long moment avant de s'en souvenir; c'était le prénom de la patiente.
Il haussa les sourcils de surprise, avant de baisser la tête, le dos courbé, le menton rentré vers le torse. Ses épaules se soulevèrent alors qu'il riait tout bas. C'était un rire amusé mais qui n'avait rien de rassurant. Il se moquait d'elle, c'était certain, mais ce n'était pas le moment de rire ! Ce moment où il éclatait ce rire chuchoté s'étira. Longtemps.
Il finit par relâcher les poignets de la patiente mais il resta tout de même au dessus d'elle. Ses mains étaient juste appuyée sur le matelas, de part et d'autre de la tête de A98. Son deuxième genou était remonté sur le lit pour que ses appuis soient plus confortables. Et puis il releva de nouveau la tête une fois son hilarité dissipée. Il planta ses yeux dans ceux de A98, toujours un peu moqueur mais de nouveau sérieux.

- A98, qu'est-ce que tu me fais là?

Heureusement qu'elle correspondait à ses critères de beauté, sinon il se serait sûrement mis en colère. C'était peut-être la nuit, le mutisme, et son visage de poupée qui l'empêchait de sortir de ses gongs. Quoique, il ne s'énervait pas souvent.
Il n'était pas très tactile mais les cheveux blonds d'A98 l'appelait depuis tout à l'heure, alors il saisit doucement une mèche dans sa paume de main et la laissa glisser entre ses doigts. Qu'ils étaient doux.

- Tu n'ouvres pas à Donatien, tu ne lui réponds pas quand il s'adresse à toi et maintenant tu essaies de lui faire une crise d'identité? Tu ne cherches pas à savoir la raison de ma visite, par exemple?







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Re: Et si on discutait ? (ft. Anaé)

Message par Anaé Highlight le Lun 10 Juil - 16:01



Il haussa les sourcils de surprise, avant de baisser la tête, le dos courbé, le menton rentré vers le torse. Ses épaules se soulevèrent alors qu'il riait tout bas. C'était un rire amusé, mais le silence reprit après qu'Anaé lui ait adressé la parole. Toujours au-dessus de lui, Anaé ne pouvait regarder autre chose que ce médecin qui prenait presque tout son champ de vision. De plus, elle ne voulait détourner les yeux de ce dernier, considérant que de détourner les yeux d'un animal féroce revient à lui laisser la possibilité d'attaquer. Or, il était un animal féroce, le genre d'animal capable de dissimuler ses intentions.
Pus, sans vraiment crier gare, après un moment où il réfléchissait, selon Anaé, il se mit à rire. Un rire vraiment silencieux, qui lui semblait durer une éternité. Un rire silencieux, faisant tressauter ses épaules et frissonner les personnes autours. Anaé n'appréciait pas le rire de Donatien. Il lui semblait moqueur. Cette réaction ne surprit que très légèrement Anaé. Elle avait eu affaire à des tas de réactions de la colère au mépris, rarement de la compassion et de la gentillesse et tout cela passant par la moquerie. Moquerie dont faisait visiblement preuve Donatien.
Pendant un trop long moment, il continuait à rire, alors qu'il relâchait ses poignées, sans pour autant qu'il se relève entièrement. Il semblait encore moqueur, mais cela ne l'empêchait pas de prendre la parole. Ses mots semblaient menaçants, et bien qu'il lui ait relâchait les poignées, il semblait qu'il ne pouvait s'empêcher de ne pas toucher ses cheveux. Alors qu'il avait une mèche des longs cheveux blonds d'Anaé entre ses doigts, elle ne pue s'empêcher d'avoir un nouveau frisson. Cette fois-ci, ce n'était pas un frisson lié à la peur qui lui enserré l'estomac, mais un bon frisson de dégoût. Elle détestait que d'autre personne lui touche ses cheveux. Des cheveux dont elle prenait soin. Elle choisissait toujours ceux qui pouvaient les lui touchaient, et seules deux personnes en avaient le droit sans son consentement. Généralement, elle évitait les mains qui désiraient s'en approchait ou bien les déviaient.
Alors que le médecin, lui énumérait ses torts et ce qu'elle devrait faire, elle gardait la bouche fermée. Les lèvres pinçaient pour lui signifiait qu'elle ne dirait pas un mot. Elle saisissait de ses petites mains la mèche que Donatien laissait glissé entre sa main. Et la lui retirait. Elle en profitait pour faire un nœud avec celle-ci. Cela lui rappellerait de faire faire plus d'un shampoing dessus et sur les cheveux aux alentours. Elle n'aimait vraiment pas le simple fait qu'on lui touche les cheveux, encore moins lorsque cela était un médecin.
Une fois la mèche nouait, ses yeux verts se fixaient à nouveau sur ceux du médecin. Elle ne disait pas un mot, se contentant de le fixer dans les pupilles et de respirer tout doucement. Elle contrôlait sa respiration, bien décidait à ne pas répondre au médecin. L'un des torts d'Anaé, qu'il venait justement de citer. Et pourtant, elle continuait sciemment de l'ignorer et de ne pas lui répondre. Simplement, elle observait. Elle observait les cheveux blancs tombant sur le visage de Donatien. Elle observait également l'éclat de ses yeux. Il lui semblait menaçant. Froid.


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Re: Et si on discutait ? (ft. Anaé)

Message par Donatien le Dim 16 Juil - 21:05



Et si on discutait?


Encore une fois ils étaient plongés dans un long silence, comme si c'était leur manière à eux de communiquer. Donatien l'avait observé se toucher les cheveux, et nouer cette mèche qu'il avait effleuré. Il ne se questionna pas là-dessus; lui-même avait ses petites manies. Et concernant son physique, il en avait une multitude. Il prenait soin de sa chevelure afin qu'elle soit toujours aussi blanche, qu'on ne discerne pas ses racines brunes, qu'on croit finisse par croire qu'il a réellement une tignasse aussi brillante que le halo d'un ange. Il prenait le temps chaque matin de purifier son teint, de nettoyer son visage, et de blanchir ses sourcils également. Et, si aux yeux d'un inexpérimenté, il semblait toujours habillé de la même manière, le choix de l'harmonisation entre ses chemises et pantalons était pourtant purement réfléchi. C'était une des raisons pour lesquelles il ne supportait pas qu'on le touche, ou de lui-même provoquer des contacts; on pourrait salir son ordre physionomique.
Mais Anaé lui semblait pure. Il avait certes relâché ses poignets et ils n'étaient nullement en contact elle et lui, mais c'était jouer avec le feu que de garder une telle proximité.
Il entendait la respiration de la blonde et il vit sa poitrine se soulever lentement au fur et à mesure qu'elle inspirait et expirait. Il fut fasciné un temps par cette beauté; c'était la vie, tout simplement. Une jolie colombe qui vivait. Une colombe...? Tiens, cela correspondait bien à Anaé, non?
Elle ne disait toujours rien? Jusqu'ici elle n'avait fait qu'articuler son prénom. Son prénom à elle. Prénom qui n'en valait pas la peine. Donatien ne considérait pas A98 comme une humaine, comme un être à part entière mais comme une définition, ou un synonyme. Celui, étonnement, de la pureté.
Un chatouillement dans le ventre le fit frissonner. Il gardait son masque de fer malgré ce grondement qui émergeait petit à petit, ce grondement intérieur. Il voulait pousser A98 à bout. Il voulait voir jusqu'où irait son impassibilité. Il aurait fini sa démonstration de pouvoir lorsqu'elle lui aura enfin montrer de la peur. Oui c'était ça, il voulait qu'elle ait peur, car c'était cette crainte qui compléterait le tableau de soumission.
Il parcourut son visage du bout des doigts, l'effleurant à peine, prenant conscience de son parfum. Puis il approcha son visage du sien. Tout comme ses mains auparavant, il prit le temps. A vrai dire il ne bougeait pas et leur front, sans être en contact, étaient extrêmement proches. Il ne voulait pas la toucher non plus. Leurs lèvres étaient à un souffle. A vrai dire, il se doutait qu'A98 ressentait la caresse morbide de sa respiration froide contre sa chair. Il instaurait alors une ambiance lourde, pesante. Il voulait qu'elle se concentre sur lui. Il ignorait comment fonctionner sa pathologie, et il était indifférent à cela. Il avait juste encore ce besoin narcissique d'être le centre d'attention. Il désirait qu'elle se concentre sur lui, juste sur lui. Qu'elle se questionne à son sujet et qu'elle ait peur. Qu'elle ait peur, bon sang! Pourquoi est-ce qu'elle ne lui criait pas dessus comme ces abrutis rebelles? Pourquoi est-ce qu'elle n'acquessait pas docilement comme son Lys?
Le regard de Donatien se durcissait sur ses pensées et son dos se courba, comme pour tenter de contenir cette fureur montante. Et dans un râle chuchoté tout contre elle, il lui demanda:

- Est-ce que tu as peur de moi, A98?




Hors Rp:
Comme Dodo commence à faire pression, dis-moi si ça va trop loin ou quoi :0 De toute façon je n'irais pas "loin"
(pas dans ce rp-ci ? niark niark), je ne veux pas que sa première rencontre avec Anaé soit violente ou quoi. Mais voilà, vu la tournure du rp je voulais être sûre que ça t'allais toujours \o



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Re: Et si on discutait ? (ft. Anaé)

Message par Anaé Highlight le Lun 17 Juil - 17:37



Anaé fixait Ggl et Ggl fixait Anaé. Dans ce silence pesant, rien ne semblait se passait. Seuls les chants lointains des oiseaux de nuit osaient briser ce silence. Des chants si lointains qu'ils en devenaient presque imperceptibles, mais si bruyants aux oreilles de la blonde alors qu'elle et le médecin ne disaient pas un mot, se contentant de respirer. De longues minutes s'étaient enchaînées sans que rien ne se passe. Puis, sans vraiment prévenir, le médecin lui frôla légèrement le visage. Un nouveau frisson lui parcourait l'échine alors qu'il finissait de la toucher. Puis il s'approcha dangereusement d'Anaé. Ils étaient si proches que tout le champs de vue de la blonde en était obstrué. Face à elle le visage pâle du médecin. Il paraissait sans défaut. Beaucoup trop parfait aux yeux d'Anaé. Quelques mèches de ses cheveux blancs tombaient de par et d'autre de son visage. Des cheveux bien plus blanc que blanc sous les rayons lunaires. Et parmi tout cela, il y avait ses yeux. Maintenant qu'il était aussi proche, elle remarquait que ses yeux n'étaient pas dorée, mais noisette. La surprise de la voir se rapprocher ainsi lui fit retenir sa respiration une demi seconde. Son cœur frôlait la tachycardie. Il était trop proche pour elle et elle redoutait Donatien. À ce moment précis, il lui faisait penser à un serpent. Un serpent attendant patiemment de pouvoir attaquer. Guettant sa proie, et ses faiblesses. Et sans crier gare, un râle de colère surgi et rompit le silence régnant dans la chambre.

- Est-ce que tu as peur de moi, A98?

Malgré la peur d'Anaé, car oui, elle avait peur de Donatien, elle le redoutait comme tous les patients, elle eut une envie de rire. Cette question semblait être tout droit sortit du méchant d'une série ou d'un livre fantastique. En fait, elle était consciente que c'était bien plus un rire nerveux qui voulait sortir qu'autre chose. Sûrement dû à l'oppression qu'il exerçait sur elle. Une courte distance entre eux, une colère surgissant de nul part, et un léger contact. Puis le fait qu'il était au-dessus d'elle. En fait, le temps passait à rester et à l'observer faisait penser d'Anaé que Donatien possédait un complexe de supériorité. Il voulait pour Anaé, la faire se soumettre, qu'elle tremble devant lui, lorsqu'il passait à côté de lui, même au loin. Anaé le redoutait déjà. Est-ce qu'elle en avait peur ? Sûrement. Est-ce qu'elle le lui dirait ? Non. Il lui était impensable de lui répondre. Car même dans cette position, même avec son cœur battant la chamade, même avec cette sensation d'oppression, elle n'avait pas oublié de relever dans sa question son matricule. Visiblement, il ne daignait pas prononcer un simple prénom, bien plus simple que ce matricule. Visiblement, tous les patients n'étaient plus humains pour ces médecins. Alors, elle ne daignerait pas répondre à sa question. Restant muette, lèvre close. Si une chose n'avait certainement pas changé au sujet d'Anaé était qu'elle était buttée. Et pire qu'une mule. Une fois quelque chose de décider, elle ne revenait jamais dessus. Ainsi, étant donné qu'elle avait décidé de ne pas répondre à ceux utilisant son matricule pour l'appeler, elle ne répondrait pas à Donatien.
Bien qu'elle ait décidé de cela, étrangement, elle se sentait fatigué. Et si le médecin n'était pas venu, elle se serait très certainement endormi sur son livre encore une fois. Sans même avoir fini sa ligne. À présent, seule l'adrénaline causée par la peur la tenait encore éveillée. Son cœur battant à toute vitesse. Le boucan du sang circulant dans sa tête qu'il en effaçait le chant des oiseaux. La sueur qui commençait à mouillé son dos. La chair de poule. Tout cela en était la conséquence. Et si les souvenir d'Anaé était bon, elle ne doutait pas que ses pupilles soient sous forme de myosis alors que les ténèbres enveloppé presque entièrement la chambre. Ces réactions incontrôlables du corps, étaient souvent le seul moyen de détecter une émotion de là par d'Anaé qui avait toujours le visage figé dans l'impassibilité malgré les efforts qu'elle faisait pour montrer quelque chose.
Durant le temps où le médecin patientait pour avoir la réponse, Anaé n'avait pas bouger d'un pouce. Restant aussi figé que son visage. Attendant la suite des évènements, mais toujours les lèvres bien close.


HRP:
Oui ne t'inquiète pas, je n'y manquerais pas de te dire si ça part un peu trop loin ^^

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Re: Et si on discutait ? (ft. Anaé)

Message par Donatien Hier à 23:46



Et si on discutait?


Elle se taisait. Malgré la proximité. Malgré l'évocation de son matricule. Malgré l'ambiance lourde. Elle se taisait.
Donatien eut l'impression de déceler tout de même quelque chose dans le regard de la patiente. Il ne sut quoi. A nouveau, il n'y comprenait pas grand chose aux humains. Il savait qu'on pleurait quand on était triste et qu'on souriait quand on était heureux, mais comprendre ce genre d'émotions ainsi que leurs diverses variantes, cela dépassait ses compétences.
Il nota tout de même que l'adolescente était paralysée. Elle se taisait, certes, mais elle ne bougeait pas non plus. Et elle semblait têtue et bornée, sinon elle aurait certainement déjà parlé une nouvelle fois. Donc si elle avait eu envie de se mouvoir, elle lui aurait peut-être déjà fait comprendre. Pourquoi est-ce qu'elle se laissait faire?
Très bien. Donatien était mauvais joueur et il ne partirait certainement pas d'ici sans avoir écorché une émotion de peur - ou autre chose, sur le visage de la blondinette. De base, il était venu pour tester cette A98, mais désormais ses objectifs avaient changés.
Il souffla légèrement, juste pour déposer sa respiration sur les lèvres de A98 avant de lentement s'écarter d'elle. Il prenait soin de ne pas quitter son regard et de prendre le temps de se lever, comme pour marquer son territoire, laisser son odeur glacée comme empreinte. Ce soir, peut-être qu'A98 dormirait dans des draps froids.
Il inspecta ensuite la chambre de la jeune fille. Tss, il n'aurait pas dû jeter son livre pas la fenêtre.
Il rasait les murs, étudiant attentivement chaque objet composant cette chambre et réfléchissant. Voyons, qu'est-ce que les humains aimaient? Qu'est-ce que les patients lui reprochaient, à tort? D'être sans-cœur, de mal les traiter... Ce qu'il ne comprenait pas. Lui, il allait très bien, donc les patients allaient bien également, n'est-ce pas? Il jugeait son traitement juste, alors il l'était certainement.
Mais soit.
L'Institut ne s'occupait pas bien d'eux parce que... Ils se sentaient prisonniers, ils n'avaient même pas le droit de voir leur famille...
Soudain, l'homme cessa son petit tour. Figé, il repensa à un patient qui l'avait accusé de ne pas voir suffisamment son père et de devoir se censurer à chaque visite.
Satisfait, Donatien pivota vers la blonde. Un sourire et un regard gelés, il articula lentement à l'attention d'A98:

- Tu aimes ta famille, n'est-ce pas?

Il pencha la tête sur le côté, donnant l'impression qu'elle était trop lourde à porter pour sa nuque. Puis, dans ce silence de plombs, il apporta sa main à hauteur de son visage et imita avec lenteur, de son index et de son majeur, la forme d'une paire de ciseaux.





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