Bienvenue,   !
Institut Espoir

Connexion

Récupérer mon mot de passe

Partenaires

News

16/09/2018
Ajout du bouton Discord qui avait disparu ;-;
02/09/2018 Nouvelle esthétique ! Informations ici !
08/2018 Event ♫ 5

Fell into another hole again... ||feat Alexander

avatar

Messages : 184
Points de confiance : 10
Date d'inscription : 29/09/2017
Age : 17

W133

Aeden s’était installé sur un des vieux bancs usés de la cour. Il profitait qu’il ne pleuve pas pour rester un peu à l’extérieur. C’était toujours mieux que de rester dans sa chambre à respirer l’air vicié de l’institut. Cela faisait quelques mois déjà qu’il avait été admis. Le garçon supportait mal ce nouvel environnement. Il ne se sentait pas à sa place ici. La seule personne à qui il avait vraiment adressé la parole, pour dire plus qu’un « bonjour » depuis qu’il était arrivé, était son médecin. Ce dernier semblait peu soucieux des problèmes d’intégration du garçon. Il semblait bien plus préoccuper par son QI anormalement élevé et il accomplissait quotidiennement une batterie de tests qui devait soit disant à long terme permettre à Aeden de comprendre son fonctionnement. Il sortait justement de son bureau.

Lorsqu’il avait accepté de joindre l’institut, il était loin d’imaginer qu’il aurait si peu de contact avec sa famille, et ces parents lui manquaient. Il avait du mal avec les autres. Les patients. Ils semblaient  vraiment malades. Il secoua la tête, s’en voulant d’être si péjoratif. Le ciel était couvert et le vent s’était levé. Il enfouit le bas de son visage dans son écharpe, seul incartade à l’uniforme règlementaire. Son souffle chaud se dispersait dans les plis du bout de tissu. Il avait essayé de dire au personnel de l’institut qu’il s’agissait d’une erreur et qu’il n’était pas haut potentiel, personne ne l’avaient écouté. Et maintenant il était là. Stupidement assis sur son banc à regarder dans le vide. A se demander quand cette mascarade cesserait. Si elle cessait un jour.
Le garçon se mordilla le bout de la langue, pensif. Ses yeux verts étaient fixés sur un arbre aux couleurs d’automne.

Un arbre aux couleurs d’automne,
Dont les feuilles orange
Se mêlent au monotone
Institut étrange


Ridicule. Aeden leva les yeux au ciel. Il faisait pitié. Mais il devait bien avouer que s’il y a bien une chose qui lui manquait, c’était la lecture. Lui qui, depuis sa plus tendre enfance, dévorait des livres par centaines se voyait privé de cela aussi. Il s’agissait de sa plus belle échappatoire. Lorsqu’il lisait, il ne devait pas réfléchir. Pas de conversations stressantes, pas de pensées qui partent dans tous les sens. Juste des mots qui s’enchainent pour raconter une histoire. Lire lui avait toujours procuré un genre de bien-être et de satisfaction qui lui manquait désormais. Il passa machinalement une main dans ses cheveux. Il s’ennuyait à mourir.

Sa tête tournait en rond depuis qu’il était ici. Il devait sortir de cette torpeur et trouver des idées pour faciliter son séjour, tant qu’il restait. Il savait que si son état et sa dépression empiraient, il ne parviendrait jamais à faire comprendre aux médecins qu’il n’avait pas de raisons de rester là. Qu’il allait bien. Et qu’il était un gars tout ce qu’il y a de plus normal. Il savait que pour cela, il devait se décider à parler aux autres patients, au lieu de rester dans son coin à se morfondre. C’était à peu près la seule activité qui était permise par l’institut.






avatar

Messages : 209
Points de confiance : 0
Date d'inscription : 05/05/2017
Age : 17

X111
« - Comment décidez-vous de qui prend le contrôle ?
- Bah, en fait euh... on est pas toujours d’accord mais…
- Je m’en moque de ça. Je veux une vraie réponse. Claire, nette, précise.
Le regard ennuyé du patient se fait acéré et un léger sourire, peu amical, se dessine sur ses lèvres
- Alors disons que c’est celui qui est le plus à même de gérer au mieux la situation à laquelle on est confrontés.

Extrait d’une transcription annotée d’un enregistrement audio, jour 8 »



Alexander traînait dans la cour, un ballon de football à la main. De temps à autre, il le lâchait et shootait dedans avant d’aller le rechercher. De l’extérieur, on aurait dit une âme en peine, errant en plein ennui, impression qui était renforcée par le temps maussade qui régnait sur les lieux.
C’était son but. De donner cette impression. En réalité, son esprit était en pleine ébullition. D’une part, Cap jouait au ballon, pour passer le temps mais surtout pour donner l’opportunité au Génie de faire son repérage habituel sans attirer l’attention. Celui-ci profitait des allées-venues de sa moitié pour observer et noter l’emplacement des caméras de sécurité de la cour. Visiblement, leur nombre avait été augmenté, remarqua-t-il froidement.
« Ca y est ? T’as fini ? »
« Oui. On peut rentrer. »
« Oh, non ! J’ai pas envie d’rentrer ! En fait j’avais une idée »
Le Génie se tut un instant. Quand Cap avait des idées, ça promettait généralement pas mal d’ennuis.
« Quelle est ton idée ? » Lâcha-t-il finalement.
Un sourire malicieux se peignit sur le visage d’Alexander, alors sous le contrôle de Cap.
« Je voulais juste ‘mettre à l’épreuve une théorie’ comme tu dis »
Bon. Il avait gagné. Cap avait gagné. La curiosité du Génie était piquée.
« Quelle théorie ? »
« Celle qui veut que tu sois incapable de faire quoi qu’ce soit avec ton corps. »
Cette fois-ci, c’était son égo qui était piqué. Le Génie râla et résista pour la forme. Cap le connaissait trop bien. Il était capable de tout quand sa curiosité et son égo étaient titillés de la sorte. Le tourmenteur eut un ricanement volontairement caricatural, qu’il tirait de son expérience des Disney de son enfance en se retirant des commandes de leur corps. Le défi qu’il proposait était évident : après tout, ils avaient un ballon de foot dans les mains.
Le Génie prit donc le contrôle et fixa la balle un moment. Qu’est-ce qu’il allait faire avec ça ? Il le lança plusieurs fois, le rattrapant maladroitement avec les mains, essayant d’évaluer son poids. Il recommença en le lançant un peu plus haut cette fois. Il faillit le faire tomber, s’attirant le rire moqueur de Cap.
« Hé, mec, tu t’fais appeler le Génie alors tu d’vrais savoir que le ‘foot’ dans ‘football’ ça veut dire pied, non ? »
« Ca va, ça va, deux minutes ! » Grommela-t-il.
Il laissa tomber la balle au sol et la poussa timidement du bout de sa chaussure. L’objet roula un peu plus loin. Encouragé par ce succès et poussé par l’insistance de Cap, il recommença plusieurs fois, avec de plus en plus d’assurance, jusqu’à frapper franchement dans la balle. Il le regretta tout de suite. Celle-ci décolla bien au-delà de ses espérances et décrivit une parabole parfaite avant d’aller s’écraser dans le visage d’un patient assis sur un banc.
Le Génie resta un instant interdit.
« Je savais que cette idée n’allait que nous causer des problèmes. »
« Bah, du coup, ma théorie est validée non ? »
« Je te hais. »
Il allait devoir s’excuser. Il détestait ça. Ca revenait à s’abaisser devant des gens auxquels il était supérieur, très souvent. Mais il était poli. Et puisqu’il le fallait… Il espérait juste que cet individu blessé n’irait pas rapporter l’incident aux autorités, sinon ça risquait de passer pour une agression. Il n’avait pas envie d’avoir plus de problème qu’il n’en avait déjà.
Il s’approcha donc de ce qui s’avérait être un garçon de son âge aux cheveux sombres. Il le regarda un instant puis lui adressa la parole en détournant légèrement le regard.

- Je te prie de m’excuser pour ma maladresse. Ce n’était pas volontaire.


Dernière édition par Alexander Hexe le Mar 17 Oct - 18:05, édité 1 fois
avatar

Messages : 184
Points de confiance : 10
Date d'inscription : 29/09/2017
Age : 17

W133

Le ciel gris commençait a à sérieusement foutre le cafard au jeune Aeden. Il n’allait pas tarder à rentrer pour faire… faire quoi d’ailleurs ? Se coucher sur son lit et observer le plafond délavé des dortoirs ? Ou encore se raconter des histoires seul pour passer le temps ? C’était pathétique.

Aie. Il ferma soudainement les yeux dans un réflexe pour protéger le sens qu’il utilisait le plus. Il ne savait pas si le monde se moquait de lui, mais à peine avait il eut le temps de penser à sa vie pathétique qu’il se prit une balle de foot dans la figure. Aie. S’il ne se lamentait pas, ce genre de choses ne lui arriverait pas, il en était sûr. Il se frotta le nez comme si cela pouvait faire aider à évacuer la douleur qui remontait dans ses sinus.

Son regard se tourna vers le « coupable ». Ce dernier était à une bonne distance, Aeden estima qu’il avait de la chance de ne pas saigner du nez car la balle avait dû prendre une très bonne vitesse avant de lui atterrir dessus. Il pensa tout d’abord que le gars qui lui avait fait ça, l’avait fait de manière intentionnel. Il se tanna pour sa méfiance quand le brun s’approcha pour s’excuser. Pourtant quelque chose fit tiquer le jeune adolescent aussitôt. C’était ce regard satisfait. Pas très long. Juste assez pour laisser peser un doute. Aeden relâcha pourtant aussitôt l’attention. Il se sentait stupide d’être aussi méfiant. Ne pouvait-il donc pas simplement parler avec un garçon comme tous les ados de son âge ? La réponse était évidente. Non. Ils étaient dans un institut. Remplis de gens malades.

- Je te prie de m’excuser pour ma maladresse. Ce n’était pas volontaire.

Le brun qui lui faisait face était plus grand que lui, mais ils ne doivent pas avoir un âge très différent. Il avait l’air tout ce qu’il y a de plus normal, en dehors bien sûr de son uniforme blanc qui donnait l’air à n’importe qui d’un interné. Il s’apprêta à répondre puis s’arrêta net. Le monde ne se fout peut être pas du garçon finalement. Il pourrait essayer de prolonger la conversation. Il rétorqua donc, un sourire moqueur aux lèvres :

- Tu vises bien.

L’autre ne peut pas manquer la note d’ironie dans sa voix. Aeden se mordilla la langue, peu sûr de lui. Ce n’était peut-être pas une bonne idée de dire ça. Et si l’autre le prenait mal ? Le garçon en aurait presque pleuré. Ce qu’il pouvait être bête. Pourquoi ne pouvait-il pas simplement accepter ces excuses et tenter une approche plus conventionnelle ? Du genre « Au faites, tu t’appelles ? ». Ce n’était tout de même pas si compliqué que ça. Il ne mit que quelques secondes pour se rattraper mais suffisamment pour s’en vouloir et pour que ses joues prennent une couleur légèrement plus rosées. Aeden baissa le regard pour retrouver un peu de contenance tout en s’exprimant :

- Je rigole, pas de problème. Je n’ai pas vraiment eu mal.

Ok. Ce n’est qu’un demi-mensonge. Il a l’impression d’avoir une balle de foot imprimé sur son nez mais ça passe déjà. Il a vécu pire. Quand on ne sait pas s’exprimer, qu’on est trop gentil et qu’on est entouré des mauvaises personnes, on passe forcément par la case « harceler ».  Et même si c’est plus humiliant que douloureux, ça tourne toujours mal. Surtout quand on défend les autres handicapés sociaux qu’on rencontre. Quand il voit l’état des autres patients, c’est peut être péjoratif mais, il se sent privilégier. Il n’a pas vécu l’enfer comme certains.





avatar

Messages : 209
Points de confiance : 0
Date d'inscription : 05/05/2017
Age : 17

X111
Le Génie crut que le garçon qui lui faisait face n’allait jamais lui répondre. Aussi, il se prépara à faire demi-tour – après tout, il s’était excusé, il n’avait plus rien à faire ici – mais finalement, une voix le retint. Et lui fit grincer des dents. L’ironie était tellement peu subtile qu’elle en était palpable et poisseuse comme le smog qui recouvrait le Londres du XIXème siècle tel qu’il est représenté dans les livres d’Histoire. Et puis, il n’avait pas besoin de souligner sa maladresse bon sang ! Il venait de s’excuser ! Cependant, extérieurement, il garda un aspect calme et froid qu’il ponctua d’un sobre.

- On dirait n’est-ce pas ?

Il resta debout, immobile devant lui. Il sentait confusément que le garçon face à lui n’avait pas terminé, qu’il voulait ajouter quelque chose et qu’il serait très impoli de sa part de s’en aller maintenant. Alors il attendit qu’il formule sa pensée, tout en priant pour ne pas avoir à lui faire la conversation.

- Je rigole, pas de problème. Je n’ai vraiment pas eu mal.

Le Génie haussa un sourcil incrédule. Pourquoi mentir si c’était pour que le mensonge soit aussi évident ? C’était débile de mentir quand on ne savait pas le faire correctement. On se faisait immédiatement griller et on avait l’air ridicule au possible.

- Tant mieux. Répondit-il cependant.

Il n’avait pas envie de rentrer dans le débat avec lui. Il n’en voyait pas l’intérêt. Après tout, il n’y avait que peu de raisons valables pour parler et écouter. La principale d’entre elles était d’en apprendre plus sur les lieux et de se faire des alliés pour trouver un moyen de mettre à bas l’Institut. Et d’une part, il avait l’air d’être arrivé depuis peu et de ne pas pouvoir lui apprendre grand-chose de ce qu’il ne savait déjà et d’autre part il ne le connait pas assez pour lui faire confiance et rien ne lui donnait envie chez lui de chercher à mieux le connaitre. Il avait l’air complétement banal après tout.
« Banal ? Tu en sûr ? J’te rappelle qu’on a pas l’air beaucoup plus intéressant au premier coup d’œil. Et puis s’il est ici, y a probablement une raison quand même. »
Le Génie soupira. Cap avait raison évidemment.
Bon. Il pouvait bien essayer de lancer la conversation. Au pire il pourrait toujours s’en aller.

- Tu es ici depuis peu, je me trompe ?
avatar

Messages : 184
Points de confiance : 10
Date d'inscription : 29/09/2017
Age : 17

W133

- Tant mieux.

Aeden crut que les choses allaient s’arrêter là. Que le garçon allait reprendre sa balle et repartir. Il était partagé entre tenter de le retenir en lui posant une question ou le laisser partir. Son choix s’arrêta aussitôt sur la deuxième option. Il n’était pas assez sociable pour poser une question de manière naturelle et il ne voulait pas passer pour un malade. Il allait retourner à ses divagations lorsque l’autre lança :

- Tu es ici depuis peu, je me trompe ?

Son attention se recentra sur le garçon. Aeden le regarda presque avec incrédulité. Il jouait le garçon qui avait passé sa vie à l’institut ? Ok, il s’était peut être toujours montré très discret mais il ne pensait pas être passé à ce point inaperçu auprès des autres patients. Leurs numéros respectifs n’étaient tout de même pas si éloigné, l’autre aurait pu s’en apercevoir. Il se rendit tout de même à l’évidence. En décidant qu’il n’avait rien à faire à l’institut, il s’était coupé de tout contact avec les autres. Il ne connaissait personne, et personne ne le connaissait. Depuis 4 mois. Il se rendait seulement compte maintenant du mal que cela pouvait lui causer. Il était comme tout le monde, parler, avoir des amis, c’était des choses essentielles dans une vie. Il répondit d’un haussement d’épaule :

– Depuis peu oui… Et toi ?

Ok. Voilà ce qu’il se passait lorsque le garçon paniquait. Il ne savait pas quoi dire au garçon face à lui et plutôt que de chercher, il préférait se faciliter la vie en retournant sa question. Sauf que cette question était stupide, et qu’il connaissait pratiquement la réponse. Il prit un air dégagé, comme si il n’était pas en train de s’insulter mentalement. Il mordilla l’intérieur de sa joue, et se redressa un peu sur son banc, comme pour se donner une certaine contenance. C’était toujours mieux que de mettre plusieurs minutes à répondre, comme cela était déjà arrivé au garçon par le passer. Enfin, quand la personne avec qui il parlait ne coupait pas court à la conversation pour éviter de devoir subir la lenteur d’Aeden. Parfois cependant, il répondait au quart de tour.





avatar

Messages : 209
Points de confiance : 0
Date d'inscription : 05/05/2017
Age : 17

X111
"Depuis peu." "Depuis peu."
Le Génie s'agaçait. Il n'arrivait pas à déterminer si c'était spécifique aux patients de cet Institut ou si c'était une manie des gens en général mais ces demi-réponses l'énervait considérablement. Ce n'était pas quantifiable un "depuis peu". Alors soit c'était une volonté de rester vague, auquel cas il pourrait éventuellement l'accepter même s'il détestait qu'on joue à ça avec lui, soit c'était la preuve d'un manque total de rigueur mentale et il jugeait ce trait de caractère pitoyable. Enfin. Ce n'était pas comme si ça l'intéressait vraiment de toute façon. C'était juste une manière comme une autre de lancer la conversation puisque c'était ce que voulait Cap.

- 6 mois, 14 jours et... 3 heures 14 si je me fie à l'horloge de la cour.

Oui. Sa réponse à lui était des plus précises. Lui était rigoureux contrairement à la plupart des gens.
Il dévisagea le garçon un moment, notant son visage et son numéro presque instantanément grâce à sa mémoire photographique. A 189. "Depuis peu" hein ? Il devait être là depuis plus longtemps qu'il ne voulait le faire croire, à moins que la section S se remplisse plus rapidement que la section A. Avait-il quelque chose à cacher ?

- Quel est ton nom ?

Il avait posé la question d'un ton dégagé, comme si cela lui importait peu, mais sa méfiance et sa curiosité étaient piquées. Il voulait l'entendre parler. Aussi, il ajouta sobrement, sans lui laisser le temps de répondre.

- Le mien est Alexander Hexe.

Au moins, il ne pourrait pas lui retourner la question puisqu'il avait déjà la réponse. Et il continuerait à le regarder en silence jusqu'à ce qu'il craque et qu'il lui dise quelque chose. N'importe quoi. Il voulait le voir prendre l'initiative de la conversation pour savoir à quel type de personne il avait à faire.
"T'es parano mec. Tu vas le mettre mal à l'aise le pauvre."

HRP:
Désolée, c'est un peu court mais je n'ai pas très envie de délayer le texte juste pour le rendre plus long et pas plus intéressant
avatar

Messages : 184
Points de confiance : 10
Date d'inscription : 29/09/2017
Age : 17

W133

La réponse du garçon fit sourire Aeden intérieurement. C’était précis. Est-ce que ce garçon était à ce point à cheval sur le temps ? A moins que ce ne fut sur les nombres ou encore pire sur tout. Si le garçon aimait les chiffres, il n’aimait pas le temps. Les heures, les minutes, les secondes,… Ca voulait tout dire et rien dire en même temps. Une invention qui empêchait les hommes de profiter du moment présent. Trop de fois, Aeden avait regardé sa montre avec angoisse, s’imaginant déjà en retard en cours. Trop souvent il avait eu le vertige en entendant son âge défilé, sans qu’il ne puisse retenir que de petits morceaux déchirés de souvenirs lointain. Le temps passait, et il n’en gardait que trop peu. En tout cas la réponse du garçon prouvait bien à Aeden qu’il n’était pas loin de la vérité. Il n’y avait que 2 mois d’intervalle entre eux.

- Quel est ton nom ? Le mien est Alexander Hexe.

Aeden fixe les yeux gris d’Alexander. Quelque chose le fit tiquer. Depuis toujours, le garçon aimait regarder les yeux des gens. C’était un peu comme un thermomètre pour lui. Il prenait la température. Cela lui permettait en général de plus ou moins cerné ceux qu’il croisait. Ici, il aurait plutôt dit que le garçon était du genre froid. Il semblait dans ses réponses être un esprit rationnel enfermé par des barrières de chiffres et de valeurs scientifiques. Il semblait presque sur le qui-vive mais Aeden se dit qu’il devait une nouvelles fois s’imaginer des choses. Il s’imaginait beaucoup de chose d’ailleurs…. Car quelque chose dans le regard du garçon le rendit plus curieux. Il ne parvenait à saisir quoi. Il se mordilla l’intérieur de la joue, cherchant à savoir ce qui pouvait le faire tiquer. Sauf que se concentrer était loin d’être dans les habitudes du garçon qui finit par se désintéresser. Il laissa son regard glisser sur la balle de foot. Il répondit :

– Moi c’est Aeden. Aeden Zethar.

Il savait que là, comme tout être vivant normal, dans une conversation normale, c’était à son tour de se débrouiller pour trouver quelque chose à dire. Malheureusement, ça n’était pas si facile pour lui. Pas qu’il n’avait pas de question à poser. Aeden était un garçon extremement curieux. Mais il y avait ce qu’on appelait la politesse. Il avait appris très vite que certaines questions ne se posent pas. Hors c’était souvent celles-là qui intéressait le garçon. Savoir comment quelqu’un allait avait un intérêt restreint alors que savoir pourquoi il allait bien ou mal était plus intéressant. Le « et toi », refuge qu’Aeden utilisait si souvent était dans ce cas-ci inutilisable. Il devait sortir de sa paresse sociale pour éviter qu’un malaise ne s’installe.  D’autant plus que dans sa tête, des questions aussi différentes les unes que les autres se bousculaient. Certaines n’ayant aucuns intérêts, mais étant plus facile à caser dans une conversation banale.

– Hexe prend un H ?

Ok par contre celle-là, elle était sortie toute seule. Aeden se serait giflé s’il avait pu. Au lieu de ça, il lança un regard décontracté à Alexander, comme si de rien n’était.


Spoiler:
T'inquiète pas Wink Mieux vaut petit mais de qualité que gros et non ^^ Et puis parfois, je réponds pas plus long moi même





avatar

Messages : 209
Points de confiance : 0
Date d'inscription : 05/05/2017
Age : 17

X111
Aeden Zethar. Le Génie fronça les sourcils, cherchant l'origine de ce nom. Aeden. Si sa mémoire était correcte - et elle l'était sans l'ombre d'un doute - il s'agissait d'un prénom celte ayant un rapport avec le feu. C'était dommage pour un garçon qui avait l'air aussi lunaire. Cela aurait mieux convenu à une personne flamboyante. Mais après tout, des parents ne peuvent pas prévoir le caractère qu'aura leur enfant. Et Zethar. Un nom d'origine hébraïque lui semblait-il. Drôle de mélange ethnique que voilà.

- Effectivement. C'est d'origine allemande.

Il se tut et le regarda. C'était une question méticuleuse et il aimait ça, les gens qui ne se contentent pas de la surface des choses. Ne pas se contenter des sonorités d'un nom et vouloir voir son orthographe, ça révélait des choses sur les gens. Ainsi le dénommé Aeden avait visiblement une fibre plus littéraire que mathématiques. Ce n'était pas son cas, même s'il appréciait un bon Orwell de temps à autre et qu'il lisait fréquemment des classiques pour étendre toujours plus loin sa culture générale mais il respectait ça. Son regard se fit un peu moins incisif. S'il avait touché juste, la conversation pourrait devenir plus intéressante que prévu. Il prit place à côté de lui sur le banc.

- Tu connais le poème "Die Loreleï" de Heine ? Ma soeur a été nommée d'après ce poème.

C'était plutôt Cap qui était complètement gaga de Lore mais la mentionner faisait plutôt plaisir au Génie aussi. Cependant il ne parlait jamais d'elle devant les autres, pour des raisons stratégiques. Alors pourquoi l'avait-il évoqué là maintenant, devant un étranger ? Son regard se perdit quelques instants dans les nuages. Probablement parce qu'elle lui manquait plus qu'il ne voulait bien se l'avouer. Depuis qu'il avait appris qu'elle avait été envoyée chez les patients zéros il ne l'avait pas revu. Il devait absolument mettre un point un plan pour la revoir. Lui et Cap lui avaient fait une promesse. Plus jamais ils ne seraient séparés.
"Et on tiendra notre promesse, hein Génie ?"
"Evidemment Cap. Evidemment."

- Moi je l'aime beaucoup.

Il pensait à voix haute. Il pensait à Lore. Puis, se rendant compte de l’ambiguïté de cette affirmation, il récita quelques vers du poème, en Allemand cela va de soi puisqu'il s'agissait de la langue d'origine du texte et qu'il était donc bien plus bénéfique à la culture de le connaître comme ça.

- Pour la plupart des gens il s'agit du meilleur poème allemand mais la majorité des gens n'ont pas nécessairement raison n'est-ce pas ?
avatar

Messages : 184
Points de confiance : 10
Date d'inscription : 29/09/2017
Age : 17

W133
Aeden écouta la réponse du garçon, content qu’il ne semble pas prendre les choses mal. Il continua, parlant poésie. Ok, Aeden connaissait quelques classiques mais il n’était pas très bon avec les titres ou les auteurs. Il adorait lire, il aimait la poésie. Mais il n’accordait que peu d’importance aux titres ou auteurs des romans. Alexander, lui, devait être littéraire. Il avait l’air de s’y connaitre. A moins qu’il ne connaisse ce livre que parce que ça sœur était nommé d’après ce poème. Le garçon n’aurait su le dire. Il savait cependant que le brun avait l’air très précis. Il semblait maintenant pensif. Aeden aussi.

Il se sentait un peu dépasser. Alexander semblait plein de ressources, il parlait facilement, et avait l’air plutôt cultivé. Il avait un peu honte de sa propre culture générale. Quand il était petit, il préférait se plonger dans des livres d’aventures ou de sciences plutôt que d’apprendre vraiment. C’était comme s’il avait des pièces d’un vélo, mais quelle était désassemblés. C’était sympa une roue et un guidon, mais ce n’était pas utile pour avancer. C’était le problème avec Aeden. Il s’éparpillait toujours partout. Il se mordillait l’intérieur de la joue nerveusement lorsqu’Alexander fit :

– Moi je l’aime beaucoup.

Son attention retourna vers son interlocuteur. Il eut un sourire. Il n’aurait trop su dire s’il parlait de sa sœur ou du poème. Le garçon ne pouvait pas comprendre, il n’avait ni frère, ni sœur. Mais il pouvait supposer que cela devait être dur d’être à l’institut, loin de sa famille. Il se mit à parler allemand et le garçon supposa qu’il récitait quelques vers. Il se dit que peut-être, peut-être qu’il n’était pas seul à se sentir seul. C’était facile de penser à soi, plus dur de penser aux autres.

- Pour la plupart des gens il s'agit du meilleur poème allemand mais la majorité des gens n'ont pas nécessairement raison n'est-ce pas ?

La majorité des gens n’avait pas raison. Clairement. Parce que c’était facile que tel chose était mieux que tel autre chose, mais ça n’avait aucun sens. Et souvent, c’était les grandes gueules qui parlaient et écrasaient la parole des plus petits. Ce genre de choses avait le don d’énerver Aeden.

- La seule personne qui a raison dans toutes les situations, c’est soi-même. Parce qu’il n’y a que pour nous que ça a une vraie importance.


Le garçon baissa le regard sur ses chaussures, perdu dans ses pensées. Aeden ne savait pas trop s’il avait su exprimer ce qu’il voulait dire correctement, mais au moins il avait essayé. C’était une phrase qu’il n’avait jamais su appliquer à lui-même. Son avis n’avait aucune valeur pour lui. Il avait longtemps souffert de solitude, et avait fini par s’adapter aux autres, se fondre dans la masse pour s’intégrer. Il s’était perdu et ne parvenait pas à se retrouver. Il récupérait de temps en temps des morceaux, mais rien qui ne puisse se réparer. Il avait perdu son identité, mais ne voulait pas que cela arrive à qui que ce soit d’autres. Ce n’était pas souhaitable. Il n’était plus lui et ne le redeviendrait probablement jamais, il s’était troqué contre une place dans la société. Une place qu’on lui avait refusée. Et désormais, il était ici. A l’Institut. Il releva ses yeux verts, affrontant le regard d’Alexander :

- Et ceux qu’on aime.






avatar

Messages : 209
Points de confiance : 0
Date d'inscription : 05/05/2017
Age : 17

X111
- La seule personne qui a raison dans toutes les situations, c’est soi-même. Parce qu’il n’y a que pour nous que ça a une vraie importance.

Un sourire sincère s'épanouit sur les lèvres d'Alexander, et sous le contrôle du Génie, c'était suffisamment rare pour être noté. Ce garçon avait tout compris. Seul l'individualité profonde comptait au final. Jamais il n'aurait cru tomber sur une personne avec qui il avait autant d'affinités. Il hocha la tête, les yeux affichant son respect.
Il espérait qu'Aeden prenait cela à sa juste valeur car les personnes qu'il respectait vraiment se comptait sur les doigts de la main. D'une seule main.
Il ajouta que l'avis de ceux que l'on aimait était aussi important et il hocha de nouveau de la tête, légèrement moins convaincu. Il supposait que c'était important effectivement, toutes les études qu'il avait pu lire sur ce sujet abondait dans ce sens mais son expérience personnelle ne lui avait jamais prouvé. La seule personne qu'il aimait vraiment, c'était Lore et malheureusement, ce n'était pas une lumière alors son avis... D'ailleurs il se demandait bien comment quelqu'un comme lui avait bien pu s'attacher à quelqu'un d'aussi... peu éclairé...
"Parce qu'elle a d'autres qualité Génie. Quoique t'en penses, l'intelligence est pas la seule chose à valoriser chez une personne."
Le Génie nota passivement cette remarque de Cap. Il prenait goût à la conversation il semblerait.

- Je suppose que oui. Quelles sont les personnes à qui tu tiens le plus toi ? Les personnes dont l'avis compte ?


C'était une question anodine au premier abord, mais la réponse revêtait un réel intérêt pour lui. Il devait l'admettre il n'était pas très en matière de relations humaines mais il s'intéressait beaucoup à celle des autres.
"Ouais tu vis par procuration quoi."
"Non, je t'ai toi et ça me suffit, imbécile."
"Moi aussi je t'aime Génie"
avatar

Messages : 184
Points de confiance : 10
Date d'inscription : 29/09/2017
Age : 17

W133
Alexander semblait d’accord avec ce qu’Aeden disait. Il y avait aussi autre chose. Une forme de respect. Le garçon se sentit un peu flatté, avec le sentiment qu’il n’en méritait pas autant. Alexander lui semblait bien plus supérieur. Il n’aurait su dire ce qui pouvait lui faire penser ça, mais cela semblait un fait.

- Je suppose que oui. Quelles sont les personnes à qui tu tiens le plus toi ? Les personnes dont l'avis compte ?

Aeden aurait pu se douter qu’il risquait d’essuyer ce genre de questions. Il n’avait qu’à se taire la prochaine fois, s’il voulait éviter de faire de l’introspective. Il n’hésita pas avant de répondre à son acolyte :

- Il n’y a personne à qui je tiens.

Ces yeux verts se plantèrent dans ceux d’Alexander. Auparavant, il aurait pu hésiter. Il y avait ces parents. Ces parents l’aimaient profondément, mais le fossé qui s’était creusé entre eux étaient devenus infranchissable. Il les avait vus trois fois depuis qu’il était à l’Institut, et il sentait qu’il n’avait plus grand-chose à leur dire. Il ne pouvait que leur souhaiter le bonheur. Son rôle constituait à leurs adresser des sourires de façades. Mais il n’y avait plus rien d’honnête dans cette relation.

Quant aux personnes dont l’avis comptait, c’était beaucoup plus compliqué. L’avis de trop de monde avait pu compter par le passé pour le garçon. Désormais, il était fatigué de chercher à plaire. S’il se conformait à ce que l’on attendait de lui, c’était dans le seul but de quitter cet endroit. Même s’il commençait à douter que cela vaille la peine. Il rentrerait ensuite chez lui, il retournerait à sa vie sans couleur. Il se conformerait à ce que ces parents attendaient de lui, jusqu’à leur mort. Ensuite, ce serait peut-être aux attentes d’une fille, d’enfants, … Il vivrait sa vie sans saveur, jusqu’à ce que lui-même trouve la mort. Il n’aurait laissé son empreinte nulle part, il aurait suivi des chemins fléchés, bondés de gens ridiculement ordinaire sans jamais tenter de ressortir du lot.

– Et j’ai déjà suivi l’avis de trop de gens. Et toi ?

C’était une réponse très honnête qui surprit le garçon. Il haussa les épaules. Il n’avait pas eu le sentiment qu’il était nécessaire de lui renvoyer la question. Enfin, dans un premier temps. Puis quelque chose l’avait poussé à le faire. Il écoutait un peu plus son instinct quand c’était sur des questions de réflexions, et non sur des actions. Aeden n’était pas du tout un « homme d’action ».


Spoiler:
Désolé je t'ai fait un peu attendre xD





avatar

Messages : 209
Points de confiance : 0
Date d'inscription : 05/05/2017
Age : 17

X111
- Il n’y a personne à qui je tiens.

La réponse avait fusé, claqué comme un couperet. Cap aurait trouvé ça triste mais pas lui. Tenir à quelqu'un, ça se faisait ou ça ne se faisait pas c'était tout. Et puis quelque part, tenir à trop de gens, c'était s'affaiblir. Ce n'était donc peut-être pas une mauvaise chose au fond.
Un regard vert, franc, se planta dans le sien.Le Génie fut agréablement surpris. Peu de gens osait soutenir son regard gris acier, inquisiteur. D'une manière générale, il lui semblait que les gens n'aimaient pas trop les contacts visuels trop francs, trop directs ou prolongés. Il n'avait jamais compris pourquoi.

– Et j’ai déjà suivi l’avis de trop de gens. Et toi ?

Les lèvres du Génie ne bougèrent pas, gardant leur habituelle moue sérieuse, bien trop sérieuse, mais ses yeux sourirent. Et c'était la plus sincère preuve d'approbation dont il était capable de faire preuve. Contre toute attente, ce garçon lui plaisait bien. Enfin quelqu'un avec qui il se sentait sincèrement sur la même longueur d'onde. Il avait rarement autant apprécié un échange. Mais il ne voyait que très peu l'intérêt de répondre à cette question. Heureusement pour Aeden, celui-ci avait suffisamment gagné son estime pour qu'il le fasse quand même.

- Alors je t'encourage à continuer sur cette voie.

Il se leva du banc sur lequel il était assis et se planta devant Aeden, se pencha légèrement vers lui.

- Pour ma part je n'ai jamais suivi l'avis de qui que ce soit. On ne développe son propre potentiel que lorsqu'on cesse de vouloir plaire aux autres. D'être comme eux. Et ce qui fait que je suis quelqu'un d'unique. Que tu as du potentiel pour devenir quelqu'un d'unique.

Peut-être pas d'aussi unique que lui mais... Il avait du potentiel. Il le sentait. Il aimait ça chez lui.
Il le fixa également dans les yeux et tendit la main vers son épaule, guettant un signe d'approbation. Il était presque sûr de l'apercevoir alors il s'autorisa à entrer en contact avec lui. Il déposa sa main sur son épaule et lui dit :

- Tu devrais saisir cette chance de devenir unique.
N'aie pas peur de penser autrement.
avatar

Messages : 184
Points de confiance : 10
Date d'inscription : 29/09/2017
Age : 17

W133
- Alors je t'encourage à continuer sur cette voie.

Aeden le regarda se lever, perdu dans ses pensées. Alexander était donc du genre à agir comme il pensait et non comme les autres pensaient. Cela paraissait logique. Le garçon était clairement sûr de ce qu’il disait, et il y avait en lui une assurance que le surdoué ne pouvait même pas rêver d’avoir. Il savait des choses que lui ne savait pas. Il semblait si évident de le suivre qu’Aeden ne se posa même pas la question de savoir la raison pour laquelle il pouvait l’encourager. Il doutait cependant que les choses soient si simples que ça. Etre soi, était-ce vraiment ce qu’il voulait ? Il ne souhaitait blesser personne, et en étant lui-même, ces convictions finiraient forcément par faire du mal.

- Pour ma part je n'ai jamais suivi l'avis de qui que ce soit. On ne développe son propre potentiel que lorsqu'on cesse de vouloir plaire aux autres. D'être comme eux. Et ce qui fait que je suis quelqu'un d'unique. Que tu as du potentiel pour devenir quelqu'un d'unique.

Il avait mis le doigt exactement sur ce qui bloquait chez Aeden. Plaire aux autres c’était tout ce qui le hantait. Il était si déterminé à ce que les autres l’apprécient qu’il en était venu à ne même plus savoir ce que lui-même appréciait chez lui. Et il savait qu’il gâchait son potentiel. Même s’il refusait d’admettre qu’il puisse avoir une réflexion différente et plus efficace dans certaines branches et moins bonnes dans d’autres. Il avait équilibré les choses en étant mauvais partout. Il ne fournissait pas d’effort et se contentait du minimum. Toute son énergie, il l’utilisait à être médiocre.

Mais quelque chose dans le discours d’Alexander le fit tiquer. C’était le principe d’être unique. Qu’est-ce que cela pouvait apporter ? Aeden se fichait pas mal d’être unique. Le garçon voulait être utile. Pas unique. C’était peut-être là que résidait son problème ? Il voulait que ce qu’il fasse dans la vie serve à quelque chose. Il se cherchait un but. C’était ça. Un but. Sauf qu’il y avait tant de choses qui n’allait pas dans le monde, tant de but qui méritait de l’intérêt qu’Aeden s’était totalement perdu. Il ne pouvait pas tout faire, et du coup, il ne faisait rien.

Il voulait être utile, mais aussi, il voulait être lui. Il chercha dans les yeux d’Alexander ce qu’unique pouvait bien signifier pour lui. Peut-être que pour lui, unique et être soi-même c’était la pareil ? Il comprit que le garçon voulait entrer en contact physique avec lui et approuva en hochant la tête. C’était étrange. Personne ne lui demandait jamais son avis quand il s’agissait de contact. Les gens trouvaient ça naturel, là où le garçon trouvait ça très envahissant. Il avait tendance à subir la chose, et il fut positivement étonné de voir qu’Alexander prenait le temps de lui demander son avis avant d’entrer en contact. Il posa sa main sur l’épaule d’Aeden et ce dernier se sentit comme un petit garçon.

- Tu devrais saisir cette chance de devenir unique. N'aie pas peur de penser autrement.

Il commençait à comprendre ce que voulait dire Alexander par «unique ». Il n’était pas question de but ou d’utilité. Aeden s’était une nouvelle fois encore perdu dans ses pensées et s’était écarté de ce que le brun lui disait. Parce que cette envie d’être utile, ça faisait peut-être partie des choses qui faisaient de lui une personne unique. Ou peut-être pas unique mais un peu différente. Tout se compliquaient, en effet, vouloir plaire aux autres faisait partie des choses qui faisaient de lui ce qu’il était. Et donc qui faisait de lui un être unique. Trouver l’équilibre entre toutes ces données lui semblait impossible. Il ne comprenait pas comment Alexander pouvait faire. Il devait avoir trouvé un équilibre ? La main du garçon sur son épaule prenait toute son importance. Il se sentait perdu et ce contact lui permettait de ne pas perdre pied. C’était… rassurant. Ce garçon, Alexander, il avait quelque chose de rassurant. Si lui y était parvenu, peut-être qu’Aeden en serait capable un jour.

Le surdoué avait peur. Penser autrement, ça lui faisait vraiment peur. Il avait enfouille ce qu’il était si profondément qu’il était mort de peur à l’idée de déterrer cette pensée. Pour une multitude de raisons. « J’ignore si j’en suis encore capable ». C’était ce qu’il aurait voulu dire. Mais c’était trop intime, trop profond. Et Aeden avait peur de se noyer en essayant de récupérer les mots au fond de lui. Il retrouva les deux yeux gris incisifs du garçon. Il passa une main dans ses cheveux en bataille histoire de se laisser quelques secondes supplémentaires pour répondre.

– Je… Merci pour le conseil.

Il voulait ajouter des tonnes de questions à cette phrase. Il voulait savoir ce que ça faisait concrètement de décider pour soi-même, il voulait savoir si ça avait toujours été inné chez Alexander ou si lui aussi été passé par des phases de doutes, il voulait des réponses. Des centaines de réponses. Mais il se connaissait depuis moins d’une heure. Alors il se tut. Il gesticula un peu pour s'assoir plus confortablement sur le banc. Cela ne dura pas longtemps avant qu'il relève le regard et qu'il demande à Alexander :

- Du coup, tu habites en Allemagne ?

C’était plus léger comme sujet, mais plus approprié comme conversation entre deux jeunes qui viennent de se rencontrer. Et comme toujours, Aeden était curieux. Il avait lui-même vécu en Suisse pendant quelques années et avait visité à quelques reprises des contrées allemandes.





avatar

Messages : 209
Points de confiance : 0
Date d'inscription : 05/05/2017
Age : 17

X111
Le Génie vit des tas de choses passer dans les yeux verts qui lui faisaient face. Des tas d’émotions confuses, qui se mêlaient et se démêlaient sans vraiment réussir à les saisir tellement elles passaient vite. Mais il reconnut la surprise face à sa demande implicite de contact et surtout, des nuées d’interrogations. Il lui semblait lire les questions qui lui passaient dans le regard mais de façon trop fugace pour qu’il puisse vraiment les décrypter. Une étincelle d’intérêt brilla dans le sien. Ce garçon pensait vite. Son cerveau avait l’air particulièrement performant, il n’avait pas le souvenir d’avoir croisé un esprit pareil par le passé. Et dire qu’il avait fallu échouer à l’Institut pour avoir l’occasion de rencontrer ce genre de personne…
Il redressa, prêt à répondre aux interrogations qui semblaient naître et mourir en même temps sur les lèvres de son interlocuteur. C’était chose rare. Il détestait avoir à s’expliquer plus qu’il ne s’était déjà exprimé. Mais il sentait face à lui un intellect très réceptif, qui manquait juste cruellement d’entrainement. Tant de potentiel ! S’il le voulait, il serait d’accord pour l’aider à le développer. Ce serait fichtrement intéressant. Mais finalement, lorsque des mots sortirent du silence, ce ne fut pour l’éclat de brillance qu’il attendait.

– Je… Merci pour le conseil.

Le Génie eut un imperceptible mouvement de recul, un peu désappointé. Pourtant il sentait les questions qui brûlaient dans ses yeux, encore à l’instant, alors pourquoi les retenir ? C’était peut-être trop tôt. Peut-être qu’il n’était tout simplement pas prêt. En même temps il pouvait le comprendre. Ce n’était qu’un pas à faire, mais le premier était toujours difficile. D’autant plus qu’il n’était pas évident de trouver la route qui menait vers soi. Peut-être plus tard.

- Du coup, tu habites en Allemagne ?

Un léger sourire se dessina sur les lèvres du brun. Le sourire du « je sais très bien ce que tu es en train de faire ». On ne le lui faisait pas, à lui, le coup de la question anodine. Mais soit, il s’était mis d’humeur à répondre aux questions alors vu la fréquence très faible de cet état, autant en profiter.

- Jusqu’à l’âge de 6 ans oui. A Trèves. Mais avant de venir ici, j’habitais à Saint-Ouen.

Il avait encore de la famille à Trèves mais il ne la voyait que rarement. Ses origines germaniques lui étaient surtout utiles sur un point : les langues. Il parlait de fait couramment l’allemand avant d’apprendre le français relativement aisément du fait de son jeune âge, en déménageant dans la banlieue parisienne. Puis il était devenu parfaitement bilingue en anglais avant de s’intéresser à l’espagnol et au russe, qu’il maitrisait suffisamment bien pour se faire comprendre. Chaque nouvelle langue devenait de plus en plus facile à apprendre, si bien qu’il était certain, avec un peu d’entrainement, de maîtriser n’importe laquelle dans un temps record. Il avait déconcerté bien de ses professeurs. Mais ce n’était pas le sujet.
Il regarda Aeden dans les yeux, un sourire toujours amusé aux lèvres.

- Et toi ?

Il lui retourna la question, se disant que c’était peut-être là l’occasion de résoudre l’énigme du curieux métissage dont son nom faisait preuve. Puis il regarda l’horloge. Il se faisait tard, il était bientôt l’heure de se rendre au réfectoire pour le souper. Et il voulait repasser par sa chambre avant de s’y rendre. Il écouta donc poliment la réponse de l’intéressé avant de lui dire :

- Tu ne devrais pas avoir peur de poser des questions. Peur d’apprendre et de t’améliorer. N’aie pas peur de ton propre potentiel.

Il garda le silence un instant. Ce qu’il s’apprêtait à dire était vraiment de l’inédit.

- J’ai envie de t’aider à le développer. Est-ce que tu en as envie toi ?

Il n’attendait pas vraiment de réponse, il voulait juste semer l’idée. C’était une décision difficile à prendre pour soi-même, ça méritait réflexion et il avait le droit de prendre le temps. Il rompit le contact physique et se redressa, mettant nonchalamment les mains dans les poches de sa blouse réglementaire.

- Tu n’es pas obligé de répondre tout de suite. Prend juste le temps d’y réfléchir.

Puis il lui adressa un dernier de ses minces sourires avant de se diriger vers l’aile S. Il avait besoin d’un peu de calme avant d’aller manger.
« Tu vois que ça peut être sympa d’discuter avec quelqu’un d’temps en temps ? »
« Il semblerait oui. Il semblerait. »

HRP:
Yo Aeden-chou ! Je suis désolée désolée pour le retard, j'avais le syndrome de la page blanche ^^'. Enfin, j'espère que la réponse te convient. Comme on avait parlé de finir le RP vite avant l'évent, je me suis permise de l'amener vers la fin mais libre à toi si tu veux retenir Alex encore un peu !
avatar

Messages : 184
Points de confiance : 10
Date d'inscription : 29/09/2017
Age : 17

W133
Il supposa que Saint-Ouen se situait en France, cela ne devait pas se situer très loin de Paris. A moins que ça ne soit dans Paris même ? Il répondit à son tour, ignorant le regard amusé d’Alexander. Ce dernier semblait avoir compris sans peine le détournement de la conversation, ce qui n’avait rien de bien étonnant.

- J’ai vécu au Luxembourg jusqu’à mes 8 ans, ensuite, j’ai habité en Suisse romande.


Il avait appris le Serbo-croate, le luxembourgeois, le français et il avait de bonne base d’allemand. C’était l’avantage d’habiter dans des pays avec plusieurs langues officielles. Il avait développé un certain goût pour les langues, qu’il avait concrétisé en apprenant des insultes ainsi que des phrases de politesse dans un nombre incalculables de langues.  Il écouta Alexander, attentif :

- Tu ne devrais pas avoir peur de poser des questions. Peur d’apprendre et de t’améliorer. N’aie pas peur de ton propre potentiel.

Son camarde avait tout  à fait cerné le personnage. Aeden avait peur, c’est ce qui l’avait toujours guidé. Il avait peur de ne pas être à la hauteur. Que son potentiel ne soit pas assez solide pour supporter tout ce qu’il voulait apprendre. Qu’il ne soit pas capable. Et qu’il devienne une déception. Et plus le temps avançait, plus ce sentiment grandissait. Parce qu’à force de ne pas se servir de cet atout dont il disposait, il avait peur de ne plus savoir s’en servir. Il avait peur d’être devenu obsolète.

- J’ai envie de t’aider à le développer. Est-ce que tu en as envie toi ?

Aeden redressa le regard avec surprise. Est-ce que… Alexander lui proposait vraiment de l’aider ? Pendant quelques secondes, tout lui parut facile. Il voulait dire oui. Il voulait apprendre. Il voulait de l’aide. Puis, son cerveau le rappela à l’ordre. Et s’il ne le méritait pas ? Et s’il était moins bon que ce qu’Alexander pensait ? Il n’était pas si exceptionnel que ça. Mais alors, pourquoi l’autre lui aurait fait une telle proposition. C’était probablement plus prudent de refuser. D’aller se réfugier dans son paresseux confort de cancre. Mais pourrait-il se le pardonner s’il ne saisissait pas cette opportunité ? La question d'Alexander était à la fois simple et compliqué.

- Tu n’es pas obligé de répondre tout de suite. Prend juste le temps d’y réfléchir.


Alexander s’éloigna, après lui avoir adressé un léger sourire. Aeden le regardait se diriger vers l’aile S, l’esprit en pleine ébullition. Il finit par répondre, haussant la voix pour être entendu :

- A demain.


Il ne pouvait pas empêcher la reconnaissance de poindre dans sa voix. Certes, il n’avait pas encore donné sa réponse, mais cette nuit, il ne dormirait probablement pas, trop occupé à peser le pour et le contre. Et demain il saurait. Même si au fond, il savait déjà. Qu'il ne pouvait pas refuser.
THE END


HRP:
OMG J'ai oubliée de te répondre O_o Pendant super longtemps en plus :'( Heureusement que c'était la fin du rp x')






Contenu sponsorisé


    La date/heure actuelle est Sam 22 Sep - 4:15