Je suis venu pour une raison bien précise - avec Amelia Reano
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Médecin
Lun 11 Sep - 23:05
Le couloir soutenait les allées-venues des patients, des médecins et du personnel de l'Institut. Les patients tachaient de blancs cette immense pièce, bougeant et se déplaçant selon leur emploi du temps. Les médecins, quant à eux, avaient autre chose à faire que de rester dans ce couloir. Ils ne perdaient pas de temps à discuter ou à jacter auprès de leur collègue ou de leur ami. Et Ange faisait parti d'eux, de ces fourmis ouvrières qui ne cessaient d'aller à droite et à gauche, prenant le temps uniquement avec ses patients. Et là, il n'avait pas le temps. Cette gamine. Ces yeux l'intriguaient tout autant de ses courbes dont elle était dotée depuis la puberté. Il avait vu son visage dans les dossiers, et avait déjà été plus ou moins conquis. Il devait être sûr de lui. Il devait entrer dans sa chambre et en ressortir le plus vite possible. Les médecins pouvaient, certes, aller où ils veulent, mais Ange savait pertinemment qu'il n'avait rien à faire dans cette aile. Heureusement pour lui, il avait dans son camp Donatien Elpida. Chef des médecins. Et cela comptait dans la balance.

Les talonnettes de ses chaussures en cuir résonnaient dans ce long couloir, dont le sol était couvert de carrelage à la couleur pâle. Il se détachait encore plus par sa tenue, toujours vêtu de son habituel costume sombre, avec la cravate lui resserrant la gorge et la chemise faisant ressortir ses plus simples atouts masculins. Et enfin, il se posta devant sa porte. Amalia Reano. Soit le numéro B100. La centième dans les patients B. C'était un chiffre rond, qu'Ange appréciait particulièrement. Cela lui apportait de la nouveauté, une sorte de recommencement chez les patients de type B, et ils le devaient à Amalia Reano.
Consultant son dossier avant d'entrer comme à son habitude, il observa à nouveau son visage pour remarquer les détails qui n'étaient pas présents lors de la photographie. Les cheveux noirs, longs et lisses qui devaient lui cacher le dos voire plus. Un oeil bleu, et un autre apparemment rouge, mais dissimulé derrière une mèche de sa chevelure. Elle était d'un pâle cadavérique en revanche, ce qui lui enlevait de sa beauté. Mais peut-être était-ce le flash de l'appareil photo ? Ange l'espérait au fond, il voulait profiter d'elle, et même en apprendre davantage sur sa pathologie si particulière. Et dire qu'elle aurait pu être sa patiente avec une capacité pareille.
Il referma la pochette, qu'il glissa sous sa veste, et entra sans même s'annoncer dans sa chambre.
Puis, tout en fermant derrière lui la porte, il lui dit ces mots :

- Bonjour mademoiselle. J'espère ne pas vous déranger. Je m'appelle Ange Barrabil, médecin.
Voilà,
faisons au feeling le plus total!


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B100
Mar 12 Sep - 2:15
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Ange
Je suis venu pour une raison bien précise
Tel un lion dans sa cage, Amalia tournait en rond depuis ce matin. A part pour voir son tortionnaire attitré et manger avec les autres patients, ridicules petits insectes, la demoiselle avait été privée de sortie et ainsi restait cloîtrée dans sa chambre, à l'instar d'une nonne faisant ses voeux. La raison en était simple : elle avait encore fait des siennes en usant de sa capacité,
abusivement selon les médecins mais tout à fait légitimement pour elle,
sur un de ses "camarades". A ce souvenir, son sang ne fit qu'un tour et elle cria de rage, la tête enfouie dans son oreiller. Et dire qu'à cause d'un abruti pareil, elle était punie! Elle, "Nightmare"! C'est elle qui devait faire la loi, pas les autres! Et encore moins les médecins, ces sadiques qui ne pensaient qu'à l'argent qu'ils recevaient pour torturer des fous. Ce n'est pas leur activité qui la mettait hors d'elle, non, c'est le fait qu'elle n'en fasse pas partie. Et elle ne rejoindrait probablement jamais leurs rangs.
Santé mentale trop faible. Enfin pour ce qu'il en restait... Pour le moment, la patiente s'ennuyait ferme dans sa chambre-cellule, sans aucune autre occupation que ressasser cette aventure avec le malotru qui avait osé l'agacer.

Un soir dans la cantine, tout à fait banal, lors d'un repas. Il était d'ordre public que, si des gens s'asseyaient à sa table, ils devaient laisser un espace d'une chaise entre Amalia et eux, que ce soit horizontalement, verticalement ou en diagonale. Et cette règle avait toujours été respectée. Jusqu'à ce fameux soir où un jeune homme, visiblement nouvel admis à l'Institut Espoir, avait osé l'enfreindre en prenant la chaise à la droite de la brune. D'un air pincé mais à peu près calme, elle lui avait demandé de partir. Il avait refusé. Et,
pire que tout, il avait commencé à lui faire la conversation. C'en était trop pour son esprit malade et solitaire. Elle ne voulait pas d'amis, ces liens étaient fragiles et inutiles. Sauf pour manipuler les autres mais là non plus elle n'usait pas de cet artifice et elle n'en avait pas besoin présentement par ailleurs. Brusquement, elle s'était levée en repoussant son plateau, avait agrippé le menton de l'autre avec les griffes qui lui servaient d'ongles pour le forcer à la regarder, et avait décalé son cache-oeil. Oui, en pleine cantine alors qu'elle n'en avait absolument pas le droit. Son forfait accompli, Amalia s'était rassise tranquillement et entreprenait de terminer son repas quand on la conduisît de force dans son aile, afin d'abord d'être sermonnée dans les règles de l'art puis enfermée pour une semaine dans sa chambre.


La sadique soupira. Et dire que cela ne faisait que deux jours, et elle n'en pouvait déjà plus! Il lui fallait un peu d'animation. Habillée de sous-vêtements d'un rouge profond, de ses longues mitaines et hautes chaussettes noires, contrastant avec le léger bronzage que le Soleil lui avait donné, elle alluma le poste de radio dont on lui avait autorisé la possession et démarra un air classique, celui d'un îano intense et émouvant, de la période romantique. Par principe et par coquetterie, Amalia mit son ras-de-cou noir et se maquilla comme à son habitude, entourant ses yeux de noir et teintant ses fines lèvres de rouge sang. Sa préférence pour ces deux couleurs virait presque à l'obsession oui, mais elle ne s'en rendait pas compte, comme pour tous les éléments irrationnels qui rythmaient sa vie depuis toujours, et plus encore à l'Institut où nombre de personnes étaient "folles", au sens commun du terme. La jeune femme se rallongea sur son lit, les bras sous sa tête, une jambe repliée et les yeux perdus dans le ciel qu'elle voyait par sa fenêtre ouverte, la musique envahissant l'espace. Elle ne bougea pas lorsqu'elle entendit la porte s'ouvrir et le pas d'un individu pénétrer sa chambre.

- Bonjour mademoiselle. J'espère ne pas vous déranger. Je m'appelle Ange Barrabil, médecin.

Amalia tourna son oeil gris-bleu vers le fameux médecin dont elle avait beaucoup entendu parler. A sa place, n'importe qui se serait inquiété, mais ne revenons pas sur l'inconscience et la folie qui l'habitaient. Elle devait avouer que cet homme l'intéressait ou, tout du moins, l'intriguait. Etait-il si horrible que les autres le prétendaient? D'une voix qu'elle voulait aimable, mais sans plus, elle ironisa :

-Bonjour monsieur. Pas le moins du monde. Je vous offrirais volontiers quelque chose mais je ne possède rien.

Une étincelle joueuse passa rapidement dans son iris.

-Ai-je besoin de me présenter ou avez-vous tout lu dans le dossier que vous tenez sous le bras?


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Aucun problème avec ça! J'espère que la réponse te conviendra!
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Jeu 14 Sep - 19:10
Ce qu'il remarqua, ce fut la musique qui s'engouffrait dans ses oreilles et la tenue de la patiente. On aurait dit qu'elle savait qu'il viendrait, et qu'elle s'était apprêtée en conséquence. De telle sorte à ce qu'elle lui plaise. Et c'était... Confus. Il ne savait pas si cette tenue lui allait bien ou si cela gâchait son physique. Quoique ses lèvres couvertes d'un rouge sang qu'il connaissait bien lui demandaient expressément de l'embrasser et ce, à pleine bouche. Mais il restait neutre à l'extérieur, se contentant de rester devant la porte, face à la demoiselle vêtue de peu d'habits.  Il fit tout de même un pas vers elle tandis qu'elle s'adressait à lui.

-Bonjour monsieur. Pas le moins du monde. Je vous offrirais volontiers quelque chose mais je ne possède rien.


Monsieur était ici approprié et il appréciait ce terme. Cela montrait qu'elle connaissait sa place. De plus, elle lui montra qu'elle le respectait, ce qui lui offrit quelques points. La suite était toute aussi charmante. Même s'il la dérangeait, il appréciait qu'elle mente en affirmant que ce n'était pas le cas. Et le fait qu'elle lui propose de lui offrir quelque chose était un signe qu'elle se souciait de fournir une bonne visite, combien même elle osait dire qu'elle ne possédait rien. Rien de plus naturel puisque toute nourriture était disponible au réfectoire à heures précises.
Il ne remarqua pas la lueur qui illuminait son oeil, mais se concentra surtout sur ses paroles :

-Ai-je besoin de me présenter ou avez-vous tout lu dans le dossier que vous tenez sous le bras?

Si cette question lui rappela S14 - ce qui était évidemment désagréable - il ne lui en tint pas rigueur. Après tout, il était entré sans frapper à la porte ni même en demandant s'il pouvait entrer. Il fit alors preuve de tolérance et s'approcha d'elle d'un pas encore.
Il lui offrit un sourire, dont il ne savait pas s'il le voulait rassurant ou au contraire effrayant. Mais il lui souriait tout de même. Elle avait l'oeil et un sens de la déduction frappant. Quoique, ce n'était pas difficile à deviner, mais n'importe qui se serait davantage inquiété de son irruption dans leur chambre. Il se dit alors qu'il devrait lui offrir un minimum de respect. Plus que S14 tout du moins.

- Il est toujours préférable de se présenter. Je suppose que vous me connaissez, et pourtant j'ai pris la peine de vous donner mon identité.

Il lui montra le dossier qu'il laissa sur son bureau. Il posa sa main dessus, comme s'il voulait qu'il ne prenne pas la fuite ou qu'elle s'en empare. Il l'observa, toujours un sourire sur ses lèvres.

- Par la même occasion, si vous décidez de vous vêtir davantage, cela ne sera pas de refus. Et puisque je me dois d'être poli, je vais répondre à votre question. Oui, j'ai déjà conscience de qui vous êtes.
Tu as de la chance, Ange ne te déteste pas encore. Il a l'habitude de prendre tout comme de l'insolence donc fais gaffe à ce que tu dis x)


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B100
Ven 15 Sep - 20:54
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Ange
Je suis venu pour une raison bien précise
Amalia esquissa un sourire en coin en sentant le regard du médecin parcourir sa tenue, certes totalement inappropriée en cette circonstance, mais comment aurait-elle pu deviner qu'elle recevrait de la visite? Surtout sans frapper, situation où elle aurait pu prendre quelques instants afin de se couvrir.
Mais elle n'en tint pas rigueur à Ange, qui était d'ailleurs plus rentré dans la petite pièce, s'approchant de la jeune femme. Avant qu'il ne réponde, elle baissa le volume de la musique jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un très léger fond sonore. En respectant la hiérarchie patient-médecin, elle s'assurait de ne pas se faire un ennemi immédiatement. Et puis, elle n'était pas particulièrement rebelle, juste quelque peu insolente. Mais elle savait que ce genre de comportement pouvait entraîner des sanctions exemplaires. Quoique si les bruits de couloir sur le médecin en face d'elle étaient fondés, la demoiselle courrait presque le risque de l'insolence... Elle chassa promptement cette pensée dans un coin de sa tête, même si sa petite voix intérieure lui souffla une interrogation intéressante, "pourquoi est-il venu jusque dans ta chambre dans ce cas?" La patiente ne laissa rien paraître de sa réflexion peu orthodoxe et, pour se donner contenance, passa rapidement sa langue sur ses lèvres pour les humecter. A moins que ce soit pour jouer? Qui sait, elle aimait tenter le diable mais était-ce son intention actuellement? Tout dépendrait de l'interprétation qu'Ange ferait de ce geste. Amalia rendit son sourire au docteur, les bras croisés dans son dos.

- Il est toujours préférable de se présenter. Je suppose que vous me connaissez, et pourtant j'ai pris la peine de vous donner mon identité, dit-il en faisant encore un pas vers l'italienne.

Elle suivit des yeux le dossier qu'elle avait deviné être le sien et un sourire se dessina sur ses lèvres en voyant l'homme poser sa main dessus. Elle n'allait aucunement le prendre, elle savait parfaitement ce qu'il y avait à l'intérieur, même si elle n'en connaissait pas tous les détails, les notes de son médecin lui étaient par exemple inconnus bien qu'elle se doute des remarques contenues sur les lignes bien droites des feuilles de rapport. Sans ciller, la brune soutint le regard gris de l'homme, d'une couleur presque semblable à son seul oeil visible. Elle devait avouer qu'il était plutôt attirant, voire même très séduisant, et il ne faisait aucun doute qu'il savait parfaitement les pensées qu'il suscitait chez les femmes. Mais, malheureusement ou heureusement pour lui, Amalia sait aussi comment fonctionne en général les hommes et bien qu'elle ne le connaisse pas tout à fait, elle ne se laisserait pas prendre au piège involontairement, elle n'était pas une proie mais un prédateur. Si elle faisait quelque chose, c'est qu'elle le voulait pleinement et consciemment.

- Par la même occasion, si vous décidez de vous vêtir davantage, cela ne sera pas de refus. Et puisque je me dois d'être poli, je vais répondre à votre question. Oui, j'ai déjà conscience de qui vous êtes.

A sa première remarque, Amalia étouffa un léger rire, qui n'était pas moqueur, juste amusé. Quand le silence revint, elle enfila ses éternels short et débardeur noirs, quelque peu moulants mais pas assez pour que ses côtes ne saillent pas trop quand elle s'étirait par exemple.

-Je vous prie d'excuser ma tenue, je ne m'attendais pas à voir quelqu'un ici aujourd'hui, surtout un autre médecin que celui qui a en charge mon cas.

Une fois habillée, elle s'approcha à son tour d'u médecin et tendit une main fine vers lui.

-Je m'appelle Amalia Reano, ou patiente B100, à votre guise. Ravie de faire votre connaissance. Puis-je vous demander pourquoi êtes-vous venu?

Les vieilles habitudes avaient la vie dure, mais elle avait plus souvent prononcé cette formule de politesse avec une hypocrisie notoire dans sa vie, contrairement à maintenant où elle le pensait sincèrement. Elle voulait en apprendre plus sur le (tristement) célèbre Ange Barrabil.


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Ah, ça va être compliqué car Amalia est peut-être un peu trop joueuse x) Mais elle connaît sa place :p
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Sam 16 Sep - 15:32
Elle avait pris elle-même la décision de baisser le volume de la musique. Ce qui était appréciable, puisque maintenant elle n'était plus qu'un fond sonore. Et puisque c'était des instruments de musique classique, cela était davantage estimable. Ange n'était pas un fervent adorateur de ce genre musical, mais il aimait tout de même la sonorité qu'elle apportait à cet échange. Cela le rendait sans doute plus pur...
Cette idée de pureté lui rappela Dodo. Lui qui était un chercheur insatiable de ce concept, quoi de plus naturel pour Ange de penser à cet instant à son collègue.
Le sourire qu'affichait cette patiente le ramena à la réalité. Elle semblait amusée pour une raison qu'il ignorait. Mais ce sourire était manifestement communicatif, puisqu'il lui rendit cette esquisse. Puis elle décida à se vêtir d'un ensemble noir non déplaisant. Par ailleurs, cette image couverte de noire était en parfaite contradiction avec les patients habillés de leur costume blanc. Et ils étaient probablement les seuls, dans cette pièce, à enfreindre cette règle actuellement. Puisque dès que la punition de la demoiselle sera levée, elle devrait mettre son ensemble blanc pour se confondre dans la masse. 

-Je vous prie d'excuser ma tenue, je ne m'attendais pas à voir quelqu'un ici aujourd'hui, surtout un autre médecin que celui qui a en charge mon cas.

C'était une remarque intelligente. Elle n'avait rien à se reprocher, elle ne faisait qu'écouter de la musique classique dans une petite tenue. Mais Ange aimait dévêtir les femmes. Il préférait deviner avant de découvrir. Et elle venait de lui dévoiler toute l’entièreté de son corps avant qu'Ange ait pu sonder ses courbes. Mais il avait toujours la surprise pour ce qui est des parties "personnelles". Comme la poitrine ou même...
Il leva lui-même les yeux au ciel, à la fois amusé et exaspéré par ce qu'il pensait. Certes, il était principalement venu pour l'observer et voir à quoi elle ressemblait en réalité, mais il devait aussi se montrer professionnel.

-Je m'appelle Amalia Reano, ou patiente B100, à votre guise. Ravie de faire votre connaissance. Puis-je vous demander pourquoi êtes-vous venu?

Dit-elle en s'approchant de lui et en lui offrant sa main. Dit comme cela, on pourrait croire à une demande en mariage, mais ce genre d'engagement repoussait Ange. Il ne voulait pas se marier, et encore moins avoir d'enfant. Quand il voyait en quoi cela consistait, il ne voulait pas souffrir davantage à cause de ces bêtises et de ces fantaisies.
Il remarqua qu'elle était entreprenante. Avant de serrer sa main, il passa la sienne dans ses cheveux noirs, brillants et soyeux. Puis, fermement, il saisit celle de la patiente en lui offrant son plus beau sourire.

Je suis toujours enchanté de rencontrer de nouvelles personnes. Surtout de si jolies demoiselles.

Ces mots s'étaient malencontreusement enfuis de sa gorge, mais il ne tenta pas de se rattraper. Il connaissait parfaitement sa réputation, et il comprit également que c'était sa faute. Après avoir couché à droite et à gauche, et en sachant que les femmes racontent leurs ébats, ce n'était pas étonnant d'être réputé pour s'intéresser de près aux femmes. Mais ce n'était pas pour autant qu'il n'était pas galant, non. Au contraire, il aimait tout particulièrement féliciter les femmes pour leur effort physique. Le maquillage, les heures passées devant leur garde-robe ou dans la salle de bain, se percer les oreilles et s'acheter des multitudes de bijoux. Alors que les hommes pouvaient se contenter de faire un peu de sport et de porter une chemise. Que le monde était injuste.

Je me suis permis de vous rendre visite pour étudier votre cas si... Spécial.

Ce n'était pas un mensonge. Il souhaitait effectivement l'étudier, et pour l'instant, elle était plus ou moins spéciale. Donc ce n'était qu'un jeu de mots.
Ange est joueur aussi, mais ça va être difficile par contre si elle aime gagner Smile


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B100
Ven 22 Sep - 9:54
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Ange
Je suis venu pour une raison bien précise
Amalia constata qu'ils étaient parfaitement accordés au niveau vestimentaire, puisque le noir dominait largement dans leurs habits. Elle vola donc quelques instants au silence et au médecin pour se vêtir. Elle plissa très rapidement les yeux, la tête légèrement inclinée sur la droite, en voyant Ange lever les yeux au ciel. Cela l'intriguait, que pouvait-il penser à cet instant? Pour une première rencontre, elle ne voulait pas donner une image négative d'elle, notamment à un homme si respecté dans l'Institut. Donc les pensées du médecin lui étaient importantes et elle n'espérait pas qu'elles étaient mauvaises à son égard. Il sembla surpris par son geste. Peut-être avait-il plutôt l'habitude de prendre des initiatives, mais il était difficile de changer ses réflexes. Et, de toute manière, Amalia ne voulait pas changer, que ce soit ses habitudes ou sa personne même. Cela ne parut pas déplaire au médecin, soulageant quelque peu la patiente. Elle observa du coin de l'oeil le geste élégant d'Ange, passant sa main dans sa chevelure noire. A la différence de celle de l'italienne, elle avait l'air particulièrement douce, et cette dernière se surprit à être presque jalouse : elle, dans cet Institut, ne pouvait pas entretenir ses cheveux exactement comme elle le souhaitait, même s'ils n'étaient jamais sales (du moins en public) et étaient soyeux. Mais ce n'était pas à son goût, les brosses qu'on lui fournissait étaient inadaptées à la longueur et l'épaisseur de sa chevelure. Le sourire communicatif du bel homme mit fin à ses mécontentements silencieux.

- Je suis toujours enchanté de rencontrer de nouvelles personnes. Surtout de si jolies demoiselles.

Avec un sourire, Amalia retira sa main de la poigne ferme d'Ange. Etait-ce un lapsus ou était-ce volontaire? Elle décida de répondre à cette interrogation plus tard, au fil de la discussion si elle continuait. Si ce n'était pas le cas, elle serait certainement frustrée, et ingérable. Enfin, encore plus qu'habituellement. Mais si la réputation d'Ange n'était pas volée, et elle ne devait pas totalement l'être, c'était plutôt volontaire. A propos de ça, Amalia était curieuse de savoir pourquoi il était ainsi avec les femmes, aussi joueur et séducteur. A part pour le plaisir de séduire bien sûr. Mais elle n'aura sûrement aucune réponse en l'interrogeant de manière aussi brute. A elle de trouver un "angle d'attaque" pour en avoir une. Peut-être dans le choix des mots justement?

- Je me suis permis de vous rendre visite pour étudier votre cas si... Spécial.

Sans se cacher cette fois, Amalia plissa à nouveau les yeux, ressemblant presque à un félin, pris en faute ou sur le point d'attaquer. Le mot "spécial" ne la dérangeait pas, mais elle ne savait pas le sens qu'il mettait sous ce mot. Capacité réellement étonnante? Elle avait des doutes, beaucoup de patients ici avaient des particularités bien plus surprenantes. Sauf si Ange était attiré par le sadisme, ce qui pourrait expliquer son intérêt pour sa capacité à infliger une illusion de la douleur. Pour son physique, comme semblait l'indiquer les rumeurs? Pourtant, même s'il était harmonieux au niveau des formes, il n'était pas particulièrement développé, et ça ne s'arrangeait pas avec les repas de l'Institut, sans compter sur sa pâleur. Amalia secoua légèrement la tête et passa sa main dans ses cheveux afin de décaler quelques mèches qui tombaient devant son regard, puis adressa un sourire radieux à Ange et lui renvoya ses civilités.

-De même, ce n'est pas tous les jours que nous pouvons vous voir dans cette aile. C'est presque dommage.

Ce n'était absolument pas un lapsus, elle voulait voir les réactions du médecin. Par contre, c'était révélateur de l'intérêt que la brune lui portait, et s'il pouvait n'en avoir que des doutes jusqu'à maintenant, il était dorénavant sûr de l'interrogation qu'il suscitait chez la demoiselle. Et l'envie de le connaître davantage, cela va sans dire. Un coin de ses lèvres se souleva pendant que son esprit mal tourné prenait le contrôle de ses pensées. "Davantage dans quel sens?" Si lui aussi semblait vouloir l'étudier, là encore dans un sens qu'elle n'avait pas encore défini, c'était une envie réciproque.

- J'en suis honorée, si vous avez n'importe quelle question je serais enchantée d'y répondre.

Amalia avait l'impression de tourner en rond, et déjà qu'elle était enfermée, que ce soit le cas dans la parole lui déplaisait totalement. Toutes ces civilités étaient inutiles, c'était beaucoup trop selon elle. Mais, encore une fois, elle ne souhaitait pas se faire un ennemi d'Ange Barrabil. Elle aimait jouer, mais elle ne voulait pas prendre ce risque, donc elle se pliait aux volontés du médecin. Mais intérieurement, elle bouillait d'impatience.


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Elle n'acceptera que sa victoire ou un match nul :p elle peut accepter de perdre si on l'oblige pas à abandonner ahah
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Lun 25 Sep - 20:46
Elle plissa les yeux, ce qui éveilla davantage la curiosité du médecin. Elle semblait dubitative, ou alors sur ses gardes. Mais étrangement, les cils de cette patiente se mouvaient d'une manière qu'il n'avait jamais vu. Gracieusement, comme des ailes d'ange en plein vol.
Et c'est à cette pensée qu'il se disait que les mondanités avaient peut-être suffis. Ange n'était pas mauvais dans le fond. Il avait même proposé à S14 un marché qui lui était assez favorable, mais elle l'avait refusé de but en blanc. Mais ne parlons plus de ce déchet, il y avait tellement plus intéressant en face de lui.
Ange ne savait pas si elle l'imitait, mais le fait qu'elle arrange sa chevelure avant de lui sourire lui rappela ses propres gestes. Ils avaient donc un point commun. Il se permit de s'approcher d'elle. Mais juste un peu.

-De même, ce n'est pas tous les jours que nous pouvons vous voir dans cette aile. C'est presque dommage.

Elle le brossait dans le sens du poil. Et Ange savait pertinemment que ça pouvait être une ruse pour se le mettre dans la poche, mais il était du genre tolérant. Et cela marchait. Qu'on regrette de ne pas pouvoir l'admirer tous les jours ou même entendre sa voix grave et mélodieuse devait être un supplice pour les demoiselles.
Il aperçut cette micro-expression. Ce léger sourire à peine visible. Cela va sans dire : il admirait son visage depuis qu'il était entré dans cette pièce. Une peau d'albâtre pareille, ça se laisse caresser et apprécier.

- J'en suis honorée, si vous avez n'importe quelle question je serais enchantée d'y répondre.

Parfait. Ange s'adresserait désormais à Amalia en prononçant son prénom, lui accordant un peu plus de contenance et de respect. S'il en voulait de sa part, cela devait se faire dans les deux sens. Et jusqu'ici, Ange s'était montré respectueux que par ses paroles. Ses gestes et actions l'avaient été beaucoup moins.
Il s'attarda sur la chevelure d'Amalia, puis approcha lentement sa main de la mèche cachant son oeil "magique". Il caressa du bout des doigts cette armure souple avant d'enrouler une mèche plus longue autour de son index. Il positionna son visage à la hauteur du sien. Ce qu'elle était petite et menue...

J'aurais bien une question, Amalia. Et j'aimerai vous confier un devoir également.

Il marqua une pause, fixant l'oeil dévoilé de la patiente. Il continuait de jouer avec la mèche de cheveux d'Amalia, puis il continua son discours, cessant ainsi le suspense.

Amalia, si vous me connaissez, ce doit être grâce aux rumeurs. Qu'en pensez-vous ? Et je vous en prie, soyez sincère, voire franche. Vous avez toute mon attention. Et rassurez-vous...

Il laissa la chevelure noire d'Amalia tranquille, puis s'éloigna d'elle. Il lui montra son smartphone, qu'il éteignit sous ses yeux avant de le poser au dessus du dossier. Qu'elle soit sûre de ce qu'il allait lui dire :

- Cette conversation ne concerne que nous. Rien ne sortira de cette pièce, soyez-en sûre. Parlez-moi comme si j'étais votre égal.

"Montre-moi qui tu es, Amalia. Je veux te connaître."
C'est que je commence à aimer ce RP...


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B100
Mar 26 Sep - 16:03
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Ange
Je suis venu pour une raison bien précise
Amalia le laissa s'approcher sans le quitter des yeux. Elle fit de même, d'un pas léger et qui se voulait gracieux. Digne d'une jeune fille de bonne famille. Certes, qu'elle n'était pas, mais qu'elle aurait dû être. Ils n'étaient plus qu'à un mètre, à peine, l'un de l'autre. Elle remarqua au passage que lui non plus n'avait pas arrêter de la regarder, cela l'étonnait et l'intriguait car nombre de personnes avaient flanché devant ses yeux impitoyables. Un autre sourire étira ses lèvres, rendant Ange encore plus estimable selon elle. Elle suivit du regard la fine main du docteur s'approcher de ses cheveux. Elle frémit légèrement lorsqu'il l'enroula autour de son doigt. Ses gestes étaient doux, et cela faisait une éternité que la brune n'avait pas été traitée ainsi. Il eut même la gentillesse de se baisser pour mettre son visage à sa hauteur, lui donnant l'impression qu'il la considérait comme une égale. Et cela la flattait réellement, elle qui avait pour habitude d'être vue comme un monstre de la société par les autres patients ou médecins. Là, dans l'immédiat, elle n'avait qu'une envie. Enfin deux, mais lui était impossible, car elle souhaitait changer de médecin attitré pour partir dans le cabinet d'Ange. L'autre envie, bien plus pressante et faisable, concernait ce dernier. Ses lèvres, si désirables, étaient proches et beaucoup trop tentantes. Elle relégua une nouvelle fois ces pensées au fin fond de son esprit.

- J'aurais bien une question, Amalia. Et j'aimerai vous confier un devoir également.

La patiente paniqua légèrement quand elle sentit Ange décaler sa mèche de cheveux et, dévoilant son oeil rouge, elle le ferma par réflexe pour éviter de faire subir une torture mentale à son visiteur. Pour le moment, elle ne souhaitait pas lui infliger ça. "Mais plus tard, dans un cadre plus... propice à ce plaisir, ou un autre..." Ces quelques instants dans le noir de son esprit lui permit de reprendre son contrôle, et ainsi éviter un acte qui nuirait certainement à la situation. Elle rouvrit les yeux, en se faisant violence pour ne pas regarder le médecin dans ses iris. A l'abri dans sa chambre, Amalia ne portait jamais son cache-oeil car qui pourrait bien lui rendre visite? A part aujourd'hui, visiblement. Le silence durait, palpable mais pas pesant pour autant. Cependant, avant même qu'elle ne puisse répondre, il reprit :

- Amalia, si vous me connaissez, ce doit être grâce aux rumeurs. Qu'en pensez-vous ? Et je vous en prie, soyez sincère, voire franche. Vous avez toute mon attention. Et rassurez-vous...

Elle ressentit un soulagement intense lorsqu'il s'éloigna, évitant ainsi une catastrophe, mais aussi une pointe de regret. C'était le seul contact physique humain qui ne l'avait pas rebutée, et ce depuis longtemps. Elle l'observa éteindre son smartphone et sourit en entendant la suite. C'était particulièrement honorable de la part d'Ange, même si la jeune femme n'avait que faire des on-dit si cela sortait de cette pièce. Elle fut aussi ravie de voir qu'elle et l'homme étaient sur la même longueur d'ondes, à savoir que les civilités et autres courbettes avaient assez duré. Ce n'était pas pour autant qu'elle n'allait plus lui adresser le respect qu'elle lui devait bien sûr,  elle tenait un minimum à sa vie.

- Cette conversation ne concerne que nous. Rien ne sortira de cette pièce, soyez-en sûre. Parlez-moi comme si j'étais votre égal.

Le terme "d'égal" la surprit mais elle n'en laissa rien paraître. Il considérait donc réellement Amalia différemment que comme une simple patiente de base, ce n'était pas qu'une impression. Cela ne la dérangeait pas, bien au contraire, et en dévoilait long sur la personnalité d'Ange. Elle comprit qu'il avait apprécié ses marques de respect et ses flatteries, bien que sincères, non dissimulées. Elle le nota dans un coin de sa tête.

-En effet, j'ai entendu les rumeurs qui courent à votre sujet. Je ne sais pas si elles sont véridiques, mais j'imagine qu'au moins une partie l'est, sinon elles n'auraient pas raison d'être. Par contre, je ne sais pas quelle réponse vous attendez à cette question, même si j'imagine que mon opinion ne vous dérangerait pas le moins du monde.

Pour qu'il n'y ait aucun risque s'il devait s'approcher à nouveau, Amalia enfila son cache-oeil, qui était abandonné sur son oreiller, puis se tourna vers Ange, cette fois-ci définitivement, avec un léger sourire en coin dessiné sur le rouge de ses lèvres.

-Cependant, reprit-elle, et contrairement à l'immense majorité des patientes je pense, elles ne me gênent absolument pas. Je veux dire, après tout vous êtes libre de faire ce que vous voulez. Et, à votre place, nombre de nous feraient de même.

Elle se garda d'ajouter un "en tout cas, au moins moi" mais le laissa sous-entendre dans ses derniers mots. Ange le comprendrait certainement, il était loin d'être idiot.

-Et il faut avouer que tenter de nombreuses expériences est excitant, c'est cliché mais nous n'avons qu'une vie et je trouve ça triste, presque révoltant, de voir que la majorité de la population accepte de la gâcher à se restreindre.


Et c'est exactement ce qu'Amalia faisait avec sa capacité, elle venait de résumer la plus grande partie de son existence et de sa philosophie de vie en une seule phrase. Après un court silence, elle ajouta :

-J'espère que ce point de vue ne vous rebute pas?


Hors RP:
Super ! J'avais peur que ça ne te convienne pas  
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Mer 27 Sep - 21:22
Sa panique l'amusa un peu. Lorsqu'il avait soulevé sa mèche de cheveux, elle avait l'air de ne plus savoir où regarder. Pourtant, il aurait bien voulu être le cobaye, voir comment ça fonctionnait. Cela relevait presque du surnaturel. Un regard qui créée une douleur factice chez quelqu'un ? Il n'y avait rien de plus excitant... Allait-il se plier à sa volonté ? Et puis, où aurait-il mal ? A la jambe ? A un organe vital ?
Dire qu'il était venu "officiellement" ici pour vérifier sa pathologie... Au final, c'est ce qu'il voudrait faire. Il avait suffisamment nourri sa curiosité par rapport à la plastique de son interlocutrice, maintenant il voulait savoir ce que sa pathologie apportait.
Elle semblait réfléchir. Il y avait de quoi être déstabilisé : ce n'est pas tous les jours qu'un médecin accorde du respect à un patient. Ange savait tout simplement jouer avec les mots, les choisir avec précaution pour qu'ils touchent davantage la personne. Que ce soit par but personnel ou pour toute autre raison.

-En effet, j'ai entendu les rumeurs qui courent à votre sujet. Je ne sais pas si elles sont véridiques, mais j'imagine qu'au moins une partie l'est, sinon elles n'auraient pas raison d'être. Par contre, je ne sais pas quelle réponse vous attendez à cette question, même si j'imagine que mon opinion ne vous dérangerait pas le moins du monde.

Ange hochait la tête pendant qu'elle parlait. Elle était honnête, répondant à la demande du médecin. Puis elle donnait son avis, ce qui était essentielle à une relation patient/médecin...
Ah oui, c'était vrai. Elle ne faisait pas parti du groupe duquel il s'occupait. Ange tiqua. Sa pathologie et son caractère auraient pu être parfait. Elle aurait été la patiente parfaite.
Elle prit ses précautions en cachant son oeil. Il en fut presque déçu de cette décision.

- Cependant, et contrairement à l'immense majorité des patientes je pense, elles ne me gênent absolument pas. Je veux dire, après tout vous êtes libre de faire ce que vous voulez. Et, à votre place, nombre de nous feraient de même.

Ange opina de nouveau. Elle n'était pas en mesure de contredire les faits et gestes du beau brun, mais elle pouvait effectivement n'en avoir rien à faire. Et c'était mieux ainsi.
Elle semblait compréhensive et empathique également. Il n'avait pas lu l'entièreté du dossier qu'avait rédigé son médecin attitré pour se garder la surprise, et il n'était pas déçu. Sauf pour le cache-oeil. Et qu'elle ne soit pas dans le groupe des spéciaux.
Tiens ? Avait-elle dit :"Nombre de nous feraient de même ?" Elle devait parler des patients. Ou des hommes en général. Il prit un instant pour réfléchir à ces paroles. Parlait-elle d'elle même ? Ses mots avaient été comme suspendu dans l'air. Comme si elle voulait passer un message. Il garda cette impression dans un coin de sa tête.

- Et il faut avouer que tenter de nombreuses expériences est excitant, c'est cliché mais nous n'avons qu'une vie et je trouve ça triste, presque révoltant, de voir que la majorité de la population accepte de la gâcher à se restreindre.

Elle argumentait sa pensée, et c'était agréable. Bien qu'on ait retiré un peu d'humanité aux patients en leur attribuant des numéros, elle gardait son intégrité et sa propre pensée. Débattre avec elle devait être intéressant.
Elle était intéressante.
Elle reprit après avoir marqué une pause :

J'espère que ce point de vue ne vous rebute pas?
Pas le moins du monde, Amalia. Au contraire, je trouve ça honorable de présenter son point de vue.

Il s’assit sur son bureau, une fesse dans le vide. Il croisa les bras, réfléchissant. Il se demandait s'il pouvait tout de même avoir Amalia dans ses patients. Poser la question à Donatien ne devait pas être compliqué, il le ferait dès qu'il sortira de cette chambre. En attendant, il voulait continuer sa petite conversation avec elle.

- Je vous pose encore quelques questions, et après je vous laisse tranquille.

Il réalisa ce qu'il venait de dire, puis se corrigea presque instantanément :

- Pas que je n'apprécie pas votre compagnie, c'est juste que j'ai des choses à faire.

"Surtout des patients à ausculter ou d'autres à gronder.", rectifia-t-il intérieurement.
Ange avait beau être calculateur et manipulateur, son côté simple et maladroit ressortait lorsque ses émotions prenaient le dessus. A cet instant, c'était l'excitation qui grimpait en lui, comme un ballon que l'on gonfle et que l'on lâche pour qu'il atteigne le ciel. C'était pour cela que parfois, il était obligé de corriger certaines de ses paroles. Il était à deux doigts de lever les yeux au ciel, exaspéré par l'enfant qui dormait au fond de lui, mais se retint. Il ne devait pas montrer une autre faiblesse de lui, ou alors un autre défaut.
Quoique, en y réfléchissant encore, sa correction avait été très maladroite. Cette fois-ci, il ne cacha pas son exaspération. Il avala beaucoup d'air avant de l'expulser par ses narines. Il méritait des baffes, de temps en temps.
Puis, il reprit rapidement contenance avant de se lancer, en se raclant la gorge :


- Je voudrais savoir si vous vous plaisez avec votre médecin. Et j'aurais une faveur à vous demander, car je suis très curieux...

Il quitta le bureau pour s'avancer un peu vers elle, d'un ou deux pas, avant de s'abaisser à nouveau à sa hauteur, plongeant ses yeux dans les siens. Enfin, dans le sien. Il fut étonné de la couleur de son oeil. Ce fut un beau mélange d'un bleu et gris, qui cohabitaient à la perfection.

- Regardez-moi avec votre oeil rouge, s'il vous plaît, demandait-il dans un souffle.

Chose encore plus rare : il lui avait demandé quelque chose en employant le "s'il vous plaît". Sans s'en rendre compte, il lui accordait plus d'importance qu'il ne l'aurait voulu. Peut-être était-ce le charme naturel de cette créature qui lui faisait cet effet ?


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Jeu 28 Sep - 10:23
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Ange
Je suis venu pour une raison bien précise
Son appréhension semblait avoir amusé le médecin et la bouche d'Amalia se tordit en une micro-expression d'incompréhension. Souhait-il sincèrement subir le bon vouloir de la patiente? Incompréhensible, même si cette idée était tentante, il était beaucoup plus divertissant de l'infliger à une victime non consentante. Après, elle ne pourrait pas déroger à l'autorité d'Ange, relation patiente-docteur oblige. Bien qu'elle ne lui soit pas attitrée. "Et c'est bien dommage, il y aurait tellement d'intérêt à ce qu'il devienne ton médecin..." Elle se retint de lever les yeux au ciel, désespérée par la perversité dont son esprit faisait preuve. Quand elle cacha son oeil rouge, elle remarqua un semblant de déception chez son visiteur. Ah, donc il le voulait vraiment? Amalia garda cette interrogation dans un coin de sa tête. Mais peut-être avait-il un autre motif pour être déçu, elle ne savait pas. Elle fut cependant ravie de voir qu'il partageait son point de vue ou qu'il l'approuvait, du moins en apparence. C'était bon à savoir.

- Pas le moins du monde, Amalia. Au contraire, je trouve ça honorable de présenter son point de vue.

Elle eut d'ailleurs la confirmation de son approbation, et elle en fut ravie. Pour la première fois depuis deux ans, la brune avait l'impression de retrouver une infime humanité, qu'elle n'était plus considérée comme un monstre. Certes, l'avis des autres lui importait peu mais elle ne pouvait décemment pas affirmer que la considération dont faisait preuve Ange lui procurait un minimum de joie. Son regard argenté suivit le médecin, dorénavant à moitié assis sur son bureau et apparemment en proie à une intense réflexion. Est-ce que lui aussi souhaitait l'avoir dans son groupe? Amalia l'espérait secrètement mais n'en laissait rien paraître et, surtout, ne le dirait pas expressément. Trop de fierté sans doute.

- Je vous pose encore quelques questions, et après je vous laisse tranquille. Pas que je n'apprécie pas votre compagnie, c'est juste que j'ai des choses à faire.

Choses qui ne paraissaient absolument pas réjouissantes. Un léger rire cristallin échoua sur ses lèvres. Elle avait remarqué l'imperceptible changement de ton dans les mots d'Ange, signe que peut-être il lui accordait une certaine confiance et estime puisqu'il se laissait presque aller. Et sa réaction exaspérée confirma en partie les pensées d'Amalia. Elle était plus contente qu'habituellement de voir ceci chez son interlocuteur, elle qui était plutôt indifférente aux autres. Certes, le statut d'Ange y était un peu pour quelque chose, mais c'est aussi qu'elle l'appréciait plus que prévu. Elle jeta un bref regard vers son réveil : cela faisait déjà presque une heure qu'il était là, elle n'avait pas vu le temps filer. Amalia reporta son attention sur le bel homme.

- Je voudrais savoir si vous vous plaisez avec votre médecin. Et j'aurais une faveur à vous demander, car je suis très curieux...

Elle pencha la tête sur le côté, interloquée, tandis qu'il s'approchait et se mettait à nouveau à sa hauteur.

- Regardez-moi avec votre oeil rouge, s'il vous plaît.

Il avait soufflé rapidement ces derniers mots, de manière erratique. Conférant presque un pouvoir érotique à cette demande. La respiration d'Amalia se bloqua un instant. Cela faisait longtemps qu'on ne lui avait pas autorisé son usage, elle en avait presque besoin et elle en avait enfin l'opportunité. Elle ouvrit légèrement la bouche avant de la sceller une nouvelle fois, légèrement perdue. Elle prit le parti de d'abord répondre à la question d'Ange, le plus honnêtement possible. Elle verrait plus tard pour la suite.

-A vrai dire, non... Il m'ennuie, ce doit être un des médecins les moins intéressants de l'Institut, voire même des pensionnaires, patients compris, qui vivent sur cette île. Mais je ne pense pas que ce soit possible de changer, après tout il a en charge le groupe B...

Un léger ton méprisant accompagnait cette phrase. Mais elle ne pourrait pas éviter éternellement la dernière demande d'Ange. A cette idée, le pouls d'Amalia accéléra et elle dut de nouveau entrouvrir les lèvres pour respirer pleinement, sa poitrine se soulevant à un rythme effréné. C'était la première fois qu'elle ne souhaitait pas user de sa capacité sur quelqu'un. Certes, elle aimait indéniablement le faire, mais elle ne voulait pas blesser le médecin. "Du moins pas tout de suite. Mais c'est tentant, il te le demande, presque une supplication..." En proie à un débat intérieur, son oeil gris-bleu s'ancra dans le regard tentateur du docteur. Il lui était vraiment difficile de refuser, et encore plus dans cette situation. Avec un tremblement presque invisible, elle retira son cache-oeil d'un geste lent et précautionneux, sans pour autant décaler sa chevelure de jais.

-Si vous le demandez, je suppose que je ne peux pas refuser. Mais je dois juste vous prévenir que je ne sais pas exactement ce que vous allez ressentir, si vous allez avoir mal dans une partie précise du corps ou si cela sera juste une impression généralisée. Je penche plutôt pour cela, vu que ce n'est qu'une illusion créée par le cerveau.

C'en était presque tristement ridicule : c'était sa propre capacité, qu'elle utilisait énormément et qu'elle appréciait, mais Amalia n'était pas capable de décrire son effet en détail. Pour sa défense, elle ne l'avait jamais testé sur elle. Elle retint cette idée, qui pouvait être intéressante. Mais cela ne l'empêcherait-il pas d'en user à nouveau? Et allait-elle apprécier ou souffrir le martyr? Surtout que le réflexe en cas de douleur était de fermer les yeux, ce qui arrêterait tout de suite l'expérience. A méditer. Elle se concentra de nouveau sur Ange, dans l'appréhension de sa réponse. Elle le laissait en charge de découvrir son oeil "magique", pour contrôler sa demande.
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Ven 29 Sep - 22:42
La panique regagna son visage et son corps tout entier. Ange ne put s'empêcher de sourire malicieusement. Il avait l'impression de remporter quelque chose, mais impossible de savoir quoi. Peut-être cette bataille de domination. Il avait plus ou moins l'impression d'être en guerre contre cette demoiselle, les deux recherchant à trouver un terrain d'entente et à dominer l'autre.

-A vrai dire, non... Il m'ennuie, ce doit être un des médecins les moins intéressants de l'Institut, voire même des pensionnaires, patients compris, qui vivent sur cette île. Mais je ne pense pas que ce soit possible de changer, après tout il a en charge le groupe B...

Elle avait deviné qu'il la voulait. Elle était, en plus d'être maligne, intelligente. Ce n'était pas négligeable. Et puis, voir qu'elle n'appréciait pas son actuel médecin, si ce n'était pas détester, était très agréable.
Il resta tout de même attentif à la suite, presque plus concentré sur son œil caché que sur le reste. Il ne vérifia pas sa réaction mais percevait ses gestes hésitants et sa poitrine qui se soulevait anormalement.

- Si vous le demandez, je suppose que je ne peux pas refuser. Mais je dois juste vous prévenir que je ne sais pas exactement ce que vous allez ressentir, si vous allez avoir mal dans une partie précise du corps ou si cela sera juste une impression généralisée. Je penche plutôt pour cela, vu que ce n'est qu'une illusion créée par le cerveau.

Le coeur d'Ange battait à plein régime, nerveux et excité. Elle l'avait enlevé.
Il a d'abord été transporté par ce regard. Rouge, vif. Il se sentait plus vivant que jamais, peut-être était-ce la poussée d'adrénaline qui lui faisait cet effet. Quoiqu'il en soit, il se sentait capable de tout faire. Inconsciemment, il avait approché davantage son visage de celui d'Amalia pour être au plus proche de cet œil si spécial.
Et d'un coup, sans prévenir, il la ressentait. Cette douleur lancinante qui commençait dans son estomac pour se répandre en quelques micro-secondes dans tout son corps. Il était totalement paralysé par la douleur. Aucune plaie, rien. Il tentait de se convaincre que cette souffrance était factice, aucune plaie visible, et qu'il était en parfaite santé jusqu'à ce qu'il plonge son regard dans ce rouge accrocheur.
Et pourtant, cela n'empêcha pas quelques gouttes de transpiration de ruisseler sur son front. Il combattait avec lui même pour s'empêcher d'hurler de douleur. Comment cette pathologie fonctionnait? Il était incapable de dire pourquoi cela lui faisait si mal. Pourquoi son corps ressentait quelque chose qui n'existait pas. Était-ce la couleur de cet œil ? Il était presque tenté d'arracher ce don pour le garder avec lui, mais il n'était pas son médecin.
Alors il ferma les yeux. Durant quelques secondes, pour se remettre. Il était incapable de dire ce qui avait provoqué cette sensation chez lui. Incapable de prononcer le moindre mot. Et pourtant, elle était envolée. Disparue. Comme par magie. Il se sentait en parfaite forme, comme il y a quelques secondes.
Il rouvrit doucement les yeux, la respiration plus forte sous l'intensité de cette expérience, et resta silencieux tout en observant l’œil gris d'Amalia. Puis, il se redressa en expirant bruyamment.
Il se racla la gorge une nouvelle fois, pour s'éclaircir la voix :

Merci, Amalia. Tu peux remettre ton bandeau ou autre chose pour cacher cela.

Il lui tourna le dos, comme pour s'apprêter à partir. Mais son corps le retint. Il appréciait cette gamine. Ou du moins, il appréciait sa compagnie. Mais il avait des obligations, et fait toutes les choses qu'il avait à faire ici. Il s'approcha donc lentement du bureau pour saisir son smartphone et le dossier de B100, et se tourna vers elle une dernière fois. Peut-être avait-elle quelque chose à ajouter?


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B100
Mar 10 Oct - 15:56
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Ange
Je suis venu pour une raison bien précise
Amalia avait horreur de perdre le contrôle qu'elle avait, surtout qu'elle n'avait pas une prise totale sur le médecin, et si même le peu qu'il y avait disparaissait, elle se sentait dépassée. Et elle n'aimait pas ça. Elle savait qu'Ange avait perçu son malaise, et qu'il s'en amusait, et cela aussi accentuait son sentiment de tomber dans un lieu inconnu. Un abîme où il n'y avait aucune prise possible pour remonter ou simplement arrêter cette perte de contrôle et reprendre du poil de la bête. Néanmoins, il semblait satisfait de sa réponse. Avait-elle deviné ses intentions de la prendre comme patiente? Pourtant, il s'occupait du groupe S qui, logiquement, avec des capacités bien plus intéressantes que la sienne. Même si elle était  particulière parmi les patients B. La preuve, Ange fixait la mèche de cheveux obsidienne qui recouvrait son oeil rouge, vecteur de cette anormalité. Se rendait-il compte qu'elle ne comprenait pas l'intérêt de sa demande? Amalia n'imaginait absolument pas son visiteur être masochiste, en tout cas si c'était le cas, il le camouflait parfaitement puisqu'aucun bruit de couloir n'était parvenu aux oreilles de la brune.

Lui avait l'air impatient voire excité de cette expérience, alors qu'elle était dans l'appréhension et l'incompréhension. Mais elle avait tout de même retiré son bandeau protecteur, qui soustrayait le monde extérieur à son pouvoir illusoirement sadique. Sa chevelure ne cachant plus l'éclat rubis de l'iris, Ange s'approcha davantage du visage pâle de la jeune femme, comme pour comprendre plus rapidement de quoi il en retournait exactement. Si, pendant les premières secondes, l'homme ne semblait rien ressentir à part un attrait presque surhumain, son regard fut rapidement traversé par une douleur insoutenable. Amalia le voyait essayer de lutter contre cette sensation, qu'elle imaginait désagréable au possible, un rictus de souffrance déformant sa bouche. Sous la pression mentale subie, de petites gouttes de sueur perlaient sur le front blême du médecin, collant les quelques mèches brunes contre ses tempes. Il ferma finalement les yeux, se soustrayant à la douleur factice qu'elle lui avait infligée, certes à sa demande. Le masque qui crispait ses traits disparut, pour laisser place au visage à  la fois soulagé et encore plus intrigué, si c'était possible, d'Ange Barrabil. Mais, même s'il faisait semblant de ne pas avoir été réellement affecté, Amalia avait vu la souffrance dans ses yeux et entendait sa respiration saccadée. Elle, par un contraste étonnant, était plus calme, se sentant légère après cette autorisation et cette expérience inespérées. Les deux s'observèrent sans ciller, le gris de leur regard se rencontrant, tandis que l'oeil surnaturel de la brune était à nouveau enfoui sous sa chevelure.  Ange se redressa, brisant le silence par un raclement de gorge qui déchira les tympans d'Amalia, qui n'était plus habituée au bruit. L'éloignement du médecin lui donna une sensation de vide, suite à la proximité qu'ils avaient eu.

- Merci, Amalia. Tu peux remettre ton bandeau ou autre chose pour cacher cela.

"Cela" hein... Ainsi, elle était redevenue un monstre, malgré les remerciements, qui du coup sonnaient faux. En soi, il n'y avait plus rien à tirer de sa capacité puisque l'expérience avait été faite, mais elle était presque blessée par le "cela". Elle n'en laissa rien paraître, son visage conservant son masque d'impassibilité. Seul son oeil gris s'assombrit très légèrement, comme si une colère sourde grondait à l'intérieur et menaçait d'éclater. Mais, à cette distance, il était impossible de le percevoir. Le bel homme tourna les talons, pour sortir de la pièce, et récupéra le dossier de la patiente ainsi que son smartphone, mais il se ravisa au dernier moment et se tourna vers elle. Amalia était plongée dans ses pensées : Ange n'avait pas été spécialement résistant à la douleur, bien qu'il ait eu un grand contrôle sur lui-même, mais il avait été capable de s'arracher à la douleur en fermant les yeux, signe qu'il était d'une plus grande force mentale que ce dont elle avait l'habitude. Mécaniquement, elle réinstalla son cache-oeil et le va la tête vers lui, s'asseyant sur son lit les jambes élégamment croisées. Elle voulait savoir autre chose maintenant.

-Qu'est-ce que cela vous a fait?

Amalia voulait comprendre sa pathologie plus en détails, et pour cela elle avait besoin de quelqu'un sachant analyser précisément. Qui de mieux qu'un médecin qui avait subi cette souffrance imaginaire?
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Sam 14 Oct - 15:16
Elle avait l'air paisible. La neutralité exprimée sur son visage contamina Ange. Plus aucune émotion visible, plus aucun trait qui pouvait trahir le moindre sentiment de peur ou de douleur. Seul son torse tentait de se soulever, mais il était emprisonné dans la chemise doublée d'une veste. Alors, il paraissait d'autant plus calme, alors que sa respiration disait le contraire.
Elle n'avait plus rien à dire? Elle ne voulait plus rien faire? Soit, Ange allait dans ce cas parti...
Elle s'installa sur son lit, une jambe sur une autre. Généralement, les femmes croisaient leur jambe pour dévoiler leur mollet aux personnes qui leur plaisent. Inconsciemment, bien sûr.
Ange fut retenu par ce léger signe. Il était très réceptif aux gestes de séduction, ce qui pouvait être un fardeau. Mais la plupart du temps, c'était plutôt un cadeau. Cela lui permettait de manipuler au mieux ses "victimes". Dit comme cela, c'est effrayant.

- Qu'est-ce que cela vous a fait?

Ange eut l'air, tout d'abord, étonné. C'était bien la première fois qu'une patiente lui posait ce genre de questions. Les patients avaient peur de comprendre leur particularité, et ne voulaient même pas l'avoir. Si on prenait pour exemple S14 - cette sale petite pute - elle n'avait jamais tenté de connaître plus en profondeur sa pathologie. Mhf, c'était un mauvais exemple, elle faisait comme si elle la connaissait.
Prenons plutôt le premier patient qu'il ait eu : Eugène Valtersen. Il se fichait pas mal d'être pyromane. Il était plutôt du genre à accepter plutôt qu'à essayer de comprendre.
Mais elle... Elle était différente. Elle le fascinait. Davantage maintenant qu'avant. Elle avait ce quelque chose que les autres n'avaient pas : de la curiosité. Et pas de la mauvaise curiosité, comme chercher dans les dossiers secrets de l'Institut pour tenter de le faire couler. Non : la curiosité qui ferait avancer non seulement la science, mais aussi sa propre personne.
Il prit un air plus détendu, et pour la première fois depuis longtemps, il souriait sans sarcasme ni mauvaises pensées. Il s'approcha d'elle, bienveillant, et s'assit juste à ses côtés. Comme s'il allait se confier à son psy. Mais c'était une demoiselle maligne qu'il avait en face de lui. Il entrelaça ses doigts, et la regarda.

Je pense que ton œil donne un sentiment de puissance à qui le regarde avant créer une douleur. Personnellement, j'ai d'abord eu mal dans l'estomac avant de ressentir un lancement dans tout le corps. Comme si on me martelait toute la surface de mon corps à l'intérieur.

Il avait l'impression que les rôles s'étaient inversés. Qu'il était le patient malade et elle le médecin. Même si, au fond de lui, cette impression le dérangeait, il n'en laissa rien paraître. Il continua, nuançant sa pensée :

- Mais, ça doit être différent des vécus et expériences de chacun. Comme si on replongeait dans notre passé, et qu'on ressentait tout ce qu'il y a de mauvais dans nos souvenirs. J'ai d'abord eu mal à l'estomac, et je peux en comprendre la cause. Mais pour ce qui est des autres, je n'en ai aucune idée. Tu as déjà tenté regarder ton oeil dans un miroir ?

Cette question lui était venue sans vraiment qu'il y ait pensé, mais il la trouva tout de même importante. Avait-elle expérimenté la douleur factice sur elle ?


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Ven 20 Oct - 10:07
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Ange
Je suis venu pour une raison bien précise
Sans regarder précisément Ange, la jeune fille le voyait du coin de l'oeil et, même s'il avait l'air particulièrement paisible, son ouïe était fine et la respiration saccadée de l'homme ne lui échappait pas, bien qu'elle soit faible. Mais la pièce était petite, et l'utilisation de sa capacité la rendait plus sensible aux changements chez ses victimes. Elle devinait aussi que n'importe quel mouvement légèrement aguicheur ferait revenir le médecin, et c'est pour cela qu'elle croisa les jambes, nonchalamment assise sur son matelas blanc. Amalia avait besoin de lui pour répondre à une question, voire plusieurs, et ainsi mieux comprendre sa particularité et l'utiliser plus efficacement à l'avenir. Que ce soit en partant de l'Institut ou non, elle n'en avait rien à faire, mais elle serait peut-être trop dangereuse en dehors de cette île. Il paraissait d'ailleurs surpris de sa question, pourquoi? Les autres patients étaient-ils demeurés au point de ne pas vouloir comprendre leur capacité, ni même l'utiliser? Si c'était le cas, ça serait encore plus désespérant que prévu. Il s'approcha finalement du lit de la demoiselle, s'asseyant même auprès d'elle, avec un sourire différent des précédents. Comme s'il avait laissé s'effondrer quelques barrières. Pourtant, elle restait dangereuse, et ce sans même être une patiente S, encore plus fascinants à ses yeux qu'elle.

Pendant un court instant, Amalia craignait que sa bienveillance soit factice et qu'il lui décoche une claque monumentale pour prendre le rôle d'une scientifique ou d'une psychologue. Elle se retint sa respiration en le sentant près d'elle, tendant très légèrement son corps en avant. Ange regarda finalement la jeune femme, sans aucune animosité, et elle détendit les muscles de son dos, ses omoplates roulant contre le fin tissu noir de son haut. Les jambes toujours croisées, elle bloqua ses mains sous ses cuisses, plantant elle aussi son oeil argenté dans le regard du médecin.

- Je pense que ton œil donne un sentiment de puissance à qui le regarde avant créer une douleur. Personnellement, j'ai d'abord eu mal dans l'estomac avant de ressentir un lancement dans tout le corps. Comme si on me martelait toute la surface de mon corps à l'intérieur.

L'italienne était consciente qu'ils avaient comme inversés leur rôle et, si cela ne la dérangeait pas le moins du monde puisque c'était SA capacité, étonnamment le bel homme ne semblait pas s'en formaliser non plus. Elle trouvait sa réaction étrange. Soit il cachait particulièrement bien son jeu et n'appréciait pas du tout la tournure des évènements, soit il montrait maintenant sa vraie personnalité. Les deux possibilités pourrait exister, et elle ne savait pas quoi en penser. Elle analysa finalement les mots d'Ange. Un sentiment de puissance, comme une montée d'adrénaline liée à l'appréhension ou à l'attente? Dans le cas de cette "expérience", ça pourrait être le cas car il était prévenu de ce u'elle allait faire. Donc ça ne devait pas être le cas pour toutes les victimes de cette illusion, puisqu'en temps normal elles ne savaient pas ce qu'elles allaient subir, malheureusement ou heureusement pour elles.

- Mais, ça doit être différent des vécus et expériences de chacun. Comme si on replongeait dans notre passé, et qu'on ressentait tout ce qu'il y a de mauvais dans nos souvenirs. J'ai d'abord eu mal à l'estomac, et je peux en comprendre la cause. Mais pour ce qui est des autres, je n'en ai aucune idée. Tu as déjà tenté regarder ton oeil dans un miroir ?

Le passé des autres serait en effet une piste à explorer... Plongée dans ses pensées, elle essayait d'imaginer pourquoi il avait d'abord eu mal à l'estomac. Elle refoula un rire moqueur en pensant à une simple maladie enfantine mal vécue car qui aimait être malade en public, plus précisément à l'école où les enfants sont probablement les créatures les plus cruelles sur Terre? Elle ne posa pas la question, laissant l'intimité de sa vie au médecin, mais le rictus amusé ne quitta pas ses lèvres pour autant. Jusqu'à la dernière phrase. Tester la douleur sur elle-même? Elle fronça les sourcils, son nez en trompette se retroussant légèrement.

-Je ne suis pas masochiste.

Dorénavant, elle comprenait parfaitement ce qu'on pouvait ressentir avant qu'elle n'utilise son don sur une proie. Même si ça ferait avancer sa propre connaissance et satisferait certainement une grande partie de sa curiosité, Amalia était comme tout le monde ou presque de ce point de vue là et n'aimait pas souffrir. Et après tout, c'était contraire à ses principes : c'était elle qui faisait mal aux autres et non pas elle qui la ressentait, que ce soit d'une source extérieure ou d'elle-même.
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Mar 24 Oct - 0:15
Elle souriait. Elle avait l'air malicieuse. Il ne savait pas pourquoi elle avait ce rictus dessiné sur ses lèvres, mais elle semblait amusé. Puis, son sourire disparut lorsqu'il eu fini son discours. Il l'imita en fronçant les sourcils. Elle était bel et bien spéciale. Il ne savait plus si c'était en bien ou en mal, mais elle l'était. Il s'humidifia les lèvres et se demandait s'il avait bien fait. Il s'était plus ou moins dérobé de son rôle de médecin. Il devait savoir où il allait précisément avec ce genre de conversations...
Oh. Mais cela pourrait lui être utile à l'avenir. S'il lui parlait franchement, elle pourrait soit penser qu'il l'apprécie et de ce fait, elle essaiera de l'utiliser, soit elle se méfie et se demande comment un homme avec une telle réputation puisse penser de cette manière. Dans tous les cas, à présent, ils partageaient une complicité qui était indéniable.

- Je ne suis pas masochiste.

"Dommage", pensa-t-il rapidement. Mais cela en disait long sur elle et sur leur propre relation à présent. Tout d'abord : elle ne tient pas à ressentir ce que les autres subissent à cause d'elle. Ensuite, elle se pense plus proche de lui.
Et comme s'il avait repris ses esprits, son esprit d'analyse revint, ne laissant plus aucune place à de l'empathie. Il resta surtout neutre de l'extérieur, les yeux rivés sur son visage. Elle n'employait plus de petits mots que l'on utilise pour le respect. Elle aurait pu dire :"Vous savez, je ne suis pas masochiste." ou alors "Je ne préférerais pas." qui est une forme plus soutenue. Mais elle n'a pas tourné autour du pot, et a dit sa pensée telle quelle. Il se redressa un peu et élargit ses épaules pour les détendre.

Je vois. Je peux comprendre. Après tout, personne n'aime ressentir de la douleur.

Et il allait dans son sens en lui parlant comme à son égal, pour la bercer dans cette idée. L'Ange impulsif et enfantin avait finalement laissé place au manipulateur. Son côté aimant le contrôle reprit le dessus sur toute sorte d'émotion qui aurait pu naître chez lui. Il appréciait cette patiente, c'était vrai. Mais ce n'était qu'un échange de paroles et de gestes auquel le cerveau donne un sens.
Il souleva délicatement la manche de sa veste pour laisser apparaître une montre. Il était là depuis longtemps maintenant.
Il positionna ses mains sur ses cuisses, et la regarda avec un sourire.

- Et bien, merci. Je ne devrais plus tarder. J'ai un travail, tu sais. Tu as autre chose à me demander ?

Reconnaissance. Avertissement du temps. Argument avec un signe familier. Demande si elle a autre chose en tête. Banale aux premiers abords, cette phrase a tout un mécanisme qui s'enclenche et qui laisse l'interlocuteur en proie à une manipulation par les mots. Ils sont simples, ne se détachent pas de l'ambiance qui régnait encore, et l'intonation ne laisse présager aucun signe de retournement de situation. Pour l'instant, il la laissait maître de la situation en lui disant qu'il pouvait rester encore un peu si elle lui demandait, la positionnant en meneuse et lui en soumis. Ce qui ne changea pas vraiment de la discussion précédente.


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Jeu 26 Oct - 9:07
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Ange
Je suis venu pour une raison bien précise
Amalia décida de ne pas partager la source de son hilarité masquée avec Ange, sous peine de se voir retirer l'estime qu'il paraissait lui porter. Lui aussi changea d'expression quand son sourire disparut, à la fin de sa phrase. Peut-être espérait-il vraiment qu'elle accepte de souffrir par son propre fait, mais elle s'y refusait catégoriquement, les seuls qui devaient connaître cette douleur étaient les autres, pas elle. Il semblait presque déçu de sa réponse, certes plutôt malpolie car plus un réflexe qu'autre chose, comme si refuser d'avoir mal, même illusoirement, était une mauvaise tournure. Alors que, s'il avait été à sa place, cela n'aurait évidemment pas posé de problèmes. La patiente camoufla un soupir et reporta son attention sur son visiteur, qui se redressa comme pour dissiper un malaise, qui commençait à s'installer.

- Je vois. Je peux comprendre. Après tout, personne n'aime ressentir de la douleur.

La jeune femme plissa légèrement les yeux. Le ton d'Ange avait changé, il reprenait celui de la distance qui était de rigueur entre patient et médecin, celui de la hiérarchie. Et de l'âge, ce qui était pire, puisqu'il semblait presque l'infantiliser et cela lui était insupportable. Les instants précédents ne valaient donc plus rien, soit. Il essayait de donner une impression d'égalité, mais Amalia n'était pas dupe. Elle avait elle-même utilisé ce procédé et l'avait entendu un nombre incalculable de fois, suffisamment pour savoir le reconnaître en toutes circonstances. Si les derniers mots qu'elle avait prononcé laissait présager une certaine proximité, elle érigeait à nouveau des barrières pour se protéger de toute agression, verbale ou non, cassant leur complicité. Retour au point de départ, mais cette fois-ci cette entrevue terminerait bientôt, au lieu de commencer. La brune reprit un visage neutre mais pas hostile pour autant et son oeil argenté se dirigea automatiquement vers Ange lorsque celui-ci regarda rapidement sa montre. Oui, c'était bel et bien fini.

- Et bien, merci. Je ne devrais plus tarder. J'ai un travail, tu sais. Tu as autre chose à me demander ?

Ton familier, presque amical, mais qui la remettait à un rang d'enfant et donc, par définition, lui redonnant une place inférieure. L'italienne ne laissa rien paraître de son agacement, bien que le venin de la colère commençait à se répandre dans ses veines, faisant bouillir son sang, visible uniquement par le léger durcissement loin, au fond de son oeil visible. Avec un léger sourire aimable mais qui réinstallait une certaine distance, elle se leva face à lui. En soi, il paraissait lui laisser le contrôle de son départ ou non, mais là aussi, ce n'était qu'illusoire et pas étonnant de la part d'un manipulateur tel que lui. En vérité c'est lui qui menait la danse, malheureusement pour elle son rôle de meneuse lui avait été enlevé avec brio. Elle ne pouvait pas le retenir sans passer pour une gamine capricieuse, ce qu'elle n'était absolument pas, mais ne pouvait pas le virer sans risquer un retour de flammes. Elle l'accompagna jusqu'à sa porte, bien que ce ne soit pas difficile à trouver, et lui tendit sa main. Comme au début.

-Je ne vais donc pas vous retenir plus longtemps, je m'en voudrais de vous faire prendre du retard. Et cela serait regrettable, tant pour vous que pour moi.

Il la prenait pour une enfant? Grand bien lui fasse, elle allait lui prouver le contraire, sans pour autant se départir de son masque de courtoisie et de coopération. Il n'était pas le seul à savoir simuler une sympathie. Parce que oui, pour Amalia, il ne faisait aucun doute qu'il avait en réalité jouer un rôle durant toute sa visite dans sa chambre, et cela la blessait. La blessure ne venait pas de l'absence de confiance non, mais simplement parce qu'elle n'avait pas su le voir dès le départ. Toujours avec amabilité et douceur, elle tourna la poignée et ouvrit la porte pour laisser passer le médecin.

-Pourrions-nous nous revoir dans de telles conditions? Parler avec une personne civilisée me manque, et je risque d'y prendre goût.

Par "civilisée", elle voulait dire intéressante, tant au niveau de la personnalité que de l'apparence. Peu de gens retenaient son attention sur un seul de ces critères, alors avoir les deux à la fois sous la main était plus qu'incroyable.
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Médecin
Dim 29 Oct - 18:36
Il se leva en même temps qu'elle, et ils se dirigèrent vers la sortie. Elle lui tendit sa main, qu'il serra sans attendre.

- Je ne vais donc pas vous retenir plus longtemps, je m'en voudrais de vous faire prendre du retard. Et cela serait regrettable, tant pour vous que pour moi.

Du début jusqu'à la fin, elle aura été respectueuse. Employant des "vous" quand il le fallait, et étant toujours polie, sans se montrer trop importante. Elle savait que pour avancer correctement, il ne fallait surtout pas froisser quelqu'un. Surtout quand cette personne a le pouvoir sur presque tout ici.
Mais il garda les pieds sur terre, se disant qu'elle méritait un peu plus de considération. Justement, elle lui avait accordé du respect : il lui en devait tout autant.
Cependant, la voilà en train de faire le travail d'un membre du personnel en lui ouvrant la porte, ce qui le fit souffler du nez.

- Pourrions-nous nous revoir dans de telles conditions? Parler avec une personne civilisée me manque, et je risque d'y prendre goût.

Ange fronça les sourcils, mais pas à cause de sa demande. "Y prendre goût" ? A ses visites ou à la solitude ? Mais il opina.
Son dossier sous le bras et le téléphone rangé dans sa poche, il sortit de la chambre, sans pour autant oublier de lui adresser quelques mots :

Amalia, si je peux te donner un conseil : continue sur cette voie. Et, quant à mes visites...

Il prit le temps de se poser, pour réfléchir à cette question. Il était venu pour observer sa plastique, mais après pour sa pathologie. Il avait tous les éléments nécessaires, et n'avaient aucunement besoin de venir à nouveau dans cette chambre. Mais la courtoisie de cette demoiselle allait, il fallait bien l'avouer, lui manquer. Rares étaient les patients qui se montraient si avenants envers les autorités.
Il se permit de prendre un risque.

- Je ne peux rien te promettre, mais j'essaierai tout de même de passer te voir quand j'en aurais le temps.

Dans un dernier élan de sa gentillesse, il ajouta :

- Bon courage pour le reste de la semaine.

Puis tourna les talons, pour se fondre à nouveau dans la masse blanche de médecins et de patients. Il n'était pas certain de tout ce qu'il venait de se passer, mais ce qui était sûr, c'était qu'elle était intéressante.


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B100
Dim 5 Nov - 13:59
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Ange
Je suis venu pour une raison bien précise
Le médecin semblait pressé de partir, et pas seulement à cause des taches qui lui incombaient, ce qui contrastait avec l'apparent respect envers Amalia. On aurait même dit qu'il lui en donnait parce qu'elle avait été respectueuse, et non par une obligation naturelle dans tous les rapports humains. Oui, c'était forcément cela, à ses yeux elle n'était plus humaine et c'est pour cela qu'il se forçait à être poli et avenant. Il n'y avait pas d'autres possibilités. L'ironie flagrante de son geste, peut-être trop soumis, de lui ouvrir, n'était destinée qu'à lui montrer qu'elle n'était pas dupe et percevait du moins en partie le jeu de l'Ange. Et lui montrer qu'elle connaissait les règles et savait les utiliser à sa guise. C'était parfaitement irrespectueux oui, mais il ne pouvait pas l'accuser de ne pas être courtoise justement, car tout était camouflé sous une chape de politesse à peine exagérée. Et il en semblait agacé, pour le plus grand plaisir (interne) de la jeune femme. Barrabil fronça même les sourcils, analysant le moindre mot de la question d'Amalia. Tempête sous un crâne... pourtant il n'y a rien de plus simple ahah. Il hocha cependant la tête et, même si ce n'était pas un "oui" définitif et certain, c'était le début de la victoire.

Ange reprit le dossier B100 sous son bras et rangea son téléphone, probablement rallumé au préalable, avant de passer le pas de la porte dans l'autre sens.

- Amalia, si je peux te donner un conseil : continue sur cette voie. Et, quant à mes visites...

Sans se départir de son léger sourire aimable, elle fit mine de ne pas comprendre de quelle voie il parlait. Jouer le rôle de l'ingénue était certainement son jeu favori, car tout le monde tombait dans le panneau, et les adultes n'y faisaient pas exception. Mais elle se posait sérieusement la question et cela transparaissait dans son regard : la voie d'une politesse extrême, ou celle d'utiliser les autres comme cobayes pour essayer de comprendre? Elle l'observa sans pour autant se faire insistante et pressante, attendant sa réponse avec une patience feinte. Techniquement il avait eu tout ce qu'il voulait, ce qui était beaucoup pour un médecin qui n'était pas le sien mais il semblait pourtant être retenu par un élément qu'Amalia ne voyait pas.

- Je ne peux rien te promettre, mais j'essaierai tout de même de passer te voir quand j'en aurais le temps. Bon courage pour le reste de la semaine.

-N'hésitez pas, cela serait avec plaisir. Je vous remercie.

Que de gentillesse, qui elle aussi sonnait faux, du côté d'Amalia comme de celui d'Ange. Il finit par lui tourner le dos et disparut dans les allées et venues du blanc qui grouillait dans le couloir, entre les docteurs et leurs patients. Mais personne ne semblait remarquer la présence de celui en charge des rangs S, qui pourtant n'était pas logique. Silencieusement, elle referma la porte et des notes de piano retentirent à nouveau entre les quatre murs.


HRP:
On le déclare fini je suppose?
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Je suis venu pour une raison bien précise - avec Amelia Reano

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