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22/09/2018
Modification des pourcentages révolutionnaires (cf. PA et heure supp')
16/09/2018 Ajout du bouton Discord qui avait disparu ;-;
02/09/2018 Nouvelle esthétique ! Informations ici !

Alors comme ça on n'a pas été sage ? ft. Amalia

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ALORS COMME CA ON N'A PAS ETE SAGE ?



Premier janvier 2018. Sept heures du matin.
Quand Donatien avait-il rencontré Y 66 - B100 jusqu'à hier- pour la dernière fois ? Mois d'Août, sûrement. Il se souvenait juste de la canicule, du désert dans sa gorge mais surtout, oui surtout, il se souvenait de l'affront qu'elle lui avait porté. Il ne lui avait pas adressé la parole en quatre mois. A vrai dire, il n'était même pas sûr de l'avoir croisée. Après tout, il avait eu beaucoup de travail.
Il ignorait si la demoiselle avait fait la fête hier pour la nouvelle année mais il espérait que ce soit le cas. Il avait envoyé un pion la réveiller. Elle n'était pas au courant qu'aujourd'hui sa séance de soins se ferait plus tôt et avec un autre médecin que celui qu'on lui avait attitré.
Une semaine auparavant, alors que Donatien s'ennuyait profondément, une idée lui était venue pour la punition de cette chère Y66 - 66 ; fichu chiffre du Diable. Il avait alors interrogé son médecin sur sa façon de procéder sur la patiente et lui avait demandé de la lui prêter pour ce jour-ci. Il avait accepté et cela se comprenait : déjà on ne refusait rien à Donatien Elpida et ensuite cela lui permettait un jour de congé un lendemain de fête.
Donatien n'avait pas dormi de la nuit. Ses cernes creusaient son regard, le rendant plus tranchant. Sa peau de visage pâle et ce col roulé blanc qui lui serrait le cou accentuaient ses airs de malade. Avec sa démarche saccadée, désarticulée, il paraissait presque cinglé. Et pourtant, il émanait de lui une aura si calme, si tranquille, qu'on ne savait que penser de lui. A vrai dire, dans la salle de soins, il se surprit même à siffloter. Ce son lui revint en écho.
Il avait prévenu Agnès la veille qu'il se lèverait plus tôt, alors elle l'avait attendu à six heures du matin plutôt que les sept habituelles. Il avait également mit Hyppolite au parfum et ce dernier avait fait un excellent travail de ménage dans cette pièce. Tout était si propre que Donatien croisait son reflet parfois.
Au centre de la pièce, la table de soin en métal. Au dessus : néon criard. Une table à roulettes avec divers éléments - ciseaux, compresses, désinfectants, le dossier de Y66, etc. Donatien installait une perfusion avec minutie. Il avait déjà au préalablement enfilé ses gants blancs, sa blouse blanche ouverte, son masque blanc sur sa peau blanche dont l'élastique coinçait les mèches blanches. Il était aussi pieds nus.
Une feuille pliée en deux sur laquelle était inscrit "REGLES DU JEU" dépassait de la poche de sa blouse. Presque sept heure trente, l'heure qu'il avait indiqué au surveillant.
Il tira un tabouret qu'il amena près de la table d'auscultation. Ses genoux sous la table, les coudes posés dessus, il attendait patiemment.
Il allait bien s'amuser.



Dernière édition par Donatien le Ven 5 Jan - 13:04, édité 1 fois



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Alors comme ça on n'a pas été sage?
Le soleil n'était même pas encore levé, classique en hiver. Ce qui l'était moins, c'était qu'Amalia certes, était dans son lit, mais n'avait pas fermé l'oeil de la nuit. Trop d'énergie sans doute, parce qu'elle n'était pas aller se réjouir de la nouvelle année avec les autres patients de cet Institut de malheur et, comme elle passait ses journées à ne rien faire et à s'ennuyer profondément, il n'y avait aucun moyen pour elle de se défouler. Ou alors elle avait fait une apparition près du lac, elle ne se souvenait plus tant les gens sur l'île n'avaient pas d'intérêt à ses yeux. Du sport? Impensable, elle était déjà squelettique, elle n'avait pas besoin de perdre du poids et d'ailleurs ne pouvait pas, à moins de se séparer d'un os ou d'un organe. Ce qui n'était pas souhaitable non plus. Les changements de l'établissement n'avaient pas cessé de tourner dans son esprit. Pourquoi changer d'ailleurs, en plus de l'apparition d'une nouvelle catégorie, qui commençait à dater maintenant? Une lubie du médecin en chef certainement. Mais elle était passée de B100 à Y66 et elle n'aimait pas cela. Certes, dans les deux cas, le numéro donnait toujours une connotation maléfique, mais l'usage d'un matricule pour la nommer lui déplaisait toujours autant, alors que son nom lui convenait parfaitement. Malheureusement, elle ne décidait pas du fonctionnement de l'Institut, ce qui lui arracha un nouveau soupir. Et sa réflexion ennuyée continua inlassablement jusqu'à ce qu'on toque à sa porte. Elle regarda son réveil, qui lui indiquait sept heures. La demoiselle haussa un sourcil, enfila un haut ample noir pour ne pas se montrer nue devant ce visiteur inhabituel. Elle fut encore plus surprise de voir que c'était un surveillant, lui expliquant qu'elle devrait être à 7h30 dans la salle de soins habituelle. Sans répondre, elle referma la porte au nez de l'homme, prit ses vêtements et alla prendre sa douche, profitant de l'eau chaude à sa guise, ne se souciant pas de l'heure. De toute manière, si elle traînait trop, elle rattraperait son retard avec le petit-déjeuner, tellement infect qu'elle n'y passait même pas un quart d'heure.

Amalia ne s'était pas trompée sur le temps que chaque tache lui prendrait, l'habitude sans doute. A 7h30 précises, elle était devant la porte. Pourquoi son médecin, aussi inintéressant que les autres patients, ramenés au rang d'insectes, voulait la voir si tôt? Sans s'embarrasser des bonnes manières, tant elle n'en avait rien à faire de lui, elle toqua nonchalamment et n'attendit pas de réponse pour pousser le battant. Elle haussa légèrement un sourcil en voyant Donatien Elpida en personne, l'attendre assis sur un tabouret près d'une table qui ne lui présageait rien de bon. Elle aurait dû se douter de quelque chose, entre le silence absolu qui régnait et la propreté impressionnante de la salle, au point que le sol brillait et reflétait parfaitement n'importe quel élément. Ce n'était pas dans les habitudes de son médecin. Mais elle revint à la réalité : que lui valait cet honneur? Au moins, elle pourrait confirmer les rumeurs de source sûre, même si elle n'en doutait pas le moins du monde. Impassible, elle observa son docteur du jour. Toujours aussi famélique, avec des traits encore plus creusés qu'habituellement, si cela était possible. Mais ce n'était pas ça qui l'intriguait, plutôt la feuille dans la poche de sa blouse.

-Et quelles sont ces fameuses règles du jeu?

Pour la première fois depuis son arrivée à l'Institut, Amalia n'était pas sûre de gagner à ce jeu, c'était ce que lui disaient les divers instruments et la table d'auscultation. Elle qui n'avait jamais eu à subir de traitement physique, qu'il soit bon ou mauvais, elle se doutait que cette fois-ci, elle allait y passer. Et bien plus qu'à leur dernière rencontre. Elle savait très bien d'ailleurs que c'était la raison de la présence du médecin en chef.
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ALORS COMME CA ON N'A PAS ETE SAGE ?



On frappa à la porte. Pile à l'heure. Donatien appréciait la ponctualité et ne supportait pas qu'on le fasse attendre.
La brune entra sans attendre la permission de Donatien. Et voilà, la première bonne impression venait de s'écrouler. Il se souvint qu'elle faisait souvent cet aller-retour entre respect et insolence, ce qui avait crispé Donatien, incapable d'émettre un jugement officiel sur la patiente. Aujourd'hui, il savait ce qu'il pensait d'elle, mais il n'en restait pas moins qu'elle le troublait toujours.
Elle était la même que dans son souvenir, mais en moins transpirante. Le noir de sa chevelure fascinait Donatien. Il avait envie d'attacher la demoiselle et de s'asseoir en face pendant des heures, juste pour observer cette façon qu'avait sa frange de s'écraser sur son front pâle.

- Et quelles sont ces fameuses règles du jeu ?

Donatien se tendit mais n'en laissa rien paraître. Il paraissait toujours détaché. Cepedant l'adolescente l'énervait déjà. En posant cette question, elle devançait Donatien dans ses idées, lui qui avait prévu de tout imposer petit à petit. Elle allait directement au cœur du sujet alors que le docteur désirait prendre son temps.
Il se leva et saisit une chaise qu'il posa en face de son tabouret, de l'autre côté de la table d'auscultation. Il invita d'un geste gracile Y66 à s'asseoir et lorsque ce fut fait, il attacha ses chevilles aux pieds de la chaise avec une corde qu'il serra avec un calme olympien. Puis fit de même avec seulement une seule de ses mains, mais cette fois-ci reliée aux accoudoirs. D'habitude, il ne faisait pas ce genre de choses, mais on n'était pas d'habitude.
Une fois fait, il alluma le poste radio situé plus loin et une chanson d'opéra effaça le silence. La musique était plutôt faible et paraissait lointaine, presque sourde.
Enfin, Donatien vint s'asseoir sur son tabouret à roulettes, tabouret aussi chétif que lui. De sous son chariot de travail, il extirpa ce qui ressemblait à un plateau de jeu. Il l'étala sur la table d'auscultation. Puis il déplia les règles du jeu juste à côté, tourné dans le sens de lecture de Y 66.




LE MONOPOLIA
2 joueurs

But du jeu : tout ce qui se passe sur le plateau se passe également dans la réalité actuelle. Les joueurs jouent le sort de la patiente Y66. Ce plateau la concerne elle, et juste elle. La patiente subie et le médecin agit. Donatien Elpida est le seul à pouvoir réaliser les actions décrites sur les cases.

Règles du jeu : Tout comme le monopoly, il faut lancer un dés. En fonction du chiffre indiqué, les pions avancent un certain nombre de cases. Sur ces cases sont indiquées des actions précises qui ne se dérouleront pas tout de suite. En effet, pour que les actions se réalisent, il faut acheter la case. On gagne de l'argent si on tombe sur une case :" argent". Il y en a trois. Une case 50, une case 100, et une case 500. Il faut 500 pour acheter une case et donc un brancard qui est le pion que l'on pose pour montrer que cette case nous appartient.
Si on a la somme requise, et qu'on tombe sur une case achetable, on est obligé de la payer. Et quand on paie la case, l'action est effectuée dans la réalité.
Quand une case est achetée, elle devient ensuite invalide. C'est comme si elle ne faisait plus partie du jeu. Ainsi, si un joueur obtient le chiffre trois et qu'il y a une case non-achetée, une case achetée, et une case non-achetée, son pion avancera bien de trois cases mais ne prendra pas en compte dans l'avancée la case achetée.
Les joueurs débutent avec 200.
Les cartes chances permettent soient d'annuler la prochaine action, soit de la doubler. Il n'y a qu'une case carte chance.
La case prison envoie la patiente en Asile. Il n'y a qu'une case prison.
La partie dure une heure.
Les joueurs sont obligés de jouer.





Donatien la laissait lire tout en mettant en place son Monopolia. Il distribua les deux billets de 100 - qui étaient des vrais- à l'autre joueuse, et s'en donna également. Il déposa le reste sur le côté : il serait la banque. Il prépara également en amont des petits brancards miniatures qui, de toute évidence, remplaçaient les maisons dans le vrai monopoly.

- Soixante-six, tu as été insolente, se permit-il d'expliquer. Hors, seul les enfants sont insolents. Tu en es donc une à mes yeux. Et les enfants, ça aime jouer, non ?

Sur le plateau, on pouvait lire les fameuses cases PRISON et CHANCE, et puis celles de l'argent à gagner. Et pour les cases achetables, on pouvait lire des actions relativement soft telles que : baisser le son de la musique, ne pas voir sa famille pendant un certain laps de temps, etc. Et d'autres, plus violentes : Arracher un ongle, couper les cheveux, couper un doigt. A la place de la Rue de la paix, la case que Donatien n'était pas sûr de vouloir jouer : Rendre l'oeil droit invalide. Il voulait s'en débarrasser de ce maudit œil, il lui avait porté atteinte. Mais si la patiente le perdait, alors elle n'aurait plus d'intérêt pour l'institut... Dur dilemme.
Un pion noir sur la case départ et un pion blanc. Donatien poussa le dès vers Soixante-six afin qu'elle commence : les dames d'abord.
Puis, il croisa les bras, patient et légèrement excité. Il s'empêchait facilement de sourire mais ses yeux pétillaient d'un quelque chose à la fois sombre et enfantin.
Que le jeu commence.



HORS RP:
1) J'ai pris en compte le fait qu'Amalia s'installe, sinon couper le rp à cet endroit-là ... Bah voilà x) Et je me suis dit qu'elle allait s'asseoir mais si vraiment ça te dérange, dis-le moi, je modifierais.
2) Si c'est beaucoup trop compliqué les règles, etc, dis-le moi aussi XD Je ne suis pas tout le temps claire ! Et pour les cases, tu peux en inventer d'autres, tu as compris le principe je suppose. L'idée c'est que Dodo ne soit pas le seul à jouer Wink


Dernière édition par Donatien le Mer 10 Jan - 16:48, édité 1 fois



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Alors comme ça on n'a pas été sage?
Il l'avait regardé s'avancer en silence et ne semblait toujours pas disposé à le briser. Sans rien ajouter, Amalia le suivit de son oeil visible quand il ramena une chaise qu'il lui désigna. Cette galanterie ne présageait rien de bon, bien que la pousser à l'extrême faisait partie intégrante de la personnalité de Donatien, de ce qu'elle avait pu voir. Sans rien montrer de sa méfiance, elle s'assit sur le siège. La corde à ses chevilles n'était pas loin de couper la circulation du sang mais elle en laissait passer juste assez pour qu'elle ressente le frottement de l'entrave sur sa peau fine. A la fin de la séance, si elle était encore en vie, elle savait déjà que des brûlures feraient souffrir ses articulations. Il en était de même pour sa main gauche. Elle se demanda pourquoi il laissait libre sa main de prédilection. Mais elle non plus ne rompit pas le silence, l'observant allumer un poste de radio. Le choix d'un air d'opéra la surprit agréablement. L'avait-il fait par hasard, simplement parce que lui aussi aimait cet art? L'italienne le pensait cultivé, mais ne savait pas s'il s'intéressait à la musique. Ou avait-il décidé car il connaissait l'attrait de la brune pour ce genre si particulier? Elle regretta néanmoins qu'il ne monte pas le son davantage.

Sans faire attention au plateau de jeu, elle avait très bien compris qu'il était proche de celui du Monopoly (qui portait maintenant son nom, elle était flattée), la brune parcourut les règles... Qu'on pouvait qualifier d'injuste, vu que c'est elle qui subirait les cases qu'elle ou Donatien achèteraient. Elle observa les différentes cases. La prison était à la place habituelle, les cases "argent" et "chance" remplaçaient les gares. Les actions concernant sa famille, les repas ou la musique ne lui firent aucun effet. Celles qui se rapportaient à sa liberté l'atteignirent un peu plus, du type "interdiction de sortir pendant un mois". Les tortures lui firent retenir un frisson de dégoût. Quant à la réplique de la Rue de la Paix, qui portait bien mal son nom, elle s'en détourna rapidement : son oeil était son bien le plus précieux, sa plus grande fierté. Mais, si il lui retirait, elle n'aurait plus rien à faire dans cet établissement et ce n'était pas le but de l'Institut Espoir. Amalia espérait sincèrement que cette case n'était là que pour l'intimider.

-Soixante-six, tu as été insolente. Hors, seul les enfants sont insolents. Tu en es donc une à mes yeux. Et les enfants, ça aime jouer, non ?

-Un enfant se serait déjà effondré en voyant une telle version de ce jeu. Je préférerais une adolescente à la limite, qui ne fait que répondre à la provocation. Mais je ne pense pas être la seule dans ce cas, n'est-ce-pas monsieur Elpida?

C'était ce qui lui indiquaient les yeux du médecin en chef, brillant d'une lueur morbidement joueuse. Comme lorsqu'elle s'amusait à torturer tout autre individu potentiellement intéressant. L'italienne n'aimait pas ces quelques similarités entre elle et Donatien, mais elle était obligée d'avouer que, pour une fois, sa séance quotidienne serait plus palpitante qu'à l'accoutumée. Sans hésiter, et plongeant son oeil rubis dans le regard du médecin, elle lança le dé. Il roula, jusqu'à afficher cinq points. D'un geste ferme, elle prit le pion noir qu'elle avança jusqu'à la première case "argent", avec le montant de 50. Elle leva son regard vers le second joueur, attendant ses billets avant de lui donner le dé.
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- Un enfant se serait déjà effondré en voyant une telle version de ce jeu. Je préférerais une adolescente à la limite, qui ne fait que répondre à la provocation. Mais je ne pense pas être la seule dans ce cas, n'est-ce-pas monsieur Elpida?

Donatien aurait bien répondu qu'un enfant n'avait pas toujours conscience du danger en général mais se retint. Il n'avait pas envie de gaspiller sa salive pour apprendre à la patiente ce que tout le monde était censé savoir. En revanche, il s'interrogeait sur la deuxième partie de sa phrase : elle n'avait pas eu le culot de l'insulter d'adolescent, n'est-ce pas ?
Il ne perdit pas de son sombre sourire mais ses doigts se crispèrent alors qu'il accusait le fait que la demoiselle l'ait possiblement attaquer verbalement, et surtout de façon bien trop subtile pour qu'il le lui reproche.
Elle lança le dé alors que Donatien la toisait durement sans à peine prendre le temps de ciller. C'était même à se douter s'il respirait tant il était immobile. Chiffre cinq. Pion noir qui avance - bien, au moins elle avait saisi le bon pion - et elle gagnait cinquante. Dès le début du jeu ? Tss, la chance du débutant.
Donatien, comme un robot coincé, lui tendit le véritable billet de cinquante. Bien, c'était à son tour. Il avait son propre dé qu'il avait oublié de sortir de la boîte de jeu : hors de question de partager le même qu'une souillée. Un. La case "Interdiction de sortir de sa chambre pendant trois jours". Il aimait bien cette case parce qu'elle en sous-entendait bien plus que les mots disaient. Ne pas sortir pendant trois jours c'était ne pas se nourrir, ne pas boire, ne pas prendre sa douche, ne pas aller aux toilettes. Un vrai dépotoir humain. C'était le genre de case que Donatien espérait acheter car, pour lui, c'était une expérience. On disait qu'un humain ne pouvait pas manger pendant une semaine si au moins il buvait mais qu'une trop longue déshydratation pouvait le tuer. Trois jours seraient-ils suffisants ? Était-ce la limite ?
Toute crispation s'échappa tandis que sa peau fut envahie par une chair de poule. Il adorait ça.
Le jeu se poursuivit et comme chaque Monopoly, c'était ennuyeux au début. Il fallait amasser assez d'argent pour que ça devienne palpitant. Le jeu continuait alors qu'on entendait rien d'autre que l'avancée des pions contre le plateau de bois, les respirations retenues de Donatien et en fond cette vieille musique d'opéra, si lointaine qu'on finissait par ne plus l'entendre.
Au bout de vingt minutes, Donatien fit le chiffre trois. Il avança son pion d'une case. Puis d'une deuxième. Et la troisième serait ...
La Rue de la Paix.
Le pion encore suspendu au dessus de la case au dessin d’œil rouge comme le sang, Donatien accorda un regard à la patiente. Elle portait son bandeau, bien sûr. Il resta longtemps dans sa position peu confortable, le bras à demi-levé, à scruter le visage de la noiraude. D'un côté, il la contemplait. Elle avait ce genre de beauté qui attisait la curiosité de Donatien. Ce dernier n'avait jamais aimé les standards de la société, les fameuses blondes pulpeuses au teint doré ne l'intéressait pas. En revanche, les squelettiques blafardes avec des cheveux noirs comme une nuit sans fin l'attirait. Il aimait voir les clavicules saillir sous une peau si blanche qu'on aurait pu la croire fragile, comme si l'os voulait sortir de sa prison de chair.
Et de l'autre côté, il la méprisait. Elle n'était qu'un insecte insolent. Et surtout elle arrivait à lui tenir tête, même quand il se montrait cruel. Il la trouvait à la fois idiote mais rusée, belle mais laide, mais surtout, ça le tuait d'avouer qu'il la trouvait intéressante. Ce n'était pas la faculté de son œil qu'il fallait analyser mais la psychologie de la demoiselle.
Finalement, pile au moment où la musique se taisait afin d'en laisser tourner une autre, dans cette infime seconde de silence, il déposa son pion.
Il baissa le menton vers ses billets. Dommage, il n'en avait ramassé que 450.
Il calcula. En passant par la case départ, juste après la Rue de la Paix, il lui faudrait faire six - jolie coïncidence - pour obtenir le billet manquant. Il avait hâte.
Mais pour l'instant, c'était au tour de Soixante-Six.




HORS RP:
J'ai modifié ma précédente réponse, au niveau des règles. J'en ai rajouté une parce que je me suis dit :"hé, et si Dodo tombe sur une case achetée par L, il se passe quoi ?", donc voilà, modification au niveau des cases achetées x) (je me suis simplifiée la vie)




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Donatien
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Amalia reprit le dé. Evidemment, il n'y toucherait pas, hautain qu'il était. Et même si elle lui en tenait rigueur, elle ne se rendait pas compte qu'elle avait exactement la même attitude. Elle esquissa un léger sourire amusé, remarquant la crispation des doigts du médecin, atteint par sa simple remarque. Il considérait ça comme un affront, elle le savait, mais ce n'était qu'une petite pique pour elle. Rien de bien méchant donc, juste de quoi s'amuser un peu et éventuellement essayer de le pousser à bout, pour voir ce qu'elle pourrait en tirer. En regardant Donatien dans les yeux, elle récupéra son billet. Etrange d'utiliser de l'argent réel pour un jeu de société, aussi morbide soit-il. La brune ne réagit pas en voyant la case. Elle en comprenait parfaitement les enjeux et elle s'y refusait absolument. Elle ferait en sorte de sortir juste pour le minimum vital, c'est-à-dire l'hygiène et la soif, la faim ne lui importait guère. Le médecin en chef ne semblait pas se douter du plan qui se mettait en place dans l'esprit de son sujet d'expérience, tant il était excité par l'idée. Les poils de ses bras se hérissant le montraient parfaitement.

Rien ne troublait l'atmosphère pesante, auquel chaque bruit y participait : le mouvement des pions, les respirations, le roulement des dés, la musique, tout était là pour créer une ambiance calme mais malsaine. Jusqu'à ce que Donatien soit proche de la case fatidique et, pour le plus grand malheur d'Amalia, fasse le chiffre nécessaire. Sa respiration s'arrêta : elle qui avait habituellement de la chance, cette dernière avait décidé de l'abandonner exactement à ce moment-là. Elle eut le réflexe de regarder le pécule de son adversaire. Pas assez heureusement. Elle reprit son souffle en inspirant profondément et fixa le visage du médecin, qui la regardait aussi. Avait-il vraiment envie de lui retirer son oeil? Cela ne lui semblait pas logique : quel intérêt pour l'Institut de perdre une patiente? Aucun, il n'y avait donc rien à craindre. Il fit claquer son pion sur le plateau de bois et baissa les yeux vers ses billets, et arriva au même constat que la brune. Aucune déception ne se lisait sur son visage, confortant la patiente dans son hypothèse. Sans rien dire, elle fit rouler son dé et avança son pion. Une case derrière la prison, heureusement. Mais la case impliquait une plaie sur son visage, où le médecin voulait. Et surtout, c'est elle-même qui devrait se l'infliger. Perversité morbide. Amalia regarda la table à roulettes où reposaient divers instruments, finit par se lever et attrapa le scalpel. Elle se tourna à nouveau vers Donatien.

-Où dois-je me blesser?

Il n'y avait aucune peur dans son seul oeil visible, aucun tremblement dans sa voix, aucune crispation sur son visage ou son corps. C'était le jeu, elle savait exactement à quoi s'attendre. La seule surprise serait l'endroit choisi, en sachant que ce ne pouvait pas être l'oeil lui-même. Elle soupçonnait par contre le médecin de vouloir la voir se couper juste au-dessus ou en-dessous de sa paupière sous le cache-oeil, comme une provocation ou un avertissement de ce qui l'attendait s'il retombait à nouveau sur la Rue de la Paix.


HRP:
J'ai inventé une case (mais t'as pas besoin que je le dise pour le voir je suppose) donc dis-moi si tu veux que je la change ^^'
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C'était dans ce genre de moment que Donatien réalisait qu'il était vivant. En voyant le pion de Soixante-six se diriger vers la case de la prison - ou plutôt celle de l'asile -, son coeur se réveilla dans sa prison d'os. L'adulte entendait ses battements jusque dans sa tête et cette frénésie cardiaque se traduisit sur son visage par un large sourire. Cette impertinente allait passer de soixante-six à zéro. Cela arrivait bien trop vite, mais le résultat ravissait bien trop le médecin pour qu'il prenne en compte la rapidité de cette partie.
Mais le pion de la joueuse s'arrêta sur la case précédente. Un léger froncement de sourcil abîma le sourire de Donatien. Il jeta un coup d'oeil au dé et perdit de son assurance. Tss. Elle avait de la chance. Mais c'était ce qui intéressait Donatien chez Soixante-Six : elle transgressait les règles en subtilité, ce n'était jamais suffisant pour la punir convenablement. Elle était rusée, mais pas trop, juste assez pour titiller le sadisme du médecin en chef. D'où ce jeu.
Il se tordit le cou pour déchiffrer la case et cette dernière acheva son expression joyeuse. Il était de nouveau froid. «La patiente s'auto-infligera une plaie sur le visage, là où le Docteur Elpida le désirera.» Donatien n'aimait pas cette case. C'était un acte où il n'avait pas le contrôle total. Après tout, c'était à la patiente de choisir la profondeur de sa plaie. Ce n'était pas drôle.

-Où dois-je me blesser?


Elle devait se douter qu'il était irrité à le narguer ainsi. Elle ne faisait même pas semblant d'avoir peur pour lui faire plaisir.
Donatien devait prendre le contrôle. Il était le maître du jeu, elle était son pion, et la salle de soins était leur plateau.
Il se leva et saisit un feutre noir sur le chariot. Sur le rythme ralenti de l'opéra il s'approcha d'elle sans quitter son oeil découvert. Dur, il ne laissait rien transparaître. Ou si, peut-être que la raideur de son corps laissait voir son agacement. Il détestait toucher les autres, il détestait le contact, il détestait que son espace soit envahi. Mais là, il n'avait pas le choix.
A côté de la demoiselle, il saisit délicatement son menton entre son index et son pouce et la força doucement à lever la tête vers lui. Dans cette position, il hésita. Pour son plaisir personnel, il aurait voulu qu'elle se crève un œil ou qu'elle se défigure. Oui, qu'elle se défigure pour que l'adulte cesse de la trouver tentatrice. Il était difficile de résister à une si délicieuse pâleur.
Mais il ne voulait pas non plus l'abîmer aussi facilement. Si elle devait être blessée, il était celui qui devait s'en charger. Alors il cessa de saisir son menton pour relever sa frange noire. Avec son autre main, il inscrit le chiffre 66 sur son front. Juste au milieu. Les caractères étaient de taille moyenne et se situaient entre les deux yeux, ça ne prenait pas toute la surface.
Il aurait bien ricaner mais il ne voulait pas montrer à son adversaire à quel point la situation l'amusait. Ses muscles se détendaient. Il avait bien compris que la patiente ne supportait pas son matricule, ce qui choquait profondément le médecin. Une étiquette sur un uniforme ça s'arrachait facilement, mais qu'en était-il d'une cicatrice ?
Il retourna à sa place et tendit un miroir à la brune, ainsi qu'un scalpel, du désinfectant et de la gaze. Puis il croisa une jambe sur l'autre et posa son visage contre sa paume de main, impatient de la regarder. Il n'était pas bavard mais il ne put s'empêcher de la taquiner:

- Suis-bien les lignes. Les enfants ont tendance à déborder, mais tu me disais tout à l'heure que tu n'en étais pas une, n'est-ce pas ?

Seulement lui indiquer la partie du visage n'était pas amusant. Il avait hâte de la voir se graver son matricule sur son propre corps.






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Cette version du Monopoly, bien que particulièrement sadique et elle appréciait d'ailleurs que son nom soit associé à une volonté de douleur, l'excitait étrangement. Pas dans le sens sexuel bien sûr, simplement dans le sens de l'appréhension et de l'adrénaline, pourtant elle savait qu'elle n'aimait pas souffrir. L'infliger à autrui était un passe-temps amusant, la subir était une "activité" bien différente. Par contre, le large sourire du médecin en chef lui indiquait qu'il ressentait la même chose. Sourire qui s'élargissait au fur et à mesure qu'elle s'approchait de la case "Prison". Mais Amalia savait qu'elle ni'rait pas, à moins de faire un en lançant le dé au tour suivant. Un sourire narquois répondit au froncement de sourcils de Donatien : ce n'était pas aujourd'hui qu'elle prendrait sa place parmi les patients Z. Il perdit définitivement en observant la case d'arrivée du pion noir, vu qu'il n'aurait pas le contrôle absolu de la plaie qu'elle devra s'infliger. Elle acheva de se moquer par une absence totale de peur et une légère exagération de la politesse. Il serait certainement furieux avec ça, même s'il ne le montrerait pas. Par contre, l'humiliation du "dessin" choisi sera elle aussi totale, elle avait peut-être trop joué avec le feu. Au rythme lent de l'air d'opéra, Amalia le regarda avancer sans ciller. Elle non plus ne voulait pas du contact physique avec la main froide du docteur, mais elle se devait de jouer la case. Elle leva le menton alors qu'il lui saisissait entre deux doigts, pour mieux trouver où le scalpel marquerait la peau d'albâtre sans doute. Elle sentit le feutre glisser sur son front, précisant un motif dont elle n'avait pas connaissance sans regarder dans un miroir.

- Suis-bien les lignes. Les enfants ont tendance à déborder, mais tu me disais tout à l'heure que tu n'en étais pas une, n'est-ce pas ?

Le rictus moqueur de l'homme n'indiquait rien de bon à l'italienne, pas plus que la pique qu'il venait de lui lancer. Inexpressive, elle attrapa le miroir et le scalpel avant de découvrir le résultat. 66. Son matricule. Gravé à même sa personne.Un éclair de dégoût transperça son oeil tandis que Donatien l'observait nonchalamment. S'il voulait jouer comme ça, il avait trouvé une adversaire à sa hauteur : Amalia savait que si la plaie n'était pas profonde, dans quelques temps il n'y aurait plus de trace, pas même une cicatrice. Mais il lui importait de trouver une parade le temps où l'inscription serait visible. Elle détourna son regard du médecin et, dans un silence d'outre-tombe seulement rompu par le poste de radio, posa délicatement l'outil tranchant sur le trait noir. Presque sans appuyer, elle suivit le tracé sans laisser une plainte s'échapper, comme si ce n'était qu'un artifice cosmétique. Alors qu'elle dessinait le dernier chiffre dans sa peau, elle sut qu'elle ne pourrait pas cacher son matricule avec sa frange. Elle prit donc la décision d'ajouter un trait à "l'oeuvre", barrant le nombre tout aussi peu profondément qu'elle avait tracé le reste. Provocation basique certes, mais il lui était impensable et impossible d'inscrire volontairement ce chiffre sur son corps. Elle retourna s'asseoir après avoir désinfecté et nettoyé la plaie.

-Je m'excuse, le scalpel a glissé, dit-elle simplement avec un sourire en coin. A vous.
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L'air d'opéra était si discret que Donatien avait fini par l'oublier. Pourtant, lorsque le poste radio se tut durant ce court laps de temps qu'était le changement de morceau, le médecin remarqua le silence. C'est alors qu'il perçut un tout autre environnement sonore. Sa respiration, par exemple. A l'écouter il sentit qu'il la prenait par le ventre, que tout se passait actuellement au niveau de ses tripes. Son cœur ne répondait plus de rien.
Il entendait aussi le souffle de Soixante-Six mais ne le comprenait pas. Elle était imperturbable. Aucun indice sur son visage trahissait ce qu'elle ressentait vraiment.
Le visage appuyé nonchalamment contre sa paume de main, Donatien la scrutait sans pudeur. Impatient, il la vit s'emparer du scalpel. Allez, elle devait se charcuter. Elle devait s'auto-infliger la douleur. Elle devait s'auto-infliger son matricule, ce qu'elle était vraiment. Parce qu'aux yeux de Donatien elle n'était pas une adolescente, ou Amalia Reano - selon le dossier, ou une italienne : elle était un numéro. Mais quel numéro !
Il se crispa lorsque la lame suivit enfin le tracé de l'adulte. Il cacha un sourire, satisfait. Non, en fait il n'était pas satisfait : c'était bien plus que cela. C'était un sentiment beaucoup plus vicieux.
Et puis un trait vint barrer l'oeuvre.

- Je m'excuse, le scalpel a glissé.

Elle était clairement insolente. Elle se moquait ouvertement de lui. Elle le prenait pour le dernier des imbéciles.
Et en temps normal Donatien l'aurait achevé, perdant de sa patience et ne supportant pas un pareil comportement. Mais Soixante-Six était bien trop passionnante - et ça lui coûtait de l'admettre - pour qu'il agisse comme d'habitude.
Il éclata d'un rire cristallin, la tête rejetée en arrière, dévoilant une nuque famélique. Même dans une pareille position de faiblesse elle ne se laissait pas faire.
Il continua de rire un moment, sa voix en écho au soprano qu'on entendait grésiller à travers le poste. Il ne s'arrêtait pas, même pour reprendre son souffle. A croire que c'était rire ou criser. Ou alors peut-être faisait-il actuellement les deux ?
Après trois longues minutes il se calma et remit sa tête en place, face à celle de la patiente. Très bien, elle voulait jouer. Alors on allait continuer de s'amuser.
Suite à cette pensée, le regard du médecin s'aiguisa d'une lueur à la fois malicieuse et perverse. Il ne supportait pas l'échec mais il aimait le challenge. Il fallait donc qu'il remercie Soixante-Six comme il se devait.
Il lança les dès.
Case "carte chance". Soit la prochaine action serait annulée, soit elle serait doublée.
Lentement, il se saisit de la carte.
Il prit le temps de la lire, n'en montrant que le verso à la patiente. Il prit le temps de la déchiffrer, laissant ainsi planer un suspens. Puis il soupira et la posa sur la table, de façon à ce qu'on puisse voir les inscriptions suivantes :" La prochaine action est doublée."
Donatien sourit, mais cette carte ne lui suffisait pas.  Il voulait tester ce jeu sous toutes les coutures, Donatien se leva une nouvelle fois vers la patiente. Il plongea ses yeux dans les siens, prit le temps de respirer, puis la détacha avant de retourner à sa place. Resterait-elle ? Partirait-elle ? Sachant que si elle tombait sur une case achetable, elle n'en serait que pire...
Il ne la quittait pas du regard, curieux et amusé. Le jeu n'était pas que sur le plateau.






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Un court silence avait envahi la pièce, encore alourdi par les respirations calmes et profondes des deux joueurs. On aurait dit une ambiance mystique, chargée d'un sens qu'eux seuls connaissaient. Le sort se rompit quand la musique reprit, un air léger et joyeux qui tranchait avec l'atmosphère pesante et grave qui régnait. Le regard d'Amalia se posa sans gêne sur le visage de Donatien, pour se délecter de sa réaction quand le scalpel vint déchirer la chair et les chiffres. Le sourire avait disparu brusquement, tandis que celui de la patiente éclairait son visage. Mais il ne se mit pas hors de lui, comme elle le souhaitait. Il réagit d'une manière bien plus étrange : un long rire, étrangement clair malgré la folie de son propriétaire, franchit les lèvres fines du médecin. Il était au même rythme que le chant mais ce n'était pas harmonieux pour autant, le tympan d'Amalia semblait vouloir éclater sous les coups répétés de cet accord faux. Les minutes lui parurent longues à subir le désaccord musical, une grimace déforma sa bouche carmin.

Elle ne reprit un visage impassible que lorsque Donatien se calma enfin, ses yeux fous prenant une lueur beaucoup trop joueuse pour être rassurante. Elle comprenait une partie de ce qu'elle faisait subir aux autres, quand elle se divertissait avec leur effroi et leur douleur. Mais ce n'est pas pour autant qu'elle le laisserait gagner. Pas si facilement du moins. Case "chance". Chance pour lui mais pas pour elle, il devait y avoir bien plus de cartes qui doublaient l'action que celles qui l'annulaient. D'un côté, elle était persuadée que le docteur voulait s'assurer une victoire de cette façon, c'était le créateur du jeu après tout mais, de l'autre, elle ne le voyait pas tricher de manière aussi basse. Pourtant, c'était bien une carte doublant les actes qu'il retourna. L'italienne eut l'impression de se prendre un coup au coeur, sa respiration se coupa quelques secondes. Elle en profita pour calmer son esprit devant ce tour et inspira doucement, toujours en silence. Sans montrer quoi que ce soit, elle regarda l'homme se lever, levant la tête au fur et à mesure qu'il se rapprochait d'elle. Son regard se durcit : si c'était pour la provoquer ce n'était pas la peine de venir à elle. S'il titillait vraiment la bête sauvage en ell, la brune se jura qu'elle mordrait sa main sans vergogne. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il la détache, bras comme jambes, lui rendant donc sa liberté. Elle fronça les sourcils tandis qu'il retournait s'asseoir. Le choix était simple : soit elle fuyait face au danger, soit elle restait malgré tout. Dans tous les cas cela ferait le jeu de Donatien, quoi qu'il serait peut-être déçu qu'elle parte si tôt. Mais ce n'était pas dans son caractère d'abandonner. Elle détruisait ce qui lui tenait tête et en assumait parfaitement les conséquences. Ici, elle ferait de même. Sa seule réponse fut de croiser élégamment les jambes et de lancer le dé, sans lâcher le regard froid de son adversaire. Elle avança son pion et ne regarda pas la cause, lui laissant la satisfaction d'annoncer la sentence.
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Elle n'avait pas fui. Evidemment. Donatien écarta un rictus satisfait. A vrai dire, il la sentait même répondre à sa provocation en croisant ainsi les jambes. Parce que c'était ce qu'elle était depuis le début: provocante. Cependant elle ne lui avait pas manqué de respect. Elle ne l'avait jamais insulté - ou alors l'avait bien trop sous-entendu pour qu'il puisse l'accuser complètement -, n'avait jamais bafoué son autorité et respecter même les règles du jeu. Mieux, elle trouvait le moyen de les détourner assez subtilement pour que Donatien ne puisse pas la punir. Vraiment, il adorait la détester.
Elle lança le dès et ne prit même pas la peine de regarder la case. Quoi ? Serait-elle si confiante ? Une action doublée, quand même, ce n'était pas rien. Il soutenait le regard de sa partenaire avec délectation. Lui non plus ne voulait pas voir la sentence de suite, il voulait préserver le suspens. Allait-il abîmer ce visage pâle ? Ou alors lui craquer un os ? Bon sang, il adorait le bruit des os qui craquent...
Il baissa enfin la tête vers la case et lut : " baisser le son de la musique".
Pendant un long moment, Donatien ne cilla pas. A vrai dire, rien ne bougea chez lui. C'était à peine si on pouvait saisir le soulèvement de sa poitrine lorsqu'il respirait. Comme si le temps l'avait figé là.
Sérieusement ? Il tombait sur une carte qui doublait et tout ce qu'il pouvait faire c'était baisser le son de la musique ?
Crispé, il finit par se lever et se dirigea vers le poste. A Soixante-Six, il ne lui montrait que son dos tendu, ses muscles noués sous le tissu blanc. Il baissa le volume de l'opéra, le son disparaissant petit à petit pour laisser place au silence. Puis, une fois qu'il eut atteint le volume zéro, il s'empara du poste, et avec un sang-froid implacable, l'envoya s'écraser contre le mur dans un fracas saisissant. A défaut d'entendre les os se briser, il aura eu le frémissement du silence. Parce que oui, il avait entendu le vide sonore tressaillir. Quoi ? Tu veux du son ou tu n'en veux pas ? Tu coupes la musique mais au final tu provoques un bruit encore plus grand ? Il faut choisir mon vieux.
Comme si rien ne s'était passé, il retourna s'asseoir et lança le dé. Il avait acheté une case récemment - celle qui avait forcé Soixante-Six à se scarifier le front -, alors ce tour-ci fut celui du renflouement. Au moins il regagnait de l'argent. Soixante-Six venait d'acheter également une case - celle du son qu'on baisse - alors son tour ne fut pas décisif.
Donatien relança le dé sans grande conviction, un peu comme un enfant qui bouderait ses parents trop sévère. Un six. Ce chiffre était vraiment une malédiction. Alors son pion passait par delà une première case - carte chance -, une deuxième - la patiente doit ôter ses vêtements -, une troisième - vous gagnez 50 -, une quatrième - la patiente doit se planter une lame n'importe où dans le corps -, une cinquième - la patiente doit passer une journée complète sur une table d'auscultation - et enfin il atterrit sur la sixième. En la découvrant le visage de Donatien exprima à la fois une satisfaction profonde et une peur immense. Son sourire traduisait la première émotion, s'étirant dans une expression malicieuse, mais il brillait dans le fond de ses yeux noisettes une lueur d'effroi.
La Rue de la Paix.
L’œil droit de la patiente doit être rendu invalide.
Donatien déglutit, paralysé, n'osant même pas affronter l'autre joueuse.
La lame posée sur le chariot à roulettes l'appelait, mais d'un autre côté il voulait la jeter par la fenêtre. Le silence l'écrasa. Il était pris au piège à son jeu morbide. Toujours sans regarder son interlocutrice, il lui dit dans un presque-murmure :

- Bien ... Tu sais ce qui te reste à faire ...

Il était celui qui devait le lui infliger, mais les règles se mélangeaient dans sa tête. Il n'arrivait plus à penser. Pourquoi soudainement être violent le dérangeait donc ?



Hors RP:
Je me suis permise pour le tour pas décisif d'Amalia (tu peux lui faire faire ce que tu veux) parce que j'ai supposé qu'en effet elle n'avait plus les sous pour acheter une case de toute façon et surtout je me voyais mal arrêter ma réponse là x) Mais si tu trouves que ça fait trop et que Amalia aurait réagi plus tôt au poste, dis-le et je raccourcis ^^


Dernière édition par Docteur Elpida le Lun 23 Avr - 17:16, édité 1 fois



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Le dé avait roulé, elle avait déplacé son pion. Et aucun des deux n'avait regardé le résultat, la case qui sera doublée : Donatien relevait la provocation implicite du regard d'Amalia. Mais il n'y aurait aucun vainqueur, elle le savait. Il baissa enfin les yeux sur le plateau du jeu, ce qu'elle ne fit toujours pas, se contentant de regarder le médecin. Aucun mouvement, aucun mot, il semblait s'être transformé en statue. Il se leva finalement, en direction du poste de radio. Soit il devra mettre le son au maximum, soit le baisser totalement. Sa démarche et ses gestes étaient saccadés, il était devenu un robot. L'opéra avait disparu, laissant toute sa place à un silence lourd comme une chape de plomb, ralentissant encore les mouvements. Soudainement, comme un orage, l'homme renversa l'appareil qui éclata contre un des murs. Rien n'avait laissé présager cette violence, aucun signe de colère n'était visible et pourtant, il avait été suffisamment hors de lui pour se défouler sur un objet bien plus innocent que la patiente qu'il avait en face de lui.  La brune avait retenu un rire moqueur, mais tout son amusement était lisible dans son iris argenté.

Donatien était retourné à sa place, son air presque boudeur contrastant avec la moue ironique de l'italienne. Il lança le dé sans enthousiasme, de toute façon il ne pouvait pas acheter de case donc rien de bien important. Elle fit de même, jouant nonchalamment son pion, se contentant de récupérer de l'argent. Cette phase de jeu n'était pas amusante, elle leva gracieusement une main devant sa bouche pour cacher un bâillement. Il fit à nouveau rouler le petit cube marqué de points. Noir et blanc, toujours la même opposition. La même que leurs pions, que leurs âmes s'ils en avaient encore une. Amalia suivit des yeux le parcours de la main du médecin, affichant un sourire en coin à la case lui demandant de se dénuder. A quel point aurait-elle dû le faire, jusqu'à retirer ses sous-vêtements? Que ce serait-il passé ensuite? Bien que cette action aurait certainement été plus amusante face à d'autres médecins, comme Ange Barrabil, dont elle avait déjà eu affaire à l'ambiguïté. Celle de la lame ne lui fit pas grand chose, tout dépendant de l'endroit choisi pour se faire torturer mais elle se doutait bien que Donatien n'aurait pas choisi le moins douloureux. Elle grimaça à la lecture de la table d'auscultation : une journée sans bouger, c'est pire qu'être enfermée une semaine dans une chambre comme dans une cage. Encore plus si elle devrait subir une batterie d'examens ou d'expériences, à la merci du sadisme de n'importe qui. Mais ce ne fut rien en comparaison de la case d'arrivée, la rue qui portait le plus mal son nom de tout le plateau.

Son regard se vida d'un coup, son visage blêmit encore plus qu'il ne l'était déjà. Elle leva la tête vers le docteur Elpida, qui voulait exprimer la plus grande satisfaction, il tenait après tout sa vengeance contre la provocation de la jeune femme. Elle était trop bouleversée pour voir l'étincelle de peur et d'appréhension dans les yeux de son adversaire. Elle n'avait jamais perdu pied à ce point-là, on venait de la plonger dans un bain glacé, de lui planter un couteau dans le coeur, de lui arracher son souffle. Lui non plus, contrairement à ce qu'il avait affiché, ne pouvait se résoudre à détruire la raison de la présence d'Amalia à l'Institut. Il ne daignait même pas la regarder, affrontant réellement ce qu'il devait faire, comme un enfant pris en flagrant délit. Les rôles avaient bien changé. Son cerveau bourdonnait trop pour qu'elle ait entendu les mots de l'homme, qui s'étaient enfuis dans un murmure inaudible tant elle avait d'acouphènes sous le coup de l'émotion. Un large sourire malsain déforma son visage, ses yeux écarquillés dans un accès de folie. Un rire cassé s'échappa de ses cordes vocales, secouant violemment son corps. Son sang-froid avait éclaté en mille morceaux sous la pression, sa contenance avait disparue dans un nuage de poussière et seul restait ce fou rire dissonant, incompréhensible. Une larme de folie coula sur sa joue gauche, tâchant son uniforme, tandis qu'elle se levait et attrapait la lame posée sur le chariot. Le corps plié en deux, il lui était impossible de résister à la situation oppressante. La brune passa le fil du couteau contre sa peau et tira d'un coup sec, faisant tombé son ruban déchiré à terre, comme le dernier garant de présence d'esprit. La tête penchée sur le côté, comme une poupée cassée, son oeil rubis découvert de toute entrave, ses cheveux cachant l'autre moitié de son regard, et son éternel sourire corrompu aux lèvres, elle tendait l'arme au médecin. La chair de sa main était coupée par la lame tant elle la serrait fort sous l'appréhension et la folie, le sang coulant jusqu'au manche et tombant goutte à goutte au sol, comme de petites perles écarlates.

-Je vous laisse le soin de faire disparaître un élément de votre précieux Institut. Cela ne devrait pas vous déranger non? Après tout, vous aimez le sang et la souffrance!

Amalia humidifia ses lèvres étrangement toujours aussi rouges, seule couleur parmi sa pâleur cadavérique et le noir corbeau de ses cheveux, comme si elles faisaient écho à son iris vecteur de douleur. Sa langue passa lentement sur ses dents légèrement plus pointues que la normale, comme si elle se délectait de l'effroi de Donatien alors que c'est elle qui avait le plus à craindre. Tout était devenu défectueux, jusqu'à son instinct de survie et de préservation.

-Imaginez qu'ensuite vous me verrez disparaître, chez les fous ou de la surface de cette planète, à votre guise! Sauf si vous avez peur!?

A ce moment, les zéros étaient plus sains d'esprit que les deux protagonistes dans la pièce, qui réagissaient différemment à la terreur provoquée par une simple case d'un jeu. Un effet papillon passant du virtuel au réel.


HRP:
C'était parfait t'inquiète!
Par contre je sais pas ce que t'as fait à Amalia mais là, elle a perdu le peu de santé mentale qui lui restait x')
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Soixante-six n'avait pas été attachée au début de la partie pour la forcer à jouer, mais pour établir une égalité. Donatien était lui aussi prisonniers de liens. Prisonnier des règles qu'il avait imposé. Prisonnier de lui même. Et maintenant qu'il se retrouvait face à cette situation étouffante, il était plus que jamais pris au piège. Il sentait ses pensées lui mordre la chair telles des chaînes trop serrées. Le métal forgé par son esprit lui compressait la poitrine, bloquant ainsi sa respiration.
Il voulut se concentrer sur l'état de Soixante-six. La voir sangloter et le supplier l'aiderait peut-être à retrouver un peu de souffle. Un son s'était échappé de la gorge de la brune. Pleurait-elle ou riait-elle ? Contaminé par ce nouvel air d'opéra, Donatien se mit à rire à son tour à gorge déployée. La tête en arrière, le cou si tordu qu'on aurait pu le croire dépourvu d'ossature, sa voix se fissura en un rire. Les deux sons créèrent alors une disharmonie, montant crescendo. Deux mélodies cassées qui se confrontaient, ou se rejoignaient peut-être ?
Quand il remit sa tête en place, Soixante-six était debout face à lui. Donatien eut un fragment de lucidité en tombant sur la tâche d'hémoglobine qui colorait son œil dangereux : il l'évita. Il tomba alors sur le couteau que lui tendait la patiente, le tenant fermement par la lame. Quelle était douce et attentionnée cette patiente, à lui tendre ainsi l'arme de façon à ce qu'il ne se blesse pas. Mais que c'était inutile puisqu'elle l'avait déjà atteint : son égo avait besoin d'un peu de désinfectant.
Il saisit sous de même le manche, enroulant ses phalanges lentement autour. Il prit le temps de tirer l'objet vers lui, la lenteur laissant entendre le déchirement de la chair de la demoiselle lorsque la lame glissa hors de sa main. Du sang recouvrait déjà le métal, et visiblement le manche. C'était sûrement pour cela que la peau de Donatien lui semblait bizarrement humide.
Soudainement impassible, comme si les événements avaient pris possession de lui, il n'entendait plus la brune. Ou si, il percevait des sons mâchés, pas totalement digérés. Il ne pouvait pas alors les interpréter convenablement.
Toujours assis, une jambe croisée sur l'autre, il tenait le couteau sans savoir quand en faire. A croire que c'était la première fois qu'il voyait l'objet et qu'il devait deviner son utilité. Ça n'avait pas l'air bien méchant.

- ... si vous avez peur !?

Un électrochoc. Le corps qui se réveille. Qui avait dit ça ? Qui avait osé lui dire qu'il avait peur ? Ce n'était pas de la peur ! Il n'y avait que les faibles pour avoir peur ! Lui, il était parfaitement sain d'esprit. Il ne pouvait pas succomber à quelque chose d'aussi inutile que l'effroi. Il ne pouvait pas être paralysé par la terreur. Il ne pouvait pas être victime de la panique. Il était bien trop au dessus de cela, il avait bien trop le contrôle de lui-même pour que ça arrive.
Il reprenait possession de ses cinq sens sans pour autant retrouver la raison. Il voyait et entendait de nouveau. Il voyait surtout les gouttes rouges qui coulaient le long de la lame et tombaient à même le carrelage, comme une légère pluie.
D'une voix détachée, le médecin constata :

- Tu as tout sali ...

Ça prenait un temps fou de nettoyer ce genre de choses. Pourquoi les patients s'évertuaient-ils à salir ses sols ? Quel manque d'irrespect !
Il se leva, le tabouret roulant derrière lui. Puis il saisit le visage de Soixante-six entre son pouce et son index. Il devait maintenant bien viser : mais comment s'il ne pouvait pas voir sa cible ? S'il la regardait il était foutu. Que faire ? Que faire ?!
C'était la première fois qu'il était dans un état pareil. Il ne se reconnaissait plus.

- Tu es sale ..., se contenta-t-il d'articuler.

Et il avait un liquide corporel de cette fille sur ses doigts.
Il avait du sale sur lui.
De l'impur sur sa peau.
Prit d'une soudaine pulsion maniaque, il lâcha l'arme qui tomba au sol dans un bruit métallique. Le souffle court, Donatien accourut vers l'évier et se frotta les mains avec véhémence, complètement paniqué. Ça devait partir. Il devait évacuer cette couleur souillée.

- Pars !, hurla-t-il à son interlocutrice - ou à la tâche.

Elle ne devait pas le voir dans cet état. Ils ne devaient pas se voir dans cet état. Il fallait frotter encore plus. Ce n'était pas bien pour eux d'être aussi confus dans la même pièce. Frotter plus fort. Frotter. Frotter.
Les pions n'étaient désormais plus sur un plateau.



hors rp:
Parce que tu crois que Amalia met Dodo dans un bon état ? XD




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Amalia ne savait pas si sa réaction l'avait déçu ou, au contraire, amusé. Jusqu'à que leurs deux rires se rejoignent dans l'accord le plus dissonant qu'elle n'avait jamais entendu. Ils étaient tous deux dans une position improbable, lui aussi avec la tête en arrière, presque cambré ; elle debout mais sciée en deux par la folie, tordant le couteau dans ses mains de porcelaine. Elle reprit une certaine contenance avant lui, se tenant droite devant Donatien, la lame fermement tenue et dirigée vers lui, dans une attente qui lui semblait interminable. Il craignait son oeil, elle l'avait vu l'éviter soigneusement, maintenant qu'il était libéré et brillant de folie malsaine. Malgré tout, il paraissait touché de l'attention de la patiente, qui patientait en blessant sa chair. Dans un geste aussi lent que sadique, il saisit le couteau et tira délicatement dessus, comme pour déchirer encore plus sa paume. Mais elle ne sentait pas la douleur, galvanisée par l'adrénaline et n'entendant que le battement fébrile de son coeur dans ses oreilles. Les deux étaient hypnotisés par les gouttes rubis qui créaient un miroir morbide au sol. Du rouge sur du blanc : magnifique opposition pour Amalia, dégoût absolu pour Donatien.

- Tu as tout sali ...

Elle n'avait perçu ces quelques mots que comme un lointain murmure, sans savoir si sa tirade avait fait réagir le médecin. L'italienne était déçue de sa passivité. Pas une hausse de ton, aucune explosion, de cris. Juste une phrase neutre, comme s'il n'était déjà plus là. Une moue ennuyée se déposa sur les lèvres rouges. Qui disparut aussitôt lorsqu'il se leva enfin, faisant tomber son siège dans un son qui arriva étouffé aux tympans de la brune. Un grand sourire fou et provocateur se dessina quand il attrapa son menton entre deux doigts. Elle avait gagné : il ne pouvait pas tuer son oeil sans le voir. Or, s'il le regardait, il était pris au piège. Son propre jeu s'était retourné contre lui, la victoire lui était assurée.

- Tu es sale ...


Encore ce ton neutre, insupportable. Comment pouvait-on être aussi calme, même en état de choc? L'Humain n'est pas fait pour être passif! Amalia n'attendait que le moment où il craquerait, elle l'enregistrerait dans sa mémoire afin d'avoir un moyen constant d'humiliation envers lui. Cela allait forcément arrivé. Et cela ne tarda pas : la lame rebondit au sol dans un fracas métallique, aux pieds des deux protagonistes. Dans un sursaut, il lâcha sa tête et se précipita sur le lavabo, frottant vigoureusement ses mains sous le jet d'eau alors que le sang s'évertuait à rester collé à sa peau.

- Pars !

Le voilà, le hurlement tant attendu. L'habituel sourire carnassier reprit sa place sur le visage de l'italienne, preuve irréfutable qu'elle avait réellement gagné. Et le jeu n'était pas encore fini, il avait juste changé. Maintenant, les règles qui régnaient étaient implicites et étaient en partie les siennes. D'une démarche souple et silencieuse, elle rejoignit Donatien, s'arrêtant alors que ses longues mèches noires frôlaient le bras droit de l'homme.

-Pensez à du savon si vous voulez le faire partir rapidement. Je pensais que vous le saviez...

Elle était retournée à son arme favorite, la provocation distillée à travers des paroles en apparence insignifiantes, innocentes. Mais elle n'avait jamais été innocente et ne le serait jamais.



La pire de l'institut 2017/2018
De toute façon, qui d'autre le méritait à part moi?
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Il fallait nettoyer, nettoyer et nettoyer jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien. Il n'y avait plus de tâche et pourtant Donatien continuait à se laver la même partie de la peau, à s'en rougir la chair. Les yeux exorbités, il s'adonnait comme si sa vie en dépendait. Il avait encore l'odeur, si le sang en avait une, dans le nez. Il revoyait son sol accueillir les gouttes écarlates. Et chaque sensation lui arrachait un frisson de dégoût, secouant sa colonne vertébrale. Cette haine vibrait en lui, incontrôlable.
Il y eut comme une caresse sur son bras, mais il la perçut à peine. Par contre les mots de Soixante-six qu'il aurait voulu rendre sourds lui parvinrent bien malgré lui :

- Pensez à du savon si vous voulez le faire partir rapidement. Je pensais que vous le saviez...

L'effet de cette provocation fut immédiat : Donatien se retourna vivement vers la demoiselle. Sans prévenir et profitant de l'effet de surprise pour avoir le contrôle, il saisit avec rage les poignets de son adversaire, puis plaqua son dos contre le lavabo. Ainsi, il la pliait presque. Lui aussi se pencha en avant, se courbant à son tour.
Non, il n'aimait pas le contact, mais là, il ne répondait plus de lui. Cette petite peste avait osé le salir, elle paierait. Le jeu était ailleurs. Et les règles avaient peut-être changées mais il était toujours celui qui les faisait.
Il enfonça son regard dans son œil, celui qui ne le mettrait pas en danger, aussi aiguisé qu'une lame. Il ne disait rien, se contentant de respirer avec véhémence, comme si c'était un exercice difficile que de puiser de l'air dans ses poumons.

- Tu veux vraiment jouer, Soixante-Six ... ?

Il avait si lentement articulé qu'on avait deviné ses mots. Il les avait allongés, les avait étirés, peut-être pour leur donner du poids. Peut-être parce que la lenteur lui permettait de reprendre ses esprits.
Plus le temps avançait plus Donatien se rapprochait de la demoiselle, leur torse désormais se touchant presque. Il pouvait presque entendre son cœur remuer, si elle en avait un. Il n'avait pas une poigne Gargantuesque, mais le ressac de colère qu'il avait lui accordait la force nécessaire - et l'italienne n'avait pas l'air particulièrement puissante.

- Dans ce cas, finissons la partie ...

Le même ton. Le même manque de chaleur dans la voix.
Il lâcha le poignet de Soixante-Six, ce qui était sûrement une mauvaise idée, et se guida grâce au toucher. Pas besoin de la regarder. Il fit monter son pouce sur sa joue et l'approcha de son œil avec, en tête, un but bien précis ...
Aller chercher une lame prendrait trop de temps, la fille pourrait lui échapper. Et il voulait l'anéantir de lui-même, la réduire à néant. Qu'elle disparaisse, ils prendraient quelqu'un d'autre. D'accord, sa pathologie était rare, mais Amalia Reano ne l'était pas. Les filles un peu psychopathe, ça se remplaçait facilement.



hors rp:
J'ai misé sur la maigreur d'Amalia pour me dire qu'elle avait peu de force et avait pu se laisser faire par Dodo sur le moment (avec la surprise tout ça) mais dis-le si ce n'est pas cohérent avec ton personnage. Pareil sur la fin : le temps qu'il prends pour toucher sa joue peut être très lent comme très rapide, ça dépend de la réaction d'Amalia




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Alors comme ça on n'a pas été sage?
Etrangement calme, presque contemplative, Amalia s'était approchée de Donatien pour le voir frotter frénétiquement et à l'usure sa main, quand bien même il n'y avait plus de sang. C'était trop facile pour prendre fin maintenant, elle voulait encore jouer, elle. C'est la seule justification qu'avait sa provocation : ressentir encore de l'adrénaline face à la réaction du médecin. Qu'allait-il faire? Lui hurler dessus? Chercher sa lame? L'étrangler? Rien n'était moins sûr que le danger auquel elle s'exposait mais, paradoxalement, rien ne la rendait plus vivante que ce moment, en deux ans d'Institut Espoir. Quel nom mal porté... Le seul espoir existant, c'était celui d'un ennui mortel et qui espérait n'avoir rien à faire d'intéressant de ses journées? Personne. Le contrecoup ne se fit pas attendre. La brune avait à peine terminé sa phrase sur un ton doucereux qu'il se retourna violemment et plaqua son dos contre la céramique froide du lavabo, légèrement humide car l'eau coulait toujours à flots. Sans merci pour la colonne vertébrale de la patiente, il se pencha davantage en avant, la forçant à encore mettre à l'épreuve sa souplesse. Ses cheveux traînaient dans l'eau, elle n'aimait pas. La surprise l'avait empêché de réagir et la colère décuplait la poigne de Donatien, la condamnant à l'immobilité.

- Tu veux vraiment jouer, Soixante-Six ... ?


Leurs yeux brillaient d'une même lueur folle, leurs coeurs battaient à l'unisson dans une course effrénée, contrairement au calme qu'il voulait afficher tandis que ses mots duraient indéfiniment. La position qu'ils avaient en plus de l'emploi du matricule, Amalia détestait cette posture de soumission qu'il l'avait obligée à prendre. Mais même dans ce moment, tout son être criait son désaccord tant elle était tendue, hurlant au visage du médecin "je ne suis pas Soixante-Six". Mais elle ne pouvait rien faire tant qu'il ne la lâchait pas.

- Dans ce cas, finissons la partie ...

Son voeu avait été exaucé, il existait bien un dieu pour les mauvaises personnes. Son poignet droit était de nouveau libre et elle avait deux choix : soit empêcher la main de Donatien d'avancer et d'atteindre son oeil, soit le faire hésiter. Vivement, elle posa ses doigts sous l'oeil du médecin, le menaçant silencieusement de l'énucléer et le rendre borgne s'il lui enlevait le sien.

-Il me semblait que l'Institut ne voulait pas perdre de patients, aussi dérangeants soient-il? Et allez chercher une lame, cela vous évitera des salissures.

Amalia exerça une pression légèrement plus forte sur la paupière inférieure de l'homme, lui montrant qu'elle n'hésiterait pas non plus, ce n'est pas du sang et un globe oculaire qui allaient la déranger.

-Enfin, si vous l'osez...

Si elle ne finissait pas anéantie par la perte de son oeil rouge, elle serait étonnée d'échapper à une place en asile, chez les patients Z. Donatien ne supporterait pas qu'elle l'affronte une deuxième fois, sans qu'elle ne perde. Et on ne pouvait pas parler d'égalité, sa victoire était assurée tant qu'elle gardait son intégrité physique ; dans tous les cas ou presque, elle était victorieuse.



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La main de Donatien en était encore à escalader le visage de Soixante-Six qu'il fut soudainement stoppé dans son élan. La noiraude lui rendait la pareille ; les doigts faméliques et impurs de l'adolescente agrippaient sa peau. La pression était telle que Donatien avait la sensation qu'on allait lui déchirer la chair, que dans quelques secondes cette fine couche de peau éclaterait en une marée de sang. Avec un peu de chance, il éclabousserait son interlocutrice.
Cette dernière, trempée et voûtée, semblait prendre un malin plaisir à répondre au docteur. Sa position n'était pas idéale pourtant, pourquoi insistait-elle ?
Le cœur de Donatien vibrait d'une arythmie folle. Il n'était plus en possession de ses moyens. Cette situation était à mourir de rire. Ce jeu était palpitant, ce jeu était vif, ce jeu était vivant. Oui, Donatien vivait. Donatien ressentait des choses dans le ventre et dans la tête. Enfin.

- Il me semblait que l'Institut ne voulait pas perdre de patients, aussi dérangeants soient-il? Et allez chercher une lame, cela vous évitera des salissures.

Encore des menaces ? Encore de l'insolence ? Voyons Soixante-Six, change de disque, trouve autre chose, on finirait par s'en lasser.
L'avait-il bien dit à haute voix ? Ses pensées se bousculaient, noyant sa raison.

- Enfin, si vous l'osez ...

Elle le provoquait ? Parfait, il allait répondre à son appel.
Il n'avait pas cligné des yeux depuis un moment. Ses paupières étaient écarquillées, mettant en évidence ses globes. La lumière blafarde baignait la moitié de son visage dans l'obscurité. On ne voyait que ça : ses deux yeux prêts à sortir de leur orbite, aux veines écarlates qui fêlaient tout ce blanc. Dommage que Soixante-Six ne jouisse pas de son sourire satisfait. Il gagnerait cette partie. Il gagnerait.
Il finit par lâcher la demoiselle, puis se dirigea lentement vers la table d'auscultation, secouant ses mains humides. Tournant presque le dos à son interlocutrice, il saisit le dé. Il le serra entre ses doigts avant de le lancer. Avant de lire le résultat, il se saisit d'une lame, celle-ci crissant sur le fer du chariot. Puis il vit le nombre indiqué par le dé : deux. Très bien, il oserait deux fois.
Il revint vers Soixante-Six, lui plaqua une main sur l'évier sans crier gare, puis enfonça la lame sous son ongle. Il remua le scalpel afin de déloger l'ongle de son pouce, puis d'un coup, l'ôta. Maintenant fermement son poignet, évitant autant qu'il le pouvait l'hémoglobine, il défia Soixante-Six.

- Le premier qui franchit cette porte perd la partie. La prochaine étape, ce sont tes os, Soixante-Six, que je que craquerais avec plaisir.


Il aurait ses chevilles, ce serait sûrement le plus handicapant. Il gagnerait. Il ressortirait victorieux. Il en avait la certitude.





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C'était très risqué, au point qu'elle ne savait pas ce qu'il pouvait lui arriver. Et pourtant, cette séance malsaine était certainement la plus intéressante en deux ans d'Institut. Même en s'amusant aux dépends des autres patients, en tout cas les plus faibles, elle ne se sentait pas aussi vivante qu'au moment où Donatien Elpida en personne menaçait de faire disparaître son oeil rouge. Enfin un adversaire digne de ce nom, capable de lui rendre la pareille et qui ne se contentait pas de subir. Un adversaire à sa hauteur, en somme. Amalia n'avait pas quitté le médecin en chef des yeux, aucun des deux ne cillait, comme si les heures avaient arrêté leur course folle. Ils avaient tout le temps de se départager la victoire ou tout du moins blesser le plus possible l'autre, que ce soit verbalement ou physiquement. Elle sentait bien qu'ils commençaient à basculer dans la douleur physique mais elle n'avait rien à part son oeil qui pouvait le faire s'évanouir, si utilisé suffisamment longtemps. Et comme il en connaissait le danger, elle ne pourrait pas parvenir à cette fois. Elle devait absolument lui dérober un instrument et le retourner contre lui.

Leurs deux visages étaient à moitié plongés dans l'obscurité, scène digne des plus grands films d'horreur. Sauf que cela n'avait rien d'une fiction, ils étaient bien réels, en train de se dévisager et se jauger mutuellement, de plier l'autre à sa volonté quel que soit le moyen, éthique ou non. Mais n'importe qui de sensé aurait déjà abandonné, tant l'éthique était absente de leurs mentalités, tout comme la sûreté voire même l'instant de survie. Trop de fierté pour abandonner, la patiente comme le médecin.
Amalia n'aimait pas la moitié de sourire qu'elle apercevait dans la pénombre, trop fou, trop malsain, trop joueur pour ne pas être inquiétant. Trop grand aussi, dévoilant toutes les dents de Donatien. Mais aucun frisson ne parcourut sa colonne vertébrale, elle ne courba pas davantage le dos, ses paupières ne se fermèrent pas même un instant et aucune émotion autre que la provocation n'était venue altérer ses traits délicats, et pourtant porteurs de folie, presque de psychopathie.

Elle se redressa et coupa l'eau alors qu'il se dirigeait vers la table de jeu et celle d'auscultation, ne le quittant pas des yeux. Une trop forte dose d'adrénaline courait dans ses veine pour qu'elle se dise avoir été trop loin. Elle attendait juste la suite, regardant rapidement autour d'elle pour chercher de quoi au moins se défendre si besoin, mais rien du tout. Au pire, elle aurait toujours ses ongles ou ses dents, après tout ses canines pointues devaient bien servir à quelque chose. Le roulement du dé fit revenir son regard sur le dos du docteur. C'est vrai, le jeu n'était pas fini, pourtant ils n'utilisaient plus de cases.

-A quoi correspond ce chiffre? Le nombre de pas que vous allez faire à chaque fois? railla-t-elle, inconsciente du danger.

Métal d'une lame contre fer d'un chariot. Le crissement des deux matières lui fit grincer des dents, tant l'italienne ne supportait pas se type de bruit. Elle avait aussi fermé les yeux, étonnant comme un simple son peut déstabiliser quelqu'un. Si bien qu'elle ne l'avait pas vu revenir et sursauta quand elle sentit la peau froide de Donatien sur son poignet, plaquant sa paume contre la céramique du lavabo. Un grognement sourd sortit de ses cordes vocales quand elle sentit la lame à la pointe de son pouce. De sa main libre, elle agrippa l'épaule de l'homme, plantant ses ongles dans les vêtements et la chair, comme pour lui transmettre la douleur.

-Cazzo di merda!
hurla-t-elle sous le coup de la douleur.

Son ongle avait sauté et elle avait du sang partout. Lui aussi, alors qu'il disait détester la saleté et l'impureté. Tout son corps s'arquait pour libérer sa main meurtrie de son emprise.

- Le premier qui franchit cette porte perd la partie. La prochaine étape, ce sont tes os, Soixante-Six, que je que craquerais avec plaisir.


Amalia lui jeta un regard noir : si ses yeux avaient eu la possibilité de tuer réellement, il serait déjà mort dix fois. Malheureusement, ce n'était pas le cas. Grâce à sa main libre, elle retira les doigts de Donatien un par un de son poignet et s'appuya sur son épaule pour se redresser davantage, mettant sa bouche au niveau de l'oreille de l'homme, retenant un gémissement de douleur

-Je pourrais jouer ensuite? Après tout, vous aurez accompli vos deux actions.

Sans crier gare, elle planta ses dents de toutes ses forces dans la chair tendre du cou de l'homme, à la jointure avec l'épaule. Avec la main qui n'était pas blessée, elle le forçait à se pencher vers elle, pour ainsi éviter qu'il ne se dégage de sa mâchoire. De cette façon, même si elle exprimait sa douleur par des sons, ils seraient inaudibles, avec l'avantage de blesser Donatien physiquement. Elle ne le laisserait jamais gagner, quite à tout perdre.



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ALORS COMME CA ON N'A PAS ETE SAGE ?


Oh, l'agneau n'avait pas l'air content des actes du grand méchant loup. Donatien feignit de ne pas voir l'éclat meurtrier dans le regard de sa captive. Qu'elle grogne, qu'elle rage, qu'elle le mitraille sur place, qu'elle l'injure dans toutes les langues, il n'en avait cure. Le sang avait giclé. Il la ferait perdre. Non : il se ferait gagner. On gagnait toujours quand on était en plein possession de ses moyens. Et c'était le cas de Donatien. Il était sûr de tout avoir sous contrôle. Les petits tremblements qui secouaient sa main de façon passagère ? Mais non voyons, ce n'était que des coups jus, c'était l'adrénaline qui se manifestait physiquement, c'était le rappel qu'il était vivant. Ses pupilles rétrécies, englouties par le lactescent de l'iris ? Un effet de lumière sûrement. L'éclairage maladif des néons y était pour quelque chose. Sa respiration courte et irrégulière ? Ce que le cœur pouvait bien pomper quand il était en proie à ses émotions !
Donatien avait tout sous contrôle. Sauf son corps. Et il n'en avait pas la conscience. Il avait beau avoir des gestes secs et précis, une assurance dans la voix et la détermination dans son allure, il n'en restait pas moins trahi par toutes ces preuves physiques qu'il considérait comme minimes.
Et il ne contrôlait pas le corps de Soixante-Six. Pas entièrement. Il ne sut la contrer quand elle se défit avec lenteur de l'emprise du médecin, puis quand elle se glissa près de son oreille, telle une vipère ondulant entre les bras de l'homme.

- Je pourrais jouer ensuite? Après tout, vous aurez accompli vos deux actions.

Donatien réfléchissait à toute allure : s'il n'accomplissait pas sa deuxième action, alors elle n'aurait pas à jouer. Oui, mais ce ne serait pas fair-play. Attendez, pause, comment savait-elle pour les deux acti...
Des dents. Là. Dans sa peau. Cette sale vermine essayait de le bouffer. C'était avec force qu'elle le maintenait, la garce. On en était là ? A la violence physique ? Donatien ne se rabaissait jamais au combat pur et dur. S'il devait y avoir du sang, alors il y en aurait, mais pas d'une manière aussi barbare.
Il serrait les dents pour ne pas gémir de douleur - la peste lui bouffait la base du cou, et c'était sensible ! - mais la souffrance passait entre ses dents, produisant des sons étouffés. C'était des soupirs désagréables, un souffle qui s'échappait, les épaules qui tressautaient. Il voulut se défaire mais l'emprise était puissante. Il lui aurait alors suffit de gifler l'adolescente, de la noyer de nouveau même si cela impliquait d'aller sous l'eau avec elle, de lui briser ses côtes à l'usure, de saisir cette lame plus loin et de la planter dans sa chair... Mais il n'en fit rien. Ce serait déroger à ses propres règles. Il ne supportait pas la violence gratuite, c'était impur. Hors, s'il continuait à jouer le petit jeu de Soixante-Six, à défaut de perdre le Monopolia, il se perdait lui-même.
Aveugle, il tâtonna pour finalement trouver le robinet. Là, il augmenta considérablement le flux d'eau. Il se pencha en avant, les noyant tous les deux, comptant sur la surprise pour que Soixante-Six lâche prise. Sinon, le manque d'air lui suffirait à la remuer pour qu'elle le lâche.
Il put enfin se détacher et il s'écarta avec plus de véhémence que voulut, titubant presque. Il prit une grande respiration, encore secoué. Plaquant ses mèches humides en arrière, il revint vers le plateau de jeu. C'est alors qu'il vit l'heure affichée sur le cadran sur le mur. Les règles du jeu était claire : la partie ne durait qu'une heure. Et les joueurs avaient largement dépassé le temps.
Un regard vers Soixante-Six. Que dire ? Que faire ? C'était la première fois qu'il affrontait vraiment quelqu'un. La première fois qu'il perdait ses moyens.

- Malheureusement pour toi, les règles sont faites pour être respectées.


Il se serait bien assis, mais ça aurait montré un signe de faiblesse. Il ferait une bonne sieste tout à l'heure, après avoir réfléchi à une seconde punition.





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Alors comme ça on n'a pas été sage?
Amalia maintenait ses dents plantées dans la chair avec toute la force dont elle était capable. Quoiqu'avec les chuintements qui franchissaient les lèvres de Donatien, parler de crocs serait plus approprié. En même temps, il avait chercher à ce qu'elle en arrive à cette extrémité, il avait provoqué sa part animal tout en devenant lui-même plus monstrueux. Les occupants de la pièce n'avaient plus rien d'humain, deux existences voulant simplement dominer l'autre à n'importe quel prix. Ses ongles étaient comme des griffes, agrippées à l'épaule du médecin comme si c'était un trophée de chasse ou de bataille. Oui, elle gagnerait et il sera le seul à être à terre, pour avoir oser lui tenir tête et essayer de la punir. Pour assurer davantage sa prise, elle posa sa main meurtrie sur les cheveux immaculés, souillant leur couleur avec des éclats rouges, comme le sang sur la neige, image du beauté inégalable pour l'italienne.

Elle le sentait s'activer dans son dos, les doigts à la recherche de quelque chose. Mais elle ne savait pas quoi,la lame étant au sol entre leurs pieds. Jusqu'à ce qu'elle entende l'eau couler à flots, bien plus fort qu'auparavant et que le brusque basculement lui arrache un cri de surprise, qui lui permit de prendre un peu d'air. Son emprise s'était aussi relâchée, permettant à Donatien de se libérer de sa mâchoire impitoyable et de ses bras. Elle ressortit la tête de l'au presque aussitôt, l'angle de sa nuque rendu improbable par le poids de ses cheveux mouillés. Elle avait pris assez de souffle pour ne pas être haletante, à l'inverse de l'homme qui tentait de retrouver une respiration normale, ses mèches blanches plaquées sur son crâne et lui donnant un air caricatural de dandy. Bien mauvaise image, quand on connaissait son sadisme si particulier.

- Malheureusement pour toi, les règles sont faites pour être respectées.

Elle le voyait trembloter légèrement sous la pression qu'ils avaient installé et la baisse d'adrénaline, l'italienne devait encore en profiter et elle ne perdrait pas. Elle ne devait sortir sous aucun prétexte, et elle n'était pas autant affectée que lui.

-Malheureusement pour vous, elles ont déjà été transgressées, notamment quand vous n'avez pas eu le cran de jouer une certaine case. Pourquoi s'arrêter maintenant

Essorant sa chevelure, elle la fit claquer comme on claque un fouet dans l'air.Au moins, le sol serait propre d'avance. Elle s'approcha à son tour du plateau de jeu, enlevant sa veste blanche de patiente pour bander sa main et dévoilant un haut noir.

-Votre prochain patient peut bien attendre non? De toute façon, cette salle devra être remise en état avant d'accueillir quelqu'un d'autre. Comme votre patiente préférée par exemple, celle en fauteuil roulant.Bien que cette préférence ne soit certainement pas réciproque.

Elle avait vu plusieurs fois cette fameuse fille en fauteuil roulant, et les murmures après son passage lui avaient indiqué qu'elle était un des patients choisis soigneusement du médecin en chef, si ce n'était la première. Mais elle n'en savait pas plus et pour une fois, elle estimait que c'était dommage, elle aurait pu en jouer contre son adversaire et espérer le déstabiliser.



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Plus le temps avançait, moins Donatien contrôlait la situation. Il avait pris du retard sur son planning. Avait usé de la violence physique. S'était laissé étouffé par ses émotions. Cette année commençait mal, et il refusait de le voir. Monsieur était toujours parfait, qu'importe ce qui arrivait.
C'était cette conviction qui le laissait de marbre face à l'attitude prétentieuse de Soixante-Six. Elle venait de secouer sa chevelure de façon princière, comme si elle ne venait pas de se battre auparavant. En fait, entre elle qui se tenait avec assurance et Donatien parfaitement imperturbable, on imaginait difficilement qu'un combat avait malmené les deux individus.

- Malheureusement pour vous, elles ont déjà été transgressées, notamment quand vous n'avez pas eu le cran de jouer une certaine case. Pourquoi s'arrêter maintenant ?

La paupière gauche de Donatien trembla d'un coup, comme secouée par un spasme. Qu'elle le rabaisse, il s'en fichait. Désormais tout ce qui comptait était le respect des règles. Tout ce qui comptait c'était l'immédiat.
Toujours stable sur ses pieds, immobile comme un arbre, il suivit des yeux la patiente. Elle bandait ses blessures tranquillement.

- Votre prochain patient peut bien attendre non? De toute façon, cette salle devra être remise en état avant d'accueillir quelqu'un d'autre. Comme votre patiente préférée par exemple, celle en fauteuil roulant. Bien que cette préférence ne soit certainement pas réciproque.

Un sourire fleurit sur le visage de Donatien. Ha Lys, son doux Lys... A chaque fois qu'on la mentionnait, il était soudainement plus fort.
Avec flegme, il se rapprocha du plateau. Puis il sortit de sa poche le smartphone qu'il avait toujours sur lui. Il prit un petit temps avant de le déverrouiller, ne comprenant toujours pas comment fonctionnait cette fichue empreinte digitale, puis envoya un message à son agent d'entretien. Une fois fait, il releva les yeux vers la patiente.

- Je n'ai pas de rendez-vous programmé aujourd'hui avec mes patients, vous n'avez pas à vous en inquiéter.

Puis, il fit le tour de la table d'auscultation afin de se retrouver face à l'impertinente. Son visage en hauteur par rapport au sien, situé dans l'angle des néons, si bien qu'il laissait Soixante-Six dans son ombre.

- Évoquez encore une seule fois ma patiente avec votre bouche sale, et je vous promets que la prochaine fois qu'on se retrouvera, ce sera pour un jeu bien plus sordide.

Pour qui se prenait-elle à évoquer son Lys de cette façon ? Prétendant des choses qu'elle ignorait sûrement. Lys lui vouait allégeance depuis une dizaine d'années, cette préférence était parfaitement réciproque.
Plus le temps avançait, plus Donatien se voilait la face...






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Alors comme ça on n'a pas été sage?
De longues minutes passèrent alors qu'ils se jaugeaient encore, chacun cherchant un moyen de déstabiliser l'adversaire. Aucun des autres méthodes n'avaient fonctionné, dans les deux sens, alors quoi maintenant? Ils restaient tous deux de marbre et le temps s'allongeait encore. Jusqu'à ce qu'il parle du règlement, et qu'une réponse fuse immédiatement. Donatien avait tiqué, un muscle de son visage tressautait. Elle avait marqué un point, il fallait maintenant en profiter avant qu'elle ne reprenne toute sa contenance. Ils se fixaient mutuellement, pas besoin de regarder pour bander une plaie aussi importante soit-elle. Amalia savait qu'elle ne le mettait pas en bonne condition en déchirant sa chemise d'uniforme, tant il était obsédé par la pureté du blanc.

Il s'était levé à l'évocation de la patiente en fauteuil roulant. Mauvais pari pour l'instant, peut-être que dans les secondes à suivre en parler serait un bon choix pour l'agacer encore davantage? Sans rien dire non plus, ce fut son tour de l'observer attentivement pendant qu'il s’obstinait à utiliser la reconnaissance digitale pour déverrouiller son smartphone. Un rictus moqueur se posa sur ses lèvres mais aucun son ne les franchit pour autant. Elle devait tout de même lui reconnaître une certaine intelligence, mais voir un éminent médecin se débattre avec un téléphone était risible. Enfin, il prit la parole après avoir envoyé son message. Agent d'entretien pour nettoyer ou secrétaire pour annuler toutes ses consultations?

- Je n'ai pas de rendez-vous programmé aujourd'hui avec mes patients, vous n'avez pas à vous en inquiéter.

L'italienne haussa un sourcil ironique et, pour accentuer le ridicule de la situation, exécuta une courbette railleuse, se redressant avec son éternel sourire en coin. Rien de plus énervant que le faux respect, domaine dans lequel elle était passé maître depuis longtemps. Droite comme un I mais pas raide pour autant, elle se tenait sans ciller sous le regard toisant du docteur Elpida.

- Évoquez encore une seule fois ma patiente avec votre bouche sale, et je vous promets que la prochaine fois qu'on se retrouvera, ce sera pour un jeu bien plus sordide.

-Je ne connaissais pas cette règle, pensez à la mentionner dans un quelconque règlement, si cela vous froisse. Allez-vous changer les cases de celui-ci, pour notre prochaine séance de jeu? Je suis ravie de cette nouvelle.


Sous-entendant qu'un jeu plus sordide, pour reprendre les mots du médecin en chef, allait être difficile à inventer. Néanmoins, elle avait trouvé le point faible de Donatien, cette patiente et ses sentiments, sujet sur lequel Amalia avait totalement bluffé, mais bluff qui semblait avoir eu l'effet escompté. Elle n'hésiterait pas à exploiter cette faille.



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Docteur Elpida a écrit:


ALORS COMME CA ON N'A PAS ETE SAGE ?



- Je ne connaissais pas cette règle, pensez à la mentionner dans un quelconque règlement, si cela vous froisse.

Si jusqu'ici les dernières piques de Soixante-Six n'avaient fait ni chaud ni froid à Donatien, celle-ci l'atteignit. Son obsession pour le contrôle était un de ses points faibles et la patiente savait comment l'exploiter. La petite peste.
Alors qu'il finissait de ranger le jeu dans sa boîte, un rictus étrange déforma son visage creusé. Du plaisir à être face à quelqu'un pouvant l'égaler ? De la peur d'être battu ? Un peu de ces deux émotions nourrissait ce sourire.

- Allez-vous changer les cases de celui-ci, pour notre prochaine séance de jeu? Je suis ravie de cette nouvelle.

Une prochaine séance de jeu ? Elle voulait remettre ça ? Vraiment ?
L'agent d'entretien arriva à cet instant et commença à remettre la salle en ordre. Si discret qu'on ne nota pas sa présence. Ou alors c'était parce qu'il n'y avait que les deux protagonistes principaux qui comptaient.
Donatien se pencha en avant vers Soixante-Six. Ses mèches tombaient sur son visage encore empreint de cette dernière heure. Il semblait absent, encore accroché aux derniers événements ; cependant, paradoxalement, il s'était rarement senti autant présent. Il se sentait vivant, là, appartenant à cet instant précis. Il n'était plus l'être creux qui naviguait entre les couloirs du bateau faussement solide qu'était le bâtiment de l'Institut.

- Changer des cases ? Voyons Soixante-Six, je ne suis pas du genre à recycler mes vieux jeux.

Son regard dans celui de la protagoniste, il laissait clairement sous-entendre que le prochain serait complètement différent. Beaucoup d'idées lui traversaient l'esprit. Des sanglantes. D'autres uniquement psychologiques...
Cette fois, l'expression de Donatien était clair : c'était du sadisme pur et dur. La vision du sang de Soixante-Six sur sa peau pâle ... C'était presque ... jouissif.
Le Monopolya était donc fini, mais ce n'était que partie remise.





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