Comme un insecte se brûle au soleil, irrémédiablement attiré |feat Amalia|
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Lun 23 Oct - 16:38
Aeden était décidé. Cela faisait plusieurs jours qu’elle mangeait seule. Et le jeune garçon aussi. Alors c’était l’occasion. Il devait prendre son courage à deux mains. Elle ne paraissait pas triste ou quoi que ce soit. Le garçon n’avait pas décidé que manger avec elle était une bonne idée parce qu’elle se sentait seule. Enfin si mais c’était aussi parce que lui se sentait seul. Il se mordilla l’intérieur de la joue. Lorsqu’il rentra dans la cantine, il l’aperçut aussitôt. Assise à la même place. Ces longs cheveux noirs cachant à moitié son visage. Son visage vide d’expression. Est-ce qu’elle cache ce qu’elle ressent ? Forcément. Tout le monde ressent quelque chose. Elle ne doit pas faire exception. Elle est petite, toute fine mais elle dégage quelque chose. Comme une force qui attire Aeden. Il ne sait pas pourquoi, mais il n’aime pas la voir seule dans cette immense cantine. Il veut découvrir quelle est cette force qui se dégage d’elle. Elle l’intrigue. Et il veut savoir qui elle est. Il veut discuter avec elle.

Quelqu’un bouscule le garçon et ce dernier se détourne de la jeune fille. Il s’est arrêter au beau milieu de l’entrée et un garçon aux cheveux bruns bouclés lui grogne d’avancer. Il s’exécute et se dirige vers la dame qui s’occupe de servir. On lui donne plus à manger depuis quelques semaines. Il ne sait pas si c’est à cause du fait qu’il ait perdu quelques kilos ou si c’est parce qu’ils veulent tester quelque chose. Mais il n’arrive plus à manger comme avant. Les repas manquent de gout. Il a du mal à faire passer les aliments dans sa gorge sèche. Par contre, il a très soif. Tout le temps. Heureusement qu’ils ne le rationnent pas en eau. On lui sert, en pensant avec parcimonie, une espèce de purée un peu trop liquide ainsi qu’une louche d’un genre de ragout. Encore une fois, la portion est énorme. Aeden n’est pas sûr qu’il parvienne à la finir, mais il sait qu’il n’a pas vraiment le choix. La seule fois où il a rendu son assiette à moitié remplit, il se rappelle avoir passé un mauvais moment. Cela ne lui arrivera pas deux fois.

Il se frotta les mains moites sur le pantalon avant de prendre son plateau, après s’être servit un verre d’eau qui risquait de se renverser à chaque secondes tellement il était remplit, et se dirigea vers sa table. Le stress lui donnait chaud. Il souffla pour se calmer et essaya d’ignorer son cœur qui battait à toute allure. Il ne voulait pas non plus passer pour un gars bizarre. Il tenta d’afficher un air aussi décontracté que possible et déposa son plateau face à elle. Il lui demanda, affichant un sourire engageant :

– Je peux m’assoir ?

Voilà. Il s’était lancé. Il s’était donné l’objectif débile de parler au moins une fois par jour avec quelqu’un, ce qui n’était clairement pas le cas pour l’instant. Il était bien loin de son objectif mais s’accrochait, tentant de faire de gros effort sur lui. De l’extérieur, il paraissait peut être normal, à l’intérieur, c’était toujours la panique de parler avec quelqu’un. Surtout au début. Les premières phrases ont leurs importances. Il pose son regard sur l’œil bleu-gris de la jeune fille. Cette couleur est magnifique. Les yeux avaient toujours eu sur le garçon un effet particulier. Il adorait le regard des gens. Ce sentait toujours hypnotiser.




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B100
Mer 25 Oct - 17:37
Hors RP:
Mon dieu je suis amoureuse de tes titres je crois ahah

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Aeden
Comme un insecte se brûle au soleil, irrémédiablement attiré
Une autre journée avait commencé, aussi ennuyeuse que toutes les précédentes et toutes celles qui allaient suivre dans cet Institut aseptisé de toute vie normale. Cette nuit-là, et comme depuis une semaine, Morphée avait refusé de visiter Amalia, ce qui la rendait encore plus imprévisible qu'à l'accoutumée. Serait-elle irascible à un point inimaginable, ou trop fatiguée même pour lancer un de ses regards noirs dont elle avait le secret? Ou bipolaire, on ne savait jamais ce qui pouvait advenir d'une seconde à l'autre. De fait, aux alentours de 6 heures du matin, elle était d'une humeur exécrable, son médecin allait certainement en faire les frais. Comme un automate, après une douche chaude, la patiente enfila son uniforme désespérément  immaculé, qu'elle contrasta avec son maquillage sombre habituel et ses longues mitaines toutes aussi noires que ses cheveux. Elle enfila son cache-oeil et ouvrit sa porte d'un geste décidé, ne souhaitant pas montrer sa fatigue à tous. Avec un peu de chance, ils seraient dans le même état et ne remarqueraient rien, ou auraient la décence de ne rien voir. Ses chaussures claquaient contre le sol froid du couloir, tandis qu'elle se dirigeait à contre-coeur vers la salle de son médecin. Actuellement, voir sa tête était tout ce dont elle n'avait pas besoin mais, malheureusement, c'était un passage obligatoire.

Pendant l'entrevue, Amalia fut horrible avec son médecin, refusant catégoriquement de parler ou de faire quoi que ce soit, à part pour insulter le pauvre homme qui n'avait pas demandé tant de violence. Si l'heure passa à peu près rapidement pour la brune, lui la subissait du mieux possible, espérant simplement que cela se termine vite, bien qu'il ait une désagréable sensation de lenteur, tant il ne pouvait rien tirer de sa patiente aujourd'hui. Une énième dispute éclata dans la pièce vers la fin de l'auscultation et elle sortit en claquant violemment la porte et en criant avec toute la puissance que ses cordes vocales lui accordaient. Il était dix heures, elle en avait encore deux à tuer avant d'aller manger. Elle poussa un bruyant soupir et, remarquant les regards interloqués ou apeurés des autres patients, elle releva la tête et partit d'un pas agacé et pressé vers la forêt brûlée. Adossée à une souche d'arbre, elle s'endormit sous le soleil et la douce brise qui venait rafraîchir l'atmosphère. La jeune femme se réveilla juste à temps pour le repas, et s'étira de tout son long, comme un félin, avant de se lever pour se diriger vers les bâtiments communs.

Alors qu'Amalia rejoignait la file, les gens s'écartaient pour la laisser passer, sa réputation de sadique ou de démon lui créant une sorte de haie d'honneur (ou de peur) parmi les patients. Un large sourire, à la fois méprisant et amusé, étira ses lèvres carmin tandis qu'elle avançait tranquillement jusqu'à pouvoir prendre un plateau. De là, il lui était impossible de tricher mais on lui laissait tout de même son espace vital, la peur encore une fois. Aujourd'hui, on servait un blanc de poulet fade accompagné d'un mélange de légumes ramollis. Elle fronça le nez, son nez se retroussant légèrement et partit s'installer. Elle s'assit en soupirant, encore un repas médiocre. On ne servait quasiment jamais de viande rouge, bien saignante, et cela lui manquait cruellement. La brunette se leva à nouveau pour aller remplir une carafe d'eau et retourna s'asseoir, croisant ses chevilles sur la chaise face à elle. Elle s'attaqua alors à son assiette sans grand enthousiasme et par pure obligation. Ses longs cheveux la gênant, elle ramena une mèche particulièrement rebelle derrière son oreille d'un geste gracieux. Même si Amalia n'avait pas terminé de manger, elle n'avait plus faim et déposa sa fourchette sur le rebord de l'assiette, son regard unique parcourant la salle dédaigneusement. Elle remarqua à peine l'altercation de deux garçons tant l'agitation était faible et silencieuse. L'italienne soupira à nouveau et reporta son attention sur le peu d'extérieur qu'elle voyait par la fenêtre.

– Je peux m’asseoir ?

Amalia releva la tête vers la voix qui l'avait interpellée. Elle appartenait à un jeune homme aux cheveux noirs qui venait de déposer son plateau face à elle. Il lui semblait un peu plus jeune qu'elle et apparemment légèrement paniqué à l'idée de parler avec un autre être humain. Un léger sourire en coin se dessina sur son visage tandis que son oeil gris-bleu accrochait le regard vert aux nuances argentées de l'inconnu. Tiens, lui aussi avait cette fameuse couleur grise dans les iris... C'est peut-être pour ça qu'elle ne réitéra pas cet épisode de torturer quelqu'un juste parce qu'il s'installait à sa table, qui sait. D'un coup de pied et sans rien dire, elle décala la chaise pour lui permettre de s'asseoir et croisa ses jambes sous son propre siège. Amalia rompit le contact visuel et but rapidement son verre d'eau, d'une traite.
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Lun 30 Oct - 15:41
Spoiler:
Merciiii  C’est gentil

Elle poussa la chaise du garçon d’un coup de pied nonchalant. C’était donc un oui. Dans la tête d’Aeden, c’était la victoire. Il était parvenu à parler à quelqu’un sans s’embrouiller dans ses mots, sans rougir, tout ça avec un air plutôt dégagé. Il se trouvait aussitôt stupide d’être si fier de lui. Parler aux gens, ce n’était pas censé être si compliqué. Mais plus important, son œil dégagé l’avait fixé avec intensité l’espace d’un instant. Ce contact bien que bref lui avait permis de sentir un petit quelque chose. Cette force à nouveau. Une force destructrice mais élégante. Aeden ne parvenait à mettre la main sur ce que cette sensation lui indiquait. Cela l’intriguait et il se sentait dévorer par la curiosité. Cela ne dura pas longtemps pourtant. La jeune fille était bu son verre d’eau. Lui en profita pour s’asseoir. Il regarda son plateau peu appétissant et s’en désintéressa aussitôt.

Autour de lui, les jeunes s’asseyaient, certains en groupe d’autres seuls. Si le silence n’était pas présent, il y avait quelque chose de lourd dans cette salle. Pas de rires ou de jeunes qui se disputent. Pas de voix qui parlent fort. Les jeunes semblaient perdus dans leurs pensées ou dans leur assiette. Aeden n’aimait pas vraiment venir manger ici. Pourtant, par le passer, il avait toujours eu grand appétit. Il pouvait manger pour dix quand il s’y mettait. La nourriture compensait quelque chose chez lui. Un vide. Mais ici, mangé n’avait pas le moindre intérêt. Il tourna son regard vers la jeune fille, pas si jeune que ça non plus d’ailleurs. Plus vieille que lui en tout cas. Il devait trouver un truc à dire. Son prénom peut être ? C’était plutôt un bon moyen de commencer une conversation. Un des seuls qu’Aeden n’ait jamais connu de toute façon. Il croisa les pieds sous sa chaise, appuyé sur ses orteils, talon légèrement surélevé. Il se lança finalement :

- Moi c’est Aeden. Et toi ?


Il ignora la petite voix dans sa tête qui se moqua de sa façon d’aborder les gens. Pathétique ? Il ne parvenait pas vraiment à savoir s’il faisait les choses correctement ou pas. Lui avait toujours l’impression de ne dire que des choses sans intérêt. Il lui lança un sourire, son regard perdu dans le bleu de l’œil de la jeune fille. Il décida de se reconcentrer sur son assiette histoire de ne pas paraitre trop insistant ou quoi que ce soit. Il attrapa sa fourchette et chipota dans son assiette, tentant de dessiner un chat dans sa purée. Plutôt raté. On aurait dit un mélange entre renard et un hippopotame. Enfin quand on avait un peu d’imagination. Voir beaucoup.




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Dim 5 Nov - 14:49
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Aeden
Comme un insecte se brûle au soleil, irrémédiablement attiré
Qu'elle accepte était presque un exploit et le brun semblait s'en rendre compte. Ou était-il simplement fier de lui, car Amalia avait vu que parler à quelqu'un lui était une épreuve insurmontable? Les deux retombèrent dans le mutisme tandis qu'ils se jaugeaient l'un et l'autre, chacun se perdant dans le regard différent mais aux nuances semblables de celui qui leur faisait face.Des instants qui paraissaient durer une éternité jusqu'à ce qu'elle baisse son oeil, non pas une signe de défaite, simplement pour humidifier ses lèvres et sa gorge qui commençaient à se dessécher, même sans prononcer un mot. L'inconnu s'assit donc, avant qu'elle ne change d'avis et le silence pesant continua à s'installer. Il tranchait même avec l'ambiance dans la cantine car, même si l'air était chargé d'un sens presque fataliste, les bruits de fourchette et de faibles bavardages résonnaient dans la vaste salle et rebondissaient sur les murs aussi immaculés que le reste du bâtiment commun.

Amalia n'avait jamais été douée pour commencer une conversation et, de toute façon, son mépris pour les autres faisait qu'elle n'y avait pas grand intérêt. De son point de vue, ce n'était pas à elle de prononcer le premier mot, après tout c'est lui qui était venu la voir en troublant sa tranquillité et en faisant disparaître sa solitude, au moins momentanément. D'ailleurs, c'était une bonne question,
pourquoi était-il venu la voir? Est-ce qu'elle paraissait si fragile? Si elle en croyait le regard des autres, l'absence de compagnie lui sied plutôt bien et tout le monde s'en accommodait, elle aussi, personne n'était suffisamment intéressant pour qu'elle en soit réellement proche, et ce plus que pour les deux minutes dans lesquelles elle se faisait un avis sur tous. Tout ce qu'elle pouvait dire pour l'instant, c'était que celui en face d'elle ne lui inspirait pas d'hostilité, mais elle ne le connaissait pas assez pour savoir si elle le mépriserait ou le trouverait sympathique. La neutralité était donc de mise, peut-être que cela allait changer ou non, personne n'en savait rien, y compris la demoiselle.

-Moi c’est Aeden. Et toi ?

Amalia releva la tête de son plateau. Classique certes, mais au moins il ne prenait pas de risques avec le phénomène qui lui faisait face,
ce qui ne pouvait pas être mauvais pour lui. Sa question avait été ponctuée d'un sourire franc, tellement rares dans cet Institut, tandis qu'il contemplait à nouveau l'oeil bleu glacier de l'italienne. C'est lui qui céda le premier, reportant son attention sur son assiette et jouant avec la purée qui constituait la sienne. Elle plissa légèrement les yeux, elle reconnaissait une forme animale au dessin alimentaire d'Aeden mais ne savait pas à quelle bête elle correspondait. Un petit, sans aucun doute, type félin ou canidé très fin, donc soit un chat au museau un peu long ou un renard.

-Enchantée, je suis Amalia.

Sans user davantage de ses cordes vocales, elle piqua nonchalamment dans son blanc de poulet en porta un morceau à ses lèvres rouge sang, soupirant intérieurement face à l'absence de saveur des aliments qu'ils servaient depuis toujours dans cet établissement au but faussement humanitaire. En réfléchissant, elle avait eu beau se moquer légèrement de la panique d'Aeden, elle non plus n'était pa habituée à l'exercice, certainement pas pour les mêmes raisons mais le résultat était similaire. En regardant une nouvelle foisle visage presque blafard du jeune homme, il lui rappelait en effet quelque chose, outre leur légère ressemblance physique.

-Tu es un patient A, non? Suis-je bête, c'est écrit sur ton matricule.

Alors même qu'elle posait la question, elle avait remarqué la stupidité de ses mots. En effet, comme tout le monde ici, leur numéro était inscrit sur leurs vêtements, comme s'ils étaient des bêtes parquées dans un enclos disposant d'un toit et aux barrières plus solides que le bois. Elle qui refusait de passer pour quelqu'un de stupide, c'était probablement un échec. Une légère moue agacée s'installa sur ses traits, disparaissant aussi vite q'elle était venue.
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Jeu 9 Nov - 22:29
La réponse de la jeune fille rassura Aeden. Parfois, il ne savait pas pourquoi, mais il avait peur qu’on décide de ne pas lui répondre. Ou de répondre par quelque chose d’inapproprié. Qu’il découvre que ce qu’il pensait avoir dit n’était pas ce qu’il avait dit. Il était sûr que son cerveau pouvait louper l’information. Cela n’arrivait jamais bien sûr. Mais ça ne l’empêchait pas d’avoir peur. Il avait peur de beaucoup de choses stupides quand il y pensait. Mais savoir qu’il s’agissait de choses stupides ne diminuait pas sa terreur. C’était presque le contraire. Il lança un regard autour de lui, à tous ces gens qu’ils ne connaissaient pas. Il ne connaitrait probablement jamais la plupart d’entre eux d’ailleurs.

Amalia continuait de manger, et Aeden décida de s’y mettre. Il faudrait bien qu’il finisse son assiette de toute façon. Il massacra son dessin en y enfonçant sa cuillère avec peu d’enthousiasme et la porta à sa bouche. La purée n’était pas ce qu’il y avait de mieux pour lutter contre sa gorge sèche. Il se retient de porter son verre à la bouche, conscient qu’il devait éviter de trop boire s’il voulait tout engloutir. D’autant plus qu’il en avait marre de faire des allers-retours sans cesse pour aller chercher de l’eau. Il sentit le regard de la jeune fille sur lui mais garda les yeux planté dans sa purée, avalant 2 cuillerée de plus. Il n’avait pas trop envie de la regarder, conscient que c’était parfois en regardant l’autre, qu’on se retrouvait obliger de parler. C’était peut-être lui qui était venu s’assoir ici, mais il devait bien l’avouer, il ne savait pas trop quoi dire.

« -Tu es un patient A, non? Suis-je bête, c'est écrit sur ton matricule. »

Aeden risqua un regard. Il était en même temps étonné et rassuré. Vu la force qui se dégageait d’elle, il aurait cru qu’elle était douée pour la conversation. Mais elle avait peut-être un peu de mal comme lui. Il sourit intérieurement. Il était bête. Elle mangeait toujours toute seule, et elle avait une aura qui la rendait impressionnante. Souvent, la différence avait un effet révulsif sur les gens. D’ailleurs, Aeden comprit que s’était surement ce qui poussait le garçon à vouloir être le plus normal possible. Il voulait être aimé de tout le monde. Le problème, c’est qu’à force de s’empêcher d’être lui, il n’arrivait plus à plaire. Il n’arrivait plus à rien. Il avala une autre cuillère, avant de lui répondre :

« - Ou alors je leur ai piqué un uniforme. »

Il ponctua sa phrase d’un clin d’œil et d’un sourire. Les gens aimaient en général l’humour. Il continua :

« - Mais maintenant que je t’ai révélé que j’étais un espion, je vais devoir t’éliminer. »

Il laissa sa cuillère dans son assiette et croisa ses doigts, gardant ses index relevé, mimant un revolver qu’il amena près de son épaule. Il ne devait pas paraitre bien crédible.




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B100
Ven 10 Nov - 9:24
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Aeden
Comme un insecte se brûle au soleil, irrémédiablement attiré
Ah, les convenances... Pour l'instant, cette rencontre ne lui inspirait aucun sentiment positif mais aucun rejet non plus, ce qui était, là aussi,presque un exploit. Mais Aeden semblait satisfait de sa réponse aux airs légèrement mécaniques. Il observa autour de lui rapidement, son regard s'attardant sur les autres patients. Un accès de paranoïa ou simplement de peur? Amalia ne savait pas comment interpréter ce geste et décida de s'en rappeler pour plus tard, éventuellement. Avec aussi peu d'entrain qu'elle, le jeune homme plongea sa fourchette dans sa purée aux allures très fades et sèches, limite avec une grimace se peignant sur son visage. Oui, les repas ici laissaient clairement à désirer.

Avant de poser sa question n'ayant aucun intérêt, Amalia haussa légèrement un sourcil. Il tenait absolument à socialiser mais ne savait pas comment engager une conversation? Paradoxal, mais terriblement classique. Et peut-être même hypocrite, au moins elle, assumait de ne pas savoir parler avec les autres et se complaisait dans sa solitude. Cela s'entendait d'ailleurs dans sa voix, froide et presque cassante. Le brun en parut d'ailleurs étonné, pourtant c'était plus que logique : elle avait une apparence à faire peur et en jouait allègrement, en plus de sa capacité violente, ce qui entraînait forcément un vide au niveau de ses relations à l'Institut. Mais elle ne cherchait pas à résorber ses différences, contrairement à beaucoup. Et Aeden faisait sûrement partie de cette majorité, ce qui pouvait expliquer le regard qu'il avait lancé au reste de la foule de patients. C'est dommage, selon elle, les différences faisaient tout l'intérêt d'une personne mais, aujourd'hui, tout le monde se ressemblait tristement. Un monde vide de saveur, voilà à quoi lui faisait penser l'île.

- Ou alors je leur ai piqué un uniforme. Mais maintenant que je t’ai révélé que j’étais un espion, je vais devoir t’éliminer.

Le clin d'oeil et le sourire du jeune homme étaient communicatifs, étonnamment même pour Amalia, dont les lèvres s'étirèrent légèrement. Et même un peu plus quand il mima une arme à feu. Dans un air de secret, elle posa ses couverts, croisa les bras et se pencha un peu en avant.

-Et qu'est-ce qui te dit que je ne suis pas un médecin ou un vigile sous un uniforme de patient pour vous surveiller? Ou une mafieuse venue pour trouver de nouvelles "armes".

Les bras toujours croisés et un masque ironique étant disposé sur ses traits, l'italienne se recula avec un sourire en coin. Elle avait mimé les guillements avec ses doigts, pour être sûre qu'il comprenne ce qu'elle voulait dire. A savoir que, par "armes", elle entendait "des capacités intéressantes à utiliser pour manipuler ou blesser". Dans ces milieux, chacun cherchait à faire profiter son organisation au maximum, que ce soit par des moyens classiques ou plus étranges, par exemple en "recrutant" des patients de l'Institut. Ce n'était qu'une vision fantasmée, mais c'était peut-être possible quand ils sortaient d'ici, à 18 ans.

-Mais dans tous les cas, il vaudrait mieux qu'on soit alliés, monsieur l'espion.

En temps normal, Amalia aurait haussé un sourcil d'un air méprisant et, glaciale, elle aurait cassé le jeu que son interlocuteur mettait en place. Mais, aujourd'hui, peut-être par fatigue ou pour lui donner un peu d'animation, elle avait décidé de se créer un personnage un peu plus avenant. Si ce rôle l'énervait trop, elle pourrait toujours continuer à le jouer pour se servir d'Aeden, dans le pire des cas.
Et malheureusement pour lui le plus probable, mais du moins pas tout de suite.
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Sam 11 Nov - 17:49

Amelia eut un petit sourire. Elle n’avait pas l’air du genre très démonstrative donc Aeden se sentit fier de lui. Enfin, dans la mesure où il n’était pas très doué là-dedans en général. Par là-dedans, il voulait dire dans les interactions sociales non malaisante. Elle prit ensuite un air mystérieux et se pencha vers lui. Elle semblait entrer dans le jeu. Cela rassura le garçon, qui avait eu peur comme toujours de faire un bide. Il décroisa les doigts, et l’écouta avec attention, prenant un air de conspirateur :

« -Et qu'est-ce qui te dit que je ne suis pas un médecin ou un vigile sous un uniforme de patient pour vous surveiller? Ou une mafieuse venue pour trouver de nouvelles "armes". »

Elle se recula ensuite, un sourire fixé sur les lèvres. De nouvelles armes ? Dans l’institut. Aeden avait du mal à saisir cette partie de la phrase. Cela sortait juste de l’imaginaire de la jeune fille. Et pourquoi ces guillemets ? Est-ce qu’elle pensait que les médecins créaient des armes ? Il fronça les sourcils un instant, essayant de comprendre le sens de cette partie de la phrase. Il avait très vite compris que si l’institut promettait de soigner ces patients, ils semblaient plus intéressés par leurs fonctionnements. Mais il ne faisait pas le lien avec les « armes ».

« -Mais dans tous les cas, il vaudrait mieux qu'on soit alliés, monsieur l'espion. »

Il hésita sur ce qu’il devait faire. Continuer à rentrer dans ce petit jeu ou essayer de comprendre. Il se mordilla le bout de la langue nerveusement. Décida d’opter pour la première option. Après tout, il aurait toujours l’occasion de poser ces questions après. Enfin, il espérait. Surtout que si ça se trouvait, elle faisait juste comme lui. Après tout, qu’est-ce qu’un espion ferrait dans l’Institut. Elle disait juste ça comme ça, et une nouvelle fois il essayait d’interpréter des choses qui n’avaient pas lieux d’être interprété. Son imagination comme toujours lui jouait certainement des tours, il ne laisserait pas son cerveau se mêler de quoi que ce soit cette fois ci. Il s’enfonça dans son siège, lançant un sourire sûr de lui à son interlocutrice et lui fit, l’air sûr de lui :

« - Ca pourrait être envisageable mademoiselle la trafiquante. Mais comment savoir si je peux avoir confiance ? Vous pourriez me doublez...

Il se redressa sur sa chaise, attrapa son verre d’eau négligemment et en bu une gorgée. Il avait soif comme toujours. Il planta ses deux yeux verts dans ceux glacés de la jeune fille. Elle se débrouillait mieux que lui finalement en interaction sociale. Alors, pourquoi était-elle toute seule ? Il ne comprenait décidemment pas. Elle n’aimait peut-être pas la compagnie ? Mais pourquoi entretenir leur conversation dans le cas ? Cela n’avait aucun sens. L’institut continuait à n’avoir aucun sens pour lui. Mais surtout, il continuait à nier en bloc ce que son instinct tentait de lui faire comprendre.




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Dim 12 Nov - 21:30
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Aeden
Comme un insecte se brûle au soleil, irrémédiablement attiré
Un rire intérieur la fit légèrement tressauter. Il était tellement aisé de perturber ses interlocuteurs! Et, encore une fois elle avait réussi, Amalia en était plutôt fière. De cette manière, il était impossible de deviner ses pensées ni de prédire ce qu'elle allait dire ou faire. Ce qui ne la rendait que plus dangereuse encore. En outre, Aeden semblait réellement perdu, alors que c'était lui qui avait commencé ce jeu de rôles et elle n'avait fait que suivre, voir où il la mènerait et à quel point il s'impliquerait. Elle en était presque déçue, son hésitation la frustrant. Pour une fois qu'elle était d'humeur joueuse, et le tout sans pulsion malsaine! Elle quitta son rôle quelques instants, affichant une moue légèrement boudeuse. Allait-il vraiment la laisser seule dans ce jeu? Si c'était le cas, elle se jura de le claquer avant de partir de cette cantine où l'air étouffait parmi les bruits de couverts et les murmures.

Mais en fait, pourquoi était-il hésitant, perdu et perdant, à son propre jeu? Quand on crée une situation, on est censé être capable d'en garder le contrôle. Le jeune homme baissa de quelques points dans l'estime d'Amalia. Et il avait peu de solutions pour remonter,
à part ne pas se plaindre de sa pathologie voire même en profiter, ne pas vouloir détruire l'Institut ou reprendre le contrôle qu'il venait de perdre. Après, c'était au profit de l'italienne donc foncièrement ce n'était pas mauvais mais lutter pour avoir diriger le dialogue aurait été plus intéressant. Détestable mais intéressant. Peut-être était-elle trop exigeante et paradoxale. C'était même fort probable. Un sourire en coin moqueur étira les lèvres de la brune. C'était mignon, Aeden essayait de cacher son incompréhension derrière un air suffisant et sûr de lui... Toujours une lueur joueuse dans les yeux, elle l'observa se donner contenance en buvant nonchalamment son verre d'une traite. Son regard fut agrippé par les yeux émeraude du jeune homme, s'il avait un masque d'impassibilité et de confiance, ses iris indiquaient qu'il était un peu perdu, ne semblant pas comprendre le fonctionnement de son interlocutrice.

-Ca pourrait être envisageable mademoiselle la trafiquante. Mais comment savoir si je peux avoir confiance ? Vous pourriez me doublez...


Installée le plus confortablement possible contre le dossier en bois de la chaise, bras et jambes croisés, Amalia eut un grand sourire... indéchiffrable. A la fois joueur, moqueur et carnassier, on ne savait pas trop quoi en penser. A part que, même dans un jeu, cela n'augurait rien de très positif. Mais peut-être était-ce seulement le rôle de mafieuse qu'elle endossait à merveille. Elle avait eu l'occasion, positive ou non, de côtoyer brièvement ce milieu et en avait profité pour analyser l'attitude des gens, pour se préparer à tous les coups possibles et, de manière plus offensive, se servir elle-même de cette aura dangereuse.

-Ah mais c'est le risque du métier, aucune garantie n'est possible! Mais je peux en dire autant de vous, comment savoir si vous n'êtes pas mon ennemi?

Elle laissa planer une menace sous-jacente dans le silence suivant sa question, qui était évidemment dans le jeu de rôle mais pouvait aussi s'appliquer à la réalité : souhait-il la destruction de l'Institut ou non? Ou alors était-il réellement un sous-fifre à la botte des médecins? Pour lui et sa sécurité, il valait mieux qu'il n'en soit rien. Et Amalia ne manquerait pas d'analyser sa réponse dans le double-sens, la fiction et la réalité. Son regard s'était fait légèrement plus dur, comme pour annoncer à Aeden qu'il devait choisir ses mots avec un soin tout particulier, ils seront primordiaux pour la suite de leur discussion.
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Lun 13 Nov - 13:32

Amélia, elle, n’était clairement pas déstabilisé. Elle le regarda avec un grand sourire sur les lèvres. Elle semblait sans mal se complaire dans son rôle de trafiquante. Elle jouait son rôle à merveille. Aeden lui avait un peu plus de mal. Il n’était pas un gars pleins d’assurance, ni quelqu’un qui était habile pour cacher ses émotions. Enfin, à part dans le cas où elle pouvait être nocives pour les gens qu’ils aimaient. Bref, il n’avait pas grand-chose d’un espion.

-Ah mais c'est le risque du métier, aucune garantie n'est possible! Mais je peux en dire autant de vous, comment savoir si vous n'êtes pas mon ennemi?

Aeden eut un sourire. Elle avait raison. Mais dans ce genre de cas, parler ne servait à rien. Parce qu’il n’était pas possible de prouver qu’on mérite la confiance qu’on nous accorde. Pas dans l’immédiat en tout cas. Et même en étant persuadé de ne pas être ennemi, on pouvait facilement le devenir si l’évènement qui se produisait le nécessitait. Le sérieux de la jeune fille était impressionnant. Elle le regardait avec insistance, comme si la réponse avait une réelle importance. Il n’aurait su dire si elle continuait de jouer à la perfection ou si elle se prenait trop au jeu. Il planta ses yeux verts dans les siens, et parla, choisissant ces mots avec soin :

- Je n’ai d’ennemis que ceux qui s’en donnent le nom. Lorsqu’on a des objectifs qui ne s’opposent pas, même s’ils sont différents, on n’a pas de raison de s’opposer non plus.


Il ne s’agissait ici pas d’avoir les mêmes idées, les mêmes espoirs. Rien n’était noir ou blanc. Il y avait quelque chose entre les deux, qui permettaient à la plupart des gens de trouver un terrain d’entente. Qui permettait de créer une zone un peu plus confortable dans laquelle se mouvoir. Qui demandait parfois des concessions mais qui valait la peine d’être suivi. Ici, dans ce cas-ci, il n’avait rien précisé. Il avait dit « espion », sans que cela veuille dire grand-chose. Espion pour quoi ? Espion pour quoi ? Il n’avait pas vraiment choisi de camp. Elle non plus d’ailleurs. Elle lui avait fait plusieurs propositions dans vraiment lui dire laquelle la représentait plus. Aeden ajouta avec un clin d’oeil :

– Et puis, c’est pas si mal d’avoir un œil sur ces ennemis.

Après tout, on disait bien « Garder vos amis près de vous, et vos ennemis encore plus proche. ». Dans les films d’action, c’était un grand classique. Le faux ami qui ôtait son masque à la dernière minute et le scénario qui évoluait vers une dimension différente. Parce que « amis », « ennemis », ça ne voulait pas dire grand-chose. Les gens changeait, leurs relations ne cessaient d’évoluer avec eux. D’ailleurs, si Aeden avait dû mal avec les interactions sociales c’était clairement en partie à cause de ça. On ne savait jamais ce qui risquait de nous tomber dessus quand on parlait avec quelqu’un.




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Lun 13 Nov - 19:47
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Aeden
Comme un insecte se brûle au soleil, irrémédiablement attiré
Aeden semblait peu à peu moins à son aise, sous le regard implacable de sa sombre interlocutrice. Il sourit néanmoins à sa remarque. Comment gagner la confiance de l'autre? C'était une bonne question, à laquelle même Amalia ne savait pas répondre car elle le faisait instinctivement, quand elle en avait envie. Par contre, la sienne était très difficile à obtenir, voire impossible à avoir. Elle en avait souffert par le passé, depuis c'était une manière de se protéger et cela faisait partie d'elle, c'était devenu une attitude naturelle, tout simplement. Même si l'on disait être son ami, elle savait que cela pouvait très facilement basculer dans l'opposé, à cause d'un mot prononcé plus haut que l'autre ou d'un réel coup bas. Amalia ne supportait plus les trahisons et celui qui devenait son ennemi par ce biais allait forcément souffrir pendant très longtemps, au sens illusoire du terme grâce à sa pathologie, et parce qu'elle le poursuivrait sans relâche. Ah, le cliché de la rancune chez les Italiens n'était peut-être pas si faux...

Cependant, Aeden avait l'air d'avoir compris l'importance de cette question pour la jeune femme et pesait le poids de ses mots avec un soin tout particulier. Il regagnait quelques points dans son esprit. Ils ne se quittèrent pas des yeux, comme deux vrais espions se jaugeant mutuellement. Si le gris de leurs yeux se mélangeait, le vert et le bleu, le rouge étant caché, s'affrontaient presque.

-Je n’ai d’ennemis que ceux qui s’en donnent le nom. Lorsqu’on a des objectifs qui ne s’opposent pas, même s’ils sont différents, on n’a pas de raison de s’opposer non plus.

Réponse extrêmement pacifique, mais pas négative pour autant. Appliquée à leur réalité, il n'était pas contre l'Institut, pas forcément pour non plus. Il avait un peu la position de celui qui subit sa vie, ce qui était dommage, mais au moins ils ne seraient pas en conflit. Peut-être même qu'elle arriverait à le rallier à elle, à le faire apprécier l'île à sa juste valeur. Mais cela dépendrait de sa pathologie. Sachant qu'il était patient A, soit la catégorie de ceux ayant des capacités mentales bien plus élevées que la moyenne. Elle devait en savoir plus, sans trop se dévoiler elle-même. Toujours une histoire de protection et de réputation. Objectif de cette discussion : connaître la pathologie du jeune homme. Peut-être que cela avait un lien avec les relations sociales? Si c'était le cas, c'était plutôt en étant mal à l'aise face aux liens à tisser et elle aurait du mal à le convaincre de son point de vue. Elle retint une moue mi-agacée, mi-ennuyée et répondit par un léger sourire, toujours légèrement ironique, répondant au clin d'oeil d'Aeden.

-Et puis, c’est pas si mal d’avoir un œil sur ces ennemis.

Amalia était totalement d'accord avec cette idée, pour avoir vécu la déception de ne pas l'avoir suivie. La considérait-il donc comme une ennemie? Elle plissa légèrement les yeux et, pour se donner contenance, avala rapidement un morceau du poulet beaucoup trop sec qui lui était servi. Elle se cala de nouveau contre son siège et plongea son oeil unique dans le regard émeraude d'Aeden, comme pour le sonder. Non, il ne semblait pas malveillant à son égard, juste méfiant, comme elle-même l'était vis-à-vis du reste du monde. Mais, en même temps, il n'était pas froid dans son attitude et c'est ça qu'elle ne comprenait pas, il n'y avait pas, du côté du brun, la distance qu'elle mettait habituellement dans ses échanges. Donc ami, neutre ou ennemi? Elle ne savait pas trop quoi en penser. Néanmoins, elle ne laissa rien paraître de son interrogation, gardant en tête son objectif d'en apprendre plus sur lui, avant de catégoriser le jeune homme. Avec un sourire, elle posa son menton au creux de sa main, le coude sur la table.

-Peut-être avons-nous un ennemi commun?

Là encore, c'était un double-sens, à la fois le jeu et la réalité, moins amusante, qui était celle de l'Institut. Elle voulait pouvoir mettre une étiquette précise sur leur dialogue. Et ce n'était possible qu'en connaissant son opinion précise sur le lieu et les gens qu'il accueillait, et sa pathologie. C'était l'élément essentiel qu'il lui manquait, mais comment introduire la question sans paraître intrusive et même louche? Car si c'était l'image qu'il finissait par avoir d'elle, il lui serait très difficile de se rattraper et réussir à en faire un allié. Par contre, cela sous-entendait qu'il lui serait impossible de satisfaire sa curiosité sur lui. Après tout, elle n'avait aucun intérêt à le faire vu qu'Aeden était patient A, il n'avait pas de résistance ou affinité particulière à la douleur. Donc pourquoi pas avoir un lien plutôt positif avec lui, n'allant pas jusqu'à l'amitié car Amalia était incapable de redonner ne serait-ce qu'une once de confiance à autrui.
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Mer 15 Nov - 17:19
Amalia mangea un morceau de poulet, ce qui rappela à Aeden l’existence de son propre plat. Avec un sourire, elle fit au garçon :

-Peut-être avons-nous un ennemi commun?

Il avala quelques bouchées de sa nourriture qui vacillait désormais entre le tiède et le froid. Aeden n’était pas quelqu’un de naturellement vindicatif et toutes ses phrases parlant d’ennemis commençait à le fatigué. Il sentait bien que leurs petits jeux d’acteurs s’essoufflaient pour se diriger vers autre chose. Il devait soit cesser maintenant, soit trouver quelque chose pour relancer la conversation. Il ne parvenait cependant pas à trouver comment il pouvait faire dériver la conversation vers autre chose sans qu’Amalia ne le prenne mal. Il ne voulait pas qu’elle ne garde de leur première conversation que ça. C’était souvent ce qui arrivait, les gens avaient tendance à remarquer plus facilement le négatif et laisser le positif un peu sur le côté.

Cela était arrivé plusieurs fois au garçon et il en gardait un souvenir indélébile. Il se rappelait d’un incident qui lui était arrivé lors d’un camp de vacances. Il avait dit, en toute sincérité qu’il trouvait ça bizarre, un violon, après un petit concert improvisé d’une camarade. En effet, c’était vraiment petit par rapport à la guitare, et il était vraiment étonné de la façon dont ça fonctionnait. Le bizarre n’était pas le mot adéquat mais c’est le premier qui lui était passé par la tête, et à l’époque, il disait souvent les choses avant même d’avoir eu le temps d’y penser. Sa phrase avait fait le tour du camp et il avait eu de sérieux ennuis avec le groupe d’amis de la demoiselle. Tout le monde pensait qu’il s’était moqué d’elle, qu’il avait été méchant.

Il apprenait de ces erreurs. Il avait cessé de parler avant de penser, et il se méfiait de ce qu’il disait. L’incompréhension naissait vite de ce qu’on pouvait dire. L’interprétation faisait parfois des dégâts. Alors, il évitait de croire en ce qu’il interprétait. Peut-être que s’il n’avait pas été si peu en accord avec son instinct, le garçon aurait compris qu’il se passait quelque chose à l’Institut.

Il avala encore une bouchée, pensif, et manqua de s’étrangler avec un morceau de cartilage de poulet. Il avala une grande gorgée d’eau, son verre était presque vide. Mais il avait son idée. Il remercia mentalement son poulet avant de poser son regard sur la jeune fille. Il lui fit, avec une note d’humour dans la voix :

- Je pense bien oui… la personne qui essaye de nous assassiner tous les jours à la cantine mériterais bien ce titre d’ennemi commun.

Il étira ses jambes sous la table qui commençait à désapprouver la position assise. Rien de mieux qu’une blague pour remettre la conversation sur les bons rails. Ca rendait les choses plus légères. Cela faisait partie des techniques de conversation qu’il avait apprise pour essayer de s’en sortir lorsqu’il discutait avec des gens.





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Ven 17 Nov - 10:01
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Aeden
Comme un insecte se brûle au soleil, irrémédiablement attiré
Amalia était de plus en plus à l'aise, se confortant dans son rôle, et c'en était presque inquiétant de la voir se complaire dans ce jeu. Pour se donner une contenance, comme en imitant la jeune femme, Aeden piqua dans son assiette et avala une bouchée sans grand enthousiasme. Elle comprenait parfaitement ce manque d'envie, la nourriture n'était certes pas immonde mais elle restait très loin d'être bonne. Tout simplement passable, à peine comestible. Le jeune homme semblait perdu dans ses pensées, son cerveau carburant à toute allure pour trouver quoi dire ou comment changer de sujet. Vraiment mal à l'aise avec son propre jeu donc, dommage. Et puis, il hésitait trop longtemps. Ce n'était pourtant pas bien compliqué, à moins qu'il ait effectivement un problème avec les relations sociales et les discussions. Qu'on change de ton arrangerait Amalia, elle devait absolument en apprendre plus sur sa pathologie, son avis sur l'Institut viendrait plus tard. Toujours aussi éloigné mentalement, il porta de nouveau de la nourriture à sa bouche avant de presque s'étouffer avec la viande et vider son verre d'eau d'un trait. Un léger sourire moqueur apparut sur les lèvres de l'italienne.

-Je pense bien oui… la personne qui essaye de nous assassiner tous les jours à la cantine mériterait bien ce titre d’ennemi commun.

Donc aucune velléité particulière contre l'Institut, mais aucune envie d'en profiter non plus. C'était trop neutre pour être honnête, trop neutre pour être intéressant. Moins deux points. Sans échelle ça ne voulait rien dire, certes, mais l'idée était là. A part ça, beau moyen de détourner la conversation sans que la personne en face ne paraisse obstinée. Elle accepta de suivre la direction d'Aeden et son sourire s'élargit, ce qui pouvait presque correspondre à un rire.

-Je suis bien d'accord, comment peut-on être incapable de cuisiner à ce point? Même faire cuire des pâtes correctement est une épreuve dans leur cantine!

Ce qui était un motif de révolte largement suffisant aux yeux d'Amalia, pour qui la nourriture, et en particulier  les pâtes (cliché), était sacrée. Tout en avalant une fourchette de légumes, elle plia sa sa jambe sur sa chaise afin de s'asseoir dessus, se rehaussant légèrement. C'était vraiment à moitié cuit, à moitié cru, désolant... Elle toussota pour s'éclaircir rapidement la gorge et termina son verre avant de se resservir, ainsi qu'Aeden. Elle devait passer à l'attaque maintenant si elle voulait en savoir plus, après il serait trop tard. Et tant pis si elle était directe, elle n'avait pas le temps de réfléchir à une meilleure question :

-Pourquoi es-tu dans les patients A?


Même pas d'excuses pour  ne pas avoir mis les formes, si ça ne lui convenait pas il n'avait qu'à ne pas répondre, mais pas sûr qu'il s'en sorte dans un très bon état s'il faisait cela. Elle en revenait à son opinion de départ, ni assez bonne pour "sympathiser" avec lui, ni assez mauvaise pour en faire un sujet d'expérience. Elle qui détestait perdre son temps, elle était pour le moment inconfortablement servie. Pour une fois qu'il y avait un évènement sortant de la routine, il fallait qu'il ne soit pas si intéressant qu'il aurait dû, quelle tristesse pour Amalia... Elle soupira intérieurement et fit un léger sourire en direction d'Aeden, fixant son oeil bleu dans son regard vert, comme pour l'encourager à lui répondre.
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Ven 17 Nov - 14:35
Elle eut un sourire. Gagné. Il commençait à prendre petit à petit un peu d’assurance. Finalement, ça ne finissait pas si mal quand il ouvrait sa bouche. Il devait essayer d’avoir plus confiance en ce qu’il pouvait raconter.

-Je suis bien d'accord, comment peut-on être incapable de cuisiner à ce point? Même faire cuire des pâtes correctement est une
épreuve dans leur cantine!


Elle avala quelques légumes, et Aeden en fit de même, conscient que le plat serait encore plus mauvais s’il continuait de le laisser refroidir. La nourriture de sa mère lui manquait. De temps en temps, elle amenait du gâteau lors des après-midi de visite. Il y avait les livres aussi. Il adorait qu’elle lui apporte des livres. Une partie d’entre eux lui était confisqué aussitôt après, mais il pouvait en garder certains. Souvent, il les dévorait en une soirée. Un léger sourire étira ses lèvres tandis qu’il rêvassait.

-Pourquoi es-tu dans les patients A?

Au moins, ça avait le mérite d’être direct. Et cela tira aussitôt le garçon de ses pensées. Il aimait qu’elle soit direct comme ça, parce qu’il espérait que lorsqu’il ferait l’erreur de l’être aussi, il serait peut-être plus facilement pardonnée. Par contre sa question l’embêtait un peu, ça lui ruinait le peu de confiance qu’il commençait à avoir. Avec B11, ça avait été facile d’éviter la réponse, parce que sa question était différente. Ici, il n’avait pas l’impression d’avoir le choix sur la réponse. Il n’était pas patient A à cause de sa dépression mais bien à cause de son soit disant « haut potentiel ». Sauf qu’il ne se considérait pas comme tel. Et qu’il se sentait ridiculement stupide.
C’était quelque chose qu’il aurait évité s’il n’avait pas voulu faire plaisir à sa famille en acceptant de rejoindre l’Institut. S’il avait essayé de reprendre une vie normale, il n’aurait jamais eu rien à dire sur le sujet. Il aurait pu nier en bloc et continuer sa vie comme si de rien n’était. Continuer à se planter à l’école, continuer de faire semblant qu’il avait des amis. C’était facile de faire semblant de vivre. C’était plus dur de vivre vraiment. Il lui répondit, quelques secondes de réflexion plus tard :

- Je suis « surdoué ».  


Il avait ponctué son surdoué de guillemets et avait les yeux plongés dans son assiette. Il savait que la chaleur lui montait aux joues, il se sentait honteux. C’est sûr qu’il ne devait pas paraître très intelligent. Après, il avait lu que les surdoués avait juste un mode de penser différent. Alors était ce son cas ? Il n’avait pas l’impression de penser différemment de quiconque. Il pensait plutôt être comme tout le monde. Enfin, à peu près. Il s’en voulait de ne pas s’être renseigner plus avant d’arriver à l’Institut, il aurait aimé en savoir plus sur le sujet, mais c’était totalement impossible.  Il demanda aussitôt après lui avoir dit, comme pour balayer ses paroles :  

- Et toi ? Qu’est ce qui fait de toi une patiente B ?


Il passa sa main dans ses cheveux, comme pour se donner une contenance et se força à la regarder dans les yeux.




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Ven 17 Nov - 15:20
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Aeden
Comme un insecte se brûle au soleil, irrémédiablement attiré
Amalia sourit intérieurement, il semblait de plus en plus s'ouvrir. Ce ne pouvait être qu'une bonne chose pour son objectif, à savoir en apprendre plus sur lui. Le hic, c'est que s'il prenait un peu trop d'assurance, il lui poserait aussi des questions et, cela dépendait certes, elle n'aimait pas trop en dévoiler sur sa personne. Aeden l'imita à nouveau, ce qui était logique car chaud, la nourriture était déjà assez mauvaise, pas besoin de la laisser refroidir. A moins de vouloir une intoxication alimentaire. Mais personne ne le souhaitait ici, car cela était synonyme de passage sur les tables de soins et sous les mains des médecins, parfois plus sadiques qu'ils ne le devraient. Pour ne pas dire toujours, sauf quand ils avaient peur de leur patient, comme celui de la brune.

Tout en mâchant lentement, elle l'observa une nouvelle fois à la dérobée. Son regard était encore une fois devenu vague, comme perdu dans un brouillard de pensées. Il paraissait changer de l'une à l'autre très rapidement. Sa pathologie peut-être, trouble de l'attention? Possible, au vu de son sourire presque niais qui ne collait pas avec la réponse qu'elle avait donné. Il revint à la réalité en entendant sa question. Au moins, il ne lui demandait pas d'excuses. Ce qui ne collait pas avec son air devenu légèrement ennuyé, comme s'il perdait d'un coup toute l'assurance qu'il avait gagné. Elle serait donc protégée d'éventuelles interrogations indiscrètes, ce qui la soulageait quelque peu. Alors que lui ne pouvait pas éviter d'y répondre sans paraître malpoli et capricieux. Victoire. Aeden partit de nouveau se perdre dans son esprit, et il lui était impossible de savoir à quoi il pensait précisément. Si seulement elle était télépathe! Tout serait beaucoup plus facile, elle  n'aurait pas besoin de demander pour avoir une réponse à ses interrogations. Mais elle ne pourrait pas avoir son oeil et, à choisir, Amalia préférait largement ce dernier. Beaucoup plus amusant. Par contre, il lui était impossible de capter le regard du garçon, pour le forcer à la regarder et à lui répondre, ce qui n'allait pas du tout. Pendant qu'il avait la tête ailleurs, une vague moue agacée passa sur le visage de l'italienne.

- Je suis « surdoué », dit-il enfin en mimant les guillemets.

Elle retint au dernier moment un "pas trop tôt" et se contenta de l'observer. Il n'avait pas l'air d'accord avec ce diagnostique, qui pourtant n'était pas négatif. Sauf que cela rendait les liens plus difficiles c'est vrai. D'où le paradoxe, elle qui pensait qu'il n'aimait pas les interactions alors qu'il était possible qu'il subisse cette différence. D'après ce qu'elle avait pu voir, cela lui correspondait assez bien, et elle s'en voulait d'ailleurs de ne pas être parvenue à cette conclusion plus tôt.

- Et toi ? Qu’est ce qui fait de toi une patiente B ?


Ah, il la regardait enfin dans les yeux! Par contre, ce n'était pas pour quelque chose qu'elle appréciait ou d'agréable. Elle se força à ne pas grimacer, plaquant un sourire factice mais convaincant sur ses lèvres. Amalia souleva la mèche de cheveux sombres de devant la moitié de son visage et désigna du doigt son cache-oeil.

-On m'oblige à porter ceci car c'est une mauvaise idée de regarder ce qu'il y a derrière.


Il comprendrait tout seul qu'il y avait une incidence mentale sur les autres, le mental étant tout ce qui touchait aux patients B. Après, son cas était un peu particulier et elle aurait facilement pu être dans les patients S. Elle aurait préféré d'ailleurs, mais après tout cela influait sur l'esprit des autres. S'il demandait, elle serait contrainte de lui dire exactement ce que cela faisait et elle n'avait pas spécialement envie, même si sa pathologie lui plaisait. Il n'aurait qu'à demander aux autres patients, certains étaient particulièrement bien informés.
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Ven 17 Nov - 21:01
Il fut rassurer de voir que cela ne semblait pas avoir de grand effet sur elle. Il se sentait toujours comme un imposteur lorsqu’il disait ça, alors, son indifférence était tout ce que cherchait le garçon. Il aimait qu’on n’accorde pas de crédits à ce qu’on pouvait dire qu’il était. Il ne voulait pas qu’on le définisse par ce qu’il considérait ne pas être. C’était parfait. Dans son regard, une légère lueur brûla un instant. Cela ne fut pas long. Amalia ne montrait pas ce qu’elle pouvait ressentir et il avait le sentiment qu’elle était très bonne dans l’art de paraitre. Il se demanda ce qui pouvait se cacher derrière la façade. Et ce qui pouvait la pousser à cacher ce qu’elle ressentait.

-On m'oblige à porter ceci car c'est une mauvaise idée de regarder ce qu'il y a derrière.

Elle désigna son cache-œil du doigt. Aeden lui était plutôt curieux de savoir ce que cela voulait bien dire. Il savait que les patients B étaient des sensoriels. Dont ça paraissait logique que sa pathologie ait un lien avec son œil. Pourquoi était-ce une si mauvaise idée de regarder son œil ? Était-ce parce que ce n’était pas beau à voir ou parce que c’était dangereux. Il penchait étrangement pour la seconde option. Il ne savait pas trop quoi en penser. Mais une nouvelle fois, il tenta d’étouffer son instinct qui lui soufflait la réponse. Il bâillonna la petite voix en lui qui tentait de lui expliquer ce qu’elle pensait.
Il retourna toute son attention vers Amalia. En parlant d’attention, il n’avait pas pensé à ajouter qu’il avait des problèmes de concentration. Cela n’était pas nécessairement si important aussi il ne prit pas la peine de le rajouter. Il cherchait une position confortable pour s’asseoir, opta pour repasser ses jambes sous la table, et les croisées pour changer. Il se poussa sur le fond de son dossier et mangea une de ses dernières cuillerées. Il aurait bientôt fini. Dans la cantine d’ailleurs, plusieurs jeunes se dirigeaient vers la sortie, seuls ou plus rarement en groupe. Ils ne semblaient pas paisibles. L’institut ne paraissait pas être un environnement très paisible d’ailleurs.

Sentant qu’il s’écartait à nouveau de sa conversation, il se secoua mentalement et se força à se concentrer à nouveau. Il était curieux. Il voulait savoir. Etait-ce elle qui l’avait voulu ou y avait-elle été forcée ? Cela pouvait donner une indication sur sa pathologie. Et est-ce que cette fameuse pathologie était soignable ? Pour quelle raison était-elle là ? Devait elle apprendre à vivre avec avant de sortir ?
Beaucoup de questions se mirent à se bousculer dans la tête du garçon. Il en choisit une de manière un peu aléatoire, un peu submerger. Il savait que presser les gens de questions, ce n’était pas « correct ». Il ne savait déjà pas si ici, il ne dépasserait pas une limite. Il ne voulait pas qu’elle ne l’apprécie pas, qu’elle le déteste ou qu’elle ne veuille plus jamais lui parler. Dans la tête d’Aeden, c’était toujours les pires scénarios qui risquaient le plus de se réaliser. Même s’il connaissait les faibles probabilités que cela arrive.

– Comment tu t’es retrouvée à l’Institut ?




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Lun 20 Nov - 14:16
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Aeden
Comme un insecte se brûle au soleil, irrémédiablement attiré
Il paraissait soulagé de sa réaction, son visage s'était légèrement détendu... Il s'attendait à quoi, à ce qu'elle sursaute de surprise, le considère comme un monstre? Ici, ils étaient tous étranges aux yeux de la société et, à part les patients S et quelques cas ailleurs, ils étaient presque tous normaux. Un air interrogatif passa furtivement dans les yeux d'Aeden, ce qui souleva un nouvel intérêt dans son esprit : pourquoi tout semblait l'intriguer? Haut potentiel ne voulait pas dire interrogation permanente, mais cela allait souvent de paire avec un trouble de l'attention, elle soupçonna donc qu'il en souffrait aussi. C'était même presque certain, au point qu'elle n'allait pas poser la question tellement c'était évident maintenant. Par contre, Amalia avait eu faux en estimant qu'il ne poserait aucune question, ça n'aurait pas été cohérent avec ce que disait son diagnostic. Tant pis, sa réflexion n'était pas infaillible, la preuve. Elle se rattraperait au prochain coup en prêtant encore plus d'attention à tous les plus petits détails.

Le jeune homme parut porter un très grand intérêt à l'oeil dissimulé de la brune. Heureusement, il avait compris que c'était sensoriel, normal d'après la catégorie de son matricule mais ne savait pas en quoi consistait sa pathologie exactement. C'était peut-être ça qui l'intéressait, mais lui non plus n'avait pas tout dit donc elle n'allait pas en dévoiler plus que ça. Elle sentait qu'il réfléchissait à toute allure pour trouver une réponse convaincante mais elle n'allait certainement pas le lui apporter. De toute façon il ne semblait pas si loin de la vérité, mais peut-être cherchait-il autre chose car ça lui paraissait trop facile justement. Le regard vert d'Aeden s'éveilla à nouveau, avant qu'il ne replonge très rapidement dans ses pensées, parcourant le réfectoire qui se vidait petit à petit. Cela faisait tant de temps qu'ils étaient à table? Elle qui avait l'habitude de manger en vitesse et de sortir dès que possible de ce brouahaha de couverts et discussions futiles. Amalia s'interrogeait en attendant : devait-elle lui dire qu'elle avait remarqué son trouble de l'attention, au risque de peut-être l'effrayer, ou ne rien dire et passer pour l'innocente et naïve patiente? Le second rôle était plus facile pour manipuler mais moins intéressant à tenir, parce qu'elle ne pouvait pas s'amuser tranquille... Alors qu'elle réfléchissait, elle sentit le regard du garçon se poser de nouveau sur elle et planta son oeil visible dans les siens. Il avait une autre question, c'était sûr, sinon il ne prendrait pas autant de temps.

– Comment tu t’es retrouvée à l’Institut ?

Bingo, elle avait deviné. Par contre, si c'était une question rarement posée, ce qui était bien de le faire, elle se demandait pourquoi il voulait savoir ça. Simple courtoisie ou c'était en espérant qu'elle en dévoile plus sur son anomalie et, par extension, la cerner plus facilement? Elle haussa les épaules et termina son assiette en une fourchette, finissant sa bouche avant de répondre (question de politesse) :

-On ne m'a pas laissé le choix. Enfin, techniquement si, on ne m'a que proposé l'Institut Espoir mais c'était fortement conseillé et je n'avais rien d'intéressant à faire dans un cadre normal de vie.

La preuve, Amalia s'était particulièrement bien accommodée du mode de vie sur l'île, malgré son ennui notoire et un peu trop souvent. Mais, si elle était restée à Florence, cela aurait certainement été la même chose assez rapidement, à part qu'elle aurait été dans une ville familière. Et que, mine de rien, elle appréciait beaucoup, car les rues étaient belles. Et les gens plus diversifiés, ici ce n'étaient que des pantins geignards, il y avait trop peu de personnes dignes d'intérêt.

-Et toi? Vu que tu n'as pas l'air d'accord avec ton haut potentiel, pourquoi as-tu été envoyé ici?

Pour lui aussi, cela devait avoir été un choix, mais dit avec des mots tellement orientés qu'on ne pouvait plus vraiment e^tre objectif en choisissant d'y aller ou non.
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Comme un insecte se brûle au soleil, irrémédiablement attiré |feat Amalia|

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