Bienvenue,   !
Institut Espoir

Connexion

Récupérer mon mot de passe

Partenaires

News

12/12/2018
Doutes : -15% ; Révolution : +15% (Preuve Cannibale & Kan + Preuve Alexander + Preuve Lucy)
05/11/2018Rôle d'espions à pourvoir

Pardonne-moi [pv Lucy]

avatar

Messages : 234
Points de confiance : 100
Date d'inscription : 05/05/2017
Age : 17

X111
Cap se traînait pas mal aujourd’hui. Lui qui était d’ordinaire si enjoué se sentait d’humeur vraiment maussade. Depuis quelques temps, quand il refaisait surface, prenant la place du Génie, quelque chose avait changé. Lore… Comment avait-il pu oublier. Comment avait-il pu occulter ce qui s’était passé ? Il avait envie de se flageller pour ça. C’était sûrement pour ça qu’il s’était entaillé la peau, surtout sur le ventre. Parce qu’il sentait qu’il oubliait. Que son esprit essayait d’effacer cet instant de sa mémoire alors qu’il ne devait pas. Il n’avait pas le droit. Il avait ce sentiment étrange, que lorsqu’il l’oubliait, il la faisait mourir. Encore une fois.
Maintenant il savait. Il ne savait pas pourquoi mais il n’oubliait plus. D’une certaine façon, peut-être que l’agression gratuite qu’il avait fait subir à Lu deux mois plus tôt avait agi comme un électrochoc ? Mystère. En tout cas, il avait toujours du mal à sentir la présence du Génie dans sa tête. Il était bien là, quelque part, il le savait, mais il était comme… inaccessible. Comme s’il avait verrouillé la porte de sa chambre et qu’il était parti faire la sieste. C’était comme s’il tombait sur répondeur à chaque fois qu’il l’appelait.
Pourtant il avait des nouvelles de lui. Lorsqu’il sortait sans le vouloir, qu’il habitait de nouveau leur corps comme après un long sommeil sans rêve, il retrouvait des post-it sur leur bureau. Le Génie lui demandait des nouvelles, lui faisait un topo de la semaine, ce genre de choses. Il n’y répondait jamais. Il ne s’en sentait pas le courage. Souvent, il prenait à peine le temps de les lire. Mais celui de ce matin avait suscité sa curiosité. En lettres capitales, un grand : « LIS-LE. POUR UNE FOIS. S’il te plait. » Il avait soupiré mais l’avait néanmoins fait. Heureusement. Le Génie lui expliquait qu’il avait obtenu de leur médecin qu’elle transmette une lettre à leurs pères pour eux. Sans passer par la censure.
Au début, l’idée l’avait laissé perplexe. Puis, au fil de la matinée, elle avait fait son petit chemin et il caressait désormais la possibilité qu’il avait de parler à Papa-Soja et Paparbichette sans surveillance. Aucun doute, il fallait qu’il saute dessus. Alors, après le repas, il s’était dirigé vers la bibliothèque pour rédiger cette lettre sous couvert de faire ses devoirs.
Lorsqu’il entra dans la salle – peut-être pour la deuxième fois de sa vie – il alla aussitôt s’installer sur table bien au fond, cachée derrière les rayonnages où l’on pouvait trouver quelques BDs. Cependant, cette table était déjà occupée… Il se dissimula derrière l’étagère, espérant qu’on ne l’avait pas vu.
En effet, la chevelure blanche qu’arborait l’occupante ne lui était pas inconnue, et sa présence le mettait mal à l’aise. Lu. Il s’était montré si injuste envers elle… Les mots qu’il lui avait balancés lui revinrent en pleine figure. Il envisagea un instant de faire demi-tour. Pourtant, lorsque ses pas se remirent en route, ils se dirigèrent tout naturellement vers elle.
Tout d’abord, il s’installa une chaise plus loin, sans un mot, comme si de rien n’était. Il sortit ses affaires, les étalant sur la table, et commença un bête exercice de maths qui le faisait bien chier. En plus il n’y comprenait rien, d’habitude, il laissait ça au Génie. Mais bon, il fallait bien se donner une contenance n’est-ce pas ? Ce manège continua plusieurs minutes. Peu de temps en vérité, mais dans le silence englobant de la bibliothèque et le malaise qui l’habitait, cela lui sembla une éternité. Il craqua.

- Je suis désolé.

Il avait prononcé ces mots à mi-voix, comme le voulait le règlement mais pas seulement pour cette raison. Il avait le souffle un peu court, sous l’emprise du stress.

- Je te l’ai déjà dit mais je voulais que tu saches que c’est vrai. Je m’en veux beaucoup pour… tu sais quoi.

Pas une seconde il n’avait levé la tête. Pourtant, une chose était claire, cet exercice de maths n’avait plus aucune miette de son attention.
avatar

Messages : 196
Points de confiance : 24
Date d'inscription : 02/03/2018
Age : 20

W100

Pardonne-moi
ft Alexander Hexe








Je passe un bras et puis un deuxième. Ma tête passe l’encolure de l’uniforme, je presse mes paumes contre mes paupières. La nuit a été longue, le surveillant m’a bien réveillé aux heures prescrites.

Si ce traitement est là pour m’aider, il me rend surtout maussade. Je me sens presque agressé quand l’on me réveille, ma fatigue me rend grincheuse.
Je secoue la tête, ce n’est pas bien, je dois garder ma bonne humeur. Ce soir j’ai le droit de Dormir sans interruption. D’ici là je dois rester éveillée.

Un pied devant l’autre. Je ne dois pas me poser dans un coin, je dois trouver quelque chose à faire. Mes pas me mène devant la bibliothèque, silencieuse elle m’attire. Je pourrais toujours trouver un truc ou deux à lire. Je tente d’abord un roman. À peine un chapitre mes yeux me piquent. Les frottant après chaque mot, je me décide à trouver plus simple.

Embrumée je déambule jusqu’à tomber sur un livre qui me semble plus simple. Sans retourner à ma place précédente, je me laisse tomber sur la chaise la plus proche.

Page après page, je regarde les mots, mais bien plus occupée à garder les yeux ouverts j’en oublie de li…

Je sursaute le nez dans la reliure, mince. Sans m’en rendre compte, je me suis endormie comme une bûche. J’essuie ma bouche, je regarde un peu partout. Après un soupir je me rend compte que je me sens bien mieux après cette petite sieste. J’espère que cela ne nuira pas à mon traitement…

Je dégage mon visage et recommence le livre à son début.

Ma lecture avance doucement quand une voix s’adresse à moi.

Je suis désolé.

Trop engourdit pour sursauter je lève la tête. Un adolescent assis à la même table que moi, la voix lui appartient. Je le regarde en essayant de comprendre quand il est arrivé. Son visage me rappelle quelque chose. Ou bien son dessus-de-tête, puisqu’il ne semble pas vouloir la relever.

Je te l’ai déjà dit mais je voulais que tu saches que c’est vrai. Je m’en veux beaucoup pour… tu sais quoi.

Maintenant plus attentive je reconnais la voix. Cap… notre seule rencontre s’était il y a un moment déjà. La soirée d’octobre et toute son agitation me semblait bien loin. Ses excuses, je me remémore notre incident. La brûlure de son regard à ce moment-là me revient. Puis ses excuses et son départ anticipé. Devrais-je lui en vouloir? Il n’a rien dit d’autre que la vérité. Je n’avais rien fais cette journée-là.

Tu avais raison.

Je pris une longue pause avant d’ajouter;

Je ne t’en veux pas, j’étais si près, mais je n’ai pas bougé.

Les mots étaient sorties sans que je ne m’y prépare. J’avais occulté cette journée de ma mémoire, ça m’avait semblé presque normal d’oublier.

Si cela peut aider, je te pardonne, mais toi, me pardonnes-tu?







    La date/heure actuelle est Dim 16 Déc - 5:48

    Aube des Mondes